Diogène Laërce

DIOGÈNE DE LAERTE

LIVRE VIII

CHAPITRE VII. PHILOLAÜS. - ΦΙΛΟΛΑΟΣ

Oeuvre numérisée par Marc Szwajcer 

Hippasus        Eudoxe

Le texte en bleu concerne les citations.

Autre traduction - Traduction Genaille sur le site de Ugo Bratelli

 

 

 

 

 

DIOGENE DE LAERTE.

 

 

LIVRE IX.

CHAPITRE SEPT.

 

PHILOLAÜS.

ΦΙΛΟΛΑΟΣ

 

 

 

 

 

 

 

Φιλόλαος Κροτωνιάτης Πυθαγορικός. παρὰ τούτου Πλάτων ὠνήσασθαι τὰ βιβλία τὰ Πυθαγορικὰ Δίωνι γράφει. ἐτελεύτα δὲ νομισθεὶς ἐπιτίθεσθαι τυραννίδι. καὶ ἡμῶν ἐστιν εἰς αὐτόν·

τὴν ὑπόνοιαν πᾶσι μάλιστα λέγω θεραπεύειν·
εἰ γὰρ καὶ μὴ δρᾷς ἀλλὰ δοκεῖς, ἀτυχεῖς.
οὕτω καὶ Φιλόλαον ἀνεῖλε Κρότων ποτὲ πάτρη,
ὥς μιν ἔδοξε θέλειν δῶμα τύραννον ἔχειν.

[85] Δοκεῖ δ' αὐτῷ πάντα ἀνάγκῃ καὶ ἁρμονίᾳ γίνεσθαι. καὶ
τὴν γῆν κινεῖσθαι κατὰ κύκλον πρῶτον εἰπεῖν· οἱ δ' Ἱκέταν <τὸν>
Συρακόσιόν φασιν.

Γέγραφε δὲ βιβλίον ἕν, ὅ φησιν Ἕρμιππος λέγειν τινὰ τῶν συγγραφέων Πλάτωνα τὸν φιλόσοφον παραγενόμενον εἰς Σικελίαν πρὸς Διονύσιον ὠνήσασθαι παρὰ τῶν συγγενῶν τοῦ Φιλολάου ἀργυρίου Ἀλεξανδρινῶν μνῶν τετταράκοντα καὶ ἐντεῦθεν μεταγεγραφέναι τὸν Τίμαιον. ἕτεροι δὲ λέγουσι τὸν Πλάτωνα λαβεῖν αὐτὰ παρὰ Διονυσίου παραιτησάμενον ἐκ τῆς φυλακῆς νεανίσκον ἀπηγμένον τῶν τοῦ Φιλολάου μαθητῶν.

Τοῦτόν φησι Δημήτριος ἐν Ὁμωνύμοις πρῶτον ἐκδοῦναι τῶν Πυθαγορικῶν <βιβλία καὶ ἐπιγράψαι> Περὶ φύσεως, ὧν ἀρχὴ ἥδε « ἁ φύσις δ' ἐν τῷ κόσμῳ ἁρμόχθη ἐξ ἀπείρων τε καὶ περαινόντων καὶ ὅλος <ὁ> κόσμος καὶ τὰ ἐν αὐτῷ πάντα. »

Philolaüs de Crotone fut un autre philosophe de la secte de Pythagore. Ses ouvrages sur la philosophie pythagoricienne sont ceux que Platon pria Dion de lui acheter. Ce philosophe mourut, soupçonné d'aspirer à la tyrannie. Voici une de mes épigrammes à son occasion :

Les soupçons eurent toujours de mauvaises suites. Ne fissiez-vous aucun mal, on vous tiendra pour coupable, si vous paraissez en faire. Ainsi périt autrefois Philolaüs, par un soupçon qu'il roulait imposer un rude joug à Crotone sa patrie.

[85] Il était dans l'opinion que tout se fait par le moyen de la nécessité et de l'harmonie. Il enseigna le premier que la terre se meut circulairement; doctrine que d'autres attribuent à Icétas de Syracuse.

Il composa un livre que Platon, dit Hermippe d'après quelque écrivain, lorsqu'il vint trouver Denys en Sicile, acheta des parents de Philolaüs pour la somme de quarante mines d'Alexandrie, et qu'il tira de ce livre les matériaux dont il se servit pour bâtir son Timée.

D'autres prétendent que Platon reçut ce livre de Denys, qu'il engagea à accorder la grâce à un jeune homme disciple de Philolaüs, lequel il avait condamné à mort. Démétrius, dans ses Auteurs de même nom, assure qu'il fut le premier qui publia les dogmes des pythagoriciens sur la nature, et qui commencent par cette opinion : que la nature, le monde, et tout ce qu'il contient, renferment une harmonie des choses finies avec les choses infinies.