Cicéron, Académiques

 

CICÉRON

ŒUVRES COMPLÈTES DE CICÉRON AVEC LA TRADUCTION EN FRANÇAIS PUBLIÉE SOUS LA DIRECTION DE M. NISARD PROFESSEUR D'ÉLOQUENCE LATINE AU COLLÈGE DE FRANCE.  - TOME TROISIÈME - PARIS, J. J. DUBOCHET, LE CHEVALIER ET COMP., ÉDITEURS, RUE RICHELIEU, N° . .

TOME III.

NOTES SUR LES PHILIPPIQUES.

 

 

ŒUVRES

COMPLÈTES



DE CICÉRON,


AVEC LA TRADUCTION EN FRANÇAIS,

PUBLIÉES

SOUS LA DIRECTION DE M. NISARD,

PROFESSEUR D'ÉLOQUENCE LATINE AU COLLÈGE DE FRANCE.
 

TOME TROISIEME






PARIS,


J. J. DUBOCHET, LE CHEVALIER ET COMP., ÉDITEURS,
RUE RICHELIEU, N° .60

1848

 

 

NOTES SUR LES PHILIPPIQUES.

PREMIERE PfllLIPPlQUE.

I. In œdem Telluris convocati sumus. Antoine avait choisi ce temple, qui était voisin de sa maison, au lieu de la salle du sénat, qui se trouvait au-dessous du Capitole, où s'étaient retirés les meurtriers de César.

Nihil tum ïn C. Cœsaris commentariis reperiebatur. Après la mort de César, Antoine s'était emparé de ses registres ; et il en tirait, sous le titre d'actes de César, toutes les lois dont il croyait avoir besoin.

Unum aiebat. Sextus Clodius, condamné et exilé, pour avoir fait brûler le corps du fameux Clodius dans la place publique, et mis le feu à la salle du sénat.

II. Uncus. Bâton armé d'un fer recourbé avec lequel on traînait les criminels dans le Tibre. L'esclave dont il est parlé se disait fils de Marius, et avait pris son nom.

Illius exsecratœ columnœ. La multitude avait érigé en l'honneur de César une colonne massive, haute de vingt pieds, avec cette inscription : Au père de la patrie. Elle s'y assemblait tous les jours, y faisait des sacrifices, etc.

Jus legationis liberum. C'est-à-dire, qui n'avait point de ressort déterminé, point de province où elle pût exercer son pouvoir. On donnait deux licteurs à ceux auxquels on ne décernait ces légations que pour qu'ils pussent terminer en sûreté leurs affaires propres.

III. Edictum Bruti et Cassii. Cicéron ne dit pas ici, et on ne sait pas d'ailleurs ce que portait cette déclaration de Cassius et Brutus, qui loue deux étaient préteurs. On ignore aussi quelle était la harangue d'Antoine, dont il est parlé un peu plus haut.

IV. Ibi velle tuto esse, ubi ille Brutus non posset. Comme les esprits du peuple étaient fort animés contre Brutus et Cassius, le sénat, pour les soustraire au péril, les chargea du soin des approvisionnements de Rome, en les dispensant des lois qui ne permettaient pas aux préteurs d'être absents de la ville plus de dix jours.

L. Pisonis oratio. Lucius Pison, beau-père de César, qui, sans doute, avait parlé contre Antoine avec beaucoup de force et de courage. C'est ce même Pison contre qui Cicéron avait fait, en 698, une si sanglante invective.

Nonnullo ejus officio. Antoine, après la bataille de Pharsale, envoyé avec des légions en Italie, pour empêcher les partisans de Pompée d'y rentrer, trouva à Blindes Cicéron, qui n'avait pas encore obtenu sa grâce de César. Il l'épargna, et bientôt Cicéron reçut de César un sauf conduit, qu'on prétend avoir été rédigé dans ces termes : « M. T. Ciceronem, ob egregias ejus virtutes, et singulares animi dotes, per totum orbem nostris armis virtuteque perdomitum, salvum et incolumem esse jubemus. »

V. Coguntur enim non pignoribus. Les consuls pouvaient exiger des gages des sénateurs, ou leur imposer une amende pour les obliger de venir au sénat.

VI.. Unus modo consularis. Lucius Pison.

VIII. Pecunia utinam. Les sept cents millions de sesterces dont il est parlé dans la Philippique suivante.

VIII. Hac lege sublata. Antoine renchérit sur la loi de César en taisant proposer par deux tribuns, qu'on pourrait posséder les provinces prétoriennes pendant deux ans, et les consulaires pendant six. César avait réduit à deux les classes ou décuries de juges, celle des sénateurs et celle des chevaliers ; il avait supprimé la classe des tribuns du trésor. Antoine établit une troisième classe ou décurie, composée des centurions et des simples soldats de la légion Alaudienne.

VIII. Quicumque equo meruisset. On servait avec un cheval à soi, quand on n'avait pas un revenu suffisant pour être chevalier romain ; et ce service était plus distingué que celui de centurion : on servait avec un cheval fourni par l'État, quand on avait assez de revenu pour être de l'ordre équestre.

Legione alaudarum. Elle était composée de Gaulois d'au delà des Alpes, à qui César avait accordé le droit de cité. On les appelait Alaudes, parce qu'ils portaient, dit-on, sur leurs casques, une alouette d'airain, ou simplement des aigrettes très-élevées. Alauda était un mot gaulois; les Latins disaient, galerita et cassita.

XII. Expiato foro. En renversant la colonne de César.

XIII. Depositis inimicitiis. Antoine s'était opposé à la nomination de Dolabella, en annonçant des auspices contraires ; il avait refusé de le reconnaître pour consul ; mais il changea à la mort de César, et il le reconnut pour son collègue.

XV. Apollinarium ludorum. Ces jeux avaient été donnés au nom de Marcus Brutus, préteur de la ville y absent de Rome.

Attio. Attius, dont on représentait la pièce, intitulée Brutus, composée il y avait soixante ans.

Tam caram vitam Hirtii. Aulus Hirtius, consul désigné. Étant tombé dangereusement malade, tout le peuple fit des vœux pour son rétablissement.

DEUXIÈME PHILIPPIQUE.

I. Libertini generum. Cet affranchi était Q. Fadius, qu'on a surnommé Bambalio, parce qu'il bégayait.

Me augurem a toto collegio expetitum. Cicéron fut nommé Tan 700, sous le consulat de Domitius Calvinus et de Valérius Messalla. Il succéda au jeune Crassus, qui périt dans la guerre contre les Parthes. Il réunit toutes les voix.

IV. At ego tuas litteras. Cette lettre et la réponse de Cicéron se trouvent dans le recueil des Lettres à Atticus.

V. Quod fuit illorum utrique fatale. Antoine avait épousé Fulvia, veuve de Clodius et de Curion, le premier tué par les esclaves de Milon ; et l'autre, vaincu en Afrique par Juba. On sait ce qu'était cette femme. C'est die qui, dans les proscriptions du triumvirat, se fit apporter la tête de Cicéron, dont elle perça la langue de son aiguille de tête.

VI. L. Cœsar, avunculus tuus. Lucius César avait épousé une tante d'Antoine, et Antoine le proscrivit. Il fut sauvé par les soins de sa femme Julia.

Phormioni, Gnatoni. Les deux premiers sont des parasites dans Térence, et le troisième, un entremetteur dans Plaute.

419 VII. P. Lentuli. Lentulus, complice de Catilina, avait épousé la saur de Lucius Julius César, veuve de Marcus Antonius, fils aîné de l'orateur du même nom, et mère du triumvir.

Hereditates mihi negasti venire. Les amis, les clients et tous ceux qui avaient fait profession de quelque attachement particulier pour un homme éminent par ses vertus et par ses talents, lui laissaient une partie de leurs biens, en témoignage de leur respect et de leur gratitude. Une loi de Tan 715 restreignit, à cet égard la liberté des testateurs. On a pensé que cette loi avait introduit la légitime des enfants dans le droit romain.

XIX. Quid dicam, ipse optime intelligit. Paul Manuce croit qu'il s'agit ici de quelque intrigue secrète entre Antoine et Fulvie, femme de Clodius.

Tanquam Sisaponem. Sisapone, ville de la Bétique, était célèbre par ses mines de cinabre. Elles étaient affermées à une compagnie, dont les sociétaires ou agents n'avaient dans le pays d'autre propriété qu'une habitation possédée et occupée en commun. C'est à quoi l'orateur fait allusion pour reprocher à Antoine qu'il n'a pas même une maison qui soit à lui.

XXII. Tu, tu, inquam, M. Antoni. Ce n'est pas sans raison que l'orateur a rendu Antoine responsable des maux de la guerre civile. Si Antoine n'a pas été la cause de cette funeste guerre, il en a fourni du moins à César le prétexte le plus plausible. On sait que dans son discours à ses soldats avant de passer le Rubicon, il insista spécialement sur les droits du tribunat violés en la personne d'Antoine.

XXIII. Patrui. Cet oncle était C. Antonius, un des fils de l'orateur M. Antonius. ïl avait été collègue de Cicéron dans le consulat. A son retour de la Macédoine, il fut poursuivi par Célius, comme ayant été complice de Catilina, lui qui avait porté le dernier coup à la conjuration, en détruisant à Pistoie l'armée des conjurés.

De alea condemnatum. Les jeux de hasard furent constamment prohibés chez les Romains, sous peine d'infamie. La loi permettait seulement de jouer de l'argent à certains jeux d'exercice; et, dans ce cas, elle fixait la somme. « Senatusconsultum vetuit in pecuniam ludere, prœterqnam si quis certet hasta vel pilo jaciendo, vel currendo, saliendo, luctando, pugnando, quod virtutis causa fiat. » (Digest. ix, tit. v, de Aleat ) Quiconque donnait à jouer, perdait le droit de citoyen.

Mima portabatur. Cythéris, celte courtisane dont il s'agit ici, avait été mise en liberté par Volumnius Eutrapélus, et, conformément à l'usage, elle avait pris le nom de son ancien maître.

XXV. Tum existimavit, se suo jure cum Hippia vivere. C'est un jeu de mots qui porte sur l'analogie d'Hippia avec ππος, mot grec qui signifie cheval. Il est impossible de faire attendre cette sale équivoque en français.

XXVII. Pœtam nescio quem. C'est Cn. Névius, auteur d'un poème sur la guerre Punique. Il composa aussi des tragédies, des comédies et des satires. Il fut banni de Rome pour ses satires, et mourut à Utique l'an 620.

XXIX. Auctionem heredes L. Rubrii prohibuerunt. On a vu (c. 16) que Cicéron reprochait à Antoine d'avoir supposé un testament pour s'emparer de la riche succession de L. Rubrius. Les héritiers légitimes ayant reconnu dans l'inventaire produit par Antoine un grand nombre d'effets qui avaient appartenu à Rubrius, ils eurent recours à César, qui les autorisa à mettre opposition à la vente et qui, bientôt après, n'en maintint pas moins Antoine en possession des biens de Pompée.

XXXI. Saxa rubra. Petit bourg situé sur la voie Flamïnia, entre Rome et Véies, près de Crémère.

XXVfl. Ubi est septies milllies. 157,500,000 f. César avait amassé cette somme pour son expédition contre les Parthes. Antoine en disposa à sa fantaisie.

De rege Dejotaro. Voyez l'argument du plaidoyer de Cicéron pour ce prince.

XL. M. Varronis. Térentius Varron, né l'an de Rome 638. Après avoir servi sous Pompée dans la guerre contre les pirates, et s'être soumis à César, il renonça au métier des armes pour se livrer entièrement à l'élude. Proscrit pendant le triumvirat, il échappa à la fureur des proscrip-teurs, et reparut dans la suite, n'ayant souffert d'autre dommage que le pillage de sa bibliothèque. Il vécut encore longtemps, et poussa ses travaux littéraires aussi loin que sa vie, c'est-à-dire, jusqu'à l'âge de cent ans. Quintilien parle de lui comme du plus docte des Romains; il assure qu'il avait composé plus de cinq cents volumes. Saint Augustin nous a conservé le plan de son grand ouvrage sur les antiquités romaines.

XLl. Quam dispari domino. Fragment de vers d'un ancien poète. On le retrouvera dans le traité de Officiis, lib. i, cap. 39.

XLII. Quum illud bustum in foro evertis. Allusion à ces hommages religieux que des factieux rendaient à la colonne et à l'autel de César. Dolabella renversa l'autel et la colonne; il dissipa la multitude attroupée, et s'étant assuré de la personne des plus mutins, il fit précipiter du roc Tarpéien ceux qui étaient de condition libre ; les esclaves furent mis en croix.

XLIII. Ut haberet pulvinar. Dans la nomenclature des honneurs et des distinctions accordés à César, on lit les mots pulvinar et fastigium. Le pulvinar était un coussin ou un lit sur lequel on déposait les statues des dieux, dans les fêtes solennelles. Fastigium signifie faite ou toit qui s'élève en pointe. C'était une forme propre seulement aux édifices sacrés. Accorder à César ce privilège d'un faite, c'était assimiler son palais à un temple.

TROISIÈME PHILIPPIQUE.

I. D. Βruti. Décimus Brutus, un des consuls désignés pour succéder à Pansa et Hirttus. Il gouvernait alors la Gaule citérieure ou cisalpine.

II. Pœne potius puer. Il n'avait alors que dix-neuf ans. —Jugulari jussit. C'étaient des centurions et des soldats, au nombre de trois cents, qui refusaient de le suivre.

IV. Ementitis auspiciis. Voyez Philipp. ii, 33.

Suessœ. Suessa, ville du Latium.

VI. Fustuarium. Mot à mot, le supplice de passer par les baguettes. — Naturalis pater. Cnéus Octavius, père du jeune César, mourut lorsqu'il revenait de la Macédoine, qu'il avait gouvernée après sa préture ; il se disposait à demander le consulat — Trallianam aut Ephesiam. Tralles, ville de Lydie; Éphèse, ville d'Ionie. — Voconiœ, Scantiniœ leges. Lois portées par les tribuns Voconius et Scatinius,ou Scantinius, l'une sur les successions des femmes, l'autre contre les impudiques. — Tuœ conjugis. Fille de Marcus Fadius Bambalio, dont il est parlé plus haut (note du cbap. 1, Philipp. ii. — Bambalio, du verbe grec βαμβάλειν, bégayer. — Materno genere. Antoine avait pour mère Julia, sœur de Lucius César, de la 420 ville d'Aricie. — Proditoris filiam. Fille d'un Numitorius, qui avait fait révolter Frégelles sa patrie, et qui ensuite la livra aux Romains. — Frégelles , ville du Latium.

VII. Quem ego et frater meus,., certatim amamus. Cependant Cicéron lui-même, dans ses Lettres à Atticus, nous apprend que ce jeune Quintus avait donné bien des sujets de chagrin à sa famille. Enveloppé avec son père dans les proscriptions du triumvirat, il cacha obstinément sa retraite aux bourreaux, malgré la violence des tortures. Le père, qui entendait tout, ne pouvant souffrir que son fils fût si cruellement tourmenté à cause de lui, vint se découvrir lui-même. Il y eut un combat entre eux à qui mourrait le premier.

VIII. Per Gallorum cuniculum. Cicéron parle encore dans le plaidoyer pour Cécina, c. 30, de cette voie souterraine des Gaulois (ou chemin couvert), dont nul autre que lui ne fiait mention.

IX. L. Cassio. Lucius Cassius, frère du Cassius meurtrier de César. On ne sait rien de particulier sur Décimus Carfulénus et Tibérius Canutius. — Per discessionem, c'est-à-dire, en faisant passer les opinants à droite ou à gauche suivant leur avis, et non en demandant son avis à chaque sénateur, ce qui était d'usage quand on décernait les prières publiques.

X. M. Iccius. Marcus Iccius et Quintus Cassius étaient bons citoyens et nullement amis d'Antoine : celui-ci n'avait pas intrigué pour ces deux hommes, afin d'ôter fout soupçon de fraude dans les autres nominations par le sort.

Ex mirmillone dux. Les mirmillons étaient une classe de gladiateurs ainsi nommés, parce qu'ils portaient sur leurs casques la figure d'un poisson, appelé, dit-on, μόρμυρος.

Ex lege Julia. Loi de Jules César, qui avait assigné les provinces aux deux Brutus, à Cassius, à Plancus, et à d'autres citoyens.

 CINQUIÈME PHILIPPIQUE.

I. Qui primus rogatus esset. Q. Fuffius Calénus, beau-père du consul Pansa.

II. Prœter Cotylam. L. Varius Cotyla, ancien édile, alors au sénat, qui partit ensuite pour aller rejoindre Antoine devant Modène, et qu'enfin celui-ci renvoya au sénat comme député. Voyez Philipp. VIII, 8.

III. Ubi lex Cœcilia et Didia. Loi qui marquait le temps pour porter les lois.—Ubi pœnœ. Contre ceux qui n'observaient point les délais convenables en portant des lois.

V. Gortynium. Ville de Crète. — Atheniensium antiquissimas leges. Ces lois défendaient à un juge de l'Aréopage d'être juge dans une autre ville. — Qui quotidie periculum fortunae faciat. Curius risque tous les jours sa fortune dans des jeux de hasard ; il sera donc touché du sort de ceux qui courront de grands risques dans les tribunaux.

VII. De supplicatione. En l'honneur de César mort.

Mylasis. Mylases, ville d'Asie dans la Carie, où l'on dit qu'était né le roi Mausole. Cicéron parle seul de ce combat de gladiateurs qu'il reproche ici et ailleurs à Lucius Autonius.

Septemviros. Septemvirs chargés par Antoine du partage des terres : Lucius Antonius était un de ces septemvirs. — Prœter Galliam. Les troupes de la Gaule étaient déjà occupées à défendre Modène.

XIV. M. Lepido. Proconsul de l'Espagne citérieure, Lépîdus ne s'était pas encore rendu dans sa province : ayant appris les troubles de la république, il s'était arrêté dans la Gaule narbonnaise. — Quum Sextum Pompeium restituit. Lépidus avait conseillé de rappeler Sextus Pom¬pée, et de lui rendre les biens de son père.

XVII. Legibus annalibus. Lois qui fixaient l'âge auquel on pouvait demander les différents honneurs : elles furent portées par Villius Annalis, qui prit de là son surnom.

XVIII. Clarissimis atque optimis civibus. Les meurtriers de César.

SIXIÈME PHILIPPIQUE.

III.. Romam CC mill. admoveret. Environ soixante-huit de nos lieues.

IV. T. Plancus. C'est le Titus Munatius Plancus Bursa, qui, ayant mis le feu à la salie du sénat, en brûlant le corps de Clodios, fut accusé de violence et condamné  à l'exil. César le rappela après la victoire de Pharsale.

Nam Trebellium. Trébellius s'était opposé à Dolabella, qui proposait une abolition de dettes. De là son surnom de Fides. — Trébellius n'avait jamais triomphé ; mais il avait accompagné, par honneur, le triomphe de César.

V. Exercitibus Cœsaris duobus. Selon Manuce, l'armée des Gaules, et celle qu'avait César dans la guerre civile. — Semurium. Sémurie, territoire voisin de Rome. — Jani medii. La rue Janus, ainsi appelée, parce qu'elle était voisine du temple de Janus, ou parce qu'il s'y trouvait une statue de Janus. Les usuriers et les préteurs s'assemblaient vers le milieu de cette rue.

SEPTIÈME PHILIPPIQUE.

I. De Appia via. Il était question sans doute de réparer la voie Appia. Quant à Moneta, il faut l'entendre, ou d'une refonte de la monnaie, ou d'une réparation du temple de Junon Moneta, ou simplement du lieu consacré alors à la fabrication de la monnaie.

Macedoniam suam vocat omnino. Antoine s'était fait décerner par le peuple la Macédoine, destinée d'abord à Marcus Brutus; il l'abandonna ensuite pour prendre la Gaule citérieure, et la fit tomber à Caïus son frère. Le sénat ayant rappelé Caïus dans cette province, Antoine croyait y avoir des droits par sa première nomination.

II. Faveas tu hosti. L'orateur parait désigner Q. Fuffius Calénus.

IV. Legiones ad senatum legatos mittere. Il s'agit des légions qui avaient embrassé le parti de la république contre Antoine, et qui avaient envoyé des députés au sénat probablement pour le prier d'autoriser leur démarche.

VI. Quarum... suffragium sustuiit. Lucius Antonius avait porté une loi du vivant de César, en vertu de laquelle celui-ci, à la veille de partir pour la guerre des Parthes, désignerait les magistrats pour deux années. Apparemment que César avait désigné plusieurs des amis de Lucius Antonius, et que par là celui-ci avait partagé en quelque sorte l'élection des magistrats avec César.

Threcidicis. Sous-euteodez armis, c'est-à-dire, armis gladiatoriis ; car il y avait des gladiateurs qui s'appelaient Thraces ou Threces.

VIII. Firmum, Marruca, villes municipales d'Italie.

421 HUITIÈME PHILIPPIQUE.

II. Claterna. Claterne, ville d'Italie, près la voie Émilia.

Sulpicius. Salpicius, tribun du peuple, partisan de Marius, avait porté plusieurs lois contre Sylla, une, entre autres, qu'on ôterait à Sylla le soin de la guerre de Mitliridate pour en charger Marius. Sylla, de retour à Rome, en chassa Marius, et fit mourir Sulpicius. Cinna, aussi partisan de Marius, voulait que les nouveaux citoyens, cfest-à dire, les affranchis, eussent droit de suffrage dans les tribus : Octavius, son collègue, s'y opposait. Carbon, consul pour la troisième fois, s'était ligué contre Sylla avec son collègue le jeune Marius.

III. Hoc bellum quintum civile geritur. La guerre civile entre César et Pompée était la quatrième ; la troisième avait eu lieu entre Sylla et le jeune Marius ; la seconde, entre Cinna et Octavius; la première, entre Sylla et Marius : la guerre présente était donc la cinquième.

V. C. Mario, L. Valerio consulibus. Ce fait est développé dans le plaidoyer pour Rabirius.

VI. Generi querelam. Du consul Pansa, qui probablement s'était plaint de son trop grand attachement pour Antoine.

IX. Utramqne provinciam. La Gaule citérienre et la Macédoine. — Nucula. L'un des septem virs.— Cyda, Lysiade, Curio. Cyda, Lysiade, Curius, trois hommes dont il est parlé Philipp. v, 5, et qui faisaient partie d'une troisième classe de juges. — C. frater jam repulsam tulit. Antoine, en prenant ses précautions pour le cas où Brutas et Cassius seraient consuls, semblait prédire implicitement que son frère Caius ne le serait pas, quoiqu'il dût se présenter comme candidat, ayant été préteur en même temps que Brutus et Cassius. Cicéron prend Antoine au mot. Dans ces comices qu'il annonce d'avance, dit-il, Antoine exclut donc son frère, puisqu'il prédit l'élection de Brutus et de Cassius.

Ipse autem ut quinquennium obtineam. Antoine ne voulait pas être particulier et sans titre, lorsque Brutus et Cassius commanderaient comme consuls ou comme proconsuls. Il suppose donc qu'ils seront consuls, et d'après cela il demande de garder sa province pendant cinq ans.

XI. Sexennio post. Depuis le consulat de Marcdlus et de Lentulus, en 704, où César devint le maître de Rome jusqu'à l'année présente, 710.

NEUVIÈME PHILIPPIQUE.

I. Servio Sulpicio. Voir sur cet homme illustre le Discours pro Murena, et les notes; le chap. 41 du Traité de Claris oratoribus;

P. Servilio. P. Servilius, qu'on voit souvent aux prises avec Cioéron, était fils de Servilius Isauricus, et avait été consul et collègue de César dans les commencements de la guerre civile. Ses liaisons connues avec Antoine expliquent son opposition à Cicéron.

II. Lar Tolumnius. L'an 318, Fidènes, colonie romaine, se joignit à Tolumnius, roi de Véies, qui faisait la guerre aux Romains. Le sénat réclama par quatre députés. Les Fidénates les massacrèrent à l'instigation de Tolumnius.

Cnei Octavii. Cn. Octavius, l'an 591, ayant trouvé que le roi Autiochus avait plus de vaisseaux et d'éléphants que le traité n'en permettait, fit brûler les vaisseaux et tuer les éléphants qui excédaient le nombre stipulé. Leptine, qui d'ailleurs nous est inconnu, en conçut une telle indignation, qu'a tua Octavius au bain .Des ambassadeurs furent envoyés à Rome, pour justifier le roi, et protester qu'il n'avait aucune part à cet assassinai. Le sénat les renvoya sans réponse.

II. Ad tantœ familiœ memoriam. La famille Octavia existait encore : on voit deux Octavius successivement consul , l'an 677 et 678, treize ans avant le consulat de Cicéron. Octavius César, qui prit le nom d'Auguste, était de cette famille, mais d'une branche dans laquelle le consulat n'était jamais entré. La branche illustrée par Cn. Octavius, dont il est ici question, était éteinte. Il fut consul l'an 588. Le mot Familia désigne la branche, gens désigne le tronc et la souche.

DIXIÈME PHILIPPIQUE.

I. Qui te sententiam primum rogat. Pansa, consul, gendre de Q. Fuffius Calénus.

III. Amplissimi honoris. Le consulat; Fuflus Calénus avait été nommé consul par César, l'an de Rome 707.

IV. Luculli, propinqui sui. Le fils du célèbre Lucullus, et probablement d'une autre Servilia, aussi sœur de Caton. Lucullus fils était sensé parent de Brutus. Le mot insula doit s'entendre de la petite île entre Naples et Pouzzol (aujourd'hui Nisita ), nommée ailleurs par Cicéron Nesis, Νησὶς, laquelle dépendait de la belle propriété achetée par Lucullus à son retour d'Asie.

V. Tria tenet oppida. Bologne, Parme, Reggio di Modena. — At quid ei cum Apollonia. Apollonie et Dyrrachîum, deux villes de l'Illyrie, province de Vatinius, qui se livra lui et son armée à Brutus. C'est ce Vatinius, si maltraité dans les harangues de Cicéron.

VII. Quo minus ab eo remfieri debuisse. César avait comblé de bienfaits Décimus Brutus ; il ne l'avait pas même oublié dans son testament

XI. S. Q. Cœpione Bruto. Marcus Brutus avait été adopté par le frère de sa mère Servilia, Q. Servilius Cépion ; et il avait pris, suivant l'usage, le nom de son oncle, en pre¬nant possession de ses biens.

ONZIÈME PHILIPPIQUE.

IV. Aliquando fuit meus. Dolabella avait été le dernier mari de Tullia, fille de Cicéron.

Bestia. N'est-ce pas le même que le Vopiscus nommé ensuite? Voyez. Philipp. xiii, 12.

Alter Cœsar. C. Julius César, du temps de Marius et de Sylla, voulait devenir consul, avant d'avoir été préteur ; il voulait passer de l'édilité au consulat, ce qui n'était pas permis par les lois : le tribun Sulpicius s'opposa fortement à ses prétentions.

VI. Italiœ divisores. D'après ce passage et d'autres, les septemvirs étaient Marc Antoine, Lucius son frère, Dolabella , Nucula, Lenton, Mustella, Tiron. — Pro alieno se œre devovit. Allusion ironique au dévouement des deux Décius.

Quid de L. Planco. Lisez, comme au chapitre 4 de la sixième Philippique, T. Planco. La fuite de Pollentia, dont Cicéron parle encore, Philipp. xxiii, 12, n'est connue que par l'allusion qu'y fait l'orateur.

Lysidicus. Ce nom vient du mot grec λύσιν δίκην, violer la justice. Plus loin, Cicéron joue à la fois sur le mot Cimber, qui est à la fois un nom d'homme et un nom de peuple, et sur celui de Germanus, qui signifie à la fois Germain et frère germain.

422 VII. Quœ dictœ sunt sententiœ. Le premier, de charger extraordinairement Servilius de la guerre contre Dolabella; le second, de faire échoir l'Asie et la Syrie aux deux consuls, dans le même but.

VIII. Cum Aristonico. Aristonicus, fils naturel d'Eumène, roi de Pergame, s'empara du trône, et fut vaincu parles Romains. Le Crassus qui fut envoyé d'abord contre lut, et qui périt misérablement, fut le premier souverain pontife à qui on donna un commandement hors de l'Italie. On ne sait rien du fait rapporté par Cicéron. — Tribuni plebis turbulenti. Gabinius et Manilius, tous deux tribuns du peuple, firent décerner à Pompée, l'un la guerre contre les pirates, l'autre celle de Mithridate. Cicéron traite ici Manilius de tribun turbulent, quoiqu'il eût approuvé sa loi. Son expérience l'avait fait changer d'avis.

Quœ igitur hœc comitia ? Les comices appartenaient au peuple, et non au sénat : ils donnaient seuls les magistratures et les commandements. C'était donc introduire les comices dans le sénat, que de lui attribuer l'un des privilèges des comices.

X. Provinciam deposui. La Gaule, dont Cicéron se démit pour s'occuper tout entier de Catilina — Signum Vestœ. Le Palladium, ou petite statue de Pallas, que l'on prétendait être tombée du ciel, était gardée dans le temple de Vesta.

XI. Accipere ipse manicas. L'habillement militaire laissait les bras nus; on prenait des manches dans la marche.

Crispo... Murco. Crispus et Murcus avaient été envoyés avec des légions pour attaquer Bassus, et pour se joindre en conséquence au lieutenant de Dolabella, Aliénus.

ΧIII. Cœcilii Bassi. Q. Cécilius Bassus, zélé partisan de Pompée, avait formé une armée assez considérable, qui s'était emparée d'une partie de la Syrie, et avait battu plusieurs généraux. Il céda malgré lui ses troupes à Cassius.

DOUZIÈME PHILIPPIQUE.

I. Duo consulares. Pison et Calénus.

II. Ut aiunt. Euripide, Hippolyle, vers 439, édition de Brunck :

A δεύτεραί πως φροντίδες σοφώτεραι.

III. Quemadmodum Capua probabit. Capoue avait toujours été ennemie d'Antoine : nous voyons, dans la seconde Philippique, qu'il eut peine à se sauver de cette ville.

IV. In eadem causa erant. Le parti qui réclamait le ti¬tre de citoyen romain, et qui fit à Rome la guerre appelée guerre Sociale ou guerre Italique.

VII. Inter has personas. ll paraît, par cette phrase et par ce qui précède, que les cinq personnages députés vers Antoine étaient Cicéron, Servilius, Lucius César, Pison, Calénus; à ces cinq députés était joint le consul Pansa, qui devait se mettre aussitôt à la tête de ses troupes, si Antoine ne faisait pas des propositions raisonnables.

VIII. Duo prœtores. Censorinus et Calyisius. — Tribunum plebis. Ventidius. — Duo designalos tribunos. Tullus tloslilius et Viséius. Bestia avait été préteur; Trébellius, édile ; Plancus était frère du consul désigné. — Cneus Pompeius. Cnéus Pompéius Slrabo, alors consul, père du grand Pompée. Il commanda dans la guerre appelée Sociale.

Cales et Teanum. Villes de la Campanie. — De suffragiis populi. Sylla voulait que les affranchis n'eussent droit de suffrage que dans quatre tribus ; les partisans de Marius le demandaient dans les trente-cinq tribus, et de plus, le droit de cité romaine pour les alliés. Les troupes de Scipion passèrent du côté de Sylla, qui laissa la vie à son ennemi et lui rendu la liberté.

Decem legatis. Lorsqu'une guerre était terminée, on envoyait ordinairement dix députés avec un plein pouvoir, pour régler le sort des vaincus.

TREIZIÈME PHILIPPIQUE.

I. Sylla iterum. Sylla fit deux fois la guerre civile, la première fois avec Marius le père ; la seconde, avec Marius le fils et Carbon. — De proximo. De Jules César.

II.. Judicum tertiœ decuriœ. Il est beaucoup parlé de cette troisième classe de juges dans la première Philippique, aussi bien que des Alaudes, ou soldats de la légion Alaudienne, chap. 8, etc.

IV. Fratris. L. Émilius Paulus, frère de Lépidus, avait fait construire dans le forum une nouvelle basilique, et réparer une ancienne, construite par ses ancêtres.

V. Anseres. Antoine avait donné une terre de Pompée à un mauvais poète, nommé Anser, dont parle Ovide, Tristes, ii, 435, et qui se trouvait alors dans l'armée qui assiégeait Modène. — Libertus Cœsaris. Cicéron ne dit pas, et on ignore quel était cet esclave de Pompée, affranchi de César.

VII. Quatuor consules. Deux, en exercice, Hirtius et Pansa ; deux désignés, Décimus Brutus et Lucius Plancus.

VIII. Idibus martiis. Jour où fut tué César. Il avait été convenu entre les meurtriers qu'on épargnerait Antoine.

Venefica hœc. On ne sait à quoi Antoine lait allusion en traitant ainsi Décimus Brutus.

XII. Corycus. Ce mot vient de κώρυκος, sac ou ballon, rempli de farine ou de sable, avec lequel s'exerçaient les athlètes. Cicéron, Philippique xi, 5, nous apprend qu'il avait plaidé six fois pour Bestia.

XV. Varo. Sextus Qnintilius Varos, que César fit prisonnier d'abord à Corfinium et une seconde fois en Afrique, après la défaite de Scipion.

Cascam. Servilius Casca, un des meurtriers de César. — Marullus et Césétius, tribuns du peuple, que César avait déposés, parce qu'un homme du peuple ayant mis sur sa statue une couronne de laurier avec une bandelette blanche, ils avaient fait lier la bandelette tl conduire l'homme en prison. (Suétone, César, c. 79.)

QUATORZIEME PHILIPPIQUE.

II. Primis pestibus. Cicéron entend par là la marche
forcée que fit Octave pour prévenir Antoine qui courait
sur Rome. 11 arriva le premier, et fut présenté à l'assem-
blée par le tribun Canutius. 11 déclara au peuple que,
quoiqu'il n'eût réuni ses amis que pour sa défense person-
nelle, il était prêt à les employer au service de la patrie,
et à se soumettre à tous les ordres qu'il recevrait des ma-
gistrats établis par les lois de la république.
III. Idsuoconsiliofactumesse testatur. On a vu dans
la lettre d'Antoine, citée et commentée par Cicéron, Phi-
lipp. xiii, qu'il louait Dolabella du meurtre de Trél>onius.
Au reste Cassius vengea Trébonius : il assiégea Dolabella
dans Laodicée, et la ville lui ayant été Titrée par intelligence,
celui-ci, pour ne pas tomber au pouvoir du vainqueur, se
fit tuer par un de ses esclaves. Cassius, plus généreux que
ui, fit rendre à son corps les honneurs de la sépulture.
VII. Idem Ventidium. Cest le même Ventidius cpiil devint célèbre dans la suite par ses victoires sur les ΡΑΓ-thes. Il est le seul qui ail triomphé de cette nation. L^ans sa jeunesse, il avait été traîné en triomphe devant le char de Pompéius Strabo, pendant la guerre Sociale.






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