ARISTOTE
TRAITÉ DE LA GÉNÉRATION DES ANIMAUX
LIVRE SECOND
table des matières du traité de la génération des animaux
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TRAITÉ DE LA GÉNÉRATION DES ANIMAUX LIVRE SECOND |
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CHAPITRE PREMIER. |
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§ 1. [732a] Nous avons
établi antérieurement que la femelle et le mâle sont les principaux agents de la
génération, et nous avons défini l'action de chacun d'eux et étudié leur [20]
essence. Pour expliquer comment il se fait que l'un devient et est femelle, et
que l'autre devient et est mâle, il faut que la raison se dise qu'elle n'a que
deux partis à prendre, soit en recourant à la nécessité d'un premier moteur et
d'une matière déterminée, soit en recourant au principe supérieur du mieux et à
la cause finale. |
§ 1. Antérieurement. Plus haut, liv 1, ch. 1, § 5, et ch. II, § 2. - Qu'elle n'a que deux partis à prendre. Le texte n'est pas aussi précis; mais l'opposition que l'auteur a mise dans les deux membres de la phrase, autorise l'addition que j ai faite. - A la nécessité.,. au principe supérieur du mieux. C'est à ce dernier principe qu'Aristote a recours le plus ordinairement; et c'est ainsi qu'il justifie son admiration pour la sagesse de la Nature. - Et à la cause finale, Qui se confond avec le mieux, la Nature faisant toujours les choses le mieux possible. Voir la Métaphysique, liv. V, ch. V, et la Physique. liv. II, ch. IX, de ma traduction. § 2. Eternelles... être ou n'être pas. La distinction est très simple; mais elle n'en est pas moins profonde. Voir le Traité des Parties des animaux, où elle a été exposée admirablement, liv. I, ch. V, de ma traduction, pp. 56 et suiv. - Le bien et le divin. Qui, au fond, ne sont qu'une seule et même chose. - Causes du mieux. C'est là le véritable rôle du bien, réalisant de plus en plus sa propre essence, à mesure qu'il se développe. - Participer, tour à tour... Être tantôt mieux, et être tantôt pis. Les choses éternelles au contraire sont absolument immuables. - Il n'y a pas d'autres causes que celles-là. Sur ce point, Aristote est d'accord user le Timée de Platon et avec la Genèse; il n'y a pas d'autre cause à l'existence du monde que la bonté de Dieu: la philosophie et la raison ne peuvent pas remonter à un principe plus haut que celui-là. § 3. Cet ordre d'êtres. C'est-à-dire, les êtres animés, comprenant les plantes aussi bien que les animaux proprement dits. - Eternels dans la mesure où ils peuvent le devenir. Par la reproduction perpétuelle des individus, transmettant la vie qu'ils ont reçue à d'autres êtres de même espère. C''est là une vérité incontestable, ressortant du spectacle de la Nature, telle que l'homme peut l'observer. Aristote a donc cru d'une manière imperturbable à la fixité des espèces; et il aurait été bien étonné des théories qui nient cette fixité et y substituent une perpétuelle mobilité; voir la préface au Traité des Parties des animaux, p. CLXIII, de ma traduction. - L'espèce humaine et l'espèce végétale. J'ai conservé ces formules, qui sont fort acceptables à la biologie moderne: la vie est dans les trois espèces, bien qu'à des degrés divers, et c'est là ce qui permet de les réunir sous une même théorie. § 4. Le principe des uns et des autres... Comme ceci s'adresse aux plantes aussi bien qu'aux animaux, il semblerait qu'Aristote admet aussi des sexes dans les plantes. Voir plus haut, liv. 1. ch. 10. - Il vaut mieux... C'est résoudre la question par la question, puisque c'est supposer d'abord que le mâle vaut mieux que la femelle, le mâle donnant le mouvement et la vie, la femelle ne fournissant que la matière. La femelle ne vaut pas moins que le mâle; ce sont deux êtres égaux, et tous les deux indispensables. § 5. Qui leur est commune à tous deux. Ainsi, l'égalité semble régner entre eux et l'un n'est pas plus que l'autre. - A cette condition que les plantes. Ceci semble prouver encore que le philosophe soupçonnait l'existence des sexes dans les végétaux, sans d'ailleurs connaître leurs organes. - La faculté de la sensibilité. Voir plus haut. liv. I, ch. XVI, § 8. Voir aussi les citations indiquées dans la note sur ce passage. § 6. Dans la plupart. Il y a des exceptions pour les espèces hermaphrodites. - Que nous venons d'exposer. Dans ce chapitre, sans parler des théories du premier livre. - Ainsi que nous l'avons vu. Plus haut, liv. I, ch. X. § 2. - N'en émettent pas. Ce sont en général les insectes, selon Aristote. - Ces animaux. C'est-à-dire ceux qui émettent de la liqueur séminale. - Plus de développement et de grandeur. II n'y a qu'un seul mot dans le texte. - La chaleur que l'âme produit. L'âme représente ici le principe vital, ainsi que dans tout le Traité de l'Âme. - La chaleur qui détermine le mouvement. Cette assertion ne saurait être prouvée. La volonté est plus puissante que la chaleur pour déterminer le mouvement. - Sont plus gros... Celte observation est exacte, si on la prend dans sa généralité. § 7. On doit comprendre maintenant. Cette assertion n'est peut-être pas aussi clairement justifiée que l'auteur le suppose; mais on ne doit pas s'en étonner après les efforts qu'il a faits pour résoudre ce grand problème. - Mais parmi les animaux... Les distinctions qu'Aristote fait ici sont très réelles et la science moderne ne saurait dire mieux. - Qui mettent au jour des êtres vivants. Ce sont les vivipares, parmi lesquels les mammifères tiennent la principale place. - Qui n'a pas... de membres. Comme en ont les jeunes vivipares. - Sa forme. On pourrait comprendre aussi qu'il s'agit de la forme transmise par les parents; mais le premier sens est plus naturel. - Ceux qui ont du sang. Les oiseaux et les poisons. - Ceux qui n'ont pas de sang. Ce sont les insectes. - Larves. Voir l'Histoire des Animaux, liv. I, ch. IV, §§ 3 et 7. Mais nulle part mieux qu'ici Aristote n'a expliqué la différence de l'œuf et de la larve. - Une certaine partie. Dans l'œuf c'est le blanc d'où naît le poussin. - L'autre partie restante. C'est le jaune, qui nourrit le poussin pendant un temps déterminé. - Entièrement fait. II y a des insectes qui subissent des métamorphoses; mais les insectes, qui n'ont point d'ailes sortent de l'œuf avec la forme qu'ils doivent toujours garder. Il y a aussi des insectes qui ne subissent qu'une demi-métamorphose. Voir Cuvier, Règne animal, tome. IV, p. 316. édition de 1829. § 8. Quant aux animaux vivipares. Les distinctions entre les animaux vivipares ne sont pas moins fondées que celles qui précèdent. - En eux-mêmes. Ce sont les mammifères. - Le dauphin. Voir Cuvier, Règne animal, tome I. p. 287. Le dauphin fait partie dès cétacés à tête de grosseur ordinaire. par opposition aux cachalots et aux baleines qui ont la tète démesurément grosse. - Sélaciens. Voir Cuvier. Règne animal, tome II, p. 383. Les sélaciens sont la première famille des chondroptérygiens à branchies fixes : cette famille se compose de deux genres, les squales et les raies. Voir aussi l'Histoire des Animaux, liv. 1. ch. ch. IV. et liv. II ch, IX. § 5., et passim: et M. Claus, Zoologie descriptive. p 812. trad. franç. § 9. Entre les ovipares. Les différences entre les ovipares sont très exactement indiquées, et elles sont incontestables. - Leur œuf complet. Une fois pondu, l'œuf n'a plus qu'à se développer intérieurement, par l'action de la chaleur venue de l'incubation. - Quadrupèdes ovipares. Les lézards et les tortues. - Ovipares dépourvus de pieds. Les ophidiens proprement dits, parmi les reptiles. Le texte présente une confusion que je n'ai pu éviter, tout en l'atténuant - Ne prennent plus d'accroissement. Le fait est exact. L'accroissement se fait dans l'intérieur de l'œuf, sans se produire en rien au dehors. - Ne se développent qu'après leur sortie. La différence n'est peut-être pas aussi grande que l'auteur le pense, et l'incubation de la mère dans les oiseaux est un complément qui ne vient aussi qu'après la ponte. § 10. Ont du sang. Ce caractère est très réel. - Absolument inféconds. L'infécondité est un fait accidentel, à moins qu'un ne veuille parler des hybrides; on ne peut pas la considérer comme un fait permanent. - Se fécondent eux-mêmes. Ce sont les espèces hermaphrodites. - Dans d'autres ouvrages. Voir l'Histoire des Animaux, qui s'est beaucoup occupée des insectes, liv. 1, ch. 1, § 13, et surtout le livre IV, qui leur est consacré presque tout entier, et aussi liv. V. ch. XVIII. Le traité des Parties des animaux parle également beaucoup des insectes, liv. II, c. VIII, § 8 de ma traduction. § 11. De grandes variétés de ce genre. Toutes ces généralités sont d'une exactitude irréprochable; la science actuelle n'a peut-être plus à s'en occuper; mais, au début, elles étaient indispensables et fort instructives. On ne classe plus les animaux selon qu'ils sont vivipare ou ovipares; mais on distingue les mammifères et les oiseaux, ce qui revient à peu près au même. - Tous les quadrupèdes ne sont pas ovipares... ne sont pus vivipares. Ces distinctions sont aussi claires que réelles. - Une foule d'autres. C'est exagéré, parce que les espèces de quadrupèdes ovipares ne sont pas nombreuses. § 12. Parce que les animaux ont des pieds. Aristote, voit bien que les pieds ne peuvent être un élément suffisant de classification. Voir le paragraphe qui suit. - Sans pieds, des apodes. II n'y a que le dernier mot dans le texte. - Les vipères et les sélaciens. Ces exemples sont bien choisis, et on les connaît par les détails donnés précédemment. - Le reste des serpents. Par opposition à la vipère qui est vivipare, comme son nom l'indique. - Parmi les animaux... Ce paragraphe paraît n'être qu'une répétition assez peu utile. - La baleine et le dauphin. Voir plus haut, § 8. § 13. Il n'est donc pas possible... La remarque est parfaitement juste; et en effet. il n'y a pas de naturaliste qui ait essayé une classification d'après cette donnée. - Expliquer la cause de leurs différences. Le nombre de pieds, la présence ou l'absence de ces organes, sont des détails anatomiques importants: mais ils ne sont pas assez décisifs. Voir Cuvier. Règne animal. tome I. pp. 48 et suiv.: Distribution générale du règne animal en quatre grandes divisions, vertébrés. mollusques, articulés, rayonnés. C'est bien toujours l'anatomie qui détermine la classification ; mais c'est l'ensemble de l'organisation qu'il faut considérer, et non pas seulement une partie. - Dont la nature est plus parfaite. Sans croire à l'échelle des êtres. on peut affirmer que certains animaux sont plus parfaits que certains autres. - Un principe plus pur. Au fond, le principe est toujours le même: et ce principe dernier est le Créateur: mais c'est la forme qui est inférieure, si d'ailleurs la cause est identique. - Plus chauds et plus humides... qui ne sont pas terreux. C'est toujours la théorie des quatre éléments, qui se reproduit dans ces premiers essais de chimie organique. § 14. C'est le poumon. Cette théorie est absolument celle de la science moderne : c'est la combustion du carbone et de l'hydrogène par l'oxygène de l'air, dans le poumon, qui est regardée aujourd'hui comme la cause de la chaleur animale. Quelques naturaliste de nos jours se sont trompés en affirmant que les Anciens faisaient venir du cœur la chaleur animale: on voit qu'il n'en est rien. II est admis maintenant que la chaleur se produit dans l'organisme par le contact de l'oxygène de l'air avec les éléments solides ou liquides. Ce contact a lieu particulièrement dans le poumon. Ainsi. Aristote est dans le vrai pour ce qui concerne ce phénomène essentiel; voir M. G. Colin. Physiologie comparée des animaux, tome Il, p. 933, 2e édition. et M. Gavarret, « De la chaleur produite par les êtres vivants ». p. 507; voir aussi M. Béclard. Physiologie humaine, 6e édition. pp. 446 et suiv. C'est de l'action plus ou moins vive du poumon qu'on a tiré la distinction des animaux à sang chaud et à sang froid. - Ni spongieux ni visqueux. On sait que le poumon n'existe que dans les trois premières classes des vertébrés, où il est essentiellement composé de canaux aériens cartilagineux, de vésicules membraneuses, de vaisseaux sanguins très ramifiés, et dune membrane extérieure. qui les enveloppe et les protège; voir Cuvier. Anatomie comparée, tome IV, pp. 308 et suiv., 1ère édition. - Plein de sang et mou. Ces caractères sont exacts. § 15. Le jeune. Le texte dit d'une manière générale : « l'animal », le vivant: c'est le produit des vivipares. - Dans l'ordre de la Nature. Dont Aristote ne cesse d'admirer la sagesse. - L'être complet. C'est le petit des vivipares, qui est complet en naissant, parce qu'il a tous les organes qui plus tard ne feront que se développer. - D'un être plus complet que lui. L'enfant vient de l'homme; l'homme engendre l'homme, selon les formules aristotéliques. - Un œuf complet. Comme les œufs de gallinacés, qui n'ont plus besoin pour produire le poussin que de la chaleur de l'incubation. - Ils sont vivipares en eux-mêmes. Comme les sélaciens, cités dans le paragraphe suivant. - La cause de leur sécheresse. L'explication est bien hypothétique. § 16. Quant aux sélaciens. Voir Cuvier, Règne animal. tome II, p. 384. II y a des sélaciens dans le corps desquels éclosent les petits; d'autres ont des œufs revêtus d'une coque dure et cornée. - Froids... humides. Ces théories ne sont pas acceptables, bien qu'elles soient ingénieuses. - Plus sèche et plus terreuse. Entre les quatre éléments, c'est la terre seule qui représente le sec. § 17. Ne flotte pas à la surface. Ceci veut dire que la partie terreuse, étant la plus lourde, reste au fond, où elle produit l'œuf, d'où le jeune doit sortir. Le texte n'est pas plus précis que ma traduction. - N'ayant rien qui le protège. Ce qui protège l'œuf des gallinacés, par exemple. c'est la coquille, qui a la dureté nécessaire: et cette dureté ne peut venir que de la partie terreuse, selon la théorie des quatre éléments. - Les animaux plus froids et plus secs. Ceci est bien vague; et un ne voit point assez nettement quels sont les animaux que l'auteur veut désigner. - Une pellicule dure. Cette organisation de l'œuf est de toute évidence dans les oiseaux; mais chez les poissons mêmes, l'œuf a toujours une pellicule résistante; et sans elle, il ne subsisterait pas. Aristote le fait remarquer dans le paragraphe suivant. § 18. Les poissons qui ont des écailles. Peut-être Aristote veut-il distinguer par là les cétacés et les poissons cartilagineux des autres animaux aquatiques. La plupart des poissons ont le corps couvert d'écailles: mais la zoologie moderne ne semble pas attacher d'importance à ce caractère; voir Cuvier, Règne animal. tome II, p. 125, édition de 1829. - Qui sont terreux. Sans doute à cause du test ou carapace que portent ces animaux. Voir Cuvier. Règne animal, tome IV, pp. 26 et 27. - Dont le corps est naturellement visqueux. C'est là ce qui leur a fait donner le nom qu'ils portent. « Leur peau est nue, dit Cuvier, très sensible, ordinairement enduite d'une humeur qui suinte de ses pores. » Règne animal, tome III, p. 3. Leur peau ressemble à une membrane pituitaire; et elle se développe en une sorte de manteau, qui recouvre tout le corps. Leurs œufs, dans les mollusques ovipares, sont enveloppés d'une coquille plus ou moins dure, ou même d'une simple viscosité; Cuvier, id., ibid., p. 6. § 19. Quant aux insectes. Voir sur la génération des insectes. Cuvier-Latreille, tome IV, p. 314. du Règne animal. Le premier état des insectes dans leurs métamorphoses est celui de larves. - Larvipares. Voir l'Histoire des Animaux, liv. IV, ch. 7, de ma traduction. Le mot de Larvipares est admis dans le langage de la science; mais il ne l'est pas par l'Académie. - Comme ils n'ont pas de sang. Ce n'est pas là sans doute la véritable cause. - Beaucoup de variétés. C'est dans les insectes, troisième embranchement, ou forme, de Cuvier, que la fécondité de la matière se montre la plus étonnante; les espèces sont a peu près innombrables; elles s'élèvent déjà à plusieurs centaines de mille; voir M. Claus, Zoologie descriptive, p. 563, trad. franç. - Sous forme de larves. Sur les larves et leurs métamorphoses, voir M. Claus, id., ibid.. pp. 557 et suiv. - Plus tard la forme d'œufs. Ces détails ne sont pas assez complètement exposés pour être tout à fait clairs; et l'auteur lui-même semble le sentir en annonçant des études ultérieures. - Dans ce qui va suivre. Voir plus loin. liv. III, ch. III et suiv., sur les œufs des poissons et des animaux inférieurs. § 20. La Nature s'arrange toujours... Nouveau témoignage d'admiration pour la sagesse de la Nature. - Régulière et continue. C'est la fixité et la perpétuité des espères, niées dans ces derniers temps avec tant de légèreté et d'audace, malgré l'évidence des faits. Voir plus haut, ch. I. § 3. - Quant à la qualité. C'est l'espèce et l'essence. - Quant à la quantité. Ces distinctions sont très nettes. Tout animal s'accroît, après sa naissance, par la nourriture qu'il prend. § 21. Les animaux de second ordre. Tout ce passage est un des plus importants en ce qui concerne la classification telle que l'entendait Aristote. et telle qu'il l'établissait : vivipares proprement dits; vivipares après production d'un œuf eu eux-mêmes; ovipares à œuf complet; ovipares à œuf incomplet; enfin larvipares. La science moderne a trouvé d'autres principe de classification, tirés surtout de l'anatomie. Mais les caractères indiqués par Aristote n'en méritent pas moins d'attention; ils s'adressent au principe même de la génération et de la vie. - Les transformations. Ce sont les métamorphoses des insectes. - Dont on a parlé. Plus haut, ch. I, § 7. - Une sorte d'œuf. Voir plus haut, § 19. - La chrysalide. Le rôle de la chrysalide est très bien exposé. C'est en effet une espèce d'œuf particulière. - Ce troisième changement. Ce sont les trois métamorphoses des insectes. § 22. Antérieurement. Liv. 1, ch. I. § 5. - Qui ont du sang. Nous dirions aujourd'hui : « à sang rouge », pour les distinguer des animaux à sang blanc. - Dans les parents eux-mêmes. Ce sont les vivipares. - Transformations. Le mot du texte signifie littéralement « séparations ». L'œuf habituellement se sépare, en effet,. de l'animal qui le produit. |
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CHAPITRE II |
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§ 1. Une question plus difficile se
présente ici : comment se peut-il que de la semence, soit des plantes, soit des
animaux, il sorte un être quelconque? II y a nécessité [25] évidente que tout ce qui
naît naisse de quelque chose, par l'action de quelque chose, et soit lui-même
quelque chose. De quelque chose, c'est la matière, que certains animaux portent
primitivement en eux-mêmes, après l'avoir reçue de la femelle. C'est ce que font
tous les animaux qui ne viennent pas de vivipares, mais qui proviennent d'œufs
ou de larves. D'autres aussi tirent leur nourriture de la femelle, pendant un
temps fort long, par l'allaitement, comme le font [30] tous ceux qui sont issus de
vivipares, soit au dehors, soit même en dedans. Ainsi, cette matière est bien ce
dont viennent les animaux. |
§ 1. Une question plus difficile... La question qu'Aristote va discuter est en effet très importante: mais il semble qu'elle ne tient pas de très près à celles qui précèdent. Par sa nature même, elle aurait dû trouver place dans le premier livre, et comme préambule de tout le traité. Mais quoi qu'il en soit. il faut laisser les choses telles qu'elles sont; tout changement serait arbitraire. - De quelque chose, par l'action de quelque chose... Ces répétitions sont dans le texte. - De quelque chose, c'est la matière. Qui se trouve dans l'œuf, pour nourrir le poussin, ou dans la larve, d'où le jeune doit sortir. - D'autres aussi. On pourrait croire que cette phrase a été ajoutée par une main étrangère. L'allaitement ne vient que beaucoup plus tard pour le développement de l'animal; mais le lait n'est pas sa matière primitive. - Ce dont viennent les animaux. Voir la Métaphysique. liv. V, ch. XXIV, de ma traduction. § 2. En second lieu. Le texte dit simplement Maintenant. - De quoi. C'est la seconde question posée au paragraphe précédent. - Quelque chose d'extérieur. L'action de l'extérieur peut produire le développement; mais il faut d'abord un principe intérieur, que le dehors peut développer. - Qui s'incorpore à eux. J'ai cru pouvoir ajouter ces mots pour rendre toute la force de l'expression du texte. - Qui pourrait acquérir une âme. Le grec se sert d'un conditionnel, qui me paraît avoir le sens que je donne. - La raison ne peut pas admettre. Aristote fait toujours une part à la raison dans l'explication des phénomènes, après la part faite à l'observation. - S'il n'y a pas de contact. Ceci précise le sens dans lequel il faut entendre l'idée d'Extérieur; mais les pensées ne semblent pas se suivre ici très régulièrement. § 3. Primitivement... d'originaire. La répétition est bien dans le texte, quoiqu'elle y soit moins marquée. - Quelque partie qui en soit séparée. Ceci vient d'être dit déjà au paragraphe précédent. - Raisonnablement. Même remarque. - L'animal une fois produit. Ici le mot d'Animal ne désigne que l'embryon qui vient de recevoir la vie. - Ce quelque chose. L'indécision est aussi grande dans le texte. - Sans être aussi une partie du tout. Ce qui implique que ce n'est point quelque chose d'extérieur. - Ce qui a fait, ou toutes les parties... Le principe qui a donné la vie subsiste après cette première manifestation, pour que l'être qui a reçu la vie puisse se développer. - Les parties restantes. Ce ne sont pas des organes nouveaux, qui s'ajoutent à d'autres; ce sont les mêmes organes qui s'accroissent et se complètent. § 4. Forme le cœur. Aristote prend le cœur pour exemple. parce que, de tous les viscères, c'est le premier qui se montre dans l'embryon, à cause de ses battements; voir le Traité des Parties, liv. III, ch.. VII, § 8 de ma traduction. - Il faut que tout périsse. Le texte n'est pas plus explicite: et sans doute, l'auteur veut dire que, si le principe initial vient à disparaître, tous les organes cessent de fonctionner, et que le mouvement de l'un ne suffit plus pour mouvoir les autres. C'est le principe même qui doit subsister, pour que tout le reste subsiste et conserve la vie. - Une partie de lui. C'est une cause qui subsiste dans l'embryon plutôt qu'une partie de l'embryon même. - Dans une centaine partie du corps. L'union de l'âme et du corps a toujours été conçue par Aristote de cette manière; voir le Traité de l'Âme, Iiv. II, ch. 1, §§ 4 et 5, et passim. L'âme ne signifie que la vie dans ce passage: ce ne peut pas être encore l'entendement, qui ne vient que plus tard. § 5 De deux choses, l'une. Le texte n'est pas aussi formel. - Attribués à Orphée. Ainsi du temps même d'Aristote, les poésies d'Orphée, si jamais il avait composé des vers, n'étaient pas authentiques. - Comme les mailles d'un filet. Ce sont les ramifications des veines, qui, sans doute. auront prêté à cette comparaison. - Que toutes les parties du corps. Ceci n'est peut-être pas exact; tous les organes existent dès le début à l'état embryonnaire; et ils ne font ensuite que se développer. - La moindre observation sensible. C'est chronologiquement le premier élément de la science; la réflexion ne vient qu'après, pour former la théorie et donner l'explication des phénomènes et de leurs causes. - D'autres n'apparaissent pas encore. Mais ils n'en existent pas moins, quoique invisibles. - Et qu'on ne dise point... En ceci. Aristote se trompe, et il est certain que même aujourd'hui où la science dispose d'instruments si puissants, la petitesse des objets est un véritable obstacle aux observations les plus attentives. - Le poumon ne se montre qu'après le cœur. Ceci est exact. Mais c'est le système nerveux qui se développe le premier de tous, sur la tache germinative de l'embryon: puis, les sens, les os, les muscles, la peau. C'est vers le quinzième jour que se montrent les premiers vestige. de l'appareil vasculaire et respiratoire. Le cœur, ou punctum saliens, a des lors des contractions, qui commencent la circulation utérine. Mais tous ces détails sont excessivement ténus, et il n'est pas étonnant que les premiers observateurs ne s'en soient pas rendu compte. voir M. Béclard, Traité élémentaire de physiologie humaine, 6e édition, pp. 1185 et suiv. ; et M. Colin. Physiologie comparée des animaux, 2e édition. tome II, pp 842 et suiv. § 6. Si l'un des deux produit l'autre. Cette explication est tout à fait inadmissible. - Simplement à la suite. C'est bien là ce qui semble se passer en effet l'évolution développe successivement tous les organes suscités par un seul et même principe, sans qu'un des organes produise un autre organe. - Après l'enfant vient l'homme. L'enfant se développe dès le jour de la conception, d'abord par la vie intra-utérine puis, par la vie au dehors, où après une vingtaine d'années, plus ou moins, il est arrivé à toute sa croissance. et est enfin devenu homme. - Une hypothèse dénuée de sens et une pure rêverie. Toutes ces observations physiologiques, sur le développement successif des organes, sont d'accord avec les théories modernes les plus autorisées, ainsi que le remarquent MM. Aubert et Wimmer, p. 136. en note. § 7. Une partie intrinsèque. Ceci est peut-être aussi exact: et les spermatozoïdes ne semblent pas du tout être une partie intégrante de l'embryon, qu'ils animent. - Soit de la plante, soit de l'animal. C'est que la vie est dans la plante, comme elle est dans l'animal, bien que les manifestations soient différentes. - Il n'est donc pas possible. Cette impossibilité n'est pas aussi bien démontrée que le croit Aristote: mais, il fait bien d'agiter ses questions profondes, et de scruter tous ses mystères. - Les parties de l'être qu'il fait. Ce serait en effet impossible, et rien ne doit le faire supposer. § 8. En dehors de lui. Voir plus haut. - Une de ces deux assertions. L'expression du texte est plus vague. - Ces difficultés, Dans un sujet tel que celui de la génération, les obscurités se présentent de toutes parts: elles arrêtent encore nos physiologistes, bien qu'ils en sachent beaucoup plus long qu'Aristote; et il n'y a point à s'étonner qu'il n'ait pas mieux résolu ces problèmes. II n'y a qu'a le louer au contraire de les avoir abordés. - D'une certaine manière, à un certain moment. Ces restrictions sont exprimées dans le texte d'une façon un peu moins précise.- D'une cause extérieure à lui. Même remarque. § 9. Dire le sperme. C'est la liqueur fécondante, élaborée par les organes du parent. - L'être d'où vient le sperme. C'est le parent lui-même. On peut en effet les confondre la raison qu'en donne Aristote: le parent ou le sperme, c'est tout un: seulement, dans un cas, on s'arrête à la cause la plus prochaine, qui est le sperme et dans l'autre, à une cause plus éloignée, qui est l'être d'où vient le sperme. C'est alors l'homme qui engendre l'homme, selon la formule aristotélique. - Telle ou telle chose. Le texte n'est pas plus précis. - Dans les automates. Aristote semble affectionner cette comparaison; voir la Métaphysique. liv. I ch. II, § 22, de ma traduction. Il suffit de la détente d'un ressort pour faire marcher toutes les autres pièces. - Par curiosité. J'ai ajouté ces mots, dont le sens est impliqué dans l'expression du texte. - Une espèce de force motrice. Le mécanisme des automates est ici très bien décrit. § 10. De même l'être d'où vient le sperme. Cette comparaison ne sert pas à éclaircir les choses, en se continuant. Celle qui suit et qui assimile le rôle du parent au rôle de l'architecte, n'est pas plus heureuse, ni plus utile. § 11. Qui fait et produit. Il n'y a qu'un seul mot dans le texte. - Détermine. J'ai ajouté ce mot pour rendre toute la force de l'expression grecque. - Préalablement et absolument accompli. La vie a été donnée tout d'abord dans sa forme la plus embryonnaire, et le développement ne vient que plus tard. - Réel et actuel. II n'y a qu'un seul mot dans le texte. - Produit par... C'est bien le sens de l'original grec; mais, il semble que ceci est en contradiction avec la théorie ordinaire d'Aristote. qui fait toujours venir la puissance de l'acte, et non l'acte de la puissance. Logiquement, la puissance est antérieure, puisqu'une chose ne devient réelle que parce qu'elle est possible, mais sous le rapport du temps. la réalité précède la puissance. - Le sperme est donc... Cette explication est très remarquable en ce qu'elle se rapproche beaucoup de celle que paraît adopter la science moderne. - De telle nature... de telle nature. La répétition est aussi dans le texte. - D'âme et de vie. Il n'y a dans le texte que le premier mot: mais évidemment l'âme ici c'est la vie à son degré te plus général. - Par la mort. J'ai ajouté ces mots pour plus de clarté. J'ai dû développer quelque peu tout ce passage. - Main... chair. Ces exemples d'homonymies sont familiers d'Aristote. § 12. Les parties similaires... organiques. Voir l'Histoire des animaux, liv. 1. ch. 1, § 1 de ma traduction. - Le feu. II s'agit du feu de la forge, que dirige l'ouvrier pour produire les instruments qu'il façonne. - Ne pensent pas faire l'essence. Le grec dit précisément « la raison », la notion, qui sert à exprimer le nom de l'être ou de la chose. - Venu du parent. D'après ce principe aristotélique que c'est l'homme qui engendre l'homme. - Ce qui n'est qu'en puissance. Voilà le dernier mot du philosophe sur le problème de la génération; mais cette explication peut paraître par trop logique, tout ingénieuse qu'elle est. § 13. C'est de ce parent... C'est l'acte même de la génération. dans ce qu'elle a de plus apparent et de moins contestable. - Ce qui fabrique l'épée. Voir, au paragraphe précédent, l'action du feu servant à façonner une hache. - Le mouvement des instruments. Dirigé par l'ouvrier. - A la raison même de l'art. Le texte n'est pas plus précis que la traduction que j'en donne. - L'art est le principe. Il vaudrait peut-être mieux dire l'artiste plutôt que l'art. - Vient d'une autre nature. Qui est celle du parent lui-même. § 14. Se demander pour le sperme... La question peut sembler assez bizarre: mais la découverte des spermatozoïdes la justifie du moins en partie, bien que le fait de leur existence fût profondément ignorée au temps d'Aristote. - S'il n'a pas d'âme. Ou de vie. - Qui participe de l'âme. Même remarque. - Une simple homonymie. Voir plus haut, § 11, les mêmes idées, exprimées en termes analogues. - Le sperme a une âme. Ici encore, on ne peut comprendre Âme que dans le sens de Vie, de principe vital. - Un géomètre qui dort. L'exemple peut paraître assez bizarre, quoiqu'il soit vrai. Le géomètre, quand il ne fait pas de géométrie, n'est géomètre qu'en puissance. MM. Aubert et Wimmer supposent qu'il y a ici une lacune. § 15. Aucune partie de l'âme. Les parties de l'âme, prises au sens aristotélique, sont la nutrition d'abord, la sensibilité, ensuite, le mouvement et l'entendement. - Auteur du mouvement extérieur. C'est le parent mâle: mais le mouvement qu'il donne et qui transmet la vie, pourrait être attribué à la faculté locomotrice de l'âme. - Elle peut s'accroître. Toutes ces observations sont exactes. - Une plante... un animal. Aristote rapproche toujours, autant qu'il peut, les plantes et les animaux, de manière à considérer la vie dans toute son étendue. C'est déjà de la biologie, telle que l'entendent les Modernes. ainsi qu'on l'a vu plus haut. liv. 1, ch. II, § 1. - La faculté de se nourrir. La première des facultés et la plus indispensable de toutes: voir le Traité de l'Âme. liv. II, ch. II § 3, de ma traduction. § 16. Qu'il se développe et qu'il croisse. Il n'y a qu'un seul mot dans le texte. - L'homme engendre l'homme. C'est la formule habituelle d'Aristote. - De son propre fond. Ou, par lui-même. - Existe avant tout le reste. Ln cause est nécessairement antérieure à son effet. - Si c'est le cœur. La forme est dubitative; mais Aristote n'hésite pas à regarder le cœur comme le viscère qui se développe le premier. |
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CHAPITRE Ill |
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§ 1. Pour répondre aux questions que nous
nous étions posées antérieurement, nous venons d'expliquer quelle est la cause
qui, en tant que principe, produit dans tout animal le premier mouvement et qui
l'organise. Mais, il nous reste encore à éclaircir [30] bien des questions sur la
nature du sperme. Quand le sperme sort de l'animal, il est épais et blanc; une
fois refroidi, il devient liquide comme l'eau, et il prend la couleur de l'eau.
Le fait peut paraître assez singulier; car l'eau ne s'épaissit pas en
s'échauffant; mais, le sperme sort épais de la chaleur intérieure; et s'il
devient liquide, c'est par le refroidissement. |
§ 1. Antérieurement. Dans ce second livre aussi bien que dans le premier. - En tant que principe. C'est le mouvement et la vie venus du mâle. - Sur la nature du mâle. On aurait pu croire que cette discussion spéciale était épuisée; voir plus haut, liv. 1, ch. XII et XIII. La nature de la liqueur séminale a été étudiée d'abord physiologiquement; ici c'est une sorte d'analyse chimique. - Il est épais et blanc. Il est plutôt blanchâtre: mais il est épais et filant, peu près comme l'albumine de l'œuf. C'est dans l'épididyme et dans le canal déférent qu'Il est le plus blanc ; il devient grisâtre pour arriver à l'urètre. - Liquide comme l'eau. C'est exagéré; mais il est vrai qu'il contient neuf dixièmes d'eau. - C'est par le refroidissement. La physiologie moderne ne semble pas avoir porté son attention sur ce point. § 2. Par des jours de glace. Ce sont là des expériences: ce ne sont plus de simples observations. - Ne se congèle pas. En se refroidissant, le sperme dépose des cristaux qui ont la forme de pyramides quadrangulaires. - Du froid. J'ai ajouté ces mots. - Qui sont plutôt terreux. Après que le sperme s'est évaporé dans ses parties aqueuses, il reste un dixième de matière organique jaunâtre, qui ressemble à de la corne. C'est la matière qu'on a nommée spermatine, ou matière organique de la liqueur séminale; elle entre pour six centièmes dans le sperme: il contient, de plus, divers sels. phosphate de chaux et de soude. - Il devient tout entier comme de l'eau. Voir le paragraphe précédent. Aristote lui-même fait des objections à cette théorie; et il voit bien qu'il manque beaucoup d'éléments à l'analyse du sperme. § 3. Où est la difficulté. Cette difficulté ne tient pas aux phénomènes eux-mêmes; elle ne tient qu'à cette fausse hypothèse qui assimile ln liqueur séminale à de l'eau. - Mélange d'eau et de terre. Il y a en ceci un fond de vérité, puisque le sperme contient neuf parties d'eau sur dix, et que le reste est composé de corps plus lourds que l'eau. § 4. Nous n'avons peut-être pas bien analysé. On remarquera la circonspection et la modestie du naturaliste, qui sent bien tout ce qui lui manque. - D'eau et de terre... d'eau et d'air. Ceci se rapporte toujours à la théorie des quatre éléments. - L'écume, Il eût fallu designer spécialement quelque matière particulière; car il en est beaucoup qui peuvent produire de l'écume. - Mélangée d'air. En effet, on épaissit l'huile en la battant, c'est-à-dire en y faisant entrer de l'air. - Le blanc de plomb. Il serait difficile de savoir à quelle expérience ceci fait allusion; voir sur la céruse le traité élémentaire de chimie, de V. Regnault, tome III, p. 213, 6° édition. - Et de noir, il devient blanc. Il semble que ce devrait être le contraire. - Que de l'écume. Sans doute parce qu'elle contient beaucoup d'air; ce qui la rend à la fois légère et blanche. § 5. C'est également ainsi que l'eau mêlée à l'huile. Ce sont là encore des expériences; en même temps que des observations. - Y renferme de l'air. Le fait est exact, quoique Aristote, qui ne connaissait pas la composition de l'air, ne puisse pas juger jusqu'où s'étend son action dans ces mélanges. - II est de l'air. L'expression est trop forte. - Surnage à la surface de l'eau. C'est que l'huile est plus légère que l'eau. - S'épaissit par le froid. Le fait est exact; mais c'est bien aussi une sorte de congélation qu'elle présente, sans que d'ailleurs la température soit très basse. - Se contracte. Le sens du mot grec peut être douteux. § 6. Par les mêmes raisons. Il est bien possible que ces raisons ne soient pas les vraies; mais cette analyse, quelque imparfaite qu'elle soit, démontre avec quel soin le philosophe étudiait les phénomènes qu'il voulait comprendre. - Liquide et noir. Liquide est exact; mais Noir ne l'est pas, il est difficile de s'expliquer cette erreur. - Que l'eau a une petite quantité de matière terreuse. Ces observations sont d'une exactitude étonnante. - Dans le phlegme. On ne voit pas précisément ce que le phlegme peut désigner ici; voir l'Histoire des Animaux, liv. I, ch. 1, § 9,, n. de ma traduction. - Du souffle intérieur. On pourrait traduire aussi : « de l'air » ; mis le mot grec, signifie plutôt la respiration, le souffle du dedans; et ce qui suit semble confirmer cette interprétation. - C'est qu'il vient de l'eau. On a déjà vu plus haut que la liqueur séminale contient neuf parties d'eau sur dix. Voir plus haut, § 1 et la note. § 7. Ctésias de Cnide. Aristote adresse la même critique à Ctésias, dans l'Histoire des Animaux, liv. III, ch. XVII, § 3, de ma traduction. En général, il fait peu de cas de son témoignage ; et il juge sévèrement ses erreurs, et les contes fabuleux qu'il rapporte avec la plus extrême crédulité. - Ce qui est vrai. Il ne paraît pas qu'Aristote eût observé l'éléphant d'une manière spéciale mais la conjecture qu'il propose est fort plausible. - D'élément terreux. La proportion doit rester à peu près la même bien que la masse totale puisse différer beaucoup. § 8. Mélangé de souffle. J'ai conservé le mot de Souffle, à cause de ce qui précède: mais il semble que le mot d'Air serait ici plus convenable. - Hérodote. Voir l'Histoire des Animaux liv. III, ch. XVII, § 1, de ma traduction, où la même erreur est attribuée à Hérodote. - Les dents des Ethiopiens; Ce ne serait pas un argument suffisant; et la liqueur séminale pourrait être d'une autre couleur que les dents: mais l'argument pris d'une manière générale, comme il l'est n'est pas sans force. § 9. C'est qu'il est de l'écume. Voir plus haut, § 4. - L'écume est blanche. Elle peut état aussi d'une autre couleur, selon les matières. - Comme on vient de le dire. Voir plus haut § 4. - Les Anciens. Il semblerait qu'on doit entendre par là les ThéoIogues plus encore que les philosophes. Le nom d'Aphrodite appartient à la mythologie, et remonte aux premiers temps de la civilisation grecque. puisqu'il est déjà dans Homère, Iliade, chap, III. v. 374 et passim. § 10. Je trouve résolue la question. La solution n'était pas aussi définitive qu'Aristote le supposait; mais c'était déjà beaucoup de l'avoir discutée. - L'air ne peut pas geler. C'est l'explication donnée plus haut, § 5, et qui ici n'est que répétée. |
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CHAPITRE IV |
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§ 1. En admettant que, pour les espèces
d'animaux où a lieu une émission de sperme [25] dans la femelle, ce qui est émis
ainsi n'est point une partie quelconque du jeune qui est conçu, il faut, comme
suite de tout ce qui précède, rechercher et dire ce que devient la partie
matérielle et corporelle du sperme, puisqu'il exerce une action par la force
déposée en lui. Il nous faut résoudre, avec précision, la question de savoir si
le produit constitué dans la femelle reçoit quelque chose, ou ne reçoit rien, de
ce qui entre en elle. Quant à l'âme, qui distingue l'animal et lui vaut [30] cette
appellation, car il n'y a réellement d'animal que par la partie sensible de
l'âme, il faut savoir si elle réside, ou ne réside pas, dans le sperme et dans
l'embryon, et d'où elle vient. |
§ 1. N'est point une partie... du jeune. C'est ce qu'on a essayé de démontrer plus haut. ch. II. - Matérielle et corporelle. Le texte n'a que le dernier mot. - Reçoit quelque chose, ou ne reçoit rien. Il semble, d'après tout ce qui précède, que l'action du mâle se borne, d'après les théories d'Aristote, à transmettre le mouvement et la vie, sans donner rien de matériel. - Quant à l'âme... C'est une question déjà posée plus haut, ch. II, § 14. - Et lui vaut cette appellation. L'étymologie est dans notre langue la même que dans la langue grecque : anima. âme ; animé, animal. - La partie sensible. C'est la sensibilité qui constitue primitivement l'animal; la nutrition est déjà dans la plante, et c'est une faculté commune et non pas spéciale. - Dans le sperme et dans l'embryon. II s'agit ici de l'embryon dans sa ferme la plus simple et dans ses premiers linéaments. - Et d'où elle vient. Question qui restera toujours mystérieuse et insoluble. § 2. Privé de toute espèce de vie. Cette supposition serait d'autant moins possible que c'est tout d'abord dans l'embryon que la vie apparaît. - Que les graines des plantes. Analogie fort exacte entre la plante et l'animal, qui, à ces premiers moments, ont également la vie sous forme rudimentaire. - De fécondité. C'est bien le sens du mot grec ; mais peut-être vaudrait-il mieux dire : « de développement ». - Ils ont l'âme nutritive. C'est la première et la plus indispensable des facultés. soit dans le plante, soit dans l'animal: la sensibilité. qui constitue l'animal et est refusée à la plante, ne vient qu'après. - Ailleurs. Voir le Traité de l'Âme, liv. II. ch. II. § 4. de ma traduction. § 3. Ce n'est pas d'un seul coup. Il semble que ce serait plutôt tout le contraire: dans les obscurités insondables de la génération, l'espèce est déterminée tout d'abord et en un instant indivisible : c'est un homme ou tel autre animal. Tout le développement postérieur dépend de cette condition initiale, la plus cachée de toutes. - Le complément qui achève l'être. C'est le développement que prend rétro aussitôt qu'il a été conçu. - D'où vient l'intelligence. Ou l'Entendement. C'est là une question toujours pendante, et comme le dit Aristote, une question des plus difficiles. La physiologie peut aborder le problème dans une certaine mesure: mais il appartient surtout à la philosophie. § 4. Qui ne sont pas encore séparés. C'est-à-dire, quand ils sont encore les uns dans le mâle. et les autres dans la femelle. - En puissance.. en fait. Ces formules sont ici mieux placées que partout ailleurs. Le passage de la simple possibilité à la réalité actuelles n'est nulle part mieux marqué que dans le mystère de la génération. L'ovule est un animal en puissance: il ne devient réel que par l'action de l'autre sexe. - Une fois séparés. C'est-à-dire, déterminés et distincts, de manière à former un individu nouveau. - La vie de la plante. C'est bien là en effet la vie intra-utérine - L'âme sensible... l'âme dotée d'entendement. Voir le Traité de l'Âme, liv. II et III, de ma traduction. § 5. Les alternatives suivantes. Le texte n'est pas aussi précis: mais j'ai cru devoir prendre cette formule, pour rendre plus claires les distinctions qui suivent. - Toutes ces âmes. C'est-à-dire, l'âme nutritive, l'âme sensible. l'âme locomotrice, l'âme raisonnable on intellectuelle - Se produisent dans l'être. L'expression du texte est aussi vague. - Ou elles y étaient toutes antérieurement. Ces questions peuvent paraître assez subtiles, sous la forme où elles sont présentées ici: mais elles n'en sont pas moins importantes: et le problème se présente toujours à nous, aussi mystérieux qu'il pouvait l'être pour les Anciens. A quel moment l'âme est-elle donnée à l'embryon. - Sans y être apportées par le sperme du mâle. Aristote incline à penser que c'est de l'action du mâle que viennent primitivement le mouvement et la vie, avec toutes leurs conséquences selon les espèces. - Les unes... les autres. Il s'agit toujours des diverses sortes d'âmes, ou plutôt des diverses facultés de l'âme. § 6. C'est là une chose impossible. Si cette assertion peut sembler téméraire, Aristote du moins essaie de la justifier par des arguments qu'il croit irréfutables, et qui ne sont pas certainement sans valeur. - L'action est corporelle... sans le corps. Cette tautologie est dans le texte. Au lieu de Principes, MM. Aubert et Wimmer préféreraient Actions; et alors il faudrait traduire : « Pour toutes les actions dont l'exécution est corporelle » : les manuscrits n'autorisent pas cette variante. - Il est bien impossible de marcher sans pieds. La marche n'est pas un principe; et c'est pour ce motif que MM. Aubert et Wimmer proposent une leçon nouvelle. - Dont nous parlons. J'ai ajouté ces mots pour plus de clarté; ils me semblent indispensables. - Inséparables. Ils sont essentiels à l'être, qui sans eux n'existerait pas. - De façon à devenir du sperme. Le texte n'est pus aussi explicite. § 7. L'entendement seul vient du dehors... il est divin. Voir les mêmes théories dans le Traité de l'Âme, liv. I, ch. IV, § 14, et liv. III, ch. v, 2. p. 104, de ma traduction: voir encore liv. III, ch. VII, § 8. p. 319. Des théories analogues se retrouvent aussi dans la Métaphysique, liv. VII, ch. x, § 15, de ma traduction. - D'un autre corps. L'expression est bien vague. - Plus divin que ce qu'on appelle les éléments. On ne peut pas affirmer plus clairement l'immatérialité de l'âme: et Platon n'a pas mieux dit. - Les éléments. La formule qu'adopte ici Aristote a quelque nuance de dédain, qui relègue la matière au dernier rang des choses. - La nature des éléments ne diffère pas moins. Ceci résulte de l'ordre même dans lequel on range d'ordinaire les quatre éléments : Terre, eau, air, feu, selon leur pesanteur, ou leur ténuité. - La chaleur. Nous ajouterions aujourd'hui : La chaleur animale. Tous les physiologistes modernes traitent le sujet de la chaleur animale, comme un des plus importante de toute la science. - Ce n'est pas tout à fait du feu. La restriction est exacte, quoique le fait de la chaleur dans l'animal puisse être considéré comme une combustion. - Le souffle ou l'esprit. Il n'y a qu'un mot dans le texte, et MM. Aubert et Wimmer remarquent avec raison que ce mot est bien obscur. - Analogue à l'élément des astres. c'est une pure hypothèse qui peut sembler bien chimérique. § 8. Ne produit-il jamais un animal quelconque? Le fait est incontestable. en dépit de quelques assertions contraires. - Aucun être ne se forme... Les grandes expériences faites de nos jours sur les générations spontanées, ont démontré la vérité de ce principe. - La chaleur du soleil. L'action de la chaleur solaire ne doit pas tenir de place ici. - La chaleur que possèdent les animaux. Cette chaleur est la seule dont la physiologie ait à tenir compte. - Le principe de la vie. C'est l'expression même du texte. Il n'y a pas de vie possible sans chaleur plus ou moins grande. § 9. N'est pas du feu. Le fait est certain; et la chaleur animale est fort différente du feu, bien qu'à quelques égards elle lui ressemble, puisqu'elle cause aussi une sorte de combustion. Mais la preuve sur laquelle Aristote appuie son assertion n'est peut-être pas très forte. - En partie séparé du corps. C'est le spiritualisme platonicien, qui reparaît ici dans les théories du disciple empruntées au maître. - Quelque parcelle divine. C'est le Divinae pacticulam aurae, d'Horace. - L'entendement. Ou l'intelligence. - En partie il n'en est pas séparé. Nous ne connaissons l'âme que jointe à un corps; et si l'âme se distingue et se saisit elle-même par un acte de conscience, elle ne se sent jamais isolée du corps, auquel elle est unie étroitement dans les conditions de la vie présente. - En souffle et en esprit. Il n'y a qu'un mot dans le texte. Le rôle attribué à la semence génératrice est assez singulier: mais cette théorie revient à ne voir dans le sperme qu'un excitateur, qui ne donne à l'embryon rien de matériel. § 10. Nous venons... d'expliquer. L'explication n'est pas aussi claire, que, sans doute, l'auteur le suppose: mais il faut toujours penser à la difficulté insurmontable du problème, et l'on ne doit pas s'étonner qu'il ne soit pas mieux résolu par Aristote. puisqu'il n'est pas non plus résolu complètement de nos jours. - Le même mouvement que celui qui fait croître. Cette assimilation des deux mouvements n'est pas très juste, puisque l'un ne dure qu'un instant, tandis que l'autre dure pendant la vie entière. - Il se condense. C'est un fait qu'il serait bien difficile de vérifier. - Cette excrétion. C'est-à-dire celle de la femelle. § 11. De même que des parents contrefaits... Le fait est exact ; et la difformité des parents ne passe pas toujours aux enfants. - Une femelle... un mâle. La comparaison dont se sert Aristote n'explique pas suffisamment le fait. - Comme un mâle. Ceci est vrai dans une certaine mesure, puisque le mâle et la femelle sont d'une seule et même espèce. - Mutilé et imparfait. Il n'y a qu'un seul mot dans le grec. - Le principe de l'âme. Il faut entendre par l'âme le principe vital, avec les facultés qui le constituent, la nutrition, la sensibilité, etc. La suite de ce paragraphe montre bien que c'est le sens donné ici au mot d'Âme. - Un embryon. Qui peut devenir un animal complet. § 12. Dans les matières liquides. Il est évident que tout ce paragraphe est ici absolument déplacé ; on ne saurait dire quelle en serait la véritable place. II est possible aussi que ce soit une note marginale qui sera passée dans le texte par l'inattention des copistes. La phrase est à rejeter tout entière. et MM. Aubert et Wimmer ont eu raison de la regarder comme apocryphe. |
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CHAPITRE V |
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§ 1. Les animaux à qui la Nature a donné une organisation moins complète,
mettent au jour un embryon qui est complet dès qu'il naît, mais qui, sous le
rapport de l'animalité, n'est pas encore un animal complet ; [10] nous avons expliqué
plus haut comment cela peut se faire. Le jeune embryon est complet en ce sens
qu'il est déjà mâle ou femelle, dans toutes les espèces où cette différence
existe. Car il y a des espèces qui ne produisent ni femelle ni mâle ; et ce sont
les espèces qui ne naissent elles-mêmes, ni de femelle et de mâle, ni d'animaux
accouplés. Nous aurons aussi plus tard à parler de la [15] génération de ces animaux.
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§ 1. Une organisation moins complète. Ce sont sans doute les ovipares qu'Aristote veut désigner ainsi. - Complète... complet... complet. Ces répétitions sont dans le texte. - Sous le rapport de l'animalité. Le texte n est pas aussi explicite. - Plus haut. Voir ci-dessus. liv. I, ch. XVII, § 3. - Est complet en ce sens... La restriction est peut-être un peu trop forte ; et l'embryon est, à ce qu'il semble, complet aussi à d'autres égards que le sexe; il a déjà les organes nécessaires à sa vie et à son développement. - Plus tard. Voir plus loin, liv. III, ch. VIII et suiv. § 2. Les animaux complets. Aristote met les vivipares au premier rang de tous les animaux: et la science moderne est sur ce point capital d'accord avec lui; voir le paragraphe suivant. - Gardent et nourrissent. Il n'y a qu'un seul mot dans le texte. - Conçu un œuf. Ce sont les ovipares pris de la manière la plus générale. Dans ce qui suit, Aristote distingue deux classes pour les ovipares : ceux qui produisent au dehors un œuf qui n'a plus qu'à se développer, et ceux qui produisent l'œuf dans leur intérieur, où il se développe avant que le jeune puisse sortir. - Pour l'œuf des ovipares. Les gallinacés par exemple. - Achevé par la matrice. Il semblerait que ce serait plutôt : Dans la matrice - Les sélaciens. Voir plus loin, liv. III. ch. VI; voir aussi Cuvier, Règne animal, tome II, p. 384; mais Cuvier insiste moins que le naturaliste grec sur cette génération particulière des sélaciens. § 3. Premièrement... les premiers... le premier rang. Toutes ces répétitions sont dans le grec. - Sont vivipares. La science moderne dirait. Mammifères ; ce qui revient à peu près au même. - L'homme... le premier de tous. Sur ce point, il y a unanimité; la seule divergence entre les naturalistes, c'est que, tout en reconnaissant la suprématie de l'homme, on ne le regarde que comme le dernier terme de la série animale, tandis que d'autres naturalistes, mieux inspirés, le regardent comme un être à part. Ce dernier avis peut passer pour être aussi l'avis d'Aristote. Voir l'Histoire des Animaux, liv. I, ch. I, § 26, et ch. XII, §§ 3 et 6; liv. II, ch. V, § 3 ; liv. IV, ch. IX, § 15 ; liv. VII; et liv. VIII, ch. 1, de ma traduction. Voir aussi le Traité des Parties, liv. II, ch. X, § 3, de ma traduction. - La respiration. Ou le Souffle. - Aucune autre cause analogue. Qui agirait à la façon de la respiration, retenue et poussée ensuite avec violence.
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