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Anthologie grecque

NOTICES BIOGRAPHIQUES ET LITTÉRAIRES SUR LES POÈTES DE L'ANTHOLOGIE.

A - D - E - H - O- R - S - Z

IGNATIUS MAGISTER - ION DE CHI0S - IRÉNÉE - ISIDORE D'AEGES - ISIDORE LE SCOLASTIQUE - JEAN - JEAN BARBUCALLE - Juba - JULIEN ANTÉCESSOR - Julien l'ex-préfet d'Égypte - JULIEN d'ÉGYPTE - JULIEN l'empereur - JULIUS DIOCLÈS - LACON - LAURÉA - LÉON LE PHILOSOPHE - LÉONCE - Léonidas d'Alexandrie - Léonidas de Tarente - Libanius - Lollius Bassus - Corneille Longin - Lucien - Lucilius - Macédonius consul - Quintus Maecius - Magnus le médecin - Marcellus - Marianus scholasticus - Marin de Naplouse - Méléagre - Ménandre - Ménandre protecteur - Ménécrate - Mésomède - Métrodore - Michael - Mimnerme - Mnasalque - Moero de Byzance - Moschus - Mucius Svaevola - Munatius - Myrinus - Nicandre - Nicarque - Nicénète - Nicias - Nicodème - Nicomaque - Nicomède - Nilus - Nossis - Numénius de Tarse - Oenomaüs - Oneste

 

IGNATIUS MAGISTER, ᾿Ιγνάτιος ὁ Μαγίστωρ.  

Ignatius Magister était un grammairien, un poète, qui vivait au commencement du neuvième siècle de l'ère chrétienne ; il était de plus diacre de la grande Église de Constantinople et gardien des vases sacrés ; par la suite, il devint métropolitain de Nicée. De ses oeuvres on cite encore un poème dramatique sur Adam (1), premier essai d'un Paradis perdu, et des élégies funéraires, ἐλέγους ἐπιτυμβίους (02). Mais il ne se borna pas à faire des épitaphes pour les autres il fit aussi la sienne, ᾿Ιγνάτιος πολλῇσιν, XV, 29. Les épigrammes Σῶμα μὲν ἀρετήν et ῾Ιερὸς ἐν λαγόνεσι, XV, 30 et 31, lui appartiennent également, ainsi que l'épigramme Πτωθέντα κοσμεῖ, I, 109. Toutes ces pièces sont si médiocres qu'on s'étonne que notre poète ait pu dire de lui-même ᾿Ιγνάτιος τάδε τευξε σοφῆς πολύιδρις ἀοιδῆς, XV, 39. Nous l'aurions désiré plus modeste. 

(1)  Il en reste 743 vers que M. Boissonade a publiés dans le tome I de ses Anecdota, et qu'on trouve aussi â la fin du volume des Euripidis fragmenta, édit. de Firmin Didot.  
(2)  Suidas, t. II, p. 94.

ION DE CHI0S, ῎Ιων ὁ Χῖος.  

Avec Eschyle, Sophocle , et Euripide, les grammairiens d'Alexandrie avaient placé dans leur canon des poètes tragiques, Ion, Achéus et Agathon. Cet Ion, fils d'Orthoméne, dut naître à Chios, vers l'an 488 avant notre ère. Contemporain d'Eschyle, il débuta sur la scène tragique vers 450, lutta contre Sophocle, plus tard contre Euripide; une fois il fut couronné au théâtre, et dans sa joie, dans sa reconnaissance, il envoya un cruchon de vin de Chio, à chaque citoyen d'Athènes. Suivant les uns il composa quarante tragédies ; trente seulement, suivant d'autres. Les pièces d'Ion manquaient de chaleur et de vie;  leur mérite principal consistait dans une sage ordonnance, dans un style modérément orné. "Préféreriez-vous être, dit Longin (1), un poète lyrique, tel que Bacchylide, plutôt que Pindare ? Un poète tragique, tel qu'Ion de Chios, plutôt que Sophocle ? Ceux-là sont irréprochables, leur élégance ne se dément jamais. Néanmoins nul homme dans son bon sens n'oserait comparer tentes les pièces réunies d'Ion au seul OEdipe de Sophocle."
Ion n'était pas seulement un poète dramatique, il avait aussi composé des ouvrages historiques; notamment sur l'origine de son île natale, Χίου κτίσις, des odes, des élégies, des épigrammes. De ses tragédies comme de ses autres ouvrages, il ne reste que quelques titres et quelques vers. Une épigramme seule nous est parvenue intacte, une épigramme funéraire, Χαῖρε μὲν ἀμπέπλοις, VII, 43 ; il y promet à Euripide une gloire égale à celle d'Homère. Cette épigramme fait honneur au poète glorifiant ainsi un rival et un vainqueur ; elle constate de plus qu'Ion a survécu à Euripide mort en 402, et qu'il fut un des successeurs, sinon l'héritier des trois grands tragiques.
On se tromperait si l'on croyait avec le scoliaste d'Aristophane (2), que l'Ion du dialogue de Platon,
῎Ιων ἢ περὶ ᾿Ιλιάδος, est notre poète. Cet Ion est un rhapsode, un rhapsode inspiré, un interprète des poètes, d’Homère surtout, ce n'est pas un poète ; de plus il était d’Éphèse (3). Mais notre Ion était un poète de l'île de Chios, un vrai poète, et sa patrie le comptait parmi ses titres d'honneur (4). 

(1) Traité du Sublime, XXXIII, 5.
(2)  In Pacem, 835.   
(3)  " Salut, ô Ion ! d'où nous viens-tu aujourd'hui ? est-ce de chez toi, d'Éphèse ? " Débuts de l'Ion de Platon.  

(4) Strabon, XIV, p. 645.

IRÉNÉE, Εἰρηναῖος.

Irénée le Référendaire, ὁ ῾Ρεφεντάριος, est l'auteur des trois Épigrammes, ὦ σοβαρὴ ῾Ροδὸπη, V, 249, Τίπτε πέδον, VI, 251, ᾿Ομματα δινευέις, V, 253. La charge de référendaire à la cour de Constantinople est postérieure au règne de Théodose ; elle répondait à celle, plus ancienne, de ἀναφορεύς, secrétaire ou rapporteur. Ce titre byzantin et les trois épigrammes du titulaire, toutes du genre érotique et d'un style qui rappelle la manière de Paul le Silentiaire et d'Agathias, autorisent à placer notre poète sous le règne de Justinien, 527-567 de l'ère chrétienne.

ISIDORE D'AEGES, ᾿Ισίδωρος Αἰγεάτης.  

Isidore d'AEges (1) se recommande par cinq épigrammes qui, d'ailleurs, n'indiquent aucun fait, aucune date propre à faire soupçonner l'époque où florissait ce poète. Mais à en juger par le mérite de ces petites pièces, par le choix des sujets et l'élégance du style, on serait tenté d'assigner à cet Isidore une date ancienne, une époque presque classique.    

(1) Αἰγαί, πόλεις πολλαί, Κιλικιᾶς, Μακεδονιάς. Etienne de Byzance.

ISIDORE LE SCOLASTIQUE, ᾿Ισίδωρος ὁ Σχολαστικός.

Isidore le Scolastique, c'est-à-dire le savant, était de Bolbitiné, Βολβιτίνη, en Égypte, ou de Bolbes, Βόλβαι, en Carie, suivant qu'on lit dans le manuscrit palatin ᾿Ισιδώρου Βολβιτινήτου ou Βολβαιώτου. Il est plus probable, cependant, que cet Isidore était un grammairien d'Égypte, le nom d'Isis qui entre dans son nom devant être commun à Alexandrie. De plus, l'épigramme qui lui est attribuée; Λέκτρα μάχην μίμνοντα, VI, 58, sur Endymion, devenu vieux, consacrant à la Lune sa couche désormais inutile, est bien un exercice d'école, et sent le grammairien bel esprit.

JEAN, ᾿Ιωἀνης.

Jean le poète, l'auteur de l'épigramme ῞Ηιππον ᾿Ευρρείτην, IX, 628, sur un bain public remis à neuf, et Jean le grammairien, l'auteur de l'épigramme ᾿Ες πσιν ἀθρὴσασα, VII, 555, sur une épouse honnête et dévouée, se distinguent de Jean Barbucale, mais on pense qu'il ne faut pas les distinguer l'un de l'autre, et qu'on peut les confondre, comme se confondaient, dès l'époque alexandrine et surtout à Constantinople, les titres et les aptitudes de poète et de grammairien. 

JEAN BARBUCALLE, ᾿Ιωάνης ὁ Βαρβούκαλλος.

Jean Barbucalle est ainsi appelé de sa ville natale Barbucalé, située sur les bords de l'Èbre en Espagne. Étienne de Byzance appelle cette même ville ᾿Αρβουκάλη par erreur. Nous ne savons rien au reste de cette ville, sinon qu'Annibal eut de la peine à s'en rendre maître, ἧν πόλις εἷλεν ᾿Αννίβας (1), ni de son poète, sinon qu'il vivait au milieu du sixième siècle de notre ère. Trois épigrammes, en effet, sur le renversement de Béryte (2) par un tremblement de terre, indiquant l'année 551, de même que l'épigramme sur Synésius Scholasticus (3), qui se distingua dans le combat livré sous les murs de cette ville, se rapporte à l'année 540.
il nous reste onze épigrammes de ce poèté élégant et distingué dont la muse se plaisait à célébrer Pindare (4), Socrate (5) et les filles de Mémoire (6).

(1) Polybe, III, 14, I   - 
(2)  IX, 425, 428, 427.

(
3) Anth. plan., 38.
(4
) IX , 829. 
(5) Anth. Plan., 327.
(6) Anth. plan., 318 et 219.

JUBA, ᾿Ιόβας.(1)

Juba, roi des Numides, fut vaincu avec les Pompéiens à la bataille de Thapsus (2)  et périt dans un combat singulier contre Pétréius. Son fils, encore enfant, fut emmené à Rome où, à défaut du père, il orna le triomphe du vainqueur. Retenu captif, on lai donna une éducation littéraire très soignée, dont il profita si bien que le barbare Numide devint un historien distingué, un poète même. Athénée (3) l'appelle ῎Ανδρα πολυμαθἐσκατον. Sous le principat d'Auguste, il épousa Cléopatre Séléné, une fille de Cléopatre et du triumvir Antoine ; et obtint la souveraineté d'une partie des États de son père. Il est du petit nombre des souverains qui ont uni la culture des lettres aux devoirs de la royauté. Juba a beaucoup écrit ; mais de ses ouorages sur l'expédition d'Arabie, sur la Libye, de son histoire du théâtre, Θεατρικὴ ἱστορία, de ses deux livres suries Assyriens qu'il avait extraits de Bérose, de son histoire romaine, Ρωμανικὴ ἱστορία il ne reste que des citations et des souvenirs dans Pline le naturaliste, dans Athénée et Plutarque. Plutarque a beaucoup puisé dans cette histoire romaine, et il en loue l'exactitude. Comme poète, le mérite de Juba ne saurait être jugé d'après la seule petite pièce qu'Athénée nous a conservée et qui est passée dans l'Appendice de l'Anthologie, 41, Μή με Λεοντῆος. C'est une épigramme fort mutilée, sur l'acteur Léontée, un de ses familiers, οἰκέτης, qui avait mal joué le rôle de Hypsipyle.

(1)  Dans Strabon, ᾿Ιοῦβας
(2) En Afrique, 46 ans avant notre ère.
(3) Banquet des savants, III, p. 583,

JULIEN ANTÉCESSOR, ᾿Ιουλιανὸς ᾿Αντικένσωρ.

Julien, surnommé Antecessor, en grec ᾿Αντικένσωρ, vécut sous l'empereur Justin le Jeune, vers la fin du sixième siècle. Quatre épigrammes lui sont attribuées, tantôt avec ce titre d'Antécessor, tantôt avec celui de Scholasticus, avocat ou savant ; le genre facétieux de ces petites pièces contraste avec la profession grave et savante d'un antecessor. C'est ainsi qu'on appelait encore à cette époque les jurisconsultes et les professeurs qui initiaient la jeunesse (quia antecedebant) aux études de la législation. La poésie semble avoir été le délassement du jurisconsulte qui traduisit du grec en latin les Novelles de Justinien, et rédigea la collation des lois mosaïques et romaines, plus tard appelée la loi de Dieu, "lex Dei". On n'a pas sur ce Julien d'autres notions. 

JULIEN l'ex-préfet d'Égypte, ᾿Ιουλιανὸς ἀπὸ ὑπάρχων Αἰγύπτου.

Un autre poète anthologiste du même nom de Julien est connu sous la désignation de ἀπὸ ὑπάρχων Αἰγύπτου, c'est-à-dire ex-préfet d'Égypte, ou, comme traduit Jacobs, ex genere praefectorum Aegypti. C'était un oncle de l'empereur Julien ; vers l'an 360, à l'exemple de son neveu, il apostasia, et devint l'ennemi et le persécuteur des chrétiens il aurait même laissé dans son gouvernement d'Égypte les plus odieux souvenirs (1), si l'on s'en rapporta aux historiens ecclésiastiques. Ce Julien et le Julien d'Égypte, que séparent pourtant près de deux siècles, ont été victimes d'une telle confusion que, parmi les soixante et onze épigrammes qui appartiennent à l'un ou à l'autre il est impossible d'assigner à chacun d'eux la part exacte qui lui revient. Ce qui est certain, c'est que leur poésie est fort agréable, qu'elle rivalise souvent avec celle des poètes primitifs, et qu'en osant refaire des épigrammes, même citées comme des chefs-d'oeuvre, ils ont quelquefois, dans cette lutte, partagé le prix de la grâce, de l'énergie et de l'enjouement.

(1)  Voy.. Théodoret III, 12, et Sozomène, V, 8.

JULIEN d'ÉGYPTE, ᾿Ιουλιανὸς Αἰγύπτιος.   

Julien, d'Égypte, fut proconsul de cette province et florissait sous le règne de Justinien, vers le milieu du sixième siècle. Son épigramme Κλεινὸς ᾿Ιωάννης, VII, 590, mériterait, au jugement de Vincent Opsopaeus, d'être écrite en lettres d'or et conservée dans toutes les mémoires, aureis litteris est scribenda et imis omnium reponenda mentibus. Nous signalerons aussi une autre petite pièce du genre anacréontique qui se trouve dans le manuscrit d'Heidelberg. parmi les odes du poète de Téos. Elle eut certainement passé pour être d'Anacréon, si l'Anthologie de Planude, qui nous l'a aussi conservée, n'avait pas nommé son auteur, Julien d'Égypte. En voici une très ancienne et naïve traduction  : Στέφος πλέκων, Anth. plan., 388. 

Un jour, un bouquet tissant 
A ma gentille amourée, 
Parmy je trouvai gissant 
L'aislé fils de Cyhérée. 
Lors, je le plonge en mon vin 
Et le bus. Quelle aventure ! 
Depuis, mon coeur en enduré 
Des maux qui n'ont pas de fin. 

Il est difficile de ne pas confondre ce Julien avec le Julien ex-préfet d'Égypte.

JULIEN l'empereur, ᾿Ιουλιανὸς Καῖσαρ ἢ Βασιλεύς.  

Il existe trois épigrammes de l'empereur Julien : l'une est une sortie spirituelle contre la bière qui veut usurper la place du vin, Τίς πόθεν εἶς, Διόνυσε IX, 368 ; la seconde, ᾿Αλλοίην ὁρόω, IX, 365, est la description d'un instrument de musique qui avait beaucoup de ressemblance avec un orgue, puisqu'il consistait en tuyaux de métal recevant l'air par des soufflets ; la troisième, ῎Εστι τι δένδρον, Appendice, 42, est une espèce d'énigme dont le mot est un acrobate.
" (1) Julien est aussi une énigme dans l'histoire. Qu'est-ce que ce prince singulier, général habile, soldat courageux, qui fait de son règne, préparé par de grandes victoires, une comédie moitié mythologique, moitié philosophique, dont il a seul le secret et l'illusion ? Qu'est-ce que ces dieux réhabilités par décret de l'empereur, qui ont des courtisans plutôt que des adorateurs ? Qu'est-ce enfin que Julien lui-même, un archéologue païen arrivé à la dévotion par l'érudition, ou un politique et un patriote romain qui veut anéantir dans le christianisme une force qu'il croit étrangère et contraire à l'empire ?"
Julien, qui avait achevé de tuer le paganisme en le ressuscitant, se perdit lui-même en voulant restaurer la puissance romaine en Orient. Après deux ans de règne, en 363, à peine âgé de trente-deux ans, il fut tué dans une expédition contre Sapor, roi de Perse.
Sa tragi-comédie, intitulée les Césars, son Misopogon, satire violente contre les habitants d'Antioche, ses discours, ses lettres surtout sont bien supérieurs à ses épigrammes, et protègent sa mémoire contre les souvenirs de sa politique et de son apostasie.
Voir la thèse de M. Abel Desjardins : l'Empereur Julien, 1845, et surtout l'ouvrage de M. le prince Albert de Broglie : Constance et Julien L'Apostat, 1860.

(1) M.Saint-Marc-Girardin, Discours en réponse au discours de réception de M. le prince Albert de Broglie à l'Académie française, Séance du 26 février 1863.

JULIUS DIOCLÈS, Voy.  DIOCLÈS.

LACON, Λάκων  

L'épigramme ῾Η γρῆυς ἡ χερνῆτις, VI, 203, est, suivant les uns, de Philippe de Thessalonique, suivant d'autres, de Lacon. Ce Lacon est inconnu; nulle part il n'est fait mention de ce poète, et d'après son épigramme on ne saurait lui assigner une époque. Cependant Reiske a émis l'idée qu'il pourrait bien être le Lacon dont parle Tacite (1), le beau-père de Pompéia Macrina, un des premiers citoyens de l'Achaïe, que fit périr Tibère. Mais ne pourrait-on pas aussi bien dire que c'est le Lacon de Platée, dont parle Thucydide (2), fils d'Aïmnestus, proxène des Lacédémoniens ? 

(1) Annales, VI, 18.   
(2) III, 52.

LAURÉA, Λαυρέας.  

Marcus Tullius Lauréa, en grec Λαυρέας, était un esclave de Cicéron, qui mérita, comme Tiron, l'affection et la reconnaissance de son maître; pour pria de ses services il en reçut la liberté. Cet affranchissement fut antérieur au départ de Cicéron pour son gouvernement de Cilicie (62 ans avant notre ère) : car Lauréa, qui l'y suivit en qualité de scribe, c'est-à-dire avec le titre officiel de secrétaire du gouverneur, portait déjà, suivant l'usage des affranchis, les noms de son patron, de son bienfaiteur, et s'appelait Marcus Tullius. Quant au surnom de Lauréa, qui signifie feuille de laurier, il le dut sans doute à son talent pour la poésie, et il était digne de le porter , car il excellait également comme poète grec et comme poète latin. Les deux Anthologies latine et grecque ont recueilli des vers de Tullius Lauréa, d'une facture si facile et si naturelle, qu'il serait impossible de lui assigner pour patrie l'Italie ou la Grèce, s'il n'était bien connu que les esclaves lettrés étaient presque tous des Grecs. Les vers latins dont nous avons parlé ont été cités par Pline (1); c'est une jolie épigramme sur les thermes Cicéroniens, qui montre, dit Pline, ce que la bouche même des esclaves avait puisé d'éloquence aux intarissables sources du génie de Cicéron. 

IN AQUAS CICERONIANAS (2).

Quo tua, Romanae, vindex clarissime linguae, 
Silva loco melius surgere jussa viret, 
Atque Academiae celebratam nomine villam 
Nunc reparat cultu sub potiore Vetus; 
Hic etiam apparent lymphae non ante repertae, 
Languida que infusa lumina rote levant.
Nimirum locus ipse sui Ciceronis honori
Hoc dedit, hac fontes cum patefecit ope.
Ut, quoniam totum legitur sine fine per orbem.
Sint plures oculis quae medeantur aquae.

"Ornement immortel de l'éloquence romaine, ton bois a repris de l'éclat et de la verdure. Ta campagne célébrée sous le nom d'Académie, est maintenant réparée et embellie par Vétus. Pour surcroît apparaissent des eaux qu'on n'y connaissait pas, des eaux bienfaisantes, qui guérissent les yeux malades. Sans doute la campagne même de Cicéron a voulu honorer son ancien possesseur quand elle mit au jour ces sources salutaires; ses écrits, lus sans cesse dans l'univers entier, demandaient pour les yeux le secours de nouvelles eaux (3)."
Cette épigramme prouve que Lauréa survécut à son maître et qu'il honora toujours sa mémoire. L'Anthologie grecque nous en a conservé trois autres, l'une du genre érotique, Εἴ μοι χαρτὸς ἐμός, XII, 24, l'autre qui est classée parmi les funéraires ou sépulcrales, Γρυνέα τὸν πρέσβυν VIII, 294, et la troisième Αἰολικὸν παρὰ ἐμός, VII, 17, sur Sapho. Celle-ci est fort belle, et justifie bien la place distinguée que Philippe de Thessalonique a donnée à Lauréa dans sa Couronne poétique. Il y figure sous l'emblème du mélilot, λάμψει Τύλλιος ὡς μελίλωτον, emblème qui indique la douceur et le charme d'une poésie où se mêlent le goût exquis du miel et les magiques prestiges du lotus.

(1) Hist. nat., XXIV, 2.
(2) De l'Histoire naturelle de Pline, cette épigramme a passé dans l'Anthologie latine : Burmann, I, 340 ; Burmann, I, 67.
(3) Traduction de M. Littré.

LÉON LE PHILOSOPHE, Λέων ὁ φιλόσοφος.

Léon le philosophe est Léon VI, empereur d'Orient, fils et successeur de l'empereur Basile le Macédonien. Il monta sur le trône en 886 et mourut en 911.
Du vivant de son père, injustement accusé d'un complot contre la vie de l'empereur, il serait mort en prison si les dispositions de Basile n'eussent été changées par les prières de tout l'empire et, disent les historiens, par la voix d'un perroquet, répétant sans cesse "Pauvre Léon !" Le prince obtint sa grâce, et bientôt la mort de son père le fit empereur. A peine couronné, il déposa Photius, le célèbre et dangereux patriarche, lié secrètement avec ses ennemis. Son règne, si tristement inauguré , fut sans gloire et sans tranquillité. Les Sarrasins, les Bulgares battirent ses armées ; les Russes parurent, pour la première fois, sous les murs de Constantinople. L'intérieur du palais était aussi un foyer de troubles et de complots. En vain l'impératrice y donnait l'exemple de toutes les vertus. A sa mort, Léon épousa Zoé, sa maîtresse, au grand scandale de tout l'empire. Devenu veuf, il se maria une troisième fois à la jeune Phrygienne Eudocie, qui ne tarda pas non plus à mourir ; il eut alors pour maîtresse déclarée une autre Zoé, qui lui donna un fils, Constantin, qui prit dans la suite le titre de Porphyrogénète. L'empereur épousa la mère qui venait de lui donner un héritier, malgré les lois canoniques, qui interdisaient les troisièmes et encore plus les quatrièmes noces, malgré les résistances du patriarche Nicolas, qu'il dut déporter en Asie. Enfin, après vingt-cinq ans de règne, il laissa l'empire à son fils Constantin Porphyrogénète.
Ce prince, qui ne se signala par aucun succès militaire, qui administra assez mal ses provinces, a composé des éléments de tactique qui sont encore estimés, et des ouvrages de législation fort recommandables. Il publia cent treize Novelles, qui révisaient la législation existante, et remit dans un meilleur ordre le corps de droit connu sous le nom de Basiliques. C'est à ces oeuvres sans doute qu'il doit le surnom de Sage ou de Philosophe, que sa conduite politique et privée ne mérite pas, que ne méritent pas davantage sa prétention de prédire l'avenir et les dix-sept oracles qui la constatent, que mérite encore moins son goût bizarre pour un genre de vers qu'on ne pardonnerait pas à un grammairien, qui est inexcusable chez un prince. Voici des vingt-sept vers rétrogrades (1) qui nous sont parvenus les seuls qui vaillent la peine d'être cités :

Νοσῶ· σὺ, ὃς ἦ ἴαμα ᾿Ιησοῦ, σῶσον.
Νίψον ἀνομήματα, μὴ μὸναν ὄψιν.
Νοσῶ, σῶτερ, ὑπὸ πυρετῷ· σῶσον.
Εἰς ὅλα καλὸς εἶ, εἰς ὅλα καλὸς εἶ.

Ses épigrammes, au nombre de neuf ou dix ne seraient pas remarquées, et probablement n'auraient pas été recueillies, si elles n'étaient pas l'oeuvre d'un empereur.

(1) En grec καρκῖνοι, des écrevisses qui vont de gauche à droite aussi bien que de droite a gauche, parce qu'on peut lire ces vers en commençant soit par la gauche soit par la droite.  

LÉONCE OU LÉONTIUS, Λεόντιος σχολαστικός.  

Nous avons vingt-trois épigrammes de Léonce ou Léontius, qualifié de Scholasticus, lettré ou avocat, et surnommé le Minotaure, ὁ Μινόταυρος. D'où peut lui venir ce surnom, On l'ignore Plusieurs de ses épigrammes, notamment sur Gabriel (2), préfet de Constantinople, sur Pierre (1), préfet du prétoire et consul, sur Porphyre (3), un des plus célèbres cochers de l'Hippodrome, qui tous appartiennent au règne de Justinien, constatent que notre poète florissait au milieu du sixième siècle.
Peut-être est-ce le même que ce Léonce dont Paul le Silentiaire (4) pleure la mort prématurée.
Ses poésies, comme celles de Paul le Silentiaire, comme celles d'Agathias, ses contemporains, attestent une sorte de renaissance poétique sous le règne de Justinien.

(1Καὶ Φαέθων  Anth, plan., 32.  
(
2) Πέτρον ὁρᾷ  Anth. plan, 37.
(3) ᾿Αγχίσην Κυθέρεια, Anth, plan., 457.
(4) Εί και ἐπι ξείνης VII, 560. 

LÉONIDAS D'ALEXANDRIE, Λεωνίδας ᾿Αλεξανδρεύς   

Léonidas d'Alexandrie vivait dans le premier siècle de notre ère, près de trois siècles après Léonidas de Tarente. Il est bien loin d'avoir le mérite de son prédécesseur : c'est tout à fait un poète de la décadence. Le surnom de Julien, qui lui est quelquefois donné, a fait croire qu'il était de l'illustre famille Julia. Ses épigrammes viennent en aide à sa biographie ; il nous y apprend qu'il naquit dans le pays du Nil, Οὐράνιον μίμημα, IX, 355, qu'il se rendit à Rome qu'il y professa la grammaire, ἦν ὁπότε γραμμαῖσιν, IX, 344, qu'il vécut jusqu'aux règnes de Vespasien et de Titus, ῞Υδατα σοι Κοτίλεια, IX, 349. Ses épigrammes ont une étrange singularité : elles sont pour la plupart isopsèphes, ἰσόψηφα, c'est-à-dire que, chaque lettre étant prise pour un signe numéral, pour un chiffre, ψῆφος, ses distiques représentent des sommes semblables. Le savant Meineke, qui a vérifié le compte notamment de l'épigramme Λύκτιον ἰοδόκην, VI, 326, a trouvé 5982 pour somme de chaque distique. N'est-ce pas le cas de dire avec Martial : Turpe est difficiles habere nugas (1) ? N'est-ce pas une insigne profanation de la poésie ?
Les épigrammes des deux Léonidas ont été réunies et éditées par Meineke  et forment une curieuse monographie.

(1)  Epigram., 11, 86
(2) Utriusque Leonidae Carmina, Lipsiae, 1791.

LÉONIDAS DE TARENTE, Λεωνίδας Ταρεντῖνος.

Léonidas de Tarente figure avec distinction dans la Couronne de Méléagre dans le recueil que fit ce poète des plus jolies pièces de vers de ses prédécesseurs et de ses contemporains. Méléagre recueillit ainsi cent cinq épigrammes de Léonidas, et c'est là que nous trouvons les seuls détails qui nous restent de sa biographie. Nous y apprenons qu'il naquit à Tarente, dans la Grande-Grèce, très probablement vers les guerres de Pyrrhus en Italie (280 ans avant notre ère), qu'il fut obligé de quitter sa patrie et de subir les malheurs de l'exil, Πολλὸν ἀπ' ᾿Ιταλίης, VII, 715, qu'il vécut pauvre, mais en philosophe qui met la pauvreté au-dessus des richesses, Μὴ φθείρευ, ὤνθρωπε, VII, 736. L'épigramme, comme on le voit, était quelquefois le développement d'une idée philosophique ou morale ; le plus souvent ce n'était qu'une inscription dédicatoire ou sépulcrale. Celles de Méléagre sont souvent descriptives : elles décrivent des produits des arts, des statues, des tableaux. Il a même excellé dans ce genre, au point que Pline l'Ancien, si passionné pour l'art grec, a pu dire en parlant de la Vénus sortant de la mer, qu'on nomme Anadyomène : « Ce chef-d'oeuvre a été célébré par des vers grecs qui, en le surpassant, l'ont illustré davantage (1). » Or ces vers sont l'épigramme même de Léonidas, Τὰν ἐκφυγοῦσαν ματρός, Anth. plan., 182.
En général, les épigrammes de ce poète comptent parmi les meilleures de l'Anthologie et justifient l'emblème de Méléagre, qui les assimile au lierre en fleur,
᾿Εν δὲ Λεωλιδέω θαλεροὺς κίσσοιο κορύμβους

(92) Hist. nat., XXXV, 35, 28 : Versibus graecis tali opere, dum laudatur, victo, sed illustrum.

LIBANIUS, Λίβανιος.

II n'existe que deux vers du rhéteur Libanius, ᾿Ιουλιανὸς μετὰ Τίγριν, VII, 747 ; c'est l'épitaphe de l'empereur Julien. Ce rhéteur, nous ne dirons pas ce poète, n'a peut-être fait dans toute sa vie que ce distique, et encore le second vers appartient tout entier à Homère, emprunt ingénieux d'ailleurs qui montre que, pour louer dignement Julien, on ne saurait se passer du chantre d'Achille.
Libanius naquit à Antioche en 314 et mourut vers 390. Après avoir étudié à Athènes, à Constantinople, il ouvrit dans cette nouvelle Rome une école de rhétorique qui fut très suivie, et que plus tard il transporta dans sa ville natale, à Antioche. Saint Basile, saint Jean Chrysostome, qui devinrent les grands orateurs de l'Église grecque, furent au nombre de ses disciples ; et auprès de Julien l'Apostat, il ne cessa pas de jouir d'une très grande faveur, sans doute parce qu'il ne cessa pas d'être un païen fervent et convaincu. De ce sophiste spirituel et laborieux, il reste beaucoup d'écrits, des exercices de rhétorique, des dissertations, des harangues, des panégyriques, plus de mille six cents lettres, trop peu lues aujourd'hui, cependant importantes et curieuses. Dans tous ses ouvrages on trouve du savoir et de l'imagination, un style riche, brillant, avec très peu de traces de mauvais goût.

LOLLIUS BASSIUS, voy. BASSUS.

CORNEILLE LONGIN, Κορνήλιος Λογγῖνος.

Il y a deux épigrammes sous le nom de Corneille Longin, l'une dédicatoire, ᾿Εκ πενίης, ὡς οἶσθα, VI, 191, l'autre descriptive, Οὔ σε, μάκαρ Κυνήγειρε, Anth. plan., 117, toutes les deux assez remarquables pour faire regretter de ne rien savoir de ce poète, pas même l'époque où il a vécu. 

LUCIEN, Λουκίανος.

Quarante-trois épigrammes sont attribuées à Lucien , de genres très divers et d'un mérite inégal ; dans quelques-unes, l'hyperbole est poussée à l'excès, suivant le goût de l'époque ; dans quelques-unes aussi, la mesure, l'esprit, l'imagination se montrent comme on devait l'attendre d'un des plus spirituels écrivains de la Grèce.
Lucien naquit à Samosate, en Syrie, vers l'année 130 de l'ère chrétienne. Au sortir des écoles publiques, son père, qui était pauvre, le mit en apprentissage chez son oncle, habile sculpteur (1). Pour son début, il y brisa une table de marbre qu'on lui avait donnée à dégrossir, et son oncle, irrité, lui infligea une rude punition. L'apprenti, tout en pleurs, se réfugia auprès de sa mère, qui obtint de son mari de ne plus envoyer leur enfant chez un maître aussi dur. Lucien, entraîné vers les lettres par une vision que son opuscule le Songe a rendue célèbre, exerça d'abord la profession d'avocat près des tribunaux d'Antioche ; mais il ne tarda pas à se dégoûter de ce métier, et se tourna vers la rhétorique. A cette époque, un rhéteur exerçait une profession lucrative, quand il avait un esprit vif et enjoué, une parole facile, brillante, dramatique. C'était comme des représentations de théàtre, comme des concerts, que ces lectures de sophistes, que leurs discours annoncés d'avance. La foule s'y rendait, et on y gagnait de l'argent. Les fructueuses pérégrinations de Lucien s'étendirent en Ionie, en Achaïe, en Macédoine, en Italie. Ayant acquis une grande réputation et une fortune non moins grande, il s'établit à Athènes vers l'âge de quarante ans ; il était dans la maturité pleine et parfaite de son talent, et c'est alors qu'il produisit les oeuvres qui l'ont immortalisé, ces oeuvres où brillent une intarissable gaieté, des saillies fines et sensées, un rare esprit d'observation et une connaissance profonde du cour humain et de ses faiblesses. Mais l'invention et la pensée n'en font pas le seul mérite ; elles y sont mises en relief par un style pur et plein de goût, par un art merveilleux de peindre et d'animer les objets, par une grâce véritablement attique.
Dans un âge avancé, il revint à Samosate, sa ville natale ; mais il ne put rester longtemps dans une ville si étrangère aux Muses, et il allait recommencer ses voyages littéraires, quand l'empereur Commode le chargea d'un emploi administratif et judiciaire en Égypte. Il se rendit à son poste, et c'est dans ces fonctions importantes et laborieuses que se termina obscurément la vie du plus spirituel peut-être et du plus original de tous les écrivains grecs. Il périt, ou mordu par des chiens, s'il faut s'en rapporter à Suidas, ou étouffé par une attaque de goutte, ce que semble faire présumer son poème burlesque, Τραγοπόδαγρα. Il avait alors près de quatre-vingt-dix ans, et assurément il est l'un des plus curieux exemples de vie littéraire et administrative prolongée jusqu'à l'extrême vieillesse à joindre à la liste de ses Exemples de longévité (2).
Voir la traduction des OEuvres de Lucien, par M. Eugène Talbot, 2 vol. (Hachette, 1857) ; l'article de Lucien, par M. Boissonade, dans la Biographie universelle ; De Lucien et de Voltaire, par M. Emile Egger, dans ses Mémoires de littérature ancienne (Durand, 1862).

(1) Voy. le Songe de Lucien, 4 et suiv. 
(2) Voy. les Μακρόβιοι
de Lucien, LXII.

 

LUCILIUS, LoukÛlliow.

Lucilius est un satirique romain qui naquit 148 ans avant notre ère, fut l'ami da Sclpion l'Africain, et composa des satires d'une vigueur terrible : c'est l'Archiloque romain. Un autre Lucilius, disciple et ami de Sénèque, chevalier romain et procurateur de Néron en Sicile est l'auteur très probable d'un poème descriptif intitulé l'Etna. Ce sont deux poètes latins. Notre Lucilius est un poète grec, mais sans doute d'origine latine, moins connu que ses prédécesseurs et qui n'a eu d'autres biographes que lui-même. Dans ses cent vingt-quatre épigrammes, il y en a qui précisent des dates ; celle contre le rhéteur Flaccus, Mhd¢ lalÇn, XI, 148, dont l'école florissait sous Trajan et Hadrien ; celle en l'honneur du médecin Magnus, M‹gnow ÷t' eÞw ƒAýdhn, XI, 281, célèbre sous les Antonins : celle surtout Mous¡vn „Elikvni‹dvn, IX, 572, où le poète nous apprend qu'il a vécu sous Néron, et qu'il en reçut de l'argent. Tout cela fait supposer que notre poète a dû vivre près de quatre-vingts ans. De plus, cette dernière épigramme nous apprend encore qu'il avait publié déjà deux livres de poésies. Les épigrammes qui nous restent sont presque toutes comiques et railleuses, plaisamment hyperboliques, d'un tour vif et d'un bon style. L'ardeur qu'il met à poursuivre les grammairiens porte à croire qu'il était grammairien lui-mème, et qu'il connaissait bien les misères et les ridicules de la profession.

MACÉDONIUS CONSUL, Makedñniow ìpatow.

Macédonius était de Thessalonique en Macédoine. Son nom ne figure pas dans les fastes consulaires ; il ne fut donc pas consul, ìpatow, quoiqu'il soit généralement ainsi désigné, mais il était de famille consulaire, Žpò êp‹tvn. Ses vrais fastes, au reste, sont l'Anthologie, et il y brille avec éclat. C'est un des épigrammatistes les plus distingués de la période byzantine, un digne contemporain des Paul le Silentiaire, des Agathias, qui, comme poètes, ont tant honoré le règne de Justinien.
Nous avons quarante et une épigrammes de Macédonius. Le plus grave reproche qu'elles puissent encourir, c'est de manquer de simplicité. Plus simples, elles rivaliseraient avec les meilleures épigrammes de l'antiquité.

QUINTUS MAECIUS, Kñintow MaÛkiow.

Le manuscrit palatin donne tantôt MaikÛou sans prénom, tantôt MaikkÛou, qui se change ailleurs en BakkÛou, tantôt MakkÛou Koýntou, ou Koýntou seulement. Tant d'hésitation dans l'appellation d'un poète à qui cependant sont dues dix ou douze épigrammes d'un mérite avoué, prouve qu'il était bien peu connu, et de fait on ne durait dire ce qu'il a été. Son nom indique bien qu'il était Romain, et ce qui semble confirmer sa nationalité, ce sont les deux épigrammes en l'honneur d'un jeune concitoyen, Cornélius, YermaÛnei m' õ kalòw Korn®liow, IX, 117, et …Hllakt' ¤japÛnhw Korn®liow,IX. 411. On regrette vraiment de ne rien savoir de plus au sujet d'un poète aussi distingué, dont Jacobs a pu dire qu'il fallait le compter au nombre des meilleurs poëtes, melioribus poetis annumerandus.

MAGNUS LE MEDECIN,  M‹gnow Þatrñw.

Il n'existe qu'une seule épigramme du médecin Magnus, ·n xrñnow ²nÛka, Anth. plan., 270 ; c'est une inscription pour le portrait de Galien, le célèbre médecin de Pergame, qui mourut l'an 201 de notre ère. L'épigramme est spirituellement hyperbolique.
Mortales genitos tellus sine morte ferebat,
Ilos, data queis aevo vita, Galene, tuo.
Isdem temporibus domus atra Acherontis inanis
Tota fuit, medica vi faciente tua.
GROTIUS.
Ce Magnus était quelque disciple de Galien, enthousiaste de son maître.

MARCELLUS, M‹rkellow

Le marbre sur lequel est gravée l'inscription triopienne (95) Deèr' àte Yubri‹dew, porte en tète le nom de Marcellus. Brunck la lui a, en conséquence, attribuée, bien que Saumaise ait déclaré qu'il ignore à quelle intention ce nom a été placé en haut d'une inscription qui, selon lui, ne peut être que d'Hérode Atticus. D'autres critiques et la vraisemblance appuient cette opinion de Saumaise. En admettant l'opinion contraire, qui, il faut bien l'avouer, a pour patron non seulement Brunck, mais l'illustre Visconti, qu'est-ce que ce Marcellus ? On pense que c'est le médecin Marcellus Sidétès, c'est-à-dire de Sidé en Pamphylie, qui jouissait d'une grande réputation, comme médecin et comme poète, sous le règne d'Hadrien. Ce qui est, sans contestation, de ce Marcellus, c'est un assez long fragment de son poème sur la Médecine, ƒIatrikŒ perÜ Þxyævn, qui se trouve à la suite du traité de Plutarque sur l'Éducation des enfants, édit. de Schneider, Strasbourg. 1775, et page 165 des Poetae bucolici et didactici de la Bibliothèque grecque de MM. Didot.

MARIANUS SCHOLASTICUS, Marianòw sxolastikñw

On ne saurait dire si ce Marianus, qualifié de scholasticus, avocat ou lettré, est le poète dont parle Suidas (96), fils de l'avocat Marsus, d'une famille romaine et consulaire, lequel avait écrit en vers ïambiques des traductions d'anciens poètes, et florissait sous l'empereur Anastase, 500 ans après J. C. ; ou bien si c'est le Marianus cité par Servius (97), commentateur de Virgile.
Notre poète alors ne serait pas postérieur au cinquième siècle, et nous aurions affaire à l'auteur des Lupercalia, ce poème dont la perte est si regrettable. En voici un fragment relatif à la ville éternelle, dont le nom mystérieux était Valentia, dont le nom vulgaire était Roma. Ce nom lui aurait été donné par Romé, la Force, une des filles d'Esculape.

Roma ante Romulum fuit, 
Et ab ea nomen Romulus 
Adquisivit .... 
Sed diva flava et candida Roma, 
Aesculapi fila, 
Novum nomen Latio fecit. 
Hanc conditricis nomme 
Ab ipso omnes Romam vocant.

Les six épigrammes de Marianus, qui, presque toutes, sont des descriptions de lieu, sont prolixes, sans grâce, et portent bien le cachet d'une époque de décadence.

MARIN DE NAPLOUSE OU MARINUS, MarÝnow NeapolÛthw.

Marin, philosophe platonicien du cinquième siècle de l'ère chrétienne, né à Naplouse, Ne‹poliw, autrefois Sichem, en Palestine, étudia la philosophie à Athènes, et fut le disciple chéri de Proclus, auquel il succéda en 485, comme chef d'école. II avait composé des commentaires sur la Traité de l'âme d'Aristote, sur les Dialogues de Platon , etc. De tous ses ouvrages il ne reste que la Vie de Proclus, dont la dernière édition est celle de Boissonade, Leipsig,1814, et les deux épigrammes que l'Anthologie a recueillies, ƒAyan‹toisi yeoÝw et KaÜ tñde s°w, IX, 196 et 197, sur la vie et les vertus de ce même Proclus, l'un des plus grands philosophes de l'antiquité païenne.

MÉLÉAGRE, Mel¡agrow.

Méléagre est un des poètes grecs qui a fourni à l'Anthologie le plus d'épigrammes : on en compte jusqu'à cent trente-trois qui portent son nom, et qui, pour la plupart, lui font honneur ; mais ce qui lui en fait davantage, c'est d'avoir eu l'idée de recueillir les petits poèmes d'Anyté, de Sapho, d'Alcée, d'Érinne, de Simonide, de Callimaque, de Bacchylide, d'Archiloque. d'Anacréon, et de tant d'autres, ses devanciers ou ses contemporains, d'en composer une anthologie, un florilegium, un bouquet, et d'avoir donné un exemple que, deux siècles après, suivirent Philippe de Thessalonique, plus tard Agathias, au dixième siècle Constantin Cépbalas, au quatorzième Maxime Planude. Les petits chefs-d'oeuvre de l'antiquité ont ainsi, par tradition, et comme de main en main, passé en partie jusqu'à nous.
Méléagre fut donc l'éditeur de la première Anthologie connue ; à ce recueil de pièces fugitives, choisies dans quarante-six auteurs anciens et récents, et classées par ordre alphabétique, il donna le titre simple et élégant de Stephanos, Couronne ou Guirlande. Dans un petit poème qui lui sert d'introduction, i1 compare chaque poète à une fleur ou à un fruit. En voici un passage que Malte-Brun (98) a essayé de traduire : 

Muse, pour qui cette aimable guirlande, 
Ces fleurs du Pinde et ces fruits d'Hélicon ?
A Dioclès dédions cette offrande ; 
De Méléagre il chérira ce don, 
De mon amour éternel témoignage. 
Va, Muse, va, porte-lui ton hommage, 
Et nomme-lui tes immortelles fleurs.
Myris, Anite, avancez jeunes soeurs, 
Humble muguet, jonquille à peine éclose.
Lis virginal, Érinne, éclate au loin ; Chez toi, 
Sappho, je cueillis avec soin 
Peu de boutons, mais des boutons de rose 
... Parmi ces fleurs parait Anacréon; 
C'est de Bacchus la grappe purpurine
Que de nectar arrosent tous les dieux. 
Jeune palmier des monts de Palestine,
Antipater s'élance vers les cieux. 
Faut-il armer la rose d'une épine ?
Tu la fournis, Archiloque fougueux.
... L'épi doré, c'est l'heureux Bacchylide; 
Aux champs du Pinde il en fit des moissons.
Viens, viens aussi, modeste Léonide, 
Et de ton lierre enlace mes festons ....

Aux poésies anciennes qu'il sauvait ainsi de l'oubli, aux poésies de ses contemporains, Méléagre joignit les siennes. Elles se distinguent moins encore par leur nombre que par leur variété, réunissant tous les genres de la poésie fugitive: ce sont de petites élégies, de petites idylles, des madrigaux, des sentences, de petites histoires. En parlant de tant de choses, Méléagre a dû parler de lui-même, et, en effet, il nous fournit d'utiles documents pour sa biographie dans les épigrammes Nsow ¤m‹, VII, 417 ; PrÅta moi Gad‹rvn, VII, 418 ; ƒAtr¡maw Î j¡ne, VII, 419. Nous y apprenons qu'il eut pour père Eucrate ; qu'il naquit à Atthis (99), prés de Gadara, en Syrie ; que ses premiers essais poétiques furent des satires ou des ménippées, sous le titre de Charites ou les Grâces ; que sa jeunesse se passa dans la ville de Tyr, sa vieillesse dans l'île de Cos ; qu'il savait le syrien et le phénicien.
Ces langues d'Asie, les moeurs de l'Orient, n'ont point eu d'influence sur sa diction qui est élégante et pure ; mais elles ont pu altérer son goût, qui n'est pas irréprochable, et ses moeurs, qui sont mauvaises. Dans ses vers, l'amour, les grâces, Vénus, qui reviennent si souvent, n'ont plus le charme que leur prêtent les poésies d'Homère, de Sapho, d'Anacréon ; ce charme est amoindri par une allure lascive et pétulante. Les pièces les plus originales ont surtout l'inconvénient de se rapporter à une passion que nos moeurs repoussent avec dégoût. Malgré cela, quel choix agréable on peut faire dans ces poésies de Méléagre ! combien il y a là de bagatelles écrites avec esprit, avec chaleur, versifiées avec élégance! Pour n'en citer qu'un seul exemple et des meilleurs, quelle variété, quel charme d'images dans l'idylle sur le Printemps ! C'est un petit chef d'oeuvre de poésie descriptive. Grotius a excellemment reproduit l'agrément et la fraîcheur du texte et du sujet :

XeÛmatow ±nemñentow, IX, 363.

Horrida nimbosae cesserunt tempora brumae, 
Blandaque purpurei pandit se gratia veris ; 
Laetior induitur viridanti gramine tellus, 
Et rediviva novis ornatur frondibus arbor,
Et matutinos rores ubi grata biberunt, 
Rident, ac foliis circum rosa surgit apertis. 
Disparibus cantat calamis, qui montibus altis 
Pascit oves, albosque suis cum matribus haedos. 
Carbaseas Zephyris pandentes mollibus alas 
Fluctibus insultant vitreis impune carinae ; 
Velatique hedera caput et livente racemo 
Nisaei celebrant orantes orgia mystae. 
At tauro sala gens opium sub regibus urgent 
Mellis opus, subterque alvearia vimine texta
Multiflores fingunt in castra tenacia ceras. 
Omnis et in tremulos cantus diffunditur ales: 
Fluctibus Alcyones, tectis modulatur hirundo. 
Perstrepit albus olor ripas, juga montis Aedon. 
Quod si laeta viret tellus, ramique comantes,
Si pastorali pecudes mulcentur avena, 
Bacchus agit choreas, sulcant rate caerula nautae,
Exercentur apes, volucres quoque carmine gaudent; 
Nunc certe, si quando, decet cantare poetas.

Il existe deux bonnes éditions du poète de Gadara, l'une de Manso, Iéna, 1789, l'autre de Graefe (100), Leipsig, 1811, et une excellente étude intitulée Méléagre (101), dans laquelle M. Sainte-Beuve juge notre poète avec autant de goût que d'esprit, et traduit ses plus jolies pièces en maître, c'est-à-dire avec une exactitude parfaite et une grâce exquise.

MÉNANDRE, M¡nandrow.

Ménandre, le célèbre poète comique, naquit dans le bourg de Céphisia, près d'Athènes, l'an 342 avant notre ère, et mourut en 290. Ses jeunes années s'écoulèrent sous la règne d'Alexandre, et sa vie s'acheva sous les successeurs de ce grand roi. Il se noya, dit-on, en se baignant dans le port du Pirée.
Des cent comédies et plus qu'il composa, il ne reste que des fragments (102). Ces fragments attestent un remarquable talent d'observateur et de peintre de caractères. on y reconnaît le disciple de Théophraste. Athènes n'était plus libre. La comédie politique et licencieuse d'Aristophane n'était plus possible ; la censure des vices et des travers du coeur ne pouvait plus même se faire qu'en traits généraux. Un nouveau genre de comédie était à créer, et Ménandre en fut l'inventeur. Le premier, il introduisit sur le théâtre la vie domestique et réelle avec ses ridicules, ses vertus et ses vices, et, comme nouvel élément dramatique, l'amour véritable, sensible, passionné vint animer la scène. Ainsi fut constituée la Comédie Nouvelle ; ainsi le théâtre devint une oeuvre d'art, de morale et de goût.
Ménandre eut des rivaux parmi lesquels se distingua Philémon, qui, grâce à des cabales, à des intrigues, et aussi à un talent remarquable, obtint plus de couronnes que lui ; il eut surtout d'illustres amis, Démétrius de Phalère, auquel il resta fidèle dans sa disgrâce ; le roi d'Égypte Ptolémée, fils de Lagus, qui insista vainement pour le faire venir à sa cour ; Épicure le philosophe, qui était né le même jour que lui, dont il embrassa les doctrines, et auquel il survécut ; car il fit son épitaphe :
"Salut aux deux fils de Néoclès ! l'un affranchit sa patrie de l'esclavage, l'autre de la superstition." C'est là le distique, la seule épigramme de Ménandre que nous a conservée l'Anthologie, VII, 72, et aussi son vers satirique contre les Corinthiens, XI, 438. Ce n'est pas pour ces petites oeuvres, c'est pour le genre comique qu'il créa, c'est pour ses chefs-d'oeuvre malheureusement perdus, qu'Ovide a pu dire (103) :
Dum fallax servus, durus pater, improba lena,
Vivent, dum meretrix blanda, Menandros erit.

MÉNANDRE PROTECTEUR, M¡nandrow ProtÛktvr.

Ménandre, de Constantinople, surnommé Protector parce qu'il servit dans les gardes du corps de l'empereur, est un écrivain du sixième siècle de notre ère qui paraît avoir été fort supérieur à la plupart de ses contemporains. Lui-même (104) il nous apprend quelque part que, dans sa jeunesse, il s'est occupé de l'étude des lois, mais qu'aimant mieux le plaisir et la dissipation que le travail, il préféra aux leçons des jurisconsultes les luttes équestres, les danses des pantomines, les jeux de la palestre, jusqu'à ce que le trône de Byzance fut occupé par Maurice, prince qui aimait les lettres et les elle courageait ; qu'alors, honteux de son oisiveté, il entreprit de continuer l'Histoire d'Agathias. La sienne commence donc à la trente-troisième année de Justinien, et se continue jusqu'à la prise de Sirmium par les Avares ou les Huns, c'est-à-dire jusqu'à l'année 583 avant la mort de Tibère II. Il ne reste plus de cette Histoire que des fragments qui ont été conservés dans la compilation faite par ordre de Constantin Porphyrogénète (105). Ces extraits répandent beaucoup de lumière sur l'histoire des Huns, des Avares, et autres peuples du Nord ou de l'Orient ; mais ce qu'on y trouve de plus remarquable, c'est le traité conclu entre Justinien et Chosroês. Ce document est un des plus précieux monuments échappé, aux ravages du temps (106). L'Anthologie nous a aussi conservé de Ménandre une épigramme en l'honneur d'un mage de Perse qui, après avoir embrassé la religion chrétienne, souffrit la martyre, ·n p‹row ¤n P¡rsúsin, I, 101, ce qui nous permet d'affirmer que l'historien (107) vaut mieux que le poète.

MÉNÉCRATE, Menekr‹thw.

Il y a plusieurs auteurs du nom de Ménécrate chez les Grecs et nous avons dans l'Anthologie trois épigrammes qu'ils peuveut revendiquer. L'une, PaisÜn ¤pÜ prot¡roiw, IX, 390, sur une mère qui, ayant perdu trois enfants, se refuse à en allaiter un quatrième ; manque de justesse morale et de vraisemblance ; l'autre, G°raw ¤pŒn m¡n Žp», IX, 54, sur la vieillesse que, jeune, on souhaite, dont, vieux, on se plaint, est aussi vraie que bien rendue ; la troisième, Eà ti ghr‹saw, IX, 55, est également sur la vieillesse et fort jolie. Dans ces petites pièces, quel qu'en soit le mérite, il est difficile de reconnaître l'emblème sous lequel figure Ménécrate dans la Couronne de Méléagre, la fleur du grenadier, =oÛhw nyh prÇta Menekr‹teow. C'est que peut-être le poète de Méléagre n'est pas le Ménécrate de Smyrne ni celui d'Éphèse ou de Samos, auxquels appartiennent probablement ces épigrammes, ni celui d'Alexandrie, le disciple d'Aristarque, qui n'aurait pas à se récuser de les avoir faites.

MÉSOMÈDE, Mesom®dhw.

Mésomède de Crète, dont nous avons deux épigrammes, était un affranchi d'Hadrien et l'un de ses favoris. Poète et courtisan, il a écrit un éloge d'Antinoüs, dont il recueillit moins d'estime que de profit, et pour son honneur il n'est pas à regretter que cette oeuvre soit perdue. Le successeur d'Hadrien, Antonin le Pieux, se fit un devoir de mettre de l'ordre dans les finances de l'empire ; il supprima entre autres les salaires des courtisans inutiles dont le palais d'Hadrien fourmillait, et le traitement de Mésomède se trouva réduit ou supprimé (108). Cet événement lui inspira peut-être son hymne à Némésis. Elle vaut mieux que ses deux épigrammes, dont la première, †Eprousa, petvm¡na, XIV, 63, est une espèce d'énigme sur le Sphinx, et la seconde, TŒn ìelon ¤kñmizen, Anth. plan., 323, est relative à l'invention du verre (109).
L'hymne à Némésis a été publié et traduit par Burette, dans le volume V des Mémoires de l'Académie des inscriptions et belles-lettres ; il se trouve aussi dans les Analecta de Brunck.

MÉTRODORE, Metrñdvrow.

Métrodore figure dans l'Anthologie pour deux épigrammes et pour une trentaine de problèmes arithmétiques.
La spirituelle épigramme PantoÛhn Biñtoio, IX, 360, qui réfute celle de Posidippe PoÛhn tiw Biñtoio, IX, 359, est, au jugement de Brunck, du Métrodore de Scepsis en Mysie, qui vivait du temps de Mithridate, ainsi que la plupart des problèmes. En ce qui concerne les problèmes, Brunck me semble dans l'erreur.
La seconde épigramme, Aétòn ƒIv‹nnhn, IX, 712, sur le jurisconsulte Jean, autre Solon, est, d'après le manuscrit palatin, du grammairien Métrodore de Byzance. Ce grammairien vivait du temps de Constantin le Grand, et comme il a écrit aussi sur l'astronomie et sur la géométrie, il était naturel de lui attribuer aussi les problèmes arithmétiques. Or le manuscrit palatin confirme cette attribution.

MICHAEL, Mixa®liow.


L'Anthologie nous offre trois épigrammes au nom de Michaël ou Michel. Les épigrammes Aìth tekoèsa pary¡now, I, 122, sur la Vierge mère de Dieu, et „H pñliw ƒAgayÛan. Anth. plan. 316, paraissent ëtre du même auteur; c'était un grammairien du sixième siècle, contemporain et ennemi d'Agathias. La troisième épigramme, …Empnouw õ xalkoèw áppow, Appendice, 52, est attribuée à Michel le Bègue, õ Cellñw, et semble d'un autre poète, de la même époque et non meilleur. Toutefois il est à propos de remarquer que nous avons là peut-être une épigramme de Michel Psellus, C¡llow, écrivain byzantin du onzième siècle. Ce Psellus, né à Constantinople, vers 1079, d'une famille patricienne, fut sénateur sous les empereurs Michel Stratiotique, Isaac Comnène et Constantin Ducas. Disgracié par Nicéphore Botoniate, il se retira dans un couvent où il mourut. De ce polygraphe que les affaires publiques n'ont pas empêché de beaucoup écrire, et sur des sujets très divers, nous ne mentionnerons que les ouvrages édités par notre illustre Boissonade, Lejikòn Þatrikñn, dans les Anecdota graeca, vol. I, et le traité de Operatione daemonum, Norinbergae, 1838.

MIMNERME, MÛmnermow.

Mimnerme, poète et musicien, naquit à Colophon, en Ionie, vers 590 avant notre ère, époque où florissait Solon. Il excella dans la poésie élégiaque, dont quelques critiques lui ont à tort attribué l'invention : cette poésie, antérieure de près d'un siècle, et primitivement militaire, appartient à Callinus, contemporain de Tyrtée. Mimnerme adapta seulement, le premier, le mètre de l'élégie à l'expression des tristesses du coeur, des peines de la vie et des joies de l'amour. C'est la tibicine Nanno qui fut sa muse, comme Cynthie fut celle de Properce, comme Délie celle de Tibulle. Le poète de Colophon leur a servi de modèle, ainsi qu'à tous les poètes érotiques qui l'ont proclamé leur maître, et dont l'un d'eux a résumé l'opinion, qui fut celle de l'antiquité tout entière : Plus in amore valet Mimnermi versus Homero (110). Combien un tel jugement rend regrettable la perte des poésies de Mimnerme ! Il n'en reste que deux fragments, en tout soixante-huit vers, qui ont été extraits d'Athénée, de Stobée, par Brunck, par Gaisford etc. etc., et le distique de l'Anthologie, T¯n sautoè fr¡na, IX, 50, qui est bien philosophique et bien froid pour un adorateur de la belle Aphrodite, xrus¡hw ƒAfrodÛthw(111).

MNASALQUE, Mnas‹lkaw.

Mnasalque, de Sicyone, est une des fleurs de la Guirlande de Méléagre, Mnas‹lkou te kñmaw ôjutñrou pÛtuow. C'est de pin, pÛtuw, que se couronnaient les vainqueurs olympiques (112), et notre poète est tout à fait digne de cet emblème.
Des dix-huit épigrammes qui portent son nom toutes sont remarquables par leur précision, par leur simplicité, et plusieurs concernent des hommes de guerre et leurs armes. Il y respire une mâle ardeur, un noble courage. Dans l'épigramme „Hso kat' ±g‹yeon, VI, 128, l'Alexandre qui est cité a fait croire que notre poète servait dans l'armée du roi de Macédoine ; mais cet Alexandre est désigné plus clairement dans l'épigramme ƒAspÜw ƒAlej‹ndrou toè Full¡ow, VI, 264, et l'on voit que ce n'est plus du vainqueur de Darius qu'il s'agit. Mnasalque le Sicyonien ayant vécu près d'un siècle avant Méléagre, puisque Théodoridas, qui florissait vers l'an 236 avant notre ère, a fait pour lui l'épigramme funéraire Mnas‹lkeow tò sma, XIII, 21, il est très probable qu'il vivait alors que Sicyone sa patrie, grâce au génie civil et militaire d'Aratus, s'était agrandie et florissait. Cette époque expliquerait parfaitement l'allure guerrière, l'esprit belliqueux qui anime la muse de Mnasalque.

MOERO DE BYZANCE, MoirÆ BuzantÛa.

Moero, que par erreur on appelle quelquefois Myro, MurÅ, brillait dans la Couronne de Méléagre sous l'emblème du lis, pollŒ d¢ Moiroèw leÛria. Elle était de Byzance ; elle épousa Andronicus et en eut un fils, Homère le poète tragique, qui figure dans une de ces pléiades dont les constellations nébuleuses éclairèrent le trône des Ptolémées. Notre Moero, qui termine le catalogue poétique des femmes célèbres de la Grèce, a écrit un poëme en vers héroïques, intitulé Mnémosyne, des imprécations, ƒAraÛ, et des épigrammes nombreuses. Il n'en reste que deux, l'une, KeÝsai d¯ xrus¡an, VI, 119, sur une vigne consacrée à Vénus, l'autre, Næmfai „Amadru‹dew, VI, 189, prière aux Nymphes en faveur de Cléonyme. Le PollŒ leÜria de Méléagre nous permettait despérer et plus et mieux.

MOSCHUS, Mñsxow.

Moschus naquit à Syracuse, en Sicile, et fut le disciple et l'ami de Bion, à la mémoire duquel il a consacré sa plus touchante idylle. Suidas nous apprend que ce poète fut aussi l'ami du grammairien Aristarque, qui naquit dans l'année 160 avant notre ère ; il en résulte que Moschus, ayant connu Théocrite qui mourut en 248, a dû vivre près d'un siècle. Il nous reste de ce poète gracieux et naïf deux délicieuses épigrammes, Lamp‹da yeÛw, Anth. plan.,, 200, et „A Kæpriw tòn …Ervta, IX, 440, plus huit idylles ou petits poèmes, dont trois, l'Enlèvement d'Europe, le chant funèbre pour Bion, et Mégare, l'épouse d'Hercule, sont des chefs-d'oeuvre de simplicité dorienne et de sentiment. Ces qualités de la muse antique dominent dans Moschus, plus que dans Bion, moins que dans Théocrite ; mais tous les trois sont regardés comme les modèles du genre bucolique, et c'est pour cela qu'ils ont été souvent réunis par les éditeurs, comme ils le sont dans l'estime et l'admiration des amis des lettres grecques.

MUCIUS SCAEVOLA,  Moækiow Skaiñla.

On s'étonnerait de voir un nom romain, le nom historique de Mucius Scaevola, en tête d'une épigramme grecque, si on ne savait avec quelle ardeur, avec quel succès, la jeunesse romaine étudiait la langue d'Homère et de Platon. Elle était devenue la langue usuelle et savante de tous les Romains lettrés. Il est donc tout simple que cette langue ait été particulièrement cultivée par les Scaevola, par ces habiles jurisconsultes dont Cicéron (113) prisait si fort les vertus et le savoir ; mais de tous les membres de cette illustre famille quel est celui qui s'adonna à la poésie avec assez d'art et de succès pour qu'on puisse lui faire honneur de l'épigramme Aß xÛmaroi tÛ pote, IX, 217 ? La curiosité s'accroît du charme et du mérite de l'oeuvre, et l'on regrette de n'en pas connaître l'auteur. Le fait est que cette épigramme pastorale est fort jolie, et Jacobs ne l'a pas sans raison qualifiée de elegantissimum carmen.

MUNATIUS, Moun‹tiow.

Munatius est encore un de ces Romains, comme Mucius Scaevola, comme Myrinus, qui se sont exercés dans la poésie grecque et y ont excellemment réussi. Aussi combien on regrette de ne savoir ni l'époque où il vivait, ni sa filiation, ni rien de son histoire ! Combien surtout on regrette de n'avoir que quelques vers d'un poète dont la seule petite pièce, inscrite à son nom, „H polæxrusow ¤gÅ, IX, 123, est ingénieuse et d'un si bon style ! En raison de ce qu'il y est parlé de Troie, de la ville restaurée par Sylla, particulièrement favorisée par Jules César et par Auguste, qui la regardaient comme le berceau de leur race, il est à croire que ce Munatius devait vivre sous les premiers Césars.

MYRINUS, MurÝnow.

Quatre épigrammes (114) d'une parfaite élégance, d'une grâce enquise, sont inscrites au nom de Myrinus. Reiske était d'avis qu'il ne fallait pas lire MurÝnow, mais Mur°naw, voulant voir dans l'auteur de ces petits poèmes L. Licinius Varron Muréna, celui qui se plaisait particulièrement dans la société des gens lettrés, comme nous l'atteste Strabon (115), à qui Horace (116) donna en vain des conseils de modération et de prudence. Complice de Cépion, il fut, en effet, malgré les instantes prières de sa soeur Térentia, la femme de Mécène, condamné à mort par l'empereur Auguste (117). Mais, au lieu d'adopter l'hypothèse de Reiske, n'est-il pas plus simple et plus sage d'admettre au Parnasse et de proclamer un poète de plus, un poète inconnu, du nom de Myrinus ?

NESTOR, N¡stvr.

Dans la première moitié du troisième siècle de notre ère, un poète épique, ¤popoiñw, Nestor, de Laranda en Lycie, a fait, sous le titre intraduisible de ƒIliŒw leipogr‹mmatow, un poème en vingt-quatre chants, arrangé de manière que, dans chaque chant, une lettre de l'alphabet était entièrement proscrite (c'est là ce qu'indique le titre) ; ainsi, dans le premier chant, il n'y avait point d'a, dans le second chant pas de b, et ainsi de suite. Quel triste emploi de l'esprit ! Il en fit un meilleur usage, en composant aussi une Alexandréide, des Métamorphoses, à l'imitation de Parthénius de Nicée un poëme sur les jardins intitulé ƒAlejÛkhpow, et une Panacée. Ces deux derniers ouvrages sont cités dans les Géoponiques de Cassianus Bassus. Trois épigrammes (118), consignées dans l'Anthologie sous le nom de Nestor, proviennent peut-être de ses Métamorphoses.

NICANDRE, NÛkandrow.

Nicandre, grammairien, poète et médecin, vécut sous le rêne d'Anale, roi de Pergame, dans le deuxième siècle avant notre ère. Suidas nous apprend qu'il eut pour père Xénophane de Colophon mais du témoignage même de Nicandre il résulte qu'il naquit à Claros, petite ville d'Ionie, près de Colophon, et que son père s'appelait Damaeus. De tous les ouvrages qu'il composa en poésie, en histoire, en médecine, il nous reste les Thériaques (119) et les Alexipharmaques (120), cent cinquante vers environ de ses Géorgiques (121) et trois épigrammes. La première, Oédeiw t¯n ÞdÛhn, XI, 7, lui fait peu d'honneur ; mais les deux autres qui appartiennent à l'histoire, Zeè p‹ter, VII, 526, et EépulÛdaw, ƒEr‹tvn, VII, 435, ne manquent pas de mérite et d'éclat.

NICARQUE, NÛkarxow

Parmi les trente-huit épigrammes qui portent le nom de Nicarque, toutes ne sont pas de ce poète, et, pour son honneur, on voudrait lui retrancher celles qui sont d'une déplaisante obscénité. Malheureusement il y a là peu de doute sur l'attribution. Les épigrammes contestées sont L¡mbion ² d' ¥t¡ra, V, 44, que peut revendiquer Rufin ; PollŒw muri‹daw, XI, 357, que l'on donne de préférence à Lucien, Oét' ¦klusen XI, 118, ƒIhtròw t¯n graèn, XI, 119, ƒOryÅsai tòn kurtñn, XI, 720, XeirourgÇn ¦sfajen, XI, 221, P¡nt' Þhtrñw XI, 122, qui sont peut-être de Callicter. Dans l'oeuvre de Nicarque il y a peu de traces de son temps, assez cependant pour donner à croire qu'il florissait dans le premier siècle de notre ère. Ainsi, le médecin d'Égypte Zopyre, contre lequel est faite l'épigramme JeÝne, tÛ mŒn peæyh, XI, 124, est. un des personnages du Banquet de Plutarque (122), et Celse (123) décrit un médicament de son invention. A cette même époque, où le culte des divinités égyptiennes était en vogue sur les bords du Tibre; s'adapte très bien l'épigramme Oék ¤n gastrÛ, XI, 18, dans laquelle intervient Bubastis, la Diane des Egyptiens. Également à cette même époque, où le goût s'altérait déjà, on aimait fort la raillerie et l'hyberbole, et notre poète excelle dans les épigrammes hyberboliques et railleuses. Il n'est pas impossible que le joueur de flûte Téléphane soit l'artiste samien, aimé de la soeur d'Alexandre, Cléopatre, dont parle Pausanias (124). Pourquoi Nicarque, même après trois siècles, n'aurait-il pas honoré la mémoire d'un artiste illustre de Samos ? Mais il est plus probable que le poète célèbre ici le talent d'un joueur de flûte du même nom, son contemporain. Est-ce à Rome qu'a vécu Nicarque ? nous n'oserions l'affirmer, bien que nous trouvions dans ses vers des mots latins tels que mili‹rion (125) ; nous n'oserions non plus dire qu'il était de Samos, puisque l'épigramme V, 44, où se trouve tÒ SamÛvn lim¡ni, est d'une attribution douteuse. Mais on n'hésitera pas à reconnaître que s'il est l'auteur d'épigrammes ou médiocres ou déshonnêtes, il y en a un bon nombre de fort jolies et de la meilleure facture.

NICÉNÈTE, NikaÛnetow.

Nicénète a fourni des fleurs à la Couronne de Méléagre, smurnaÛouw te kl‹douw Nikain¡tou. Ce mot smurnaÛouw a fait croire que ce poète était de Smyrne, tandis qu'il n'est ici question que de branches de l'arbre qui porte la myrrhe, smærnh. Nicénète n'était pas de Smyrne ; Athénée (126) nous apprend qu'il était de Samos ou d'Abdère. Étienne de Byzance (127) le compte parmi les illustres Abdéritains, d'où l'on peut induire qu'il était d'Abdère par sa naissance et de Samos par le séjour. Lui-même il se regardait comme Samien, car en parlant de Junon il dit "Reine de notre île, n°sou despñtin ²met¡raw" et l'on sait que Samos était particulièrement consacrée à l'épouse de Jupiter.
On croit que ce poète n'était antérieur à Méléagre que d'un demi-siècle au plus, et qu'il florissait par conséquent deux cents ans avant notre ère. Ses six épigrammes exhalent encore quelque chose du parfum de la myrrhe, smurnaÛouw kl‹douw.

NICIAS, NikÛaw.

Nicias, de Milet en Ionie, médecin et poète, dont nous avons neuf épigrammes, florissait entre les années 290 et 230 avant notre ère. Il était condisciple d'Érasistrate, le célèbre médecin des rois de Syrie, contemporain et ami de Théocrite. C'est à lui que Théocrite adresse sa XIe idylle, le Cyclope, où il l'appelle XarÛtvn ßmerñfvnon futñn, rejeton des Grâces à la voix harmonieuse ; c'est à l'épouse de ce même Nicias, à Theugénis, qu'il envoie une quenouille, · meg‹la x‹riw dÅrÄ jçn ôlÛgÄ, idylle XXVIII. De tels souvenirs illustrent plus Nicias que ses épigrammes, et pourtant elles ont du mérite. Méléagre avait admis notre poète dans sa Couronne, où il figure sous l'emblème ingénieux dela menthe, plante médicinale d'un suave parfum, xloerñn te sÛsumbron NikÛou.

NICODÈME, Nikñdhmow.

Nicodème était un poète, ou plutôt un grammairien, d'Héraclée, ville maritime du Pont. Les huit distiques qu'on lit dans l'Anthologie, VI, 314-320 et IX, 53 (128), sont de lui et lui font peu d'honneur. Ils sont en vers anacycliques, c'est-à-dire qu'on peut les lire en commençant par le dernier mot du pentamètre, en remontant jusqu'au premier mot de l'hexamètre, sans que la mesure soit troublée, non plus que le sens. C'étaient des exercices d'école fort prisés, ineptum genus, disait à ce sujet Jacobs, difficiles nugae, avait dit autrefois Martial. On ne sait rien, au reste, de ce Nicodème qu'on a quelquefois confondu avec Nicomède.

NICOMAQUE, Nikñmaxow.

Il n'existe de Nicomaque qu'une seule épigramme, †Ad' ¦st' de Pl‹taia, VII, 299; sur la ville de Platée renversée par un tremblement de terre. Nous savons que la Béotie était sujette à des secousses qui ébranlaient violemment le sol (129) ; mais il est étrange qu'on ignore la date d'une pareille catastrophe. Il l'est beaucoup moins qu'on ne sache rien de la vie d'un poète qui a si peu produit.

NICOMÈDE, Nikom®dhw.

Nous avons de Nicomède de Smyrne, médecin et poète, deux épigrammes, Appendice, 55 et 56, sur une statue d'Esculape dédiée par lui au dieu de la médecine. Cette statue était l'oeuvre de Boéthus (130), artiste carthaginois qui florissait un peu avant la ruine de Carthage, et dont parlent Cicéron (131) et Pausanias (132). Notre poète n'était pas contemporain de l'artiste. Le style de ses épigrammes constate qu'il lui était de beaucoup postérieur, et aussi le sens même qu'elles expriment ; car il y est dit que l'oeuvre consacrée est un monument d'antiquité, XeirÇn deÝgma palaigen¡vn.
Nous avons encore l'épitaphe de ce même Nicomède, Appendice, 57, où il est qualifié de …Aristow Þhtrñw. Nous en pouvons conclure qu'il était moins bon poète qu'habile médecin.

NILUS, NeÝlow.

Parmi les lettres de saint Nil, NeÝlow, disciple de saint Chrysostome, préfet de Constantinople, puis solitaire et ascète, il y en a plusieurs qui sont adressées à Nilus scholasticus, notre poëte. Ce qui établit qu'il vivait au commencement du cinquième siècle, sous le règne de Théodose II, dit le Jeune, 408-450 de l'ère vulgaire, et qu'il était avocat ou lettré, sxolastikñw. Des deux épigrammes qui portent son nom, l'une est chrétienne, Îw yrasç morfÇsai, I, 33, sur l'image d'un archange ; l'autre est païenne, P‹ntew m¢n S‹turoi, Anth. plan., 247, sur l'image d'un satyre en mosaïque. De là l'opinion qu'il fut païen d'abord, puis chrétien, on dit même moine.

NOSSIS, NossÛw.

Nossis, une des muses de la Grèce comme Sapho, comme Anyté, figure dans la Couronne de Méléagre sous l'emblème de l'iris, Murñpnoun eé‹nyemon ärin NossÛdow. Nous avons d'elle douze épigrammes. Dans l'une, †Hra tim®essa VI, 265, elle nous apprend qu'elle était Locrienne, fille de Théophilis, petite fille de Cléocha ; dans une autre, KaÜ kapuròn gel‹saw, VII, 414, sur Rhinthon de Syracuse, elle nous apprend indirectement qu'elle vivait sous le premier Ptolémée, 324 ans avant notre ère. On a dit qu'il y avait eu deux Nossis, l'une de Locres, contemporaine de Sapho et d'Alcée ; l'autre, plus jeune et de Lesbos ; c'est une erreur. Antipater de Thessalonique, dans sa belle épigramme sur les femmes poètes de la Grèce, T‹sde yevglÅssouw „ElikÅn, IX, 26, ne mentionne pas deux Nossis, il n'en proclame qu'une. Enfin dans toutes les épigrammes de la charmante Locrienne, il y a le même style, le même dialecte, la même simplicité, le même parfum d'iris, comme dit Méléagre.

NUMÉNIUS DE TARSE, Noum®niow Tarseæw.

On ne saurait dire à quelle époque vivait Numénius de Tarse en Cilicie. Seulement comme il figure dans la Muse de Straton, poète du règne de Septime Sévère, 193-211 de l'ère chrétienne, il s'ensuit qu'il est d'une époque antérieure au poète de la Moèsa paidik® (133). Il n'est d'ailleurs connu que par l'épigramme qui porte son nom, Kèrow kæriow ¤sti, XII, 28 ; et bien qu'elle ait été admise. dans un recueil fort repréhensible sans doute, mais où l'esprit ne fait pas défaut, cette épigramme n'en est pas moins prétentieuse et insignifiante.

OENOMAÜS, OÞnñmaow.

Sous le règne d'Hadrien, 117-138 de l'ère chrétienne, vivait un Oenomaüs, de Gadare en Syrie, philosophe cynique qui a écrit sur la Philosophie d'Homère, sur la Fausseté des oracles (134). Est-ce là l'auteur du joli distique ƒEn ku‹yÄ tòn …Ervta, IX, 749, au sujet d'un Amour gravé sur une coupec ? Le cynique aurait alors sacrifié aux Grâces.

ONESTE, ƒOn¡sthw

Dix épigrammes de l'Anthologie, originales, variées, élégantes, portent le nom d'Oneste seul, ou d'Oneste de Byzance, ou d'Oneste de Corinthe. Y avait-il plus d'un poète de ce nom ? A quelle date, à quels événements se rapporte la vie de ce poète ou de ces poètes? On l'ignore absolument.

(95Voy. plus haut Hérode Atticus.

(96Lexicon, II, p.. 497. 

(97Commentarii, ad Eclogum I.

(98) Biographie universelle, tome XXVIII, p. 190.

(99) Un savant Italien, Rosini (Herculanensium vol. I, Prolegomena in Philodemum, IV), a mis en avant une conjecture qui a trouvé des partisans. Atthis, dit-il, est une expression figurée qui désigne l'atticisme des habitants de Gadara. Le passage de Méléagre peut donc être rendu ainsi : "Gadara, cette autre Athènes en Syrie, m'a donné le jour."

(100) Sur le génie et l'art de Méléagre cet éditeur porte un jugement qui mérite d'être rappelé : Oratio et graeca est et apta carminum argumento, audax in verborum compositionibus, sed affectus, nunc tenerrimi, nunc igne concitatioris, ubique autem distincta sophisticis acuminibus et amatoriis phantasiae lusibus, ut auctor recte Musas Amori junxisse et Gratiis artem sophisticam temperasse perhibeatur. 

(101)  Portraits divers, tome III, p, 478. - 

(102) La meilleure édition de ces fragments est celle de Meineke : Menandri et Philemonis reliquiae, Berolini, 1823.

(103) Amores, 1, XV, 17.

(104Dans Suidas, au mot Menandros, tome II, P. 531, où nous apprenons, de plus, qu'il était fils d'Euphrate et qu'il avait un! frère du nom d'Hérodote.

(105) Des 53 livres dont se composait ce recueil, sorte de Pandectes historiques, nous avons encore le XXVIIe qui traite des ambassades ; le Livre, des vertus et des vices ; plus quelques autres débris.  

(106) Tout ce qui reste de Ménandre se trouve dans les Fragmenta historicorum graecorum de MM. Didot, tome IV, p. 200. 

(107) Voici le jugement de Niebuhr (edit. Dexippi, p. 281) sur l'historien Ménandre : In scribendi genere prorsus simia Agathiae est, ridendus quoties sententiarum acumine aut verborum elegantia se ostentare cupit ; verumtamen in rebus gestis referendis bonus auctor, circa populorum mores terrarumque longinquarum situm et peregrinantium itinera admodum curiosus et fide dignus.

(108) Histoire Auguste, Jules Capitolin, Vie d'Antonin, VIII. 

(109) Voy. Pline, Hist. nat. XXXVI, 65.

(110Properce, Eleg., 1, IX, 11.

(111TÛw d¢ bÛow, tÛ terpnòn ter xrus¡hw ƒAfrodÛthw, Mimnerme, fragm. I ; si, Mimnermus uti censet, sine amore jocisque.  Nil est jucundum, vivas in more jocisque. Horace, Epist., I, VI, 65. 

(112Voy. l'épigramme T¡ssar¡w eÞsin ŽgÇnew.

(113Vov. ad Herennium, II, 13 ; de Orat., II, 6 et 12 ; de Finibus, II, 46 ; de Officiis, II, 13 ; ad Atticum XII, 4 , etc., etc.

(114VI, 168, 254 ; VII, 703,  XI, 67.

(115) Geograph.. XIV p. 987. 

(116) Carm. II, 10, Rectius vives, Licini

(117) L'an de Rome 732.

(118) IX, 129, 384, 537. 

(119) Yhriak‹, ou des animaux venimeux et des remèdes contre leurs morsures. 

(120) ƒAlejif‹rmaka, ou antidotes contre les poisons. 

(121) Gevrgik‹,  c'est au sujet de ce poème que Cicéron parle de Nicandre, et avec éloge, dans son de Oratore, I, 16. Les poèmes et les fragments de ce poète se trouvent dans les Poetae bucolici et didactici de la Bibliothèque grecque de MM. Didot.

(122)  Quaestion. conviv. III, 6. 

(123De Medicina, V, 23. 

(124)Description de la Grèce, I, 44. 

(125) ƒHgñrasaw xalkoèn mili‹rion, XI, 244. 

(126) Banquet des savants, XV, p. 673.

(127) Steph. Byz., au mot …Abdhra.

(128) C'est par erreur que les éditions de Jacobs et de Tauchnitz portent ici Nikom®douw il faut lire Nikom®dou 

(129) Strabon, IX, 16, 2 : SeismoÜ genñmenoi poll‹kiw ¤jaÛsioi...

(130) Catalogus artifcum de Sillig, p. 108,  

(131) Cicéron, Act. II in Verrem, IV, 14.

(132) Descript. de la Grèce, V, 27.

(133) Poëte du troisième siècle avant l'ère chrétienne, inventeur d'un genre dramatique qu'il appela hilaro-tragedie (tragédie gaie). 

(134) Cet ouvrage portait le titre de FvrŒ go®tvn, les charlatans démasqués.