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Ἀμφιτρύων
Τίς τὸν Διὸς σύλλεκτρον οὐκ οἰ̂δεν βροτω̂ν,
Ἀργει̂ον Ἀμφιτρύων', ὃν
Ἀλκαι̂ός ποτε
ἔτιχθ' ὁ Περσέως, πατέρα τόνδ'
Ἡρακλέους;
ὃς τάσδε Θήβας ἔσχον, ἔνθ' ὁ γηγενὴς
σπαρτω̂ν στάχυς ἔβλαστεν, ὡ̂ν γένους
Ἀρης
5
ἔσωσ' ἀριθμὸν ὀλίγον, οἳ Κάδμου πόλιν
τεκνου̂σι παίδων παισίν. ἔνθεν ἐξέφυ
Κρέων Μενοικέως παι̂ς, ἄναξ τη̂σδε χθονός.
Κρέων δὲ Μεγάρας τη̂σδε γίγνεται πατήρ,
ἣν πάντες ὑμεναίοισι Καδμει̂οί ποτε 10
λωτῳ̂ συνηλάλαξαν, ἡνίκ' εἰς ἐμοὺς
δόμους ὁ κλεινὸς Ἡρακλη̂ς νιν ἤγετο.
Λιπὼν δὲ Θήβας, οὑ̂ κατῳκίσθην ἐγώ,
Μεγάραν τε τήνδε πενθερούς τε παι̂ς ἐμὸς
Ἀργει̂α τείχη καὶ Κυκλωπίαν πόλιν 15
ὠρέξατ' οἰκει̂ν, ἣν ἐγὼ φεύγω κτανὼν
Ἠλεκτρύωνα· συμφορὰς δὲ τὰς ἐμὰς
ἐξευμαρίζων καὶ πάτραν οἰκει̂ν θέλων,
καθόδου δίδωσι μισθὸν Εὐρυσθει̂ μέγαν,
ἐξημερω̂σαι γαι̂αν, εἰθ'
̔́Ηρας ὕπο 20
κέντροις δαμασθεὶς εἰτε του̂ χρεὼν μέτα.
Καὶ τοὺς μὲν ἄλλους ἐξεμόχθησεν πόνους,
τὸ λοίσθιον δὲ Ταινάρου διὰ στόμα
βέβηκ' ἐς Ἀιδου, τὸν τρισώματον κύνα
ἐς φω̂ς ἀνάξων, ἔνθεν οὐχ ἥκει πάλιν.
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Γέρων δὲ δή τις ἔστι Καδμείων λόγος
ὡς ἠ̂ν πάρος Δίρκης τις εὐνήτωρ Λύκος
τὴν ἑπτάπυργον τήνδε δεσπόζων πόλιν,
τὼ λευκοπώλω πρὶν τυραννη̂σαι χθονὸς
Ἀμφίον' ἠδὲ Ζη̂θον, ἐκγόνω Διός. 30
Οὑ̂ ταὐτὸν ὄνομα παι̂ς πατρὸς κεκλημένος,
Καδμει̂ος οὐκ ὤν, ἀλλ' ἀπ' Εὐβοίας μολών,
κτείνει Κρέοντα καὶ κτανὼν ἄρχει χθονός,
στάσει νοσου̂σαν τήνδ' ἐπεσπεσὼν πόλιν.
Ἡ̔μι̂ν δὲ κη̂δος ἐς Κρέοντ' ἀνημμένον 35
κακὸν μέγιστον, ὡς ἔοικε, γίγνεται.
τοὐμου̂ γὰρ ὄντος παιδὸς ἐν μυχοι̂ς χθονὸς
ὁ καινὸς οὑ̂τος τη̂σδε γη̂ς ἄρχων Λύκος
τοὺς Ἡρακλείους παι̂δας ἐξελει̂ν θέλει
κτανὼν δάμαρτά <θ'>, ὡς φόνῳ σβέσῃ φόνον,
40
κἄμ' -- εἰ τι δὴ χρὴ κἄμ' ἐν ἀνδράσιν λέγειν
γέροντ' ἀχρει̂ον -- μή ποθ' οἵδ' ἠνδρωμένοι
μήτρωσιν ἐκπράξωσιν αἵματος δίκην.
Ἐ̓γὼ δέ -- λείπει γάρ με τοι̂σδ' ἐν δώμασιν
τροφὸν τέκνων οἰκουρόν, ἡνίκα χθονὸς
45
μέλαιναν ὄρφνην εἰσέβαινε, παι̂ς ἐμός --
σὺν μητρί, τέκνα μὴ θάνωσ' Ἡρακλέους,
βωμὸν καθίζω τόνδε σωτη̂ρος Διός,
ὃν καλλινίκου δορὸς ἄγαλμ' ἱδρύσατο
Μινύας κρατήσας οὑμὸς εὐγενὴς τόκος.
50
Πάντων δὲ χρει̂οι τάσδ' ἕδρας φυλάσσομεν,
σίτων ποτω̂ν ἐσθη̂τος, ἀστρώτῳ πέδῳ
πλευρὰς τιθέντες· ἐκ γὰρ ἐσφραγισμένοι
δόμων καθήμεθ' ἀπορίᾳ σωτηρίας.
Φίλων δὲ τοὺς μὲν οὐ σαφει̂ς ὁρω̂ φίλους,
55
οἳ δ' ὄντες ὀρθω̂ς ἀδύνατοι προσωφελει̂ν.
Τοιου̂τον ἀνθρώποισιν ἡ δυσπραξία·
ἡ̂ς μήποθ' ὅστις καὶ μέσως εὔνους ἐμοὶ
τύχοι, φίλων ἔλεγχον ἀψευδέστατον. |
HÉRACLÈS FURIEUX
AMPHITRYON
Qui des mortels ne connaît pas celui dont Zeus a partagé la couche
conjugale, l'Argien Amphitryon, qu'engendra jadis Alcée (191),
le fils de Persée, et qui est le père d'Héraclès ? Vous le voyez
ici. Il habite cette ville, Thèbes, où, née de la terre, a germé la
moisson des Spartes (192) : de leur race
Arès ne sauva qu'un petit nombre, qui peuplent des enfants de leurs
enfants la ville de Cadmos. C'est d'eux qu'est issu Créon, fils de
Ménoecée, roi de ce pays. Or Créon est le père de Mégara que voici
et que tous les Cadméens, aux chants d'hyménée, ont escortée avec la
flûte, dans l'allégresse, quand à mon palais l'illustre Héraclès
l'a conduite.
Ayant quitté Thèbes, où j'ai fixé ma demeure, et Mégara et ses
beaux-parents, mon fils aspire à habiter Argos, et la ville
cyclopéenne (193). J'en suis exilé pour
avoir tué Électryon (194); mais pour
adoucir mon infortune et me ramener dans ma patrie, il a offert à
Eurysthée comme prix de mon retour - prix bien élevé - de purger de
ses monstres la terre; c'est qu'Héra (195)
l'avait dompté de son aiguillon, ou que le voulait ainsi la fatalité.
Ses autres travaux, il en est venu à bout; mais, dernier exploit, par
la bouche du Ténare (196) il est allé
chez Hadès pour amener à la lumière le chien aux trois corps; il n'en
est pas revenu.
Or, suivant une vieille tradition des Cadméens, il y a eu jadis un
certain Lycos, époux de Dircé (197),
qui était le maître de cette Ville aux Sept Tours avant que ne fussent
rois de ce pays les jumeaux aux blancs coursiers (198),
Amphion et Zéthos, nés de Zeus. Un fils de ce Lycos, qui porte le
même nom que son père et qui n'est pas Cadméen, mais vient de
l'Eubée, a tué Créon, et par ce meurtre s'est rendu souverain du
pays, profitant de la sédition qui troublait cette cité pour tomber
sur elle. Pour nous, cette alliance qui nous unit à Créon sera
l'origine, semble-t-il, du plus grand des malheurs. Car pendant que mon
fils est dans les entrailles de la terre, lui, le nouveau maître de ce
pays, Lycos, veut faire périr les fils d'Héraclès après avoir tué,
pour éteindre le meurtre par le meurtre, et son épouse et moi-même,
s'il faut me compter encore parmi les hommes, moi, un vieillard inutile
(199). Il craint qu'un jour ces enfants,
devenus hommes, ne lui demandent compte du sang de leur aïeul maternel.
Et moi - car mon fils m'a laissé dans ce palais pour élever ses
enfants et garder sa demeure pendant qu'il descendait dans les
ténèbres mystérieuses de la terre, mon pauvre fils ! - moi, avec leur
mère, pour arracher à la mort les enfants d'Héraclès, je reste assis
à cet autel de Zeus-Sauveur, qu'a élevé, en souvenir des glorieuses
victoires de sa lance, après avoir triomphé des Minyens (200),
mon noble fils. Nous demeurons sur ces marches, dénués de tout,
d'aliments, de boisson, de vêtements; sur le sol nu nous reposons nos
flancs : on nous a chassés, on a scellé (201)
les portes du palais et nous sommes ici prostrés, désespérant du
salut. De mes amis, les uns ne sont pas des amis sûrs, je le vois bien;
et ceux qui le sont vraiment ne peuvent rien pour nous aider. Voilà ce
qu'est pour les hommes l'adversité. Puisse-t-elle épargner toujours
quiconque me veut un tant soit peu de bien! elle est de l'amitié la
pierre de touche qui trompe le moins.
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Μεγάρα
Ὦ̓̂ πρέσβυ, Ταφίων ὅς ποτ' ἐξει̂λες πόλιν
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στρατηλατήσας κλεινὰ Καδμείων δορός,
ὡς οὐδὲν ἀνθρώποισι τω̂ν θείων σαφές.
Ἐ̓γὼ γὰρ οὔτ' ἐς πατέρ' ἀπηλάθην τύχης,
ὃς οὕνεκ' ὄλβου μέγας ἐκομπάσθη ποτέ,
ἔχων τυραννίδ', ἡ̂ς μακραὶ λόγχαι πέρι
65
πηδω̂σ' ἔρωτι σώματ' εἰς εὐδαίμονα,
ἔχων δὲ τέκνα· κἄμ' ἔδωκε παιδὶ σῳ̂
ἐπίσημον εὐνὴν Ἡρακλει̂ συνοικίσας.
Καὶ νυ̂ν ἐκει̂να μὲν θανόντ' ἀνέπτατο,
ἐγὼ δὲ καὶ σὺ μέλλομεν θνῄσκειν, γέρον,
70
Οἵ θ' Ἡράκλειοι παι̂δες, οὓς ὑπὸ πτεροι̂ς
σῴζω νεοσσοὺς ὄρνις ὣς ὑφειμένη.
οἳ δ' εἰς ἔλεγχον ἄλλος ἄλλοθεν πίτνων,
Ὦ μη̂τερ, αὐδᾳ̂, ποι̂ πατὴρ ἄπεστι γη̂ς;
τί δρᾳ̂, πόθ' ἥξει; τῳ̂ νέῳ δ' ἐσφαλμένοι
75
ζητου̂σι τὸν τεκόντ'· ἐγὼ δὲ διαφέρω
λόγοισι, μυθεύουσα.
Θαυμάζων δ' ὅταν
πύλαι ψοφω̂σι, πα̂ς ἀνίστησιν πόδα,
ὡς πρὸς πατρῳ̂ον προσπεσούμενοι γόνυ.
Νυ̂ν οὐ̂ν τίν' ἐλπίδ' ἢ πέδον σωτηρίας
80
ἐξευμαρίζῃ, πρέσβυ; πρὸς σὲ γὰρ βλέπω.
ὡς οὔτε γαίας ὅρι' ἂν ἐκβαι̂μεν λάθρᾳ·
φυλακαὶ γὰρ ἡμω̂ν κρείσσονες κατ' ἐξόδους·
οὔτ' ἐν φίλοισιν ἐλπίδες σωτηρίας
ἔτ' εἰσὶν ἡμι̂ν.
Ἡ̔́ντιν' οὐ̂ν γνώμην ἔχεις
85
λέγ' ἐς τὸ κοινόν, μὴ θανει̂ν ἕτοιμον ᾐ̂.
̓Ἀμφιτρύων 88
Ὦ̓̂̓̂ θύγατερ, οὔτοι ῥᾴδιον τὰ τοιάδε
φαύλως παραινει̂ν, σπουδάσαντ' ἄνευ πόνου·
χρόνον δὲ μηκύνωμεν ὄντες ἀσθενει̂ς. 87
Μεγάρα
Λύπης τι προσδει̂ς ἢ φιλει̂ς οὕτω φάος;
90
Ἀμφιτρύων
Καὶ τῳ̂δε χαίρω καὶ φιλω̂ τὰς ἐλπίδας.
Μεγάρα
Κἀγώ· δοκει̂ν δὲ τἀδόκητ' οὐ χρή, γέρον.
Ἀμφιτρύων
Ἐν ται̂ς ἀναβολαι̂ς τω̂ν κακω̂ν ἔνεστ' ἄκη.
Μεγάρα
Ὁ̔ δ' ἐν μέσῳ με λυπρὸς ὢν δάκνει χρόνος.
Ἀμφιτρύων
Γένοιτο ἂν, ὠ̂ θύγατερ, οὔριος δρόμος
95
ἐκ τω̂ν παρόντων τω̂νδ' ἐμοὶ καὶ σοὶ κακω̂ν,
ἔλθοι τ' ἔτ' ἂν παι̂ς οὑμός, εὐνήτωρ δὲ σός.
Ἀ̓λλ' ἡσύχαζε καὶ δακρυρρόους τέκνων
πηγὰς ἀφαίρει καὶ παρευκήλει λόγοις,
κλέπτουσα μύθοις ἀθλίους κλοπὰς ὅμως.
100
Κάμνουσι γάρ τοι καὶ βροτω̂ν αἱ συμφοραί,
καὶ πνεύματ' ἀνέμων οὐκ ἀεὶ ῥώμην ἔχει·
οἵ τ' εὐτυχου̂ντες διὰ τέλους οὐκ εὐτυχει̂ς.
Ἐ̓ξίσταται γὰρ πάντ' ἀπ' ἀλλήλων δίχα.
οὑ̂τος δ' ἀνὴρ ἄριστος ὅστις ἐλπίσι
105
πέποιθεν αἰεί· τὸ δ' ἀπορει̂ν ἀνδρὸς κακου̂.
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MÉGARA
O vieillard, qui as détruit jadis la cité des Taphiens quand tu
commandais avec gloire à l'armée des Cadméens, les dieux pour les
hommes n'ont jamais de faveur qui soit sûre. Ainsi moi, du côté de
mon père, je n'étais pas exclue des faveurs de la Fortune : on vantait
son opulence et sa puissance, autrefois; il avait la royauté, qui
excite la convoitise et les assauts des longues lances contre la
personne des princes heureux; il avait des enfants. Il me donna à ton
fils, mariage insigne, et je vivais au foyer d'Héraclès. Maintenant
tout ce bonheur est mort, s'est envolé. Toi et moi, nous allons mourir,
vieillard, avec les enfants d'Héraclès que sous mes ailes j'abrite
comme fait la poule sa couvée. Eux, pour m'interroger, à l'envi se
pressent contre moi : « O mère, disent-ils, en quel lieu de la terre
notre père est-il allé ? Que fait-il ? Quand reviendra-t-il ?
Trompés par leur innocence, ils cherchent leur père. Moi, je détourne
leur pensée en leur contant des fables. Au moindre bruit de la porte,
ils tressaillent; chacun se dresse et s'élance pour se jeter aux genoux
de son père.
Maintenant, quel espoir as-tu encore ? Quel lieu de salut découvres-tu,
vieillard ? car c'est vers toi que je tourne mes regards. Nous ne
pourrions franchir les frontières du pays en secret : des gardes, plus
forts que nous, ferment tous les passages. Nous n'avons plus d'amis en
qui mettre nos espoirs de salut. Quel est ton avis ? Fais-nous-en part.
La mort nous attend : ne cherchons pas à gagner du temps, faibles comme
nous le sommes.
AMPHITRYON
O ma fille, il n'est pas facile de donner sans réfléchir de tels
conseils, et l'empressement ne va pas sans dangers.
MÉGARA
Que manque-t-il donc à ta souffrance ? Tu aimes tant la lumière ?
AMPHITRYON
Oui, elle m'est douce, et j'aime à espérer (203).
MÉGARA
Moi aussi, mais il ne faut pas croire à l'impossible, vieillard.
AMPHITRYON
Les délais sont autant de remèdes aux malheurs.
MÉGARA
Mais l'attente est cruelle et me déchire le coeur.
AMPHITRYON
Il se peut, ô ma fille, qu'un vent favorable nous éloigne de nos
maux présents, toi et moi, et que revienne encore mon fils, ton mari.
Allons! calme-toi; arrête ces flots de larmes que versent tes enfants;
console-les; trompe leurs chagrins par tes récits mensongers, il le
faut. Le malheur même se lasse; les souffles du vent n'ont pas toujours
leur violence et les favoris du sort finissent par perdre ses faveurs.
Il n'y a sur terre que des changements et des retours (204). L'homme le
plus grand est celui qui à l'espoir garde toujours sa confiance;
désespérer est d'un lâche.
Le choeur, quinze vieillards compagnons d'armes
d'Amphitryon, gravit les marches de la scène.
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Χορός
Ὑ̔πώροφα μέλαθρα καὶ
γεραιὰ δέμνι', ἀμφὶ βάκτροις
ἔρεισμα θέμενος, ἐστάλην
ἰηλέμων γόων ἀοι- 110
δὸς ὥστε πολιὸς ὄρνις,
ἔπεα μόνον καὶ δόκη-
μα νυκτερωπὸν ἐννύχων ὀνείρων,
τρομερὰ μέν, ἀλλ' ὅμως πρόθυμ'.
Ὦ̓̂ τέκεα, τέκεα πατρὸς ἀπάτορ',
ὠ̂ γεραιὲ σύ τε τάλαινα μα̂- 115
τερ, ἃ τὸν Ἀίδα δόμοις
πόσιν ἀναστενάζεις.
Μὴ προκάμητε πόδα βαρύ τε
κω̂λον ὥστε πρὸς πετραι̂ον 120
λέπας † ζυγηφόρον πω̂λον
ἀνέντες ὡς βάρος φέρον
τροχηλάτοιο πώλου †.
Λαβου̂ χερω̂ν καὶ πέπλων,
ὅτου λέλοιπε ποδὸς ἀμαυρὸν ἰχνος· 125
γέρων γέροντα παρακόμιζ',
ᾡ̂ ξύνοπλα δόρατα νέα νέῳ 127
τὸ πάρος ἐν ἡλίκων πόνοις 126
ξυνη̂ν ποτ', εὐκλεεστάτας 128
πατρίδος οὐκ ὀνείδη.
Ἰδετε, πατέρος ὡς γορ-
γω̂πες αἵδε προσφερει̂ς
ὀμμάτων αὐγαί,
τὸ δὲ κακοτυχὲς οὐ λέλοιπεν ἐκ τέκνων
οὐδ' ἀποίχεται χάρις. 135
Ἑλλὰς ὠ̂ ξυμμάχους
οἵους οἵους ὀλέσα-
σα τούσδ' ἀποστερήσῃ.
Ἀλλ' εἰσορω̂ γὰρ τη̂σδε κοίρανον χθονὸς
Λύκον περω̂ντα τω̂νδε δωμάτων πέλας. |
LE CHOEUR
Strophe. — Vers le palais au toit
élevé et la couche du vieillard (205),
sur des bâtons prenant appui, je me suis mis en marche en chantant de
tristes complaintes comme un cygne chenu (206).
le ne suis plus que paroles et qu'une apparition à visage de nuit des
nocturnes songes, tremblant, mais pour-tant plein de coeur. (Apercevant
les enfants.) O enfants, enfants orphelins d'un père ! ô
vieillard et toi, malheureuse mère qui gémis sur ton époux captif
dans les demeures d'Hadès !
Antistrophe. — Ne fatiguez pas
d'avance votre pied et vos membres alourdis comme si vous lâchiez vers
une cime rocheuse un pur-sang attelé au chariot pour qu'il emporte un
fardeau... (Texte altéré.)... Prends les
mains et le vêtement de celui que laisse en arrière son pied affaibli
par l'âge. Vieillard, conduis un vieillard : autrefois, compagnons de
même âge, dans les travaux de la guerre, jeunes nous avons uni nos
jeunes lances, jadis; et notre patrie tout enrichie de gloire, nous ne
l'avons pas déshonorée.
Épode. — Voyez : du regard de leur
père ce sont les éclairs qu'ils portent dans leurs yeux brillants.
L'infortune ne les épargne pas depuis leur enfance, mais non plus la
grâce ne les a pas abandonnés. O Grèce, de quels défenseurs, de
quels défenseurs, en les perdant, tu seras privée!
LE CORYPHÉE
Mais assez. Car je vois venir le roi de ce pays, Lycos; il
s'approche de ce palais.
Entre Lycos, en habits royaux, suivi de gardes.
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Λύκος
Τὸν Ἡράκλειον πατέρα καὶ ξυνάορον, 140
εἰ χρή μ', ἐρωτω̂· χρὴ δ', ἐπεί γε δεσπότης
ὑμω̂ν καθέστηχ', ἱστορει̂ν ἃ βούλομαι.
Vίν' ἐς χρόνον ζητει̂τε μηκυ̂ναι βίον;
τίν' ἐλπίδ' ἀλκήν τ' εἰσορα̂τε μὴ θανει̂ν;
ἢ τὸν παρ' ̔́Αιδῃ πατέρα τω̂νδε κείμενον
145
πιστεύεθ' ἥξειν; ὡς ὑπὲρ τὴν ἀξίαν
τὸ πένθος αἰρεσθ', εἰ θανει̂ν ὑμα̂ς χρεών,
σὺ μὲν καθ' Ἑλλάδ' ἐκβαλὼν κόμπους κενούς,
ὡς σύγγαμός σοι Ζεὺς τέκ<νου τε κ>οινεών,
σὺ δ' ὡς ἀρίστου φωτὸς ἐκλήθης δάμαρ.
150
Τί δὴ τὸ σεμνὸν σῳ̂ κατείργασται πόσει,
ὕδραν ἕλειον εἰ διώλεσε κτανὼν
ἢ τὸν Νέμειον θη̂ρα; ὃν ἐν βρόχοις ἑλὼν
βραχίονός φησ' ἀγχόναισιν ἐξελει̂ν.
Τοι̂σδ' ἐξαγωνίζεσθε; τω̂νδ' ἄρ' οὕνεκα
155
τοὺς Ἡρακλείους παι̂δας οὐ θνῄσκειν χρεών;
ὃς ἔσχε δόξαν οὐδὲν ὢν εὐψυχίας
θηρω̂ν ἐν αἰχμῃ̂, τἄλλα δ' οὐδὲν ἄλκιμος,
ὃς οὔποτ' ἀσπίδ' ἔσχε πρὸς λαιᾳ̂ χερὶ
οὐδ' ἠ̂λθε λόγχης ἐγγύς, ἀλλὰ τόξ' ἔχων,160
κάκιστον ὅπλον, τῃ̂ φυγῃ̂ πρόχειρος ἠ̂ν.
Ἀ̓νδρὸς δ' ἔλεγχος οὐχὶ τόξ' εὐψυχίας,
ἀλλ' ὃς μένων βλέπει τε κἀντιδέρκεται
δορὸς ταχει̂αν ἄλοκα τάξιν ἐμβεβώς.
Ἔ̓́χει δὲ τοὐμὸν οὐκ ἀναίδειαν, γέρον,165
ἀλλ' εὐλάβειαν· οἰ̂δα γὰρ κατακτανὼν
Κρέοντα πατέρα τη̂σδε καὶ θρόνους ἔχων.
Οὔκουν τραφέντων τω̂νδε τιμωροὺς ἐμοὺς
χρῄζω λιπέσθαι τω̂ν δεδραμένων δίκην.
Ἀμφιτρύων
Τῳ̂ του̂ Διὸς μὲν Ζεὺς ἀμυνέτω μέρει
170
παιδός· τὸ δ' εἰς ἔμ', Ἡράκλεις, ἐμοὶ μέλει
λόγοισι τὴν του̂δ' ἀμαθίαν ὑπὲρ σέθεν
δει̂ξαι· κακω̂ς γάρ σ' οὐκ ἐατέον κλύειν.
Πρω̂τον μὲν οὐ̂ν τἄρρητ' -- ἐν ἀρρήτοισι γὰρ
τὴν σὴν νομίζω δειλίαν, Ἡράκλεες -- 175
σὺν μάρτυσιν θεοι̂ς δει̂ μ' ἀπαλλάξαι σέθεν.
Διὸς κεραυνόν τ' ἠρόμην τέθριππά τε,
ἐν οἱ̂ς βεβηκὼς τοι̂σι γη̂ς βλαστήμασιν
Γίγασι πλευροι̂ς πτήν' ἐναρμόσας βέλη
τὸν καλλίνικον μετὰ θεω̂ν ἐκώμασεν· 180
τετρασκελές θ' ὕβρισμα, Κενταύρων γένος,
Φολόην ἐπελθών, ὠ̂ κάκιστε βασιλέων,
ἐρου̂ τίν' ἄνδρ' ἄριστον ἐγκρίνειαν ἄν,
ἢ οὐ παι̂δα τὸν ἐμόν, ὃν σὺ φῂς εἰ̂ναι δοκει̂ν.
Δίρφυν τ' ἐρωτω̂ν ἥ σ' ἔθρεψ' Ἀβαντίδα,
185
οὐκ ἄν σ' ἐπαινέσειεν· οὐ γὰρ ἔσθ' ὅπου
ἐσθλόν τι δράσας μάρτυρ' ἂν λάβοις πάτραν.
Τὸ πάνσοφον δ' εὕρημα, τοξήρη σαγήν,
μέμφῃ· κλύων νυ̂ν τἀπ' ἐμου̂ σοφὸς γενου̂.
Ἀνὴρ ὁπλίτης δου̂λός ἐστι τω̂ν ὅπλων
190
καὶ τοι̂σι συνταχθει̂σιν οὐ̂σι μὴ ἀγαθοι̂ς
αὐτὸς τέθνηκε δειλίᾳ τῃ̂ τω̂ν πέλας,
θραύσας τε λόγχην οὐκ ἔχει τῳ̂ σώματι
θάνατον ἀμυ̂ναι, μίαν ἔχων ἀλκὴν μόνον·
ὅσοι δὲ τόξοις χει̂ρ' ἔχουσιν εὔστοχον,
195
ἓν μὲν τὸ λῳ̂στον, μυρίους οἰστοὺς ἀφεὶς
ἄλλοις τὸ σω̂μα ῥύεται μὴ κατθανει̂ν,
ἑκὰς δ' ἀφεστὼς πολεμίους ἀμύνεται
τυφλοι̂ς ὁρω̂ντας οὐτάσας τοξεύμασιν
τὸ σω̂μά τ' οὐ δίδωσι τοι̂ς ἐναντίοις,
ͅ200
ἐν εὐφυλάκτῳ δ' ἐστί· του̂το δ' ἐν μάχη
σοφὸν μάλιστα, δρω̂ντα πολεμίους κακω̂ς
σῴζειν τὸ σω̂μα, μὴ 'κ τύχης ὡρμισμένον.
Λόγοι μὲν οἵδε τοι̂σι σοι̂ς ἐναντίαν
γνώμην ἔχουσι τω̂ν καθεστώτων πέρι. 205
Παι̂δας δὲ δὴ τί τούσδ' ἀποκτει̂ναι θέλεις;
τί σ' οἵδ' ἔδρασαν; ἕν τί σ' ἡγου̂μαι σοφόν,
εἰ τω̂ν ἀρίστων τἄκγον' αὐτὸς ὢν κακὸς
δέδοικας. Ἀ̓λλὰ του̂θ' ὅμως ἡμι̂ν βαρύ,
εἰ δειλίας ση̂ς κατθανούμεθ' εἵνεκα, 210
ὃ χρη̂ν σ' ὑφ' ἡμω̂ν τω̂ν ἀμεινόνων παθει̂ν,
εἰ Ζεὺς δικαίας εἰ̂χεν εἰς ἡμα̂ς φρένας.
εἰ δ' οὐ̂ν ἔχειν γη̂ς σκη̂πτρα τη̂σδ' αὐτὸς θέλεις,
ἔασον ἡμα̂ς φυγάδας ἐξελθει̂ν χθονός·
βίᾳ δὲ δράσῃς μηδέν, ἢ πείσῃ βίαν,215
ὅταν θεου̂ σοι πνευ̂μα μεταβαλὸν τύχη.
Φευ̂·
ὠ̂ γαι̂α Κάδμου· καὶ γὰρ ἐς σὲ ἀφίξομαι
λόγους ὀνειδιστη̂ρας ἐνδατούμενος·
τοιαυ̂τ' ἀμύνεθ' Ἡρακλει̂ τέκνοισί τε;
ὃς εἱ̂ς Μινύαισι πα̂σι διὰ μάχης μολὼν
220
Θήβαις ἔθηκεν ὄμμ' ἐλεύθερον βλέπειν.
Οὐδ' Ἑλλάδ' ᾔνεσ', οὐδ' ἀνέξομαί ποτε
σιγω̂ν, κακίστην λαμβάνων ἐς παι̂δ' ἐμόν,
ἣν χρη̂ν νεοσσοι̂ς τοι̂σδε πυ̂ρ λόγχας ὅπλα
φέρουσαν ἐλθει̂ν, ποντίων καθαρμάτων 225
χέρσου τ' ἀμοιβάς,
ὧ̔̂ν ἐμόχθησας χάριν.
Τὰ δ', ὠ̂ τέκν', ὑμι̂ν οὔτε Θηβαίων πόλις
οὔθ' Ἑλλὰς ἀρκει̂· πρὸς δ' ἔμ' ἀσθενη̂ φίλον
δεδόρκατ', οὐδὲν ὄντα πλὴν γλώσσης ψόφον.
ῥώμη γὰρ ἐκλέλοιπεν ἣν πρὶν εἰχομεν,
230
γήρᾳ δὲ τρομερὰ γυι̂α κἀμαυρὸν σθένος.
εἰ δ' ἠ̂ νέος τε κἄτι σώματος κρατω̂ν,
λαβὼν ἂν ἔγχος του̂δε τοὺς ξανθοὺς πλόκους
καθῃμάτωσ' ἄν, ὥστ' Ἀτλαντικω̂ν πέραν
φεύγειν ὅρων ἂν δειλίᾳ τοὐμὸν δόρυ.
235 |
LYCOS (à
Amphitryon et Mégara)
Vous, le père et la femme d'Héraclès, puisque j'en ai le droit, je
vais vous interroger. Oui, j'ai le droit, puisque je suis votre maître,
de vous poser les questions que je veux. Combien de temps
chercherez-vous à prolonger votre vie? Quel espoir, quel secours
apercevez-vous contre la mort ? (Montrant les enfants.) Leur père gît
dans l'Hadès : avez-vous foi en son retour ? Allons, est-ce la peine
d'outrer à ce point votre douleur dans la nécessité où vous êtes de
mourir, tout en colportant par la Grèce ces vaines pré-tentions, (à
Amphitryon) toi d'avoir partagé avec Zeus ta couche conjugale et
ta paternité, (à Mégara) toi d'être
appelée l'épouse du plus vaillant des hommes ? Quel exploit si
imposant a donc accompli ton époux en tuant l'hydre du marais (207)
ou la bête de Némée ? Il l'a prise dans ses filets : et il prétend
l'avoir étouffée dans ses bras! Voilà les arguments avec quoi vous
luttez ? Voilà donc pourquoi les fils d'Héraclès ne devraient pas
mourir? Il s'est acquis une réputation de bravoure — lui un homme de
rien — à lutter contre des bêtes. Mais pour le reste, nullement
courageux. Jamais il n'a tenu de bouclier à son bras gauche, ni
affronté une lance; mais portant un arc, la plus lâche des armes, il
était toujours prêt à la fuite. Ce qui prouve la bravoure d'un
guerrier, ce n'est pas le tir à l'arc, c'est d'attendre, l'oeil clair,
en regardant bien en face, l'assaut que donne un champ de lances, et de
rester à son poste.
Ma conduite ne comporte pas de ressentiment, vieillard, seulement de la
prudence (208). Je sais que j'ai tué
Créon, le père de cette femme, et que j'occupe son trône : je ne veux
donc pas laisser grandir ces enfants pour qu'ils se vengent et me
punissent de ce que j'ai fait.
AMPHITRYON
Que Zeus défende la part qu'a Zeus à la naissance de mon fils.
Pour moi, Héraclès, j'ai à coeur de montrer par des paroles la
sottise de cet individu en ce qui te concerne; car je ne dois pas te
laisser outrager.
D'abord il est des griefs impies — et je mets au nombre des
accusations impies celle qu'on t'adresse de lâcheté, Héraclès —
qu'avec le témoignage des dieux je dois écarter de toi. J'interroge la
foudre de Zeus et le quadrige (209)
qu'Héraclès montait quand, aux flancs des Fils de la Terre, des
Géants, son adresse enfonça des traits ailés, glorieux triomphe qu'il
a célébré avec les dieux. J'interroge les insolents Quadrupèdes, la
race des Centaures. Va-t'en à Pholoé (210),
ô le plus lâche des rois; demande-lui l'homme à qui elle décernerait
le prix du courage. N'est-ce pas à mon fils, qui, d'après toi, n'en a
que la réputation ? Interroge Dirphys (211)
dans l'île des Abantes qui t'a élevé : ce n'est pas ton éloge
qu'elle ferait. Il n'est pas un endroit où tu aies accompli un exploit
dont puisse rendre témoignage ta patrie.
Quant à cette invention toute de génie, l'équipement de l'archer, tu
la dénigres ? Écoute-moi bien et instruis-toi. Un hoplite pesamment
armé est esclave de ses armes, et quand ses compagnons de rang ne sont
pas braves, il périt, lui, par la lâcheté de ses voisins. Brise-t-il
sa lance, il ne peut écarter la mort, car il n'a que cette seule
défense. Mais celui dont la main est habile à tirer de l'arc avec
précision — et l'avantage est unique — après avoir lancé mille
traits, en a d'autres pour se garantir de la mort. Se tenant à distance
il écarte les ennemis qui voient d'aveugles traits les blesser. Il
n'expose pas son corps à ses adversaires; il est bien en sûreté. Or
telle est dans le combat la suprême habileté : faire du mal à
l'ennemi tout en préservant son corps et sans dépendre de la for-tune.
Voilà les raisons que j'oppose à ton opinion, sur ce sujet (212).
Mais ces enfants, pourquoi veux-tu les tuer ? Que t'ont-ils fait ?
Évidemment il est un point sur lequel tu montres du bon sens, c'est en
craignant, lâche comme tu l'es, la postérité d'un héros. Mais il
n'en est pas moins cruel pour nous de mourir victimes de ta couardise,
quand c'est nous, les meilleurs, qui devrions te donner la mort si Zeus
avait pour nous de justes sentiments. Si tu veux garder pour toi le
sceptre de ce pays, laisse-nous quitter cette terre pour l'exil.
N'emploie pas la violence, ou tu subiras la violence quand la divinité
tournera contre toi le vent de la fortune.
Hélas! O terre de Cadmos — car j'en viens à t'adresser aussi ta
part de reproches — est-ce ainsi que tu défends Héraclès et ses
enfants ? Seul (213) contre tous les
Minyens il a marché au combat; il a donné à Thèbes le regard d'un
être libre. Je ne loue pas non plus la Grèce — et je ne pourrai
jamais m'en taire — quand je la trouve si ingrate envers mon fils.
Elle devait à ces petits venir apporter le secours du feu, de la lance,
des armes, pour le récompenser d'avoir purgé et les mers et la terre,
par reconnaissance pour ses travaux. Cette aide, ô mes enfants, ni la
cité des Thébains, ni la Grèce ne vous l'offre; et c'est vers moi, un
ami sans force, que vous tournez les yeux, vers moi qui ne suis rien que
vaines paroles. La vigueur m'a quitté, que j'avais autrefois; la
vieillesse fait trembler mes membres et ma force est éteinte. Si
j'étais encore jeune et maître de mon corps, je saisirais une lance,
j'ensanglanterais ses blondes boucles et par-delà les bornes de
l'Atlantique (214) il fuirait mon arme,
le lâche.
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Χορός
Ἆρ' οὐκ ἀφορμὰς τοι̂ς λόγοισιν ἁγαθοὶ
θνητω̂ν ἔχουσι, κἂν βραδύς τις ᾐ̂ λέγειν;
Λύκος
Σὺ μὲν λέγ' ἡμα̂ς οἱ̂ς πεπύργωσαι λόγοις,
ἐγὼ δὲ δράσω σ' ἀντὶ τω̂ν λόγων κακω̂ς.
Ἄ̓́γ', οἳ μὲν Ἑλικω̂ν', οἳ δὲ Παρνασου̂ πτυχὰς
240
τέμνειν ἄνωχθ' ἐλθόντες ὑλουργοὺς δρυὸς
κορμούς· ἐπειδὰν δ' ἐσκομισθω̂σιν πόλει,
βωμὸν πέριξ νήσαντες ἀμφήρη ξύλα
ἐμπίμπρατ' αὐτω̂ν καὶ πυρου̂τε σώματα
πάντων, ἵν' εἰδω̂σ' οὕνεκ' οὐχ ὁ κατθανὼν
245
κρατει̂ χθονὸς τη̂σδ', ἀλλ' ἐγὼ τὰ νυ̂ν τάδε.
Ὕ̔μει̂ς δέ, πρέσβεις, ται̂ς ἐμαι̂ς ἐναντίοι
γνώμαισιν ὄντες, οὐ μόνον στενάξετε
τοὺς Ἡρακλείους παι̂δας, ἀλλὰ καὶ δόμου
τύχας, ὅταν πάσχῃ τι, μεμνήσεσθε δὲ 250
δου̂λοι γεγω̂τες τη̂ς ἐμη̂ς τυραννίδος.
Χορός
Ὦ γῆς λοχεύμαθ', οὓς ῎Αρης σπείρει ποτὲ
λάβρον δράκοντος ἐξερημώσας γένυν,
οὐ σκῆπτρα, χειρὸς δεξιᾶς ἐρείσματα,
ἀρεῖτε καὶ τοῦδ' ἀνδρὸς ἀνόσιον κάρα 255
καθαιματώσεθ', ὅστις οὐ Καδμεῖος ὢν
ἄρχει κάκιστος τῶν νέων ἔπηλυς ὤν;
Ἄλλ' οὐκ ἐμοῦ γε δεσπόσεις χαίρων ποτέ.
οὐδ' ἁπόνησα πόλλ' ἐγὼ καμὼν χερὶ
ἕξεις. ἀπέρρων δ' ἔνθεν ἦλθες ἐνθάδε, 260
ὕβριζ'. ἐμοῦ γὰρ ζῶντος οὐ κτενεῖς ποτε
τοὺς ῾Ηρακλείους παῖδας. οὐ τοσόνδε γῆς
ἔνερθ' ἐκεῖνος κρύπτεται λιπὼν τέκνα.
Ἐπεὶ σὺ μὲν γῆν τήνδε διολέσας ἔχεις,
ὃ δ' ὠφελήσας ἀξίων οὐ τυγχάνει. 265
κἄπειτα πράσσω πόλλ' ἐγώ, φίλους ἐμοὺς
θανόντας εὖ δρῶν, οὗ φίλων μάλιστα δεῖ;
Ὦ δεξιὰ χείρ, ὡς ποθεῖς λαβεῖν δόρυ,
ἐν δ' ἀσθενείᾳ τὸν πόθον διώλεσας.
Ἐπεί σ' ἔπαυσ' ἂν δοῦλον ἐννέποντά με 270
καὶ τάσδε Θήβας εὐκλεῶς ᾠκήσαμεν.
ἐν αἷς σὺ χαίρεις· οὐ γὰρ εὖ φρονεῖ πόλις
στάσει νοσοῦσα καὶ κακοῖς βουλεύμασιν.
οὐ γάρ ποτ' ἂν σὲ δεσπότην ἐκτήσατο.
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LE CORYPHÉE
N'est-il pas vrai que les hommes de bien trouvent le moyen (215)
de bien parler, lors même qu'ils sont lents à s'exprimer ?
LYCOS
Guinde-toi tant que tu voudras, en paroles; moi, j'agirai, en
réponse à tes discours, et bien.
(A ses gardes.) Allez, vous sur l'Hélicon,
vous aux vallons du Parnasse (216);
donnez l'ordre aux bûcherons de couper des branches de chêne, et quand
on les aura transportées à la ville, entassez le bois autour de
l'autel, mettez-y le feu et brûlez les corps de tous ces gens (217)
pour leur apprendre que ce n'est pas le mort (218)
qui règne sur ce pays, mais moi, maintenant.
Et vous, vieillards, qui vous montrez opposés à mes desseins, vous
n'aurez pas à pleurer seulement les enfants d'Héraclès, mais encore
le sort de votre maison, quand il lui arrivera malheur : vous vous
souviendrez que vous êtes les esclaves de ma royauté.
LE CORYPHÉE (menaçant)
O enfants de la Terre, qu'Arès a fait naître jadis en semant les dents
arrachées à la gueule vorace du dragon (219),
que ne levez-vous vos bâtons, appuis de votre droite, pour ensanglanter
la tête impie de cet homme qui, sans être Cadméen, commande — quel
lâche! — à notre jeunesse, lui un intrus ? Mais, sur moi du moins tu
n'exerceras pas impunément ton pouvoir, et les biens qui ont coûté à
mon bras tant de travaux et de fatigues, tu ne les auras pas. Va-t'en à
la malheure! Retourne là-bas, d'où tu viens! Exerces-y ton insolence!
Moi vivante tu ne tueras jamais les fils d'Héraclès. Il n'est pas
caché si profondément sous la terre < que je l'oublie > : il a
laissé des enfants. Toi, tu as ruiné cette terre que tu gouvernes;
lui, qui l'a sauvée, n'a pas le sort qu'il mérite. Et ensuite je fais
trop de zèle, moi, en me montrant dévoué à un ami mort, quand il a
plus que jamais besoin d'amis !O ma droite, comme tu désires prendre
une lance! Mais ma faiblesse anéantit mon désir. Autrement, je
t'aurais empêché de m'appeler esclave et nous habiterions avec honneur
cette Thèbes où toi tu jouis du bonheur. Il n'y a plus de sagesse dans
cette cité atteinte par la discorde et les mauvais conseils ! Sinon,
elle ne t'aurait jamais accepté pour maître.
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Μεγάρα
Γέροντες, αἰνῶ· τῶν φίλων γὰρ οὕνεκα 275
ὀργὰς δικαίας τοὺς φίλους ἔχειν χρεών·
ἡμῶν δ' ἕκατι δεσπόταις θυμούμενοι
πάθητε μηδέν. Τῆς δ' ἐμῆς, ᾿Αμφιτρύων,
γνώμης ἄκουσον, ἤν τί σοι δοκῶ λέγειν.
Ἐγὼ φιλῶ μὲν τέκνα· πῶς γὰρ οὐ φιλῶ 280
ἅτικτον, ἁμόχθησα; καὶ τὸ κατθανεῖν
δεινὸν νομίζω· τῷ δ' ἀναγκαίῳ τρόπῳ
ὃς ἀντιτείνει σκαιὸν ἡγοῦμαι βροτόν.
Ἡμᾶς δ', ἐπειδὴ δεῖ θανεῖν, θνῄσκειν χρεὼν
μὴ πυρὶ καταξανθέντας, ἐχθροῖσιν γέλων 285
διδόντας, οὑμοὶ τοῦ θανεῖν μεῖζον κακόν.
Ὀφείλομεν γὰρ πολλὰ δώμασιν καλά·
σὲ μὲν δόκησις ἔλαβεν εὐκλεὴς δορός,
ὥστ' οὐκ ἀνεκτὸν δειλίας θανεῖν σ' ὕπο·
οὑμὸς δ' ἀμαρτύρητος εὐκλεὴς πόσις, 290
ὡς τούσδε παῖδας οὐκ ἂν ἐκσῶσαι θέλοι
δόξαν κακὴν λαβόντας· οἱ γὰρ εὐγενεῖς
κάμνουσι τοῖς αἰσχροῖσι τῶν τέκνων ὕπερ,
ἐμοί τε μίμημ' ἀνδρὸς οὐκ ἀπωστέον.
Σκέψαι δὲ τὴν σὴν ἐλπίδ' ᾗ λογίζομαι· 295
Ἥξειν νομίζεις παῖδα σὸν γαίας ὕπο;
καὶ τίς θανόντων ἦλθεν ἐξ ῞Αιδου πάλιν;
ἀλλ' ὡς λόγοισι τόνδε μαλθάξαιμεν ἄν;
ἥκιστα· φεύγειν σκαιὸν ἄνδρ' ἐχθρὸν χρεών,
σοφοῖσι δ' εἴκειν καὶ τεθραμμένοις καλῶς·
300
ῥᾷον γὰρ αἰδοῦς ὑπολαβὼν φίλ' ἂν τέμοις.
Ἤδη δ' ἐσῆλθέ μ' εἰ παραιτησαίμεθα
φυγὰς τέκνων τῶνδ'· ἀλλὰ καὶ τόδ' ἄθλιον,
πενίᾳ σὺν οἰκτρᾷ περιβαλεῖν σωτηρίαν·
ὡς τὰ ξένων πρόσωπα φεύγουσιν φίλοις 305
ἓν ἦμαρ ἡδὺ βλέμμ' ἔχειν φασὶν μόνον.
Τόλμα μεθ' ἡμῶν θάνατον, ὃς μένει σ' ὅμως.
προκαλούμεθ' εὐγένειαν, ὦ γέρον, σέθεν.
Τὰς τῶν θεῶν γὰρ ὅστις ἐκμοχθεῖ τύχας,
πρόθυμός ἐστιν, ἡ προθυμία δ' ἄφρων· 310
ὃ χρὴ γὰρ οὐδεὶς μὴ χρεὼν θήσει ποτέ.
Χορός
Εἰ μὲν σθενόντων τῶν ἐμῶν βραχιόνων
ἦν τίς σ' ὑβρίζων, ῥᾳδίως ἐπαύσατ' ἄν·
νῦν δ' οὐδέν ἐσμεν.
Σὸν δὲ τοὐντεῦθεν σκοπεῖν
ὅπως διώσῃ τὰς τύχας, ᾿Αμφιτρύων.
315
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MÉGARA
Vieillards, je vous remercie. C'est ainsi que pour défendre leurs
amis les amis doivent montrer de justes colères. Mais en vous irritant
à cause de nous contre votre maître, n'allez pas attirer sur vous
quelque malheur.
Écoute mon avis, Amphitryon, et vois ce qu'il vaut. J'aime mes enfants
— comment ne pas les aimer ? je les ai enfantés dans la douleur —
et je trouve la mort une chose terrible. Mais l'homme qui résiste à la
nécessité, je le considère comme un être vil. Puisqu'il nous faut
mourir, mourons, mais non point dévorés par les flammes, et sans
donner à rire à des ennemis, ce qui pour moi est un malheur pire que
la mort. Nous avons beaucoup de nobles devoirs envers notre maison :
toi, tu t'es acquis par ta lance une réputation glorieuse qui ne te
permet pas de mourir lâchement; et faut-il des témoignages pour
prouver que mon glorieux époux ne consentirait pas à sauver ses fils
au prix de leur honneur ? Les hommes bien nés souffrent des hontes de
leurs enfants, et pour moi, je ne dois pas rejeter l'exemple d'un mari.
Quant à ton espérance, examinons-la. Ce que j'en pense ? Tu crois que
ton fils sortira de sous la terre ? Mais lequel des morts est revenu de
l'Hadès ? Tu penses que nous pourrions fléchir cet homme par nos
prières ? Non pas; il faut fuir un ennemi si c'est un vilain, et ne
s'incliner que devant l'homme sage et de bonne éducation : de celui-ci,
il est plus facile, par la soumission et la réserve, d'obtenir
satisfaction (220). Déjà, la pensée
m'est venue d'implorer l'exil pour ces enfants. Mais c'est encore un
malheur que de les plonger dans une pauvreté lamentable, pour les
sauver. Car le visage d'un hôte, pour des amis exilés, ne garde un
sourire accueillant qu'un seul jour, dit-on.
Résigne-toi à la mort avec nous, puisqu'elle t'attend, quoi que tu
fasses. Nous faisons appel à ta noblesse, ô vieillard. Celui qui lutte
pour échapper aux maux envoyés par les dieux est courageux, mais son
courage est insensé. Ce qui doit arriver, personne ne l'empêchera
jamais d'arriver.
LE CORYPHÉE
Si, au temps où mes bras étaient vigoureux, quelqu'un t'avait fait
injure, je n'aurais pas eu de mal à réprimer son insolence. Mais
aujourd'hui, je ne suis plus rien. A toi donc, désormais, de chercher
un moyen de repousser les coups du sort, Amphitryon.
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᾿Αμφιτρύων
Οὔτοι τὸ δειλὸν οὐδὲ τοῦ βίου πόθος
θανεῖν ἐρύκει μ', ἀλλὰ παιδὶ βούλομαι
σῷσαι τέκν'· ἄλλως δ' ἀδυνάτων ἔοικ' ἐρᾶν.
Ἰδοὺ πάρεστιν ἥδε φασγάνῳ δέρη
κεντεῖν φονεύειν, ἱέναι πέτρας ἄπο. 320
Μίαν δὲ νῷν δὸς χάριν, ἄναξ, ἱκνούμεθα·
κτεῖνόν με καὶ τήνδ' ἀθλίαν παίδων πάρος,
ὡς μὴ τέκν' εἰσίδωμεν, ἀνόσιον θέαν,
ψυχορραγοῦντα καὶ καλοῦντα μητέρα
πατρός τε πατέρα. Τἄλλα δ', εἰ πρόθυμος εἶ,
325
πρᾶσσ'· οὐ γὰρ ἀλκὴν ἔχομεν ὥστε μὴ θανεῖν.
Μεγάρα
Κἀγώ σ' ἱκνοῦμαι χάριτι προσθεῖναι χάριν,
<ἡμῖν> ἵν' ἀμφοῖν εἷς ὑπουργήσῃς διπλᾶ·
κόσμον πάρες μοι παισὶ προσθεῖναι νεκρῶν,
δόμους ἀνοίξας -- νῦν γὰρ ἐκκεκλῄμεθα --
330
ὡς ἀλλὰ ταῦτά γ' ἀπολάχωσ' οἴκων πατρός.
Λύκος
Ἔσται τάδ'· οἴγειν κλῇθρα προσπόλοις λέγω.
κοσμεῖσθ' ἔσω μολόντες· οὐ φθονῶ πέπλων.
Ὅταν δὲ κόσμον περιβάλησθε σώμασιν,
ἥξω πρὸς ὑμᾶς νερτέρᾳ δώσων χθονί. 335
Μεγάρα
ὦ τέκν', ὁμαρτεῖτ' ἀθλίῳ μητρὸς ποδὶ
πατρῷον ἐς μέλαθρον, οὗ τῆς οὐσίας
ἄλλοι κρατοῦσι, τὸ δ' ὄνομ' ἔσθ' ἡμῶν ἔτι.
᾿Αμφιτρύων
Ὦ
Ζεῦ, μάτην ἄρ' ὁμόγαμόν σ' ἐκτησάμην,
μάτην δὲ παιδὸς κοινεῶν' ἐκλῄζομεν· 340
σὺ δ' ἦσθ' ἄρ' ἥσσων ἢ 'δόκεις εἶναι φίλος.
Ἀρετῇ σε νικῶ θνητὸς ὢν θεὸν μέγαν·
παῖδας γὰρ οὐ προύδωκα τοὺς ῾Ηρακλέους.
Σὺ δ' ἐς μὲν εὐνὰς κρύφιος ἠπίστω μολεῖν,
τἀλλότρια λέκτρα δόντος οὐδενὸς λαβών,
345
σῴζειν δὲ τοὺς σοὺς οὐκ
ἐπίστασαι φίλους.
Ἀμαθής τις εἶ θεός, ἢ δίκαιος οὐκ ἔφυς. |
AMPHITRYON
Non, ce n'est pas la lâcheté, ni l'amour de la vie qui me
détournent de mourir; je veux seulement à mon fils conserver ses
enfants. (Désabusé.) Mais il paraît que
c'est en vain désirer l'impossible. (Un silence.
Il quitte l'autel.) Eh bien! voici mon cou que je tends au
glaive; qu'on m'égorge; qu'on m'assassine; qu'on me précipite d'un
rocher. Accorde-nous une seule faveur, à tous les deux, roi, nous t'en
supplions : tue-nous, cette malheureuse et moi, avant les enfants, pour
que nous ne les voyions pas, spectacle impie, lutter contre la mort,
appeler leur mère et le père de leur père. Pour le reste, fais ce que
tu voudras, car nous sommes sans défense contre la mort.
MÉGARA
Et moi, je te supplie d'ajouter à cette faveur une autre faveur;
ainsi tous les deux, de toi seul, nous recevrons un double bienfait.
Permets-moi de revêtir mes fils de la parure des morts. Fais-moi ouvrir
le palais, qui nous est maintenant fermé; qu'ils obtiennent au moins
cette part de leur patrimoine.
LYCOS
Soit. (Aux gardes.) Ouvrez les portes,
esclaves. (A Mégara et à ses fils.)
Entrez vous parer : je ne vous refuse pas des vêtements. Mais quand
vous aurez mis votre parure, je reviendrai vous livrer à la terre
infernale.
II sort suivi de ses gardes.
MÉGARA
O mes enfants, suivez les pas de votre malheureuse mère dans le palais
de votre père. De ses biens, d'autres sont les maîtres : il ne nous
reste plus que son nom.
Elle entre dans le palais avec les enfants.
AMPHITRYON
O Zeus, c'est donc en vain que tu as partagé ma couche conjugale! en
vain que je t'appelais avec moi le père de mon fils ! Tu étais donc
moins mon ami que tu ne semblais ! Je ne suis qu'un mortel, mais en
vertu je l'emporte sur toi, qui es un dieu puissant, car je n'ai pas
trahi les fils d'Héraclès. Toi, tu as su t'introduire en secret dans
ma couche, t'emparer sans aucun droit du lit d'autrui, mais tu ne sais
pas sauver tes amis. Tu es un dieu aveugle, ou un dieu injuste.
Il entre dans le palais.
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Χορός
Αἲλινον μὲν ἐπ' εὐτυχεῖ
μολπᾷ Φοῖβος ἰαχεῖ
τὸν κάλλει φθιτόν, κιθάραν 350
ἐλαύνων πλήκτρῳ χρυσέῳ·
ἐγὼ δὲ τὸν γᾶς ἐνέρων τ'
ἐς ὄρφναν μολόντα, παῖδ'
εἴτε Διός νιν εἴπω,
εἴτ' ᾿Αμφιτρύωνος ἶνιν,
ὑμνῆσαι στεφάνωμα μό- 355
χθων δι' εὐλογίας θέλω.
Γενναίων δ' ἀρεταὶ πόνων
τοῖς θανοῦσιν ἄγαλμα.
Πρῶτον μὲν Διὸς ἄλσος
ἠρήμωσε λέοντος, 360
πυρσῷ δ' ἀμφεκαλύφθη
ξανθὸν _ |