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I. Avant propos.
II. Préparatifs
immenses faits à Athènes, pour la guerre de Sicile, à laquelle on donne pour
Chefs Alcibiade, Nicias et Lamachus. Mutilation faite pendant la nuit aux
statues de Mercure, de laquelle Alcibiade est soupçonné sans preuve. Les
Athéniens disposent d'avance des divers cantons de la Sicile. Départ de la
flotte, et sa route.
III. Les
différentes villes de la Sicile se partagent de sentiments sur cette guerre.
Elles voudraient toutes se défendre: Mais quelques-unes qui craignent les
Athéniens se disposent à demeurer neutres. L'accusation portée contre
Alcibiade se réveille. On envoie un vaisseau pour le prendre, et le ramener. Il
s'embarque dans un autre avec ses coaccusés, et se réfugie à Lacédémone,
où il rend de mauvais offices aux Athéniens.
IV. Les
Athéniens déjà reçus dans Catane, emploient la ruse pour se rendre maîtres
de la Côte voisine du port de Syracuse. Quoiqu'ils fassent perdre quelques
soldats à leurs ennemis, ils croient devoir revenir encore à Catane; et ils
demandent de nouveaux secours à Athènes. Syracuse de son côté a recours à
Lacédémone et à Corinthe, qui se prétend à leurs instances. Lacédémone en
particulier leur envoie avec des troupes le commandant Gylippe; qui se
distinguera dans la suite en plus d'un sens. Lamachus est tué dans un combat,
et Nicias demeuré seul à la tête des Athéniens, demande non seulement de
nouvelles forces, mais d'autres généraux pour l'aider.
V. Les
Lacédémoniens conduits par leur roi Agis, et guidés par Alcibiade, s'emparent
du port de Décélie dans l'Attique: ce qui n'empêche pas les Athéniens
d'envoyer encore trente vaisseaux dans la Sicile. Tandis que les troupes
Athéniennes s'y préparent à un combat naval, et que pour s'y rendre, elles
abandonnent les postes qu'elles avaient déjà pris sur terre, les Syracusains
s'y jettent, et y font un grand pillage. Cet incident dérange les deux partis;
de sorte que les Syracusains ont l'avantage sur terre, et les Athéniens sur
mer.
VI. Les
Athéniens qui attendaient de leur république un nouveau secours de vaisseaux,
sont engagés avant son arrivée, par les raillerie de leurs ennemis, à un
combat naval où ils ont battus. Eurymedon et Démosthène arrivent enfin avec
une flotte de trois cents dix vaisseaux, qui jettent la consternation dans
l'âme des Syracusains. Les Athéniens pénètrent jusque dans la Citadelle de
l'Epipole. On vient pourtant à bout de les en chasser avec une grande perte de
leur part. L'humidité du lieu où ils campaient au dehors y produit même la
peste, et dès lors ils proposent de s'en retourner. Nicias s'oppose d'abord à
cet avis, et s'y rend bientôt après.
VII. Le départ
des Athéniens est retardé par une éclipse de lune, sur l'avis des devins,
auxquels Nicias déferait beaucoup. Ce délai donne lieu à un combat funeste
pour les Athéniens: Ils y perdent leur commandant Eurymedon. Les vaisseaux
syracusains forment dans leur rade une vaste chaîne qui enferme toute la flotte
athénienne, et toutes les troupes qu'elle avait postées sur les rivages de la
Sicile. Les Athéniens entreprennent de rompre cette chaîne dans un combat de
terre et de mer, qui doit être la dernière ressource de leur salut.
Description circonstanciée de cette entreprise, dans laquelle les Athéniens
succombent.
VIII. Les
Athéniens ne songeant plus qu'à leur retraite, prennent le parti de brûler le
peu de vaisseaux qui leur restaient, pour se réfugier dans les villes de la
Sicile qui leur étaient alliées. Un faux avis qu'on leur fait porter, les
jette encore dans un délai qui leur est fatal. On a le temps de leur fermer
toutes les issues, dans l'une desquelles on leur tue encore dix-huit mille
hommes, et l'on en prend sept mille vivants; entre lesquels se trouvèrent les
deux généraux Nicias et Démosthène. Le Syracusain Nicolaüs, quoiqu'il eut
perdu ses deux fils pendant le siège, propose de traiter humainement les
vaincus. Mais Gylippe de Lacédémone s'y oppose.
IX. Harangue de
Nicolaus.
X. Harangue de
Gylippe, en conséquence laquelle on fait mourir les deux généraux athéniens,
et l'on envoie tout le reste aux carrières.
XI. La nouvelle
de ce désastre fait donner le gouvernement dans Athènes à quatre cents hommes
choisis. Syracuse renouvelle son alliance avec Lacédémone. Digression au sujet
du législateur Dioclès.
XII. Après
quelques mauvais succès des Athéniens dans la Grèce, suite de leur infortune
en Sicile; Alcibiade entreprend de les relever, avant même que de rentrer dans
sa patrie. Le fruit de ses soins fut une bataille gagnée sur les Spartiates
entre Sestos et Abydos, et suivie bientôt après, d'un naufrage de cinquante
vaisseaux dont il ne se sauva que douze Lacédémoniens au pied des rochers du
mont Athos. Alcibiade enfin absous de toutes les accusations portées contre
lui, sert la République par lui-même.
XIII. Les
habitants de Segeste qui avaient attiré les Athéniens en Sicile, craignant
qu'on ne voulut se venger sur eux du danger où ils avaient mis l'île entière,
souffrent d'abord quelques injustices de la part des Selinuntins alliez de
Syracuse, et recherchent ensuite la protection de Carthage. Ce fut là le
commencement de la guerre des Carthaginois contre la Sicile. On en confia le
soin à l'ancien Hannibal, petit fils de cet Hamilcar que Gélon avait fait poignarder
dans son propre camp;
XIV. Il se donne
entre Sestos, occupé par les Athéniens et Abydos où résidaient les
Lacédémoniens, un second combat naval, dont l'arrivée d'Alcibiade détermine
le succès en faveur d'Athènes. Le Satrape Pharnabase continue de favoriser
Lacédémone, et s'explique sur quelques sujets de défiance qu'il avait
donnés.
XV. Les habitants
de l'Eubée qui avaient abandonné le parti d'Athènes, et qui commençaient à
la craindre, persuadent aux Béotiens de combler l'Euripe par une chaussée qui
joignit l'Eubée à la Béotie. Les Béotiens agréent cette proposition, et
l'on ne laisse à cette chaussée que le passage d'un seul vaisseau dans son
milieu, recouvert par dessus d'un pont de bois. L'Athénien Théramène s'oppose
en vain à ce travail, soutenu pendant sa durée par un grand nombre de soldats.
XVI. Dissensions
funestes dans l'Île de Corcyre, au sujet de l'aristocratie et de la
démocratie. L'expérience de leurs propres maux engage les deux partis à se
réconcilier. Archelaüs Roi de Macédoine transporte à vingt stades loin de la
mer, la ville de Pydne, qui s'était révoltée contre lui. Détail d'un grand
combat de terre et de mer, où les Spartiates, quoique soutenus par Pharnabase,
perdent leur général Mindarus, et sont enfin absolument défaits par les
commandants Athéniens, entre lesquels était Alcibiade. Ils envoient proposer
la paix à Athènes par l'ambassadeur Endius, dont la harangue est ici
rapportée. Les Athéniens lui refusent sa demande; et se jettent par là dans
une longue suite de maux.
XVII. Hannibal
entre dans la Sicile par le Promontoire de Lilybée. Description du siège, de
la prise, et du sac de Selinunte. Le vainqueur en considération d'un certain
Empedion qui avait toujours invité ses concitoyens à ne point entrer en guerre
avec les Carthaginois, rend à ceux qui restaient en vie toutes leurs richesses,
et permet aux fugitifs de revenir dans la ville, et d'en cultiver les environs
comme auparavant.
XVIII. Hannibal
se dispose au siège d'Himère avec encore plus d'animosité qu'il n'avait fait
celui de Selinunte; parce que son aïeul Hamilcar avait été immolé autrefois
par Gélon devant cette première ville. Description de ce second siège. Les
Himériens se défendent mieux, et sont mêmes soutenus par quelques secours de
Syracuse, sous la conduite de Dioclès, qui retourne dans cette capitale, avec
une partie de ses troupes; de peur que l'ennemi n'aille l'attaquer pendant leur
éloignement. Himère étant prise, Hannibal en fait immoler trois mille citoyens
restés vivants, aux mânes de son aïeul.
XIX. Hermocrate,
un des trois chefs, nommé ci-devant pour défendre Syracuse contre les
Athéniens, ayant été exilé par une faction de sa ville, tente d'obtenir son
retour par des exploits remarquables contre les villes carthaginoises de la
Sicile. Pendant que les Athéniens font du côté de l'Asie quelques entreprises
plus ou moins considérables, ou d'un succès plus ou moins heureux; les
Lacédémoniens reprennent la citadelle de Pylos en Messénie, dont les
Athéniens s'étaient rendus maîtres quinze ans auparavant. mouvements en
différentes villes grecques, toujours favorisés par l'une ou par l'autre des
deux Républiques principales.
XX. Alcibiade qui
avait eu une grande part aux différents succès des Athéniens sur la mer
Égée, ou sur les côtes de l'Asie, est reçu dans Athènes avec des
acclamations extraordinaires, mais qui seront de peu de durée. Il repart pour
l'île d'Andros, où il remporte encore une victoire. Les Spartiates de leur
côté choisissent pour chef Lysander le plus habile de leurs Capitaines.
Celui-ci bat sur mer Antiochus, Lieutenant d'Alcibiade, qui malgré la défense
de son général, avait voulu se signaler par quelque exploit en son absence.
D'un autre côté Agis, roi de Lacédémone, s'avance jusqu'à Decelie dans
l'Attique même, d'où il se retire, après avoir fait beaucoup de ravage.
XXI. Alcibiade,
qui voulait enrichir sa flotte, fait une mauvaise querelle à la ville de Cumes,
alliée des Athéniens. Les habitants portent leurs plaintes à Athènes contre
ce général, qu'ils accusent même de s'entendre avec les Lacédémoniens et
avec Pharnabase. A cette accusation qui regardait le public, on en joint
d'autres qui regardaient des particuliers. On lui substitue dix généraux, dont
Conon, qui est le premier, va prendre le commandement de sa flotte; et Alcibiade
se retire en Thrace. Les trois villes de l'île de Rhodes se réunissent en une
seule, qui prend le nom de l'île même.
XXII. Hermocrate
ramène de Selinunte en pompe funèbre tous les corps des Syracusains qu'il
avait pu trouver, et les fait recevoir dans Syracuse, en se tenant lui-même
dehors, comme banni. Dioclès qui s'opposait à la sépulture de ces morts est
banni lui-même, sans qu'on reçut encore Hermocrate: mais le reste de ses gens
étant arrivé, il entra et fut tué dans la place publique, avec une partie de
ses adhérents. Denys qu'on verra dans la suite tyran de Syracuse, et qui
suivait Hermocrate échappa à ce tumulte.
XXIII. Les
Lacédémoniens opposent à Conon, Callicratidès, qui passait pour le plus
juste des Spartiates. Les deux généraux ennemis ont, par leur sage conduite,
des avantages réciproques l'un sur l'autre. Callicratidès se saisit de trente
vaisseaux athéniens, dont l'équipage avait eu le temps de se jeter sur le
rivage de Mitylene dans l'Île de Lesbos, et Conon demeure maître de cette
ville, malgré tous les efforts des Spartiates.
XXIV. Descente
d'Hannibal et d'Imilcar en Sicile. Détail du siège d'Agrigente, jusqu'à sa
prise. Ample description des richesses, de la magnificence, et même du luxe de
cette ville, fameuse d'ailleurs par l'hospitalité de ses citoyens. Soupçons
d'infidélité contre les officiers militaires de Syracuse, envoyez au secours
d'Agrigente.
XXV. Denys
profite de la frayeur que la prise d'Agrigente avait jetée dans toute la
Sicile, et jusque dans Syracuse, pour arriver à la tyrannie en cette dernière
ville, où il était né de parents obscurs, et où lui-même avait fait le
métier de scribe. Ses harangues pleines de suppositions et de calomnies, font
périr les plus puissants et les plus riches. Il parvient d'abord à se faire
donner à lui seul toute l'autorité militaire, et par une garde de six cents
hommes que lui accordent les troupes, l'autorité la plus absolue, et de la plus
longue durée, dont l'histoire eut fourni l'exemple dans un tyran.
XXVI. Récit de
la fameuse bataille navale des Arginuses, où l'on vit en mer trois cents
vaisseaux, ou Athéniens, ou Spartiates. Les chefs de l'un et de l'autre parti
sont avertis par des devins, ou par des songes, qu'ils y périront. Le spartiate
Callicratidès y est tué en effet, ayant nommé d'avance Cléarque pour son
successeur. On fait exécuter à Athènes, par une sentence cruelle et
extravagante, cinq des généraux athéniens, pour n'avoir pas fait la recherche
des morts qu'ils n'avaient omise que pour achever et assurer la victoire: mais
ils avaient aussi eu le tort de vouloir rejeter cet oubli sur leurs deux
premiers chefs, Thrasybule et Théramène.
XXVII. Les
Athéniens après cette exécution de leurs Généraux, donnent le Commandement
de leur flotte à Philoclès, pour agir de concert avec Conon, qu'il va joindre
à Samos. Le spartiate Lysander obtient de grosses sommes du jeune Cyrus, qui
lui laisse même l'administration de ses provinces, en allant à la cour du roi
Darius son père. Lysander muni par là de grandes richesses attaque le long des
côtes de l'Asie différentes villes alliées aux Athéniens, où il exerce, où
favorise de grandes cruautés, et d'où il revient dans l'Attique. Alcibiade se
présente aux généraux de la flotte d'Athènes, et leur offre ses services,
qu'ils ne veulent pas recevoir. Lysander met les Athéniens en déroute par mer
et par terre, le long des côtes de l'Asie. Il fait égorger Philoclès à
Lampsaque, et Conon se réfugie chez Evagoras en Chypre: le lacédémonien
Gylippe qui a paru dans le siège de Syracuse, chargé par Lysander, de porter
à Lacédémone l'argent pris sur les ennemis, en soustrait une partie. Il est
condamné à mort, et s'enfuit: la même chose était arrivée à son père. Les
Athéniens pressés par la famine demandent humblement la paix aux Spartiates.
Telle fut la fin de la guerre du Péloponnèse.
XXVIII. Imilcar
forme le siège de Gela en Sicile, où les femmes et les enfants mêmes se
défendent courageusement. Denys se résout à aller au secours de Gela; et il
met en effet quelque désordre dans l'armée des assiégeants. Mais il reprend
bientôt le chemin de Syracuse. La plupart de ses soldats indignés de cette
retraite, le soupçonnent d'intelligence avec l'ennemi. Ils songent à secouer
le joug; et se rendent avant lui à Syracuse, où ils pillent sa maison dans
l'Acradine, et font à sa femme, les plus sanglants outrages. Mais Denys arrivé
lui-même dissipe cette faction, par le secours de ses satellites et du reste de
son armée qu'il ramenait. Il accepte de la part d'Imilcar un traité de paix,
par lequel les conquêtes des Carthaginois leur demeureront; Gela sera rendue à
ses citoyens, sans murailles; et Syracuse appartiendra toujours à Denys.
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