
OEUVRES D'HIPPOCRATE
DES MALADIES DES FEMMES
LIVRE I
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DES MALADIES DES FEMMES. LIVRE 1er. [1] (Les femmes qui ont eu des enfants, moins sujettes aux suppressions de menstrues et aux dérangements que celles qui n'en ont pas eu. Comparaison, pour justifier cette proposition, entre le corps féminin et le corps masculin. Preuve tirée d'une physique grossière.) Ceci est sur les maladies des femmes. Je dis qu'une femme qui n'a pas eu d'enfant est affectée plus vite et d'une façon plus grave par les menstrues que celle qui a eu des enfants. En effet l'accouchement a rendu à celle-ci les veines plus coulantes pour les menstrues; ce qui les fait devenir coulantes, c'est le flux lochial et la fonte du corps; les parties voisines du ventre et des mamelles se fondent le plus, mais le reste du corps se fond aussi (j'ai dit dans la nature de l'enfant en voie d'enfantement pourquoi cela arrive). Le corps se fondant, il est inévitable que les veines deviennent plus dilatées et plus coulantes pour les règles, et que la matrice s'ouvre davantage, vu que l'enfant les a traversées avec effort et douleur. Les choses étant ainsi, la purgation menstruelle s'opère moins péniblement chez la femme qui a l'expérience des lochies. Et même, s'il survient à la femme qui a déjà enfanté quelque affection empêchant l'évacuation cataméniale de s'effectuer, elle supportera le mal plus aisément que si elle n'avait pas enfanté. En effet, à se remplir, la matrice y est habituée et le corps y est disposé, vu la grossesse; en même temps plus d'espace après l'accouchement est dans le corps pour le sang, à cause que le corps s'est fondu; et le sang, étant au large, cause moins de mal, à moins que les veines n'éprouvent un excès de plénitude et de ton. Mais, sans grossesse antécédente, le corps, qui n'est pas habitué, si la pléthore y survient, est plus résistant, plus ferme, plus dense que s'il avait passé par les lochies; la matrice est moins ouverte; aussi les règles coulent plus laborieusement, et il y a plus d'accidents supprimant le flux menstruel chez les femmes qui n'ont pas été enceintes. II en est comme je l'ai exposé précédemment : la femme a la chair plus lâche et plus molle que l'homme; cela étant ainsi, le corps féminin tire du ventre le fluide plus vite et plus que le corps masculin. En voici la preuve : mettez par-dessus de l'eau ou même en un lieu humide, pendant deux jours et deux nuits, de la laine nettoyée et un drap nettoyé d'un tissu dense, pesant exactement autant que la laine; quand vous les retirerez, vous trouverez, à la balance, que la laine est devenue beaucoup plus pesante que le drap; ce qui produit cet effet, c'est que, l'eau qui est dans un vase à large ouverture exhalant sans cesse vers le haut, la laine, étant lâche et molle, reçoit davantage de cette exhalation, et le drap, étant plein et dense, se trouve rempli sans en avoir beaucoup reçu. De la même façon, la femme, étant d'une nature plus lâche, puise dans le ventre, pour le compte du corps, plus de fluide et plus vite que l'homme ne fait; et, avec cette laxité, quand le corps s'est rempli de sang, s'il n'y a pas évacuation en l'état de pléthore et de chaleur où sont les chairs, la souffrance survient. La femme a le sang plus chaud, et c'est pourquoi elle est plus chaude que l'homme. Mais si la plénitude qui s'est tonnée s'évacue, ni la souffrance ni la chaleur ne se produisent par le fait du sang. L'homme, étant de chair plus dense, n'éprouve point de plénitude sanguine telle que, s'il n'évacue mensuellement une certaine quantité de sang, il ressent du malaise; il puise ce que demande la nourriture du corps, et le corps, n'étant pas mou, n'est sujet à un excès ni de ton ni de chaleur par l'effet de la pléthore comme chez la femme. Ce qui contribue grandement à cet effet chez l'homme, c'est qu'il fatigue bien plus que la femme; la fatigue dissipe une partie du fluides. [2] (Suppression des règles chez une femme qui n'a pas eu d'enfants. Accidents que cette suppression cause. Déplacement de l'orifice utérin qui en résulte. Diverses voies que prennent les menstrues supprimées : transport sur le poumon et phénomènes de phtisie; transformation des règles en un pus qui s'échappe par les parties génitales, ou qui forme une tumeur au-dessus de l'aine; issue des règles par une ouverture qui se fait à l'aine; issue par le vomissement, par le siège.) Quand chez une femme qui n'a point été grosse les menstrues se suppriment et ne peuvent trouver issue au dehors, une maladie survient. Cela arrive si l'orifice utérin s'est fermé ou dévié ou si quelque point des parties génitales offre une contraction. Dans un tel cas, les règles ne pourront pas trouver issue tant que la matrice ne sera pas remise en sa condition naturelle. Cette maladie se produit surtout chez celles qui ont l'orifice utérin étroit ou le col situé en avant dans les parties génitales. Si l'un de ces cas existe, que la femme n'ait pas de rapports sexuels et que le ventre se vide plus qu'il ne faut par quelque souffrance, la matrice subit un déplacement; car elle n'est pas humide par soi-même, vu qu'il n'y a pas eu de coït, et elle a de l'espace, vu que le ventre est devenu vide, de sorte qu'elle se déplace en raison de sa sécheresse et de sa légèreté plus grandes qu'à l'ordinaire. Et parfois, quand elle est ainsi déplace, l'orifice se trouve détourné en avant, attendu que le col est situé en avant dans les parties génitales. Au contraire, quand la matrice est humide par le coït et que le ventre ne se vide pas, elle ne se déplace pas facilement. Telle est la cause pour laquelle elle se ferme, la femme n'usant pas du coït. Au bout de trois mois, la malade se trouvera aussi bien que possible, si l'éruption cataméniale venant à se faire entraîne ce qui s'était amassé. Dans le cas contraire, voici les accidents qu'elle éprouvera : suffocation par intervalle, fièvre aussi par intervalle, frisson et douleur lombaire. Tels sont les accidents dans la troisième époque, si l'éruption ne se fait pas. A la quatrième époque, si l'éruption ne se fait pas et ne procure pas l'évacuation du sang antécédent, toutes les souffrances qui se faisaient sentir à la troisième époque s'exaspèrent, surtout au temps des règles ; puis cela s'adoucit, et souvent même la femme paraît sans souffrance. En suscroit il y a encore d'autres signes que voici : elle rend de temps en temps beaucoup d'urine épaisse, le ventre se durcit et se tuméfie; elle grince des dents, elle perd l'appétit et le sommeil. Voilà, ce qu'elle éprouve à la quatrième époque, où, soignée, elle peut guérir. A la cinquième époque, si les règles ne viennent pas en abondance, la souffrance croit en intensité. A la sixième époque le mal est devenu incurable. Les accidents précédents sont plus douloureux, et il s'y ajoute ceux-ci : la malade a parfois de l'anxiété et de la jactitation, des lipothymies, des vomissements pituiteux; elle est en proie à une soif intense, vu que le ventre est brûlé par la matrice surchargée de sang ; le palper est douloureux, surtout à l'hypogastre; il y a parfois une fièvre aiguë; la matrice gargouille, vu que le sang s'y agite et n'y chemine pas ; les selles ne sont pas régulières; la vessie, non plus, n'émet pas l'urine, attendu que la matrice tombe sur le col vésical, lequel est nerveux, et qu'elle se porte sur le ventre. Le rachis et le dos tout entier sont douloureux; la langue devient empêchée et n'articule plus distinctement ; lipothymie ; quelquefois aphonie; mordications au cardia, vomissement de bile jaune; respiration entrecoupée, anxiété, jactitation et inflammation. Quand, dans ce déplacement, la vessie attire la partie ténue du sang qui est dans la matrice, l'urine est rendue rouge; des souffrances se font sentir dans tout le corps, mais surtout au cou, au rachis, aux lombes et aux aines. A ce point, le ventre se gonfle, les membres inférieurs enflent, les jambes et les pieds; et la mort est imminente. En un tel cas la suppression des menstrues amène la mort au bout de six mois. Il y a encore ces phénomènes-ci : chez quelques femmes, les règles ayant été retenues en abondance pendant deux mois dans la matrice, le transport du flux supprimé se fait sur le poumon; la malade éprouve tout ce qui a été dit dam la phtisie, et elle ne peut résister an mal. Voici encore ce qui arrive : chez d'autres, les règles, ayant manqué à deux en trois époques, deviennent purulentes avec le temps; cela s'opère surtout quand elles sont échauffées par la chaleur fébrile. Les signes de cette purulence sont : douleurs intenses et battement dans l'hypogastre, impossibilité de supporter le palper; s'il doit y avoir amélioration, les règles font éruption car les parties génitales; du pus et du sang s'écoulent; cet écoulement fétide dure sept, huit ou neuf jours. Dans le temps antécédent, la femme souffre comme il a été dit plus haut. Après l'évacuation, le meilleur serait qu'il n'y eût pas d'ulcération; s'il en est resté, il faudra plus de traitement, afin que les ulcérations ne deviennent pas humides et de mauvaise odeur. Mais la femme demeurera stérile, même après guérison, si les ulcérations ont été considérables dans la matrice. Si les menstrues devenues purulentes ne s'échappent pas par les parties génitales, il arrivera qu'elles feront éruption au-dessus de l'aine, dans le flanc, sans tumeur, vu que le pus a corrodé; et par là sortiront des matières purulentes et fétides. A ce point, la malade ne guérit pas; et, dans le cas même où elle guérirait, elle resterait stérile; en effet, dorénavant, c'est par cette voie que s'échapperont les menstrues, l'orifice utérin étant appliqué vers cette région. Voici un autre cas : chez certaines femmes, à la seconde ou à la troisième époque de la suppression, ou même plus tard, si les menstrues se portent vers le flanc, sans être devenues purulentes, il se forme au-dessus de l'aine une tumeur acéphale, grosse et rouge. Il est arrivé plus d'une fois que des médecins ne sachant pas ce que c'était, l'ont incisée et ont mis la malade en danger. Cette espèce de tumeur se forme ainsi : la chair puise du sang, vu que l'orifice utérin est appliqué au flanc, elle s'en remplit, et elle se soulève à cause de ce sang qui la pénètre. Parfois, quand l'orifice utérin, se déplaçant, revient vers les parties génitales et que les règles sortent par cette voie, le gonflement du flanc s'affaisse, car il communique avec la matrice, laquelle a versé au dehors. Mais si l'orifice ne se tourne pas vers les parties génitales, la suppuration se forme vers le flanc, les règles se font jour par là; et les dangers sont les mêmes que dans le cas précédent. Elles prennent aussi la voie du vomissement, et parfois celle du siège, comme je l'ai dit en parlant des maladies des jeunes filles; les signes et les souffrances sont les mêmes que dans cette description; mais cette issue est moins commune chez les femmes que chez les jeunes filles. [3] (Suppression des règles chez une femme qui a eu des enfants. Énumération d'accidents très semblables.) Quand les règles sont supprimées, il y a douleur dans bas-ventre, la malade semble y avoir un poids, elle souffre cruellement dans les flancs. Si les règles sont absolument supprimées par l'effet d'une maladie ou quelles soient épaisses, visqueuses, collantes, il faut d'abord évacuer le ventre par le haut et le bas; puis purger la matrice à l'aide d'un pessaire qui évacue le sang; alors on met un intervalle; après quoi on administre un purgatif qui agisse sur le sang; la malade boira aussi le crethmon (crithmum maritimum L.) dans le vin de branche de pin. Si le flux menstruel ne s'opère pas, il arrivera qu'elle paraîtra être enceinte; le coït lui est douloureux de sorte que quelque chose semble être dedans; un poids se fait sentir dans le ventre; le ventre proémine; elle a les mêmes envies qu'une femme grosse; les nausées la prennent quand il s'est passé environ cinquante jours; de la douleur se fait sentir par intervalle à la région ombilicale, au cou, aux aines et aux lombes. Au bout de deux on trois mois, les règles font parfois une éruption abondante par les parties génitales, les matières évacuées sont noires et semblent être des caroncules comme après un avortement. Parfois aussi il se forme des ulcérations dans la matrice, et il faudra s'appliquer au traitement. Souvent il arrive que la femme parait être grosse pendant six mois on un peu moins, le ventre proémine, et tout semble être chez elle comme dans l'état de grossesse; puis, chez quelques-unes, les menstrues, devenues purulentes, font éruption au-dessus de l'aine, vers le cinquième ou le sixième mois, et prennent leur voie par là; parfois aussi il se forme des ulcérations dans la matrice au point au-dessus de l'aine, la femme courra risque de mourir, et, quand même elle réchapperait, elle sera stérile. En d'autres cas l'éruption se fait par les parties génitales, et il sort des matières pourries et purulentes; il en résulte des ulcérations dans la matrice, le danger est grand, et il faut, afin que les ulcérations ne deviennent pas chroniques, s'appliquer au traitement; celle-ci aussi sera stérile, même quand le traitement réussirait. Mais si les menstrues, retardées six mois, ne font pas éruption, la malade éprouvera tous les accidents qu'éprouve la femme qui n'a pas eu d'enfant et chez qui les règles ne peuvent trouver issue; si on la traite, elle guérit. Dans le cas contraire, ayant résisté jusqu'à huit mois, elle succombe. Chez plusieurs, si les menstrues sont pituiteuses, il arrive qu'elles coulent longtemps et qu'elles sont moindres que les menstrues saines. Traitée convenablement, la femme guérit. [4] (Règles moins abondantes qu'il ne faut. Accumulation qui en résulte. Accidents.) Les règles, venant il est vrai, sont pourtant moins abondantes qu'il ne faut; l'orifice utérin est ou un peu dévié de la direction des parties génitales, ou un peu fermé, au point d'obstruer, sans empêcher tout écoulement, les voies de transmission; le sang étant arrivé dans la matrice, presse constamment sur I'orifice. et il s'écoule peu à peu. Les jours que la purgation menstruelle a l'habitude de durer passent, le sang qui est de reste demeure retenu dans la matrice; une nouvelle époque ne chasse pas le sang retenu, et la pesanteur croît par des accessions continuelles; pourtant la malade restera, les premiers mois, deux ou trois, sans se ressentir grandement de ce dérangement. Mais quand il y aura plus de mois de passes les souffrances augmenteront; elle ne deviendra pas enceinte tant que cet état durera; une petite fièvre la prendra, surtout aux jours de son époque; toutefois, il est probable que, dans l'intervalle aussi, elle aura de la fièvre, des frissonnements, de la cardialgie, des vomissements abondants chaque jour, de la douleur par intervalle dans le corps, surtout aux lombes, au rachis, aux aines et aux articulations des membres supérieurs et inférieurs. Elle n'a pas ces douleurs à la fois, mais tantôt l'une et tantôt l'autre, suivant que se jette le sang qui a été sécrète et ne peut rester dans la matrice. Là où il se fixe, on voit survenir parfois de la tuméfaction, un spasme violent des articulations, ou quelqu'un des signes susdits. Cette malade, traitée convenabletnent, guérira; sinon, la maladie, auant duré sept mois ou même plus, causerait la mort, ou une claudication, ou quelque impotence des parties, si le sang, par le fait du froid et de l'abstinence, se coagulait autour des nerfs là où il se porterait. Cette maladie survient de préférence chez les femmes non mariées ; mais si ces affections ou celles qui seront dites attaquent une femme qui a éprouvé les lochies, elles seront de plus longue durée et moins douloureuses; toutefois les signes et les terminaisons seront les mêmes pour les femmes qui ont eu des enfants et celles qui rien ont pas eu, si elles ne sont pas traitées. ll faut employer sur-le-champ le traitement; sinon, les maladies surviennent. [5] (Règles plus abondantes qu'il ne faut. Accidents qui en résultent.) Quand les règles sont plus abondantes et plus épaisses qu'il ne faut, c'est que la personne a un corps naturellement disposé à fluer et l'orifice utérin placé près de la vulve. En cet état, si elle a de fréquents rapports conjugaux et qu'une fois en passant elle fasse un repas copieux, les règles, descendant en abondance et marchant avec plénitude, élargissent l'orifice utérin par leur effort; cela étant, si les vaisseaux ne sont pas désemplis et qu'au contraire elle mange beaucoup derechef, l'orifice utérin devient large, le corps, attendu qu'elle mange bien, qu'elle a des désirs et qu'elle use du coït, flue vers la matrice, l'écoulement menstruel est abondant; tant qu'il en sera ainsi, la femme sera décolorée; et, si par la suite il survient quelque maladie ou quelque souffrance qui l'épuisent, la matrice n'en restera pas moins avec l'orifice élargi, et le corps avec la disposition à fluer de ce côté. A la suite vient la fièvre, l'anorexie, l'anxiété, l'amaigrissement, la faiblesse par le fait des menstrues; il y a douleur aux lombes. Avec le temps, si elle n'est pas traitée, tous les accidents s'exacerberont par intervalles; et elle courra risque ou de devenir stérile, ou, s'il lui survient quelque autre maladie, d'y succomber après avoir été épuisée par la durée et par le mal. [6] (Remarques générales sur les règles. Quantité moyenne. Qualité du sang.) Les règles sont le plus épaisses et le plus abondantes dans les jours du milieu, mais, au début et à la fin, elles sont moins abondantes et plus ténues. Chez toute femme en santé, la quantité moyenne du flux menstruel est de deux cotyles attiques, un peu plus, un peu moins (cotyle = 0 litre, 27) ; et cela, pendant deux jours ou trois; une dorée plus grande ou moindre est morbide, et la stérilité s'ensuit. Il faut porter son jugement en considérant le corps de la femme, et interroger de manière à savoir par la comparaison avec les précédents si le flux est morbide ou non; si en effet il dure plus ou moins de jours que d'habitude, ou si le flux est plus ou moins abondant, il y a dérangement, à moins que la constitution même ne soit maladive et stérile. Dans ce cas, le changement se faisant en mieux, ce serait avantageux. Le sang qui s'écoule est semblable à celui d'une victime, et se coagule promptement, si la femme est en santé. Les femmes chez qui naturellement l'évacuation dure plus de quatre jours et est très abondante, deviennent maigres; et leurs foetus sont maigres et débiles. Celles chez qui l'évacuation dure moins de trois jours ou est peu abondante, ont de l'embonpoint, un bon teint, un aspect masculin, mais elles sont peu portées au plaisir de l'amour, et ne conçoivent guère. [7] (Suffocation utérine. Théorie des déplacements imaginaires de la matrice pour expIiquer les divers accidents qui se produisent. Cas où la matrice se porte au foie. Cas où elle se porte au col de la vessie. Cas où elle se porte soit aux lombes, soit aux hanches.) Suffocation utérine subite : cette affection survient surtout chez les femmes qui n'ont pas de rapports sexuels, et chez les femmes d'un certain âge plutôt que chez les jeunes; en effet leur matrice est plus légère. Voici comment cela se fait : la femme avant les vaisseaux plus vides que d'ordinaire et ayant plus fatigué, la matrice, desséchée par la fatigue, se déplace, attendu qu'elle est vide et légère; la vacuité du ventre fait qu'il y a place pour qu'elle se déplace; s'étant déplacée, elle se jette sur le foie, y adhère, et se porte aux hypocondres; en effet elle court et va en haut vers le fluide, vu qu'elle a été desséchée à l'excès par la fatigue; or, le foie est plein de fluide. Quand elle s'est jetée sur le foie, elle cause une suffocation subite, interceptant la voie respiratoire qui est dans le ventre. Parfois, en même temps que la matrice commence à se jeter sur le foie, du phlegme descend de la tête aux hypocondres, attendu que la femme est suffoquée: et parfois, avec cette descente du phlegme, la matrice quitte le fuie, retourne à sa place, et la suffocation cesse. La matrice retourne, ayant pompé du fluide et étant devenue pesante; elle produit un gargouillement en revenant à sa place. Après ce retour, il peut arriver qu'à la suite le ventre devienne plus humide qu'auparavant; car la tête laisse aller du phlegme dans le ventre. Quand la matrice est au foie et aux hypocondres et produit la suffocation, le blanc des yeux se renverse, la femme devient froide, et même quel¬quefois livide. Elle grince des dents; la salive afflue dans la bouche, et elle ressemble aux épileptiques. Si la matrice reste longtemps fixée au foie et aux hypocondres, la femme succombe étouffée. En d'autres cas, après que la femme a eu les vaisseaux vidés et éprouvé de la fatigue par surcroît, la matrice, se déplaçant, se porte au col de la vessie, et cause de la strangurie; c'est tout le mal qui en résulte; et, traitée, la malade guérit promptement, parfois même spontanément. En d'autres cas, la fatigue ou l'abstinence font que la matrice se porte vers les lombes ou vers les hanches et cause des souffrances. [8] (Menstrues bilieuses. L'auteur en distingue deux cas : quand la femme est en mauvais état, et quand elle est en bon état. Accidents qui en résultent, entre autres un flux utérin bilieux qui amène des ulcérations. Voy. § 22, un autre signe auquel l'auteur reconnaît que les menstrues sont bilieuses.) Si la femme a le corps en mauvais état et les menstrues bilieuses, cela se connaît ainsi : les menstrues sont très noires, parfois noires et brillantes, elles viennent très peu à la fois, elles ne se coagulent pas promptement, la semence des deux individus, l'homme et la femme, perd sa vertu, et la femme ne devient pas grosse. Au début de la maladie, la purgation menstruelle dure le nombre habituel de jours, pas davantage; mais avec le temps elle se prolonge au delà de cet intervalle, et elle est moins abondante chaque jour ; il survient des fièvres aiguës erratiques avec frisson, de l'anorexie par intervalles, de la cardialgie. Les souffrances augmentent à l'approche des règles. Les règles passées, il y a, pour un peu de temps, du mieux en comparaison de l'état antécédent; puis la situation redevient la même. Traitée, la malade guérit promptement. Mais si elle n'est pas traitée et que le mal se prolonge, toutes les souffrances susdites s'aggraveront ; de la douleur surviendra tantôt dans le ventre à la région sous-ombilicale, tantôt aux aines, tantôt aux lombes et aux hanches, tantôt au cou. Parfois une suffocation violente saisit la malade ; ténèbres devant les yeux, vertige, vu que la purgation remonte et se porte en haut. Chez la femme dont le corps est en mauvais état, les règles sont mauvaises; chez celle dont le corps est plein, elles sont plus abondantes; en ce cas, si les règles bilieuses (voy. § 9) sont supprimées, il survient des défaillances, de l'inappétence parfois, de la jactitation, de l'insomnie; la malade a de fréquentes éructations; elle ne veut pas marcher, elle est découragée, ne paraît pas voir, et est en proie à la crainte. Soignée, elle en guérira. Mais, si le temps se perd, les souffrances s'aggravent. Le meilleur événement serait qu'il survint un vomissement bilieux ou un dérangement de ventre bilieux et non violent, ou un écoulement de sang non considérable; car, si une de ces évacuations était violente en un corps déjà épuisé, il en résulterait du danger; au lieu qu'avec une évacuation modérée qui emporte partie de l'humeur bilieuse ou toute l'humeur peccante, la femme guérit. Mais, quand elle n'est ni traitée ni soulagée par une de ces solutions, elle succombe. Toutefois, la plupart du temps, il arrive qu'une telle maladie amène un écoulement bilieux. Si l'écoulement s'établit, d'abord il est peu abondant, mais chaque jour il va croissant en général. Se prolongeant, la maladie devient aiguë la plupart du temps, la matrice est irritée par le flux bilieux et s'ulcère. A ce point encore, la malade guérit, si l'écoulement est arrêté. Mais, quand la matrice s'enflamme par le fit des ulcérations, la maladie devient encore plus aigus, des matières abondantes, fétides purulentes sont fournies par la matrice même, ce qui s'écoule étant dès lors et toujours semblable au liquide provenant de chairs ; toutes les souffrances susdites s'exaspèrent; les ulcérations deviennent plus fermes, jusqu'à ce qu'elles causent la mon. Quand même la malade guérirait, elle resterait stérile à cause des cicatrices. [9] (Menstrues pituiteuses. Accidents qui en résultent. Ils sont très semblables à ceux du cas précédent, seulement un peu moins pressants, parce que, dans la théorie antique, la pituite est moins active que la bile. Voy., § 22, un autre signe auquel l'auteur reconnaît que des menstrues sont pituiteuses.) Si une femme a le corps en mauvais état par le fait de la pituite, les règles seront pituiteuses. Voici à quoi on reconnaît cet état : elles paraissent membraneuses, des espèces de toiles d'araignées y sont étendues, et la couleur en est blanchâtre. Cela arrive, quand la pituite, emplissant le corps et la tête, n'est évacuée ni par les narines, ni par le siège, ni par l'urètre, mais son avec les règles dans l'agitation que l'époque menstruelle donne au sang. La chose étant ainsi, la malade ne se sent de rien pendant deux ou trois mois; mais, à la longue et aucun traitement n'intervenant, elle souffre davantage, une fièvre erratique survient, il y a anorexie par intervalles et cardialgie. Les souffrances s'aggravent surtout à l'approche des règles. Les règles passées, son état s'améliore comparativement pour un peu de temps. puis il revient an même point ; et, si cela se prolonge sans traitement, il arrivera ici aussi tout ce qui arrivait dans le cas des règles bilieuses, tant que le flux était arrêté. Une conséquence de cette affection est aussi un écoulement, mais un écoulement pituiteux, on tout ce que je dirai un peu plus loin. Si cela arrive en surcroît, il y a tous les jours un flux tantôt abondant, tantôt peu considérable, parfois semblable à de l'eau d'orge, parfois à de la lavure de viande; de nombreux caillots de sang s'y trouvent; il ronge la terre comme le vinaigre, irrite les parties de la femme qu'il touche, et ulcère la matrice. A ce point, elle éprouve les mêmes accidents que dans le cas précédent; cependant elle souffre moins de la tête, et les ulcères ne sont ni d'aussi mauvaise apparence, ni aussi grands, ni aussi purulents, ni aussi fétides. Traitée, elle guérit, même après que la maladie a duré; il n'y a pas beaucoup de crainte de mort ; mais, en cet état, elle ne peut pas devenir enceinte. [10] (Femme ne pouvant pas devenir enceinte, parce que le sperme n'est pas retenu. Trois cas : il sort le jour même; il sort le lendemain ou le surlendemain; il sort le sixième ou le septième jour. Dans le premier cas, l'orifice utérin est dévié: dans le second, la matrice est humide; dans le troisième, la matrice et le corps entier sont en cause.) Quand une femme qui cohabite avec son mari ne peut devenir enceinte, il faut s'informer si les règles viennent ou non, et si le sperme s'en va sur-le-champ, ou le lendemain, ou le surlendemain, ou le sixième jour, ou le septième. Dit-elle qu'il s'en va aussitôt après le coït, alors l'orifice utérin n'est pas droit, il est dévié et ne prend pas le sperme. Dit-elle que c'est le second ou le troisième jour, la matrice est humide, et le sperme est balayé par le liquide. Dit-elle que c'est le sixième et le septième, le sperme se putréfie, et, putréfié, il sort. Pour le cas où tout d'abord le sperme n'est pas reçu, il faut en premier lieu s'occuper de l'orifice utérin, de manière à le redresser; dans le cas où le sperme est balayé le second ou le troisième jour, de la matrice et de la tête; dans le cas où il se putréfie et sort, de la matrice et du corps entier, lequel est humide. Tels sont les signes par lesquels ces trois cas se distingueront. [11] (Traitement du cas où le sperme n'est pas retenu parce que le corps entier est en cause.) Quant à la purgation qui convient, on la déterminera ainsi : au moment des règles, on plie un linge en plusieurs doubles, de manière qu'il soit de la grandeur d'un empan, et on l'étend sur de la cendre légère ; puis on s'arrange pour que le flux tombe dessus. On aura deux de ces tampons, l'un pour le jour, l'autre pour la nuit; celui du jour, on le lavera le lendemain; celui de la nuit, quand un jour et une nuit auront passé dessus ; bien entendu qu'ils seront restés sur la cendre. Après le lavage, on remarquera ce que deviennent ces linges, séchés au soleil, ou, mieux encore, dans un lieu obscur. Si c'est la pituite qui fait obstacle, le linge sera taché de pituite; si c'est la salure et la bile: il sera rouge et sublivide. Cela étant vu et soumis à un examen attentif, on portera le regard sur tout le corps pour décider s'il réclame ou non une évacuation abondante, prenant en considération la couleur, l'âge, la force, la saison, le régime. Le traitement, qui s'occupe du corps entier, s'occupe aussi de la matrice et de son orifice. S'il est fermé, on l'ouvrira; si elle est déviée, on la redressera; si humide, on la desséchera, et ainsi du reste, par le contraire. Chez toutes, le gros du traitement est à peu près le même, sauf l'emploi des emménagogues; car, lorsque les règles viennent, il n'y a pas lieu de les provoquer, il faut seulement ôter ce qui est mauvais, par exemple l'état pituiteux, membraneux, bilieux, ichoreux, ténu, blanc, grumeleux, noir, charbonneux, sombre, âcre, salé, trouble, purulent. Toutes ces conditions morbides doivent être enlevées; car elles empêchent la grossesse. Quand les règles sont pituiteuses et membraneuses, et que la femme est charnue, la bouche est très humide, une salive copieuse et gluante y abonde. Si la femme prend du vinaigre ou quelque chose d'âcre, la salive devient plus liquide et plus insipide. Tout ce qu'elle mange ou boit provoque un nouveau malaise; le ventre se gonfle; nausées, beaucoup d'anxiété. De la tête descend de la pituite qui obstrue tout et amène beaucoup d'humidité. Le dessous des yeux est livide et soufflé. Dans ce cas, on prescrira des bains de vapeurs entiers et de fréquents vomissements tant avec nourriture qu'à jeun. On amollira le ventre inférieur à l'aide de purgatifs très légers qui ne seront aucunement cholagogues. La femme ne fera qu'un repas par jour; elle s'exercera fréquemment, usera du régime le plus sec, et prendra très peu de boisson, et cette boisson sera du vin pur. Il vaut mieux que le ventre reste libre. La matrice, si ce régime n'opère pas sur elle, sera purgée à l'aide de pessaires qui n'aient rien d'irritant. Il faut toujours donner des bains de vapeur avant ces purgations, d'abord avec l'eau de fenouil (anethum faeniculum, L.), puis avec les substances balsamiques. Les bains de vapeur et les applications de pessaires seront conduits de manière, que tout sera terminé et en ordre au moment où les règles devront paraître. Si donc elles sont pures, sans altération et bien sanguines, la femme ira auprès de son mari au début, ou, mieux, quand elles finissent, et plutôt coulant encore que complètement disparues. Au moment d'aller auprès de son mari, elle fera quelqu'une des fumigations aromatiques et astringentes; la fumigation se fera par le couvercle et le roseau, le médicament ayant été jeté sur de la cendre chaude; quand le médicament est jeté, elle dispose le couvercle et le roseau, et, s'asseyant, reçoit la fumigation. Quand il faut faire la fumigation, elle se servira de la sonde de plomb, afin que la fumigation trouve ouvert l'orifice utérin. Puis, levée de dessus sa fumigation et s'étant mise au lit, elle appliquera de nouveau le plomb ; enfin, le retirant, elle usera aussitôt du coït; et, si la semence de l'homme ne vient pas en dehors, elle étendra les jambes, les croisera et se tiendra immobile. Ce jour-là, il faut faire abstinence, sauf, si elle veut, un cyceon sans sel à I'eau; elle le boira au moment de la fumigation. Si, après le coït, elle garde la semence le lendemain et le surlendemain, elle se privera d'aliments solides et de bains, elle boira de la farine d'orge à l'eau sans sel, deux on trois fois le jour. Ce régime en durera six, et, mieux encore, sept, si, après le coït, la semence de l'homme ne sort pas. Pendant tout ce temps, elle restera sans bains et se gardera de se donner du mouvement. Si elle veut se promener, elle se promènera en un terrain plan et uni, évitant absolument lis montées et les descentes. Elle se tiendra assise sur des sièges mous, si elle conçoit; et observera le même régime pendant trente jours ; elle continuera de s'abstenir de bains, ou, s'il lui en faut prendre, elle se lavera avec peu d'eau qui ne sera pas très chaude; elle ne se mouillera pas la tête. Pour aliments de céréales, elle aura le pain et la pâte d'orge; pour viandes, le pigeon et autres semblables; pour poisson de mer, tout ce qui resserre le ventre; elle s'abstiendra des herbages âcres; elle usera d'un vin noir; les viandes seront plutôt rôties que bouillies, aussi bien d'animaux domestiques que de gibier. [12] (Traitement du cas où le sperme n'est pas retenu parce que la matrice est trop humide. L'auteur y ajoute le cas où la matrice ne retient pas, parce qu'elle a été affaiblie par les pessaires ou les fumigations.) Voilà ce que fera la femme, si elle conçoit. Mais si elle ne conçoit pas, et que la semence de l'homme, s'écoulant avec beaucoup d'humidité, sorte le deuxième ou le troisième jour, évidemment la matrice est trop humide. Il faut traiter suivant le mode exposé précédemment, jusqu'à ce qu'elle devienne sèche. Quand elle parait être sèche, ce qu'il y a de mieux c'est d'appliquer un médicament émollient en arrière et eu avant, jusqu'à ce qu'elle reprenne son état naturel ; et, derechef, la femme ira auprès de son mari, lorsque les règles, cessant d'être abondantes, seront en petite quantité, de bonne couleur, et que les désirs se feront sentir. Dans les autres jours aussi, les désirs doivent se faire sentir, si la matrice est en bon état. Quand la femme a usé du coït en ces jours, la matrice étant bien disposée et la semence ayant été retenue dix ou douze jours, la femme n'ira pas auprès de son mari. Si elle ne conçoit pas, tout en ayant néanmoins la matrice saine (cela se voit souvent aussi), c'est que l'utérus, quoique en état de bonne nutrition, a été affaibli par une affection. ou par des purgations ou des fumigations excessives, et il ne peut porter la semence, tant qu'il ne s'est pas habitué et fortifié. Voici à quoi on reconnaîtra ce cas : quand la semence sort, elle sort le second ou le troisième jour, ou même plus tard; ce qui sort est épais et grumeleux comme du mucus, à moins qu'il n'y ait quelque mal et que la semence ne s'en aille par une autre maladie de la matrice. Quand donc la semence sort ainsi, il faut soigner l'utérus, sans négliger le corps entier. On mettra le corps en bon état, de manière qu'il ait à la fois fermeté et embonpoint. Peu de bains; beaucoup d'exercices légers; abstinence des substances âcres ou salées; vomissements avant les jours où viennent les règles, puis diète rigoureuse, et tout le reste comme il a été dit. Voilà le traitement de ces cas. [13] (Traitement du cas où, par la faute de l'orifice utérin, le sperme n'est pas retenu.) Quant à celui où, après le coït, la semence de l'homme sort incontinent, la cause en est dans l'orifice utérin. On traitera ainsi : si l'orifice est très fermé, on l'ouvrira avec les bâtonnets de pin et avec les plombs ; fumigation émolliente, avec le fenouil; purgation avec les pessaires qui atténuent la matrice et en favorisent le redressement. Après les purgations et les fumigations, on administrera en injections ce qui est contraire à la cause du mal. Chez quelques-unes l'orifice utérin est dévié et appliqué du côté de la hanche; car c'est aussi un des empêchements pour la matrice de recevoir la semence. En ce cas, on fera les fumigations aromatiques; après la fumigation, la femme, portant le doigt, écartera l'orifice de la hanche; l'ayant écarté, elle le redressera avec les bâtonnets de pin et le plomb, comme il a été dit plus haut. La matrice étant redressée et ouverte; on la purge avec des pessaires émollients, et tout le reste clans l'ordre susdit. Quand la matrice est plus béante qu'il ne convient, elle a besoin d'être purgée, et, après les purgations, d'injections et de fumigations aromatiques. Si elle est abaissée, on prescrit les vomissements, les fumigations fétides, jusqu'à ce qu'elle revienne à sa place; le régime est comme plus haut. Si l'orifice est gras et épais et que ce soit la cause qui empêche de concevoir, la femme mangera, à jeun, de la moutarde blanche cuite, et boira par-dessus du vin pur; en pessaire, elle aura du nitre rouge, du cumin et de la résine; le mieux est de mettre cela en un linge; ou bien mélanger du nitre avec de la myrrhe, de la résine, du cumin et du parfum blanc; ou bien brider de la corne de cerf, y mêler le double de farine, dans du vin, et boire cela pendant quatre jours. S'il n'y a pas d'amélioration, faire cuire des poireaux; la femme prendra un bain de siège dans cette eau; ou bien piler du hêtre et l'appliquer. Manger de l'ail frais, boire de l'hydromel par-dessus et vomir. [14] (Remède pour le cas où le sperme séjourne et se putréfie.) Pour les femmes chez qui la semence séjourne, se putréfie et cause du malaise, donner en éclegme le fruit ou le suc de l'arroche sauvage (atriplex hortensis, L.) avec du miel ou avec du cumin. [15] (Remède pour le cas où, les règles ayant mauvaise odeur, la femme ne conçoit pas.) Quand les règles sont de mauvaise odeur et que la femme ne devient pas enceinte, mêler l'arroche et la graisse d'oie, et appliquer en pessaire.
[16] (Autre détail su le cas où le sperme sort putréfié le
sixième ou le septième jour.) Quand la semence de l'homme sort putréfiée le
sixième jour ou le septième, cela sans doute vient de l'afflux des deux humeurs,
bile et salure. On traitera par l'hellébore, ou la scammonée et le peplion (euphorbia
peplis, L.); car ils évacuent par le haut et par le bas la pituite et la
bile, et expulsent les vents; avant les purgations on emploiera les fumigations
aromatiques. Après les fumigations, on purgera avec des pessaires de la même
façon que dans les cas précédents. A la suite des fumigations et des purgations,
ou emploiera les émollients, le pessaire avec la mercuriale, l'armoise,
l'anémone et l'hellébore blanc ou noir. Tels sont les médicaments qu'il faut
mettre en usage. Quant au régime, on examinera le corps de la femme en son
ensemble, considérant si elle parait sèche ou charnue. Si elle est sèche,
beaucoup de bains, pour mets toutes choses bouillies, soit poissons de mer, soit
viandes; vin léger; herbages bouillis, tous gras et doux; car toutes ces
substances en général produisent de l'humidité et dans le corps entier et dans
la matrice. Si la femme est humide, la matrice n'a besoin d'aucune de ces
choses; c'est tout le contraire qu'il faut : on ne touchera pas la matrice, on
ne fera ni injections ni fumigations à nouveau; car le flux se porte facilement
vers la partie excitée. Si la matrice s'humecte plus qu'il ne convient, il faut
dessécher et faire des fumigations. Si un flux bilieux va sur la matrice, donner
ce qui évacue la bile; si un flux salé, donner du lait d'ânesse, du vin et les
autres secours. [18] (Orifice utérin trop humide, empêchant que le sperme ne soit attiré.) Si l'orifice utérin est trop humide, la matrice ne peut attirer la semence. On emploiera les pessaires âcres ; en effet, l'orifice, irrité et s'enflammant, devient ferme parfois; il y a là une sorte d'affinité avec l'état squirreux ; état où il est bon d'appliquer les substances âcres. Les substances mordantes, étant atténuantes et chaudes, dissipent le squirrhe; et s'il se ramollit, on a recours aux émollients et à ce qui n'irrite pas (de la Nature de la Femme, § 24). [19] (Moyen pour faire concevoir une femme qui est restée longtemps sans devenir grosse.) Si la femme demeure longtemps sans concevoir, bien que les règles paraissent, prenez, le troisième ou le quatrième jour, de l'alun, broyez, détrempez dans un parfum, absorber avec un lainage, et appliquez en pessaire; la femme le gardera trois jours; le quatrième, faites bouillir de la bile desséché de boeuf dans de l'huile, mouillez-en de la charpie, et appliquez ce pessaire; elle le gardera pendant trois jours; le lendemain, elle le retirera, et ira auprès de son mari. [20] (Membranes empochant la conception.) Si la femme (ibid., § 67) ne reçoit pas la semence, bien que les menstrues aillent naturellement, une membrane est en avant; cet empêchement provient aussi d'autres causes; le doigt, touchant l'obstacle, le fera reconnaître. Faites un pessaire avec résine et fleur de cuivre, délayées dans du miel, et étendues sur un linge, qu'on introduira aussi avant que possible, après avoir mis un fil à un des bouts; en le retirant, la femme se lavera avec du vin tiède où du myrte aura cuit. Il vaut encore mieux enlever la membrane. [21] (Indication des causes qui font que certaines femmes avortent spontanément le troisième ou le quatrième mois.) Il est des femmes qui, à la vérité, conçoivent facilement, mais ne peuvent aller jusqu'au bout de leur grossesse; elles avortent le troisième mois ou le quatrième, sans aucune violence, sans aucun aliment nuisible. Chez ces femmes, la cause en est une de celles qui ont été indiquées, mais surtout quand la matrice laisse échapper une partie de ce qui est destiné à la croissance de l'embryon. Le ventre se dérange, il survient de la faiblesse, une forte fièvre et de l'anorexie au moment de l'avortement. Il faut aussi compter parmi les causes l'état lisse de la matrice, soit naturellement, soit à la suite d'ulcérations; en effet, quand la matrice est lisse, parfois les membranes enveloppantes s'en détachent, quand l'enfant commence à se mouvoir, attendu qu'elles tiennent moins à l'utérus qu'il ne faut, en raison de l'état lisse de cet organe. On reconnaîtra ces diverses conditions, en interrogeant exactement; mais, pour l'état lisse, il faut qu'une autre femme touche l'utérus quand il est vide, car autrement la chose ne serait pas apparente. Quand les règles vont chez ces femmes, elles sont très abondantes. Dans le nombre, il en est qui portent l'enfant à terme. Avec le traitement, on a des chances pour amener à bien la grossesse. Voilà ce qui en est là-dessus. [22] (Moyen de reconnaître si les règles sont pituiteuses ou bilieuses. Cette connaissance sert à procurer la conception.) Si vous voulez faire avoir des enfants à une femme qui n'a pas pu en avoir (de la Nature de la Femme, § 100), il faut voir si les règles sont pituiteuses ou bilieuses. On s'en assurera ainsi: on répandra, au temps des règles, du sable léger et sec, et sur ce sable, au soleil, on versera du sang menstruel, le laissant sécher. Si la femme est bilieuse, le sang séché sur le sable sera jaune; si elle est pituiteuse, il sera comme de la pituite. On administrera l'évacuant qui convient à l'une ou à l'autre de ces conditions, soit par le haut, soit par le bas; puis on purgera la matrice. [23] (Autres recettes pour faire concevoir.) Si vous voulez faire concevoir, administrez en boisson sept graines de lierre, ou des feuilles de lierre, chaque mois, dans du vin vieux, à la fin des règles; ou faites cuire une écorce de grenade dans du vin pur de bonne odeur, faites-en un pessaire que vous appliquerez jusqu'à midi; ou broyez fin de l'alun d'Égypte, attachez-le dans un lainage, et appliquez-le en pessaire, jusqu'à ce que le soleil se couche; puis, le retirant, la femme se lavera avec du vin de bonne odeur; cela se fera à la fin des règles. [24] (Leucorrhée, que l'auteur désigne sous le nom de flux de semence; c'est de cette idée que vient le mot de gonorrhée.) Voici encore un cas: c'est surtout quand la purgation menstruelle s'est opérée, que les femmes, ayant des désirs, conçoivent; la semence, chez elles, se fortifie, si elles usent du coït quand il faut; celle de l'homme se mêle facilement; et, s'il arrive qu'il y ait prédominance, c'est de ce côté que se fait la coalescence. A ce moment, surtout, après la purgation menstruelle, la matrice a l'orifice béant et tendu, et les veines attirent la semence; mais, dans le temps précédent, l'orifice est plus fermé, et les veines ne l'attirent pas aussi bien, étant pleines de sang. Si la semence s'échappe pure et sans intermission, la femme n'aime pas à avoir des rapports avec son mari, elle ne devient pas enceinte, les lombes sont douloureuses. il y a fièvre lente, adynamie, lipothymie; et parfois la matrice n'est pas à sa place. Si le flux vient de plénitude, le mieux est de le laisser aller; si, au contraire, la matrice est relâchée, on prescrira pour alimentation le gruau d'orge, la viande de porc ou de pigeon, le vin rouge, et les boissons qui seront indiquées contre les écoulements. [25] (Maladies des femmes enceintes. Diverses causes d'avortement: persistances des règles; diarrhée; saut; chute; frayeur; excès d'alimentation, etc.) Maintenant, je vais parler des maladies des femmes grosses. Je dis que, chez une femme grosse de deux mois, ou de trois, on plus, si les règles viennent chaque mois, nécessairement elle sera maigre et faible. Parfois même, la fièvre la prend à l'approche des règles, jusqu'à ce qu'elles coulent et pendant qu'elles coulent; après qu'elles sont passées, elle devient pâle ; à la vérité, elles sont peu abondantes. Dans ce cas, la matrice est plus ouverte qu'il ne convient, et laisse échapper une partie de ce qui est destiné à la croissance de l'embryon. En effet, dans l'état de grossesse, il va de tout le corps à la matrice du sang peu à peu; ce sang, se disposant circulairement autour du produit de la conception, en détermine la croissance. Mais si la matrice est trop ouverte, elle laisse échapper du sang chaque mois, comme c'est l'habitude; et le produit de la conception devient maigre et faible. Avec un traitement, l'enfant profite, et la femme elle-même se rétablit ; sans traitement, la femme avorte, et elle court risque d'avoir une affection chronique, si, après l'avortement, la purgation est plus abondante qu'il ne faut ; ce qui peut arriver, vu que la matrice est trop ouverte. Il y aura encore danger, si, chez une femme grosse, la tête est pituiteuse et qu'il en descende dans le ventre de la pituite âcre, qui provoque la diarrhée; il survient une fièvre sourde; en quelques cas, des battements faibles, s'en allant, puis reprenant et précipités. Si, en outre, il y a anorexie et adynamie, il est à craindre qu'elle n'avorte promptement, et elle-même, après l'avortement, sera en danger de succomber, si elle n'est traitée, vu que le ventre est dérangé, aussi faut-il le resserrer sur le champ. Il est encore bien d'autres périls qui compromettent le foetus; en effet, la femme enceinte peut avorter si elle est malade et s'affaiblit, si elle soulève un fardeau avec effort, si elle reçoit un coup, si elle saute, si elle est affectée d'anorexie ou de lipothymies, si elle prend beaucoup ou peu de nourriture, si elle a une frayeur, un tressaillement, si elle pousse des cris, si elle se livre à ses passions. La nourriture et beaucoup de sang sont causes d'avortement. La matrice elle-même a des conditions qui font avorter, étant venteuse, dense, lâche, grande, petite, et autres états analogues. Si une femme enceinte souffre du ventre ou des lombes, il est à craindre qu'elle n'avorte, les membranes qui enveloppent l'enfant s'étant rompues. Il en est qui avortent, si elles mangent ou boivent quelque chose d'âcre ou d'amer contre leur habitude. le foetus étant encore petit. En effet, pour peu qu'il survienne quelque chose d'inhabitué au foetus alors qu'il est jeune, il meurt ; ce qui arrive aussi, quand la femme mange ou boit des substances qui lui dérangent fortement le ventre à cette époque de la vie foetale, vu que la matrice se ressent du flux intestinal. Un excès de fatigue, ou le resserrement du ventre, ou le gonflement abdominal suffisent encore pour expulser le foetus, qui est échauffé par la fatigue et pressé par le ventre; car, en général, les foetus tout petits sont sans force. Il arrive aussi qu'on avorte d'enfants déjà grands. Aussi les femmes ne doivent-elles pas s'étonner d'avorter involontairement; car il faut beaucoup de précaution et de connaissance pour mener à terme le foetus, le nourrir dans la matrice, et le mettre au monde dans l'accouchement. [26] (Influence d'un état bilieux pendant la grossesse sur l'état des lochies. Lochies bilieuses. Accidents qui dérivent de la diminution ou de la suppression des lochies. Comparaison de ces accidents avec ceux que déterminent les règles bilieuses.) Si la femme enceinte a le corps en mauvais état, est bilieuse et souffrante, a de la fièvre par intervalles, la bouche amère, la langue jaune, les yeux ictériques, les ongles bilieux, l'urine âcre, si surtout elle a de la fièvre, il lui arrivera, après l'accouchement, d'avoir des lochies bilieuses et un enfant faible. En ce cas, les lochies sont bilieuses ou très noires, de la graisse y surnage, elles ne vont que peu à peu, et ne se coagulent pas promptement. D'abord la femme n'en souffrira pas beaucoup, puis elle en souffrira davantage ; et la purgation lochiale ne coulera pas autant qu'il faut. En effet, si le corps n'est pas en bon état, les lochies seront moindres et de plus mauvaise nature. La femme éprouvera tout ce qu'éprouve celle dont les menstrues sont bilieuses, mais elle sera moins longtemps malade; mêmes dangers, mêmes signes, mêmes métastases. En effet, il lui survient on un vomissement bilieux, ou un flux de ventre; et la matrice s'ulcère. La femme a besoin d'être suivie de près, quand quelque chose de semblable survient, pour qu'elle ne succombe pas ou ne reste pas stérile. Si aucun de ces phénomènes ne survient, qu'il n'y ait pas de traitement, et que les lochies se suppriment, elle succombe en trente et un jours généralement. Dans cette maladie, on donne un cholagogue; l'anis aussi est utile ici, et tout ce qui pousse aux urines; faire vomir, provoquer des sueurs, et laver le ventre avec la décoction d'orge, ou avec du miel, des oeufs et l'eau de mauve. [27] (Signes de mort on de maladie du foetus dans l'utérus.) Quand, chez une femme enceinte de sept ou huit mois, la plénitude des mamelles et du ventre s'affaisse subitement, que les mamelles deviennent petites et que le lait ne paraît pas, on dira que l'enfant est mort, ou, s'il vit, débile. [28] (Écoulement de sang, cher une femme grosse, indiquant l'avortement ou la maladie du foetus.) Quand, chez une femme enceinte, les règles se montrent, elle avorte si elles sont abondantes et de mauvaise odeur, ou l'enfant est maladif. [29] (Influence d'un état pituiteux pendant la grossesse sur l'état des lochies. Lochies pituiteuses. Comparaison de ces accidents avec ceux que déterminent les règles pituiteuses.) Une femme enceinte est pituiteuse, elle a mal à la tête, et de la fièvre par intervalles; la pituite lui roule dans la tête, cause de la pesanteur et du froid, et s'épanche dans le corps et les veines, quand la tête est pleine. La malade prend une teinte plombée et vomit de la pituite; langue blanche; urine blanche; selles blanchâtres, froides; difficulté à se mouvoir. Après l'accouchement, le flux lochial sera pituiteux, il paraîtra membraneux, et contiendra comme des toiles d'araignée étendues. La femme éprouvera tous les mêmes accidents que celle chez. qui les règles étaient pituiteuses, mais elle sera moins longtemps malade. La maladie aura les mêmes dangers, signes et métastases. Car il lui arrivera un vomissement pituiteux et toutes les souffrances semblables au cas susdit, s'il y a prolongation. Les lochies et les règles pituiteuses ont une dépendance de même sorte, mais le mal dure moins pour les lochies que pour les règles. Si la purgation lochiale arriérée ne fait pas éruption, la mort survient en quarante-cinq jours; et si cette purgation coule pituiteuse, elle coulera moins abondamment que dans le cas de santé; mais, traitée, la femme guérira, et elle aura du météorisme dès le début jusqu'à guérison. Cette affection est, en effet, difficile. On donnera un médicament phlegmagogue, et, par-dessus, avec du miel, le lait de chèvre cuit; s'il n'y a pas d'effet, le cardame (erucaria aleppica d'après Franz) ou le cnecos (carthamus tinctorius) ou le cneoron (daphne tartonraira L. ), ou le polypode (polypodium vulgare L.), ou le petit-lait, ou la préparation avec le sel, bref tout ce qui relâche et expulse la pituite. [30] (Femme enceinte dont la rate est malade.) Si la femme enceinte a la rate affectée par suite de souffrances exposées dans le cas de la femme dont les règles sont aqueuses et pituiteuses (§ 9), les lochies seront aqueuses, et il en coulera, tantôt beaucoup tantôt peu; c'est comme de l'eau qui aurait servi à laver de la viande sanguinolente, parfois elles sont un peu plus épaisses; elles ne se coagulent pas. Elle éprouvera tout ce qu'éprouve la femme dont les règles sont aqueuses; la maladie aura les mêmes périls et les mêmes métastases, car il arrivera à la patiente d'avoir un écoulement aqueux, ou de voir se supprimer la purgation, qui se portera sur le ventre, sur les jambes, sur la poitrine, ou quelque autre part; et les dangers seront les mêmes qu'il a été dit précédemment. [31] (Remèdes pour l'enflure, pour la bile, dans l'état de grossesse.) Si une femme enceinte enfle, donnez la graine d'ortie le plus possible, du miel, et du vin coupé ayant du bouquet, le tout à prendre en boisson deux fois par jour. Si une femme enceinte est tourmentée par la bile, donnez la décoction d'orge, la saupoudrant avec le fruit du sumac rouge ou avec celui du mûrier; cela sera pris froid, et le mal s'apaisera. [32] (Suffocation subite chez une femme enceinte. Comp. avec le § 7.) Une femme enceinte est saisie de suffocation subite; cet accident survient surtout quand elle a éprouvé de la fatigue ou fait abstinence; la matrice ayant été échauffée par la fatigue, et le fluide étant devenu moins abondant pour l'enfant, attendu que la mère a le ventre plus vide qu'il ne faudrait, l'enfant se dirige vers le foie et les hypocondres, attendu qu'ils sont pleins de fluide, et cause soudainement une violente suffocation. La voie de respiration à travers le ventre se trouve interceptée, la femme perd la parole, le blanc des yeux se renverse, et elle souffre tout ce que j'ai dit qu'éprouve une femme suffoquée par la matrice. En même temps que la suffocation commence chez une femme enceinte, de la pituite commence aussi à couler de la tête aux hypocondres, vu que le corps ne peut tirer la respirations. Et si, simultanément avec la descente de la pituite, l'enfant retourne à sa place, attirant le fluide et refoulé par la pituite, le mal cesse; un gargouillement se fait entendre, l'enfant revenant au lieu qu'il a quitté; et le ventre devient humide la plupart du temps. Mais, si l'enfant ne reprend pas promptement sa place, deux conditions le font souffrir, à savoir la pituite qui, descendant de la tête, le presse par son poids, et le refroidit par sa permanence, et un lieu inhabitué. Il y aura danger, si un meilleur régime n'est pas vite institué, et la femme sera suffoquée. Voilà ce qui en est sur ce sujet. [33] (Difficultés d'accouchement : présentation par les pieds, par le côté; enfant mort ou double.) Une femme est enceinte, l'époque de l'accouchement est arrivée, le travail dure longtemps, et elle ne peut se délivrer; en général, c'est que l'enfant vient de côté ou par les pieds; or, il faut qu'il vienne par la tête. Ce cas peut se comparer à un noyau d'olive qui, mis dans un vase à goulot étroit, n'en peut être retiré de côté. De même, chez la femme, l'obliquité de l'enfant est fâcheuse; car il ne sort pas. Venir par les pieds est encore une mauvaise position; et souvent il en résulte la mort de la mère, ou de l'enfant, ou de tous deux. En troisième lieu, l'accouchement est grandement entravé, quand l'enfant est mort, ou apoplectique, ou double. [34] (Remarques sur la grossesse et l'accouchement. Quelque accidents qui surviennent et leurs remèdes.) Quand une femme est grosse, elle devient toute pâle, parce que la partie pure de son sang distille journellement du corps et se porte à l'embryon, qui en reçoit accroissement. Or, le sang étant moindre dans le corps, nécessairement elle est pâle, elle a des envies d'aliments étranges; même peu de nourriture cause des dégoûts et des nausées; et elle s'affaiblit, parce que le sang diminue. Je remarque que la femme, quand elle accouche, a la respiration fréquente; et, au moment où la purgation commence, le ventre est plein et chaud au toucher. La respiration est surtout fréquente quand elle approche de la délivrance, et les lombes sont surtout douloureuses alors; car les lombes sont contuses par l'enfant; dans tout l'intervalle, elle a de la cardialgie de temps en temps, vu que le ventre et surtout l'utérus se contractent autour du foetus. Si, chez une femme qui accouche, l'utérus se remplit d'air, couvrir de cendre un foie de brebis ou de chèvre, puis le faire cuire, le prendre, et boire, si rien n'empêche, du vin vieux pur pendant quatre jours, si elle est à quelque distance de l'accouchement. S'il y a douleur aux lombes, la femme boira de l'anis et du cumin d'Éthiopie, et se lavera à l'eau chaude. S'il y a dyspnée, prenez soufre gros comme une fève, autant de cardamome, de rue et de cumin d'Éthiopie, pilez, délayez dans du vin, et donnez à boire à jeun fréquemment; s'abstenir d'aliments. Si, dans l'accouchement, la purgation est abondante, l'utérus, la vessie et l'intestin se contractent simultanément; les excréments et l'urine, qui ne sont plus retenus, s'écoulent. Prendre des oeufs en potage, manger du pain cuit sous la cendre et le reste qui est écrit. Si la femme est sèche et sans eau dans l'accouchement, faire boire de l'huile, et étuver les parties avec de l'huile chaude, de l'eau de mauve, les oindre avec du cérat liquide, et faire une injection avec de la graisse d'oie associée à l'huile. Si l'accouchement ne peut se faire, employez en fumigation la résine ou le cumin ou l'écorce de pin. Quand des gonflements surviennent à la matrice ou dans l'accouchement ou après l'accouchement, il ne faut pas, comme font les médecins, employer les astringents. Les meilleurs remèdes sont le cumin d'Éthiopie, à la dose d'une pincée, cinq ou six pincées d'anis et de seseli (tordylium officinale, L.), une demi-chéramys de la racine de pivoine ou même de la graine (chéramys = 0 litre, 018); donnez cela dans du vin blanc de bonne odeur, à jeun surtout. Ou bien la racine de daurus d'Éthiopie, de seseli, de pivoine, de la même façon. Ou bien la graine d'hipposelinon (smyrnium olusatrum, L.) et de daucus d'Éthiopie, de la même façon. Ou bien la racine de crithmon (crithmum maritimum, L.), ou quatre oboles attiques de cumin d'Éthiopie (obole attique = 0gr,75), ou poivre, anis, daucus, (lophotaenia aurea Griesbach, d'après Fraas), sureau, racine de pivoine, pilez dans du vin, et donnez à boire. Ou bien deux ou trois rameaux de myrtidanum (plante indéterminée), cumin d'Éthiopie, racine de pivoine, ou semblablement la graine de lin, que les enfants qui toussent prennent avec un jaune d'oeuf cuit et du sésame grillé. Si une accouchée (de la Nature de la Femme, § 100) a des aphtes aux parties génitales, broyez des amandes et de la moelle de boeuf, faites cuire dans de l'eau, ajoutez un peu de farine, oignez les parties, et lavez avec de l'eau de baies de myrte. [35] (Des lochies. Accidents causés par l'absence de lochies.) Maintenant je vais parler des lochies et de ce qui coule après l'accouchement. Quand une femme n'a pas ses lochies ou ses règles, ou que la matrice est dure, il y a douleur aux lombes; elle souffre cruellement dans les flancs, les aines, les cuisses et les pieds ;le ventre se gonfle ; des frissons traversent le corps, et il en résulte des fièvres aiguës. En cet état, s'il n'y a pas de fièvre, on prescrira les bains, on graissera la tète avec de l'huile de lis; faire cuire de la mauve, ou verser de l'huile de cypre (lawsonia inermis) dans de l'eau, et prendre là-dedans un bain de siège émollient. Dans toutes les maladies où les fomentations sont bonnes, il vaut mieux s'oindre ensuite avec de la graisse. S'il y a fiévre, s'abstenir de bains; faire des fomentations sur le bas-ventre, et traiter les lombes; donner à boire les médicaments utérins, mêlant ou des oeufs de sèche ou du castoréum; après donnez en potage ou la farine cuite avec de la rue ou la décoction d'orge. [36] (Lochies coulant mal. Cinq cas : 1° rien ne vient avec l'enfant; 2° les lochies sont exiguës; 3° le flux lochial ne marche pas facilement; 4° la purgation lochiale retenue fait éruption soudaine, il peut survenir des ulcérations; 5° la purgation lochiale, marchant bien les premiers jours, se supprime.) Chez une femme, dans l'accouchement, le liquide ne va pas comme il faut avec l'enfant, il est moindre; et, si le liquide attiré par la chaleur dans l'accouchement et peu auparavant est dans la tête, il y aura de la céphalalgie; s'il arrive en abondance dans le ventre, il le dérangera par son irruption, et cela n'ira pas plus loin. Il faut venir en aide, de peur que la diarrhée, survenant à la suite dans un corps en mauvais état, ne la fasse souffrir. Si le flux venant de la tète se tourne sur la purgation lochiale et est abondant, il y a amélioration; s'il dépasse la mesure, il faut traiter; s'il se porte sur le ventre, l'issue devient plus facile pour l'enfant. La purgation est-elle exiguë, une douleur intense est ressentie aux lombes et à toute la région des parties génitales, il y a gonflement, les cuisses se remplissent; de la bouche et des narines s'écoule une pituite aqueuse; céphalalgie, fièvre, frisson, sueurs, grincement de dents; lipothymie; le ventre et la vessie se resserrent; les yeux roulent et la vue devient ténébreuse. Une accouchée a le flux, mais ce flux ne marche pas facilement, vu que la matrice est échauffée et que l'orifice en est fermé; en effet, l'orifice se recourbe après que l'enfant a fait sa sortie. S'il en est ainsi, la purgation ne marchera pas; et, ne marchant pas, il arrivera que la femme aura de la fièvre, le frisson et le ventre tuméfié. Si on la touche, tout le corps est douloureux, le ventre surtout; cardialgie de temps en temps; douleur aux lombes; inappétence, insomnie, sensation de piqûre. Puis, au cinquième ou septième jour, parfois le ventre se dérange, les déjections sont noires et très fétides, et parfois aussi l'urine est comme l'urine d'âne. Si ces évacuations arrivent, la femme se sent mieux, et, traitée, elle guérit promptement. Dans le cas contraire, il y a risque que, une diarrhée violente survenant, les lochies se suppriment. Alors, si le ventre ne se dérange pas, si les lochies n'apparaissent pas spontanément, si on n'administre pas promptement ce qui convient, et que l'état se prolonge, les accidents susdits s'aggraveront, et, en surcroît, elle sera en danger de devenir plombée et hydropique; l'ombilic fera saillie, soulevé par la matrice, et il sera plus noir que les parties environnantes. A ce point, il n'y a plus moyen de guérir; les malades succombent les unes à une époque, les autres à une autre, suivant les conditions de leur corps et de leur mal; elles ne passent pas vingt et un jours; c'est du moins ainsi qu'il arrive la plupart du temps. Si la purgation fait éruption soit par médicaments soit, ce qui arrive aussi, spontanément, quand la matrice laisse l'orifice se relâcher violemment par le sang affluant tout à coup en abondance, l'écoulement est fétide, purulent, parfois même noir; l'état s'améliore, et, traitée, la malade guérit. Il survient aussi des ulcérations à la matrice, par la corruption des lochies; si cela arrive, il faudra plus de soin, afin que les ulcérations ne deviennent pas grandes et putrides; il y a danger que la femme succombe ou devienne stérile. Voici les signes quand des ulcérations existent: la purgation venant, il semble que des épines passent par la matrice; de la chaleur tient le ventre. Voici encore ce qui survient souvent: palpée, la région sous-ombilicale est douloureuse comme si on touchait une plaie pure sur une partie nerveuse; puis des douleurs intenses saisissent par intervalles la matrice; il y a de la fièvre, qui est parfois douce à la main; de temps à autre, les lochies coulent avec un assez mauvais caractère, purulentes, fétides: voilà les signes quand il y a des ulcérations à la matrice, et beaucoup de soin est nécessaire. Telles sont toutes les terminaisons de cette maladie. Si la purgation lochiale marche les trois ou quatre premiers jours, puis se tarit tout à coup, la femme éprouve des accidents analogues aux précédents, mais à un degré moindre ; semblablement, la maladie, venant à se déplacer, a la même métastase; elle est de durée et moins intense que dans l'autre cas. La femme, mise au régime, guérit, si elle est soignée de près. Voilà ce qu'il en est touchant cette maladie.
[37] (Traitement du cas où manque la purgation lochiale.)
Si après l'accouchement il n'y a pas de purgation, le ventre, la rate et les
membres inférieurs se gonflent, la fièvre vient, le frisson saisit, des douleurs
se font sentir aux lombes, parfois aussi aux viscères; refroidissement, fièvre,
battements faibles, parfois fréquents, tantôt élevés, tantôt se dérobant. Tels
sont les accidents et l'état au début de la maladie; avec le temps, le dessous
des yeux devient rouge. [38] (Cas où les lochies coulent moins, parce que la matrice a l'orifice étroit et dévié, ou parce que les parties génitales sont resserrées par l'inflammation.) Si les lochies coulent moins qu'il ne faut, parce que la matrice a l'orifice étroit et est déviée, ou parce que les parties génitales sont fortement resserrées par la phlegmasie, la femme a une fièvre aiguë, de la cardialgie, tout le corps douloureux, de la jactitation; la douleur s'empare des articulations des membres supérieurs et inférieurs et des lombes; elle souffre au cou, au rachis et aux aines, et quelques parties du corps seront frappées d'impuissance; puis une fièvre tranquille, un frisson tout à fait manifeste; elle vomit aussi des matières pituiteuses, amères, âcres. Tel est ce cas. Traitée, elle guérira; si elle n'est pas traitée, elle restera boiteuse ou paralysée de quelque partie du corps. Cette maladie ne rend pas absolument la femme stérile. Si la matrice s'ulcère et que les lochies ne viennent pas comme il faut, la femme aura tous les accidents; traitée promptement, elle guérit dans le cas où les ulcérations ne sent pas étendues. Il faut traiter avec beaucoup de soin les ulcérations utérines; car, étant dans une cavité molle, d'une sensibilité exquise et nerveuse, avec beaucoup de sympathies, le bregma, le cardia, l'intelligence, elles s'accroissent, deviennent malignes, et ne sont pas disposées à se fermer. La matrice devenant étroite à l'orifice, ne laissant pas couler la purgation lochiale et s'enflammant, si le traitement n'est pas appliqué promptement, tout s'aggrave, odeur mauvaise, gonflement du conduit; dans le cas où la matrice n'est pas enflammée, il sort spontanément des matières sentant mauvais, livides ou noirâtres, contenant des caillots, et la femme a la purgation lochiale ; mais parfois il ne sort rien, ce qui est indice de mort, à moins que promptement on n'ouvre la veine ou tâche le ventre; en ce cas, il vaut mieux employer un lavement; si la femme vomit facilement, ou peut encore provoquer le vomissement; il est excellent d'uriner et de suer. Pour ces moyens le meilleur moment est celui où besoin en est. [39] (Cas où les lochies sont plus abondantes qu'il ne faut.) Après l'accouchement, la femme a un flux un peu plus abondant qu'il ne faut; cela arrive en effet aussi quand la matrice devient large de l'orifice et que quelques veines qui s'étendent sous la matrice se rompent par l'effort de la sortie de l'enfant ; il y a une fièvre légère, de la chaleur sur tout le corps, parfois du frissonnement et de l'anorexie; la femme a du dégoût pour tout, elle maigrit, s'affaiblit, pâlit, s'oedématie, et perd l'appétit; mange-t-elle ou boit-elle quelque chose, la digestion ne s'en fait pas; chez quelques-unes même le ventre et la vessie font éruption, et le frissonnement augmente. Tel est l'état dans ce cas. [40] (Adhérence des parties génitales, suite d'ulcérations. C'est l'absence des lochies qui permet à ces adhérences de se former. L'auteur rapporte le cas d'une de ses malades.) Après l'accouchement, les parties génitales se ferment par quelque adhérence; j'ai, en effet, vu cela aussi survenir lorsque l'orifice des parties s'ulcère. L'ulcération ayant été produite dans l'accouchement par l'effort de la sortie de l'enfant, il survint quelque chose de semblable à un aphte ; l'inflammation fut forte, et les lèvres, par l'inflammation, vinrent au contact et contractèrent adhérence l'une avec l'autre, vu qu'elles étaient ulcérées. Il y a contact, et il se forme un champignon qui tient réunies les deux lèvres, parce que la purgation lochiale est supprimée. Si la purgation allait, les plaies ne deviendraient pas fongueuses ; au lieu qu'une fluxion survient qui s'épaissit en une chair contre nature. Il faut traiter ces ulcérations comme dans toute autre partie du corps et les mener à cicatrisation, de sorte que la place soit lisse et de coloration uniforme. Phrontis éprouva ce qu'éprouvent les femmes chez qui la purgation lochiale ne se fait pas; de plus elle eut de la douleur dans les parties, et, touchant, elle reconnut qu'il y avait obturation; elle le dit, et, traitée, elle eut ses lochies, guérit et resta féconde. Si elle n'avait pas été traitée et que les lochies n'eussent pas fait éruption spontanément, l'ulcération se fût agrandie, et il y aurait eu danger, le traitement faisant défaut, que tes ulcérations devinssent carcinomateuses.
[41] (Déplacement des lochies, et transport sur la tête, la poitrine, les
poumons.) La purgation lochiale se porte à la tète, à la poitrine et au poumon;
cela arrive en effet, et souvent les femmes succombent sans retard, s'il y a
suppression; mais si un flux se fait bien par la bouche ou par les narines, la
malade réchappe. Si la maladie se prolongeait un peut davantage, la femme
éprouverait tout ce qui a été dit au sujet de la jeune fille chez qui la
première éruption menstruelle s'est portée en haut; toutefois la femme résistera
plus longtemps que la jeune fille, et les accidents seront moins intenses
jusqu'à ce que le poumon devienne purulent. Mais si la purgation lochiale ne se
fait pas par la bouche et qu'elle se tourne en haut où elle s'est portée, les
lochies demeureront supprimées, comme cela duit être en effet; de la toux et de
la dyspnée se feront sentir; le poumon étant rempli par le sang, le côté et le
dos deviendront très douloureux; quand elle tousse, la toux est sèche; parfois,
elle a une exspuition écumeuse; avec le temps, l'exspuition devient foncée e;
bourbeuse; la poitrine est plus chaude que le reste du corps, attendu que le
sang l'échauffe. La femme a la fièvre, le ventre resserré, de l'anorexie, de
l'insomnie, du dégoût; elle ne guérit pas, mais succombe en vingt et un jours
d'ordinaire.
[42] (Diarrhée après l'accouchement et remèdes.) Si après l'accouchement (de la Nature de la Femme, § 52) il survient de la diarrhée et que les aliments ne demeurent pas dans le ventre, prenez du raisin sec noir et le dedans d'une grenade douce, pilez, délayez dans du vin noir, ratissez du fromage de chèvre, saupoudrez avec de la farine de blé grillée, et donnez à boire bien mélangé. [43] (Hématémèse après l'accouchement, attribuée à une lésion du foie; traitement.) Si la femme vomit du sang après l'accouchement (de la Nature de la Femme, § 52), le lobe du foie est blessé; de la douleur gagne les viscères, et des spasmes saisissent le cardia. En ce cas, laver avec beaucoup d'eau chaude, appliquer les fomentations qui sont le mieux reçues, et donner à boire du lait d'ânesse pendant sept jours ou cinq; ensuite prescrire du lait de vache noire, à prendre à jeun, si elle peut, pendant quarante jours.. Le soir, elle boira du sésame broyé. Cette maladie est dangereuse. [44] (Moyens pour rappeler le lait supprimé.) La formation du lait a été expliquée par moi dans la production de l'enfant, lors de l'accouchement, et le reste semblablement (de la Nature de l'Enfant, § 21 ). Si le lait (de la Nature de la Femme, § 93) se supprime, pilez des poireaux, trempez avec de l'eau, et donnez à boire. La femme se lavera aussi à l'eau chaude; elle mangera des poireaux et du chou; on y fera cuire dedans des feuilles de cytise, et elle boira cette eau. On donne en boisson la graine et la racine du fenouil, l'orge mondé, le beurre, qu'on fait cuire ensemble et qu'on laisse refroidir. Il est bon encore d'administrer l'hippomarathron (anethum segetum), et l'hipposelinon (smyrnium olusatrum), et le cytise. Tout cela ensemble rend le lait abondant, les chèvres de Scyros, et les fromages surtout. Il est bon encore de faire cuire de la sauge, d'ajouter des baies d'arkeuthos (juniperus phænicea) ou de cedros (juniperus oxycedrus), transvaser, ajouter du vin et boire; pour ce qui reste, elle y versera de l'huile et mangera. Elle s'abstiendra de ce qui est âcre, salé, acide et de tous les légumes crus. Le cardame (erucaria aleppica), pris dans du vin, est bon; car il provoque le lait; elle se lavera à l'eau chaude et boira l'apothermon (sorte de boisson). Donnez à boire le fruit du vitex dans du vin. Abondance de lait est produite aussi par la décoction de bette, de sésame non lavé et d'orge de trois mois ; on jette dans un mortier, on pile le tout, on extrait le jus à travers un linge, on mêle du miel ou des amamélides (sorte de sorbe ou de poire, voy. note 1); puis on donne à boire dans du vin noir. [45] (Moyens pour faire bien couler les lochies.) Quand une femme ayant accouché est délivrée des secondines, il vaut mieux donner ce qui évacue surtout les lochies : de l'ail bouilli ou grillé, dans du vin et de l'huile, avec de petits poulpes et de petites sèches sur des charbons, celui des deux aliments qu'elle voudra; elle boira du castoréum ou du nard; elle boira aussi de la rue dans du vin noir doux, à jeun ou sans vin; s'il n'y a pas de vin doux, il vaut mieux y mêler du miel. Prendre aussi du chou cuit avec de la rue et de la mercuriale, et boire quelques-unes des graines qui sont bonnes pour l'utérus. Si les lochies se coagulent et causent de la douleur dans le bas-ventre, donner des poireaux bouillis, et ce qui est sauvage et cultivé; il faut tout préparer au gras; la femme se lavera tous les trois jours par un temps chaud; car le froid est nuisible en ce cas; après le bain, elle s'oindra; il vaut mieux ne pas user de beaucoup d'eau chaude. [46] (Moyen pour faire sortir l'arrière-faix. L'auteur expIique comment il est quelquefois retenu.) Quand l'arrière-faix ne s'en va pas aussitôt après l'accouchement, il survient des douleurs au bas-ventre et aux flancs; frissons, fièvres; quand l'arrière-faix s'en va, la femme guérit; il se corrompt le plus souvent; il s'en va le sixième jour, ou le septième on même plus tard. Dans ce cas, il faut donner les remèdes que j'écrirai, et retenir la respiration. Ce qu'il y a de mieux, c'est l'armoise, le dictame, la fleur de violette blanche (cheiranthus); bu dans l'eau, gros comme une fève grecque, le suc de silphion est très puissant. Si l'arrière-faix ne peut pas sortir, garder l'abstinence; puis piler les feuilles du vitex dans du vin et du miel, verser de l'huile, faire tiédir, et donner à boire à la dose d'une cotyle (0 litre, 27); l'arrière-faix sort (de la Nature de la Femme, § 56). Le chorion demeure dans la matrice; cela arrive quand le cordon ombilical se rompt par une violence ou quand la femme qui le coupe le coupe, par ignorance, avant que le chorion soit sorti de la matrice ; l'utérus attire en haut l'arrière-faix, qui est glissant et humide, et le retient en elle-même, car le chorion prend son origine au cordon ombilical de l'enfant; le cordon sort le dernier de la matrice; s'il sortait d'abord, ce ne serait pas lui qui conduirait la nourriture à l'enfant, parce qu'il y est suspendu. [47] (Moyen pour faire sortir un foetus mort à un ou deux mois.) Quand chez une femme enceinte l'enfant meurt à un mois ou deux et ne peut sortir, si elle est maigre, il faut lui purger le corps et lui donner de l'embonpoint; car les embryons putréfiés ne sortent pas avant que la matrice soit forte et épaisse (Comp. de la Nat de la F., § 19). [48] (Chorion retenu, empêchant les lochies de couler.) Quand le chorion est retenu, si la matrice n'a pas un orifice large, la purgation lochiale va moins qu'il ne faut, le ventre devient dur et gros; grand refroidissement, fièvre aiguë, douleur dans tout le corps et surtout à 1a région sous-ombilicale; un poids se fait sentir à la matrice, et des tranchées comme si un enfart était dedans. Traitée, la femme expulse promptement le chorion putréfié, et elle guérit. [49] (Ulcérations de l'utérus après l'accouchement; remèdes.) Si, à la suite de l'accouchement, la matrice s'ulcère, on traitera avec la fleur de rosier; la femme fera aussi des injections astringentes (De la Nat. de la F., § 84). Si l'orifice s'ulcère et s'enflamme, prendre de la myrrhe, de la graisse d'oie, de la cire blanche, de l'encens, du poil de lièvre de dessous le ventre, mêler le tout, broyer et appliquer en pessaire dans de la laine (De la Nat. de la F., § 53). [50] (Phlegmasie utérine après l'accouchement. Traitement.) Si la matrice s'enflamme à la suite de l'accouchement, il y a fièvre légère et obscurité de la vue ; au ventre jamais la chaleur ne cesse; la femme a soif ; douleur aux hanches; la région hypogastrique est fortement gonflée, et le ventre se dérange. Les selles sont mauvaises et fétides; la fièvre est intense; anorexie; douleur au bregma ; l'orifice de l'estomac ne peut attirer les boissons et les aliments; et la digestion ne se fait pas. Si le traitement n'intervient pas aussitôt, la plupart succombent, et c'est par le ventre. Prendre des feuilles très tendres de sureau et de la grosse farine de blé de trois mois, faire cuire et donner à boire tiède (De la Nat. de la F., § 37). Donner aussi de l'hydromel et du vin aqueux, appliquer des cataplasmes refroidissants sur le bas-ventre, manger aussi peu que possible, arrêter le flux de ventre, traiter la tête, mettre des cataplasmes sur l'hypocondre. [51] (Différents moyens pour les souffrances de l'utérus après l'accouchement.) Boisson pour la matrice : quand il y a douleur après l'accouchement, si la douleur se fait sentir au siège ou autre part, broyer la baie de l'arkeuthos (juniperus phaenicea), ou la graine de lin et d'ortie, et donner à boire. S'il y a douleur après l'accouchement, donner à prendre de la térébenthine, du miel, et du vin tiède; et, si la matrice s'enflamme, cela l'empêchera. Si la région de la matrice est douloureuse, piler les feuilles tendres de l'amandier amer et de l'olivier, le cumin, les baies ou les feuilles de laurier, l'anis, l'erysimon (sisymbrium polyceratium, L.), l'origan, le nitre, mêler, piler fin, et en faire une injection pour la matrice. S'il y a inflammation et douleur de matrice, prendre feuilles de rose, cinnamome, cassia, piler fin ensemble, verser du nétopon, et faire des pastilles du poids d'une drachme, puis, ayant chauffé jusqu'au rouge un vase neuf en terre, faire asseoir la femme par dessus, la recouvrir de vêtements, et faire une fumigation vers la matrice; cela calmera les douleurs. [52] (Souffrances de l'utérus après l'accouchement, avec fièvre. Traitement.) Si la matrice souffre après l'accouchement, il y a une fièvre faible, mais à l'intérieur le bas-ventre est brûlant, et parfois du gonflement se manifeste à la hanche; de la douleur se fait sentir au bas-ventre et aux flancs; les déjections sont bilieuses et fétides; et, si le flux de ventre n'est pas arrêté, la femme meurt soudainement. Quand il en est ainsi, il faut refroidir le ventre tout en évitant de causer du frisson. Si la diarrhée ne s'arrête pas, elle boira la préparation au gruau, ou la préparation au pain, ou la farine ; pour potage, elle prendra le jus d'une grenade vineuse, le coupera d'eau, le saupoudrera de farine de lentilles, et fera cuire, mêlant des lentilles, du cumin, du sel, de l'huile et du vinaigre; ce potage sera donné froid ainsi que la bouillie acide de lentilles; elle boira par-dessus du vin fort de Pramne; quant aux autres aliments, elle s'en abstiendra jusqu'à ce que la fièvre ait cessé. Si on le juge convenable, elle pourra se baigner. Est-elle faible, qu'elle boive de la fine fleur de la farine d'orge; sa faiblesse est-elle encore plus grande, elle la boira dans l'eau froide. Elle prendra, quand la fièvre sera tombée, des aliments légers qui ne dérangent pas le ventre. Cette maladie est aiguë et très grave. [53] (Phlegmasie utérine chez une nouvelle accouchée. Traitement.) Si la matrice s'enflamme chez une nouvelle accouchée, le ventre s'échauffe et devient gros; de l'oppression se fait sentir aux hypocondres. Quand il en est ainsi, appliquez des cataplasmes avec la mousse marine qu'on jette sur les poissons; cette mousse aura été pilée dans un mortier; on y mêlera de la grosse farine de grain non grillé, de la cendre de sarment et de la graine de lin grillée ; on moudra tout cela, on pétrira avec du vinaigre et de l'huile, et on fera comme un cycéon épais; on cuira jusqu'à ce que la préparation prenne la consistance de la graisse, et on l'appliquera en cataplasme aussi chaude que possible. S'il le faut, on prescrira des bains de siège.
[54] (Autre cas de phlegmasie utérine chez une nouvelle
accouchée. Traitement.) Si l'utérus s'enflamme chez une femme en couche, il
se tuméfie; et, les lochies séjournant, il se distend secrètement. Cela arrive
quand il a été condensé par le froid. Dans ce cas, s'il est refroidi, il faut le
réchauffer; s'il est brûlant et que le froid cesse, faire un pessaire qui
s'oppose à l'inflammation, layer, fumier et administrer les médicaments que
j'écrirai ; aspirer de la vapeur dans la bouche et dans les narines. [56] (Conseils quand l'accouchement se fait trop promptement.) Quand l'accouchement se fait très promptement, donner, avant que la douleur survienne, les médicaments qui calment les douleurs utérines, et administrer des aliments qui lâchent le ventre. Si le ventre s'échauffe, administrer des lavements le plus tôt possible. [57] (Matrice remplie de phlegme; règles pituiteuses; divers accidents. Traitement.) Si la matrice se remplit de phlegme, des vents s'y développent et les règles coulent moindres, blanches, pituiteuses; parfois c'est un sang ténu, pur, plein de membranes. Parfois encore il y a dérangement, elles paraissent trois fois par mois; à cause de l'humidité la femme ne veut pas avoir de rapports avec son mari, et-elle n'a aucun désir; elle maigrit. Elle souffre au bas-ventre, aux lombes et aux aines. Si le flux irrite et ulcère les lèvres de l'orifice utérin, dites qu'il sera de longue durée. Est-il abondant, faite vomir avec la bouillie de. lentilles et l'ellébore; puis faire une infusion dans le nez, et administrer un purgatif. Elle s'abstiendra des alimente âcres. Si elle sent des pesanteurs, du froid et de l'engourdissement, donner du lait et du vin de bonne odeur; boire à jeun de l'hypéricon, de la graine de lin, de la sauge dans du vin aqueux de bonne odeur; faire des injections utérines avec la préparation à la lie; et, si la matrice n'est pas ulcérée, suspendre deux jours ou trois, puis administrer l'injection avec la baie du daphné gnidium, puis avec les astringents. S'il y a ulcération, laver avec la décoction de myrte et de laurier, et oindre avec la préparation à la fleur d'argent (oxyde de plomb). La maladie est fâcheuse, et peu réchappent. [58] (Autre cas d'affection utérine attribuée à la pituite.) Si les cotylédons sont remplis de pituite, les règles sont moins abondantes; la femme devient-elle grosse, elle avorte, quand le foetus a pris quelque force; car il ne se développe pas, mais s'écoule. Vous vous en apercevrez ainsi : la femme devient humide; ce qui s'écoule est muqueux et gluant comme la matière du flux de ventre, et n'a rien d'irritant; lors des règles, quand le sang cesse d'être évacué, des mucosités s'échappent de la matrice pendant un jour ou deux ; il v a frisson, chaleur non aiguë, mais qui n'a point de rémission. En ce cas, administrer le lavement avec l'eau de figues non mûres et avec ce qui évacue l'eau, et l'administrer et deux et trois fois; après cette purgation, user, pour le reste, d'astringents; appliquer en pessaire les émollients qui évacuent la pituite; fumiger l'utérus avec la préparation de laurier; injecter la préparation au vinaigre ; quand les règles ont cessé, faire une fumigation avec les aromates. Puis la femme s'abstiendra d'aliments et de bains et s'unira avec son mari. Prendre en petite quantité les aliments et le vin, se tenir chaude, s'envelopper les membres inférieurs avec la peau de mouton; et faire des onctions huileuses. [59] (Hydropisie de matrice. Traitement.) Si une hydropisie (De la Na de la F., § 2) se forme dans la matrice, les règles deviennent moindres, mauvaises et s'arrêtent avant le temps; le bas-ventre enfle; les mamelles, loin d'être molles, sont dures; le lait est mauvais; la femme semble être enceinte. Voilà à quoi vous reconnaîtrez que c'est une hydropisie. Mais il y a aussi des signes à l'orifice de l'utérus; car la femme, en le touchant, le trouve mince et humide. Le frisson et la fièvre surviennent. A mesure que le temps se prolonge, la douleur occupe le bas-ventre, les lombes, les flancs et les aines. Cette maladie vient à la suite d'un avortement ; elle vient aussi par d'autres causes, et, entre autres, par la suppression des menstrues. Il faut laver avec beaucoup d'eau chaude et appliquer des fomentations quand la douleur existe; a-t-elle cessé, administrer un purgatif et faire à la matrice la fumigation avec la bouse de vache; puis mettre le pessaire à la cantharide, et suspendre pendant deux jours ou trois. Si les forces sont bonnes, injection avec le nétopon; le ventre devient-il vide, les fièvres cessent-elles, les règles marchent-elles convenablement, la femme s'unira avec son mari, se tiendra encore à l'usage des pessaires, et, après l'intervalle d'un jour, boira dans du vin, à jeun, l'écorce de crithmos, cinq graines noires de pivoine, graines de sureau; elle mangera de la mercuriale autant qu'elle pourra, de l'ail cru et cuit; elle usera, pour le sommeil, des aliments mous, poulpes et autres chairs molles, chairs marines plutôt que viandes. Si elle devient grosse, elle guérit. [60] (Hydropisie de matrice, avec grossesse. Traitement.) Si une hydropisie (De la Nat de la F., § 35) se forme dans la matrice, les règles sont moindres, plus mauvaises et à de plus longs intervalles. La femme reste grosse pendant deux mois ou peu davantage. Le ventre enfle ainsi que le pénil, les jambes et les lombes. Quand beaucoup de temps s'est écoulé et qu'elle est grosse, le foetus meurt et est expulsé, et de l'eau s'écoule en même temps. Les femmes succombent la plupart du temps; le sang se corrompt, et elles deviennent hydropiques. En ce cas, il faut mettre à l'usage du lait et faire boire des pavots jusqu'à ce que le foetus puisse se mouvoir. Toutefois, la mort du foetus et son expulsion surviennent communément avant ce temps, et la matrice laisse écouler du sang et de l'eau. Ces accidents ne surviennent pas plus après de la fatigue qu'autrement. Vous reconnaîtrez qu'il y a de l'eau, à ceci : en touchant avec le doigt, vous trouverez l'orifice mince et plein d'humidité. Si l'avortement survient non pas dès le début, mais le foetus avant déjà deux mois, et que la femme éprouve de la suffocation, le bas-ventre se tuméfie, il est douloureux au toucher comme s'il y avait une plaie; grande fièvre; grincement de dents; douleur aiguë et intense aux parties génitales, au bas-ventre. aux hanches, aux flancs et aux lombes. Les choses étant ainsi, on lavera la malade avec de l'eau chaude s'il y a douleur, et on fera des applications chaudes, essayant celles qui sont le mieux supportées; on fera boire un médicament qui évacue par le bas ; après un intervalle tel que vous le jugerez suffisant pour la femme, injection, fumigation; pessaire avec du cyclamen, mouillé avec du miel, mis dans un linge et appliqué à l'orifice de la matrice; ou raclez du cyprès, mouillez avec de l'eau et appliquez semblablement; mais vous laisserez ce pessaire moins longtemps et vous l'appliquerez à des intervalles plus éloignés, attendu qu'il mord et irrite davantage. Vous aurez une sonde d'étain que vous introduirez, et le doigt de même. Vous essayerez quels sont les breuvages qui passent le mieux à la malade. Elle dormira avec son mari surtout aux époques opportunes ; car, si elle reçoit la semence et devient enceinte, elle se purge en accouchant, et avec cette purgation s'en vont les matières qui séjournaient auparavant : &est surtout de cette façon qu'elle recouvrera la santé. [61] (Hydropisie générale causée par une affection de la rate. Cette hydropisie gagne la matrice.) Une femme est prise d'hydropisie par le fait de la rate, qui devient aqueuse et grosse. La rate devient aqueuse de cette façon : la femme a une fièvre qui ne la quitte pas, elle est très alterée, elle boit et ne revomit pas ; car une partie de la boisson, allant à la vessie, est chassée par les urines; le reste est attiré par la rate qui le pompe hors du ventre, attendu qu'elle est lâche, spongieuse et située près du ventre. Si, la chose étant ainsi, il n'y a ni sueur, ni filtration par la vessie, ni flux de ventre (Quatrième livre des Mal., § 57), la rate est distendue par la boisson, surtout si la boisson est de l'eau. En palpant la rate, on la sent molle comme du duvet; parfois elle est rénitente, Distendue et remplie outre mesure, elle répartit le liquide par les veines du corps, et surtout à l'épiploon, aux régions ventrales et aux membres inférieurs; car, dans le corps, une partie fournit à l'autre. quand, ayant plus qu'il ne faut, elle ne peut retenir cette surabondance. Ceci cause constamment une hydropisie, quand la rate, qui est lâche et poterie, a pris l'habitude d'absorber. En quelques cas, le début de la maladie est même sans fièvre, quand, de la chaleur se développant dans le ventre par le fait du phlegme qui y descend, et la femme ne retenant pas sa soif, la vessie et le ventre n'émettent pas l'urine et les selles comme il convient, et que le régime n'est pas convenable. L'hydropisie étant formée, les règles viennent soudainement en abondance, parfois en petite quantité; tantôt elles sont comme de l'eau de chairs sanguinolentes qu'on aurait lavées, tantôt plus consistantes, et elles ne se coagulent pas. Il y a de l'oppression avant qu'elles viennent. La rate est douloureuse, surtout quand la malade a mangé quelque chose de doux. Le ventre se gonfle et devient gros; quand elle a mangé plus que d'habitude, elle y souffre. Les lombes sont douloureuses de temps en temps. La fièvre survient à de courts intervalles. Après la purgation menstruelle, elle parait être mieux comparativement aux jours précédents ; puis l'état redevient le même; et, si on la traite comme il convient, elle guérit. Sinon, l'écoulement apparaîtra, et tout le temps il s'échappera continuellement, peu à peu, un liquide ichoreux ; cela exige beaucoup de soins. Si l'écoulement ne survient pas et que la matrice, distendue par les affections susdites, ne laisse pas aller les menstrues, le ventre deviendra gros, un poids se fera sentir comme chez une femme enceinte; il semblera qu'un enfant se remue dans son ventre ; en effet la matrice est pleine d'eau, l'eau s'y meut, et par intervalle elle y fait un flot comme dans une outre. La femme souffre à la région sous-ombilicale quand on y touche. Les clavicules, la poitrine, le visage, les yeux maigrissent; et les mamelons se redressent. En quelques cas, le ventre et les membres inférieurs s'emplissent d'eau; en d'autres, c'est ou le ventre ou les membres inférieurs. Si le ventre et les membres inférieurs s'emplissent, il n'y a aucune chance de salut pour la malade; si le ventre ou les membres, il y a quelques chances, supposé que le traitement intervienne et que la femme ne soit pas trop épuisée. Cette maladie est de longue durée. [62] (Réflexions générales sur les maladies des femmes. Les femmes, par ignorance ou par pudeur, hésitent à en parler; les médecins les méconnaissent souvent. Les maladies des femmes diffèrent beaucoup de celles des hommes.) Tous les accidents arrivent de préférence aux femmes qui n'ont pas eu d'enfant; pourtant ils surviennent souvent aussi chez celles qui en ont eu. Ils sont graves, comme il a été dit, et généralement aigus, intenses, et, parce que les femmes partagent les maladies communes], difficiles à comprendre. Parfois elles ne savent pas elles-mêmes quel est leur mal, avant d'avoir l'expérience des maladies provenant des menstrues et d'être plus avancées en âge. Alors, la nécessité et le temps leur enseignent la cause de leurs maux. Souvent, chez les femmes qui ne connaissent pas la source de leurs souffrances, les maladies sont devenues incurables, avant que le médecin ait été instruit par la malade de l'origine du mal. En effet, par pudeur, elles ne parlent pas, même quand elles savent et l'inexpérience et l'ignorance leur font regarder cela comme honteux pour elles. En outre, les médecins commettent la faute de ne pas s'informer exactement de la cause de la maladie, et de traiter comme s'il s'agissait d'une maladie masculine; et j'ai vu déjà plus d'une femme succomber ainsi à cette sorte d'affections. Il faut, dès le début, interroger soigneusement sur la cause ; car les maladies des femmes et celles des hommes diffèrent beaucoup pour le traitement. [63] (Ulcération aiguë de l'utérus.) Si la matrice s'ulcère, du sang et du pus s'écoule; odeur forte; douleur aiguë aux lombes, aux aines, au bas-ventre. Cette douleur monte, par les flancs, aux côtés, aux omoplates; parfois elle gagne les clavicules; elle est mordicante; céphalalgie intense; délire. Avec le temps, la femme enfle tout entière, et elle est faible; défaillance, fièvre légère, refroidissement. Les jambes surtout sont enflées. Cette maladie survient après l'accouchement, quand la femme, avortant et se débarrassant d'un foetus putréfié, n'a pas de purgation lochiale et que l'orifice utérin est très chaud; elle survient aussi à la suite d'écoulements qui, devenant âcres et bilieux, corrodent. Si une telle maladie vous échoit, quand les douleurs sont actuelles, lavez avec beaucoup d'eau chaude, appliquez des fomentations chaudes sur les parties douloureuses. Les douleurs sont-elles en haut et la femme est-elle forte, fumigation générale et purgatif. La saison de l'année le permet-elle, faire bouillir du petit-lait que la femme boira pendant cinq jours, si elle peut. N'y a-t-il point de petit-lait, faire bouillir du lait d'ânesse, et le boire pendant trois ou quatre jours. Après la cure par le lait, on restaurera la femme par l'eau. par des aliments convenables, viandes de mouton tendres, jeunes, oiseaux, bette, concombre; abstinence des choses salées, âcres, de toutes les productions marines, du porc, du boeuf, de la chèvre; manger du pain. S'il y a des défaillances, si la femme n'est pas forte, si elle se refroidit, prendre des potages d'orge. Il est des gens qui, à ces femmes souffrant de la tête, prescrivent le lait à cause de la céphalalgie; et d'autres qui prescrivent l'eau à cause des lipothymies. C'est le contraire, je pense (Aph. V, 64) : si la tête est douloureuse et l'intelligence prise, l'eau convient ; s'il y a mordication et âcreté, le lait est favorable. Dans le cas où la femme parait avoir de la force, faire l'injection utérine d'abord avec la préparation à la lie; puis, après une interruption de trois ou quatre jours, avec la préparation à l'eau de chou, tiède; derechef, après une interruption de trois jours, avec la préparation au beurre; et si, durant ces opérations, la matrice guérit, avec la préparation à l'écorce de grenade. Sur les ulcérations on fera des onctions avec fleur d'argent ( oxyde de plomb), noix de galle, myrrhe, encens, fruit de l'épine d'Égypte (mimosa nilotica, L.), fleur de vigne sauvage, chrysocolle, écaille de cuivre, sciure de lotus, safran, alun d'Égypte calciné ; de chaque partie égale, sauf l'alun, la noix de galle et le safran, qui formeront la moitié du tout ; pilez fin, mêlez, mouillez avec du vin blanc doux; faites cuire jusqu'à consistance de miel. Donnez, de cette préparation, de quoi s'oindre deux fois par jour ; la femme se sera lavée avec de l'eau tiède où du lierre et de la sauge auront bouilli. Quand, par ces moyens, la femme parait être mieux, lui faire boire préalablement, pendant un jour, du lait bouilli de chèvre; puis donner du lait de vache, de la même façon que dans les cas précédents. Après la cure par le lait, donner autant d'embonpoint que possible par l'alimentation, et faire en sorte que la femme devienne enceinte; car elle guérira. En général, les malades réchappent, mais deviennent stériles. Les femmes qui sont d'un certain âge ont moins de chances de réchapper. Après les évacuants, prenez graine de lin grillée, sésame, graine d'ortie, racine amère de pivoine, pilez dans du vin noir, de bonne odeur, coupe d'eau, et faites boire. [64] (Autre cas de l'ulcération aiguë de l'utérus.) Si la matrice est ulcérée, du sang, du pus et de l'ichor s'en écoulent ; car, la matrice se corrompant, il en provient une maladie; le bas-ventre se tuméfie, devient mince, et, au toucher, est douloureux comme une plaie. Fièvre, grincement de dents ; douleur aiguë et continuelle aux parties génitales, au pubis, au bas-ventre, aux flancs, aux tombes. La maladie survient surtout à la suite de l'accouchement, quand quelque chose de déchiré se pourrit dans la matrice; elle survient encore à la suite de l'avortement et même spontanément. Si une telle malade vous échoit, laver avec beaucoup d'eau chaude, et, là où siège la douleur, appliquer les fomentations, une éponge trempée dans l'eau chaude et exprimée; faire des injections, où il n'y aura rien d'âcre et d'astringent, mais où l'on mêlera, entre les substances émollientes, celles qui paraîtront convenir. Prenez de la graine de lin et de sureau, broyez, mêlez dans du miel, et faites-en un médicament dont vous vous servirez de la sorte : Lavez à l'eau chaude, et, prenant une éponge on de la laine molle que vous tremperez dans l'eau chaude, nettoyez les parties génitales et les ulcérations, puis, trempant l'éponge ou la laine dans du vin pur, servez-vous-en de même; alors faites des onctions avec le médicament susdit, autant de fois que vous le jugerez utile. Après cela, incorporer, dans ce médicament, de la résine et de la graisse de porc, et, avec le doigt, en faire des onctions plusieurs fois le jour et la nuit. Puis, grillez de la graine de lin, pilez et tamisez, pilez du pavot blanc dans de la farine d'orge et tamisez, faites griller du fromage de chèvre dont vous aurez ôté l'ordure et la saumure, mêlez du beurre et de la fine farine d'orge, prenez partie égale du médicament, du fromage et de la farine, et donnez à boire de grand matin, à jeun, dans du vin astringent coupé; le soir, mêlant un cycéon épais, le donner; et, parmi les potions destinées aux femmes, administrer celles qui vont le mieux. Voilà ce qu'il faut faire, tant que le sang coule abondamment et qu'il y a des douleurs aiguës avec de courtes intermissions. Mais, quand l'ulcération diminue, que les douleurs s'adoucissent et ont de plus longues intermissions, administrer les médicaments qui évacuent par le bas plutôt que par le haut, mettant des intervalles aussi longs que le cas paraîtra l'exiger. Administrer aussi des fumigations douces, faisant asseoir haut la malade, si à chaque fois cela parait opportun. On guérit par ces moyens. Cette maladie est plus lente, dangereuse, et peu en réchappent. [65] (Autre cas de l'ulcération aiguë de l'utérus.) Si la matrice est fortement ulcérée, du sang et du pus s'écoulent, une odeur désagréable s'exhale, et, quand la douteur saisit, l'écoulement cause d'ordinaire une souffrance de même caractère que celle de l'accouchement. Avec le temps, les jambes et les pieds enflent; et les. médecins croient traiter une hydropisie ; mais ce n'en est pas une. Si vous prenez une telle malade, laver d'abord avec l'eau chaude, fomenter, faire des injections âcres, émollientes, astringentes, avec l'eau et le vin. Prenez polycarpon (polygonum persicaria, L.), polycnémon (ziziphora capitata, L.) et miel, faites cuire ensemble; puis, y trempant de la laine, oindre les parties génitales; oindre aussi avec la résine, le miel et l'axonge. Breuvage : prenez graine de lin et sésame, grillez, ajoutez beurre, fromage de chèvre et farine d'orge, et donnez à jeun dans du vin; le soir, on y versera beaucoup de miel. Voilà ce qu'il faut faire tant que du sang est rendu, que les douleurs sont aiguës et n'ont que de courtes intermissions. Mais, quand l'écoulement est moindre et que les douleurs, moins intenses, ont de plus longues intermissions, administrer un purgatif, et meure un intervalle. Par ces moyens, la femme guérit; mais elle n'engendre plus. [66] (Distinction entre les ulcérations utérines qui proviennent de l'utérus même, et celles qui proviennent de l'état général du corps.) Toutes les ulcérations qui se forment dans la matrice à la suite de l'avortement ou par toute autre cause, doivent être traitées en ayant l'oeil sur le corps entier, suivant la cure qui est nécessaire, soit que vous jugiez nécessaire de vous occuper de tout le corps, soit de l'utérus seulement. Voici comment vous connaîtrez que le mal provient du seul utérus : les ulcérations naissant de l'utérus fournissent un écoulement purulent et consistant; celles qui n'en naissent pas, un écoulement ténu et ichoreux. Ceux donc des écoulements qui sont ténus doivent être traités à l'aide des évacuants et par haut et par bas, et d'abord par haut. Si, après l'évacuation, l'écoulement devient moindre et plus doux, mettre un intervalle et évacuer de nouveau de la même façon. Après l'évacuation, prescrire le régime par lequel la malade sera le plus sèche; or, elle le sera, si vous prescrivez une fumigation générale tous les trois ou quatre jours, et le vomissement immédiatement après la fumigation. Après les vomissements et les fumigations, mettre dans le régime l'abstinence des bains, peu boire, et l'usage du pain: point d'autre boisson que du vin noir pur ; aucun herbage. Quand vous préparez le vomissement, alors il faut gorger d'herbages âcres, d'aliments de céréales copieux et de tous les plats qui seront au gré de la malade; la remplir de beaucoup de vin aqueux, et laver, après les fumigations, avec beaucoup d'eau chaude. Tel est le traitement d'écoulements de ce genre. Ce qui importe, c'est d'évacuer par les deux voies, et de faire vomir et d'attirer par le haut; ce qui importe encore, c'est un régime desséchant et l'abstinence de bains. Quant à la matrice, il faut traiter ainsi : d'abord fumigations avec l'eau de feuilles de sureau bouillies; puis, après la fumigation, injection avec la lie de l'onguent à frotter; si la pourriture est dans les ulcérations et que l'écoulement soit fétide, l'onguent sera moins mélangé d'eau ç s'il n'y a rien de tel, il le sera davantage ; après la lie, l'injection se fera avec l'eau; dans l'eau, on aura fait bouillir du myrte, du laurier et de la sauge ; après cela, injection avec du vin blanc pur, tiède. Quand les injections commencent à faire éprouver une sensation mordicante, c'est que les ulcérations se mondifient, il faut donc faire les injections avec la lie plus coupée d'eau et le vin noir. Après le vin, faire fondre de la graisse fraîche de porc, ajouter de la graisse d'oie, si on en a, sinon, |