Hippocrate

HIPPOCRATE

 

ÉPIDÉMIES, LIVRE III. - ΕΠΙΔΗΜΙΩΝ ΤΟ ΤΡΙΤΟΝ

HIPPOCRATE

 

 

 

ÉPIDÉMIES, LIVRE III.

ARGUMENT.

Quoique l'argument que j'ai mis (t. 2, p. 525) en tête du troisième livre des Epidémies, soit commun à tous les deux, néanmoins je me suis décidé à  faire précéder le troisième livre de quelques pages où je vais brièvement appeler l'attention du lecteur sur trois points : I. L'antiquité de la peste; II. La nature de la constitution épidémique décrite par Hippocrate; III. L'emploi de la saignée dans les fièvres rémittentes et pseudo-continues.

I. Les médecins occupés de recherches historiques, quand ils ont distingué avec précision la peste orientale, la peste à bubons, de toutes les maladies désignées par le nom de peste, ont généralement pensé que la peste à bubons n'avait pas affligé l'antiquité.

M. le docteur Krauss, qui maintient que la peste d'Athènes et celle qui dévasta le monde sous les Antonins, sont une seule et même maladie, ajoute que, sous Justinien, cette maladie se changea en peste orientale (Disquisitio historico-medica de natura morbi Atheniensium, Stuttgart, 1831, p. 44) .

« Lorsqu'à la fin du IVe siècle, dit M. Hecker, les hordes sauvages de l'Asie fondirent sur l'Europe, et mirent par l'épée un terme à l'antique évolution des états, il se forma, dans le contact pressé et la fluctuation des peuples, une nouvelle maladie qui apporta à la mort de plus riches moissons que ne firent jamais le tranchant du glaive et le soulèvement 2 des éléments : ce fut la peste orientale qui, munie de toutes les conditions d'une durée illimitée, enleva, deux siècles plus tard, à l'empire romain de nouveau réuni la moitié de ses habitants, et qui, ayant été jusqu'alors un fléau inévitable pour tous les peuples, n'a été domptée par la prudence humaine, que vers la fin du moyen âge. Elle a perdu pour toujours sa puissance sur l'Europe ; mais elle dure jusqu'à présent chez les peuples sémitiques (Ueber die Volhkrankheiten ; Berlin, 1832, p. 6).»

Ces deux médecins s'accordent pour admettre comme nouvelle la maladie qui dévasta le monde sous Justinien, et qui fut incontestablement la peste à bubons, et pour fixer ainsi dans le commencement du sixième siècle la première apparition de cette affection redoutable. Tel est aussi l'avis de M. le docteur Rosenbaum, qui dit : « Ce fut sous Justinien, en 531, que, pour la première fois, la peste à bubons éclata dans toute sa violence (Die Epidemieen als Beweise einer fortschreitenden physischen Entwichelung der Menscheit betrachtet, p. 11). »

M. Pariset se réfère au même fait pour étayer son opinion sur la nouveauté de la peste : « On peut considérer la peste d'Orient comme une maladie nouvelle. Ce fut en 542 de l'ère chrétienne qu'elle parut pour la première fois dans le monde, et cette première apparition fut terrible. Elle commença, comme elle fait encore aujourd'hui, dans la basse Egypte, et attaqua d'abord la ville de Péluse. De là elle s'étendit comme un vaste réseau, d'un côté, sur le reste de l'Egypte et sur Alexandrie ; de l'autre, sur la Palestine qui touche à l'Egypte. Après quoi, marchant toujours, et par intervalles réguliers de temps et de lieux, elle s'ouvrit toutes les contrées de la terre et les couvrit de funérailles depuis la Perse jusqu'à l'Atlantique.......  C'est alors que s'introduisirent dans le langage médical les expressions de lues, de clades inuinaria, de morbus inguinarius, expressions tirées du symptôme qui la spécifie, et si souvent répétées dans Grégoire 3 de Tours, témoin oculaire, dans Paul Diacre, continuateur d'Eutrope, et dans les livres d'Aimoin, historien du Xe siècle (Mémoire sur les causes de la peste).» Et ailleurs : « Quant à la peste qui la désole aujourd'hui, l'Egypte ne la connaissait pas. Consultez les autorités originales, vérifiez, comme je pense l'avoir fait, les citations et les commentaires, nulle trace évidente de ce fléau ne s'offre à vous dans ces recherches ; et certes, si dans ces premiers temps la peste eût existé, si elle eût déployé l'activité qui la distingue, quels ravages dans ces grandes populations, quels dangers pour les populations voisines ! et plus tard, lorsque les nations courbées sous le même joug travaillaient pour les mêmes maîtres, lorsque les soies et les étoffes de l'Inde, les vêtements, les ceintures, tous les tissus fabriqués en Egypte, traversaient la Méditerranée pour se répandre dans la capitale du monde et jusqu'aux extrémités de l'empire, à Marseille, à Cadix, quel mélange, quel rapprochement parmi les hommes ! et pour la peste, quels moyens de propagation ! quelles calamités, quels désastres ! l'histoire enrayée n'en eût-elle pas recueilli le souvenir pour le transmettre à la postérité? Elle se tait au contraire, et j'en conclus hardiment que la peste n'existait pas en Egypte; je dis plus, rien ne prouve qu'alors elle existât quelque autre part, autrement elle eût laissé, comme aujourd'hui, des impressions profondes, ineffaçables; elle eût tenu les peuples dans les mêmes craintes, elle eût imposé les mêmes gênes, et suscité les mêmes débats (1).

Les savants que je viens de citer se sont renfermés dans les limites des données historiques, quand, avançant que la première peste à bubons caractérisée dont il soit fait mention, est celle du VIe siècle, ils ont fondé leur argumentation sur cet événement, et quand ils ont conclu du silence des historiens dans les temps antérieure, que la peste n'avait point existé auparavant. Mais le célèbre Niebuhr contredit des faits par- 4 faitement certains, lorsqu'il dit : « La peste noire, d'où procède la peste orientale d'aujourd'hui, naquit en Chine, en 1347, après d'affreux tremblements de terre, sur le sol même qu'ils avaient entr'ouvert et bouleversé (Histoire romaine, traduction française par de Golbéry, t. 3, p. 363). » La peste à bubons est antérieure au XIVe siècle, puisque, de l'aveu de tout le monde, elle sévit sous Justinien.

M. Naumann (Handbuch der medicinischen Klinik, t. 3, p. 309) dit de son côté : « La première mention sûre et indubitable de la peste date de la célèbre épidémie du milieu du VIe siècle, qui a été décrite par Procope ( De bello Persico, cap. 22, 23) et par Évagrius ( Histoire ecclesiast. lib. 4, cap. 29). En 558, d'après Cedrenus, les bubons furent observés à Constantinople, particulièrement chez les enfants. »

Tel était donc l'état de la question sur l'antiquité de la peste. Une peste à bubons dans le milieu du 6e siècle de l'ère chrétienne, puis un silence complet dans les histoires et dans les documents anciens sur cette affection pour les siècles antérieurs au sixième. On concluait de cette mention et de ce silence, que la peste à bubons était une maladie nouvelle parmi le genre humain. Un texte inédit publié en 1831 par Μgr le cardinal Mai a renversé toute cette argumentation. On lit dans Rufus : «Le bubon qui, pour des causes manifestes et les premières venues, se développe au cou, aux aisselles et aux cuisses, est avec fièvre ou sans fièvre. Nécessairement la fièvre qui se joint à un bubon est accompagnée de frisson ; si rien ne s'y associe, il est aisé de la faire cesser sans danger... Mais lés bubons appelés pestilentiels sont les plus dangereux et les plus aigus, tels qu'on les voit surtout dans la Lybie, l'Egypte et la Syrie, et dont a fait mention Denys surnommé Kyrtus, Κυρτός (2) ». Dioscoride et Posidonius 5 s'en sont surtout occupée au sujet de la peste qui régna de leur temps en Lybie. Ils disent que dans cette peste il y avait une fièvre aiguë, de la douleur, une tension de tout le corps, du délire, et le développement de bubons volumineux, durs, et qui ne venaient pas à suppuration. Ces bubons se formaient non-seulement dans les lieux ordinaires, mais encore aux jarrets et aux coudes (Classicorum auctorum e Vaticaniscodicibus editorum, t. 4, curante A. Maio, in-8°, Romae, 1831, p.11 (3)) Rufus, qui nous a conservé ces détails, vivait sous Trajan, qui régna de 98 à 117 après Jésus-Christ. M. Hecker, dans son Histoire de la médecine, place Posidonius à l'an 120 après Jésus-Christ (t. 2, p. 419, dans la revue chronologique du premier et du second volume). Cette détermination n'est pas complètement exacte; Posidonius, cité par Rufus, pourrait tout au plus être son contemporain, et la manière dont Rufus s'exprime, indique même que Posidonius lui était antérieur. Il faut de toute nécessité reporter Posidonius avant Rufus, avant Trajan, à une époque quelconque du premier siècle de l'ère vulgaire. A plus forte raison Sprengel se trompe-t-il en faisant Posidonius contemporain de l'empereur Valens.

Les détails dans lesquels entre Rufus, la fièvre, le délire, 6 les bubons dans les lieux ordinaires, c'est-à-dire aux aines et aux aisselles, la forme épidémique de la maladie, la contrée où elle régnait (Egypte et Lybie), tout cela prouve sans réplique qu'il s'agît véritablement de la peste orientale, de la peste à bubons. Ainsi il demeure établi contre l'opinion de ceux qui admettent que l'apparition de la peste date du sixième siècle de l'ère chrétienne, qu'elle a régné dès le premier siècle au moins ; et contre l'opinion de ceux qui regardent l'Égypte comme exempte de ce fléau dans l'antiquité, que ce pays en a été affligé dès lors comme de notre tempe. Que si l'on objecte le silence qu'ont gardé les historiens sur ces épidémies, il faudra répondre qu'il nous reste bien peu de la littérature antique, et que c'est un fragment de Rufus, citant Posidonius et Dioscoride, qui nous a appris l'existence de la peste en Egypte et dans le premier siècle.

Tant que l'on regardait la peste comme étrangère à l'Europe avant le temps qui a précédé la chute de l'empire romain, il était superflu de chercher, dans les livres hippocratiques, des traces de cette affection ; mais, du moment qu'il est établi qu'elle a régné dans l'antiquité, on est autorisé à laminer jusqu'à quel point certaines indications, peu précis il est vrai, peuvent y être rapportées. Je ne connais dans les livres hippocratiques que deux passages auxquels un examen la œ genre soit applicable.

Le Premier se trouve dans les Aphorismes:  on y lit : « Les fièvres dans les bubons sont toutes fâcheuses, excepté les fièvres éphémères (4). » Cette proposition renferme implicitement que, dans des cas de bubons, des fièvres avaient été observées et que ces fièvres étaient toutes de mauvais caractère quand elles étaient pas éphémères. Quelles peuvent être, avec des bubons,  ces fièvres graves ? J'ai rappelé, t. 2 p. 585, quelques exemples peu communs il est vrai, de bubons dans des cas de fièvres malignes qui n'étaient pas la 7 peste. Van Swiéten, Épid. p. 69, dit : Vidi in puero variolis laborante glandulas inguinales intumuisse, tamen evasit. Mais, dans les fièvres autres que la peste, cette apparition de bubons est une exception, et Hippocrate s'exprime comme s'il s'agissait d'une classe de fièvres dans laquelle ce phénomène serait constant. Il est certain que, appliqué à la fièvre pestilentielle du Levant, l'aphorisme en question ne susciterait aucune difficulté. Cela suffit-il pour établir que la peste a été observée par Hippocrate? Non sans doute ; mais cela suffit pour que l'on ne rejette pas complètement cette idée.

L'autre passage se trouve dans le 3e livre des Épidémies, il consiste en un seul mot (5). Le phénomène de l'apparition de bubons qui y est signalé, se trouve lié ici aussi à un état fébrile ; et, si  l'on était plus sûr des relations qui existent entre les livres hippocratiques, on pourrait croire que c'est ce passage même du 3e livre des Épidémies qui a fourni l'aphorisme cité plus haut. Ici donc encore nous avons des fièvres dangereuses accompagnées de bubons, la même idée peut se présenter, à savoir qu'il s'agit de la peste, mais le même doute surgit, car l'expression serait trop laconique, et le symptôme caractéristique trop confondu avec d'autres pour qu'il fût possible de fonder là-dessus un jugement assuré, quand même cette apparition de bubons ne serait pas jointe à des phénomènes susceptibles d'une explication différente, comme on le verra dans le § II.

Aristote dit dans un de ses Problèmes : « Pourquoi la peste, seule des maladies, gagne-t-elle surtout ceux qui s'approchent des malades ? Est-ce que, seule des maladies, elle est commune à tous ; de sorte que par cela même elle s'étend à tous ceux dont la constitution est en mauvais état ? La maladie qui existe chez un individu est une sorte de foyer, et promptement les autres sont saisis du mal.» (Problèmes, 1,7.) Quoique la contagion, sur laquelle du reste quelques mo- 8 dernes ont élevé des doutes, soit ici formellement énoncée, néanmoins cela ne prouve pas qu'il s'agisse de la peste à bubons ; car la peste dite d'Athènes fut regardée comme éminemment contagieuse, et pourtant c'était une affection tout à fait différente de la peste d'Orient.

En résumé, la peste à bubons est beaucoup plus ancienne que le VIe siècle de l'ère chrétienne. Une mention positive la reporte au Ier siècle, au moins. Elle a régné dès lors épidémiquement, comme de nos jours, et elle a régné précisément dans les mêmes pays que ceux pour lesquels elle a encore maintenant une funeste préférence. J'ai établi ailleurs, t. 2, p. 563, que la Grèce est aujourd'hui sujette aux mêmes fièvres que du temps d'Hippocrate ; et, comme ces fièvres dépendent des conditions climatologiques, il en résulte que ces conditions n'ont pas sensiblement varié depuis plus de 2200 ans; conclusion applicable aussi à l'Egypte, l'action des conditions climatologiques y est restée la même, puisque la peste y régnait dans l'antiquité comme elle y règne présentement.

II. La constitution épidémique du ΙΙΙe livre, qui se trouve intercalée entre deux séries d'observations particulières, et qui n'a fourni aucune histoire de malades, ni à ces deux séries, ni à celle qui est dans le 1er livre, est très remarquable à cause des symptômes qui y figurent, et elle n'est pas facile à expliquer médicalement.

Des médecins y ont vu une épidémie de variole. Cette opinion ne me paraît pas être appuyée sur des arguments suffisants. Au reste, je reviendrai sur la question de l'antiquité de la petite vérole, quand j'examinerai ce qu'il faut entendre, dans la Collection hippocratique, par νθρακες, charbons.

M. Rosenbaum (die Lustseuche im Alecrthume, Halle 1839, p.340) rapproche cette constitution de l'épidémie du XVe siècle, de laquelle on date ordinairement la syphilis. Ses idées sur le génie épidémique méritent d'être mises sous les yeux du lecteur : «Les mots λκώματα, φύματα, ξωθεν, σωθεν, τα περὶ βουβνας, ont été, dit-il, généralement mal compris des interprètes ; 9 car évidemment ξωθεν appartient à λκώματα, tandis que σωθεν se rapporte à φύματα, et indique le gonflement, l'inflammation et la suppuration d'une glande muqueuse de l'urètre, ainsi que nous le voyons par l'aphorisme suivant : « Ceux chez qui il se forme des φύματα (tubercules) dans l'urètre, obtiennent du soulagement, quand ces φύματα passent à la suppuration et se rompent (6) » Ce soulagement (λύσις) consiste dans la cessation de la douleur et de l'ischurie ; on le voit non-seulement par le commentaire de Galien sur le premier de ces aphorismes et par les mots λύεται πόνος, dans la répétition de l'aphorisme, mais encore par un autre passage où Hippocrate le dit expressément (7) »

M. Rosenbaum pense, en conséquence, que φύματα indique la blennorragie aiguë, et il continue : « On expliquera très bien les accidents dont il s'agit dans le passage d'Hippocrate, en admettant que, par l'influence de la constitution épidémique, les organes glandulaires avaient une grande tendance à passer à l'inflammation et à l'ulcération; de sorte que non-seulement les glandes du tégument externe (λκώματα ξωθεν) » mais encore celles de la membrane muqueuse de l'urètre furent affectées. »

M. Rosenbaum croit qu'à cette blennorragie il se joignit des ulcérations, ce qui s'accorderait, dit-il, parfaitement avec la description de toute la constitution épidémique, dont le caractère se manifestait aussi par des fies (σῦκα αδοίοισιν). Déjà 10 Grirmm (t. 1er, p. 490) observe sur ce passage d'Hippocrate : « On serait facilement tenté de regarder ces ulcérations des parties génitales, et les fics qui y succédèrent, comme une esquisse de la syphilis. Et pourquoi un mal semblable n'aurait-il pas pu se manifester à cette époque, et dans une contrée chaude, et puis perdre successivement de sa malignité, au point d'être complètement méconnu ? Ne se passe-t-il pas, pour la même maladie, quelque chose de semblable sous nos yeux? »

En confirmation de son opinion M. Rosenbaum remarque que l'érysipèle gangreneux, qui fut un symptôme fréquent dans cette constitution, était surtout fâcheux, quand il attaquait la région pubienne et les parties génitales ; de sorte, dit-il, qu'une foule de malades se trouvèrent affectés d'ulcérations aux organes sexuels, ulcérations qui, sous l'influence de la constitution typhoïde régnante, étaient promptement saisies d'une inflammation érysipélateuse, se terminant par la gangrène humide.

Ici M. Rosenbaum fait un rapprochement intéressant: Thucydide, dans sa description de la peste d'Athènes, décrit un accident pareil à celui dont Hippocrate parle dans ce passage ; l'historien athénien dit : « La maladie se fixait aussi sur les parties sexuelles, sur les mains, sur les pieds, et plusieurs, privés de ces parties, échappèrent à la mort (8). »

M, Rosenbaum n'oublie pas d'appeler l'attention sur les éruptions cutanées dont Hippocrate signale l'apparition dans la constitution décrite par lui, éruptions qui avaient le caractère pustuleux et herpétique, et qui prirent un très grand développement (έκθύματα μεγάλα, ρπητες μεγάλοι).

M. Rosenbaum termine ces réflexions en disant : « Gela suffit pour montrer jusqu'à quel point il y a de la vérité dans une opinion plusieurs fois émise, à savoir que, dans la peste 11 d'Athènes, ainsi que dans la constitution d'Hippocrate, il s'agit de la syphilis. On comprend en même temps par là, que l'antiquité aussi fournit des matériaux desquels il résulte que le génie épidémique exerça une influence non petite sur le développement, la forme et la marche des ulcérations génitales ; considérations qui sont de la plus grande importance pour l'histoire de la syphilis ; car seules elles nous donnent la clef de l'énigme que présente la naissance de la maladie syphilitique au XVe siècle. »

Le volume où M. Rosenbaum traitera de la syphilis au ΧVe siècle n'ayant pas encore paru, je ne puis dire dans quel sens cet auteur entend l'assimilation entre cette maladie et la constitution d'Hippocrate. Je me bornerai donc ici à énoncer mon opinion propre sur le caractère de l'affection épidémique décrite par Hippocrate.

Cette affection était caractérisée par de la fièvre, par un érysipèle gangreneux, par des ulcérations en diverses parties du corps et entre autres aux parties génitales, par des engorgements glandulaires aux aines, par des excroissances aux yeux, par des charbons, et par d'autres lésions que, dit Hippocrate, on appelle pourriture, ἃ σὴψ καλέεται. Ces accidents ne se montraient pas, bien entendu, toujours ensemble sur le même individu ; et même certains malades en avaient quelques-uns, par exemple l'érysipèle, sans présenter de fièvre ; c'est ainsi que, dans la peste, on peut avoir un bubon ou un charbon, sans le moindre mouvement fébrile. Ce tableau me porte à penser qu'il but voir dans cette description une fièvre rémittente ou pseudo-continue (causus et phrenitis), compliquée, par l'influence du génie épidémique, d'érysipèle, d'ulcérations qui présentaient cela de particulier qu'elles attaquaient parfois les parties sexuelles et donnaient lieu à l'engorgement des glandes inguinales, d'éruptions diverses et de gangrène.

Les exemples suivants peuvent jeter, par comparaison et par analogie, quelque jour sur ces complications : Un fragment de Rufus, qui était également inédit avant la 12 publication de Mgr. le cardinal Mai, noue intéresse sous ce point de vue : « On appelle, dit Rufus, pestilentiel un ulcère auquel se joint une forte phlegmasie, une fièvre vive, et du délire ; chez quelques-uns même les aines se durcissent douloureusement, et, au bout d'un temps qui n'est pas long, les personnes affectées de ces ulcères succombent. Us se manifestent surtout sur ceux qui habitent autour des marais » On voit dans ce fragment, comme dans la description donnée par Hippocrate, une fièvre, des ulcérations, et même des bubons.

Hippocrate décrit un érysipèle qui survenait pour la cause la plus légère, et qui déterminait la destruction des parties qu'il attaquait. Cet érysipèle ne régnait pas seul; des fièvres rémittentes ( causus et phrenitis ) se faisaient sentir d'une manière générale, et, comme dit Hippocrate, l'affection érysipélateuse survenait pendant la fièvre, avant la fièvre et après la fièvre. Je trouve un exemple analogue dans Lind, On the diseases incident to Europeans in hot climates, p. 84, London, 1768 : « Batavia, la capitale des domaines hollandais dans les Indes orientales, dit cet auteur, est annuellement sujette à une maladie fatale et dévastatrice. Les Hollandais, en essayant de rendre leur capitale dans l'Inde semblable à leurs villes d'Europe, l'ont ornée de canaux ou fossés qui se coupent l'un l'autre et qui la parcourent de toutes parts. Malgré les plus grands soins pour les tenir propres, ils deviennent, pendant et après la saison pluvieuse, extrêmement nuisibles aux habitants, mais particulièrement aux étrangers. Il a été remarqué que la maladie sévit avec la plus grande violence, quand les pluies ont cessé 13 et que le soleil a évaporé Peau dans les fossés, de sorte que la boue commence à paraître* Gela arriva en 1764, année où des vaisseaux de guerre anglais eurent occasion de séjourner pendant quelque temps à Batavia. La puanteur que la boue exhalait était intolérable. La fièvre avait le type rémittent» Quelques-uns étaient soudainement saisis de délire et mouraient pendant le premier accès; aucun ne survivait à un troisième. Le mal, à cette époque, n'était pas confiné aux vaisseaux ; toute la ville présentait un spectacle de maladie et de mort. Les rues étaient couvertes de convoie, les cloches sonnaient depuis le matin jusqu'au soir. Durant ce temps, une légère coupure de la peau, la moindre écorchure faite par un ongle, la plaie la plus insignifiante, se changeaient rapidement en un ulcère putride et serpigineux qui, dans vingt-quatre heures, rongeait la chair jusqu'à l'os. »

Enfin on a observé des urétrites épidéiniques. On lit dans la Gazette médicale, t. 9, 1841, n° 7, p. 106 : « Beaucoup de soldats et bon nombre d'officiers qui, l'été dernier (1840), faisaient partie d'une expédition dans la province de Constantine, furent atteints tout à coup d'urétrites très douloureuses, avec difficulté plus ou moins grande d'uriner, parfois même avec suppression complète des urines ; l'écoulement concomitant était peu abondant ; les accidents se dissipaient ordinairement dans l'espace de quelques jours. On ne pouvait en voir la cause dans un contact vénérien, la colonne à laquelle appartenaient les malades étant, depuis près d'un mois, éloignée de toute population. Médecins, officiers et soldats s'accordèrent à les attribuer aux grenouilles dont avaient fait usage les militaires qui en étaient atteints. D'un autre côté, il était bien peu de nos militaires qui n'eussent mangé de ces animaux alors très multipliés sur tous les cours d'eau voisins des campements de nos troupes. En admettant crue telle était en effet la cause des accidents dont nous parlons, il faudrait bien reconnaître qu'ils ont du être aggravés par les fortes chaleurs de l'époque; car on sait combien deviennent rares, et par conséquent irritantes, les urines, sous 14 l'influence des abondantes et incessantes transpirations déterminées par une haute température. Dans des circonstances semblables» j'ai souvent vu, ici et ailleurs, des personnes se plaindre d'ardeur dans la vessie, de difficultés d'uriner, etc.

« Les urétrites dont nous parlons ont été observées principalement à Sétif, par M. le docteur Larger, chirurgien-major de la colonne expéditionnaire, et à Ain-Babouche, par son collaborateur, M. Boulian. Elles paraîtraient avoir été à la fois plus nombreuses et plus intenses sur ce dernier point que sur l'autre. Si, d'après ce que nous venons de rapporter, il fallait reconnaître dans la chair de grenouilles une action particulière sur les voies urinaires, il resterait à déterminer si cette action est naturelle ou accidentelle. Que si elle est naturelle, il serait bien étonnant qu'elle n'eût pas été encore aperçue dans nos contrées, doutant plus que la grenouille des eaux de l'Algérie est absolument la nôtre, la Raria esculenta. D'un autre côté, M. Larger fait remarquer qu'à l'époque où il observait des urétrites dans la colonne expéditionnaire, une espèce de cantharide et d'autres coléoptères voisins du même genre étaient alors très répandus sur les plantes baignées par les eaux où nos soldats allaient prendre des grenouilles, et que les insectes entraient pour beaucoup dans la nourriture des batraciens dont nous parlons. On voit ainsi que notre confrère serait disposé à admettre que les propriétés de certains coléoptères sur l'homme pourraient passer dans l'organisation des batraciens, sans être dénaturées par le travail de la nutrition. C'est une grande question à laquelle je craindrais de toucher ici ; qu'il me suffise d'avoir signalé le fait qui l'a soulevée, appelant sur son explication les recherches de ceux de nos confrères à qui il pourra s'offrir de nouveau, en Afrique ou ailleurs. En attendant les nouvelles lumières qui ne peuvent manquer de nous arriver sur ce point, nous ferons remarquer qu'avant de rechercher une cause particulière à un but quelconque) il faut qu'on n'en ait pas trouvé l'explication dans les circonstances générales. Or, et ainsi que je l'ai fait pres- 15 sentir, il me semble que celui que je viens de rapporter trouverait en partie son explication dans les fortes chaleurs auxquelles les troupes étaient exposées, en tenant compte aussi du régime plus ou moins échauffant auquel elles étaient soumises. (Note communiquée par M. le docteur Guyon.) »

Ces exemples montrent une fièvre associée à des ulcérations et à des bubons (Rufus), une autre fièvre associée à un érysipèle gangreneux (Lind), enfin une urétrite épidémique sans cause vénérienne. Du moment que l'on réfléchit à la puissance du génie épidémique, on comprend la possibilité de l'adjonction de diverses lésions de ce genre sous une même fièvre ; et, si je ne me suis pas trompé dans l'interprétation pathologique de la description laissée par Hippocrate, cela doit, sur la garantie de cet observateur, passer de l'état de simple possibilité à l'état de fait réel.

III. Avant de rapporter ce que nous savons de la pratique d'Hippocrate concernant l'emploi de la saignée dans les maladies aiguës, et en particulier dans les fièvres rémittentes et pseudo-continues, je vais mettre sous les yeux du lecteur quelques passages relatifs à cet objet, et que j'emprunte au livré, déjà souvent cité par moi, d'un praticien anglais.

« Le caractère de la fièvre rémittente, dit M. Twining, qu'il est le plus important de signaler, c'est la rapidité avec laquelle des changements surviennent, et dans la maladie et dans les forces du malade, même pendant le cours d'un seul accès ; car le traitement qui, employé dès le commencement de l'accès, c'est-à-dire à dix ou onze heures du matin, serait judicieux, et non-seulement donnerait un soulagement immédiat, mais encore tendrait grandement à modérer la violence et à modifier le caractère des accès postérieurs ; ce traitement, dis-je, employé plus tard dans l'accès, c'est-à-dire à deux ou trois heures de l'après-midi, serait capable de faire mourir le malade en deux heures, et même en quelques minutes. Je fais particulièrement allusion à l'usage de la lancette et des sangsues, qui sont nos meilleurs remèdes 16 quand on sait s'en servir à propos. Il faut donc, pour diriger heureusement le traitement de ces cas, non-seulement prendre en considération l'état actuel de la maladie, mais encore être muni de la connaissance des changements qui surviendront probablement dans le cours de l'accès; il faut savoir que des retours répétés de l'accès sont propres à amener, dans la constitution, des effets qui rendent plus douteuse l'opportunité des déplétions ; non pas que les affections locales aient diminué, mais parce que les forces sont tombées, et parce qu'il y a tendance à des changements brusques et à une prostration soudaine et fatale.» (Will. Twining, Clinical illustrations of the more important diseases of Bengal, 1835, t. 2, 2« édition, p. 296.)

« La soustraction du sang au commencement du premier ou du second accès dans des cas graves de fièvres rémittentes, est presque toujours salutaire. Elle semble procurer une convalescence précoce et une heureuse terminaison de la maladie. Mais plus tard, à moins que l'emploi n'en soit indiqué par un haut degré de l'action artérielle, ou par des symptômes distincts d'inflammation locale, la saignée est un remède douteux. Quoique j'aie parfois rencontré des cas où la saignée était requise le huitième ou le neuvième jour, et quoique une fois je l'aie mise en usage avec succès aussi tardivement que le quinzième jour» cependant j'ai à cœur d'établir que la soustraction abondante du sang à une période aussi avancée, requiert une extrême précaution ; et même dans ces cas où rien autre chose ne peut sauver la vie, il y a beaucoup de risques à courir en se servant de ce plus puissant des remèdes. Quand il est nécessaire à une période très avancée, le malade doit être surveillé attentivement; et tous les remèdes accessoires, tels que l'emploi de la quinine ordonnée de bonne heure, et l'administration judicieuse des aliments et du vin, doivent être prescrits en temps utile. Dans ces cas la vie dépend tout autant de la promptitude et du choix dans l'administration de ces adjuvants importants, que 17 de la déplétion préalable par laquelle ils sont devenus admissibles et efficaces. Le bienfait éloigné que l'on tire de la saignée pratiquée à une époque peu avancée de ces fièvres, est très important ; car les lésions et les obstructions viscérales permanentes sont rares chez ceux qui sont saignés aussitôt après l'invasion de la fièvre. (Ibidem, page 298. )

» Quand la fièvre est allée en croissant pendant deux ou trois heures, et que nous savons que l'accès est arrivé à son maximum et va décliner, une extrême précaution est requise dans l'usage de la lancette et dans l'application des sangsues. Le pouls devenant plus mou, la peau étant dans un état de perspiration, les sécrétions commençant à couler, et le mouvement fébrile baissant, nous devons être convaincus que la période où nous pouvions employer sûrement la déplétion est passée, et que nous devons renoncer à la saignée durant la conclusion de cet accès. On a, je le crains, perdu des malades pour n'avoir pas fait attention à cette circonstance, à savoir le danger de saigner ou d'appliquer des sangsues dans un temps où la fièvre baisse, et où l'action morbide est rapidement remplacée par un état de collapsus et de prostration. La soustraction abondante du sang est dangereuse alors, et dans le fait elle a produit des effets funestes. ( Ibidem, page 299. )

» Je répugne à employer la lancette, quand je suis appelé pour la première fois auprès d'un malade chez qui la fièvre a duré plusieurs jours, et chez qui l'accès actuel est voisin de sa terminaison ; car à cette époque la saignée est inutile dans les cas graves où la maladie menace de se terminer par la mort, et dans les cas plus légers elle est, à ce moment de l'accès, capable de produire du mal. J'ai rencontré quelques cas où l'application des sangsues fut, pour des causes indifférentes, retardée de trois ou quatre heures au-delà du moment pour lequel elle avait été prescrite ; de cette façon elle fut faite vers la fin de l'accès, quand l'action artérielle baissait, quand la peau était en perspiration, quand le malade se trouvait dans un état de langueur et d'anxiété ; et la mort 18 a été la conséquence de ce retard. Le souvenir douloureux de quelques cas qui eurent une issue fatale parce que mes instructions très précises furent négligées, m'oblige à signaler ces malheurs dans les termes les plus forts. La cause du délai dans l'application des sangsues fut généralement, en ces cas, la difficulté de se les procurer promptement ; et les personnes qui soignaient le malade, crurent qu'il valait mieux les appliquer tard que de ne pas les appliquer du tout. Je ne pense pas que, parmi les observations que j'ai à présenter concernant la nature particulière et le traitement des fièvres rémittentes, il en soit une plus importante que le conseil que je donne au sujet du danger qu'il y a à saigner par la lancette ou par les sangsues dans une époque avancée de l'accès, quand la maladie a eu des accès pendant plus d'une semaine, et quand le malade est très épuisé. Chez un vigoureux jeune homme qui avait été affecté pendant quelques jours et qui se remettait graduellement, au point d'être considéré par ses amis comme presque convalescent, l'accès survenait ordinairement vers sept heures du matin. C'était mon habitude de le voir à cette heure, et de nouveau dans l'après-midi. En le visitant de bonne heure le 25 juillet 1826, je trouvai que l'accès commençait avec chaleur à la partie antérieure de la tête; mais le malade était debout dans sa chambre ; et il se sentait à peine incommodé. Je voulus qu'il se mit au lit et qu'il se fît appliquer une douzaine de sangsues aux tempes, ce qu'il promit de faire. Mais après mon départ, il prit une tasse de thé, et s'assit pour écrire des lettres, occupation qu'il continua jusque à près de onze heures. Alors il se sentit très languissant, il transpirait abondamment, comme d'habitude dans les accès précédents, quand la fièvre tombait. Il ordonna à l'homme qui le servait, d'appliquer une douzaine de sangsues à ses tempes. Peu après midi on vint me chercher en grande hâte ; j'appris ce qui s'était fait ; mais toute intervention fut inutile, le malade avait perdu le sentiment au moment où j'arrivai dans la maison, et il mourut dix minutes après. J'ai appris, par une voie qui mérite toute confiance, qu'un homme atteint de fièvre rémittente fut inconsidérément saigné du bras, justement au moment où l'accès tombait; le résultat fut fatal en quelques minutes, le malade était mort presque aussitôt que le bras fut bandé après la saignée. Je considère une exactitude extrême dans ces cas, comme tellement nécessaire, que toujours je donne les ordres les plus positifs de ne pas appliquer, avant une nouvelle visite, les sangsues qui ne seraient pas arrivées au temps voulu (Ibidem, page 340 (9)). »

20 Ainsi d'après l'expérience de M. Twining, il importe dans les fièvres rémittentes et pseudo-continues de l'Inde, de recourir de très bonne heure aux émissions sanguines. L'opportunité de s'en servir passe rapidement, et peu de cas l'autorisent au huitième jour. De plus, comme dans ces maladies les redoublements sont marqués, les phases réglées, et les heures véritablement comptées, il recommande de prendre en grande considération les accroissements et les diminutions que l'affection présente à ses différents moments dans les vingt-quatre heures.

Hippocrate, qui avait, lui aussi, sous les yeux des maladies à paroxysmes tranchés, recommande de donner une attention particulière à l'invasion, au summum, au déclin des redoublements quand il s'agit de déterminer le régime alimentaire ; mais je ne sache pas qu'il ait rien prescrit d'analogue concernant l'administration des saignées. Il n'en est pas de même pour les jours où ce moyen devait être mis en œuvre.

La saignée lui était familière dans les maladies aiguës, qui sont, dit-il (10), la pleurésie, la péripneumonie, la phrénitis, le léthargus, le causus, et les autres affections qui en dépendent et où la fièvre est généralement continue (11). Cela se voit par les passages suivants : « Vous saignerez dans les maladies aiguës, si l'affection paraît intense, si les malades sont dans la vigueur de l'âge et s'ils conservent leurs forces » (Du régime dans les maladies aiguës, Appendice, p. 399).

« Les hypochondres gonflés par une autre cause que l'introduction de l'air intérieur, la tension du diaphragme, la respiration entrecoupée avec orthopnée, sans expectoration, dans les cas où le pus n'est pas encore formé, mais où ces accidents sont produits par la suffocation ; surtout les fortes dou-21 leurs du foie et les pesanteurs de la rate ; toutes les autres phlegmasies et douleurs fortes au-dessus du diaphragme ; enfin les maladies aiguës où il y a des engorgements d'humeurs ne se résolvent pas, si on les attaque d'abord par la purgation. La saignée en est le remède capital ; ensuite on en vient aux clystères, à moins que l'affection ne soit grande et intense; si elle l'est, une purgation est nécessaire après la saignée ; mais la saignée avec la purgation a besoin de précautions et de modération. Les médecins qui cherchent à procurer par des purgation», administrées dès le début, la résolution des maladies phiegmasiques, ne délivrent pas le corps de ce qui est tendu et enflammé, caria maladie dans sa crudité ne le permet pas, mais ils déterminent la fonte des parties qui sont saines et qui résistent au mal; le corps ayant été débilité, la maladie prend le dessus, et, quand la maladie a prie le dessus, la guérison n'est plus possible » (Du régime etc., p. 401).

On trouve dans les Aphorismes une règle extrêmement générale, qui est relative aux maladies aiguës. La voici ; « Si vous croyez devoir user de quelques remèdes, usez-en au début des maladies ; quand elles sont à leur summum, il vaut mieux se tenir en repos» (Aphorismes, 2, 28). Maintenant que le lecteur est averti des préceptes qu'a fournis sans doute à Hippocrate la nature des maladies observées par lui, on est disposé à admettre que cet aphorisme lui a été suggéré par l'expérience qu'il avait faite de l'avantage d'attaquer vivement d'abord les affections le plus communément soumise» à son observation, et des inconvénients de mettre en usage les moyens énergiques après cette opportunité passée.

Mais Galien, sinon Hippocrate, fournit un texte précis, uniquement consacré à l'emploi de la saignée et au délai dans lequel lea plus anciens médecins la croyaient avantageuse. Les 1er et 3e livres des Épidémies présentent, comme on sait, cette singularité, qu'il n'y est pas question de la thérapeutique dont Hippocrate se servit. On ne trouve qu'une seule exception : elle est relative à une saignée qui fut pratiquée à Anaxion 22 (3e livre, 2e série, 8e malade); Galien nous donne l'explication de cette exception :

« Chez ce seul malade des premier et troisième livres des Épidémies, dit-il, Hippocrate a fait mention de la saignée; ce n'est pas que seul il ait été saigné, mais c'est que seul il l'a été au huitième jour, attendu que les médecins se faisaient une sorte de loi de ne pas saigner au-delà du quatrième jour (Galien, t. 5, p. 437, éd. Bas.).

Ce passage de Galien, outre qu'il rend raison de l'exception faite pour la mention de la saignée dans l'histoire d'Anaxion, est très, important pour la connaissance de la thérapeutique d'Hippocrate et de son école. Il demeure établi que les anciens médecins ne saignaient que rarement au-delà, du quatrième jour dans les maladies aiguës. Les maladies dont les  1er et 3e livres des Épidémies renferment des observations particulières, sont presque toutes, à part quelques cas d'angine, de pleuropneumonie ou d'iléus, des fièvres rémittentes et des, fièvres pseudo-continues. Pans ces maladies, Hippocrate a saigné, puisqu'il saignait habituellement dans les maladies aiguës ; maïs il n'a guère saigné au-delà du quatrième jour, puisqu'il a signalé comme une exception digne de remarque le cas où il a saigné au huitième jour.

Cela posé, le rapprochement est facile entre les préceptes donnés par les anciens médecins, et les observations du médecin moderne que j'ai cité en commençant ce paragraphe. Abstenez-vous, ont dit Hippocrate et son école, de saigner au-delà du quatrième jour, si ce n'est dans des cas exceptionnels. Cette règle s'appliquait à toutes les maladies aiguës, y compris les fièvres, rémittentes et pseudo-continues. L'expérience m'a enseigné, dit M. Twining, que, dans les fièvres rémittentes et pseudo-continues, la saignée doit rarement être pratiquée aussi tard que le 8e jour, et que l'effet eu est d'autant plus avantageux qu'on s'en sert plus près du début de la fièvre. Cette coïncidence, qui m'a frappé dès que je l'ai eu tirée de l'obscurité qui l'enveloppait, m'a paru digne de l'at- 23 tention du lecteur ; et, on peut le dire, si les observations du médecin moderne jettent du jour sur la pratique d'Hippocrate et de son école, elles trouvent, dans cette pratique même, une confirmation inattendue, mais non petite. Des deux parts il est recommandé expressément de saigner de très bonne heure dans les fièvres rémittentes et pseudo-continues; et des deux parts il est recommandé non moins expressément de s'abstenir des saignées quand cette première opportunité est passée. Le précepte hippocratique en fixe le terme au quatrième jour; M. Twining le proroge un peu plus loin. Les médecins placés dans des situations convenables, auront à expérimenter la valeur de ces règles, et à examiner si elles sont applicables dans tous les pays où règnent les fièvres rémittentes et pseudo-continues, c'est-à-dire les pays chauds et les pays marécageux.

(1) Mém. sur les causes de la peste, Paris, 1857, p. 72.

(2) Le manuscrit sar lequel Mgr le cardinal Mai a publié ces fragments d'Oribase, porte la note suivante : « Philon, dans le neuvième livre de son ouvrage sur la possession d'une bibliothèque (ἐν τῷ θ περὶ βιβλιοθήκηϲ κτήσεως), peut-être faut-il lire κτίσεως ) ; Hermippe, dans le cinquième livre de son ouvrage sur les médecins illustres (ἐν τῷ Περὶ τῶν ἐνδόξων ἀνδρῶν ἰατρῶν), et Soranus dans les successions des médecins (ἐν ταῖς τῶν ἰατρῶν Διαδοχαῖς) disent que ce mot s'écrit avec l'accent grave sur la dernière syllabe, κυρτὸς, ainsi que φοξς, comme exprimant une infirmité corporelle ; mais qu'il s'écrit aussi avec l'accent sur l'avant-dernière syllabe, commeπττος, πύργος, et que le mêm Denys fut ainsi appelé, soit d'après une ville égyptienne nommée Kyrtos, soit parce qu'il prenait ses adversaires comme dans un filet. » L'annotateur ne savait plus quelle avait été la raison de ce surnom. Il ne serait pas impossible qu'elle fût autre que les deux qui viennent d'être indiquées : Denys aurait-il été surnommé κύρτος, le filet, parce qu'il avait écrit un livre intitulé les filets, Δικτυακά. Voyez la Bibliothèque de Photius, Page 219, édition Hoeschel, et mon Introduction, page 24 '

(3) J'ai rapporté le texte grec t. 2 de notre édition, p. 585.

(4) Οἱ ἐπὶ βουβῶσι πυρετοὶ, ὄντες κακοὶ, πλὴν τῶν ἐφημέρων. 4, 54.

(5) Τὰ περὶ βυβῶνας

(6) κόσοισιν ἐν τῇ οὐρήθρῃ φύματα φύεται, τουτέοθσι διαπυήσαντος καὶ ἐκρραγέντος λύσις, Α, 82. Le même aphorisme est répété 7, 57 : Ὁκόσοισιν ἐν τῇ οὐρήθρῃ φύματα γίνονται, τουτέοισι διαπυήσαντος καὶ ἀκραγέντος λύεται ὁ πόνος. Celse (2, 8) traduit ainsi cet aphorisme : Quibus in fistula urine minuti abscessus, quos φύματα Grœci vocant, esse cœperunt, iis, ubi pus ea parte profluxit, sanitas redditur. Galien dit, dans son commentaire sur le premier de ces aphorismes, que la rupture des φύματα guérit l'ischurie que ces tumeurs avaient causée.

(7) Coac. praenot. éd. Kühn, T. 4, p. 512 : Οἶσι δὲ φῦμα περὶ τὴν κύστιν ἐστὶ τὸ παρέχον τὴν δυσουρίην, παντοίως σχημαστισθέντες ὀχλέονται· λύσις δέ τούτου, πύου ῥαγέντος.

(8) Κατέσκηπτε γὰρ (τὸ νόσημα) καὶ ἐς τὰ ἀίδοῖα καὶ ἐς ἄκρας χεῖρας καὶ πόδας· καὶ πολλοὶ ςτερισκόμενοι τούτων διέφευγον. 9, 49.

(9) Je cède à la tentation de rapporter quelques remarquée de M. Twining sur remploi de la saignée dans le stade du froid de la fièvre intermittente, remarques qui sont sans doute ici un hors-d'oeuvre, mais que le lecteur me pardonnera de consigner dans une note. « L'utilité des saignées dans le froid des fièvres intermittentes est maintenant si bien connue dans l'Inde, que j'ai à peine besoin de dire que dans un grand nombre de cas elles arrêtent l'accès, et qu'elles sont le meilleur moyen de prévenir ces engorgements viscéraux ultérieurs qui trop souvent prolongent la maladie jusqu'à ce que la constitution soit ruinée. Le malade doit être saigné étant couché; il gardera le repos pendant une heure après la saignée; pendant l'accès on ne réchauffera pas en le couvrant trop; on lui donnera une couverture dans la saison froide, un drap dans là saison chaude; il prendra une tasse de thé chaud, ou de gruau ou sagou léger, aussitôt que le sang aura cessé de couler. Par ces moyens, il aura rarement une période de chaleur et de sueur, et la plupart des malades qui ont été soumis à un traitement suffisant par les purgatifs doux avant la saignée, n'auront pas un retour de l'accès, pourvu qu'ils soient bien vêtus et qu'ils ne s'exposent pas aux vicissitudes atmosphériques. Il est convenable de mêler une demi-once ou une once d'esprit aromatique d'ammoniaque avec une once et demie d'eau tiède et d'avoir cette mixture prête avant d'ouvrir, dans la période de froid, la veine d'une personne amaigrie ou affaiblie ; mats sur vingt malades, il n'y en a pas un qui désire quelque stimulant après la saignée, ils préfèrent généralement une tasse de thé chaud, et je pense qu'il y a de l'avantage à la leur accorder. Ce qui est nécessaire pour assurer le succès de la saignée durant le frisson, c'est : 1° que des purgatifs modérés aient été administrés préalablement ; 2° que le sang soit tiré par un large orifice, aussitôt que le froid et le frisson sont pleinement établie ; 3° que le malade soit saigné dans la position couchée, et qu'on ne lui ôte pas plus de sang que cela n'est nécessaire pour arrêter l'accès » (W. Twining, ibidem, p. 211).

(10) Du traité du régime dans les maladies aiguës, t. 2 de mon édition, p. 253.

(11) Ξυνεχής. Hippocrate entend par cette expression les fièvres rémittentes et pseudo-continues, ainsi que je l'ai fait voir t. 2, p. 568.

 

 

SIGNIFICATION DES CARACTERES A LA FIN DES MALADIES

La forme et la suite de ces caractères sont établis par le commentaire de Galien.avec lequel d'ailleurs concourent ici la plupart des manuscrits.

Le premier, dit-ïl, est le caractère Ϡ, ayant une ligne perpendiculaire au milieu, comme quelques-uns écrivent le chiffre de 900 ;

le second est la lettre Π, n'ayant rien au milieu ; puis vient M, ensuite Y, enfin U.

Πρώτον μὲν ὁ τοῦ  Ϡ γράμαμτος ϲαρακτὴρ, ἔχων ὀρθίαν μέσην γραμμὴν ὡς ἔνιοι γράφουσιν τῶν ἐννεακοσίων χαρακτῆρα· μετὰ ταῦτα δ' ἐφεξῆς γέγράπται τοῦ π γράμαμτος ὁ χαρακτὴρ οὐδὲν ἔχων ἐν μέσῳ, καὶ μετὰ τοῦτον τοῦ ου, καὶ μετ' ἐκείῖνον τοῦ μ, ὑστάτου δὲ τοῦ υ. Voicï l'interprétation donnée par Galïen de ces caractères énïgmatiques : La lettre Ϡ paraît signifier πιθανὸν, probable, le π πλῆθος, abondance; le ου, οὖρον, urine. De sorte que les deux mots réunis signifieront abondants d'urine; le μ nous rappelle le 40e jour; enfin le υ indique ὑγεία,  la  guérison. La réunion de ces caractères signifiera donc qu'ilest probable que l'abondance des urines évacuées produisit la solution de la maladie et la guérison du malade au 40e jour. Toutes les séries de ces caractères commencent par Ϡ, et finissant par υ si le malade guérit, et par θ s'il meurt, d'anciens commentateurs en avaient conclu que le premier caractère devait sinbifier il est probable, maïs, dans un autre endroit, Galien nous apprend que celle interprétation du Ϡ, qui était celle de Zenon, avait été combattue par les adversaires de ce commentateur, et il ajoute que, si plus loin il le juge convenable, il esposera les objections ce ces auteurs, promesse conditïonnelie qu'il n'a pas tenue; le dernier eprime guérison ou mort; l'avant-dernier étant une lettre dont la valeur numérique correspond toujours à la durée de la maladie, ils en avaient également conclu, avec toute vraisemblancen, que cet avant-dernier caractère exprimait le nombre de jours : dès-lors il devenait tout à fait naturel de supposer que les caractères intermédiaires désignaient les causes de la terminaison heureuse on malheureuse. L'origine de ces caractères avait beaucoup occupé les pics anciens commentateurs d'Hippocrale; Gallien a disséminé en différents endroits de son Commentaire sur le 3e titre des Épidémies, les dires de ces anciens commentateurs et quelques réflexions qu'ils lui ont suggérées. Je réunis ici sous les yeux du lecteur ces renseignements épars. Zénons avait fait l'histoire de ces caractères ; Galien, attendu que les livres de cet interprète d'Hippocrate étaient négligés et étaient devenus rares, nous en a conservé l'extrait suivant : " Quelques-uns prétendent, disait cet ancien médecin, qui vivait avant l'ère chrétienne, que Mnémon prit, dans la grande Bibliothèque d'Alexandrie, le 3e livre des Epidémies, comme pour le lire,  le rendit après y avoir inscrit, avec une une encre noire et une écriture semblable à celle du texte, les caractères dont il s'agit. D'autres disent qu'il avait apporté de Pamphilie l'exemplaire que le roi d'Egypte Ptolémée poussait l'ambition dt posséder des livres au point d'ordonner à tous les navigateurs de lui remettre les livres qu'il faisait copiern rendant les copies, et gardant les originaux; et que les livres ainsi obtenus étaient déposés dans les bibliothèques avec l'inscription : livres des navires. Il ajoutaient qu'un de ces livres, le 3e des Epidémies, se trouva avec l'inscription : Livre des navires, selon le correcteur Mnémon de Sida. D'autres disent que l'exemplaire portait non pas selon le correcteur, mais simplement le maître de Mémnon, attendu que les employés du roi inscrivaient sur les exemplaires qu'on déposait dans les armoires, les noms de tous les navigateurs apportant les livres." Les opinions réunies par Zeuxis se réduisaient à deux: suivant les uns Ménon avait ajouté les caractères à l'exemplaire de la Bibliothèque royale d'Alexandrie; suivant les autres, il avait apporté de Pamphylie un exemplaire pourvu de ces caractères. Galien penche vers la première de ces deux opinions ; " Mnémon, dit-il, soit qu'il eût apporté lui-même l'xsemplaire, soit qu'il l'eût pris dans la Bibliothèque pour y ajouter les caractères, avait en vue un gaïn ; car, prétendant savoir seul ce que ces caractères signifient, il se ménageait un salaire pour l'explication qu'il en donnait. S'il en est ainsi, il est plus vraisemblable de croire qu'il arrangea l'exemplaire déposé dans la Bibliothèque. Car son explication devait obtenir beaucoup plus de créance si l'exemplaire de la Bibliothèque Royale présentait les caractères ; mais il aurait été suspect s'il eût apporté l'exemplaire de chez lui » Cette tradition des commentateurs résumée par Zeuxis paraît, dans tous les cas, rattacher les caractères à Mnémon, soit qu'on crût qu'il les avait ajoutés à l'exemplaire de la Bibliothèque, soit qu'on admît qu'il ayait apporté un exemplaire qui1 les présentait. Mais, en supposant même qu'il ayait apporté l'exemplaire, on pouyait penser que ces caractères n'en provenaient pas moins d'Hippocrate lui-même. Zenon, soit qu'il ajoutât foi au rapport quelconque donné par la tradition entre Mnémon et les caractères, soit qu'il en conçût l'origine tout autrement (car là-dessus Galien ne s'explique pas), semble les avoir attribués à Hippocrate lui-même. On l'infère du moins de la constante opposition où Galien le place à l'égard des autres commentateurs, qui pensaient que les caractères étaient une interpolation du fait de Mnémon. Galien, après avoir rapporté que des auteurs avaient reproché à Zenon d'avoir changé un caractère pour s'en rendre l'explication plus facile, ajoute que cela ne veut pas dire que ces auteurs admissent l'authenticité des caractères : « On sera porté à croire, dit-il, que c'est réellement Hippocrate lui-même qui a inscrit les caractères, si on lit que les adversaires de Zenon assurent qu'il y a (dans l'observation du 7e malade) un ρ et non un δ ponctué en bas (voyez p. 58, note 4 7, ce qu'est ce δ ponctué). Mais en parcourant les livres de ceux qui ont combattu Zenon, et qui soutiennent que les caractères ne sont pas d'Hippocrate, et que parmi les livres de la bibliothèque de Ptolémée surnommé Εvergète, on en trouva un qui présentait ces caractères arrangés par un certain médecin pamphilien de la ville de Sida, de l'école de Cléophante, en apprenant la cause pour laquelle Mnémon inscrivit ces caractères, on comprendra que les adversaires de Zenon ne se contredisent pas en prétendant à la fois que les caractères ne proviennent pas d'Hippocrate, et qu'ils ne sont pas tels que Zenon les a expliqués. » Héraclide d'Erythrée avait soutenu que les caractères étaient une interpolation (παρεγργράφθαι); le célèbre médecin empirique Héraclide de Tarente avait écrit dans le même sens, après Zenon toutefois, puisqu'il avait témoigné en quelques passages de la jalousie à l'égard de cet écrivain (φαίνεται φιλονεικεῖν τ Ζνωνι, dit Galien). D'autres aussi avaient combattu Zenon, ainsi qu'on le voit par le passage suivant de Galien : « Zenon écrivit sur les caractères un livre non petit, qui provoqua de la part d'Apollonius l'empirique un livre encore plu» gros. Zenon lui répondit. Puis Apollonius, surnommé Biblas, composa à son tour un ouvrage sur le même sujet après la mort de Zenon; non-seulement il y montre qu'ils sont une interpolation, mais il relève en même temps les erreurs que Zenon a commises touchant ces caractères. Il assure que Zenon n'a pas su expliquer convenablement les caractères arrangés par Mnémon, et que là où il était embarrassé il les a changés pour s'en faciliter l'interprétation, et, en preuve de ses assertions, il dit que ni l'exemplaire trouvé dans la Bibliothèque Royale, ni l'exemplaire des navires, ni l'exemplaire dans l'édition de Bacchius, ne portent les caractères du 8e malade comme Zenon les a expliquée. » Apollonius Biblas, on le voit, pensait que les caractères étaient une interpolation de Mnémon. Outre les opinions des commentateurs sur l'origine de ces caractères, Galien nous a aussi conservé quelques renseignements sur l'état des exemplaires relativement à la même question. « Les plus anciens exemplaires (τά παλαιότερα τν ντιγράφων), dit-il, ne portent les caractères qu'à partir de la 7e observation, qui est celle de la femme affectée d'angine chei Biton (ou Aristion). De même aussi tous ceux qui ont expliqué les caractères adjointe à ce livre ont commencé leurs explications à cette 7e histoire, et ils disent qu'ils ne se trouvent pas dans l'histoire des six premiers malades. » Le dire des anciens commentateurs qui avaient signalé l'absence des caractères dans les observations des six premiers malades, prouve péremptoirement qu'en effet les six premières observations ne présentaient pas les caractères dans les exemplaires que ces commentateurs avaient sous les yeux. Cependant des exemplaires plus récents, du temps de Galien, avaient des caractères à ces premiers malades. « Quelques-uns des exemplaires que nous avons aujourd'hui sous la main, dit Galien, offrent ces caractères adjoints même aux premiers malades de ce livre, de sorte que l'édition de Dioscoride les a aussi. » Galien ne donne aucune explication sur l'origine de ces derniers exemplaires ; mais, quoi qu'il en soit, il est constant que de son temps il y avait deux classes d'exemplaires ; les uns n'avaient les caractères qu'à partir de la septième observation, les autres les avaient à partir de la première. Cette différence excite surtout les soupçons de Galien touchant les caractères, « Si ces caractères, dit-il, se trouvaient à la suite de l'exposition des phénomènes présentes par les malades dans les autres livres des Epidémies, comme ils se trouvent dans le 5e on serait autorisé à dire qu'ils ont été inscrits par Hippocrate; mais ils ne se trouvent pas dans les autres livres, et tous les exemplaires du 5e livre ne les offrent pas semblablement (άλλὰ μηδ' ἐν αὐτῷ τῷ τρίτῳ ερισκομένων διὰ πάντων μαλς τν ντιγράφων). » Et un peu plus loin on lit dans son Commentaire : « Il a été dit plus haut que les caractères ci-dessus ne se trouvent pas semblablement dans tous les exemplaires ; mais maintenant j'ajoute que, même parmi les exemplaires où ces caractères se trouvent, tous n'ont pas, à la fin de l'observation du premier malade, la série de caractères que je viens d'expliquer. Les exemplaires qui ont les caractères inscrits à la fin de l'observation de Pythion, les ont ainsi Ϡ  π ο υ μ υ. » τι μὲν ον οὐκ ν πασι τος ντιγράφοις ερίσκεται τ προγεγραμμάνα κατὰ τοῦτον τν τρόπον, ερηται καὶ τρσθεν· ἀλλ νν φημὶ μηδ' ἐν οἷς ερίσκεται, ν τούτοις πασι τν πρτον ἄρρωστον χειν τινὰ τοιοῦτον χαρακτήρα· τ δ' οὖν ἔχον τν ντιγράφων ατοὺς τος π τ τέλει τς διηγήσεως τς κατ τν Πυθίωνα χαρακτρας ὡδίπως ἔχει γεγραμμένους Ϡ π ου μ υ. Le sens de cette phrase, qui était sans doute fort claire quand on avait sons la main les divers exemplaires dont parle Galien, ne se laisse pas facilement saisir au premier abord ; celui qui se présente, c'est qu'il y avait des exemplaires dépourvus de caractères dans l'histoire de Pythion. Si cette interprétation est juste, et si l'on se rappelle ce que j'ai pris dans un autre endroit du Commentaire de Galien et rapporté plus haut, à savoir que les anciens exemplaires ne portaient pas les caractères dans les six premières observations, et que d'autres les portaient dans toutes les observations, on pourra penser qu'il existait trois classes d'exemplaires : 1° ceux qui portaient les caractères dans toutes les histoires de malades, 2° ceux qui ne les portaient qu'à partir de la septième histoire, 3° ceux qui en manquaient à la première. En résumé, parmi les commentateurs antérieurs à Galien, Zenon est le seul, à notre connaissance, qui ait attribué les caractères à Hippocrate ; tous les autres, et Galien lui-même, les regardent comme une interpolation subséquente, et ils les rattachent à Mnémon, soit que celui-ci les eût ajoutés à l'exemplaire de la Bibliothèque Royale d'Alexandrie, soit qu'il eût simplement apporté un exemplaire muni de ces caractères. Galien pense que celui qui les interpola, ou bien voulut se ménager l'occasion d'en donner à ses disciples l'explication comme de quelque chose de fort important, ou bien les inscrivit pour son propre usage et comme un abrégé commode de ce que renfermait d'utile chaque histoire de malade. Je serais néanmoins porté à croire que l'inscription de ces caractères est antérieure à Mnémon ; ce qui me suggère cette réflexion, c'est que, d'après Apollonius Biblas, l'exemplaire du 3e livre des Épidémies trouvé dans la Bibliothèque Royale, l'exemplaire des navires, et l'exemplaire dans l'édition de Bacchius, les portaient. A supposer (ce qui n'est pas démontré) que Mnémon soit antérieur à Bacchius, il faudrait admettre, pour attribuer les caractères à Mnémon, qu'il avait interpolé à la fois et l'exemplaire trouvé dans la Bibliothèque Royale et l'exemplaire des navires-, interpolation possible sans doute, mais qui devient beaucoup moins probable si on la double. - Galien a donné la clef générale de ces signes énigmatiques. Le Ϡ commençait toutes les séries, et le υ ou le θ, suivant la terminaison heureuse ou malheureuse, les fermait toutes. Les caractères intermédiaires étaient figurés par les lettres qui indiquent les éléments de la voix (δι τν γραμμάτων σημαίνει τ στοιχεα τς φωνς), à part le δ ponctué (voyez p. 38 n. 17 ce qu'est ce δ). Ils signifiaient, suivant Galien : α, avortentent, ποφθορν, perte, άπώλειαν; γ, urine semblable  du sperme, γονοειδς οὖρον ; le δ ponctué, sueur, δρτα, diarrhée, διάρρροιαν, διαφόρησιν (je pense qu'il faut lire διαχώρησιν, selles); en un mot, une évacuation quelconque; ε, rétention, ποχν, siège, ἔδραν; ζ, objet de recherche, ζττημα; θ, mort, θάνατον; ι, sueur, δρτα; κ, crise, κρίσιν, ou affection gastrique, κοιλιακν διάθισιν ; μ, folie, μανίαν, matrice, μτραν; ν, jeunesse, νεότητα, mortification, νκρωσιν; ξ, jaune, ξανθν χολν, quelque phénomène étrange et rare, ξένον τι κα σπάνιον, irritation, ξυσμν, sécheresse, ξηρότητα; ο, douleurs, δύνας, urine, ορον (quekpies-uns disent que l'ο, lorsqu'il a l'u mis en haut, comme on écrit ordinairement οτως, signifie urine, ἔνιοι δέ φασιν ταν πικείμενον νωθεν χ τ υ, τότε σημαίνει τ ορον ατ, γραφμενον ς εώθασιν τ οτως γράφειν. Cela prouve que la ligature ου est fort ancienne); π, abondance, πλθος, crachat, πτύελον, rouge, πυρν (sic), fièvre, πρετον, affection du poumon, πνεύμονος πάθος ; le caractère ayant un ι au milieu, Ϡ, probable, πιθανόν; ρ, flux, ῥύσιν, frisson, ῥῖγος; φ,phrénitis, φρεντιν; σ, convulsion, σπασμν lésion de l'œsophage ou de la bouche, στομαχοῦ κάκωσιν ἢ στόματος; τ, accouchement, τκον; u, jsanté, γείαν, hjrpochondre, ποχόνδριον; χ, foie, χολν, bilieux, χολδες; ψ, refroidissement, ψύξιν ; ω, crudité, μότητα.

(1) L'aphorisme précédent, iv, 32, où il est dit que, chez ceux qui relèvent de maladie, si une partie fatigue, les dépôts s'y opèrent, est aussi une remarque particulière, qui, transportée des Épidémies dans les Aphorismes, est devenue générale. On lit en effet, Ép. iv, 48, que des individus, venant à marcher à la suite de diverses affections, étaient pris de douleurs aux pieds.

(2) Ἣν πνεῦμα ἐγκαταλείπεται ἢ βὴξ ξηρή. Dans cette épidémie, la toux sèche était caractérisitique ; et c'étaient les toux sèche ( cela est dit dans la description générale, Ép. vi, 1, 7, et dans un passage détaché Ép. iv, 50) qui généralement amenaient les impuissances paralytiques.

(3) Il n'en est pas pour cette affection comme pour la toux de Périnthe: les titres des Épidémies ne contiennent aucune histoire particulière appartenant à la luxation spontanée des vertèbres ; tout se borne à une description générale.
 

 

 

J'ai retranscrit par Δι

ΕΠΙΔΗΜΙΩΝ ΤΟ ΤΡΙΤΟΝ.

ΤΜΗΜΑ ΠΡΩΤΟΝ

Ἄῤῥωστος πρῶτος.

Πυθίων, ὃς ᾤκει παρὰ Γῆς ἱερόν· ἤρξατο τρόμος ἀπὸ χειρῶν τῇ πρώτῃ· πυρετὸς ὀξύς· λῆρος. Δευτέρῃ, πάντα παρωξύνθη. Τρίτῃ τὰ αὐτά. Τετάρτῃ, ἀπὸ κοιλίης ὀλίγα, ἄκρητα, χολώδεα, διῆλθεν. Πέμπτῃ, πάντα παρωξύνθη· τρόμοι παρέμενον· ὕπνοι λεπτοί· κοιλίη ἔστη. Ἕκτῃ, πτύελα ποικίλα, ὑπέρυθρα. Ἑβδόμῃ, στόμα παρειρύσθη. Ὀγδόῃ, πάντα παρωξύνθη· τρόμοι δὲ πάλιν παρέμενον· οὖρα δὲ καταρχὰς μὲν καὶ μέχρι τῆς ὀγδόης, λεπτὰ, ἄχροα· ἐναιώρημα εἶχον ἐπινέφελον. Δεκάτῃ ἵδρωσεν· πτύελα ὑποπέπονα· ἐκρίθη· οὖρα ὑπόλεπτα περὶ κρίσιν. Μετὰ δὲ κρίσιν, τεσσαράκοντα ἡμέρῃσιν ὕστερον, ἐμπύημα περὶ ἕδρην· καὶ στραγγουριώδης ἐγένετο ἀπόστασις. ϠΠΟΥΜΥ.

Ἄρρωστος δεύτερος.

Ἑρμοκράτην, ὃς κατέκειτο παρὰ τὸ καινὸν τεῖχος, πῦρ ἔλαβεν. Ἤρξατο δὲ ἀλγέειν κεφαλὴν, ὀσφύν· ὑποχονδρίου ἔντασις λαπαρῶς· γλῶσσα δὲ ἀρχομένῳ ἐπεκαύθη· κώφωσις αὐτίκα· ὕπνοι οὐκ ἐνῆσαν· διψώδης οὐ λίην· οὖρα παχέα, ἐρυθρά· κείμενα οὐ καθίστατο· ἀπὸ δὲ κοιλίης οὐκ ὀλίγα ξυγκεκαυμένα διῄει. Πέμπτῃ, οὔρησε λεπτὰ, εἶχεν ἐναιώρημα, οὐχ ἵδρυτο· ἐς νύκτα παρέκρουσεν. Ἕκτῃ ἰκτεριώδης· πάντα παρωξύνθη· οὐ κατενόει. Ἑβδόμῃ δυσφόρως· οὖρα λεπτὰ, ὅμοια· τὰς ἑπομένας παραπλησίως. Περὶ δὲ ἑνδεκάτην ἐόντι, πάντα ἔδοξε κουφισθῆναι. Κῶμα ἤρξατο· οὔρει παχύτερα, ὑπέρυθρα, κάτω λεπτά· οὐ καθίστατο· ἡσυχῇ κατενόει. Τεσσαρεσκαιδεκάτῃ, ἄπυρος· οὐχ ἵδρωσεν· ἐκοιμήθη· κατενόει πάντα· οὖρα παραπλήσια. Περὶ δὲ ἑπτακαιδεκάτην ἐόντι, ὑπέστρεψεν· ἐθερμάνθη. Τὰς ἐπομένας, πυρετὸς ὀξύς· οὖρα λεπτά· παρέκρουσεν. Πάλιν δὲ εἰκοστῇ ἐκρίθη· ἄπυρος· οὐχ ἵδρωσεν· ἀπόσιτος παρὰ πάντα τὸν χρόνον· κατενόει πάντα· διαλέγεσθαι οὐκ ἠδύνατο· γλῶσσα ἐπίξηρος· οὐκ ἐδίψη· κατεκοιμᾶτο σμικρὰ, κωματώδης. Περὶ δὲ εἰκοστὴν καὶ τετάρτην, ἐπεθερμάνθη· κοιλίη ὑγρὴ, πολλοῖσι λεπτοῖσι ῥέουσα· καὶ τὰς ἑπομένας, πυρετὸς ὀξύς· γλῶσσα ξυνεκαύθη. Ἑβδόμῃ καὶ εἰκοστῇ, ἀπέθανεν. Τούτῳ κώφωσις διὰ τέλεος παρέμενεν· οὖρα ἢ παχέα καὶ ἐρυθρὰ, οὐ καθιστάμενα, ἢ λεπτὰ καὶ ἄχροα, καὶ ἐναιώρημα ἔχοντα· γεύεσθαι οὐκ ἠδύνατο. ϠΕΔΚΖΘ.

Ἄῤῥωστος τρίτος.

Ὁ κατακείμενος ἐν τῷ Δεάλκεος κήπῳ, κεφαλῆς βάρος, καὶ κρόταφον δεξιὸν ἐπώδυνον εἶχε χρόνον πουλύν· μετὰ δὲ προφάσιος, πῦρ ἔλαβεν· κατεκλίθη. Δευτέρῃ ἐξ ἀριστεροῦ ὀλίγον ἄκρητον ἐῤῥύη αἷμα· ἀπὸ δὲ κοιλίης κόπρανα καλῶς διῆλθεν· οὖρα λεπτὰ, ποικίλα, ἐναιωρήματα ἔχοντα σμικρὰ, οἷον κρίμνα, γονοειδέα. Τρίτῃ, πυρετὸς ὀξύς· διαχωρήματα μέλανα, λεπτὰ, ἔπαφρα· ὑπόστασις πελιδνὴ διαχωρήμασιν· ὑπεκαροῦτο· ἐδυσφόρει περὶ τὰς ἀναστάσιας· οὔροισιν ὑπόστασις, πελιδνὴ, ὑπόγλισχρος. Τετάρτῃ, ἤμεσε χολώδεα, ξανθὰ, ὀλίγα· διαλιπὼν ὀλίγον, ἰώδεα· ἐξ ἀριστεροῦ ὀλίγον, ἄκρητον ἐῤῥύη· διαχωρήματα ὅμοια· οὖρα ὅμοια· ἐφίδρωσε περὶ κεφαλὴν καὶ κληῗδας· σπλὴν ἐπήρθη· μηροῦ ὀδύνη κατ´ ἴξιν· ὑποχονδρίου δεξιοῦ ξύντασις ὑπολάπαρος· νυκτὸς οὐκ ἐκοιμήθη· παρέκρουσε σμικρά. Πέμπτῃ, διαχωρήματα πλείω, μέλανα, ἔπαφρα· ὑπόστασις μέλαινα διαχωρήμασιν· νύκτα οὐχ ὕπνωσεν· παρέκρουσεν. Ἕκτῃ, διαχωρήματα μέλανα, λιπαρὰ, γλίσχρα, δυσώδεα· ὕπνωσεν· κατενόει μᾶλλον. Ἑβδόμῃ, γλῶσσα ἐπίξηρος· διψώδης· οὐκ ἐκοιμήθη· παρέκρουσεν· οὖρα λεπτὰ, οὐκ εὔχροα. Ὀγδόῃ, διαχωρήματα μέλανα, ὀλίγα, ξυνεστηκότα· ὕπνωσεν· κατενόει· διψώδης οὐ λίην. Ἐνάτῃ, ἐπεῤῥίγωσεν· πυρετὸς ὀξύς· ἵδρωσεν· ψύξις· παρέκρουσε, δεξιῷ ἴλλαινεν· γλῶσσα ἐπίξηρος· διψώδης· ἄγρυπνος. Δεκάτῃ, περὶ τὰ αὐτά. Ἑνδεκάτῃ, κατενόει πάντα· ἄπυρος· ὕπνωσεν· οὖρα λεπτὰ, περὶ κρίσιν. Δύο διέλιπεν ἄπυρος· ὑπέστρεψε τεσσαρεσκαιδεκάτῃ· αὐτίκα δὲ νύκτα οὐκ ἐκοιμήθη, πάντα παρέκρουσεν. Πεντεκαιδεκάτῃ, οὖρον θολερὸν, οἷον ἐκ τῶν καθεστηκότων γίγνεται, ὅταν ἀναταραχθῇ· πυρετὸς ὀξύς· πάντα παρέκρουσεν· οὐκ ἐκοιμήθη· γούνατα καὶ κνήμας ἐπώδυνα εἶχεν· ἀπὸ δὲ κοιλίης βάλανον προσθεμένῳ, μέλανα κόπρανα διῆλθεν. Ἑκκαιδεκάτῃ, οὖρα λεπτὰ, εἶχεν ἐναιώρημα ἐπινέφελον· παρέκρουσεν. Ἑπτακαιδεκάτῃ, πρωῒ ἄκρεα ψυχρά· περιεστέλλετο· πυρετὸς ὀξύς· ἵδρωσε δι´ ὅλου· ἐκουφίσθη· κατενόει μᾶλλον· οὐκ ἄπυρος· διψώδης· ἤμεσε χολώδεα, ξανθὰ, ὀλίγα· ἀπὸ δὲ κοιλίης κόπρανα διῆλθε, μετ´ ὀλίγον δὲ μέλανα, ὀλίγα, λεπτά· οὖρα λεπτὰ, οὐκ εὔχροα. Ὀκτωκαιδεκάτῃ, οὐ κατενόει· κωματώδης. Ἐννεακαιδεκάτῃ, διὰ τῶν αὐτῶν. Εἰκοστῇ, ὕπνωσεν· κατενόει πάντα· ἵδρωσεν· ἄπυρος· οὐκ ἐδίψη· οὖρα δὲ λεπτά. Εἰκοστῇ πρώτῃ, σμικρὰ παρέκρουσεν· ὑπεδίψη· ὑποχονδρίου πόνος, καὶ περὶ ὀμφαλὸν παλμὸς διὰ τέλεος. Εἰκοστῇ τετάρτῃ, οὔροισιν ὑπόστασις· κατενόει πάντα. Εἰκοστῇ ἑβδόμῃ, ἰσχίου δεξιοῦ ὀδύνη· οὖρα λεπτὰ, καὶ εἶχον ὑπόστασιν· τὰ δ´ ἄλλα εἶχεν ἐπιεικέστατα. Περὶ δὲ εἰκοστὴν ἐνάτην, ὀφθαλμοῦ δεξιοῦ ὀδύνη· οὖρα λεπτά. Τεσσαρακοστῇ, διεχώρησε φλεγματώδεα, λευκὰ, ὑπόσυχνα· ἵδρωσε πολλῷ δι´ ὅλου· τελέως ἐκρίθη.

 ϠΚΔιΔιΜΥ.

ΤΜΗΜΑ ΔΕΥΤΕΡΟΝ

Ἄῤῥωστος τέταρτος.

Ἐν Θάσῳ, Φιλίστης κεφαλὴν ἐπόνεε χρόνον πουλύν· καί ποτε καὶ ὑποκαρωθεὶς, κατεκλίθη· ἐκ δὲ πότων πυρετῶν ξυνεχέων γενομένων, ὁ πόνος παρωξύνθη· νυκτὸς ἐπεθερμάνθη τὸ πρῶτον. Τῇ πρώτῃ, ἤμεσε χολώδεα, ὀλίγα, ξανθὰ τὸ πρῶτον, μετὰ δὲ, ἰώδεα πλείω· ἀπὸ δὲ κοιλίης κόπρανα διῆλθεν· νύκτα δυσφόρως. Δευτέρῃ, κώφωσις· πυρετὸς ὀξύς· ὑποχόνδριον δεξιὸν ξυνετάθη· ἔῤῥεπεν ἐς τὰ ἔσω· οὖρα λεπτὰ, διαφανέα, εἶχεν ἐναιώρημα γονοειδὲς, σμικρόν· ἐξεμάνη περὶ μέσον ἡμέρης. Τρίτῃ δυσφόρως. Τετάρτῃ σπασμοί· παρωξύνθη πάντα. Πέμπτῃ, πρωῒ ἀπέθανεν. ϠΦΔιΕΘ.

Ἄῤῥωστος πέμπτος.

Χαιρίωνα, ὃς κατέκειτο παρὰ Δημαινέτῳ, ἐκ ποτοῦ πῦρ ἔλαβεν· αὐτίκα δὲ κεφαλῆς βάρος ἐπώδυνον· οὐκ ἐκοιμᾶτο· κοιλίη ταραχώδης, λεπτοῖσιν, ὑποχολώδεσιν. Τρίτῃ, πυρετὸς ὀξύς· κεφαλῆς τρόμος, μάλιστα δὲ χείλεος τοῦ κάτω· μετ´ ὀλίγον δὲ, ῥῖγος· σπασμοί· πάντα παρέκρουσεν· νύκτα δυσφόρως. Τετάρτῃ, δι´ ἡσυχίης· σμικρὰ ἐκοιμήθη· παρέλεγεν. Πέμπτῃ, ἐπιπόνως· πάντα παρωξύνθη· λῆρος· νύκτα δυσφόρως· οὐκ ἐκοιμήθη. Ἕκτῃ, διὰ τῶν αὐτῶν. Ἑβδόμῃ, ἐπεῤῥίγωσεν· πυρετὸς ὀξύς· ἵδρωσε δι´ ὅλου· ἐκρίθη. Τούτῳ διατελέως ἀπὸ κοιλίης διαχωρήματα χολώδεα, ὀλίγα, ἄκρητα· οὖρα λεπτὰ, εὔχροα, ἐναιώρημα ἐπινέφελον ἔχοντα. Περὶ ὀγδόην, οὔρησεν εὐχροώτερα, ἔχοντα ὑπόστασιν λευκὴν, ὀλίγην· κατενόει· ἀπύρετος· διέλιπεν. Ἐνάτῃ, ὑπέστρεψεν. Περὶ δὲ τεσσαρεσκαιδεκάτην, πυρετὸς ὀξύς. Ἑκκαιδεκάτῃ, ἤμεσε χολώδεα, ξανθὰ, ὑπόσυχνα. Ἑπτακαιδεκάτῃ, ἐπεῤῥίγωσεν· πυρετὸς ὀξύς· ἵδρωσεν· ἄπυρος· ἐκρίθη· οὖρα μετὰ ὑποστροφὴν καὶ κρίσιν, εὔχροα, ὑποστάσιν ἔχοντα· οὐδὲ παρέκρουσεν ἐν τῇ ὑποστροφῇ. Ὀκτωκαιδεκάτῃ, ἐθερμαίνετο σμικρά· ἐπεδίψη· οὖρα λεπτά· ἐναιώρημα ἐπινέφελον· σμικρὰ παρέκρουσεν. Περὶ ἐννεακαιδεκάτην, ἄπυρος· τράχηλον ἐπωδύνως εἶχεν· οὔροισιν ὑπόστασις. Τελέως ἐκρίθη εἰκοστῇ.

ϠΧΠΔιΟΥΚΥ.

Ἄῤῥωστος ἕκτος.

Τὴν Εὐρυάνακτος θυγατέρα, παρθένον, πῦρ ἔλαβεν. Ἦν δὲ ἄδιψος διατελέως· γεύματα οὐ προσεδέχετο. Ἀπὸ δὲ κοιλίης σμικρὰ διῄει· οὖρα λεπτὰ, ὀλίγα, οὐκ εὔχροα. Ἀρχομένου δὲ τοῦ πυρετοῦ, περὶ ἕδρην ἐπόνεεν. Ἑκταίη δὲ ἐοῦσα, ἄπυρος· οὐχ ἵδρωσεν· ἐκρίθη· τὸ δὲ περὶ τὴν ἕδρην, σμικρὰ ἐξεπύησεν, ἐῤῥάγη ἅμα κρίσει. Μετὰ δὲ κρίσιν, ἑβδομαίη ἐοῦσα, ἐῤῥίγωσε, σμικρὰ ἐπεθερμάνθη, ἵδρωσεν. Μετὰ δὲ κρίσιν ὀγδοαίη ἐοῦσα, ἐῤῥίγωσεν οὐ πολλά· ὕστερον δὲ ἄκρεα ψυχρὰ αἰεί. Περὶ δεκάτην, μετὰ τὸν ἱδρῶτα τὸν γενόμενον, παρέκρουσε, καὶ πάλιν ταχὺ κατενόει· ἔλεγον δὲ γευσαμένην βότρυος, ταῦτα παθεῖν. Διαλιποῦσα δὲ δωδεκάτῃ, πάλιν πουλλὰ παρελήρει· κοιλίη ἐταράχθη χολώδεσιν, ὀλίγοισιν, ἀκρήτοισι, λεπτοῖσι, δακνώδεσιν· πυκνὰ ἀνίστατο. Ἀφ´ ἧς δὲ παρέκρουσε τὸ ὕστερον, ἀπέθανεν ἑβδόμῃ. Αὕτη, ἀρχομένου τοῦ νουσήματος, ἤλγεε φάρυγγα, καὶ διατέλεος ἔρευθος εἶχεν· γαργαρεὼν ἀνεσπασμένος· ῥεύματα πουλλὰ, σμικρὰ, δριμέα· ἔβησσε πέπονα, οὐδὲν ἀνῆγεν· ἀπόσιτος πάντων παρὰ πάντα τὸν χρόνον, οὐδ´ ἐπεθύμησεν οὐδενός· ἄδιψος, οὐδ´ ἔπινεν οὐδὲν ἄξιον λόγου· σιγῶσα, οὐδὲν διελέγετο· δυσθυμίη· ἀνελπίστως ἑωυτῆς εἶχεν. Ἦν δέ τι καὶ ξυγγενικὸν, φθινῶδες.

Ἄῤῥωστος ἕβδομος.

Ἡ κυναγχικὴ, ἡ παρὰ τὰ Ἀριστιῶνος, ᾗ πρῶτον ἀπὸ γλώσσης ἤρξατο· ἀσαφὴς φωνή· γλῶσσα ἐρυθρή· ἐπεξηράνθη. Τῇ πρώτῃ, φρικώδης· ἐπεθερμάνθη. Τρίτῃ, ῥῖγος· πυρετὸς ὀξύς· οἴδημα ὑπέρυθρον, σκληρὸν, τραχήλου καὶ στήθεος ἐξ ἀμφοτέρων· ἄκρεα ψυχρὰ, πελιδνά· πνεῦμα μετέωρον· ποτὸν διὰ ῥινῶν ἐχεῖτο· καταπίνειν οὐκ ἠδύνατο· διαχωρήματα καὶ οὖρα ἐπέστη. Τετάρτῃ, πάντα παρωξύνθη. Πέμπτῃ, ἀπέθανε, κυναγχική. ϠΔιΕΕΘ.

Ἄῤῥωστος ὄγδοος.

Τὸ μειράκιον, ὃ κατέκειτο ἐπὶ ψευδέων ἀγορῇ, πῦρ ἔλαβεν ἐκ κόπων, καὶ πόνων, καὶ δρόμων παρὰ τὸ ἔθος. Τῇ πρώτῃ, κοιλίη ταραχώδης, χολώδεσι, λεπτοῖσι, πολλοῖσιν· οὖρα λεπτὰ, ὑπομέλανα· οὐχ ὕπνωσεν· διψώδης. Δευτέρῃ, πάντα παρωξύνθη· διαχωρήματα πλείω, ἀκαιρότερα· οὐχ ὕπνωσεν· τὰ τῆς γνώμης ταραχώδεα· σμικρὰ ὑφίδρωσεν. Τρίτῃ, δυσφόρως· διψώδης· ἀσώδης· πουλὺς βληστρισμός· ἀπορίη· παρέκρουσεν· ἄκρεα πελιδνὰ, καὶ ψυχρά· ὑποχονδρίου ἔντασις ὑπολάπαρος ἐξ ἀμφοτέρων. Τετάρτῃ, οὐχ ὕπνωσεν· ἐπὶ τὸ χεῖρον. Ἑβδόμῃ, ἀπέθανεν. Ἡλικίην περὶ ἔτεα εἴκοσιν. ϠΞΖΘ. Ὀξύ.

Ἄῤῥωστος ἔνατος.

Ἡ παρὰ Τισαμένου γυνὴ κατέκειτο, ᾗ τὰ εἰλεώδεα δυσφόρως ὥρμησεν. Ἔμετοι πολλοί· ποτὸν κατέχειν οὐκ ἠδύνατο. Πόνοι περὶ ὑποχόνδρια· καὶ ἐν τοῖσι κάτω κατὰ κοιλίην, πόνοι· στρόφοι ξυνεχέες· οὐ διψώδης· ἐπεθερμαίνετο. Ἄκρεα ψυχρὰ διὰ τέλεος· ἀσώδης· ἄγρυπνος· οὖρα ὀλίγα, λεπτά· διαχωρήματα ὠμὰ, λεπτὰ, ὀλίγα· ὠφελέειν οὐδὲν ἠδύνατο· ἀπέθανεν.

Ἄῤῥωστος δέκατος.

Γυναῖκα ἐξ ἀποφθορῆς νηπίου, τῶν περὶ Παντιμίδην, τῇ πρώτῃ πῦρ ἔλαβεν· γλῶσσα ἐπίξηρος· διψώδης· ἀσώδης· ἄγρυπνος· κοιλίη ταραχώδης λεπτοῖσι, πολλοῖσιν, ὠμοῖσιν. Δευτέρῃ, ἐπεῤῥίγωσεν· πυρετὸς ὀξύς· ἀπὸ κοιλίης πουλλά· οὐχ ὕπνωσεν. Τρίτῃ, μείζους οἱ πόνοι. Τετάρτῃ, παρέκρουσεν. Ἑβδόμῃ, ἀπέθανεν. Κοιλίη διὰ παντὸς ὑγρὴ διαχωρήμασι πολλοῖσι, λεπτοῖσιν, ὠμοῖσιν· οὖρα ὀλίγα, λεπτά. Καῦσος.

Ἄῤῥωστος ἑνδέκατος.

Ἑτέρην ἐξ ἀποφθορῆς περὶ πεντάμηνον, Οἰκέτεω γυναῖκα, πῦρ ἔλαβεν· ἀρχομένη, κωματώδης ἦν, καὶ ἄγρυπνος πάλιν· ὀσφύος ὀδύνη· κεφαλῆς βάρος. Δευτέρῃ, κοιλίη ἐπεταράχθη, ὀλίγοισι, λεπτοῖσιν, ἀκρήτοισι τὸ πρῶτον. Τρίτῃ, πλείω, χείρω· νυκτὸς οὐκ ἐκοιμήθη. Τετάρτῃ, παρέκρουσεν· φόβοι, δυσθυμίαι· δεξιῷ ἴλλαινεν· ἵδρωσε περὶ κεφαλὴν ὀλίγῳ ψυχρῷ· ἄκρεα ψυχρά. Πέμπτῃ, πάντα παρωξύνθη· πολλὰ παρέλεγε, καὶ πάλιν ταχὺ κατενόει· ἄδιψος· ἄγρυπνος· κοιλίη πουλλοῖσιν ἀκαίροισι διὰ τέλεος· οὖρα ὀλίγα, λεπτὰ, ὑπομέλανα· ἄκρεα ψυχρὰ, ὑποπέλιδνα. Ἕκτῃ, διὰ τῶν αὐτῶν. Ἑβδόμῃ, ἀπέθανεν. Φρενῖτις.

Ἄῤῥωστος δωδέκατος.

Γυναῖκα, ἥτις κατέκειτο ἐπὶ ψευδέων ἀγορῇ, τότε τεκοῦσαν πρῶτον ἐπιπόνως ἄρσεν, πῦρ ἔλαβεν. Αὐτίκα ἀρχομένη, διψώδης, ἀσώδης, καρδίην ὑπήλγεε· γλῶσσα ἐπίξηρος· κοιλίη ἐπεταράχθη, λεπτοῖσιν, ὀλίγοισιν· οὐχ ὕπνωσεν. Δευτέρῃ, σμικρὰ ἐπεῤῥίγωσεν· πυρετὸς ὀξύς· σμικρὰ περὶ κεφαλὴν ἵδρωσε ψυχρῷ. Τρίτῃ, ἐπιπόνως· ἀπὸ κοιλίης ὠμὰ, λεπτὰ, πουλλὰ διῄει. Τετάρτῃ, ἐπεῤῥίγωσεν· πάντα παρωξύνθη· ἄγρυπνος. Πέμπτῃ, ἐπιπόνως. Ἕκτῃ, διὰ τῶν αὐτῶν· ἀπὸ κοιλίης ἦλθεν ὑγρὰ, πουλλά. Ἑβδόμῃ, ἐπεῤῥίγωσεν· πυρετὸς ὀξύς· δίψα πουλλή· βληστρισμός· περὶ δείλην, ἵδρωσε δι´ ὅλου ψυχρῷ· ψύξις· ἄκρεα ψυχρά· οὐκ ἔτι ἀνεθερμαίνετο· καὶ πάλιν ἐς νύκτα ἐπεῤῥίγωσεν· ἄκρεα οὐκ ἀνεθερμαίνετο οὐχ ὕπνωσεν· σμικρὰ παρέκρουσε, καὶ πάλιν ταχὺ κατενόει. Ὀγδόῃ, περὶ μέσον ἡμέρης ἀνεθερμάνθη· διψώδης· κωματώδης· ἀσώδης· ἤμεσε χολώδεα, σμικρὰ, ὑπόξανθα· νύκτα δυσφόρως· οὐκ ἐκοιμήθη· οὔρησε πουλὺ, ἀθρόον, οὐκ εἰδυῖα. Ἐνάτῃ, ξυνέδωκε πάντα· κωματώδης· πρὸς δείλην, σμικρὰ ἐπεῤῥίγωσεν· ἤμεσε σμικρὰ, χολώδεα. Δεκάτῃ, ῥῖγος· πυρετὸς παρωξύνθη· οὐχ ὕπνωσεν οὐδέν· πρωῒ, οὔρησε πουλὺ, ὑπόστασιν ἔχον· ἄκρεα ἀνεθερμάνθη. Ἑνδεκάτῃ, ἤμεσεν ἰώδεα, χολώδεα· ἐπεῤῥίγωσεν οὐ μετὰ πουλύ· καὶ πάλιν, ἄκρεα ψυχρά· ἐς δείλην, ῥῖγος· ἱδρὼς ψυχρός· ἤμεσε πουλλά· νύκτα, ἐπιπόνως. Δωδεκάτῃ, ἤμεσε πουλλὰ, μέλανα, δυσώδεα· λυγμὸς πουλύς· δίψος ἐπιπόνως. Τρισκαιδεκάτῃ, μέλανα, δυσώδεα, πουλλὰ ἤμεσεν· ῥῖγος· περὶ δὲ μέσον ἡμέρης ἄφωνος. Τεσσαρεσκαιδεκάτῃ, αἷμα διὰ ῥινῶν· ἀπέθανεν. Ταύτῃ διὰ τέλεος, κοιλίη ὑγρή· φρικώδης. Ἡλικίη, περὶ ἔτεα ἑπτακαίδεκα. Καῦσος.

ÉPIDÉMIES, TROISIÈME LIVRE.

I. PREMIÈRE SECTION.

Premier malade.

Pythion, qui demeurait auprès du temple de la Terre, fut saisi, le premier jour, d'un tremblement qui commença par les mains; fièvre aiguë; délire. Second jour, tout s'aggrava. Troisième jour, même état. Quatrième jour, déjections peu abondantes de matières intempérées et bilieuses. Cinquième jour, tout s'aggrava; les tremblements persistèrent; sommeils légers ; le ventre se resserra. Sixième jour, expectoration variée et un peu rouge. Septième jour, distorsion de la bouche. Huitième jour, tout s'exaspéra, et les tremblements persistèrent encore. Dès le début et jusqu'au huitième jour, l'urine fut ténue et incolore, elle présentait un énéorème semblable à un nuage. Dixième jour, expectoration un peu mûrie; la maladie se jugea ; les urines furent un peu ténues au moment de la crise. Après la crise et au quarantième jour de la maladie il se forma un abcès au siège, et le dépôt de la maladie fut caractérisé par des accidents de strangurie. (Interprétation des caractères : Il est probable que l'abondance des urines évacuées produisit la solution de la maladie et la guérison du malade au quarantième jour.)

Deuxième malade.

Hermocrate, qui habitait près de la nouvelle muraille, fut pris d'une forte fièvre. Dès le début, il éprouva de la douleur dans la tête et dans les lombes ; tension de l'hypocondre sans gonflement ; la langue était brûlée dès le commencement ; la surdité s'établit tout d'abord ; point de sommeil ; peu de soif ; urine épaisse, rouge, qui, laissée dans le vase, ne forma point de dépôt ; évacuation, non petite, de matières adustes. Cinquième jour, urine ténue avec un énéorème, et sans sédiment; hallucinations durant la nuit. Sixième jour, ictère; tout s'aggrava ; point de connaissance. Septième jour, grand malaise; urines ténues, comme précédemment; les jours suivants elles gardèrent le même caractère. Vers le onzième jour, tout parut s'alléger. Le malade commença à avoir de l'assoupissement; l'urine qu'il rendit était plus épaisse, un peu rouge, avec de petites choses dans le bas ; elle ne donna point de dépôt ; peu à peu le malade reprit sa connaissance. Quatorzième jour, point de fièvre; il ne sua pas ; il dormit; il eut sa pleine raison; urines de même apparence. Vers le dix-septième jour, récidive ; le malade eut de la chaleur. Les jours suivants, fièvre aiguë; urines ténues; hallucinations. Vingtième jour, nouvelle crise ; point de fièvre ; il ne sua point ; anorexie durant tout le temps; pleine connaissance ; impossibilité d'articuler; langue un peu sèche; point de soif; un peu de sommeil; du coma. Vers le vingt-quatrième jour, retour de la chaleur fébrile ; selles liquides, abondantes et ténues; et, les jours suivante, fièvre aiguë ; langue rôtie. Mort au vingt-septième jour. Chez ce malade, la surdité dura tout le temps; les urines furent ou épaisses et rouges, sans sédiment, ou bien ténues, incolores et avec énéorèmes ; il ne put prendre aucun aliment. (Interprétation des caractères : Il est probable que c'est en raison de la suppression des selles qu'Hermocrate mourut au vingt-septième jour.)

Troisième malade.

L'homme logé dans le jardin de Déalcès avait eu, pendant longtemps, de la pesanteur de tête, et une douleur dans la tempe droite ; une cause occasionnelle s'y étant jointe, il fut pris d'une fièvre intense ; il se coucha. Second jour, il perdit par la narine gauche quelques gouttes d'un sang pur ; il rendit une selle louable, de matières solides; urines ténues, variées, avec de petits énéorèmes, comme de la farine d'orge, semblables à du sperme. Troisième jour, fièvre aiguë ; selles noires, ténues, écumeuses, avec un dépôt d'une couleur livide; le malade eut un peu de carus ; il éprouvait du malaise quand il se levait ; dans les urines, dépôt noirâtre et un peu visqueux. Quatrième jour, vomissement peu abondant de matières bilieuses, jaunes, et, après un court intervalle, de matières érugineuses; léger écoulement d'un sang pur, de la narine gauche ; mêmes selles ; mêmes urines ; petite sueur autour de la tête et des clavicules ; tuméfaction de la rate ; douleur dans la cuisse correspondante ; tension de l'hypochondre droit sans grand gonflement; la nuit, point de sommeil; légères hallucinations. Cinquième jour, selles plus abondantes, noires, écumeuses; la nuit, point de sommeil; hallucinations. Sixième jour, selles noires, grasses, visqueuses, fétides; sommeil; intelligence meilleure. Septième jour, langue légèrement sèche; soif; point de sommeil; hallucinations; urines ténues et d'une couleur qui n'est pas bonne. Huitième jour, selles noires, peu abondantes, liées; sommeil; intelligence; soif médiocre. Neuvième jour, frisson ; fièvre aiguë ; sueur ; refroidissement ; hallucinations, distorsion de l'œil droit ; langue un peu sèche; soif; insomnie. Dixième jour, même état. Onzième jour, l'intelligence est pleinement revenue; point de fièvre; sommeil, urines ténues vers la crise. La fièvre eut une intermission de deux jours ; elle revint le quatorzième, jour; ensuite, point de sommeil la nuit ; hallucinations sur toute chose. Quinzième jour, urine bourbeuse, et semblable à celle qui est agitée après avoir laissé tomber son sédiment ; fièvre aiguë; hallucinations sur toute chose ; point de sommeil ; douleur dans les genoux et les mollets ; l'application d'un suppositoire détermina l'évacuation d'excréments noirs. Seizième jour, urines ténues, avec un énéorème nuageux; hallucinations. Dix-septième jour, le matin, extrémités froides ; on couvrit le malade ; fièvre aiguë ; sueur générale ; allégement ; meilleure intelligence; il n'était pas sans fièvre ; soif ; il vomit en petite quantité des matières bilieuses et jaunes; il rendit dès excréments durs/et bientôt après il eut des selles peu abondantes, noires et ténues ; urines ténues, qui n'étaient pas d'une bonne couleur. Dix-huitième jour, nulle connaissance; coma. Dix-neuvième jour, mime état. Vingtième jour, sommeil ; retour complet de la raison ; sueur ; point de fièvre ; point de soif; mais les urines restent ténues. Vingt-et-unième jour, légères hallucinations ; un peu de soif; douleur de l'hypochondre droit, et, à l'ombilic, battement qui persiste jusqu'à la fin. Vingt-quatrième jour, dépôt dans les urines; pleine connaissance. Vingt-septième jour, douleur de la hanche droite; urines ténues; elles donnèrent un dépôt; du reste l'état fut très supportable. Vers le vingt-neuvième jour, douleur de l'œil droit; urines ténues. Quarantième jour, évacuations assez fréquentes de matières pituiteuses et blanches ; sueur profuse et générale ; solution définitive de la maladie. (Interprétation des caractères : Il est probable que, par l'effet des selles, des urines et des sueurs critiques, le malade guérit en quarante jours.)

SECONDE SECTION.

Quatrième malade.

A Thasos, Philistès eut longtemps de la céphalalgie, et, parfois saisi d'une somnolence profonde, il se mettait au lit. Des excès de boisson ayant engendré une fièvre continue, la douleur s'aggrava ; il eut d'abord de la chaleur, la nuit. Premier jour, il vomit, en petite quantité, des matières bilieuses et jaunes d'abord, puis, en plus grande quantité, des matières érugmeuses ; il eut une selle solide ; malaise durant la nuit. Second jour, surdité ; fièvre aiguë ; tension de hypochondre droit, qui est rentré en dedans; urines ténues, transparentes, avec un petit énéorème semblable à du sperme ; il eut le transport vers le milieu du jour. Troisième jour, état pénible. Quatrième jour, convulsions ; aggravation de tous les symptômes. Cinquième jour, mort le matin. (Interprétation des caractères : Il est probable que la mort du malade au bout de cinq jours fut due à une phrénitis et à des évacuations défavorables).

Cinquième malade.

Chaerion, qui était couché chez Démaenétus, fut pris d'une fièvre intense après des excès de boisson ; puis il ressentit une pesanteur douloureuse de la tête ; il ne dormit pas ; le ventre fut dérangé, et le malade eut des selles ténues et un peu bilieuses. Troisième jour, fièvre aiguë ; tremblement de la tête et surtout de la lèvre inférieure ; bientôt après, frisson ; convulsions ; hallucinations sur toute chose ; nuit pénible. Quatrième jour, le malade fut tranquille ; un peu de sommeil; divagations. Le cinquième jour fut laborieux ; tout s'aggrava; délire ; nuit pénible ; point de sommeil. Sixième jour, même état. Septième jour, frisson ; fièvre aiguë ; sueur générale ;  crise. Les selles, durant tout ce temps, avaient été bilieuses, peu abondantes et intempérées; les urines, ténues, d'une bonne couleur, et avec un énéorème nuageux. Vers le huitième jour, il rendit des urines d'une meilleure couleur, avec un dépôt blanc et peu abondant ; retour de l'intelligence ; point de fièvre ; intermission. Neuvième jour, récidive. Vers le quatorzième jour, fièvre aiguë. Seizième jour, vomissements bilieux, jaunes, assez fréquents. Dix-septième jour, nouveau frisson ; fièvre aiguë ; sueur ; apyrexie ; crise ; les urines, après la récidive et la crise, furent de bonne couleur, et eurent un dépôt; le malade n'eut point d'hallucination durant la reprise de la fièvre. Dix-huitième jour, retour de la chaleur fébrile ; un peu de soif; urines ténues avec énéorème nuageux ; légères hallucinations. Vers le dix-neuvième jour, point de fièvre, douleur dans le cou; dépôt dans les urines ; solution définitive de la maladie le vingtième jour. (Interprétation des caractères : Il est probable que le malade guérit en vingt jours par l'abondance des selles bilieuses et des urines.)

Sixième malade.

La fille d'Euryanax, vierge, fut saisie d'une fièvre violente; elle fut sans soif durant tout le cours de sa maladie, et sans goût pour les aliments. Elle eut des selles peu abondantes, des urines ténues, en petite quantité et d'une couleur peu favorable. Au commencement de la fièvre, elle ressentit de la douleur au siège. Étant au sixième jour, elle fut sans fièvre, elle ne sua pas ; il y eut crise, l'abcès formé au siège rendit un peu de pus, il s'ouvrit au moment de la crise. Étant au septième jour après la crise, elle eut du frisson ; la chaleur qui suivit fut peu forte; la malade sua. Étant au huitième jour,  après la crise, elle eut un  frisson peu considérable ; maïs ensuite les extrémités restèrent froides. Vers le dixième jour, après une sueur qui survint, elle eut des hallucinations, et reprit promptement sa connaissance ; on attribua cet accident à une grappe de raisin qu'elle avait mangée. Avant eu une intermission le douzième jour, elle délira de nouveau et beaucoup ; le ventre se dérangea ; selles bilieuses, petites, intempérées, ténues, mordantes; la malade se mit souvent sur le siège. Elle mourut le septième jour après celui où elle avait eu des hallucinations en dernier lieu. Cette jeune fille, dès le début de la maladie, eut de la douleur dans la gorge, qui resta constamment rouge; luette rétractée; fluxions abondantes, ténues, acres: toux grasse, qui n'amenait rien ; la malade ne prit point de nourriture durant ce temps, et elle n'en éprouva aucun désir ; point de soif; elle buvait à peine ; gardant le silence, elle ne prononçait pas une parole ; abattement; elle désespérait d'elle-même. Il y avait aussi en elle quelque disposition innée à la phtisie.

Septième malade.

La femme affectée d'angine, qui demeurait chez Aristion ; chez elle le mal commença d'abord par la langue ; la voix était mol articulée; la langue, rouge, se sécha. Premier jour, frissonnement suivi de chaleur. Troisième jour, frisson ; fièvre aiguë ; une tuméfaction dure et d'un rouge obscur s'étendit sur le col et sur la poitrine, des deux côtés; extrémités froides, livides ; respiration élevée ; les boissons revenaient par les narines; la malade ne pouvait avaler; les selles et les urines se supprimèrent. Quatrième jour, tout s'aggrava. Cinquième jour, elle mourut d'angine. (Interprétation des caractères: Il est probable que la cause de la mort au cinquième jour fut l'effet de la suppression des évacuations.)

Huitième malade.

Le jeune homme qui demeurait sur la place des Menteurs, fut pris d'une fièvre intense à la suite de fatigues, d'exercices et de courses auxquelles il n'était pas accoutumé. Premier jour, ventre dérangé, déjections bilieuses, ténues, abondantes; urines ténues, noirâtres ; point de sommeil ; soif. Deuxième jour, tout s'aggrava ; selles plus abondantes, plus inopportunes; point de sommeil ; intelligence troublée; petites sueurs. Troisième jour, malaise; soif ; nausée ; grande agitation ; angoisses ; hallucinations ; extrémités livides et froides; tension de l'hypochondre des deux côtés, sans grand gonflement. Quatrième jour, point de sommeil ; l'état du malade empira. Septième jour, le malade mourut. Il était âgé d'environ vingt ans. (Interprétation des caractères : Il est probable que la cause de la mort au septième jour fut quelque chose d'inaccoutumé.) Affection aiguë.

Neuvième malade.

La femme qui était couchée chez Tisamène, eut une invasion soudaine et grave des symptômes de l'iléus. Vomissements fréquents ; elle ne pouvait garder de boisson. Douleurs aux hypochondres ; douleurs au bas du ventre ; tranchées continuelles ; point de soif; elle eut de la chaleur ; extrémités froides durant tout le temps ; nausées ; insomnie ; urines peu abondantes, ténues ; selles sans coction, ténues, petites; rien ne pouvait la soulager, elle mourut.

Dixième malade.

Parmi les femmes de la maison de Pantimidès, une, après avoir avorté à une époque peu avancée de sa grossesse, fut prise, le premier jour, d'une fièvre intense ; sécheresse de la langue ; soif ; nausées ; insomnie ; ventre dérangé ; déjections abondantes de matières ténues et sans coction. Second jour, frisson ; fièvre aiguë; déjections alvines abondantes ; point de sommeil. Troisième jour, les souffrances furent plus considérables. Quatrième jour, hallucinations. Septième jour, mort. Le ventre fut relâché durant tout le cours de la maladie ; les selles furent abondantes, ténues et sans coction ; les urines rares et ténues. Causus.

Onzième malade.

Une autre, femme d'OEcetès, ayant avorté au cinquième mois, fut prise d'une fièvre intense ; dès le début elle présenta des alternatives de coma et de veille; douleurs des lombes ; pesanteur de la tête. Second jour, dérangement du ventre; déjections peu abondantes, ténues et intempérées d'abord. Troisième jour, déjections plus abondantes; plus mauvaises ; point de sommeil la nuit. Quatrième jour, hallucinations ; craintes ; découragements ; distorsion de l'œil droit; petite sueur froide autour de la tête; extrémités froides. Cinquième jour, tout s'aggrava ; beaucoup de divagations; puis, derechef, la malade revint promptement à elle ; point de soif; insomnie ; évacuations alvines abondantes et inopportunes jusqu'à la fin ; urines rares, ténues, noirâtres ; extrémités froides, un peu livides. Sixième jour, même état. Septième jour, mort. Phrénitis.

Douzième malade.

Une femme, qui demeurait sur le marché des Menteurs, ayant, après un accouchement laborieux, mis au monde, pour la première fois, un enfant mâle, fut prise d une fièvre intense. Dès le début, soif} nausées; légère carclialgie; langue un peu sèche ; le ventre se dérangea, selles ténues et peu abondantes; point de sommeil. Deuxième jour, petit frisson; fièvre aiguë; petite sueur froide autour de la tête. Troisième jour, état pénible ; évacuations alvines, sans coction, ténues, abondantes. Quatrième jour, frisson; tout s'aggrava; insomnie. Cinquième jour, état pénible. Sixième jour, mêmes symptômes; évacuations alvines liquides et abondantes. Septième jour, frisson; fièvre aiguë; soif extrême; agitation; vers le [soir, une sueur froide se répandit sur tout le corps ; refroidissement; extrémités froides; la malade ne se réchauffa pas; nouveaux frissons durant la nuit ; les extrémités ne se réchauffèrent pas ; point de sommeil ; légères hallucinations, et bientôt retour de la connaissance. Huitième jour, la malade se réchauffa vers le milieu de la journée; elle eut de la soif, de l'assoupissement, des nausées; elle vomit des matières bilieuses, en petite quantité, jaunâtres ; nuit pénible; point de sommeil; elle rendit en peu de temps beaucoup d'urine, sans s'en apercevoir. Neuvième jour, diminution de tous les accidents ; assoupissement ; vers le soir, petit frisson ; petit vomissement bilieux. Dixième jour, frisson ; la fièvre s'aggrava ; nul sommeil ; au matin, la malade rendit beaucoup d'urine, qui déposa ; les extrémités se réchauffèrent. Onzième jour, vomissement érugineux, bilieux ; peu de temps après, retour du frisson; et, de nouveau, extrémités froides; au soir, frisson ; sueur froide ; vomissement abondant ; nuit pénible. Douzième jour, vomissement abondant, noir, fétide, hoquet fréquent ; soif fatigante. Treizième jour, vomissement abondant, noir, fétide ; frisson ; vers le milieu de la journée, perte de la voix. Quatorzième jour, épistaxis ; mort. Cette femme eut, durant tout le cours de la maladie, des selles liquides et des frissonnements ; elle était âgée d'environ dix-sept ans. Causus.

ΤΜΗΜΑ ΤΡΙΤΟΝ.

2. Κατάστασις.

Ἔτος νότιον, ἔπομβρον· ἄπνοια διὰ τέλεος. Αὐχμῶν δὲ γενομένων τοὺς ὑπόπροσθεν χρόνους ἐπ´ ἐνιαυτὸν, ἐν νοτίοισι περὶ ἀρκτοῦρον ὕδατα πουλλά. Φθινόπωρον σκιῶδες, ἐπινέφελον· ὑδάτων πλήθεα. Χειμὼν νότιος, ὑγρὸς, μαλακός. Μετὰ δὲ ἡλίου τροπὰς ὕστερον πολλῷ, πλησίον ἰσημερίης, ὀπισθοχειμῶνες· καὶ ἤδη περὶ ἰσημερίην, βόρεια, χιονώδεα, οὐ πουλὺν χρόνον. Ἦρ πάλιν νότιον, ἄπνοον· ὕδατα πουλλὰ διὰ τέλεος μέχρι κυνός. Θέρος αἴθριον, θερμόν· πνίγεα μεγάλα· ἐτησίαι σμικρὰ διεσπασμένως ἔπνευσαν· πάλιν δὲ περὶ ἀρκτοῦρον ἐν βορείοισιν ὕδατα πουλλά. Γενομένου δὲ τοῦ ἔτεος νοτίου, καὶ ὑγροῦ, καὶ μαλθακοῦ, κατὰ μὲν τὸν χειμῶνα διῆγον ὑγιηρῶς, πλὴν τῶν φθινωδέων, περὶ ὧν γεγράψεται.

3. Πρωῒ δὲ τοῦ ἦρος ἅμα τοῖσι γενομένοισι ψύχεσιν, ἐρυσιπέλατα πολλὰ, τοῖσι μὲν μετὰ προφάσιος, τοῖσι δ´ οὔ· κακοήθεα· πολλοὺς ἔκτεινεν· πολλοὶ φάρυγγας ἐπόνησαν· φωναὶ κακούμεναι· καῦσοι· φρενιτικοί· στόματα ἀφθώδεα· αἰδοίοισι φύματα· ὀφθαλμίαι· ἄνθρακες· κοιλίαι ταραχώδεες· ἀπόσιτοι· διψώδεες, οἱ μὲν, οἱ δ´ οὔ· οὖρα ταραχώδεα, πουλλὰ, κακά· κωματώδεες ἐπὶ πουλὺ, καὶ πάλιν ἄγρυπνοι· ἀκρισίαι πουλλαί· δύσκριτα· ὕδρωπες· φθινώδεες πουλλοί· τὰ μὲν ἐπιδημήσαντα νουσήματα, ταῦτα. Ἑκάστου δὲ τῶν ὑπογεγραμμένων εἰδέων ἦσαν οἱ κάμνοντες, καὶ ἔθνησκον πουλλοί. Ξυνέπιπτε δὲ ἐφ´ ἑκάστοισι τουτέων, ὧδε.

4. Πολλοῖσι μὲν τὸ ἐρυσίπελας μετὰ προφάσιος, ἐπὶ τοῖσι τυχοῦσι, καὶ πάνυ ἐπὶ σμικροῖσι τρωματίοισιν, ἐφ´ ὅλῳ τῷ σώματι, μάλιστα δὲ τοῖσι περὶ ἑξήκοντα ἔτεα, καὶ περὶ κεφαλὴν, εἰ καὶ σμικρὸν ἀμεληθείη, πολλοῖσι δὲ καὶ ἐν θεραπείῃ ἐοῦσιν· μεγάλαι φλεγμοναὶ ἐγίγνοντο, καὶ τὸ ἐρυσίπελας πουλὺ ταχὺ πάντοθεν ἐπενέμετο. Τοῖσι μὲν οὖν πλείστοισιν αὐτέων ἀποστάσιες ἐς ἐμπυήματα ξυνέπιπτον· σαρκῶν, καὶ νεύρων, καὶ ὀστέων ἐκπτώσιες μεγάλαι. Ἦν δὲ καὶ τὸ ῥεῦμα τὸ ξυνιστάμενον οὐ πύῳ ἴκελον, ἀλλὰ σηπεδών τις ἄλλη, καὶ ῥεῦμα πουλὺ καὶ ποικίλον. Οἷσι μὲν οὖν περὶ κεφαλὴν τουτέων τι ξυμπίπτοι γίγνεσθαι, μαδήσιές τε ὅλης τῆς κεφαλῆς ἐγίγνοντο καὶ τοῦ γενείου, καὶ ὀστέων ψιλώματα καὶ ἐκπτώσιες, καὶ πουλλὰ ῥεύματα· ἐν πυρετοῖσί τε ταῦτα, καὶ ἄνευ πυρετῶν. Ἦν δὲ ταῦτα φοβερώτερα ἢ κακίω· οἷσι γὰρ ἐς ἐμπύημα ὁ τῶν τοιούτων ἀφίκοιτο πεπασμὸς, οἱ πλεῖστοι τουτέων ἐσώζοντο· οἷσι δὲ ἡ μὲν φλεγμονὴ καὶ τὸ ἐρυσίπελας ἀπέλθοι, τοιαύτην δὲ ἀπόστασιν μηδεμίην ποιήσαιτο, τουτέων ἀπώλλυντο πουλλοί. Ὁμοίως δὲ καὶ ὅποι ἄλλῃ τοῦ σώματος πλανηθείη, ξυνέπιπτε ταῦτα· πολλοῖσι μὲν γὰρ βραχίων, καὶ πῆχυς ὅλος περιεῤῥύη· οἷσι δὲ ἐπὶ τὰ πλευρὰ, ταῦτα ἐκακοῦτο, ἢ τῶν ἔμπροσθέν τι ἢ τῶν ὄπισθεν· οἷσι δὲ ὅλος ὁ μηρὸς, ἢ τὰ περικνήμια ἐψιλοῦτο, καὶ ποὺς ὅλος. Ἦν δὲ πάντων χαλεπώτατον τῶν τοιούτων, ὅ τι περὶ ἥβην καὶ αἰδοῖα γένοιτο. Τὰ μὲν περὶ ἕλκεα καὶ μετὰ προφάσιος τοιαῦτα· πολλοῖσι δὲ ἐν πυρετοῖσι, καὶ πρὸ πυρετοῦ, καὶ ἐπὶ πυρετοῖσι ξυνέπιπτεν. Ἦν δὲ καὶ τούτων ὅσα μὲν ἀπόστασιν ποιήσαιτο διὰ τοῦ ἐκπυῆσαι, ἢ κατὰ κοιλίην ταραχή τις ἐπίκαιρος, ἢ χρηστῶν οὔρων διάδοσις γένοιτο, διὰ τούτων λελύσθαι· οἷσι δὲ μηδὲν τούτων ξυμπίπτοι, ἀσήμως δὲ ἀφανιζομένων, θανατώδεα γίνεσθαι. Πουλὺ μὲν οὖν τοῖσι πλείστοισι ξυνέπιπτε τὰ περὶ τὸ ἐρυσίπελας τοῦ ἦρος· παρείπετο δὲ καὶ διὰ τοῦ θέρεος, καὶ ὑπὸ φθινόπωρον.

5. Πολλὴ δὲ ταραχή τισι, καὶ τὰ περὶ φάρυγγα φύματα, καὶ φλεγμοναὶ γλώσσης, καὶ τὰ παρ´ ὀδόντας ἀποστήματα· φωναί τε πολλοῖσιν ἐπεσήμαινον, κακούμεναι καὶ κατίλλουσαι, πρῶτον μὲν τοῖσι φθινώδεσιν ἀρχομένοισιν, ἀτὰρ καὶ τοῖσι καυσώδεσι, καὶ τοῖσι φρενιτικοῖσιν.

TROISIÈME SECTION.

2. CONSTITUTION.

Année pluvieuse, où le peu d'air qui se fit sentir venait du midi ; calme continuel. La sécheresse ayant dominé immédiatement auparavant pendant une année, il survint, vers le lever d'Arcturus (quelques jours avant l'équinoxe d'automne), des pluies abondantes, avec le vent du midi. Automne sombre, nuageux ; abondance d'eau. Hiver humide, mou, avec le vent du midi; mais longtemps après le solstice, à l'approche de l'équinoxe, retours de mauvaise saison ; et, vers l'équinoxe même, vent du nord, neige, qui ne durèrent pas longtemps. Après cette interruption, printemps calme, et où le peu d'air vint du midi ; pluies abondantes et continuelles, jusqu'à la canicule; été serein, chaud ; chaleurs étouffantes; les vents étésiens ne soufflèrent que peu, et sans régularité ; mais, vers le lever d'Arcturus, pluies abondantes, avec vent du nord. L'année ayant été ainsi soumise au vent du midi, humide et molle, on se porta bien, il est vrai, durant l'hiver, excepté les phtisiques, dont il sera parlé.

3. Dès le début du printemps, en même temps que les froids qui survinrent alors, il se manifesta toutes sortes d'affections : érysipèles nombreux, naissant chez les uns par une cause, chez les autres sans cause, de mauvaise nature, et qui enlevèrent beaucoup de monde ; maux de gorge fréquents ; altérations de la voix; causus; phrénitis; aphtes dans la bouche; tumeurs aux parties génitales ; ophtalmies ; anthrax ; dérangement du ventre ; anorexie ; soif chez les uns, et non chez les autres ; urines troubles, abondantes, mauvaises ; somnolence chez la plupart, avec des alternatives d'insomnie ; chez beaucoup, absence de crises, ou crises difficiles ; hydropisies ; beaucoup de phtisies; telles furent les maladies qui régnèrent épidétniquement. Il y eut des malades de chacune des espèces signalées plus haut, et beaucoup succombèrent. Voici les symptômes observés dans chacune de ces espèces.

4. L'érysipèle se développait pour une cause occasionnelle quelconque, sur les lésions les plus vulgaires, sur de toutes petites plaies, en quelque point du corps qu'elles siégeassent, mais surtout chez les personnes d'environ soixante ans, et à la tête; chez beaucoup, pour peu qu'on négligeât le traitement de ces lésions, chez beaucoup aussi même pendant qu'on les soignait ; de grandes inflammations survenaient, et rapidement l'érysipèle étendait ses ravages dans tous les sens. Chez la plupart, le dépôt de la maladie aboutissait à des suppurations ; et les chairs, les tendons et les os étaient largement détruits. Le flux qui se formait, ne ressemblait pas à du pus, mais c'était une autre espèce de putrilage et un flux abondant et varié. Chez ceux à qui il arrivait que la tête fut le siège de quelqu'une de ces lésions, le cuir chevelu entier et le menton étaient dépouillés de poils; les os étaient dénudés ; il en tombait des fragments ; il s'écoulait des flux abondants, et cela avec fièvre, ou sans fièvre. Ces accidents étaient plus effrayants que dangereux; car, parmi ceux chez qui la maladie aboutissait à une suppuration par l'intermédiaire de la coction, la plupart échappaient ; mais, parmi ceux chez qui l'inflammation et érysipèle s'en allaient sans faire aucun dépôt semblable, beaucoup succombaient. Les accidents étaient les mêmes, sur quelque endroit que ce mal errant allât se fixer : chez plusieurs le bras et l'avant-bras tout entier étaient dépouillés ; si le mal s'établissait à la poitrine, il en entamait les parois, ou à la partie antérieure, ou à la partie postérieure ; chez d'autres la cuisse entière, ou le tour de la jambe, ou le pied entier était dénudé. De tontes ces lésions, les plus fâcheuses étaient celles qui avaient pour siège le pubis et les parties génitales. Voilà ce qu'il en était des érysipèles nés autour des plaies et par une cause occasionnelle ; mais il en survenait beaucoup, et en même temps que les fièvres, et avant les fièvres, et pendant le cours des fièvres» Parmi ces érysipèles aussi, il arrivait que ceux où il s'établissait soit un dépôt par suppuration, soit quelque évacuation alvine opportune, soit une émission d'urines favorables, y trouvassent leur solution, mais que ceux où rien de pareil ne survenait, et qui disparaissaient sans soulagement manifeste, se terminassent d'une manière funeste. Ce fut surtout pendant le printemps que l'érysipèle régna ; cependant il se prolongea aussi durant l'été et jusque dans l'automne.

5. Beaucoup d'incommodité fut causée à quelques personnes par des tumeurs à la gorge, par des inflammations de la langue, par des abcès des gencives; chez plusieurs, la voix donna des indices, altérée et faussée, d'abord chez ceux qui commençaient à devenir phtisiques, puis même dans les causus et les phrénitis.

6. Ἤρξαντο μὲν οὖν οἱ καῦσοι καὶ τὰ φρενιτικὰ πρωῒ τοῦ ἦρος, μετὰ τὰ γενόμενα ψύχεα· καὶ πλεῖστοι τηνικαῦτα διενόσησαν· ὀξέα δὲ τούτοισι καὶ θανατώδεα ξυνέπιπτεν. Ἦν δὲ ἡ κατάστασις τῶν γενομένων καύσων ὧδε· ἀρχόμενοι κωματώδεες, ἀσώδεες, φρικώδεες· πυρετὸς οὐκ ὀξύς· οὐ διψώδεες λίην· οὐ παράληροι· ἀπὸ ῥινῶν ἔσταζε σμικρά· οἱ παροξυσμοὶ τοῖσι πλείστοισιν, ἐν ἀρτίῃσι, περὶ δὲ τοὺς παροξυσμοὺς λήθη καὶ ἄφεσις καὶ ἀφωνίη· ἄκρεά τε τούτοισιν, αἰεὶ μὲν ψυχρότερα ποδῶν καὶ χειρῶν, πουλὺ δὲ περὶ τοὺς παροξυσμοὺς μάλιστα· πάλιν τε βραδέως καὶ οὐ καλῶς ἀνεθερμαίνοντο, καὶ πάλιν κατενόουν καὶ διελέγοντο· κατεῖχε δὲ ἢ τὸ κῶμα ξυνεχὲς, οὐχ ὑπνῶδες, ἢ μετὰ πόνων ἄγρυπνοι· κοιλίαι ταραχώδεες τοῖσι πλείστοισι τούτων, διαχωρήμασιν ὠμοῖσι, λεπτοῖσι, πουλλοῖσιν· οὖρα πολλὰ, λεπτὰ, κρίσιμον οὐδὲ χρηστὸν οὐδὲν ἔχοντα· οὐδὲ ἄλλο κρίσιμον οὐδὲν τοῖσιν οὕτως ἔχουσιν ἐπεφαίνετο· οὔτε γὰρ ᾑμοῤῥάγει καλῶς, οὔτε τις ἄλλη τῶν εἰθισμένων ἀπόστασις ἐγίνετο κρίσιμος· ἔθνησκόν τε ἕκαστος, ὡς τύχοι, πεπλανημένως, τὰ πολλὰ περὶ τὰς κρίσιας, ἐκ πολλοῦ δέ τινες ἄφωνοι, ἱδρῶντες πουλλοί. Τοῖσι μὲν οὖν ὀλεθρίως ἔχουσι ξυνέπιπτε ταῦτα· παραπλήσια δὲ καὶ τοῖσι φρενιτικοῖσιν· ἄδιψοι δὲ πάνυ οὗτοι ἦσαν· οὐδ´ ἐξεμάνη τῶν φρενιτικῶν οὐδεὶς, ὥσπερ ἐπ´ ἄλλοισιν, ἀλλ´ ἄλλῃ τινὶ καταφορῇ κακῇ, νωθρῇ, βαρέως ἀπώλλυντο.

7. Ἦσαν δὲ καὶ ἄλλοι πυρετοὶ περὶ ὧν γεγράψεται. Στόματα πολλοῖσιν ἀφθώδεα, ἑλκώδεα. Ῥεύματα περὶ αἰδοῖα πολλὰ, ἑλκώματα, φύματα ἔξωθεν, ἔσωθεν· τὰ περὶ βουβῶνας. Ὀφθαλμίαι ὑγραὶ, μακροχρόνιαι, μετὰ πόνων· ἐπιφύσιες βλεφάρων ἔξωθεν, ἔσωθεν, πολλῶν φθείροντα τὰς ὄψιας, ἃ σῦκα ἐπονομάζουσιν. Ἐφύετο δὲ καὶ ἐπὶ τῶν ἄλλων ἑλκέων πολλὰ, καὶ ἐν αἰδοίοισιν. Ἄνθρακες πολλοὶ κατὰ θέρος, καὶ ἄλλα, ἃ σὴψ καλέεται· ἐκθύματα μεγάλα· ἕρπητες πολλοῖσι μεγάλοι.

8. Τὰ δὲ κατὰ κοιλίην πολλοῖσι πολλὰ καὶ βλαβερὰ ξυνέβαινεν. Πρῶτον μὲν τεινεσμοὶ πολλοῖσιν ἐπιπόνως, πλείστοισι δὲ παιδίοισι, καὶ πᾶσιν ὅσα πρὸ ἥβης, καὶ ἀπώλλυντο τὰ πλεῖστα τούτων· λειεντερικοὶ πουλλοί· δυσεντερικοὶ, οὐδ´ οὗτοι λίην ἐπιπόνως. Τὰ δὲ χολώδεα, καὶ λιπαρὰ, καὶ λεπτὰ, καὶ ὑδατώδεα· πολλοῖσι μὲν αὐτὸ τὸ νούσημα ἐς τοῦτο κατέσκηψεν· ἄνευ τε πυρετῶν, καὶ ἐν πυρετοῖσιν· μετὰ πόνων στρόφοι, καὶ ἀνειλήσιες κακοήθεες· τῶν πολλῶν ἐνόντων τε καὶ ἐπισχόντων, διέξοδοι· τά τε διεξιόντα πόνους οὐ λύοντα, τοῖσί τε προσφερομένοισι δυσκόλως ὑπακούοντα· καὶ γὰρ αἱ καθάρσιες τοὺς πλείστους προσέβλαπτον. Τῶν δὲ οὕτως ἐχόντων πολλοὶ μὲν ὀξέως ἀπώλλυντο, πολλοῖσι δὲ καὶ μακρότερα διῆγεν. Ὡς δ´ ἐν κεφαλαίῳ εἰρῆσθαι, πάντες, καὶ οἱ τὰ μακρὰ νοσέοντες καὶ οἱ τὰ ὀξέα, ἐκ τῶν κατὰ κοιλίην ἀπέθνησκον μάλιστα· πάντας γὰρ κοιλίη ξυναπήνεγκεν.

9. Ἀπόσιτοι δὲ πάντες μὲν ἐγένοντο καὶ ἐπὶ πᾶσι τοῖσι προγεγραμμένοισιν, ὡς ἐγὼ οὐδὲ πώποτε ἐνέτυχον, πολὺ δὲ μάλιστα οὗτοι, καὶ οἱ ἐκ τούτων, καὶ ἐκ τῶν ἄλλων δὲ οἳ καὶ ὀλεθρίως ἔχοιεν. Διψώδεες οἱ μὲν, οἱ δὲ οὔ· τῶν δ´ ἐν πυρετοῖσι καὶ τοῖσιν ἄλλοισιν οὐδεὶς ἀκαίρως, ἀλλ´ ἦν κατὰ ποτὸν διαιτῇν ὡς ἤθελες.

10. Οὖρα δὲ, πολλὰ μὲν τὰ διεξιόντα ἦν οὐκ ἐκ τῶν προσφερομένων ποτῶν, ἀλλὰ πολλὸν ὑπερβάλλοντα· πολλὴ δέ τις καὶ τῶν οὔρων κακότης ἦν τῶν ἀπιόντων· οὔτε γὰρ πάχος, οὔτε πεπασμοὺς, οὔτε καθάρσιας χρηστὰς εἶχεν· ἐπὶ πολλοῖσι γὰρ αἱ κατὰ κύστιν καθάρσιες, χρησταὶ γιγνόμεναι, ἀγαθόν· ἐσήμαινον δὲ τοῖσι πλείστοισι ξύντηξιν, καὶ ταραχὴν, καὶ πόνους, καὶ ἀκρισίας.

6. Les causus et les phrénitis commencèrent avec le printemps, après les froids qui s'étaient fait sentir ; ce fut alors que ces maladies attaquèrent le plus de monde; elles étaient aiguës et fort dangereuses. Voici quel était le caractère de ces causus : au début, coma, nausées, frissonnements; fièvre peu vive ; soif médiocre ; point de délire ; il s'écoulait des narines quelques gouttes de sang; les redoublements, chez la plupart, étaient aux jours pairs ; vers les redoublements, oubli, résolution générale, perte de la voix ; les mains et les pieds, toujours refroidis, se refroidissaient bien davantage à l'approche des redoublements; puis les malades se réchauffaient lentement et mal ; ils reprenaient leur connaissance et l'usage de la parole ; ils étaient ou absorbés par un coma continuel sans dormir, ou tenus dans l'insomnie par les souffrances. Chez la plupart, dérangement du ventre, évacuations sans coction, ténues, abondantes ; urines ténues, abondantes, n'offrant rien de critique ni d'avantageux ; il ne se manifestait, non plus, chez les malades ainsi affectés, aucun autre phénomène critique ; on ne voyait survenir chez eux, ni une hémorragie favorable, ni aucun des dépôts critiques qui se forment d'ordinaire. Les malades succombaient, comme cela se trouvait pour chacun, irrégulièrement, la plupart vers les crises, quelques uns ayant perdu depuis longtemps l'usage de la parole, beaucoup baignés de sueur. Tels étaient les symptômes dans les cas funestes ; ils étaient à peu près les mêmes chez les malades affectés de phrénitis. Ceux-ci étaient absolument sans soif, et aucun d'eux n'éprouva les transports qu'on observe d'ordinaire dans la phrénitis ; mais, en place, ils étaient livrés à une espèce d'accablement inerte et de mauvaise nature, dont le poids les faisait périr.

7. Il régnait aussi d'autres fièvres dont je parlerai. Beaucoup eurent des aphtes et des ulcérations de la bouche. Fluxions fréquentes sur les parties génitales, ulcérations, tumeurs au-dedans et au-dehors, gonflements dans les aines. Ophtalmies humides, longues et douloureuses; carnosités aux paupières, en dedans et en dehors, qui firent perdre la vue à beaucoup de personnes, et que l'on nomme des fics. Les autres plaies et les parties génitales étaient aussi le siège de beaucoup de fongosités. Bans l'été, on vit un grand nombre d'anthrax et d'autres affections qu'on appelle septiques; des éruptions pustuleuses étendues ; chez beaucoup de grandes éruptions vésiculeuses.

8. Les accidents du côté du ventre furent, chez beaucoup, nombreux et graves. D'abord des ténesmes douloureux furent communs, surtout parmi les enfants et tous ceux qui n'avaient pas atteint la puberté ; la plupart de ces enfants succombèrent. Il y avait des lientéries en grand nombre, et des dysenteries qui ne causaient, non plus, que des douleurs médiocres. Les déjections étaient bilieuses, grasses, ténues et aqueuses; dans bon nombre de cas elles constituaient la maladie même, ayant lieu non seulement dans les fièvres, mais sans les fièvres. Tortillements douloureux des intestins, et tranchées de mauvaise nature ; évacuations, bien que beaucoup de matières demeuras* sent retenues dans le corps, mais évacuations qui ne résolvaient pas les douleurs, et que les choses administrées aux malades ne déterminaient que difficilement; en effet, les purgations aggravaient le mal chez la plupart. Parmi ceux qui se trouvaient dans cet état, beaucoup succombaient rapidement, mais beaucoup aussi résistaient plus longtemps. En résumé, tous les malades, et ceux dont la maladie fut longue, et ceux dont la maladie fut aiguë, moururent surtout d'accidents du côté du ventre; car c'était le ventre qui les faisait tous périr.

9. L'anorexie fut générale, non seulement chez tous les malades énumérés antérieurement, à un degré que je n'avais jamais rencontré, mais encore, et surtout chez les malades dont il s'agit ici, chez ceux dont l'affection était du même genre, et, parmi les autres, chez ceux dont la vie était en danger. Dans les dérangements intestinaux sans les fièvres, les uns étaient altérés, les autres ne l'étaient pas ; dans les dérangements intestinaux joints aux fièvres et dans les autres affections, aucun malade n'avait une soif excessive, et il était loisible au médecin de régler leurs boissons comme il l'entendait.

10. Quant à l'urine, elle était abondante; mais l'émission, loin d'être en proportion avec les boissons administrées, les surpassait beaucoup en quantité ; de plus, une certaine malignité prédominait dans les urines rendues ; car elles n'avaient ni consistance, ni coction, ni actions dépuratoires utiles ; en général, les actions dépuratoires urinaires qui soulagent, sont de bon augure ; mais ici, à la plupart, elles annonçaient colliquation, perturbation, souffrances et absence de crises.

11. Κωματώδεες δὲ μάλιστα οἱ φρενιτικοὶ, καὶ οἱ καυσώδεες ἦσαν· ἀτὰρ καὶ ἐπὶ τοῖσιν ἄλλοισι νουσήμασι πᾶσι τοῖσι μεγίστοισιν, ὅ τι μετὰ πυρετοῦ γίγνοιτο· διὰ παντὸς δὲ τοῖσι πλείστοισιν ἢ βαρὺ κῶμα παρείπετο, ἢ μικροὺς καὶ λεπτοὺς ὕπνους κοιμᾶσθαι.

12. Πολλὰ δὲ καὶ ἄλλα πυρετῶν ἐπεδήμησεν εἴδεα, τριταίων, τεταρταίων, νυκτερινῶν, ξυνεχέων, μακρῶν, πεπλανημένων, ἀσωδέων, ἀκαταστάτων. Ἅπαντες δὲ οὗτοι μετὰ πολλῆς ἐγίγνοντο ταραχῆς· κοιλίαι τε γὰρ τοῖσι πλείστοισι ταραχώδεες· φρικώδεες· ἱδρῶτες οὐ κρίσιμοι· καὶ τὰ τῶν οὔρων ὡς ὑπογέγραπται. Μακρὰ δὲ τοῖσι πλείστοισι τουτέων· οὐδὲ γὰρ αἱ γινόμεναι τουτέοισιν ἀποστάσιες ἔκρινον ὥσπερ ἐπὶ τοῖσιν ἄλλοισιν· δύσκριτα μὲν πᾶσι πάντα ἐγίνετο, καὶ ἀκρισίαι, καὶ χρόνια, πουλὺ δὲ μάλιστα τουτέοισιν· ἔκρινε δὲ τουτέων ὀλίγοισι περὶ ὀγδοήκοντα· τοῖσι δὲ πλείστοισιν, ὡς ἔτυχεν, ἐξέλιπεν. Ἔθνησκον δὲ τουτέων ὀλίγοι ὑπὸ ὕδρωπος, ὀρθοστάδην. Πολλοῖσι δὲ καὶ ἐπὶ τοῖσιν ἄλλοισι νουσήμασιν οἰδήματα παρώχλει· πουλὺ δὲ μάλιστα τοῖσι φθινώδεσιν.

13. Μέγιστον δὲ καὶ χαλεπώτατον, καὶ πλείστους ἔκτεινε τὸ φθινῶδες. Πολλοὶ γάρ τινες ἀρξάμενοι κατὰ χειμῶνα, πολλοὶ μὲν κατεκλίθησαν, οἱ δὲ αὐτέων ὀρθοστάδην ὑπεφέροντο· πρωῒ δὲ τοῦ ἦρος ἔθνησκον οἱ πλεῖστοι τῶν κατακλιθέντων· τῶν δὲ ἄλλων, ἐξέλιπον μὲν αἱ βῆχες οὐδενὶ, ὑφίεσαν δὲ κατὰ θέρος· ὑπὸ δὲ τὸ φθινόπωρον κατεκλίθησαν πάντες, καὶ πουλλοὶ ἔθνησκον· μακρὰ δὲ τούτων οἱ πλεῖστοι διενόσεον. Ἤρξατο μὲν οὖν τοῖσι πλείστοισι τούτων ἐξαίφνης ἐκ τούτων κακοῦσθαι· φρικώδεες πυκνά· πολλάκις πυρετοὶ ξυνεχέες, ὀξέες· ἱδρῶτες ἄκαιροι, πουλλοὶ, ψυχροὶ διὰ τέλεος· πουλλὴ ψύξις, καὶ μόλις πάλιν ἀναθερμαινόμενοι· κοιλίαι ποικίλως ἐφιστάμεναι, καὶ πάλιν ταχὺ καθυγραινόμεναι, περὶ δὲ τελευτὴν πᾶσι βιαίως καθυγραινόμεναι· καὶ τῶν περὶ πλεύμονα πάντων, διάδοσις κάτω· πλῆθος οὔρων οὐ χρηστῶν· ξυντήξιες κακαί. Αἱ δὲ βῆχες ἐνῆσαν μὲν, διὰ τέλεος πολλαὶ, καὶ πουλλὰ ἀνάγουσαι πέπονα καὶ ὑγρὰ, μετὰ πόνων δὲ οὐ λίην· ἀλλ´ εἰ καὶ ὑπεπόνεον, πάνυ πρηέως πᾶσιν ἡ κάθαρσις τῶν ἀπὸ πλεύμονος ἐγίνετο. Φάρυγγες οὐ λίην δακνώδεες, οὐδὲ ἁλμυρίδες οὐδὲν ἠνώχλεον· τὰ μέντοι γλίσχρα, καὶ λευκὰ, καὶ ὑγρὰ, καὶ ἀφρώδεα πολλὰ ἀπὸ κεφαλῆς κατῄει. Πουλὺ δὲ μέγιστον κακὸν παρείπετο καὶ τούτοισι καὶ τοῖσιν ἄλλοισι τὰ περὶ τὴν ἀποσιτίην, καθάπερ ὑπογέγραπται· οὐδὲ γὰρ πότων μετὰ τροφῆς ἡδέως εἶχον, ἀλλὰ πάνυ διῆγον ἀδίψως· βάρος σώματος· κωματώδεες· τοῖσι πλείστοισιν αὐτέων οἴδημα, καὶ ἐς ὕδρωπα περιίσταντο· φρικώδεες· παράληροι περὶ θάνατον.

14. Εἶδος δὲ τῶν φθινωδέων ἦν, τὸ λεῖον, τὸ ὑπόλευκον, τὸ φακῶδες, τὸ ὑπέρυθρον, τὸ χαροπόν· λευκοφλεγματίαι· πτερυγώδεες· καὶ γυναῖκες, οὕτω. Τὸ μελαγχολικόν τε καὶ ὕφαιμον· οἱ καῦσοι καὶ τὰ φρενιτικὰ, καὶ τὰ δυσεντεριώδεα τούτων ἥπτετο. Τεινεσμοὶ νέοισι φλεγματώδεσιν. Μακραὶ διάῤῥοιαι καὶ τὰ δριμέα διαχωρήματα καὶ λιπαρὰ πικροχόλοισιν.

15. Ἦν δὲ πᾶσι τοῖσιν ὑπογεγραμμένοισι χαλεπώτατον μὲν τὸ ἔαρ, καὶ πλείστους ἀπέκτεινε, τὸ δὲ θέρος ῥήϊστον, καὶ ἐλάχιστοι ἀπώλλυντο· τοῦ δὲ φθινοπώρου καὶ ὑπὸ πληϊάδα πάλιν ἔθνησκον οἱ πολλοί. Δ. Δοκέει δέ μοι προσωφελῆσαι κατὰ λόγον τὸ γενόμενον θέρος· τὰς γὰρ θερινὰς νούσους χειμὼν ἐπιγενόμενος λύει, καὶ τὰς χειμερινὰς θέρος ἐπιγενόμενον μεθίστησιν. Καίτοι αὐτό γε ἐπὶ ἑωυτοῦ τὸ γενόμενον θέρος οὐκ εὐσταθὲς ἐγένετο, ἀλλ´ ἐξαίφνης θερμὸν καὶ νότιον καὶ ἄπνοον· ἀλλ´ ὅμως πρὸς τὴν ἄλλην κατάστασιν μεταλλάξαν ὠφέλησεν.

16. Μέγα δὲ μέρος ἡγεῦμαι τῆς τέχνης εἶναι τὸ δύνασθαι κατασκοπέεσθαι περὶ τῶν γεγραμμένων ὀρθῶς. Ὁ γὰρ γνοὺς καὶ χρεόμενος τούτοισιν, οὐκ ἄν μοι δοκέῃ μέγα σφάλλεσθαι ἐν τῇ τέχνῃ. Δεῖ δὴ καταμανθάνειν ἀκριβῶς τὴν κατάστασιν τῶν ὡρέων ἑκάστης, καὶ τῶν νούσων· ἀγαθὸν ὅ τι κοινὸν ἐν τῇ καταστάσει ἢ ἐν τῇ νούσῳ, κακὸν ὅ τι κοινὸν ἐν τῇ καταστάσει ἢ ἐν τῇ νούσῳ· μακρὸν ὅ τι νούσημα καὶ θανάσιμον, μακρὸν ὅ τι καὶ περιεστικόν· ὀξὺ ὅ τι θανάσιμον, ὀξὺ ὅ τι περιεστικόν. Τάξιν τῶν κρισίμων ἐκ τουτέων σκοπέεσθαι, καὶ προλέγειν ἐκ τουτέων, εὐπορέεται. Εἰδότι περὶ τουτέων, ἔστιν εἰδέναι οὓς καὶ ὅτε καὶ ὡς δεῖ διαιτῇν.

11. Les phrénitis et les causus étaient particulièrement accompagnés de coma ; ce symptôme survenait aussi dans le cours de toutes les autres grandes maladies qui étaient avec fièvre. En somme, on observait chez la plupart, ou un coma profond, ou des sommeils courts et légers.

12. Il régna beaucoup d'autres espèces de fièvres : tierces, quartes, quotidiennes-nocturnes, continues, longues, errantes, asodes, non réglées. Toutes ces fièvres s'accompagnaient d'un grand trouble : chez la plupart des malades, le ventre était dérangé ; il survenait des frissons, des sueurs qui n'étaient pas critiques, et des urines telles qu'elles ont été décrites plus haut. Le mal avait une longue durée chez la plupart; car les dépôts qui se formaient chez eux, n'amenaient point de solution, ainsi qu'il arrivait chez les autres. Toutes les maladies offraient, il est vrai, et la difficulté des crises et l'absence de crise, et la longue durée; mais cela se remarquait beaucoup plus dans celles-ci. Peu eurent une crise vers le quatre-vingtième jour ; chez la plupart la maladie cessait à l'aventure. Un petit nombre mourut d'hydropisie, sans prendre le lit ; beaucoup, ainsi que des malades atteints d'autres affections, et surtout les phtisiques, furent fatigués par des tuméfactions œdémateuses.

13. De toutes les maladies, la plus grande, la plus difficile, et celle qui emporta le plus de monde, fut la phtisie. Bon nombre commencèrent à en être affectes pendant l'hiver; et de ceux-là les uns prirent le lit, les autres dépérirent sans s aliter. Dès les premiers jours du printemps, la plupart de ceux qui s'étaient alités moururent ; quant aux autres, la toux, sans cesser chez aucun, diminua durant l'été ; mais à l'automne, tous se mirent au lit, et beaucoup succombèrent. La maladie fut de longue durée chez le plus grand nombre. L'aggravation soudaine de l'état de la plupart était signalée par l'apparition des symptômes suivants : frissonnements fréquents; dan s beaucoup de cas, fièvres continues, aiguës; sueurs inopportunes, abondantes et froides durant tout le cours de la maladie; refroidissement considérable, auquel la chaleur ne succédait que d'une manière imparfaite ; resserrement divers des évacuations alvines, remplacé par des alternatives rapides d'un dévotement qui prenait toujours une grande violence à la fin de la vie, toutes les humeurs du poumon se portant vers le bas; abondance d'urines qui n'étaient pas utiles ; colliquations fâcheuses. La toux était, il est vrai, constamment fréquente et accompagnée d'une expectoration copieuse de matières cuites et liquides, mais elle ne causait guère de douleur; et lors même que les malades en ressentaient un peu, l'évacuation des humeurs fournies par le pou* mon ne s'en faisait pas moins chez tous d'une manière très douce. La gorge n'était le siège que de peu d'irritation, et il n'y avait pas d'humeurs salées qui fatiguassent les malades; cependant des matières visqueuses, blanches,, liquides et écumeuses descendaient delà tête en abondance. Le mal le plus grand, qui ne quitta pas ces malades et les autres, ce fut l'anorexie, dont il a été parlé plus haut; car, n'ayant aucun goût pour les boissons avec les aliments, il étaient absolument sans soif. Ils étaient pesants de corps, dans la somnolence; la plupart s'œdématiaient et devenaient hydropiques ; ils avaient des frissonnements et du délire aux approches de la mort.

14. La phtisie sévit sur les hommes dont le corps était glabre, ceux dont la peau était blanchâtre, ceux dont la couleur était blafarde, ceux dont la couleur était un peu rouge, ceux qui avaient les yeux fauves, ceux qui avaient la chair molle et boursouflée, ceux qui avaient les omoplates saillantes ; il en fut de même pour les femmes. Quant aux complexions mélancoliques et un peu sanguines, elles furent frappées par les causus, les phrénitis et les dysenteries. Les jeunes gens flegmatiques furent attaquée de ténesmes; les personnes bilieuses, de diarrhées prolongées et de selles acres et graisseuses.

15. Dans tontes les maladies qui viennent d'être décrites, le printemps fut la saison la plus funeste et celle qui tua le plus de malades ; Tété fut la saison la plus bénigne, et celle où il en mourut le moins ; durant l'automne et sous les pléiades la mortalité redevint considérable. Telle fut la quatrième constitution. Il me semble que l'influence salutaire qui fut exercée par l'été est conforme au raisonnement ; en effet, l'arrivée de l'hiver guérit les maladies de l'été, et derechef l'été change les maladies de l'hiver. Cependant l'été de cette année ne fut pas, en lui-même, une saison régulière: mais il fat soudainement chaud, austral et sans air. Néanmoins le seul changement par rapport à l'autre constitution suffit pour produire une amélioration.

16. Je regarde comme une partie importante de l'art de la médecine l'habileté à porter un juste jugement sur ce qui est écrit. Celui qui en a la connaissance, et qui sait en user, ne commettra pas, à mon sens, de graves erreurs dans la pratique. Il faut apprendre à reconnaître avec exactitude la constitution de chaque saison et de chaque maladie; à distinguer quel est le bien commun, quel est le mal commun à la constitution ou à la maladie; quelle maladie est longue et mortelle, quelle est longue et sans danger ; quelle maladie est aiguë et mortelle, quelle est aiguë et sans danger. Partant de là, on est en état d'observer l'ordre des jours critiques, et d'en tirer les éléments du pronostic. Quand on sait ces choses, on sait aussi à quel malade, dans quel temps et de quelle manière il faut donner de la nourriture.

17. ΕΚΚΑΙΔΕΚΑ ΑΡΡΩΣΤΟΙ.

Πρῶτος.

Ἐν Θάσῳ, τὸν Πάριον, ὃς κατέκειτο ὑπὲρ Ἀρτεμισίου, πυρετὸς ἔλαβεν ὀξὺς, κατ´ ἀρχὰς ξυνεχής· καυσώδης· διψώδης· ἀρχόμενος κωματώδης, καὶ αὖθις ἄγρυπνος· κοιλίη ταραχώδης ἐν ἀρχῇσιν· οὖρα λεπτά. Ἕκτῃ, οὔρησεν ἐλαιῶδες· παρέκρουσεν. Ἑβδόμῃ, παρωξύνθη πάντα· οὐδὲν ἐκοιμήθη· ἀλλ´ οὖρά τε ὅμοια, καὶ τὰ τῆς γνώμης ταραχώδεα· ἀπὸ δὲ κοιλίης χολώδεα, λιπαρὰ διῆλθεν. Ὀγδόῃ, σμικρὸν ἀπὸ ῥινῶν ἔσταξεν· ἤμεσεν ἰώδεα ὀλίγα· σμικρὰ ἐκοιμήθη. Ἐνάτῃ, διὰ τῶν αὐτῶν. Δεκάτῃ, πάντα ξυνέδωκεν. Ἑνδεκάτῃ, ἵδρωσεν οὐ δι´ ὅλου· περιέψυξε μὲν, ταχὺ δὲ πάλιν ἀνεθερμάνθη. Τεσσαρεσκαιδεκάτῃ, πυρετὸς ὀξύς· διαχωρήματα χολώδεα, λεπτὰ, πουλλά· οὔροισιν ἐναιώρημα· παρέκρουσεν. Ἑπτακαιδεκάτῃ, ἐπιπόνως· οὔτε γὰρ ὕπνοι, ὅ τε πυρετὸς ἐπέτεινεν. Εἰκοστῇ, ἵδρωσε δι´ ὅλου· ἄπυρος· διαχωρήματα χολώδεα· ἀπόσιτος· κωματώδης. Εἰκοστῇ τετάρτῃ, ὑπέστρεψεν. Τριακοστῇ τετάρτῃ, ἄπυρος· κοιλίη οὐ ξυνίστατο· καὶ πάλιν ἀνεθερμάνθη. Τεσσαρακοστῇ, ἄπυρος· κοιλίη ξυνέστη χρόνον οὐ συχνόν· ἀπόσιτος· σμικρὰ πάλιν ἐπύρεξε, καὶ διὰ παντὸς πεπλανημένως· ἄπυρος, τὰ μὲν, τὰ δ´ οὔ· εἰ γάρ τι διαλείποι καὶ διακουφίσαι, ταχὺ πάλιν ὑπέστρεφεν· σιταρίοισί τε πουλλοῖσι καὶ φαύλοισι προσεχρῆτο· ὕπνοι κακοί· περὶ τὰς ὑποστροφὰς παρέκρουσεν· οὖρα πάχος μὲν ἔχοντα οὔρει τηνικαῦτα, ταραχώδεα δὲ καὶ πονηρά· καὶ τὰ κατὰ κοιλίην ξυνιστάμενα, καὶ πάλιν διαλυόμενα· πυρέτια ξυνεχέα· διαχωρήματα πουλλὰ, λεπτά. Ἐν δὲ τῇ ἑκατοστῇ εἰκοστῇ ἡμέρῃ ἀπέθανεν. Τουτέῳ κοιλίη ξυνεχέως ἀπὸ τῆς πρώτης ὑγρὴ χολώδεσιν, ὑγροῖσι πουλλοῖσιν ἦν, ἢ ξυνισταμένη ἐν ζέουσι καὶ ἀπέπτοισιν· οὖρα διὰ τέλεος κακά· κωματώδης τὰ πλεῖστα· μετὰ πόνων ἄγρυπνος· ἀπόσιτος ξυνεχέως. Καῦσος. ϠΠΦΑΥΡΚΘ.

Ἄῤῥωστος δεύτερος.

 Ἐν Θάσῳ τὴν κατακειμένην παρὰ τὸ ψυχρὸν ὕδωρ, ἐκ τοῦ τόκου, θυγατέρα τεκοῦσαν καὶ καθάρσιος μὴ γινομένης, πυρετὸς ὀξὺς, φρικώδης, τριταίην ἔλαβεν. Ἐκ χρόνου δὲ πολλοῦ πρὸ τοῦ τόκου πυρετώδης ἦν, κατακλινὴς, ἀπόσιτος. Μετὰ δὲ τὸ γενόμενον ῥῖγος ξυνεχέες, ὀξέες, φρικώδεες οἱ πυρετοί. Ὀγδόῃ, πολλὰ παρέκρουσε, καὶ τὰς ἐχομένας, καὶ ταχὺ πάλιν κατενόει· κοιλίη ταραχώδης, πουλλοῖσι, λεπτοῖσιν, ὑδατοχόλοισιν· ἄδιψος. Ἑνδεκάτῃ, κατενόει· κωματώδης δὲ ἦν· οὖρα πουλλὰ, λεπτὰ καὶ μέλανα· ἄγρυπνος. Εἰκοστῇ, σμικρὰ περιέψυξε, καὶ ταχὺ πάλιν ἀνεθερμάνθη· σμικρὰ παρέλεγεν· ἄγρυπνος· τὰ κατὰ κοιλίην, ἐπὶ τῶν αὐτέων· οὖρα ὑδατώδεα, πουλλά. Εἰκοστῇ ἑβδόμῃ, ἄπυρος· κοιλίη ξυνέστη· οὐ πολλῷ δὲ χρόνῳ ὕστερον ἰσχίου δεξιοῦ ὀδύνη ἰσχυρὴ χρόνον πουλύν· πυρετοὶ πάλιν παρείποντο· οὖρα ὑδατώδεα. Τεσσαρακοστῇ, τὰ μὲν περὶ τὸ ἰσχίον ἐπεκούφισε, βῆχες δὲ ξυνεχέες, ὑγραὶ, πολλαί· κοιλίη ξυνέστη· ἀπόσιτος· οὖρα ἐπὶ τῶν αὐτῶν· οἱ δὲ πυρετοὶ, τὸ μὲν ὅλον οὐκ ἐκλείποντες, πεπλανημένως δὲ παροξυνόμενοι, τὰ μὲν, τὰ δ´ οὔ. Ἑξηκοστῇ, αἱ μὲν βῆχες ἀσήμως ἐξέλιπον· οὔτε γάρ τις πτυάλων πεπασμὸς ἐγίνετο, οὔτε ἄλλη τῶν εἰθισμένων ἀπόστασις. Σιηγὼν δὲ, ἡ ἐκ τῶν ἐπὶ δεξιὰ, κατεσπάσθη· κωματώδης· παρέλεγε πάλιν, καὶ ταχὺ κατενόει· πρὸς δὲ τὰ γεύματα ἀπονενοημένως εἶχεν· ἡ σιηγὼν μὲν ἐπανῆκεν, ἡ κοιλίη δὲ χολώδεα σμικρὰ διέδωκεν· ἐπύρεσσεν ὀξυτέρως· φρικώδης, καὶ τὰς ἐχομένας ἄφωνος, καὶ πάλιν κατενόει καὶ διελέγετο. Ὀγδοηκοστῇ ἀπέθανεν. Ταύτῃ τὰ τῶν οὔρων διὰ τέλεος ἦν μέλανα καὶ λεπτὰ καὶ ὑδατώδεα· κῶμα παρείπετο· ἀπόσιτος, ἄθυμος, ἄγρυπνος· ὀργαί· δυσφορίαι· τὰ περὶ τὴν γνώμην μελαγχολικά. ϠΔΛΕΠΘ.

Ἄῤῥωστος τρίτος.

 Ἐν Θάσῳ Πυθίωνα, ὃς κατέκειτο ὑπεράνω τοῦ Ἡρακλείου, ἐκ πόνων καὶ κόπων καὶ διαίτης γενομένης ἀμελέος ῥῖγος μέγα καὶ πυρετὸς ὀξὺς ἔλαβεν· γλῶσσα ἐπίξηρος, διψώδης, χολώδης· οὐχ ὕπνωσεν· οὖρα ὑπομέλανα, ἐναιώρημα μετέωρον, οὐχ ἵδρυτο. Δευτέρῃ, περὶ μέσον ἡμέρης ψύξις ἀκρέων, τὰ περὶ χεῖρας καὶ κεφαλὴν μᾶλλον· ἄναυδος, ἄφωνος, βραχύπνοος ἐπὶ χρόνον πουλύν· ἀνεθερμάνθη· δίψα· νύκτα δι´ ἡσυχίης· ἵδρωσε περὶ κεφαλὴν σμικρά. Τρίτῃ, ἡμέρην δι´ ἡσυχίης· ὀψὲ δὲ περὶ ἡλίου δυσμὰς ὑπεψύχθη σμικρά· ἄση· ταραχή· νυκτὸς ἐπιπόνως· οὐδὲν ὕπνωσεν· ἀπὸ δὲ κοιλίης σμικρὰ ξυνεστηκότα κόπρανα διῆλθεν. Τετάρτῃ, πρωῒ δι´ ἡσυχίης· περὶ δὲ μέσον ἡμέρης πάντα παρωξύνθη· ψύξις· ἄναυδος, ἄφωνος· ἐπὶ τὸ χεῖρον· ἀνεθερμάνθη μετὰ χρόνον· οὔρησε μέλανα, ἐναιώρημα ἔχοντα· νύκτα δι´ ἡσυχίης· ἐκοιμήθη. Πέμπτῃ, ἔδοξε κουφισθῆναι· κατὰ δὲ κοιλίην βάρος μετὰ πόνου· διψώδης· νύκτα ἐπιπόνως. Ἕκτῃ, πρωῒ μὲν δι´ ἡσυχίης· δείλης δὲ οἱ πόνοι μείζους· παρωξύνθη· ἀπὸ δὲ κοιλίης ὀψὲ κλυσματίῳ καλῶς διῆλθεν· νυκτὸς ἐκοιμήθη. Ἑβδόμῃ, ἡμέρῃ, ἀσώδης· ὑπεδυσφόρει· οὔρησεν ἐλαιῶδες· νυκτὸς, ταραχὴ πουλλή· παρέλεγεν· οὐδὲν ἐκοιμᾶτο. Ὀγδόῃ, πρωῒ μὲν ἐκοιμήθη σμικρὰ, ταχὺ δὲ ψύξις, ἀφωνίη, λεπτὸν πνεῦμα καὶ μινυθῶδες· ὀψὲ δὲ πάλιν ἀνεθερμάνθη· παρέκρουσεν· ἤδη δὲ πρὸς ἡμέρην σμικρὰ ἐκουφίσθη· διαχωρήματα ἄκρητα σμικρὰ, χολώδεα. Ἐνάτῃ, κωματώδης· ἀσώδης, ὅτε διεγείροιτο· οὐ λίην διψώδης· περὶ δὲ ἡλίου δυσμὰς ἐδυσφόρει, παρέλεγεν· νύκτα κακήν. Δεκάτῃ, πρωῒ ἄφωνος· πολλὴ ψύξις· πυρετὸς ὀξύς· πουλὺς ἱδρώς· ἔθανεν. Ἐν ἀρτίῃσιν οἱ πόνοι τούτῳ. ϠΙΠΙΘ.

Ἄῤῥωστος τέταρτος.

 Ὁ φρενιτικὸς τῇ πρώτῃ κατακλιθεὶς, ἤμεσεν ἰώδεα, πουλλὰ, λεπτά· πυρετὸς φρικώδης, πουλύς· ἱδρὼς ξυνεχὴς δι´ ὅλου· κεφαλῆς καὶ τραχήλου βάρος μετ´ ὀδύνης· οὖρα λεπτὰ, ἐναιωρήματα σμικρὰ, διεσπασμένα, οὐχ ἵδρυτο· ἀπὸ δὲ κοιλίης ἐξεκόπρισεν ἀθρόα· πολλὰ παρέκρουσεν· οὐδὲν ὕπνωσεν. Δευτέρῃ, πρωῒ ἄφωνος· πυρετὸς ὀξύς· ἵδρωσεν· οὐ διέλιπεν· παλμοὶ δι´ ὅλου τοῦ σώματος· νυκτὸς, σπασμοί. Τρίτῃ, παρωξύνθη πάντα· ἀπέθανεν. ϠΙΣΘ.

Ἄῤῥωστος πέμπτος.

 Ἐν Λαρίσσῃ φαλακρὸς μηρὸν δεξιὸν ἐπόνησεν ἐξαίφνης· τῶν δὲ προσφερομένων οὐδὲν ὠφέλει. Τῇ πρώτῃ πυρετὸς ὀξὺς, καυσώδης· ἀτρεμέως εἶχεν· οἱ δὲ πόνοι παρείποντο. Δευτέρῃ, τοῦ μηροῦ μὲν ὑφίεσαν οἱ πόνοι, ὁ δὲ πυρετὸς ἐπέτεινεν· ὑπεδυσφόρει· οὐκ ἐκοιμᾶτο· ἄκρεα ψυχρά· οὔρων πλῆθος διῄει οὐ χρηστῶν. Τρίτῃ, τοῦ μηροῦ μὲν ὁ πόνος ἐπαύσατο, παρακοπὴ δὲ τῆς γνώμης, καὶ ταραχὴ, καὶ πουλὺς βληστρισμός. Τετάρτῃ, περὶ μέσον ἡμέρης ἔθανεν. Ὀξύ.

Ἄῤῥωστος ἕκτος.

 Ἐν Ἀβδήροισι Περικλέα πυρετὸς ἔλαβεν ὀξὺς, ξυνεχὴς μετὰ πόνου· δίψα πουλλή· ἄση· πότον κατέχειν οὐκ ἠδύνατο· ἦν δὲ ὑπόσπληνός τε καὶ καρηβαρικός. Τῇ πρώτῃ, ᾑμοῤῥάγησεν ἐξ ἀριστεροῦ· πουλὺς μέντοι ὁ πυρετὸς ἐπέτεινεν· οὔρησε πουλὺ θολερὸν, λευκὸν, κείμενον οὐ καθίστατο. Δευτέρῃ, πάντα παρωξύνθη· τὰ μέντοι οὖρα παχέα μὲν ἦν, ἱδρυμένα δὲ μᾶλλον· καὶ τὰ περὶ τὴν ἄσην ἐκούφισεν· ἐκοιμήθη. Τρίτῃ, πυρετὸς ἐμαλάχθη· οὔρων πλῆθος, πέπονα, πουλλὴν ὑπόστασιν ἔχοντα· νύκτα δι´ ἡσυχίης. Τετάρτῃ, περὶ μέσον ἡμέρης ἵδρωσε πολλῷ θερμῷ δι´ ὅλου· ἄπυρος· ἐκρίθη· οὐχ ὑπέστρεψεν. Ὀξύ.

Ἄῤῥωστος ἕβδομος.

 Ἐν Ἀβδήροισι τὴν παρθένον, ἣ κατέκειτο ἐπὶ τῆς ἱερῆς ὁδοῦ, πυρετὸς καυσώδης ἔλαβεν. Ἦν δὲ διψώδης καὶ ἄγρυπνος· κατέβη δὲ τὰ γυναικεῖα πρῶτον αὐτῇ. Ἕκτῃ, ἄση πουλλή· ἔρευθος· φρικώδης, ἀλύουσα. Ἑβδόμῃ, διὰ τῶν αὐτῶν· οὖρα λεπτὰ μὲν, εὔχροα δέ· τὰ περὶ τὴν κοιλίην οὐκ ἠνώχλει. Ὀγδόῃ, κώφωσις· πυρετὸς ὀξύς· ἄγρυπνος, ἀσώδης, φρικώδης· κατενόει· οὖρα ὅμοια. Ἐνάτῃ, διὰ τῶν αὐτῶν, καὶ τὰς ἑπομένας· οὕτως ἡ κώφωσις παρέμεινεν. Τεσσαρεσκαιδεκάτῃ, τὰ τῆς γνώμης ταραχώδεα· ὁ πυρετὸς ξυνέδωκεν. Ἑπτακαιδεκάτῃ, διὰ τῶν ῥινῶν ἐῤῥύη πουλύ· ἡ κώφωσις σμικρὰ ξυνέδωκεν· καὶ τὰς ἑπομένας ἄση· κωφότης ἐνῆν, καὶ παράληρος. Εἰκοστῇ, ποδῶν ὀδύνη· κωφότης, παράληρος ἀπέλιπεν· ᾑμοῤῥάγησε σμικρὰ διὰ ῥινῶν· ἵδρωσεν· ἄπυρος. Εἰκοστῇ τετάρτῃ, ὁ πυρετὸς ὑπέστρεψεν· κώφωσις πάλιν· ποδῶν ὀδύνη παρέμεινεν· παρακοπή. Εἰκοστῇ ἑβδόμῃ, ἵδρωσε πολλῷ· ἄπυρος· ἡ κώφωσις ἐξέλιπεν· ἡ τῶν ποδῶν ὑπέμενεν ὀδύνη· τὰ δ´ ἄλλα τελέως ἐκρίθη. ϠΟΚΖΥ.

Ἄῤῥωστος ὄγδοος.

Ἐν Ἀβδήροισιν Ἀναξίωνα, ὃς κατέκειτο παρὰ τὰς Θρηϊκίας πύλας, πυρετὸς ὀξὺς ἔλαβεν· πλευροῦ ὀδύνη δεξιοῦ ξυνεχής· ἔβησσε ξηρὰ, οὐδ´ ἔπτυε τὰς πρώτας· διψώδης· ἄγρυπνος· οὖρα εὔχροα, πουλλὰ, λεπτά. Ἕκτῃ, παράληρος· πρὸς δὲ τὰ θερμάσματα οὐδὲν ἐνεδίδου. Ἑβδόμῃ, ἐπιπόνως· ὁ γὰρ πυρετὸς ἐπέτεινεν, οἵ τε πόνοι οὐ ξυνεδίδοσαν, αἵ τε βῆχες ἠνώχλεον, δύσπνοός τε ἦν. Ὀγδόῃ, ἀγκῶνα ἔταμον· ἐῤῥύη πολλὸν, οἷον ἔδει· ξυνέδωκαν μὲν οἱ πόνοι· αἱ μέντοι βῆχες ξηραὶ παρείποντο. Ἑνδεκάτῃ, ξυνέδωκαν οἱ πυρετοί· σμικρὰ περὶ κεφαλὴν ἵδρωσεν· αἱ βῆχες καὶ τὰ ἀπὸ πλεύμονος ὑγρότερα. Ἑπτακαιδεκάτῃ, ἤρξατο σμικρὰ πέπονα πτύειν· ἐκουφίσθη. Εἰκοστῇ, ἵδρωσεν· ἄπυρος· μετὰ δὲ κρίσιν, διψώδης τε ἦν, καὶ τῶν ἀπὸ πλεύμονος οὐ χρησταὶ αἱ καθάρσιες. Εἰκοστῇ ἑβδόμη, ὁ πυρετὸς ὑπέστρεψεν· ἔβησσεν, ἀνῆγε πέπονα, πουλλά· οὔροισιν ὑπόστασις πολλὴ, λευκή· ἄδιψος ἐγένετο· εὔπνοος. Τριακοστῇ τετάρτῃ, ἵδρωσε δι´ ὅλου· ἄπυρος· ἐκρίθη πάντα. ϠΠΔΛΔΥ.

Ἄῤῥωστος ἔνατος.

 Ἐν Ἀβδήροισιν Ἡρόπυθος κεφαλὴν ὀρθοστάδην ἐπιπόνως εἶχεν, οὐ πολλῷ δὲ χρόνῳ ὕστερον κατεκλίθη· ᾤκει πλησίον τῆς ἄνω ἀγωγῆς. Πυρετὸς ἔλαβε καυσώδης, ὀξύς· ἔμετοι τὸ κατ´ ἀρχὰς πολλῶν χολωδέων· διψώδης· πολλὴ δυσφορίη· οὖρα λεπτὰ, μέλανα, ἐναιώρημα μετέωρον ὁτὲ μὲν, ὁτὲ δ´ οὔ· νύκτα ἐπιπόνως· πυρετὸς ἄλλοτε ἀλλοίως παροξυνόμενος, τὰ πλεῖστα ἀτάκτως. Περὶ δὲ τεσσαρεσκαιδεκάτην, κώφωσις· οἱ πυρετοὶ ἐξέτεινον· οὖρα διὰ τῶν αὐτῶν. Εἰκοστῇ, πολλὰ παρέκρουσε καὶ τὰς ἑπομένας. Τεσσαρακοστῇ, διὰ ῥινῶν ᾑμοῤῥάγησε πουλὺ, καὶ κατενόει μᾶλλον· ἡ κώφωσις ἐνῆν μὲν, ἧσσον δέ· οἱ πυρετοὶ ξυνέδωκαν· ᾑμοῤῥάγει τὰς ἑπομένας, πυκνὰ καὶ κατ´ ὀλίγον. Περὶ δὲ τὴν ἑξηκοστὴν αἱ μὲν αἱμοῤῥαγίαι ἀπεπαύσαντο· ἰσχίου δὲ δεξιοῦ ὀδύνη ἰσχυρὴ, καὶ οἱ πυρετοὶ ἐπέτεινον. Οὐ πολλῷ δὲ χρόνῳ ὕστερον, πόνοι τῶν κάτω πάντων· ξυνέπιπτε δὲ ἢ τοὺς πυρετοὺς εἶναι μείζους καὶ τὴν κώφωσιν πουλλὴν, ἢ ταῦτα μὲν ὑφιέναι καὶ κουφίζειν, τῶν δὲ κάτω περὶ ἰσχία μείζους εἶναι τοὺς πόνους. Ἤδη δὲ περὶ τὴν ὀγδοηκοστὴν ξυνέδωκε μὲν πάντα, ἐξέλιπε δὲ οὐδέν· οὖρά τε γὰρ εὔχροα καὶ πλείους ὑποστάσιας ἔχοντα κατέβαινεν, οἱ παράληροί τε μείους ἦσαν. Περὶ δὲ ἑκατοστὴν κοιλίη πολλοῖσι χολώδεσιν ἐπεταράχθη, καὶ ᾔει χρόνον οὐκ ὀλίγον πολλὰ τοιαῦτα, καὶ πάλιν δυσεντεριώδεα μετὰ πόνου· τῶν δὲ ἄλλων ῥᾳστώνη. Τὸ δὲ ξύνολον, οἵ τε πυρετοὶ ἐξέλιπον, καὶ ἡ κώφωσις ἐπαύσατο. Ἐν ἑκατοστῇ εἰκοστῇ, τελέως ἐκρίθη. Καῦσος, ϠΧΔΡΚΥ.

Ἄῤῥωστος δέκατος.

Ἐν Ἀβδήροισι Νικόδημον ἐξ ἀφροδισίων καὶ ποτῶν πῦρ ἔλαβεν. Ἀρχόμενος δὲ ἦν ἀσώδης, καὶ καρδιαλγικός· διψώδης· γλῶσσα ἐπεκαύθη· οὖρα λεπτὰ, μέλανα. Δευτέρῃ, ὁ πυρετὸς παρωξύνθη· φρικώδης· ἀσώδης· οὐδὲν ἐκοιμήθη· ἤμεσε χολώδεα, ξανθά· οὖρα ὅμοια· νύκτα δι´ ἡσυχίης· ὕπνωσεν. Τρίτῃ, ὑφῆκε πάντα· ῥᾳστώνη δὲ ἦν· περὶ ἡλίου δυσμὰς πάλιν ὑπεδυσφόρει· νύκτα ἐπιπόνως. Τετάρτῃ, ῥῖγος· πυρετὸς πουλύς· πόνοι πάντων· οὖρα λεπτὰ, ἐναιώρημα· νύκτα πάλιν δι´ ἡσυχίης. Πέμπτῃ, ἐνῆν μὲν πάντα, ῥᾳστώνη δὲ ἦν. Ἕκτῃ, τῶν αὐτῶν πόνοι πάντων· οὔροισιν ἐναιώρημα· παρέκρουσε πολλά. Ἑβδόμῃ, ῥᾳστώνη. Ὀγδόῃ, τὰ ἄλλα ξυνέδωκε πάντα. Δεκάτῃ καὶ τὰς ἑπομένας ἐνῆσαν μὲν οἱ πόνοι, ἧσσον δὲ πάντες· οἱ δὲ παροξυσμοὶ καὶ οἱ πόνοι τουτέῳ διὰ τέλεος ἐν ἀρτίῃσιν ἦσαν μᾶλλον. Εἰκοστῇ, οὔρησε λευκὸν, πάχος εἶχε, κείμενον οὐ καθίστατο· ἵδρωσε πολλῷ· ἔδοξεν ἄπυρος γενέσθαι· δείλης δὲ πάλιν ἐθερμάνθη, καὶ οἱ αὐτοὶ πόνοι· φρίκη· δίψα· σμικρὰ παρέκρουσεν. Εἰκοστῇ τετάρτῃ, οὔρησε πουλὺ λευκὸν, πουλλὴν ὑπόστασιν ἔχον· ἵδρωσε πολλῷ θερμῷ δι´ ὅλου· ἄπυρος· ἐκρίθη. ϠΧΔΙΚΔΥ.

Ἄῤῥωστος ἑνδέκατος.

Ἐν Θάσῳ γυνὴ δυσήνιος, ἐκ λύπης μετὰ προφάσιος ὀρθοστάδην ἐγένετο ἄγρυπνός τε καὶ ἄσιτος, καὶ διψώδης ἦν καὶ ἀσώδης. ᾬκει δὲ πλησίον τοῦ Πυλάδου, ἐπὶ τοῦ λείου. Τῇ πρώτῃ, ἀρχομένης νυκτὸς, φόβοι, λόγοι πουλλοὶ, δυσθυμίη, πυρέτιον λεπτόν· πρωῒ σπασμοὶ πολλοί· ὅτε δὲ διαλίποιεν οἱ σπασμοὶ οἱ πολλοὶ, παρέλεγεν, ᾐσχρομύθει· πολλοὶ πόνοι, μεγάλοι, ξυνεχέες. Δευτέρῃ, διὰ τῶν αὐτῶν· οὐδὲν ἐκοιμᾶτο· πυρετὸς ὀξύτερος. Τρίτῃ, οἱ μὲν σπασμοὶ ἀπέλιπον· κῶμα δὲ, καὶ καταφορὴ, καὶ πάλιν ἔγερσις· ἀνήϊσσε, κατέχειν οὐκ ἠδύνατο, παρέλεγε πολλά· πυρετὸς ὀξύς· ἐς νύκτα δὲ ταύτην ἵδρωσε πολλῷ θερμῷ δι´ ὅλου· ἄπυρος· ὕπνωσε, πάντα κατενόει, ἐκρίθη. Περὶ δὲ τὴν τρίτην ἡμέρην, οὖρα μέλανα, λεπτὰ, ἐναιώρημα δὲ ἐπὶ πουλὺ στρογγύλον, οὐχ ἵδρυτο· περὶ δὲ κρίσιν γυναικεῖα πουλλὰ κατέβη.

Ἄῤῥωστος δωδέκατος.

Ἐν Λαρίσσῃ παρθένον πυρετὸς ἔλαβε, καυσώδης, ὀξύς· ἄγρυπνος· διψώδης· γλῶσσα λιγνυώδης, ξηρή· οὖρα εὔχροα μὲν, λεπτὰ δέ. Δευτέρῃ, ἐπιπόνως· οὐχ ὕπνωσεν. Τρίτῃ, πουλλὰ διῆλθεν ἀπὸ κοιλίης, ὑδατόχλοα, καὶ τὰς ἑπομένας διῄει τοιαῦτα εὐφόρως. Τετάρτῃ, οὔρησε λεπτὸν ὀλίγον, εἶχεν ἐναιώρημα μετέωρον, οὐχ ἵδρυτο· παρέκρουσεν ἐς νύκτα. Ἕκτῃ, διὰ ῥινῶν λαῦρον ἐῤῥύη πουλύ· φρίξασα, ἵδρωσε πολλῷ θερμῷ δι´ ὅλου· ἄπυρος· ἐκρίθη. Ἐν δὲ τοῖσι πυρετοῖσι, καὶ ἤδη κεκριμένων, γυναικεῖα κατέβη τότε πρῶτον· παρθένος γὰρ ἦν. Ἦν δὲ διὰ παντὸς ἀσώδης, φρικώδης· ἔρευθος προσώπου· ὀμμάτων ὀδύνη· καρηβαρική. Ταύτῃ οὐχ ὑπέστρεψεν, ἀλλ´ ἐκρίθη. Οἱ πόνοι ἐν ἀρτίῃσιν.

Ἄῤῥωστος τρισκαιδέκατος.

Ἀπολλώνιος ἐν Ἀβδήροισιν ὀρθοστάδην ὑπεφέρετο χρόνον πουλύν. Ἦν δὲ μεγαλόσπλαγχνος, καὶ περὶ ἧπαρ ξυνήθης ὀδύνη χρόνον πουλὺν παρείπετο, καὶ δὴ τότε καὶ ἰκτερώδης ἐγένετο· φυσώδης· χροιῆς τῆς ὑπολεύκου. Φαγὼν δὲ, καὶ πιὼν ἀκαιρότερον βόειον, ἐθερμάνθη σμικρὰ τὸ πρῶτον, κατεκλίθη· γάλαξι δὲ χρησάμενος ἑφθοῖσι καὶ ὠμοῖσι, πολλοῖσιν, αἰγείοισι καὶ μηλείοισι, καὶ διαίτῃ κακῇ, πάντων αἱ βλάβαι μεγάλαι· οἵ τε γὰρ πυρετοὶ παρωξύνθησαν, κοιλίη τε τῶν προσενεχθέντων οὐδὲν διέδωκεν ἄξιον λόγου, οὖρά τε λεπτὰ καὶ ὀλίγα διῄει, ὕπνοι τε οὐκ ἐνῆσαν· ἐμφύσημα κακόν· πουλὺ δίψος· κωματώδης· ὑποχονδρίου δεξιοῦ ἔπαρμα ξὺν ὀδύνῃ· ἄκρεα πάντοθεν ὑπόψυχρα· σμικρὰ παρέλεγεν· λήθη πάντων, ὅ τι λέγοι· παρεφέρετο. Περὶ δὲ τεσσαρεσκαιδεκάτην, ἀφ´ ἧς ῥιγώσας ἀπεθερμάνθη καὶ κατεκλίθη, ἐξεμάνη· βοὴ, ταραχὴ, λόγοι πολλοὶ, καὶ πάλιν ἵδρυσις, καὶ τὸ κῶμα τηνικαῦτα προσῆλθεν· μετὰ δὲ ταῦτα κοιλίη ταραχώδης, πολλοῖσι, χολώδεσιν, ἀκρήτοισι, ὠμοῖσιν· οὖρα μέλανα, σμικρὰ, λεπτά· πουλλὴ δυσφορίη· τὰ τῶν διαχωρημάτων ποικίλως· ἢ γὰρ μέλανα καὶ σμικρὰ καὶ ἰώδεα, ἢ λιπαρὰ καὶ ὠμὰ καὶ δακνώδεα· κατὰ δὲ χρόνους ἐδόκεε καὶ γαλακτώδεα διδόναι. Περὶ δὲ εἰκοστὴν τετάρτην, διὰ παρηγορίης· τὰ μὲν ἄλλα ἐπὶ τῶν αὐτῶν· σμικρὰ δὲ κατενόησεν· ἐξ οὗ δὲ κατεκλίθη, οὐδενὸς ἐμνήσθη, πάλιν δὲ ταχὺ παρενόει· ὥρμητο πάντα ἐπὶ τὸ χεῖρον. Περὶ δὲ τριηκοστὴν, πυρετὸς ὀξύς· διαχωρήματα πουλλὰ, λεπτά· παράληρος· ἄκρεα ψυχρά· ἄφωνος. Τριηκοστῇ τετάρτῃ, ἀπέθανεν. Τουτέῳ διὰ τέλεος, ἐξ οὗ καὶ ἐγὼ οἶδα, κοιλίη ταραχώδης· οὖρα λεπτὰ, μέλανα· κωματώδης· ἄγρυπνος· ἄκρεα ψυχρά· παράληρος διὰ τέλεος. Φρενιτικός.

Ἄῤῥωστος τεσσαρεσκαιδέκατος.

 Ἐν Κυζίκῳ γυναικὶ θυγατέρας τεκούσῃ διδύμους, καὶ δυστοκησάσῃ, καὶ οὐ πάνυ καθαρθείσῃ, τὸ μὲν πρῶτον ἐπῆλθε πυρετὸς φρικώδης, ὀξύς· κεφαλῆς καὶ τραχήλου βάρος μετ´ ὀδύνης· ἄγρυπνος ἐξ ἀρχῆς, σιγῶσα δὲ καὶ σκυθρωπὴ καὶ οὐ πειθομένη· οὖρα λεπτὰ καὶ ἄχροα· διψώδης, ἀσώδης τὸ πουλύ· κοιλίη πεπλανημένως, ταραχώδης, καὶ πάλιν ξυνισταμένη. Ἕκτῃ, ἐς νύκτα πουλλὰ παρέλεγεν· οὐδὲν ἐκοιμήθη. Περὶ δὲ ἑνδεκάτην ἐοῦσα, ἐξεμάνη, καὶ πάλιν κατενόει· οὖρα μέλανα, λεπτὰ, καὶ πάλιν διαλείποντα, ἐλαιώδεα· καὶ κοιλίη πολλοῖσι, λεπτοῖσι, ταραχώδεσιν. Τεσσαρεσκαιδεκάτῃ, σπασμοὶ πουλλοί· ἄκρεα ψυχρά· οὐδὲν ἔτι κατενόει· οὖρα ἐπέστη. Ἑκκαιδεκάτῃ, ἄφωνος. Ἑπτακαιδεκάτῃ, ἀπέθανεν. Φρενῖτις. ϠΜΤΙΖΘ.

Ἄῤῥωστος πεντεκαιδέκατος.

Ἐν Θάσῳ Δεάλκους γυναῖκα, ἣ κατέκειτο ἐπὶ τοῦ λείου, πυρετὸς φρικώδης, ὀξὺς, ἐκ λύπης ἔλαβεν. Ἐξ ἀρχῆς δὲ περιεστέλλετο, καὶ διὰ τέλεος αἰεί· σιγῶσα, ἐψηλάφα, ἔτιλλεν, ἔγλυφεν, ἐτριχολόγει· δάκρυα, καὶ πάλιν γέλως· οὐκ ἐκοιμᾶτο· ἀπὸ κοιλίης ἐρεθισμοὶ, οὐδὲν διῄει· σμικρὰ, ὑπομιμνησκόντων, ἔπινεν· οὖρα λεπτὰ, σμικρά· πυρετοὶ πρὸς χεῖρα λεπτοί· ἀκρέων ψύξις. Ἐνάτῃ, πολλὰ παρέλεγε, καὶ πάλιν ἱδρύνθη· σιγῶσα. Τεσσαρεσκαιδεκάτῃ, πνεῦμα ἀραιὸν, μέγα, διὰ χρόνου, καὶ πάλιν βραχύπνοος. Ἑπτακαιδεκάτῃ, ἀπὸ κοιλίης ἐρεθισμῷ ταραχώδεα· ἔπειτα αὐτὰ τὰ ποτὰ διῄει, οὐδὲ ξυνίστατο· ἀναισθήτως εἶχε πάντων· δέρματος περίτασις καρφαλέου. Εἰκοστῇ, λόγοι πουλλοὶ, καὶ πάλιν ἱδρύνθη· ἄφωνος, βραχύπνοος. Εἰκοστῇ πρώτῃ, ἀπέθανεν. Ἦν ταύτῃ διὰ τέλεος πνεῦμα ἀραιὸν, μέγα· ἀναισθήτως πάντων εἶχεν· αἰεὶ περιεστέλλετο· ἢ λόγοι πουλλοὶ, ἢ σιγῶσα διὰ τέλεος. Φρενῖτις.

Ἄῤῥωστος ἑκκαιδέκατος.

Ἐν Μελιβοίῃ νεηνίσκος ἐκ ποτῶν καὶ ἀφροδισίων πολλῶν πουλὺν χρόνον θερμανθεὶς κατεκλίθη· φρικώδης δὲ καὶ ἀσώδης ἦν, καὶ ἄγρυπνος, καὶ ἄδιψος. Ἀπὸ δὲ κοιλίης τῇ πρώτῃ πολλὰ κόπρανα διῆλθε ξὺν περιῤῥόῳ πολλῷ, καὶ τὰς ἑπομένας ὑδατόχλοα πολλὰ διῄει· οὖρα λεπτὰ, ὀλίγα, ἄχροα· πνεῦμα ἀραιὸν, μέγα, διὰ χρόνου· ὑποχονδρίου ἔντασις ὑπολάπαρος, παραμήκης ἐξ ἀμφοτέρων· καρδίης παλμὸς, διὰ τέλεος ξυνεχής· οὔρησεν ἐλαιῶδες. Δεκάτῃ, παρέκρουσεν ἀτρεμέως, ἦν δὲ κόσμιός τε καὶ ἥσυχος· δέρμα καρφαλέον καὶ περιτεταμένον· διαχωρήματα ἢ πολλὰ, λεπτὰ, ἢ χολώδεα, λιπαρά. Τεσσαρεσκαιδεκάτῃ, πάντα παρωξύνθη· παρεκρούσθη, πολλὰ παρέλεγεν. Εἰκοστῇ, ἐξεμάνη· βληστρισμός· οὐδὲν οὔρει· σμικρὰ ποτὰ κατείχετο. Τῇ εἰκοστῇ τετάρτῃ, ἀπέθανεν. Φρενῖτις.
 

17. SEIZE MALADES.

Premier Malade.

Dans l'île de Thasos, l'homme de Parium, qui était couché au-dessus du temple de. Diane, fut pris d'une fièvre aiguë, qui commença par être continue, ardente; soif; dans le début, alternatives de coma et d'insomnie ; dérangement du ventre au commencement ; urine ténue. Sixième jour, le malade rendit une urine huileuse; il eut des hallucinations. Septième jour, tout s'aggrava, il ne dormit nullement, mais l'urine resta la même, intelligence troublée; selles bilieuses, grasses. Huitième jour, le malade eut une petite épistaxis ; il vomit quelques matières érugineuses; il sommeilla un peu. Neuvième jour, même état. Dixième jour, tout s'améliora. Onzième jour, il eut une sueur qui ne fut pas générale ; il ressentit du froid, mais bientôt après il se réchauffa. Quatorzième jour, fièvre vive ; selles bilieuses, ténues, abondantes ; énéorème dans les urines; hallucinations. Dix-septième jour, état pénible, car il n'y eut pas de sommeil, et la fièvre augmenta. Vingtième jour, sueur générale; apyrexie; selles bilieuses; dégoût des aliments; somnolence. Vingt-quatrième jour, retour de la fièvre. Trente-quatrième jour, apyrexie ; le ventre ne se resserra pas ; le malade eut un retour de chaleur. Quarantième jour, apyrexie ; le ventre se resserra pendant peu de temps ; dégoût des aliments ; le malade eut de nouveau une petite fièvre, en général irrégulière; apyrexie qui, existant à un moment, n'existait plus à l'autre ; car, à peine y avait-il quelque intermission et quelque allégement, que la fièvre revenait. En outre, le malade se nourrissait beaucoup et mal ; il avait de mauvais sommeils ; vers le temps des récidives, il éprouvait des hallucinations ; il rendait alors des urines épaisses, il est vrai, mais troubles et d'une nature défavorable ; le ventre tantôt se resserrait, tantôt se relâchait; fébricule continue ; selles abondantes, ténues. Il mourut au cent vingtième jour. Chez ce malade, dès le premier jour jusqu'à la fin, ou le ventre était relâché, et il y avait des selles bilieuses, liquides, abondantes, ou bien, si le ventre se resserrait, les évacuations étaient de matières brûlées et sans coction ; les urines furent constamment mauvaises; coma la plupart du temps; insomnie pénible; dégoût continuel des aliments. Causus. (Interprétation des caractères : Il est probable que l'affaiblissement produit par la fièvre, la phrénitis et l'affection de l'hypochondre, causa la mort le cent vingtième jour.)

Deuxième malade.

Dans l'île de Thasos, la femme qui demeurait auprès de l'Eau froide, ayant mis au mondé une fille, et les purgations ne se faisant pas, fut prise, trois jours après l'accouchement, d'une fièvre aiguë et tremblante. Longtemps avant ses couches elle était fébricitante, alitée et sans appétit. Après le frisson qui eut lieu, les fièvres furent continues, aiguës et tremblantes. Huitième jour et les jours suivants, hallucinations générales, rapidement interrompues par des retours de raison; ventre dérangé, selles abondantes, ténues, aqueuses, et de couleur de bile; point de soif. Onzième jour, la malade reprit sa raison, mais elle était dans le coma, urines abondantes, ténues et noires; insomnie. Vingtième jour, léger refroidissement, suivi bientôt après d'un retour de chaleur; léger délire dans les paroles ; insomnie ; les évacuations alvines restèrent les mêmes; urines aqueuses, abondantes. Vingt-septième jour, apyrexie ; resserrement du ventre ; la hanche droite ne tarda pas beaucoup à être le siège d'une douleur violente; les fièvres s'établirent de nouveau; urine aqueuse. Quarantième jour, la douleur de la hanche s'allégea, il est vrai; mais il se manifesta une toux continuelle, humide, avec une expectoration abondante; le ventre se resserra; dégoût des aliments; urine présentant les mêmes caractères ; la fièvre, en somme, n'avait pas d mtermission, mais les redoublements en étaient erratiques, tantôt ils survenaient, et tantôt ils manquaient. Le soixantième jour, la toux disparut sans signe, car il ne se manifesta ni aucune coction dans les crachats, ni aucun des dépôts qui ont coutume de se faire. La joue du côté droit fut prise de mouvements convulsifs. La malade eut du coma; elle délira dans les paroles, puis revint à elle rapidement; elle avait de l'aversion pour les aliments; la convulsion de la joue diminua ; il y eut quelques petites selles bilieuses ; la fièvre devint plus aiguë ; frissonnement. Les jours suivants, la malade perdit la voix, pub elle revint à elle et articula. Le quatre-vingtième jour, elle mourut. Jusqu'à la fin les urines furent noires, ténues et aqueuses ; le coma persista ; anorexie, découragement, insomnie, emportements, agitation; l'atrabile lui dérangeait l'esprit. (Interprétation des caractères: Il est probable que l'interruption du cours des lochies causa la mort le quatre-vingtième jour.)

Troisième malade.

Dans l'île de Thasos, Pythion, qui était couché au-dessus du temple d'Hercule, après des travaux, des fatigues et un genre de vie mal réglé, fut saisi d'un grand frisson et d'une fièvre vive; langue légèrement sèche, bilieuse; altération ; le malade ne dormit pas ; urine noirâtre avec un énéorème dans le haut, il ne se forma pas de sédiment. Deuxième jour, vers le milieu de la journée, refroidissement des extrémités, surtout des mains et de la tête ; perte de la parole, perte de la voix ; respiration courte pendant longtemps; il se réchauffa ; soif ; nuit passée tranquillement ; il sua un peu de la tête. Troisième jour, la journée fut calme; mais le soir, vers le coucher du soleil, il ressentit un petit refroidissement ; nausées; trouble; nuit laborieuse ; il ne dormit pas; il rendit, en petite quantité, des matières liées. Quatrième jour, tranquillité dans la matinée; mais vers le milieu de la journée tout s'aggrava; refroidissement ; perte de la parole, perte de la voix ; l'état empire; le malade se réchauffe à la longue ; il rendit des urines noires, avec un énéorème ; la nuit fut tranquille ; il y eut du sommeil. Cinquième jour, le malade sembla mieux, mais il ressentait dans le ventre une pesanteur douloureuse; altération; nuit pénible. Sixième jour, la matinée se passa tranquillement, il est vrai; mais, le soir, les souffrances augmentèrent; redoublement ; dans la soirée un petit lavement lui procura une selle favorable; la nuit il dormit. Septième jour, pendant la journée, nausées ; un peu d'agitation ; il rendit une urine huileuse ; pendant la nuit beaucoup de trouble ; délire de paroles ; point de sommeil. Huitième jour, le matin il dormit un peu ; mais bientôt après, refroidissement; perte de la voix; respiration ténue et faible; le soir il se réchauffa ; hallucinations : à l'approche du jour il eut une légère amélioration ; petites selles, intempérées, bilieuses. Neuvième jour, coma ; nausées, lorsqu'il se réveillait ; soif médiocre ; vers le coucher du soleil il eut du malaise, du délire de paroles, et la nuit fut mauvaise. Dixième jour, le matin perte de la voix ; grand refroidissement, fièvre vive; sueur abondante; il mourut. Ce malade avait le plus souffert pendant les jours pairs. (interprétation des caractères : Il est probable que l'abondance des sueurs causa la mort le dixième jour.)

Quatrième malade.

Le malade atteint de phrénitis, s'étant alité le premier jour, eut des vomissements abondants de matières érugineuses et ténues; fièvre tremblante, très forte; sueurs continues et générales ; pesanteur de la tête et du col, avec douleur ; urines ténues, énéorèmes petits et dispersés, point de sédiment, il rendit une grande quantité d'excréments; beaucoup d'hallucinations; point de sommeil. Deuxième jour, le matin perte de la parole; fièvre aiguë; sueur; point d'intermission; battements dans tout le corps; la nuit, convulsions. Troisième jour tout s'aggrava; il mourut. (Interprétation des caractères : Il est probable que les sueurs et les convulsions causèrent la mort.)

Cinquième malade.

A Larisse, un homme chauve éprouva subitement une douleur dans la cuisse droite ; aucun des remèdes qu'on lui administra ne le soulagea. Premier jour, fièvre aiguë, ardente ; il n'avait point d'agitation ; les souffrances persistaient. Second jour, la douleur de la cuisse diminua à la vérité, mais la fièvre prit de l'intensité; le malade avait du malaise ; il ne dormait pas ; extrémités froides ; il rendit une grande quantité d'une urine qui n'était pas favorable. Troisième jour, la douleur de la cuisse cessa, mais il y eut dérangement de l'intelligence, trouble et beaucoup d'agitation. Quatrième jour, vers le milieu de la journée il mourut. Maladie aiguë.

Sixième malade.

Dans la ville d'Abdère, Périclès fut pris d'une fièvre aiguë, continue, avec souffrance; grande soif, nausées ; il ne pouvait pas garder les boissons ; il avait un peu d'engorgement à la rate, et de la pesanteur de tête. Premier jour, il eut une hémorragie de la narine gauche ; cependant la fièvre crût beaucoup en intensité ; il rendit une urine abondante, trouble, blanche, qui, laissée en repos, ne donna point de sédiment. Deuxième jour, tout s'aggrava; cependant l'urine, quoique épaisse encore, déposait davantage; quant aux nausées, elles se calmèrent ; le malade dormit. Troisième jour, la fièvre s'amollit ; émission copieuse d'une urine cuite et déposant abondamment; nuit passée tranquillement. Quatrième jour, vers le milieu de la journée, le malade eut une sueur abondante, chaude et générale ; la fièvre le quitta, fut jugée et ne reparut pas. Maladie aiguë.

Septième malade.

A Abdère, la jeune fille qui demeurait dans la Voie sacrée, fat prise d'une fièvre ardente. Elle avait de la soif et de l'insomnie ; ses règles parurent à ce moment pour la première fois. Sixième jour, beaucoup de nausées, rougeur; frissonnements; jactitation. Septième jour, même état; urine ténue à la vérité, mais de bonne couleur ; du côté du ventre, elle n'était pas tourmentée. Huitième jour, surdité; fièvre vive; insomnie; nausées; frissonnements ; la malade avait son intelligence ; urine semblable. Neuvième jour et les jours suivants, même état; ainsi la surdité persista. Quatorzième jour, l'intelligence est troublée; la fièvre s'amenda. Dix-septième jour* épistaxis abondante ; la surdité diminua un peu. Les jours suivants, nausées ; la surdité existait, et le délire. Vingtième jour, douleurs des pieds; la surdité et le délire cessèrent; petite épistaxis; sueur; apyrexie. Vingt-quatrième jour, retour de la fièvre ; retour de la surdité^ la douleur des pieds persistait ; intelligence dérangée. Vingt-septième jour, sueur abondante ; point de fièvre ; la surdité a disparu ; la douleur des pieds persiste, mais du reste la maladie est parfaitement jugée. (Interprétation des caractères : Il est probable que la santé fut, au vingtième jour, le résultat de l'évacuation des urines ).

Huitième malade.

Dans la ville d'Abdère, Anaxion, qui était couché près de la porte de Thrace, fut pris d'une fièvre aiguë ; douleur con -tinue dans le côté gauche ; il avait une toux sèche, sans expectoration pendant les premiers jours; soif; insomnie, urine de bonne couleur, abondante, ténue. Sixième jour, délire ; les applications chaudes sur le côté n'amenèrent aucune amélioration. Septième jour, état pénible ; car la fièvre s'était accrue, les souffrances n'avaient pas diminué, la toux le tourmentait, et il éprouvait de la dyspnée. Huitième jour, je lui fis une saignée du bras, la saignée fut abondante, telle qu'elle devait être ; les souffrances diminuèrent, mais la toux sèche persista. Onzième jour, la fièvre diminua ; le malade eut une petite sueur de la tête, toux et expectoration plus humides. Dix-septième jour, il commença à avoir une petite expectoration, qui présentait les caractères de la coction ; il fut soulagé. Vingtième jour, il sua et fat sans fièvre ; mais après la crise il éprouvait de la soif, et l'évacuation par le poumon n'était pas de bonne nature. Vingt-septième jour, la fièvre reparut ; le malade toussa ; il rendit beaucoup de crachats avec les caractères de coction -, l'urine présenta un dépôt abondant et blanc ; le malade se trouva sans soif, respiration libre. Trente-quatrième jour, sueur générale, plus de fièvre ; crise définitive. (Interprétation des caractères : Il est probable que l'évacuation des crachats procura la guérison le trente-quatrième jour).

Neuvième malade.

A Abdère, Héropythus ressentait des douleurs dans la tète, sans s'aliter ; cependant il ne tarda pas à être obligé de prendre le lit. Il demeurait près du Haut-chemin. Une fièvre ardente et vive le saisit; il vomit au début beaucoup de matières bilieuses ; soif; beaucoup d'agitation ; urine ténue, noire, tantôt avec, tantôt sans un énéorème dans le haut ; nuit laborieuse ; fièvre redoublant tantôt d'une façon, tantôt d'une autre, en général erratique. Vers le quatorzième jour, surdité ; la fièvre crut en intensité; l'urine conserva le même caractère. Le vingtième jour, beaucoup d'hallucinations, ainsi que les jours suivants. Quarantième jour, il eut une épistaxis abondante, et moins de désordre dans les idées; la surdité subsistait encore, mais à un moindre degré ; la fièvre diminua ; l'épistaxis se renouvela les jours suivants fréquemment, mais peu à la fois» Vers le soixantième jour, les épistaxis cessèrent; mais il survint une violente douleur de la hanche droite, et la fièvre s'accrut. Après un tems qui ne fut pas très long, douleur dans toutes les parties inférieures ; il arrivait, du que la fièvre était plus grande et la surdité forte, ou que, ces symptômes perdant de leur intensité, la souffrance des hanches s'aggravait. Vers le quatre-vingtième jour, sans que rien ne cessât, il y eut cependant une amélioration; car il s'écoula des urines de bonne couleur et donnant plus de dépôt, et le délire fut moindre. Vers le centième jour, le malade eut des selles abondantes et bilieuses, et ces évacuations copieuses ne durèrent pas peu de temps ; puis revinrent des accidents dysentériques, avec de la douleur : mais le reste s'amenda. En somme, la fièvre disparut, et la surdité cessa. Cent-vingtième jour, la Solution de la maladie fut complète. Causus. ( Interprétation des caractères. Il est probable que les évacuations bilieuses procurèrent la guérison le cent-vingtième jour).

Dixième malade.

Dans la ville d'Abdère, Nicodémus fut pris d'une forte fièvre après des excès de femme et de boisson. Au début, il ressentait des nausées et de la cardialgie ; altération; la langue était brûlée ; urine ténue, noire. Deuxième jour, la fièvre s'exaspéra; frissonnement; nausées; il ne dormit pas; il vomit des matières bilieuses, jaunes ; urine semblable ; nuit passée tranquillement ; il dormit. Troisième jour, tout se relâcha ; amélioration ; vers le coucher du soleil le malaise recommença, et la nuit fut pénible. Quatrième jour, frisson ; fièvre forte; douleur de tout le corps; urine ténue avec énéorème; de nouveau, nuit passée tranquillement. Cinquième jour, tous les accidente subsistaient, il est vrai, mais il y avait amélioration. Sixième jour, mêmes souffrances générales ; énéorème dans les urines ; beaucoup d'hallucinations. Septième jour, amélioration. Huitième jour, tout le reste se relâcha. Dixième jour et les jours suivants, les souffrances existaient encore, mais elles étaient toutes moins fortes ; les redoublements et les souffrances chez ce malade se faisaient constamment sentir davantage pendant les jours pairs. Vingtième jour, il rendit une urine blanche qui fut épaisse et qui, laissée en repos, ne donna point de sédiment ; il sua beaucoup, et parut être sans fièvre, mais vers le soir il eut un retour de chaleur; les mêmes souffrances reparurent ; frisson ; soif ; légères hallucinations. Vingt-quatrième jour, le malade rendit beaucoup d'urine blanche qui donna un dépôt abondant ; il eut une sueur profuse, chaude, générale ; il se trouva sans fièvre ; la maladie fut jugée. ( Interprétation des caractères : Il est probable que la guérison fut due aux évacuations bilieuses et aux sueurs).

Onzième malade.

Dans l'île de Thasos, une femme d'un caractère triste eut quelque sujet de chagrin qui lui fit perdre le sommeil et l'appétit, sans qu'elle s'alitât ; elle avait de la soif et des nausées ; elle demeurait auprès de Pylade dans la Plaine. Le premier jour, au commencement de la nuit, terreurs ; elle parla beaucoup; découragement; fébricule légère ; le matin, fréquentes convulsions ; quand ces convulsions cessaient, elle délirait, elle tenait des discours obscènes; douleurs variées, fortes, continues. Deuxième jour, même état; elle ne dormit nullement ; fièvre plus vive. Troisième jour, les convulsions cessèrent ; mais la malade était dans le coma et l'accablement, qu'interrompaient des alternatives de réveil ; elle s'élançait de son lit, elle ne pouvait se contenir, elle délirait beaucoup ; fièvre vive. Cette nuit même, sueur abondante, chaude, générale ; apyrexie ; sommeil; retour complet de l'intelligence ; solution de la maladie. Vers le troisième jour, urines noires, ténues, énéorème généralement arrondi qui ne se déposa pas. Vers la crise, les règles coulèrent abondamment.

Douzième malade.

Dans la ville de Larisse, une jeune fille fut prise d'une fièvre ardente et vive ; insomnie ; soif; langue fuligineuse, sèche; urines de bonne couleur, mais ténues. Deuxième jour, malaise ; elle ne dormit point. Troisième jour, elle eut des selles abondantes, aqueuses, de couleur d'herbe ; les mêmes évacuations se répétèrent les jours suivants avec soulagement. Quatrième jour, la malade rendit une urine ténue, en petite quantité, présentant un énéorème élevé qui ne se déposa pas ; elle eut des hallucinations pendant la nuit. Sixième jour, elle eut une abondante épistaxis, et, après un frisson, une sueur profuse, chaude, générale ; plus de fièvre; la maladie fut jugée. Pendant la fièvre et même après la crise, les règles coulèrent ; c'était la première fois, cette jeune fille n'était pas nubile. Dans tout le cours de sa maladie, elle eut des nausées ; des frissonnements, la face colorée, les yeux douloureux, la tête pesante. Il n'y eut pas de récidive chez cette malade, mais la solution fut définitive. Les souffrances étaient dans les jours pairs.

Treizième malade.

Apollonius d'Abdère dépérissait depuis longtemps sans s'aliter. Il avait les viscères gonflés, et il portait, de longue date, une douleur habituelle dans la région du foie; dès cette époque il était devenu ictérique ; flatuosités ; couleur blafarde. Ayant dîné, et ayant bu à contretemps du lait de vache, il ressentit d'abord un peu de chaleur, et se mit au lit. Il fit usage, en grande quantité, de lait cuit et cru de chèvre et de brebis, il suivit un mauvais régime, et en lui tout souffrit grandement ; car les fièvres s'aggravèrent, les évacuations alvines furent insignifiantes en proportion des choses administrées, l'urine fut ténue et en petite quantité, et il n'y eut point de sommeil ; météorisme fâcheux ; soif intense; coma ; gonflement de l'hypochondre droit avec douleur ; extrémités partout un peu froides : léger délire de paroles ; le malade oubliait tout ce qu'il disait, il n'était plus à lui. Vers le quatorzième jour, à compter de celui où, ayant éprouvé du frisson et de la chaleur, il s'était alité, il eut le transport ; cris, agitation, beaucoup de discours, puis retour du calme ; c'est alors que le coma survint ; après cela, le ventre se dérangea ; il y eut d'abondantes évacuations de matières bilieuses, intempérées et sans coction ; urines noires, peu abondantes, ténues ; agitation violente ; l'apparence des selles était variée, elles étaient ou noires, peu abondantes, virulentes, ou grasses, mordantes et sans coction ; par intervalles elles parurent même semblables à du lait. Le vingt-quatrième jour, il y eut du calme ; du reste, l'état fut le même ; le malade eut de petits retours de connaissance; depuis le jour où il avait pris le lit, il ne se souvenait plus de rien ; bientôt après, il recommença à délirer; tout alla en empirant. Vers le trentième jour, fièvre aiguë ; selles abondantes, ténues ; délire ; extrémités froides ; perte de la voix. Trente-quatrième jour, mort. Ce malade, depuis le moment où je le vis, eut toujours le ventre dérangé, l'urine ténue et noire, du coma, de l'insomnie, les extrémités froides et le délire. Phrénitis.

Quatorzième malade.

A Cyzique, une femme, ayant mis au monde deux filles jumelles après un accouchement laborieux, et les purgations n'ayant pas été complètes, fut prise d'abord d'une fièvre tremblante et vive; pesanteur, avec douleur, dans la tête et le col. Dès le début, elle eut de l'insomnie ; en même temps elle était taciturne, renfrognée, et n'obéissait à aucune recommandation ; urine ténue et incolore; soif; nausées la plupart du temps ; le ventre était irrégulier, il se relâchait, puis derechef se resserrait. Le sixième jour, dans la nuit, elle eut beaucoup de délire; elle ne dormit nullement. Vers le onzième jour, elle eut un transport, puis revint à elle ; urine noire, ténue, et, par intervalles, huileuse ; les évacuations alvines étaient abondantes, ténues et troublées» Quatorzième jour, convulsions fréquentes; extrémités froides; nul retour de raison ; l'urine se supprima. Seizième jour, perte de la voix. Dix-septième jour, mort. Phrénitis. ( Interprétation des caractères : Il est vraisemblable que la mort fut causée, au dix-septième jour, par le transport au cerveau, suite de l'accouchement ).

Quinzième malade.

Dans l'île de Thasos, la femme de Déalcès, qui demeurait dans la Plaine, fut prise, après avoir éprouvé un chagrin, d'une fièvre tremblante et vive. Dès le commencement, elle attirait sur elle ses couvertures, ce qu'elle fit constamment durant tout le cours de la maladie ; gardant le silence, elle palpait, elle effilait, elle grattait, elle ramassait des flocons ; pleurs remplacés par des alternatives de rire ; éréthisme du côté du ventre ; point de selles. Elle buvait peu, et encore fallait-il l'y faire songer ; urine ténue et peu abondante ; à la main, la fièvre était légère ; froid des extrémités. Neuvième jour, elle eut beaucoup de délire de paroles, pub revint à elle; taciturnité. Quatorzième jour, respiration par intervalles grande et raie, et de rechef devenant courte. Dix-septième jour, éréthisme et dérangement du ventre; puis les boissons mêmes traversèrent le canal intestinal sans s'y arrêter ; la malade n'avait conservé aucun sentiment ; tension et aridité de la peau. Vingtième jour, elle parla beaucoup, puis se calma de nouveau ; perte de la voix ; respiration courte. Vingt-et-unième jour, elle mourut. Durant tout le cours de la maladie, la respiration fut rare et grande, l'insensibilité absolue; la malade se couvrait sans cesse ; et jusqu'à la fin, ou bien elle parla beaucoup, ou bien elle garda le silence. Phrénitis.

Seizième malade.

A Mélibée, un jeune homme s'étant échauffé longtemps par des excès de vin et de femme, se mit au lit. Il avait des frissonnements, des nausées, de l'insomnie; point de soif. Le premier jour, il rendit plusieurs selles dures avec un grand flux de liquide ; les jours suivants les selles furent de matières abondantes, aqueuses, de couleur d'herbe; urines ténues, peu abondantes, incolores ; respiration par intervalles grande et rare ; tension des hypochondres sans tumeur, et s'allongeant des deux côtés ; battement continuel dans ll'épigastre durant toute la maladie ; il rendit une urine huileuse. Dixième jour, il eut, sous forme d'hallucination, un délire modéré ; mais remarquez qu'il était d'un naturel poli et paisible ; peau aride et tendue, selles ou abondantes et ténues  ou bilieuses et grasses. Quatorzième jour, tout s'aggrava; il eut des hallucinations, beaucoup de délire de paroles. Vingtième jour, il fut saisi d'un transport ; jactitation ; le malade ne rendit point d'urine ; il conservait de petites quantités de boisson. Le vingt-quatrième jour il mourut, Phrénitis.

FIN DU TROISIEME LIVRE DES EPIDEMIES.

εἰκοστῇ τετάρτῃ, ἀπέθανεν. Φρενῖτις.