Hippocrate

HIPPOCRATE

LIVRE IX

 

DU MÉDECIN - ΠΕΡΙ ΙΗΤΡΟΥ.

Autre traduction de Daremberg

HIPPOCRATE

 

 

 

ΠΕΡΙ ΙΗΤΡΟΥ.

DU MÉDECIN

ARGUMENT.

Ce petit traité, après avoir indiqué quel doit être le médecin quant au corps et quant à l'âme, nous place aussitôt dans l'officine, ce lieu maintenant bien connu où, dans l'antiquité, l'homme de l'art avait toutes choses disposées pour une foule d'opérations, ses instruments, ses appareils pour les pansements et pour la réduction des fractures et des luxations, et où il ouvrait des abcès, saignait, ventousait, et traitait les cas ou légers ou urgents. C'est là que l'étudiant en médecine commençait son éducation.

Il est vrai que le livre du Médecin n'a aucun point d'appui extrinsèque : il n'est mentionné ni dans le canon d'Érotien ni dans les écrits de Galion ; aucun auteur ne le cite ; et, si on s'en tenait là, on ne saurait à quel temps et à quelle école le rapporter. Mais les témoignages intrinsèques ne permettent pas une telle indécision, montrant qu'il appartient au temps et à l'école hippocratique.

M. Pétrequin en a très-bien mis en lumière les rapports avec le traité des Plaies, Il est dit dans le traité du Médecin, § 12 : « Les linges, dans les cas où l'emploi des applications médicamenteuses paraît bon pour la lésion, doivent être ajustés exactement à la plaie ; la substance médicamenteuse sera mise tout autour du lieu blessé; cette manière de se servir du cataplasme est conforme aux règles de l'art et rend beaucoup de services. » Parallèlement dans le traité des Plaies, §10: «Quelle que soit l'application médicamenteuse qu'on 199 juge convenable, il faut la faire non sur la plaie même, mais sur les parties voisines, afin que le pus ait une issue et que ce qui est induré s'amollisse. » (Voy. aussi § 1.) On a encore dans le traité du Médecin, § 6 : « Il est des parties du corps qui ont promptement un flux de sang, et il n'est pas facile de l'arrêter; telles sont les varices et quelques autres veines ; là les incisions seront étroites ; de cette façon il n'est pas possible que l'écoulement soit excessif ; or il importe parfois de tirer du sang de ces vaisseaux. » Parallèlement, dans le traité des Plaies, § 25 : «Quand il y a au-devant de la jambe une varice, soit apparente, soit dans la chair ; quand le devant de la jambe est noir et qu'il semble nécessaire d'en tirer du sang, il ne faut aucunement pratiquer des mouchetures ; car le plus souvent il en naît de grandes plaies, à cause de l'afflux du sang par la varice ; mais il faut percer de temps en temps la varice même, suivant l'opportunité. » On lit dans le traité du Médecin, en parlant des ventouses, § 7 : « Si la fluxion est fixée loin de la superficie de la chair, il faut que le col de la ventouse soit court, mais que la ventouse même soit ventrue, non allongée dans la partie que tient la main ; avec cette forme elle attirera en droite ligne et amènera bien vers la chair les humeurs éloignées. » Parallèlement, dans le livre de l'Ancienne Médecine, § 22 : « Les ventouses qui, larges au fond, se rétrécissent vers le goulot, ont été imaginées pour attirer les humeurs hors des chairs. »

De son côté, M. Daremberg a insisté sur les rapports qui existent entre le livre du Médecin et celui de l'Officine. Ils ont été rédigés pour le même but, qui est d'enseigner à l'élève, les éléments de la pratique. Pourtant celui-ci devait s'adresser aux maîtres au moins autant qu'aux élèves ; et celui-là, l'auteur a soin de nous en avertir afin qu'on ne l'accuse pas des lacunes qu'on y remarque, était spécialement destiné aux commençants. Cela aide à se rendre raison des différences et des points de contact que fait reconnaître l'étude comparative du Médecin et de l'Officine. M. Daremberg n'a pas oublié non plus la recommanda- 200 tion relative, dans le premier paragraphe du Médecin et dans le Serment, à la discrétion que le médecin doit apporter en ses relations avec les personnes de l'entourage du malade.

On peut encore ajouter un autre exemple à ceux qui sont rapportés par les deux savants critiques. L'auteur du Médecin condamne en ces termes, § 4, les vanités de la chirurgie : < On laissera de côté les bandages élégants et de disposition théâtrale qui ne servent à rien ; car cela est misérable, sent tout à fait le charlatanisme, et souvent apporte du dommage à la personne en traitement ; or, le patient demande non de la parure, mais du soulagement. » Ce passage n'a rien qui fasse dissonance avec celui-ci du livre sur les Articulations, § 78 : « Obtenir la guérison de la partie, est ce qui, dans la médecine, prime tout le reste ; mais, si l'on peut atteindre ce but de plusieurs manières, il faut choisir celle qui fait le moins d'étalage : cette règle est celle de l'honneur comme celle de l'art, pour quiconque ne court pas après une vogue de mauvais aloi. »

Je vois encore une analogie en ceci : « Il est vraiment honteux, dit l'auteur du Médecin, § 6, que de l'opération il n'advienne pas ce qui est voulu.» De même, l'auteur des Fractures, parlant des moyens mécaniques, § 30, dit : « Il faut s'y bien prendre ou y renoncer ; car il est honteux et indigne de l'art de faire de la mécanique qui trompe les intentions du mécanicien. » Les hippocratiques n'aimaient pas que le médecin échouât, et lui recommandaient de bien examiner ce qu'il faisait, afin de n'avoir pas le désagrément et la honte d'une opération mal terminée.

Savoir user, pour son instruction et pour sa pratique, de ce qui est écrit, c'est-à-dire des livres, est une recommandation digne d'être consignée et qui prouve que tout l'enseignement était loin d'être uniquement oral. Cette recommandation est dans le Médecin, §13 : « Quant aux temps opportuns pour l'emploi de chacun de ces moyens et à la manière de s'instruire des remèdes écrits, il n'en sera pas question, attendu que cette 201 étude s'avance loin dans la pratique médicale et appartient à celui qui a déjà fait, dans Part, de grands progrès. » Elle se trouve aussi dans les Épidémies, III, § 16 : « Je regarde comme une partie importante de l'art de la médecine l'habileté à porter un juste jugement sur ce qui est écrit. » Du reste, les remèdes écrits sont plusieurs fois mentionnés dans la Collection hippocratique : le livre dit la Pharmacie (des Affections, § 18), le livre dit les Remèdes [ib„ § 27) ; les substances à pessaires écrites au livre des Lieux dans l'homme, § 47.

Ces concordances du livre du Médecin avec d'autres livres, suppléant à l'absence de témoignages extrinsèques, lui assurent une place légitime dans la Collection hippocratique.

A l'aide de ces renseignements on entrevoit comment un étudiant faisait son éducation. Il était, ainsi que l'indique le Serment, d'ordinaire de famille médicale ; sinon, il s'agrégeait à une de ces familles ; il commençait de bonne heure ; on le plaçait dans l'iatrion ou officine, et là il s'exerçait au maniement des instruments, à l'application des bandages, et à tous les débuts de l'art ; puis il voyait les malades avec son maître, se familiarisait avec les maladies, apprenait à reconnaître les temps opportuns et à user des remèdes. De la sorte il devenait un praticien, et, si son zèle et ses dispositions le favorisaient, un praticien habile. Dans tout cela il n'est question ni d'anatomie ni de physiologie ; c'est qu'en effet ces choses-là n'existaient qu'à l'état de rudiment, et dès lors ne servaient pas de fondement à une éducation. Un médecin pouvait, comme celui dont parle Hippocrate, croire que l'apophyse styloïde du cubitus et l'apophyse de l'humérus, qui est dans le pli du coude, appartenaient à un même os (des Fractures, § 3), ou, comme un autre dont il se raille aussi, prendre les apophyses épineuses du rachis pour le corps même des vertèbres (des Articulations, § 46); ceux-là, on le voit, n'avaient pas la moindre notion, je ne dirai pas d'anatomie, mais de l'ostéologie la plus élémentaire. Les hippocratiques, sans avoir une vue distincte des rapports de l'anatomie avec la médecine, nous montrent les premiers essais 202 pour sortir de l'empirisme primitif, obligé nécessairement de se passer d'anatomie et de physiologie. Hippocrate avait une connaissance très-précise des os. Passé cela, son école n'avait plus rien de précis ; des notions, en gros, sur les principaux viscères, des efforts infructueux pour débrouiller la marche des vaisseaux sanguins; une méconnaissance complète des nerfs proprement dits, confondus sous le nom de νερα avec toutes les parties blanches, et, pour me servir du langage hippocratique, la mention de deux cavités qui reçoivent et expulsent les matières alimentaires, et de beaucoup d'autres cavités que connaissent ceux qui s*occupent de ces objets (de l'Art, § 10). Les choses étant ainsi à l'état rudimentaire, on ne s'étonnera pas que toute la partie théorique roule essentiellement sur les quatre humeurs et leurs modifications ; la spéculation ne pouvait se généraliser qu'à l'aide de ces éléments qui avaient assez de réalité apparente pour permettre quelques tentatives de théorie. Mais ce point de vue suffit pour faire apprécier, sans plus de détail, ce qu'étaient ces systèmes primitifs qu'on a si longtemps surfaits, et qui ne peuvent pas mieux valoir que les bases qui les supportent.

Dans ce traité du Médecin, il est question de la chirurgie militaire. Il ne faut pas entendre par ce mot quelque chose d'aussi étendu que ce que nous entendons aujourd'hui ; la différence des armes a produit une très-grande différence dans les blessures. Alors toute la chirurgie militaire résidait, pour ce qui la séparait de la chirurgie civile, dans l'extraction des traits. Pour s'y exercer, l'auteur recommande au chirurgien de se mettre à la suite des troupes soldées.

BIBLIOGRAPHIE.

MANUSCRITS.

2146 = C, 2255 = E, Cod. Serv. ap. Foes = L, 71 = U  (1) imp. Samb. = P', Cod. Fevr. ap. Foes = Q'.

ÉDITIONS, TRADUCTIONS ET COMMENTAIRES.

Aphorismorum Hippocratis sectiones septem ex Francisci Rabelsesii recognitione, quibus ex Antonii Musae commentariis adjecta est octava, et quaedam alia. Lyon, 1543. (Le livre du Médecin y est contenu.) — Joannis Gorraei in Hippocratis librum de Medico an notationes et scholia. Parisiis, Wechelus, in 8°, 1543. — Hippocratis Coi, medicorum principis, libri aliquot ad artem medicam praeparatorii, recens per Joannem Cornariura latina lingua conscripti. Basileae, in 4°, 1543. — Zwinger. Hippocratis Coi vigintî duo conimentarii. Basileae, 1579, in fol. — Heurnius. Hippocratis Coi prolegomena. Lugduni Batav., in 4°, 1597, 1607 et 1609. — Stephanus Manialdus (dans ses opuscules chirurgicaux). 1619. Voy. t. III, p. 180. — Discours sur l'institution du médecin suivant Hippocrate, par de La Prade. Lyon, in 8°, 36 pages, 1822. - Traités d Hippocrate, des Préceptes; de la Décence, du Médecin, etc., par de Mercy. Paris, in-12, 1824. — J. E. Pétrequin. Recherches historiques sur l'origine du traité du Médecin, suivies d'une traduction nouvelle de ce livre, avec notes et commentaires. 1847. Extrait de la Revue médicale. — Ch. Daremberg. Œuvres choisies d'Hippocrate, 2e édition. Paris, 1855, in 8°.
 

(1) Voy. pour la description de ce mss. t. IV, p. 76. La collation du livre du Médecin m'a été communiquée par M. Darremberg, explorateur de toutes les bibliothèques d'Europe, et qui fait libéralement part de tout ce qu'il y a recueilli.

 

 

ΠΕΡΙ ΙΗΤΡΟΥ.

1. Ἰητροῦ μέν ἐστι προστασίη, ὁρῇν εὔχρως τε καὶ εὔσαρκος πρὸς τὴν ὑπάρχουσαν αὐτῷ φύσιν· ἀξιοῦνται γὰρ ὑπὸ τῶν πολλῶν οἱ μὴ εὖ διακείμενοι τὸ σῶμα οὕτως, οὐδ´ ἂν ἑτέρων ἐπιμεληθῆναι καλῶς· ἔπειτα τὰ περὶ αὐτὸν καθαρίως ἔχειν, ἐσθῆτι χρηστῇ καὶ χρίσμασιν εὐόδμοις, ὀδμὴν ἔχουσιν ἀνυπόπτως· πρὸς ἅπαντα ταῦτα γὰρ ἡδέως ἔχειν ξυμβαίνει τοὺς νοσέοντας. Δεῖ δὲ σκοπέειν τάδε περὶ τὴν ψυχὴν τὸν σώφρονα, μὴ μόνον τὸ σιγᾷν, ἀλλὰ καὶ περὶ τὸν βίον [τὸ] πάνυ εὔτακτον, μέγιστα γὰρ ἔχει πρὸς δόξαν ἀγαθὰ, τὸ δὲ ἦθος εἶναι καλὸν καὶ ἀγαθὸν, τοιοῦτον δ´ ὄντα πᾶσι καὶ σεμνὸν καὶ φιλάνθρωπον· τὸ γὰρ προπετὲς καὶ τὸ πρόχειρον καταφρονεῖται, κἂν πάνυ χρήσιμον ᾖ· σκεπτέον δὲ ἐπὶ τῆς ἐξουσίης· τὰ γὰρ αὐτὰ παρὰ τοῖς αὐτέοις σπανίως ἔχοντα ἀγαπᾶται. Σχήμασι δὲ, ἀπὸ μὲν προσώπου σύννουν μὴ πικρῶς· αὐθάδης γὰρ δοκέει εἶναι καὶ μισάνθρωπος, ὁ δὲ εἰς γέλωτα ἀνιέμενος καὶ λίην ἱλαρὸς φορτικὸς ὑπολαμβάνεται· φυλακτέον δὲ τὸ τοιοῦτον οὐχ ἥκιστα. Δίκαιον δὲ πρὸς πᾶσαν ὁμιλίην εἶναι· χρὴ γὰρ πολλὰ ἐπικουρέειν δικαιοσύνην· πρὸς δὲ ἰητρὸν οὐ μικρὰ συναλλάγματα τοῖσι νοσοῦσίν ἐστιν· καὶ γὰρ αὐτοὺς ὑποχειρίους ποιέουσι τοῖς ἰητροῖς, καὶ πᾶσαν ὥρην ἐντυγχάνουσι γυναιξὶν, παρθένοις, καὶ τοῖς ἀξίοις πλείστου κτήμασιν· ἐγκρατέως οὖν δεῖ πρὸς ἅπαντα ἔχειν ταῦτα. Τὴν μὲν οὖν ψυχὴν καὶ τὸ σῶμα οὕτω διακεῖσθαι.

2. Τὰ δὲ ἐς τὴν ἰητρικὴν τέχνην παραγγέλματα, δι´ ὧν ἔστιν εἶναι τεχνικὸν, ἀπ´ ἀρχῆς συνοπτέον, ἀφ´ ὧν καὶ μανθάνειν ὤνθρωπος ἄρξαιτο· τὰ τοίνυν ἐν ἰητρείῳ θεραπευόμενα σχεδὸν μανθανόντων ἐστίν. Δεῖ δὲ πρῶτον μὲν τόπον ἔχειν οἰκεῖον, ἔσται δὲ τοῦτο ἐὰν μήτε πνεῦμα ἐς αὐτὸν παραγινόμενον ἐνοχλῇ μήθ´ ἥλιος ἢ αὐγὴ λυπέῃ. Φῶς δὲ τηλαυγὲς τοῖς μὲν θεραπεύουσιν ἄλυπον, οὐχ ὁμοίως δὲ τοῖς θεραπευομένοις ὑπάρχει· πάντως μὲν οὖν τοιαύτην τὴν αὐγὴν μάλιστα φευκτέον, δι´ ἣν ξυμβαίνει τοὺς ὀφθαλμοὺς νοσέειν· τὸ μὲν οὖν φῶς τοιοῦτον εἶναι παρήγγελται· τοῦτο δὲ, ὅπως μηδαμῶς ἐναντίως ἕξει τῷ προσώπῳ τὰς αὐγάς· προσενοχλεῖ γὰρ τὴν ὄψιν ἀσθενέως ἔχουσαν· πᾶσα δ´ ἱκανὴ πρόφασις ἀσθενέοντας ὀφθαλμοὺς ἐπιταράξαι· τῷ μὲν οὖν φωτὶ τοῦτον τὸν τρόπον χρηστέον ἐστίν. Τοὺς δὲ δίφρους ὁμαλοὺς εἶναι τοῖς ὕψεσιν ὅτι μάλιστα, ὅπως κατ´ αὐτοὺς ὦσιν. Χαλκώματι δὲ πλὴν τῶν ὀργάνων μηδενὶ χρήσθω· καλλωπισμὸς γάρ τις εἶναί μοι δοκεῖ φορτικὸς σκεύεσι τοιουτέοισι χρῆσθαι. Τὸ δ´ ὕδωρ παρέχειν δεῖ πότιμον τοῖς θεραπευομένοις καὶ καθαρόν. Τοῖς δὲ ἀπομάγμασιν καθαροῖς καὶ μαλθακοῖς χρῆσθαι, πρὸς μὲν τοὺς ὀφθαλμοὺς ὀθονίοις, πρὸς δὲ τὰ τραύματα σπόγγοις· αὐτόματα γὰρ ταῦτα βοηθεῖν δοκεῖ καλῶς. Τὰ δ´ ὄργανα πάντα εὐήρη πρὸς τὴν χρείαν ὑπάρχειν δεῖ τῷ μεγέθει καὶ βάρει καὶ λεπτότητι.

3. Τὰ δὲ προσφερόμενα ἅπαντα μὲν χρὴ συνορῇν ὅπως συνοίσει· μάλιστα δὲ πλεῖστον, εἰ ὁμιλεῖν μέλλει τῷ νοσοῦντι μέρει· ταῦτα δέ ἐστιν ἐπιδέσματα καὶ φάρμακα καὶ τὰ περὶ τὸ ἕλκος ὀθόνια καὶ τὰ καταπλάσματα· πλεῖστον γὰρ χρόνον ταῦτα περὶ τοὺς νοσέοντάς ἐστι τόπους. Ἡ δὲ μετὰ ταῦτα ἀφαίρεσις τούτων, ἀνάψυξίς τε καὶ περικάθαρσις, καὶ τῶν ὑδάτων κατάντλησις, ὀλίγου τινός ἐστι χρόνου· καὶ ὅπου χρὴ μᾶλλόν τε καὶ ἧσσον ἐσκέφθαι δεῖ· τούτων γὰρ ἀμφοτέρων ἡ χρῆσις εὔκαιρός τε καὶ μὴ γενομένων μεγάλην ἔχει διαφορήν.

4. Ἔστι δὲ οἰκείη ἐπίδεσις τῆς ἰητρικῆς, ἀφ´ ἧς ὠφελεῖσθαι τὸν θεραπευόμενον [δεῖ]· μέγιστα δὲ ὠφελεῖ δύο ταῦτα, οἷς ἐστι χρηστέον, πιέσαι ὅκου δεῖ καὶ ἀνειμένως ἐπιδῆσαι· πρὸς δὲ τοὺς χρονοὺς τῆς ὥρης, πότε δεῖ σκεπαστικῶς καὶ μὴ, συνορῇν, ὅκως μηδὲ [τὸν] ἀσθενῆ λελήθῃ, ὡς ποτέρῳ τούτων ἐνιαχοῦ χρηστέον· εὐρύθμους δὲ ἐπιδεσίας καὶ θεητρικὰς μηδὲν ὠφελούσας ἀπογινώσκειν· φορτικὸν γὰρ τὸ τοιοῦτον καὶ παντελῶς ἀλαζονικὸν, πολλάκις τε βλάβην οἶσον τῷ θεραπευομένῳ· ζητεῖ δὲ ὁ νοσέων οὐ καλλωπισμὸν, ἀλλὰ τὸ συμφέρον.

5. Ἐπὶ δὲ τῶν χειρουργιῶν, ὅσαι διὰ τομῆς εἰσιν ἢ καύσιος, τὸ ταχέως ἢ βραδέως ὁμοίως ἐπαινεῖται· χρῆσις γάρ ἐστιν ἀμφοτέρων αὐτῶν. Ἐν οἷς μὲν γάρ ἐστι διὰ μιῆς τομῆς ἡ χειρουργία, χρὴ ποιέεσθαι ταχεῖαν τὴν διαίρεσιν· ἐπεὶ γὰρ συμβαίνει τοὺς τεμνομένους πονέειν, τὸ λυπέον μὲν ὡς ἐλάχιστον χρόνον δεῖ παρεῖναι· τοῦτο δὲ ἔσται ταχείης τῆς τομῆς γενομένης. Ὅπου δὲ πολλὰς ἀναγκαῖον γενέσθαι τὰς τομὰς, βραδείῃ χρηστέον τῇ χειρουργίᾳ· τὸ μὲν γὰρ ταχὺ ξυνεχῆ ποιέει τὸν πόνον καὶ πουλύν· τὸ δὲ διαλιπὸν ἀνάπαυσιν ἔχει τινὰ τοῦ πόνου τοῖς θεραπευομένοις.

6. Τὸ δ´ αὐτὸ ἐπὶ τῶν ὀργάνων λέγοιτ´ ἄν· τοῖς δὲ μαχαιρίοις ὀξέσι τε χρῆσθαι καὶ πλατέσιν οὐκ ἐπὶ πάντων ὁμοίως παραγγέλλομεν· μέρη γάρ τινά ἐστι τοῦ σώματος, ἃ ἐν τάχει μὲν ἔχει τὴν ῥύμην τοῦ αἵματος, καὶ κατασχεῖν ἐστιν οὐ ῥηΐδιον· ταῦτα δέ ἐστιν οἵ τε κίρσοι καί τινες ἄλλαι φλέβες· τὰς μὲν τομὰς χρὴ εἶναι τῶν τοιουτέων στενάς· οὐ γὰρ οἷόν τε τὴν ῥύσιν γενέσθαι κατακορῆ· ξυμφέρει δέ ποτε ἀπὸ τῶν τοιουτέων αἵματος ἀφαίρεσιν ποιέεσθαι. Πρὸς δὲ τοὺς ἀκινδύνους τόπους καὶ περὶ οὓς μὴ λεπτόν ἐστι τὸ αἷμα, πλατυτέροις χρῆσθαι τοῖς μαχαιρίοισι· τὸ γὰρ αἷμα πορεύοιτ´ ἂν, ἄλλως δὲ οὐδαμῶς· πάνυ δ´ ἔστιν αἰσχρὸν μὴ ξυμβαίνειν ἀπὸ τῆς χειρουργίης ὅ τι θέλει.

7. Δύο δὲ τρόπους φαμὲν χρησίμους εἶναι σικυῶν· ὅτε μὲν γὰρ ῥεῦμα ξυνεστηκὸς πόῤῥω τῆς ἐπιφαινομένης σαρκός [ἐστι], τὸν μὲν κύκλον αὐτῆς εἶναι δεῖ βραχὺν, αὐτὴν δὲ γαστρώδη, μὴ προμήκη τὸ πρὸς τὴν χεῖρα μέρος, μὴ βαρεῖαν· τοιαύτην γὰρ οὖσαν ἕλκειν ἐς ἰθὺ ξυμβαίνει, καὶ τοὺς ἀφεστῶτας ἰχῶρας καλῶς ἀνεσπάσθαι πρὸς τὴν σάρκα· τοῦ δὲ πόνου [διὰ] πλείονος κατεσκεδασμένου τῆς σαρκὸς, τὰ μὲν ἄλλα παραπλησίην, τὸν δὲ κύκλον μέγαν· οὕτω γὰρ ἐκ πλείστων μερῶν εὑρήσεις ἄγουσαν ἐς ὃν δεῖ τὸ λυποῦν τόπον· οὐ γὰρ οἷόν τε μέγαν εἶναι τὸν κύκλον, μὴ συναγομένης τῆς σαρκὸς ἐκ πλείονος τόπου. Βαρεῖα δ´ οὖσα ῥέπει καὶ ἐς τοὺς ἄνω τόπους· κάτω δὲ μᾶλλον τὴν ἀφαίρεσιν [ποιέειν δεῖ], καὶ πολλάκις ὑπολείπεσθαι τὰς νούσους [ξυμβαίνει]. Τοῖσι μὲν οὖν ἐφεστῶσι ῥεύμασι καὶ μακρὰν ἀπέχουσιν ἀπὸ τῶν ἄνω τόπων οἱ πλατεῖς κύκλοι πολλὰ ξυνεπισπῶνται παρὰ τῆς ἄλλης σαρκός· ἐπιπροσθεῖν οὖν ξυμβαίνει τὴν ἐντεῦθεν ἑλκομένην νοτίδα τῷ ξυναγομένῳ κάτωθεν ἰχῶρι, καὶ τὰ μὲν ἐνοχλεῦντα ὑπολείπεσθαι, τὰ δ´ οὐδὲν λυπέοντα ἀφαιρεῖσθαι. Μέγεθος δὲ σικύης τί χρήσιμον στοχάζεσθαι χρὴ πρὸς τὰ μέρη τοῦ σώματος, οἷς ἂν δέῃ προσβάλλειν. Ὅταν δὲ κατακρούῃ, κάτωθεν ἕλκεσθαι· τὸ γὰρ αἷμα φανερὸν εἶναι δεῖ τῶν χειρουργουμένων τόπων· ἄλλως δὲ οὐδὲ τὸν κύκλον τὸν ἑλκυσθέντα χρὴ κατακρούειν· εὐτονωτέρη γάρ ἐστιν ἡ σὰρξ τοῦ πονήσαντος· μαχαιρίοις δὲ τοῖς καμπύλοις ἐξ ἄκρου μὴ λίην στενοῖς· ἐνίοτε γὰρ ἰχῶρες ἔρχονται γλίσχροι καὶ παχεῖς, κίνδυνος οὖν ἐστιν ὑποστῆναι τῇσι τομῇσιν, ὅταν στεναὶ τμηθέωσιν.

8. Τὰς δὲ ἐπὶ τῶν βραχιόνων φλέβας τῇσι καταλήψεσι χρὴ φυλάσσειν· ἡ γὰρ καλύπτουσα σὰρξ πολλοῖς οὐ καλῶς συνήρμοσται τῇ φλεβί· τῆς γὰρ σαρκὸς ὀλισθηρῆς οὔσης, οὐ καθ´ ἑαυτὰς ξυμβαίνει τὰς τομὰς ἀμφοτέρων γίνεσθαι· τὴν γὰρ φλέβα ἐκφυσᾶσθαι ξυμβαίνει καλυφθεῖσαν, καὶ τὴν ῥύσιν τοῦ αἵματος κωλύεσθαι, πολλοῖσι δὲ καὶ πῦος διὰ τοῦτο ξυνίστασθαι· δοκεῖ δὴ δύο βλάβας φέρειν ἡ τοιαύτη χειρουργίη, τῷ μὲν τμηθέντι πόνον, τῷ δὲ τέμνοντι πολλὴν ἀδοξίην· τὸ δ´ αὐτὸ κατὰ πασῶν παρήγγελται γίνεσθαι.

9. Τὰ μὲν οὖν κατ´ ἰητρεῖον ἀναγκαῖα ὄργανα, καὶ περὶ ἃ δεῖ τεχνικὸν εἶναι τὸν μανθάνοντα, ταῦτ´ ἐστίν· ὀδοντάγρῃσι γὰρ καὶ σταφυλάγρῃσι χρῆσθαι τὸν τυχόντα ἐστίν· ἁπλῆ γὰρ ἡ χρῆσις αὐτῶν εἶναι δοκεῖ.

10. Περὶ δὲ φυμάτων καὶ ἑλκέων, ὁκόσα μειζόνων ἐστι νοσημάτων, τὰ μὲν φύματα τεχνικώτατον ὑπειληφέναι δεῖ δύνασθαι διαλύειν, καὶ τὰς συστάσεις αὐτῶν κωλύειν· ἐχόμενον δὲ τουτέων, στέλλειν εἰς τὸν ἐπιφανῆ τόπον ὡς εἰς βραχύτατον, καὶ τὴν σύστασιν ὁμαλῶς διὰ παντὸς ποιεῖσθαι τοῦ φύματος· ἀνωμάλως γὰρ ἔχοντος αὐτοῦ, ῥαγῆναί τε καὶ δυσθεράπευτον τὸ ἕλκος κίνδυνός ἐστι γενέσθαι· ἐξομαλίζειν τε χρὴ πέσσοντα πανομοίως, καὶ μήτε διαιρεῖν πρότερον μήτε αὐτόματον ἐῇν ῥαγῆναι· τὰ δὲ ἐκπέψαι δυνάμενα ὁμαλῶς ἐν ἑτέροις εἴρηται.

11. Τὰ δὲ ἕλκεα δοκεῖ πορείας ἔχειν τέσσαρας, μίαν μὲν ἐς βάθος· ταῦτα δ´ ἔστι τὰ συριγγώδη καὶ ὅσα ὕπουλά ἐστι, καὶ ἔνδοθεν κεκοιλασμένα· ἡ δ´ ἑτέρη εἰς ὕψος, τὰ ὑπερσαρκεῦντα· τρίτη δέ ἐστιν εἰς πλάτος· ταῦτα δέ ἐστι τὰ καλεόμενα ἑρπηστικά· τετάρτη ὁδός ἐστιν [ἐς ξύμφυσιν]· αὕτη δὲ μόνη κατὰ φύσιν εἶναι δοκέει κίνησις. Αὗται μὲν οὖν ξυμφοραὶ τοιαῦται σαρκός εἰσι· πᾶσαι δὲ κοιναὶ τοῦ ξυμφύοντος· καὶ τὰ μὲν τούτων ἐν ἑτέροις σημεῖα δεδήλωται, καὶ ᾗ χρηστέον ἐστὶν ἐπιμελείᾳ· δι´ ὧν δὲ τὸ ξυμφυόμενον διελεύσεται, καὶ τὸ πληρεύμενον, ἢ κοῖλον γενόμενον, ἢ τὴν εἰς πλάτος πορείαν ποιούμενον, προσηκόντως περὶ τουτέων ἐν ἄλλοις εἴρηται.

12. Περὶ δὲ καταπλασμάτων ὧδε· τῶν ἐπιτιθεμένων ὀθονίων ὅκου ἂν ἡ χρῆσις κατὰ τοῦ νοσεύματος ἀκριβὴς εἶναι δοκέῃ, [καὶ] τῷ ἕλκει ἁρμόζου τὸ ἐπιτιθέμενον ὀθόνιον, τῷ δὲ καταπλάσματι πρὸς τὸν κύκλῳ τόπον τοῦ ἕλκεος χρῶ· χρῆσις γὰρ αὕτη καταπλάσματός ἐστιν ἔντεχνός τε καὶ πλεῖστα ὠφελεῖν δυναμένη· ἐδόκει γὰρ τῷ μὲν ἕλκει βοηθεῖν ἡ τῶν περιτιθεμένων δύναμις, τὸ δ´ ὀθόνιον φυλάσσειν· τὰ δ´ ἔξω μὲν τοῦ ἕλκεος τὸ κατάπλασμα ὠφελέει. Τὴν μὲν οὖν χρῆσιν αὐτέων εἶναι δεῖ τοιαύτην.

13. Περὶ δὲ καιρῶν, ὁκότε τούτοις ἑκάστοις χρηστέον ἐστὶ, καὶ τὰς δυνάμιας ὡς χρὴ τῶν γεγραμμένων καταμανθάνειν, παραλέλειπται δὲ τὰ τοιαῦτα, ἐπεὶ πλεῖον προῆκται τῆς κατ´ ἰητρικὴν ἐπιμελείας καὶ πόῤῥω τοῦ τῆς τέχνης ἤδη προεληλυθότος ἐστίν.

14. Ἐχόμενον δὲ τούτων ἐστὶ καὶ κατὰ στρατιὴν γινομένων τρωμάτων χειρουργίη περὶ τὴν ἐξαίρεσιν τῶν βελέων. Ἐν τῇσι κατὰ πτόλιν διατριβῇσι βραχεῖά τίς ἐστι τουτέων ἡ χρῆσις· ὀλιγάκις γὰρ ἐν παντὶ τῷ χρόνῳ γίνονται πολιτικαὶ στρατιαὶ καὶ πολεμικαί· ξυμβαίνει δὲ τὰ τοιαῦτα πλειστάκις καὶ ξυνεχέστατα περὶ τὰς ξενικὰς στρατιὰς γίνεσθαι. Τὸν μὲν οὖν μέλλοντα χειρουργεῖν στρατεύεσθαι δεῖ καὶ παρηκολουθηκέναι στρατεύμασι ξενικοῖς· οὕτω γὰρ ἂν εἴη γεγυμνασμένος πρὸς ταύτην τὴν χρείαν. Ὃ δὲ εἶναι δοκεῖ περὶ ταῦτα τεχνικώτερον, εἰρήσεται· τῶν γὰρ ὅπλων ἐνόντων καὶ σημεῖα πεπορίσθαι τέχνης ἐστὶ πλεῖστον μέρος καὶ τῆς πρὸς ταῦτα χειρουργίης· τούτου γὰρ ὑπάρξαντος, οὐκ ἂν παραλίποιτο τρωματίας ἀγνοηθεὶς ὅταν χειρουργῆται μὴ προσηκόντως· μόνος δ´ ἂν ὁ τῶν σημείων ἔμπειρος εἰκότως ἐπιχειροίη. Περὶ δὲ τουτέων ἁπάντων ἐν ἑτέροις γεγραμμένον ἐστίν.

DU MÉDECIN.

1. (Comment le médecin doit être pour le corps et pour l'âme.) La règle du médecin doit être d'avoir une bonne couleur et de l'embonpoint, suivant ce que comporte sa nature ; car le vulgaire s'imagine que ceux dont le corps n'est pas ainsi en bon état ne sauraient soigner convenablement les autres. Puis il sera d'une grande propreté sur sa personne, mise décente, parfums agréables et dont l'odeur n'ait rien de suspect ; car, en général, tout cela plaît aux malades. Quant au moral, l'homme sage non-seulement sera discret, mais aussi il observera une grande régularité dans sa vie ; cela fait le plus grand bien à la réputation ; ses mœurs seront honorables et irréprochables, et, avec cela, il sera pour tous grave et humain ; car se mettre en avant et se prodiguer excite le mépris, quand même ce serait tout à fait utile. Qu'il se règle sur la licence que lui donne le malade ; car les mêmes choses se présentant rarement aux mêmes personnes sont bienvenues. Quant à 207 l'extérieur, il aura la physionomie réfléchie, sans austérité ; autrement il paraîtrait arrogant et dur ; d'un autre côté, celui qui se laisse aller au rire et à une gaieté excessive est regardé comme étranger aux convenances ; et cela, il faut s'en préserver soigneusement. La justice présidera à toutes ses relations, car il faut que la justice intervienne souvent; ce ne sont pas* de petits rapports que ceux du médecin avec les malades ; les malades se soumettent au médecin, et lui, à toute heure, est en contact avec des femmes, avec de jeunes filles, avec des objets précieux; il faut, à l'égard de tout cela, garderies mains pures (voy. le Serment). Tel doit être le médecin pour l'âme et pour le corps.

2. (Préceptes par lesquels on commence son instruction. Officine du médecin. Ce qui s'y traite est du ressort de l'étudiant. Disposition de l'officine; lumière; sièges ; instruments ; eau; linges; éponges.) Relativement aux préceptes touchant l'art médical, à l'aide desquels on peut devenir artiste, il faut d'abord considérer ceux par lesquels on commencera son instruction ; or, ce qui se traite dans l'officine est à peu près du ressort de l'étudiant. D'abord il faut avoir un lieu commode; et il y aura commodité si le vent n'y pénètre ni ne gêne, si le soleil ou l'éclat du jour ne causent du malaise. Une grande clarté est inoffensive pour celui qui traite, mais elle ne Test pas semblablement pour celui qui est traité; par-dessus tout, il faut fuir cette clarté par laquelle il arrive aux yeux de devenir malades. Il est donc de prescription que la lumière soit telle. De plus, ou aura soin qu'en aucune façon le jour ne soit reçu en face ; car cela fatigue une vue qui se trouve affai- 209 blie ; et toute cause suffît pour troubler des yeux faibles. C'est ainsi qu'on se servira de la lumière. Les sièges, autant que possible, seront de hauteur égale, afin que le médecin et le patient soient de niveau. On ne se servira d'airain que pour les instruments ; car, employer des ustensiles de ce métal me paraît un luxe déplacé. On fournira aux personnes traitées de l'eau potable et pure. Les pièces à absterger seront propres et douces, à savoir des linges pour les yeux, des éponges pour les plaies ; car tout cela, par soi-même, paraît être d'un bon secours. Les instruments seront d'un maniement facile pour la grandeur, pour le poids et pour la délicatesse.

3. (Conseils généraux sur le pansement. Affusions d'eau). On fera attention à ce que tout ce qu'on emploie serve au malade , surtout ce qui doit rester en contact avec la partie affectée; tels sont les bandages, les médicaments, les linges disposés autour de la plaie, et les applications en cataplasme ; car ils demeurent beaucoup de temps à l'endroit lésé ; au lieu que ce qui suit? à savoir l'enlèvement de ces applications, le rafraîchissement, le nettoyage, et les affusions d'eau ne sont que de quelques moments; on examinera quand il faut nettoyer et arroser plus ou moins ; l'emploi de ces deux choses a son opportunité, car il y aune grande différence à les faire ou ne pas les faire.

4. (Des bandages. Recommandation contre le charlatanisme.) Un bandage est véritablement médical quand il rend service à la personne en traitement. Or, les deux conditions les plus utiles et dont il faut tirer profit, sont de faire porter la pression sur le point convenable et de serrer modérément. Quant aux époques de la saison, on verra quand il faut habiller ou non le 211 lieu affecté, de manière que le malade lui-même n'ignore pas qu'il faut, suivant les circonstances, habiller ou ne pas habiller. On laissera de coté les bandages élégants et de disposition théâtrale qui ne servent à rien; car cela est misérable, sent tout à fait le charlatanisme, et souvent apporte du dommage à la personne en traitement; or le patient demande non de la parure, mais du soulagement.

5. (Opérations qui se font par incision ou par cautérisation; célérité, lenteur.) Quant à celles des opérations qui se font par incision ou par cautérisation, la célérité ou la lenteur se recommandent également, car on les emploie toutes les deux : quand l'opération n'exige qu'une, incision, on la fera avec célérité ; l'incisé devant souffrir, il faut que ce qui fait souffrir soit présent le moins de temps possible ; résultat qui s'obtiendra par une incision rapide. Mais s'il est nécessaire de pratiquer plusieurs incisions, on agira lentement; en effet, la célérité rend la douleur continue et intense, tandis que mettre des intervalles procure quelque relâche aux patients.

6. (Des bistouris effilés et des bistouris larges. Cas où il faut se servir des uns ou des autres.) Un raisonnement analogue s'applique aux instruments : nous ne recommandons pas 213 de se servir, dans tous les cas également, de bistouris effilés et de bistouris larges. Il est des parties du corps qui ont promptement un flux de sang, et il n'est pas facile de l'arrêter ; telles sont les varices et quelques autres veines ; là les incisions seront étroites; de cette façon il n'est pas possible que l'écoulement soit excessif ; or, il importe parfois de tirer du sang de ces vaisseaux (des Plaies, § 25). Quant aux lieux sans danger et où le sang n'est pas ténu, on se servira de bistouris larges ; de cette façon le sang coulera ; autrement il ne sortirait pas du tout. Or, il est vraiment honteux que de l'opération il n'advienne pas ce qui est voulu.

7. (Ventouses. Deux espèces. L'une attire de la superficie; l'autre de la profondeur. Ventouses scarifiées.) Pour ce qui est des ventouses, nous disons que deux espèces sont en usage. Si la fluxion est fixée loin de la superficie de la chair, il faut que le goulot soit étroit, mais que la ventouse soit ventrue, non allongée dans la partie que tient la main, et non pesante ; avec cette forme, elle attirera en droite ligne et amènera bien vers la chair les humeurs éloignées (de l'Ancienne Médecine, § 22). Mais si le mal est répandu dans une plus grande étendue de la chair, la ventouse, semblable du reste, aura un large goulot; vous trouverez ainsi qu'elle appelle, de l'étendue la plus considérable possible, l'humeur peccante au lieu convenable. Le goulot ne peut être large sans contracter la chair dans une assez grande étendue; pesante, elle presse aussi les parties superficielles ; or, il faut que la soustraction s'exerce de préférence dans les parties profondes ; si bien qu'il arrive souvent que le mal est laissé dans la profondeur. Donc, pour les fluxions fixées et fort éloignées de la superficie, les ventouses à large 215 goulot attirent beaucoup hors des parties circonvoisines ; l'humidité attirée de ces parties prend les devants sur l'ichor qui vient de plus bas ; et de cette façon, ce qui nuit est laissé, ce qui ne fait aucun mal est enlevé. On jugera de la grandeur convenable à donner à la ventouse d'après la partie du corps où l'on doit l'appliquer. Quand vous scarifiez, la ventouse doit attirer des parties profondes; car il faut voir le sang des parties opérées; autrement, on ne scarifiera même pas le cercle soulevé, la chair du lieu malade étant trop résistante ; on se servira de bistouris recourbés et pas trop étroits de la pointe, attendu que parfois il vient des humeurs visqueuses et épaisses ; et elles risqueraient de s'arrêter aux incisions, si les incisions étaient étroites.

8. (Bien assujettir les peines pour la saignée.) Les veines des bras doivent être assujetties avec des ligatures, la chair qui les recouvre n'étant pas, chez beaucoup, bien unie avec la veine. La chair glisse, et de la sorte il advient que les deux ouvertures ne se correspondent plus ; d'où gonflement venteux de la veine recouverte, obstacle à l'écoulement du sang, et, chez beaucoup, à cette occasion, suppuration. Une telle manière de faire entraîne deux inconvénients, à savoir souffrance à l'opéré, et un grand discrédit à l'opérateur. Le même précepte s'applique à toutes les veines.

9. (Résumé sur les instruments qui sont dans l'officine, et au maniement desquels l'étudiant doit s'exercer.) Tels sont les in- 217 struments nécessaires dans l'officine et au maniement desquels l'élève doit être exercé; quant aux instruments pour arracher les dents et pour saisir la luette, le premier venu peut s'en servir ; car manifestement l'emploi en est simple.

10. (Des abcès et des plaies considérables. — Abcès en particulier ; résolution; maturation. Indication d'un livre où il a été parlé des moyens maturatifs.) Passant à ceux des abcès et des plaies qui sont des maladies considérables, il faut, pour les abcès, être convaincu que les dissoudre et en réprimer les engorgements est le plus habile ; puis, quand cela ne se peut, les faire aboutir au lieu apparent et le plus rétréci possible, et les rendre homogènes dans toute leur masse. S'il n'y a pas homogénéité, il est à craindre que l'abcès, se rompant, ne laisse une plaie difficile à traiter. On obtiendra l'homogénéité par une maturation uniforme ; et, auparavant, on ne l'ouvrira ni on ne le laissera s'ouvrir spontanément. Nous avons traité ailleurs des moyens propres à procurer cette égalité de maturation.

11. (Plaies; quatre espèces : fistuleuses, fongueuses, serpigineuses, marchant à cicatrisation. Indication d'un livre où il a été parlé de la marche des plaies.) Les plaies paraissent avoir quatre marches : l'une en profondeur, ce sont les plaies fistuleuses et toutes celles qui sont cachées sous une cicatrice et creusées en dedans; l'autre en hauteur, ce sont celles qui bourgeonnent excessivement ; la troisième en largeur, ce sont celles qui sont dites serpigineuses ; la quatrième vers la cicatrisation, c'est le seul mouvement qui paraisse être conforme à la nature. Telles sont les conditions de la chair ; toutes ont en commun la cicatrisation. Il a été exposé ailleurs quels en 219 sont les signes et de quel traitement il faut se servir, de même qu'il a été dit autre part, comme il convenait, par quelles phases passera la plaie qui se cicatrise, celle qui est fongueuse, celle qui est devenue creuse ou celle qui fait sa marche en largeur.

12. (Applications médicamenteuses dites cataplasmes. Linges ajustés sur la plaie. Le cataplasme se met autour de la plaie et non sur la plaie.) Voici ce qui en est des applications médicamenteuses ou cataplasmes. Les linges, dans le cas où l'emploi des applications médicamenteuses paraît bon pour la lésion, doivent être ajustés exactement à la plaie ; la substance médicamenteuse sera mise tout autour du lieu blessé (des Plaies, § 1 et § 10). Cette manière de s'en servir est conforme aux règles de l'art et rend beaucoup de services. En effet, la vertu des substances mises autour paraît utile à la plaie ; le linge la protège, et les parties extérieures à la plaie sont soulagées par le cataplasme. Voilà donc l'usage qu'il en faut faire.

13. (L'opportunité de l'emploi des choses et les propriétés des remèdes écrits appartiennent à une étude supérieure, c'est-à-dire dépassent celle qui se fait dans l'officine.) Quant aux temps opportuns pour l'emploi de chacun de ces moyens et à la ma¬nière de s'instruire des propriétés des remèdes écrits, il n'en sera pas question, attendu que cette étude s'avance loin dans la pratique médicale et qu'elle appartient à celui qui a déjà fait dans Part de grands progrès.

14. (Chirurgie militaire, c'est-à-dire celle qui regarde l'extraction des traits. Troupes étrangères soldées. Indication de livres où il est traité des plaies par armes de guerre.) A notre sujet se rattache la chirurgie concernant les blessures par armes de guerre quant à ce qui regarde l'extraction des traits. Dans les résidences en ville, il n'y a guère d'occasion de s'y exercer; car il est rare, dans toute la vie d'un homme, d'y voir des 221 combats entre les citoyens et contre les ennemis ; au lieu que ces accidents sont très-fréquents et presque journaliers auprès des troupes étrangères qui se louent. Donc celui qui veut devenir chirurgien doit s'enrôler et suivre ces troupes; de la sorte il deviendra exercé dans cet office. Ce qui là-dessus parait être particulièrement du métier sera exposé; car bien connaître les signes des armes restées dans le corps est une partie principale de l'art et de la chirurgie militaire. Avec cette instruction on ne laissera jamais un blessé sans reconnaître quand il n'est pas opéré convenablement ; or, celui-ci seul qui est habile dans les signes opérera bien. Il a été traité de tout cela dans d'autres ouvrages.

FIN DU LIVRE DU MEDECIN.
 

ι διαφορήν.