LES TRACHINIENNES
ΤΡΑΧΙΝΙΑΙ
(1 - 662) (663 - 1278)
Texte grec repris sur le site
Μικρός Απόπλους
Αρχαία Ελληνικά Κείμενα
Traduction française par R. PIGNARRE : GF.
LES TRACHINIENNES (01)
PERSONNAGES
DÉJANIRE, LA NOURRICE, HYLLOS, CHOEUR DE FEMMES TRACHINIENNES, UN MESSAGER, LICHAS, HÉRACLÈS, UN VIEILLARD.
Une place, à Trachis, devant le palais du roi Céyx.

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ΔΗΙΑΝΕΙΡΑ Γυναῖκες, ὡς δέδοικα μὴ περαιτέρω |
QUATRIÈME ÉPISODE DÉJANIRE (rentre). — Ah! mes filles, qu'ai-je fait? J'ai bien peur d'être allée trop loin... |
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ΧΟΡΟΣ Τί δ´ ἔστι, Δῃάνειρα, τέκνον Οἰνέως; 665 |
LE CORYPHÉE. — Qu'y a-t-il, Déjanire, fille d'Œnée? |
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ΔΗΙΑΝΕΙΡΑ Οὐκ οἶδ´· ἀθυμῶ δ´ εἰ φανήσομαι τάχα |
DÉJANIRE. — Je ne sais, mais le cœur me manque. Si j'allais me découvrir criminelle, après les beaux espoirs dont je me berçais! |
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ΧΟΡΟΣ Οὐ δή τι τῶν σῶν Ἡρακλεῖ δωρημάτων; |
LE CORYPHÉE. — S'agit-il du présent que tu as envoyé à Héraclès? |
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| ΔΗΙΑΝΕΙΡΑ Μάλιστά γ´· ὥστε μήποτ´ ἂν προθυμίαν ἄδηλον ἔργου τῳ παραινέσαι λαβεῖν. 670 |
DÉJANIRE. — Oui, et je ne conseillerais à personne de se lancer ainsi dans une aventure aussi aléatoire. |
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| ΧΟΡΟΣ Δίδαξον, εἰ διδακτόν, ἐξ ὅτου φοβῇ. |
LE CORYPHÉE. - Si je puis la connaître, apprends-moi la cause de tes craintes. |
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| ΔΗΙΑΝΕΙΡΑ Τοιοῦτον ἐκβέβηκεν οἷον, ἢν φράσω, γυναῖκες, ὑμῖν, θαῦμ´ ἀνέλπιστον μαθεῖν. Ὧι γὰρ τὸν ἐνδυτῆρα πέπλον ἀρτίως ἔχριον ἀργῆτ´, οἰὸς εὐείρῳ πόκῳ, 675 τοῦτ´ ἠφάνισται διάβορον πρὸς οὐδενὸς. τῶν ἔνδον, ἀλλ´ ἐδεστὸν ἐξ αὑτοῦ φθίνει, καὶ ψῇ κατ´ ἄκρας σπιλάδος· ὡς δ´ εἰδῇς ἅπαν ᾗ τοῦτ´ ἐπράχθη, μείζον´ ἐκτενῶ λόγον. Ἐγὼ γὰρ ὧν ὁ θήρ με Κένταυρος πονῶν 680 πλευρὰν πικρᾷ γλωχῖνι προὐδιδάξατο, παρῆκα θεσμῶν οὐδέν, ἀλλ´ ἐσῳζόμην, χαλκῆς ὅπως δύσνιπτον ἐκ δέλτου γραφήν. Καί μοι τάδ´ ἦν πρόρρητα καὶ τοιαῦτ´ ἔδρων· τὸ φάρμακον τοῦτ´ ἄπυρον ἀκτῖνός τ´ ἀεὶ 685 θερμῆς ἄθικτον ἐν μυχοῖς σῴζειν ἐμέ, ἕως νιν ἀρτίχριστον ἁρμόσαιμί που. Κἄδρων τοιαῦτα· νῦν δ´, ὅτ´ ἦν ἐργαστέον, ἔχρισα μὲν κατ´ οἶκον ἐν δόμοις κρυφῇ μαλλῷ, σπάσασα κτησίου βοτοῦ λάχνην, 690 κἄθηκα συμπτύξας´ ἀλαμπὲς ἡλίου κοίλῳ ζυγάστρῳ δῶρον, ὥσπερ εἴδετε. Εἴσω δ´ ἀποστείχουσα δέρκομαι φάτιν ἄφραστον, ἀξύμβλητον ἀνθρώπῳ μαθεῖν. Τὸ γὰρ κάταγμα τυγχάνω ῥίψασά πως 695 τῆς οἰὸς ᾧ προὔχριον ἐς μέσην φλόγα, ἀκτῖν´ ἐς ἡλιῶτιν· ὡς δ´ ἐθάλπετο, ῥεῖ πᾶν ἄδηλον καὶ κατέψηκται χθονί, μορφῇ μάλιστ´ εἰκαστὸν ὥστε πρίονος ἐκβρώματ´ ἂν βλέψειας ἐν τομῇ ξύλου. 700 Τοιόνδε κεῖται προπετές· ἐκ δὲ γῆς ὅθεν προὔκειτ´ ἀναζέουσι θρομβώδεις ἀφροί, γλαυκῆς ὀπώρας ὥστε πίονος ποτοῦ χυθέντος εἰς γῆν Βακχίας ἀπ´ ἀμπέλου. Ὥστ´ οὐκ ἔχω τάλαινα ποῖ γνώμης πέσω, 705 ὁρῶ δ´ ἔμ´ ἔργον δεινὸν ἐξειργασμένην. Πόθεν γὰρ ἄν ποτ´, ἀντὶ τοῦ θνῄσκων ὁ θὴρ ἐμοὶ παρέσχ´ εὔνοιαν, ἧς ἔθνῃσχ´ ὕπερ; οὐκ ἔστιν· ἀλλὰ τὸν βαλόντ´ ἀποφθίσαι χρῄζων ἔθελγέ μ´· ὧν ἐγὼ μεθύστερον, 710 ὅτ´ οὐκέτ´ ἀρκεῖ, τὴν μάθησιν ἄρνυμαι. Μόνη γὰρ αὐτόν, εἴ τι μὴ ψευσθήσομαι γνώμης, ἐγὼ δύστηνος ἐξαποφθερῶ· τὸν γὰρ βαλόντ´ ἄτρακτον οἶδα καὶ θεόν, Χείρωνα πημήναντα, χὦνπερ ἂν θίγῃ 715 φθείρει τὰ πάντα κνώδαλ´· ἐκ δὲ τοῦδ´ ὅδε σφαγῶν διελθὼν ἰὸς αἵματος μέλας πῶς οὐκ ὀλεῖ καὶ τόνδε; δόξῃ γοῦν ἐμῇ. Καίτοι δέδοκται, κεῖνος εἰ σφαλήσεται, 720 ταὐτῇ σὺν ὁρμῇ κἀμὲ συνθανεῖν ἅμα· ζῆν γὰρ κακῶς κλύουσαν οὐκ ἀνασχετόν, ἥτις προτιμᾷ μὴ κακὴ πεφυκέναι. |
DÉJANIRE. — Ce qui vient d'arriver, mes amies, va vous paraître incroyable. Le flocon de laine de brebis dont je m'étais servi pour oindre la blanche tunique, personne à la maison n'y a touché. Or il s'est recroquevillé, il s'est comme absorbé en lui-même, consumé, pulvérisé sur le dallage. Pour que tu comprennes comment la chose s'est produite, je vais te la décrire en détail. Je n'ai omis aucune des recommandations que m'avait faites le bestial Centaure, tandis que le torturait la pointe amère enfoncée dans son flanc; ma mémoire les conservait gravées comme sur une tablette d'airain. Or il m'avait prescrit, et c'est en somme ce que j'ai fait, de tenir le baume à l'abri du feu ou de tout rayon qui pût l'échauffer, ne l'exposant à la lumière du jour qu'à l'instant d'en faire l'application. Oui, c'est bien là ce que j'ai fait : ce moment venu, en grand secret, dans mon appartement, j'ai teint le tissu en me servant d'une touffe de laine; puis, toujours à l'abri du soleil, j'ai placé mon présent soigneusement plié dans le coffret de bois que vous avez vu. Or, tout à l'heure, en rentrant, j'ai constaté quelque chose d'étonnant, d'inexplicable. J'avais jeté sans y prendre garde le flocon de laine qui avait servi à l'onction, et il était tombé en plein soleil. Sous l'action de la chaleur, voilà qu'il se décomposait, se résorbait, se réduisait en poussière; on aurait dit de la sciure de bois. Et, à l'endroit où il avait touché le sol, se formait une écume grumeleuse, ainsi que s'écoule le moût épais exprimé d'une grappe mûre. Hélas! je ne sais plus que faire. J'ai commis une affreuse imprudence, c'est évident : en effet, quelles raisons la brute mourante aurait-elle eues de me vouloir du bien, périssant à cause de moi? Cela ne se pouvait. Ses paroles mielleuses n'étaient qu'un piège préparé pour son meurtrier. Je le comprends trop tard, quand le mal est fait. Moi seule, si mes craintes sont fondées, moi seule, malheureuse! j'aurai causé la mort d'Héraclès. La flèche qu'il a lancée sur Nessos, je sais qu'elle avait blessé Chiron (35), un être d'essence divine; de tous les animaux qu'elle atteint, aucun n'en réchappe. Comment le venin de cette flèche, mêlé au sang noir du monstre blessé, n'aura-t-il pas le même effet mortel sur mon mari? C'est inévitable, à mon sens. Aussi bien je suis résolue, s'il lui arrive malheur, à le suivre aussitôt dans la mort. Vivre en butte au mépris du monde, cela n'est pas supportable pour une femme quand elle met son honneur au-dessus de tout. |
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ΧΟΡΟΣ Ταρβεῖν μὲν ἔργα δείν´ ἀναγκαίως ἔχει, |
LE CORYPHÉE. — Certes, on tremblerait à moins, mais il ne faut pas d'avance condamner tout espoir. |
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ΔΗΙΑΝΕΙΡΑ Οὐκ ἔστιν ἐν τοῖς μὴ καλοῖς βουλεύμασιν
725 |
DÉJANIRE. — Quand on a mal agi, on perd jusqu'à l'espoir qui donne du courage. |
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ΧΟΡΟΣ Ἀλλ´ ἀμφὶ τοῖς σφαλεῖσι μὴ ´ξ ἑκουσίας |
LE CORYPHÉE. — Devant les fautes involontaires, la rigueur des lois s'adoucit. Ton erreur est pardonnable. |
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ΔΗΙΑΝΕΙΡΑ Τοιαῦτα δ´ ἂν λέξειεν οὐχ ὁ τοῦ κακοῦ |
DÉJANIRE. — Celui qui parle ainsi, c'est qu'il ne porte le poids d'aucune faute. |
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ΧΟΡΟΣ Σιγᾶν ἂν ἁρμόζοι σε τὸν πλείω λόγον, |
LE CORYPHÉE.
— N'en dis pas davantage si tu ne veux rien révéler à ton fils.
Il était parti à la recherche de son père et le voici de retour. |
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ΥΛΛΟΣ Ὦ μῆτερ, ὡς ἂν ἐκ τριῶν ς´ ἓν εἱλόμην, |
HYLLOS. — Ma mère, je ne sais ce que j'aimerais le mieux, ou te voir morte, ou qu'un autre t'appelât sa mère, ou que tu fusses revenue à des sentiments moins pernicieux. |
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ΔΗΙΑΝΕΙΡΑ Τί δ´ ἐστίν, ὦ παῖ, πρός γ´ ἐμοῦ στυγούμενον; |
DÉJANIRE. — Mon enfant, qu'as-tu contre moi? |
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ΥΛΛΟΣ Τὸν ἄνδρα τὸν σὸν ἴσθι, τὸν δ´ ἐμὸν λέγω |
HYLLOS. — Sache que ton mari — mon père, entends-tu bien ? — tu viens de lui porter un coup mortel. |
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ΔΗΙΑΝΕΙΡΑ Οἴμοι, τίν´ ἐξήνεγκας, ὦ τέκνον, λόγον; |
DÉJANIRE. — Malheur à moi! Qu'oses-tu prétendre, mon enfant ? |
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ΥΛΛΟΣ Ὃν οὐχ οἷόν τε μὴ τελεσθῆναι· τὸ γὰρ |
HYLLOS. — Ce que je voudrais qui ne fût pas. Mais quand cela éclate aux regards, hélas! comment en récuser la réalité? |
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ΔΗΙΑΝΕΙΡΑ Πῶς εἶπας, ὦ παῖ; τοῦ πάρ´ ἀνθρώπων μαθὼν |
DÉJANIRE. — Qu'as-tu dit, mon enfant? Qui a pu te faire croire que j'aie commis un tel forfait? |
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ΥΛΛΟΣ Αὐτὸς βαρεῖαν ξυμφορὰν ἐν ὄμμασιν |
HYLLOS. — Je n'en ai cru que mes yeux qui ont vu le supplice de mon père. |
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ΔΗΙΑΝΕΙΡΑ Ποῦ δ´ ἐμπελάζεις τἀνδρὶ καὶ παρίστασαι; |
DÉJANIRE. — Ainsi, tu étais auprès de lui? Où l'as-tu rejoint? |
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ΥΛΛΟΣ Εἰ χρὴ μαθεῖν σε, πάντα δὴ φωνεῖν χρεών.
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HYLLOS.
— Puisqu'il faut que tu l'apprennes, autant reprendre tout depuis
le commencement. |
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ΧΟΡΟΣ Τί σῖγ´ ἀφέρπεις; οὐ κάτοισθ´ ὁθούνεκα |
LE CORYPHÉE (à Déjanire, qui rentre dans le palais). — Quoi! tu te retires sans un mot? Songe que ton silence donne des armes à ton accusateur. |
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ΥΛΛΟΣ Ἐᾶτ´ ἀφέρπειν· οὖρος ὀφθαλμῶν ἐμῶν
815 |
HYLLOS. — Laisse-la se retirer. Loin de mes regards, puisqu'elle s'en va, qu'une heureuse inspiration la conduise. Ce nom auguste de mère, il n'est pas légitime de s'en prévaloir quand on n'a pas un coeur de mère. Oui, qu'elle s'en aille, adieu! Pour de la joie, je lui en souhaite autant qu'elle en donne à mon père. (Il sort.) |
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ΧΟΡΟΣ Ἴδ´ οἷον, ὦ παῖδες, προσέμειξεν ἄφαρ |
CHANT DU CHOEUR
Voyez, enfants, combien soudaine |
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ΗΜΙΧΟΡΙΟΝ Αʹ Πότερον ἐγὼ μάταιος, ἢ κλύω τινὸς |
CINQUIÈME ÉPISODE PREMIER PARASTATE. — Suis-je le jouet d'une hallucination? Il me semble avoir entendu, à l'instant même, un gémissement sortir de la maison. Mais je n'ose l'affirmer. |
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ΗΜΙΧΟΡΙΟΝ Βʹ Ἠχεῖ τις οὐκ ἄσημον, ἀλλὰ δυστυχῆ |
DEUXIÈME PARASTATE. — N'en doutons pas, on a crié à l'intérieur. C'est une plainte douloureuse : il vient d'arriver quelque chose au palais. |
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ΧΟΡΟΣ Ξύνες δὲ |
LE CORYPHÉE. — Regarde : la vieille nourrice se dirige vers nous. Comme elle a l'air sombre et fronce les sourcils ! Elle a quelque chose à nous annoncer. |
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ΤΡΟΦΟΣ Ὦ παῖδες, ὡς ἄρ´ ἡμὶν οὐ σμικρῶν κακῶν |
LA NOURRICE. — Las! mes enfants, il vient de nous attirer de grands malheurs, ce présent offert à Héraclès. |
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ΧΟΡΟΣ Τί δ´, ὦ γεραιά, καινοποιηθὲν λέγεις; |
LE CORYPHÉE. — Vieille femme, veux-tu parler d'un nouveau malheur ? |
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ΤΡΟΦΟΣ Βέβηκε Δῃάνειρα τὴν πανυστάτην |
LA NOURRICE. — Déjanire est partie, sans bouger le pied, pour son dernier voyage. |
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ΧΟΡΟΣ Οὐ δή ποθ´ ὡς θανοῦσα; |
LE CORYPHÉE. — Eh quoi, morte ? |
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ΤΡΟΦΟΣ Πάντ´ ἀκήκοας. |
LA NOURRICE. Ce mot dit tout. |
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ΧΟΡΟΣ Τέθνηκεν ἡ τάλαινα; |
LE CORYPHÉE. — Elle n'est plus, l'infortunée ? |
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ΤΡΟΦΟΣ Δεύτερον κλύεις. |
LA NOURRICE. — C'est comme je te l'ai dit. |
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ΧΟΡΟΣ Τάλαιν´ ὀλεθρία, τίνι τρόπῳ θανεῖν σφε φῄς; |
LE CORYPHÉE. O malheureux jouet d'un sort
funeste ! |
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ΤΡΟΦΟΣ Σχετλιώτατα πρός γε πρᾶξιν. |
LA NOURRICE. De la plus affreuse manière. |
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ΧΟΡΟΣ Εἰπὲ τῷ μόρῳ, γύναι, ξυντρέχει. 880 |
LE CORYPHÉE Mais encore, femme ? Dis-nous
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ΤΡΟΦΟΣ Αὑτὴν διηίστωσεν. |
LA NOURRICE. Elle s'est frappée elle-même. |
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ΧΟΡΟΣ Τίς θυμός, ἢ τίνες νόσοι |
LE CORYPHÉE. Quel transport de désespoir,
quelle fureur, |
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ΤΡΟΦΟΣ Στονόεντος |
LA NOURRICE. Par le tranchant d'un fer cruel. |
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ΧΟΡΟΣ Ἐπεῖδες, ὦ ματαία, τάνδ´ ὕβριν; |
LE CHŒUR. Quoi! folle, tu l'as vue, en proie au désespoir... |
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ΤΡΟΦΟΣ Ἐπεῖδον, ὡς δὴ πλησία παραστάτις. |
LA NOURRICE. Si je l'ai vue, hélas! j'étais près d'elle!
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ΧΟΡΟΣ Τίς ἦν; πῶς; φέρ´ εἰπέ. 890 |
LE CHŒUR. Qui a frappé? Comment ? Parle, à la fin. |
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ΤΡΟΦΟΣ Αὐτὴ πρὸς αὑτῆς χειροποιεῖται τάδε. |
LA NOURRICE. De sa propre main est parti le coup. |
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ΧΟΡΟΣ Τί φωνεῖς; |
LE CHŒUR. — Que dis-tu ? |
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ΤΡΟΦΟΣ Σαφηνῆ. |
LA NOURRICE La vérité même. |
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ΧΟΡΟΣ Ἔτεκεν ἔτεκεν μεγάλαν |
LE CHŒUR. Elle a donc franchi le seuil,
la nouvelle favorite, |
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ΤΡΟΦΟΣ Ἄγαν γε· μᾶλλον δ´, εἰ παροῦσα πλησία |
LA NOURRICE. — Que trop! Et tu n'étais pas auprès de la reine, tu ne l'as pas vue à l'oeuvre : tu l'aurais plainte encore davantage. |
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ΧΟΡΟΣ Καὶ ταῦτ´ ἔτλη τις χεὶρ γυναικεία κτίσαι; |
LE CORYPHÉE. — Un tel acte, une main féminine l'a osé! |
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ΤΡΟΦΟΣ Δεινῶς γε· πεύσῃ δ´, ὥστε μαρτυρεῖν ἐμοί. |
LA NOURRICE. — Et d'atroce façon. Écoute plutôt. Elle venait de rentrer au palais, seule, quand elle aperçut dans la cour son fils qui étendait un matelas sur un brancard pour aller au-devant de son père. Alors, cherchant l'ombre et le secret, elle tomba au pied des autels. Elle se plaignait à voix sourde que tout l'abandonnât, et sanglotait, la malheureuse, quand sa main rencontrait un objet familier, dont tout à l'heure encore elle se servait. Errant de chambre en chambre, si elle apercevait quelque serviteur qu'elle aimait bien, l'infortunée à nouveau fondait en larmes en déplorant sa propre destinée et le destin de sa maison qui ne verrait plus naître d'enfants légitimes. Puis elle se tut. Mais soudain je la vois qui se précipite dans la chambre d'Héraclès. Moi, dissimulée dans l'ombre, je suivais tous ses mouvements : elle commence par étendre des couvertures sur le lit d'Héraclès; cela fait, elle se jette sur cette couche et s'y laisse tomber en pleurant à chaudes larmes : « O lit, disait-elle, ô chambre de mes noces, adieu, adieu pour toujours. C'est la dernière fois que vous m'accueillez. » Ayant dit, elle défit d'une main ferme l'agrafe de sa robe, au-dessus du sein, et découvrit entièrement son flanc et son bras gauches. Alors, de toute la force de mes vieilles jambes, je courus avertir son fils. Hélas ! à peine le temps d'aller et de revenir, nous la trouvons le flanc percé d'une lame à deux tranchants, à la hauteur du foie. A cette vue, le jeune homme poussa un cri. Il comprenait, le pauvre enfant, que cette mort était son oeuvre, l'oeuvre de la colère — instruit trop tard par les gens du palais que sa mère ne voulait pas le mal, mais que les conseils de la Bête l'avaient trompée. Il est toujours là qui gémit, le malheureux garçon, et il sanglote sur le corps de la morte, couvrant ses lèvres de baisers, se couchant contre elle flanc à flanc. Et il se lamente, et il se reproche une accusation si folle et si cruelle, et il s'afflige, privé de ses père et mère par un double coup du sort, en se voyant seul dans la vie. Voilà où nous en sommes, dans cette maison. En vérité, celui-là qui compte sur l'avenir, ou seulement sur le lendemain, c'est une cervelle creuse : il n'y a point de lendemain qui tienne, tant qu'on n'a pas doublé sans encombre le cap de la journée. |
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| ΧΟΡΟΣ Πότερα πρότερον ἐπιστένω; πότερα τέλεα περαιτέρω, δύσκριτ´ ἔμοιγε δυστάνῳ; Τάδε μὲν ἔχομεν ὁρᾶν δόμοις, 950 τάδε δὲ μένομεν ἐπ´ ἐλπίσιν· κοινὰ δ´ ἔχειν τε καὶ μέλλειν. Εἴθ´ ἀνεμόεσσά τις γένοιτ´ ἔπουρος ἑστιῶτις αὔρα, ἥτις μ´ ἀποικίσειεν ἐκ τόπων, ὅπως 955 τὸν Δῖον ἄλκιμον γόνον μὴ ταρβαλέα θάνοι– μι μοῦνον εἰσιδοῦς´ ἄφαρ· ἐπεὶ ἐν δυσαπαλλάκτοις ὀδύναις χωρεῖν πρὸ δόμων λέγουσιν 960 ἄσπετόν τι θαῦμα. Ἀγχοῦ δ´ ἄρα κοὐ μακρὰν προὔκλαιον, ὀξύφωνος ὡς ἀηδών. Ξένων γὰρ ἐξόμιλος ἥδε τις στάσις· πᾷ δ´ αὖ φορεῖ νιν, ὡς φίλου 965 προκηδομένα, βαρεῖ– αν ἄψοφον φέρει βάσιν. Αἰαῖ, ὅδ´ ἀναύδατος φέρεται. Τί χρὴ θανόντα νιν ἢ καθ´ ὕπνον ὄντα κρῖναι; 970 |
CHANT DU CHOEUR De ce double malheur, lequel
pleurer d'abord ? |
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ΥΛΛΟΣ Οἴμοι ἐγὼ σοῦ, |
DERNIER ÉPISODE HYLLOS. — Malheur à moi ! mon père, que je souffre pour toi ! Hélas ! que faire ? Que résoudre ? Malheur à moi ! |
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ΠΡΕΣΒΥΣ Σίγα, τέκνον, μὴ κινήσῃς |
UN VIEILLARD. — Silence, enfant. Ne réveille pas la sauvage douleur de ton père, ni ses fureurs. Il vit, mais il est très bas. Mords-toi les lèvres, et tais-toi. |
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ΥΛΛΟΣ Πῶς φῄς, γέρον; ἦ ζῇ; |
HYLLOS. — Que dis-tu, vieillard ? Il vit ? |
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ΠΡΕΣΒΥΣ Οὐ μὴ ´ξεγερεῖς τὸν ὕπνῳ κάτοχον, |
LE VIEILLARD. — Il est assoupi. Tu veux donc l'éveiller, pour faire poindre encore et surgir, mon enfant, cet affreux mal qui revient par accès ? |
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ΥΛΛΟΣ Ἀλλ´ ἐπί μοι μελέῳ |
HYLLOS. — Quelle détresse est la mienne ! j'éprouve comme une pesanteur infinie. Ma tête s'égare. |
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ΗΡΑΚΛΗΣ Ὦ Ζεῦ, |
HÈRACLÈS. — O Zeus, où suis-je ? Quels mortels me reçoivent, gisant, abattu par mes souffrances interminables ? Oh! ce supplice... Horreur! Il reprend, ce mal hideux, il me ronge. |
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ΠΡΕΣΒΥΣ Ἆρ´ ἐξῄδησθ´ ὅσον ἦν κέρδος |
LE VIEILLARD. — Ne voyais-tu pas qu'il eût mieux valu dévorer tes plaintes plutôt que de chasser le sommeil de son front et de ses paupières ? |
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ΥΛΛΟΣ Οὐ γὰρ ἔχω πῶς ἂν |
HYLLOS. — Je ne peux m'accoutumer au spectacle de ses douleurs. |
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ΗΡΑΚΛΗΣ Ὦ Κηναία κρηπὶς βωμῶν, |
HÉRACLÈS. — O terrasses de Cénaeon,
où je t'ai dressé des autels! Voilà comment tu m'as su gré de mes
actions de grâces, ô Zeus! Voilà comment, voilà comment tu m'as
traité! jamais je n'aurais dû voir pareille chose, assister à
l'éclosion en moi de ces fureurs incoercibles! Mais quel magicien, par
ses incantations, quel guérisseur, de ses mains habiles, apaisera, si
ce n'est Zeus, cette mortelle douleur ? Ce serait miracle si je la
voyais s'éloigner. |
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ΠΡΕΣΒΥΣ Ὦ παῖ τοῦδ´ ἀνδρός, τοὔργον τόδε μεῖζον ἀνήκει |
LE VIEILLARD. O fils de ce héros, l'effort
passe mes forces; |
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ΥΛΛΟΣ Ψαύω μὲν ἔγωγε, |
HYLLOS. Je le soutiens. Mais pour
apaiser ses douleurs, |
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ΗΡΑΚΛΗΣ 〈Ἒ ἔ,〉 |
HÉRACLÈS. Mon fils, où es-tu donc ?
Soulève-moi |
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ΧΟΡΟΣ
Κλύους´ ἔφριξα τάσδε συμφοράς, φίλαι, |
LE CORYPHÉE. — Je frissonne, mes amies, quand j'écoute gémir notre seigneur : ses malheurs sont à sa mesure. |
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ΗΡΑΚΛΗΣ Ὦ πολλὰ δὴ καὶ θερμὰ καὶ λόγῳ κακὰ | |||