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 Athénée : les deipnosophistes 

De l'amour

Livre XIII

texte français seul mis en page par Philippe Renault

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Isocrate et Lysias +  Metaneira + Lagis + Naïs (Laïs)

 

62. ᾿Αλλὰ μὴν καὶ ᾿Ισοκράτης ὁ τῶν ῥητόρων αἰδημονέστατος Μετάνειραν εἶχεν ἐρωμένην καὶ καλὴν, ὡς Λυσίας ἱστορεῖ ἐν ταῖς ᾿Επιστολαῖς. Δημοσθένης δ' ἐν τῷ κατὰ Νεαίρας τὴν Μετάνειραν τοῦ Λυσίου φησὶν ἐρωμένην εἶναι. ῞Ηττητο δἐ καὶ ὁ Λυσίας Λαγίδος τῆς ἑταίρας, ἧς ἔγραψεν ἐγκώμιον Κέφαλος ὁ ῥήτωρ · καθάπερ καὶ ᾿Αλκιδάμας ὁ ᾿Ελαίτης ὁ Γοργίου μαθητὴς ἔγραψεν καὶ αὐτὸς ἐγκώμιον Ναίδος τῆς ἑταίρας. Τὴν δὲ Ναίδα ταύτην Λυσίας ἐν τῷ κατὰ Φιλωνίδου βιαίων, εἰ γνήσιος ὁ λόγος, ἐρωμένην φησὶ γενέσθαι Φιλωνίδου γράφων ὧδε· « στιν οὖν γυνὴ ἑταίρα Ναὶς ὄνομα, ἧς ᾿Αρχίας κύριός ἐστιν, ὁ δ' '῾Υμέναιος ἐπιτήδειος, ὁ Φιλωνίδης δ' ἐρᾶν φησι. » Μνημονεύει αὐτῆς καὶ ᾿Αριστοφάνης ἐν τῷ Γηρυτάδῃ. Μήποτε δὲ κἀν τῷ Πλούτῳ ἐν ῷ λέγει·
ρᾷ δὲ Λαὶς οὐ διὰ σὲ Φιλωνίδου;
Γραπτέον Ναὶς καὶ οὐ Λαίς. ῞Ερμιππος δ' ἐν τῷ περὶ ᾿Ισοκράτους προβαίνοντά φησι τῇ ἡλικίᾳ τὸν ᾿Ισοκράτη ἀναλαβεῖν Λαγίσκαν τὴν ἑταίραν εἰς τὴν οἰκίαν, ἐξ ἧς καὶ γενέσθαι αὐτῷ θυγάτριον. Μνημονεύει δ' αὐτῆς Στράττις ἐν τούτοις·
Καὶ τὴν Λαγίσκαν τὴν ᾿Ισοκράτους παλλακὴν
ἰδεῖν με συκάζουσαν εὐναίαν ἔτι,
τόν τ' αὐλοτρύπην αὐτόν... 

Καὶ Λυσίας δ' ἐν τῷ κατὰ Λαίδος, εἰ γνήσιος ὁ λόγος, μνημονεύει αὐτῆς, καταλέγων καὶ ἄλλας ἑταίρας ἐν τούτοις. « Φιλύρα γέ τοι ἐπαύσατο πορνευομένη [καὶ] ἔτι νέα οὖσα καὶ Σκιώνη καὶ ῾Ιππάφεσις καὶ Θεόκλεια καὶ Ψαμάθη καὶ Λαγίσκα καὶ ῎Ανθεια καὶ ᾿Αριστόκλεια.  »

62. Encore un exemple fort évocateur : Isocrate, le plus austère des orateurs eut, lui aussi, une maîtresse, Métaneira, qu'il faut ajouter à la liste à Lagisca : Lysias nous le confirme dans ses Lettres.

Toutefois, Démosthène, dans son Discours contre Néairéa, prétend que Métaneira avait une liaison avec ce même Lysias qui dut, en outre, subir la courtisane Lagis, pour laquelle l’orateur Céphalos composa un panégyrique, comme fit Alcidamas d'Élée, le maître de Gorgias, auteur d'un panégyrique de la courtisane Naïs.

Lysias nous parle de cette Naïs, dans le Discours contre la violence de Philonidès, (si cette œuvre est authentique), précisant qu'elle fut la maîtresse de Philonidès. Voici ce qu'il dit :

 

« Ensuite, il y a une femme portant le nom de Naïs, courtisane de son état, dont le gardien est Archias, dont Hyménéos est l’intime, et dont Philonidès se veut l'amant. » 

 

Aristophane la mentionne dans son Gérytadès. Et peut-être aussi dans son Ploutos, pièce dans laquelle il écrit :


« N’est-ce-point à cause de vous que Laïs aime Philonidès? »

Il suffirait d'écrire « Naïs » au lieu de « Laïs ». Hermippos, dans son livre sur Isocrate, indique que cet orateur, ayant atteint un âge canonique, fit entrer la courtisane Lagisca dans sa maison, et qu'il eut d’elle une fille. Strattis fait mention de cette femme dans ces lignes :  

« J'ai vu Lagisca, la concubine d'Isocrate, qui me chatouillait les noisettes, en même temps qu'elle caressait l'homme aux flûtes (Isocrate). » 

Lysias, dans le Discours contre Laïs, (s’il est bien de lui !), la nomme avec d'autres courtisanes : 

 

« Philyra a cessé de se prostituer quoiqu'elle fût encore jeune ; même chose pour Scioné, Hippaphésis, Théocléia, Psamathé, Lagisca, Anthéia, et Aristocléia. »

 

ISOCRATE

Isocrate est né en 436, dans une famille aisée. Il reçoit une éducation soignée et devient l'élève du sophiste Prodicos, puis du vieux Gorgias.
Il revient à Athènes en 400 et se fait logographe, c'est à dire qu'il compose des discours judiciaires. Puis, en 393, il ouvre une école d'éloquence. C'est alors qu'il écrit plusieurs de ses discours remarquables, comme modèles pour son enseignement.
Il composa, à plus de quatre-vingt ans le discours "Sur l'échange", pour se défendre d'une accusation dans une affaire de triérarchie. Il atteignit l'âge de quatre vingt dix sept ans. La tradition veut qu'il se soit laissé mourir de faim après la bataille de Chéronée.

LYSIAS (440 - 360)

Son père Képhalos vient de Syracuse en Thessalie, et décide de s'installer à Athènes sous l'influence de Périclès, quelques temps après la naissance de Lysias. C'est un riche métèque qui contribue à la prospérité de la cité par le commerce, par sa fabrique de boucliers. En effet les métèques ne sont pas des citoyens, de ce fait ils ne mènent pas de vie politique, mais sont au cœur de la vie économique de la cité.
Âgé d'une quinzaine d'années (425), Lysias se rend à Thourioi, en Grande Grèce au sud de l'Italie, colonie récente fondée par Athènes, dont il devient citoyen. Malheureusement l'échec de l'expédition de Sicile (415-413) amène suspicion et accusations. Soupçonné d'être partisan d'Athènes, Lysias se voit contraint d'abandonner sa cité d'adoption. De retour à Athènes, il fonde une école de rhétorique.
L’expédition de Sicile se déroule dans le cadre de la guerre du Péloponnèse (431 – 404) qui oppose Athènes à la ligue du Péloponnèse, c’est-à-dire Sparte, Corinthe, Mégare, Thèbes… Cette guerre provoque une division intérieure de la cité d’Athènes : l’Athènes urbaine veut poursuivre le conflit, alors que l’Athènes paysanne, elle, ne supporte plus de voir ses champs détruits. Mais la force athénienne prenait plus appui sur sa flotte et sa maîtrise des mers, que sur sa productivité agricole. Le courant antidémocratique prend alors de l’ampleur. 
Se met en place le régime oligarchique des Trente (404-403). Les métèques sont pris comme boucs émissaires, soi-disant responsables des maux de la cité. Son frère Damnippe est arrêté par Ératosthène, et forcé à boire la ciguë. Lysias, sain et sauf, et s'exile à Mégare. Là il fait la rencontre de Thrasybule et entre, presque malgré lui, dans la résistance, la lutte pour la démocratie.
En 401 a lieu la mise en accusation d'Ératosthène par Lysias. Ce dernier, n'ayant obtenu que l'isotélie et non la citoyenneté, n'est pas autorisé à mener l'accusation au nom de la cité, mais uniquement en tant que particulier. Il tâchera pourtant de donner le plus d'ouverture possible politique à son chef d'accusation, en amenant ses jurés à s'interroger sur leurs propres souffrances. Il est peu probable que des charges aient été retenues.
Tous ses biens ayant été pillés sous les Trente et non restitués, Lysias devient logographe. Il compose des plaidoiries pour les citoyens amenés pour diverses raisons à avoir à débattre dans un procès. Contre Ératosthène fut le seul qu'il prononça lui-même.
Lysias fut un brillant orateur qui servit de modèle durant toute l'Antiquité.

http://www.chez.com/olympos/Grece/lysias.htm

Démosthène : DISCOURS CONTRE NEREA : (sur le site nimispauci)

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