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OEUVRES D'HIPPOCRATE

 

DES MALADIES DES FEMMES

Oeuvre numérisée par Marc Szwajcer

LIVRE II

texte grec

 

livre I

 

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HIPPOCRATE
DES MALADIES DES FEMMES.
LIVRE DEUXIEME.


110. (Écoulement rouge ou métrorrhagie.) L’écoulement blanc survient plutôt chez les femmes d’un certain âge que chez les jeunes; l’écoulement roux, chez les unes et les autres; l’écoulement rouge, chez les jeunes. L’écoulement rouge vient à la suite de la fièvre et surtout de l’avortement; il vient aussi à la suite de la suppression des règles, quand, retenues, elles font une éruption soudaine; il vient enfin à la suite d’accouchements. Du sang s’écoule en abondance, des caillots s’échappent; douleur aux clavicules et aux tendons, engourdissement du corps, refroidissement des membres inférieurs; parfois aussi grincement de dents, si le sang coule trop abondamment, perte de la parole, sueur profuse. A cela s’ajoutent cardialgie, refroidissements intenses, fièvres à vomissement de bile pure et avec jactitation; dans le même jour il y a plusieurs fois frisson et puis sueur; il vient des spasmes tantôt des parties supérieures, tantôt des parties inférieures; aux aines se font sentir des douleurs aigues et fortes, allant comme des tranchées d’accouchement; parfois encore il y a strangurie; la bouche est sèche, la soif pressante, la langue rude, les gros orteils se contractent, les mollets se convulsent constamment en même temps que les cuisses; douleurs intenses des lombes, et impuissance des bras. A ce point, des convulsions se font sentir ordinairement des clavicules jusqu’aux mâchoires et à la langue, le long des jugulaires, et puis peu après en arrière dans les tendons du rachis; et de la sorte les femmes succombent à la violence du mal. Il faut annoncer le pronostic au début des écoulements et prescrire ainsi le régime: le matin, donner, pour les écoulements, un des évacuants que j’écrirai, celui qui paraîtra le mieux convenir, et le donner trois et quatre fois; si le sang coule abondamment, nourrir, en cas d’apyrexie, avec des aliments solides; en cas de fièvre, avec des potages. Parmi les potages ceux-ci sont les plus convenables: le panic, la lentille, la farine de blé de printemps cuite, le gruau bien cuit, l’épeautre bien cuit. Quant aux boissons, une farine d’orge dans de l’eau, raclure de pain, gruau d’orge récent, fin, dans de l’eau, à prendre sans sel. Aliments de céréales, pain très cuit sous la cendre; plats, viande de lièvre, de pigeon, de ramier, bouillie et rôtie, viande de chevreau rôtie, saucée dans du vinaigre sans autre préparation, foie de chèvre ou de bœuf grillé sous la cendre, jaunes d’œuf grillés, fromage sans sel; point d’herbages, ni bouillis, ni crus; point de bains. Attacher les bras avec de la laine en suint enroulée et nouée au-dessus des coudes; en faire autant pour les jambes, au-dessus des genoux; mettre, soulevant les mamelles, sous les mamelles mêmes, des ventouses tantôt à droite, tantôt à gauche; retirer la ventouse, si l’application en cause de la dyspnée; ne pas ôter de sang; employer les pessaires que je décrirai, ceux qui sont hémostatiques et conviennent à ces cas-là. Si la femme guérit de tels écoulements, ayant perdu beaucoup de sang, elle a le teint blafard, le visage tuméfié, le dessous des yeux gonflé, les jambes enflées; l’utérus est humide, toujours béant contre nature et laissant écouler un liquide semblable à de la lavure de viande crue. Dans ce cas, il faut, si elle a de la force, provoquer des vomissements à jeun, et, après les vomissements, donner à déjeuner. En cet état, peu boire, vin noir assez pur, s’abstenir de bain, se laver à l’eau froide, se promener, ne faire qu’un seul repas, et user de tout ce qui dessèche, voilà ce qui convient. Si, malgré ces moyens, la femme ne se rétablit pas, si l’utérus ne s’affaisse pas, si les flux persistent, il faut considérant l’état de la constitution, donner, si elle est forte, l’ellébore; si aucun effet n’est produit, purger la tête, et, après cette purgation, employer pour traitement le même régime que dans le cas des femmes qui ne peuvent pas avoir d’enfant (voy. §75).
111. (Considérations générales sur les complexions des femmes par rapport aux écoulements.) Il importe aussi d’examiner la constitution des femmes, leur coloration, leur âge, les saisons, les lieux et les vents. Les unes sont froides, humides et sujettes aux flux; les autres, chaudes, plus sèches et plus serrées. Les femmes très blanches sont plus humides et plus sujettes aux flux; les femmes noires sont plus sèches et compactes; les femmes brunes tiennent le milieu. Il en est de même pour l’âge; les jeunes sont plus humides et ont beaucoup de sang; les âgées plus sèches et ont peu de sang; les intermédiaires tiennent le milieu, par l’action moyenne de leur âge. Celui qui veut bien conduire le traitement chez les femmes doit reconnaître en chaque leur constitution, les opportunités, les âges, les saisons, les lieux et les vents.
112. (Autre métrorrhagie.) Si un flux s’engendre dans la matrice, du sang coule en abondance, des caillots consistants s’échappent; il y a douleur aux lombes, aux flancs et au bas-ventre; la malade a le corps rigide; elle souffre si on la touche; frisson, fièvre aiguë, la faiblesse survient; douleur par tout le corps excepté aux épaules et aux omoplates; chaleur, rougeur; les veines sont dures et rénitentes. Cette maladie survient surtout à la suite de l’avortement; elle survient aussi quand les règles, supprimées pendant longtemps, font éruption tout à coup. Les choses étant ainsi, piler une figue verte sèche, tamiser, attacher dans un linge et appliquer en pessaire; sur le bas-ventre faire des applications froides, prenant garde de causer du frisson. Quand le flux est arrêté, faire cuire des feuilles d’olivier sauvage dans du vinaigre aussi fort que possible et laver les parties génitales; la malade boira, à la dose d’une demi-cotyle, une eau dans laquelle auront bouilli des pépins de raisin et du sumac rouge; ou mûres rouges de la ronce, faire sécher, piler, mêler avec partie égale de farine de blé de printemps et donner à boire à jeun; si vous voulez rendre la préparation plus énergique, ajoutez deux parties de plâtre, saupoudrez avec de la farine, et faites boire. Elle ne se baignera pas; elle usera d’aliments siccatifs et de vin noir fort. Si la malade enfle, l’écoulement étant déjà arrêté, administrer un évacuant par le bas; après cette purgation, prescrire une injection utérine avec la préparation aux figues vertes, et faire une contre-injection astringente. Dans cet état, la femme devient-elle humide, elle fera des fumigations jusqu’à ce qu’elle devienne sèche.
113. (Autre métrorrhagie.) Flux rouge: il est comme le sang d’un animal récemment égorgé; tantôt de petits caillots luisants et tantôt un flux rouge sont rejetés; le bas-ventre se tuméfie, s’amincit, est frappé de faiblesse, se durcit, et est douloureux au toucher comme s’il y avait une plaie; fièvre; grincement de dents; douleur aux parties génitales, au pubis, aux flancs, aux lombes, au tendon, au ventre, à la poitrine, aux omoplates et partout; adynamie, défaillance, décoloration. Au début de la maladie tels sont les accidents; quand elle se prolonge, tout s’aggrave; la maladie est apparente, le dessous des yeux se tuméfie, les pieds enflent. Cette maladie prend surtout après l’accouchement, quand l’embryon détruit ne sort pas, mais se pourrit et se consume. Si une telle malade au début vous échoit, mouillez une éponge et appliquez-la quand il y a douleur; trempez dans de l’eau froide un linge fin, souple et raclé et mettez-le sur le ventre; faites des affusions froides; disposez le lit de manière qu’il soit plus haut du côté des pieds; essayez et donnez à boire, parmi les préparations pour les femmes, celles qui sont le mieux reçues: graine d’ache, griller, piler, tamiser; érysimon (sisymbrium polyceratium), de même; graine de pavot avec du gruau d’orge, tamiser, et graine d’ortie de même; galle d’olivier, noix de galle, rue, origan, pouliot, avec farine d’orge, tamiser, pétrir; et gros gruau d’orge grillé, pyane (mélange de légumes à gousse et de grain) moulu, fromage de chèvre dont on a raclé l’ordure; de chaque partie égale, sauf l’origan, la rue, la galle d’olivier et la noix de galle, dont on ne met que demi-part; donner cela à boire le matin à jeun avant aucun mouvement; il faut agiter avant de s’en servir; si l’écoulement est âcre, on donne un cycéon ainsi composé: une partie de la préparation ci-dessus, une partie de fromage, une de farine d’orge; pour le soir on ajoute du miel. Tant que la maladie est au début, que le sang coule en abondance et ne s’interrompt que pour peu de temps, et qu’il y a des douleurs aigués, voilà ce qu’il faut faire. Si le sang coule moins abondamment et pendant moins de temps, faire boire ce qui évacue par le bas ou par le haut; et faire sur les parties génitales de douces fomentations choisies chaque fois suivant la circonstance; piler de l’épeautre avec la balle, faire sécher des figues sauvages vertes, les piler, les tamiser, traiter les feuilles d’olivier semblablement, prendre de chaque partie égale, et appliquer en cataplasme; prescrire le lait de vache cuit ou cru, considérant le bon état des choses et l’opportunité. Cette maladie est lente et grave; peu en réchappent.
114. (Distinction entre l’écoulement vrai du sang qui vient de la matrice, et l’écoulement faux qui vient des lombes et de l’ischion. Traitement de ce dernier écoulement.) Quelquefois une femme rend du sang provenant des articulations, ayant souffert à la suite de l’accouchement ou par l’effet d’une maladie. Quelques médecins prennent cela pour un écoulement, ils se trompent; ceci est une humeur visqueuse venant des articulations, des lombes et de l’ischion avec le sang; l’écoulement vrai vient de l’utérus et des veines caves et est du sang pur. Dans ce cas, faire la fumigation suivante: épeautre broyé, un demi-setier, pétrir avec peu de vinaigre, afin de ne pas humecter complètement la matrice, mêler à l’épeautre pilé une demi-obole de soufre, pétrir avec le vinaigre, et exposer la nuit au serein; le lendemain matin, allumer un grand feu et mettre ce mélange sur le feu; y mêler des tampons de molène (verbascum) qui ont servi à boucher les vases à huile, des ordures prises au peigne des foulons, et de la graine d’ophis (plante indéterminée); diminuer l’ardeur du feu et brûler; c’est ainsi que vous obtiendrez le plus de fumée. Vous aurez un siège avec un pertuis et vous y assoirez la femme, la couvrant avec des vêtements afin que la vapeur ne se perde pas; puis vous jetez sur le feu la préparation au vinaigre et la graine d’ophis. La myrrhe aussi est efficace, et, en parfum, arrête le sang qui mouille les parties génitales. Quand la fumigation est suffisante, piler de la graine grillée d’érysimon et donner dans du vin.
115. (Écoulement roux.) L’écoulement roux est abondant et fétide comme d’un œuf gâté; la matrice est enflammée, il y a douleur aux lombes et aux aines; le flux est abondant, et, s’il m’y a pas amélioration, il coule rapidement. Dans le cas où le mal se prolonge, l’écoulement produit une très grande corruption; car il est comme du jus de viande cuite. Avec ces accidents surviennent des fièvres fortes et des frissons. De tels écoulements font périr la plupart des femmes, et peu réchappent. Si vous avez la malade dès le début, il faut traiter ainsi: en cas d’apyrexie et de force, donner l’ellébore; cela fait, laisser reposer trois jours ou quatre, et administrer un évacuant par le bas. Après la purgation, conduire, afin que le flux soit aqueux et onctueux, le régime ainsi: le matin, à jeun, donner à boire, en poudre dans du vin, quelqu’un des médicaments que j’écrirai pour le flux; après le médicament, prescrire un régime général, et, en particulier, traiter ainsi la matrice: si elle est enflammée et fermée, administrer des fumigations émollientes, jusqu’à ce que l’orifice en devienne mou; après les fumigations, faire les injections qui paraîtront convenables, soit plus actives soit moins actives; après les injections, appliquer en pessaire les émollients. Si l’orifice utérin ne cède pas facilement, faire des fumigations, et l’amollir par des pessaires que j’écrirai, jusqu’à ce qu’il s’ouvre. Si le flux ne cesse pas par ces moyens, purger la tête, et prescrire ce régime: boire, s’il y a dysurie, du lait d’ânesse; herbages cuits, cultivés et sauvages, excepté l’ail, le poireau, le chou et la rave longue; poissons de mer, la raie sans épine, le scorpion (cottus scorpio), le congre, la torpille, l’anguille, le turbot, le gobius, les faire cuire avec poireau et coriandre dans de la saumure douce et grasse, ils doivent être très cuits; viandes, en premier lieu le porc, en second l’agneau ou le mouton, bouilli plutôt que rôti, et des bouillons; un vin blanc, couleur de miel, aqueux; bains, sans la tête, ni très chauds ni très fréquents. Si, l’aide d’un tel régime, l’utérus guérit de l’ulcération et de la phlegmasie, mais devient humide, supprimer les bains; vins noirs, au lieu de vins paillets, purs au lieu de coupés d’eau, pains au lieu de polenta; au lieu de poissons, viandes rôties, et tous aliments siccatifs, comme nous employons dans les diarrhées; renoncer à toutes les injections, sauf le vin, et l’eau; faire des fumigations avec les astringents. Il est très bon pour la femme de devenir enceinte. S’il s’agit d’une jeune femme, prescrire les vomissements à jeun, les répéter souvent, et donner ensuite un petit déjeuner. Tel est le régime des écoulements.
116. (Leucorrhée.) Leucorrhée: l’écoulement est blanc comme de l’urine d’âne; gonflements dans le visage; le dessous des deux yeux est tuméfié; les yeux sont pleins d’eau et n’ont pas bon aspect, le brillant en est effacé, ils sont chassieux, et la vue est trouble. La peau est blafarde et se couvre de phlyctènes. Le bas-ventre se gonfle. Il survient aux mâchoires peu à peu une éruption rougeâtre, petite, aqueuse et de mauvaise nature. Les jambes enflent; si vous pressez avec le doigt, il s’y forme une empreinte comme dans la pâte. La bouche s’emplit de salive. La femme a de la cardialgie quand elle est à jeun, et vomit une espèce d’eau acide; si elle monte une côte, elle est plus vite essoufflée. Elle suffoque, ses jambes se refroidissent; ses genoux sont sans force. Des aphtes naissent dans la bouche. L’utérus est béant contre nature, et pèse sur l’orifice comme un plomb. Des douleurs s’étendent à travers les cuisses. Toutes les parties inférieures se refroidissent depuis le bas-ventre jusqu’aux pieds; la plante des pieds est engourdie, et la malade ne peut marcher. Dans ces cas la guérison est difficile; car ce n’est plus l’âge de la jeunesse, et les souffrances s’invétèrent, à moins de quelque bonne fortune qui spontanément dissipe l’affection. Il faut administrer, quand il y a pléthore, des évacuants qui n’agissent pas sur la bile jaune. Les diurétiques en boisson conviennent, ainsi que les purgations de la tête, l’abstinence de bains, l’épithymon blanc (cuscuta epithymon), les promenades et tout ce qui, dans le régime, dessèche. Par ces moyens, les femmes, à la vérité, ne guérissent pas complètement, mais leur existence devient plus supportable.
117. (Autre leucorrhée.) Traitement de la leucorrhée: l’écoulement est blanc, jaunâtre; quand la femme urine, elle éprouve des mordications et des élancements; l’utérus s’ulcère; fièvre aiguë, beaucoup de chaleur; soif, insomnie; délire; si elle se livre à quelque occupation, elle est essoufflée, et les membres sont dans le relâchement. En ce cas, faire boire le pavot blanc et la graine d’ortie, ou, mieux, la racine et les feuilles de grenadier blanc, le sumac et la noix de galle; donner cela à boire dans du vin astringent donner du jus de grenade, et mêler du fromage de chèvre. Pour fumigation, épeautre, figues vertes d’hiver, feuilles d’olivier, galle d’olivier, écorce de concombre sauvage un tiers, du reste partie égale. Prendre des potages de légumes bouillis, des potages aux amandes et au sésame; se balancer, aller en voiture, ne pas rester en repos.
118. (Autre leucorrhée. Règle pour la cure par le lait.) Autre écoulement le flux est abondant et comme de l’urine de mouton. La femme est décolorée; elle est toute gonflée; aux jambes s’élèvent des boutons. Si vous appuyez avec le doigt sur les jambes ou les pieds, l’impression en reste comme une fossette. Si elle mange quelque chose, elle ressent de la plénitude et de l’inflammation. Quand elle marche et fait quelque ouvrage, elle est essoufflée et souffre. La peau est blanche, quelquefois jaunâtre. En ce cas, si elle est forte, jeune et que les autres signes concourent, donner, au début, un évacuant par le haut et par le bas; purger la tête, sa la malade est pituiteuse, avec les médicaments qui évacuent la pituite; si elle est bilieuse, avec les médicaments qui évacuent la bile. Si la saison de l’année le permet, que la femme n’ait pas naturellement la rate malade et que quelqu’un des signes susdits existe, donner le petit lait, qui aura bouilli et dont elle boira le plus longtemps possible; le soir, du vin doux aqueux, s’il en est besoin; ne pas toucher aux aliments, sauf, en cas de faiblesse, un peu de potage, mais aussi peu que possible; point de bain. Quand le temps paraît venu, la femme cessera le petit lait, et, après cette purgation, elle prendra des aliments, s’abstenant des choses grasses, âcres, douces, salées, des herbages âcres; mangeant poissons de roche, viandes de mouton, volaille, lièvre, pain cuit sous la cendre, ou orge pilée; herbages bouillis; herbages qui se mangent crus, sauvages et cultivés, sauf ceux qui sont âcres. Elle se promènera le matin et après le repas. Quand, par ces moyens, elle paraît devenue plus sèche, faire des injections utérines avec la lie; puis, après une intermission de trois ou quatre jours, faire une injection astringente; nouvelle intermission, et, si la femme est sèche, se tenir tranquille. Est-elle de constitution bilieuse ou pituiteuse, et, amaigrie par le régime et la purgation, est-elle hors d’état de reprendre de l’embonpoint, elle boira, pendant quarante jours, du lait chaud sortant du pis de la vache. Pour la constitution pituiteuse, il vaut mieux prendre aussi peu d’aliments que possible, durant l’usage du lait. La quantité de lait est de six cotyles attiques (cot. = 0,27 litre); on commence par deux, et on ajoute une cotyle chaque jour jusqu’à six, puis de là peu à peu jusqu’à la dose du début. Après cette cure par le lait, on la restaure par les aliments et le régime. Le lait étant bu, elle boira le matin à jeun de l’adiante, séchée, broyée et tamisée; cela se prend dans du vin noir, de bonne odeur, coupé d’eau. Si la maladie revient, on administrera une fumigation générale, et de nouveau on purgera par le bas, puis on fera des injections utérines, si la constitution est pituiteuse, avec le grain de Cnide ou la racine de thapsie; si elle est bilieuse, avec le suc de scammonée ou la coloquinte; piler, verser deux cotyles d’eau, faire bouillir jusqu’à réduction de moitié, ajouter miel et huile de narcisse ou de lis, miel, un quart de cotyle, huile la moitié du miel; puis faire une contre-injection avec le miel, le vin et l’huile seuls, donner une fumigation, interrompre trois ou quatre jours; et boire de l’adiante. Si la femme ne devient pas grosse, il y a récidive, et la récidive l’emporte. Quand cette affection attaque des femmes d’un certain âge, l’utérus se corrompt, et très peu en réchappent.
119. (.Autre leucorrhée.) Autre écoulement: le flux est comme d’un œuf cru, jaune, blanchâtre, les parties génitales s’ulcèrent, les pieds et les jambes enflent, le dessous des yeux se tuméfie, les yeux sont humides, chassieux; si la femme marche, elle s’essouffle, et se sent faible. Cette maladie est de nature pituiteuse; et, s’il n’y a pas de purgation et que ta fièvre survienne, la bile étant mise en mouvement, cela est mauvais. Elle attaque plutôt les femmes d’un certain âge que les jeunes. Les choses étant ainsi, si la malade est très enflée, donner à boire un purgatif évacuant la pituite et la bile; si le gonflement n’est pas considérable et que la pituite soit ce qui l’accable, donner un évacuant par le haut. Les forces le permettant, évacuer avec l’ellébore; sinon, avec ce qui emmène la bile et la pituite; après les évacuants, administrer le petit lait cuit, avec un peu de sel, autant de jours qu’il se pourra; elle mangera de la menthe, le soir elle ne touchera pas aux aliments solides, prendra un peu de potage, et, par-dessus, boira du vin doux s’il est nécessaire; à défaut de vin, du petit lait; elle fera cuire du lait d’ânesse et en prendra pendant quatre jours. Voilà ce qu’il faut faire le soir, à moins qu’il n’y ait de la fièvre la nuit. Si la femme a par constitution la rate malade, si elle est sujette aux flatuosités, si le sang lui manque, elle ne boira ni petit lait, ni lait, en cas qu’il cause des flatuosités; et alors on purgera avec des évacuants. Quand le moment vous paraîtra venu, vous ferez des injections utérines d’abord avec la préparation à la lie deux ou trois fois, puis avec le suc de scammonée, on y verse une cotyle attique de vin doux et un quart de cotyle d’huile, surtout d’huile de narcisse, sinon, d’huile de lis. Le lendemain, contre-injection avec une cotyle de vin, un quart de cotyle de miel, un tiers de résine, et autant d’huile que de miel. Si les matières entraînées par l’injection sont pituiteuses, faire, après un intervalle de trois ou quatre jours, une injection avec deux potions de grains de Cnide pour injection, puis la même contre-injection que plus haut; s’il n’y a pas de grain de Cnide, y substituer la racine de tbapsie, à la dose d’une potion, puis faire une contre-injection de même composition que plus haut. Quand ces injections ont débarrassé de l’humeur qui s’écoule, s’il vient quelque chose de sanguinolent, comme d’une plaie, faire une contre-injection avec les astringents. Si, après tout cela, la malade interrogée répond que l’orifice de la matrice est dur et douloureux, faire de la même façon l’injection au beurre, jusqu’à ce que l’utérus se dessèche et paraisse être sain. Dans les jours intermédiaires des injections, la femme boira graine de sureau, présure de lièvre, écorce de pavot, graine d’ortie, écorce de grenadier doux, de chaque partie égale, le tout pilé; mêler de la farine d’orge et de l’adiante, et prendre à jeun dans du vin noir de bonne odeur. Elle usera d’aliments doux, non salés, non âcres; la viande vaut mieux que le poisson, volaille, lièvre. Se laver à l’eau chaude non en grande quantité. Si l’écoulement, ne se relâchant pas, persiste et que la matrice devienne humide, faire la fumigation avec le parfum à l’écorce sèche de grenade, puis la femme ira auprès de son mari; et, si elle devient grosse, elle guérit. Les femmes d’un âge avancé ne peuvent supporter l’écoulement; elles succombent par faiblesse.
120. (Ecoulement et métrite, suite de quelque accident dans l’accouchement.) Autre écoulement: le flux est de couleur blafarde comme l’humeur d’un œuf, et visqueux; le bas-ventre se gonfle et devient dur; il est sensible à la pression. La femme a des grincements de dents; fièvre, douleur au pubis, aux parties génitales, au bas-ventre et aux lombes; défaillance; jactitation; refroidissement, sueur profuse; pulsations qui frappent faiblement la main, débiles, intermittentes, et bientôt mort. Si la malade résiste, la coloration s’altère et devient couleur de rayon de miel; la peau s’affaisse sous la pression du doigt et en garde l’empreinte comme de la pâte; les pieds et les jambes enflent. Cette maladie survient surtout quand quelque chose se déchire ou se pourrit dans l’accouchement. Les femmes d’un certain âge y sont plus exposées. Cette maladie est loin d’être bénigne.
121. (Ecoulement et métrite, suite de la rétention des règles ou des lochies.) Autre écoulement: le flux est comme le jus de viandes rôties; il ulcère les parties génitales et tous les points de la peau avec lesquels il vient en contact; frisson, fièvre aiguë, pressante, forte; le frisson se mêle à la chaleur; douleurs, les mêmes que dans tous les écoulements. La malade enfle tout entière, ainsi que le dessous de l’ombilic et les jambes. La coloration devient ictérique. Ce qui produit cet écoulement, c’est l’absence de purgation, le sang évacué étant devenu subbilieux. Les choses étant ainsi, il faut administrer un évacuant, si la femme est forte, avec l’ellébore, si elle est faible, avec la racine (sorte de plante légèrement purgative; voy. Gal. Gl.) et l’élatérion, puis faire prendre du lait de chèvre; ou bien prescrire un purgatif cholagogue et phlegmagogue; injecter dans la matrice l’injection à l’eau de chou; boire sauge, hypéricon, graine de lin, de chaque partie égale, dans du vin noir astringent; cela se prend à jeun. Si les parties génitales sont ulcérées, faire une contre-injection avec le beurre, puis administrer un évacuant, et oindre les ulcérations avec beurre, résine, myrrhe, fleur d’argent. La femme se lavera avec l’eau tiède de myrte et de sauge. Ses aliments ne seront ni salés ni âcres, afin que l’urine ne devienne pas irritante. On lui interdira les poissons de mer, les viandes de bœuf, de mouton et de porc. Elle usera des autres viandes bouillies; elle mangera du pain, et boira du vin vieux noir de bonne odeur. Si elle fait cela sans guérir, on administrera une fumigation générale, et on donnera le lendemain un évacuant par le haut, puis, après une intermission, un évacuant par le bas. S’il y a du petit lait, après les évacuants, en faire cuire et en donner à boire chaque jour; pour le soir, des potages, du vin doux blanc; s’il n’y a pas de petit lait, elle boira du lait d’ânesse cuit pendant quatre jours, et pour le soir ce sera comme plus haut. Puis elle boira pendant quarante jours du lait de vache chaud, et pendant le jour elle ne prendra pour ainsi dire rien autre; c’est ce qu’il y a de mieux; car, à la fois, ce lait purge, nourrit et amortit. Le soir, elle mangera un peu de volaille rôtie, un peu de pain cuit sous la cendre; pardessus elle boira du vin noir vieux et fort, tant qu’elle sera à l’usage du lait, si l’écoulement est abondant et si l’humeur âcre est mise en mouvement. Si, ayant employé ces moyens, elle devient grosse, elle guérit. Chez celles qui sont d’un certain âge, la maladie est sujette à récidiver, et elle les emporte; chez les jeunes elle n’est pas mortelle, mais est de longue durée.
122. (Ceci est la répétition du § 120; mais ici le traitement, qui manque dans le § 120, est exposé.) Traitement de l’écoulement ichoreux: le flux est sanguinolent, comme du jus de viandes rôties, il est irritant comme de la saumure, il corrode et ulcère les parties génitales, la matrice s’ulcère, ainsi que les parties environnantes, les cuisses et le reste. Quand il tombe sur les vêtements, il y fait des taches que le lavage n’enlève que difficilement. Le ventre se gonfle et se durcit, il est sensible à la pression; il est chaud; douleur aux parties génitales, au siège, au bas-ventre, aux flancs, aux hanches et aux lombes; faiblesse avec refroidissement; coloration ictérique. Si le mal se prolonge, tous les accidents s’aggravent beaucoup, le dessous des yeux se gonfle; les pieds et les membres inférieurs à partir des lombes sont enflés. Cette maladie attaque surtout quand quelque partie de l’enfant a été déchirée dans l’accouchement ou dans l’avortement. Il faut administrer des fomentations, des fumigations et des purgations; tous ces moyens ont pour effet constant d’arrêter l’écoulement. On prescrit le lait d’ânesse et le reste; et, s’il est nécessaire, on fait vomir. Le cas n’étant pas apyrétique, sans qu’il y ait acuité, un bain de vapeur sèche vaut mieux.
123. (Hystérie, rattachée à la théorie des déplacements de l’utérus, et attribuée à la matrice se portant à la tête. Comp. le § 7.) Quand la matrice se porte à la tête et que là se fixe la suffocation, la tête est pesante; et il se peut aussi que des indices se manifestent les uns d’un côté, les autres d’un autre. Voici le signe: la malade dit que les veines dans les narines et le dessous des yeux sont douloureux; somnolence; écume à la bouche, quand il y a du mieux. En ce cas, il faut laver avec beaucoup d’eau chaude; si cela ne réussit pas, affusions froides sur la tête avec de l’eau où du laurier et du myrte, ont bouilli et qu’on a laissé refroidir; onctions sur la tête avec l’huile de rose; fumigations aromatiques par en bas, fétides sous les narines; manger du chou, boire de l’eau de chou.
124. (Autre hystérie, attribuée à ce que la matrice se fixe au cœur.) Si la matrice, se fixant au cœur, cause de la suffocation et que l’air se portant en haut aille par violence, la femme a de l’anxiété et des tournoiements; parfois, aussitôt, le vent, tourbillonnant, va vers le bas et sort, ou il y a même des vomissements bilieux, et ainsi se termine la crise. Mais quand la matrice ne se détache pas du cœur, piler de la graine de poireau et du pavot, mouiller avec un cyathe d’eau et donner à boire. Un cyathe de vinaigre blanc en boisson est utile aussi. Ou bien graine d’arkeuthos (juniperus phoenicea), sauge, vinaigre ou vin. Il faut échauffer. Ou bien graisse d’oie, cérat à la poix, poix, faire fondre, et faire des pessaires.
125. (Autre hystérie, attribuée à ce que la matrice se porte aux hypocondres.) Quand la matrice se porte aux hypocondres, elle suffoque. Quand c’est là qu’est le terme de l’affection, la femme est prise de vomissements brûlants et âcres, et elle se sent mieux pour un peu de temps; une douleur générale occupe la tête et le cou. Faire des applications chaudes, si la suffocation est en haut; brûler sous les narines des substances fétides, peu à peu (car, si on en brûle en masse, la matrice se déplace vers le bas, et du trouble survient, et, par le bas, des substances parfumées. Donner à boire le castoréum et la conyza. Quand la matrice a été tirée en bas, faire les fumigations fétides en bas, aromatiques sous les narines. Les douleurs ayant cessé, administrer un médicament qui évacue par bas; puis faire prendre du lait d’ânesse et du petit lait, si la femme n’a pas, de naissance, la rate maladive, n’est pas exsangue ou décolorée, n’a pas, de naissance, des bourdonnements d’oreille, ou n’a pas depuis la jeunesse les maladies habituelles. Au contraire, on n’administrera point d’évacuant par le haut à celles qui ont la vue trouble, des embarras à la gorge et le reste. On donnera la décoction d’orge filtrée. Si la malade vomit très facilement, on la fera vomir. L’injection la meilleure est l’injection avec le narcisse; pessaire, celui des cantharides.
126. (Autre description de l’hystérie attribuée à ce que la matrice se fixe aux hypocondres.) Si la matrice se fixe aux hypocondres, la suffocation est la même que par l’ellébore; orthopnée; cardialgie intense. Parfois il y a vomissement de salive acide; la bouche s’emplit d’eau et les jambes se refroidissent. Ces malades, si la matrice n’abandonne pas promptement les hypocondres, perdent la parole; la tête et la langue sont engourdies. En ces cas, si vous trouvez la malade sans parole et les dents serrées, introduire en pessaire, à l’aide d’une canule, afin d’enfoncer aussi avant que possible, de la laine enroulée autour d’une plume et trempée dans du parfum blanc égyptien, ou du parfum de myrte, ou de bacchar (gnaphaliurn sanguineum), ou de marjolaine. Pour les narines, on y appliquera, à l’aide d’une spatule, le médicament noir (voy. § 96), qui est pour la tête; si on n’a pas ce médicament, on enduira les narines avec le suc de silphion; ou tremper une plume dans le vinaigre, l’introduire et enduire les narines; ou appliquer le sternutatoire. Si la bouche est fermée et la parole supprimée, donner à boire du castoréum dans du vin, et enduire les narines avec l’huile de phoque à l’aide du doigt. On laisse la laine appliquée en pessaire, jusqu’à ce que l’utérus revienne à sa place; cela fait, on ôte la laine. Si, la laine ôtée, la matrice remonte de nouveau, on remet la laine en place de la même façon. Sous les narines on fait une fumigation avec des raclures de corne noire de chèvre ou de corne de cerf, qu’on jette sur de la cendre chaude, afin qu’il y ait le plus de fumée de produite. La femme aspirera l’odeur par les narines le plus qu’elle pourra. Mais ce qu’il y a de mieux en fumigation, c’est l’huile de phoque: on met des charbons sur un test, on couvre la femme, sauf la tête, qui reste libre, afin que l’odeur entre le plus possible; on verse peu à peu de l’huile; et la femme aspire l’odeur; elle a soin de tenir la bouche fermée. Voilà ce qu’il faut faire quand la matrice se fixe dans le haut.
127. (Autre hystérie, attribuée à ce que la matrice se fixe au foie.) Quand la matrice se porte vers le foie, la femme perd sur le champ la voix, les dents se serrent, la coloration devient livide. Elle éprouve soudainement, en pleine santé, ces accidents. Ils surviennent surtout chez de vieilles filles ou chez des veuves qui, étant encore jeunes, gardent le veuvage; ils surviennent particulièrement chez les femmes sans enfants et stériles, parce qu’elles sont en dehors des accouchements; chez elles, en effet, il n’y a point de purgation lochiale, l’utérus ne se gonfle pas, ne s’assouplit pas, ne régurgite pas. Les choses étant ainsi, détacher du foie doucement avec la main la tumeur vers le bas, et serrer avec un bandage de corps les hypocondres; ouvrir la bouche et y infuser du vin coupé, aussi odorant que possible, quand cela est nécessaire; mettre sous les narines les substances fétides, et, à la matrice, appliquer en fumigations les bonnes odeurs et toute espèce de parfums. Quand le mal a cédé, purgez, en administrant un purgatif, cholagogue si la malade est bilieuse, phlegmagogue si elle est pituiteuse. Puis donner du lait d’ânesse cuit, et faire des fomentations aromatiques à la matrice, et se servir du pessaire au bupreste; le lendemain, le nétopon, puis, après une interruption de deux jours, faire une injection utérine avec les substances odorantes; ensuite, après une interruption d’un jour, faire une fumigation aromatique. Voilà ce qu’il faut que fasse la veuve; le mieux est de devenir enceinte. Quant aux jeunes filles, on leur conseillera de se marier; de ne rien appliquer aux narines, pas même de prendre un évacuant, mais de boire à jeun le castoréum et la conyza dans du vin aussi odorant que possible pendant vingt jours; ne s’oindre la tête avec aucun parfum, et n’en flairer même aucun.
128. (Ce § paraît être une confusion entre les déplacements imaginaires et les déplacements réels de la matrice.) Si la matrice s’enflamme le long des côtes, le toucher fait sentir une dureté; et, se portant vers les hypocondres, elle cause de la suffocation, la femme vomit de la pituite acide qui agace les dents; et, après ce vomissement, elle paraît soulagée. Quand l’utérus fait irruption en bas, il se détache de son siège abdominal pour aller tantôt d’un côté et tantôt d’un autre, surtout vers les flancs; parfois il se fixe même sur la vessie et cause la strangurie, ou sur le siège, et la femme croit aller à la selle. Les règles arrivent plus tôt ou plus tard que d’habitude, ou ne paraissent pas du tout. En ce cas, tout d’abord, si la suffocation est en haut, faire des applications chaudes; adresser aux narines une fumigation fétide, à l’utérus une fumigation parfumée; boire la conyza femelle et le castoréum dans du vin à jeun; quand l’utérus est revenu à la place naturelle, faire des fumigations douces; boire des diurétiques. Voilà ce qu’il faut faire tant que les douleurs persistent; quand elles ont cessé, faire une fumigation de tout le corps, puis administrer un purgatif cholagogue si elle est bilieuse, phlegmagogue si elle est pituiteuse; prescrire cuits le lait d’ânesse ou le petit lait de chèvre; si elle a la rate maladive, ne donner ni le lait ni le petit lait; pendant les mondifications user d’aliments émollients et relâchants; le poisson est meilleur que la viande; faire des fumigations utérines, mondifier avec les pessaires, administrer des injections. La femme, après avoir reçu une fumigation, ira auprès de son mari. La solution de cette maladie est une grossesse.
129. (Dans ce cas il y a sans doute une lésion persistante de l’utérus peut-être un déplacement, ce qui cause le dépérissement avec des accès d’hystérie indiquée par la boule au côté. De la Nat. de la F., § 38.) Si la matrice se porte aux côtes, il y a toux, douleur au côté, et l’on y sent une dureté semblable à une boule. Le palper est douloureux comme d’une plaie. La femme dépérit, elle semble atteinte de péripneumonie, elle se rétracte et devient bossue; les règles ne paraissent pas, chez quelques-unes elles ne paraissent que pour se supprimer, et alors elles sont faibles, en petite quantité et de mauvais aspect. Durant tout ce temps il n’y a pas de génération. Les choses étant ainsi, administrer l’élatérion pour évacuer par le bas, laver avec beaucoup d’eau chaude; appliquer les fomentations qui conviennent; mettre les pessaires qui déterminent l’évacuation du sang. Prendre de la graine de lin, la griller, piler et tamiser; le pavot blanc aussi est utile, ainsi que la sauge avec de la fine farine d’orge, et le fromage de chèvre dont on a raclé la saumure; mêler cela, une part de fromage, et une part de farine d’orge sans sel, et donner à boire dans du vin à jeun; le soir venu, préparer, en y versant du miel, un cycéon épais qu’on donne à boire. Administrer les breuvages dont il est besoin; faire de fréquentes fumigations et des affusions chaudes; à l’aide de la main, éloigner du côté la matrice avec douceur, avec ménagement et d’un mouvement égal; serrer le côté avec un bandage de corps; prescrire le lait de vache en aussi grande quantité que possible pendant quarante jours; user d’aliments très émollients. La maladie est fort dangereuse, et peu échappent, même ainsi traitées.
130. (Quelque attaque d’hystérie.) Quand la matrice est dans les lombes ou dans le flanc, que la respiration est élevée, et qu’il y a suffocation, la femme est en proie à la dyspnée, et elle ne veut pas se remuer. Triturer soufre, ou asphalte, ou ciguë, ou myrrhe, ajouter du miel cuit, faire un gland allongé et gros, et le mettre dans le siège.
131. (Quelque déplacement de la matrice, peut-être une rétroflexion. De la Nat. de la F., § 14.) Si la matrice s’enroule dans le milieu des lombes, il y a douleur au bas-ventre, les jambes se contractent, les hanches sont douloureuses; quand la femme va à la selle, des douleurs aiguës se font sentir, les excréments ne sortent qu’avec effort et petits. L’urine coule goutte à goutte, et des défaillances surviennent. Les choses étant ainsi, attacher une canule à une vessie, et injecter de l’huile chaude dans la matrice; donner des bains de vapeur ou laver avec beaucoup d’eau chaude, et prescrire des bains de siège composés d’huile et d’eau; faire des fumigations fétides sous les parties génitales, aromatiques sous les narines. Quand la douleur a cessé, évacuer par le haut, mais ne pas troubler le ventre inférieur. Quand la matrice est remise en sa place, administrer un médicament qui évacue par le bas, et le lait d’ânesse, si la rate n’est pas maladive; puis donner des bains de vapeur, faire des affusions sur la matrice avec de l’eau de laurier, meure un pessaire mondificatif qui ne soit pas irritant, puis, après une fumigation aromatique, elle ira auprès de son mari, et, si elle devient grosse, elle guérit. Mais beaucoup de femmes restent stériles et souvent perdent l’usage de leurs jambes.
132. (Obliquité latérale de l’orifice utérin. Le redresser avec la doigt, arec les bâtonnets, avec la sonde.) L’orifice utérin incline d’un côté et se porte vers la hanche; c’est encore un empêchement à la mondification de la matrice, à la réception du sperme et à la génération. Dans ce cas il faut faire une fumigation aromatique; et, après la fumigation, si l’indication existe, éloigner de la hanche la matrice avec le doigt; puis la redresser avec les baguettes de pin et les sondes de plomb; car, comme il a été dit, elle ne cède pas à une force qui l’exerce rapidement. Quand elle a repris sa situation naturelle et est ouverte, mondifier avec des pessaires émollients, et tout le reste comme il convient.
133. (Obliquité latérale devenant chronique. Accidents qui en résultent. Les régies supprimées font gonfler les mamelles. Cela donne naissance à de petites tumeurs qui dégénèrent en cancers mammaires. Exposition des signes qui précèdent et annoncent la dégénération cancéreuse. Une des bases du traitement est une fumigation ayant pour but de produire de l’air dans matrice et de la rendre mobile. Ensuite on emploie les bétonne, qui sont ici décrits et dont l’usage est expliqué. Une sonde en plomb alterne arec les bâtonnets. L’auteur se complait à déciller tout le traitement. Comme l’absence des règles est une partie de la maladie, il faut les rappeler; et, pour cela, il institue un régime jour par jour, d’une époque à l’autre; régime que l’on continue deux mois et trois mois si les règles ne viennent pas tout d’abord, et qui, ajoute-t-il en terminant, convient à toutes les maladies de ce genre.) Quand la matrice se porte à l’ischion, si elle ne s’en éloigne pas promptement pour revenir à sa place, elle s’y dessèche; nécessairement l’orifice est dévié, porté plus haut, et, en raison de la déviation, fermé. Ainsi dévié et fermé, il devient dur, contracté et estropié. Obstruant la voie des règles, il les renvoie aux mamelles, sur lesquelles elles viennent peser. Le bas-ventre se soulève, et les femmes inexpérimentées croient être grosses; en effet elles éprouvent tout ce qu’éprouvent les femmes enceintes jusqu’à sept mois ou huit: le ventre se développe en proportion du temps, le sein se gonfle, et du lait semble se produire. Mais, quand cette époque est dépassée, les mamelles s’affaissent et diminuent de volume, le ventre s’affaisse également, le lait a disparu sans trace, l’abdomen, quand l’époque où l’accouchement devait se faire est arrivée, tombe et se perd. Cela fait, la matrice se contracte fortement en peu de temps; il est impossible d’en trouver l’orifice, tant tout s’est resserré et desséché. Dans les mamelles se forment des tumeurs dures, les unes plus grosses, les autres plus petites; elles ne suppurent pas, mais deviennent incessamment plus dures; puis il s’y forme des cancers cachés. Au moment où vont naître les cancers, la bouche d’abord devient amère, tout ce que les femmes mangent a un goût d’amertume; si on leur en donne davantage, elles refusent de le prendre, et font des choses dégoûtantes. Leur intelligence se dérange, les yeux sont secs; la vue est émoussée. Des douleurs passent des mamelles aux jugulaires et sous les omoplates. Il y a soif. Le mamelon est desséché, et le corps entier est amaigri. Les narines sont sèches et obstruées, elles ne se tiennent pas droites; la respiration est petite; l’odorat est éteint. Dans les oreilles il n’y a pas de souffrance, mais il s’y forme quelquefois concrétion. Quand le mal est arrivé à cette époque, il ne peut plus guérir, et il cause la mort de la malade. Mais ici il est soumis à un traitement avant d’avoir fait tant de progrès, et que les règles se rétablissent, la femme guérit. Voici comment il faut agir en ces cas avant tout, si la malade vous échoit encore forte, considérer l’ensemble du corps et administrer l’évacuant propre au genre d’évacuation qu’on voudra provoquer. Quand le corps est ainsi remis en état, on procède au traitement de la matrice. Si le corps ne paraît devoir être évacué d’aucune façon, si le mal ne semble avoir aucune cause de ce côté, et que la maladie soit purement utérine, il faut entamer ainsi le traitement. On donnera d’abord une fumigation à la matrice: prendre un vase de la contenance de deux setiers, y meure un couvercle arrangé de manière qu’aucune vapeur ne puisse trouver une issue, puis percer le fond du couvercle et y pratiquer un pertuis; dans le pertuis mettre un roseau long d’une coudée; le roseau sera bien installé dans le couvercle de manière à ce que la vapeur ne se perde pas; quand ces préparatifs sont faits, mettez le couvercle sur le vase et lutez. Puis creusez un trou de deux pieds de profondeur et assez large pour recevoir le vase; alors on y brûle du bois jusqu’à ce que le trou soit très chaud; cela fait, on ôte le bois et ceux des charbons qui sont les plus gros et les plus enflammés, mais on y laisse la cendre et le poussier. Quand le vase s’échauffe et que la vapeur en sort, si elle est trop chaude, on attend; sinon, on fait asseoir la femme sur le bout du roseau, qui est introduit dans l’orifice utérin, et l’on fait la fumigation; si l’appareil se refroidit, on jette des charbons ardents, prenant garde que la fumigation ne soit pas trop active; si, par l’addition des charbons, elle devient plus active qu’il ne faut, on diminue le feu. On aura soin de donner cette fumigation par un beau temps, sans vent, afin que la femme n’ait pas froid; on l’enveloppe de vêtements. Dans le vase on jette de l’ail sec, on verse de l’eau de manière à recouvrir l’ail de deux doigts de liquide; on le laisse bien macérer; ou ajoute aussi de l’huile de phoque; et alors on chauffe. La fumigation doit être prolongée beaucoup. Après la fumigation, si elle est en état, elle se lavera le corps entier à son gré, mais les lombes et les parties sous-ombilicales avec beaucoup d’eau. On donnera pour le dîner de la polenta ou du pain et de l’ail bouilli. Le lendemain, si la fumigation l’a épuisée, ou interrompt pour ce jour-là; sinon, on recommence. Pendant la fumigation, si elle peut y toucher, on lui prescrit de reconnaître l’état de l’orifice utérin. Cette fumigation remplit d’air l’utérus, le redresse et l’ouvre; c’est parce qu’elle est telle et capable de produire ces effets qu’on la pratique. Quand vous l’administrez, il faut jeter de l’ail et verser de l’huile de phoque; on fait cela, jusqu’à ce que la matrice paraisse remplie d’air et l’orifice tiré fortement en haut; résultats qu’aura en effet cette fumigation. Le régime, après ces fumigations, est le même qu’après d’autres fumigations. Quand la matrice se déplace et devient mobile, on fait une fumigation avec la racine de fenouil, préparant de la même façon un autre vase. On lave les racines de fenouil, on les broie, et on les jette dans le vase; on verse de l’eau, et on administre semblablement la fumigation. Après cela, la femme prend un bain, et, le soir, à son diner, elle mange de la polenta; si elle veut du pain, de petits poulpes et de petites sèches, elle peut les faire bouillir dans du vin et de l’huile et les manger. Pendant la fumigation, elle essayera de toucher l’orifice utérin; cette fumigation a pour effet d’amener la matrice très près. On l’administre pendant cinq ou six jours, en considérant l’état de la femme; si elle s’épuise et devient faible, on interrompt tout le temps qu’il faut; si elle ne s’épuise pas, on fait une fumigation chaque jour. Après les fumigations, on essaye de mettre les pessaires faits avec des bâtonnets du pin le plus gras; on les enduit avec de l’huile; ils sont longs de six doigts, au nombre de cinq ou six, de forme conique, et un peu plus gros les uns que les autres; le plus gros est comme le doigt indicateur, de même forme que ce doigt, plus mince par le bout, grossissant en allant vers l’autre extrémité. Ces bâtonnets seront aussi lisses et aussi ronds que possible, sans aucune écharde. On place d’abord le plus mince. Quand il est en place, la femme se tient tranquille, prenant garde qu’il ne tombe. On n’enfonce d’abord que le bout, puis on l’engage de plus en plus, le faisant tourner et le poussant en même temps. Quand le petit bout est reçu, on s’arrête à ce petit bout, et la femme prend garde que le bâtonnet ne tombe. Puis on enfonce davantage de la même façon, jusqu’à ce qu’il soit entré de quatre doigts à l’intérieur de l’orifice utérin. Quand ce premier bâtonnet est ainsi reçu, on l’ôte pour substituer celui qui suit en grosseur, de manière que celui-ci soit en place avant l’affaissement de l’orifice et quand cet orifice est encore droit et ouvert. Or, on réussira, si on enlève l’un et met l’autre. Il faut aussi avoir une tige en plomb semblable, pour la forme, au bâtonnet le plus gros, mais creusée à l’intérieur pour pouvoir contenir quelque chose. La capacité en sera celle de la sonde pour les plaies. Afin que l’orifice de cette tente soit lisse et ne blesse pas, on la dispose comme le bout des bâtonnets. Quand la tente en plomb est prête, on l’emplit de graisse de mouton broyée. Cela fait, on ôte le bâtonnet, et on met en place le plomb. Si, mis en place, il cause de la chaleur, on le retire et on remet le bâtonnet; on trempe le plomb dans de l’eau froide, et on le replace, après avoir ôté le bâtonnet. Il faut qu’il y ait toujours quelque chose en place: pendant le jour le bâtonnet vaut mieux, le plomb pendant la nuit. Si la femme veut se lever, qu’elle se lève, mais en ayant attention à ce que la tente reste en place; et, en cas de déplacement, elle la remettra aussitôt. Si aucun des bâtonnets employés pour ces cas ne sont reçus, on les fera plus minces, jusqu’à ce que l’opération puisse s’accomplir. Dans le cas où ni l’orifice utérin ne peur être ouvert, ni la matrice amenée à proximité, il faut en revenir à la fumigation du début, commençant par la première et finissant par la seconde, jusqu’à ce que l’utérus s’assouplisse et s’abaisse très près. Quand il est ouvert, on a deux pessaires, gros comme une olive; on en met un, qu’on laisse jusqu’à ce qu’il fonde; puis en met l’autre. Ce pessaire à la résine, quand il va être placé, sera plongé dans de l’huile de rose ou d’iris, ce qui l’empêche de se coller à l’orifice utérin. Auparavant il faut mettre le plomb, afin que le pessaire soit dans un orifice droit et s’enfonce à l’intérieur du corps de l’utérus. Puis on applique les émollients. La femme se lave à l’eau chaude et avant les pessaires et après. Son dîner est de poissons de mer. Quand deux jours ou trois ont passé après cette application, on considère si l’orifice est en bon état et mondifié, et l’on cesse l’usage de ce pessaire, auquel on fait succéder les émollients; et, quand l’inflammation est tombée, on entretient toujours en place le bâtonnet ou le plomb. Mais si l’orifice utérin n’est pas encore mondifié, on applique de nouveau en pessaire les médicaments, et on fait le reste comme il a été dit; on produit l’insufflation de l’orifice utérin et de l’utérus en appliquant le pessaire à la figue; on en a aussi deux de cette espèce; avant de les mettre, on administre la fumigation avec le fenouil indiquée plus haut. Après la fumigation, le lendemain, on applique le médicament, on a auparavant donné un bain, on en donne un aussi le soir. On trempe ce pessaire, comme l’autre, dans de l’huile, au moment de le mettre. Après la mondification, le lendemain, les émollients conviennent tant qu’il y a inflammation. Quand l’inflammation est passée, on applique les bâtonnets selon ce qui a été dit plus haut. Au reste on fait pour ce pessaire exactement comme pour le précédent. Si une seule application paraît suffire pour produire l’insufflation de l’utérus, on s’en tient là; mais, s’il est encore quelque besoin, on applique de nouveau le pessaire de la même façon. Ensuite, quand l’opportunité paraît venue, on prépare la fumigation des aromates. Elle se prépare ainsi: triturer et tamiser cypérus une conque (0,023 litre), calamus odorant autant, jonc odorant autant, cardamome autant, graines de cumin d’Éthiopie, d’anis, de rue sèche, d’hypéricon et de fenouil; quand on a préparé tout cela, on verse dans le vase six cotyles de vin astringent blanc très odorant, on jette un quart de cotyle des substances broyées et on agite. Puis on ajoute un tiers d’obole de parfum égyptien aussi bon que possible, ou de l’excellente huile de marjolaine ou d’iris; quand on verse, on agite. On fait une douce fumigation et on la prolonge autant qu’on peut; on donne un bain auparavant, et on la répète pendant deux ou trois jours. Quand la fumigation est finie, on met un bouchon sur la fumigation, afin qu’elle ne s’évapore pas. Puis on use des bâtonnets et des plombs. Quand on a fumigé deux ou trois jours, on fait une interruption de deux ou trois jours; dans jours intermédiaires on donne deux bains par jour. La femme mangera des poireaux bouillis et crus, des radis, du cardame (erucaria aleppica), de l’ail grillé et bouilli; elle boira du vin pur, et prendra à son repas les poissons de mer indiqués plus haut. Quand les jours d’interruption sont passés, on fait la fumigation en jetant très peu de chacune des poudres dans la fumigation qui a déjà servi, et on y ajoute du vin, et, si besoin en est, de l’huile; et l’on fait ainsi la fumigation. Quand les fumigations semblent avoir bien opéré, que l’orifice utérin paraît souple et ouvert comme il faut, et l’utérus lui-même s’être approché, on met, le jour suivant, après la fumigation, le pessaire à la myrrhe; on en a deux; après la mondification, le lendemain, on applique les émollients jusqu’à ce que l’inflammation soit dissipée; puis on use des bâtonnets et des plombs. Prenant en considération la force du sujet, on fumige de nouveau comme il a été dit. Si la fumigation qui se trouve toute préparée paraît encore bonne, on y jette des parfums comme précédemment, du vin et de l’huile; si elle ne paraît plus bonne, on en prépare une à nouveau. Quand on a fumigé derechef de la même façon qu’on avait fait précédemment, on applique le pessaire avec la graisse; on a deux de ces pessaires, et on les met de la même manière que plus haut. Après les applications, le lendemain, on applique les émollients d’après la règle susdite. On se sert de ce médicament tous les quatre jours, après avoir administré une fumigation; il doit toujours être récemment préparé pour chaque application; on s’en sert jusqu’à ce qu’il vienne une humeur sanguinolente; quand une telle humeur apparaît, on cesse. Le régime est ainsi réglé: on demande à la femme à quels jours ses règles sont venues; partant de ce point là, voici le régime qu’il faut suivre. D’abord la femme se lavera avec beaucoup d’eau chaude, sauf la tête; ainsi lavée, elle prendra du fromage âcre et de la rue mouillée avec du vin noir mélangé de partie égale d’eau; on saupoudre cette préparation avec de la farine d’orge, et elle la boit immédiatement après le bain. Puis on lui donne son déjeuner en temps convenable. Elle mangera de la polenta ou du pain, des poireaux bouillis ou crus, et toutes choses semblables, âcres et signalées plus haut, des purées de temps en temps dont on n’ôte pas l’écume, beaucoup de silphion concassé, de l’ail en abondance bouilli; pour plats elle aura des poissons cartilagineux, tous bouillis dans une saumure douce, de petits poulpes et de petites sèches dans un mélange de vin et d’huile; elle boira autant qu’elle pourra de feuille de silphion pulvérisée; elle mangera autant qu’elle pourra tant au déjeuner qu’au dîner. Elle prendra un bain après le dîner, au moment de s’aller coucher. Elle suivra ce régime pendant cinq ou six jours; après ce temps, elle prendra à jeun, le matin, de la graine de sureau, six grains dans du vin pur, et dix ou douze œufs de sèche; on broie le tout ensemble, et on le fait boire le matin à jeun. Après ce breuvage, elle laisse passer quelque temps, puis prend un bain, puis prend la rue et le fromage, et enfin déjeune avec quelqu’une des choses susdites. Elle dînera tard. Il faut qu’elle se baigne deux fois par jour. Ce régime va jusqu’au treizième jour ou au quatorzième. Quand ce terme est passé, on fait des bols avec le suc de silphion, de la grosseur d’une fève, et on donne cela d’abord; puis on fait tout ce qui a été écrit précédemment. Quand vingt-cinq jours se sont passés dans ce régime, elle continue de même, sauf qu’avant le déjeuner et au moment de déjeuner, elle broie quatre gousses d’ail, gros comme un osselet de fromage âcre, y mêle un peu de farine d’orge, et en fait une pâte qu’elle avale d’abord. Avant le dîner elle boit du vin pur, et, ainsi préparée, se met à table. Du reste le régime est le même. Pendant les neuf ou dix jours qu’il y a encore jusqu’au temps des règles, elle prend, avec les œufs de sèche et le sureau, du cumin d’Éthiopie et une obole de castoréum. Quand il n’y a plus que deux jours, elle cesse tous ces breuvages, tous ces bols; mais elle prend à jeun, après un bain, la préparation à la branche de pin. Après l’administration de ce médicament, on donne au déjeuner la mercuriale et le chou cuits ensemble dans l’eau et assaisonnés d’oxyglyky (mélange de miel et de vinaigre), de sel, de silphion et d’huile; elle mange ces herbes et boit l’eau où elles ont cuit. Son vin est pur. Pour plats, elle a de petits poulpes bouillis ou de petites sèches. Voilà pour le déjeuner. Au dîner, viande de chèvre, ou de mouton, on d’agneau, très cuite; poireaux et tous les herbages âcres qu’elle voudra. Elle se baignera avant le dîner. Tel est le régime des deux derniers jours. Si la manière de vivre ainsi observée n’amène pas les règles, on la reprend le mois suivant d’un bout à l’autre, sauf les deux derniers jours. L’avant-dernier de ces deux jours, on fait des pessaires qu’on applique suivant la règle donnée précédemment; ces pessaires sont faits avec le médicament préparé à l’eau; et on les met après avoir fait prendre un bain. Il faut aussi considérer comment se comporte la matrice, de manière qu’elle soit, pendant tout le temps, en bon état, et que l’orifice soit droit et ouvert. Si avant le pessaire on croit devoir administrer une fumigation utérine, on le fera. Les règles font éruption, et elles sont abondantes: on diminue les bains. Elles sont peu abondantes: on augmente les bains. Elles annoncent leur venue, et ne viennent pas cependant: on traite par le même régime jusqu’à ce qu’elles paraissent. Une fois qu’elles sont arrivées, ce qu’il y a de mieux pour ces femmes, c’est de devenir enceintes. Voilà le traitement de toutes les maladies de même genre.
134. (Formation d’un abcès au flanc, à la suite d’une obliquité latérale de l’utérus.) Si la matrice est en contact avec l’ischion et s’y appuie, il se forme une dureté au flanc; douleurs dans le bas-ventre; la douleur gagne le flanc même, les lombes, les jambes; il y a des distensions; il se forme du pus, la plaie qui en résulte a besoin de tentes, et les femmes succombent à la diarrhée, à moins qu’on n’incise ou ne brûle. Les choses étant ainsi, administrer un médicament qui évacue par le bas; avec beaucoup d’eau chaude; faire des fumigations utérines de la sorte: on verse de la vieille urine bouillante dans un vase creux; la femme s’assoit sur ce vase enveloppée de vêtements, pour que la vapeur ne se perde pas. Quand l’urine se refroidir, on y jette des pierres chauffées au rouge, et on continue la fumigation jusqu’à ce que la femme dise que sa vue s’obscurcit et qu’elle tombe en faiblesse. Après la fumigation elle prend un bain chaud; puis, touchant avec le doigt, elle tire l’orifice utérin vers l’ischion sain. La nuit on applique des émollients. Quand elle annonce que l’orifice est droit, on administre une fumigation aromatique, on revient aux émollients, mais on y joint les plombs qu’on emploie pendant trois jours et dont on met un chaque jour; ensuite la bryone ou la scille pendant trois jours. Puis, examinant les règles, reconnaissez si elles sont bilieuses ou pituiteuses, et si le sang est altéré; dans le cas où le sang a besoin d’être mondifié, appliquez les pessaires qui paraîtront les plus convenables, et faites ensuite une injection de même nature; il faut mettre les pessaires, jusqu’à ce que du sang pur soit amené, et faire cela pendant trois jours. On applique de la graisse de cerf fondue où l’on a trempé une laine souple, puis du pouliot pendant le jour; la femme prend une fumigation aromatique, et va ainsi auprès de son mari. Si le mal est venu à la suite de l’accouchement, on passe, après l’avoir mondifiée complètement à l’aide de la fumigation à l’urine, aussitôt aux aromatiques, puis, après avoir donné un bain, on appliquera du parfum blanc égyptien sur la hanche saine, et la femme se couchera sur ce côté. Si la matrice, par ces moyens, ne quitte pas sa place vicieuse, la malade boira, à jeun, cinq grains noirs de mercuriale dans du vin odorant; et avec la polenta ou le pain elle mangera de l’ail cru, grillé et bouilli; elle usera aussi peu que possible de mets (viandes ou poisson.). Si elle ne guérit pas, on la mondifiera comme dans le cas précédent. En cette maladie, si la femme ne devient pas aussitôt enceinte, elle perd la faculté d’avoir des enfants. Si, chez une femme en cet état, les règles ne paraissent pas et que la fièvre survienne, on l’évacue d’abord par le haut et, si elle est faible, par le bas. Après l’évacuation, si la malade sous parait pituiteuse, faites la vomir à jeun et avec tes aliments, et la plupart du temps elle guérira.
135. (Autre obliquité latérale.) Si la matrice se relâche du côté de l’ischion, les règles, étant épaisses, ne viennent pas; de la douleur se fait sentir au bas-ventre, elle gagne le flanc et est mordicante. Les choses étant ainsi, laver avec beaucoup d’eau chaude, donner à manger autant d’ail que possible, faire prendre du lait en quantité convenable, puis du vin pur; administrer une fumigation générale, puis une évacuation par le haut, et, si la femme est faible, par le bas. La douleur étant guérie, on administre une fumigation avec le fenouil, où l’on mêle aussi de l’absinthe. Aussitôt après la fumigation, on tire doucement avec le doigt l’orifice utérin vers la hanche saine, assouplissant avec ménagement l’orifice et les parties voisines qui souffrent. On met quelque émollient. Puis on en vient aux plombs, ensuite à la scille, après à l’huile de narcisse, laissant un jour d’intervalle. Quand vous jugez la malade mondifiée, appliquez le nétopon dans de la laine; le lendemain, de l’huile de rose. Pendant que les règles vont, il vaut mieux ne rien appliquer. Si elles ne vont pas, prendre quatre cantharides, en ôter les ailes, les pattes et la tête, cinq grains noirs de pivoine, des œufs de sèche, un peu de graine d’ache, et donner à boire dans du vin; si le médicament produit de la douleur et de la strangurie, la femme prendra un bain de siège chaud, et boira de l’hydromel coupé d’eau. Dans le cas où la purgation menstruelle ne viendrait pas, il faudrait reprendre le médicament. Si elle vient, la femme, gardant l’abstinence, boira du cycéon, et ira auprès de son mari. Si les règles ne viennent pas, on donnera ce qui les provoque, en se réglant sur la force de la femme; et alors elle peut en sureté aller avec son mari, car, si elle conçoit, elle guérit. Pendant les menstrues, si elles sont abondantes, elle mangera de la mercuriale, des poulpes tendres cuits, et usera d’aliments émollients.
136. (Obliquité latérale chez une accouchée.) Si la matrice se fixe à l’ischion ou au flanc chez une accouchée, on appliquera sur l’autre hanche du parfum égyptien blanc ou de l’huile de rose. Il vaut mieux que la malade soit couchée sur la hanche saine. Elle prendra en breuvage quatre grains noirs de pivoine, une chéramys (= 0,009 litre) de graine de sureau avec ces grains, du castoréum gros comme une fève; et elle usera d’aliments émollients. La pivoine cuite comme du chou convient avant le manger; elle boira aussi l’eau où la mercuriale a bouilli. Elle mangera les herbages âcres, sauf le raifort, le poireau et le cardame (erucaria aleppica). Ce qu’il ya de mieux, c’est la laitue.
137. (Considérations générale. sur les déplacements utérins. Il y a toujours une confusion entre les déplacements imaginaires et les déplacements réels. Matrice tournée vers la vessie. Matrice tournée vers le siège.) Pour toutes les maladies qui ont leur origine dans l’utérus, voici ce que je dis: quand la matrice se déplace, elle se porte tantôt d’un côté, tantôt d’un autre; partout où elle se porte, il se fixe des douleurs intenses. En contact avec la vessie, elle cause de la douleur, ne laisse point passer l’urine, et n’attire pas le sperme à soi, et les deux parties sont douloureuses. Si une prompte solution n’intervient pas, elle suppure avec le temps dans les mêmes endroits contre lesquels elle s’est desséchée. Cela se produit aussi aux flancs, aux aines et au-dessus du pubis. Au début, quand la douleur existe, il faut traiter ainsi: faire des fomentations chaudes; être dans l’eau chaude, car cela est bon aussi. Ou bien fomenter avec des éponges trempées dans l’eau chaude et exprimées. Boire des médicaments utérins. Si ces moyens n’amènent pas la solution, évacuer par le bas, et, s’il faut, par le haut, suivant que le besoin sera, Voici comment on reconnaît quelle voie peut être prise; si la matrice s’est fixée aux aines, au pubis et à la vessie, évacuez par le haut; si aux flancs et aux hypocondres, évacuez par le bas. Aussitôt après ces évacuations, mondifiez la matrice. Toutes les maladies de ce genre surviennent plutôt chez les femmes d’un certain âge que chez les jeunes, vers l’époque de la cessation des menstrues. Elles naissent aussi chez les jeunes dont le veuvage se prolonge beaucoup. Si la matrice se tourne vers le siège, les selles sont interceptées, des douleurs se font sentir aux lombes, au bas-ventre et à l’anus. Les choses étant ainsi, laver à l’eau chaude, fomenter les lombes; faire par le bas des fumigations fétides; appliquer en pessaire ce qui purge et pousse la matrice; donner en breuvage, parmi les choses convenables, celles qui seront le mieux acceptées. Si la matrice se fixe en bas aux aines et à l’urètre, il survient des douleurs intenses, les jambes s’engourdissent, l’urètre est obstrué, et l’urine n’est pas rendue. Traiter ainsi: aux narines appliquer les bonnes odeurs et les baumes, à la matrice les mauvaises odeurs, par fumigation.
138. (Toute cause est suffisante pour déplacer l’utérus déjà lésé. Réflexion générale sur la nécessité de prendre en considération l’ensemble du corps. Danger du refroidissement des jambes.) Toute cause est suffisante pour déplacer l’utérus, pour peu qu’il ait quelque lésion; toute cause, Par exemple, avoir froid aux pieds et aux lombes, danser, piler, casser du bois, courir en montant ou en descendant, et autres semblables, il faut en effet porter son attention sur l’ensemble du corps, quand les maladies font leur éruption actuelle; car nécessairement, en ces cas, il y a maladie plus ou moins grande; mais c’est là où l’explosion est la plus forte, que les affections subites se manifestent; aussi, quand les maladies font une éruption soudaine, doit-on remonter plus haut et au corps tout entier. Tous les refroidissements des jambes, tous les engourdissements produits par le froid, dans les affections utérines, tendent à soulever la matrice; en ces cas, il faut faire des affusions chaudes sur la matrice et les lieux environnants, échauffer la matrice et les jambes, ainsi que quand elle s’est déplacée.
139. (Obliquité latérale droite de ta matrice à la suite de l’accouchement.) Si, à la suite de l’accouchement, la matrice se tourne à droite, les lochies ne viennent pas, il y a douleur au bas-ventre, aux lombes, aux flancs, la jambe droite devient pesante, engourdie et tremblante; on ne peut pas toucher l’orifice utérin, mais on trouve l’utérus très lisse et très uni. Les choses étant ainsi, administrer un médicament qui évacue par le haut et par le bas, mais par le bas davantage; donner une fumigation au corps entier et à l’utérus, aussi douce que possible; laver à l’eau chaude deux fois par jour; prescrire, en tâtonnant, les breuvages qui seront le mieux reçus. La femme dormira souvent avec son mari, et mangera du chou.
140. (Obliquité latérale gauche de la matrice.) Si la matrice s’incline vers la gauche ou l’ischion, une douleur aigué et intense se fait sentir aux lombes, aux flancs et à la jambe, et la femme boite. Les choses étant ainsi, il faut administrer un évacuant, et, le lendemain, une fumigation: orge deux chénices, feuilles d’olivier triturées, noix de gale pilée et tamisé, jusquiame tiers de chénice, mélanger, pétrir avec une demi-cotyle d’huile dans un vase neuf, et faire une fumigation pendant quatre jours; le soir la femme boira du lait de vache, du miel et de l’eau et se lavera à l’eau chaude.
141. (Obliquité latérale de la matrice et de son orifice.) Si la matrice se dévie et qu’elle soit oblique ainsi que l’orifice, les règles ou se suppriment ou ne font que se montrer et disparaissent, elles sont, non pas semblables à ce qu’elles étaient auparavant, mais de mauvaise nature et en moindre quantité; la conception ne se fait pas durant ce temps; la douleur occupe le bas-ventre, les lombes et la hanche, qui est retirée. Les choses étant ainsi, il faut prendre un évacuant, laver à l’eau chaude, et fumiger. Aussitôt après la fumigation ou le bain, elle portera le doigt, redressera et mettra dans la direction de l’orifice utérin. Elle fera des fumigations aromatiques. On cherchera par des tâtonnements les breuvages qui seront les mieux reçus. Elle usera d’aliments émollients; elle mangera de l’ail cru et bouilli, et dormira avec son mari. Elle se couchera sur la hanche, et fera, sur l’autre, des fomentations. La maladie est de guérison difficile.
142. (Abaissement de la matrice.) Si la matrice est très voisine (de la vulve), il faut faire vomir souvent, et fumiger la matrice avec les substances fétides, jusqu’à ce qu’elle se remette en sa place. La femme n’usera pas d’un régime évacuant.
143. (Saillie de la matrice hors de la vulve. De la Nat. de la F. § 4.) Si la matrice fait saillie hors des parties naturelles, il y a fièvre à la vulve et au siège, l’urine est rendue fréquemment et goutte à goutte, et irrite fortement les parties génitales. Cet accident arrive, quand la femme, accouchée depuis peu de temps, a des rapports avec son mari. Les choses étant ainsi, faire bouillir dans de l’eau des baies de myrte et des raclures de lotus, exposer cette eau au serein de la nuit, et s’en servir, aussi froide que possible, en affusion sur les parties génitales; on triture aussi ces substances et on les met en cataplasme. Puis la femme, buvant de l’eau de lentille avec du miel et du vinaigre, vomira jusqu’à ce que la matrice soit retirée en haut; le lit doit avoir l’extrémité du côté des pieds relevée. On fera des fumigations fétides sous les parties génitales, aromatiques sous les narines. La femme usera d’aliments très émollients et froids, boira du vin blanc coupé d’eau, ne se baignera pas, et n’ira pas avec son mari.
144. (Chute complète de la matrice hors de la vulve.) Si la matrice est sortie complètement hors des parties génitales, elle pend comme le scrotum, la douleur occupe le bas-ventre, les lombes et les aines; et, quand du temps s’est écoulé, elle ne veut plus rentrer à sa place. Cette maladie survient, quand, à la suite de l’accouchement, la femme se livre à quelque occupation pénible, de manière que la matrice s’en ressente, ou a des rapports avec son mari pendant la purgation lochiale. Las choses étant ainsi, il faut faire des applications réfrigérantes et adoucissantes aux parties génitales. Puis nettoyer la partie qui est dehors, la laver avec du vin noir où a bouilli une grenade, et la repousser en dedans; après quoi, faire fondre du miel et de la résine à parties égales et infuser dans la vulve; la femme restera couchée sur le dos ayant les pieds élevés et les jambes étendues. Puis elle appliquera des éponges qu’on maintiendra par des liens fixés aux lombes. Tant que les choses seront ainsi, elle s’abstiendra d’aliments et boira aussi peu que possible, jusqu’à ce que sept jours soient passés. Si, de cette façon, la matrice obéit et rentre, on s’en tiendra là; sinon, racler légèrement le bord de la matrice, la laver, l’oindre de cérat à la poix; puis attacher la femme par les pieds une échelle, avec la tête en bas, et de la main repousser en dedans; après quoi, la délier, lui attacher les jambes croisées l’une sur l’autre, et la laisser ainsi un jour et nue nuit. Donner un peu d’eau de gruau d’orge froide, et rien autre. Le lendemain, la faire coucher sur la hanche, et appliquer une ventouse très grande qu’on laissera tirer longtemps, puis, l’ayant ôtée, ne pas scarifier, mais laisser la femme couchée, et ne rien donner que de l’eau de gruau d’orge, jusqu’à ce que sept jours soient passés. S’il y a soif, elle boira de l’eau en très petite quantité. Après les sept jours, elle usera des aliments les plus émollients et en aussi petite quantité que possible. Quand elle a besoin d’aller à la selle, elle se mettra sur son séant pour satisfaire ce besoin, jusqu’à ce que quatorze jours soient passés. Puis elle fera des injections tièdes; la meilleure chaleur est celle de l’eau que le soleil a échauffée; elle marchera aussi peu que possible, et ne prendra point de bain. On ne donnera aucun laxatif. Elle usera d’aliments en très petite quantité qui ne seront ni âcres, ni salés. Elle fera des fumigations fétides aux parties génitales. Quand elle commencera à marcher, elle portera le bandage eu fronde.
145. (Ceci paraît être un renversement utérin; mais il diffère de ce qui est décrit sous ce nom dans les livres modernes. Ce n’est pas le fond de l’utérus qui, se renversant, vient s’engager dans le col; c’est l’orifice utérin qui s’engage dans le col, et vient sortir par l’orifice du col; car l’auteur distingue ces deux orifices. De plus, il ne parle pas de l’accouchement, comme condition de renversement, laquelle est, comme on sait, à beaucoup près la principale. Il dit même que cet accident arrive de préférence chez les femmes qui n’ont pas eu d’enfants. Or, les cas de renversement utérin observés par les modernes hors l’accouchement sont très rares; ajoutons aussi qu’ils sont encore mal expliqués.) L’orifice de la matrice fait saillie hors des parties génitales, vu que le col utérin est voisin de ces parties et large. Cet accident arrive de préférence chez les femmes qui n’ont pas eu d’enfant. Il survient surtout à la suite de fatigue; la femme s’étant fatiguée, la matrice s’échauffe et sue; l’orifice utérin, se trouvant en un lieu plus humide, plus glissant et plus chaud que précédemment, se renverse à travers le col. Quand cela est arrivé, la matrice se porte vers le frais, et son orifice vient au dehors renversé. Si le traitement est appliqué promptement, la femme guérit; mais elle reste complètement stérile. Si elle n’est pas traitée promptement, l’orifice sera constamment dur et au dehors, et il s’en écoulera de temps à autre une humeur visqueuse, de mauvaise odeur, et aussi à l’époque des règles, si elle est encore d’âge d’être dans le lit. Avec le temps, cette maladie devient incurable, et la femme vieillit avec la matrice au dehors. Si l’utérus fait saillie, on le lave avec de l’eau tiède, on l’oint avec de l’huile et du vin, on le repousse en place, et on met le bandage. On fait les fumigations fétides sous les parties génitales, aromatiques sous les narines. Si la matrice reste saillante longtemps et se refroidit avec engourdissement, faire d’abondantes affusions d’eau chaude, afin que la chaleur humide la pénètre. Si elle est déjà insufflée, fomenter avec l’eau de laurier ou de myrte où l’on a mêlé du vinaigre, et repousser doucement; cède-t-elle, on la graisse avec un cérat ou du baume; ne cède-t-elle pas, on la lave à grande eau, on fait tiédir un peu de vinaigre qu’on emploie en affusion, et on touche avec du sel; puis, quand la matrice s’est resserrée, on la lave comme il a été dit, on la remet en place, et on fait tout le reste ainsi qu’il a été exposé. On n’administre ni huile ni rien de gras, ni rien qui ait de la graisse.
146. (Repliement des orifices de la matrice.) Si quelque partie des orifices de la matrice se replie, les règles ne viennent pas, ou ne viennent qu’en petite quantité, de mauvaise nature et avec douleur. La femme, quand elle a des rapports avec son mari, souffre; tout ce que l’homme éjacule ressort, la matrice ne supporte pas le contact et n’attire pas le sperme. Le bas-ventre et les lombes sont sensibles. L’orifice utérin ne se reconnaît pas au toucher. Les choses étant ainsi, administrer la fumigation avec la vieille urine; puis la femme vomira avec l’eau de lentille mélangée de miel et de vinaigre; après quoi, elle se lavera avec l’eau chaude. Cela fait, versant dans une phiale (coupe évasée) d’argent ou de cuivre du parfum blanc égyptien et du sel, et s’enveloppant, la femme s’assoira sur la phiale. Si l’odeur du parfum lui vient par la bouche, on déclarera qu’elle peut concevoir et que la matrice est encore saine. Si l’odeur ne pénètre pas, on ne perdra pas courage; au moment de se coucher, elle s’appliquera le parfum égyptien dans de la laine. Le lendemain, elle examinera si l’orifice utérin est plus droit; et, disant qu’il l’est, elle prendra une fumigation aromatique pendant trois jours, et mettra les pessaires qui ne sont pas irritants; elle mondifiera par des contre-injections aromatiques et adoucissantes, pendant trois jours aussi. Quand les règles sont passées, elle s’abstient de manger, de bain, prend une fumigation aromatique et va auprès de son mari. Beaucoup de femmes deviennent stériles par cette maladie, s’il n’y a pas de traitement.
147. (Ulcération et chute de matrice.) Quand la matrice est ulcérée et fait une grande saillie au dehors, on se graisse les mains avec de l’huile et on la remet en place; on fait prendre de la myrrhe pure en trois bols; la femme boit du laurier vert trituré et mouillé avec du vin, et elle guérit ainsi.
148. (Rétrécissement des parties génitales.) Si les parties génitales sont rétrécies, appliquer un pessaire fait de graine d’anis et d’ache triturée.
149. (Mobilité de la matrice, et déplacements qui en résultent.) Si la matrice ne demeure pas en place, mais va tantôt d’un côté et tantôt d’un autre, elle cause de la douleur, et parfois elle ne se montre pas, parfois elle sort comme sort le fondement. Tant que la femme est couchée sur le dos, l’utérus reste en place; mais, quand elle se lève, sort du sommeil, se baisse, ou fait quelque autre mouvement, il ressort, souvent même la malade étant en repos. En ce cas il faut autant que possible rester tranquille, immobile, ne faire aucun mouvement, avoir un lit plus élevé du côté des pieds, user des vomissements, vu qu’il importe d’opérer la révulsion vers le haut, employer les fomentations astringentes, et les fumigations fétides sous les parties génitales, aromatiques sous les narines. On prend une grenade, de la forme qui conviendra le mieux, on la perce par l’ombilic de part en part, on l’échauffe dans du vin tiède, et, si rien ne s’y oppose, on l’enfonce aussi avant que possible; puis on serre avec une écharpe large qui la reprend en dessous afin qu’elle ne glisse niais que, restant en place, elle fasse son office. On fait boire du pavot avec du fromage et de la farine d’orge, comme il a été écrit dans le transport de la matrice sur les côtes (§ 128). On cherche par des tâtonnements les breuvages qui sont les mieux reçus. La femme use d’aliments très émollients, et elle ne doit pas dormir avec son mari, jusqu’à ce que, l’utérus restant en place, elle soit en état de marcher. Si la matrice sort, triturer du lierre très sec, en faire un nouet dans du linge, et l’appliquer; ne rien faire prendre de gras; froment pilé, pavot grillé, sauge, cypérus, anis, son d’orge; tout cela bien trituré, délayé dans du vin, à prendre deux fois par jour, à chaque fois une demi-cotyle.
150. (Ceci paraît être quelque déplacement de la matrice plutôt qu’une hystérie.) Si la matrice se tourne vers les jambes et les pieds, on le reconnaîtra ainsi: les gros orteils se contractent sous les ongles; les jambes et les cuisses sont douloureuses; il y a un sentiment gravatif qui contond les nerfs de la cuisse. Les choses étant ainsi, laver souvent avec beaucoup d’eau chaude, faire des fomentations si elles lui agréent, administrer sous les parties génitales des fumigations fétides, et oindre avec de l’huile de rose.
151. (Hystérie.) Si la femme perd subitement la voix, vous trouverez froids les jambes, les genoux et les mains. Au toucher la matrice ne se montre pas en bon ordre, il y a des palpitations de cœur, grincement de dents, sueur profuse, et les autres accidents des personnes atteintes de la maladie sacrée, ainsi que tous leurs actes messéants. En ces cas, il faut faire d’abondantes affusions d’eau froide sur les jambes durant tout ce temps, et employer, s’il en est besoin, les autres moyens comme il a été dit précédemment.
152. (Déplacement ou hystérie.) Si, déplacée, la matrice se transporte quelque part et cause de la douleur, prendre de la galle d’olivier et de la sciure de laurier et de cyprès, faire bouillir dans de l’eau, mettre dans de la laine, et appliquer.
153. (Chute de matrice après l’accouchement.) Quand une femme venant d’accoucher soulève un fardeau trop lourd pour elle, ou pile quelque chose, ou casse du bois, ou court, ou fait quelque autre action de ce genre, la matrice est fort exposée à tomber; quelquefois à l’occasion d’un éternuement; remarquez en effet que l’éternuement exerce, provoqué par des errhins, une violence, quand la femme se pince les narines (comp. Aph. v, 49). Il faut laver la matrice avec de l’eau tiède, puis semblablement avec de l’eau où du pouliot a bouilli, puis avec du vin noir pur. Si cela ne suffit pas, faire des pessaires émollients; on les a tout prêts avant que la matrice ne soit refroidie, et on les introduit avec douceur; puis ce étend les jambes que l’on croise et sous lesquelles on met quelque chose de mou. On recommande l’abstinence de boissons autant que possible; et on prend garde à ce que le ventre ne se dérange pas. On fait sous les narines quelque fumigation aromatique. En ces cas, il faut subséquemment, si la matrice ne demeure pas fixe mais se meut, administrer l’ellébore; ou bien, quand les forces ne sont pas suffisantes, prescrire les vomissements, l’abstinence de bains, le silence et l’immobilité.
154. (Ceci paraît être quelque métrite chronique.) Si la matrice est irritée par besoin de conception (De la Nat. de la F., § 41), le ventre se gonfle, se météorise et fait du bruit; les pieds enflent ainsi que le dessous des yeux; la coloration devient désagréable; les règles se suppriment; la génération ne s’opère pas durant tout ce temps; il y a essoufflement, écume à la bouche et agitation; la femme, quand elle s’éveille, a de l’orthopnée; tout ce qu’elle mange ou boit lui fait du mal; elle gémit et se décourage plus qu’avant de manger, elle étouffe, les nerfs se rétractent; la matrice et la vessie sont douloureuses, on ne peut y toucher avec la main; l’urine n’est pas rendue, le sperme n’est pas reçu. Les choses étant ainsi, administrer un médicament qui évacue par le bas, laver à l’eau chaude, faire prendre des bains de siège; souvent fomenter le corps entier et parfois jusqu’au nombril, en laissant des intervalles, puis mettre les pessaires qui mondifient sans irriter; faire les fumigations aromatiques sous les parties générales, fétides sous les narines; donner les breuvages qui purgent la matrice et la repoussent en place; manger la mercuriale, et boire ensuite le lait comme il a été dit à l’article du côté (§ 128). Cette maladie n’est pas de longue durée.
155. (Granulations utérines.) Si la matrice devient squirrheuse, l’orifice est raboteux et les règles se suppriment; et, quand elles vont, ce semble un sable raboteux; si vous touchez avec le doigt, vous trouverez raboteux comme une callosité, l’orifice utérin qui végète toujours. Les choses étant ainsi, broyer cyclamen, sel et figue, mêler ensemble, pétrir et faire des pessaires; après fumigation, pratiquer des injections avec ce qui mondifie. La femme mangera de la mercuriale et des choux cuits, boira cette eau et l’eau de poireaux, et se lavera l’eau chaude.
156. (Induration du col de la matrice.) Si la matrice devient squirrheuse, les règles disparaissent, l’orifice se ferme, la femme ne conçoit pas; l’endroit est dur; si vous y touchez, il semble que ce soit une pierre; l’orifice est raboteux, à plusieurs racines, et privé de poli; il n’admet pas le doigt qui l’examine. La fièvre survient avec un grand refroidissement, le grincement des dents, la douleur de matrice, de bas-ventre, de flancs et de lombes. La femme éprouve ces accidents quand les règles, S’étant corrompues, se putréfient; parfois aussi, à la suite de l’accouchement, du froid, d’un mauvais régime et d’autres causes, il faut administrer un évacuant, laver avec beaucoup d’eau chaude, et fomenter avec de l’eau et de l’huile. Quand elle sort du bain ou de la fomentation, on introduit la sonde, on ouvre l’orifice, on l’élargit; on emploie de même le doigt; on applique en pessaires les émollients; on fait prendre les mêmes breuvages et on traite de même.
157. (Autre induration du col de la matrice.) Si la matrice se durcit, l’orifice en devient dur, il se ferme, les règles ne paraissent pas, ou bien elles sont moindres et de plus mauvaise nature; la fièvre et le frisson surviennent; douleur au bas-ventre, aux lombes et aux flancs. Les choses étant ainsi, laver avec beaucoup d’eau chaude, faire des applications chaudes, s’il y a douleur; et administrer à la matrice une fumigation faible et prolongée avec de l’eau de concombre sauvage; puis appliquer les pessaires émollients. On fait cela pendant trois jours; et, si la malade, se touchant, trouve souple l’orifice utérin, on y introduit une tente en lin écru, semblable à celle dont on se sert pour les empyèmes. On a trois de ces tentes; la première est mince; la seconde, un peu plus grosse; la plus grosse, de la grosseur du petit doigt et longue de cinq doigts. On les enduit de graisse d’oie, et on les applique après une fumigation aromatique. On met un pessaire émollient, enduit de nitre, niais extrêmement peu, afin que cela ne blesse pas; il ne faut pas, en effet, piquer; on le laisse deux jours. Une espèce de lambeau et de peau épaisse se détache. Après un intervalle de trois jours, on applique le cyclamen et le pessaire avec l’huile de narcisse. Si ces moyens ne mondifient pas, on examine attentivement le cas, et on applique quelque temps le pessaire au bupreste, on le met le jour; quand il mord fortement, on l’ôte, on lave les parties génitales à l’eau chaude, et l’on prend un bain de siège dans l’huile. Le lendemain, on se baigne, on fait fondre de la graisse de cerf, on la pétrit dans de la laine molle, et on l’applique. Si vous jugez qu’il est encore besoin de mondification, on met un intervalle de trois jours, et on applique le pessaire à l’huile de narcisse; le lendemain, le nétopon; puis, après un nouvel intervalle de trois jours, injections aromatiques et grasses dans la matrice; le lendemain, pouliot en pessaire pendant un jour; le surlendemain, fumigation aromatique. La femme use d’aliments âcres, et de poisson de mer ou de viandes. Pendant les règles, elle boit du castoréum; puis, ayant fait abstinence, n’ayant point pris de bain, ayant fait une fumigation et bu le cycéon, elle ira auprès de son mari.
158. (Autre induration.) Si l’orifice utérin n’admet pas le sperme, mais est dur et fermé, on applique le plomb, comme il a été dit, pendant trois jours, après un bain chaud; la femme use d’émollients, reste couchée sur le dos, prend des bains de siège chauds, et applique en pessaire de la laine trempée dans un parfum. La nuit, elle dispose le long des hanches des couvertures de laine ou des linges souples, afin que le corps ne perde pas sa position. Pessaires émollients myrrhe très grasse, poix, cire, graisse d’oie; pour la myrrhe, une demi-part, pour les autres le double; ce pessaire s’applique dans de la laine; on en a deux; l’un se met pendant le jour après un bain, l’autre pendant la nuit, jusqu’à ce qu’il s’amollisse; et, quand il est retiré, la femme se lave avec l’eau aromatique. Ou bien, décortiquer quinze grains de Cnide, ajouter, si cela paraît nécessaire, une idée du médicament indien (poivre), piler dans du lait de femme nourrissant un garçon, y mêler de la moelle de cerf et tous les autres ingrédients qui ont été indiqués, et incorporer un peu de miel; la laine doit être souple et propre; on le laisse appliqué pendant le jour. Si vous voulez le rendre plus actif, on y mêle un peu de myrrhe; ce qu’il y a de mieux, c’est un jaune d’œuf, la graisse de chèvre, le miel, l’huile de rose, pétrir, faire tiédir auprès du feu, recevoir sur de la laine ce qui dégoutte, et appliquer. Ou bien, graisse d’oie rouge (ayant du sang), préparée aux aromates, et huile de rose; mêler, en imprégner une laine et appliquer. Il vaut mieux faire fondre ensemble graisse d’oie, ou de mouton, cire blanche, résine, nétopon, huile de rose, mélanger, et, après un bain, appliquer tiède au dedans à l’orifice utérin. Ou bien, moelle de cerf, graisse d’oie, faire fondre dans de l’huile de rose ou d’iris, pétrir dans une laine très molle, et appliquer.
159. (Cancer.) Quand la matrice devient dure et fait saillie dans les parties génitales, quand les aines se durcissent et que de la chaleur est dans les parties génitales, tout a de la tendance à dégénérer eu cancer. Les choses étant ainsi, il faut piler l’intérieur d’un concombre sauvage et un rayon de miel, verser une cotyle d’eau, et injecter dans le fondement; cela purge.
160. (Autre induration.) Si l’orifice utérin devient dur par sécheresse et que le col soit déformé, vous le connaîtrez avec le doigt en touchant; et, si la matrice se roule en haut vers l’ischion, n’appliquer rien d’âcre; car, si elle s’ulcère après phlegmasie, il y a danger qu’elle devienne absolument stérile; on appliquera ce qui, tout en mordillant, n’est pas irritant.
161. (Induration.) Quand la matrice est dure et, pour cette raison, cause de la douleur, mettre de pessaires tels que la moelle de cerf, ou la graisse d’oie ou de porc, et de l’huile d’iris avec du miel, ou battre ensemble jaune d’œuf et cire blanche; cataplasme, farine d’orge ou de blé cuite avec de l’eau et de la rue.
162. (Orifice fermé et induration.) Si la matrice est fermée, l’orifice en devient dur et ne reçoit pas le sperme, qui ressort sur place, quand la femme a couché avec son mari et remue les jambes. Douleurs au basventre, aux lombes et aux aines; suppression complète des règles; ou, si elles viennent, elles sont en petite quantité, mauvaises et incolore. Les choses étant ainsi, laver avec beaucoup d’eau chaude; après le bain donner du castoréum avec la racine de pivoine, le tout mêlé dans du vin noir odorant; ses aliments seront ceux d’une femme en couche. Si les règles apparaissent, interrompre un jour, administrer une fumigation de tout le corps, et faire boire un médicament qui évacue par le haut, si la femme a l’habitude d’être évacuée par le haut, ou, si besoin paraît en être, par le bas, lait d’ânesse ou petit lait; faire de douces fomentations; appliquer à la matrice des émollients, du cyclamen et de l’huile de narcisse. Prendre le dedans de petites courges, ôter les graines, couper en morceaux, verser peu à peu du lait de femme nourrissant un garçon, triturer, mêler de la myrrhe pure, de l’excellent miel, du parfum blanc d’Egypte, faire une masse qui soit non pas humide mais assez sèche; appliquer cela dans une laine molle et propre, tremper dans du parfum blanc égyptien, et, après un bain, appliquer. La femme porte un bandage et se tient à l’ombre tant que dure la mondification. Quand elle vous paraît suffisante, vous cessez; sinon, vous en appliquez un autre. Après cela, faire un rouleau de laine molle, le tremper dans du nétopon, et l’appliquer pendant un jour; le lendemain, appliquer de l’huile de rose dans de la laine; puis, derechef, dans de la laine encore, la graisse de cerf fondue. La femme se lavera toujours à l’eau chaude avant l’application des pessaires, et prendra des fumigations aromatiques, douces, très prolongées; puis, après une interruption d’un jour, faire l’injection avec le grain de Cnide, si la femme est pituiteuse; l’injection avec la scammonée, si elle est bilieuse; pratiquer, dans l’un et l’autre cas, une contre-injection; le lendemain, injecter l’huile de narcisse et du vin doux; à défaut d’huile de narcisse, on prendra l’huile de lis ou celle d’iris, la meilleure possible; l’huile sera le tiers du vin. Puis, après une interruption de deux jours, de appliquera le pessaire au pouliot pendant un jour. Si les règles viennent, elle boira, à jeun, le castoréum pendant trois jours dans du vin blanc de bonne odeur. Quand elles ont cessé après avoir duré leur temps, la femme prend un bain, puis, s’étant lavée à l’eau froide, boit un cycéon sans sel, ne goûte à aucun aliment, et dort avec son mari deux jours ou trois. Pendant tout le temps qu’elle se mondifie, elle fait cuire de la mercuriale dans de l’eau, et, quand elle est cuite, l’écrase; elle écrase aussi de l’ail, du cumin, du sel, agite de l’huile dans ce mélange, et, versant un peu de l’eau où a cuit la mercuriale, fait bouillir; elle mange cette préparation avant le repas. Elle prend le plus qu’elle peut d’ail bouilli et grillé. Si la mercuriale n’est pas très tendre, il faut faire cuire du chou avec, assaisonner, rendre cela doux; et, si la femme devient grosse, elle guérit, à condition que tout ira selon l’ordre.
163. (Autre cas d’orifice fermé et d’induration.) Si l’orifice utérin se ferme, il devient résistant comme une figue sauvage; si vous touchez avec le doigt, vous le trouvez dur et contracté; il n’admet pas le doigt; les règles sont supprimées; le sperme n’est pas reçu durant tout ce temps. Douleur au bas-ventre, aux lombes et aux flancs; parfois la douleur se porte en haut et suffoque. Les choses étant ainsi, administrer un médicament qui évacue par le bas; laver avec beaucoup d’eau chaude; appliquer ce qui amollit l’orifice; l’ouvrir avec une sonde qu’on introduit, et avec le doigt semblablement; et pratiquer des affusions. Quand il est ramolli, appliquer ce qui fait venir le sang; donner des breuvages, en essayant quels sont ceux qui sont le mieux reçus; manger du chou et boire de l’eau où il a cuit.
164. (Matrice fermée.) Si la matrice est fermée et que les règles ne paraissent pas, coloquinte, cumin d’Ethiopie, nitre, sel de Thèbes, graisse des reins, farine d’orge, myrrhe, résine, faire bouillir le tout ensemble, bien mêler, faire un pessaire et appliquer.
165. (Caillois dans la matrice, signes.) Si la matrice renferme des caillots, l’orifice devient comme plein de grains d’ers; si vous y touche, vous le trouvez dans cet état; les règles ne viennent pas, et le sperme n’est pas retenu. Tant que cela dure, cyclamen dont on a ôté l’écorce, ail, sel, figue, un peu de miel, triturer, et mêler, faire un pessaire et appliquer à l’orifice utérin, ainsi que les autres pessaires, qui, à la fois, sont âcres et propres à provoquer le sang, et les breuvages qui purgent la matrice.
166. (Cas où l’orifice est béant.) Si la matrice est béante contre nature, les règles sont plus abondantes, visqueuses, et viennent souvent, le sperme n’est pas retenu; l’orifice est béant et incapable d’attirer le sperme. Chaleur et frisson; douleur au bas-ventre et aux lombes. La maladie survient à la suite d’un écoulement sanguin; elle survient aussi à la suite de l’éruption subite de règles qui avaient été suspendues. Le régime a été exposé précédemment. Il faut traiter avec les pessaires, au début purgatifs à la fois et émollients, ensuite doucement astringents; fomenter les parties sous-ombilicales avec des éponges trempées dans l’eau où a bouilli du myrte ou des ronces, ou des feuilles, soit d’olivier, soit de rosiers, suit d’œnanthé (phytolacca decandra, d’après Fraas), soit de vigne.
167. (Autre cas où l’orifice est béant.) Si l’orifice utérin est béant plus qu’il n’a coutume d’être dans les menstrues, les règles sont plus abondantes, plus mauvaises, plus aqueuses et plus prolongées; le sperme ne prend pas, n’est pas retenu et ressort. Si le mal persiste, vous trouverez l’orifice entr’ouvert. La matrice est dans l’adynarnie par l’effet des règles; elle est légère et sans ressort, elle s’abaisse, et ses liens (ligaments larges) se relâchent. Fièvre lente, frisson, douleur au bas-ventre, aux flancs et aux lombes. Elle éprouve ces accidents surtout quand quelque chose, se détruisant en elle, s’y corrompt et s’y coagule; quelques-unes aussi les éprouvent à la suite de l’accouchement, et d’autres encore autrement. Les choses étant ainsi, il faut administrer un évacuant, qui rendra la solution plus facile. S’il y a douleur, faire des applications chaudes; laver avec l’eau froide; après un intervalle, faire une injection; donner ceux des breuvages qui sont le mieux reçus; administrer les fumigations qui dessèchent; manger des poulpes et 1e la mercuriale. Si la matrice n’est pas fermée comme elle doit, prendre un bain de siège dans de l’eau où a bouilli soit du myrte, soit du lentisque, soit des feuilles de vigne, ou d’olivier, ou de rosier. Régime celui qui a été expose à l’article de l’écoulement rouge (§ 110). Ce qu’il y a de plus utile, c’est la soif, des vomissements fréquents, l’abstinence des bains. Quand la matrice est ouverte plus qu’il ne faut et ne demeure pas fermée, elle a besoin de mondification, d’injection et de fumigation (De la Nat. de la F., § 45).
168. (Etat lisse de la matrice, règles trop abondantes, et accidents qui en proviennent.) Si la matrice devient lisse, les règles sont plus abondantes, plus mauvaises, plus aqueuses, et fréquentes; le sperme n’est pas retenu, et ressort; en touchant avec, doigt, on trouve l’orifice lisse; la femme est dans l’adynamie par l’effet des règles, fièvre, frisson, douleur au bas-ventre, aux lombes et aux flancs. Cela arrive surtout quand quelque chose, se détruisant en elle, s’y corrompt; cela arrive aussi à la suite de l’accouchement et autrement. Les choses étant ainsi, on emploiera, là où il y a douleur, les moyens qui ont été écrits pour les cas précédents (Nat. de la F., § 46).
169. (Métrite.) Si la matrice s’enflamme (De la Nat. de la F., § 11), les règles se suppriment, et le col se ferme. Il y a une fièvre aiguë et causant le délire. Il survient un écoulement mauvais et peu abondant. Quand la femme est à jeun, elle est prise de vomissement; si elle mange quelque chose, elle le revomit. Douleur au bas-ventre, aux lombes; défaillance; refroidissement de tout le corps. Le ventre est tantôt dur, tantôt souple; il se gonfle et se soulève; et la femme paraît être enceinte; d’autres fois la plénitude du ventre semble vide. L’abdomen se remplit d’eau, le nombril devient saillant; l’orifice utérin est mince, et tout à coup les règles apparaissent avec tranchées, elles sont en petite quantité et de mauvaise nature. La femme maigrit des clavicules et du cou. Les pieds enflent, surtout les chevilles. Les choses étant ainsi, donner un médicament qui évacue par le bas; administrer des fumigations utérines avec les aromates; pendant le jour, mettre les plombs; laver, avant de les placer, avec une eau chaude qui n’ait rien d’irritant; et, après qu’ils sont retirés, faire une injection ainsi composée: cnestron (Daphne oleoides), deux potions, faire cuire dans une cotyle d’eau, décanter, mêler une cotyle de miel et d’huile de narcisse ou de lis, et injecter; mettre un intervalle de trois jours, puis faire l’injection au vinaigre. Avant le repas, la femme fera cuire de la mercuriale avec un peu de vin, la mangera comme du chou, et en boira la décoction. Si le mal persiste, administrer les médicaments qui évacuent l’eau de la matrice. User de pain, d’herbages bouillis fondants, de poissons de mer plutôt que de viandes, ou d’extrémités d’animaux bouillies et fondantes; se donner autant de fatigue que possible et avant le repas et après se laver très peu à l’eau froide; s’abstenir de toutes les choses douces et grasses dans les jours entre les mondifications, boire, à jeun, de l’adiante dans du vinaigre coupé. La maladie est dangereuse; peu de ces malades réchappent, à moins qu’elles ne deviennent grosses.
170. (Autre métrite.) Inflammation de la matrice: les règles se suppriment; la femme, quand elle est à jeun, vomit; et, quand elle a mangé, elle souffre au bas-ventre et aux lombes. Le ventre entier est tantôt plus dur, tantôt mou; mais il ne revient pas complètement à son état naturel. L’abdomen devient gros et ne se purge pas; la femme paraît enceinte, et prouve tout ce qu’éprouvent les femmes grosses. Si vous palpez le ventre, vous en sentez le gonflement léger comme d’une outre; et, quand le moment d’accoucher paraît venu, la matrice s’affaisse, et il vient des règles en petite quantité et de plus mauvaise nature. En ce cas, il faut administrer un médicament qui évacue par le bas; et appliquer, parmi les pessaires, ceux qui mondifient; en effet, mondifiée, elle guérit.
171. (Autre métrite.) Quand la matrice s’enflamme, elle a quelque contact. Si alors l’inflammation s’accroît et redouble, il ya fièvre aiguë et grande, frisson qui durcit, chaleur excessive aux parties génitales, sentiment de morsure et turgescence. Si on touche avec le doigt, le mal empire, les parties sont irritées. Douleur à la tête et au sinciput, brouillard, sueur au front, refroidissement et tremblement des extrémités, coma par intervalles; la malade ne prête pas l’oreille. La matrice est sans activité. Inappétence; ni l’œsophage, ni le ventre n’attirent la nourriture. Les malades crient, s’élancent, souffrent au bas-ventre, aux aines, aux lombes et à l’intérieur des parties génitales. Elles succombent rapidement. Si les douleurs sont pressantes, fomenter avec des éponges chaudes trempées dans l’eau ou dans l’huile et exprimées; appliquer des pessaires émollients, moelle de cerf, graisse d’oie, cire blanche et jaune d’œuf, ou du cérat poissé, résine; purger avec du lait d’ânesse ou de chèvre, ou du bouillon de poulet; se pas boire de vin; prendre eu potage de la décoction d’orge passée au tamis.
172. (Différentes recettes contre les douleurs utérines.) Infusion utérine pour la douleur de matrice: s’il y a seulement une douleur pressante et intense, une fuliginosité est dans la matrice, le vent ne sort pas, il y reste; cela est mauvais. On traitera ainsi: prendre graines d’arroche sauvage et bette, broyer ensemble, faire tiédir, et infuser dans la matrice. Moyen propre à calmer les douleurs utérines: prendre un conge et demi attique de vin très doux, le couper d’eau par moitié, racine et graine de fenouil un quart, huile de rose une demi-cotyle; jeter cela dans un vase neuf, puis verser le vin, et faire une fumigation. Appliquer aussi la scille jusqu’à ce que l’orifice soit souple et ridé.
173. (Phlyctènes à l’orifice utérin.) Quand, pendant la purgation menstruelle, des phlyctènes se développent à l’orifice utérin, on traitera ainsi: enduire de la chair de bœuf avec du beurre ou de la graisse d’oie et de l’anis triturés ensemble, et introduire ce morceau de chair dans les parties génitales.
174. (Phlegmasie utérine; symptômes singuliers.) Si un érysipèle se forme en la matrice, les pieds enflent, ainsi que les mamelles et le corps, la femme souffre, elle a de l’orthopnée; douleur aux flancs, à l’hypogastre, au sternum et à la tête; tremblement, engourdissement dans les bras et les aines; les jarrets tremblent; parfois aussi, il survient des lividités dans les jarrets, œ qui soulage pour un peu de temps, la surface de corps se gonfle, et surtout les mamelles par la sympathie. La malade ne souffre pas extrêmement. Il y a fièvre et frisson; le visage rougit; soif intense; et les parties génitales se sèchent. Si ces accidents surviennent chez une femme enceinte, elle succombe sans qu’elle puisse réchapper.
174 bis. (Autre rédaction du § précédent. De la Nat. de la F., § 12) Quand l’érysipèle se forme dans la matrice, il survient des gonflements très pituiteux, commençant aux pieds et s’étendant aux jambes entières et aux lombes. A mesure que le mal se prolonge, la poitrine s’en ressent; la femme enfle, se refroidit tout entière; elle a une grande fièvre; le frisson survient; respiration fréquente; défaillances, faiblesse, douleur de tout le corps. Elle est découragée, son esprit se dérange. Le mal va du bas-ventre aux lombes, au dos, aux hypochondres, au sternum, au cou, à la tête, à l’œsophage; et elle paraît mourir. Quand la douleur cesse, de l’engourdissement tient les lombes, les aines et les jambes; des lividités apparaissent aux jarrets, et, pour un peu de temps, elle semble mieux; puis les douleurs recommencent. La surface se remplit de phlyctènes; des rougeurs apparentes et délétères occupent le visage; la gorge est sèche; la langue raboteuse. Cette maladie, atteignant une femme grosse, la tue. Si la femme n’est pas enceinte, il faut ainsi traiter faire boire le lait d’ânesse en quantité purgative; si ce moyen n’amène pas la solution, rafraîchir le ventre par des applications émollientes et froides; user de pessaires qui ne soient pas siccatifs; mondifier peu à peu et légèrement, et faire vomir. Il est bon de prendre des feuilles de sureau bouillies avec de l’origan, ou du thym, ou de la rue. Si la fièvre s’en va, donner du vin et des aliments doux. Peu guérissent.
175. (Hydromètre.) Une hydropisie se forme dans la matrice. Les règles coulent avec des nausées, elles sont aqueuses et n’ont pas beaucoup de sang. La matrice enfle, ainsi que les veines et les parties les plus voisines. La femme ne devient pas enceinte. Elle a des suffocations. Les mamelles laissent couler. Le bas-ventre est dur. Toute la région abdominale se gonfle, elle est douloureuse au toucher. Fièvre, grincement de dents; douleur intense aux flancs, aux lombes. La femme a des pollutions, et elle s’en trouve plus mal. En ce cas, laver avec l’eau chaude, échauffer; administrer un évacuant; administrer des fumigations douces; appliquer en pessaire trois oboles de cyclamen lié dans un linge; faire de l’eau de cyprès, piler des cantharides, et appliquer en pessaire pendant peu de temps; l’action en est plus durable. Pessaire: cumin une chème (= 0,009 litre), raisin sec blanc. Autre: graine d’ortie, racine d’arum, appliquer celle de ces deux substances qu’on voudra, en quantité suffisante. Après la mondification, la femme ôtera les pessaires, fera des injections dans les parties génitales, et dormira avec son mari. Si elle porte à terme l’enfant, elle se mondifie complètement et guérit.
176. (Autre hydromètre.) Pour l’hydropisie de la matrice: Il s’écoule une humeur un peu sanguinolente et ichoreuse; ce flux irrite fortement et ulcère, comme la saumure ferait, les parties génitales, les parties environnantes, et tous les points sur lesquels il goutte. La coloration devient ictérique. Du reste, la quantité du flux est comme dans les autres écoulements. La maladie est plus lente, et, du reste, fort dangereuse si la matrice s’ulcère. En ce cas, traiter comme dans celui de l’écoulement blanc (§ 116), faire boire du lait d’Anesse, atténuer, employer les médicaments indiqués précédemment. Eclegme pour l’hydropisie si de l’eau s’écoule de la matrice, prendre en éclegme du soufre et de la graisse d’oie.
177. (Vent développé dans la matrice.) Si du vent est dans la matrice, le gaz sors avec bruit; la femme enfle tout entière; la fièvre, et la lassitude s’y ajoutent; la douleur la fait tressaillir; elle ne reçoit pas son mari, le coït lui cause beaucoup de douleur; elle ne peut se tenir droite; elle sent comme un poids dans la matrice; douleur de tête, jactitation, perte de la parole. Quand la douleur est actuelle, la malade crie, souffre partout, dans les lombes, au pubis, au siège; le cours de l’urine et des matières stercorales est arrêté; elle suffoque et désire mourir. L’hypochondre se distend; sentiment de morsure à l’œsophage; amertume de la bouche; elle vomit des matières acides et non mélangées, elle a de fréquentes éructations, et se sent mieux; s’il n’y a pas de ces évacuations, elle gonfle, et, si l’on touche, le gonflement est récitent et douloureux. Il faut faire des injections dans la matrice avec l’hydromel, l’oxymel et l’huile. Broyer du cumin ou de l’anis et des feuilles de lin avec de la fiente de volaille et des œufs, mettre dans de l’eau et injecter. La femme usera des pessaires que j’écrirai et des breuvages. Elle prendra un bain de siège dans de l’huile chaude où l’on jette des aromates, par exemple la fleur du jonc odorant, ou dans une décoction de laurier ou dans de l’eau de mer. Le mieux est de purger le ventre avec des lavements adoucissants; ou bien mettre un suppositoire comme on fait pour lâcher le ventre aux enfants (§ 92), c’est-à-dire de la laine non lavée et du miel; si la femme est d’un certain âge, un poireau trempé dans l’huile ou dans le miel; ou de la bile de taureau, ou du nitre avec du miel; ou une chénice (= 1,08 litre) de grenade acide avec du miel et de la farine d’orge.
178. (Remède contre les moles. Voy. § 71.) Si une mole se forme en raison de l’épaisseur du sperme retenu, piler la sariette dans du vinaigre et de l’eau, et donner à boire étendu d’eau, ou le fruit de la jusquiame pilé, et faire des injections avec la saumure, le suc de silphion et le vinaigre, et, s’il est nécessaire, avec l’eau; ce qu’il y a de plus actif, c’est d’injecter de l’hydromel avec de l’eau de lentilles ou d’ers, ou de fleur de violette. Si les matières que la purgation emmène sont comme adustes, faire bouillir du myrte et laver avec cette décoction; appliquer de la myrrhe et du nétopon dans de la laine.
179. (Vent développé dans la matrice, et semence qui y est retenue. Comp. Le § 177.) Si du vent est dans la matrice et muse de la mordication, il produit de la chaleur en se ponant çà et là; la malade enfle par l’effet de la chaleur, elle souffre, elle repousse son mari, le coït lui est très pénible; elle a de la distension, le bas-ventre est gonflé, et elle ne peut ni se redresser, ni être droite. Quand vous trouvez cet état, sachez que du vent et de la semence sont dans l’utérus et que la semence s’est fixée; c’est pour cela que la femme souffre. Prendre miel, cire et feuilles de lin, bien broyer avec de la graisse de volaille dans du vin de bonne odeur, faire tiédir et infuser dans la matrice. La femme boira des feuilles de lin; ou bien, broyant de la graine de lin, et, la roulant dans de la laine, elle l’appliquera à l’orifice utérin; sinon, elle emploiera un pessaire plus actif: lis, safran, feuilles de lin, graisse de volaille, broyer, mouiller avec du lait de femme, éponger avec de la charpie de linge fin, attacher, et appliquer à l’orifice utérin.
180. (Développement d’une graisse charnue.) S’il se développe une graisse charnue, mettre un pessaire qui fasse fondre, et atténuer avec mesure; en effet, les femmes atténuées outre mesure ont les chairs lâches et avortent.
181. (Cas où la matrice n’est pas assez chaude et ne retient pas le sperme.) Si la matrice ne reçoit pas le sperme, le laisse ressortir et n’a pas de chaleur en soi (Aph. v. 62), il faut fabriquer un instrument sur lequel elle s’assoira recevant la vapeur dans la matrice, et recouverte de vêtements qui l’enveloppent entièrement. La fumigation sera faite avec le cassia, le cinnamome, la myrrhe, de chaque partie égale, pétrir dans du vin cuit, et jeter dans le vase, peu se baigner, peu manger. On se sert encore de ce pessaire-ci: myrrhe molle, avec du miel; il sera allongé comme un gland. Il faut en renouveler souvent l’emploi, se dirigeant d’après les forces de la malade. Le pélécinus (coronilla securidaca) qui croit dans le blé, est utile broyé avec la myrrhe. Faire cuire du miel, le remuer avec des bâtonnets de sapin, et en appliquer en pessaire gros comme une fève égyptienne (nymphaea nelumbo). Bile de taureau, partie égale de sumac rouge et de conyza (la conyza est semblable à l’ache crépue, elle vient très près de la mer, en des lieux sablonneux, l’odeur en est difficile à supporter), appliquer en pessaire avec du miel et du vin. Ou le bolbion (muscari comoswn), on le voit dans les blés, surtout en Egypte, il est âcre, semblable au cumin d’Ethiopie; ce bolbion, ail, nitre, mêler et appliquer en pessaire, après un bain.
182. (Bile noire dans la matrice. Signes, traitement.) Quand une femme a de la douleur à la tête, au bregma et au cou, des vertiges devant les yeux, des terreurs, de la tristesse, des mines noires, l’écoulement utérin semblable, du dégoût, du découragement, sachez que de la bile noire est dans la matrice. On traitera ainsi: intérieur d’un concombre sauvage, vieux d’une année, bile de taureau, fleur de cuivre, piler avec le baccari (gnaphalium saaguineum), et faire un pessaire. Administrer un évacuant et un bain.
183. (Bile jaune dam la matrice. Signes, traitement.) Quand une femme éprouve, dans la matrice, morsure, douleur et irritation, rend de la bile jaune par l’urine, que la matrice est béante, et les yeux ictériques, sachez que de la bile est dans la matrice. Le mieux est alors de purger le corps entier, et, avec des pessaires cholagogues, l’utérus.
184. (Pituite dans la matrice. Signes, traitement.) La matrice se refroidit, une sensation gravative y est éprouvée, la coloration n’est pas nette, et l’utérus a perdu sa mobilité. Les choses étant ainsi, donner les phlegmagogues, atténuer et faire souvent vomir.
185. (Recette pour la mauvaise odeur de la bondie.) Quand une femme sent mauvais de la bouche, que les gencives sont noires et malades, brûler à part une tête de lièvre et trois rats (ou ôtera les intestins des deux rats, mais non le foie et les reins), piler, dans un mortier de pierre, du marbre ou de la pierre blanche, et tamiser, puis mêler partie égale de ces ingrédients, et en frotter les dents; il faut aussi en frotter l’intérieur de la bouche ensuite frotter avec une laine chargée de suint, et se laver la bouche avec de l’eau; on trempe dans de miel la laine en sont, et on en frotte les dents et les gencives en dedans et au dehors. Piler anis, graine d’aneth, deux oboles de myrrhe, mouiller avec une demi-cotyle de vin blanc pur, se laver les dents avec cette préparation, la garder longtemps dans la bouche; faire cela souvent, et se gargariser à jeun et après le repas; ce qu’il y a de mieux, c’est de peu manger, mais de prendre les choses les plus substantielles. Cette préparation nettoie les dents et leur communique une bonne odeur; on la nomme la préparation indienne.
186. (Inflammation de la mamelle, dite vulgairement poil.) Quand la mamelle est affectée du poil, prenez graine de stoebé (poterinum spinosum), ou fruit de ronces, faites cuire dans eau et huile, et appliquez en cataplasme sur les mamelles, mettez aussi des feuilles de bette; puis faites avec du linge et de points d’aiguille une sorte de coiffe assez grande pour contenir la mamelle, que vous y logerez. S’il se forme de la suppuration, il vaut mieux inciser, introduire des tentes de laine en suint, et mettre cette même laine par-dessus; puis, ôter cela, mêler de la lentille cuite avec de la farine d’orge, et appliquer en cataplasme.
187. (Ascarides à l’anus et aux parties génitales.) Quand, chez une femme, il naît des ascarides aux parties génitales ou à l’anus, prenez du fruit de vitex ou des feuilles, ajoutez une obole de bile de bœuf, pétrissez avec de l’huile de cédros, épongez dans de la très bonne laine grasse, introduisez tous les trois jours et laissez en place un jour et une nuit; le lendemain on l’ôte, on se baigne à l’eau chaude, cet mange de l’ail bouilli et cru; et les ascarides sortent et meurent. Il faut faire des injections avec la saumure.
188. (Différentes recettes de cosmétiques.) Cosmétique: piler avec de l’huile le foie de taureau, et en enduire le visage dans du vin pur; la bile de foie frais gâte le visage. On a aussi, pour donner de la beauté à la face, la décoction d’orge passée au tamis, le blanc d’œuf, la farine de lupin et d’ers, la figue en cataplasme, la racine et la graine de chou, l’halcyonium (halcyonium cotoneum, Linné); ces substances font aussi disparaître le lentigo. Si la poussière fait du mal au visage, l’enduire de cérat humide fait avec l’huile de rose, puis verser de l’eau froide. Moyen pour effacer les rides: piler de la molybdène dans un mortier de pierre, verser de l’eau vieille d’un mois, et former des rondelles; quand elles sont sèches, les dissoudre dans l’huile et en frotter le visage qui porte les rides.
189. (Recette pour les cheveux.) Si les cheveux tombent, triturer du ladanum (substance visqueuse fournie par le cistus creticus) avec de l’huile de rose ou de lis, et appliques-le en onction avec du vin; ou la terre cimoliée avec du vin, ou avec de l’huile de rose, ou avec de l’omphacion (huile d’olives non mûres), ou avec le suc d’acacia. S’il y a calvitie, appliquez en cataplasme le cumin, ou la fiente de pigeon, ou le raifort pilé, ou le poireau pilé, ou la bette, ou l’ortie.
190. (Recettes pour les éphélides ou taches lenticulaires.) Les taches dites éphélides sont enlevées par la farine d’ers, la décoction de bettes, le blanc d’œuf, la décoction d’orge, la racine sèche du concombre sauvage pilée avec de la lie de vin, et appliquée en onction, les feuilles de figuier en cataplasme, le sésame pilé en friction, les amandes amères, la graine d’ortie, la pelure d’ail attachée à la partie, le cresson alénois.
191. (Recette contre le lichen.) Toute espèce de lichen est enlevée par le vinaigre, la manne, la pierre ponce, le soufre avec du vinaigre, le cardame sauvage (erucaria aleppica, d’après Fraas), brûlé et réduit en cendre, la dépouille de la vipère, la racine de la patience sauvage; triturer avec du vinaigre vineux; il se produit des phlyctènes; alors employez la litharge.
192. (Je remarque, au début de la série de formules qui vont succéder jusqu’à la fin du livre, comme j’ai remarqué à la fin du livre précédent, § 74, que ces formules se rapportent aux descriptions de maladies qui figurent dans le IIe livre, et que c’est à cela que l’auteur se réfère quand il dit: On usera des remèdes que j’écrirai. —Formules de boissons pour les écoulements rouges.) Boisson bonne pour l’écoulement rouge: brûler de la corne de cerf, y mêler le double de farine crue d’orge, jeter ce mélange dans du vin de Pramne, faire boire, et le flux s’arrête. Autre breuvage agissant semblablement: piler de la racine d’adiante, griller des pois chiches, en faire une purée, et donner dans du miel comme un breuvage. Ou bien, prendre un oxybaphe de farine de blé de printemps, un demi de gomme blanche, un tiers de manne, un peu de jonc odorant, ou de pin, ou de cyprès, mouiller avec de l’eau, et donner à boire deux fois par jour. Ou bien, brûler de la corne de cerf et piler avec de la farine crue d’orge et cinq baies de cédros; on y mêle du vin noir astringent. Ou bien griller une grenade douce et en boire le suc avec du vin noir. Ou bien trois ou quatre baies de cyprès, des baies de myrte noir, ensemble ou séparément; on prend en considération les forces de la malade; on donne à boire dans du vin. Ou bien, castoréum une obole, myrrhe une obole, piler dans du vin noir astringent, et faire boire. Boisson pour les écoulements et toute maladie provenant de l’utérus: graine de pivoine, racines de sumac, cumin d’Éthiopie, nielle, donner dans du vin blanc. Ou bien, raclure de férule un oxybaphe, eau de poireau, donner dans du vin blanc coupé, cela arrête aussi l’épistaxis. Ou bien, faire cuire une grenade dans du vin noir, en ôter l’écorce, et broyer l’intérieur, et donner à boire dans du vin noir avec de la fine farine d’orge. Ou bien, graine de lin ou d’érysimon grillée, feuilles vertes d’olivier, racine noire (racine de genista acanthoelada), pavot bien venu, piler le tout ensemble, et donner à boire dans du vin coupé d’eau. Ou bien, présure d’âne, racine de grenadier doux, noix de galle, de chaque partie égale, jus de grenade douce, boire dans du vin. Ou bien, graine de patience, raclure du dehors de la noix de galle, piler ensemble, et boire dans du vin; on prend ensuite un cycéon. Si du sang s’écoule en abondance de la matrice, feuilles de vitex avec du vin noir. Les choses astringentes avec le vin noir arrêtent les écoulements. Pour le flux et la douleur; racine de cochrys, boire dans du vin noir; si le flux est abondant, fruit de térébenthinier pilé, il faut le mouiller avec du vin et de l’eau, et boire. Si le flux survient, étouffer des écrevisses de rivière dans du vin, et donner à boire de ce vin avec de l’eau. Si le flux continue, faites griller du premalon (vitex ou tamarin), pilez, et donnez dans du vin, ou donnez de l’eau de poireau. Si le flux descend avec beaucoup d’abondance, brûler du crottin de mulet, triturer et donner avec du vin. Si le flux se prolonge beaucoup, une éponge brillée est utile; on la triture bleu et on la donne avec du vin odorant.
193. (Formules de cataplasmes pour les écoulements rouges.) Cataplasme pour les écoulements: ail, pourpier, ache, sciure de lotus et de cédros, triturer ensemble et mêler, arroser d’hydromel, et faire un cataplasme. Ou bien, feuilles de ronce, de rhamnus et d’olivier, triturer ensemble et mêler, arroser d’hydromel, et mettre ou cataplasme avec de la farine d’orge. Ou bien, mettez en cataplasme des feuilles de sureau ou de myrte. Ou bien, sciure de lotus, feuilles de mûrier, sumac et raisin sec. Fomentations pour les écoulements: farine grillée d’ivraie, faire cuire dans de l’oxymel pur, en enduire un linge, et fomenter. Ou bien, lentilles grillées, pilées, en faire une farine grossière, faire cuire dans l’eau, et appliquer semblablement en cataplasme; ou de l’ers de la même façon. Il est bon encore de mettre en cataplasme la sauge, ou la paille d’orge bouilli