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ALLER A LA TABLE DES MATIERES DE L'ALCHIMIE
Oeuvre numérisée par Marc Szwajcer
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Introduction - Première partie - Deuxième partie - Troisième partie - Cinquième partie - Sixième partieQUATRIÈME PARTIELES VIEUX AUTEURSIV. i. — PÉLAGE LE PHILOSOPHESUR L’ART DIVIN ET SACRÉ[1]1. Les anciens philosophes, amoureux (des sciences) et remplis (de zèle), disaient que tout art a été inventé à cette fin (de profiter) à la vie. Ainsi l’art du constructeur a pour objet essentiel de fabriquer un siège, une boite, ou un navire, au moyen de la seule nature de la (matière) ligneuse.[2] De même l’art tinctorial[3] a été inventé en vue de fabriquer une certaine teinture et de produire une certaine qualité:[4] c’est là aussi la fin de l’art. Il faut savoir que les anciens rapportent un fait exact lorsqu’ils disent: « Le cuivre ne teint pas, mais il est teint, et lorsqu’il a été teint, il teint[5] ». C’est pour cette raison que tous les écrits exposent dans des termes pareils le travail du cuivre, et montrent comment on le teint: et s’il est teint, alors il teint; mais s’il n’est pas teint, il ne peut pas teindre, ainsi qu’on l’a (déjà) dit. Voilà pourquoi l’on recommande de rendre le cuivre exempt d’ombre, afin que devenu brillant il puisse recevoir la teinture. Par l’ombre du cuivre, il faut entendre la teinte noire qu’il produit dans l’argent. En effet, tu sais que le cuivre soumis au traitement[6] et projeté sur l’argent le noircit au dedans et au dehors: ce noircissement produit dans l’argent, les écrits le nomment ombre. C’est pour cela qu’il faut traiter le cuivre[7] jusqu’à ce qu’il ne puisse plus produire de noircissement, lorsqu’il est projeté sur l’argent. 2. Ainsi il faut traiter le cuivre, aussi bien que l’or naturel, jusqu’à ce qu’il ne produise plus le moindre noircissement dans l’argent. C’est pour cette raison que Démocrite, lui aussi, a dit dans son livre sur l’argent: « Vérifie si le cuivre est devenu sans ombre; car si le cuivre n’est pas devenu sans ombre, ne t’en prends pas au cuivre (de ton insuccès), mais à toi-même.[8] 3. On traite le cuivre par l’eau divine, lorsqu’il a éprouvé la décomposition, qu’il a été délayé, cuit et lavé. « On le lave, dit-il, jusqu’à ce que tout son ios soit expulsé. » Souviens-toi, à cet égard, de ce que disent les philosophes: « Après que le cuivre a été affiné, noirci et ultérieurement blanchi alors (seulement) la teinture est solide. » Comprends bien les six opérations. L’iosis se fait au moyen de l’eau divine; l’affinage a lieu dans le lavage; le noircissement s’exécute lorsque le chrysolithe est mélangé (avec le cuivre brûlé), avant le lavage; l’atténuation, lorsqu’il est délayé dans le chrysolithe; le blanchiment, lorsqu’il est desséché après délaiement avec le chrysolithe; enfin le jaunissement se fait lorsque les substances pouvant teindre en jaune sont appliquées et introduites pendant la durée de la digestion dans de petits amas de fumier. Telles sont les six transformations qui se font dans le cuivre, afin de (le) teindre. Si elles ne sont pas toutes effectuées, rien n’est fait; attendu que si le cuivre ne devient pas jaune et brillant, rien n’est fait. 4. Ainsi (il faut) d’abord teindre, transformer, couper en morceaux le cuivre; de cette façon on obtient une iosis parfaite au moyen de l’eau divine, entends par iosis parfaite la dorure (qui a lieu) dans la décomposition. Or, c’est cette iosis que le vieux Zosime avait en vue lorsqu’il disait: « Celui qui fait de l’ios fait de l’or; et celui qui n’en fait pas, ne fait rien.[9] Lorsque tu verras la dorure parfaite avec le soufre,[10] alors comprends que tu as accompli une rouille parfaite, en colorant le métal par le soufre, non seulement à la surface, mais aussi dans la profondeur. Il y a (là) l’indication du commencement de l’iosis, ainsi que de celle qui est produite à l’intérieur, c’est-à-dire de la véritable iosis, laquelle est aussi désignée comme l’ios de l’or. Veille donc à ce qu’elle soit effectuée dans la profondeur. Si elle ne l’est pas, il n’y a pas d’iosis. Cette opération est aussi appelée jaunissement par le Philosophe, qui dit: « Prenant de la pyrite, traite-(la) jusqu’à ce qu’elle devienne jaune. » Il appelle pyrite le cuivre, à cause du caractère igné de sa nature; et aussi parce qu’il faut qu’il devienne tel que l’iosis s’accomplisse. 5. De la même façon, il arrive à l’affinage, qu’il indique aussi dans ces termes: « jusqu’à ce que l’opération inverse de l’iosis soit effectuée. Qu’il y ait d’abord noircissement et la réduction suivra. Prenant donc une partie de chrysolithe, trois parties de magnésie,[11] délaie en l’absence de tout liquide; délaie jusqu’à ce que les substances se pénètrent mutuellement et se combinent. Alors il ne subsiste plus aucune apparence du soufre blanc et (le mélange) devient tout à fait noir comme de l’encre à écrire. Laisse-le reposer pendant trois jours; puis, le jetant alors dans le bassin, verse dessus le liquide avec lequel on a coutume de laver; délaie de nouveau et fais cuire avec du soufre répandu tout autour ». Comment se fait le traitement? comment le produit a-t-il une nature incombustible? Ce qu’on appelle chalcopyrite, c’est le plomb (traité par le) soufre apyre. Lave le chrysolithe étésien, dit-il, jusqu’à ce que son los en sorte. De cette façon rien n’est perdu, le cuivre demeurant uni au plomb. C’est là ce qu’on appelle la grande purification; on l’appelle aussi affinage et noircissement: noircissement à cause de la couleur noire du mélange; affinage, à cause de la transformation et de la dissolution (du produit) provenant de l’ios. C’est cette opération que l’on nomme aussi grand lavage. Après avoir recueilli ce produit dans des vases, laisse-le déposer. Et après avoir clarifié la liqueur, fais sécher le sédiment: tu trouveras qu’il ressemble à de l’encre à écrire. Broie ce produit jusqu’à ce qu’il se développe un jaune parfait. Modifie le produit en y versant ce qui suit: produit décanté,[12] quatre parties; matière jaune, une partie; plomb, une partie; puis mouille un peu, de façon à former une sorte de boue, et délaie jusqu’à ce que le plomb disparaisse. Enlève et réduis à l’état de pate; expose au soleil et laisse sécher, en arrosant peu à peu, jusqu’à ce que le plomb ait disparu; puis laisse sécher. Alors projette le produit amené à l’aspect convenable. 6. Le vieux Zosime disait:[13] « Je connais une classe unique, qui comporte deux opérations: la première pour que la fluidité soit produite par l’extraction la seconde pour que l’humidité du plomb soit desséchée. » Agis de cette manière, en desséchant; puis ajoute une quantité égale de coupholithe et délaie avec du vinaigre (fabriqué) au moyen du géranium, jusqu’à blanchiment. Veille donc à ne pas manquer (l’opération) au moment du blanchiment.[14] On la manque, lorsqu’on ne voit pas apparaître la beauté du cuivre sans ombre, développée au moyen du blanchiment, après que le cuivre a perdu toute sa substance terrestre excédante et sa grossièreté matérielle. Si donc le cuivre sans ombre est blanchi, il devient un être spirituel, et dès lors aucune autre chose ne manque; il n’y a plus d’autre retard, si ce n’est en raison de la nécessité de le sécher et de le blanchir. 7. Comprends ici (que) toutes les choses déversées sont rejetées et que rien ne reste,[15] sinon l’or, le plomb et la pierre étésienne, nommée chrysolithe.[16] Donc, après avoir édulcoré la poudre solide et après l’avoir desséchée, mets avec cette poudre trois parties de couperose, une partie de magnésie, une partie de cuivre. Ajoutes-y une partie de poudre solide. Délaie au soleil, en arrosant avec du vinaigre blanc pendant sept jours; plus tard, après avoir desséché, fais digérer dans du fumier et laisse cuire pendant deux ou trois jours. Lorsque tu retireras (le vase), tu trouveras l’or teint en rouge comme du sang. Tel est le cinabre des philosophes et le cuivre jaune une couleur sans ombre. Souviens-toi à ce propos que le vieil auteur disait: Le cuivre devenu sans ombre teint toute espèce de corps[17] ». C’est aussi pour cette raison que le Philosophe disait: Pourquoi parlez-vous de la matière multiple ? le produit naturel est un, et une, la nature qui domine le Tout. » Comprenons que par le produit naturel il entend l’or conforme à la nature; car cet or naturel domine le Tout, étant formé par les corps subordonnés. Ainsi, par exemple, si on l’étale sur le fer ou le cuivre, il domine la surface de ces (corps), qui se trouve revêtue d’or naturel. 8. C’est ainsi que l’on opère: le produit est dissous au moyen de l’eau divine, fermenté comme le levain du pain;[18] ensuite le chrysolithe étant délayé avec ce produit, à parties égales, l’eau agit conformément à la nature du produit, avec le concours de la décantation;[19] puis le chrysolithe est mis en œuvre, après le mélange de (l’or) naturel.[20] Zosime dit: « L’or naturel, étant changé en esprit au moyen du chrysolithe,[21] teint conformément à sa nature; l’argent, si nous le dissolvons au moyen de l’eau divine et si nous le changeons en esprit au moyen du chrysolithe, teint le cuivre en blanc ». Il disait aussi cela en d’autres termes: « En effet les deux teintures ne diffèrent en rien l’une de l’autre, si ce n’est par la couleur, c’est-à-dire qu’elles comportent un seul et même mode de traitement,[22] d’après lequel (les corps sont) d’abord dissous au moyen de l’eau divine et plus tard la poudre solide est changée en esprit au moyen du chrysolithe ». Or elles diffèrent par la couleur. Chacune d’elles teint suivant sa nature propre: l’or teint l’or, et l’argent teint l’argent. N’entends-tu pas le vieil auteur disant: « Celui qui sème du blé fait naître et récolte le blé; l’or aussi fait naitre l’or; pareillement l’argent fait naître l’argent.[23] » 9. Pour la même raison le vieux Philosophe s’exprimait ainsi:[24] « Nous emploierons des (éléments) naturels. Or il est nécessaire de savoir que l’or teint naturellement, après avoir été d’abord dissous au moyen de l’eau divine et plus tard changé en esprit au moyen du chrysolithe. Il est appelé aussi, d’après sa nature, corps solide; et il faut qu’il soit d’abord dissous et plus tard changé en esprit: de cette façon il teint toutes choses naturellement, Car les deux autres éléments[25] étant, d’après leur nature propre, volatils et combustibles, sont dissipés dans le feu. De là vient que le vieux Zosime disait: « Le mystère de la teinture d’or,[26] c’est de changer les corps (tinctoriaux métalliques) en esprits, afin de teindre dans l’état de spiritualité; conformément aux descriptions, et sans arrêt dans l’opération.[27] En effet, lorsqu’ils sont à l’état solide, ils ne peuvent teindre; ils doivent être d’abord atténués et spiritualisés. Or l’eau divine d’abord les atténue, et plus tard le chrysolithe les spiritualise.[28] Ainsi notons qu’il y a deux teintures, selon la spécialité des deux corps (or et argent). Quant aux autres (corps), ils interviennent et transforment la teinture, en s’y associant et en y coopérant. Les agents de transformation dissolvent et spiritualisent; les agents coopérateurs sont ceux que l’on projette au moment de la fusion. Il faut noter d’ailleurs que l’or ou l’argent, simplement disposé en enduit superficiel, ne domine pas le fer ou le cuivre: il faut que ces métaux soient traités d’abord par des mordants. De même, dans la transmutation, ni l’or ni l’argent n’ont de puissance, s’ils n’ont pas été d’abord traités par des, mordants. Il convient donc d’arroser la poudre sèche avec les mordants liquides, afin que la teinture rendue astringente et pénétrant jusqu’au fond, se fixe et agisse dans la profondeur du corps, la poudre de projection étant dissoute. Pour cette raison la nature est charmée par la nature, etc. 10. Conçois donc que l’on fait absorber par le corps métallique l’eau divine, le chrysolithe et les mordants. N’est-ce pas ainsi que la nature du corps (métallique) se réjouit? Elle se réjouit de la nature de l’eau, étant par elle alimentée, épaissie et augmentée. Est-ce que le cuivre, qui est sans charme et sans éclat par essence, n’est pas charmé et rendu brillant lorsqu’on lui associe la nature brillante de l’eau divine? Est-ce que la nature du corps épais et terrestre n’est pas vaincue par la nature spirituelle et aérienne du chrysolithe ? Est-ce qu’il n’est pas dominé par les liqueurs astringentes, comme il arrive à l’or et l’argent fixés à la surface du fer ou du cuivre ? Il faut convenir en général que, si le fer ou le cuivre n’a pas été traité par les mordants, il n’est pas dominé par l’or ou l’argent, étendu à sa surface.[29] Mais s’il a été ainsi traité et qu’alors il soit enduit, il est dominé en vertu de la puissance du mordant.[30] 11. Mais on objectera: Si l’or ou l’argent constituent des poudres de projection, capables de produire deux teintures, comment effectuer l’opération de l’iosis, et la réduction, et l’atténuation, et le noircissement, puis le blanchiment ? C’est qu’alors le jaunissement sera solide, selon ce qui a été dit précédemment. Nous disons en effet que toute chose se trouve en puissance et se développe ensuite dans les deux teintures. En effet, il a été dit[31] que l’on appelle iosis la dissolution (effectuée) dans l’eau divine, parce que l’iosis réside en puissance dans l’eau (divine). Il en est de même pour la réduction, l’atténuation, le noircissement et le blanchiment, qui suit la transformation. Puis vient le jaunissement solide, non seulement en puissance, mais aussi en acte. Toutes ces choses sont exécutées avant que l’or soit blanchi, et plus tard jauni solidement, jusqu’à ce que (l’or) spirituel et parfait soit achevé et accompli. Le Philosophe a raison de dire: O natures célestes, démiurges des natures créatrices:[32] en effet, c’est à la façon d’une création que les deux natures des soufres, suivant le caractère liquide du mélange (de la magnésie) et le caractère sec de l’essence (du cinabre), transforment par leur vertu créatrice les natures terrestres des corps, en natures spirituelles et tinctoriales. Les natures célestes de ces soufres doivent être entendues comme des natures qui ne peuvent être enlevées par la suite.[33] C’est pourquoi il dit aussi: « Rien n’a été oublié, rien ne fait défaut, sauf le brouillard et la montée de l’eau »; au lieu de dire: Rien d’autre n’est attendu. Il dit encore e Mais si le corps est réduit au dernier degré d’atténuation, comme le brouillard de l’eau (divine), et que l’eau à son tour soit évaporée sur ce corps, voici que le Tout est ramené à ses éléments. 12. La montée de l’eau est interprétée comme un allègement, parce qu’on fait monter et qu’on allège l’infusion de l’eau, combinée au corps... Il nous suffira de nous rappeler que l’on opère avec le mortier et le pilon, dans le cas des deux teintures... S’il s’agit du cuivre, on emploie la coupe en forme d’autel. Zosime parlait aussi de cet (appareil): (il disait) que l’arbre (est) une plante cultivée, arrosée et qui fermente en raison de l’abondance de l’eau; grandissant, en raison de l’humidité et de la chaleur de l’air, il porte des fleurs; enfin, grâce à la grande douceur et à la qualité favorable de sa nature, il porte des fruits.[34] IV. ii. — LE PHILOSOPHE OSTANES A PETASIUSSUR L’ART SACRÉ ET DIVIN[35]1. La nature du corps inaltérable (l’or) se plait dans une petite quantité de liquide;[36] car c’est par le mercure que les mélanges se dépouillent de la matière qui leur sert de support. C’est au moyen de l’eau précieuse et divine que cette maladie[37] est traitée. (Par là) les yeux des aveugles voient; les oreilles des sourds entendent; ceux dont la langue est embarrassée parlent clairement. 2. Voici la préparation de cette eau divine: Prends les œufs du serpent du chCne[38] qui au mois d’août habite[39] dans les montagnes de l’Olympe, du Liban ou du Taurus. Prends ces œufs frais, mets-en une livre dans un vase de verre. Jettes-y de l’eau divine, toute chaude; fais monter quatre fois dans la région céleste, jusqu’à ce que l’huile distillée devienne couleur de pourpre. Prends: amiante, 13 onces; sang de coquillages (de pourpre), 9 onces; œufs d’éperviers aux ailes d’or, 5 onces. Ces œufs se trouvent près des cèdres du Liban, dans la montagne. Délaie dans un mortier de pierre ces espèces, (savoir) l’amiante, le coquillage et les œufs, jusqu’à ce que le tout soit unifié. Puis fais distiller sept fois, dans un alambic de verre, et mets de côté. Réunis la première composition avec la seconde,[40] et délaie pendant trois jours. Après accomplissement de l’opération,[41] jette dans un (vase) de verre toutes les matières délayées ensemble, et plonge le vase dans de l’eau de mer, pendant un jour et une nuit. (Alors) l’eau divine aura été complètement préparée. 3. Cette eau divine ressuscite[42] les morts et fait mourir[43] les vivants; elle éclaircit[44] les choses obscures et obscurcit[45] les choses claires; elle s’empare de l’eau de mer et fait disparaître le feu. Quelques petites gouttes de cette eau donnent au plomb l’aspect de l’or, avec le concours du Dieu invisible et tout-puissant, qui pratique la sagesse et la puissance, et qui ordonne que du non-être toutes choses soient amenées à l’être, qu’elles prennent la naissance et soient douées de forme. C’est à celui-là seul qu’il faut attribuer la force, au Dieu unique, universel et véritable. A lui et au souverain de notre vie et de notre salut, Jésus-Christ, ainsi qu’au Saint— Esprit, intelligence directrice (du monde), gloire et magnificence dans la série indéfinie des siècles! Amen.[46] IV. iii. — JEAN L’ARCHIPRÊTRE EN ÉVAGIESUR L’ART DIVIN1-9. Reproduction des §§ 15 à 24 et dernier du Traité de Zosime sur la Vertu et l’Interprétation (p. 135 à 139), sauf ces premiers mots: « Observons et voyons, si nous philosophons, en définissant de préférence cette expression énigmatique: Lorsque quelque chose manque aux qualités, on ne réussit à rien de ce que l’on attend. » 10. Voici des renseignements plus abondants sur la façon dont se forment les effluves lunaires: Rends-toi dans la grotte d’Ostanès, vois les vases des eaux préparées en nombre par lui, et remplis-les d’eau potable; ou bien encore, te rendant au fleuve du Nil, opère comme il a été écrit, comme l’a déclaré Hermès par ces mots: Ce qui tombe du déclin lunaire, où cela se trouve-t-il? où cela se traite-t-il? et comment cela a-t-il lune nature incombustible ? Tu trouveras la réponse chez moi et chez Agathodémon.[47] Le produit de ces effluves, on le voit tomber dans des récipients qui le reçoivent; il est doué d’une nature incombustible, jaune comme la couleur d’or. Adouci par les eaux douces et potables, il est dépouillé de toute matière étrangère. Parmi les couleurs, on désigne le chrysanthème, la chrysolithe, la coquille d’or, la liqueur d’or et toutes les substances dont le nom est formé au moyen de l’or et se rapporte à l’or. Tel est le nom de la pyrite; cette pierre étant convenablement blanchie dans l’eau divine, puis soumise à l’évaporation, se trouve jaunie de cette façon et débarrassée (de son principe étranger). L’ios desséché est désigné sous le nom de l’or. Celui qui produit l’or produit l’ios et celui qui n’en produit pas, ne produit rien. ii. Tout cela, tous les écrits (alchimiques l’ont révélé et l’ont érigé en doctrine pour la seule extraction, lorsqu’ils disaient: Extrais la nature et tu trouveras ce qui est cherché. Car la nature est cachée à l’intérieur: là se trouve contenue la nature. Lorsque tu veux opérer, procède en suivant la marche indiquée dans toutes les inscriptions sur stèle, et ainsi que Démocrite l’a écrit sur une stèle:[48] « Observe, en prenant l’ios, que tantôt il adhère à l’alun, tantôt à l’ocre, tantôt à la chélidoine,[49] en t’appliquant différemment, suivant les circonstances, et en ouvrant ton esprit. Observe aussi que l’ios lui-même a la faculté de se dissoudre. En le soumettant à un traitement énergique, il est dissous, ou bien il est (absorbé) et pénètre dans le cinabre.[50] C’est pourquoi il ne faut pas le projeter, vu qu’il devient esprit. On doit dès-lors éviter un feu violent: car autrement on ne pénétrerait pas jusque dans la profondeur du cœur du corps fondu ». Rappelons que tous ces préceptes sont donnés sur une seule stèle, le philosophe s’exprimant ainsi: Prenant la rhubarbe du Pont, délaie-la dans du vin d’Amina desséché; donne (au mélange) la consistance de la cire; enduis-en les feuilles d’argent, avec une couche de l’épaisseur de l’ongle, ou plus mince. Enduis ainsi la moitié (l’une des faces de la feuille); mets-la dans un vase neuf; et lutant tout autour, chauffe simplement, jusqu’à ce que la préparation soit absorbée. Fais aussi cela pour l’autre moitié (c’est à dire l’autre face), jusqu’à ce que la feuille se soit amincie; puis fais fondre. 12. Exposant ces choses aux Perses,[51] il dit: Cet homme a accompli cela par sa propre sagesse; ayant employé des espèces convenables, il enduisait extérieurement les substances, et il les imprégnait profondément par l’action du feu. Il dit que c’est l’usage chez les Perses de procéder ainsi. C’est pourquoi, dans toutes les inscriptions sur stèles, il transmet au vulgaire le précepte de teindre à fond par enduit; il montre aussi comment on évite les insuccès. Car souvent, la préparation étant surabondante, les enduits n’étaient pas absorbés entièrement et ne produisaient pas leur effet spécifique. Nous avons dit que le feu, lorsqu’il est activé par le soufflet avec une trop grande force, détermine la déperdition de l’esprit et, par suite, ne produit pas l’effet[52] cherché. 13. Ostanès emploie aussi le même procédé, en disant à la fin de son traité: Il faut teindre les lames métalliques dans les liqueurs et enduire ainsi la préparation; car de cette façon elle recevra facilement la teinture. Mais, moi je vous dis à mon tour, et je rappelle à votre attention quelle est la pratique des orfèvres et de tous ceux qui savent teindre l’or avec la couperose, le sel et l’ocre.[53] En procédant chacun à sa façon, ils purifient l’or, d’après les moyens précités et de mille autres manières. En saupoudrant et délayant, ils font disparaître l’éclat de certains bijoux. Leurs espèces sont soumises à l’action du soufflet; ils en épuisent l’action et ils s’efforcent de faire pénétrer la teinte convenable dans toute la profondeur. 14. De même que l’aimant attire à lui le fer par sa nature; de même aussi la couperose attire à elle, par sa nature propre, toute nature fusible contenue dans l’or.[54] De même qu’il existe, dit-on, une pierre noire sacrée qui, par sa nature, donne l’habileté aux praticiens qui la portent; de même aussi nous voyons agir tous les fondants par leur nature propre. Telle est la propriété astringente,[55] pour les corps employés à purifier l’or, et la propriété rectificatrice (?) de la matière appelée thénacar, celle du natron, et des substances semblables, prises isolément ou mélangées deux à deux, lorsqu’elles exercent naturellement leur puissance spécifiques sur les feuilles métalliques qui en sont enduites. 15. Il a été trouvé bon par les anciens de faire aussi les enduits des feuilles au moyen de corps gras, par exemple avec les jaunes d’œuf.[56] C’est pourquoi il (Démocrite) fait entendre (par énigmes) [que l’on opère) au moyen de l’huile de ricin, de l’urine des impubères, et des sels, c’est-à-dire des corps qui ont une puissance astringente. Il a été aussi érigé en doctrine qu’il faut préférer le vinaigre blanc, pur, bien préparé, et très fort.[57] On dit qu’il attaque les corps métalliques et les acidifie, à cause de sa propriété astringente. En les délayant avec la couperose, jusqu’à consistance visqueuse, ils prennent une consistance cireuse et mettent en jeu les actions spécifiques qui font réussir les traitements. 16. Il faut surveiller avec soin les accouchements, afin que l’avortement n’ait pas lieu.[58] Les avortements de la chair se produisent et donnent lieu à des êtres qui ne participent pas à la lumière du monde, à cause de l’imperfection (du fœtus?) et parce que l’on na pas observé le moment favorable pour l’enfantement. De même (dans) notre fabrication, lorsque (le travail) n’est pas accompli suivant ses règles propres, on ne réussit pas à obtenir les produits annoncés dans l’écrit. Certaines plantes et semences, soumises à l’action sidérale, dans les moments où l’atmosphère se trouve dans un certain désordre, sont gâtées par le vent, et privées de leur fécondité, et il en est souvent de même dans les actions chimiques génératrices. C’est pourquoi si les premiers composants sont mélangés convenablement, sans excès ni défaut des contraires; si la liaison des enduits a lieu en bonne proportion, le tout viendra à bon terme. On sait qu’il fat veiller à ce que le moment de l’enfantement n’arrive pas avant 9 mois; (autrement) l’avortement aura lieu. De même la (durée) de la cuisson pour toutes les feuilles, (métalliques) n’est pas moindre de 9 heures; car ce procédé est conforme à celui de l’enfantement.[59] 17. Quant au moment (convenable) pour le fonctionnement de l’autel en forme de coupe, juges-en suivant le degré de la macération. En effet, considère qu’il y a trois procédés d’opération et de mélange. Le premier procédé, entends-moi bien, comporte les choses pétries et fermentées, ainsi qu’on fait pour le limon et pour la farine. De même que le (corps) liquide ne doit pas être vaporisé outre mesure, mais seulement jusqu’au degré voulu; de même aussi, pour la composition, le vase de terre cuite qui recouvre la coupe placée sur la kérotakis a une ouverture, afin que l’on puisse voir si la composition blanchit ou jaunit. La suite de ce morceau reproduit un texte déjà donné, à la page 142,[60] jusqu’aux mots « Le vieux Zosime ». IV. iv. — ENIGME DE LA PIERRE PHILOSOPHALED’APRÈS HERMÈS ET AGATHODÈMON[61]J’ai neuf lettres et quatre syllabes; entends-moi. Les trois premières syllabes ont chacune deux lettres. L’autre syllabe contient le reste des lettres cinq sont muettes (consonnes). Le nombre total exprimé renferme seize centaines, plus trois; plus quatre fois treize: sachant qui je suis, tu seras initié à la divine sagesse que je contiens. IV. v. — AGATHODÉMON, HERMÈS ET DIVERSORACLE D’ORPHÉEEXPLICATION ET COMMENTMRE D’AGATHODÉMON SUR L’ORACLE D’ORPHÉE[62]Agathodémon à Osiris, salut! 1. J’écris dès ce moment pour toi ce quatrième livre, d’après l’oracle antique; or si tu comprends, si tu interprètes avec intelligence, viens ici près de nous, toi-même, en quittant[63] cette ville de la sottise; viens nous entendre directement: nous te prescrivons devenir à Memphis, en t’éloignant de la sottise. Je t’exposerai les commentaires de l’oracle, je t’expliquerai ce qui s’y rattache et tout ce que les auteurs en ont dit, et je le commenterai. 2. Sache, Osiris, que l’oracle commence par le jaunissement, laissant de côté le blanchiment. Mais il n’a pas négligé le jaunissement. Pourquoi? On doit l’interroger avec réflexion sur ce qu’il a voulu dire, et c’est d’après les dispositions de son esprit qu’on interprète l’oracle. Or Orphée se proposait d’opérer le blanchiment. Toutes les eaux sont préparées par lui avec l’appareil distillatoire) et la kérotakis, ainsi que toutes les parties de l’opération du jaunissement, je veux dire l’eau du soufre natif, et les autres préparations convenables; il cherche à accomplir l’opération par le seul mélange de la scorie formée ultérieurement.[64] 3. Ainsi ce qu’on cherchait, l’oracle l’a exposé. Ce qui manquait aux sages pour accomplir l’œuvre, l’oracle l’a complété: il a rendu arsénical[65] le mélange en le tournant vers le jaune, et il a agi sur les autres produits, chacun d’après son mode propre. Quant au blanchiment, personne n’a daigné le mentionner, excepté moi. Je l’ai décrit de bien des manières, et je le décris encore une fois, en commençant par la consultation de l’oracle.[66] Voici ce texte; « Il convient d’obtenir le pouvoir précieux que tu recherches, par la force des prières, et la chaleur des supplications adressées, ô prêtre, à ton propre nourricier: pour obtenir la puissance du livre et être maitre de la force de l’or, grave mes discours sur des tablettes ». 4. « (Emploie) le cuivre brûlé; il doit être fortement lavé, et brûlé de nouveau. Après ce second traitement, mets-le en petits morceaux et projette-le sur de très bel argent.[67] Fais pénétrer chaque corps volatil, autant que possible. Prends en quatrième lieu la terre de Sinope, la coquille de l’œuf, la cadmie, l’or, la terre de Macédoine et le misy (je parle de celui d’Asie): Tu fais fondre ensemble et tu obtiens l’or. » Ainsi (s’exprime) l’oracle très ancien, contenu dans le grand livre déposé par terre (?). Ce livre transmet les commentaires de la voix vénérable, et sa tradition montrera, ainsi que l’expérience, la bonne manière d’agir dans la projection, l’information mystérieuse (à cause des jalousies), l’information opportune, les moments propices et tout ce qui concerne l’art. 5. Ainsi le premier précepte de l’oracle (concerne) le blanchiment du cuivre, tiré des minerais lévigés, broyés et brûlés, jusqu’à ce qu’ils prennent la consistance de la cire. Or (ce que nous appelons) l’os[68] du cuivre se compose des quatre corps suivants: cuivre, fer, étain, plomb. A ces métaux essentiels, on ajoute le soufre blanc. Ces (substances) demandent une macération préalable, depuis le mois de méchir jusqu’au 15 du mois pharmouthi, 41 jours;[69] puis le lavage, l’ébullition, l’édulcoration, la clarification, le mélange en proportion voulue, la purification. Les quatre corps seront purifiés, jusqu’à ce que tu les obtiennes dans un état parfait. Ensuite ils seront mélangés, suivant la proportion de poids convenable. Voici ces poids: cuivre, 4 livres; fer, 1 livre; étain, 2 livres 1/2; plomb, 2 livres 1/2. Pour cette dose de cuivre (?), prends 1 livre d’argent: c’est l’agent fixateur. 6. Dans les autres écrits on trouve divers poids, mélanges et opérations; mais celles-ci sont bonnes; elles ne sont nullement inutiles ou vaines. En effet, les uns mélangent tous les corps métalliques (de façon à les réunir) en un seul; ils obtiennent de la scorie et font alors l’opération... Les autres obtiennent des (résultats) convenables, en s’y prenant d’une autre façon: ils commencent par purifier le cuivre, autant que possible, et ils y mêlent ensuite l’argent, après avoir fait agir l’arsenic sur le fer, en opérant comme avec le cuivre; et après l’avoir ramolli, ils opèrent le mélange. Ils fondent (alors) l’étain et le plomb; ils projettent les métaux dans un fourneau à désagrégation. Après avoir fait griller, ils pulvérisent et lavent: de cette façon ils obtiennent le sidérochalque.[70] D’autres encore opèrent sur le plomb, et l’emploient pour désagréger les métaux: ils opèrent un mélange intime avec l’étain, et projettent le produit; ils délaient semblablement, le plomb et l’étain; puis ils mélangent et lavent. On délaie préalablement (dans) une assiette, puis on opère dans les autres (récipients). En effet, si la couleur noire n’est pas enlevée au plomb par lavage et décantation, il n’y a rien; or elle disparait par décantation, lors du lavage et de l’ébullition effectuée avec ce métal; puis vient la fixation; puis les séparations, puis la décomposition, puis l’extraction. 7. Ainsi le plomb, uni avec les espèces essentielles, est projeté une seconde fois avec l’argent, pour le jaunissement. Tantôt on désagrège les métaux; tantôt on les délaie ensemble; on les soumet à l’extraction, et on recourt aux mille moyens indiqués dans les écrits (des auteurs), car l’art est vaste. Toutes les parties, les scories, et les matières appelées efflorescences (sont employées). Le plomb est travaillé au moyen de la liqueur acide et de la liqueur d’or: entends tout ce qui convient, au sujet du précepte inscrit dans cette ligne. Quant à la chrysocolle, à la terre de Sinope, à la cadmie, ce sont li, avec le plomb, ce que j’ai appelé les espèces essentielles. Cela signifie le misy asiatique, l’eau divine préparée avec le soufre natif tantôt une partie (du liquide distillé), tantôt la totalité. La portion dont il s’agit est celle qui renferme les herbes,[71] celle obtenue au moyen de la chaux et qui dissout tout, ainsi que la partie grillée des (substances) jaunes, la partie décomposée. Quant à la portion (qui reste et qui est) tirée de la totalité, après que tu as délayé la portion transformée par l’action préalable du cuivre, et que tu l’as extraite, lorsque tu as fait agir la vapeur sublimée et la gomme, puis mis à part, en faisant écouler l’amalgame (liquéfié), de façon à obtenir cette matière jaunie dont j’ai déjà parlé, alors fais bouillir cette portion; répète l’opération par trois fois; puis projette le produit. 8. Les anciens écrits contiennent toutes les recettes assemblées confusément; or toutes ces choses vont t’être expliquées en bloc: voici ce que c’est. Prenant une marmite de terre crue, fais la sécher au soleil, pendant dix jours; puis, prenant de l’ocre et du bleu, une partie de chaque, délaie dans du vinaigre pur, en consistance de miel: enduis-en la marmite à l’intérieur. Fais-y cuire de la sandaraque, en quantité convenable; puis, prenant de la rouille de cuivre, délaie-la dans l’urine d’un enfant Impubère et enduis de nouveau la marmite, à sa partie supérieure. Lute et fais cuire pendant trois jours. En retirant (le contenu), tu trouveras un produit pareil à de l’orge grillé. Projette-le sur de l’argent noirci, ou sur de l’or noirci, avant qu’il soit refroidi. Une partie d’ocre, et une partie d’étain produisent la même apparence, lorsqu’on les applique sur le fer en proportions égales. La magnésie produira aussi le même effet; — on la mêle par moitié avec le soufre apyre; — ce mélange fait par moitié, est mis (en digestion) dans une marmite, pendant deux jours. Ensuite, délaye avec de la couperose et de l’écume d’huile de ricin, pendant trois jours; fais cuire et projette l’or. Cette matière noircit ainsi une partie d’argent. IV. vi. — L’ESPÈCE EST COMPOSÉE ET NON PAS SIMPLEET QUEL EN EST LE TRAITEMENT[72]1. S’agit-il d’une chose simple ou composée, quant à sa nature, dans l’art appelé chez les maîtres l’art naturel? Par nature, la soudure d’or[73] est une chose simple, un genre simple, d’après le divin Hésiode et d’après Aratus; c’est elle qui est désignée comme une tête d’or, d’après le prophète divin Daniel; comme un chœur d’or, d’après Hermès Trismégiste; mais ce n’est pas là ce que l’on doit entendre par l’unité cherchée.[74] L’art en réalité ne doit avoir ni un objet simple, ni un objet composé de parties; car si les parties comportaient un seul et même traitement, et ne différaient en rien les unes des autres, elles ne seraient pas les parties d’un tout complet. En effet, toute partie naturelle ou artificielle apporte à l’œuvre complète quelque chose qui lui est spéciale; sans elle, le Tout se trouverait incomplet, comme il est facile de le voir dans les parties du corps, dénommées lieux chez Galien. C’est ainsi qu’on peut l’entendre dire: « on nomme lieux les parties du corps ». Si quelqu’une de ces parties spéciales fait défaut, la composition sera trouvée incomplète; soit qu’elle ait subi (seulement) le délaiement, ou la cuisson, ou la calcination, ou la décomposition opérée dans le bain-marie, chauffé avec un feu de sciure de bois; ou bien dans le vase à bec d’oiseau;[75] ou bien (lorsqu’elle est déposée) sur la kérotakis; ou dans l’alambic chauffé à feu nu; et cela, qu’il s’agisse de la diplosis opérée au moyen du mercure, selon le procédé de Marie, ou de toute autre sorte de traitement. 2. Si donc toute partie naturelle, ou artificielle apporte quelque chose à l’œuvre complète, il faut aussi qu’elle l’apporte au Tout;[76] car la préparation exécutée sur les parties (séparément) ne répond pas aux proportions que doivent exister dans le traitement (complet). Le Tout en diffère; de même que l’arbre haut de deux coudées n’est pas changé en un (arbre) de trois coudées, par un simple accroissement (de sa hauteur ?). Mais si chacune des parties profite au Tout, examinons leur relation réciproque. C’est le mercure qui, en s’élevant dans les chapiteaux des récipients, produit le Tout par l’iosis; de même que le mélange des couleurs sur la kérotakis (palette) des peintres est nécessaire à l’art pour reproduire l’animal entier. De même aussi la magnésie,[77] exposée sur la kérotakis à l’action désagrégatrice et dissolvante,[78] s’écoule dans les récipients inférieurs, le soufre étant mêlé au soufre, lequel amène à la perfection la matière sulfureuse qui le reçoit.[79] 3. Certains prennent le texte dans un autre sens. En effet, Hermès, disent-fis, désigne les soufres comme combustibles; Démocrite regarde les matières sulfureuses comme tinctoriales et fugaces. Elles sont retenues par le mercure qui leur est congénère. (C’est pourquoi) les maîtres appellent le mercure le tombeau d’Osiris:[80] ce qui signifie l’amortissement (du mercure et des métaux), causé par la macération.[81] Il est nécessaire que l’eau de soufre mercurifiée, c’est-à-dire le liquide sulfureux, soit évaporée par la digestion dans le fumier de cheval. En effet Zosime dit : « Dans tout l’art, ce qu’il y a d’essentiel, c’est le catalogue des espèces liquides ». 4. Après la décomposition, il n’y a plus rien à faire, selon quelques-uns; le Panopolitain dit que quelques-uns ne s’occupaient plus de rien après l’iosis, tandis que lui parle (encore) du soufre, de l’eau de soufre et du mercure. Quant à nous, nous demandons: Pourquoi le grand Zosime, dans son traité inscrit sous la lettre S, en répondant à cette objection, a-t-il prescrit d’avoir recours au cuivre? Le cuivre a été apporté; il était parfait de tout point, il était pénétré (par le principe colorant) et n’admettait plus rien. Voulant éveiller leur esprit, il leur présentait la chrysocolle[82] et les teintures, appelant or l’iosis, laquelle est appelée aussi jaunissement. Il s’agissait encore de la composition qui produit la couleur blanche (l’argent); car il en est aussi question: mais ce qu’il y a de préférable, c’est l’or (ou la chrysocolle). En effet, (l’or est comparable au) soleil, dont la lumière éclaire les sphères supérieures et les sphères inférieures c’est-à-dire les sphères supérieures en tout temps, mais les sphères inférieures par intermittence; attendu que l’ombre du cône de la terre s’étend jusqu’à la sphère de la planète Mercure. Or il en est ainsi de l’or produit par l’opération de l’iosis ou du jaunissement, et la sphère où s’exerce l’action du mercure est préférable à celles qui sont situées au-dessus ou au-dessous.[83] 5. Pourquoi donc n’introduisait-il pas une autre opération? En effet, ce n’est pas sur l’or naturel que porte l’explication des anciens, ainsi qu’il est évident d’après leur langage. Car en quoi l’or a-t-il besoin d’être teint? Et pourquoi ajoutait-il: « Un grand nombre ayant trouvé du cuivre amené à perfection dans les temples, ne le teignaient pas, attendu qu’une autre opération avait eu lieu dès le principe ». Et encore, en d’autres termes: « Le sens de tous les écrits n’a été réalisé que dans l’appareil[84] pour traiter le cuivre ». Au sujet du traitement opéré au moyen de cet appareil, le même auteur s’exprime ainsi, en vue du but que l’art se propose. IV. vii. — FABRICATIONPRINCIPALEMENT CELLE DU TOUT[85]1. Maintenant, comme l’obscurité de la question soulevée de part et d’autre n’a pas été dissipée, Il convient de vous décrire, dès l’abord et par ordre, la fabrication du Tout, (et celle) de la gomme d’or.[86] La partie jaune, le jaune d’œuf bouilli,[87] est délayé exactement dans la gomme d’or (préparée par) notre art.[88] On n’opère pas dans un mortier et avec un pilon, mais dans des appareils à digestion, en forme de mamelles,[89] où l’on soumet à l’action de la chaleur la gomme d’or. Or les (matières) délayées avec cette substance s’unissent à celles dont on a enlevé l’ombre (?). Ces choses, une fois unies entre elles, sont nettoyées à deux reprises. Quant à ce qui reste à la partie inférieure, on le fait réagir de nouveau sur le (contenu) de la partie supérieure. Cela ne se fait pas dans les appareils de digestion, munis de tubes (distillatoires); mais dans les appareils terminés par des parties arrondies.[90] On opère à une chaleur douce, pendant 40 jours, plus ou moins, jusqu’à ce que la réaction amène le produit à une apparence invariable. 2. Le cinabre, torréfié dans des marmites[91] lutées de tous côtés, produit le mercure,[92] lequel s’appelle l’eau divine, l’eau blanche, le liquide argentin. Il accomplit par là les oracles d’Apollon Pareil à un laurier vierge, il s’élève lui-même dans les couvercles des marmites. On l’y trouve, après le feu éteint, et on le recueille; car il fuit le feu. On obtient de même le mercure avec du cinabre artificiel, matière rare, c’est-à-dire trouvée rarement je veux parler du cinabre obtenu par voie sèche et torréfaction convenable; aussi peut-il être appelé vraiment sec. Il s’agit surtout de celui que l’on appelle desséché et facilement volatil, employé dans l’épreuve des âmes. Étant devenu un esprit éthéré, il s’élance vers l’hémisphère supérieur; il descend et remonte, évitant l’action du feu, jusqu’à ce que, arrêtant son essor de fugitif,[93] il soit parvenu à un état de sagesse. Tant qu’il n’est pas arrivé à ce terme, il est difficile à retenir et il est mortel.[94] C’est de lui qu’Apollon dit dans ses oracles: Et un esprit plus noir, humide, pur.[95] 3. Le mercure, étant fixé, fixe; étant retenu, il retient; or il est dit que telle est la fin de l’art. Le savant Zosime l’a proclamé: « Il est fixé par une vapeur semblable. » C’est aussi ce dont parle le Philosophe naturaliste (disant): « Les matières sulfureuses teignent et se volatilisent; mais elles sont retenues par le mercure, leur congénère; car le soufre demeure jusqu’à ce qu’il soit combiné, jusqu’à ce que les matières sulfureuses soient dominées par leurs semblables, les matières liquides par le liquide correspondant ». Voilà pourquoi Zosime disait, dans son livre des Clefs: « Ainsi la vapeur est retenue par une autre nature et lui obéit, attendu que la nature domine la nature ». Ceux qui contemplent ces choses, dit Démocrite, s’écrient: « O natures célestes, créatrices des natures! O natures grandioses, qui triomphez des natures par les transmutations! » Il nomme natures célestes les appareils sphériques, dans lesquels on opère la décomposition et la distillation des eaux: je ne parle pas seulement des premières eaux séparées (par distillation), mais aussi des dernières, qui ne sont plus conformes à la mesure,[96] étant mélangées nécessairement aux (matières) non décomposées. Soit que tu en rejettes une (quantité) égale, ou bien un peu moindre, ou bien un peu plus grande, il n’y aura pas préjudice. 5. Il vaut mieux projeter en moindre quantité le cuivre dans la composition restante, attendu que Démocrite dit: « Mais il faut qu’elle contienne aussi un peu de soufre apyre, afin que la préparation pénètre à l’intérieur ». Il entend par ces mots: « un peu de soufre apyre », le produit incombustible, c’est-à-dire le cuivre. Et encore lorsqu’il dit qu’un quart d’argent suffit pour purifier le cuivre, il appelle asèm le cuivre, à cause de son caractère inconnu.[97] Il appelle aussi cuivre, la première eau, qui communique une teinte sombre et fugace, en l’assimilant au cuivre obscurci. En effet, le cuivre ne se produit jamais sans ombre, comme le dit Marie; à moins que l’on n’en fasse disparaître l’ombre, en la détruisant par un traitement convenable.[98] IV. viii. — AUTRE TRAITEMENT[99]1. Quelques-uns se sont illustrés en opérant ainsi; d’autres faisaient bouillir ou torréfiaient le Tout; ils cassaient et divisaient (les œufs) avec leurs coquilles; enlevant les enveloppes, et jetant dans un mortier le blanc et le jaune, ils les délayaient ensemble, et ajoutaient une nouvelle partie de jaune d’œuf par-dessus le jaune, ou bien, au contraire, par-dessus le blanc. Ainsi Zosime dit « Pour le blanc, prends deux parties de chaux, et pour le jaune, le double aussi 4e safran et de chélidoine. Car si nous rendons κροκός oxyton et que nous ne le rendions pas baryton (κρόκος), c’est-à-dire si nous ne le rendons pas paroxyton, nous entendrons clairement ce qui est expliqué.[100] 2. Après avoir exécuté ensuite, suivant les mêmes proportions, la composition des eaux, dans les appareils en forme de mamelles, on délaie convenablement dans un mortier. Puis, après avoir donné la consistance de l’huile, ou du vin, ou de la bière, on partage en deux, et, sans recourir au feu, on laisse déposer, se rappelant la (formule): Laisse en bas, et il se fera[101] ». Après le temps prescrit, on opère la distillation des eaux natives. C’est là le comaris scythique et le cuivre rouillé. 3. Pétasius leur rend témoignage, en écrivant: « Or quelques-uns ont opéré l’iosis dans les appareils; au lieu de (dire): Ils ont extrait le cuivre au moyen des appareils. Après avoir mélangé les unes et les autres (matières), je veux dire la feuille altérée et la feuille non altérée, ils les ont exposées deux ou trois fois à la chaleur du fumier.[102] Ils ont obtenu l’objet désiré, nous dit-il, soit de cette façon-ci, soit de celle-là, soit autrement. L’expérience l’enseignera. Porte-toi bien, dans le Seigneur. ΙV. ix. — QU’EST-CE QUE LA CHAUX DES ANCIENS ?[103]t. La chose étant ainsi et la nature fixant (le mercure ?), arrivons à la fameuse chaux des anciens. A la différence du calcaire des pierres converti[104] en chaux, celle.ci ne blanchit pas; au contraire, elle noircit. En effet, cette espèce étant délayée, et le liquide naturel étant mis à part, la matière qui reste au fond dans le plat est torréfiée et noircie; c’est alors qu’on la nomme chaux. On la reprend et on l’unit avec sa propre âme.[105] On la place (alors) pendant 15 jours,[106] sur un fourneau en bon état, soumis à une chaleur modérée: elle s’élève par sublimation en dehors du fourneau et se sépare des vapeurs retenues dans l’appareil. Elle produit ainsi l’eau divine tirée de la chaux, si le sublimé est blanc; mais s’il est jaune, c’est Peau divine native. En effet, les deux liquides (qui en dérivent) ne diffèrent entre eux que par la couleur; ils pénètrent, teignent et fixent de la même façon.[107] Suivant la quantité du premier feu, les produits varient, surtout s’ils dérivent d’une matière unique, jaune ou blanche. En effet, Hermès, le grand dieu, dit que la chrysocolle[108] opère tout dans les premiers (feux); tandis que la grande chaleur du feu exerce sa puissance dans la première réduction en mercure pour parfaire le Tout. Si cette première (chaleur), n’opère pas, la seconde n’a aucune influence appréciable. Celle-ci expose à un grand insuccès, non seulement parce qu’elle est la mère (cause génératrice) des vapeurs fugitives, mais aussi parce qu’elle n’amène pas toujours la couleur cherchée.[109] IV. x. — SUITE DU MÊME TEXTEQuelques-uns soumettent à la sublimation la rouille du cuivre, jusqu’à ce qu’ils aient consommé presque toute la scorie, en l’épuisant à plusieurs reprises: ils pulvérisent, projettent et subliment, conformément à la parole d’Agathodémon disant: « Prends des vapeurs et encore des vapeurs[110] ». On trouve que le premier (produit) est jaune; le second, blanc, et le troisième, noir. IV. xi. — AUTRE TRAITEMENT DE LA CHAUX1. Quelques-uns emploient l’eau jaune dans les iosis; ou bien ils extraient l’eau blanche en une fois, suivant la nature des produits, ils exposent la première substance aux vapeurs;[111] puis la seconde séparément, après l’iosis. Car il disait qu’il n’est pas avantageux de réitérer l’introduction du mordant et celle des produits additionnels dans les liquides: ce qui importe, c’est la combinaison des corps, la spécialité des appareils, le changement produit au moyen de la kérotakis, et le nombre des jours (employés) pour la décomposition. 2. Il arrive que la rouille de cuivre, en raison de l’excès des vapeurs sublimées, non seulement est noircie, et teinte de la couleur des corps solides, mais se trouve complètement consommée. Dans ce cas, les opérateurs mélangeaient aussitôt le produit avec d’autres sublimés, de couleur semblable au cinabre, et le mettaient à part. La vapeur précédente, mélangée à la vapeur du mercure, en assure la fixation; et par suite elle peut à son tour être retenue par une autre nature.[112] IV. xii. — AUTRE PROCÉDÉ DE FABRICATION DE LA CHAUXD’autres ont employé seulement la chaux blanche[113] pour la décomposition. Sur le comaris blanc ils projetaient les eaux blanches, provenant des appareils; sur le comaris jaune, ils projetaient les eaux jaunes. Après avoir fait digérer dans le creuset, pendant trois jours, ils enlevaient le produit et l’appliquaient à des matières fraîches de même espèce; de même que ceux qui opèrent après le trente-deuxième (jour) pour la pourpre. En effet Hermès disait que les anciens connaissaient une pourpre et une pierre de couleur pourpre:[114] c’était la rouille du cuivre.[115] Ainsi Hermès, écrivant à Pausiris, lui disait: Si tu trouves la pierre couleur de pourpre,[116] sache que c’est celle (dont je parle); or tu en possèdes la description, ô Pausiris, gravée avec soin dans ma petite Clef.[117] » Cependant Hermès n’a point composé d’ouvrage spécial sur la teinture des pierres,[118] ou de la pourpre; mais sa « petite Clef » traite du comaris, selon les deux formules; elle servait à éclaircir la difficulté de la rouille. Il s’est d’ailleurs beaucoup occupé de la chaux. IV. xiii. — AUTRE ARTICLE SUR LA CHAUXQuelques-uns mélangeaient la chaux[119] avec des eaux semblables, pendant une heure environ; ils l’enlevaient (ensuite) et l’emportaient, en disant que c’était là la teinture du plomb de Marie, qui opère en un jour.[120] Ils trouvaient ceci exposé dans le passage de Zosime: « Mais la partie utile de la pierre... ». Et ils pensaient que c’était là la décomposition et l’iosis. Voilà pourquoi Démocrite écrit: « Or quelques-uns opéraient l’iosis dans les appareils... paroles que Pétasius interprétait ainsi: « Au lieu de dire: ils faisaient de la rouille de cuivre au moyen des appareils »; et, prenant cette eau, ils l’unissaient à une autre eau, qui en était aussi extraite, et dans laquelle il y avait de la chaux ostracite;[121] ils en employaient une quantité égale à celle-ci; car le Philosophe dit: Prends une partie de ce qui te sera indiqué par la suite et autant de la liqueur d’or, c’est-à-dire de la fleur d’or et de la coquille d’or. Hermès parlait de la même (matière), comme d’une chose précieuse aux noms multiples: « Ainsi, en prenant une partie, et en y ajoutant de l’eau de soufre natif et un peu de gomme, tu teindras toute sorte de corps ». Il suivait la même marche pour les deux eaux (blanche et jaune). IV. xiv. — AUTRE ARTICLED’autres, unissent la cendre[122] des premières eaux avec les vapeurs sublimées qui en proviennent, dans la proportion environ d’une cotyle à une once; puis ils partagent le produit en deux; ils arrosent pendant une heure environ et enlèvent l’eau. Ils ajoutent encore une autre (proportion de cendre); ils arrosent et enlèvent. Une troisième fois, mélangeant le produit avec de la cendre, ils reprennent les vapeurs (ainsi traitées) et (les mélangent aux sublimés restés dans l’appareil, sublimés blancs ou jaunes ou d’autre sorte, sans s’occuper de la proportion. En agissant (ainsi), ils suivent le grand Zosime,[123] qui dit: « De toute façon, en en employant plus ou moins, tu ne feras jamais mal; car c’est là la marche de la fabrication, la seule chose cherchée depuis des siècles ». IV. xv. — AUTRE ARTICLEQuelques.uns filtraient les scories, comme on le fait dans la fabrication du savon. Ils répétaient l’opération deux et trois fois en un seul jour, les unissant aux eaux de même espèce et de même couleur. Car ils disaient qu’il suffit de la première action du sublimé. IV. xvi. — AUTRE ARTICLE — LA FABRICATIONCertains opéraient, non en un jour, mais en neuf jours, distillant par tiers les eaux employées. Ils mettaient en œuvre une proportion égale et pareille d’eaux, et ils gardaient pour employer au moment de la teinture. IV. xvii. — AUTRE TRAITEMENTD’autres procédaient ainsi ils extrayaient les vapeurs du troisième produit; alors ils prenaient deux parties (onces?) du résidu qui en provenait et ils y ajoutaient un cotyle (de la vapeur); ils conservaient cette préparation. IV. xviii. — CONCLUSION DE LA FABRICATIONQuant à moi, ayant recueilli les travaux de tous, je dis que Zosime n’avait pas tort de dire, en écrivant à Théosébie: « En effet, c’est un grand maure que l’expérience; elle indique toujours aux gens de sens les choses avantageuses, d’après les résultats démontrés ». Tel est le discours[124] sur la chaux, saur le tout-puissant calcaire,[125] le corps invincible et le seul utile: celui qui l’aura trouvé, d’après la méthode exposée plus haut, triomphera de la maladie incurable de la misère. — Portez-vous bien, amis et serviteurs du Christ notre Dieu. IV. xix. — PROCÉDÉS DE JAMBLIQUE[126]1. TEINTURE DE JAMBLIQUE. — Sel de Cappadoce, 2 drachmes; cinabre d’Italie, 1/2 once; arsenic, 1 once; chalcite grillée, 6 drachmes; spodos (ou scorie) c’est-à-dire écailles d’ocre, 6 scrupules.[127] Quelques-uns ajoutent: sidérochalque, 12 dr. ; spodos fine, ½ once; ios, 3 onces; chrysocolle, 6 drachmes; cadmie de Thrace, ½ once. Après avoir broyé séparément, tu mêleras ensemble. Ajoute du suc de mandragore, jusqu’à consistance visqueuse, et délaie jusqu’à dessiccation, Ajoute du sang de lièvre marin,[128] jusqu’à ce que la même consistance se reproduise. Remplis-en la cavité d’un roseau[129] jusqu’au quatrième nœud, et, après avoir obturé avec un chiffon de laine, abandonne pendant 14 jours. En reprenant le produit, tu trouveras du fer.[130] Broie le produit avec du vin aromatique, jusqu’à consistance visqueuse, et conserve le dans le vase en forme de coquille. Ensuite, après avoir fait fondre un poids égal d’or pur, jette dans la coquille, et fais fondre, jusqu’à ce que la fumée n’ait plus de force et produise simplement une odeur de soufre. Après avoir enlevé, laisse refroidir.[131] 2. Délaie et ajoute de la bile d’ichneumon, ou de renard, ou de coq aux pieds noirs (?); ainsi qu’un trochisque de pyrite. Fais sécher à l’ombre, et après avoir broyé, transvase dans un vase de verre. Mets dans une boîte avec du plomb, ou de l’étain; enfouis dans (le fumier) de cheval pendant 15 jours, reprends le produit, et opère ainsi: Jette dans du vinaigre un poids égal à 3 oboles de la préparation précédente, et de la bile de chameau en quantité égale; délaie et donne aux morceaux la grosseur des grains de sésame. Tu peux laisser reposer tranquillement pendant 7 jours; si c’est pendant 10 jours, (donne aux grains) la grandeur de la lentille. Ensuite pratique une ouverture à la boite, et délaie ce qui s’en écoule avec le lait d’une femme, mère d’un enfant mâle; réitère l’enduit (à la surface du métal) pendant 7 jours; ne lave pas (l’objet verni) pendant 36 jours.[132] 3. Pour la teinture, prends du safran, du misy cru, de la couperose, du bleu, de la chélidoine, 1 drachme de chaque, et projette sur une livre d’argent, pris à point. Ensuite prends du ferment antérieur contenu dans la boîte, 3 statères; et, selon d’autres, 2 onces 1/2; le tout est mélangé ensemble et on en saupoudre la matière, jusqu’à ce que l’argent soit saturé et cesse d’âtre modifié: ce que l’on reconnaît à ce que cette matière se trouble et dépose. 4. FABRICATION DE JAMBLIQUE. — Prenant une marmite neuve, place au-dessus une fiole et jette dans la fiole: mercure 1 once 1/3 ; cuivre, étain pur en limaille, 1 once ½ ou 2, avec un peu d’huile; fais chauffer jusqu’à ce que le tout devienne homogène. Ensuite, ayant pris le produit, délaie-le avec ce qui suit alun lamelleux, 1 once ½ ; misy cru, 1 once ½ ; arsenic, 1 once ½ ; mets dans un matras neuf, en délayant ces (matières) avec de l’eau de soufre et un peu de gomme. Puis, lutant avec soin, tu feras cuire sur un feu doux, jusqu’à ce que tu penses que les espèces se sont combinées. Ensuite, enlève; arrose avec du vinaigre et de la saumure crue, pendant 7 jours. Après avoir fait sécher, pulvérise et projette dans l’huile sulfureuse bouillante,[133] jusqu’à ce que le produit devienne comme de la cire, puis aussitôt durcisse comme de la pierre. Pulvérise encore une fois le produit desséché. Mélange avec de la pierre pyriteuse, 1 once ½ ; et avec de la cadmie ostracite: un autre auteur dit avec de la cadmie olympique, celle qu’emploient les teinturiers et qu’ils appellent aussi placitis.[134] Délaie ensemble; projette dans l’argent, quand il est à point, jusqu’à saturation et refus. Prenant de cet argent, 1 partie; de l’or, 3 parties, et de la vapeur sublimée (mercure), le double, fais un amalgame. Place dans une fiole de verre, après y avoir mis une quantité égale de sinopis et de couperose. Délaie ensemble et bouche bien; fais cuire pendant un jour et une nuit. Après avoir retiré, délaie avec de l’huile de raifort et de la litharge blanche, et, après avoir arrondi en boules, extrais la matière; incorpores-y (un peu d’or) pur et tu obtiendras (avec le tout) de l’or pur.[135] 5. FABRICATION DE L’OR. — Prenant du cuivre pur et rouge, réduis-le en lamelles minces; place-le sur un feu de charbon; souffle avec des soufflets et saupoudre de sel rouge et commun. Ensuite ajoute de l’ocre, puis du sel; retourne la lamelle, répète la même opération autant qu’il te plaira, jusqu’à ce que l’ouvrage prenne l’apparence de l’or. Il en fait l’emploi et en possède l’apparence, même dans son épaisseur. 6. Ayant pris de cet or, 1 scrupule, et de l’argent préalablement décapé, 3 scrupules, fais fondre et réduis en feuilles; enduis-les avec du fer préparé suivant le procédé hébreu, 2 scrupules, en opérant sur les deux faces: et le métal prendra l’apparence de l’or noir. Fais fondre de nouveau. Répète cela une 3e fois et tu obtiendras de l’or artificiel. Tu y ajouteras or véritable, 1 once, et métal de la magnésie, 1 once, et tu auras de l’or à l’épreuve.[136] 7. DOUBLEMENT DE L’OR. — Fais bouillir le sublimé (mercure) dans l’huile de raifort, Ensuite, fixe et délaie avec le vinaigre, l’alun lamelleux et le self pendant 7 jours; après avoir édulcoré, fais sécher et garde.[137] Prenant de la couperose, 1 partie, et du soufre apyre, une partie, délaie ensemble et fais cuire dans une marmite ou dans un flacon luté, pendant 3 jours, et garde. Prends du cinabre; colore avec l’huile de raifort; opère la fixation dans des flacons, après avoir luté l’orifice, pendant 6 heures. Lave; mets dans le mortier de l’alun et du sel, et délaie, pendant 7 jours; après avoir bien lavé avec de l’eau, édulcore, fais sécher et garde. Après avoir pris de la chrysocolle, traite par l’urine de génisse pendant 7 jours. Ensuite teins en roux, dans l’huile de raifort, pendant 7 ou 8 jours. Fais bouillir dans l’huile de raifort, et garde. Prenant du misy, traite par l’urine d’un enfant impubère, pendant 7 jours, ou même davantage; après avoir fait sécher, garde. Après avoir pris de l’arsenic, pulvérise-le et arrose de vinaigre, à plusieurs reprises, pendant 7 jours; fais bouillir la liqueur dans laquelle (le mélange) a baigné pendant longtemps. Ensuite, après avoir lavé jusqu’à ce que la liqueur cesse d’être trouble, fais sécher. Ensuite, fais digérer 7 jours avec de l’urine de vache, et avoir lavé, fais sécher et garde. 8. Opère de cette manière le mélange des espèces, c’est-à-dire le sublimé, une once; le cinabre, une once; la chrysocolle, 2 onces; le misy, 6 drachmes et 1 scrupule. Délaie ensemble, avec un peu de vinaigre; amène en consistance de pâte et fais cuire au four, jusqu’à ce que le vase soit incandescent. Au produit cuit, mêle de l’arsenic, 2 drachmes; de la sandaraque, 2 drachmes; de la gomme, 2 drachmes. Délaie ensemble dans l’eau divine (obtenue au moyen de l’urine), pendant 7 jours, jusqu’à consistance visqueuse, et mets en œuvre. Avec ce produit, enduis les feuilles et elles seront transformées.[138] 9. Maintenant, si tu veux obtenir la poudre de projection elle-même, fais sécher. Quand tu veux faire emploi, ajoute l’eau obtenue par l’urine et le soufre et enduis-en les feuilles formées par le mélange du cuivre, de l’argent et de l’or. Or, la formule de ce mélange est celle-ci: Argent pur, 1 partie; cuivre de Nicée supérieur, 1/2 partie. Partage en deux portions le cuivre et fais fondre avec la moitié l’argent, par trois fois, jusqu’à ce que l’alliage soit accompli. Après avoir réduit en feuilles, saupoudre avec de la pyrite traitée par la saumure, pendant 7 jours, puis édulcorée et cuite dans un vase luté pendant.... jours. Prends, fais fondre; ajoute l’autre partie du cuivre, le vinaigre, l’argent, et répète trois fois cette fusion. 10. Ayant réduit en feuilles et saupoudré à plusieurs reprises de pyrite, fais cuire un jour et une nuit, et après avoir délayé avec du sublimé d’Italie (celui qui est employé pour les maladies des yeux),[139] moitié en poids; fais fondre une seconde fois; alors incorpore de l’or en quantité égale, et, après voir réduit en feuilles, teins en roux, en immergeant dans la liqueur[140] que voici: safran, fleur de carthame, chélidoine, cadmie zonitis,[141] 1 partie de chaque. Délaie le tout ensemble dans le vinaigre d’Egypte, pendant 7 jours et teins en rouge. Et alors, prenant la feuille, enduis-la d’abord avec cette préparation, au moyen d’une plume; après avoir fait sécher, fait cuire dans un vase chauffé avec des lampes,[142] pendant 2 jours et 2 nuits. Après avoir enlevé, plie les feuilles; puis les mettant dans un creuset, bien luté, fais fondre au four, et tu trouveras de l’électrum sans ombre. Prends de la (pierre) étésienne, 1 partie; batitures du fer, 1 partie; métal de la magnésie, 1 partie; délaie ensemble. Fais cuire pendant 5 jours et tu trouveras du noir bien homogène. Prends-en 2 parties; onchalque de bonne qualité, 2 parties; fais fondre jusqu’à mélange parfait, et il se forme (une substance) supérieure à l’électrum. IV. xx. — COMARIUSLIVRE DE COMARIUS, PHILOSOPHE ET GRAND-PRÊTREENSEIGNANT A CLÉOPÂTRE L’ART DIVIN ET SACRÉ DE LA PIERRE PHILOSOPHALE1. Seigneur, Dieu des puissances, démiurge de toute la création, auteur et artisan des (êtres) célestes et supra célestes, être bienheureux et demeurant à toujours, nous célébrons, nous bénissons, nous louons, nous adorons la sublimité de ion règne; car tu es le principe et la fin; toute la création visible et invisible t’obéit, parce que tu as tout créé. Comme ton serviteur a été créé, (et que) ton règne (est) éternel, nous te supplions, Seigneur très miséricordieux, au nom de ton ineffable amour des hommes, éclaire notre esprit et nos cœurs, afin que nous te glorifiions (comme) notre seul vrai Dieu et père de Notre-Seigneur Jésus-Christ, avec ton Saint-Esprit bon et vivifiant, maintenant et toujours et dans les siècles des siècles. Amen.[143] 2. Je commencerai ce livre par l’écrit relatif à l’or et à l’argent, au sujet de l’entretien entre Comarius le Philosophe et Cléopâtre la Savante. Le livre que nous avons ici ne comprend pas les démonstrations de notre autre livre, relatif aux feux et aux substances. C’est celui du maître Comarius, philosophe et grand-prêtre, livre adressé à Cléopâtre la Savante. 3. Le philosophe Comarius enseigne à Cléopâtre la philosophie mystique; il est assis sur un trône, et il s’est attaché à la philosophie secrète. Il a parlé pour ceux qui comprennent la science mystique et il a indiqué de sa main la Monade qui embrasse le Tout;[144] il s’est exercé sur les quatre éléments et il a dit: 4. « La terre a été solidifiée au-dessus des eaux; et les eaux (se sont élevées) sur la cime des montagnes.[145] Prenant donc, ô Cléopâtre, la terre qui est au-dessus des eaux, formes-en un corps spirituel, (avec) l’esprit de l’alun.[146] — Ces choses ressemblent à la terre et au feu, les unes au feu par la chaleur, les autres à la terre par la sécheresse. Les eaux qui sont au sommet des montagnes ressemblent à l’air par leur froidure; par leur humidité, à l’eau, ainsi qu’au feu. Voici que d’une seule perle et d’une autre (encore), tu tires, ô Cléopâtre, toute la teinture.[147] 5. Cléopâtre, ayant pris l’écrit de Comarius, commença à mettre en pratique les prescriptions des autres philosophes et à étudier la belle philosophie, partagée en quatre parties,[148] qui enseigne et découvre la matière provenant des natures, et la diversité des opérations. « Ainsi, (disent-ils), en recherchant la belle philosophie, nous la trouvons partagée en 4 parties; c’est ainsi que nous avons découvert (l’idée) générale de la nature de chaque chose. Dans la première partie, il s’agit du noircissement; dans la seconde, du blanchiment; dans la troisième, du j |