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table des matières de PAUSANIAS

 

 

PAUSANIAS

 

DESCRIPTION DE LA GRÈCE, PAR PAUSANIAS.

LIVRE I.

ATTIQUE.

 

ΠΑΥΣΑΝΙΟΥ

 

ΕΛΛΑΔΟΣ ΠΕΡΙΗΓΗΣΕΩΣ

 

ΑΤΤΙΚΑ

 

CHAPITRE I.

Les promontoires Sunium et Laurium. Le Pirée. Munychie et Phalère, ports. Colias.

1. DANS cette partie du continent de la Grèce qui regarde les Cyclades et la mer Égée, s'élève en avant de l'Attique le promontoire Sunium. En le côtoyant vous trouvez un port, et sur le sommet du promontoire le temple de Minerve (Athéna) Suniade. En naviguant un peu plus avant, vous voyez Laurium, où étaient jadis les mines d'argent des Athéniens, et une petite île déserte nommée l'île de Patrocle. Ce Patrocle commandait les vaisseaux que Ptolémée, fils de Ptolémée, et petit-fils de Lagus, envoya au secours des Athéniens contre Antigone, fils de Démétrius, qui ravageait lui-même leur pays avec ses troupes de terre, tandis que ses vaisseaux les tenaient bloqués. Patrocle plaça son camp dans cette île et y construisit un fort.

2. Le Pirée était déjà anciennement un bourg, mais il n'y avait point de port avant que Thémistocle fût archonte, et Phalère était alors le port des Athéniens; c'est là en effet que la mer est le plus près de la ville. Ménésthée partit, dit-on, de Phalère pour se rendre au siège de Troie, et Thésée s'y était embarqué auparavant pour aller donner à Minos satisfaction de la mort d'Androgée. Thémistocle, lorsqu'il fut archonte, trouvant que le Pirée était bien plus commode pour les navigateurs, et offrait d'ailleurs trois ports au lieu d'un seul qu'il y avait à Phalère, y fit les constructions nécessaires pour le rendre praticable, et les loges destinées à recevoir les vaisseaux y étaient encore de mon temps. Le tombeau de Thémistocle est vers le plus grand de ces ports, car on dit que les Athéniens s'étant repentis de leur injustice à son égard, ses os furent apportés de Magnésie par ses parents. Il paraît que ses enfants revinrent aussi à Athènes, et ils placèrent dans le Parthénon un tableau représentant Thémistocle.

3. L'enceinte consacrée à Jupiter (Zeus)  et à Minerve (Athéna) est ce que le Pirée offre de plus remarquable. Jupiter (Zeus), tient son sceptre d'une main, une Victoire de l'autre, et Minerve (Athéna) tient une pique ; ces deux statues sont en bronze. On y voit le tableau où Arcésilas a peint Léosthène et ses enfants : ce Léosthène à la tête des Athéniens et de tous les autres Grecs, ayant défait les Macédoniens, d'abord dans la Béotie, ensuite au-delà des Thermopyles, les obligea de se renfermer dans Lamie, de l'autre côté du mont Éta. Un long portique sert de marché à ceux qui demeurent près de la mer, (car il y a un autre marché pour ceux qui sont plus éloignés du port). On voit derrière ce portique, deux statues, représentant Jupiter (Zeus), et le Peuple, tous deux debout; elles sont de Léocharès. Sur le bord de la mer est un temple de Vénus (Aphrodite) que Conon fit bâtir après la victoire navale qu'il remporta sur les Lacédémoniens, vers Guide, dans la Chersonèse de la Carie. Les Gnidiens ont en effet la plus grande vénération pour Vénus (Aphrodite), qui a plusieurs temples chez eux. Celui de Vénus (Aphrodite) Doritis est le plus ancien ; celui de Vénus (Aphrodite) Acrée a été bâti ensuite; le plus moderne de tous est celui de Vénus (Aphrodite) nommée Euplée par les Gnidiens, mais plus généralement connue sous le nom de Vénus (Aphrodite) de Gnide.

4. Les Athéniens ont à Munychie un autre port et un temple de Diane (Artémis) Munychia ; et à Phalère, comme je l'ai déjà dit, un troisième port, avec un temple de Cérès (Déméter) auprès. On y voit aussi un temple de Minerve (Athéna) Sciras; un peu plus loin, un temple de Jupiter (Zeus), et des autels érigés aux dieux inconnus, aux héros, aux fils de Thésée et à Phalérus, qui fit avec Jason le voyage de Colchos, disent les Athéniens. Androgée, fils de Minos, y a pareillement un autel qu'on nomme l'autel du héros, mais ceux qui cherchent à connaître mieux que les autres, les antiquités du pays, savent qu'il est dédié à Androgée.

5. Le promontoire Colias est à vingt stades de Phalère ; c'est-là qu'après la défaite des Mèdes, les débris de leur escadre furent jetés par les flots. On y voit la statue de Vénus (Aphrodite) Colias et celles des Génétyllides, déesses qui sont, je crois, les mêmes que celles qui portent le nous de Gennaïdes chez les Phocéens de l'Ionie. Sur la route de Phalère à Athènes est un temple qui n'a plus ni portes ni toit : il fut brûlé, dit-on, par Mardonius, fils de Gobryas. Si la statue qu'on y voit est, comme on le dit, un ouvrage d'Alcamène, on conçoit pourquoi elle n'a pas été mutilée par Mardonius.

ΚΕΦΑΛΑΙΟΝ A'

Σούνιον, Λαύριον. Πειραιεύς. Φαληρόν. Μουνυχία. Κωλιάς.

(1) Τῆς ἠπείρου τῆς Ἑλληνικῆς, κατὰ νήσους τὰς Κυκλάδας καὶ πέλαγος τὸ Αἰγαῖον, ἄκρα Σούνιον πρόκειται γῆς τῆς Ἀττικῆς· καὶ λιμήν τε παραπλεύσαντι τὴν ἄκραν ἐστὶ, καὶ ναὸς Ἀθηνᾶς Σουνιάδος ἐπὶ κορυφῇ τῆς ἄκρας. Πλέοντι δὲ ἐς τὸ πρόσω Λαύριόν τέ ἐστιν, ἔνθα ποτὲ Ἀθηναίοις ἦν ἀργύρου μέταλλα, καὶ νῆσος ἔρημος οὐ μεγάλη, Πατρόκλου καλουμένη· τεῖχος γὰρ ᾠκοδομήσατο ἐν αὐτῇ καὶ χάρακα ἐβάλετο Πάτροκλος, ὃς τριήρεσιν ὑπέπλει ναύαρχος Αἰγυπτίαις, ἃς Πτολεμαῖος ὁ <Πτολεμαίου> τοῦ Λάγου τιμωρεῖν ἔστειλεν Ἀθηναίοις, ὅτε σφίσιν Ἀντίγονος ὁ Δημητρίου στρατιᾷ τε αὐτὸς ἐσβεβληκὼς ἔφθειρε τὴν χώραν καὶ ναυσὶν ἅμα ἐκ θαλάσσης κατεῖργεν.

(2) Ὁ δὲ Πειραιεὺς δῆμος μὲν ἦν ἐκ παλαιοῦ· πρότερον δὲ, πρὶν ἢ Θεμιστοκλῆς Ἀθηναίοις ἦρξεν, ἐπίνειον οὐκ ἦν· Φαληρὸν δέ, ταύτῃ γὰρ ἐλάχιστον ἀπέχει τῆς πόλεως ἡ θάλασσα, τοῦτό σφισιν ἐπίνειον ἦν· καὶ Μενεσθέα φασὶν αὐτόθεν ταῖς ναυσὶν ἐς Τροίαν ἀναχθῆναι, καὶ τούτου πρότερον Θησέα δώσοντα Μίνῳ δίκας τῆς Ἀνδρόγεω τελευτῆς. Θεμιστοκλῆς δὲ ὡς ἦρξε (Τοῖς τε γὰρ πλέουσιν ἐπιτηδειότερος ὁ Πειραιεὺς ἐφαίνετό οἱ προκεῖσθαι καὶ λιμένας τρεῖς ἀνθ᾽ ἑνὸς ἔχειν τοῦ Φαληροῖ) τοῦτό σφισιν ἐπίνειον εἶναι κατεσκευάσατο· καὶ νεὼς καὶ ἐς ἐμὲ ἦσαν οἶκοι, καὶ πρὸς τῷ μεγίστῳ λιμένι τάφος Θεμιστοκλέους. Φασὶ γὰρ μεταμελῆσαι τῶν ἐς Θεμιστοκλέα Ἀθηναίοις, καὶ ὡς οἱ προσήκοντες τὰ ὀστᾶ κομίσαιεν ἐκ Μαγνησίας ἀνελόντες. Φαίνονται δὲ οἱ παῖδες οἱ Θεμιστοκλέους, καὶ κατελθόντες καὶ γραφὴν ἐς τὸν Παρθενῶνα ἀναθέντες, ἐν ᾗ Θεμιστοκλῆς ἐστι γεγραμμένος.

(3) Θέας δὲ ἄξιον τῶν ἐν Πειραιεῖ μάλιστα Ἀθηνᾶς ἐστι καὶ Διὸς τέμενος· χαλκοῦ μὲν ἀμφότερα τὰ ἀγάλματα, ἔχει δὲ ὁ μὲν σκῆπτρον, καὶ Νίκην, ἡ δὲ Ἀθηνᾶ δόρυ· ἐνταῦθα Λεωσθένην, ὃς Ἀθηναίοις καὶ τοῖς πᾶσιν Ἕλλησιν ἡγούμενος Μακεδόνας ἔν τε Βοιωτοῖς ἐκράτησε μάχῃ, καὶ αὖθις ἔξω Θερμοπυλῶν, καὶ βιασάμενος ἐς Λάμιαν κατέκλεισε τὴν ἀπαντικρὺ τῆς Οἴτης, τοῦτον τὸν Λεωσθένην, καὶ τοὺς παῖδας ἔγραψεν Ἀρκεσίλαος. Ἔστι δὲ τῆς στοᾶς τῆς μακρᾶς, ἔνθα καθέστηκεν ἀγορὰ τοῖς ἐπὶ θαλάσσῃ (καὶ γὰρ τοῖς ἀπωτέρω τοῦ λιμένος ἐστὶν ἑτέρα), τῆς δὲ ἐπὶ θαλάσσης στοᾶς ὄπισθεν ἑστᾶσι Ζεὺς καὶ Δῆμος, Λεωχάρους ἔργον. πρὸς δὲ τῇ θαλάσσῃ Κόνων ᾠκοδόμησεν Ἀφροδίτης ἱερόν, τριήρεις Λακεδαιμονίων κατεργασάμενος περὶ Κνίδον τὴν ἐν τῇ Καρικῇ χερρονήσῳ. Κνίδιοι γὰρ τιμῶσιν Ἀφροδίτην μάλιστα, καί σφισιν ἔστιν ἱερὰ τῆς θεοῦ, τὸ μὲν γὰρ ἀρχαιότατον Δωρίτιδος· μετὰ δὲ τὸ Ἀκραίας· νεώτατον δὲ ἣν Κνιδίαν οἱ πολλοί, Κνίδιοι δὲ αὐτοὶ καλοῦσιν Εὔπλοιαν.

(4) Ἔστι δὲ καὶ ἄλλος Ἀθηναίοις ὁ μὲν ἐπὶ Μουνυχίᾳ λιμὴν καὶ Μουνυχίας ναὸς Ἀρτέμιδος, ὁ δὲ ἐπὶ Φαληρῷ, καθὰ καὶ πρότερον εἴρηταί μοι, καὶ πρὸς αὐτῷ Δήμητρος ἱερόν. Ἐνταῦθα καὶ Σκιράδος Ἀθηνᾶς ναός ἐστι καὶ Διὸς ἀπωτέρω, βωμοὶ δὲ θεῶν τε ὀνομαζομένων Ἀγνώστων καὶ ἡρώων καὶ παίδων τῶν Θησέως καὶ Φαληροῦ· τοῦτον γὰρ τὸν Φαληρὸν Ἀθηναῖοι πλεῦσαι μετὰ Ἰάσονός φασιν ἐς Κόλχους. Ἔστι δὲ καὶ Ἀνδρόγεω βωμὸς τοῦ Μίνω, καλεῖται δὲ Ἥρωος. Ἀνδρόγεω δὲ ὄντα ἴσασιν, οἷς ἐστιν ἐπιμελὲς τὰ ἐγχώρια σαφέστερον ἄλλων ἐπίστασθαι.

(5) Ἀπέχει δὲ καὶ σταδίους εἴκοσιν ἄκρα Κωλιάς· ἐς ταύτην, φθαρέντος τοῦ ναυτικοῦ τοῦ Μήδων, κατήνεγκεν ὁ κλύδων τὰ ναυάγια. Κωλιάδος δέ ἐστιν ἐνταῦθα Ἀφροδίτης ἄγαλμα, καὶ Γενετυλλίδες ὀνομαζόμεναι θεαί· δοκῶ δὲ καὶ Φωκαεῦσι τοῖς ἐν Ἰωνίᾳ θεάς, ἃς καλοῦσι Γενναΐδας, εἶναι ταῖς ἐπὶ Κωλιάδι τὰς αὐτάς. Ἔστι δὲ κατὰ τὴν ὁδὸν τὴν ἐς Ἀθήνας ἐκ Φαληροῦ ναὸς Ἥρας, οὔτε θύρας ἔχων, οὔτε ὄροφον· Μαρδόνιόν φασιν αὐτὸν ἐμπρῆσαι τὸν Γωβρύου. Τὸ δὲ ἄγαλμα τὸ νῦν δή, [εἰ,] καθὰ λέγουσιν, Ἀλκαμένους ἐστὶν ἔργον· οὐκ ἂν τοῦτό γε ὁ Μῆδος εἴη λελωβημένος.

 

CHAPITRE II.

L'amazone Antiope. Les tombeaux. Des poètes royaux. Des rois successifs de l'Attique.

1. En entrant dans la ville d'Athènes, vous trouvez le tombeau de l'amazone Antiope. Pindare dit qu'elle avait été enlevée par Thésée et Pirithoüs ; mais voici ce qu'on lit dans les vers d'Hègias de Trézène. Héraclès ayant assiégé la ville deThemiscyre sur le Thermodon, ne put cependant pas parvenir à la prendre; elle lui fut livrée par Antiope devenue amoureuse de Thésée, qui avait suivi Hercule dans cette expédition. Les Athéniens, de leur côté, disent que les Amazones étant venues dans l'Attique, Antiope fut percée d'un coup de flèche par Molpadie, qui fut elle-même tuée par Thésée, et on montre aussi son tombeau à Athènes.

2. En montant du Pirée à la ville, on découvre les ruines des murs que Conon fit bâtir après le combat naval de Gnide ; car ceux que Thémistocle avait construits après la retraite des Mèdes furent démolis pendant la tyrannie des trente. Deux personnages très connus, Ménandre, fils de Diopithès, et Euripide, ont leurs tombeaux sur cette route. Celui d'Euripide est un Cénotaphe, car ce poète, étant allé vers le roi Archélaüs, fut enterré dans la Macédoine. Beaucoup d'écrivains ont raconté comment il mourut; et je veux bien croire ce qu'ils disent.

3. Les poètes fréquentaient alors les rois ; déjà avant Euripide, Anacréon avait vécu auprès de Polycrate, tyran de Samos; Hiéron avait reçu Eschyle et Simonide à Syracuse; Denys, qui fut par la suite tyran de la Sicile, avait Philoxène à sa cour; Antagoras de Rhodes et Aratus de Soles vinrent à celle d'Antigone, roi de Macédoine. Mais Homère et Hésiode, ou n'eurent pas le bonheur d'être recherchés par des souverains, ou le dédaignèrent ; Hésiode, par ce qu'il aimait la vie champêtre et craignait la fatigue des voyages. Pour Homère, qui en avait fait de fort longs, il préféra une vaste renommée aux avantages de la fortune qu'il aurait pu trouver dans le commerce des grands. Il nous présente en effet, dans ses poèmes, Dérnodocus à la cour d'Alcinoüs, et il nous apprend qu'Agamemnon partant pour le siège de Troie avait laissé je ne sais quel poète auprès de son épouse. On voit à peu de distance des portes de la ville un tombeau sur lequel est un guerrier debout près de son cheval. Je ne sais pas qui c'est, mais l'homme et le cheval sont l'ouvrage de Praxitèle.

4. En entrant dans la ville, vous trouvez un édifice, pour l'appareil des pompes religieuses qui se font, les unes tous les ans, les autres à des époques plus éloignées. Non loin de là un temple de Cérès (Déméter) renferme la statue de la déesse, celle de sa fille et Iacchus tenant à la main une torche. Une inscription gravée sur le mur en lettres attiques, nous apprend que ces statues sont de Praxitèle. Près de ce temple est un Neptune (Poséidon) à cheval, lançant sa pique au géant Polybotès, sur lequel les habitants de Cos racontent une fable où il est question du promontoire de la Tortue. L'inscription qu'on y lit maintenant indique un autre personnage que Poséidon. Depuis les portes de la ville jusqu'au Céramique, règnent des portiques devant lesquels sont des statues en bronze représentant différents personnages, hommes ou femmes, qui se sont distingués ou par leurs actions on par leurs écrits.

5. Un de ces portiques renferme quelques temples de dieux, un gymnase qui porte le nom de Mercure (Hermès), et même encore la maison de Polytion, où quelques Athéniens d'un rang distingué parodièrent les mystères d'Éleusis; elle est maintenant consacrée à Bacchus (Dionysos), qui a reçu le surnom de Melpoménus comme Apollon celui de Musagète; et pour la même raison. Ce portique vous présente aussi les statues de Minerve (Athéna) Péonia, de Jupiter (Zeus), de Mnémosyne, des Muses et d'Apollon, faites et offertes par Eubulide ; on y voit encore Acratus l'un des génies de la suite de Bacchus (Dionysos); mais ce n'est qu'une tête enchâssée dans le mur. Après l'enceinte consacrée à Bacchus (Dionysos), vous trouvez un petit édifice avec des statues de terre qui représentent Amphictyon, roi des Athéniens, donnant un repas à Bacchus (Dionysos) et aux autres dieux. Là se voit enfin Pégase d'Éleuthère qui introduisit à Athènes le culte de Bacchus (Dionysos) ; il fut secondé par l'oracle de Delphes, qui rappela aux Athéniens le voyage du dieu dans l'Attique, du temps, d'Icarius.

6. Amphictyon parvint au trône de la manière suivante. Actéus fut, dit-on, le premier roi de ce qu'on nomme maintenant l'Attique. Cécrops, qui avait épousé sa fille, prit la couronne après sa mort; il eut trois filles, Hersé, Aglaure, Pandrose, et un fils nommé Erysichthon, qui ne régna point, étant mort avant Cécrops, dont le trône fut occupé par Cranaüs le plus puissant des Athéniens. Cranaüs eut plusieurs filles, entre autres Atthis, de qui le pays prit le nom d Attique au lieu de celui d'Actée qu'il portait auparavant. Amphictyon se révolta contre Cranaüs, dont il avait cependant épousé la fille, le détrôna et fut renversé lui-même par Erichthonius et ses partisans. On dit qu'Erichthonius n'avait point de père mortel, et qu'il était fils de Vulcain (Héphaïstos) et de la Terre.

ΚΕΦΑΛΑΙΟΝ Β'.

Ἀντιόπη Ἀμαζών. Τάφοι. Ποιηταὶ Βασιλεῦσι σθνόντες. Βασιλέων διαδοχαί.

(1) Ἐσελθόντων δὲ ἐς τὴν πόλιν, ἐστὶν Ἀντιόπης μνῆμα Ἀμαζόνος. Ταύτην τὴν Ἀντιόπην Πίνδαρος μέν φησιν ὑπὸ Πειρίθου καὶ Θησέως ἁρπασθῆναι, Τροιζηνίῳ δὲ Ἡγίᾳ τοιάδε ἐς αὐτὴν πεποίηται. Ἡρακλέα Θεμίσκυραν πολιορκοῦντα τὴν ἐπὶ Θερμώδοντι ἑλεῖν μὴ δύνασθαι, Θησέως δὲ ἐρασθεῖσαν Ἀντιόπην (στρατεῦσαι γὰρ ἅμα Ἡρακλεῖ καὶ Θησέα) παραδοῦναι τὸ χωρίον. τάδε μὲν Ἡγίας πεποίηκεν· Ἀθηναῖοι δέ φασιν, ἐπείτε ἦλθον Ἀμαζόνες, Ἀντιόπην μὲν ὑπὸ Μολπαδίας τοξευθῆναι, Μολπαδίαν δὲ ἀποθανεῖν ὑπὸ Θησέως. καὶ μνῆμά ἐστι καὶ Μολπαδίας Ἀθηναίοις.

(2) Ἀνιόντων δὲ ἐκ Πειραιῶς, ἐρείπια τῶν τειχῶν ἐστιν, ἃ Κόνων ὕστερον τῆς πρὸς Κνίδῳ ναυμαχίας ἀνέστησε· τὰ γὰρ Θεμιστοκλέους μετὰ τὴν ἀναχώρησιν οἰκοδομηθέντα τὴν Μήδων ἐπὶ τῆς ἀρχῆς καθῃρέθη τῶν τριάκοντα ὀνομαζομένων· εἰσὶ δὲ τάφοι κατὰ τὴν ὁδὸν γνωριμώτατοι, Μενάνδρου τοῦ Διοπείθους, καὶ μνῆμα Εὐριπίδου κενόν. Τέθαπται δὲ Εὐριπίδης ἐν Μακεδονίᾳ παρὰ τὸν βασιλέα ἐλθὼν Ἀρχέλαον· ὁ δέ οἱ τοῦ θανάτου τρόπος, πολλοῖς γάρ ἐστιν εἰρημένος, ἐχέτω καθὰ λέγουσιν.

(3) Συνῆσαν δὲ ἄρα καὶ τότε τοῖς βασιλεῦσι ποιηταὶ καὶ πρότερον ἔτι καὶ Πολυκράτει Σάμου τυραννοῦντι Ἀνακρέων παρῆν καὶ ἐς Συρακούσας πρὸς Ἱέρωνα Αἰσχύλος καὶ Σιμωνίδης ἐστάλησαν· Διονυσίῳ δέ, ὃς ὕστερον ἐτυράννησεν ἐν Σικελίᾳ, Φιλόξενος παρῆν καὶ Ἀντιγόνῳ Μακεδόνων ἄρχοντι Ἀνταγόρας ῾Ρόδιος καὶ Σολεὺς Ἄρατος. Ἡσίοδος δὲ καὶ Ὅμηρος, ἢ συγγενέσθαι βασιλεῦσιν ἠτύχησαν, ἢ καὶ ἑκόντες ὠλιγώρησαν· ὁ μὲν ἀγροικίᾳ καὶ ὄκνῳ πλάνης, Ὅμηρος δὲ ἀποδημήσας ἐπὶ μακρότατον, καὶ τὴν ὠφέλειαν ἐς χρήματα παρὰ τῶν δυνατῶν ὑστέραν θέμενος τῆς παρὰ τοῖς πολλοῖς δόξης· ἐπεὶ καὶ Ὁμήρῳ πεποιημένα ἐστὶν, Ἀλκίνῳ παρεῖναι Δημόδοκον καὶ ὡς Ἀγαμέμνων καταλείποι τινὰ παρὰ τῇ γυναικὶ ποιητήν. Ἔστι δὲ τάφος οὐ πόρρω τῶν πυλῶν, ἐπίθημα ἔχων στρατιώτην ἵππῳ παρεστηκότα· ὅν τινα μέν, οὐκ οἶδα, Πραξιτέλης δὲ καὶ τὸν ἵππον καὶ τὸν στρατιώτην ἐποίησεν.

(4) Ἐσελθόντων δὲ ἐς τὴν πόλιν, οἰκοδόμημα ἐς παρασκευήν ἐστι τῶν πομπῶν, ἃς πέμπουσι, τὰς μὲν ἀνὰ πᾶν ἔτος, τὰς δὲ καὶ χρόνον διαλείποντες· καὶ πλησίον ναός ἐστι Δήμητρος, ἀγάλματα δὲ αὐτή τε καὶ ἡ παῖς, καὶ δᾷδα ἔχων Ἴακχος· γέγραπται δὲ ἐπὶ τῷ τοίχῳ γράμμασιν Ἀττικοῖς, ἔργα εἶναι Πραξιτέλους. Τοῦ ναοῦ δὲ οὐ πόρρω Ποσειδῶν ἐστιν ἐφ᾽ ἵππου, δόρυ ἀφιεὶς ἐπὶ γίγαντα Πολυβώτην, ἐς ὃν Κῴοις ὁ μῦθος περὶ τῆς ἄκρας ἔχει τῆς Χελώνης· τὸ δὲ ἐπίγραμμα τὸ ἐφ᾽ ἡμῶν τὴν εἰκόνα ἄλλῳ δίδωσι καὶ οὐ Ποσειδῶνι. Στοαὶ δέ εἰσιν ἀπὸ τῶν πυλῶν ἐς τὸν Κεραμεικὸν, καὶ εἰκόνες πρὸ αὐτῶν χαλκαῖ καὶ γυναικῶν καὶ ἀνδρῶν, ὅσοις τι ὑπῆρχεν, καὶ ὧν τις λόγος ἐς δόξαν·

(5) ἡ δὲ ἑτέρα τῶν στοῶν ἔχει μὲν ἱερὰ θεῶν, ἔχει δὲ γυμνάσιον Ἑρμοῦ καλούμενον· ἔστι δὲ ἐν αὐτῇ Πουλυτίωνος οἰκία, καθ᾽ ἣν παρὰ τὴν ἐν Ἐλευσῖνι δρᾶσαι τελετὴν Ἀθηναίων φασὶν οὐ τοὺς ἀφανεστάτους· ἐπ᾽ ἐμοῦ δὲ ἀνεῖτο Διονύσῳ. Διόνυσον δὲ τοῦτον καλοῦσι Μελπόμενον ἐπὶ λόγῳ τοιῷδε, ἐφ᾽ ὁποίῳ περ Ἀπόλλωνα Μουσηγέτην. Ἐνταῦθά ἐστιν Ἀθηνᾶς ἄγαλμα Παιωνίας, καὶ Διὸς, καὶ Μνημοσύνης, καὶ Μουσῶν, Ἀπόλλων τε, ἀνάθημα καὶ ἔργον Εὐβουλίδου, καὶ δαίμων τῶν ἀμφὶ Διόνυσον Ἄκρατος· πρόσωπόν ἐστίν οἱ μόνον ἐνῳκοδομημένον τοίχῳ. Μετὰ δὲ τὸ τοῦ Διονύσου τέμενός ἐστιν οἴκημα ἀγάλματα ἔχον ἐκ πηλοῦ, βασιλεὺς Ἀθηναίων Ἀμφικτύων, ἄλλους τε θεοὺς ἑστιῶν καὶ Διόνυσον. Ἐνταῦθα καὶ Πήγασός ἐστιν Ἐλευθερεύς, ὃς Ἀθηναίοις [τὸν] θεὸν ἐσήγαγε· συνεπελάβετο δέ οἱ τὸ ἐν Δελφοῖς μαντεῖον ἀναμνῆσαν τὴν ἐπὶ Ἰκαρίου ποτὲ ἐπιδημίαν τοῦ θεοῦ.

(6) Τὴν δὲ βασιλείαν Ἀμφικτύων ἔσχεν οὕτως. Ἀκταῖον λέγουσιν ἐν τῇ νῦν Ἀττικῇ βασιλεῦσαι πρῶτον· ἀποθανόντος δὲ Ἀκταίου Κέκροψ ἐκδέχεται τὴν ἀρχὴν θυγατρὶ συνοικῶν Ἀκταίου, καί οἱ γίνονται θυγατέρες μὲν Ἕρση καὶ Ἄγλαυρος καὶ Πάνδροσος, υἱὸς δὲ Ἐρυσίχθων. Οὗτος οὐκ ἐβασίλευσεν Ἀθηναίων, ἀλλά οἱ τοῦ πατρὸς ζῶντος τελευτῆσαι συνέβη, καὶ τὴν ἀρχὴν τὴν Κέκροπος Κραναὸς ἐξεδέξατο, Ἀθηναίων δυνάμει προύχων. Κραναῷ δὲ θυγατέρας καὶ ἄλλας καὶ Ἀτθίδα γενέσθαι λέγουσιν· ἀπὸ ταύτης ὀνομάζουσιν Ἀττικὴν τὴν χώραν, πρότερον καλουμένην Ἀκταίαν. Κραναῷ δὲ Ἀμφικτύων ἐπαναστάς, θυγατέρα ὅμως ἔχων αὐτοῦ, παύει τῆς ἀρχῆς, καὶ αὐτὸς ὕστερον ὑπὸ Ἐριχθονίου καὶ τῶν συνεπαναστάντων ἐκπίπτει· πατέρα δὲ Ἐριχθονίῳ λέγουσιν ἀνθρώπων μὲν οὐδένα εἶναι, γονέας δὲ Ἥφαιστον καὶ Γῆν.

 

CHAPITRE III.

 Le Céramique, ses portiques, ses temples et ses statues. Les Gaulois.

1. Le quartier appelé le Céramique tient son nom du héros Ceramus, qu'on dit aussi fils de Dionysos et d'Ariane. Le portique royal est le premier à droite ; c'est là que siège celui des archontes annuels qui prend le titre de roi. Il y a sur le faîte de ce portique quelques figures en terre cuite, Thésée précipitant Sciron dans la mer, Héméra portant Céphale qu'elle enleva; dit-on, éprise de sa beauté. Elle eut de lui un fils nommé Phaéton qu'elle fit gardien de son temple, ainsi que le racontent plusieurs poètes, entre autres Hésiode dans ses vers sur les femmes célèbres.

2. Près de ce portique sont des statues qui représentent Conon debout, Timothée son fils, et le roi de Chypre Évagoras, qui engagea le roi Artaxerxés à confier les vaisseaux Phéniciens à Conon. Évagoras donna ce conseil parce qu'il était Athénien lui-même et originaire de Salamine; il descendait en effet de Tenter et d'une fille de Cinyras. Là sont aussi Jupiter (Zeus) surnommé Éleuthère et l'empereur Adrien, qui répandant ses bienfaits sur d'autres peuples soumis à son empire, en combla particulièrement les Athéniens.

3. Dans le portique qui est derrière sont peints les douze grands dieux, et sur le mur opposé, Thésée, la Démocratie et le Peuple. On a voulu exprimer par là que ce fut Thésée qui établit à Athènes un gouvernement fondé sur l'égalité. En effet, l'opinion vulgaire veut que Thésée ait remis le gouvernement au peuple et que la démocratie ait subsisté jusqu'à l'usurpation de Pisistrate. D'autres traditions également fausses ont cours parmi la multitude; comme elle ne connaît pas l'histoire, chacun prend pour des vérités ce qu'il a entendu dès son enfance dans les chœurs religieux et dans les tragédies ; on dit aussi que Thésée reprit la couronne après la mort de Ménesthée, et que ses descendants régnèrent à Athènes jusqu'à la quatrième génération. Si je voulais écrire des généalogies, je ferais facilement l'énumération de ceux qui ont régné depuis Mélanthus jusqu'à Clidicus, fils d'Ésimide, et do ceux qui avaient régné depuis Thésée.

`4. On a peint dans ce même portique la bataille de Mantinée, où les Athéniens étaient comme auxiliaires des Lacédémoniens. Xénophon et d'autres ont écrit toute l'histoire de cette guerre; la prise de la Cadmée, la défaite des Lacédémoniens à Leuctres, l'invasion des Béotiens dans le Péloponnèse et comment les Athéniens envoyèrent des secours aux Lacédémoniens. Le tableau dont il s'agit représente le combat de la cavalerie ; les personnages les plus connus sont, Gryllos, fils de Xénophon, du côté des Athéniens, et parmi les Béotiens Épaminondas de Thèbes. Ces tableaux sont d'Euphranor qui a peint aussi, dans le temple voisin, Apollon surnommé Patroos ; des deux statues d'Apollon placées devant ce temple, l'une est de Léocharès ; celle d'Apollon Alexicacos est de Calamis. Ce surnom, du dieu vient, disent les Athéniens, de ce qu'il leur indiqua, par un oracle rendu à Delphes, les moyens de faire cesser la peste dont ils étaient affligés en même temps que de la guerre du Péloponnèse.

5. On a bâti dans le même endroit un temple de la mère des dieux, sa statue a été faite par Phidias; près de là est le Sénat des cinq cents qui se renouvelle chaque année. On y remarque une statue de Jupiter (Zeus) Buléus ; un Apollon, ouvrage de Pisias, et une statue du Peuple, de la main de Lyson. Protogène de Canne et Olbiade y ont peint, le premier, les législateurs d'Athènes, et le second, ce Callippus qui conduisit les Athéniens aux Thermopyles, pour s'opposer à l'irruption des Gaulois dans la Grèce.

6. Ces Gaulois habitent les extrémités de l'Europe, vers une mer immense dont on ne connaît pas les extrémités, qui est sujette au flux et au reflux, semée d'écueils et remplie de monstres qui ne ressemblent en rien à ceux de nos mers. Le pays de ces Gaulois est traversé par l'Éridan, fleuve sur les bords duquel les filles du Soleil pleurent, dit-on, la mort de Phaéton leur frère. Le nom de Gaulois qu'on leur donne n'a prévalu que très tard; ils prenaient anciennement celui de Celtes; nom que les autres peuples leur donnaient aussi.

ΚΕΦΑΛΑΙΟΝ Γ'.

Κεραμεικὸς καὶ ἐν αὐτῷ στοαί, ἀγάλματα, γραφαὶ, ναοὶ. Γαλάται.

(1) Τὸ δὲ χωρίον, ὁ Κεραμεικὸς, τὸ μὲν ὄνομα ἔχει ἀπὸ ἥρωος Κεράμου, Διονύσου τε εἶναι καὶ Ἀριάδνης καὶ τούτου λεγομένου· πρώτη δέ ἐστιν ἐν δεξιᾷ καλουμένη στοὰ βασίλειος, ἔνθα καθίζει βασιλεὺς ἐνιαυσίαν ἄρχων ἀρχὴν, καλουμένην βασιλείαν. Ταύτης ἔπεστι τῷ κεράμῳ τῆς στοᾶς ἀγάλματα ὀπτῆς γῆς, ἀφιεὶς Θησεὺς ἐς θάλασσαν Σκίρωνα, καὶ φέρουσα Ἡμέρα Κέφαλον, ὃν κάλλιστον γενόμενόν φασιν ὑπὸ Ἡμέρας ἐρασθείσης ἁρπασθῆναι, καί οἱ παῖδα γενέσθαι Φαέθοντα, [ὃν] καὶ φύλακα ἐποίησε τοῦ ναοῦ. Ταῦτα ἄλλοι τε καὶ Ἡσίοδος εἴρηκεν ἐν ἔπεσι τοῖς ἐς τὰς γυναῖκας. (2) Πλησίον δὲ τῆς στοᾶς Κόνων ἕστηκε, καὶ Τιμόθεος υἱὸς Κόνωνος, καὶ βασιλεὺς Κυπρίων Εὐαγόρας, ὃς καὶ τὰς τριήρεις τὰς Φοινίσσας ἔπραξε παρὰ βασιλέως Ἀρταξέρξου δοθῆναι Κόνωνι· ἔπραξε δὲ ὡς Ἀθηναῖος, καὶ τὸ ἀνέκαθεν ἐκ Σαλαμῖνος, ἐπεὶ καὶ γενεαλογῶν ἐς προγόνους ἀνέβαινε Τεῦκρον καὶ Κινύρου θυγατέρα. Ἐνταῦθα ἕστηκε Ζεὺς ὀνομαζόμενος Ἐλευθέριος, καὶ βασιλεὺς Ἀδριανός, ἐς ἄλλους τε, ὧν ἦρχεν, εὐεργεσίας καὶ ἐς τὴν πόλιν μάλιστα ἀποδειξάμενος τὴν Ἀθηναίων.

(3) Στοὰ δὲ ὄπισθεν ᾠκοδόμηται γραφὰς ἔχουσα θεοὺς δώδεκα καλουμένους· ἐπὶ δὲ τῷ τοίχῳ τῷ πέραν Θησεύς ἐστι γεγραμμένος καὶ Δημοκρατία τε καὶ Δῆμος. Δηλοῖ δὲ ἡ γραφὴ Θησέα εἶναι τὸν καταστήσαντα Ἀθηναίοις ἐξ ἴσου πολιτεύεσθαι· κεχώρηκε δὲ φήμη καὶ ἄλλως ἐς τοὺς πολλούς, ὡς Θησεὺς παραδοίη τὰ πράγματα τῷ δήμῳ καὶ ὡς ἐξ ἐκείνου δημοκρατούμενοι διαμείναιεν, πρὶν ἢ Πεισίστρατος ἐτυράννησεν ἐπαναστάς. Λέγεται μὲν δὴ καὶ ἄλλα οὐκ ἀληθῆ παρὰ τοῖς πολλοῖς, οἷα ἱστορίας ἀνηκόοις οὖσι, καὶ ὁπόσα ἤκουον εὐθὺς ἐκ παίδων ἔν τε χοροῖς καὶ τραγῳδίαις πιστὰ ἡγουμένοις, λέγεται δὲ καὶ ἐς τὸν Θησέα, ὡς αὐτός τε ἐβασίλευσε, καὶ ὕστερον Μενεσθέως τελευτήσαντος, καὶ ἐς τετάρτην οἱ Θησεῖδαι γενεὰν διέμειναν ἄρχοντες. Εἰ δέ μοι γενεαλογεῖν ἤρεσκε, καὶ τοὺς ἀπὸ Μελάνθου βασιλεύσαντας, ἐς Κλείδικον τὸν Αἰσιμίδου, καὶ τούτους ἂν ἀπηριθμησάμην.

(4) Ἐνταῦθά ἐστι γεγραμμένον καὶ τὸ περὶ Μαντίνειαν Ἀθηναίων ἔργον, οἳ βοηθήσοντες Λακεδαιμονίοις ἐπέμφθησαν. Συνέγραψαν δὲ ἄλλοι τε καὶ Ξενοφῶν τὸν πάντα πόλεμον, κατάληψίν τε τῆς Καδμείας καὶ τὸ πταῖσμα Λακεδαιμονίων ἐν Λεύκτροις, καὶ ὡς ἐς Πελοπόννησον ἐσέβαλον Βοιωτοὶ, καὶ τὴν συμμαχίαν Λακεδαιμονίοις τὴν παρ᾽ Ἀθηναίων ἐλθοῦσαν. Ἐν δὲ τῇ γραφῇ τῶν ἱππέων ἐστὶ μάχη, ἐν ᾗ γνωριμώτατοι Γρύλος τε ὁ Ξενοφῶντος ἐν τοῖς Ἀθηναίοις, καὶ κατὰ τὴν ἵππον τὴν Βοιωτίαν Ἐπαμινώνδας ὁ Θηβαῖος· ταύτας τὰς γραφὰς Εὐφράνωρ ἔγραψεν Ἀθηναίοις, καὶ πλησίον ἐποίησεν ἐν τῷ ναῷ τὸν Ἀπόλλωνα Πατρῷον ἐπίκλησιν. Πρὸ δὲ τοῦ νεὼ τὸν μὲν Λεωχάρης, ὃν δὲ καλοῦσιν Ἀλεξίκακον, Κάλαμις ἐποίησε. Τὸ δὲ ὄνομα τῷ θεῷ γενέσθαι λέγουσιν, ὅτι τὴν λοιμώδη σφίσι νόσον ὁμοῦ τῷ Πελοποννησίων πολέμῳ πιέζουσαν κατὰ μάντευμα ἔπαυσε Δελφῶν.

(5) ᾨκοδόμηται δὲ καὶ μητρὸς θεῶν ἱερόν, ἣν Φειδίας εἰργάσατο, καὶ πλησίον, τῶν πεντακοσίων καλουμένων βουλευτήριον, οἳ βουλεύουσιν ἐνιαυτὸν Ἀθηναίοις. Βουλαίου δὲ ἐν αὐτῷ κεῖται ξόανον Διὸς, καὶ Ἀπόλλων, τέχνη Πεισίου, καὶ Δῆμος, ἔργον Λύσωνος· τοὺς δὲ θεσμοθέτας ἔγραψε Πρωτογένης Καύνιος, Ὀλβιάδης δὲ Κάλλιππον, ὃς Ἀθηναίους ἐς Θερμοπύλας ἤγαγε, φυλάξοντας τὴν ἐς τὴν Ἑλλάδα Γαλατῶν ἐσβολήν.

(6) Οἱ δὲ Γαλάται οὗτοι νέμονται τῆς Εὐρώπης τὰ ἔσχατα, ἐπὶ θαλάσσῃ πολλῇ καὶ ἐς τὰ πέρατα οὐ πλωίμῳ· παρέχεται δὲ ἄμπωτιν καὶ ῥαχίαν καὶ θηρία οὐδὲν ἐοικότα τοῖς ἐν θαλάσσῃ τῇ λοιπῇ· καί σφισι διὰ τῆς χώρας ῥεῖ ποταμὸς Ἠριδανός, ἐφ᾽ ᾧ τὰς θυγατέρας τὰς Ἡλίου ὀδύρεσθαι νομίζουσι τὸ περὶ τὸν Φαέθοντα τὸν ἀδελφὸν πάθος. Ὀψὲ δέ ποτε αὐτοὺς καλεῖσθαι Γαλάτας ἐξενίκησεν· Κελτοὶ γὰρ κατά τε σφᾶς τὸ ἀρχαῖον καὶ παρὰ τοῖς ἄλλοις ὠνομάζοντο.

CHAPITRE IV.

Les Gaulois. Ancyre. Leur Pergame.

1. CES peuples ayant rassemblé une armée considérable, prirent leur route le long du golfe Ionien et chassèrent de leur pays les Illyriens, les peuples qui demeurent entre l'Illyrie et la Macédoine, les Macédoniens eux-mêmes, et envahirent la Thessalie. Ils étaient déjà près des Thermopyles, que les Grecs pour la plupart n'avaient pas encore songé à sortir de l'inaction pour s'opposer à l'irruption des barbares. Très maltraités d'abord par Philippe et par Alexandre, les Grecs avaient perdu le reste de leurs forces sous Antipater et sous Cassandre, de sorte que chaque peuple croyait, à cause de sa faiblesse, pouvoir sans honte, se dispenser de concourir à la défense commune.

2.  Les Athéniens, quoique les plus épuisés par une longue guerre contre les Macédoniens, et par de nombreuses défaites, résolurent cependant d'aller défendre les Thermopyles avec ceux des Grecs qui voudraient se réunir à eux, et ils prirent Callippos pour général. S'étant postés à l'endroit où le passage pour entrer dans la Grèce est le plus étroit, ils arrêtèrent effectivement les Gaulois ; mais ceux-ci ayant trouvé le sentier par lequel Éphialte de Trachine avait jadis conduit les Mèdes, forcèrent les Phocéens qui le gardaient et se trouvèrent de l'autre côté de l'Éta sans que les Grecs en fussent instruits.

3. Les Athéniens rendirent en cette occasion les plus grands services aux autres Grecs, en combattant de part et d'autre les barbares qui les enveloppaient. Ceux qui étaient sur les vaisseaux eurent surtout beaucoup à souffrir, le golfe Lamiaque étant très bourbeux aux environs des Thermopyles; ce qui vient, je crois, des eaux Thermales qui s'écoulent par-là dans la mer. Ils avaient donc beaucoup plus de peine que les autres; car, après avoir reçu les Grecs sur leurs vaisseaux, il fallait que, malgré. le poids de ces hommes et de leurs armes, il se tirassent à force de rames de ces eaux bourbeuses.

4. Ils sauvèrent ainsi les autres Grecs. Les Gaulois se trouvant en-deça des Thermopyles, ne s'inquiétèrent point des autres villes, empressés qu'ils étaient d'aller piller Delphes et les richesses du dieu. Les habitants de Delphes et les Phocéens des villes voisines du Parnasse se rassemblèrent pour les combattre, et les Étoliens, qui avaient alors une jeunesse très nombreuse et très florissante, leur envoyèrent aussi des secours. A peine en fut-on venu aux mains que la foudre éclata de toutes parts sur les Gaulois; des rochers se détachant du Parnasse fondirent sur eux, et l'on vit apparaître des guerriers armés de toutes pièces qui leur inspirèrent beaucoup d'effroi. Deux de ces guerriers, Hyperochus et Hamadocus, venaient, dit-on, du pays des Hyperboréens; le troisième était Pyrrhus, fils d'Achille, à qui les Delphiens, depuis le secours qu'il leur porta en cette occasion, sacrifient comme à un héros, tandis qu'auparavant, le regardant comme un ennemi, ils méprisaient même son tombeau.

5. Les Gaulois s'étant embarqués pour la plupart, passèrent en Asie et en ravagèrent les côtes. Ils furent ensuite repoussés dans l'intérieur, par les habitants de Pergame, pays qu'on appelait jadis la Teuthranie, et ils s'établirent dans la contrée située au - delà du fleuve Sangarius, après avoir pris aux Phrygiens Ancyre, ville fondée jadis par Midas, fils de Gordias; l'ancre trouvée par Midas, se voyait encore de mon temps dans le temple de Jupiter (Zeus). On y voit aussi la fontaine qui porte le nom de Midas, aux eaux de laquelle il avait, dit-on, mêlé du vin pour prendre Silène. Les Gaulois prirent donc Ancyre ainsi que Pessinonte, ville située au pied de la montagne sur laquelle on dit qu'Agdistis et Atys sont enterrés.

6. On voit encore à Pergame des dépouilles des Gaulois ainsi qu'un tableau où le combat qu'on leur livra est représenté. Le pays de Pergame était, dit-on, anciennement consacré aux Cabires. Les habitants se prétendent issus des Arcadiens, qui passèrent en Asie avec Télephe. Ils se sont distingués par trois exploits très mémorables; en faisant la conquête de l'Asie mineure; en chassant les Gaulois, et en attaquant sous les ordres de Télèphe, les Grecs, qui, commandés par Agamemnon, ravageaient la Mysie, où ils avaient débarqué par erreur, la prenant pour le pays des Troyens. Les Pergaméniens peuvent s'être signalés dans d'autres guerres, mais elles ne sont pas venues à ma connaissance. Je reviens maintenant à mon sujet.

ΚΕΦΑΛΑΙΟΝ Δ'.

Γαλάται. Ἄγκυρα πόλις. Περγαμηνοὶ.

Συλλεγεῖσα δέ σφισι στρατιὰ τρέπεται τὴν ἐπὶ Ἰονίου, καὶ τό τε Ἰλλυριῶν ἔθνος καὶ πᾶν ὅσον ἄχρι Μακεδόνων ᾤκει, καὶ Μακεδόνας αὐτοὺς ἀναστάτους ἐποίησε, Θεσσαλίαν τε ἐπέδραμε· καὶ ὡς ἐγγὺς Θερμοπυλῶν ἐγένοντο, ἐνταῦθα οἱ πολλοὶ τῶν Ἑλλήνων ἐς τὴν ἔφοδον ἡσύχαζον τῶν βαρβάρων, ἅτε ὑπὸ Ἀλεξάνδρου μεγάλως καὶ Φιλίππου κακωθέντες πρότερον· καθεῖλε δὲ καὶ Ἀντίπατρος καὶ Κάσσανδρος ὕστερον τὸ Ἑλληνικόν· ὥστε ἕκαστοι δι᾽ ἀσθένειαν οὐδὲν αἰσχρὸν ἐνόμιζον ἀπεῖναι τὸ κατὰ σφᾶς τῆς βοηθείας.

(2) Ἀθηναῖοι δὲ μάλιστα μὲν τῶν Ἑλλήνων ἀπειρήκεσαν μήκει τοῦ Μακεδονικοῦ πολέμου, καὶ προσπταίοντες τὰ πολλὰ ἐν ταῖς μάχαις· ἐξιέναι δὲ ὅμως ὥρμηντο ἐς τὰς Θερμοπύλας σὺν τοῖς ἐλθοῦσι τῶν Ἑλλήνων, ἑλόμενοι σφίσι τὸν Κάλλιππον τοῦτον ἡγεῖσθαι. Καταλαβόντες δὲ, ᾗ στενώτατον ἦν, τῆς ἐσόδου τῆς ἐς τὴν Ἑλλάδα, εἶργον τοὺς βαρβάρους. Ἀνευρόντες δὲ οἱ Κελτοὶ τὴν ἀτραπόν, ἣν καὶ Μήδοις ποτὲ Ἐφιάλτης ἡγήσατο ὁ Τραχίνιος, καὶ βιασάμενοι Φωκέων τοὺς τεταγμένους ἐπ᾽ αὐτῇ, λανθάνουσι τοὺς Ἕλληνας ὑπερβαλόντες τὴν Οἴτην.
(3) Ἔνθα δὴ πλείστου παρέσχοντο αὑτοὺς Ἀθηναῖοι τοῖς Ἕλλησιν ἀξίους, ἀμφοτέρωθεν, ὡς ἐκυκλώθησαν, ἀμυνόμενοι τοὺς βαρβάρους. Οἱ δέ σφισιν ἐπὶ τῶν νεῶν μάλιστα ἐταλαιπώρουν, ἅτε τοῦ κόλπου τοῦ Λαμιακοῦ τέλματος πρὸς ταῖς Θερμοπύλαις ὄντος· αἴτιον δὲ, ἐμοὶ δοκεῖν, τὸ ὕδωρ ταύτῃ τὸ θερμὸν ἐκρέον ἐς τὴν θάλασσαν· μείζονα οὖν εἶχον οὗτοι πόνον. Ἀναλαβόντες γὰρ ἐπὶ τὰ καταστρώματα τοὺς Ἕλληνας, ναυσὶν ὑπό τε ὅπλων βαρείαις καὶ ἀνδρῶν ἐβιάζοντο κατὰ τοῦ πηλοῦ πλεῖν.

(4) Οὗτοι μὲν δὴ τοὺς Ἕλληνας τρόπον τὸν εἰρημένον ἔσωζον. Οἱ δὲ Γαλάται Πυλῶν τε ἐντὸς ἦσαν, καὶ τὰ πολίσματα ἑλεῖν ἐν οὐδενὶ τὰ λοιπὰ ποιησάμενοι Δελφοὺς καὶ τὰ χρήματα. Τοῦ θεοῦ διαρπάσαι μάλιστα εἶχον σπουδήν. Καί σφισιν αὐτοί τε Δελφοὶ καὶ Φωκέων ἀντετάχθησαν οἱ τὰς πόλεις περὶ τὸν Παρνασσὸν οἰκοῦντες, ἀφίκετο δὲ καὶ δύναμις Αἰτωλῶν· τὸ γὰρ Αἰτωλικὸν προεῖχεν ἀκμῇ νεότητος τὸν χρόνον τοῦτον. Ὡς δὲ ἐς χεῖρας συνῄεσαν, ἐνταῦθα κεραυνοί τε ἐφέροντο ἐς τοὺς Γαλάτας καὶ ἀπορραγεῖσαι πέτραι τοῦ Παρνασσοῦ, δείματά τε ἄνδρες ἐφίσταντο ὁπλῖται τοῖς βαρβάροις· τούτων τοὺς μὲν ἐξ Ὑπερβορέων λέγουσιν ἐλθεῖν, Ὑπέροχον καὶ Ἀμάδοκον, τὸν δὲ τρίτον Πύρρον εἶναι τὸν Ἀχιλλέως. Ἐναγίζουσι δὲ ἀπὸ ταύτης Δελφοὶ τῆς συμμαχίας Πύρρῳ, πρότερον ἔχοντες ἅτε ἀνδρὸς πολεμίου καὶ τὸ μνῆμα ἐν ἀτιμίᾳ.

(5) Γαλατῶν δὲ οἱ πολλοὶ ναυσὶν ἐς τὴν Ἀσίαν διαβάντες τὰ παραθαλάσσια αὐτῆς ἐλεηλάτουν. Χρόνῳ δὲ ὕστερον οἱ Πέργαμον ἔχοντες, πάλαι δὲ Τευθρανίαν καλουμένην, ἐς ταύτην Γαλάτας ἐλαύνουσιν ἀπὸ θαλάσσης. Οὗτοι μὲν δὴ τὴν ἐκτὸς Σαγγαρίου χώραν ἔσχον, Ἄγκυραν πόλιν ἑλόντες Φρυγῶν, ἣν Μίδας ὁ Γορδίου πρότερον ᾤκισεν. Ἄγκυρα δέ, ἣν ὁ Μίδας ἀνεῦρεν, ἦν ἔτι καὶ ἐς ἐμὲ ἐν ἱερῷ Διὸς, καὶ κρήνη Μίδου καλουμένη· ταύτην οἴνῳ κεράσαι Μίδαν φασὶν ἐπὶ τὴν θήραν τοῦ Σιληνοῦ. Ταύτην τε δὴ τὴν Ἄγκυραν εἷλον, καὶ Πεσσινοῦντα ὑπὸ τὸ ὄρος, τὴν Ἄγδιστιν, ἔνθα καὶ τὸν Ἄττην τεθάφθαι λέγουσι.

(6) Περγαμηνοῖς δὲ ἔστι μὲν σκῦλα ἀπὸ Γαλατῶν, ἔστι δὲ γραφὴ τὸ ἔργον [τὸ] πρὸς Γαλάτας ἔχουσα. Ἣν δὲ νέμονται οἱ Περγαμηνοί, Καβείρων ἱεράν φασιν εἶναι τὸ ἀρχαῖον· αὐτοὶ δὲ Ἀρκάδες ἐθέλουσιν εἶναι τῶν ὁμοῦ Τηλέφῳ διαβάντων ἐς τὴν Ἀσίαν. Πολέμων δὲ τῶν μὲν ἄλλων, εἰ δή τινας ἐπολέμησαν, οὐκ ἐς ἅπαντας κεχώρηκεν ἡ φήμη· τρία δὲ γνωριμώτατα ἐξείργασταί σφισι, τῆς τε Ἀσίας ἀρχὴ τῆς κάτω, καὶ ἡ Γαλατῶν ἀπ᾽ αὐτῆς ἀναχώρησις, καὶ τὸ ἐς τοὺς σὺν Ἀγαμέμνονι Τηλέφου τόλμημα, ὅτε Ἕλληνες ἁμαρτόντες Ἰλίου, τὸ πεδίον ἐλεηλάτουν τὸ Μυσὸν, ὡς γῆν τὴν Τρῳάδα. Ἐπάνειμι δὲ ἐς τὴν ἀρχὴν, ὅθεν ἐξέβην τοῦ λόγου.

 

CHAPITRE V.

Le Tholus. Les Héros Éponymes. Hadrien.

1. L'ÉDIFICE nommé le Tholus est auprès du sénat des cinq cents. Les Prytanes y offrent des sacrifices et on y voit quelques petites statues d'argent. Un peu plus haut sont les statues des héros dont les tribus d'Athènes ont dans la suite pris les noms. Hérodote nous fait connaître ce-lui qui porta de quatre à dix le nombre des tribus, et changea leurs anciens noms.

2. Les Éponymes (c'est le nom qu'on donne à ces héros,) sont Hippothoon, fils de Neptune (Poséidon) et d'Alopé, fille de Cercyon; Antiochus, fils d'Hercule et de Midée, fille de Phylas, et Ajax, fils de Télamon. Les héros Athéniens sont, Léos, qui, d'après un oracle, livra sa fille pour le salut de l'état; Érechthée, qui défit les Éleusiniens et tua leur général Immaradus, fils d'Eumolpe; Égée, Énée, fils naturel de Pandion, et Acamas l'un des fils de Thésée.

3. Quant à Cécrops et à Pandion dont on voit aussi les statues parmi celles des Éponymes, je ne sais pas quels sont les personnages honorés sous ces noms-là ; deux Cécrops, en effet, ont été rois, le premier est celui qui avait épousé la fille de Cranaüs; un autre Cécrops, fils d'Érechthée, petit-fils de Pandion, arrière petit-fils d'Érichthonius, régna dans la suite et finit par aller s'établir dans l'Eubée. On connaît aussi deux Pandion qui ont régné ; le premier, fils d'Erichthonius, et l'autre, fils du second Cécrops. Ce dernier ayant été détrôné par les Métionides se réfugia avec ses enfants chez Phylas, roi de Mégare, dont il avait épousé la fille ; il y mourut de maladie, dit-on, et son tombeau se voit dans la Mégaride sur le rocher de Minerve (Athéna) Éthyia près de la mer.

4. Ses fils étant revenus de Mégare, chassèrent les Métionides, et Égée leur aîné monta sur le trône d'Athènes. Ce Pandion fut malheureux en filles, et elles ne laissèrent point de fils pour le venger. Il avait cependant, pour sa sûreté, contracté une alliance avec un roi Thrace, mais il est impossible aux humains de prévenir ce qui a été résolu par les dieux. On raconte que Térée, qui avait épousé Progné, déshonora Philomèle, action contraire à toutes les lois reçues dans la Grèce, et que de plus, il la mutila, ce qui mit ces deux femmes dans la nécessité de se venger de lui. Il y a dans la citadelle une statue de Pandion qui mérite d'être vue.µ

5. Ce sont là les anciens héros Éponymes. Quelques tribus, depuis, ont pris les noms d'Attale, roi de Mysie; de Ptolémée, roi d'Égypte, et de mon temps, celui de l'empereur Adrien, prince qui a donné le plus grand lustre au culte des dieux et qui a tout fait pour le bonheur de chacun des peuples soumis à son empire. Il n'a jamais entrepris aucune guerre sans y être forcé, il a dompté les Hébreux, peuple des pays au-dessus de la Syrie, qui s'étaient révoltés: les temples qu'il a fait bâtir en entier, ceux qu'il a enrichis de ses offrandes ou agrandis par de nouvelles constructions, les dons qu'il a faits à des villes Grecques et même à des villes barbares qui ont eu recours à lui, tout cela se trouve écrit à Athènes dans le temple consacré à tous les Dieux.

 

ΚΕΦΑΛΑΙΟΝ Ε'.

Θόλος. Ἐπώνυμοι. Ἀδριανός.

(1) Τοῦ βουλευτηρίου τῶν πεντακοσίων πλησίον Θόλος ἐστὶ καλουμένη, καὶ θύουσί τε ἐνταῦθα οἱ πρυτάνεις καί τινα καὶ ἀργύρου πεποιημένα ἐστὶν ἀγάλματα οὐ μεγάλα. Ἀνωτέρω δὲ ἀνδριάντες ἑστήκασιν ἡρώων, ἀφ᾽ ὧν Ἀθηναίοις ὕστερον τὰ ὀνόματα ἔσχον αἱ φυλαί· ὅστις δὲ κατεστήσατο δέκα ἀντὶ τεσσάρων φυλὰς εἶναι καὶ μετέθετό σφισι τὰ ὀνόματα ἀντὶ τῶν ἀρχαίων, Ἡροδότῳ καὶ ταῦτά ἐστιν εἰρημένα.

(2) Τῶν δὲ ἐπωνύμων (καλοῦσι γὰρ οὕτω σφᾶς) ἔστι μὲν Ἱπποθόων Ποσειδῶνος καὶ Ἀλόπης, θυγατρὸς Κερκυόνος· ἔστι δὲ Ἀντίοχος τῶν παίδων τῶν Ἡρακλέους, γενόμενος ἐκ Μήδας Ἡρακλεῖ τῆς Φύλαντος· καὶ τρίτος Αἴας ὁ Τελαμῶνος· ἐκ δὲ Ἀθηναίων, Λεώς· δοῦναι δὲ ἐπὶ σωτηρίᾳ λέγεται κοινῇ τὰς θυγατέρας, τοῦ θεοῦ χρήσαντος. Ἐρεχθεύς τέ ἐστιν ἐν τοῖς ἐπωνύμοις, ὃς ἐνίκησεν Ἐλευσινίους μάχῃ, καὶ τὸν ἡγούμενον ἀπέκτεινεν Ἰμμάραδον τὸν Εὐμόλπου. Αἰγεύς τέ ἐστι, καὶ Οἰνεὺς Πανδίονος υἱὸς νόθος, καὶ τῶν Θησέως παίδων Ἀκάμας.

(3) Κέκροπα δὲ καὶ Πανδίονα (εἶδον γὰρ καὶ τούτων ἐν τοῖς ἐπωνύμοις εἰκόνας), οὐκ οἶδα οὓς ἄγουσιν ἐν τιμῇ· πρότερός τε γὰρ ἦρξε Κέκροψ, ὃς τὴν Ἀκταίου θυγατέρα ἔσχε, καὶ ὕστερος, ὃς δὴ καὶ μετῴκησεν ἐς Εὔβοιαν, Ἐρεχθέως υἱὸς τοῦ Πανδίονος τοῦ Ἐριχθονίου. Καὶ δὴ καὶ Πανδίων ἐβασίλευσεν ὅ τε Ἐριχθονίου, καὶ ὁ Κέκροπος τοῦ δευτέρου. Τοῦτον Μητιονίδαι τῆς ἀρχῆς ἐξελαύνουσι, καί οἱ φυγόντι ἐς Μέγαρα (θυγατέρα γὰρ εἶχε Πύλα τοῦ βασιλεύσαντος ἐν Μεγάροις) συνεκπίπτουσιν οἱ παῖδες· καὶ Πανδίονα μὲν αὐτοῦ λέγεται νοσήσαντα ἀποθανεῖν, καί οἱ πρὸς θαλάσσῃ μνῆμά ἐστιν ἐν τῇ Μεγαρίδι ἐν Ἀθηνᾶς Αἰθυίας καλουμένῳ σκοπέλῳ.

(4) Οἱ δὲ παῖδες κατίασί τε ἐκ τῶν Μεγάρων, ἐκβαλόντες Μητιονίδας, καὶ τὴν ἀρχὴν τῶν Ἀθηναίων Αἰγεὺς πρεσβύτατος ὢν ἔσχεν. Θυγατέρας δὲ οὐ σὺν ἀγαθῷ δαίμονι ἔθρεψεν ὁ Πανδίων, οὐδέ οἱ τιμωροὶ παῖδες ἀπ᾽ αὐτῶν ἐλείφθησαν· καίτοι δυνάμεώς γε ἕνεκα πρὸς τὸν Θρᾷκα τὸ κῆδος ἐποιήσατο. Ἀλλ᾽ οὐδεὶς πόρος ἐστὶν ἀνθρώπῳ παραβῆναι τὸ καθῆκον ἐκ τοῦ θεοῦ. Λέγουσιν, ὡς Τηρεὺς συνοικῶν Πρόκνῃ Φιλομήλαν ᾔσχυνεν, οὐ κατὰ νόμον δράσας τὸν Ἑλλήνων, καὶ τὸ σῶμα ἔτι λωβησάμενος τῇ παιδὶ ἤγαγεν ἐς ἀνάγκην δίκης τὰς γυναῖκας. Πανδίονι δὲ καὶ ἄλλος ἀνδριάς ἐστιν ἐν ἀκροπόλει θέας ἄξιος.

(5) Οἵδε μέν εἰσιν Ἀθηναίοις ἐπώνυμοι τῶν ἀρχαίων. Ὕστερον δὲ καὶ ἀπὸ τῶνδε φυλὰς ἔχουσιν, Ἀττάλου τοῦ Μυσοῦ, καὶ Πτολεμαίου τοῦ Αἰγυπτίου, καὶ κατ᾽ ἐμὲ ἤδη βασιλέως Ἀδριανοῦ, τῆς τε ἐς τὸ θεῖον τιμῆς ἐπὶ πλεῖστον ἐλθόντος, καὶ τῶν ἀρχομένων ἐς εὐδαιμονίαν τὰ μέγιστα ἑκάστοις παρασχομένου. καὶ ἐς μὲν πόλεμον οὐδένα ἑκούσιος κατέστη, Ἑβραίους δὲ τοὺς ὑπὲρ Σύρων ἐχειρώσατο ἀποστάντας· ὁπόσα δὲ θεῶν ἱερὰ τὰ μὲν ᾠκοδόμησεν ἐξ ἀρχῆς, τὰ δὲ καὶ ἐπεκόσμησεν ἀναθήμασι καὶ κατασκευαῖς ἢ δωρεὰς πόλεσιν ἔδωκεν Ἑλληνίσι, τὰς δὲ καὶ τῶν βαρβάρων τοῖς δεηθεῖσιν, ἔστιν οἱ πάντα γεγραμμένα Ἀθήνῃσιν ἐν τῷ κοινῷ τῶν θεῶν ἱερῷ.

CHAPITRE VI.

Ptolémée, fils de Lagus.

1. QUANT à Attale et à Ptolémée, ils sont trop anciens pour qu'il reste beaucoup de souvenirs de leurs actions. Depuis longtemps on néglige les écrivains qui, ayant vécu avec eux, nous ont transmis leur histoire; c'est ce qui m'a déterminé à entrer dans quelques détails sur ce qu'ils ont fait, et sur les moyens employés par leurs pères pour conquérir l'Égypte, la Mysie et les pays circonvoisins.

2. Ptolémée, suivant les Macédoniens, était réellement né de Philippe, fils d'Amyntas, quoiqu'il passât pour fils de Lagus : sa mère, en effet, était enceinte, lorsque Philippe la donna en mariage à Lagos. Ptolémée se signala, dit-on, en Asie par plusieurs actions, éclatantes ; et lorsque Alexandre courut un si grand danger chez les Oxydraques, il fut celui qui s'exposa le plus pour sa défense : après la mort de ce prince, il s'opposa à ceux qui voulaient donner tous ses états à Aridée, fils de Philippe, et fut ainsi la principale cause du partage qui s'en fit en plusieurs royaumes.

3. Étant passé en Égypte, il tua Cléomène qu'Alexandre avait établi satrape de ce pays, et qui lai était suspect parce qu'il le croyait attaché à Perdiccas. Il se fit remettre le corps d'Alexandre par les Macédoniens, qui étaient chargés de le transporter à Égé, et il lui fit faire à Memphis des obsèques suivant les usages de la Macédoine. Sachant que Perdiccas voulait lui faire la guerre, il mit l'Égypte en état de défense ; sous le titre spécieux de protecteur d'Aridée, fils de Philippe, et d'Alexandre, fils d'Alexandre et de Roxane, fille d'Oxyarte. Perdiccas voulait en effet enlever à Ptolémée le royaume d'Égypte, mais il fut repoussé. Ayant perdu par cet échec une partie de sa réputation militaire, étant d'ailleurs devenu odieux aux Macédoniens, il fut tué par les gardes du corps.

4. La mort de Perdiccas enhardit Ptolémée à faire de nouvelles entreprises, il s'empara donc de la Syrie et de la Phénicie; et d'un autre côté, il reçut dans ses états Séleucus, qui avait été chassé des siens par Antigone ; il prit même les armes pour s'opposer aux projets de ce dernier, et engagea Cassandre fils d'Antipater, ainsi que Lysimaque, roi de Thrace à se réunir à lui pour cette guerre, en leur parlant de la fuite de Séleucus et de l'accroissement redoutable pour tous que prenait la puissance d'Antigone.

5. Ce dernier n'était pas très rassuré sur sa position, il se préparait cependant à la guerre, et ayant appris que Ptolémée marchait en Libye contre les Cyrénéens, qui s'étaient révoltés, il se jeta soudainement sur la Syrie et la Phénicie, qui ne firent aucune résistance; après en avoir confié la défense à Démétrius son fils, jeune encore, mais qui annonçait beaucoup de talents, il retourna vers l'Hellespont. Il n'y était pas encore arrivé que la nouvelle de la défaite de Démétrius par Ptolémée, l'obligea de revenir avec son armée. Démétrius n'avait pourtant pas abandonné tout le pays à Ptolémée, il avait même attiré dans une embuscade et tué un parti peu nombreux d'Égyptiens. Dans ces circonstances, Ptolémée, ne jugeant pas à propos d'attendre Antigone, se retira en Égypte.

6.  L'hiver étant passé, Démétrius conduisit une escadre vers l'île de Chypre, y défit en combat naval Ménélas l'un des satrapes de Ptolémée, et ensuite Ptolémée lui-même, qui était venu l'attaquer. Ptolémée, s'enfuit en Égypte ; assiégé en pleine temps par les troupes de terre que commandait Antigone et par les forces navales de Démétrios, il se vit alors réduit aux dernières extrémités ; mais une armée de terre qu'il plaça vers Péluse, et les vaisseaux par lesquels il défendit l'entrée du fleuve, lui conservèrent ses états. Antigone, forcé de renoncer pour le moment à l'espoir de prendre l'Égypte, envoya Démétrius avec des vaisseaux attaquer l'île de Rhodes : il se flattait que cette île, s'il parvenait à s'en emparer, lui servirait dé place d'armes pour faire la guerre aux Égyptiens : mais les Rhodiens se défendirent avec tant de valeur et d'habileté, et Ptolémée employa si bien tout ce qu'il avait de moyens pour les secourir, que Démétrius fut obligé de se retirer.

7. Peu de temps après avoir échoué dans ces deux entreprises, Antigone eut encore la témérité de livrer bataille à Lysimaque, Cassandre et Séleucus, dont les forces étaient réunies. Il y perdit la plus grande partie de son armée, et il mourut lui-même épuisé de fatigue, surtout par la durée de la guerre contre Eumènes. Cassandre est à mon avis le plus criminel de tous les rois qui contribuèrent à la chute d'Antigone, car c'était par les secours de ce prince qu'il avait conservé le royaume de Macédoine, et il ne rougit point de faire la guerre à son bienfaiteur.

8. Antigone étant mort, Ptolémée reprit la Syrie et l'île de Chypre et rétablit Pyrrhus sur le trône de l'Épire. Magas, fils de Bérénice, alors épouse de Ptolémée, reprit aussi Cyrène cinq ans après sa rébellion. Si Ptolémée devait réellement le jour à Philippe, fils d'Amyntas, il tenait bien de son Père par son goût effréné pour les femmes; en effet, Eurydice, fille d'Antipater, était son épouse, et lui avait donné des enfants, lorsqu'il en eut de Bérénice dont les charmes le séduisirent, et qu'Antipater avait envoyée en Égypte avec sa fille. Près de mourir, il laissa le trône à Ptolémée : c'était un fils qu'il avait eu de cette Bérénice, et non de la fille d'Antipater. Ce second Ptolémée est celui qui donna son nom à une des tribus d'Athènes.

ΚΕΦΑΛΑΙΟΝ ΣΤΙΓΜΑ'.

Πτολεμαῖος τοῦ Λάγου.

(1) Τὰ δὲ ἐς Ἄτταλον καὶ Πτολεμαῖον ἡλικίᾳ τε ἦν ἀρχαιότερα, ὡς μὴ μένειν ἔτι τὴν φήμην αὐτῶν, καὶ οἱ συγγενόμενοι τοῖς βασιλεῦσιν ἐπὶ συγγραφῇ τῶν ἔργων, καὶ πρότερον ἔτι ἠμελήθησαν. Τούτων ἕνεκά μοι καὶ τὰ τῶνδε ἐπῆλθε δηλῶσαι ἔργα τε ὁποῖα ἔπραξαν, καὶ ὡς ἐς τοὺς πατέρας αὐτῶν περιεχώρησεν Αἰγύπτου καὶ ἡ Μυσῶν καὶ τῶν προσοίκων ἀρχή.

(2) Πτολεμαῖον Μακεδόνες Φιλίππου παῖδα εἶναι τοῦ Ἀμύντου, λόγῳ δὲ Λάγου νομίζουσι· τὴν γάρ οἱ μητέρα ἔχουσαν ἐν γαστρὶ δοθῆναι γυναῖκα ὑπὸ Φιλίππου Λάγῳ. Πτολεμαῖον δὲ λέγουσιν ἄλλα τε ἐν τῇ Ἀσίᾳ λαμπρὰ ἀποδείξασθαι, καὶ Ἀλεξάνδρῳ κινδύνου ξυμβάντος ἐν Ὀξυδράκαις, μάλιστά οἱ τῶν ἑταίρων ἀμῦναι. Τελευτήσαντος δὲ Ἀλεξάνδρου τοῖς ἐς Ἀριδαῖον τὸν Φιλίππου τὴν πᾶσαν ἄγουσιν ἀρχὴν ἀντιστὰς, αὐτὸς μάλιστα ἐγένετο ἐς τὰς βασιλείας αἴτιος τὰ ἔθνη νεμηθῆναι.

(3) Αὐτὸς δὲ ἐς Αἴγυπτον διαβὰς, Κλεομένην τε ἀπέκτεινεν, ὃν σατραπεύειν Αἰγύπτου κατέστησεν Ἀλέξανδρος, Περδίκκᾳ νομίζων εὔνουν καὶ δι᾽ αὐτὸ οὐ πιστὸν ἑαυτῷ, καὶ Μακεδόνων τοὺς ταχθέντας τὸν Ἀλεξάνδρου νεκρὸν ἐς Αἰγὰς κομίζειν ἀνέπεισεν αὑτῷ παραδοῦναι· καὶ τὸν μὲν νόμῳ τῷ Μακεδόνων ἔθαπτεν ἐν Μέμφει, οἷα δὲ ἐπιστάμενος πολεμήσοντα Περδίκκαν, Αἴγυπτον εἶχεν ἐν φυλακῇ. Περδίκκας δὲ ἐς μὲν τὸ εὐπρεπὲς τῆς στρατείας ἐπήγετο Ἀριδαῖον τὸν Φιλίππου, καὶ παῖδα Ἀλέξανδρον ἐκ ῾Ρωξάνης τῆς Ὀξυάρτου γεγονότα καὶ Ἀλεξάνδρου, τῷ δὲ ἔργῳ Πτολεμαῖον ἐπεβούλευεν ἀφελέσθαι τὴν ἐν Αἰγύπτῳ βασιλείαν. Ἐξωσθεὶς δὲ Αἰγύπτου, καὶ τὰ ἐς πόλεμον ἔτι οὐχ ὁμοίως θαυμαζόμενος, διαβεβλημένος δὲ καὶ ἄλλως ἐς τοὺς Μακεδόνας, ἀπέθανεν ὑπὸ τῶν σωματοφυλάκων.

(4) Πτολεμαῖον δὲ αὐτίκα ἐς τὰ πράγματα ὁ Περδίκκου θάνατος ἐπέστησε· καὶ τοῦτο μὲν Σύρους καὶ Φοινίκην εἷλε, τοῦτο δὲ ἐκπεσόντα ὑπὸ Ἀντιγόνου καὶ φεύγοντα ὑπεδέξατο Σέλευκον τὸν Ἀντιόχου, καὶ αὐτὸς παρεσκευάζετο ὡς ἀμυνούμενος Ἀντίγονον. Καὶ Κάσσανδρον τὸν Ἀντιπάτρου καὶ Λυσίμαχον βασιλεύοντα ἐν Θρᾴκῃ μετασχεῖν ἔπεισε τοῦ πολέμου, φυγὴν λέγων τὴν Σελεύκου, καὶ τὸν Ἀντίγονον φοβερόν σφισιν εἶναι πᾶσιν αὐξηθέντα.

(5) Ἀντίγονος δὲ τέως μὲν ἦν ἐν παρασκευῇ πολέμου, καὶ τὸν κίνδυνον οὐ παντάπασιν ἐθάρρει· ἐπεὶ δὲ ἐς Λιβύην ἐπύθετο στρατεύειν Πτολεμαῖον, ἀφεστηκότων Κυρηναίων, αὐτίκα Σύρους καὶ Φοίνικας εἷλεν ἐξ ἐπιδρομῆς· παραδοὺς δὲ Δημητρίῳ τῷ παιδί, ἡλικίαν μὲν νέῳ, φρονεῖν δὲ ἤδη δοκοῦντι, καταβαίνει ἐπὶ τὸν Ἑλλήσποντον· πρὶν δὲ ἢ διαβῆναι πάλιν ἦγεν ὀπίσω τὴν στρατιάν, Δημήτριον ἀκούων ὑπὸ Πτολεμαίου μάχῃ κεκρατῆσθαι. Δημήτριος δὲ οὔτε παντάπασιν ἐξειστήκει Πτολεμαίῳ τῆς χώρας, καί τινας τῶν Αἰγυπτίων λοχήσας διέφθειρεν οὐ πολλούς. Τότε δὲ ἥκοντα Ἀντίγονον οὐχ ὑπομείνας Πτολεμαῖος, ἀνεχώρησεν ἐς Αἴγυπτον.

(6) Διελθόντος δὲ τοῦ χειμῶνος, Δημήτριος πλεύσας ἐς Κύπρον, Μενέλαον σατράπην Πτολεμαίου ναυμαχίᾳ, καὶ αὖθις αὐτὸν Πτολεμαῖον ἐπιδιαβάντα ἐνίκησε. Φυγόντα δὲ αὐτὸν ἐς Αἴγυπτον, Ἀντίγονός τε κατὰ γῆν, καὶ ναυσὶν ἅμα ἐπολιόρκει καὶ Δημήτριος. Πτολεμαῖος δὲ ἐς πᾶν ἀφικόμενος κινδύνου διέσωσεν ὅμως τὴν ἀρχὴν στρατιᾷ τε ἀντικαθήμενος ἐπὶ Πηλουσίῳ καὶ τριήρεσιν ἀμυνόμενος ἅμα ἐκ τοῦ ποταμοῦ. Ἀντίγονος δὲ Αἴγυπτον μὲν αἱρήσειν ἐκ τῶν παρόντων οὐδεμίαν ἔτι εἶχεν ἐλπίδα, Δημήτριον δὲ ἐπὶ ῾Ροδίους στρατιᾷ πολλῇ καὶ ναυσὶν ἔστειλεν, ὡς, εἴ οἱ προσγένοιτο ἡ νῆσος, ὁρμητηρίῳ χρήσεσθαι πρὸς τοὺς Αἰγυπτίους ἐλπίζων. Ἀλλὰ αὐτοί τε οἱ ῾Ρόδιοι τολμήματα καὶ ἐπιτεχνήσεις παρέσχοντο ἐς τοὺς πολιορκοῦντας, καὶ Πτολεμαῖός σφισιν, ἐς ὅσον δυνάμεως ἧκε συνήρατο ἐς τὸν πόλεμον.

(7) Ἀντίγονος δὲ ῾Ρόδου τε ἁμαρτὼν καὶ Αἰγύπτου πρότερον, οὐ πολλῷ τούτων ὕστερον ἀντιτάξασθαι Λυσιμάχῳ τολμήσας καὶ Κασσάνδρῳ τε καὶ τῇ Σελεύκου στρατιᾷ, τῆς δυνάμεως ἀπώλεσε τὸ πολὺ· καὶ αὐτὸς ἀπέθανε ταλαιπωρήσας μάλιστα τῷ μήκει τοῦ πρὸς Εὐμένη πολέμου. Τῶν δὲ βασιλέων τῶν καθελόντων Ἀντίγονον ἀνοσιώτατον κρίνω γενέσθαι Κάσσανδρον, ὃς δι᾽ Ἀντιγόνου τὴν Μακεδόνων ἀρχὴν ἀνασωσάμενος πολεμήσων ἦλθεν ἐπ᾽ ἄνδρα εὐεργέτην.

(8) Ἀποθανόντος δὲ Ἀντιγόνου Πτολεμαῖος Σύρους τε αὖθις καὶ Κύπρον εἷλε, κατήγαγε δὲ καὶ Πύρρον ἐς τὴν Θεσπρωτίδα ἤπειρον· Κυρήνης δὲ ἀποστάσης Μάγας Βερενίκης υἱὸς Πτολεμαίῳ τότε συνοικούσης ἔτει πέμπτῳ μετὰ τὴν ἀπόστασιν εἷλε Κυρήνην. Εἰ δὲ ὁ Πτολεμαῖος οὗτος ἀληθεῖ λόγῳ Φιλίππου τοῦ Ἀμύντου παῖς ἦν, ἴστω τὸ ἐπιμανὲς ἐς τὰς γυναῖκας κατὰ τὸν πατέρα κεκτημένος· ὃς Εὐρυδίκῃ τῇ Ἀντιπάτρου συνοικῶν, ὄντων οἱ παίδων, Βερενίκης ἐς ἔρωτα ἦλθεν, ἣν Ἀντίπατρος Εὐρυδίκῃ συνέπεμψεν ἐς Αἴγυπτον. Ταύτης τῆς γυναικὸς ἐρασθεὶς, παῖδας ἐξ αὐτῆς ἐποιήσατο, καὶ, ὡς ἦν οἱ πλησίον ἡ τελευτή, Πτολεμαῖον ἀπέλιπεν Αἰγύπτου βασιλεύειν, (ἀφ᾽ οὗ καὶ Ἀθηναίοις ἐστὶν ἡ φυλή) γεγονότα ἐκ Βερενίκης, ἀλλ᾽ οὐκ ἐκ τῆς Ἀντιπάτρου θυγατρός.

CHAPITRE VII.

Ptolémée Philadelphe. Magas.

1. CE Ptolémée étant devenu amoureux d'Arsinoé sa sœur de père et de mère, l'épousa, ce qui était contraire aux lois des Macédoniens, mais non à celles des Égyptiens, dont il était roi. Il fit mourir Argeus, son second frère, qui avait, dit-on, conspiré contre lui. Le corps d'Alexandre le Grand fut apporté de Memphis à Alexandrie par son ordre. Un autre de ses frères, né d'Eurydice, fut mis à mort pour avoir fait révolter les habitants de l'île de Chypre. Il restait à Ptolémée un frère de mère, nommé Magas, fils que Bérénice avait eu d'un certain Philippe, Macédonien, à la vérité, mais d'ailleurs peu connu et né dans la classe vulgaire. Magas, qui, par la protection de sa mère, avait obtenu le gouvernement de Cyrène, poussa les Cyrénéens à la révolte, et les conduisit contre Ptolémée :

2. celui-ci ayant fortifié l'entrée de ses états, attendait les rebelles, lorsque leur chef apprenant en route le soulèvement des Marmarides, peuple Nomade de la Libye, revint à Cyrène pour les soumettre. Ptolémée voulait poursuivre les Cyrénéens, mais voici ce qui l'en empêcha. A la nouvelle de la révolte de Magas, il avait pris à sa solde des troupes étrangères, et entre autres, environ quatre mille Gaulois; ayant découvert qu'ils travaillaient à se rendre maîtres de l'Égypte, il les fit entrer dans une île déserte au milieu du Nil, où ils périrent tous de faim, ou en se tuant les uns les autres.

Cependant Magas, qui avait déjà épousé Apamé, fille d'Antiochus, fils de Séleucus, décida son beau-père à violer le traité que Séleucus avait fait avec Ptolémée, et à tourner ses armes contre l'Égypte; mais Ptolémée, ayant appris qu'Antiochus se mettait en marche, envoya des troupes dans tous les états de ce prince, et en désolant les peuples les plus faibles par des incursions, en contenant par des corps d'armées ceux qui étaient plus puissants, il occupa tellement Antiochus qu'il ne songea plus à venir attaquer l'Égypte. Ce Ptolémée est, comme je l'ai déjà dit, celui qui, pour secourir Athènes, contre Antigone, roi de Macédoine, envoya une escadre qui ne fut pourtant pas très utile aux Athéniens. L'Arsinoé dont il eut des enfants était fille de Lysimaque : Arsinoé sœur et femme de Ptolémée, mourut avant lui sans laisser d'enfants, et donna son nom à un des nomes de l'Égypte, l'Arsinoïte.

 

ΚΕΦΑΛΑΙΟΝ Ζ'.

Πτολεμαῖος Φιλάδελφος. Μάγας.

(1) Οὗτος ὁ Πτολεμαῖος Ἀρσινόης, ἀδελφῆς ἀμφοτέρωθεν, ἐρασθεὶς ἔγημεν αὐτήν, Μακεδόσιν οὐδαμῶς ποιῶν νομιζόμενα, Αἰγυπτίοις μέντοι, ὧν ἦρχε· δεύτερον δὲ ἀδελφὸν ἀπέκτεινεν Ἀργαῖον ἐπιβουλεύοντα, ὡς λέγεται. Καὶ τὸν Ἀλεξάνδρου νεκρὸν οὗτος ὁ καταγαγὼν ἦν ἐκ Μέμφιδος. Ἀπέκτεινε δὲ καὶ ἄλλον ἀδελφὸν γεγονότα ἐξ Εὐρυδίκης, Κυπρίους ἀφιστάντα αἰσθόμενος. Μάγας δὲ, ἀδελφὸς ὁμομήτριος Πτολεμαίου, παρὰ Βερενίκης τῆς μητρὸς ἀξιωθεὶς ἐπιτροπεύειν Κυρήνην (ἐγεγόνει δὲ ἐκ Φιλίππου τῇ Βερενίκῃ, Μακεδόνος μέν, ἄλλως δὲ ἀγνώστου καὶ ἑνὸς τοῦ δήμου) , τότε δὴ οὗτος ὁ Μάγας, ἀποστήσας Πτολεμαίου Κυρηναίους, ἤλαυνεν ἐπ᾽ Αἴγυπτον.

(2) Καὶ Πτολεμαῖος μὲν τὴν ἐσβολὴν φραξάμενος, ὑπέμενεν ἐπιόντας Κυρηναίους· Μάγᾳ δὲ ἀπαγγέλλεται καθ᾽ ὁδὸν ἀφεστηκέναι Μαρμαρίδας (εἰσὶ δὲ Λιβύων οἱ Μαρμαρίδαι τῶν νομάδων)· καὶ τότε μὲν ἐς Κυρήνην ἀπηλλάσσετο. Πτολεμαῖον δὲ ὡρμημένον διώκειν αἰτία τοιάδε ἐπέσχεν· ἡνίκα παρεσκευάζετο ἐπιόντα ἀμύνεσθαι Μάγαν, ξένους ἐπηγάγετο καὶ ἄλλους, καὶ Γαλάτας ἐς τετρακισχιλίους· τούτους λαβὼν ἐπιβουλεύοντας κατασχεῖν Αἴγυπτον, ἀνήγαγε σφᾶς ἐς νῆσον ἐρήμην διὰ τοῦ ποταμοῦ· καὶ οἱ μὲν ἐνταῦθα ἀπώλοντο ὑπό τε ἀλλήλων καὶ τοῦ λιμοῦ·

(3) Μάγας δὲ ἤδη γυναῖκα ἔχων Ἀπάμην Ἀντιόχου τοῦ Σελεύκου θυγατέρα, ἔπεισεν Ἀντίοχον παραβάντα ἃς ὁ πατήρ οἱ Σέλευκος ἐποιήσατο συνθήκας πρὸς Πτολεμαῖον, ἐλαύνειν ἐπ᾽ Αἴγυπτον. Ὡρμημένου δὲ Ἀντιόχου στρατεύειν, Πτολεμαῖος διέπεμψεν ἐς ἅπαντας ὧν ἦρχεν Ἀντίοχος, τοῖς μὲν ἀσθενεστέροις λῃστὰς κατατρέχειν τὴν γῆν, οἳ δὲ ἦσαν δυνατώτεροι στρατιᾷ κατεῖργεν, ὥς τε Ἀντιόχῳ μήποτε ἐγγενέσθαι στρατεύειν ἐπ᾽ Αἴγυπτον. Οὗτος ὁ Πτολεμαῖος, ὡς καὶ πρότερον εἴρηταί μοι, ναυτικὸν ἔστειλεν ἐς τὴν Ἀθηναίων συμμαχίαν ἐπ᾽ Ἀντίγονον καὶ Μακεδόνας· ἀλλὰ γὰρ ἀπ᾽ αὐτοῦ οὐδὲν μέγα ἐγένετο ἐς σωτηρίαν Ἀθηναίοις. Οἱ δέ οἱ παῖδες ἐγένοντο ἐξ Ἀρσινόης, οὐ τῆς ἀδελφῆς, Λυσιμάχου δὲ θυγατρός· τὴν δέ οἱ συνοικήσασαν ἀδελφὴν κατέλαβεν ἔτι πρότερον ἀποθανεῖν ἄπαιδα; καὶ νομός ἐστιν ἀπ᾽ αὐτῆς Ἀρσινοΐτης Αἰγυπτίοις.

CHAPITRE VIII.

Attale. Statues et temples. Odéon.

1. C'EST ici le lieu de parler d'Attale, puisqu'il est aussi l'un des héros Éponymes des Athéniens. Un certain Docimus, Macédonien, général d'Antigone et qui se donna ensuite à Lysimaque avec toutes ses richesses, avait à son service Philétairus de Paphlagonie, eunuque. Je dirai en parlant de Lysimaque, à quelle occasion Philétairus l'abandonna pour se jeter dans le parti de Séleucos. Attale dont il s'agit, était fils d'Attale, frère de ce Philétairus, et Eumène son cousin lui laissa ses états. Le plus mémorable de ses exploits est son expédition contre les Gaulois, qu'il chassa de la partie de l'Asie voisine de la mer, et repoussa jusque dans le pays qu'ils habitent maintenant.

2. Après les statues des Éponymes, vous trouvez des statues de dieux ; Amphiaraüs, la Paix tenant dans ses bras Ploutos encore enfant ; la statue en bronze de Lycurgue, fils de Lycophron ; Callias, qui, suivant la plupart des Athéniens, fit au nom de tous les Grecs la paix avec Artaxerxés, fils de Xerxès ; enfin Démosthène, que les Athéniens forcèrent de se retirer à Calaurie, île en face de Trézène : dans la suite ils le rappelèrent, ils l'exilèrent encore après leur défaite à Lamie,

3. et il retourna de nouveau à Calaurie, où il finit par s'empoisonner. Il fut le seul des exilés Grecs qu'Archias ne put pas livrer à Antipater et aux Macédoniens. Cet Archias natif de Thurium s'était chargé d'une commission bien barbare, de livrer à la vengeance d'Antipater, tous ceux qui avaient été d'une faction opposée à celle des Macédoniens, avant la défaite des Grecs dans la Thessalie. C'est ainsi que Démosthène devint victime de son amour pour les Athéniens. On a dit, avec beaucoup de raison ce me semble, que celui qui se livre sans réserve aux affaires publiques, et qui croit pouvoir compter sur le peuple, n'a jamais une heureuse fin.

4. Il y a près de la statue de Démosthène, un temple d'e Mars où l'on voit deux statues de Vénus (Aphrodite), une de Mars faite par Alcamène, une d'e Minerve (Athéna), ouvrage de Locrus de l'île de Paros, et une d'Enyo faite par les fils de Praxitèle. On voit autour du temple Hercule, Thésée, Apollon dont les cheveux sont ceints d'une bandelette, Caladès qui a écrit, dit-on, des lois pour les Athéniens, et Pindare qui les ayant loués dans ses vers reçut d'eux, entre autres récompenses, les honneurs d'une statue.

5. Non loin de là sont Harmodius et Aristogiton qui tuèrent Hipparque, on trouvera dans d'autres livres des détails sur la cause de leur conspiration, et sur les moyens qu'ils prirent pour l'exécuter, Anténor a fait les plus anciennes de ces statues d'hommes célèbres, et Critias les autres. Xerxès, ayant pris Athènes, que ses habitants avaient abandonnée, emporta ces statues avec le reste du butin, mais Antiochos les renvoya par la suite aux Athéniens.

6.  Devant l'entrée du théâtre, nommé l'Odéon, sont les statues des rois d'Égypte, tous connus sous le nom de Ptolémée, mais distingués par des surnoms tels que Philométor pour l'un, Philadelphe pour un autre ; et Ptolémée, fils de Lagos, fut surnommé Sôter par les Rhodiens. Ptolémée Philadelphe est celui dont j'ai fait mention en parlant des Éponymes ; la statue d'Arsinoé sa sœur est auprès de la sienne.

 

ΚΕΦΑΛΑΙΟΝ Η.

Ἄτταλος. Ἀγάλματα καὶ ἱερά. ᾨδεῖον.

Ἀπαιτεῖ δὲ ὁ λόγος δηλῶσαι καὶ τὰ ἐς Ἄτταλον ἔχοντα, ὅτι καὶ οὗτος τῶν ἐπωνύμων ἐστὶν Ἀθηναίοις. ἀνὴρ Μακεδὼν, Δόκιμος ὄνομα, στρατηγὸς Ἀντιγόνου, Λυσιμάχῳ παραδοὺς ὕστερον αὑτὸν καὶ τὰ χρήματα, Φιλέταιρον Παφλαγόνα εἶχεν εὐνοῦχον. Ὅσα μὲν δὴ Φιλεταίρῳ πεπραγμένα ἐς τὴν ἀπόστασίν ἐστι τὴν ἀπὸ Λυσιμάχου, καὶ ὡς Σέλευκον ἐπηγάγετο, ἔσται μοι τῶν ἐς Λυσίμαχον παρενθήκη.
῾Ο δὲ Ἄτταλος Ἀττάλου μὲν παῖς ὤν, ἀδελφιδοῦς δὲ Φιλεταίρου, τὴν ἀρχὴν Εὐμένους παραδόντος ἔσχεν ἀνεψιοῦ. Μέγιστον δέ ἐστίν οἱ τῶν ἔργων· Γαλάτας γὰρ ἐς τὴν γῆν, ἣν ἔτι καὶ νῦν ἔχουσιν, ἀναφυγεῖν ἠνάγκασεν ἀπὸ θαλάσσης.

(2) Μετὰ δὲ τὰς εἰκόνας τῶν ἐπωνύμων ἐστὶν ἀγάλματα θεῶν, Ἀμφιάραος, καὶ Εἰρήνη φέρουσα Πλοῦτον παῖδα. Ἐνταῦθα Λυκοῦργός τε κεῖται χαλκοῦς ὁ Λυκόφρονος, καὶ Καλλίας, ὃς πρὸς Ἀρταξέρξην τὸν Ξέρξου τοῖς Ἕλλησιν, ὡς Ἀθηναίων οἱ πολλοὶ λέγουσιν, ἔπραξε τὴν εἰρήνην. Ἔστι δὲ καὶ Δημοσθένης, ὃν ἐς Καλαυρείαν Ἀθηναῖοι τὴν πρὸ Τροιζῆνος νῆσον ἠνάγκασαν ἀποχωρῆσαι, δεξάμενοι δὲ ὕστερον, διώκουσιν αὖθις μετὰ τὴν ἐν Λαμίᾳ πληγήν.

(3) Δημοσθένης δέ ὡς τὸ δεύτερον ἔφυγε, περαιοῦται καὶ τότε ἐς τὴν Καλαυρείαν, ἔνθα δὴ πιὼν φάρμακον ἐτελεύτησεν· φυγάδα τε Ἕλληνα μόνον τοῦτον Ἀντιπάτρῳ καὶ Μακεδόσιν οὐκ ἀνήγαγεν Ἀρχίας. Ὁ δὲ Ἀρχίας οὗτος, Θούριος ὢν ἔργον ἤρατο ἀνόσιον· ὅσοι Μακεδόσιν ἔπραξαν ἐναντία πρὶν ἢ τοῖς Ἕλλησι τὸ πταῖσμα ἐν Θεσσαλίᾳ γενέσθαι, τούτους ἦγεν Ἀρχίας Ἀντιπάτρῳ δώσοντας δίκην. Δημοσθένει μὲν ἡ πρὸς Ἀθηναίους ἄγαν εὔνοια ἐς τοῦτο ἐχώρησεν· εὖ δέ μοι λελέχθαι δοκεῖ ἄνδρα ἀφειδῶς ἐκπεσόντα ἐς πολιτείαν καὶ πιστὰ ἡγησάμενον τὰ τοῦ δήμου, μήποτε καλῶς τελευτῆσαι.

(4) Τῆς δὲ τοῦ Δημοσθένους εἰκόνος πλησίον Ἄρεώς ἐστιν ἱερόν, ἔνθα ἀγάλματα δύο μὲν Ἀφροδίτης κεῖται, τὸ δὲ τοῦ Ἄρεως ἐποίησεν Ἀλκαμένης· τὴν δὲ Ἀθηνᾶν ἀνὴρ Πάριος, ὄνομα δὲ αὐτῷ Λόκρος. Ἐνταῦθα καὶ Ἐνυοῦς ἄγαλμά ἐστιν· ἐποίησαν δὲ οἱ παῖδες οἱ Πραξιτέλους. Περὶ δὲ τὸν ναὸν ἑστᾶσιν Ἡρακλῆς καὶ Θησεὺς καὶ Ἀπόλλων ἀναδούμενος ταινίᾳ τὴν κόμην. Ἀνδριάντες δὲ Καλάδης, Ἀθηναίοις, ὡς λέγεται, νόμους γράψας, καὶ Πίνδαρος, ἄλλα τε εὑρόμενος παρὰ Ἀθηναίων καὶ τὴν εἰκόνα, ὅτι σφᾶς ἐπῄνεσεν ᾆσμα ποιήσας.

(5) Οὐ πόρρω δὲ ἑστᾶσιν Ἁρμόδιος καὶ Ἀριστογείτων οἱ κτείναντες Ἵππαρχον· αἰτία δὲ ἥτις ἐγένετο, καὶ τὸ ἔργον ὅντινα τρόπον ἔπραξαν, ἑτέροις ἐστὶν εἰρημένα. Τῶν δὲ ἀνδριάντων οἱ μέν εἰσι Κριτίου τέχνη, τοὺς δὲ ἀρχαίους ἐποίησεν Ἀντήνωρ. Ξέρξου δέ, ὡς εἷλεν Ἀθήνας, ἐκλιπόντων τὸ ἄστυ Ἀθηναίων, ἀπαγαγομένου καὶ τούτους ἅτε λάφυρα, κατέπεμψεν ὕστερον Ἀθηναίοις Ἀντίοχος.

(6) Τοῦ θεάτρου δὲ, ὃ καλοῦσιν ᾨδεῖον, ἀνδριάντες πρὸ τῆς ἐσόδου βασιλέων εἰσὶν Αἰγυπτίων· ὀνόματα μὲν δὴ κατὰ τὰ αὐτὰ Πτολεμαῖοί σφισιν, ἄλλη δὲ ἐπίκλησις ἄλλῳ. Καὶ γὰρ Φιλομήτορα καλοῦσι καὶ Φιλάδελφον ἕτερον, τὸν δὲ τοῦ Λάγου, Σωτῆρα, παραδόντων ῾Ροδίων τὸ ὄνομα· τῶν δὲ ἄλλων ὁ μὲν Φιλάδελφός ἐστιν, οὗ καὶ πρότερον μνήμην ἐν τοῖς ἐπωνύμοις ἐποιησάμην, πλησίον δέ οἱ καὶ Ἀρσινόης τῆς ἀδελφῆς ἐστιν εἰκών.

CHAPITRE IX.

Ptolémée Philométor et Cléopâtre. Lysimaque.

 1. Ptolémée Philométor était le huitième descendant de Ptolémée fils de Lagus. On lui donna ce surnom par ironie, car je ne connais pas de prince pour qui sa mère ait eu une aversion pareille à celle que Cléopâtre avait pour lui. Ne pouvant souffrir qu'il régnât, quoique l'aîné, elle le fit d'abord envoyer par son père dans l'île de Chypre. Parmi les diverses raisons qu'on donne de cette malveillance, la principale était l'espoir de trouver dans Alexandre le plus jeune de ses enfants, plus de soumission. Elle voulut donc le faire nommer par les Égyptiens ;

2. et comme ils s'y opposèrent, elle l'envoya dans l'île de Chypre avec le titre de général, mais au fond pour devenir, par les armes d'Alexandre, plus redoutable à Ptolémée. A la fin, ayant blessé ceux de ses eunuques qu'elle croyait les plus dévoués à son propre service, elle les présenta au peuple en disant que Ptolémée avait voulu la faire périr, et que c'était lui qui les avait mis en cet état. Les Alexandrins fondirent sur Ptolémée pour le tuer, mais il leur échappa en s'embarquant, et l'on plaça sur le trône Alexandre qui revint de l'île de Chypre. 

3. Cléopâtre fut punie de son injustice envers Ptolémée ; car Alexandre, qui lui devait la couronne, la fit mourir. Bientôt, voyant son crime découvert, il prit la fuite pour se soustraire à la fureur du peuple ; Ptolémée revint et remonta sur le trône. Les Thébains (de l'Égypte) s'étant révoltés, il leur fit la guerre, les soumit la troisième année de leur rébellion, et ne laissa subsister chez eux aucun vestige de cette opulence jadis supérieure à celle des plus riches cités de la Grèce, à celle même du temple de Delphes, et d'Orchomène en Béotie. Ptolémée subit peu de temps après la loi commune à tous les mortels, et les Athéniens qu'il avait comblés de bienfaits nombreux, et qui mériteraient un plus long récit, lui érigèrent une statue en bronze, ainsi qu'à Bérénice le seul enfant légitime qu'il eut.

4. A la suite des statues des rois d'Égypte on voit celles de Philippe et d'Alexandre son fils qui ont fait de trop grandes choses pour n'en parler qu'incidemment dans un ouvrage dont ils ne sont pas le sujet. Les honneurs que les Athéniens ont rendus aux rois d'Égypte sont fondés sur une reconnaissance réelle pour les bienfaits qu'ils en ont reçus ; ceux qu'ils ont décernés à Philippe et à Alexandre sont principalement l'ouvrage de la flatterie du peuple ; quant à Lysimaque, ce n'est point par bienveillance qu'ils lui ont érigé une statue, mais c'est parce qu'ils pensaient qu'il pouvait leur être utile dans les circonstances où ils se trouvaient.

5. Lysimaque était Macédonien et l'un des gardes du corps d'Alexandre le Grand, qui, dans un accès de colère, l'ayant fait enfermer dans une loge avec un lion, fut tout étonné de voir qu'il avait dompté cet animal. Il conçut dès lors pour lui beaucoup d'admiration et le distingua comme l'un des plus braves Macédoniens. Après sa mort Lysimaque devint roi des Thraces voisins de la Macédoine, c'est-à-dire, de ceux qui étaient déjà soumis à Philippe et à Alexandre, et qui ne forment qu'une portion peu considérable de la nation Thrace. En effet, excepté les Celtes, aucun peuple ne peut se prétendre aussi nombreux que les Thraces : jamais, avant que les Romains les eussent vaincus, ils n'avaient été complètement soumis. Aujourd'hui toute la Thrace obéit à Rome, ainsi que tout le pays des Celtes, du moins ce qui valait la peine d'être conquis ; car les Romains ont volontairement négligé les portions que la rigueur du froid ou la nature du sol rendent stériles, encore y possèdent-ils tout ce qui peut avoir quelque importance.

6. Les Odryses furent le premier des peuples voisins contre qui Lysimaque tourna ses armes. Il attaqua ensuite les Gètes et Dromichétes leur roi : mais ayant affaire à un peuple qui n'était pas novice dans le métier de la guerre et qui pouvait mettre sur pied des armées bien plus nombreuses que les siennes, il se vit dans un péril extrême auquel pourtant il vint à bout d'échapper en laissant prisonnier Agathoclès son fils, qui le suivait à la guerre pour la première fois. Ayant encore essuyé dans la suite plusieurs défaites, et la captivité de son fils lui tenant au cœur, il fit la paix avec Dromichétes en lui cédant la partie de ses états située au-delà du Danube, et en lui donnant, bien malgré lui, sa fille en mariage. Selon quelques auteurs, ce fut Lysimaque lui-même que les Gètes firent prisonnier, et ce fut Agathoclès qui traita pour le délivrer avec Dromichétes. Lysimaque, de retour dans ses états, maria Agathoclès avec Lysandra, fille de Ptolémée, fils de Lagos et de Bérénice.

7. Ensuite il passa par mer en Asie, où il concourut à la subversion de l'empire d'Antigone. Il transféra Éphèse sur les bords de la mer, où elle est encore maintenant, et y transporta les Colophoniens et les Lébédiens dont il détruisit les villes ; événement que Phénix, poète ïambique de Colophon, a déploré dans ses vers. Hermésianax le poète élégiaque ne vivait plus sans doute ; car il n'aurait pas manqué d'exprimer ses regrets sur la prise de Colophon. Lysimaque fit aussi la guerre à Pyrrhus, fils d'Éacide ; et profitant de l'absence de ce prince, qui était le plus souvent hors de l'Épire, il ravagea ce pays d'un bout à l'autre, et pénétra même jusqu'aux tombeaux des rois.

8.  Hiéronyme de Cardie ajoute, ce qui me paraît peu croyable, qu'il brisa ces tombeaux et dispersa les ossements qu'ils contenaient ; mais comme cet historien a généralement la réputation de n'avoir écouté que sa haine pour les autres rois et son affection pour Antigone qu'il a comblé de louanges non méritées, il est évident qu'il écrit ici par malveillance ; car il n'est pas probable qu'un Macédonien se soit porté à violer ces tombeaux. Lysimaque, d'ailleurs, savait bien que ceux dont ils renfermaient les restes étaient les ancêtres d'Alexandre comme de Pyrrhus, la mère d'Alexandre étant Épirote et du sang des Éacides. Enfin, l'alliance qui se forma dans la suite entre Lysimaque et Pyrrhus, prouve qu'il ne s'était rien passé dans cette guerre qui dût les rendre ennemis irréconciliables. Il est possible qu'Hiéronyme eût d'autres motifs de haine contre Lysimaque, mais l'un de ses plus vifs ressentiments venait de ce que ce prince avait détruit Cardie pour fonder Lysimachie sur l'Isthme de la Chersonèse de Thrace.

ΚΕΦΑΛΑΙΟΝ Θ'.

Πτολεμαῖος Φιλομήτωρ καὶ Κλεοπάτρα. Λυσίμαχος.

(1) Ὁ δὲ Φιλομήτωρ καλούμενος ὄγδοος μέν ἐστιν ἀπόγονος Πτολεμαίου τοῦ Λάγου, τὴν δὲ ἐπίκλησιν ἔσχεν ἐπὶ χλευασμῷ· οὐ γάρ τινα τῶν βασιλέων μισηθέντα ἴσμεν ἐς τοσόνδε ὑπὸ μητρός· ὃν πρεσβύτατον ὄντα τῶν παίδων ἡ μήτηρ οὐκ εἴα καλεῖν ἐπὶ τὴν ἀρχήν, πρότερον δὲ ἐς Κύπρον ὑπὸ τοῦ πατρὸς πεμφθῆναι πράξασα. Τῆς δὲ ἐς τὸν παῖδα τῇ Κλεοπάτρᾳ δυσνοίας λέγουσιν ἄλλας τε αἰτίας καὶ ὅτι Ἀλέξανδρον τὸν νεώτερον τῶν παίδων κατήκοον ἔσεσθαι μᾶλλον ἤλπιζε. Καὶ διὰ τοῦτο ἑλέσθαι βασιλέα Ἀλέξανδρον ἔπειθεν Αἰγυπτίους.

(2) Ἐναντιουμένου δέ οἱ τοῦ πλήθους, δεύτερα ἐς τὴν Κύπρον ἔστειλεν Ἀλέξανδρον, στρατηγὸν μὲν τῷ λόγῳ, τῷ δὲ ἔργῳ δι᾽ αὐτοῦ Πτολεμαίῳ θέλουσα εἶναι φοβερωτέρα, τέλος δὲ κατατρώσασα οὓς μάλιστα τῶν εὐνούχων ἐνόμιζεν εὔνους, ἐπήγετο σφᾶς ἐς τὸ πλῆθος, ὡς αὐτή τε ἐπιβουλευθεῖσα ὑπὸ Πτολεμαίου, καὶ τοὺς εὐνούχους τοιαῦτα ὑπ᾽ ἐκείνου παθόντας. Οἱ δὲ Ἀλεξανδρεῖς ὥρμησαν μὲν ὡς ἀποκτενοῦντες τὸν Πτολεμαῖον· ὡς δὲ σφᾶς ἔφθασεν ἐπιβὰς νεώς, Ἀλέξανδρον ἥκοντα ἐκ Κύπρου ποιοῦνται βασιλέα.

(3) Κλεοπάτραν δὲ περιῆλθεν ἡ δίκη τῆς Πτολεμαίου φυγῆς ἀποθανοῦσαν ὑπὸ Ἀλεξάνδρου, ὃν αὐτὴ βασιλεύειν ἔπραξεν Αἰγυπτίων. Τοῦ δὲ ἔργου φωραθέντος, καὶ Ἀλεξάνδρου φόβῳ τῶν πολιτῶν φεύγοντος, οὕτω Πτολεμαῖος κατῆλθε, καὶ τὸ δεύτερον ἔσχεν Αἴγυπτον, καὶ Θηβαίοις ἐπολέμησεν ἀποστᾶσι. Παραστησάμενος δὲ ἔτει τρίτῳ μετὰ τὴν ἀπόστασιν ἐκάκωσεν, ὡς μηδὲ ὑπόμνημα λειφθῆναι Θηβαίοις τῆς ποτε εὐδαιμονίας προελθούσης ἐς τοσοῦτον, ὡς ὑπερβαλέσθαι πλούτῳ τοὺς Ἑλλήνων πολυχρημάτους, τό τε ἱερὸν τὸ ἐν Δελφοῖς, καὶ Ὀρχομενίους. Πτολεμαῖον μὲν οὖν ὀλίγῳ τούτων ὕστερον ἐπέλαβε μοῖρα ἡ καθήκουσα. Ἀθηναῖοι δὲ ὑπ᾽ αὐτοῦ παθόντες εὖ, πολλά τε καὶ οὐκ ἄξια ἐξηγήσεως, χαλκοῦν καὶ αὐτὸν καὶ Βερενίκην ἀνέθηκαν, ἣ μόνη γνησία οἱ τῶν παίδων ἦν.

(4) Μετὰ δὲ τοὺς Αἰγυπτίους Φίλιππός τε καὶ Ἀλέξανδρος ὁ Φιλίππου κεῖνται. Τούτοις μείζονα ὑπῆρχέ πως ἢ ἄλλου πάρεργα εἶναι λόγου. Τοῖς μὲν οὖν ἀπ᾽ Αἰγύπτου τιμῇ τε ἀληθεῖ καὶ εὐεργέταις οὖσι γεγόνασιν αἱ δωρεαί, Φιλίππῳ δὲ καὶ Ἀλεξάνδρῳ κολακείᾳ μᾶλλον ἐς αὐτοὺς τοῦ πλήθους· ἐπεὶ καὶ Λυσίμαχον οὐκ εὐνοίᾳ τοσοῦτον, ὡς ἐς τὰ παρόντα χρήσιμον νομίζοντες, ἀνέθηκαν.

(5) Ὁ δὲ Λυσίμαχος οὗτος γένος τε ἦν Μακεδὼν, καὶ Ἀλεξάνδρου δορυφόρος· ὃν Ἀλέξανδρός ποτε ὑπ᾽ ὀργῆς λέοντι ὁμοῦ καθείρξας ἐς οἴκημα κεκρατηκότα εὗρε τοῦ θηρίου. Τά τε οὖν ἄλλα ἤδη διετέλει θαυμάζων, καὶ Μακεδόνων ὁμοίως τοῖς ἀρίστοις ἦγεν ἐν τιμῇ. Τελευτήσαντος δὲ Ἀλεξάνδρου, Θρᾳκῶν ἐβασίλευεν ὁ Λυσίμαχος τῶν προσοίκων Μακεδόσιν, ὅσων ἦρχεν Ἀλέξανδρος καὶ ἔτι πρότερον Φίλιππος· εἶεν δ᾽ ἂν οὗτοι τοῦ Θρᾳκίου μοῖρα οὐ μεγάλη. Θρᾳκῶν δὲ τῶν πάντων οὐδένες πλείους εἰσὶ τῶν ἀνθρώπων ὅτι μὴ Κελτοὶ πρὸς ἄλλο ἔθνος ἓν ἀντεξετάζοντι, καὶ διὰ τοῦτο οὐδείς πω πρότερος Θρᾷκας ῾Ρωμαίων κατεστρέψατο ἀθρόους· ῾Ρωμαίοις δὲ Θρᾴκη τε πᾶσά ἐστιν ὑποχείριος, καὶ Κελτῶν ὅσον μὲν ἀχρεῖον νομίζουσι διά τε ὑπερβάλλον ψῦχος καὶ γῆς φαυλότητα, ἑκουσίως παρῶπταί σφισι· τὰ δὲ ἀξιόκτητα ἔχουσι καὶ τούτων.

(6) Τότε δὲ ὁ Λυσίμαχος πρώτοις τῶν περιοίκων ἐπολέμησεν Ὀδρύσαις, δεύτερα δὲ ἐπὶ Δρομιχαίτην καὶ Γέτας ἐστράτευσεν. Οἷα δὲ ἀνδράσι συμβαλὼν οὐκ ἀπείροις πολέμων, ἀριθμῷ δὲ καὶ πολὺ ὑπερβεβληκόσιν, αὐτὸς μὲν ἐς τὸ ἔσχατον ἐλθὼν κινδύνου διέφυγεν, ὁ δέ οἱ παῖς Ἀγαθ