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PLUTARQUE
OEUVRES MORALES

SUR LES MOYENS DE RÉPRIMER LA COLÈRE. 

ΠΕΡΙ ΑΟΡΓΗΣΙΑΣ 

[1] ΣΥΛΛΑ
Καλῶς μοι δοκοῦσιν, ὦ Φουνδάνε, ποιεῖν οἱ ζωγράφοι διὰ χρόνου τὰ ἔργα πρὶν ἢ συντελεῖν ἐπισκοποῦντες· ὅτι τὴν ὄψιν αὐτῶν ἀφιστάντες τῇ πολλάκις κρίσει ποιοῦσι καινὴν καὶ μᾶλλον ἁπτομένην τῆς παρὰ μικρὸν διαφορᾶς, ἣν ἀποκρύπτει τὸ συνεχὲς καὶ τὸ σύνηθες. πεὶ τοίνυν οὐκ ἔστιν αὐτὸν αὑτῷ διὰ χρόνου προσελθεῖν χωρὶς γενόμενον καὶ διαστήσαντα τῆς συνεχείας τὴν αἴσθησιν, ἀλλὰ τοῦτ´ ἐστὶ τὸ μάλιστα ποιοῦν ἕκαστον αὑτοῦ φαυλότερον κριτὴν ἢ ἑτέρων, δεύτερον ἂν εἴη τὸ τοὺς φίλους ἐφορᾶν διὰ χρόνου καὶ παρέχειν ὁμοίως ἐκείνοις ἑαυτόν, οὐκ εἰ γέρων γέγονε ταχὺ καὶ τὸ σῶμα βέλτιον ἢ χεῖρον ἔσχηκεν, ἀλλὰ τὸν τρόπον καὶ τὸ ἦθος ἐπισκοπεῖν, εἴ τι χρηστὸν ὁ χρόνος προστέθεικεν ἢ τῶν φαύλων ἀφῄρηκεν. γὼ γοῦν ἐνιαυτῷ μὲν ἀφιγμένος εἰς Ῥώμην δευτέρῳ, συνὼν δέ σοι μῆνα τουτονὶ πέμπτον τὸ μὲν ἐξ ὑπαρχόντων δι´ εὐφυΐαν ἀγαθῶν ἐπίδοσιν γεγονέναι τοσαύτην καὶ αὔξησιν οὐ πάνυ θαυμαστὸν ἡγοῦμαι, τὸ δὲ σφοδρὸν ἐκεῖνο καὶ διάπυρον πρὸς ὀργὴν ὁρῶντί μοι πρᾶον οὕτως καὶ χειρόηθες τῷ λογισμῷ γεγενημένον ἐπέρχεται πρὸς τὸν θυμὸν εἰπεῖν « πόποι, ἦ μάλα δὴ μαλακώτερος.» Αὕτη δ´ ἡ μαλακότης οὐκ ἀργίαν οὐδ´ ἔκλυσιν, ἀλλ´ ὥσπερ ἡ κατειργασμένη γῆ λειότητα καὶ βάθος ἐνεργὸν ἐπὶ τὰς πράξεις ἔσχηκεν ἀντὶ τῆς φορᾶς ἐκείνης καὶ τῆς ὀξύτητος. Διὸ καὶ δῆλόν ἐστιν οὐ παρακμῇ τινι δι´ ἡλικίαν τὸ θυμοειδὲς οὐδ´ αὐτομάτως ἀπομαραινόμενον, ἀλλ´ ὑπὸ λόγων τινῶν χρηστῶν θεραπευόμενον. Καίτοι (τὸ γὰρ ἀληθὲς εἰρήσεται πρὸς σέ) ταῦθ´ ἡμῖν Ἔρως ὁ ἑταῖρος ἀπαγγέλλων ὕποπτος ἦν τὰ μὴ προσόντα πρέποντα δὲ προσεῖναι τοῖς καλοῖς κἀγαθοῖς δι´ εὔνοιαν ἐπιμαρτυρεῖν, καίπερ, ὡς οἶσθα, οὐδαμῇ πιθανὸς ὢν τῷ πρὸς χάριν ὑφίεσθαι τοῦ δοκοῦντος. λλὰ νῦν ἐκεῖνός τε τῶν ψευδομαρτυριῶν ἀφεῖται, καὶ σύ, τῆς ὁδοιπορίας σχολὴν διδούσης, ὥσπερ ἰατρείαν τινὰ σεαυτοῦ δίελθ´ ἡμῖν, ᾗ χρησάμενος οὕτως εὐήνιον καὶ ἁπαλὸν καὶ τῷ λόγῳ πρᾶον καὶ ὑπήκοον ἐποιήσω τὸν θυμόν. 
ΦΟΥΝΔΑΝΟΣ
Εἶτ´ οὐ σκοπεῖς, ὦ προθυμότατε Σύλλα, μὴ καὶ αὐτὸς εὐνοίᾳ καὶ φιλίᾳ τῇ πρὸς ἡμᾶς παρορᾷς τι τῶν ἡμετέρων; Ἔρωτι μὲν γὰρ οὐδ´ αὐτῷ πολλάκις ἔχοντι κατὰ χώραν ἐν τῇ Ὁμηρικῇ πείσῃ μένοντα τὸν θυμόν, ἀλλὰ τραχύτερον ὑπὸ μισοπονηρίας εἰκός ἐστι πραοτέρους ἡμᾶς φανῆναι, καθάπερ ἐν διαγραμμάτων μεταβολαῖς νῆταί τινες πρὸς ἑτέρας νήτας τάξιν ὑπάτων λαμβάνουσιν. 
ΣΥΛΛΑ
 Οὐδέτερα τούτων ἔστιν, ὦ Φουνδάνε· ποίει δ´ ὡς λέγω, χαριζόμενος ἡμῖν. 

PERSONNAGES DU DIALOGUE. SYLLA, FUNDANUS.

[1] SYLLA. 
Bien judicieux me paraît, cher Fundanus, le procédé des peintres qui, avant de tenir leurs ouvrages pour achevés, mettent des intervalles de temps entre chacun des examens auxquels ils les soumettent. Ils savent, qu'éloigner leurs yeux de la toile c'est les raviver par une appréciation qui devient nouvelle, c'est les rendre plus aptes à saisir certaines différences imperceptibles que la continuité et l'habitude leur cacheraient. Or, comme il n'est pas possible de se ménager des intervalles de temps au bout desquels on ait la faculté de revenir à soi après s'en être séparé de manière à mettre une solution de continuité dans le sentiment que l'on a sur soi-même, et comme c'est surtout cette impossibilité qui rend chacun bien plus mauvais juge de sa propre moralité que toute autre personne, il y aurait lieu de recourir à un second procédé. Ce serait de revoir nos amis à certains intervalles de temps, et de nous présenter pareillement à leur examen. Il ne s'agirait pas de savoir d'eux si nous avons vieilli plus ou moins vite, si notre corps est plus ou moins solide qu'auparavant. Ce serait notre caractère et nos mœurs que nous leur soumettrions, afin de juger si le temps a fait naître en nous quelque vertu nouvelle, ou s'il nous a débarrassés de quelques imperfections. Ainsi moi, qui, revenu à Rome après deux ans, pratique votre intimité depuis cinq grands mois, je constate que les excellentes qualités dont vous portiez en vous le germe ont pris un développement considérable. Certes je suis loin de m'en étonner. Mais ce qui me frappe pourtant, c'est de voir combien votre nature emportée et bouillante, combien votre propension à la colère se sont calmées et adoucies par le raisonnement. De sorte que je suis tenté de dire à la passion: Grands dieux! que te voilà grandement radoucie ! Or cette mansuétude n'est rien moins que de l'indolence et de l'apathie. Vous avez travaillé le terrain. En même temps que vous en adoucissiez l'âpreté, vous le creusiez profondément; et à la fougue, à la véhémence vous avez fait succéder l'activité qui se produit par des actes. Il est évident que ce n'est point à un épuisement de l'âge ou à des circonstances fortuites qu'a cédé votre humeur irascible. Ce sont des préceptes salutaires qui ont opéré cette guérison. Pourtant, car je veux dire toute la vérité à un homme tel que vous, quand notre ami Éros m'annonça cette métamorphose, je le suspectai. Dans sa bienveillance, me disais- je, Éros affirme non pas ce qui est, mais ce qui devrait toujours se rencontrer chez les gens de bien et d'honneur; et toutefois cet ami n'est pas homme à se laisser persuader, pas plus qu'il ne trahirait ses convictions pour être agréable à qui que ce soit. Or aujourd'hui le voilà purgé à mes yeux de tout soupçon de faux témoignage; et puisque notre promenade nous en donne le loisir, contez-nous, je vous prie, cette espèce de cure. Dites-nous quels remèdes vous avez employés pour devenir ainsi maître de votre colère, pour la rendre si docile, si maniable, si douce, si obéissante à la voix de la raison. 
FUNDANUS. 
A votre tour prenez garde, Sylla, vous que j'aime de tout mon cœur, de vous abuser vous-même sur mon compte par trop de bienveillance et d'affection. Éros, tout le premier, est bien loin souvent de maîtriser sa colère et de la contenir dans les limites de cette modération dont parle Homère. Sa haine pour les méchants le met parfois en fureur; et il est naturel que je lui en paraisse plus doux. C'est ainsi que dans les changements de tons, en musique, certains sons de basse se trouvent devenir hauts en comparaison d'autres qui sont plus bas encore.
SYLLA. Ni l'une ni l'autre de ces suppositions n'est exacte, ô Fundanus. Mais accordez-nous la grâce que je vous demande

[2] ΦΟΥΝΔΑΝΟΣ
 Καὶ μὴν ὧν γε μεμνήμεθα Μουσωνίου καλῶν ἕν ἐστιν, ὦ Σύλλα, τὸ δεῖν ἀεὶ θεραπευομένους βιοῦν τοὺς σῴζεσθαι μέλλοντας. Οὐ γὰρ ὡς ἐλλέβορον, οἶμαι, δεῖ θεραπεύσαντα συνεκφέρεσθαι τῷ νοσήματι τὸν λόγον, ἀλλ´ ἐμμένοντα τῇ ψυχῇ συνέχειν τὰς κρίσεις καὶ φυλάσσειν. Φαρμάκοις γὰρ οὐκ ἔοικεν ἀλλὰ σιτίοις ὑγιεινοῖς ἡ δύναμις αὐτοῦ, μετ´ εὐτονίας ἕξιν ἐμποιοῦσα χρηστὴν οἷς ἂν γένηται συνήθης· αἱ δὲ πρὸς ἀκμάζοντα τὰ πάθη καὶ οἰδοῦντα παραινέσεις καὶ νουθεσίαι σχολῇ μὲν ἀνύτουσι καὶ μόλις, οὐδενὶ δὲ τῶν ὀσφραντῶν διαφέρουσιν, ἃ τοὺς ἐπιληπτικοὺς ἐγείροντα πίπτοντας οὐκ ἀπαλλάττει τοῦ νοσήματος. μως δὲ τὰ μὲν ἄλλα καὶ παρ´ ὃν ἀκμάζει καιρὸν ἁμωσγέπως ὑπείκει καὶ παρίησι βοηθοῦντα λόγον ἔξωθεν εἰς τὴν ψυχήν, ὁ δὲ θυμὸς οὐχ ᾗ φησιν ὁ Μελάνθιος « Τὰ δεινὰ πράσσει τὰς φρένας μετοικίσας,» ἀλλ´ ἐξοικίσας τελείως καὶ ἀποκλείσας, ὥσπερ οἱ συνεμπιπράντες ἑαυτοὺς ταῖς οἰκίαις, πάντα ταραχῆς καὶ καπνοῦ καὶ ψόφου μεστὰ ποιεῖ τὰ ἐντός, ὥστε μήτ´ ἰδεῖν μήτ´ ἀκοῦσαι τῶν ὠφελούντων. Διὸ μᾶλλον ἐν πελάγει καὶ χειμῶνι ναῦς ἔρημος ἀναλήψεται κυβερνήτην ἔξωθεν ἢ προσδέξεται λόγον ἀλλότριον ἄνθρωπος ἐν θυμῷ καὶ ὀργῇ σαλεύων, ἂν μὴ παρεσκευασμένον ἔχῃ τὸν οἰκεῖον λογισμόν. ἀλλ´ ὥσπερ οἱ πολιορκίαν προσδεχόμενοι συνάγουσι καὶ παρατίθενται τὰ χρήσιμα τὰς ἔξωθεν ἐλπίδας ἀπεγνωκότες, οὕτω μάλιστα δεῖ τὰ πρὸς τὸν θυμὸν βοηθήματα πόρρωθεν λαμβάνοντας ἐκ φιλοσοφίας κατακομίζειν εἰς τὴν ψυχήν, ὡς, ὅταν ὁ τῆς χρείας ἀφίκηται καιρός, μὴ ῥᾳδίως παρεισάγειν δυνησομένους. οὐδὲ γὰρ ἀκούει τῶν ἐκτὸς ἡ ψυχὴ διὰ τὸν θόρυβον, ἐὰν μὴ καθάπερ κελευστὴν ἔνδοθεν ἔχῃ τὸν αὑτῆς λόγον ὀξέως δεχόμενον καὶ συνιέντα τῶν παραγγελλομένων ἕκαστον· ἀκούσασα δὲ τῶν μὲν ἠρέμα καὶ πράως λεγομένων καταφρονεῖ, πρὸς δὲ τοὺς ἐνισταμένους τραχύτερον ἐρεθίζεται. Καὶ γὰρ ὑπερήφανος καὶ αὐθάδης καὶ ὅλως ὑφ´ ἑτέρου δυσκίνητος ὁ θυμὸς ὢν ὥσπερ ὀχυρὰ τυραννὶς ἐξ ἑαυτῆς ἔχειν ὀφείλει σύνοικον καὶ συγγενὲς τὸ καταλῦον. 

[2] FUNDANUS.
 Eh bien, mon cher Sylla, une des plus belles maximes que nous ayons retenues de Musonius, est celle-ci : «qu'il faut soumettre sa conduite à un régime constant si l'on veut se sauver.» Il ne s'agit pas, selon moi, de voir dans la raison une sorte d'ellébore que l'on doive, après que l'on s'est soigné, rejeter au dehors comme on a rejeté son mal. Non : il faudra persister à la faire séjourner dans l'âme, dont elle contiendra, dont elle surveillera les décisions. Les puissants effets de la raison ressemblent non pas à ceux des drogues médicinales, mais à ceux d'une nourriture salutaire qui, avec la santé, garantit une bonne constitution à ceux qui en font un usage habituel. Mais les exhortations et les réprimandes que l'on oppose aux passions quand elles ont grandi et pris en quelque sorte leur développement, ne sont efficaces qu'avec peine et à la longue. Elles ne diffèrent en rien de ces odeurs fortes qui raniment les épileptiques à la suite d'un accès où ils sont tombés, mais qui ne font point disparaître le mal. Du reste les autres passions, lors même qu'elles sont le plus violentes, cèdent jusqu'à un certain point, et permettent que la raison vienne du dehors porter secours à l'âme. Mais il n'en est pas ainsi de la colère, qui, comme le dit Mélanthius, « Délogeant la raison, se livre à mille excès». Elle ne se contente pas de la déloger : elle la chasse, elle la bannit complétement. Comme ceux qui se brûlent avec leur propre maison, elle nous remplit à l'intérieur de trouble, de fumée, de bruit : en sorte que l'âme ne voit plus, n'entend plus rien de ce qui peut lui être profitable. C'est pour cela qu'un vaisseau abandonné au milieu de la tempête et en pleine mer recevrait plutôt un pilote du dehors, que n'acceptera une parole étrangère l'homme agité par les flots de la fureur et du courroux, si de longue main il n'a fait provision en soi-même des secours de la raison. De même que ceux qui s'attendent à être assiégés réunissent et disposent ce qui peut leur être utile, sans compter sur les ressources extérieures, de même c'est surtout contre la colère qu'il faut, longtemps d'avance, demander à la philosophie des secours dont on puisse fortifier son âme. Si l'on veut attendre le moment où l'on en aura besoin, il ne sera plus facile de pouvoir les y faire pénétrer. Le trouble intérieur de l'âme empêche qu'elle n'entende les voix du dehors, à moins qu'au dedans d'elle-même, en guise de commandant de manoeuvre, elle n'ait la raison, qui sache accueillir promptement chaque avis et le comprendre. Et même entendît-elle ces avis, elle méprise ceux qui lui sont adressés doucement et avec calme, comme elle s'irrite contre les réprimandes qui se dressent avec trop de liberté. C'est, en effet, une passion superbe et hautaine que la colère: elle ne se laisse pas facilement manier par autrui. Semblable à un tyran retranché dans une forteresse bien solide, il faut qu'elle emprunte d'elle-même, et que, par conséquent, elle ait naturellement en elle ce qui peut maîtriser sa violence.

[3] Ἡ μὲν οὖν συνέχεια τῆς ὀργῆς καὶ τὸ προσκρούειν πολλάκις ἕξιν ἐμποιεῖ πονηρὰν τῇ ψυχῇ, ἣν ὀργιλότητα καλοῦσιν, εἰς ἀκραχολίαν καὶ πικρίαν καὶ δυσκολίαν τελευτῶσαν, ὅταν ἑλκώδης καὶ μικρόλυπος ὁ θυμὸς γένηται καὶ φιλαίτιος ὑπὸ τῶν τυχόντων ὡς σίδηρος ἀσθενὴς καὶ λεπτὸς ἀναχαρασσόμενος, ἡ δὲ παραχρῆμα ταῖς ὀργαῖς ἐνισταμένη καὶ πιέζουσα κρίσις οὐ τὸ παρὸν ἰᾶται μόνον, ἀλλὰ καὶ πρὸς τὸ λοιπὸν εὔτονον ποιεῖ καὶ δυσπαθῆ τὴν ψυχήν. μοὶ γοῦν συνέβη δὶς ἢ τρὶς ἐνστάντι πρὸς ὀργὴν τὸ τῶν Θηβαίων παθεῖν, οἳ τὸ πρῶτον ὠσάμενοι Λακεδαιμονίους ἀηττήτους εἶναι δοκοῦντας οὐδεμίαν ὕστερον ἡττήθησαν ὑπ´ αὐτῶν μάχην· φρόνημα γὰρ ἔσχον ὡς κρατεῖν ἔστι τῷ λογισμῷ. ώρων δ´ οὐ μόνον ψυχροῦ κατασκεδαννυμένου λήγουσαν ὀργὴν ὡς Ἀριστοτέλης ἱστόρησεν, ἀλλὰ καὶ φόβου προσαχθέντος ἀποσβεννυμένην· καὶ νὴ Δία χαρᾶς ἐπιγενομένης ἄφνω καθ´ Ὅμηρον « άνθη » καὶ διεχύθη πολλοῖς ὁ θυμός. στε μοι παρίστατο μὴ παντελῶς ἀβοήθητον εἶναι τοῖς γε βουλομένοις τὸ πάθος. Οὐδὲ γὰρ ἀρχὰς ἔχει μεγάλας ἀεὶ καὶ ἰσχυράς, ἀλλὰ καὶ σκῶμμα καὶ παιδιὰ καὶ τὸ γελάσαι τινὰ καὶ τὸ διανεῦσαι καὶ πολλὰ τοιαῦτα πολλοὺς εἰς ὀργὴν καθίστησιν, ὥσπερ ἡ Ἑλένη τὴν ἀδελφιδῆν προσαγορεύσασα « Παρθένε μακρὸν δὴ μῆκος Ἠλέκτρα χρόνου » παρώξυνεν εἰπεῖν, « ψέ γε φρονεῖς εὖ, τότε λιποῦς´ αἰσχρῶς δόμους· » Καὶ τὸν Ἀλέξανδρον ὁ Καλλισθένης εἰπὼν τῆς μεγάλης κύλικος περιφερομένης « Οὐ βούλομαι πιὼν Ἀλεξάνδρου Ἀσκληπιοῦ δεῖσθαι. »

[3] La continuité de l'emportement et l'habitude de souvent se choquer déterminent dans l'âme la situation mauvaise qu'on appelle colère, et qui dégénère en débordement de bile, en amertume, en aigreur intraitable. C'est alors que l'âme ulcérée s'irrite des plus petites choses, et cherche querelle à propos des premiers griefs venus. On dirait un fer mince et sans force, qui cède à la plus légère déchirure. Mais si dès le principe le jugement lutte contre la colère et la dompte, non seulement il remédiera au mal présent, mais il rendra l'âme désormais vigoureuse, et cette passion ne l'attaquera plus que difficilement. Pour me citer moi-même, il m'est arrivé, après avoir résisté à la colère en deux ou trois circonstances, d'éprouver ce qui arriva jadis aux Thébains. Une première fois que ceux-ci eurent repoussé les Spartiates, réputés invincibles, ils ne furent plus jamais vaincus par eux dans une seule rencontre. Pareillement, je pris la ferme résolution de croire que je pouvais triompher de la colère avec l'aide du raisonnement. Je voyais que non seulement elle cède, comme l'écrit Aristote, à une aspersion d'eau froide, mais qu'une crainte subite l'éteint, de même qu'aussi, en vérité, Homère nous apprend que chez plusieurs une joie imprévue l'avait dissipée et guérie. Il resta dès lors démontré à mes yeux que cette passion est loin d'être tout à fait rebelle aux secours, du moins quand on le veut. Ses commencements n'ont jamais d'importance et de gravité : une raillerie, un badinage, un sourire, un hochement de tête, voilà généralement ce qui met les gens en colère. Ainsi, Hélène disant à sa nièce : « Électre, si longtemps as-tu pu rester vierge »? pousse celle-ci à lui répondre : « Partie honteusement, êtes-vous sage enfin »? Pareillement Alexandre est irrité par Callisthène lorsque celui-ci, refusant d'accepter la coupe que le roi passe à la ronde, s'écrie : « Je ne veux pas boire à Alexandre pour avoir ensuite besoin d'Esculape ». 

[4] Καθάπερ οὖν τὴν φλόγα θριξὶ λαγῴαις ἀναπτομένην καὶ θρυαλλίσι καὶ συρφετῷ ῥᾴδιόν ἐστιν ἐπισχεῖν, ἐὰν δ´ ἐπιλάβηται τῶν στερεῶν καὶ βάθος ἐχόντων, ταχὺ διέφθειρε καὶ συνεῖλεν « ψηλὸν ἡβήσασα τεκτόνων πόνον » ὥς φησιν Αἰσχύλος, οὕτως ὁ τῷ θυμῷ προσέχων ἐν ἀρχῇ καὶ κατὰ μικρὸν ἔκ τινος λαλιᾶς καὶ βωμολοχίας συρφετώδους ὁρῶν καπνιῶντα καὶ διακαιόμενον οὐ μεγάλης δεῖται πραγματείας, ἀλλὰ πολλάκις αὐτῷ τῷ σιωπῆσαι καὶ καταμελῆσαι κατέπαυσε. Καὶ γὰρ τὸ πῦρ ὁ μὴ παρασχὼν ὕλην ἔσβεσε, καὶ ὀργὴν ὁ μὴ θρέψας ἐν ἀρχῇ καὶ μὴ φυσήσας ἑαυτὸν ἐφυλάξατο καὶ καθεῖλεν. Οὐκ ἤρεσκεν οὖν μοι, καίπερ ἄλλα χρήσιμα λέγων καὶ παραινῶν, ὁ Ἱερώνυμος, ἐν οἷς οὔ φησι γινομένης ἀλλὰ γεγενημένης καὶ οὔσης αἴσθησιν ὀργῆς εἶναι διὰ τὸ τάχος. Οὐθὲν γὰρ οὕτω τῶν παθῶν συλλεγόμενον καὶ διακινούμενον ἔχει τὴν γένεσιν ἐμφανῆ καὶ τὴν αὔξησιν. ς δὴ καὶ Ὅμηρος ἐμπείρως διδάσκει, λυπηθέντα μὲν εὐθὺς ἐξαίφνης ποιῶν τὸν Ἀχιλλέα τοῦ λόγου προσπεσόντος, ἐν οἷς λέγει « ς φάτο· τὸν δ´ ἄχεος νεφέλη ἐκάλυψε μέλαινα, » Θυμούμενον δὲ βραδέως τῷ Ἀγαμέμνονι καὶ διὰ λόγων πολλῶν ἐκκαιόμενον· οὓς εἴ τις ὑφεῖλεν αὐτῶν ἐν ἀρχῇ καὶ διεκώλυσεν, οὐκ ἂν ἔσχεν αὔξησιν ἡ διαφορὰ τηλικαύτην καὶ μέγεθος. θεν ὁ Σωκράτης ὁσάκις αἴσθοιτο κινουμένου τραχύτερον αὑτοῦ πρός τινα τῶν φίλων, « Πρὸ κματος ὥς τινα ποντίαν ἄκραν στελλόμενος », ἐνεδίδου τε τῇ φωνῇ καὶ διεμειδία τῷ προσώπῳ καὶ τὸ βλέμμα πραότερον παρεῖχε, τῷ ῥέπειν ἐπὶ θάτερα καὶ πρὸς τοὐναντίον ἀντικινεῖσθαι τῷ πάθει διαφυλάττων ἑαυτὸν ἀπτῶτα καὶ ἀήττητον. 

[4] De même donc que quand le feu prend à des poils de lièvre, à des mèches, à de la paille, il est facile de s'en rendre maître, tandis que s'il attaque des corps solides et de grande épaisseur, il a détruit et consumé en un instant « Par sa vivacité de nobles travaux d'hommes », pour parler avec Eschyle; de même, celui qui surveille sa colère verra qu'au début elle n'est rien, que c'est à l'occasion d'un bavardage, d'une plaisanterie qu'elle fume et prend feu comme paille. Il n'aura donc pas besoin de développer grands efforts. Souvent pour se calmer, il suffira qu'il oppose le silence et le dédain. On éteint le feu en ne lui donnant pas de matériaux; on se garde de la colère et on la dissipe en ne l'alimentant pas à sa naissance, en ne la laissant pas se gonfler. Je suis donc loin d'approuver Hiéronyme, bien que nous lui devions d'ailleurs beaucoup de pensées et de préceptes utiles, de l'approuver, dis-je, quand il avance, que la colère se produit si instantanément qu'on ne la sent pas naître et qu'on ne la reconnaît en soi que quand elle existe. Au contraire, parmi les passions qui se concentrent et se démènent en nous, il n'en est aucune dont la naissance et les progrès soient aussi évidents. Homère le démontre en homme bien expérimenté, quand il nous dépeint Achille frappé soudain d'une douleur imprévue à une nouvelle qu'on lui apporte : « Il dit : et le dépit, comme un sombre nuage, D'Achille en un instant a couvert le visage ». Mais quand le héros s'irrite contre Agamemnon, il ne s'emporte que progressivement et après s'être enflammé lui-même par les nombreuses invectives qu'iI a prononcées. Or si quelqu'un avait empêché ces paroles d'éclater sur ses lèvres et en eût arrêté le cours, la querelle des deux souverains n'aurait pas pris un développement si exagéré. Aussi, que faisait Socrate quand il se sentait animé de quelque sentiment de colère contre un de ses amis? « ... Comme avant un orage Le nautonier prudent regagne le rivage », de même il abaissait le ton, prenait un visage souriant, un regard plein de douceur. C'était en se portant en quelque sorte du côté opposé; en prenant une direction inverse, qu'il parvenait à ne pas succomber, à n'être pas vaincu par la colère. 

[5] Ἔστι γάρ τις, ὦ ἑταῖρε, πρώτη καθάπερ τυράννου κατάλυσις τοῦ θυμοῦ, μὴ πείθεσθαι μηδ´ ὑπακούειν προστάττοντος αὐτοῦ μέγα βοᾶν καὶ δεινὸν βλέπειν καὶ κόπτειν ἑαυτόν, ἀλλ´ ἡσυχάζειν καὶ μὴ συνεπιτείνειν ὥσπερ νόσημα ῥιπτασμῷ καὶ διαβοήσει τὸ πάθος. Αἱ μὲν γὰρ ἐρωτικαὶ πράξεις, οἷον ἐπικωμάσαι καὶ ᾆσαι καὶ στεφανῶσαι θύραν, ἔχουσιν ἁμωσγέπως κουφισμὸν οὐκ ἄχαριν οὐδ´ ἄμουσον· « λθὼν δ´ οὐκ ἐβόησα τίς ἢ τίνος, ἀλλ´ ἐφίλησα τὴν φλιήν. Εἰ τοῦτ´ ἔστ´ ἀδίκημ´, ἀδικῶ ». Αἵ τε τοῖς πενθοῦσιν ἐφέσεις τοῦ ἀποκλαῦσαι καὶ ἀποδύρασθαι πολύ τι τῆς λύπης ἅμα τῷ δακρύῳ συνεξάγουσιν· ὁ δὲ θυμὸς ἐκριπίζεται μᾶλλον οἷς πράττουσι καὶ λέγουσιν οἱ ἐν αὐτῷ καθεστῶτες. τρεμεῖν οὖν κράτιστον ἢ φεύγειν καὶ ἀποκρύπτειν καὶ καθορμίζειν ἑαυτὸν εἰς ἡσυχίαν, ὥσπερ ἐπιληψίας ἀρχομένης συναισθανομένους, ἵνα μὴ πέσωμεν μᾶλλον δ´ ἐπιπέσωμεν· ἐπιπίπτομεν δὲ τοῖς φίλοις μάλιστά γε καὶ πλειστάκις, οὐ γὰρ πάντων ἐρῶμεν οὐδὲ πᾶσι φθονοῦμεν οὐδὲ πάντας φοβούμεθα, θυμῷ δ´ ἄθικτον οὐδὲν οὐδ´ ἀνεπιχείρητον, ἀλλ´ ὀργιζόμεθα καὶ πολεμίοις καὶ φίλοις καὶ τέκνοις καὶ γονεῦσι καὶ θεοῖς νὴ Δία καὶ θηρίοις καὶ ἀψύχοις σκεύεσιν, ὡς ὁ Θαμύρις « ηγνὺς χρυσόδετον κέρας, ῥηγνὺς ἁρμονίαν χορδοτόνου λύρας, » Καὶ ὁ Πάνδαρος αὑτῷ καταρώμενος, εἰ μὴ τὰ τόξα καταπρήσειε « Χερσὶ διακλάσσας ». δὲ Ξέρξης καὶ τῇ θαλάττῃ στίγματα καὶ πληγὰς ἐνέβαλλε καὶ πρὸς τὸ ὄρος ἐξέπεμπεν ἐπιστολάς «  Ἄθω δαιμόνιε οὐρανόμηκες, μὴ ποιεῖν ἐν ἐμοῖς ἔργοις λίθους μεγάλους καὶ δυσκατεργάστους· εἰ δὲ μή, τεμὼν ῥίψω σ´ αὐτὸν εἰς θάλασσαν.» Πολλὰ γάρ ἐστι τοῦ θυμοῦ φοβερά, πολλὰ δὲ καὶ γελοῖα· διὸ καὶ μισεῖται καὶ καταφρονεῖται μάλιστα τῶν παθῶν. μφότερα δ´ ἐσκέφθαι χρήσιμον. 

[5] Car il est, mon cher camarade, un premier moyen de s'affranchir de l'espèce de tyrannie qu'exerce une telle passion. C'est de lui résister, c'est de ne pas obéir quand elle veut nous contraindre à pousser de grands cris, à lancer des regards terribles, à nous frapper nous-mêmes. Loin de là, nous devons rester calmes et ne pas accroître, en gesticulant et en criant de toutes nos forces, l'intensite de la passion, ou plutôt de la maladie. Les distractions auxquelles se livrent les amoureux, à savoir les festins et les chants, leur empressement à couronner de guirlandes la porte d'une maîtresse, sont pour eux, jusqu'à un certain point, des allégements qui ne manquent ni de charme, ni d'élégance : « Arrivé, je n'ai pas crié : « Tel, fils d'un tel ! » Mais j'ai baisé son seuil. Si ce crime est mortel, Je l'ai commis, c'est vrai ... ». Les larmes et les sanglots dont on permet l'explosion chez ceux qui déplorent une perte, emportent avec eux une grande partie de la douleur. Mais le vertige de la colère s'augmente encore de ce que disent et ce que font ceux qu'elle possède. Le mieux est donc de ne pas bouger, ou bien de fuir, de se cacher, d'aller s'abriter dans une retraite paisible , comme en un port. C'est une épilepsie dont nous sentons les premières atteintes : gardons-nous d'y tomber, ou plutôt de tomber sur les autres. Car c'est sur nos amis de préférence et le plus souvent qu'il nous arrive de tomber. Tout le monde n'est pas indistinctement l'objet de notre amour, de notre envie, de notre crainte : mais il n'est personne que notre colère respecte et ménage. Nous nous irritons contre des ennemis, contre des amis, contre nos enfants, contre ceux à qui nous devons le jour. Les Dieux même, oui, les Dieux, les animaux, les objets inanimés, tout enfin excite notre colère. C'est ainsi que Thamyris « Brise son arc de ses doigts furieux, Brise sa lyre aux sons harmonieux ». Pandarus jure, avec d'effroyables imprécations contre lui-même, qu'il anéantira ses flèches et les rompra de ses propres mains. Xerxès fait battre et fouetter la mer, et il envoie à une montagne une lettre ainsi conçue : « Superbe Athos, aussi élevé que le ciel, ne mets pas sous les mains de mes travailleurs des rochers trop énormes et trop difficiles à manoeuvrer; sinon, je t'abattrai et te précipiterai dans la mer. » C'est qu'en effet, si la colère est souvent effrayante, souvent d'un autre côté elle est ridicule; et à cause de cela il n'y a point de passion qui soit plus haïe et plus méprisée. C'est une considération qu'il est utile de ne pas perdre de vue.

[6] Ἐγὼ γοῦν, εἰ μὲν ὀρθῶς, οὐκ οἶδα, ταύτην δὲ τῆς ἰατρείας ἀρχὴν ποιησάμενος, ὥσπερ οἱ Λάκωνες ἐν τοῖς εἵλωσι τὸ μεθύειν οἷόν ἐστι, κατεμάνθανον τὴν ὀργὴν ἐν ἑτέροις. Καὶ πρῶτον μέν, ᾗ φησιν Ἱπποκράτης χαλεπωτάτην εἶναι νόσον ἐν ᾗ τοῦ νοσοῦντος ἀνομοιότατον αὑτῷ γίνεται τὸ πρόσωπον, οὕτως ὁρῶν ὑπ´ ὀργῆς ἐξισταμένους μάλιστα καὶ μεταβάλλοντας ὄψιν χρόαν βάδισμα φωνὴν οἷον εἰκόνα τοῦ πάθους ἀπεματτόμην ἐμαυτῷ, πάνυ δυσχεραίνων εἰ φοβερὸς οὕτως καὶ παρακεκινηκὼς ὁρῶμαί ποτε τοῖς φίλοις καὶ τῇ γυναικὶ καὶ τοῖς θυγατρίοις, οὐ μόνον ἰδεῖν ἄγριος καὶ ἀσυνήθης ἀλλὰ καὶ φωνὴν ἀπηνῆ καὶ τραχεῖαν ἀφιείς· ὥσπερ ἑτέροις τῶν συνήθων ἐνετύγχανον οὐκ ἦθος οὐ μορφὴν οὐ λόγου χάριν οὐ τὸ πιθανὸν καὶ προσηνὲς ἐν ὁμιλίᾳ δυναμένοις ὑπ´ ὀργῆς διαφυλάττειν. Γαΐῳ μὲν οὖν Γράκχῳ τῷ ῥήτορι καὶ τὸν τρόπον ὄντι χαλεπῷ καὶ περιπαθέστερον λέγοντι διηρμοσμένον ἦν συρίγγιον, ᾧ τὴν φωνὴν οἱ ἁρμονικοὶ σχέδην ἐπ´ ἀμφότερα διὰ τῶν τόνων ἄγουσι, καὶ τοῦτ´ ἔχων οἰκέτης αὐτοῦ λέγοντος ὄπισθεν ἑστὼς ἐνεδίδου τόνον ἐπιεικῆ καὶ πρᾶον, ᾧ τὴν κραυγὴν ἀνεκαλεῖτο καὶ τὸ τραχὺ καὶ τὸ θυμικὸν ἀφῄρει τῆς φωνῆς, ὥσπερ ὁ τῶν βουκόλων « Κηρόπλαστος ὀτοβεῖ δόναξ ἀχέτας ὑπνοδόταν νόμον, » ἐπιθέλγων καὶ καθιστὰς τὴν ὀργὴν τοῦ ῥήτορος· ἐμοὶ δ´ εἴ τις ἐμμελὴς καὶ κομψὸς ἀκόλουθος ἦν, οὐκ ἂν ἠχθόμην αὐτοῦ προσφέροντος ἐπὶ ταῖς ὀργαῖς ἔσοπτρον, ὥσπερ ἐνίοις προσφέρουσι λουσαμένοις ἐπ´ οὐδενὶ χρησίμῳ. Τὸ γὰρ αὑτὸν ἰδεῖν παρὰ φύσιν ἔχοντα καὶ συντεταραγμένον οὐ μικρόν ἐστιν εἰς διαβολὴν τοῦ πάθους. Καὶ γὰρ τὴν Ἀθηνᾶν λέγουσιν οἱ παίζοντες αὐλοῦσαν ὑπὸ τοῦ σατύρου νουθετεῖσθαι καὶ μὴ προσέχειν· « Οὔ τοι πρέπει τὸ σχῆμα· τοὺς αὐλοὺς μέθες καὶ θὦπλα λάζευ καὶ γνάθους εὐσχημόνει, » θεασαμένην δὲ τοῦ προσώπου τὴν ὄψιν ἐν ποταμῷ τινι δυσχερᾶναι καὶ προέσθαι τοὺς αὐλούς· καίτοι παραμυθίαν ἡ τέχνη τῆς ἀμορφίας ἔχει τὴν ἐμμέλειαν. Καὶ ὁ Μαρσύας, ὡς ἔοικε, φορβειᾷ τινι καὶ περιστομίοις {βίᾳ} τοῦ πνεύματος τὸ ῥαγδαῖον ἐγκαθεῖρξε καὶ τοῦ προσώπου κατεκόσμησε καὶ ἀπέκρυψε τὴν ἀνωμαλίαν, « Χρυσῷ δ´ αἰγλήεντι συνήρμοσεν ἀμφιδασείας κόρσας καὶ στόμα λάβρον ὀπισθοδέτοισιν ἱμᾶσιν. » Ἡ δ´ ὀργὴ φυσῶσα καὶ διατείνουσα τὸ πρόσωπον ἀπρεπῶς ἔτι μᾶλλον αἰσχρὰν ἀφίησι καὶ ἀτερπῆ φωνὴν « Κινοῦσα χορδὰς τὰς ἀκινήτους φρενῶν. » Τὴν μὲν γὰρ θάλασσαν, ὅταν ἐκταραχθεῖσα τοῖς πνεύμασι τὰ βρύα καὶ τὸ φῦκος ἀναβάλλῃ, καθαίρεσθαι λέγουσιν· ἃ δ´ ὁ θυμὸς ἐκβράσσει τῆς ψυχῆς περιτρεπομένης ἀκόλαστα καὶ πικρὰ καὶ σπερμολόγα ῥήματα, τοὺς λέγοντας πρώτους καταρρυπαίνει καὶ καταπίμπλησιν ἀδοξίας, ὡς ἀεὶ μὲν ἔχοντας ἐν αὑτοῖς ταῦτα καὶ πλήρεις ὄντας ὑπὸ δὲ τῆς ὀργῆς ἀνακαλυπτομένους. Διὸ « Κουφοτάτου πράγματος » ὥς φησι Πλάτων « λόγου βαρυτάτην ζημίαν » τίνουσιν, ἐχθροὶ καὶ κακολόγοι καὶ κακοήθεις δοκοῦντες εἶναι. 

 [6] Pour moi, je ne sais si j'ai procédé convenablement : mais dans le premier traitement que j'essayai pour guérir cette maladie, j'imitai les Lacédémoniens, qui s'apprenaient sur les ilotes à reconnaître combien il est honteux de s'enivrer. J'étudiai d'après les autres les effets de la colère. Un symptôme me frappa d'abord. Hippocrate dit qu'une maladie est très dangereuse lorsque le visage du malade se décompose entièrement. Or, voyant combien sous l'empire de la colère la physionomie, le teint, la démarche, la voix, tout enfin est changé, je me traçai intérieurement un tel portrait de ma propre personne pour me faire honte à moi-même. Devrai-je jamais, me dis je, me montrer si effrayant et agité de semblables convulsions devant mes amis, devant ma femme, devant mes jeunes filles? Faudra-t-il que je leur présente en moi une bête féroce, un monstre comme ils n'ont pas l'habitude d'en voir, qui, de plus, poussera des cris sauvages et inarticulés? Tels, en effet, j'avais surpris souvent quelques-uns de mes compagnons. Moeurs, extérieur, parole agréable, persuasion et douceur de commerce, ils ne pouvaient rien conserver quand la colère les dominait. L'orateur Caïus Gracchus, dont les manières étaient dures et qui parlait avec trop de véhémence, réglait sa voix par une de ces petites flûtes au moyen desquelles les musiciens observent la gradation dans les tons différents. Lorsqu'il parlait, un de ses domestiques se tenait derrière lui avec cette flûte, jouant un air doux et modéré afin de ramener la voix trop criarde de son maître et de lui faire prendre un ton qui n'eût point d'âpreté et de colère. C'était comme dans les pastorales, où « ... De légers pipeaux Par leur note paisible invitent au repos ». De même cette flûte calmait et adoucissait l'emportement de l'orateur. Pour moi, si j'avais un esclave soigneux et intelligent, je ne trouverais pas mauvais que dans mes accès de colère il me présentât un miroir, comme on en présente quelquefois à ceux qui sortent du bain. Or pour ceux-ci le miroir n'est d'aucune utilité, tandis que se voir soi-même dans une situation si contraire à la nature et si troublée, ne contribue pas peu à faire prendre en horreur une telle passion. On a raconté, par manière de plaisanterie, que Minerve jouant de la flûte n'avait pas fait attention au conseil que lui donnait un satyre : «Laissez cet instrument qui ne vous convient pas, Et vous fait grimacer : il vous faut des combats. » Mais s'étant regardée et vue dans un fleuve, elle conçut du dépit et jeta l'instrument. Or remarquons que l'artiste trouve dans la douceur de la flûte un dédommagement à la difformité. On prétend même que Marsyas, au moyen d'une certaine courroie et d'une espèce de muselière, interceptait forcément la violence du son, et corrigeait ou dissimulait les grimaces auxquelles le contraignait son jeu. « A son rictus velu s'ajuste une lanière D'or brodée, et qu'un noeud rattache par derrière ». Mais la colère, qui gonfle et distend d'une façon si disgracieuse les muscles du visage, rend la voix encore plus désagréable et plus odieuse, parce qu'elle met en mouvement « Maintes cordes du coeur, non faites pour vibrer ». La mer, dit-on, se purifie lorsqu'agitée par les vents elle rejette de la mousse et de l'algue. Mais ce que la colère vomit quand l'âme est bouleversée, ces mots obscènes, amers et ridicules, souillent tout le premier celui qui les profère, et le remplissent de honte. On suppose qu'il n'a rien autre chose dans l'esprit, qu'il est plein de ces turpitudes, et qu'elles sont décelées par la colère. C'est ainsi, pour parler avec Platon, que l'on est puni lourdement à l'occasion de la chose la plus légère, à savoir de la parole, et que l'on passe pour être hostile, médisant et jaloux.

[7] Ταῦτα οὖν ὁρῶντί μοι καὶ παραφυλάττοντι συμβαίνει τίθεσθαι καὶ διαμνημονεύειν ἐπιεικῶς πρὸς ἐμαυτόν, ὡς ἀγαθὸν μέν ἐστιν ἐν πυρετῷ κρεῖττον δ´ ἐν ὀργῇ τὴν γλῶτταν ἁπαλὴν ἔχειν καὶ λείαν. μὲν γὰρ τῶν πυρεττόντων ἐὰν μὴ κατὰ φύσιν σχῇ, σημεῖόν ἐστι πονηρὸν οὐκ αἴτιον, ἡ δὲ τῶν θυμουμένων τραχεῖα καὶ ῥυπαρὰ γενομένη καὶ ῥυεῖσα πρὸς λόγους ἀτόπους ἔχθρας ἀνηκέστου δημιουργὸν ὕβριν ἐκφέρει καὶ δυσμενείας ὑπούλου κατήγορον. Οὐδὲν γὰρ ὁ ἄκρατος ἀκόλαστον οὕτω καὶ δυσχερὲς ὡς ὁ θυμὸς ἀναδίδωσι, κἀκεῖνα μὲν γέλωτι καὶ παιδιᾷ μέλει, ταῦτα δὲ χολῇ κέκραται· καὶ παρὰ πότον μὲν ὁ σιωπῶν ἐπαχθὴς τοῖς συνοῦσι καὶ φορτικός, ἐν ὀργῇ δὲ σεμνότερον οὐδὲν ἡσυχίας, ὡς ἡ Σαπφὼ παραινεῖ « Σκιδναμένης ἐν στήθεσιν ὀργῆς πεφυλάχθαι γλῶσσαν μαψυλάκαν. » 

[7] A la suite de ces remarques et de ces observations je fus amené à poser en principe et à reconnaître fort judicieusement, qu'il est bon dans la fièvre, mais encore meilleur dans la colère, que la langue reste amollie et sans aspérités. Si quand on a la fièvre la langue n'est pas dans son état naturel, c'est un mauvais signe; mais ce symptôme ne suffit pas à lui seul pour donner le mal. Dans la colère, au contraire, quand la langue devient rude et sale, quand elle se laisse aller à des propos déplacés, alors elle répand des injures qui causent des haines implacables et qui dénotent une malveillance profonde. Le vin ne pousse pas autant aux propos désordonnés et odieux que ne le fait la colère. Dans l'ivresse il n'est rien qui ne puisse se mettre sur le compte du rire et de la plaisanterie, tandis que dans la colère le fiel envenime tout. Celui qui garde le silence quand on boit est odieux et insupportable aux autres buveurs; mais dans la colère rien n'est plus convenable que le silence, comme le recommande Sapho : « Lorsque dans votre sein bouillonne la colère, Sur votre langue veillez ». 

[8] Οὐ ταῦτα δὲ μόνον ἐπιλογίζεσθαι δίδωσι τὸ προσέχειν ἀεὶ τοῖς ἁλισκομένοις ὑπ´ ὀργῆς, ἀλλὰ καὶ τὴν ἄλλην τοῦ θυμοῦ κατανοεῖν φύσιν, ὡς οὐκ εὐγενὴς οὐδ´ ἀνδρώδης οὐδ´ ἔχουσα φρόνημα καὶ μέγεθός ἐστιν, ἀλλὰ δοκεῖ τοῖς πολλοῖς τὸ ταρακτικὸν αὐτοῦ πρακτικὸν καὶ τὸ ἀπειλητικὸν εὐθαρσὲς εἶναι καὶ τὸ ἀπειθὲς ἰσχυρόν. νιοι δὲ καὶ τὴν ὠμότητα μεγαλουργίαν καὶ τὸ δυσπαραίτητον εὐτονίαν καὶ μισοπονηρίαν τὸ δύσκολον οὐκ ὀρθῶς τίθενται· τὰ γὰρ ἔργα καὶ τὰ κινήματα καὶ τὰ σχήματα μικρότητα πολλὴν καὶ ἀσθένειαν κατηγορεῖ, οὐ μόνον ἐν οἷς παιδάρια σπαράττουσι καὶ πρὸς γύναια διαπικραίνονται καὶ κύνας καὶ ἵππους καὶ ἡμιόνους οἴονται δεῖν κολάζειν, ὡς Κτησιφῶν ὁ παγκρατιαστὴς ἀντιλακτίσαι τὴν ἡμίονον ἀξιῶν, ἀλλὰ καὶ περὶ τὰς τυραννικὰς μιαιφονίας τῷ πικρῷ τὸ μικρόψυχον αὐτῶν καὶ τῷ δρῶντι τὸ πεπονθὸς ἐνορώμενον ἔοικε τοῖς δήγμασι τῶν ἑρπετῶν, ὅταν διακαῇ καὶ περιώδυνα γένηται, τὴν φλεγμονὴν ἀπερειδομένων σφοδρὰν τοῖς λελυπηκόσιν. ς γὰρ οἴδημα μεγάλης ἐστὶν ἐν σαρκὶ πληγῆς πάθος, οὕτως ἐν ταῖς μαλακωτάταις ψυχαῖς ἡ πρὸς τὸ λυπῆσαι ἔνδοσις ἐκφέρει μείζονα θυμὸν ἀπὸ μείζονος ἀσθενείας. Διὸ καὶ γυναῖκες ἀνδρῶν ὀργιλώτεραι καὶ νοσοῦντες ὑγιαινόντων καὶ γέροντες ἀκμαζόντων καὶ κακῶς πράττοντες εὐτυχούντων. ργιλώτατος γὰρ ὁ φιλάργυρος πρὸς τὸν οἰκονόμον, ὁ γαστρίμαργος πρὸς τὸν ὀψοποιόν, ὁ ζηλότυπος πρὸς τὸ γύναιον, ὁ κενόδοξος κακῶς ἀκούσας· χαλεπώτατοι δ´« γαν φιλοτιμίαν μνώμενοι ἐν πόλεσιν ἄνδρες· ἱστᾶσιν ἄλγος ἐμφανές » κατὰ Πίνδαρον. Οὕτως ἐκ τοῦ λυπουμένου μάλιστα τῆς ψυχῆς καὶ πάσχοντος ἀνίσταται μάλιστα δι´ ἀσθένειαν ὁ θυμός, οὐχὶ νεύροις, ὥς τις εἶπε, τῆς ψυχῆς ἐοικώς, ἀλλ´ ἐπιτάμασι καὶ σπάσμασιν ἐν ταῖς ἀμυντικαῖς ὁρμαῖς σφοδρότερον ἐξανισταμένης. 

[8] Ces raisons ne sont pas les seules qui doivent nous déterminer à faire attention à nous-mêmes quand nous sommes en proie à la colère. Il faut encore étudier ce qu'est d'ailleurs la nature de cette passion. Elle n'est ni noble, ni courageuse, ni raisonnable, ni magnanime. Aux yeux du vulgaire ses élans désordonnés passent pour de l'énergie, ses menaces, pour une légitime assurance, son indocilité, pour de la vigueur ; quelques-uns même veulent que sa cruauté soit grandeur, son inflexibilité, constance, son humeur chagrine, haine contre le vice. Mais c'est là une opinion erronée. Tous les actes, tous les mouvements, toutes les attitudes de la colère accusent, au rebours, une impuissance et une faiblesse extrême. Je ne parle pas seulement ici de ceux qui mutilent des petits enfants, qui s'emportent contre de faibles femmes, qui se croient obligés de châtier des chiens, des chevaux, des mulets : comme le pancratiaste Ctésiphon se jugeait intéressé d'honneur à rendre ruades pour ruades à sa mule. Je parle encore de ces despotes dont la férocité aime à se souiller de sang. La bassesse de leur âme se révèle dans la colère, et leurs actions dévoilent d'affreux sentiments. Ils ressemblent à ces reptiles, dont les morsures brûlantes et horriblement douloureuses le deviennent encore davantage par la fureur des animaux qui les ont faites. De même qu'il survient une enflure dans les chairs à la suite d'une forte contusion, de même les âmes les plus molles sont celles en qui la propension à blesser provoque une colère d'autant plus grande qu'il y a plus de faiblesse dans leur caractère. Aussi les femmes sont-elles plus irascibles que les hommes; les malades, que les gens bien portants; les vieillards, que les hommes dans la force de l'âge; les malheureux, que les heureux. Quelle violence dans la colère d'un avare contre son intendant, d'un gourmand contre son cuisinier, d'un jaloux contre sa maîtresse, d'un vaniteux contre un médisant! Les plus intraitables, toutefois, sont ceux qui aspirent aux honneurs du gouvernement, ou qui veulent devenir chefs de partis, « Lutte pleine de trouble, et tourments glorieux! » comme dit Pindare. C'est surtout à la suite d'un mécompte éprouvé, que la colère éclate dans les esprits faibles. Et loin que cette passion semble être, comme l'a dit quelqu'un, le nerf de l'âme, ce sont bien plutôt des convulsions, des spasmes excités par un désir immodéré de vengeance.

[9] Τὰ μὲν οὖν φαῦλα παραδείγματα τὴν θέαν οὐκ εὔχαριν ἀλλ´ ἀναγκαίαν μόνον εἶχε· τοὺς δ´ ἠπίως καὶ λείως ὁμιλοῦντας ὀργαῖς κάλλιστα μὲν ἀκούσματα κάλλιστα δὲ θεάματα ποιούμενος ἄρχομαι καταφρονεῖν τῶν λεγόντων· « νδρ´ ἠδίκησας· ἄνδρ´ ἀνεκτέον τόδε; » καί « Βαῖνε λάξ, ἐπὶ τραχήλου βαῖνε, καὶ πέλα χθονί, » καὶ τἄλλα παροξυντικά, δι´ ὧν ἔνιοι τὸν θυμὸν ἐκ τῆς γυναικωνίτιδος εἰς τὴν ἀνδρωνῖτιν οὐκ εὖ μετοικίζουσιν. γὰρ ἀνδρεία κατὰ τἄλλα τῇ δικαιοσύνῃ συμφερομένη περὶ μόνης μοι δοκεῖ διαμάχεσθαι τῆς πραότητος ὡς αὐτῇ μᾶλλον προσηκούσης. νθρώπων μὲν γὰρ κρατῆσαι καὶ χείροσι βελτιόνων ὑπῆρξε, τὸ δ´ ἐν ψυχῇ στῆσαι κατὰ θυμοῦ τρόπαιον (ᾧ χαλεπὸν εἶναι μάχεσθαι φησὶν Ἡράκλειτος· « τι γὰρ ἂν θέλῃ, ψυχῆς ὠνεῖται ») μεγάλης ἐστὶ καὶ νικητικῆς ἰσχύος, ὥσπερ νεῦρα καὶ τόνους ἀληθῶς ἐπὶ τὰ πάθη τὰς κρίσεις ἐχούσης. Διὸ καὶ συνάγειν ἀεὶ πειρῶμαι καὶ ἀναγινώσκειν οὐ ταῦτα δὴ νοῦν μόνα τὰ τῶν φιλοσόφων, οὕς φασι χολὴν οὐκ ἔχειν οἱ οὐκ ἔχοντες, ἀλλὰ μᾶλλον τὰ τῶν βασιλέων καὶ τυράννων· οἷον Ἀντιγόνου τὸ πρὸς τοὺς στρατιώτας τοὺς παρὰ τὴν σκηνὴν λοιδοροῦντας αὐτὸν ὡς οὐκ ἀκούοντα· τὴν γὰρ βακτηρίαν ὑποβαλὼν ἔξω « Παπαί » εἶπεν « οὐ πορρωτέρω ποι τραπόμενοι κακῶς ἐρεῖθ´ ἡμᾶς; » Ἀρκαδίωνος δὲ τοῦ Ἀχαιοῦ τὸν Φίλιππον ἀεὶ κακῶς λέγοντος καὶ φεύγειν παραινοῦντος, « Εἰσόκε τοὺς ἀφίκηται οἳ οὐκ ἴσασι Φίλιππον », εἶτά πως ἐν Μακεδονίᾳ φανέντος ᾤοντο δεῖν οἱ φίλοι κολάσαι καὶ μὴ περιιδεῖν· ὁ δὲ Φιλίππος ἐντυχὼν αὐτῷ φιλανθρώπως καὶ ξένια καὶ δῶρα πέμψας ἐκέλευσεν ὕστερον πυνθάνεσθαι, τίνας λόγους ἀπαγγέλλοι πρὸς τοὺς Ἕλληνας· ὡς δὲ πάντες ἐμαρτύρουν ἐπαινέτην αὐτοῦ γεγονέναι τὸν ἄνδρα θαυμάσιον, « γὼ τοίνυν » ἔφη « βελτίων ἰατρὸς ὑμῶν. » ν Ὀλυμπίοις δὲ βλασφημίας περὶ αὐτοῦ γενομένης καί τινων λεγόντων, ὡς οἰμῶξαι προσήκει τοὺς Ἕλληνας, ὅτι εὖ πάσχοντες ὑπὸ τοῦ Φιλίππου κακῶς αὐτὸν λέγουσι· « Τί οὖν » ἔφη « ποιήσουσιν, ἂν κακῶς πάσχωσι; » Καλὰ δὲ καὶ Πεισιστράτου τὰ πρὸς Θρασύβουλον καὶ Πορσίννα τὰ πρὸς Μούκιον καὶ Μάγα τὰ πρὸς Φιλήμονα· δημοσίᾳ γὰρ ὑπ´ αὐτοῦ κωμῳδηθεὶς ἐν θεάτρῳ· « Παρὰ τοῦ βασιλέως γράμμαθ´ ἥκει σοι, Μάγα. Μάγα κακόδαιμον, γράμματ´ οὐκ ἐπίστασαι;» Λαβὼν ὑπὸ χειμῶνος εἰς Παραιτόνιον ἐξενεχθέντα στρατιώτην μὲν ἐκέλευσε γυμνῇ μαχαίρᾳ θιγεῖν τοῦ τραχήλου μόνον εἶτα κοσμίως ἀπελθεῖν, ἀστραγάλους δὲ καὶ σφαῖραν ὡς παιδαρίῳ νοῦν οὐκ ἔχοντι προσπέμψας ἀφῆκε. Πτολεμαῖος δὲ γραμματικὸν εἰς ἀμαθίαν ἐπισκώπτων ἠρώτησε τίς ὁ τοῦ Πηλέως πατὴρ ἦν· κἀκεῖνος « ν σὺ πρότερον