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MÉNANDRE

 

Anthologie

 

Liste des pièces - Les Papyrus de Ménandre

Les Portraits de Ménandre

 

 

 

SOMMAIRE

 

 

 

Le Grincheux

 

Résumé de la pièce

- Un ami dévoué

- Un homme impossible

- Sentence

- Autocritique

 

La Samienne

 

Résumé de la pièce

- Trop bavarde !

- Crise et arrangement

- Un père à son fils

- Deux sentences

 

Fragments de pièces identifiées

 

- L'Accusateur

- Les Adelphes

- L'Andrienne

- L'Androgyne ou les Crétois

- Les Arbitres

- Les Arrhéphores

- La Bandelette

- La Béotienne

- Le Bouclier

- Le Carthaginois

- La Caution

- Celui qui est puni

- La Cnidienne

- La Colère

- Le Collier

- Les Convives

- Le Dépôt

- Les deux Fils du même père

- La double Tromperie

- L'Enfant supposé

- L'Enrôlement des troupes

- L'Eunuque

- Le Faux Héraclès

- Les Fêtes d'Héphaïstos

- La Femme battue

- La Femme incendiée

- Hydrie

- Les Imbriens

- Le Héros

- La Joueuse de flûte

- Le Législateur

- La Leucadienne

- Les Lutteurs

- Le Misanthrope

- Le Mysogyne

- L'Olynthienne

- Le Patron de navire

- Le Paysan

- Les Pêcheurs

- La Périnthienne

- Le Poignard

- Le Prêtre de Cybèle

- La Prêtresse

- Les Soldats

- Thaïs

- La Thessalienne

- Thrasiléon

- Le Trésor

- Trophonios

 

Fragments de comédies anonymes

I. Citations de Stobée

II. Citations d'autres auteurs

III. « Monosticha »

 

Liste des pièces de Ménandre

 

Les papyrus de Ménandre

 

Les portraits de Ménandre

 

 

 

LE GRINCHEUX

 

 

 

    Un jeune et riche citadin, Sostrate, est amoureux de la fille d'un paysan pauvre, Cnémon. Celui-ci est un intraitable misanthrope, l'égal de l'Alceste de Molière : il déteste ni plus ni moins l'humanité entière, en particulier les riches nantis de la cité. Sostrate tente plusieurs fois d'obtenir par la ruse la main de la jeune fille, avec l'aide de son esclave, Pyrrhias, et de son ami, le parasite Chéréas, en vain. La situation paraît bloquée lorsque soudain Cnémon, à la suite d'une maladresse, fait tomber son seau dans un puits. Refusant toute aide, il veut récupérer l'objet seul, mais lui-même tombe à son tour dans le puits. Sostrate le sauve d'une mort certaine et Cnémon, qui reconnaît ses torts passés, fait du jeune homme son héritier. Désormais le mariage devient possible. Tout se termine dans la liesse générale, au point que l'on voit Cnémon, pendant la cérémonie du mariage, se dérider sous la pression des invités.

 

 

 

L'ami dévoué

 

Chéréas

Mais que me chantes-tu là ? Tu as vu une fille

De bonne famille en train d'orner les nymphes

De notre voisinage, et voici que d'un coup

Tu t'es amourachée...

 

Sostrate

                                Oui, c'est cela : d'un coup !

 

Chéréas

Quelle célérité ! Avais-tu, en sortant,

Décidé de tomber amoureux sur-le-champ ?

 

Sostrate

Moque-toi, Chéréas ! Ma souffrance est réelle.

 

Chéréas

Je n'en doute pas.

 

Sostrate

                                C'est la raison pour laquelle

Je suis à cet endroit pour avoir ton soutien.

En tant qu'ami, toi seul pourras mener à bien

Ce que j'ai entrepris.

 

Chéréas

                                Voila comment je fais

Dans un semblable cas. Un ami a besoin

De mes soins diligents pour un motif galant ?

Aussitôt je ravis la donzelle et la mène

À bon port ! Je suis tout consumé, tout en délire,

Rien ne peut m'arrêter quoi qu'on vienne me dire.

Je ne la connais pas ? Ah ! que cela ne tienne,

Je la veux sans délai ! De fait, la lenteur

Accroît la passion ; qu'on s'active, et dans l'heure,

C'est fini ! Qu'on m'évoque une fille à marier,

Je me sens transformé, je vais me renseigner

Sur ses parents, ses biens et son tempérament.

 

 

UN HOMME IMPOSSIBLE

 

Pyrrhias

Ah ! laissez-moi passer ! Allons ! écartez-vous :

Apprenez que je suis poursuivi par un fou !

 

Sostrate

Mais que se passe-t-il, mon pauvre et jeune ami ?

 

Pyrrhias

On veut me lapider ! Oui, on cherche à m'occire !

 

Sostrate

Que dis-tu ? Où vas-tu ? Je crois que tu délires !

 

Pyrrhias

Est-ce fini ! Est-il parti ?

 

Sostrate

                    Oui, en effet !

 

Pyrrhias

Je croyais bien qu'il était encore après moi.

 

Sostrate

Mais dis-moi la raison d'un pareil désarroi.

 

Pyrrhias

Partons, je t'en supplie !

 

Sostrate

                                Où ?

 

Pyrrhias

    Le plus loin d'ici !

C'est un satyre, un fou, un malade ce type !

À force de courir longtemps sur le sentier,

J'aurais pu esquinter mes pauvres doigts de pied.

 

Sostrate (à Chéréas)

Il a dû se montrer fort peu accommodant

En arrivant ici.

 

Chéréas

Oui.

 

Pyrrhias

Non, assurément !

De cet individu, il faut qu'on se méfie.

J'ai du mal à parler, je suis trop essoufflé !

J'ai donc frappé à la porte de son logis

Et puis j'ai dit ceci : « Je voudrais voir le maître. »

Une vieillarde, alors, pas très bien dans sa tête

Me l'a montré d'ici en pleine effervescence,

Car il se fatiguait à ramasser des poires,

À moins que ce ne fût du bois pour sa potence.

Je suis allé au champ et me suis approché.

Je me suis cependant quelque peu distancié

(Je suis bien élevé) ; puis je l'ai salué.

Alors je lui ai dit : « Je suis venu, grand-père,

Pour régler une affaire. » Alors il prit la mouche :

« Mais ça ne va pas bien ! Tu foules mon terrain ! »

Aussitôt il saisit une motte de terre

Et la jette sur moi !

 

Sostrate

Qu'il moisisse aux Enfers !

 

Pyrrhias

À peine ai-je fermé les yeux et je lui dis :

« Que les dieux... » Mais il prend une branche aussitôt

Et me tape dessus tout en hurlant ces mots :

« Qu'est-ce que tu me veux-tu avec tous tes récits ?

Le chemin communal, qu'en fais-tu, mon joli ? »

 

Chéréas

Ce paysan est fou !

 

Pyrrhias

Je me suis vite enfui !

Pendant un long moment l'homme m'a poursuivi

Aux alentours avant de descendre en un bois :

C'est là qu'il m'a lancé des cailloux, de la terre

Et des poires aussi ! Ce vieillard est dément !

De grâce, enfuyez-vous !

 

Sostrate

Tu n'es pas téméraire !

 

Pyrrhias

N'avez-vous pas compris ? C'est une brute austère.

Je vous dis que tout crus il vient pour nous manger !

 

Chéréas

Il se peut qu'aujourd'hui nous l'ayons dérangé.

Il est plus prudent de reporter la visite.

Oui, attendons plus tard pour notre réussite.

 

Pyrrhias

Je crois qu'il n'y a rien, non rien, de plus hargneux

Qu'un paysan très vieux, rustaud et laborieux.

J'irai demain très tôt lui rendre une visite.

Je m'en irai tout seul ; je sais où il habite.

En attendant, rentre chez toi; tout ira bien !

 

Sostrate

Il a trouvé le bon tuyau pour me laisser.

C'est vrai que pour m'aider il n'était pas pressé.

Il n'a donc pas voulu m'accompagner. Et toi, (à Pyrrhias)

Pauvre idiot, que les dieux te fassent expier.

 

 

Sentence

 

Tous les hommes, je crois, qu'il soient veinards ou pas,

Connaissent tôt ou tard un retour de bâton.

Pour le veinard, sa vie est douce et sans tracas,

Et le reste dès lors qu'il supporte sa chance

Sans tomber dans le mal. Mais lorsqu'il en est là,

Victime de l'appât du gain, l'homme s'avance

Sur le chemin du pire ! Et pour les pauvres gens,

S'ils ne font rien de mal dans la gêne où ils sont,

S'ils daignent consentir à leur condition,

Il arrive un beau jour où, devenus confiants,

Ils croient pouvoir gagner un lot plus séduisant.

Pourquoi je parle ainsi ? Certes, tu es nanti ;

Cependant méfie-toi ! Ne nous accable pas,

Nous les petites gens, d'un injuste mépris.

Sache devant autrui montrer que tu mérites

De garder dignement ce bonheur accompli.

 

 

AUTOCRITIQUE

 

Gorgias, Myrrhiné, je viens vous faire part

De ma décision : elle est irrévocable,

Il vous faut l'accepter. J'avais l'illusion

De vivre en autarcie. Or j'ai vu que la mort

Peut être un grand souci. J'ai saisi mon erreur.

À ses côtés on a toujours besoin d'un cœur

Qui vous prête main forte. Oui, j'ai vu à quel point

Les hommes sont garants de leurs petits besoins,

Sans se préoccuper de ceux de leurs prochains.

Je ne puis l'accepter ! Ce Gorgias s'est montré

À mon égard comme un homme fort honorable.

À celui qui pourtant lui refusait sa porte,

Qui ne lui adressait jamais de mots aimables,

À quelqu'un de la sorte, il a sauvé la vie.

Or un autre aurait dit : « Puisqu'il est interdit

De franchir ta clôture, eh bien, je reste ici !

N'attends aucun secours, toi qui te fous de nous ! »

Désormais, mon garçon, si je meurs en ce jour,

- Peut-être ? – à moins que je puisse en réchapper,

Tu deviendras mon fils car je vais t'adopter.

Tout ce que j'ai sera en ta possession.

Ma fille, elle est à toi : donne-lui un mari !

Car moi, je t'avoue, si par hasard je guéris,

Jamais je ne saurais lui dénicher le bon.

Tous, j'en suis convaincu, oui, tous me déplairont !

Ah ! ma fille, aide-moi ; il faut que je m'étende.

Un homme plein d'honneur se doit de parler peu.

Mais mon garçon, il faut encor que tu m'entendes.

Oui, un mot sur ma façon de me comporter... (lacunes)

...Si les hommes étaient un peu plus généreux,

Prisons et tribunaux n'auraient droit de cité,

Nulle guerre ici-bas ne pourrait éclater,

Et d'un modeste bien on saurait profiter...

 

 

 

 

LA SAMIENNE

 

 

 Pompéi, masques de jeune homme et de jeune fille

 

   Déméas et Nicératos, deux amis, sont en voyage. C'est à ce moment que la maîtresse du premier, courtisane originaire de Samos, met au monde son fils qui, comme c'est l'usage, est aussitôt abandonné. Au même moment, la fille de Nicératos accouche d'un garçon, né de ses amours avec le fils de Déméas, Moschion. Celui-ci désire alors épouser la femme qu'il aime.

Les deux pères revenus, ils annoncent qu'ils vont marier leurs enfants respectifs. Tout se passe donc à merveille si ce n'est que Moschion se tait sur l'enfant qui est né pendant leur absence. Les deux tourtereaux décident d'un commun accord de ne rien avouer à leurs pères avant que le mariage ne soit célébré. Sur l'enfant qui se présente, ils font croire qu'il est celui de la Samienne et de Déméas. Après maints quiproquos qui vont mettre la puce à l'oreille à Déméas (voir ci-dessous), Moschion dira la vérité sur l'enfant, les deux pères se mettront enfin d'accord, et la pièce finira dans la bonne humeur générale et le mariage des amants.

 

 

 

 TROP BAVARDE !

 

Dès que je fus entré chez moi, plein de vigueur,

En vue de préparer les fêtes d'Hyménée,

En deux mots j'expliquai à tous mes serviteurs

De briquer la maison, d'enfourner les gâteaux,

De disposer enfin la divine corbeille.

Bref, tout semblait alors se passer à merveille :

Bien sûr, un tel labeur nous bousculait un peu.

On était tous pressés et, sur un édredon,

Quelque part dans un coin, on avait déposé

Le bambin qui hurlait. Les servantes criaient :

« De l'huile et du charbon, de l'eau, de la farine. »

Et moi, je leur rendais service à ma façon.

Voilà donc, c'est ainsi que j'entrai dans l'office.

J'avais beaucoup à prendre et j'y restais longtemps.

Or, du premier étage une femme apparut :

Elle entra dans la pièce à côté de l'office.

Cette femme n'était plus très jeune aujourd'hui,

Mais elle avait été de Moschion la nourrice.

Elle fut ma servante avant d'être affranchie.

Elle vit le bébé dont nul ne s'occupait :

Ne sachant pas du tout que j'étais à côté.

La femme s'exprima en toute liberté,

Parlant avec ces mots qui sont communément

Susurrés aux enfants : « Où elle est la maman,

Mon bébé, mon trésor ? » Alors elle l'embrassa

Et le prit dans ses bras. Quand elle l'eut calmé,

Elle lui dit tout bas : « Pauvrette ! Quand Moschion

Était un nouveau-né, j'aimais le pouponner !

Maintenant qu'à son tour elle a un tout-petit,

C'est vraiment autre chose... » (Lacune de trois vers) On vit entrer bientôt

Une jeune servante et la vieille lui dit :

« Veux-tu baigner l'enfant, fainéante ! » Misère

De ne pas le soigner quand on marie son père ! »

Mais l'autre la prévient : « Il faut que tu arrêtes

De parler aussi fort : en ces lieux est le maître. »

Puis la servante, sur un autre ton, lui dit :

« Ta maîtresse t'appelle, il faut sortir d'ici !

(Tout bas) Il n'a rien entendu ! Ouf ! nous avons eu chaud ! »

Mais avant de partir je ne sais où encore... (Lacune)

La nourrice lança : « Je parle beaucoup trop ! »

 

 

CRISE ET ARRANGEMENT

 

Déméas

Par Zeus, le père ayant eut vent de tous ces faits

Va être furieux : c'est un homme, en effet,

Inflexible, implacable, avare de surcroît.

J'aurais dû éprouver quelques menus soupçons !

Il veut ma mort ! Mazette ! Il crie comme un démon.

Dire qu'il brûlerait ce pauvre nourrisson !

Quoi ! voir mon petit-fils réduit en tas de cendres ?

La porte claque ! Il n'est pas homme, ce me semble !

Non ! C'est un ouragan !

 

Nicératos

                                Chrysis est contre moi :

Jamais rien ne fut pire ! Elle a persuadé

Ma femme de se taire. Elle tient le bébé

D'une main ferme. Il ne faut pas qu'elle s'étonne

Si je la tue aussi !

 

Déméas

Tu veux tuer la femme ?

 

Nicératos

Oui, puisqu'elle sait tout de cet horrible drame !

 

Déméas

Non !

 

Nicératos rentre dans sa maison

 

Déméas

Il bout de colère. Et comme il a bondi

Dans sa maison. Je crois que jamais je n'ai vu

Quelqu'un dans cet état. Mieux vaut tout expliquer.

Par Apollon, la porte a de nouveau claqué !

 

Chrysis

Ah ! pauvre que je suis ! Voyons, que vais-je faire !

Mais où dois-je m'enfuir ? Il va prendre l'enfant !

 

Déméas

Chrysis ! Viens par ici !

 

Chrysis

Qui m'interpelle ainsi !

 

Déméas

Entre ici, presse-toi !

 

Nicératos

    Où vas-tu comme ça !

 

Déméas

Je dois m'engager dans un combat singulier.

 

Nicératos

Enlève-toi de là ! (à Déméas) Va vite t'éloigner !

Je vais prendre l'enfant. Après j'écouterai

Des femmes les propos.

 

Déméas

Ce fou va me cogner.

 

Nicératos

Bien sûr, je vais le faire ! (Il le frappe)

 

Déméas

Allez ouste, aux Enfers !

Eh ! Chrysis, sauve-toi ! Il est plus fort que moi !

 

Nicératos

Cette fois, c'est toi qui m'a touché le premier,

Je puis en témoigner, mais n'ai point le bébé !

 

Déméas

C'est sûr, il m'appartient.

 

Nicératos

Ce bébé est le mien !

 

Déméas

C'est l'horreur intégrale ! Au secours, mes voisins !

 

Nicératos

Tu peux crier : je vais vous tuer un à un !

 

Déméas

Je vais t'en empêcher. Sois un peu raisonnable !

 

Nicératos

Tu vas commettre là un acte impardonnable.

Tu savais tout du drame.

 

Déméas

Apprends la vérité

Et laisse-la !

 

Nicératos

Ton fils m'a vertement roulé

Dans la farine...

 

Déméas

Impossible, il doit se marier

Avec ta fille ! Ami, allons nous promener.

Dis, Nicératos, as-tu entendu parler

De Zeus qui, une fois qu'il fut changé en or,

S'écoula par le toit pour séduire une fille

Enfermée dans sa chambre ?

 

Nicératos

Et quel est le rapport ?

 

Déméas

Attendons-nous à tout ! Il coule bien ton toit ?

 

Nicératos

Beaucoup, mais je te dis : quel est donc le rapport ?

 

Déméas

Zeus se transforme en eau, tantôt il devient or.

Zeus est alors coupable.

 

Nicératos

Ah ! Encore une fable !

 

Déméas

Que non ! Zeus a trouvé que ta fille était belle.

 

Nicératos

Le saligaud !

 

Déméas

Non, la chose est surnaturelle.

Et d'ailleurs, plein de gens sont des divinités,

Et ils sont parmi nous. Pourquoi les redouter ?

Androclès l'usurier qui brasse tant d'argent,

Il te semble immortel ? Tout juste, c'est un dieu.

Fais brûler de l'encens ! Le mariage sera :

C'est le vœu du Destin.

 

Nicératos

Arrangeons cette affaire !

 

Déméas

Tu es intelligent, bien que tu fus naguère

Pétri par la colère. Allez, rentre chez toi,

Car il faut maintenant que tout se passe au mieux !

 

Nicératos

Assurément, tu es un homme merveilleux.

 

 

UN PÈRE À SON FILS

 

Je suis ton papa, c'est moi qui t'ai recueilli ;

Oui, je t'ai éduqué quand tu étais petit.

Si ta vie, jusque-là, fut pleine d'agrément,

C'est grâce à moi que tu le dois assurément !

Cette vie d'autrefois peut rendre tolérable

Le chagrin dont je suis aujourd'hui responsable.

Allons ! sois un bon fils ! Je fus déraisonnable !

Mais hélas, tout ne fut que méprise et folie.

Toutefois j'ai gardé, même si j'ai failli,

Mon amour paternel. C'est pourquoi, dans mon cœur,

Je cachais ce secret, cette funeste erreur.

Si j'ai fait une faute une fois dans ma vie,

N'oublie pas pour autant ce que tu as vécu

Pour l'unique profit d'un moment de folie.

 

 

DEUX SENTENCES

 

Non, la naissance ne donne pas la noblesse :

Celui qui considère un homme de sagesse

Comme un être bien né, et fait du vicieux

Un bâtard sans pareil, est bien judicieux.

 

Le hasard est divin et le salut provient

D'action invisibles.

 

 

 

 

FRAGMENTS DE PIÈCES IDENTIFIÉES

 

 

 

Paris, Jardin du Luxembourg, « L'Acteur grec », par Bourgeois

 

 

 

L'ACCUSATEUR

 

Le mieux chez un esclave est de servir son maître.

 

Cité par Stobée

 

 

 

LES ADELPHES

 

C'est sûr, il est fort difficile aux pauvres gens

De trouver un parent ; personne n'est pressé

De rencontrer celui qui vit dans le besoin :

 

Cité par Stobée