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ALLER A LA TABLE DES MATIERES DE L'ALCHIMIE Oeuvre numérisée par Marc Szwajcer
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PREMIÈRE PARTIEINDICATIONS GENERALESI. i. — DÉDICACERegarde ce volume comme renfermant un bonheur secret, qui que tu sois qui est l’ami des Muses. Mais si tu veux en explorer les veines chargées d’or, qui sont habilement cachées; ouvre l’œil vif de l’esprit et élève-le vers les natures divines, avec une parfaite perspicacité; parcours ainsi ce très savant écrit, et trouves-y le trésor d’une connaissance supérieure, en cherchant et explorant la nature trois fois heureuse, la seule qui domine les natures d’une manière divine,[1] la seule qui enfante l’or brillant, celle qui fait tout; celle que seuls ont découverte par leur esprit inspiré des Muses, les amants de la gnose divine. Celui qui l’a inventée, je ne dirai pas qui il est. Admire l’intelligence, la sagesse de ces hommes divins, créateurs des corps et des esprits;[2] (Admire, dis-je) comment ils ont atteint la hauteur sublime de la gnose, de façon à animer, à tuer et à vivifier, à créer des figures et des formes étranges.[3] O merveille! ô bien heureuse et souveraine matière ! Celui qui la connaît à fond et qui sait les résultats cachés sous ses énigmes, celui-là, oui, c’est l’intelligence digne de tout honneur, c’est l’esprit éminent de Théodore, qui s’enrichit d’une manière divine, lui le fidèle défenseur des princes. Il a rassemblé, il a fait entrer une collection étrange dans ce volume de conceptions savantes. En le protégeant, Christ, souverain maître, tiens-le en ta garde! Sur le Théodore auquel est adressée cette Dédicace. L’indication de ce nom, qui se rapporte à un haut fonctionnaire de l’empire byzantin, est la seule que nous possédions sur la formation de la collection alchimique. Elle concerne une époque comprise entre Héraclius et le commencement du xie siècle, date du ms. de Venise; époque qui comprend celles des compilations de Photius et de Constantin Porphyrogénète (voir Origines de l’Alchimie, p. 98). — Le nom de Théodore est d’ailleurs trop répandu pour qu’on puisse espérer identifier, sans autre indice, le personnage actuel avec quelque byzantin, connu autrement dans l’histoire. Dans les ouvrages de Zosime, on trouve aussi, sous le titre de « Chapitres à Théodore », un résumé des sommaires de divers traités (Origines de l’Alchimie, p. 184). Stephanus écrit pareillement à un Théodore (Ideler, t. II, p. 208), lequel pourrait être notre personnage: il serait alors contemporain d’Héraclius. I. ii. — LEXIQUE DE LA CHRYSOPÉE PAR ORDRE ALPHABÉTIQUE[4]ASEMENCE DE VÉNUS. — C’est l’efflorescence du cuivre.[5] ALBATRE ou ALABASTRON. — C’est la chaux tirée des coquilles d’œufs, le sel des efflorescences,[6] le sel ammoniac,[7] le sel commun. CHAUX D’HERMÈS. — C’est la chaux tirée des œufs,[8] sublimée par le vinaigre, et exposée au soleil;[9] elle est meilleure que l’or. SEL EFFLORESCENT.[10] — C’est la mer, la saumure, la mousse du sel. ÉCUME D’UNE ESPÈCE QUELCONQUE. — C’est le liquide mercuriel. LIQUIDE ARGENTIN. — C’est la vapeur sublimée du soufre et du mercure[11] ASÈM. — C’est l’ios provenant de la vapeur sublimée.[12] FLEUR D’ACHAÏE. — C’est la laccha.[13] FLEUR DU CUIVRE. — C’est la couperose, la chalcite,[14] la pyrite, le soufre blanc après traitement. SEL. — C’est la coquille de l’œuf; le soufre est le blanc de l’œuf; la couperose en est le jaune.[15] ANDRODAMAS. — C’est la pyrite et l’arsenic.[16] CE QUE L’ON MET A PART. — C’est le son du blé. VAPEUR SUBLIMÉE. — C’est l’eau du soufre et du molybdochalque.[17] APHROSÉLINON (Écume d’argent). — C’est la comaris, la coupholithe.[18] AMPHORE A VIN. — C’est un vase de terre cuite. BAVE. — C’est le mercure tiré de l’argent et la pierre scythérite. ÉJACULATION DU SERPENT. — C’est le mercure.[19] INDESTRUCTIBLE. — Ce qui ne peut être volatilisé. PIERRE D’AIGLE. — C’est la chrysolithe, le porphyre, la pierre pourprée de Macédoine et la pierre polychrome. INCOMBUSTIBILITÉ. — C’est le blanchiment. CUIVRE COUVERT D’OMBRE (ou obscurci). — C’est la fleur du cuivre. CHANGEMENT DE NATURE. — C’est la teinture.[20] SAUMURE. — C’est la chrysocolle. ARGYROLITHE (Pierre d’argent). — C’est la sélénite. TOUT MERCURE. — Se dit du mercure composé avec les trois soufres apyres. NATIF (produit). — Se dit de ce qui est pur et non souillé. C’est, à proprement parler, ce qui est intact, non obscurci et brillant comme la fleur de l’or. BRENONCULE. — C’est la chrysocolle et la chrysoprase (aigue-marine). BOL (ou masse pilulaire). — C’est le soufre cru. BOSTRYCHITE. — C’est la pyrite, la pierre étésienne, la chrysolithe. PIERRE DE TOUCHE. — C’est la pierre du mortier. TEINTURE (ou trempe). — C’est le changement de nature. TOUTES PLANTES JAUNES. — Ce sont les chrysolithes. ORGE. — C’est le germe[21] de la bière. GLAIT DE LA VACHE NOIRE. — C’est le mercure extrait du soufre.[22] TERRE (dite) ASTRITE. — C’est la pyrite, la terre de Chio, la Utharge, le soufre blanc, l’alun, la cadmie blanche, le mastic.[23] TERRE D’ÉGYPTE. — C’est la terre à poterie. TERRE DE SAXOS. — C’est l’arsenic et le soufre blanc. LAIT DE TOUT ANIMAL. — C’est le soufre. GYPSE. — C’est le mercure solidifié. DROSÉE. — C’est le mercure extrait de l’arsenic.[24] LITIÈRE. — C’est l’eau du mercure. BILE DU SERPENT. — C’est le mercure extrait de l’étain (ou du cinabre; addition de BAL). EHELCYSMA. — C’est le plomb brûlé.[25] ENCÉPHALE. — C’est la chaux des coquilles des œufs. DECOCTION. — C’est la dispersion, le délaiement, le grillage. ADJONCTION. — C’est l’agglomération attractive. HUILE. — Répond aux fleurs[26] des teintures. PULVÉRISATION COMPLITE. — C’est le blanchiment, la mutation, la réduction en mercure (des espèces BAL). RAFFINAGE. — C’est l’extraction au moyen des liquides, c’est-à-dire la transmutation. PIERRE ÉTSIENNE. — C’est la chrysolithe. ZPETIT LEVAIN. — C’est le soufre. LEVAIN. — C’est la combinaison des corps métalliques avec la vapeur sublimée de l’échoménion[27] et avec la fleur du carthame.[28] LIQUEUR TINCTORIALE. — C’est la couperose traitée suivant les règles (de l’Art., AL.) HDEMI-CORPS. — Ce sont les vapeurs sublimées.[29] ÉCHOMÉNION.[30] — C’est la fleur de carthame. ÉLECTRUM. — C’est la poudre (de projection) parfaite. CHEVELURE DU SOLEIL. — C’est le soufre extrait de l’or. DISQUE SOLAIRE. — C’est le mercure extrait de l’or. QSOUFRE BLANC. — C’est la vapeur sublimée du mercure, fixée avec la composition blanche. SOUFRE BLANC. — C’est la pierre chrysétésienne, l’hématite. SOUFRE NON BRULE. — C’est la vapeur sublimée et le mercure. SOUFRE LIQUIDE (ou fusible). — Ce sont les deux antimoines et La litharge. EAU DE SOUFRE.[31] — Ce sont les blancs d’œufs coagulés (?) et le marbre travaillé. RAMEAUX DES PALMIERS. — C’est le soufre blanc. SOUFRE NON CALCINÉ — L’eau mêlée et blanchie, extraite de l’arsenic et de la sandaraque.[32] SOUFRE NATIF. — C’est le safran tiré des liqueurs. EAU DE SOUFRE. — Celle qu’on tire du plomb.[33] EAU DE SOUFRE. — C’est celle que l’on extrait par dissolution de la chaux et de l’albâtre. SOUFRE EN SUSPENSION.[34] — C’est une eau. CORPS SULFUREUX. — Ce sont les minerais métalliques. EAU DE SOUFRE. — C’est la décoction du plomb.[35] EAU DE SOUFRE (pour le jaunissement, tirée de la sandaraque).[36] — C’est le vin aminéen, extrait de la chélidoine. SOUFRE LAMELLEUX. — C’est l’arsenic (orpiment). DEUX SOUFRES: ce ne sont pas des compositions; ils accomplissent l’œuvre divine. LE MARBRE THÉBAÏQUE. — C’est la chaux des œufs; il est (appelé) aussi titanos; alun lamelleux — celui de Mélos est le soufre apyre. L’EAU DE SOUFRE. — C’est notre vinaigre. SOUFRE BLANC. — C’est le plomb après traitement. SOUFRE. — C’est le cuivre après traitement. IIOS RACLÉ.[37] — C’est la vapeur sublimée et la chrysocolle (soudure d’or. IOS. — C’est le jaunissement; l’eau de soufre natif; le comaris de Scythie; le pastel de l’Inde; la renoncule; la chrysoprase; la chrysocolle. PIERRE SACRÉE. — C’est la chrysolithe. PIERRE SACRÉE. — C’est le mystère caché (A E). K(SUBSTANCE) BRULÉE DE COPTOS. — C’est la lie, l’écume de l’argent. FIENTE DE L’OR ET MINERAI D’OR, CHRYSAMMOS. — C’est la chrysolithe (pierre d’or). ÉTAIN. — C’est le cinabre. EAU DE CALAÏS.[38] — C’est l’eau de chaux. CINABRE. — C’est la vapeur sublimée, obtenue par cuisson dans les marmites.[39] CNOUPHION.[40] — C’est le chapiteau (de l’alambic). FUMIE DES COBATHIA. — Ce sont les vapeurs de l’arsenic (sulfuré).[41] COLLE ATTIQUE. — C’est la larme de l’amande.[42] GOMME. — C’est le jaune (d’œuf). CLAUDIANOS. — C’est la chaux des œufs, le peuplier noir et le cassia.[43] COMARIS DE SCYTHIE. — C’est le soufre et l’arsenic, avec tous ses noms. CADMIE. — C’est la magnésie. HUILE DE RICIN. — C’est celle que l’on extrait des figuiers sauvages; car beaucoup la préparent ainsi. CIRE SOLIDE. — Signifie les corps (métalliques) solides.[44] SUBSTANCE BRULÉE. — C’est la substance blanchie.[45] ROSEAU. — C’est le soufre. COMARIS. — C’est l’arsenic. SANG DE MOUCHERON.[46] — C’est l’eau d’alabastron après traitement. LCUIVRE D’OSEILLE.[47] — C’est le vinaigre. PIERRE DE DIONYSIOS. — C’est la chaux. PIERRE BLANCHE (leucolithe). — C’est la pyrite. PIERRE QUI NEST PAS UNE PIERRE. — C’est la chaux et la vapeur sublimée, délayée avec du vinaigre. PIERRE PHRYGIENNE.[48] — C’est l’alun. ÉCAILLES DES COBATHIA. — Ce sont les (matières) sulfureuses, et surtout l’arsenic. ORCANETTE. — C’est la fleur d’Achaïe.[49] LITHARGE BLANCHE. — C’est la céruse. CUIVRE BLANC. — C’est l’eau de soufre apyre. TEINTURE BLANCHE. — C’est ce qui teint profondément et qui ne suinte pas. PIERRE PHRYGIENNE. — C’est l’alun et le soufre.[50] BLANC BRILLANT. — C’est ce qui pénètre profondément. MPLOMB. — C’est le semblable de la céruse. MAGNÉSIE. — C’est le plomb blanc et la pyrite.[51] MAGNÉSIE. — C’est le vinaigre non adouci, et l’extraction. MAGNÉSIE. — C’est l’antimoine femelle[52] de Chalcédoine. EMOLUENS (ou amalgames). — C’est toute matière jaune et amenée à perfection.[53] NATURE UNE. — C’est le soufre et le mercure, après traitement différent. NOIR INDIEN. — Est fait d’isatis et de chrysolithe. MINIUM DE MONTAGNE. — C’est le misy jaune, avec celui qui coule tout seul.[54] MIEL ATTIQUE ET PLOMB. — C’est l’eau divine.[55] NOTRE PLOMB. — C’est celui qui se prépare avec les deux antimoines[56] et avec la litharge. MOLYBDOCHALQUE. — C’est la soudure d’or. MYSTERE DE TOUTE PIERRE MÉTALLIQUE. — C’est la pyrite. GRANDE PLANTE. — C’est l’orge. NUAGE NOIR. — C’est la vapeur sublimée et la pierre d’or. NNUAGE. — C’est la vapeur sublimée du soufre. RACLURE DE LA PIERRE DE NAXOS. — C’est la matière à aiguiser des barbiers.[57] NATRON. — C’est le soufre blanc qui zend le cuivre sans ombre.[58] La (même substance) se nomme aphronitron[59] et terre résineuse (ou fluidifiante). NUÉE. — C’est l’obscurité des eaux, la vapeur sublimée, l’humidité vaporisée, le précipité qui reste en suspension (?). XVAPEUR JAUNE SUBLIMÉE DU CINABRE. — C’est la vapeur sublimée des substances sulfureuses et l’argent liquide. PRÉPARATION JAUNE. — C’est le minerai de fer, traité par l’urine (et) le soufre [c’est aussi la cadmie, B A L]. OCOQUILLAGE ET OS DE SEICHE. — C’est la chaux des œufs. SUC DE CALPASOS. — C’est la sève de cette plante. AXONGE DE PORC. — C’est le soufre non brûlé. VINAIGRE[60] COMMUN. — C’est celui qu’on obtient par la litharge et par la lie. SUC DE TOUS ARBRES ET DE TOUTES PLANTES. — C’est l’eau divine[61] et le mercure.[62] CE QUE TU SAIS. — C’est l’alun. CUISSON. — C’est la décoction et le jaunissement. OSIRIS. — C’est le plomb et le soufre. VASE CYLINDRIQUE. — C’est (le mortier L et) le pilon. PPOMPHOLYX.[63] — C’est la fumée de l’asèm. FIXEZ. —Au Lieu de « renforcez.[64] » CE QUI S’ÉVAPORE AU FEU. — C’est la vapeur sublimée du soufre. PYRITE. — C’est le sory et la magnésie (et la pierre blanche, A). MIEL COMPLET. — C’est l’eau de soufre.[65] TEINTURE (PINOS). — C’est ce qui teint à l’extérieur.[66] FIXATIONS. — Ce sont les opérations chimiques utiles. POLYCHROME. — C’est la couleur de pourpre. PORPHYRE. — C’est la pierre été slenne et l’androdamas. DISSOLVANT UNIVERSEL. — C’est la vapeur sublimée qui émane de toutes choses, c’est-à-dire l’eau native. FEUILLES QUI ENTOURENT LA COURONNE. — Ce sont la pyrite et La magnésie. « AYANT AIGRI PRÉALABLEMENT ». — C’est: « ayant baigné dans le vinaigre. « AYANT AIGRI FORTEMENT ». — C’est: s ayant passé au feu. « AYANT TORRÉFIÉ AU SOLEIL ». — Cela se fait en 6 jours. LIMON DE VULCAIN. — C’est l’orge.[67] RPURIFIANT. — C’est le natron jaune[68] et l’aphronitron. REPHECLA.[69] — C’est le cyclamen. LIMAILLE D’OR. — C’est la soudure d’or. SNÉNUPHARS DESSÉCHÉS. — Ce sont ceux qu’on tire des cours d’eau d’Egypte. LIE. — C’est la sélénite et l’alun lamelleux. SANDYX.[70] — C’est l’or. ALUN. — C’est le soufre blanc et le cuivre sans ombre. SANDARAQUE. — C’est le mercure extrait du cinabre. LES (QUATRE) CORPS MFTALLIQUES. — Ce sont le cuivre, le plomb, l’étain et le fer. On en extrait le stibium en coquille. CORPS INTERVENANT DANS LA COMBINAISON. — On les appelle caméléon: ce qui signifie les quatre métaux imparfaits. STIBIUM. — C’est le coquillage ou la coquille.[71] MUTATION ET RÉGÉNÉRATION. — C’est la calcination et le blanchiment. ÉPONGE MARINE. — C’est la cadmie, la chrysolithe, la pierre sacrée, le mystère caché, la cendre de la paille, l’émeraude, l’émeril. FER. — C’est le tégument de l’œuf. TTITANOS. — C’est la chaux de l’œuf. NOM PROPRE DE LA COMPOSITION LIQUIDE. — C’est l’eau divine, tirée de la saumure, du vinaigre et des autres matières. NOM PROPRE DE LA COMPOSITION SOLIDE. — Ce sont les quatre corps, appelés: le claudianos, le plomb, la pyrite, le mercure. MERCURE, fixé au moyen des vapeurs sublimées blanchit le cuivre et fait l’or. EAU SCYTHIQUE. — C’est le mercure.[72] EAU DIVINE NATIVE. — C’est le mercure fixé avec les sels. EAU DE CARTHAME. — C’est l’eau native du soufre. EAU LUNAIRE. — Eau de cuivre [eau de sel, L], eau ignée, eau de verre, eau d’argent, eau de sandaraque, eau d’arsenic, eau de fleuve; c’est le nuage. A]. EAU FLUVIALE, EAU DE PLOMB. — C’est le soufre et le mercure.[73] HYSSOPE. — C’est le lavage des laines en suint. EAU DE MERCURE TINCTORIALE.[74] — C’est le mercure extrait du cinabre. EAU DE VÉNUS, DE LUNE, D’ARGENT, DE MERCURE, ET EAU FLUVIALE. — C’est l’eau divine et le mercure.[75] EAU DE SOUFRE NATIF. — C’est la composition blanche qui disparaît. EAU SIMPLE. — C’est celle que l’on fabrique avec les trois composés sulfurés, au moyen de la chaux, EAU (EXTRAITE) DE L’ASEM.[76] — Elle est dite écume, rosée, aphroselinon liquide. EAU DIVINE TIRÉE DU MERCURE. — Elle est appelée,[77] d’après Pétasius, bile de serpent. EAU DIVINE FIXÉE PAR LES TRANSMUTATIONS. — C’est le mercure (que l’on extrait) du cinabre, c’est-à-dire la tétrasomie.[78] FLIE. — C’est le dépôt du vin, la chaux avantageuse pour les pourpres.[79] ALGUE.[80] — C’est la teinture extérieure et brillante. PRÉPARATION. — C’est la vapeur sublimée, composée au moyen du traitement. « FAIS GRILLER ». — C’est-à-dire « Fais cuire ou jaunis ». (TEINTURE) QUI (NE) PASSE (PAS). — C’est la véritable (?). SCORIE DES LENTILLES. — C’est la couperose. XSCORIE DU CUIVRE. — C’est la couperose. OR. — C’est la pyrite, la cadmie et le soufre.[81] CHALEYDRION. — C’est l’or fabriqué et rouillé par les manipulations de fixation, faites au moyen du soufre. CHRYSITIS.[82] — C’est la composition tirée des vapeurs sublimées. CUIVRE MÉDICAL. — C’est le métal blanchi, le soufre et la céruse. SUEURS DU CUIVRE. — C’est le jus de camomille. CHRYSOCOLI.E ET EAU DE CUIVRE. — C’est le molybdochalque.[83] LIQUEUR D’OR, CHÉLIDOINE, COQUILLE D’OR, IOS SANS OMBRE. — C’est le soufre blanc [ou bien le mercure fixé avec la composition blanche. A L]. COUPEROSE. — C’est le jaune de l’œuf. PIERRE CHRYSÉTÉSIENNE. — C’est l’hématite. CHALCOPYRITE PULGURANTE.[84] — C’est l’eau de soufre;[85] c’est le soufre tiré du mercure (L). OR.[86] — Ce sont tous les fragments et les lamelles jaunis[87] et amenés à perfection.[88] LIMAILLE D’OR, SOUDURE D’OR, FLEUR D’OR, LIQUEUR D’OR. — C’est la chrysitis, la coquille d’or, l’ios, le soufre et le mercure. CUIVRE. — C’est la coquille des œufs. OR CUIT. — Ce sont les vapeurs sublimées jaunes. CHALKYDRION, ARGENT LIQUIDE, BILE DE TOUT ANIMAL. — C’est l’ios parfait, le soufre, le cuivre, l’électrum, lorsque leur éclat devient accompli et tourne au jaune et qu’ils se fixent; c’est le mercure (extrait) du cinabre. CHÉLIDOINE. — C’est l’élydrion. ON APPELLE OR: Le blanc, le sec, le jaune et les (matières) dorées, à l’aide desquelles on fabrique les teintures stables.[89] CHRYSOCOLLE. — C’est le molybdochalque,[90] c’est-à-dire la composition complète. SPHERE D’OR. — C’est le safran de Cilicie [ou bien l’arsenic et la sandaraque, B A L]. CHRYSOPHITE. — C’est la vapeur sublimée, après traitement avec le cuivre, pulvérisation et réduction en ios. CUIVRE DE CHYPRE. — C’est le cuivre calciné et lavé; c’est le terme du blanchiment et le début du jaunissement. MORCEAUX. — C’est ce qui est transformé quant à l’espèce. PETIT MORCEAU. — Ce sont les cendres délayées dans l’eau, celles qui tapissent le fond du fourneau, à l’épaisseur d’un doigt. SABLE (ou minerai). — C’est la chrysocolle. CÉRUSE. — Est produite par le plomb. OCRES, obtenues par un mélange de vin et d’huile, sont dites blâmables (ou falsifiées)? MERCURE CRU. — C’est le mercure produit par le plomb [par le molybdochalque, L.]. OÏTIS (pierre d’œuf?). — Est nommée aussi Terenouthin et Chrysocolle. OCRE ATTIQUE. — C’est le jaune de l’œuf. OCRE ATTIQUE. — C’est l’arsenic. ORICHLAQUE DE NICÉE. — C’est celui qu’on obtient par la cadmie. Le Lexique alchimique, tel que nous venons de le reproduire, est tiré du manuscrit de Saint Marc (fin du xe ou commencement du xie siècle) il n’a guère été modifié dans les manuscrits postérieurs. Il est formé de portions diverses, ajoutées successivement, comme le prouvent par exemple les articles relatifs au soufre, à l’eau de soufre, à la magnésie, etc. Certains articles remontent jusqu’à la vieille tradition gréco-égyptienne, ainsi que le montrent les rapprochements (cités en note) avec la nomenclature prophétique de Dioscoride et du Papyrus de Leide. Les catalogues du blanc et du jaune, attribués à Démocrite (Origines de l’Alchimie, p. 155-156), lesquels formaient la base de la Chrysopée et de l’Argyropée, ainsi que les nomenclatures de l’œuf philosophique, paraissent représenter les premières formes de ce Lexique. Au moyen âge, il a pris une extension considérable et s’est enrichi d’une multitude de mots arabes, en même temps que les mots grecs disparaissaient en partie. On peut en voir une forme nouvelle dans le manuscrit 2419 de Paris, transcrit vers 1460 (v. Introd., p. 205). Plusieurs de ces Lexiques ont été rassemblés par Johnson dans la Bibliotheca Chemica de Manget (Genève, 1702), t. I, p. 217 à 291. Mais l’ouvrage de genre le plus utile à connaître et le mieux rédigé, est le Lexicon Alchemiœ, auctore Rulando (Francfort, 1612). Je l’ai cité fréquemment dans mon Introduction. ****************** I. iii. — SUR L’ŒUF PhilosophiqueVoici ce que les anciens disent sur l’œuf:[91] 1. Les uns (l’appellent) la pierre de cuivre, [les autres, la pierre d’Arménie, A]; d’autres, la pierre encéphale; d’autres, la pierre étésienne; d’autres, la pierre qui n’est pas une pierre;[92] d’autres, la pierre égyptienne; d’autres, l’image du monde.[93] 2. La coquille de l’œuf, c’est la partie[94] crue, le cuivre, l’alliage de fer et de cuivre, l’alliage de plomb et de cuivre et (plus généralement) les corps[95] métalliques solides. 3. La coquille calcinée signifie: la chaux vive, l’arsenic, la sandaraque, la terre de Chia, la terre astérite,[96] la sélénite,[97] l’argent cuit, l’antimoine de Coptos, la terre de Samos, la terre convenable, la terre Cimolienne, La terre brillante, le bleu[98] et l’alun.[99] 4. Les parties liquides de l’œuf sont dites: les parties séparées, l’ios et l’ios du cuivre, l’eau verte de cuivre, l’eau du soufre natif, la liqueur de cuivre, la préparation de cuivre à apparence de miel, la vapeur sublimée, les corps réduits en esprits,[100] la semence universelle. (Ces parties liquides) reçoivent encore beaucoup d’autres dénominations. 5. Le blanc de l’œuf s’appelle la gomme, le suc du figuier, le suc du mûrier et celui du tithymale. 6. Le jaune de l’œuf s’appelle le misy, le cuivre, la couperose de cuivre, la couperose cuite, l’ocre attique, le vermillon du Pont, le bleu, la pierre d’Arménie, le safran de Cilicie et la chélidoine. 7. Le mélange de la coquille des œufs et de l’eau préparée avec la chaux vive, c’est ce que l’on appelle la magnésie et les corps (métaux) de la magnésie, l’alliage de plomb et de cuivre, notre argent,[101] l’argent commun, la céruse. 8. Le blanc, on l’appelle l’eau de la mer, parce que l’œuf est rond comme l’océan; l’eau d’alun, l’eau de chaux, l’eau de cendre de chou, l’eau de chèvre[102] des anciens. (Prendre l’eau dans le sens du lait.) 9. La liqueur jaune, on l’appelle le soufre natif, le mercure, celui qui est dit (extrait) du cinabre; l’eau du natron roux, l’eau du natron jaune, le vin Aminien. 10. La composition jaune s’appelle l’or et l’électrum en décomposition, la teinture d’or, la teinture d’argent[103] extraite des citrons, celle qu’on extrait de l’arsenic et de l’eau du soufre apyre. De même que le citron présente la couleur jaune à l’extérieur, et, à l’intérieur, la saveur acide; de m&ne aussi, l’eau tirée de l’arsenic. L’eau du soufre apyre est le vinaigre des anciens. 11. Le blanc de l’œuf[104] s’appelle mercure, eau d’argent, cuivre blanc, vapeur sublimée blanche, ce qui se volatilise au feu, soufre excellent, eau de soufre natif, écume marine, eau fluviale, rosée, miel attique, lait virginal, lait coulant de lui-marne, eau de plomb, ios de cuivre, ferment irrésistible, nuage, soif ardente, astre suspendu de la vapeur sublimée. 12. Quant à toi, aie ceci dans l’esprit: la nature se réjouit de la nature; la nature maîtrise la nature; la nature triomphe de la nature. C’est elle qui, mélangée d’en haut, accomplit le mystère cherché et tiré d’un seul (corps). — Ces phrases signifient que les sulfureux sont maitrisés par les sulfureux, les humides par les humides correspondants. — Si les corps ne perdent pas l’état corporel et si les corps ne reprennent pas l’état corporel,[105] ce qui est attendu ne se réalisera pas. 13. Il y a deux[106] compositions opérées par les corps métalliques et par les eaux divines et les plantes; elles transmutent la matière, celle que tu trouveras en poursuivant la chose cherchée. Si deux ne deviennent pas un, et trois un, et toute la composition une, le but cherché ne sera pas atteint. FIN DE L’ŒUF ****************** I. iv. — NOMENCLATURE DE L’ŒUF[107]Nomenclature de l’Œuf: c’est le mystère de l’art. 1. On a dit que l’œuf est composé de quatre éléments, parce qu’il est l’image du monde et qu’il renferme en lui-même les quatre éléments. On l’a nommé aussi « pierre que fait tourner la lune », pierre qui n’est pas pierre, pierre d’aigle et cerveau d’albâtre.[108] 2. La coquille de l’œuf est un élément semblable à la terre, froid et sec; on l’a nommée cuivre, fer, étain, plomb.[109] Le blanc d’œuf est l’eau divine; le jaune d’œuf est la couperose; la partie huileuse est le feu. 3. On a nommé l’œuf la semence, et sa coquille, la peau; son blanc et son jaune, la chair; sa partie huileuse, l’âme; sa partie aqueuse, le souille ou l’air. 4. La coquille de l’œuf, c’est ce qui élève ces choses hors du fumier[110] pendant dix jours. Délayez-la, avec l’aide de Dieu, dans du vinaigre; plus Vous la broyez, plus vous faites œuvre utile. Lorsque vous aurez battu la composition pendant huit jours, vous ferez fermenter; et vous préparerez la poudre sèche. Lorsque vous aurez accompli ce travail, jetez-y du mercure, et si vous n’obtenez pas la teinture du premier coup, répétez une seconde et une troisième fois. 5. On a nommé d’abord le jaune de l’œuf: ocre attique, vermillon du Pont, natron d’Égypte, bleu d’Arménie,[111] safran de Cilicie, chélidoine; le blanc de l’œuf délayé avec l’eau de soufre est le vinaigre, l’eau d’alun, l’eau de chaux, l’eau de cendres de chou, etc. ****************** I. v. — LE SERPENT OUROBOROS1. Voici le mystère: Le serpent Ouroboros (mordant sa queue), c’est la composition qui dans son ensemble est dévorée et fondue, dissoute et transformée par la fermentation.[112] Elle devient d’un vert foncé, et la couleur d’or en dérive. C’est d’elle que dérive le rouge appelé couleur de cinabre: c’est le cinabre des philosophes.[113] 2. Son ventre et son dos sont couleur de safran; sa tête est d’un vert foncé; ses quatre pieds constituent la tétrasomie;[114] ses trois oreilles sont les trois vapeurs sublimées. 3. L’Un fournit à l’Autre son sang;[115] et l’Un engendre l’Autre. La nature réjouit la nature; la nature charme la nature; la nature triomphe de la nature; et la nature maîtrise la nature;[116] et cela non pas pour telle (nature) opposée à telle autre, mais pour une seule et même nature,[117] (procédant) d’elle-même par le procédé (chimique), avec peine et grand effort. 4. Or toi, mon ami très cher, applique ton intelligence sur ces matières et tu ne tomberas pas dans l’erreur; mais travaille sérieusement et sans négligence, jusqu’à ce que tu aies vu le terme (de ta recherche). 5. Un serpent est étendu, gardant ce temple (et) celui qui l’a dompté; commence par le sacrifier, puis écorche-le, et après avoir pris sa chair jusqu’aux os, fais en un marchepied à l’entrée du temple; monte dessus et tu trouveras là l’objet cherché. Car le prêtre, d’abord homme de cuivre, a changé de couleur et de nature et il est devenu un homme d’argent; peu de jours après, situ veux, tu le trouveras changé en un homme d’or.[118] ****************** I. vi. — LE SERPENT1. Voici le mystère: le serpent Ouroboros, c’est-à-dire la dissolution des corps effectuée par son opération. 2. Les lumières[119] des mystères de l’art, c’est la teinture en jaune. 3. Le vert du serpent, c’est l’iosis, c’est-à-dire sa fermentation; ses quatre pieds, c’est la tétrasomie employée dans la formule de l’art; ses trois oreilles, ce sont les trois vapeurs et les douze formules; son ios,[120] c’est le vinaigre. 4. Or toi, mon ami très cher, applique ton intelligence sur ces matières. 5. Un serpent est étendu, gardant le temple (et) celui qui l’a dompté. (La suite comme au § précédent.) ****************** I. vii. — INSTRUMENT D’HERMÈS TRISMÉGISTE[121]1. Pour l’amour de l’art, exposons la (méthode) indiquée par Hermès. Il conseille de compter depuis le lever du Chien,[122] c’est-à-dire depuis Epiphi, 25 juillet, jusqu’au jour où le malade est alité, et de diviser le nombre ainsi obtenu par 36. Maintenant, voyez le reste dans le tableau ci-dessous. 2. La lettre Z (xwn) désigne la vie; Q, (qanatoV) la mort; K, (kindunoV) le danger.[123] |
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