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ALLER à LA TABLE DES MATIERES D'Eschyle Αἰσχύλου - Eschyle Εὐμενίδες - les Euménides (ed. Herbert Weir Smyth, 1926) http://www.mikrosapoplous.gr/texts1.htm (avec majuscules ajoutées)
texte grec seul - traduction française seule
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Πυθιάς
Πρῶτον μὲν εὐχῇ τῇδε πρεσβεύω
θεῶν
Ἦ δεινὰ λέξαι, δεινὰ δ᾽
ὀφθαλμοῖς δρακεῖν, |
LA PYTHIE. Je t'invoque, avant tous les dieux, Gaia, la première divinatrice, et, après elle, Thémis, qui tint de sa mère le don prophétique, comme on le rapporte. La troisième qui occupa ce sanctuaire, par la volonté de Thémis, et de son plein gré, fut une autre Titanis, fille de Gaia, Phoibè. Celle-ci en fit don à Phébus, quand il naquit, et il fut ainsi nommé du nom de Phoibè. Ayant abandonné le marais et les rochers Déliens, il poussa jusqu'aux rivages de Pallas, fréquentés des marins, et il arriva dans cette terre du Parnèsos. Pleins d'une grande vénération pour le dieu, les fils de Hèphaistos l'accompagnèrent, lui frayant la route et aplanissant la contrée sauvage. Dès qu'il fut arrivé ici, le peuple, et Delphos qui régnait sur cette terre, le reçurent avec de grands honneurs. Zeus lui donna la science divine et le plaça, lui quatrième, sur le trône prophétique. Loxias est l'interprète de son père Zeus. Avant tout j'invoque ces dieux. Pallas aussi, qui est debout devant les portes, est invoquée par mes prières. Et je salue les nymphes, dans la roche Corycienne, creuse, fréquentée des oiseaux et que hantent les dieux. Bromios habite ce lieu, et je ne l'oublie pas, où, livrant Penthée à la horde des Bacchantes il le fit tuer comme un lièvre. Et j'invoque aussi les sources du Pleistos, et la puissance de Poseidon, et le très grand et très haut Zeus, et je m'assieds pour prophétiser sur le trône fatidique. Maintenant, que les dieux accordent à mes prières plus qu'ils ne m'ont encore accordé ! S'il est ici des hellènes, qu'ils s'avancent, selon l'usage, dans l'ordre marqué par le sort, car je ne prophétise que d'après la volonté du dieu.
Elles sont terribles à dire et
terribles à voir, les choses qui viennent de me chasser de la
demeure de Loxias ! Les forces me manquent, je ne puis ni marcher,
ni me tenir debout ! Je me traîne sur les mains, n'ayant plus de
jambes. Une vieille femme épouvantée n'est plus rien, moins qu'un
enfant. J'entre dans le sanctuaire orné de couronnes, et je vois un
homme sacrilège assis sur le nombril du monde, un suppliant, les
mains tachées de sang, tenant une épée hors de la gaine et portant
un rameau d'olivier poussé sur les montagnes et enveloppé de
bandelettes de laine blanche. Je m'explique tout clairement. Devant
cet homme dort une effrayante troupe de femmes assises sur des
trônes. Je ne dirai pas qu'elles sont des femmes mais plutôt des
gorgones. Je ne les comparerai même pas à des gorgones. J'ai vu, une
fois, celles-ci, peintes, enlevant le repas de Phinée. Quant à ces
femmes, elles sont sans ailes, noires et horribles. Elles ronflent
avec un souffle farouche, et leurs yeux versent d'affreuses larmes,
et leur vêtement est tel qu'on n'en devrait point porter de
semblable devant les images des dieux, ou sous le toit des hommes.
Jamais je n'ai vu une telle race ! Jamais aucune terre n'a pu se
vanter de nourrir de tels enfants, sans avoir encouru de lamentables
calamités. Mais c'est au maître de ce sanctuaire, au tout-puissant
Loxias, de s'inquiéter de ce qui en arrivera. Il est divinateur et
guérisseur, interprète des augures et purificateur des demeures des
autres. |
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Ἀπόλλων
Οὔτοι προδώσω· διὰ τέλους δέ
σοι φύλαξ |
APOLLON.
Je ne te trahirai pas. Je veillerai
toujours debout près de toi, et, de loin, je tiendrai tête à tes
ennemis. Maintenant tu vois ces furieuses saisies par le sommeil.
Elles sont domptées par le sommeil, les abominables vieilles filles,
les antiques vierges dont ne voudrait ni aucun dieu ni aucun homme,
ni aucune bête ! Elles ne sont nées que pour le mal. Elles habitent
les mauvaises ténèbres et le Tartare souterrain en horreur aux
hommes et aux dieux Olympiens. Mais fuis sans tarder davantage et
sans perdre courage, car elles vont te poursuivre à travers le large
continent, partout ou tu iras dans tes courses vagabondes, par delà
la mer et les îles. Ne succombe pas à tant d'épreuves. Parviens à la
ville de Pallas et embrasse l'image antique de la déesse. Là, nous
trouverons les juges que nos paroles persuaderont, et tu seras
délivré de tes misères ; car c'est moi qui t'ai poussé à tuer ta
mère. |
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Ὀρέστης
Ἄναξ Ἄπολλον, οἶσθα μὲν τὸ μὴ
᾽δικεῖν· 85 |
ORESTE. |
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Ἀπόλλων
Μέμνησο, μὴ φόβος σε νικάτω
φρένας. |
APOLLON. Souviens-toi, et ne laisse pas la crainte dompter ton cœur. Et toi, frère, né du même sang, Hermès, veille sur lui. Sois le bien-nommé, sois son conducteur et protège mon suppliant. Zeus même respecte ce droit sacré que les lois garantissent aux suppliants. |
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Κλυταιμήστρας Εἴδωλον
Εὕδοιτ᾽ ἄν, ὠή, καὶ καθευδουσῶν
τί δεῖ;
Χορός Κλυταιμήστρας Εἴδωλον
Μύζοιτ᾽ ἄν, ἁνὴρ δ᾽ οἴχεται
φεύγων πρόσω·
Χορός Κλυταιμήστρας Εἴδωλον
Ἄγαν ὑπνώσσεις κοὐ κατοικτίζεις
πάθος·
Χορός Κλυταιμήστρας Εἴδωλον
ᾬζεις, ὑπνώσσεις· οὐκ ἀναστήσῃ
τάχος;
Χορός Κλυταιμήστρας Εἴδωλον
Ὕπνος πόνος τε κύριοι συνωμόται
Χορός Κλυταιμήστρας Εἴδωλον
Ὄναρ διώκεις θῆρα, κλαγγαίνεις
δ᾽ ἅπερ |
LE SPECTRE DE CLYTEMNESTRE. Vous dormez ! holà ! à quoi bon dormir ? Oubliée par vous, seule entre tous les morts, moi qui ai tué je vais errant au milieu des ombres, détestée et couverte d'opprobre. Je vous le dis, je suis tourmentée à cause de mon crime et, moi, qui ai subi tant de maux affreux de la part de ceux qui m'étaient très chers, je n'ai aucun dieu qui s'irrite et me défende, bien que des mains impies et parricides m'aient égorgée ! Vois ces plaies ! vois-les en esprit. L'esprit, quand on dort, a des yeux perçants. A la lumière du jour, les choses sont moins visibles aux hommes. Mais vous vous êtes repues des nombreux sacrifices offerts ; vous avez bu les libations sans vin, de miel et d'eau, et mangé les repas sacrés préparés pendant la nuit, au feu du foyer, à l'heure que vous ne partagiez avec aucun des autres dieux, Et toutes ces choses, je vous vois les fouler aux pieds ! Et lui, il s'est échappé, fuyant comme un faon ; et, se jouant de vous, il a bondi aisément hors le filet. Entendez ce que vous dit mon âme. Réveillez-vous, déesses souterraines ! C'est moi, c'est le spectre de Clytemnestre qui vous appelle. (Le Chœur des Euménides ronfle.) Vous ronflez, et l'homme s'échappe et fuit au loin ! Seule, je ne suis point écoutée des dieux que je supplie ! (Le Chœur des Euménides ronfle.)
Vous dormez trop et n'avez nulle pitié
de mes maux. Oreste, le meurtrier de sa mère, s'est échappé ! Oh ! oh ! oh ! LE SPECTRE DE CLYTEMNESTRE. Tu cries ? Dors-tu ? Que ne te lèves-tu promptement ? ta destinée n'est-elle pas de faire souffrir ? LE CHŒUR DES EUMÉNIDES. Oh ! oh ! oh ! LE SPECTRE DE CLYTEMNESTRE. Le sommeil et la fatigue ont dompté la fureur de ces horribles bêtes ! LE CHŒUR DES EUMÉNIDES. Oh ! oh ! Là ! là ! Arrête ! arrête ! Prends garde ! LE SPECTRE DE CLYTEMNESTRE. Tu poursuis la bête en songe, et tu hurles comme un chien qui se croit encore sur la piste. A quoi bon ? Debout ! Que la fatigue ne te dompte point ; vois le mal qu'a causé ton sommeil ! Que mes justes reproches vous pénètrent de douleur, car les reproches sont des aiguillons pour les sages. Soufflez sur lui votre haleine sanglante, consumez-le du souffle enflammé de vos entrailles ! Courez ! Épuisez-le en le poursuivant encore ! |
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Χορός
Ἔγειρ᾽, ἔγειρε καὶ σὺ τήνδ᾽,
ἐγὼ δὲ σέ. 140 |
LE CHŒUR DES EUMÉNIDES. Éveille, éveille celle-ci ! – Éveille-toi ! – Tu dors ? – Debout ! – Éveillons-nous, et, le sommeil secoué, voyons si nous viendrons à bout de ceci.
Hélas ! hélas ! ô dieux ! Voici un grand malheur, mes amies !
Certes, nous avons inutilement beaucoup travaillé. Hélas ! ceci est
un grand malheur, un malheur insupportable ! La bête s'est échappée
des rets ! Domptées par le sommeil, nous avons perdu notre proie !
J'ai entendu un reproche dans mes songes. Il a pénétré dans mon
flanc, dans le cœur, dans le foie ! Je ressens le coup du
flagellateur, du terrible bourreau. C'est une profonde horreur ! Divinateur ! tu as souillé ton propre sanctuaire de la présence de ce suppliant que tu as excité et appelé toi-même, protégeant ainsi les hommes contre la loi des dieux et outrageant les Moires antiques ! Le dieu m'a outragée, mais il ne sauvera point cet homme, même quand il s'enfoncerait sous terre, et il ne serait point délivré ! Là encore, ce suppliant souillé par le meurtre trouverait un autre vengeur qui s'appesantirait sur sa tête ! |
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Ἀπόλλων
Ἔξω, κελεύω, τῶνδε δωμάτων
τάχος |
APOLLON. |
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Χορός
Ἄναξ Ἄπολλον, ἀντάκουσον ἐν
μέρει. Ἀπόλλων Πῶς δή; Τοσοῦτο μῆκος ἔκτεινον λόγου. Χορός Ἔχρησας ὥστε τὸν ξένον μητροκτονεῖν. Ἀπόλλων Ἔχρησα ποινὰς τοῦ πατρὸς πρᾶξαι. τί μήν ; Χορός Κἄπειθ᾽ ὑπέστης αἵματος δέκτωρ νέου. Ἀπόλλων Καὶ προστραπέσθαι τούσδ᾽ ἐπέστελλον δόμους. 205 Χορός Καὶ τὰς προπομποὺς δῆτα τάσδε λοιδορεῖς; Ἀπόλλων Οὐ γὰρ δόμοισι τοῖσδε πρόσφορον μολεῖν. Χορός Ἀλλ᾽ ἔστιν ἡμῖν τοῦτο προστεταγμένον. Ἀπόλλων Τίς ἥδε τιμή; Κόμπασον γέρας καλόν. Χορός Τοὺς μητραλοίας ἐκ δόμων ἐλαύνομεν. 210 Ἀπόλλων Τί γὰρ γυναικὸς ἥτις ἄνδρα νοσφίσῃ; Χορός Οὐκ ἂν γένοιθ᾽ ὅμαιμος αὐθέντης φόνος. |
LE CHŒUR DES EUMÉNIDES. Roi Apollon ! écoute-moi à ton tour. Tu n'es pas seulement le complice de ces crimes accomplis, mais c'est toi seul qui as tout fait, et tu es le plus grand coupable ! APOLLON. Et comment ? Dis clairement toute ta pensée. LE CHŒUR DES EUMÉNIDES. Tu as ordonné à ton hôte, par ton oracle, de tuer sa mère ! APOLLON. J'ai décidé qu'il vengerait son père. Pourquoi non ? LE CHŒUR DES EUMÉNIDES. Et que tu le défendrais après le sang versé. APOLLON. Et j'ai voulu qu'il se réfugiât, en suppliant, dans ce temple. LE CHŒUR DES EUMÉNIDES. Et tu nous outrages, nous qui l'y poursuivons ! APOLLON. Il ne vous convient pas d'approcher de cette demeure. LE CHŒUR DES EUMÉNIDES. Mais c'est notre tâche. APOLLON. Quelle tâche ? Voyons ! quelle est donc cette tâche illustre ? LE CHŒUR DES EUMÉNIDES. Nous chassons des demeures ceux qui tuent leurs mères. APOLLON. Quoi donc ! Le meurtrier d'une femme qui a égorgé son mari ? LE CHŒUR DES EUMÉNIDES. Le sang qu'elle a versé de sa main n'était pas celui de sa propre race. |
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Ἀπόλλων
Ἦ κάρτ᾽ ἄτιμα καὶ παρ᾽ οὐδὲν
εἰργάσω Χορός Τὸν ἄνδρ᾽ ἐκεῖνον οὔ τι μὴ λίπω ποτέ. 225 Ἀπόλλων Σὺ δ᾽ οὖν δίωκε καὶ πόνον πλείω τίθου. Χορός Τιμὰς σὺ μὴ σύντεμνε τὰς ἐμὰς λόγῳ. Ἀπόλλων Οὐδ᾽ ἂν δεχοίμην ὥστ᾽ ἔχειν τιμὰς σέθεν. Χορός
Μέγας γὰρ ἔμπας πὰρ Διὸς
θρόνοις λέγῃ. Ἀπόλλων
Ἐγὼ δ᾽ ἀρήξω τὸν ἱκέτην τε
ῥύσομαι· |
APOLLON. Certes, tu dédaignes et réduis à rien ces promesses des époux consacrées par la nuptiale Hèra et par Zeus ! Cypris, qui donne aux hommes leurs plus grandes joies, est ainsi dépouillée de ses honneurs. Le lit que partagent le mari et la femme, gardé par la justice, est plus sacré qu'un serment. Si tu es clémente quand les époux s'égorgent l'un l'autre, si tu ne leur demandes aucune expiation, et si tu ne les regardes point avec colère, je dis que tu poursuis Oreste sans droit. En effet, pour le premier crime tu es pleine d'indulgence, et, pour celui-ci, je te vois enflammée de colère ! Mais la divine Pallas jugera l'une et l'autre cause. LE CHŒUR DES EUMÉNIDES. Jamais je ne lâcherai cet homme ! APOLLON. Poursuis-le donc et accrois tes fatigues. LE CHŒUR DES EUMÉNIDES. Cesse d'outrager mes honneurs par tes paroles. APOLLON. Je n'en voudrais pas, si tu me les offrais. LE CHŒUR DES EUMÉNIDES. Certes, les tiens sont plus grands et tu t'assieds près du trône de Zeus. Pour moi, car le sang versé d'une mère demande vengeance, je poursuivrai cet homme comme ferait une chasseresse ! APOLLON. Et moi, je défendrai et protégerai mon suppliant, car elle serait terrible pour moi, parmi les hommes et les dieux, la colère du suppliant que j'aurais volontairement livré ! |
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Ὀρέστης
Ἄνασσ᾽ Ἀθάνα, Λοξίου κελεύμασιν
235 |
ORESTE. Reine Athéna, je viens à toi, envoyé par Loxias. Reçois avec bienveillance un malheureux qui n'est plus souillé, dont le crime est expié, qui est entré déjà dans de nombreuses demeures et qui s'est purifié en d'autres temples. J'ai traversé les terres et les mers, obéissant aux ordres que Loxias m'a donnés par son oracle, et je viens vers ta demeure et ton image, ô déesse, et j'y resterai, attendant que tu me juges. |
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Χορός
Εἶεν· τόδ᾽ ἐστὶ τἀνδρὸς ἐκφανὲς
τέκμαρ. |
LE CHŒUR DES EUMÉNIDES. Bien ! ceci est une trace manifeste de l'homme ! suis l'indice de ce guide muet. Comme le chien sur la piste du faon blessé, nous suivons celui-ci aux gouttes de son sang. Que de fatigues pour cet homme ! ma poitrine en est haletante. En effet, j'ai passé par tous les lieux de la terre, j'ai volé sans ailes à travers la mer, en le poursuivant, et non moins rapide que sa nef. Et, maintenant, il est là, blotti quelque part. L'odeur du sang humain me sourit ! Regardons ! regardons encore ! Regardons partout, de peur qu'il prenne la fuite, impuni, le meurtrier de sa mère ! Il a trouvé de nouveau un refuge ; il entoure de ses bras l'image de la déesse ambroisienne, voulant être jugé à cause de son crime. Mais cela ne se peut pas. Ô dieux ! le sang d'une mère, une fois versé, est ineffaçable. Il coule et il est absorbé par le sol. Il te faut expier ton crime, il faut que je boive à ton corps vivant la rouge et horrible liqueur ; et, après t'avoir ainsi épuisé, je t'entraînerai sous terre, afin que tu sois châtié du meurtre de ta mère. Et tu verras alors ceux qui ont outragé ou les hommes, ou les dieux, ou leur hôte, ou qui ont méprisé leurs chers parents, frappés chacun d'un juste châtiment. Car Aidès est le grand juge des mortels, et il se souvient de tout, et il voit tout sous la terre. |
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Ὀρέστης
Ἐγὼ διδαχθεὶς ἐν κακοῖς
ἐπίσταμαι |
ORESTE. Certes, je suis instruit par mes maux, et je sais de nombreuses purifications, et quand il faut parler et quand il faut se taire. J'ai appris d'un savant maître ce que je dois dire ici. Le sang s'est assoupi et s'est effacé de ma main et la souillure du meurtre de ma mère a disparu. Elle était récente encore quand, à l'autel du divin Phébus, elle a été enlevée par les purifications, les porcs expiatoires une fois égorgés. Mon récit serait long si je disais tous les hommes vers qui je suis allé depuis et à qui ma présence n'a fait aucun mal. Le temps détruit tout en vieillissant. Et, maintenant, je supplie avec une bouche pure Athéna, reine de cette terre, afin qu'elle me vienne en aide. Elle se rendra ainsi, sans combat, et moi-même et la terre et le peuple des Argiens, fidèles et dévoués. Soit qu'aux pays Libyens, vers les bords du Triton, son fleuve natal, visible ou invisible elle vienne en aide à ceux qu'elle aime, soit qu'aux plaines de Phlégra, elle passe en revue son armée, comme un chef courageux, qu'elle vienne ! Car un dieu entend de loin ! et qu'elle m'affranchisse de mes maux ! |
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Χορός
Οὔτοι σ᾽ Ἀπόλλων οὐδ᾽ Ἀθηναίας
σθένος | |