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table des matières de l'œuvre d'Aristote table des matières de l'histoire des animaux
ARISTOTE
HISTOIRE DES ANIMAUX D'ARISTOTE
LIVRE IV
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LIVRE IV CHAPITRE PREMIER Des animaux qui n'ont pas de sang ; les mollusques ; les crustacés ; les testacés ; les insectes ; description générale de ces quatre genres ; description particulière des mollusques ; leur organisation ; leurs pieds et leur tête ; suçoirs à l'extrémité de leurs pieds ; leur mode d'accouplement ; leur tuyau mobile ; différence des polypes et des mollusques ; longueur des tentacules dans les grands et les petits calmars ; la poche et la bouche des mollusques ; organisation de la poche ; l'œsophage ; l'estomac ; la mytis, ou réservoir de l'encre ; un seul organe dans les mollusques pour rejeter l'encre et les excréments ; poils intérieurs des mollusques ; la seiche et les calmars ; les polypes ; leur organisation ; différences des femelles et des mâles ; œuf énorme du polype ; œufs de la seiche; genre de vie des polypes ; espèces diverses, avec une coquille ou sans coquille ; analogies avec le colimaçon. — Résumé. |
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[523b.31] § 1. Dans tout ce qui précède, on vient de traiter, en ce qui concerne les animaux qui ont du sang, des parties qui sont communes à tous, et de celles qui sont spéciales à chaque genre d'animal. On a traité également des parties qui ne sont pas similaires et de celles qui le sont. Enfin, on a traité des parties intérieures et des parties externes. [524a] Il faut maintenant étudier les animaux qui n'ont pas de sang. § 2. Les espèces de ces animaux sont nombreuses. Ce sont d'abord ceux qu'on appelle mollusques. On nomme mollusques les animaux qui, privés de sang, ont leurs parties charnues à l'extérieur, et les parties solides en dedans, comme les animaux qui ont du sang. Tel est le [5] genre de la seiche. § 3. En second lieu, viennent les crustacés, ou coquillages mous. Ces animaux sont tous ceux qui ont la partie solide au dehors, et la partie molle et charnue au-dedans. Leur partie dure ne se casse pas ; mais elle se déchire ; tel est le genre des langoustes et des crabes. § 4. Il y a encore le genre des testacés, dont la peau est analogue à l'huître. Ceux-là ont la partie charnue à l'intérieur, [10] la partie solide au-dehors ; mais cette partie solide se casse et se brise ; elle ne se déchire pas ; tel est le genre des limaçons et des huîtres. § 5. Le quatrième genre d'animaux qui n'ont pas de sang est celui des insectes ; il comprend une foule d'espèces, n'ayant aucune ressemblance. On entend par insectes tous ceux qui, comme le nom même l'indique, ont des sections, soit en dessous du corps, soit en dessus, [15] ou même dans ces deux sens à la fois, et qui n'ont ni partie épaisse, ni partie charnue séparées, mais quelque matière intermédiaire, leur corps étant également dur au-dedans et au-dehors. § 6. Il y a des insectes qui sont sans ailes, comme le mille-pattes, et la scolopendre ; d'autres en ont, comme l'abeille, le hanneton, et la guêpe. Parfois, la même espèce est [20] ailée et ne l'est pas : par exemple, les fourmis, dont les unes ont des ailes, tandis que d'autres n'en ont pas, non plus que ceux qu'on appelle vers luisants. § 7. Pour les animaux surnommés mollusques, voici quelles sont leurs parties extérieures. D'abord, c'est ce qu'on appelle leurs pieds ; et en second lieu, c'est leur tête, qui tient à ces pieds. La troisième partie est le manteau, qui enveloppe tout ce qui est à l'intérieur ; quelques auteurs l'appellent la tête ; mais [25] c'est à tort. Enfin, viennent les nageoires, qui entourent circulairement le manteau. § 8. Une organisation commune à tous les mollusques, c'est d'avoir la tête placée entre les pieds et le ventre. Tous ils ont huit pieds, et ces pieds sont à deux suçoirs, excepté dans une seule espèce de polypes. Un organe particulier aux seiches, aux grands [30] et aux petits calmars, c'est d'avoir deux trompes allongées ; ces trompes ont à leur extrémité une aspérité à double suçoir. Ces animaux s'en servent pour attirer leur nourriture, et la porter à leur bouche. Quand la mer est mauvaise, ils jettent leurs trompes sur un rocher, où ils les attachent, en guise d'ancre, pour se maintenir contre la force des vagues. [524b] Ils nagent à l'aide des espèces de nageoires qu'ils ont autour du ventre. Tous les mollusques ont des suçoirs à leurs pieds. § 9. Le polype se sert de ses tentacules en manière de pieds et de mains. Il prend ses aliments par les deux qui se trouvent au-dessus de la bouche ; [5] et le dernier de ses tentacules lui sert à l'accouplement. Ce tentacule est le plus pointu ; il est le seul à être un peu blanchâtre ; et à son extrémité, il est bifurqué ; il est placé sur le rachis ; et dans le polype, on appelle rachis la partie lisse en avant de laquelle sont les suçoirs. § 10. Au devant du tronc, au-dessus des tentacules ou bras, ils ont un tuyau [10] creux, qui leur sert à rejeter le liquide qu'ils ont pu avaler dans leur corps, en prenant leur nourriture. Ils portent ce tuyau tantôt à droite, tantôt à gauche ; et c'est par-là aussi qu'ils rejettent leur encre, ou limon. § 11. Le polype nage de côté, dans le sens de ce qu'on appelle sa tête, en étendant ses pieds. En nageant de cette façon, il peut voir [15] en avant de lui ; ses yeux alors sont en haut, et sa bouche est en arrière. Tant qu'il est vivant, sa tête est dure, comme si elle était gonflée. Il saisit sa proie et la retient avec ses bras inférieurs ; la membrane qui est entre ses pieds s'étend alors tout entière. Mais une fois sur le sable, il ne peut plus s'y maintenir. § 12. [20] Une différence entre les polypes et les mollusques dont on a parlé, c'est que les polypes ont la poche petite, et les pieds longs, tandis que les mollusques ont au contraire la poche longue et les pieds courts, de façon qu'ils ne peuvent pas s'en servir pour marcher. § 13. En comparant des mollusques entre eux, on peut dire que le [25] calmar est plus long, et que la seiche est plus large. Parmi les calmars, ceux qu'on appelle les grands calmars sont en général plus grands que tous les autres. Il y en a qui ont jusqu'à cinq coudées de long; parfois, la seiche en a deux; et il y a des tentacules de polype qui ont cette longueur, et qui sont même encore plus longs. § 14. Les grands calmars sont rares ; ils diffèrent [30] de forme avec les petits calmars, en ce que leur partie pointue est plus large. La nageoire circulaire enveloppe toute la poche, tandis qu'elle n'existe pas dans le petit. Du reste, le grand et le petit calmar habitent tous les deux la haute mer. § 15. [525a] Dans tous les mollusques, la tête est placée après les pieds, et entre les pieds qu'on appelle des tentacules. Au milieu de la tête, est la bouche, qui a deux dents; et au-dessus des dents, deux gros yeux. Entre les yeux, se trouve un petit cartilage contenant un cerveau également petit. Dans la bouche, il y a un petit morceau de chair; aucun mollusque n'ayant de [5] langue, c'est ce petit corps qui la remplace. Après la tête, on peut voir à l'intérieur ce qu'on appelle la poche. § 16. La chair dont la poche est composée peut se diviser, non pas en ligne droite, mais circulairement ; et chez tous les mollusques, cette chair est entourée d'une peau. Après la bouche, les mollusques ont un œsophage long et étroit, [10] qui est suivi d'un grand jabot circulaire, dans le genre de celui des oiseaux. Après le jabot, vient un estomac, comme la caillette des ruminants, et dont la forme rappelle la spirale des mollusques-buccins. Du haut de cet estomac, un intestin mince revient vers la bouche ; et cet intestin, quoique mince, est plus épais que l'œsophage. § 17. Aucun mollusque n'a de viscères, si ce n'est cette partie nommée [15] la mytis; et dans la mytis, l'encre ou limon. C'est la seiche qui a le plus d'encre, et la mytis la plus grande. Tous les mollusques lâchent leur encre quand ils ont peur, et surtout la seiche. La mytis, ou réservoir, est sous la bouche; et l'œsophage la traverse. En bas, là où l'intestin se replie, est l'encre ; [20] et c'est la même membrane qui enveloppe l'encre et l'intestin. L'animal rejette par le même organe l'encre et ses excréments. Enfin, les mollusques ont à l'intérieur du corps des espèces de poils. § 18. La seiche, le petit calmar, et le grand calmar, ont les parties solides intérieurement dans le haut de leur corps ; et ces parties solides se nomment dans les seiches l'os de seiche; et dans les calmars, l'épée. La différence, c'est que l'os de seiche [25] est dur et large, tenant de l'os et de l'arête, et étant au-dedans poreux et friable. Au contraire, l'épée du petit calmar est mince et plus cartilagineuse. Ces parties diffèrent de l'une à l'autre de ces espèces, comme y diffèrent aussi les poches. § 19. Les polypes n'ont aucune partie solide à l'intérieur ; ils ont seulement vers la tête une partie qui se rapproche du cartilage, [30] et qui tend à se durcir à mesure que l'animal vieillit. § 20. Une différence à signaler entre les femelles et les mâles, c'est que les mâles ont, sous l'œsophage, un conduit qui, partant du cerveau, s'étend jusqu'à la région inférieure de la poche. Le point où aboutit ce conduit ressemble à une mamelle. Dans les femelles, il y a deux organes de ce genre, et ils sont placés en haut. [525b] Dans la femelle et le mâle également, il y a sous ces organes quelques petits corps tout rouges. § 21. Le polype produit un œuf unique, à surface irrégulière et fort gros ; au-dedans, est un liquide, qui est tout entier de couleur uniforme, très fluide et tout blanc. [5] Le volume de cet œuf est assez considérable pour que le contenu puisse remplir un vase plus capace que la tête du polype. La seiche a deux poches ; et dans ces poches, une quantité d'œufs, qui ressemblent à des grêlons blancs. Du reste, pour connaître la position de chacune de ces parties, il faut la regarder dans le dessin des Dissections.
§ 22. Pour toutes ces espèces, les mâles diffèrent [10] des
femelles, surtout dans la seiche. Le mâle a toujours le dessus de la
poche plus noir et plus dur que le dessous, comparativement à la
femelle ; il a des raies de diverses couleurs en forme de bâtons ;
et la queue de son corps est § 23. Les espèces de polypes sont nombreuses ; il en est une qui paraît plus souvent que les autres à la surface des eaux, et c'est la plus grande. Les polypes qui se tiennent près des côtes sont beaucoup [15] plus gros que ceux de la haute mer. Il y en a d'autres qui sont petits, de diverses couleurs, et qu'on ne mange pas. On compte encore deux espèces. L'une est celle qu'on appelle hélédône, qui diffère des autres mollusques par la longueur de ses pieds, et aussi parce que, seul entre tous, il n'a qu'une rangée de suçoirs, tandis que tous les autres en ont deux. L'autre espèce est celle qu'on appelle tantôt bolitaine, et tantôt ozolis. § 24. [20] Enfin, deux autres espèces de polypes sont dans des coquillages. Une première est appelée tantôt nautile ou nautique, et tantôt œuf de polype. La coquille de ce polype ressemble à un peigne ; elle est creuse, et l'animal n'y est pas adhérent. C'est sur les côtes qu'il vient souvent chercher sa nourriture ; les vagues le jettent alors sur terre, où il demeure à sec ; sa coquille tombe bientôt; il est pris, [25] et il meurt sur le sol. Ces polypes-là sont petits ; et leur forme est à peu près celle des bolitaines. § 25. Une seconde espèce de mollusques se tient, comme le colimaçon, dans une coquille ; il n'en sort pas ; et comme le colimaçon encore, il y séjourne. Parfois, il en fait sortir ses tentacules au dehors. § 26. Voilà ce que nous avions à dire sur les mollusques. |
1. Dans tout ce qui précède. On peut entendre par là les trois livres précédents, en leur totalité. — Communes à tous. Voir plus haut liv. I, ch. II. — Qui ne sont pas similaires. Id. ibid., ch. I, § § 1, 2 et 3. — Qui n'ont pas de sang. Ou plutôt, qui n'ont pas de sang rouge. Voir plus haut, liv. I, ch. V, 13. Aristote divise les animaux en deux grandes classes : ceux qui ont du sang, et ceux qui n'en ont pas. Cette dernière classe comprend les animaux dont le sang n'est pas rouge, les animaux à sang blanc. Ceci est un des traits essentiels de la méthode zoologique d'Aristote.
§ 2.
Ceux qu'on appelle Mollusques. Dans la science moderne les
Mollusques forment la seconde classe des animaux, et ils viennent
après les vertébrés. Voir Cuvier, Règne animal, tome III, pp.
1 et suivantes, et tome I, Introduction, p. 49. — Ont leurs
parties charnues à l'extérieur. C'est à peu près la même
définition que donne Cuvier : « Dans la deuxième forme des animaux,
il n'y a point de squelette ; les muscles sont attachés seulement à
la peau, qui forme une enveloppe molle, contractile en divers sens,
dans laquelle s'engendrent dans beaucoup d'espèces des plaques
pierreuses appelées coquilles, etc., etc. § 3. Les crustacés, ou coquillages. Il n'y a qu'un seul mot dans le texte. Les crustacés forment le second genre des animaux articulés; Cuvier. Règne animal, tome III, p. 183. — Ne se casse pas; mais elle se déchire. C'est à peu près la seule différence qu'Aristote mette entre les testacés et les crustacés, comme le prouve le paragraphe suivant. — Des langoustes et des crabes. Leur enveloppe se casse bien plutôt qu'elle ne se déchire. § 4. Dont la peau est analogue à l'huître. La science moderne n'a pas fait une classe à part pour les testacés, qui semblent en général confondus avec les crustacés. Le nom de crustacés ne signifie d'ailleurs qu'animal à croûte. — Elle ne se déchire pas. Par opposition à celle des crustacés du paragraphe précédent. § 5. Le quatrième genre d'animaux qui n'ont pas de sang. Les insectes forment la quatrième classe d'animaux articulés; Cuvier, Règne animal, tome III, p. 184. — Celui des insectes. La science moderne a adopté aussi cette classification. — Une foule d'espèces. Cuvier fait la même remarque ; il considère les insectes comme la classe la plus nombreuse de tout le règne animal, et il ajoute que les insectes varient à l'infini par les formes de leurs organes de la bouche et de la digestion, etc., Id. ibid. pp. 184 et 186. Voir aussi la Zoologie descriptive de M. Claus, p. 536, de la trad. franç., Arthropodes, Hexapodes. — Ont des sections. Nous avons conservé dans notre langue ces analogies : Insectes, Sections. La science moderne distingue dans les insectes trois parties bien séparées en général : la tête, le thorax et l'abdomen. Voir Cuvier et M. Claus, loc. cit. — Également dur au-dedans et au-dehors. Ceci n'est pas tout à fait exact. § 6. Qui sont sans ailes... d'autres en ont. Cette distinction est très réelle et très simple. Voir Cuvier, Règne animal, tome IV, pp. 298 et 312. La science moderne a tenu aussi très grand compte de cette différence : Ailés, et Sans ailes. — Mille-pattes. Ou mille-pieds ; nous avons conservé cette dénomination. — Scolopendre. De la famille des chilopodes, ordre des insectes myriapodes ; voir Cuvier, Règne animal, tome IV, pp. 335 et suivantes. La scolopendre a au moins quinze paires de pattes. — L'abeille, le hanneton et la guêpe. Il est bien vrai que ces trois espèces ont ce caractère commun d'avoir des ailes ; mais leurs ailes sont très différentes. — La même espèce. Ceci est très exact. — Vers luisants. L'expression grecque est plus forte : « Queue lumineuse ». § 7. Pour les animaux surnommés Mollusques. Voir plus haut, § 2. - D'abord, c'est ce qu'on appelle leurs pieds. En avant de leur tête; et de là, vient cette première classe de mollusques qu'on appelle céphalopodes, dont la tête est couronnée par des productions charnues, au moyen desquelles ils marchent et saisissent les objets. — Leur tête, qui tient à ces pieds. D'où le nom de céphalopodes qu'a adopté la zoologie moderne. — Le manteau. Ce mot très juste a été conservé dans la science; voir Cuvier, Règne animal, tome III, p. 4. Le manteau est un développement de la peau qui recouvre le corps ; on appelle mollusques nus ceux dont le manteau est simplement membraneux ou charnu; mais souvent sous le manteau suinte une substance qui se durcit et devient une coquille, sous laquelle l'animal trouve un abri. Alors il devient testacé. Voir la Zoologie descriptive de M. Claus, p. 398, trad. franç. — Quelques auteurs. Il est à regretter qu'Aristote n'ait pas donné une indication plus précise. — Les nageoires. C'est encore le nom que la science moderne a conservé. Dans plusieurs espèces de mollusques, les ptéropodes, les principaux organes du mouvement ont deux ailes, ou nageoires membraneuses, aux côtés du col ; dans les céphalopodes, les côtés du manteau s'étendent en nageoires charnues ; voir Cuvier, Règne animal, tome III, pages 7 et 8; voir aussi le Traité des Partie des animaux, liv. IV, ch. IX, p. 218, édit. et trad. Frantzius. § 8. La tête placée entre les pieds. D'où le nom très caractéristique de céphalopodes. — Et le ventre. Ceci n'est pas également exact. — Tous ils ont huit pieds. Le nombre de pieds n'est peut-être pas le même dans tous les mollusques ; mais il est de huit en effet dans les seiches, dont Aristote vient de parler un peu plus haut. Voir Athénée, liv. VII, pp. 316, 323, citant Aristote, sur les polypes. — Deux suçoirs. Le texte dit précisément : Cavités. — Dans une seule espèce de polypes. Il aurait fallu indiquer cette espèce exceptionnelle. — Deux trompes allongées. Aristote se sert ici du même mot. qu'il emploie pour désigner la trompe de l'éléphant. Toutes ces observations sur les polypes sont reproduites presque entièrement dans le Traité des Parties des animaux, liv. IV, ch. IX, p. 218, édit. et trad. de M. Frantzius. - A double suçoir. Ou plus simplement : « partagée en deux ». — A leur bouche. Pour les céphalopodes, la bouche est un trou percé entre les bases des pieds ; cette bouche a deux fortes mâchoires de corne, semblables au bec d'un oiseau. Voir Cuvier, Règne animal, tome III, p. 9. — En guise d'ancre. Cette comparaison est toute naturelle ; mais on doit la remarquer, parce que cette forme de langage est fort rare dans le style d'Aristote. Cuvier, Règne animal, tome III, p. 14, l'a prise aussi en parlant des calmars. — Tous les mollusques ont des suçoirs. La science moderne n'a pas ratifié cette généralité, et les suçoirs ou ventouses n'appartiennent qu'à la première classe des mollusques, les céphalopodes ; voir Cuvier, Règne animal, tome III, p. 8. Dans les gastéropodes, les tentacules, au nombre de deux à six, ne servent qu'au tact, et peut-être à l'odorat, Id. ibid., p. 31. § 9. Le polype se sert de ses tentacules. Le mot du texte auquel correspond celui de tentacules est plus expressif, en ce qu'il contient la double idée d'enlacer et de saisir. — Il prend ses aliments. Voir le paragraphe précédent. Tout ce passage semble suspect à MM. Aubert et Wimmer, comme il l'a semblé à d'autres éditeurs et commentateurs avant eux. Ce qui nuit surtout à l'explication qu'on en pourrait donner, c'est qu'on ne sait pas au juste à quelle espèce de polype s'applique ce que dit Aristote; il est bien possible qu'il y ait des polypes du genre de ceux qu'il décrit; mais quels sont-ils? C'est ce qu'on ignore. — Et le dernier de ses tentacules. Comme Aristote n'a pas désigné un premier tentacule, on ne sait pas ce qu'il entend ici par un dernier tentacule. La génération est très diversifiée chez les mollusques : hermaphrodites se fécondant eux-mêmes, hermaphrodites à accouplement réciproque, séparation des sexes, vivipares, ovipares, œufs dans des coquilles, œufs visqueux, etc. Dans les céphalopodes en particulier, les sexes sont séparés; mais la fécondation se fait, à ce qu'on croit, par arrosement, comme dans la plupart des poissons; Cuvier, Règne animal, tome III, pp. 6 et I I ; Zoologie descriptive de M. Claus, p. 670, trad. franç. — Il est placé sur le rachis... on appelle rachis. Aristote sent le besoin d'expliquer lui-même ce qu'on doit entendre par rachis chez les mollusques. Il n'y a rien en effet en eux qui ressemble au rachis des vertébrés. — La partie lisse. La description est suffisamment claire ; mais ici encore il faudrait savoir à quelle espèce de polype elle s'applique particulièrement. § 10. Des tentacules ou bras. Il n'y a qu'un seul mot dans le texte. — Un tuyau creux. D'après la Zoologie descriptive de M. Claus, p. 669, trad. franç., c'est plutôt une saillie infundibuliforme, par laquelle s'échappent et les excrétions et l'eau qui a servi à la respiration ; ce n'est donc pas précisément un tuyau, comme le dit le texte. Dans les céphalopodes, auxquels sans doute Aristote fait allusion : « un entonnoir charnu placé à l'ouverture du sac, devant le col, donne passage aux excrétions. La respiration se fait par l'eau qui entre dans le sac, et qui en sort au travers de l'entonnoir. » Cuvier, Règne animal, tome III, pp. 8 et 9. — Leur encre ou limon. Il n'y a qu'un seul mot dans le texte, qui encore n'est pas le même dans tous les manuscrits. Cette propriété des céphalopodes est bien connue ; cette excrétion est d'un noir très foncé, et ces animaux la lancent pour teindre l'eau de la mer et s'y cacher; elle est produite par une glande, et déposée dans un sac que l'animal ouvre à son gré. § 11. Nage de côté. Ce n'est pas tout à fait ainsi que Cuvier décrit la marche des céphalopodes : « Ils nagent, dit-il, la tête en arrière, et ils s'avancent dans toutes les directions, ayant la tête en bas et le corps en haut. » Règne animal, tome III, p. 8. — Est dure, comme si elle était gonflée. Ceci ne se comprend pas très bien, et les traités de Zoologie moderne ne fournissent rien qui se rapporte à cette particularité. — Avec ses bras inférieurs. On pourrait comprendre aussi : Avec ses bras, ou tentacules recourbés. — S'y maintenir. L'expression du texte est assez vague ; mais on comprend qu'elle est fort exacte, pour peu qu'on ait vu un polype échoué sur le sable, où en effet il ne peut plus se mouvoir et ne tarde pas à mourir. § 12. Les mollusques dont on a parlé. Voir plus haut, § 7. — La poche. J'ai pris cette expression de la zoologie moderne ; mais l'expression du texte est peut-être un peu plus générale, et signifierait ventre, aussi bien que poche. — Les pieds courts. Ce ne sont pas des pieds dans le vrai sens du mot; et ces appendices n'ont absolument rien de ce qu'il faut pour la marche. § 13. Le calmar est plus long.... la seiche Voir Cuvier, Règne animal, tome III, pp. ii et suiv.; voir aussi le Catalogue de MM. Aubert et Wimmer, p. 150 article Teuthis. — Les grands calmars. La science moderne a conservé ces distinctions; voir Cuvier, loc. cit., p. 15. — Cinq coudées de long. Il n'y a rien d'impossible à cette énorme étendue des tentacules des polypes, ou poulpes. Sans être aussi précis, Cuvier constate que les huit pieds des poulpes, longs et forts comme ils sont, forment des armes redoutables, non pas seulement à des animaux, mais à des nageurs, que le poulpe fait périr. J'ai entendu fréquemment dire les mêmes choses sur les bords de la Méditerranée. La seiche vulgaire (polypes d'Aristote) a des bras six fois aussi longs que son corps, garnis de 120 paires de ventouses : « Elle infeste nos côtes en été, dit Cuvier, et elle détruit une immense quantité de crustacés », id., ibid. — La seiche en a deux. Selon Cuvier, l'espèce répandue dans toutes nos mers a un pied, et plus, de longueur, id., ibid., p. 16. § 14. Leur partie pointue. L'expression est un peu vague ; mais évidemment Aristote désigne ainsi la lame de corne, en forme d'épée ou de lancette, que les calmars (Loligo) portent dans le dos, au lieu de coquille. Les distinctions signalées ici entre le grand et le petit calmar n'ont pas été conservées dans la science contemporaine, bien qu'elles paraissent être très réelles. Voir, sur le teuthos et la teuthide, Athénée, liv. VII, p. 326, citant Aristote. — Habitent tous les deux la haute mer. Aristote veut sans doute par là signaler la difficulté de bien observer ces animaux. Voir le Traité des Parties des animaux, liv. IV, ch. IX, p. 214, édit. et trad. Frantzius, sur l'organisation des mollusques. § 15. Dans tous les mollusques. Cette description des mollusques ne diffère presque pas dans ses traits essentiels de celle qu'a donnée Cuvier, Règne animal, tome Ill, pp. 4 et 8. La description aristotélique se rapporte surtout aux céphalopodes. — Qu'on appelle des tentacules. Voir plus haut, § 9, et la note. — Au milieu de la tête. J'ai adopté la correction de MM. Aubert et Wimmer; la leçon ordinaire est insuffisante. - Et au-dessus des dents, deux gros yeux. Cuvier dit : « La tête sort du sac ; elle est ronde, pourvue de deux grands yeux, et couronnée par des bras ou pieds charnus... ; entre les bases des pieds est percée la bouche, etc., etc., » Règne animal, tome Ill, pp. 8 et 9. — Un petit cartilage. Cuvier dit presque dans les mêmes termes : « Le cerveau des Céphalopodes est renfermé dans une cavité cartilagineuse de la tête ; il donne de chaque côté un cordon, etc., etc., » loc. cit., p. 10. — Dans la bouche, il y a un petit morceau de chair. Cuvier n'hésite pas, comme semble le faire Aristote, à reconnaître une langue aux mollusques ; cette langue est hérissée de pointes cornées ; loc. cit., p. 9. MM. Aubert et Wimmer admettent aussi que les céphalopodes ont une véritable langue, avec les papilles du goût. § 16. Mais circulairement. La science moderne ne paraît pas avoir fait cette observation. Voir le Traité des Parties des animaux, liv. II, p. 82, édit. Frantzius. — Cette chair est entourée d'une peau. Cette peau est précisément ce que la zoologie contemporaine appelle le manteau, dont la forme et les dimensions sont assez variables. — Un œsophage long et étroit. Cuvier décrit l'œsophage des céphalopodes à peu près comme Aristote; et il y signale les mêmes parties, un jabot, un gésier aussi charnu que celui d'un oiseau, un troisième estomac membraneux et en spirale, etc., etc., loc. cit., p. 9. On pourrait croire que Cuvier, en écrivant, avait sous les yeux le passage même d'Aristote. — Comme la caillette des ruminants. Cuvier ne va pas aussi loin ; mais tous les détails que donne le philosophe grec démontrent qu'il avait disséqué des céphalopodes, dont, autrement, il n'aurait pu connaître l'organisation. — Buccins, De l'ordre des gastéropodes pectinibranches ; voir Cuvier, Règne animal, tome III, pp. 70 et 97. — Un intestin mince.... Cuvier dit : « L'intestin est simple et peu prolongé ; le rectum donne dans l'entonnoir »; loc. cit., p, 9. Peut-être la description d'Aristote est-elle préférable. § 17. Cette partie nommée la Mytis. La zoologie moderne n'a pas donné de nom spécial à cet organe des céphalopodes et des mollusques ; j'ai dû conserver le mot grec lui-même, comme l'ont fait d'autres traducteurs. Le sac où est déposée l'encre des céphalopodes est diversement situé selon les espèces. Aristote est revenu d'ailleurs sur toutes ces observations dans le Traité des Parties des animaux, liv. IV. ch. V. p. 192 édit. et trad. Frantsius ; et p. 203, sur la position anatomique de la Mytis. — La Mytis, ou réservoir. Il n'y a qu'un seul mot dans le texte. — L'encre et ses excréments. C'est l'entonnoir charnu des céphalopodes, placé à l'ouverture du sac devant le col. — Des espères de poils. Il n'y a dans la zoologie actuelle rien qui réponde à ceci. Peut-être Aristote veut-il désigner les deux branchies placés dans le sac des céphalopodes, une de chaque côté, et qui s'étalent en forme de feuille de fougère très compliquée ; Cuvier, loc. cit., p. 8. § 18. Les parties solides.... l'os de seiche... l'épée. Toutes ces observations sont exactes, et elles se retrouvent à peu près sous les mêmes noms dans la zoologie moderne. Cuvier appelle épée, ou lancette, l'os que les calmars ont dans le dos ; il appelle os de seiche la coquille des seiches proprement dites. Cette coquille est composée d'une infinité de lames calcaires très minces, parallèles et jointes par de petites colonnes creuses. Cet os est friable, ce qui le rend propre à divers usages ; Cuvier, Règne animal, tome III, pp. 14 et 16. — Les poches. La science moderne ne semble pas avoir noté ces différences. Voir, sur les os de seiche et les épées, le Traité des Parties des animaux, liv. II, ch. IX, p. 82, édit. et trad. Frantzius. § 19. Les polypes. Ce sont sans doute les poulpes ordinaires, à huit pieds, qui n'ont en effet aucune partie solide à l'intérieur du corps. — Une partie qui se rapproche du cartilage. Aristote veut sans doute désigner par là deux petits grains coniques, de substance cornée, que les poulpes ont aux deux côtés de leur dos. § 20. Une différence. Il est bien probable que la description donnée ici par Aristote sur la différence des sexes dans les polypes se rapporte aux deux oviductes de la femelle, et au testicule du mâle ; voir Cuvier, Règne animal, tome Ill, p. 10. - Quelques petits corps tout rouges. Si l'on met de côté la mention de la couleur, ce passage semble se rapporter aux petits corps que la vessie des céphalopodes renferme au moment du frai. Ces petits corps crèvent et s'agitent dans l'eau, dès qu'ils y tombent. Id., ibid., p. 11. § 21. Un œuf unique. Aristote répète le même fait, dans le Traité de la génération des animaux, livre III, ch. VIII, § 76, p. 254, édit. et trad. Aubert et Wimmer; et il cherche à en expliquer la cause. Il ne semble pas que la science moderne se soit occupée de cette particularité de l'œuf du polype. Il est peut-être aussi très difficile de savoir à quelle espèce de polype s'applique l'observation d'Aristote, bien qu'il donne ici des détails étendus et précis. — La tête du polype. La même observation est répétée plus loin, liv. V, ch. XVI, § 1. Au lieu de la tête, MM. Aubert et Wimmer traduisent : Le corps. — La seiche a deux poches. Dans les céphalopodes, dont les seiches font partie, l'ovaire de la femelle a deux oviductes, qui conduisent les œufs au-dehors, au travers de deux grosses glandes, qui les enveloppent et les rassemblent en forme de grappes ; voir Cuvier, Règne animal, tome III, p. 10. Dans les calmars, les glandes des oviductes sont très grandes ; id., ibid., p. 14. — Dans le dessin des Dissections. Pour les dessins explicatifs qui étaient joints à l'ouvrage d'Aristote, voir plus haut, livre I, ch. XIV, § 18, et liv. III, ch. I, § 15. C'était une méthode inventée sans doute par Aristote lui-même, qui, à cet égard, avait devancé notre science contemporaine, devenue si habile dans la reproduction des êtres et des choses de la nature et de l'art. § 22. Les mâles diffèrent des femelles. Il ne semble pas que les zoologistes modernes aient repris et continué l'étude de ces différences. — Surtout dans la seiche. La science moderne s'est contentée de reconnaître dans les seiches la séparation des sexes ; elle ne paraît pas être allée plus loin. Cuvier remarque que les glandes des oviductes dans la seiche sont énormes, Règne animal, tome III, p. 16. — En forme de bâtons. Ce détail pourrait servir à faire retrouver l'espèce dont Aristote s'occupe ici. § 23. Sont nombreuses. Aussi, la science contemporaine elle-même éprouve-t-elle la plus grande peine à les classifier. — Qui paraît plus souvent que les autres. Il eût été bon de la spécifier davantage. — Beaucoup plus gros. Il ne semble pas que ceci soit très exact ; seulement on voit mieux les choses dans les eaux peu profondes. — De diverses couleurs. Cuvier, Règne animal, tome III, p. 10, remarque que « la peau des céphalopodes, et surtout celle des poulpes, change de couleur avec une rapidité bien supérieure à celle du caméléon ». — Et qu'on ne mange pas. Cuvier constate qu'on mange la chair des céphalopodes ; il s'agit donc ici d'une espèce particulière. — Hélédane. C'est la seule fois qu'Aristote parle de cet animal. La zoologie moderne a distingué parmi les céphalopodes une espèce que Cuvier appelle les élédons d'Aristote, loc. cit., p. 12. — Il n'a qu'une rangée de suçoirs. Cuvier, id., ibid., constate aussi que les élédons n'ont qu'une rangée de ventouses, le long de chaque pied. - Bolitaine. Voir plus loin, liv. IX, ch. XXV, § 15, où Aristote parle encore une fois des bolitaines, sans les désigner plus précisément. - Ozolis. Ce mot, qui étymologiquement signifie odorant, s'applique peut-être à l'élédon, dont Cuvier dit qu'il se trouve dans la Méditerranée, et qu'il est remarquable par son odeur musquée ; loc. cit. Voir aussi le Catalogue de MM. Aubert et Wimmer, p.149. § 24. Nautile. Plus loin, liv. IX, ch. XXV, § 24, Aristote revient sur le nautile, et il en fait une description intéressante, qui, depuis lui, a été bien souvent reproduite. Cuvier range le nautile parmi les argonautes, et il décrit longuement sa manœuvre ; Règne animal, tome III, p. 13. — Ou Nautique. La leçon varie; mais ces différences n'ont rien d'important. — Œuf de polype. Cette dénomination n'a pas été conservée dans la science, qui a gardé seulement celle de nautile. La leçon d'ailleurs est douteuse. - Et l'animal n'y est pas adhérent. Cuvier fait la même remarque, loc. cit., p. 13. Mais il ne croit pas que l'animal soit un parasite dans sa coquille. — Il est pris. MM. Aubert et Wimmer croient avec raison que cette phrase est interpolée. — A peu près celle des Bolitaines. Comme l'auteur n'a pas encore décrit la forme des bolitaines, ce rapprochement ne fournit aucune lumière nouvelle. § 25. Une seconde espèce. Les détails donnés dans ce paragraphe ne suffisent pas pour qu'on puisse identifier certainement l'espèce dont il est question. § 26. Sur les mollusques. Ceci est le résumé de ce qui précède ; mais ceci n'empêche pas Aristote de revenir fréquemment sur l'organisation des mollusques, dans les livres suivants. |
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CHAPITRE II |
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§ 1. [30] Parmi les crustacés, ou animaux à écailles tendres, une première espèce est celle des langoustes. Une autre espèce, rapprochée de celle-là, est l'espèce des homards. Entre les langoustes et les homards, la différence c'est que les derniers ont des pinces, sans compter quelques autres différences peu nombreuses. Puis, viennent encore deux espèces, celle des squilles, ou crevettes, et celle des crabes. § 2. [526a] Mais les squilles et les crabes renferment aussi plusieurs espèces. Ainsi, parmi les squilles, on distingue les Convexes, les Crangons, et la petite Squille. Ces espèces ne deviennent jamais bien grosses. § 3. Les espèces de crabes sont bien plus multipliées, et il ne serait pas facile de les compter. Les crabes les plus grands sont ceux qu'on appelle des maïas ; [5] une seconde espèce est celle des pagoures ; il y a aussi les crabes héracléotiques. On distingue encore les crabes de rivière. Enfin, il y en a d'autres qui sont plus petits et qui n'ont pas reçu de nom spécial. Sur les côtes de Phénicie, il s'en trouve de ceux qu'on appelle chevaux et auxquels on donne ce nom parce qu'ils courent si vite qu'on a quelque peine à les attraper. Quand on les ouvre, ils sont vides, parce qu'ils n'ont pas de nourriture suffisante. Il y a enfin une [10] autre espèce qui est aussi petite que les crabes, et qui ressemble de forme aux (écrevisses) homards. § 4. Tous ces animaux, ainsi qu'on l'a déjà dit, ont la partie solide et la coquille à l'extérieur, en place de la peau ; et la partie charnue est au dedans. Le dessous du corps est lamellé ; et c'est là que les femelles pondent leurs œufs. § 5. [15] Les langoustes ont cinq pieds de chaque côté, en comptant les dernières pinces. Les crabes ont également dix pieds en tout, les pinces comprises. Parmi les squilles, les convexes ont de chaque côté cinq pieds, qui sont pointus dans le sens de la tête ; et elles en ont de plus cinq autres de chaque côté, près du ventre, dont les bouts [20] sont larges. Elles n'ont pas de lames dans le dessous du corps ; et le dessus du corps ressemble aux langoustes. § 6. Le crangon est tout le contraire ; il a d'abord les quatre premiers pieds sur chaque côté, qui sont larges ; puis à la suite, il en a trois autres, qui sont tout petits; et le reste du corps, qui en est la partie la plus grande, est dépourvu de pieds. Chez tous ces animaux, les [25] pieds fléchissent de côté obliquement, comme ceux des insectes ; mais les pinces, quand il y en a, fléchissent toujours en dedans. § 7. La langouste a tout à la fois une queue et cinq nageoires. La squille convexe a aussi la queue et quatre nageoires. Le crangon a également des nageoires de chaque côté de la queue. Mais dans tous les deux, la squille convexe et le crangon, le milieu entre les nageoires [30] est une sorte d'arête. Seulement, le crangon a cette arête aplatie et large, tandis que la squille l'a pointue. Le crabe est le seul, entre tous ces animaux, qui n'ait pas de queue. Le corps des langoustes et des squilles est allongé ; le corps des crabes est plutôt arrondi. § 8. [526b] La langouste mâle diffère de la femelle, en ce que le premier pied de la femelle est fendu en deux, tandis que celui du mâle est sans division. La femelle a les nageoires du dessous du corps fort grandes, et se recouvrant les unes les autres, vers le cou ; chez le mâle, elles sont plus petites, et ne se recouvrent pas. De plus, le mâle en a à ses derniers pieds qui sont longues [5] et pointues, comme des éperons ; chez la femelle, ces nageoires sont petites et sans pointe. D'ailleurs, la femelle et le mâle ont également, l'un et l'autre, en avant des yeux deux cornes longues et dures, et d'autres petites cornes au-dessous, qui sont en pointe. § 9. Les yeux de tous ces animaux sont durs, et ils sont mobiles en dedans et en dehors, mais toujours [10] de côté. Il en est de même chez la plupart des crabes, où c'est encore plus marqué. § 10. Le homard a tout le corps de couleur blanchâtre et tacheté de points noirs. Il a en dessous huit pieds jusqu'aux grands pieds; puis après ceux-là; viennent les grands pieds qui sont beaucoup plus grands, et, au bout, bien plus larges [15] que ceux de la langouste. Mais ces pieds sont disparates, en ce que le pied droit a son extrémité large, longue et mince, tandis que le gauche a son extrémité épaisse et ronde. Les deux pieds ont le bout fendu, et ils ont des dents comme en ont les mâchoires, en bas et en haut. Seulement, le pied droit a toutes ses dents petites et carnassières ou disposées en scie, tandis que le gauche [20] les a en scie ; à son extrémité, mais les dents intérieures sont des espèces de molaires. A la partie inférieure, il y en a quatre, qui se tiennent; et en haut, il n'y en a que trois, qui ne se touchent pas. § 11. Les deux pieds ne meuvent que leur partie supérieure, qui vient presser contre la partie inférieure ; tous deux aussi sont tournés en dedans, comme étant par leur nature destinés à saisir et à serrer. [25] Au-dessus des grands pieds, il y en a deux autres, qui sont velus, un peu au-dessous de la bouche ; et un peu au-dessous de ces derniers, des espèces de branchies sont placées près de la bouche, velues et nombreuses ; l'animal ne cesse de les remuer. Il ramène aussi ses deux pieds velus près de sa bouche ; et ces pieds velus ont, dans le voisinage de la bouche, [30] de légères excroissances. § 12. Le homard a deux dents ainsi que les a la langouste, et au-dessus de ces dents, il a de longs tentacules plus courts et plus minces cependant que ceux de la langouste. En outre, il a quatre autres tentacules pareils à ceux-là, mais plus courts et plus légers. Au-dessus de ces cornes. sont situés les yeux petits et courts, et non pas grands comme ceux de la langouste. § 13. [527a] Au dessus des yeux, une partie pointue et dure forme une sorte de visage, plus développé que dans la langouste. Ce visage est en tout plus pointu que celui de la langouste ; mais le [5] thorax du homard est bien plus large ; et l'ensemble de son corps est plus charnu et plus mou. De ses huit pieds, quatre sont fendus par le bout ; les quatre autres ne le sont pas. § 14. Les alentours de ce qu'on appelle le cou sont extérieurement divisés en cinq parties ; et une sixième division, large et la dernière, a cinq lames. Au [10] dedans, il se trouve quatre parties velues, où la femelle dépose préalablement les œufs qu'elle doit pondre. A chacune de ces parties, l'animal a extérieurement une arête courte et droite. Le corps entier et les parties voisines du thorax sont lisses ; mais elles ne sont pas rugueuses, comme dans la langouste. Aux grands pieds, la partie extérieure porte des arêtes plus fortes. § 15. Du reste, [15] on ne remarque pas de différence entre la femelle et le mâle ; car le mâle et la femelle ont toujours l'une des deux pinces plus forte ; et jamais ni l'un ni l'autre ne les ont égales. § 16. Tous les animaux de ce genre reçoivent l'eau de la mer dans leur bouche ; mais les crabes en gardent quelque partie, [20] tout en la rejetant. Les langoustes la rejettent près des branchies ; car les branchies sont nombreuses dans le genre langouste. § 17. Tous les crustacés ont cette particularité commune d'avoir deux dents; car les langoustes ont aussi les deux premières. Ils ont également dans la bouche une partie charnue au lieu de langue ; et un estomac, qui vient tout de suite [25] après la bouche. § 18. La seule différence, c'est que les langoustes ont un petit œsophage avant l'estomac. Puis, de l'estomac, part un intestin tout droit. Cet intestin aboutit, dans les animaux du genre langouste et dans les squilles, par son trajet direct, à la queue, par où sortent et les excréments et les œufs. Dans les crabes, qui ont un opercule, c'est au milieu que cet opercule est placé ; mais c'est aussi au-dehors, à l'orifice par où [30] ils pondent leurs œufs. § 19. Les femelles ont auprès de l'intestin la place où se logent les œufs, et tous ces animaux ont la partie qu'on appelle la mytis ou le micon, plus ou moins considérable. § 20. Mais maintenant, il faut étudier les différences propres de chaque espèce de crustacés. Les langoustes, ainsi qu'il vient d'être dit, ont deux dents fortes et creuses, dans lesquelles il y a un liquide pareil à celui de la mytis ; et entre les dents, se trouve un petit morceau de chair qui ressemble à une langue. De la bouche, part un court œsophage, et un estomac membraneux, qui le suit. [5] Cet estomac a, près de la bouche, trois dents, dont deux sur le même rang, et la dernière un peu plus bas. § 21. L'intestin de l'estomac est placé de côté ; il est simple et d'égale grosseur dans tout son trajet, jusqu'à l'orifice par où sortent les excréments. Les langoustes, les squilles et les [10] crabes ont tous ce même intestin. Les langoustes ont, en outre, un conduit qui va du thorax jusqu'au point par où les excréments doivent sortir. Pour la femelle, ce conduit sert de matrice ; pour le mâle, c'est le réservoir de la liqueur séminale. Ce conduit est dans la partie creuse de la chair, de telle sorte que la chair est au milieu ; [15] l'intestin est dans la partie convexe ; et le conduit, dans la partie creuse ; le tout étant disposé d'ailleurs comme chez les quadrupèdes. § 22. Il n'y a pour ceci aucune différence entre le mâle et la femelle. Les deux conduits sont minces, blancs, et ils contiennent un liquide jaunâtre ; tous deux ils se rattachent au thorax, auquel ils sont suspendus. [20] Les squilles ont aussi leurs œufs et leurs hélices placés de la même manière; le mâle présente cette particularité que n'a pas la femelle, d'avoir dans la chair, près du thorax, deux petits corps blancs, isolés, qui, pour la couleur et la consistance, ressemblent aux trompes de la seiche. Ces corps sont enroulés comme le micon du buccin ; et ils [25] commencent aux cavités qui se trouvent au-dessous des derniers pieds. § 23. L'animal a encore, dans cette partie, une chair rouge et de la couleur du sang, gluante quand on la touche, et pas du tout pareille à de la chair véritable. De ce point, qui ressemble au thorax du Buccin, part un autre enroulement, qui n'est pas plus gros qu'un fil de ligne. Au-dessous de ces organes, on voit deux [30] autres corps granuleux, attachés à l'intestin, et contenant la liqueur séminale. § 24. Voilà l'organisation du mâle. Quant à la femelle, elle a des œufs de couleur rouge, dont l'attache est près du ventre, et de chaque côté de l'intestin, jusqu'aux parties charnues ; ces œufs sont enfermés dans une membrane légère. § 25. Telles sont les parties des crustacés, soit intérieures, soit extérieures. |
§ 1. Les Crustacés, ou animaux à écailles tendres. Il n'y a dans le texte qu'un seul mot, que j'ai paraphrasé pour en faire sentir toute la force. — Des langoustes. L'identification paraît certaine; mais les variétés sont nombreuses dans ces animaux, et il est difficile de savoir précisément laquelle Aristote a en vue. — Des homards, ou écrevisses. — Ont des pinces. Quelques manuscrits, suivis par Schneider, donnent au contraire une négation : « n'ont pas de pinces. » Avec MM. Aubert et Wimmer, j'ai conservé l'affirmation, qui seule est exacte. — Quelques autres différences. Il eût été utile d'indiquer ces différences plus précisément. — Des squilles, ou crevettes. Il n'y a encore qu'un seul mot dans le texte. — Et celle des crabes. Comme il est dit au paragraphe suivant, les espèces des crabes sont aussi très variées; et l'identification en devient difficile; voir le Catalogue de MM. Aubert et Wimmer, pp. 150 et suiv. Voir aussi Cuvier, Règne animal, tome IV, pp. 107 et 115. § 2. Les Convexes. C'est la traduction littérale du mot grec. — Les Crangons. La dénomination a été conservée par la science moderne; voir Cuvier, Règne animal, tome IV, p. 94, et Zoologie descriptive de M. Claus, p. 488, trad. franc. § 3. Il ne serait pas facile de les compter. Ceci prouve que du temps d'Aristote ces observations étaient déjà très nombreuses. — Des Maïas. Ce nom est resté dans la science contemporaine ; Cuvier, Règne animal, p. 59. Les maïas sont des crustacés décapodes, de la famille des brachyures (courtes queues). Quelques monnaies antiques portent la représentation d'un maïa. — Pagoures. Les pagoures forment encore toute une famille des arthropodes crustacés ; voir la Zoologie descriptive de M. Claus, pp. 490 et 491; voir aussi Cuvier, Règne animal, tome IV, p. 76. — Héracléotiques. Voir plus loin, ch. III, § 3. Ces crabes étaient ainsi appelés sans doute parce qu'on les trouvait sur les côtes où était située la ville d'Héraclée ; mais plusieurs villes sur le bord de la mer ont porté ce nom, en Macédoine, sur la mer d'Ionie, sur les côtes du Pont-Euxin, et sur les côtes de l'Asie Mineure. — Et qui n'ont pas reçu de nom spécial. — La science moderne a poussé plus loin l'analyse ; et il y a bien peu d'espèces qui n'aient pas reçu de nom particulier. — Chevaux. C'est peut-être la même espèce que celle qui est appelée Hippa, par la zoologie contemporaine, de l'ordre des crustacés décapodes, famille des macroures; Cuvier, Règne animal, tome IV, p. 74, et aussi Zoologie descriptive de M. Claus, p. 491, trad. franç. On trouve toujours sur nos côtes des crabes qui marchent très vite, quoique de côté. — Ils sont vides. Ceci est un peu vague et ne se comprend pas bien. — Il y a enfin... homards. MM. Aubert et Wimmer regardent cette phrase comme interpolée. § 4. Ainsi qu'on l'a déjà dit. Voir plus haut, ch. I, §§ 3 et 4. — Est lamellé. C'est bien là le sens du mot grec, qui signifie plus spécialement des plaques. § 5. Cinq pieds de chaque côté... dix pieds en tout... De chaque côté. C'est là ce qui les a fait classer, par la science moderne, dans la famille des crustacés décapodes, qui ont dix paires de pattes ambulatoires, entre les trois paires de pattes-mâchoires. C'est un caractère très apparent, qu'Aristote avait parfaitement saisi. — Les convexes. Voir plus haut, § 2. — De chaque côté cinq pieds... de plus cinq autres de chaque côté. Ce serait en tout vingt pieds, puisqu'il y en a dix de chaque côté. D'ordinaire, on ne compte que quatorze pieds dans la famille des stomapodes, à laquelle appartiennent les squilles. Voir Cuvier, Règne animal, tome IV, pp. 105 et 108. « Les griffes des squilles ont six dents allongées et très acérées... les arêtes longitudinales sont terminées par une pointe aiguë. » Les détails que donne Aristote ne sont pas assez étendus pour qu'on soit parfaitement sûr de l'identification. § 6. Le crangon. Voir Cuvier, Règne animal, tome IV, p. 94. — Les quatre premiers pieds sur chaque côté. — C'est bien la traduction littérale du texte ; mais il faut entendre non pas qu'il y a quatre pieds pour chaque côté, mais deux, ce qui fait quatre pour les deux côtés. Le crangon est de l'ordre des crustacés décapodes, c'est-à-dire qu'il n'a que dix pieds. Ici encore Aristote aurait pu donner plus de détails. Voir aussi la Zoologie descriptive de M. Claus, p. 488, trad. franç. — Les pieds fléchissent de côté... les pinces... en dedans. Observation essentielle, dont la science moderne ne paraît pas s'être occupée. § 7. Une queue... la queue. Aristote se sert ici de deux mots différents qui ont presque identiquement le même sens. Notre langue ne m'a pas offert la même ressource ; et j'ai dû employer deux fois le mot queue, bien que, selon toute probabilité, il y ait ici une nuance dont j'aurais voulu pouvoir tenir compte. — Cinq nageoires. Ce sont plutôt de fausses pattes que de vraies nageoires; voir Cuvier, Règne animal, tome IV, p. 71, note, et p. 108; et aussi la Zoologie descriptive de M. Claus, p. 485. — La squille convexe et le crangon. J'ai ajouté ces mots pour plus de clarté. — Le Crangon a cette arête... J'ai adopté la correction proposée par Schneider, qui consiste en un singulier au lieu d'un pluriel. La remarque s'applique alors au crangon seul, tandis qu'avec le pronom au pluriel, elle s'appliquerait à la langouste et à la squille. — Plutôt arrondi. Il s'agit sans doute du crabe poupart ou tourteau, assez commun sur les côtes de la Méditerranée ; Cuvier, Règne animal, tome IV, p. 37. § 8. La langouste mâle... Les détails curieux dans lesquels entre ici Aristote ne paraissent pas avoir été recueillis par la zoologie moderne, qui a cependant remarqué que les langoustes femelles ont, aux pieds postérieurs, une saillie en forme d'ergot, ou de dent, que le mâle n'a pas. Voir Cuvier, Règne animal, t. I V, p. 81. — Se recouvrant les unes les autres. Le sens du mot grec est assez douteux ; celui que j'ai adopté me semble le plus probable. C'est sous ces espèces de nageoires que la femelle garde ses œufs, et peut-être les fait éclore. — Vers le cou. - MM. Aubert et Wimmer supposent que par le cou, il faut entendre ici la queue, la carapace du crabe étant prise pour sa tête. — Des éperons. Ou « des ergots ». — Deux cornes longues et dures. Ce sont les antennes latérales ; elles sont grandes et hérissées de piquants. On pourrait traduire aussi : « Deux palpes ». § 9. Les yeux de tous ces animaux sont durs. On ne comprend pas bien ce qu'on doit entendre par des yeux durs, comparativement aux yeux des autres animaux. — Mobiles en dedans et en dehors. Les yeux sont portés sur des pédoncules plus ou moins longs; et ce sont ces pédoncules qui sont mobiles plutôt que les yeux mêmes. — Mais toujours de côté. Voir un peu plus loin, ch. III, § 3. — La plupart des crabes. Cette indication est encore bien vague. — Plus marqué. Parce que les antennes sont relativement plus longues. § 10. De couleur blanchâtre. Ce serait plutôt grisâtre qu'il faudrait dire, à en juger par les homards de nos climats. La science moderne ne paraît pas du reste s'être attachée à ces caractères tout extérieurs. Les couleurs de la langouste sont différentes de celles du homard. — Il a en dessous huit pieds jusqu'aux grands pieds. Il est assez difficile de suivre ici la description que fait Aristote, parce qu'il confond, sous le nom de pieds, des organes qui sont différents, les pieds proprement dits et les pieds-mâchoires. — Ces pieds sont disparates. On ne retrouve pas cette observation dans la zoologie moderne. D'ailleurs ici le pied doit s'entendre des pieds-mâchoires. — Les deux pieds ont le bout fendu. Ce sont les pieds-mâchoires de devant, qui sont destinés à servir de serres et de pinces. — Des dents. Il semble qu'il aurait mieux valu trouver un nom spécial pour ce genre très particulier de dents. — Disposées en scie. Voir plus haut, liv. II, ch. III, § 13. — Les dents intérieures. C'est la leçon qu'ont adoptée quelques traducteurs ; d'autres ont lu : « les dents du milieu » ; ce qui revient à peu près au même. MM. Aubert et Wimmer ont adopté la première leçon dans leur texte, et la seconde dans leur traduction. - A la partie inférieure. Tous ces caractères ont été négligés par la science moderne, qui sans doute ne les a pas trouvés assez importants. § 11. Les deux pieds. Évidemment, ce sont les pieds ou pattes-mâchoires, qu'Aristote aurait dû distinguer des autres, qui servent à une locomotion plus ou moins complète. Les pieds-mâchoires sont destinés en effet à saisir et à serrer, comme le dit Aristote. — Il y en a deux autres. Il serait nécessaire, pour que l'identification fût complète, de savoir quelle espèce de homard Aristote a prétendu décrire. — Des espèces de branchies. C'est la traduction littérale du mot grec. — Ne cesse de les remuer. Pour le travail de la respiration, qui ne peut en effet s'arrêter un instant. — De légères excroissances. Ce sont sans doute des tentacules moins forts que les autres. § 12. Le homard a deux dents. Peut-être cette expression de dents n'est-elle pas très exacte pour désigner les deux protubérances qu'a le homard au-dessous des tentacules. Dans l'écrevisse, il y a aussi deux dents, une de chaque côté du museau. — De longs tentacules. Ce caractère est exact. - Au-dessus de ces cornes. Ou peut-être faudrait-il traduire : « Au sommet de ces cornes », etc., etc. — Petits et courts. C'est la traduction exacte des deux mots du texte; mais on ne comprend pas bien ce que sont des yeux Courts, à moins qu'on ne veuille dire par là qu'ils ne sont pas portés sur des pédoncules très longs. § 13. Une partie pointue et dure forme une sorte de visage. Il est très difficile de bien décrire la conformation irrégulière de ces animaux ; mais Aristote a raison d'y reconnaître une sorte de visage ; et l'on peut, comme lui, trouver ce visage « plus développé » que celui de la langouste. — De ses huit pieds. Ce sont sans doute les pieds servant à la locomotion telle quelle. — Quatre sont fendus par le bout. Ce caractère ne se retrouve pas dans toutes les espèces. § 14. Les alentours de ce qu'on appelle le cou. Le homard n'a pas effectivement de cou proprement dit ; mais il y a une partie qui y correspond, et qui est le dernier des cinq anneaux dont le corps semble formé. — Une sixième division... a cinq lames. C'est la queue, qui est composée de cinq parties lamelliformes, dans le homard comme dans l'écrevisse. — Au-dedans. Ce mot ne signifie ici que le dessous du corps. - Une arête. Ou « une pointe », ou encore « une épine ». Le mot du texte a ces différents sens. — Des arêtes plus fortes. Même remarque. § 15. L'une des deux pinces plus forte. Voir plus haut, § 10, où le pied droit est représenté comme étant le plus fort. Il y a des pagoures où c'est la première patte à gauche qui est la plus développée ; voir la Zoologie descriptive de M. Claus, p. 491, trad. franç. § 16. Reçoivent l'eau de la mer. C'est la traduction littérale du mot grec; mais il y a aussi des crabes terrestres ; peut-être Aristote ne les a-t-il pas connus. - En gardent quelque partie, tout en la rejetant. Ce sens n'est pas très certain; et tout ce passage semble à MM. Aubert et Wimmer être altéré. — Près des branchies. En général, dans les décapodes, les branchies sont des appendices des pattes, ou pieds-mâchoires ; elles sont placées dans une cavité spacieuse, dont le toit est formé par les parties latérales de la carapace. L'eau y pénètre par une fente, ou par un orifice spécial, comme chez les crabes, en avant de la première paire de pattes. Voir la Zoologie descriptive de M. Claus, p. 48i, trad. franc. Sur les branchies des crustacés et leur double circulation, voir Cuvier, Règne animal, tome IV, p. 8. § 17. Cette particularité commune d'avoir deux dents. Il est probable que par dents, il faut entendre les deux mandibules ou paires de mâchoires, recouvertes dans certains crustacés par les pieds-mâchoires. Ce ne sont pas des dents à proprement parler. — Les deux premières. Il est difficile de comprendre ce qu'Aristote a voulu dire par là. — Une partie charnue au lieu de langue. Voir plus haut, ch. I, § 15. Chez les crustacés, la langue, ou ce qui en tient lieu, a une conformation très spéciale. Cette bouche n'a point de lèvre inférieure ; voir Cuvier, Règne animal, tome IV, p. 5 et note, et p. 11. La langue est très petite; et les zoologistes modernes la nomment une languette. Tout ceci d'ailleurs est reproduit dans le Traité des Parties des animaux, liv. IV, ch. V, p. 160, édit. et trad. Frantzius. Aristote croit que cette languette est l'organe du goût chez les mollusques. — Tout de suite après la bouche. Chez les Décapodes, le canal intestinal est court et droit; Cuvier, Règne animal, tome IV, p. 25. § 18. Les langoustes ont un petit œsophage. Nouvelle preuve des dissections auxquelles Aristote avait dû se livrer, pour connaître tous ces détails; il n'avait pas pu pousser l'analyse anatomique aussi loin qu'on l'a fait plus tard; mais la méthode est absolument la même; et c'est la vraie. — Tout droit. Tous ces détails sont très exacts. — Par où sortent et les excréments et les œufs. Ceci n'est pas exact, et les deux orifices sont distincts ; celui des œufs est placé plus haut que l'autre. — Dans les crabes... ils pondent leurs œufs. Tout ce passage semble altéré ; et les divers éditeurs ont fait de vains efforts pour l'éclaircir et l'améliorer. Le meilleur moyen de savoir la pensée d'Aristote, ce serait encore d'étudier avec soin l'organisation des animaux dont il est question ici. § 19. Auprès de l'intestin. Sans doute, ceci veut dire que les œufs sont placés non loin de l'orifice par où sortent les excréments. — La Mytis ou le Micon. Voir plus haut, ch. I, § 17. Tantôt la Mytis semble le réservoir où est contenue l'encre des seiches ; tantôt il semble que c'est l'encre elle-même, qui est appelée de ce nom. § 20. Mais maintenant... Il est assez probable que toute la fin de ce chapitre, depuis le § 19, est une répétition de ce qui a été dit déjà en partie ; et que cette reproduction n'ajoute pas grand-chose à ce qui précède. Je ne vais pas jusqu'à dire que ce soit une interpolation ; mais si le passage est bien d'Aristote, il ne paraît pas qu'il soit indispensable. Il est vrai qu'il est permis aux auteurs de se répéter quelquefois. — Ainsi qu'il vient d'être dit. Ceci confirme la remarque précédente ; voir plus haut, § 12. — A celui de la Mytis. Le texte dit simplement: « Pareil à la Mytis ». — Qui ressemble à une langue. Voir plus haut, § 17. — Un court œsophage. Cela vient d'être dit un peu plus haut, § 17. — Trois dents. Au § 17, Aristote ne donne que deux dents aux crustacés en général, ainsi qu'au homard, § 12. — La dernière un peu plus bas. Il ne paraît pas que la zoologie moderne ait considéré ce troisième organe comme une dent. § 21. L'intestin de l'estomac. Cette expression est assez singulière, sans être fausse. — Placé de côté. MM. Aubert et Wimmer remarquent que cet intestin est plutôt placé sur la ligne médiane du corps. — Ce même intestin. Quelques manuscrits donnent ici une petite phrase que d'autres suppriment, et qui est certainement une interpolation, ou tout au moins un déplacement : « Car les crabes ont deux dents. » MM. Aubert et Wimmer mettent cette phrase entre crochets, comme suspecte. — Les langoustes ont, en outre... Ceci est bien la suite de ce qui précède, moins le membre de phrase que je viens d'indiquer. — Ce conduit sert de matrice... le réservoir de la liqueur séminale. Tous ces détails attestent de nombreuses et profondes recherches d'anatomie. — La chair est au milieu. Il semblerait plutôt que l'intestin est au milieu de la chair, puisqu'il est dans la partie creuse ; mais on peut comprendre aussi que la chair est placée entre le conduit et l'intestin. La zoologie moderne ne paraît pas s'être occupée particulièrement de ces détails. — Comme chez les quadrupèdes. Ce membre de phrase pourrait bien être une interpolation; on ne voit pas ce que les quadrupèdes ont à faire ici, avec des animaux dont l'organisation est si différente. § 22. Il n'y a pour ceci aucune différence... Suite d'observations très curieuses et très délicates. — Les squilles... de la même manière. MM. Aubert et Wimmer croient que cette phrase n'est pas à sa place. — Leurs hélices. Il n'est pas facile de comprendre ce qu'Aristote voudrait désigner par là. Ce sont sans doute les contours de l'intestin. — Le mâle présente cette particularité... etc., jusqu'à la fin du § 23, Contenant la liqueur séminale. MM. Aubert et Wimmer suspectent l'authenticité de tout ce passage ; mais je ne saurais partager leur opinion. Ce passage peut être obscur à plus d'un égard, et il est difficile de l'éclaircir; mais il fait bien suite à ce qui précède ; et ce sont là les explications détaillées qui sont annoncées dans le paragraphe 20. — Ressemblent aux trompes de la seiche. Aristote a parlé antérieurement des trompes de la seiche ; plus haut, ch. I, § 8. L'on comprend qu'il les fasse intervenir ici. — Le micon du Buccin. Voir plus haut, § 19, et ch. I, § 17. § 23. L'animal. Il s'agit du mile de la langouste. — Une chair rouge. Cette organisation ne se retrouve pas dans toutes les espèces; et l'on ne saurait dire précisément à laquelle s'appliquent ces détails. Pour la femelle, les choses sont de toute évidence; et ses œufs, qui sont en général fort abondants, sont bien de couleur rouge, comme il est dit au paragraphe suivant. — Qui ressemble au thorax du Buccin. C'est la traduction littérale du texte, qui peut sembler trop peu précis. — Un autre enroulement. Même remarque. — Un fil de ligne. C'est en partie la force du mot du texte, qui semble signifier plus spécialement la ligne à prendre le poisson. — Contenant la liqueur séminale. Voir plus haut, § 21. § 24. L'attache. Ou « la protubérance ». — Jusqu'aux parties charnues. Placées dans le thorax, et qui sont précisément celles qu'on peut manger. § 25. Les parties des crustacés. Le texte est un peu plus vague ; mais le sens ne peut être douteux ; il ne s'agit que des crustacés, et très spécialement des langoustes. — Soit intérieures, soit extérieures. Quelle que soit l'exactitude plus ou moins grande des détails consignés ici, on ne peut méconnaître qu'ils n'attestent une étude bien profonde et bien étendue. Sur ces espèces de crustacés, la zoologie moderne n'a pas fait de recherches plus louables. |
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Interpolation. - Des crabes ; leurs pinces inégales; leur corps est une masse confuse ; organisation variable de leurs yeux ; leur bouche et leurs dents ; absorption de l'eau par les crabes; action de leurs opercules ; l'œsophage des crabes ; leur intestin et son organisation intérieure ; corpuscules blancs et roux; différence des opercules chez le mâle et la femelle. |
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§ 1. [528a] Dans les animaux qui ont du sang, les parties intérieures portent des noms particuliers, parce que tous ces animaux ont des viscères à l'intérieur. Pour aucun animal privé de sang, il n'y a de noms spéciaux ; mais entre les uns et les autres, ce qu'il y a de commun, c'est d'avoir un ventre, un œsophage et un intestin. § 2. En parlant des crabes, il a été question de leurs [5] pinces et de leurs pieds, et l'on a dit quelle en est la conformation. En général, ils ont tous la pince de droite plus grosse et plus forte ; et en traitant de leurs yeux, on a dit due la plupart de ces animaux ne voient que de côté. § 3. La masse de leur corps est une unité indistincte, ainsi que leur tête et [10] toutes les autres parties. Les uns ont des yeux de côté, tout en haut, immédiatement sous la partie supérieure, et fort distants l'un de l'autre. Chez d'autres crabes, les yeux sont placés au milieu et excessivement rapprochés, comme chez les héracléotiques et les maïas. La bouche est placée au-dessous des yeux ; et cette bouche a deux dents comme dans la langouste ; seulement, ces dents ne sont pas rondes, [15] mais longues. Par dessus, il y a deux opercules, entre lesquels il se trouve des parties dans le genre de celles que la langouste a près de ses dents. § 4. Le crabe avale l'eau par la bouche, qu'il ferme à l'aide des opercules ; et il la rejette par les conduits qui se trouvent au-dessus de la bouche, en appuyant par ses opercules sur l'ouverture par où elle est entrée. Ces conduits sont [20] immédiatement placés sous les yeux ; et quand l'animal a reçu l'eau, il ferme sa bouche par ses deux opercules, et c'est ainsi qu'il expulse l'eau qu'il avait absorbée. § 5. L'œsophage, qui est à la suite des dents, est si court que l'estomac semble venir tout de suite après la bouche. Cet estomac, ainsi rattaché à la bouche, se divise en deux. [25] L'intestin qui sort de son milieu est simple et mince ; et cet intestin, ainsi qu'on l'a déjà dit, aboutit à l'opercule du dehors. Au dedans de sa cavité, il y a une liqueur de couleur jaune, et quelques corpuscules blancs et allongés, [30] avec d'autres qui sont roux et tachetés. § 6. Le mâle diffère de la femelle par sa grosseur, par sa largeur et par son opercule. La femelle a le sien plus grand que celui du mâle, plus écarté, et plus couvert, comme on le remarque dans la langouste femelle. § 7. Telle est la disposition des parties dont sont composés les crustacés. |
§ 1. Dans les animaux qui ont du sang et un intestin. Voir plus haut, ch. I, § 1. Tout ce paragraphe est évidemment hors de place ; et il interrompt toute la suite des pensées. il correspond, d'ailleurs, à un autre passage du Traité des Parties des animaux, liv. IV, ch. V, p. 188, édit. et trad. Frantzius. — Des noms particuliers. J'ai ajouté ce dernier mot, qui me paraît indispensable. — Il n'y a de noms spéciaux. Le texte est moins précis. — Ce qu'il y a de commun. Voir plus haut, liv. I, ch. II, § 1. — Un ventre. Il semble que ce serait plutôt une bouche qu'il faudrait dire. § 2. En parlant des crabes. Voir plus haut, ch. II, § 5. — La pince de droite plus grosse. Voir plus haut, ch. II, § 10. — On a dit... que de côté. Voir plus haut, ch. II, § 9. § 3. Indistincte. L'observation est très juste, comme on peut le voir sur le crabe-tourteau. — Sous la partie supérieure. Sous-entendu : « De la carapace. » — Fort distants l'un de l'autre. De l'un et de l'autre côté de ce qu'on appelle leur tête. — Les Héracléotiques et les Maïas. Voir plus haut, ch. II, § 3. — Il se trouve des parties... On ne sait pas au juste à quelle espèce tout ceci se rapporte. Ces détails n'en sont pas moins curieux. § 4. Le crabe avale l'eau par la bouche. Le texte dit : « Près de la bouche », et non pas précisément : « Par la bouche ». La description que fait Aristote est parfaitement nette; MM. Aubert et Wimmer ont bien raison de l'admirer. — Et quand l'animal a reçu l'eau. Ceci n'est guère qu'une répétition de ce qui précède, et une répétition peu utile. § 5. L'estomac. Ou « Le ventre ». Le texte dit précisément : « La cavité ». — Cet estomac... se divise en deux. Comme les organes intérieurs du crabe sont très petits, ces détails montrent jusqu'à quel point l'attention d'Aristote s'était portée sur leur anatomie. - Ainsi qu'on l'a déjà dit. Voir plus haut, §§ 16 et 18. - L'opercule du dehors. Ceci ne peut guère s'entendre que de l'extrémité du canal intestinal, se terminant à l'anus de ces animaux. Mais comme cette explication ne concorde pas très bien avec ce qui précède, MM. Aubert et Wimmer proposent de lire : « La couverture extérieure », c'est-à-dire la carapace du crabe. Après ces mots : « A l'opercule du dehors », se trouve la phrase suivante : « Au milieu des opercules, il y a des parties semblables à celles que la langouste a près des dents. » Cette phrase n'est que celle qui se trouve déjà à la fin du § 3, et qui est répétée ici sans aucune nécessité. MM. Aubert et Wimmer proposent de la supprimer ; et, en effet, la suite des pensées n'en a pas besoin. — Il y a une liqueur de couleur jaune. Sans doute, la vésicule du fiel et le fiel qu'elle contient, ou simplement la bile. — Corpuscules blancs et allongés. Ce sont peut-être les testicules du mâle. - Roux et tachetés. Peut-être les branchies. § 6. Le mâle diffère de la femelle. La zoologie moderne ne semble pas avoir recueilli ces observations. — Son opercule. Il est probable qu'il s'agit encore ici de la queue, avec toutes les parties qui la composent. — Plus grand que celui du mâle. Pour que la femelle puisse plus aisément y déposer et y garder ses œufs. — Plus couvert. Le texte ne va pas plus loin. MM. Aubert et Wimmer supposent que ceci exprime une couverture de poils ; et c'est le sens qu'ils croient devoir donner dans leur traduction. |
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CHAPITRE IV |
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§ 1. Les testacés, tels que les limaçons de terre, [528b] les limaçons de mer, et tous ceux qu'on appelle des coquillages, plus les hérissons de mer (oursins), ont la partie charnue, quand ils en ont, organisée comme les crustacés; chez eux, cette partie est à l'intérieur, et la coquille est au-dehors, de telle sorte qu'au-dedans il n'y a rien de dur. § 2. Mais tous ces animaux présentent entre eux de [5] nombreuses différences, soit pour les coquilles, soit pour la chair que ces coquilles renferment. Ainsi, les uns, comme le hérisson de mer (oursin), n'ont pas de chair du tout. D'autres en ont; mais ils l'ont cachée tout entière à l'intérieur, sauf leur tête. Tels sont, par exemple, les limaçons de terre, les coquillages qu'on appelle quelquefois des cocalies, et, parmi les coquillages [10] de mer, les pourpres, les buccins, le limaçon marin, et les autres turbinés. § 3. Il y a des testacés, parmi les autres, qui ont deux valves; d'autres n'en ont qu'une. J'entends par bivalves ceux qui sont renfermés dans deux coquilles; et par univalves, ceux qui n'en ont qu'une seule. La partie charnue est à la surface, comme chez l'écuelle. Parmi les bivalves, les uns s'ouvrent, comme [15] les peignes et les moules. Tous les testacés de ce genre sont attachés d'un côté; et de l'autre côté, sont libres, de manière à pouvoir se fermer et s'ouvrir. D'autres sont bivalves aussi ; mais ils sont fermés des deux côtés, comme le sont les solènes. D'autres encore sont enveloppés tout entiers par la coquille; et rien de leur chair ne paraît à nu au dehors, [20] comme sont les téthyes. § 4. Il y a aussi des différences de coquilles les unes par rapport aux autres. Ainsi, les coquilles sont lisses, comme dans le solène, les moules et les conques, auxquelles on donne parfois le nom de galaques. D'autres testacés ont, au contraire, la coquille rugueuse, comme les huîtres de marais, les pinnes, quelques espèces de conques et les buccins. Dans ces espèces, [25] les unes ont la coquille cannelée, comme le peigne et certains genres de conques. D'autres l'ont sans cannelure, comme les pinnes, et une autre espèce de conque. Les coquilles diffèrent encore selon qu'elles sont épaisses ou minces, soit dans leur totalité, soit dans une seule de leurs parties, leurs bords par exemple. Ainsi, les unes ont des bords minces, comme les moules; les autres ont les bords épais, comme [30] l'huître de marais. § 5. Certains testacés peuvent se mouvoir, comme le peigne. Parfois même, on a prétendu que le peigne peut voler, parce que souvent il saute hors de l'engin dont on se sert pour le prendre. D'autres sont immobiles et attachés, comme la pinne. [ | |