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table des matières de l'œuvre d'Aristote

ARISTOTE

 

 

HISTOIRE DES ANIMAUX D'ARISTOTE

LIVRE NEUVIÈME

   livre VIII

table des matières

 

préface

 

texte grec

 

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HISTOIRE DES ANIMAUX D'ARISTOTE

LIVRE IX

CHAPITRE PREMIER
Des mœurs des animaux ; affections de l'âme auxquelles ils participent; différences que produit le sexe, sensibles surtout dans l'espèce humaine; les femelles sont toujours plus douces et plus dociles; chiens de Laconie et de Molossie; croisements utiles; les femelles sont moins courageuses et plus rusées; caractère de la femelle, elle est plus sensible, plus jalouse, plus découragée, plus effrontée et plus fausse; caractère de l'homme, plus brave, plus actif, plus généreux; influence du sexe jusque chez les mollusques; exemple de la seiche mâle et de la seiche femelle.

§ 1. [608b.11] Les moeurs des animaux nous sont moins connues et moins observables quand leur existence est plus cachée et plus courte, que quand leur existence est plus longue. Les animaux ont naturellement une certaine faculté de participer à toutes les affections que l'âme peut éprouver, la prudence et l'audace, le courage et la lâcheté, la douceur et la cruauté, et tous les autres sentiments analogues.
§ 2.  Il y en a même qui sont, dans une certaine mesure, susceptibles d'apprendre et de s'instruire, tantôt les uns par les autres, tantôt sous la main de l'homme, pourvu qu'ils aient le sens de l'ouïe, et non seulement tous ceux qui entendent les sons, mais ceux qui peuvent percevoir les différences des signes et les distinguer.
§ 3. Dans toutes les espèces où il y a mâle et femelle, la nature a établi à peu près les mêmes dissemblances dans le caractère des femelles comparé à celui des mâles. C'est ce qu'on peut observer le plus clairement possible sur l'espèce humaine, sur les espèces un peu grandes, et. sur les quadrupèdes vivipares. Le caractère de la femelle est toujours plus doux; elle s'apprivoise plus vite; elle souffre plus aisément l'attouchement de nos mains, et elle est plus docile à s'instruire.
§ 4. Ainsi, les chiennes de Laconie sont de bien meilleure nature que les chiens mâles. La race des chiens de Molossie ne l'emporte pas sur les espèces qu'on trouve ailleurs pour nous aider à la chasse ; mais pour surveiller et suivre le bétail, ils se distinguent par leur courage à combattre les bêtes fauves, aussi bien que par leur grandeur. Les individus nés de croisements de chiens de Molossie et de chiens de Laconie tiennent des deux races un courage rare, et une prodigieuse ardeur au travail.
§ 5. Les femelles ont généralement moins de courage que les mâles, sauf dans l'espèce de l'ourse et de la panthère, où la femelle semble être plus courageuse. Dans toutes les autres espèces, les femelles [609a] sont plus douces, plus perfides, moins franches et plus pétulantes; elles sont aussi plus soucieuses de nourrir leurs petits. Pour les mâles, c'est tout le contraire. Ils sont plus braves, plus sauvages, plus simples dans leurs allures et moins rusés.
§ 6. On peut trouver la trace de tout cela dans la totalité des animaux, pour ainsi dire; mais ces phénomènes sont plus sensibles chez les animaux qui ont un caractère plus prononcé ; et par-dessus tous les autres, chez l'homme, parce que la nature de l'homme est achevée, de telle façon que toutes ces affections sont beaucoup plus frappantes en lui.
§ 7. Ainsi, la femme est bien plus que l'homme disposée à la pitié; elle pleure bien plus aisément; elle est aussi plus jalouse que lui et plus portée à se plaindre; elle aime davantage à injurier et à chercher querelle; la femme est en outre plus facile à se décourager, et plus rebelle que l'homme à l'espérance; elle est plus effrontée et plus fausse. Elle se laisse tromper plus aisément; et elle a plus de rancune, On peut ajouter encore que, dans les animaux, la femelle est plus éveillée que le mâle et plus paresseuse; et en général, qu'elle a plus de peine à se mettre en mouvement; elle mange moins. Mais, ainsi qu'on vient de le dire, le mâle a plus de ressources pour secourir les autres; il est plus brave ; et l'on peut voir, jusque dans les mollusques, que, si une seiche est atteinte d'un coup de trident, le mâle vient au secours de la femelle, tandis que la femelle s'enfuit dès que le mâle est frappé.

§ 1. Les moeurs des animaux... Voir des considérations analogues, mais plus larges, au début du Vllle livre ; voir aussi la Dissertation sur la composition de l'Histoire des Animaux. - Plus cachée et plus courte,... plus longue. Tout ceci est fort juste. L'auteur aurait pu ajouter : « SeIon que leur existence est domestique ou sauvage ». - Toutes les affections que l'âme peut éprouver. L'expression est peut-être trop générale; il aurait mieux valu dire : « Quelques-unes des affections ». Dans bon nombre de descriptions de Buffon, on peut voir qu'il partageait à bien des égards les idées qui sont exprimées ici, sur les res¬semblances de l'homme et des animaux. On se rappelle surtout les portraits qu'il a faits du lion, de l'éléphant, de l'âne, du cheval, etc.

§ 2. Susceptibles d'apprendre. Voir le début de la Métaphysique, l. I, ch. I, § 3, p. 3 de ma traduction. - Le sens de l'ouïe. La Métaphysique donne aussi au sens de l'ouïe, chez les animaux, la plus grande importance. - Les différences des signes. Ceci est une considération nouvelle; il s'agit des signes par lesquels l'homme manifeste sa volonté à l'animal.

§ 3. Mâle et femelle. Le sexe, en effet, exerce la plus vive influence; et ce serait supprimer une partie de la zoologie que de passer cette question sous silence. - Sur l'espèce humaine. Ici, l'on peut trouver que l'on ne distingue pas assez l'homme du reste des animaux; c'est évidemment un être à part, qui sans doute ressemble à bien d'autres, mais qu'on ne doit confondre avec aucun d'eux. Du reste, ce qui est dit des femelles des animaux est en général fort exact.

§ 4. Les chiennes de Laconie. Je crois que beaucoup de nos chasseurs donnent aussi la préférence aux chiennes; celles de Laconie étaient célèbres dans toute la Grèce. - De Molossie. La Molossie était une partie de l'Épire, sur le golfe d'Ambracie. Le nom de Molosses est devenu générique pour tous les chiens de grande taille.

§ 5. Moins de courage que les mâles. Excepté, quand elles ont à défendre leur progéniture. - De l'ourse et de la panthère. Je ne sais pas si le fait est constant, et s'il a été sanctionné par la science moderne.

§ 6. Chez l'homme. C'est vrai; mais c'était un motif de plus pour séparer l'homme du reste des animaux. - La nature de l'homme est achevée. Et sous certains rapports, toute autre que la nature animale.

§ 7. La femme. Le portrait de la femme n'est pas flatté dans ce passage; mais pour excuser fauteur, il faut se rappeler quelle était la condition des femmes en Grèce; et certainement, cette situation a inspiré à l'auteur un dédain, qui n'est pas justifiable. - Dans les animaux. J'ai ajouté ces mots qui me semblent ressortir du contexte, et que justifie l'exemple de la seiche, cité â la fin du paragraphe. - Jusque dans les mollusques. Je ne sais pas si te fait est exact; mais on peut le croire, parce qu'il avait dû se représenter bien souvent à l'observation des pécheurs.

CHAPITRE II
Des causes de guerre entre les animaux; la nourriture et l'habitation sont les principales; luttes acharnées des phoques; les carnassiers sont en lutte avec tous les autres; les soins de l'homme adoucissent beaucoup les animaux; les crocodiles d'Égypte; nombreux exemples d'animaux qui sont en guerre; oiseaux, serpents, quadrupèdes; quelques espèces vivent en paix; combats furieux des éléphants les uns contre les autres; grande différence de courage entre les éléphants; emploi que les Indiens en font à la guerre; force prodigieuse des éléphants, renversant des murailles et brisant des palmiers; chasse à l'éléphant avec des éléphants apprivoisés; docilité ordinaire de l'éléphant ; moyen de le dompter. - Résumé.

§ 1. Toutes les fois que les animaux habitent les mêmes lieux et qu'ils tirent leur vie des mêmes substances, ils se font mutuellement la guerre. Si la nourriture est par trop rare, les bêtes, même de race semblable, se battent entre elles. C'est ainsi que les phoques d'une même région se font une guerre implacable, mâle contre mâle, femelle contre femelle, jusqu'à ce que l'un des deux ait tué l'autre, ou ait été chassé par lui ; les petits se battent avec non moins d'acharnement.
§ 2. Tous les animaux sont en guerre avec les carnivores, qui mutuellement sont, eux aussi, en guerre avec tous les autres, puisqu'ils ne peuvent vivre que d'animaux. C'est de là que les devins tirent leurs augures de désunion ou d'union entre les humains, prenant les animaux qui se battent entre eux pour signe de désunion ; et pour signes d'union, ceux qui vivent en bon accord les uns avec les autres.
§ 3. Il serait bien possible qu'une nourriture constamment abondante adoucit singulièrement, à l'égard de l'homme, les animaux qu'il redoute aujourd'hui, parce qu'ils restent sauvages, et que les animaux s'adoucissent également ainsi les uns à l'égard des autres. Le soin qu'on a des animaux en Égypte le prouve clairement; comme la nourriture leur est donnée sans leur manquer jamais, les plus sauvages eux-mêmes vivent côte à côte, comme le reste. Ils s'apprivoisent par les soins qu'on en a ; [609b] et par exemple, en quelques endroits le crocodile s'apprivoise avec le prêtre qui est chargé de le nourrir. On peut voir les mêmes faits se reproduire dans d'autres pays, et dans quelques-uns de leurs cantons.
§ 4. L'aigle et le serpent sont ennemis, parce que l'aigle se nourrit de serpents. L'ichneumon et la phalange sont en guerre, parce que l'ichneumon pourchasse les phalanges. Dans les oiseaux, les tachetés, les alouettes, les pies, le verdier, sont ennemis les uns des autres; car ils se mangent mutuellement leurs oeufs. La corneille et la chouette se battent. Comme, au milieu du jour, la chouette ne voit pas très clair, la corneille vient lui prendre ses oeufs, qu'elle dévore; et la nuit, c'est la chouette qui dévore les oeufs de la corneille. L'une est plus forte pendant le jour; l'autre est plus forte pendant la nuit.
§ 5. La chouette n'est pas moins en guerre avec l'orchile, qui vient aussi lui manger ses oeufs. Dans le jour, tous les petits oiseaux volent autour de la chouette; et l'on dit que c'est pour l'admirer; mais en volant autour d'elle, ils lui arrachent les plumes; aussi, les oiseleurs prennent-ils les petits oiseaux de toute espèce au moyen de la chouette, qui les attire.
§ 6. L'oiseau surnommé le Sénateur, la belette et la corneille sont en guerre, parce que le sénateur et la belette mangent les oeufs de la corneille et ses petits. La tourterelle et la Pyrallis sont ennemis, parce que le lieu où elles trouvent à se nourrir et leur mode de vivre sont les mêmes. Le pic-vert, le Libyen, le milan et le corbeau se font la guerre, parce que le milan ravit au corbeau toutes les proies qu'il peut faire, et que le milan est le plus fort par ses serres et par son vol. C'est donc encore la pâture qui rend ces oiseaux hostiles les uns aux autres.
§ 7. Les oiseaux qui tirent leur nourriture de la mer, ne sont pas entre eux des ennemis moins acharnés : par exemple, le Brenthos, le goéland et la harpé. La buse, le crapaud (grenouille de haie) et le serpent se battent, parce que la buse se nourrit des deux autres. La tourterelle et le verdier sont en guerre; et c'est le verdier qui tue la tourterelle. Au contraire, c'est la corneille qui tue l'oiseau qu'on nomme le typan. L'ægolie et les autres oiseaux pourvus de serres dévorent le calaris ; et la guerre est entre eux tous.
§ 8. Elle règne aussi entre le stellion et l'araignée, parce que le stellion la dévore. Il y a guerre encore entre la pipone et le héron, dont la pipone mange les oeufs et les petits. L'ægithe et l'âne se font la guerre, et voici comment. L'âne, en passant près des buissons, y frotte ses plaies pour se gratter; en s'y roulant, et en se mettant à. braire, il fait tomber les oeufs et les petits, qui, tout effrayés, sortent du nid. L'ægithe, pour repousser le dommage qu'il souffre, vole sur l'âne et lui pique [610a] ses plaies.
§ 9. Le loup fait la guerre à l'âne, au taureau et au renard. Comme il est carnivore, il se jette sur les boeufs, les ânes et les renards. Le renard et le busard n'ont pas d'autre motif de guerre. Le busard est carnivore, et il a des serres ; il fond sur le renard ; et en le frappant, il lui fait des plaies dangereuses. Le corbeau est l'ennemi du taureau et de l'âne, qu'il frappe en volant sur eux, et il leur crève les yeux.
§ 10. L'aigle fait la guerre au héron; il l'attaque avec ses serres; et le héron meurt dans la lutte. L'émerillon est en guerre avec l'ægype; la crex y est avec le pic-vert, le merle et le verdier, que quelques personnes, trop amies des fables, font naître des cendres d'un bûcher. La crex les poursuit tous, ainsi que leurs petits. La sitte et le trochile font la guerre à l'aigle, dont la sitte brise les oeufs; pour se venger, et aussi comme carnassier, l'aigle est en guerre avec tous les oiseaux.
§ 11. L'anthos est en guerre avec le cheval, parce que le cheval le chasse des pâturages. L'anthos qui se nourrit d'herbes a une taie sur les yeux, et il y voit mal; mais il imite le hennissement du cheval, qu'il effraye en volant sur lui ; et il le chasse, jusqu'à ce que le cheval le saisisse et le tue. D'ailleurs, l'anthos vit sur le bord des rivières et dans les marais; il a une belle couleur, et il se nourrit aisément de tout.
§ 12. L'âne est l'ennemi du côlôte, qui vient dormir dans sa mangeoire, et qui l'empêche de manger en lui entrant dans les naseaux. Il y a trois espèces de hérons, le cendré, le blanc, et celui qu'on appelle l'étoilé. Le héron cendré a de la peine à s'accoupler, et à pondre; il crie à ce moment, et le sang lui sort par les yeux, à ce qu'on dit, quand il s'accouple; la femelle fait ses oeufs irrégulièrement et en souffrant beaucoup. Le héron fait la guerre à tous les animaux qui lui peuvent nuire : à l'aigle, qui l'enlève; au renard. qui le mange dans la nuit ; à l'alouette, qui lui vole ses oeufs.
§ 13. Le serpent est en guerre avec la belette et le cochon; avec la belette, quand ils sont tous deux dans le même trou; car ils ont la même nourriture; et le cochon mange les serpents. L'émerillon est l'ennemi du renard ; il le frappe de son bec et lui arrache les poils; il tue ses petits, grâce aux serres dont il est pourvu. Au contraire, le corbeau et le renard s'entendent aisément, parce que le corbeau est hostile à l'émerillon, et que contre lui il prend la défense du renard.
§ 14. L'ægype et l'émerillon sont les ennemis l'un de l'autre, parce qu'ils sont tous deux des oiseaux pourvus de serres. L'ægype [610b] et le cygne font la guerre à l'aigle ; et c'est souvent le cygne qui a le dessus. Il n'y a pas d'espèce d'oiseaux qui se tuent entre eux plus que les cygnes. Il y a des animaux qui sont réciproquement dans une guerre perpétuelle; d'autres ne sont en guerre que dans certains cas, comme y sont les hommes. Ainsi, l'âne et le pinson (épinier) sont ennemis, parce que les épiniers se nourrissent d'épines, et que c'est aussi des jeunes pousses de l'épine que l'âne se nourrit.
§ 15. L'anthos, le pinson (épinier) et l'ægithe sont ennemis; et l'on prétend même que le sang de l'ægithe et de l'anthos ne peuvent pas se mélanger. La corneille et le héron sont amis, comme le sont le schoinion, l'alouette, le laédos et le pic-vert. Le pic-vert vit le long des rivières et dans les lieux bien fourrés, tandis que le laédos ne recherche que Ies rochers et les montagnes, et ne quitte pas son habitation, où il se plaît. Le piphinx, la harpé et le milan sont amis, ainsi que le renard et le serpent, qui tous deux se cachent en terre, et ainsi que le merle et la tourterelle.
§ 16. Le lion et le thôs sont d'implacables ennemis, parce que, étant l'un et l'autre carnassiers, ils se nourrissent des mêmes proies. Les éléphants se battent furieusement entre eux, et ils se frappent avec leurs défenses. Le vaincu est soumis à un rude esclavage; et il ne peut souffrir le cri de son vainqueur. On ne saurait croire jusqu'à quel point les éléphants diffèrent en courage les uns des autres. A la guerre, les Indiens emploient les femelles aussi bien que les mâles, quoiqu'elles soient plus petites et beaucoup moins braves. L'éléphant a la force de renverser des murailles, en les frappant de ses défenses énormes ; il appuie aussi son front sur les palmiers jusqu'à ce qu'il les ait courbés; et alors, en les foulant aux pieds, il les fait tomber sur terre, de toute leur longueur.
§ 17. Voici d'ailleurs comment on fait la chasse à l'éléphant. Des gens montés sur des éléphants apprivoisés et courageux poursuivent les autres; et quand ils les ont rejoints, ils les font frapper par les éléphants qu'ils montent, jusqu'à entier accablement. Alors, un conducteur monte dessus et les dirige à l'aide de sa faux. L'éléphant, du reste, ne tarde pas à s'apprivoiser, et il obéit bien vite. Tant que le conducteur reste monté sur sa bête, tous les éléphants qu'il mène sont doux et dociles; mais une fois qu'il a mis pied à terre, quelques-uns demeurent toujours dociles; mais les autres cessent de l'être; et pour dompter ceux qui sont rebelles, on leur lie Ies jambes de devant avec de fortes cordes, qui les font tenir tranquilles. D'ailleurs, on fait la chasse aux éléphants qui sont déjà grands, aussi bien qu'aux jeunes.
§ 18. Voilà donc comment les animaux dont on vient de parler sont en paix ou en guerre, selon les besoins de leur nourriture, ou selon leur genre de vie.

§ 1. Qu'ils tirent leur vie des mêmes substances. Il ne peut pas y avoir de cause d'hostilité plus énergique entre les bêtes. Cette cause, bien que sous d'autres formes, agit aussi bien souvent entre les hommes. - C'est ainsi que les phoques.... Ce détail peut être exact, quoique le phoque soit facile à apprivoiser.

§ 2. En guerre avec les carnivores. Le motif est de toute évidence; mais il était bon de consigner cette observation, quelque simple qu'elle soit. - Entre les humains. J'ai ajouté ces mots qui sont implicitement compris dans l'expression du texte; quelques traducteurs l'avaient déjà fait avant moi.

§ 3. Qu'une nourriture constamment abondante. C'est de là que vient l'attachement des animaux pour les gens qui les nourrissent; et c'est un moyen puissant, que les dompteurs ne manquent pas d'employer. - En Égypte. Les Grecs avaient dû remarquer de bonne heure ce culte singulier des Égyptiens pour les animaux, dont un bon nombre était sacré à leurs yeux; dans aucun pays, ce culte, qui faisait partie de la religion, n'a été poussé aussi loin. - Le crocodile. Il n'y a rien là que de très probable. - Dans quelques-uns de leurs cantons. Le texte ne peut pas avoir un autre sens; mais ces mots sont ici assez mal placés, et quelques commentateurs ont soupçonné une lacune; ces mots seraient, selon eux, la fin de quelque phrase qui manquerait. MM. Aubert et Wimmer, qui émettent cette conjecture, trouvent, d'ailleurs, que presque tout ce livre est peu digne d'Aristote. Voir ma Dissertation sur la composition de l'Histoire des animaux.

§ 4. L'aigle et le serpent. Ces détails sont le développement très naturel du sujet; et quoi qu'on en dise, ils ne manquent ni d'à-propos ni d'intérêt. - L'ichneumon. Espèce d'insecte hyménoptère, qui a donné son nom à toute une famille; voir la Zoologie descriptive de M. Claus, p.657. - La phalange. Espèce d'araignée, qui forme aussi tout un ordre; id., ibid., p. 514.

§ 5. L'orchite. On ne sait pas ce qu'est cet oiseau ; mais peut-être est-ce le Trochile, avec lequel une facile erreur de copiste peut le faire confondre. - Tous les petits oiseaux. Le fait est bien connu; au temps d'Aristote, l'observation était assez neuve. - C'est pour l'admirer. C'était sans doute la croyance populaire.

§ 6. Surnommé le Sénateur. Ou le Roi. Cet oiseau serait alors une espèce de roitelet, Troglodytes Europaeus. Voir plus loin sur le sénateur, liv. IX, ch. XII, § 4. - La Pyrallis. On ignore ce qu'est cet animal, et l'on ne sait mémo pas si c'est un oiseau. - Le pic-vert. En grec Kéléos; il semble bien que c'est le Picus viridis de la zoologie moderne. - Ces oiseaux. Il est donc probable que la Pyrallis est aussi un oiseau, comme tous les animaux nommes dans ce passage.

§ 7. Les oiseaux qui tirent leur nourriture de la mer. Quelques-uns des oiseaux désignés dans ce paragraphe sont en effet des oiseaux de mer; mais le reste sont des oiseaux qui ne vivent qu'à terre. - Le Brenthos. Ou Brinthos. On ne sait pas quel est cet oiseau; mais il est probable que c'est une espèce de mouette. - Le goéland. Ou « La mouette ». - La harpé. J'ai dû reproduire simplement le mot grec, parce qu'on n'a pu identifier cet oiseau. - Le crapaud. Ou Grenouille de haie, comme on l'appelle quelquefois. - Le typan. On ignore quel est cet oiseau; et, d'après l'expression du texte, il semble qu'il était peu connu en Grèce. - L'ægolie. Ou L'aetolie. On ignore aussi ce que peut être cet oiseau, qui sans doute était un oiseau de nuit. Voir plus loin, ch. XVI, § 7. - Les autres oiseaux. Il faut probablement ajouter : « De nuit ». - Le calaris. Ou Colaris, ou Scalaris, selon diverses lectures; l'identification n'a pu être faite.

§ 8. Le stellion. Voir plus haut, tir, VIII, ch. XXVIII, § 3. - La pipone. J'ai reproduit le mot grec ; cet oiseau est une espèce de pie, à ce qu'on suppose. - L'ægithe. J'ai dû encore reproduire le mot grec, parce qu'on ne peut identifier cet oiseau. Pline répète ce détail sur l'ægithe, qu'il appelle un oiseau très petit, de même qu'il s'approprie presque tous les autres détails de ce chapitre ; Histoire naturelle, liv. X, ch. XCV, p. 424, édit. et trad. Littré.

§ 9. Le loup fait la guerre... Le loup n'attaque pas seulement les animaux qui sont nommés ici; il attaque tous ceux qui sont plus faibles que lui, ou qu'il peut surprendre. - Le corbeau est l'ennemi du taureau. C'est trop dire, bien qu'il ne soit pas impossible que le corbeau, dont le bec est très fort, crève quelquefois les yeux des autres animaux.

§ 10. L'ægype. On ne sait précisément quel est cet oiseau, non plus que la Crex, qui probablement doit être un échassier. Voir plus loin, ch. XVI § 7. - Amies des fables. C'est une critique que l'auteur dirige contre les croyances populaires. - La sitte. J'ai dû reproduire le nom grec, que la science moderne a conservé pour une espèce de mésange; voir la Zoologie descriptive de M. Claus, p. 996, trad. franc. - Le trochile. Voir plus haut, § 5. - L'aigle est en guerre avec tous les oiseaux. Ceci n'est pas particulier à l'aigle; tous les grands oiseaux de proie en sont là.

§ 11. L'anthos. C'est le mot grec, transcrit simplement. On croit reconnaître dans l'Anthos une espèce de bec-fin, Motacilla Bava; voir Cuvier, Règne animal, tome 1, p. 382, et la Zoologie descriptive, de M. Claus, p. 996. Il est, d'ailleurs, évident que ce qui est dit ici de cet oiseau n'est qu'un tissu de fables; et il ne semble pu qu'un oiseau joue à l'égard du cheval le rôle qu'on prête ici à l'Anthos. On a donc pu avec toute raison suspecter ce passage; il ne vient pas d'Aristote.

§ 12. Du côlôte. On suppose que le côlôte doit être une espèce de lézard. Il est bien probable que ce détail est aussi fabuleux que tous ceux qui précèdent. - Il y a trois espèces de hérons. Ceci ne tient, ni à ce qui vient d'être dit, ni à ce qui suit. Ce sont là évidemment des notes assez confuses, mises sans ordre les unes à la suite des autres. La science moderne compte des espèces nombreuses de hérons; voir Cuvier, Règne animal, tome l, pp. 310 et suiv, et Zoologie descriptive de M. Claus, p.975. - Cendré. Le sens du mot grec Pellos n'est pas très défini; je l'ai rendu par Cendré, pour me rapprocher davantage de la réalité, puisque plusieurs espèces de hérons présentent en effet cette couleur. - L'étoilé. La zoologie moderne appelle une espèce de héron Ardea stellaria. Voir plus loin, ch. XVII, § 1. - A ce qu'on dit. L'auteur n'a pas l'air de croire à ce fait étrange et faux.

§ 13. Le serpent... la belette... le cochon... le corbeau et le renard. Tous ces détails ne répondent, comme les précédents, qu'à des faite insignifiante, ou à des erreurs populaires.

§ 14. L'aegype, Voir plus haut, § 10. - Plus que les cygnes. J'ai adopté la leçon de M. Pikkolos, admise par MM. Aubert et Wimmer. Les éditions ordinaires disent, d'après les manuscrits, que les cygnes se dévorent entre eux, au lieu de dire qu'ils se tuent. Le fait est qu'à l'époque de l'accouplement, les mâles se battent d'une manière furieuse. Athenée, liv. IX, p, 393. cite en partie ce passage sur les cygnes. voir aussi Élien. liv. V, eh. XXXIV, p. 83 , edit. Firmin-Didot. - Comme y sont les hommes. Cette remarque est au moins singulière; et sans doute, c'est une addition faite par une main qui n'est pas celle de l'auteur. - Le pinson. Ou peut-être, « la Linotte ». J'ai mis entre parenthèses le mot d'Épinier pour rendre littéralement le mot du texte. Le fait, d'ailleurs, n'a aucune vraisemblance. Voir la Zoologie descriptive de M. Claus, p. 998.

§ 15. L'anthos. Voir plus haut, § 11. - L'aegithe. On ignore quel est cet oiseau ; d'après ceux avec lesquels il est ici nommé, on peut croire qu'il s'agit d'une espèce de mésange. - Le sang de l'ægithe et de l'anthos. C'est un récit absurde, auquel l'auteur de ces notes, quel qu'il soit, ne croit pas. - Le schoinion... Le laédos. J'ai dû simplement reproduire les noms grecs, parce qu'on ne sait pas quels sont ces oiseaux. Même remarque pour le Piphinx; et aussi pour la Harpé, mentionnée déjà plue haut, § 7. Voir plus loin ch. XVII, § 2. - Le renard et le serpent. Ce rapprochement est au moins très singulier; et le motif qu'on en donne l'est encore davantage.

§ 16. Le thôs. On ignore ce qu'est au juste cet animal; on a cru que ce pouvait être le chacal; mais on pense aussi que ce pouvait être une sorte de civette, Viverra, espèce de carnassier qui paraît trop faible pour pouvoir lutter contre le lion. Voir Cuvier, Règne animal, tome I, p. 154, et Zoologie descriptive de M. Claus, p. 1077; voir aussi le Catalogue de MM. Aubert et Wimmer, t. I, p. 69, § 20. - Les éléphants se battent furieusement. Surtout au moment du rut. Les détails qui suivent sont assez curieux; et sans doute, la Grèce n'avait bien connu les moeurs des éléphants qu'après l'expédition d'Alexandre; mais ces détails ne tiennent pas à ce qui précède, et ils ne se rapportent même pas au sujet général de ce chapitre. - Soumis à un rude esclavage. Ceci n'est pas assez expliqué et ne se comprend pas très bien. - Les Indiens. Ceci prouve bien l'origine de ces renseignements. - Plus petites. On croit pouvoir fixer approximativement à un cinquième, la différence de taille entre les femelles et les mâles.

§ 17. La chasse à l'éléphant. Buffon a décrit aussi la chasse à l'éléphant, tome XVI, pp. 308 et suiv. Le naturaliste moderne ne donne pas tout à fait les mêmes renseignements; mais les siens sont beaucoup plus exacts et beaucoup plus étendus. - Sa faux. C'est le bâton armé d'une pointe de fer que porte le cornac, monté sur le cou de la bête; j'ai conservé la nuance du mot grec; le mot vrai serait Aiguillon.

§ 18. Voilà donc comment les animaux. Résumé de ce qui a été annoncé, dés le premier paragraphe de ce chapitre. On ne saurait repousser la conjecture de MM. Aubert et Wimmer, qui ne veulent pas attribuer cette rédaction à Aristote lui-même. Les idées sont en effet désordonnées, et le style n'est pas meilleur. Mais si le sujet est imparfaitement traité, il n'en était pas moins important; et la zoologie ne peut oublier les guerres des animaux entre eux. C'est une partie de leur caractère et de leurs moeurs.
 

CHAPITRE III
Des guerres des poissons; espèces qui s'attroupent; espèces qui vivent par paires; espèces ennemies qui se réunissent à certaines époques; poissons mutilés par d'autres; les plus forts dévorent les plus faibles.

§ 1. [611a] Parmi les poissons, les uns se réunissent en troupes, et vivent en paix Ies uns avec les autres; mais ceux qui ne vivent pas en troupes, sont ennemis. Tantôt c'est pendant la gestation, tantôt c'est après la ponte, que les poissons se réunissent. Voici, d'une manière toute générale, quelques espèces qui s'attroupent : les thons, les maenides, les goujons, les bogues, les sauriens, les coracins, les sinodons (dentales), les surmulets, les sphyrènes, les anthias, les élégins, les épis, les sargins, les aiguilles, les mécons, les teuthies, les ioulides, les pélamydes, les maquereaux, les colias, etc.
§ 2. Dans ces espèces, quelques-unes vivent non seulement en troupes, mais, en outre, par paires. Tous les poissons s'accouplent; mais ils ne vont par troupes qu'à certains moments, comme on vient de le dire, soit. quand ils pondent, soit après qu'ils ont jeté leur frai. Le loup et le muge, qui sont d'implacables ennemis, se réunissent néanmoins les uns aux autres, à certaines époques.
§ 3. Bien des fois, ce ne sont pas uniquement les individus de même espèce qui se réunissent, mais tous ceux qui ont une nourriture pareille ou analogue, pourvu que cette nourriture soit très abondante. On voit fréquemment des muges et des congres dont la queue est enlevée, jusqu'à l'orifice d'où sortent les excréments, et qui n'en vivent pas moins. Le muge est mangé ainsi par le loup ; et le congre, par la murène. C'est que les plus forts font la guerre aux plus faibles et les dévorent.
§ 4. Voilà pour les poissons de mer.

§ 1. Les uns avec les autres. Ceci ne s'applique évidemment qu'aux poissons qui forment la troupe; mais les poissons d'une troupe peuvent fort bien combattre les poissons d'une autre troupe. - Ceux qui ne virent pas en troupe... Cette assertion est trop générale. - Les thons, les maenides Il faut admettre qu'il n'y a ici que des noms de poissons; et alors, on ne comprend pas bien qu'on y compte des Sauriens; ceci ne s'explique que si ce nom, qui désigne des reptiles terrestres, était employé aussi à désigner des poissons, dont nous ignorons d'ailleurs la véritable espèce. - Les sphyrènes. La science moderne a conservé ce nom à une espèce d'acanthoptère; voir la Zoologie descriptive de M. Claus, p. 852. Beaucoup des autres noms énumérés ici n'ont pu être identifiés, comme les bogues, les élégins, les ioulides, etc.

§ 2. Par paires. Le mâle et la femelle se réunissant et restant quelque temps ensemble. - A certaines époques. Il eût été bon de dire à quelles époques, et dans quelles circonstances, se réunissent ces ennemis implacables.

§ 3. De même espèce. J'ai adopté la leçon de Gaza, comme l'ont fait aussi MM. Aubert et Wimmer, bien que la leçon ordinaire soit acceptable : « Les individus qui pondent en même temps ». - Pourvu que cette nourriture soit très abondante. Car autrement les animaux se la disputeraient. - On voit fréquemment. Ceci ne tient pas très bien à ce qui précède immédiatement; mais cette observation, qui est exacte, se rapporte au sujet général de ce chapitre, la guerre des poissons les uns contre les autres.

§ 4. Pour les poissons de mer. Ceci semblerait indiquer que l'auteur se proposait d'étudier ainsi les poissons d'eau douce; il est donc possible qu'il y ait ici quelque lacune.

CHAPITRE IV
Du caractère du mouton; c'est le plus bête de tous les quadrupèdes; preuves de sa stupidité; sottise des chèvres; elles réellement au froid moins bien que les moutons; effet du tonnerre sur les moutons et surtout sur les brebis; soins des bergers; disposition des moutons et des chèvres durant le sommeil.

§ 1. Ainsi qu'on l'a dit plus haut, le caractère des animaux diffère en lâcheté et en douceur, en courage, en docilité, en intelligence, ou en stupidité. Ainsi, l'on a bien raison de trouver que le mouton a un caractère aussi doux que stupide. De tous les quadrupèdes, c'est le plus bête. Il s'en va dans les landes désertes, sans y rien chercher; et souvent en plein hiver, il sort de l'étable. S'ils sont surpris par une bourrasque de neige, ils ne veulent pas bouger, à moins que le berger ne les pousse ; et ils se laissent mourir, à moins qu'il n'emporte les mâles, que suit alors le reste du troupeau.
§ 2. Si l'on prend une chèvre par I'extrémité de sa barbiche, qui est une sorte de chevelure pour elle, toutes les autres s'arrêtent comme en extase, et se mettent à regarder celle-là. Par le froid, les moutons dorment dehors plus volontiers que les chèvres, parce que les chèvres dorment plus tranquillement et aiment à se rapprocher de l'homme; c'est que les chèvres supportent le froid plus difficilement que Ies moutons.
§ 3. Les bergers dressent les moutons à se réunir en courant, quand le bruit du tonnerre se fait entendre ; car si une brebis reste en arrière, sans rejoindre les autres, au moment où il tonne, elle avorte [611b] si elle est pleine. Aussi, voit-on le troupeau accourir habituellement à l'étable quand il fait du tonnerre. Les taureaux eux-mêmes, quand, dédaignant le troupeau, ils vont à l'aventure, sont surpris par les bêtes fauves qui les tuent. Les moutons et les chèvres se couchent en se serrant les uns contre les autres, selon les affinités d'espèces; si l'on en croit les bergers, les chèvres ne se couchent plus nez à nez, après que le soleil a tourné, mais elles se séparent et s'éloignent l'une de l'autre.

§ 1. Plus haut. Liv. VIII, ch. I. - Le mouton a un caractère aussi doux que stupide. C'est aussi l'avis de Buffon, tome XIV, pp. 158 et suiv., édit. de 1830. Il semble que le naturaliste français a eu sous les yeux le passage d'Aristote, au moment où il faisait lui-même la description du mouton. - C'est le plus bête. On est généralement d'accord sur ce point. - En plein hiver, il sort de l'étable. Tous ces détails sont exacts. - Ils ne veulent pas bouger. Buffon a dit les mêmes choses; Id., ibid., p. 159. - Il n'emporte les mâles. Même remarque.

§ 2. Si l'on prend une chèvre... Ceci ne se rapporte pas ce qui précède; et il semble que, dans ce chapitre, il ne devrait être question que du mouton. Il paraît que Guillaume de Morbéka a eu un autre texte, où ce serait la patte de la chèvre que l'on prendrait, et non plus sa barbiche. Le mot du texte n'a pas une signification bien déterminée. Je ne sais pas d'ailleurs si le fait rapporté ici est exact. Pline le répète aussi et semble l'admettre, liv. VIII, ch. LXXVI, p. 352, édit. et trad. Littré. - Dorment dehors... Le texte paraît avoir été altéré; et le sens n'est pas sûr. - Plus tranquillement. Ici encore, on peut supposer quelque altération; car les chèvres sont naturellement beaucoup moins tranquilles que les moutons.

§ 3. Quand le bruit du tonnerre se fait entendre. Voir Buffon, tome XIV, p. 161, qui constate qu'un coup de tonnerre suffit pour faire avorter les brebis. - Les taureaux. On ne voit pas comment on peut parler ici des taureaux; et Camus, d'après un manuscrit de Paris, a substitué les Béliers aux Taureaux; mais d'après l'expression du texte, qui reproduit celle du liv. VI, ch. XVII, § 12, il semble bien que c'est des taureaux qu'il s'agit; alors il faudrait dire que cette phrase a été tout à fait déplacée, puisque la phrase suivante retient aux moutons et aux chèvres. - Après que le soleil a tourné. L'expression du texte est aussi vague; mais Pline, qui répète ce passage, loc. cit., ne laisse aucun doute; c'est vers le coucher du soleil que les chèvres ne se couchent plus nez à nez, mais qu'elles se tournent le dos.

CHAPITRE V
De l'habitude des vaches de vivre de compagnie; une seule entraîne toutes les autres; affection singulière et dévouement des juments pour les poulains.

§ 1. Les vaches paissent de compagnie, et selon l'habitude qu'elles ont contractée entre elles; si l'une se met à vagabonder, les autres la suivent. Aussi, les gardiens, s'ils trouvent celle-là, se mettent tout de suite à chercher toutes les autres.
§ 2. Quand, parmi les juments paissant au même pâturage, l'une vient à périr, les autres se chargent d'élever son poulain. C'est que, en général, le cheval parait être un animal très susceptible d'affection ; et souvent on voit des juments stériles enlever des poulains à leurs mères pour les adopter; mais elles les laissent périr faute de lait pour les nourrir.
 

§ 1. Les vaches paissent de compagnie... C'est un fait que chacun de nous a pu observer bien des fois. - Selon l'habitude. Il se forme en effet des liaisons constantes entre les mêmes vaches, qui vont toujours ensemble. - Se mettent tout de suite à chercher toutes les autres. Il me semble que c'est là le sens très régulier du texte, et il n'est pas besoin d'y faire quelque changement, comme l'ont voulu plusieurs commentateurs. Si la vache qui est le chef des autres, n'est pas au lieu où on la cherche, et si les autres sont absentes également, en en conclut qu'elles doivent être avec la première.

§ 2. Quand, parmi les juments... Ceci ne tient pas, à ce qui vient d'être dit des vaches; et évidemment, ce sont là des notes mises, sans ordre, à la suite les unes des autres. Je ne sais pas d'ailleurs si le fait mentionné est bien exact, quoiqu'il n'ait rien d'impossible. - Très susceptible d'affection. Ce qui est vrai, c'est que l'homme, s'il vit fréquemment avec le cheval, peut développer en lui beaucoup de qualités. - On voit des juments stériles. Je ne crois pas que la science moderne ait vérifié des faits semblables.

CHAPITRE VI
Des moeurs du cerf; prudence de la biche pour sauvegarder ses petits; sa manière de mettre bas; retraites qu'elle choisit dans des lieux inaccessibles; leçons qu'elle donne à ses faons; le mâle, quand il perd son bois, se retire aussi dans les plus épais fourrés; croissance successive du bois; après six ans, il tombe chaque année; lierre attaché aux cornes d'un cerf; cerf se guérissant avec des escargots; manière de prendre les biches, en jouant de la flûte ou en chantant.

§ 1. Parmi les quadrupèdes sauvages, le cerf parait être un des plus prudents. D'abord, la femelle fait ses petits sur le bord des chemins, parce que les bêtes fauves ne viennent pas les y chercher, crainte des hommes. Puis, après qu'elle a mis bas, elle se hâte de ronger le chorion ; elle court ensuite manger du séséli, et elle revient à ses petits, aussitôt qu'elle en a mangé. Enfin, elle conduit ses faons à des retraites, où elle Ies habitue à se sauver en cas de danger. C'est d'ordinaire une roche escarpée, qui n'a qu'un seul accès, et où l'on assure qu'elle sait se défendre contre toutes les attaques.
§ 2. Le mâle, de son côté, quand il s'alourdit, et c'est en automne qu'il devient si gras, ne se montre plus ; il change de retraite, comme s'il sentait qu'à cause de sa graisse il sera plus aisément pris. Il va, pour perdre son bois, dans les endroits les plus difficiles à atteindre et à reconnaître; et de là, le proverbe si usité : « C'est là que les cerfs perdent leur bois ». On dirait qu'ils ont garde de se laisser voir à un moment où ils ont perdu leurs armes. On prétend que personne encore n'a trouvé la corne gauche d'un cerf, parce qu'il la cache, comme s'il savait qu'elle peut servir à faire un remède.
§ 3. A un an, les cerfs ne poussent pas encore de cornes; à cette époque, il n'y en a qu'un léger commencement, par manière de signe; et ce bois est alors court et velu. Ce n'est qu'à deux ans qu'ils ont des cornes droites comme des pieux ; et alors on appelle ces cerfs des piquets. La troisième année, ils poussent deux branches; la quatrième année, le bois est plus rude ; et il croît toujours ainsi, [612a]  jusqu'à six ans.
§ 4. A partir de cette époque, les cornes repoussent toujours les mêmes; et l'on ne peut plus distinguer l'âge de la bête à ses cornes. Mais on peut reconnaître les vieux cerfs à deux signes : les uns n'ont plus de dents; les autres n'en ont que quelques-unes; et les défenses ne repoussent plus. On appelle Défenses les parties du bois qui penchent en avant, et qui servent à la bête pour se défendre. Les vieux cerfs n'ont plus ces parties ; et Ies cornes, en se développant, montent tout droit. Le bois tombe tous les ans, et il tombe vers le mois de Thargélion.
§ 5. A l'époque où le cerf perd son bois, il se cache, ainsi qu'on vient de le dire, pendant le jour; et il se réfugie dans des fourrés épais pour se préserver des mouches. Durant tout ce temps, ils paissent la nuit dans les fourrés où ils sont; et ils y restent jusqu'à ce que les cornes soient repoussées. Elles poussent d'abord comme dans une peau; et, à ce moment, elles sont velues. Quand elles sont plus grandes, l'animal s'expose au soleil pour les mûrir et les sécher.
§ 6. Enfin, quand l'animal ne sent plus de douleur en frottant son bois contre les arbres, il quitte les lieux qui l'abritaient, prenant courage, parce qu'il a maintenant de quoi se défendre. On a saisi un jour un cerf d'Achaïe qui avait sur son bois un lierre touffu et tout vert; sans doute, le lierre s'y était implanté, quand les cornes étaient encore toutes tendres, comme il se serait attaché à un arbre en pleine verdure.
§ 7. Un cerf, mordu par une araignée-phalange ou par quelque autre insecte de ce genre, va chercher des escargots, qu'il mange. Un tel breuvage serait peut-être bon aussi pour les hommes ; mais il serait d'un goût repoussant. Dès qu'une femelle a mis bas, elle dévore aussitôt le chorion, qui serait bien difficile à lui prendre ; car elle le saisit avant qu'il ne tombe par terre. Le chorion passe pour être un remède utile.
§ 8. On prend les biches en jouant de la flûte et en chantant; et elles se laissent charmer par le chant. Un des deux chasseurs, qui se réunissent, chante ou joue de la flûte devant l'animal, sans se cacher ; l'autre, qui est par derrière le cerf, le frappe quand son camarade lui fait signe que c'est le moment. Tant que la biche dresse ses oreilles, elle entend à merveille; et il n'est pas possible de la surprendre; mais du moment qu'elle les baisse, elle n'entend plus rien, et on la surprend.

§ 1. Sauvages. Il faut distinguer trois classes d'animaux : les animaux, domestiques, sauvages, et les animaux féroces. Buffon a fait aussi cette distinction; voir toms XIV, p. 351, édit. de 1830. -  Le chorion... du séseli. Pline, qui a reproduit la plus grande partie de ce chapitre, parle aussi du sésèli que mange la biche, liv. VIII, ch. I, p. 337, édit. et trad. Littré. Ailleurs, liv. XX, ch. XVIII, p. 7, ibid., il appelle l'herbe que mangent les biches le sili et non plus le séséli ; il ajoute que c'est surtout de cette plante que les biches se nourrissent avant de mettre bas. Le séséli tortuosum est classé dans la botanique actuelle; c'est une herbe dont la racine surtout est odprante. Il ne paraît pu, d'ailleurs, que la science moderne ait constaté rien de pareil à ce qui est dit ici. - Elle conduit ses faons à des retraites. Tout ceci, au contraire, est très exact.

§ 2. Le mâle, de son côté. Tous les détails donnés dans ce paragraphe sont exacts, comme les précédents, et se retrouvent en partie dans Buffon. - Le proverbe si usité. Nous n'avons pas dans notre langue rien qui réponde au proverbe grec. - Leurs armes. Il est bien probable en effet que l'animal se cache instinctivement, parce qu'il sent sa faiblesse. - On prétend... Pline répète ce conte populaire ; mais il parle de la corne Droite au lieu de la corne Gauche, liv. VIII, ch. I., comme plusieurs autres auteurs. On ne sait à quelle habitude du cerf peut se rapporter cette singulière croyance. Ce qui peut-être y a donné naissance, c'est que les deux bois ne tombent pas toujours en même temps, et qu'il y a parfois un ou deux jours d'intervalle.

§ 3. A un an... Les détails que donne Aristote sur ce bois du cerf, ne sont pas complets sans doute; mais ils prouvent déjà toute l'attention que les naturalistes grecs attachaient à ce singulier phénomène, qui est unique dans le règne animal; on peut voir la longue étude qu'y a consacrée Buffon, loc. cit., pp. 373 et suiv. - Court et velu. Ce détail est exact. - Comme des pieux. Au lieu d'être ramifiées et courbées de diverses façons. - Des piquets. Ainsi, les Grecs avaient fait aussi une sorte de langue spéciale pour décrire les remarquables propriétés que le cerf présente. Chez les modernes, la langue de la vénerie, appliquée à cet animal, forme tout un dictionnaire, Buffon, loc. cit., pp. 361 et suiv. - Jusqu'à six ans. C'est exact en général ; mais parfois, la croissance dure jusqu'à huit ans.

§ 4. Toujours les mêmes. Cependant, il y a bien quelques différences de formes et de grosseurs, selon l'abondance plus ou moins grande de la nourriture. - On appelle Défenses. Voilà encore un mot spécial dans la langue grecque ; et l'auteur l'explique. Nous dirions plus généralement les Andouillers. - Le mois de Thargélion. Ce mois grec répond en partie à nos mois de mai et de juin ; mais les époques où les cerfs mettent bas varient beaucoup avec l'âge des bêtes, et avec les rigueurs plus ou moins grandes des hivers. C'est ainsi que la mue peut durer plusieurs mois. Voir Buffon, tome XIV, p. 386.

§ 5. Des mouches. C'est la leçon ordinaire; MM. Aubert et Wimmer proposent de lire par un très petit changement de lettres: « Pour éviter les chemins ». Ce sens est certainement préférable; mais les manuscrits ne l'autorisent pas. Le commentaire d'Albert le Grand donne : « Pour éviter les loups ». Ce qui prouve tout au moins qu'il y avait des variantes sur ce passage. - Comme dans une peau... elles sont velues. Ceci est exact, sans l'être complètement. - Pour les mûrir. C'est la traduction du mot grec.

§ 6. En frottant son bois contre les arbres. Ce mouvement du cerf est provoqué par la douleur que lui cause la croissance du bois. - Un cerf d'Achaïe... un lierre touffu et tout vert. Buffon, tome XIV, p. 381, semble ne pas repousser la possibilité de ce fait, qui, rapporté par Aristote, a été répété par Théophraste et Pline. Ce fait peut sembler fabuleux. Ici, l'Achaïe désigne une ville de Crête, où il y avait des cerfs d'une espèce particulière.

§ 7. Mordu par une araignée-phalange. Ceci n'est qu'un conte populaire, qui ne repose sur rien. - Des escargots. Le mot grec peut signifier aussi des crabes; mais ce qui suit m'a fait préférer le mot d'escargots. Le fait est du reste tout à fait faux. - Elle dévore.... le chorion. Ceci a été dit déjà, dans le § 1. Il est bien probable que ce passage est une note marginale, qui s'appliquait plus haut et qu'un copiste inattentif aura déplacée.

§ 8. En jouant de la flûte et en chantant. Ceci est sans doute exagéré; mais il paraît certain que ces animaux aiment la musique, et qu'ils l'écoutent attentivement. - Un des deux chasseurs. C'est peut-être là un de ces récits de chasse qui ont chez nous tant de réputation, et que les chasseurs grecs ne s'épargnaient pas plus que les nôtres. - Et on la surprend. J'ai ajouté ces mots qui m'ont paru indispensables, pour compléter la phrase et la rendre claire.

CHAPITRE VII
De l'instinct et des ruses des animaux; manoeuvres de l'ourse pour sauver ses petits, les chèvres de Crète, cherchant le dictame ; chiens mangeant de l'herbe pour se guérir; ruses de la panthère; l'ichneumon se couvrant de poussière; le trochile nettoyant pour sa pâture la gueule du crocodile, qui le ménage; la tortue mangeant de l'origan, et la belette mangeant de la rue; le serpent-dragon avalant du suc de laitue; cigognes pansant leurs blessures; belette étouffant les oiseaux; les hérissons sentent à l'avance les changements de temps; parti utile qu'un Byzantin avait su tirer de cette observation.

§ 1. Lorsque les ourses fuient devant le chasseur, elles poussent leurs petits devant elles; et elles les portent, en les prenant dans leur gueule. Si elles sont sur le point d'être prises, elles grimpent sur les arbres. En sortant de leurs tanières de retraite, ce que font tout d'abord les petits, c'est de manger de l'arum, ainsi que nous l'avons déjà dit; et ils rongent du bois, comme pour faire pousser leurs dents.
§ 2. Une foule d'autres quadrupèdes savent aussi fort prudemment soulager leurs maux. On prétend que les chèvres sauvages de Crète, quand elles sont percées d'une flèche, se mettent à chercher le dictame, qui paraît avoir la propriété de faire sortir le fer de la plaie. Les chiens malades savent se faire vomir en allant manger de certaine herbe.
§ 3.  Quand la panthère a par hasard avalé le poison qu'on appelle « la mort aux panthères », elle cherche des excréments humains, qui la doivent guérir, remède qui, au contraire, tue les lions. Les chasseurs le savent si bien qu'ils suspendent à un arbre de ces excréments dans un vase, pour que la bête ne s'en aille pas au loin; car la panthère, sautant après le vase et espérant l'atteindre, meurt à la peine. On assure encore que, sachant que son odeur attire d'autres animaux, elle se cache pour les chasser; et quand ils approchent, elle les surprend, y compris même des cerfs.
§ 4. Quand l'ichneumon d'Égypte voit le serpent nommé l'aspic, il ne cherche pas à l'attaquer avant d'avoir appelé à son aide d'autres ichneumons; pour se garantir des coups et des morsures, ils se couvrent de boue, en se trempant d'abord dans l'eau, et en se roulant ensuite dans la poussière. Lorsque le crocodile ouvre la mâchoire, les trochiles accourent, en volant, lui nettoyer les dents. Le trochile y trouve à manger; et le crocodile, à qui cela fait du bien, le reconnaît et ne lui fait pas de mal; quand le trochile veut sortir, le crocodile remue le cou de manière à ne pas le mordre.
§ 5. La tortue, si elle avale une vipère, va manger de l'origan, et l'on a constaté le fait, de cette façon : quelqu'un qui avait vu une tortue faire plusieurs fois la même chose, et qui après avoir avalé l'origan pouvait retourner à une autre vipère, arracha l'origan, et la tortue, privée de ce remède, mourut bientôt. Quand la belette doit lutter contre un serpent, elle mange d'abord de la rue, dont l'odeur est détestée du serpent. Le serpent-dragon, quand il est malade en automne, avale du suc de laitue sauvage ; et c'est là un fait qui a été fréquemment observé.
§ 6. Quand les chiens ont des vers, ils mangent du blé en herbe. Les cigognes et d'autres oiseaux savent, s'ils ont reçu quelque blessure dans le combat, y appliquer de l'origan. Bien des gens ont vu la fouine, se battant contre un serpent, le saisir au cou. La belette aussi montre de l'intelligence dans sa manière de tuer les oiseaux; elle les étouffe, comme le loup étrangle les moutons. C'est surtout aux serpents chasseurs de rats que la belette fait la guerre, parce qu'elle-même se nourrit aussi de rats.
§ 7. Bien des fois, on a pu observer que les hérissons privés sentent les changements de vents, selon qu'ils soufflent du nord ou du midi; les uns changent alors les ouvertures des trous qu'ils se font en terre; les autres, qui vivent dans nos maisons, passent d'un mur à l'autre. Aussi, rapporte-t-on qu'une personne de Byzance qui avait observé cet instinct du hérisson, s'était fait une réputation en prédisant le temps à coup sûr. Le putois est à peu près de la grosseur d'un des plus petits chiens de Malte. Son pelage velu, sa forme, son ventre blanc en dessous et la méchanceté de son caractère, le rapprochent de la belette. On l'apprivoise très aisément; mais il ravage les ruches d'abeilles, dont il aime beaucoup le miel. Il mange aussi les oiseaux, comme les chats. On prétend que la verge de cet animal est osseuse, et qu'elle est un remède excellent contre la strangourie. On la racle pour la donner aux malades.

§ 1. Elles poussent leurs petits devant elles. Cette sollicitude des ourses pour leurs petits a été vérifiée bien des fois. - Dans leur gueule. Le texte n'est pas tout à fait aussi précis. - Elles grimpent sur les arbres. L'expression du texte peut impliquer que les ourses font monter leurs petits avec elles sur les arbres. - Ce que font.... les petits. La tournure du texte semble concerner les mères plutôt que les petits; mais la suite s'applique aux oursons plutôt qu'à elles; car ce sont les petits qui ont besoin de faciliter la pousse des dents. - Ainsi que nous l'avons déjà dit. Voir plus haut, liv. Vlll, ch. XIX, § 3. Dans ce passage, c'est l'ours qui mange l'arum; ce ne sont pas les petits.

§ 2. On prétend... Il est très probable, d'après cette réserve, que l'auteur ne croyait pas à cet étrange préjugé. Cette fable avait cours du temps d'Aristote, et des auteurs l'ont souvent répétée après lui. - Se faire vomir. Le fait est exact, comme chacun de nous peut te savoir par ses observations personnelles. Cicéron avait sans doute tout ce passage sous les yeux, quand il écrivait son second livre de la Nature des Dieux, ch. I. et suiv.

§ 3. La panthère. Le mot grec est Pardalis, qui signifie ordinairement le Léopard; mais comme Pline, liv. VIII, ch. XXIII, p. 328, édit. et trad. Littré, applique à la panthère presque tout ce qu'Aristote dit ici, le doute est permis. Du reste, la panthère et le léopard sont assez rapprochés l'un de l'autre pour qu'on les confonde. - La mort aux panthères. C'est la traduction littérale du mot grec. - Des excréments humains. Ceci n'est qu'un conte populaire, aussi peu fondé que tant d'autres, malgré les détails que l'on donne ici, avec tant de précision, sur les expédients des chasseurs. - Son odeur attire d'autres animaux. Pline reproduit ce détail, loc. cit.

§ 4. Quand l'ichneumon. Il est probable que ce récit, venu d'Égypte, était encore moins véridique que tant d'autres récits analogues venus de Grèce. - Lorsque le crocodile... C'est Hérodote, qui, le premier, a raconté ces relations du crocodile et du trochile, liv. II, ch. LXVIII, p. 94, édit. Firmin-Didot; il tenait sans doute ce récit de prêtres égyptiens; il ajoute que c'était de sangsues que le trochile débarrasse la mâchoire du crocodile. - De manière à ne pas le mordre. Hérodote dit à peu près la même chose, sans d'ailleurs parler, comme on le fait ici, du cou du crocodile; ce qui en effet ne se comprend guère.

§ 5. De l'origan. Voir plus haut, livre IV, ch. VIII, § 21, une des propriétés de l'origan. Le fait que rapporte ici l'auteur grec est répété par Paré dans son Traité des animaux; voir Littré, Dictionnaire de la langue française, article Origan. - A une autre vipère. Le texte est moins précis. - De la rue. Cette identification n'est pas absolument sûre; et plusieurs traducteurs se sont contentés de reproduire le mot grec Peganon. Théophraste en parle souvent ; Des Causes des plantes, liv. VI, ch. XVI, § 1, p. 313. édit. Firmin-Didot. - Le serpent-dragon. Le texte dit simplement Dragon. La zoologie moderne a conserve ce nom a un saurien de l'espèce iguane ; voir la Zoologie descriptive de M. Claus, p. 919. - Laitue sauvage. Le mot grec est Piéris, qu'on identifie avec l'Elminthie vipérine; voir Théophraste, Histoire des plantes, liv. VI!, ch. II, §, 4, p. 122, édit. Firmin-Didot.

§ 6. Du blé en herbe. Ou plutôt, du Chiendent. - Les cigognes. Imagination populaire. - La fouine. On n'est pas sûr de cette identification. - La belette... Je ne sais pas si les détails donnés sur la belette, attrapant les oiseaux ou luttant contre les serpents, sont plus exacts que tant d'autres.

§ 7. Les hérissons... Il paraît certain que les hérissons font dans leurs demeures deux ouvertures, l'une au sud et l'autre au nord; mais on ne sait rien de plus sur leur instinct en ce genre. - Passent d'un mur à l'autre. C'est-à-dire encore, du midi au nord, et réciproquement. - Une personne de Byzance. Plutarque rapporte le même fait, De l'Intelligence des Animaux, p. 1189, 31, édit. Firmin-Didot; seulement il cite la ville de Cyzique, au lieu de celle de Byzance. - Le putois. L'identification n'est peut-être pas très certaine; et l'on peut hésiter entre le putois, le furet, la belette, l'hermine. Ce qui m'a décidé à adopter le mot de putois, c'est qu'il est, d'après Cuvier, le plus sanguinaire de tous; Règne animal, tome I, p. 143. - Est osseuse. La même organisation se présente chez plusieurs animaux, et notamment dans le chien. - Un remède excellent contre la strangourie. Il est bien à croire que c'était là un prétendu remède, comme nous en avons tant encore chez nous; il y a en médecine une superstition aussi ardente que toute autre, et aussi aveugle.

 

 

CHAPITRE VIII
De l'industrie des animaux, souvent pareille à celle de l'homme; l'hirondelle et son nid merveilleusement construit; soins de l'hirondelle pour nourrir et élever proprement ses petits; des moeurs du pigeon; sollicitude du mâle pour les petits, et ses violences contre sa femelle; union habituelle des pigeons, sauf de rares exceptions; humeur batailleuse des pigeons; leur ma¬nière de boire; durée de la vie des ramiers; seule infirmité que la vieillesse leur donne; oiseleurs crevant les yeux aux appeaux; en général, les males virent plus longtemps que les femelles; exceptions pour les moineaux; migrations des tourterelles; migrations singulières des pinsons.
' On peut observer, en général, dans les manières de vivre des animaux beaucoup d'actes qui res¬semblent à la vie même de l'homme; et c'est dans les petits animaux, plutôt encore que dans les grands, qu'on peut voir la sûreté de leur intelli¬gence. Ainsi, dans les oiseaux, on pourrait citer


C f. Qui ressemblent à la vie même de l'homme. Le texte dit

précisément : «i Qui sont des imi¬tations s, expression qui n'est peut-être pas très-juste, puisque les animaux ne font que suivre leur instinct, sans chercher à imiter l'homme, qu'ils ne connais
sent pas. — Dans les petits animaux. L'auteur fait sans doute allusion aux insectes et aux

 

tout d'abord la façon dont l'hirondelle fait son nid. Elle suit les mêmes règles que nous suivrions pour mêler la paille à la boue, entrelaçant celte boue dans des brindilles de bois; et si la boue lui man-que, elle se baigne dans l'eau, et va rouler ses ailes dans la poussière. 'Elle construit son nid absolument comme des hommes le feraient, met-tant d'abord en dessous les matériaux les plus durs, et proportionnant la grandeur du nid à la sienne. Le mâle et la femelle prennent le même soin des petits; elle donne à chacun d'eux leur pâture, distinguant, comme si elle en avait l'ha¬bitude, celui qui l'a reçue le premier, afin de ne pas lui en donner deux fois. Dans les premiers temps, c'est elle qui rejette leur fiente hors du nid; mais quand ils sont plus grands, elle leur apprend à se tourner en dehors pour fienter. On peut faire des observations toutes pareilles sur les pigeons, qui présentent des faits analogues. Ils ne

abeilles qu'il étudiera très particulièrement. — Dont l'hirondelle fait son nid. C'est une observa-lion que chacun peut faire, sur-tout k la campagne. — Et va rouler ses ailes dans la pous¬sière. Je ne sais si le fait est exact ; mais il n'a rien d'impro¬bable.
j 2. Le mâle et la femelle. Ce détail et toue ceux qui suivent sont exacts. — Elle donne. Ceci se rapporte à l'hirondelle en gé¬

néral, mâle et femelle ; on pour-rait traduire parle pluriel ; mais j'ai préféré enivre le texte de plus près, puisqu'il ne peut y avoir de doute sur le sens. — Comme si elle en avait l'habitude. L'expression du texte n'est pas aussi précise. — Elle leur apprend à se tourner en dehors. Le fait peut être constamment observé.
§ 3. Sur les pigeons. Les détails donnés sur les pigeons sont aussi

s'accouplent jamais à plusieurs, et ils ne cessent leur union que quand l'un des deux est devenu veuf ou veuve. Au moment de la ponte et de la douleur qu'elle cause, la sollicitude du mâle et ses colères sont vraiment étonnantes. Si la femelle met quelque paresse à entrer dans le nid pour y pondre, il la bat et la force à entrer. Une fois que les petits sont nés, il va chercher de la. terre salée, qu'il mâchonne, et il l'introduit dans le bec des petits qu'il ouvre, leur apprenant ainsi à manger. Quand les petits vont sortir du nid, le mâle recom¬mence à cocher. 'C'est là d'ordinaire l'union des pigeons entre eux; cependant, il y a des femelles, même parmi celles qui ont des mâles, qui s'ac¬couplent avec d'autres. Cet oiseau est du reste batailleur; ils se battent entre eux : et il en est qui s'introduisent de force dans le nid de leurs voi¬sins; mais c'est rare. Loin du nid, ils se battent moins; mais auprès du nid, ils se battent jusqu'à

exacts que les précédents. — Veuf ou veure. Ce sont les termes mêmes du texte, qui sana doute s'appliquaient, dans la langue grecque comme dans la nôtre, spécialement aux humains. — Ses colères. Le texte dit précisé-ment: u Son indignation. n — De la terre salée. Il est possible que ce détail spécial ne soit pas par¬faitement exact; mais il est cer¬tain que le pigeon fait manger ses petits dans les premiers jours,

comme on le dit ici. — Le mâle recommence à cocher. C'est la leçon proposée et adoptée par MM. Aubert et Wimmer; elle me semble acceptable. La leçon ordinaire affirmerait que le mâle coche tous les jeunes, avant de les laisser sortir du nid. H semble qu'il y a là une impossibilité ma¬nifeste, qui doit faire rejeter cette leçon, bien que toue les manuscrits la donnent.
S 4. C'est là d'ordinaire.... Ces

la mort. 'Les pigeons, les ramiers et les tourte¬relles ont cette particularité de ne relever la tête, en buvant, que quand ils ont assez bu. La tourte¬relle et la femelle du ramier n'ont jamais cha¬cune que le même mâle; et elles n'en acceptent pas d'autre. Le mâle et la femelle couvent également tous les deux. On ne distingue guère la femelle et le male que par l'examen des viscères intérieurs.
Les ramiers vivent très-longtemps, puisqu'on en a vu de vingt, vingt-cinq et trente ans, parfois même de quarante. A mesure qu'ils vieillissent, leurs ongles s'allongent; niais les gens qui les élè¬vent les leur coupent. 11 ne parait pas que la vieil¬lesse leur cause d'autre infirmité, du moins autant qu'on peut le voir. Les tourterelles et les pigeons auxquels les éleveurs crèvent les yeux, pour en faire des appeaux, vivent encore huit ans. Les per¬drix vivent à peu près quinze ans. Les ramiers et les tourterelles font toujours leur nid dans les mêmes endroits.

observations sont aussi exactes que celles qui précèdent.
5 5. Celle particularité de ne relever la tete. La zoologie mo¬derne a reconnu la justesse de cette observation délicate; les pi¬geons domestiques en offrent tou¬jours l'occasion. — Que le même nulle. C'est exact. — Par l'exa¬men des viscères intérieurs. Ceci prouve une fois de plus que les Anciens disséquaient avec soin

les animaux qu'ils voulaient étu¬dier plus particulièrement.
§ 6. Les ramiers vivent très-long¬temps. On comprend que ces ren¬seignements doivent varier selon les pays et selon les climats; mais les chiffres donnés ici paraissent en général assez exacts. — Leurs ongles s'allongent. Le fait est exact. — Crèvent les yeux. La cruauté des Anciens devançait ainsi la nôtre.

'Généralement, les mâles vivent plus de temps : mais on assure que, dans les oiseaux dont . nous venons de parler, c'est le mâle qui meurt avant la femelle, et l'on s'appuie sur l'observation des oiseaux élevés dans les maisons, comme appeaux. On dit encore que les mâles, parmi les moineaux, ne vivent qu'un an; on en donne pour preuve qu'à l'époque du printemps, on n'en voit jamais qui aient tout d'abord les plumes noires du dessous du cou, tandis qu'ils les ont plus tard; ce qui démontre qu'il n'en reste pas un de l'année pré¬cédente. On prétend encore que les femelles des moineaux vivent plus que les mâles, attendu qu'on en prend avec des jeunes, et qu'on reennnaît celles-là aux bords du bec, qui sont plus durs. Les tourterelles vont vivre en été dans les climats froids, et en hiver dans les climats chauds. Au contraire, les pinsons cherchent, l'été, les climats chauds, et en hiver, les climats froids.

§ 7. Généralement, les mâles vi¬vent plus de temps. Cette géné¬ralité n'est peut-être pas très-exacte. — Ne virent qu'un an. Ce fait parait inexact; et les moi¬neaux vivent bien davantage; mais, du moins, l'auteur essaye de donner des preuves â l'appui de son assertion. Voir Athénée, liv. IX, p. 391. — Les femelles

des moineaux vivent plus... Je ne crois pas que la science moderne ait fait des observations spéciales. — Les tourterelles... les pinson. Je ne sais si ces faits ont été vé¬rifiés; mais il est possible que, sous le climat de la Grèce, les choses se passent autrement que dans le nôtre; et les espèces peu-vent aussi être différentes.

CHAPITRE IX
Des oiseaux qui ne font pas de nids, mais seulement un trou dans la poussière du sol; de la ponte et de l'incubation des cailles et des perdrix; ruse de la perdrix pour écarter le chasseur de sa nichée; nombre d'oeufs que fait la perdrix; caractère très-mau¬vais de la perdrix; les mâles empêchent la femelle de couver afin de s'accoupler avec elle; efforts de la perdrix pour sau¬ver ses oeufs du mâle et des chasseurs; combats acharnés des mâles entre eux; le vainqueur coche le vaincu, ce qui arrive aussi dans les cailles et les coqs; manèges des perdrix sauvages mâles, selon que l'appeau est femelle ou mâle; tentatives réité¬rées des mâles pour s'en approcher; jalousie des mâles qui restent à distance; lascivité excessive des perdrix et des cailles.
'Les oiseaux pesants ne se font pas de nids, parce qu'un nid n'est pas utile à des oiseaux qui volent si mal, comme les cailles, les perdrix et tous ceux qui leur ressemblent. Mais ils font dans la poussière un creux sur un endroit uni, ne pon¬dant jamais ailleurs; et ils se cachent sous quel-que épine ou quelque matière analogue, pour repousser les attaques des éperviers et des aigles; cela fait, ils y pondent et y couvent. Dès que les petits sont débarrassés de la coquille, ils les chas

g I. Les oiseaux pesants. C'est
la traduction littérale du texte; on pourrait traduire encore : a Les oiseaux qui volent mal „.
Voir Athénée, liv. IX, p. 392, où
il analyse ce passage de l'His

toire des Animaux. — Les cail¬les, les perdrix. Ces espèces en effet pondent comme il est dit
ici. — Sur un endroit uni. Ou
plutôt peut-être : Dans un gué-s rot s. — Ils les chassent. Ins-

sent, parce qu'ils sont hors d'état de leur apporter, à cause de leur vol, la pâture nécessaire. 'Les cailles et les perdrix se reposent en réunissant leurs petits sous elles, comme le font les poules. Elles ne pondent pas et ne couvent pas toujours à la même place, de crainte qu'on ne découvre leur retraite, si elles y demeuraient trop longtemps. Quand le chasseur tombe sur le nid, la perdrix se roule, en se sauvant, comme si elle allait se laisser prendre; elle l'attire par l'espoir de la saisir, pour donner le temps à la nichée de s'échapper; après ce manège, elle s'envole et rappelle les petits au-près d'elle. La perdrix n'a pas moins de dix oeufs, et parfois elle en a jusqu'à seize. 'La perdrix est d'ailleurs, ainsi qu'on l'a dit, un oiseau malicieux et rusé. Au printemps, les mâles s'en vont de la troupe en chantant et en se battant, par paire avec la femelle que chacun d'eux a prise. Mais comme les mâles sont très-lascifs, pour empêcher la femelle de couver, ils dispersent les oeufs et les

tinctivement, les petits se sauvent d'eux-mêmes, sans que les pa¬rents aient besoin de les chas¬ser; mais ceci semble contredire le paragraphe suivant.
§ 2. Comme le font les poules. Et, par conséquent, elles ne les chassent pas, comme le dit le pa¬ragraphe précédent. — Pas tou¬jours à la imbue place. Ceci si¬gnifie qu'elles dispersent leurs oeufs en divers endroits. — Quand

le chasseur tombe sur le nid. Cette ruse de la perdrix est bien connue, et on l'a citée bien des fois.
§ 3. Ainsi qu'on l'a dit. Ou peut-être : u Ainsi qu'on vient de le
dire », par référence au para-graphe précédent. — En chan-tant. Guillaume de Morbéka semble avoir en un autre texte; car il traduit Propter par-tutu s; ce qui est plus d'accord

brisent, quand ils les trouvent. La femelle les dé-fend comme elle peut, et elle se sauve pour aller pondre ailleurs. Souvent, il arrive que, pressée de pondre, elle dépose ses oeufs au hasard, pourvu que le mâle soit hors de portée; et afin de les sauver tous en masse, elle n'y revient pas. Si quelque chasseur la voit, elle l'éloigne de ses oeufs, comme pour ses petits, en se jetant encore devant lui, jusqu'à ce qu'elle l'ait mis hors de voie. Une fois que la femelle couve après avoir pu se sauver, les mâles poussent des cris et se battent entre eux. C'est à ce temps qu'on les appelle des veufs. Le mâle vaincu, en se battant, suit son vainqueur et ne se laisse cocher que par lui. Si un mâle est vaincu, il est coché par le second ou par tout autre, en cachette du vainqueur. Les choses ne se pas-sent pas ainsi dans toute l'année, mais seulement à certaines époques. SII en est de même des cailles; et parfois aussi, on peut faire ces obser

avec ce qui suit. — Pourvu que le mâle soit hors de portée. Il y a du manuscrits et des éditions qui donnent une affirmation :
• 'dème quand le mâle est à por
e tée. Voir Athénée, liv. IX, p. 389. —A fin de les sauver. De la destruction qu'en fait le mâle. — Comme pour ses petits. Voir le pa¬ragraphe précédent.
§ 4. Des veufs. C'était proba¬blement dans la langue grecque une expression aussi spéciale que

dans la nôtre. — Et ne se laisse
cocher que par lui. Ceci ne se
comprend pas; mais le texte ne
peut avoir que ce gens; et les
manuscrits n'offrent pas de va
riantes. — Si un 'mile est vain
Môme remarque. L'auteur
aurait dû expliquer davantage ce
qu'il veut nous apprendre des rap
ports des mâles entre eux. —
Mais seulement à certaines épo
ques. Ce détail n'est pas complet.
§ 5. 11 en est de même des cail-

vations sur les coqs. Dans les temples où l'on nourrit des coqs sans leurs femelles, tous les coqs viennent successivement cocher le nouveau venu. De même, les perdrix domestiques cochent les per¬drix sauvages, les pillent et les maltraitent de toutes façons. 'Le chef des perdrix sauvages se précipite en criant au-devant de celle qui sert d'appeau, comme pour la combattre; si le premier champion est pris dans les filets, un autre s'avance pour lutter, en poussant les mêmes cris. Voilà ce qu'ils font si c'est un mâle qui sert d'appeau; mais si c'est une femelle qui chante et que le chef des mâles sauvages lui réponde en criant, aussitôt tous les mâles se réunissent pour le frapper, et ils l'éloignent de la femelle, parce qu'il va à la femelle au lieu de venir à eux; alors, celui-là se retire en silence, de peur qu'un autre qui entendrait son

les. Il ne parait pas que ceci soit fort exact. Les mâles se battent vio¬lemment; mais on ne sait pas quel traitement subit le vaincu. — Dans les temples où l'on nour¬rit des coqs. C'étaient les oiseaux sacrés, dont les devins se servaient pour leurs prédictions. — Cocher le nouveau venu. Il est probable que le fait est certain, parce qu'on avait de nombreuses occasions de l'observer. — Les perdrix domes¬tiques. Il semble donc que les Grecs, dès le temps d'Aristote, élevaient des perdrix, comme au¬jourd'hui on élève des faisans.

§ 6. Le chef des perdrix sauva¬ges.... Tout ce passage a paru offrir quelque obscurité à plu-sieurs commentateurs; et en effet tout n'y est pas clair, surtout vers la Rn du paragraphe. — Ils l''éloignent de la femelle au lieu de venir à eux. Ceci ne se com¬prend pas bien, puisqu'il semble que le mâle a été envoyé tout exprès, auprès de l'appeau, par ses compagnons. Mais peut-Mn le mâle ainsi envoyé devait-il seule-ment aller s'assurer de ce qu'était l'appeau. On peut voir dans Pline, liv. X, ch. LI, p. 407, édit. et trad

cri ne vienne combattre contre lui. 'Quelquefois aussi, il arrive, au dire de gens qui en ont été les témoins, que le mâle qui s'approche de la femelle la force à se taire, de peur que, si les autres mâles l'entendaient, il ne fat forcé à se battre contre eux. Mais ce n'est pas seulement un chant qu'a la perdrix; elle peut encore siffler et produire plu-sieurs autres espèces de sous. 'Souvent, une femelle occupée à couver quitte ses oeufs, quand elle voit le mâle s'approcher de la perdrix d'appeau, et elle va se présenter à lui pour se faire cocher par lui, et le détourner de la femelle qui sert à la chasse. Les perdrix et les cailles ont une telle ardeur pour l'accouplement qu'elles se jettent sur les perdrix et les cailles d'appeau, et se posent sur leur tête.

Littré, une reproduction de tout ce passage d'Aristote, que Trogne Pompée parait avoir aussi connu et reproduit.
§ 7. Au dire des gens qui en ont été les témoins. L'auteur n'a pas fait cette observation lui-mê¬me. — Si les autres nulles l'entendaient. Ceci encore est obscur, et l'on ne comprend pas bien ce dont il s'agit. — Mais ce n'est pas seulement.... plusieurs autres es-péter de sons. Ceci est peut-être une addition étrangère. La remarque est vraie; mais elle ne tient, ni

à ce qui précède, ni à ce qui suit.
§ 8. Souvent une femelle 11 y a peu d'animaux chez qui le besoin de l'accouplement soit plus vif que chez les perdrix; tous les naturalistes sont d'accord sur ce point. On peut voir ce qu'en dit Pline, toc. cit. — El se posent sur leur tète. Pline dit que c'est sur la tête de l'oiseleur que les per¬drix vont se poser. Je ne sais ai le fait est exact; mais du moins il attesterait l'aveugle ardeur qui entrains ces oiseaux. Le texte grec peut avoir aussi ce sens.

CHAPITRE X
De quelques autres oiseaux qui nichent à terre tout en volant bien; l'alouette, la bécasse, etc.; du pic, qui frappe les chênes, pour en faire sortir les vers dont il fait sa nourriture; ses on¬gles très-forts; trois espèces de pics; il perce si bien les arbres qu'il finit par les faire tomber; adresse d'un pic apprivoisé pour briser et manger une amande.
'Telles sont donc les observations qu'on a pu faire sur l'accouplement et la chasse des perdrix, et sur le reste de leur détestable caractère. Ainsi qu'on l'a dit, elles font leurs petits k terre, comme nichent aussi les cailles et quelques autres oiseaux, parmi lesquels on peut encore compter l'alouette, la bécasse, avec la caille, qui ne nichent pas sur les arbres, mais sur le sol.! Au contraire, le pic, frappeur de chênes, ne niche point à terre. Il frappe les chênes pour en faire sortir les larves et les vers, et les saisir avec sa langue, qui est large et longue. Il grimpe très-vite sur les arbres, et en

§ 4. Leur détestable caractère. Voir plus haut, ch. IX, § 3. L'ex-pression grecque n'est pas moins orte que celle de ma traduction. — Ainsi qu'on l'a dit. Méme chapitre, § 1. — Arec la caille. Cette répétition est inutile; et c'est peut-être une addition étrangère.
§ 2. Frappeur de chênes. C'est la traduction littérale du mot

grec, qui est composé de deux mots réunis. D'ailleurs, tous les détails donnés sur le pic sont très-exacts. Voir h description des Pics par Cuvier, Règne ani¬mal, tome I, p. 448. Il distingue cinq on sis espèces de pics, de différentes grosseurs. Voir aussi la Zoologie descriptive de M. Claus, p. 986.— Avec sa tan-

tous sens, même la tète en bas, comme le font Ies stellions. II a des ongles plus forts que ceux des geais, et la nature les lui a donnés pour qu'il pût se cramponner solidement aux arbres; et c'est en y enfonçant ses ongles qu'il peut y marcher si sûrement. 4 Il y a une espèce de pic plus petit que le merle, et qui a quelques petites taches rougeâ¬tres. Une autre espèce est un peu plus grosse que le merle ; et une troisième espèce n'est qu'un peu plus petite que la femelle du coq. 4Le pic niche sur les arbres, comme on vient de le dire ; et bien que ce soit sur tous les arbres, c'est particulière-ment sur les oliviers. Il mange les fourmis et les larves qu'il tire des arbres. On assure qu'en cher-chant ces larves, il creuse si bien les arbres qu'il finit par les faire tomber. Un pic apprivoisé pla¬çait une amande dans la fente d'un morceau de

que, qui est large et longue. La langue des picides est organisée d'une façon toute spéciale :.i Pla¬t te, longue et cornée, elle porte • à l'extrémité de courts crochets
• dirigés en arrière, et elle peut
ü se projeter fort loin par suite
» d'un mécanisme particulier de
§ l'appareil hyoldien i.; Cuvier, loc. cit. — Il a des ongles.... Tous ces détails sont exacts.
3. Il y a une espèce de pic. Les descriptions qui suivent ne suffisent pas pour faire reconnaître nettement les diverses espèces de pics. Il est possible, d'ailleurs,

que ces espèces ne soient pas les mêmes dans nos climats qu'en Grèce. — Que la femelle du coq. C'est la poule; mais j'ai tenu à conserver autant que possible la tournure du texte.
§ 4. Comme on vient de le dire. Dans le paragraphe précèdent. — Quil finit par les faire tomber. Cela est d'autant plus possible que c'est à des arbres à moitié pourris déjà que le pic s'attaque. — Un pic apprivoisé. Les pics passent pour des oiseaux tout à fait inso¬ciables; mais il n'est pas impos¬sible qu'à force de soins on en

bois et l'y ajustait de manière qu'elle pût rece¬voir son coup; puis au troisième coup de bec, il la brisait, et il mangeait la partie tendre de l'inté¬rieur.
CHAPITRE XI
Des grues et de leur intelligence dans leurs migrations, dans la marche de leurs volées, dans leur vigilance à terre; intelligence des pélicans pour faire ouvrir les coquillages qu'ils mangent.
' Les grues montrent aussi de l'intelligence dans une foule de choses. Leurs migrations sont très-Iointaines; et elles élèvent prodigieusement leur vol pour voir au loin. Quand il y a des nuages et qu'elles craignent un mauvais temps, elles volent à terre pour s'y arrêter. Elles ont aussi la prudence de se donner un chef ; et elles placent à la queue de la volée quelques grues qui sifflent, pour qu'on les entende en tête. Quand elles s'arrêtent, toutes se mettent à dormir, la tète cachée sous l'aile, se

ait apprivoisé quelques-uns. D'ail-leurs, le tait cité par Aristote a bien pu être réel. Il y a des pics sau¬vages qui, dit-on, en font autant.
§ i. Les grues montrent aussi de l'intelligence. Tous les détails donnés ici sur les grues ont été confirmés par une foule d'obser¬vateurs modernes. — A la queue de la volte... en tête. Le texte

n'est pas aussi précis. — La the cachée sous l'aile... sur une seule patte. Tout cela est exact. — A l'air. Et non sous son aile, comme le reste de la troupe. Cicéron dans le Traité de la nature des Dieux, liv. II, ch. XLIX, cite sur le vol des grues un détail fort curieux, qu'il emprunte à Aristote en le nom¬mant; ce détail devrait se retrou-

tenant sur une seule patte alternativement; mais le chef, qui a la tête à l'air, observe et voit les choses; et s'il s'aperçoit de quelque danger, il donne le signal par un cri. Y Les pélicans, qui vivent sur le bord des rivières, avalent des coquil¬lages, gros et lisses; et quand ils les ont échauffés dans la poche qui est en avant de leur estomac, ils les rejettent, pour que, ces coquillages s'ouvrant alors, ils puissent manger la chair qui s'y trouve.
CHAPITRE XII
Des demeures des oiseaux sauvages; causes de leur construction; intelligence de certains oiseaux; stupidité des autres; l'épervier ; la chasse que font les oiseaux de proie n'est pas la mémo dans toutes les saisons; le vautour; opinion d'Hérodore. père de Bryson, le sophiste; retraites des vautours; ils ne font qu'un ou deux oeufs au plus; le roitelet.
t Les demeures des oiseaux sauvages sont cal-culées pour qu'ils puissent à la fois y vivre, et y élever leurs petits en sûreté. Les uns aiment beau

ver ici, et il y manque. Peut-être Cicéron avait-il un autre texte sous les yeux.
12. Lu pélicans.... sur le bord
des rivières. Ceci n'est pas abso¬lument exact; et les pélicans se tiennent plutôt sur le bord des muais, où ils nichent, et à rem

bouchure des fleuves, que sur le bord de la mer.
§ t. Des oiseaux sauvages. II
semblerait d'après cette expres¬sion qu'il n'aurait été question jusqu'ici que des oiseaux cimes, tiques, auxquels on opposerait les oiseaux sauvages; il n'en est

coup leur progéniture et la soignent passionné-ment; les autres sont tout le contraire. Ceux-là sont pleins d'adresse pour se procurer tout ce qu'il faut à leur existence; ceux-là ne savent rien faire. :Il en est qui font leurs demeures dans des ravins, dans des trous, dans des rochers, comme l'oiseau qu'on appelle l'oiseau des ravins (charadrios). Il est fort laid de couleur et de chant; il ne se montre que la nuit; et il se cache de jour. L'épervier niche aussi dans Ies lieux les plus escarpés. Tout carnassier qu'il est, il ne mange pas le cœur des oiseaux dont il fait sa proie. Quelques personnes l'ont observé sur la caille et sur la grive ; d'autres ont fait la même observation sur d'autres oiseaux.
Il y a aussi de grands changements dans la ma¬nière dont chassent les oiseaux de proie; et ils ne chassent pas leur proie en été absolument comme

rien, puisque, dans le chapitre précédent, l'auteur a traité des grues et des pélicans. D'ailleurs, les distinctions faites ici sont très justes; et l'industrie de ces oiseaux varie beaucoup selon les espèces.
§ 2. Charadrios. Le mot grec, reproduit dans ma traduction, a été conservé par la science mo¬derne pour désigner le pluvier, oiseau voyageur, qui niche dans des trous et se nourrit d'insectes. Voir la Zoologie descriptive de M. Claus, p. 971. — Il se cache de jour. C'est en effet pendant

la nuit que sort le charadrios, ou pluvier, pour atteindre sa proie. — Il ne mange pas le cœur... Je ne crois pas que ce fait ait été constaté par des recherches ré¬centes; il semble bien que c'est là un conte populaire, malgré les observations diverses que cite l'auteur.
§ 3. Comme en hiver. Le texte est moins précis; mais le sens ne peut être douteux; j'ai ajouté ces mots, qui sont implicitement compris dans l'expression qu'em¬ploie l'auteur; c'est l'hiver qui peut être opposé à l'été. — On

en hiver. On prétend quelquefois que jamais per-sonne n'a vu, ni les petits, ni le nid d'un vautour ; et c'est ce qui fait qu'Hérodore, le père de Bryson, le sophiste, soutenait que les vautours doivent venir de quelque région étrangère et fort élevée, puisqu'on les voit, disait-il, arriver tout à coup en foule, sans que personne sache d'où ils partent. C'est qu'en effet le vautour pond dans des lieux inac¬cessibles; et qu'il n'est pas indigène dans beaucoup de pays. Il ne fait qu'un oeuf, ou deux tout au plus.
Quelques oiseaux habitent les montagnes et les forêts, comme la huppe et le Brenthos. Ce dernier oiseau se nourrit aisément partout, et il chante. Le roitelet se cache dans les fourrés et dans les grottes; il est difficile à prendre et prompt à fuir, parce qu'il est très-craintif ; d'ailleurs; il se nourrit sans peine, et il est assez industrieux. On l'appelle le Sénateur et le Roi; aussi, prétend-on que l'aigle lui fait la guerre.

prétend... L'auteur ne parait pas croire lui-même beaucoup à cette assertion. Il est vrai que le vautour niche dans les lieux les plus inaccessibles. — Hérodote, k père de Bryson. Voir plus haut, liv. VI, ch. v, § t. L'auteur dit déjà dan» ce passage à peu près ce qu'il répète dans celui-ci. La seule différence, c'est qu'au liv. VI, il affirme qu'on a vu par-fois des nids de vautour. — Il ne fait qu'un œuf, ou deux tout au

plus. Dans le ch. v, du liv. VI, l'au¬teur dit expressément Deux oeufs.
§ 4. Le Brenthos. Voir plus haut eh. u, § 7. Le Brenthos doit être une espace de mouette, qui habite les rochers des bords de la mer ou des îles, — Le roitelet se cache... Ce détail parait exact. — Le Sénateur. Voir plus haut, ch. u, § 6. — Que l'aigle lui fait la guerre. Sans doute, parce que l'aigle, dit-on, serait jaloux du titre que porte ce roitelet.

CHAPITRE XIII
Des oiseaux vivant aux bords des eaux; le cincle; sa conformation vicieuse; des oiseaux palmipèdes; quelques oiseaux fissipèdes vivent aussi sur le bord de l'eau; l'anthos; le catarrhacte; le cygne; son caractère plein de douceur; sa lutte contre l'aigle; son chant; témoignages des navigateurs; la cymindis; citation d'Homère; la hybris; ses combats contre l'aigle; combats furieux des grues entre elles.
' Certains oiseaux vivent sur le bord de la mer, par exemple, le Hoche-queue (cincle). II est rusé et très-difficile à attraper; mais une fois pris, on l'apprivoise fort aisément. On peut le trouver mal fait, parce qu'iI n'est pas maître du mouvement des parties postérieures de son corps. Tous les oiseaux palmipèdes vivent aux bords de la mer, des rivières et des lacs, parce que la nature elle-même cherche ce qui est convenable à chacun des

t. Le Hoche-queue. Selon toute apparence, le Cincle est le Hoche-queue, comme semble le prouver la 6n du paragraphe. La zoologie moderne a conservé le nom grec de Cinclus pour un oiseau de l'espèce des gri¬ves, Turdides; voir la Zoologie descriptive de M. Claus, p. 997. Voir aussi Cuvier, Règne animal, tome I, p. 375. Le Cincle ressemble au merle. — Madre des parties postérieures de son corps.

L'expression est singulière; mais elle est exacte.
§ 2. Palmipèdes. C'est la tra¬duction littérale du mot grec; et c'est aussi le mot qu'a adopté la science moderne. Aristote avait très-bien vu l'organisation toute spéciale qui distingue ces oiseaux de tous les autres. — La nature elle - mime. C'est une pensée qu'Aristote a répétée dans tous ses ouvrages; et personne plus que lui n'admire l'intelligence

êtres. Beaucoup d'oiseaux fissipèdes vivent aussi près des eaux et des étangs. Ainsi, l'anthos vit auprès des rivières; il est d'une couleur superbe, et il trouve partout sa nourriture. Le catarrhacte habite le bord de la mer; et quand il plonge, il reste sous l'eau à peu près le temps qu'il faudrait à l'homme pour parcourir la longueur d'un plèthre. C'est un oiseau un peu plus petit que l'épervier.
Les cygnes sont des palmipèdes, vivant sur le bord des fleuves et des marécages, où ils trouvent facilement à vivre; ils sont de mœurs douces, pleins de tendresse pour leurs petits, et ils deviennent très-vieux. Quand l'aigle est le premier à attaquer, le cygne en est vainqueur et le repousse ; mais il ne commence jamais la guerre. Les cygnes chan¬tent; et ils chantent surtout quand leur mort ap

répandue dans la nature entière. — Fissipèdes. Même remarque que sur le nom de Palmipèdes. — L'anthos. Voir plus haut, ch. II, § 11. C'est sans doute sa belle couleur qui lui a fait donner son nom, Anthos signifiant Fleur. II parait aussi que le plumage de cet oiseau est encore plus bril¬lant sous le soleil de la Grèce que dans nos climats.
t 3. Le catarrhacte. J'ai conservé le mot grec, parce que l'identification n'est pas sûre. On croit qu'il s'agit d'une espèce de foulque, ou poule d'eau; voir la Zoologie descriptive de M. Claus, p. 977, Fulica atra; voir aussi le

Catalogue de MM. Aubert et Wimmer, tome 1, p. 94, § 42. Cet oiseau habite les étangs et les grands lacs, plutôt que la mer. — Un ptèthre. J'ai dû reproduire le mot grec Plèthre, parce qu'on n est pas bien fixé sur cette longueur. On croit que c'est 30 métres environ; c'est déjà une assez grande distance pour un homme nageant sous l'eau.
§ 4. Les cygnes. La description est assez exacte, sauf( les erreurs populaires, que l'auteur aurait pu laisser de côté. — Quand l'aigle est le premier... Voilà encore une de ces fables que les naturalistes ne devraient pas ac-

proche. Ils volent jusqu'en haute mer; et des na¬vigateurs, qui allaient en Libye, ont rencontré en mer des troupes de cygnes qui chantaient d'une voix lamentable; ils en ont vu quelques-uns mou¬rir sous leurs yeux. 'La Cymindis se montre très-rarement, parce que cet oiseau habite les monta¬gnes; il est de couleur noire, et de la grosseur d'un épervier, du genre qu'on appelle Tue-pigeon ; il est de forme allongée, et il est maigre. C'est en Ionie, qu'on le nomme Cymindis; et Homère en fait mention dans l'Iliade :
Les dieux l'appellent Chalcis,
Et les hommes l'appellent Cymindis
'La Hybris, que l'on confond quelquefois avec le Plynx, ne se montre pas de jour, parce qu'elle a une mauvaise vue; et elle chasse la nuit, comme

cueillir. — Quand leur mort approche. Il n'y a guère de récit plus répandu que celui-là dans les auteurs de l'Antiquité; on ne saurait dire sur quel fondement sérieux il s'appuie, si ce n'est qu'il y a une espèce de cygne qui a un chant un peu mieux arti¬culé que les autres espèces, Cygnus musions; voir la Zoo¬logie descriptive de M. Claus, p. 967. — Des navigateurs. C'était sans doute un témoignage assez important ; mais les cygnes morts sous les yeux des navigateurs ne chantaient pas leurs funérailles,

comme l'ont dit les poètes. Cette fable sur le chant des cygnes est déjà dans le Phédon de Platon, page 248, trad. V. Cousin.
§ 5. La Cymindis. On ne sait quel est cet oiseau, malgré les indications données ici. On ne le connaît pas davantage sous son nom vulgaire de Chalcis. Le seul point qui soit certain, c'est qu'on le trouve en Ionie: et c'est là sans doute qu'Homère l'avait vu. — Dans l'Iliade. Chant XIV, v. 291, édit. Firmin-Didot.
6. La Hybris... le Plynx. On

chassent également les aigles. Elle lutte aussi contre l'aigle avec tant de fureur que souvent les bergers les prennent vivants tous les deux à la fois. Elle ne pond que deux oeufs, et elle niche dans les rochers et dans les cavernes.' Les grues aussi se battent si furieusement entre elles que les deux qui se battent se laissent prendre, toutes vivantes, par les pâtres qui surviennent. La grue ne pond également que deux oeufs.

ignore ce que sont ces deux oiseaux. — Comme chassent également les aigles. Le fait ne parait pas exact; et il est pro¬bable qu'il y a ici quelque erreur de copiste. On a propose une variante ingénieuse, qui, en ne changeant qu'une ou deux lettres, permettrait de lire les Ducs, au lieu des Aigles. Cette leçon serait fort acceptable. — Elle tulle aussi contre l'aigle. On en peut

conclure que la hybris doit être un oiseau assez fort; mais cette indication nouvelle reste toujours très-vague.
7. Les grues aussi. Le fait parait exact. Gaza semble avoir eu un texte un peu différent du nôtre, puisqu'il dit expressément que les deux oiseaux tombent à terre. — Deux oeufs. C'est en effet le nombre d'oeufs que la grue pond habituellement.
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

FIN DU LIVRE NEUF.