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Anthologie grecque

NOTICES BIOGRAPHIQUES ET LITTÉRAIRES SUR LES POÈTES DE L'ANTHOLOGIE.

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pour lire le Grec, police Athenian

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ABLABIUS ILLUSTRIS, ᾿Αβλάβιος ᾿Ιλλούστριος (1).

Ablabius Illustris, d'abord professeur de rhétorique, puis évêque des Novatiens à Nicée, était un poète du règne de Théodose le Jeune, petit-fils du grand Théodose, qui régna de 408 à 460.
Les anthologies de Planude et de Céphalas ne nous ont conservé qu'une seule épigramme de cet Ablabius (2). Elle est d'un tour ingénieux et poétique, et curieuse en ce qu'elle atteste le goût, la passion des anciens pour les objets d'art antique : il s'agit d'un plat de très ancienne fabrique, ῞Ηφαιστος μ' ἐτέλεσσε, IX, 762.
Il y avait, à la même époque, un médecin du nom d'Ablabius, sur lequel Théosébie a fait l'épigramme funéraire, VII, 759, où elle le compare à Gallien et à Hippocrate. Il y a eu, de plus, un préfet du prétoire du même nom sous Constance.
Il importe de ne pas confondre ces trois Ablabius.

(1) Illustris était un titre de noblesse en usage à Rome sous les empereurs et plus encore à Constantinople.
(2) Dans l'édition de Wechel et de Henri Estienne, cette épigramme est attribuée à Asclépiade, ayant pour lemme : ᾿Ασκληπιάδου εἰς δίσκον.

ACÉRATUS, ᾿Ακήρατος.

Acératus le grammairien ne nous est connu que par le tétrastique sur Hector que l'Anthologie lui attribue, ῞Εκτορ ῾Ομηρείοισιν, VII, 138. C'est une épigramme d'une facture ingénieuse.

ADAEUS ou ADDÉE, ᾿Αδαῖος ἢ ᾿Αδδαῖος

Il nous reste un petit nombre d'épigrammes, onze au plus, d'Adaeus ou Addée de Macédoine, qui florissait à l'époque où mourut Alexandre le Grand, 323 ans avant notre ère.
Addée de Macédoine est très probablement le même qu'Addée de Mitylène, la Macédoine ayant pu être le lieu de sa naissance, et Mitylène celui de sa plus habituelle résidence.

ADMÈTE, ῎Αδμητος.

Admète ne nous est connu que par le vers Γαῖα λάβ' ᾿Αδμήτου ἔλυτρον, βῆ δ'εἰς θέον αὐτός, que l'Anthologie palatine lui attribue, et par le passage de Lucien, Démonax, 44, où ce même vers est cité.
Admète, un mauvais poète, avait dit à Démonax qu'il avait composé sa propre épitaphe en un seul vers, et qu'il avait ordonné dans son testament que ce vers fût inscrit sur la colonne de son tombeau. Le voici :
La terre a ma dépouille, Admète est près des dieux.
"Ce vers est si beau, mon cher Admète, dit Démonax en souriant, que je voudrais déjà qu'il fût inscrit."
Le philosophe Démonax vivait dans la première moitié du second siècle, et Admète était son contemporain.
Quant à son vers, il ne semble pas si mauvais ; il y a de l'esprit et de la poésie dans cette assimilation du corps à une dépouille, à une élytre, et de l'âme, ψυχή
au papillon, ψύχη, qui s'en échappe. Marc-Aurèle lui a, je crois, emprunté cette expression et cette image, Τὰ εἰς ἑαυτόν, IX, III, quand il nous recommande d'attendre l'heure où le petit papillon ou l'âme se dégagera de son élytre, τὴν ὥραν ἐν ῇ τὸ ψυχάριον τοῦ ἐλύτρου τούτου ἐκπεσεῖται.

ADRIEN, ᾿Αδριανός, Voy. HADRIEN.

AESCHRION, Αἰσχρίων.

Un Aeschrion de Samos a écrit des iambes et des choliambes que citent Athénée et Tzetzés. Or l'épigramme ᾿Εγὼ Φιλαινί, VII, 345, la seule que nous ayons sous ce nom d'auteur, est une petite pièce choliambique. N'est-ce pas là une présomption qu'elle est de cet Aeschrion de Samos ? II y a un autre Aeschrion, parent et disciple d'Aristote, dont nous parle Suidas et qu'il qualifie de epopoios, poète épique Celui-ci était un Lesbien de Mitylène. Mais comme l'épigramme en question est sous une forme d'épitaphe la justification de l'infâme courtisane Philénis, il est peu probable qu'on doive la lui attribuer. Du reste, nous ne savons rien de plus sui l'un et l'autre de ces poètes.

AGATHIAS, ᾿Αγαθίας.

Agathias est un des épigrammatistes les plus distingués du Bas-Empire, un des meilleurs annalistes du siècle de Justinien, 527-565.
Né à Myrine, ville éolienne de l'Asie, il vint à Constantinople où il s'attacha à la profession du barreau, ce qui lui valut le titre de scholasticus (1). On lui doit la continuation da l'histoire de Procope de Césarée depuis l'an 532 jusqu'à l'an 559. Dans sa jeunesse, il publia un recueil de poésies amoureuses, intitulé Δαφνιακά. Comme historien, comme poète, sa réputation fut si grande que ses compatriotes lui érigèrent une statue. Sa poésie et surtout ses épigrammes valent bien mieux que sa prose.
Pour faire suite aux Anthologies précédentes de Méléagre et de Philippe, il composa une troisième collection du même genre et l'intitula Cercle, Κύκλος. Ce recueil, qui contenait un choix fait dans les poètes des cinq ou six premiers siècles de notre ère, avec les poésies d'Agathias et des autres poètes de son temps, est perdu, comme les Anthologies de Philippe et de Méléagre.
Bien que ce recueil fût inférieur en mérite aux deux collections de Méléagre et de Philippe qui renfermaient les morceaux de la plus belle antiquité, tel fut le mauvais goût du siècle et des siècles suivants que l'on donna la préférence aux pièces recueillies dans le Κύκλος
d'Agathias sur celles des deux collections plus anciennes. Celles-ci tombèrent peu à peu dans l'oubli ; beaucoup de pièces se perdirent et s'il nous en reste encore quelque chose, nous le devons peut-être uniquement à l'idée heureuse de Constantin Céphalas, littérateur, d'ailleurs, presque inconnu, qui, dans les dernières années du neuvième siècle ou plutôt du dixième, a rédigé une quatrième Anthologie, en faisant un choix dans les trois premiers recueils et parmi les poètes postérieurs à Agathias. Il nous reste de ce poète plus de cent épigrammes de genres très divers, ne manquant ni d'esprit ni d'élégance, mais manquant de cette sobriété, de cette précision qui caractérisent les oeuvres d'art de l'antiquité classique.

(1)  Boissonade, Notae in Theophylactum, p. 166 : dicitur et σχολαστικός, seu causarum patronus.

AGIS, ῎Αγις (1) 

Dans l'Anthologie, il se trouve une épigramme dédicatoire d'Agis, Καὶ στάλικας, VI, 152. Est-elle d'Agis d'Argos, l'un des flatteurs d'Alexandre, lequel, d'après Quinte Curce, aurait été le plus mauvais faiseur de vers après Choerilus, Agis quidam Argivus, pessimus carminum post Choerilum conditor, VIII, 52 ; ou bien est-elle d'un autre Agis, auteur de traités culinaires, suivant Athénée (2) ? L'épigramme paraît digne d'une meilleure attribution.

(1)  C'est par erreur que Planude, et d'après lui sans doute Fabricius, appellent ce poète Aegis, Αἴγις
(2) Banquet des savants, XII, p. 516.
 

ALCÈE, ᾿Αλκαῖος.

Il est fort douteux qu'on puisse attribuer avec quelque certitude au poète éolien Alcée de Mitylène, qui florissait vers l'an 604 avant notre ère, une seule des vingt-deux épigrammes qu'on trouve dans l'Anthologie grecque sous le nom d'Alcée. Elles sont toutes très probablement de l'Alcée de Messénie qui, moins poète que son devancier, et aussi moins patriote, poursuivit de sa haine et de ses vers Philippe, fils de Démétrius, l'avant dernier roi de Macédoine, le vaincu de Cynocéphales.
Ce poète ne peut être le même que l'épicurien Alcée, qui fut chassé de Rome par un sénatus-consulte de l'an 580, sous le consulat de Lucius Postumius. Mais il n'est pas nécessaire de reconnaître un troisième Alcée dans l'auteur de l'épigramme où il est question de Pylade, parce qu'il ne s'agit pas du pantomime de l'empereur Auguste, comme l'a cru Brunck, mais d'un citharède qui vivait sous Philippe et dont parle Plutarque (1). 

(1). Vie de Philopémen, XI. Cette bataille de Cynocéphales, en Thessalie, gagnée par le consul Flamininus, l'an 197 avant notre ère, livra la Grèce aux Romains. 

ALEXANDRE d'Étolie, ᾿Αλέξανδρος Αἰτωλός.

Le nom d'Alexandre d'Étolie brille dans la pléiade tragique, parmi ces poètes οἵπερ ἐπερλήθησαν ἡ Πλειάς (1).
Cette pléiade se compose de sept poètes qui ont vécu sous le règne des premiers Ptolémées : Alexandre l'Étolien, Philiscus de Corcyre, Sosithée, Homère le jeune, Aeantide, Sosiphane et Lycophron. La pléiade tragique diffère de la pléiade poétique. Celle-ci comprend sept poètes de différents genres, savoir : Aeantide, Apollonius de Rhodes, Aratus, Homère le jeune, Lycandre, Lycophron et Théocrite.
Alexandre l'Étolien était natif de Pleuron, en Etolie, et a vécu sous le second Ptolémée, 285-247, avant l'ère chrétienne. Parthénius de Nicée, dans ses
᾿Ερωτικὰ παθήματα, nous a conservé des passages de ses élegies dans lesquels il règne une certaine grâce et une facilité agréable. Le même mérite se retrouve dans les épigrammes en trop petit nombre qui portent son nom. Macrobe qualifia avec raison Alexandre d'Étolie de Poeta egregius (2).
L'épigramme qui est attribuée à Alexandre Magnète ou de Magnésie, Πίγρης ὀρνίθων, VI, 182, est d'un poéte dont nous ne savons absolument rien. 

(1) Suidas, t. 1, p. 105. 
(2)  Saturnalia, V, 22.

ALPHÉE, ᾿Αλφειός.

Nous avons douze épigrammes d'Alphée de Mitylène, et l'on y voit qu'elles ont été composées à une époque où Rome était arrivée a l'apogée de sa puissance, où la ville de Troie, son berceau, renaissait de ses ruines. Or Strabon nous apprend (1) que Jules César et Auguste avaient rendu aux Troyens leur territoire et la liberté avec des immunités et des priviléges. II est donc très vraisemblable que ce poète florissait sous le règne de l'empereur Auguste. Mais alors le Macrin dont il parle ne sera plus l'empereur du troisième siècle, le meurtrier de Caracalla, comme le conjecturent Reiske et Fabricius sans nécessité aucune ; et quant à l'épigramme Τοῦδ' ἀρετά (2), sur la statue de Philopémen, qui a dû être composée en même temps que la statue et non différée de deux siècles, on peut avec Schneider l'attribuer à Alcée de Messénie, ou mieux la regarder comme anonyme, ἀδέσποτον

(1) Geograph. XIII, p. 889.
(2) Brunck, Analecta, ll, 130, X ; Jacobs, Appendix, 358.

AMMIEN, ᾿Αμμιανός.

Ammien ou Ammianus vécut sous Trajan et Hadrien. Il nous reste vingt-trois épigrammes de ce poète, dont Planude altère sans doute le nom en l'appelant Abbianus. C'est sous ce nom qu'il lui attribue les six épigrammes que peut revendiquer Ammien. Toutes les épigrammes d Ammien sont du genre comique et railleur, et figurent parmi les σκωπτικά

AMMONIDAS, ᾿Αμμωνίδας.

Ce poète est tout à fait inconnu ; on croit que c'est le même qu'Ammonius. Il n'y a de lui qu'une seule épigramme, ᾿Αντιπάτραν γυμνήν, XI, 201, parmi les σκωπτικά ; elle porte le nom d'Ammonius dans Planude.

AMMONIUS, ᾿Αμμώνιος.

Nous avons deus épigrammes d'Ammonius. Il y a eu plusieurs écrivains de ce nom. Socrate (1) parle d'un Ammonius qui en 438, récita devant Théodose le jeune un poème sur la révolte de Gaïnas, qu'on admira beaucoup. Rien n'empêche d'admettre l'identité de ces deux Ammonius. 

(1) Hist. eccles., VI, p. 6.

ANACRÉON, ᾿Ανακρέων.

Anacréon, de Téos en Ionie, naquit vers 560 et comme il vécut, au témoignage de Lucien, quatre-vingt-cinq ans, il mourut quinze ans après la bataille de Marathon, vers 475. Ce n'était pas seulement un poète lyrique, il composa aussi des élégies, des ïambes, ἔγραψεν ἐλεγεῖα καὶ ἰάμβους ἰάδι πάντα διαλέκτῳ  (1) Ses poésies brillent par l'enjouement, la délicatesse, la grâce. Celles que nous devons à une heureuse découverte de Henri Estienne, et qu'il publia le premier à Paris en 1554, ne sont pas suffisamment authentiques. Il n'y a vraiment d'Anacréon que les fragments d'Anacréon épars dans les auteurs de l'antiquité et publiés à la suite des odes, et aussi peut-être les seize épigrammes que l'Anthologie a sauvées de l'oubli. Cela donne une valeur toute particulière à ces épigrammes qui sont simples et charmantes : summam antiquae aetatis simplicitatem redolent, dit Jacobs. 

(1) Suidas, au mot ᾿Ανακρέων

ANASTASE, ᾿Αναστάσιος.

Il y a eu beaucoup d'Anastase à l'époque byzantine. Celui que désigne le surnom de le Bègue, ὁ Τραυλός était, à ce qu'on croit, un prêtre chrétien ou un moine : c'est très vraisemblable d'après l'épigramme qui lui est attribuée, εἰς Στραύρωσιν, XV, 28, sur le Crucifiement. 

ANDRONIC, ᾿Ανδρόνικος.

Il n'y a de lui qu'une épigramme, Οἰκτρὰ δή, VII, 181. S'il est le même que le poète mentionné par Ammien Marcellin (1), ut virum a studiis liberalibus et claritudine carminum notum, et par Libanius, Lettres, 75, comme jouissant d'une réputation qui s'étend jusqu'au bout du monde, μέχρις Αἰθιόπων, il vivait vers la fin du quatrième siècle. Combien il est regrettable que nous n'ayons pas un plus grand nombre d'épigrammes d'un poète ainsi loué !

(1) XIX, 12.

ANTAGORAS, ᾿Ανταγόρας.

Antagoras de Rhodes, vers l'an 275 avant notre ère, vivait à la cour d'Antigone Gonatas, où il se fit la réputation d'un gourmand, ὀψοφάγος (1). 
Ce poète est une des fleurs de la Couronne de Méléagre ; il y est symbolisé par la fleur ὄμμα βοός qui est le Βούφθαλμος, espèce de balsamine ou de camomille. La justesse de l'emblème ne saurait plus être appréciée, attendu que nous n'avons de ce poète qu'une seule épigramme ; et encore Planude l'attribue-t-il à Simonide, méprise qui en signale le mérite.
Cette épigramme, ὦ ἴτε Δήμητρος, IX, 147, au sujet d'un pont qui servait de passage pour aller aux mystères d'Éleusis ou à un autre temple de Cérès, nous apprend le nom d'un ingénieur des ponts et chaussées de l'antiquité, Xénoclès de Linde, compatriote d'Antagoras de Rhodes.
Linde, Camire et Ialise étaient trois villes de l'île de Rhodes que Pindare appelle τρίπολιν νῆσον (2). Cette île fut la patrie de Diognète, habile ingénieur et architecte ; de Panaetius philosophe stoïcien ; d'Andronic qui, au temps de Pompée, fit connaître à Rome les écrits d'Aristote, et de Polydore, Agésandre et Athénodore, trois sculpteurs, qui taillèrent d'un seul bloc de marbre le groupe de Laocoon ; enfin de ce Xénoclès dont je n'ai pu trouver le nom ailleurs, sinon dans Plutarque, qui parle d'un Xénoclès (3), architecte et contemporain de Périclès, Le poète Simonide, dans tous les cas, ne pouvait en parler, et l'attribution de Planude est erronée. 

(1) Athénée, Deipnos, Vlll, p. 340. 
(2) Olymp., VI, 35.
(3) Vie de Périclès, XIII.

ANTIGONE de Caryste, ᾿Αντίγονος Καρύστιος.

L'Anthologie nous a conservé une épigramme d'Antigone de Caryste, qui a vécu vers la fin de la période alexandrine sous Ptolémée Philadelphe. Il nous est de plus connu comme ayant écrit une vie ou un éloge en vers d'Antipater, un des généraux d'Alexandre; Athénée en cite quelques vers, dans son Banquet des savants (1).
Son épigramme
᾿Αργυρέη κρήνη, IX, 406, sur une grenouille tombée dans un cratère où il y avait de l'eau et du vin préparés, a été, par erreur sans doute, publiée dans le recueil de Planude, sous le nom de Épigone de Thessalie. Souvent imitée, elle a donné l'idée de petits poèmes, notamment de l'élégie de la Musca in lacte naufraga des Lusus allegorici du P. Sautel, et de l'ode anglaise, le Chat noyé dans un bocal, du célèbre Gray (1).

(1) Liv. III, p. 83.
(
2) On the death of a favourite cat drowned in a tub of gold fishes. 

ANTIMAQUE, ᾿Αντίμαχος.

Antimaque, de Claros, suivant Ovide et Cicéron, et de Colophon, suivant d'autres, florissait de 450 à 470 avant notre ère. Parmi ses ouvrages, on cita souvent une élégie érotique, intitulée Lydé, que les anciens vantent comme un chef-d'oeuvre, mais dont il ne nous reste que cinq ou six vers tous mutilés, et une Thébaïde dont nous avons, en fragments épars, une soixantaine de vers, reste précieux d'un poëme qu'on mettait en comparaison avec l'Iliade. L'empereur Hadrien lui donnait même la préférence sur ce chef d'oeuvre des épopées ; mais il est déjà bien assez honorable, le jugement de Quintilien (1), qui assigne à Antimaque le premier rang après Homère. Céphalas et Planude nous ont conservé de ce poéte une épigramme d'un tour vif et gracieux, qu'il composa à l'occasion d'une statue de Vénus armée : Τίπτε μάθων ἄτλητος, IX, 321. C'est une des plus jolies de leurs Anthologies. 

(1) Instit, orat. X, I, 63; In Antimacho vis et gravitas et minime vulgare eloquendi genus ....

ANTIOCHUS, ᾿Αντίοχος.

Antiochus est l'auteur de deux épigrammes, du genre sceptique ou railleur, Βήσας εἰ φρένας, XI, 422, et Ψυχὴν μὲν γράψας, XI, 412.
Fabricius soupçonne que l'épigrammatiste est le même qu'Antiochus d'Aeges, le Sophiste, dont Philostrate a esquissé la vie (1). 

(1) Vie des sophistes, II, 4.

ANTIPATER DE MACÉDOINE, ANTIPATER DE SIDON, ANTIPATER DE THESSALONIQUE.

Dans l'Anthologie de Planude (édit. de Wechel, 1600), il y a quatre-vingt-dix-huit épigrammes au nom des Antipater : deux sont attribuées à Antipater de Macédoine, ᾿Αντίπατρος Μακεδών, quatorze à Antipater de Sidon, ᾿Αντίπατρος Σιδώνιος, neuf à Antipater de Thessalonique, ᾿Αντίπατρος Θεσσαλονικεύς et il s'en trouve soixante-treize au compte d'Antipater sans autre désignation.
Dans l'Anthologie palatine le contingent d'épigrammes des Antipater est beaucoup plus considérable ; il est de cent soixante-neuf épigrammes ainsi réparties: quarante-quatre pour Antipater de Sidon, trente-six pour Antipater de Thessalonique, et quatre-vingt-neuf pour Antipater sans plus de désignation.
Celui-ci représente-t-il l'épigrammatiste macédonien, et dans quelle mesure ? C'est ce qu'on ne saurait dire. Les collectionneurs et les copistes n'ont pas avec assez de soin distingué les trois poètes du même nom ; et il en est résulté d'évidentes confusions dans le classement et les suscriptions de leurs petits poèmes.
Ce qui est certain, c'est qu'Antipater de Macédoine est le plus ancien des trois Antipater. Il vécut au siècle de Philippe, soit le père d'Alexandre le Grand, soit l'avant-dernier roi de Macédoine, père de Persée.
Antipater de Sidon lui est postérieur de plus d'un siècle et demi. Contemporain de Méléagre, il est une des fleurs de sa Couronne où il étale les couleurs d'un jeune troëne de Phénicie, φοίνισσάν τε νέαν κύπρον(v. 42). Dans le de Oratore, IlI, 50 et le de Fato, 2, Cicéron en parle comme d'un remarquable improvisateur, poeta qui poterat versus hexametros aliosque variis modis fundere ex tempore ; mais il manquait d'originalité et d'invention, se bornant à jouer en quelque sorte des variations sur des thèmes connus, et Jacobs a parfaitement raison de le qualifier de perpetuus Leonidae imitator. Pline, dans son Histoire naturelle (1), rapporte que tous les ans la fièvre le prenait le jour anniversaire de sa naissance, et que, sans avoir éprouvé d'autre maladie, il parvint à un âge fort avancé.
Ce même Antipater est nommé parmi les stoïciens ; mais nous ne le connaissons pour tel que par l'admiration qu'une de ses épigrammes exprime pour Zénon. Ce philosophe n'a pas, dit-il. transporté le Pélion sur l'Ossa. il n'a pas accompli les travaux d'Hercule ; mais il a trouvé la route de la vertu qui mène aux astres. Il eût été plus vrai d'en faire, un épicurien, car une pièce authentique, son épitaphe par Méléagre, ῾Α στάλα σύνθημα, VII, 428, nous apprend qu'il était adonné au vin et qu'il périt des suites d'une chute occasionnée par l'ivresse.
L'érudit Boivin (2) dit que les épigrammes de ce poète sont en dialecte dorique ; ce n'est pas entièrement exact : il y en a qui sont dans le dialecte ionien.
Antipater de Thessalonique, a succédé de près à son homonyme Antipater de Sidon : il vivait à la fin du dernier siècle avant l'ère chrétienne, ainsi que le prouvent les sujets mêmes qu'il traite : par exemple, ses épigrammes en l'honneur de Pison, L. Calpurnius Pison qui fit la guerre aux Besses et aux Thraces, l'an de Rome 743, les mentions de Nicopolis, ville fondée par Auguste après la bataille d'Actium, de l'expédition de cet empereur en Asie qui amena la soumission des Parthes, de l'athlète de Pergame Glycon dont parle Horace (3), du pantomime Pylade (4).
Reiske croit qu'il vécut. jusque sous l'empereur Caligula, que c'est lui qu'il désigne par ῾Ρώμας πάτρας ἔρυμα dans l'épigramme
Τέσσαρες αἰωροῦσι, IX, 59, et que le Cotys qu'il célèbre dans l'épigramme Ζηνὶ καὶ ᾿Απόλλονι, Anth. Plan., 75, est celui-là même que Caligula fit gouverneur d'Arménie.
On cite de lui notamment deux belles épigrammes sur Délos, Εἴθε με IX, 405, et
Κλεινὴν οὐκ, IX, 550, et une autre non moins belle, Τάσδε θεογλώσσους, IX, 26, sur les neuf poétesses lyriques de la Grèce.

(1) Hist, nat. VIII, 51.
(2)  Mém. de l'''Acad. des Inscrip et Belles Lettres, t. III.

(
3) Epist. I, 23, invicti rnembra Glyconis.
(4
)  Suétone, Augustus, 45.

ANTIPHANE, ᾿Αντιφάνης.

Antiphane de Macédoine est représenté dans l'Anthologie par onze épigrammes, sans qu'aucune nous mette sur la trace de sa famille ou de son époque. Sa patrie seule nous est révélée par l'ethnique Μακεδώνaccolé à son nom. Seulement nous savons qu'il vivait avant Philippe de Thessalonique, puisque celui-ci a mêlé à sa Couronne la fleur de ses poésies, et après Méléagre, qui s'en serait aussi fait honneur s'il avait pu les connaitre. Or nous savons que Philippe fut presque contemporain d'Auguste et que Méléagre lui est antérieur de près d'un siècle. C'est donc entre Méléagre et Philippe que se place la vie d'Antiphane.
Quoique la plus grande partie de ses épigrammes soit du genre sentencieux, il sait y mettre de la grâce ; à plus forte raison, là ou le genre le comporte mieux, comme dans l'épigramme à sa maîtresse Ino,
Αὐτή σοι Κυθέρεια, VI, 88.

ANTIPHILE, ᾿Αντίφιλος.

Antiphile de Byzance est un des épigrammatistes les plus féconds et les plus élégants. Il occupait une place d'honneur dans le recueil de Philippe, son contemporain, et il compte ainsi parmi les poètes du siècle d'Auguste. Nous avons encore cinquante de ses épigrammes. Quelques-unes ayant paru, faute d'avoir été bien comprises, s'appliquer à des faits et à des personnes d'une époque postérieure à l'Anthologie de Philippe, certains critiques, Reiske notamment, ont supposé qu'il y a eu plusieurs Antiphile.
L'un aurait vécu sous Auguste et Tibère, celui qui parle de la jetée construite par Agrippa dans le golfe de Pouzzoles (1).
L'autre aurait vécu sous Néron et Domitien, et serait l'auteur de l'épigramme
῾Ως πάρος ᾿Αελίου, IX, 178, où sont mentionnés les bienfaits de Néron envers l'île de Rhodes cruellement éprouvée par des tremblements de terre.
Le troisième aurait vécu sous Marcellus ou sous Gallien.
Quelle latitude ! mais il faut bien se la donner si l'on veut que l'Athénée de l'épigramme
Σῆμα δυωδεκάμοιρον, VII, 641, sur une horloge d'eau, ait été l'ingénieur qui construisait les machines de guerre de Marcellus au siège de Syracuse, ou s'il est celui que l'empereur Gallien employait à la restauration des villes de l'empire. Mais est-il nécessaire que l'Athénée qui fit placer l'horloge en ait été l'inventeur ? et d'ailleurs Athénée n'est pas un nom particulièrement rare.
Dans l'autre épigramme on peut voir au lieu de Néron l'empereur, Drusus Néron, le fils de Livie adopté par Auguste, et qui, lui aussi, fut un bienfaiteur des Rhodiens.
Ce qui est certain, c'est qu'il est plus facile de trouver un poète élégant et distingué comme Antiphile que d'en rencontrer trois.

(1)  Voir l'épigramme Εἰπὲ Δικαιάρχεια, VII, 379.

ANTISTIUS, ᾿Αντίστιος.

Antistius, dont l'Anthologie nous a conservé trois épigrammes, est peut-être cet Antistius Sosianus qui, exilé par Néron pour les vers qu'il avait composés contre lui, rentra en grâce auprès de ce prince par une infâme délation (1). Ses vers valent mieux que sa conduite, et le poète, quoique médiocre, l'emporte de beaucoup sur le citoyen.

(1). Tacite, Ann., XVI, 14.

ANTONIUS, ᾿Αντώνιος.

Cet Antonius ne nous est connu que par une seule épigramme, sur les ruines de Mycènes, ῾Η πρὶν ἐγώ,, IX, 102, trés belle sans doute, mais imitée de celle d'Alphée ῎Αργος, ὁμηρικὲ μῦθε, IX, 104.
L'épithète d'Argien, ᾿Αργεῖος, qu'on lui donne le distingue de son hemonyme Antonius Thallus, et encore est-on assez disposé à les confondre.

ANTONIUS THALLUS, ᾿Αντώνιος Θάλλος

Antonius Thallus ne nous est pas connu plus que le précédent ; nous n'avons également de lui qu'une seule épigramme; mais du moins elle est originale et touchante. Qui ne serait ému du sort de la jeune Cléonasse frappée de mort subite le jour même de ses noces, Δύδαιμον Κλέονασσα, VII, 188. Il y a là le sentiment qu'on trouve dans ces vers si sympathiques d'Ovide, Epist. VI, 41 : 

Non ego sum furto tibi cognita; pronuba Juno
Adfuit, et sertis tempora vinctus Hymen.
At mihi nec Juno, nec Hymen, sed tristis Erinnys 
Praetulit infaustas sanguinolenta f'aces.

ANYTÉ, ᾿Ανύτη.

Anyté de Tégée, une des poètesses lyriques dont s'honore l'ancienne Grèce, vivait 300 ans avant notre ère. Une légende (1) nous apprend qu'elle exerçait à Épidaure le ministère de χρησμοποίος, c'est-à-dire qu'elle versifiait les oracles d'Esculape. Nous n'avons qu'un très petit nombre de fragments des poésies de cette femme célèbre, et une vingtaine d'épigrammes qui se distinguent par une grande simplicité. Telle était l'estime ou plutôt l'admiration que son talent inspirait aux Grecs, qu'il lui fut élevé une statue, oeuvre d'Euthycrate et de Céphisodote (2). Ce qui nous reste de ses poésies suffit pour expliquer le symbole du lis sous lequel elle est figurée dans la Couronne de Méléagre, ᾿Ανύτης κρῖνα ; ce n'est pas assez pour justifier le bel éloge d'Antipater dans son épigramme Τάσδε θεογλώσσους, IX, 26, où elle est appelée un Homère; féminin, ᾿Ανύτης στόμα, θῆλυν ῞Ομηρου.
Il y a cependant quelque chose d'homérique, parce que la force y est unie à la grâce, dans l'épigramme sur la mort volontaire des trois jeunes Milésiennes outragées par des Galates, ᾿Ωχόμεθ' ὦ Μίλετε, VII, 492. En voici la belle traduction de Grotius:

Ah ! morimur, morimur, Miilete, nec impia probra 
Gallorum volumus, patria cara, pati.
Injicit hunc nobis ardorem barbaricus Mars,
Virginibus ternis, civibus, alma, tuis.
Non expectamus thalamum prolemque nefandam, 
Assertor casti corporis orcus erit.

(1) Voy. Pausanias, Φωνίκα  , 38. 
(2) Voy. Tatien, Orat. ad Graecos, 52, et Pline, Hist. nat., XXXIV, 8. 19.

APOLLINAIRE,  ᾿Απολλινάριος.

Nous avons deux ou trois épigrammes d'Apollinaire de Laodicée, probablement l'ami de Libanius et son correspondant.
L'Anthologie de Planude en a trois : la première contre un mauvais grammairien, Glycon, Γραμματικός ποτ' ὄνῳ XI, 399 ; la seconde contre ce rhéteur dont les panégyriques étaient plus fâcheux que les diatribes (1), ῎Αν μὲν ἀπόντα, IX, 421, et la troisième contre un banqueroutier ou mauvais payeur, Μέχρι τίνος πολύκαρπε, XI, 346.
Dans l'Anthologie de Céphalas, les deux premières seulement appartiennent à ce poète. La troisième, mechri tinos, est attribuée à Automédon.

(1)  Peut-étre n'est-il question que d'un de ces hommes décriés dont les éloges sont un blâme, et dont le blâme est un éloge.

APOLLONIDAS, ᾿Απολλωνίδας

Apollonidas de Smyrne, dont nous avons trente-deus épigrammes, a vécu sous les empereurs Auguste et Tibère, ainsi que le témoignent plusieurs de ses petits poèmes, notamment l'épigramme sur l'aigle qu'on aperçut dans le palais de Tibère à Rhodes, ῾Ο πρὶν ἐγὼ ῾Ροδίοισιν, IX, 287. Il est peut-être le même qui le critique qui, au récit de Diogène Laërte, IX, 109, dédia à Tibère un commentaire sur les silles de Timon. Il est vrai que cet historien lui donne Nicée pour patrie; mais Nicée et Smyrne ont pu, par leur voisinage se confondre; et quel meilleur commentateur du sillographe Timon qu'un poète ?

APOLLONIUS GRAMMATICUS, ᾿Απολλώνιος γραμματικός.

Cet Apollonius le grammairien est certainement le même I'Apollonius de Rhodes. Ce poète naquit selon les uns à Alexandrie, selon les autres à Naucratis vers l'année 230 avant notre ère. Se voyant poursuivi dans sa patrie par la jalousie des autres savants, il se rendit à Rhodes où il enseigna la rhétorique avec tant d'éclat et s'acquit un tel renom par ses écrits, que les Rhodiens lui accordèrent le droit de cité. Il vint à Alexandrie pour succéder à Ératosthène dans la direction de la bibliothèque de cette ville. Nous n'avons de ses nombreux travaux que ses Argonautiques, poème épique en quatre chiants, si remarquable par l'épisode des amours de Médée et de Jason, quelques scolies sur les poèmes d'Homère, et l'épigramme contre Callimaque, Καλλίμαχος τὸ κάθαρμα, XI, 275. Cette boutade violente et grossière contre un rival dont on dit qu'il était l'ennemi déclaré, l'épithète de γραμματικόςqui lui est généralement donnée par les anciens et qui le désigne dans des scolies, tout établit une identité évidente entre les deux Apollonius. Ce qui est moins douteux encore, c'est que l'épigramme est bien peu digne du poète, des Argonautiques.

ARABIUS SCHOLASTICUS, ᾿Αράβιος σχολαστικός.

Arabius le scolastique, dont nous avons sept épigrammes, est un poéte, très peu connu d'ailleurs, du règne de Justinien, 537-567 après J. C.; deux de ces épigrammes sont en l'honneur de Longin qui fut préfet de Constantinople et préfet excellent ; les cinq autres sont relatives à des oeuvres d'art, et à ce titre elles ont une réelle importance.

ARATUS, ῎Αρατος.

Aratus, de Soles en Cilicie, vécut à la cour de Ptolomée Philadelphe, 285-247 avant notre ère, et dans la constante intimiité d'Antigone Gonatas, le fils de Démétrius Poliorcète. Ce fut sur l'invitation du roi de Macédoine qu'il mit en vers les Phénomènes, ouvrage astronomique d'Eudoxe. Ce poème était estimé des anciens; il l'est encore des modernes. Quintilien accorde au poète de n'être pas resté au-dessous de son sujet: suffecit operi. Ovide lui assure une durée égale à celle des grands objets qu'il avait chantés : Cum sole et luna sernper paratus erit. Théocrite, son contemporain, le mentionne honorablement dans une de ses idylles (1). Cette mention, ces éloges il ne les eût pas obtenus, s'il n'avait fait que des épigrammes comme les deux que nous a conservées l'Anthologie, XI, 473 et XII, 129. 

(1)  ῎Αρατος δ' ὁ τὰ πάντα φιλαίτατος... Idyl., VI, 98. 

ARCÉSILAS, ᾿Αρκεσίλαος.

Arcésilas, philosophe grec, naquit à Pitane en Éolide, 316 ans avant notre ère. Il se rendit dans sa jeunesse aux écoles d'Athènes, où de disciple de l'Académie il en devint le chef, en succédant à Sosicrate. Il professa avec beaucoup de succès jusqu'à sa mort en l'année 241. Pour la vie pratique il se faisait une règle fondamentale d'admettre ce que la raison enseignait comme le plus probable ; et recommandant le scepticisme pour les vérités spéculatives, il fut regardé, à cause da ce double principe, comme le fondateur d'une nouvelle Académie, dite moyenne Académie. On n'a rien de ses écrits philosophiques ; mais ses doctrines qui ont pour base la vraisemblance et le doute, nous sont assez bien exposées par Diogène Laërte qui a été son biographe (1), par Cicéron, qui leur a consacré de belles pages (2), par Sextus Empiricus (3). Nous avons d'Arcésilas deux épigrammes, d'après lesquelles on peut affirmer, contrairement à sa doctrine, qu'il était un poète assez médiocre.

(1) Vie des Philosophes, IV, 6.
(2) Orat.. III, 18 ; Acad., I, 12 et II, 24. 

(3) Pyrohn, instit, I, p. 232.
 

ARCHÉLAUS,  ᾿Αρχέλαος.

Nous avons d'Archélaüs quatre épigrammes, l'une pour la statue d'Alexandre le Grand par Lysippe, Τολμὰν ᾿ΑλεξάνδρουAnth. plan., 120, qu'a recueillie Planude, les trois autres sur les merveilles d'histoire naturelle conservées par Antigone de Caryste et qui sont passées de son recueil d'histoires merveilleuses dans l'appendice de l'Anthologie, numéros 12,13 et 14. Ces épigrammes sont curieuses en ce qu'elles nous font connaître les idées des anciens sur les générations particulières des scorpions, des guêpes, etc.
Cet Archélaüs, qui vivait sous Alexandre et le premier Ptolomée, est quelquefois qualifié d'Égyptien, uniquement parce qu'il vivait en Égypte; car il était Grec comme les Callimaque, les Apollonius. Il est le même que l'Archélaüs des Déipnosophistes qu'Athénée (1) appelle  ὁ Χερρονισίτης, d'une ville d'Égypte, et auquel il attribue les ldiophyes τὰ ᾿Ιδιοφυῆ, ou les générations particulières, τὰ ᾿Ιδιοφυῆ ποίησας, dit-il. C'est de là que, sans doute, proviennent les épigrammes relatives à ces faits d'histoire naturelle que Virgile lui-même a accrédités (1). 

(1) Banquet des savants, IX, 409.
(2)  Géorgiques, IV, épisode d'Aristée.
 

ARCHIAS, ᾿Αρχίας.

Cicéron, dans son discours pro Archia, nous a transmis les principales circonstances de la vie de ce poète. A peine Archias était sorti de l'enfance, qu'il s'essaya dans l'art d'écrire. Antioche vit ses premiers succès. Né dans cette ville de Syrie, 119 ans avant notre ère, il éclipsa de bonne heure ses rivaux par l'éclat de ses talents. Bientôt les autres contrées de l'Asie et de la Grèce se disputèrent l'honneur de le posséder et de l'entendre. Alors florissaient dans toute l'Italie les sciences et les arts de la Grèce. Aussi Tarente, Rhége, Naples, s'empressèrent d'accorder à Archias, avec le droit de cité, tous les privilèges qui en dépendent. Âgé de moins de dix-sept ans, mais précédé de la plus brillante réputation, il vint à Rome sous le quatrième consulat de Marius (1). La maison des Lucullus l'y accueillit ; et ce qui fait l'éloge de son caractère et de ses vertus, c'est au sein de cette même famille qu'il parvint à la vieillesse, honoré de l'amitié des plus illustres personnages de la république. A vingt-sept ans, Archias suivit en Sicile Lucius Licinius Lucullus, et en revint avec lui par Héraclée. Comme cette ville tenait le premier rang parmi les villes fédérées, il désira d'y être inscrit au nombre des citoyens. Ce fut sans peine qu'il obtint cette faveur. C'est alors sans doute que, par reconnaissance pour son illustre patron, il prit le nom de Licinius, et se fit appeler Aulus-Licinius Archias. Trois ans après, il fut porté une loi qui accordait le titre et les droits de citoyen romain à tous ceux qui, inscrits sur les registres civiques d'une des villes fédérées, auraient leur domicile en Italie, et feraient, dans le délai de soixante jours, leur déclaration au préteur. Archias fit sa déclaration et devint citoyen romain. Il partit l'année suivante pour l'Asie avec le même Lucullus, nommé questeur, et y resta sept ans. Il l'accompagna encore dans la guerre contre Mithridate (2). Depuis vingt-huit ans il jouissait du droit de cité romaine, lorsqu'un de ses ennemis lui contesta son titre. L'affaire fut portée devant le prêteur Q. Cicéron, frère du grand orateur; celui-ci défendit Archias son maître et son ami, et il est probable qu'il gagna la cause. On ignore la suite de la vie de ce poète, mais on sait qu'il paya la généreuse adoption de Rome en célébrant ses grands hommes et ses victoires. La guerre Cimbrique, la guerre de Mithridate, l'éloge de Roscius, le consulat de Cicéron sont ses principaux ouvrages ; mais le temps ne nous en a rien laissé que les titres. Ce serait une perte peu regrettable s'il en fallait luger par les trente-cinq épigrammes recueillies et conservées dans les Anthologies de Planude et de Céphalas. Les seules vraiment saillantes sont : sur un sanglier de Calydon en bronze (3) ; sur une statue de Priape élevée près du Bosphore de Thrace (4), sur une hirondelle qui avait fait son nid dans un tableau de Médée (5); sur Diogène le Cynique, voulant passer l'Achéron (6). Le reste est faible d'idée, de style, et sans originalité. Archias pourtant jouissait à Rome d'une réputation immense comme poète ; c'est que sans doute il y était regardé comme le panégyriste de la gloire nationale. Cicéron lui-même, chanté par Archias, a pu s'abandonner aux illusions de la reconnaissance et de la vanité. Assurément sans le plaidoyer prononcé pour sa défense, et qui renferme la plus belle apologie de la poésie et des lettres, la mémoire du poète d'Antioche serait presque oubliée, et chose assez remarquable, c'est à Cicéron qui lui-même fondait sur les vers d'Archias ses espérances d'immortalité, que ce poète doit toute sa gloire.
De l'introduction au discours pro Archia par M. Victor Leclerc, nous extrayons un passage où se révèlent le goût, le talent du spirituel et savant traducteur de Cicéron, où surtout Archias est apprécié à sa juste valeur.
Archias se montre de temps en temps le digne successeur de Léonidas, d'Antipater et de Méléagre. Il a peu d'invention, et il copie ses devanciers; mais on lui accorde l'élégance et la pureté du style. Ce n'est pas une chose aisée de donner une idée de ces petites compositions ; presque toutes, formées d'idées communes, et ne valant que par le choix et l'arrangement des mots, échappent au traducteur dont la langue ne peut pas toujours rendre ce luxe d'harmonie et ce calcul de syllabes. J'essayerai cependant quelques imitations.

Hercule vainqueur du lion, Μηκέτι ταυροβόροιο, Planude, 94. 
Habitants de Némée, enfin des jours plus doux 
Dans le calme et la paix vont s'écouler pour vous. 
Le lion, qui longtemps désola ce rivage, 
Exhale aux pieds d'Alcide une impuissante rage. 
Allez, pasteurs; rendez à la voix des échos 
Le bruit de vos chansons, les bonds de vos troupeaux. 
Et toi, dont les mortels bénissent la victoire, 
Que Junon te contemple et pardonne à ta gloire.

Ces souvenirs mythologiques, trop commodes pour une imagination paresseuse, font quelquefois place, dans les épigrammes d'Archias, à des idées morales énergiquement exprimées.

῞Εκτορι μὲν Τροίη, VIII, 139. 
Hector tomba ; Pergame oublia la victoire. 
Alexandre n'est plus ; Pella pleure sa gloire. 
Un héros de son peuple est l'honneur et l'appui ; 
Le héros disparaît et son peuple avec lui.

Ailleurs, c'est une petite scène philosophique déjà saisie par d'autres poètes ; mais dans le texte l'imitateur a peut-être surpassé ses modèles.

῎Αιδος ὦ νεκυηγέ, VIII, 68.
Nocher des morts, toi que charment les pleurs, 
Toi qui nous fais passer le fleuve des douleurs, 
Quoique ta barque semble pleine, 
Diogène t'attend ; prends aussi Diogène. 
Tiens, voici mon bâton, mon manteau, ma besace;
J'ai même une obole pour toi ; 
Mais c'était tout mon bien, et chez l'humaine race 
Je ne laisse rien après moi.

"Combien de fois, dit Cicéron en parlant d'Archias, l'ai-je vu exprimer les mêmes choses en changeant les mots et les phrases ! " C'est là un bien petit mérite. Il nous reste un exemple de cette facilité. 

Offrandes à Pan, Τρίζυγες οὐφεσίοικε, VI, 16, 179, 180, 181. 
Trois frères, trois chasseurs, que l'amitié rassemble 
Sont venus, ô dieu Pan, te consacrer ensemble 
Les instruments de leurs travaux  :
Pigrès, les lacs trompeurs où tombent les oiseaux ; 
Damis, ses toiles redoutables ; 
Et Clitor, les filets qu'il lança sur les eaux.
Daigne, ô dieu Pan, leur rendre favorable 
L'air, la terre et les flots.

Croirait-on que le poète a la patience de rendre cette même idée de quatre manières différentes, dans quatre épigrammes consécutives, où il abuse des synonymes de la plus riche des langues pour rebattre ces frivolités ? Telle était donc alors cette nation qui avait produit Homère et Alexandre ! Virgile naissait. Cicéron disputait à Athènes la palme de l'éloquence, César songeait à l'empire du monde, et le Grec oisif cherchait des paroles pour ne rien dire.

(1) 103 ans av. J. C. 
(2) 75 ans av. J. C.
(3)  Anth.plan. 94. 
(4) Anth. palat, X, 7. 

(5) IX, 346. 
(6) Vlll, 68.

ARCHILOQUE, ᾿Αρχίλοχος.

Archiloque, de Paros, poète ionien, vivait au septième siècle avant notre ère. Il figure dans la Couronne de Méléagre sous l'emblème de l'euphorbe épineuse, εὐφόρβης σκολιότριχος ἄνθος ἀκανθές, image de son caractère âpre et méchant. Malheur à qui lui déplaisait ! Sa passion pour la satire allait si loin, que lorsqu'il était las de décrier ses ennemis et même ses amis, il se décriait lui-même. C'est ainsi qu'il divulgua par une épigramme sa lâcheté dans les combats, et ailleurs la bassesse de sa naissance. Aussi fut-il réduit à s'expatrier, à changer souvent de pays, délaissé de tout le monde et réduit à la misère. Un prix de musique et de poésie qu'il remporta aux jeux olympiques le réconcilia avec ses compatriotes fiers de sa gloire. Il revint dans sa patrie, mais il ne tarda pas à s'y créer de nouvelles inimitiés. On répondit à ses sarcasmes par un coup de poignard.
Quand on n'eut plus à le craindre, on rendit justice à ses oeuvres ; elles furent glorifiées, et l'on mit Archiloque au niveau d'Homère. Combien il est à regretter que nous n'ayons de ses nombreuses poésies (1) que des fragments et deux épigrammes !.

(1) Si nombreuses que Méléagre les compare à l'océan, μικρὰς στράγγας ἀπ' ὠκεανοῦ

ARCHIMÈDE, ᾿Αρχιμήδος.

L'Anthologie (codex vaticanus ) attribue à un poète entièrement inconnu, nommé Archimède, une épigramme assez belle en l'honneur d'Euripide, τὴν Εὐριπίδεω, VII, 50. Brunck et Jacobs l'ont mise sous le nom d'Archimèle.
M. Schoell, dans son Histoire de la littérature grecque (1) classe cet Archimède parmi ceux qui écrivirent sous le quatrième et le cinquième Ptolémée, 201-190 avant notre ère. 

(1) Tome III, p. 132. 

ARCHIMÈLE, ᾿Αρχίμηλος.

Athénée, après nous avoir donné (1) une description détaillée (2) de la galère magnifique que fit construire le roi Hiéron II, et sur laquelle il envoya en Égypte soixante mille médimnes de froment, dix mille barriques de viande salée, vingt mille talents pesant de laines et autant d'autres marchandises, rapporte l'épigramme (3) que le poète Archimèle fit sur ce bâtiment. Hiéron récompensa le poète par un présent de mille médimnes de grain. C'est tout ce que nous savons d'Archimèle.

(1)  Dans le Banquet des savants, V , p. 209. 
(2) Voy. Maxime de Tyr, Dissert. 1, 3. 

(3) 
Τίς τόδε σέλμα, Appendix, 15.

ARÉTHAS, ᾿Αρέθας.

Nous n'avons que trois épigrammes d'Aréthas, XV, 32, 33, 34, qualifié de διάκονος, diacre. On dit cependant qu'il fut archevêque de Césarée en Cappadoce, vers l'an 920. Du reste, sa vie et ses services nous sont inconnus.

ARGENTARIUS, ᾿Αργεντάριος.

L'Anthologie a recueilli de Marcus Argentarius trente-sept épigrammes, dont plusieurs sont du genre érotique, et décèlent un esprit élégant et fin. Dans quelques-unes il joue assez plaisamment sur des mots, par exemple dans les épigrammes, Ποιεῖς πάντα, V, 32 ; ᾿Αντιγόνη Σικέλη πάρος, V, 63 ; ᾿Αντιγόνην ἔστεργες, XII 320 ; ῾Ησιόδου ποτέ , IX, 161 ; Κωμάζω, IX, 270; ᾿Εθραύσθης, IX, 246. Dans aucune des épigrammes de ce poète il n'y a d'indice qui nous fasse entrevoir son pays, son époque, sa famille. Reiske cependant se hasarde à croire qu'il est ou l'Argentarius que mentionne plusieurs fois Sénèque dans ses Suasoria, ou le Marcus de Byzance qui, d'après Philostrate, Vie des Sophistes, florissait sous l'empereur Hadrien.

ARISTIDE, ᾿Αριστείδης.

Aelius Aristide, de Mysie, célèbre par de longs voyages et par son éloquence, a vécu sous l'empereur Hadrien et sous les Antonins. Il a imité les grands modèles des temps anciens, et dans son argumentation il y a de la richesse, de la force et de la clarté. On a de cet habile et fécond rhéteur un discours contre Leptine, cinquante-quatre déclamations et une théorie de l'éloquence. Lui-même nous apprend qu'il était aussi poète, et l'épigramme σέλμα Ποιητὴς, ἄθλων τε βραβεύς, Appendice, 301, ne le dément pas. 

ARISTOCLÈS, ᾿Αριστοκλῆς.

Nous n'avons d'Aristoclès qu'une seule épigramme, Δάματερ πολύκαρπε, Appendice, 8, que nous a conservé Élien (1). Cet Aristoclès est-il le grammairien qui a vécu sous Auguste ? Est-il le rhéteur qui florissait sous Trajan et Hadrien, et dont Philostrate (2) a écrit la vie, ou bien l'écrivain d'Alexandrie, auteur d'un livre Περὶ χορῶν, que loue Athénée, etc.? Nous n'en savons rien. Nous ne savons pas davantage quel est le traducteur qui a mis cette épigramme en assez bons vers latins.

O faecunda Ceres, siculas veneranda per oras,
Cecropiosque agros ! hoc ego praecipue
Miror, in Hermione quod magno robore taurum,
Quemque viri possent vix domuisse decem,
E grege deductum sola aure adducit ad aram
Sancta tibi mulier; qui puer ut sequitur.
Haec tua vis, Ceres, est ; tu nobis esto benigna,
Per teque Hermione laeta beata fuat.

(1) Hist des animaux, XI, 4.
(2)  Vie des sophistes, II, 3. 

ARISTODICUS, ᾿Αριστόδικος.

Aristodicus a dans l'Anthologie deus épigrammes, VII, 189 et 478. L'une est sous le nom d'Aristodicus de Rhodes. Ce poète n'a pas laissé d'autres souvenirs que ces deux épigrammes et son nom.

ARISTON, ᾿Αρίστων.

Sous le IVe et le Ve Ptolémée, 222-181 avant notre ère, vivait Ariston de Céos, le philosophe Péripatéticien, qui est probablement l'auteur des trois épigrammes qui se trouvent dans l'Anthologie sous le nom d'Ariston, sans désignation particulière. Ces épigrammes, VI, 303 et 306 ; VII, 457, agréablement versifiées, mais sans originalité, semblent des réminiscences de Philippe et de Léonidas et peu dignes d'un philosophe. Aussi doit-on douter de l'attribution.

ARISTOTE, ᾿Αριστοτέλης.

Aristote, né à Stagire en Macédoine, l'an 284 avant notre ère, disciple de Platon et chef de l'école péripatéticienne, qui jouit d'une si glorieuse célébrité comme philosophe, est à peine connu comme poète.
Pour apprécier le philosophe, pour se faire une juste idée de l'immensité de son génie. de son admirable méthode, de sa science presque universelle ce sont ses oeuvres mêmes qu'il faut lire et étudier. A défaut de cette étude et peut-être aussi pour la mieux faire, il est bon de lire la vie d'Aristote dans Diogène Laërte, digne à peine d'être son biographe ; l'article Aristote dans la Biographie universelle, par Georges Cuvier, son légitime historien ; celui du savant M. Guigniaut dans l'Encyclopédie des gens du monde, et l'article du Dictionnaire des Sciences philosophiques {Paris, Hachette, 1844) (1).
Comme poète, Aristote a droit aussi à notre admiration, mais à un beaucoup moindre degré que comme philosophe et moraliste. Le temps qui a détruit plusieurs de ses traités a été plus impitoyable encore pour ses poésies ; il ne nous reste de lui qu'un hymne à la Vertu (2), une épigramme sur le meurtre d'Hermias (3), et le Péplos (4). On y trouve, le Péplos excepté, ce qui constitue le poète, une imagination brillante, un cœur passionné, un style qui a de l'éclat et de la grandeur.
Ce n'est pas sans de bonnes raisons que le Péplos a été attribué par des critiques à un autre Aristote que le Stagirite.

(1) Voir aussi un excellent article de M. Boissonade sur Aristote, considéré surtout comme poète, dans le recueil récemment publié sous le titre de Critique littéraire, tome I, p. 67. 
(2)
᾿Αρετὰ πολύμοχθε, p. 520 des Poetae lyrici de Bergk ; p. 26 de Lyrici graeci de Boissonade. 
(3)
Τόνδε ποτ' οὐχ ὁσιώς, Appendix, 8. 
(4)
Τόνδ' ἐπὶ Κηφίσῳ, Appendix, 9. 

ARTÉMIDORE, ᾿Αρτειμίδωρος.

Nous avons d'Artémidore le grammairien deux épigrammes, dont l'une est quelquefois mise sous le nom de Théocrite, ῎Αλλος ὁ Χῖος, IX, 434 ; ce qui est assez honorable, et nous fait regretter qu'on n'ait pas recueilli plus de ses poésies. C'eût été justice de faire pour lui ce qu'il a fait pour le poéte de Syracuse, dont il a réuni les idylles éparses dans un recueil, comme on rassemble des brebis dans un seul bercail, ainsi qu'il l'a dit élégamment, IX, 205, Βουκολικαὶ Μοῦσαι σποράδες.
Ce grammairien ayant été un des plus remarquables disciples d'Aristophane, l'illustre grammairien d'Alexandrie, est quelquefois qualifié d'Aristophanéen, ᾿Αριστοφάνειος (1).

(1) Athénée, V, p, 182, et IX, p. 387. 

ARTÉMON, ᾿Αρτέμων.

D'Artémon il nous reste deus épigrammes qui se trouvent dans la Muse de Straton, 55 et 124, l'une et l'autre sur Échédème. Il y a dans la bibliothèque grecque de Fabricius (1) onze Artémon. Reiske croit que l'épigrammatiste est ᾿Αρτέμων ὁ μελοποίος contemporain d'Aristophane et que mentionne le poète (2) ; d'autres croient qu'il est l'Artémon de Cassandrée, postérieur à la cent seizième olympiade (315 avant J. C.), époque où Cassandrée (3) fut le nom substitué à Potidée de la Chalcidique.

(1) P. 112 du t. II, édit. Harles. 
(2) Dans les Acharniens, v. 850. 
(3) Voy. Diodore de Sicile, XIX, 52, et Tite Live, XLIV, 11. 

ASCLEPIADE, ᾿Ασκληπιάδης.

Une quarantaine d'épigrammes de l'Anthologie qui portent le nom d'Asclépiade ne sont pas toutes du même auteur.
Il y en a d'Asclépiade de Samos, le devancier ou le contemporain de Théocrite, de celui qu'il appelle, Idylle VII, 40, τὸν ἐσθλὸν Σικελίδαν τὸν ἐν Σάμῳ, l'illustre Sicilien de Samos, probablement parce qu'il était né à Samos d'un père sicilien, dit Schoell. Cette explication est inexacte. Il est plus probable que cet Asclépiade s'appelait aussi Sicélidas, et qu'il était Saurien. Le scoliaste de Théocrite se trompe également en disant qu'il était fils de Sicélidas. On ne formait pas de patronymique d'un patronymique; quand on voulait exprimer la filiation d'un homme dont le père portait déjà un nom de cette sorte, on se contentait de lui donner ce nom (1). C'est sous ce même nom de Sicélidas que cet Asclépiade se trouve dans l