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FRONTON

 

LETTRES

 

   
   
   
   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

   
   
  LETTRES DE M. CORNÉLIUS FRONTO A SES AMIS
LIVRE PREMIER

LETTRE I
FRONTO A CL. SEVERUS, SALUT
On dit que l'usage de recommander est né de la bienveillance, lorsque chacun voulait faire connaître et concilier son ami à un autre ami. Peu à peu cet usage s'est étendu jusqu'à recommander même ceux qui avaient quelque affaire devant un tribunal public ou particulier, pourvu toutefois que cette affaire ne fût point mauvaise, à les recommander, dis-je, aux juges eux-mêmes, ou à ceux qui devaient former le conseil ; non, je pense, à dessein d'ébranler l'équité du juge, et de le détourner d'une sentence juste ; mais c'était un usage ancien, dans les jugements mêmes, d'admettre, la cause plaidée, des apologistes qui déclarassent tout haut ce que, dans leur opinion, leur conscience, ils pensaient de l'accusé. On a vu aussi les lettres de recommandation faire la fonction d'apologie. Pourquoi cet exorde tiré de si loin ? c'est de peur que tu n'ailles croire que j'ai eu peu égard à ta dignité et à ton autorité en te recommandant Cornélianus Sulpicius, un de mes intimes amis, qui, au premier jour, doit plaider devant vous. Mais, comme j'ai dit, c'est pour suivre l'ancien usage que j'ai osé faire, auprès de toi, l'éloge d'un ami. C'est un homme habile, plein de cœur, d'un caractère libre et libéral, ami passionné de sa patrie, plus appuyé sur son innocence que confiant en elle, et orné des plus belles connaissances *** Ce n'est ni inconsidérément ni par hasard que nous nous sommes liés si étroitement, et j'avouerai que ce n'est pas de mon propre mouvement que j'ai recherché l'amitié de Cornélianus. J'avais déjà entendu parler avec éloge de son caractère, et j'ai appris, j'ai reconnu, par l'usage et de nombreuses preuves, que cet éloge était vrai. Nous avons demeuré ensemble, étudié ensemble : amusements, occupations sérieuses, nous avons tout partagé ; nous avons fait preuve de fidélité, de bon accord ; de toute manière, notre amitié a été pour nous plaisir et profit. C'est pourquoi je te prie, autant qu'il est en moi, d'être favorable à l'audience à un homme qui m'est aussi cher... il ait cité en jugement un homme de notre ordre... Mais, après avoir lu les registres du conseil, il s'est efforcé de repousser... Mon chagrin m'empêche de le recommander avec une multitude de paroles ; mais il donne pour caution son amour sincère pour nous... J'espère aussi que, lorsque tu auras pris en considération ce que je demande, un seul mot de moi équivaudra pour vous à un discours.

LETTRE II
FRONTO A LOLLIANUS AVITUS, SALUT
*** qu'ainsi t’embrassé-je à ton retour ! Dans ce serment sont également compris ton salut
et le mien. Mon affection est telle que de tous ceux qui ont avec moi droit d'hospitalité il n'en est aucun que je préfère à mon cher Montanus. Toutes les fois qu'il est venu à Rome, il a logé chez moi ; ma maison était la sienne, nous n'avions toujours qu'une même table ; enfin c'était entre nous une communauté, une société presque entière d'occupations et de pensées. Je désire que tu aies pour lui autant d'égards que tu en demanderais pour ton commensal, ton conseiller Montanus... cultive les arts... Il sait bien, et parle avec grâce. Quoique je sente que je cherche trop à relever mon savoir-faire en le louant de ce qu'il n'a rien préféré à l'éloquence... La gloire de l'éloquence a toujours été la première à mes yeux... Déploie pour lui lous les trésors de ta bonté... Il est si réservé qu'il ne demandera rien qu'il ne soit raisonnable et honnête à toi de donner et à lui de recevoir *** Le Vénète est vénal. Tu sais que l'éternelle destinée du Vénète est de n'être jamais vendu et de se vendre toujours ***

LETTRE III
FRONTO A VICTORINUS, SON GENDRE, SALUT
*** Nous avons institué l'amitié de façon à négliger tous ces devoirs communs, satisfaits d'un amour véritable... Peines et plaisirs, je veux que tout soit commun entre mon ami et moi *** C'est un homme de bien, probe, un philostorgue, chose qui n'a pas de nom chez les Romains...
Au plus disert de tous, ce qui fait ta noblesse... Ce n'est qu'avec peine qu'il s'est arraché d'auprès de moi ; saisi d'une maladie de poitrine, il croit que le ciel de ce pays lui fera beaucoup de bien ; que cela soit, je le désire ! Comme il est du très petit nombre de ceux que j'aime ***

LETTRE IV
A ACCRILIUS PLARIANUS, SALUT
Je te recommande vivement, autant qu'il est en moi, Julius Aquilinus, homme, si tu m'en crois, très docte et très disert, formé aux plus belles connaissances par les études de la philosophie, et, par les règles de la parole, à la plus haute éloquence. Il convient qu'un homme si érudit et si poli soit non seulement protégé par toi, homme très grave et très sage, mais encore qu'il soit avancé et mis en évidence. Et même, si tu m'en crois, Aquilinus est un de ces hommes qui peuvent te faire honneur ainsi qu'à moi. Tu ne douteras pas de tout ce que je viens de dire, si tu daignes l'entendre disputer sur les doctrines platoniques. Avec ta pénétration et ta haute intelligence tu remarqueras qu'il surpasse sa réputation, aussi riche et magnifique par le choix des expressions que par l'abondance des pensées. Quand tu auras reconnu tout cela, sache qu'il y a encore plus dans les moeurs de l'homme ; tant sont grandes sa probité et sa modestie ! Il y a souvent eu foule à Rome pour l'entendre, et plusieurs hommes de notre ordre non seulement aiment son éloquence, mais même l'admirent. Un devoir indispensable l'a contraint à partir d'ici pour aller consoler sa cousine qu'un grand malheur venait de frapper. Pense que tous les soins que tu rendras à mon Aquilinus, c'est à moi que tu les rendras.

LETTRE V
FRONTO A CL. JULIANUS, SALUT
Nous aurions bien désiré, mon très cher Naucellius, avoir été assez heureux pour que, s'il me fût né aussi des enfants mâles, ils se fussent trouvés en âge de porter les armes, en ce temps surtout où tu gouvernes une province avec des troupes, afin que mes enfants eussent servi sous toi. Il ne s'en faudra pas beaucoup que ce que nous aurions souhaité l'un et l'autre ne soit arrivé. En effet, je n'aime pas moins Faustinianus, fils de mon Statianus, et ne désire pas moins le voir aimé que s'il était né de moi. Ce jeune homme servira sous tes ordres *** Plus Faustinianus obtiendra d'avancement par tes bontés, plus tu goûteras de plaisir de l'extrême mérite de Faustinianus. Pour son instruction, rapporte-t'en à moi ; pour ses talents militaires, tous ceux sous qui il a servi ne cessent de les proclamer ; mais il ne croira avoir retiré quelque fruit de sa science, de ses études, que lorsqu'il t'aura montré ce qu'il est. Mets-le à l'épreuve dans les fonctions de la milice, mets-le à l'épreuve dans les conseils judiciaires, dans les lettres, en un mot dans tout ce qui demande de l'instruction et de la facilité, soit sérieux, soit badinage, toujours et partout tu le trouveras égal à lui-même. Quant à son père, si tu ne connaissais pas toi-même combien c'est un homme estimable, je ne pourrais jamais assez le louer ; et encore, lors même que j'aurais dit le plus possible, resterait-il quelque chose à dire. Assurément, j'aimerais autant le fils de mon Statianus, quel qu'il fût, que je chérirais le père, quel qu'il fût, de mon Faustinianus. Mais à cette heure j'ignore lequel des deux m'inspire le plus d'intérêt ; je les aime tous les deux ; et mon amour pour l'un s'accroît de mon amour pour l'autre.

LETTRE VI
FRONTO A AVIDIUS CASSIUS, SALUT
Le tribun Junius Maximus, qui a apporté à Rome les lettres couronnées de lauriers, a rempli non seulement sa mission publique avec noblesse, mais encore ses devoirs privés envers toi avec amitié, tant il a été partout un panégyriste empressé de tes opérations, de tes desseins, de ton habileté, de ta vigilance. Étant venu à ma villa suburbaine dans un moment où je me portais moins bien, il n'a cessé de me faire des récits jusqu'au soir de tes marches, de la discipline rétablie et maintenue sur l'ancien pied, de ta fermeté dans le commandement, de ta valeur dans l'action, de la promptitude et de la sûreté de ton coup d'œil ; tellement qu'aucun soldat plautinien ne préconisait ses vertus comme celui-ci se glorifie des tiennes, si ce n'est que Plautus parlait de son soldat avec grâce, et Maximus de toi avec amour et sincérité. Il mérite que tu l'aimes et l'honores de tes suffrages. Tu auras augmenté ta gloire de tout ce que tu auras ajouté à la dignité de ton panégyriste.

LETTRE VII
FRONTO A AUFIDIUS VICTORINUS, SALUT
Antonius Aquila est un homme savant et disert. Tu me diras : L'as-tu entendu déclamer ? Non, vraiment, je ne l'ai pas entendu moi-même ; mais je m'en suis rapporté au témoignage d'hommes très savants, très honnêtes, avec qui je suis très lié, et que je sais de science certaine en état de bien juger, et incapables de témoigner autrement qu'ils ne pensent. Je désire, seigneur, que tu lui prêtes assistance, afin qu'il trouve plus facilement une place d'instituteur public de la jeunesse dans quelque ville de ton gouvernement. Je te demande cela avec instance. Je veux qu'Aquila soit protégé par égard pour ceux qui prennent un vif intérêt à lui, et qui n'en prendraient certes pas autant s'ils ne le savaient digue de cet intérêt, et qui encore, s'ils n'avaient la pleine conviction de son talent, ne me presseraient pas si fort de te le recommander, lorsqu'ils savent que, juge très grave et très éclairé en d'autres matières, tu l'es surtout en matière d'éloquence. Au reste, il n'y a pas jusqu'au nom du personnage qui ne m'intéresse, comme s'il était l'aigle des rhéteurs parce qu'il se nomme Aquila.

LETTRE VIII
FRONTO A PASSIENUS RUFUS, SALUT
Aemilius Pius m'est cher tant par l'élégance de ses goûts que par l'exquise probité de ses mœurs. Je te le recommande, frère. Je n'ignore pas qu'il n'y a eu jusqu'ici aucun commerce de lettres entre nous, quoique j'eusse appris par les discours d'amis communs que tu étais un excellent homme, et un amateur zélé des beaux-arts, et qu'il était possible que tu eusses entendu dire quelque bien de moi ; mais je n'ai pu trouver de plus beau motif pour lier amitié avec toi que cette occasion de te concilier un jeune homme du plus grand mérite. Aime-le, je te prie : je te le demande pour lui et pour moi aussi ; car, plus tu en useras amicalement avec Pius, plus aussi tu m'aimeras. Pius, en effet, connaît tous nos goûts, et surtout combien je suis désireux de me lier d'amitié avec des hommes comme toi.

LETTRE IX
FRONTO A CAELIVS OPTATUS, SALUT
Sardius Saturninus est uni avec moi de la plus étroite amitié par ses fils, jeunes gens fort instruits, que j'ai pour commensaux assidus. Je te le recommande fortement, frère, et je demande que, si quelque affaire te l'amène, tu juges un homme qui m'est extrêmement cher digne de tout honneur, et que tu
le protèges de tout ton pouvoir.

LETTRE X
FRONTO A PETRONIUS MAMERTINUS, SALUT
Sardius Saturninus a un fils, Sardius Lupus, homme instruit et disert, et qui est passé de ma maison et de mon école au forum, formé à toutes les belles connaissances par mes leçons, dont il était l'auditeur le plus assidu ; c'est aussi ton plus ardent panégyriste... ***

LETTRE XI
FRONTO A VELIUS RUFUS SENEX, SALUT
Les figures oratoires sont ce qui orne le plus un discours. Or, il y a deux sortes de figures, les figures de mots et les figures de pensées. Dans les figures de mots se trouve le trope métaphore. J'ai usé de cette figure lorsque j'ai dit sentine d'un corps dans lequel il n'y a ni sang pur, ni eau saine, ni humeur liquide, mais où tout est corrompu comme en un marais. Quant à ce que plusieurs prétendent que je t'ai appelé homme véhément, je n'ai pas dit véhément, mais puissant par le savoir, et beaucoup plus par la nature. ***

LETTRE XII
(A AUFIDIUS VICTORINUS, SON GENDRE, SALUT)
Si nous le méritons, les dieux nous conserveront à moi ma fille, à toi ta femme : oui, les dieux seront favorables, et ils accroîtront notre famille d'enfants et de petits-enfants : ils feront aussi que ceux qui sont nés et qui naîtront de toi te ressemblent. A la vérité, je suis tous les jours en procès et en querelle avec notre petit, soit Victorinus, soit Fronto. Pendant que jamais tu n'exiges de personne un salaire pour avoir suivi ou plaidé une affaire, ce Fronto n'a pas de mots qu'il gazouille plus tôt et plus fréquemment que celui-ci : donne. Moi, de mon côté, je lui tends ce que je peux, ou de petites cartes ou de petites images, toutes choses que je désire qu'il demande. Cependant il montre quelques-uns des goûts de son aïeul. Il est très avide de raisin : c'est même le premier mets qu'il ait avalé ; et il n'a presque pas cessé, pendant des jours entiers, ou de lécher une grappe avec sa langue, ou de la sucer avec ses lèvres, ou de la mâcher, de la mordiller avec ses gencives. Il est aussi très curieux de petits oiseaux, et s'amuse beaucoup des petits de poule, de pigeon et de moineau. C'était aussi ma passion dès ma première enfance, à ce que j'ai ouï dire à ceux qui ont été mes précepteurs ou mes maîtres ; et personne, pour peu qu'il me connaisse, n'ignore à quel point, dans ma vieillesse, je suis encore passionné pour les perdrix : car il n'y a parole ni action de moi que je veuille cacher aux autres ; bien plus, je voudrais que tout ce qui est au fond de ma conscience fût aussi-bien connu des autres que de moi.

LETTRE XIII
FRONTO A VICTORINUS (SON GENDRE), SALUT
*** Les Grecs l'appellent <GREC>, et Suétonius Tranquillus l'épine sacrée. Pour moi, j'aimerais mieux ne savoir ni le nom grec ni le nom latin d'aucun membre, pourvu que je fusse toute ma vie exempt de cette douleur ***

LETTRE XIV
(FRONTO A VICTONINUS SON GENDRE, SALUT)
*** et il a laissé aux élèves variens, mâles et femelles, dix sesterces par tête, ce qui est plutôt un intérêt qu'un propre, car Augusta a commandé qu'il en fût donné cinquante par an à chacun. Presque tous ceux qui l'avaient soignée ont perdu leurs peines. Quelques-uns cependant, hommes avisés et hardis, ont osé, au moment même où Matidia était étendue sans sentiment, sceller le testament qu'elle avait dressé longtemps auparavant ; ils ont osé même soutenir et défendre ce testament auprès de notre seigneur, comme bon et valable, et je n'ai pas été sans crainte que la philosophie ne conseillât quelque chose d'irrégulier. Je t'en-voie pour te mettre au courant une copie de la lettre que je lui ai écrite à ce sujet.
Dans le discours bithynien dont tu m'écris avoir lu une partie, j'ai fait plusieurs additions nouvelles qui, je crois, ne le dépareront pas ; surtout l'endroit sur la vie passée, qui te plaira, j'imagine ; si tu lis ce que M. Tullius nous a laissé d'éloquent sur le même sujet dans son discours pour Publius Sylla, non pour comparer d'égal à égal, mais pour reconnaître combien notre génie médiocre est loin de cet homme au sublime langage.

LETTRE XV
FRONTO A PRAECILIUS POMPEIANUS, SALUT
Je le dirai la chose comme elle est, mon Pompéianus, et je désire que tu me croies quand je te dis la vérité. Il y a à peu près un an que j'avais repris ce discours pour les Bithyniens, et que je me proposais de le corriger ; je t'en avais même promis quelques fragments pendant ton séjour à Rome : et, si j'ai bonne mémoire, la conversation entre nous étant tombée sur les partitions oratoires, j'avais dit, avec amour-propre, que, dans le discours, j'avais assez habilement analysé et réfuté une conjecture sur laquelle on établissait l'accusation d'un meurtre commandé. Depuis mon mal de nerfs m'a repris avec plus de violence que jamais, et m'a tenu plus longtemps et plus douloureusement que de coutume ; et je ne puis, lorsque je souffre cruellement de tous les membres, mettre le moindre soin à écrire ou à lire des lettres, et je n'ai jamais osé demander cela de moi. Certes, je croirai plus facilement les philosophes, ces merveilleux mortels, lorsqu'ils disent que l'homme sage, même enfermé dans le taureau de Phalaris, serait néanmoins heureux, que je ne croirai possible à celui qu'on brûle dans une chaudière de méditer un exorde ou d'écrire des épigrammes. Enfin, après avoir recouvré longtemps après une santé passable, j'ai mieux aimé faire autre chose. J'ai pris en haine ce discours, et je ne rougirai pas d'avouer cette répugnance et cette aversion *** Le discours donc, après le divorce dénoncé, est revenu a la maison et y est resté avec moi ***

LETTRE XVI
FRONTO A PRAECILIUS POMPEIANUS, SALUT
***

LETTRE XVII
A CL. JULIANUS
*** tous les provinciaux parler : faire aussi plusieurs choses plus laborieusement que l'affaire elle-même ne le demande : actes de procédures, toutes lettres enfin concernant la province *** Tu rempliras assidûment les fonctions *** Traiter les provinciaux avec égard : afin que soit vrai ce mot des anciens Athéniens : Qu'il ait le droit de se livrer à son gré au jeu ou au travail *** Et notre Valérianus n'a pu me voir. Je ne souhaite d'être aimé de nos seigneurs les empereurs que pour qu'ils t'aiment aussi, toi qui participes de mon corps et de mon âme ; et je suis sûr, vu leur bonté, que cela arrivera. Lorsque je t'écrivais, je me trouvais plus à mon aise. A la vérité, j'étais encore un peu faible par l'effet de ma très longue maladie que par le traitement *** J'ai récité dans le sénat *** Je redemanderais qu'il fût poursuivi. Tâche, mon Naucellius, de soigner ta santé de façon à nous revenir vigoureux. Il plaira aux dieux que tu me trouves aussi un peu plus fort. Notre Valérianus t'a rapporté de grandes plaies, que de toutes *** Je l'ai traité plus gravement *** que Stratonabias (ou Pyrallus). J'ai un vêtement de lin... *** Depuis le commencement de l'été, j'ai peu satisfait a ce devoir ; je l'ai presque négligé, et il n'y a pas un homme à Rome qui ait écrit ou répondu plus rarement que moi à ses amis ***

LETTRE XVIII
FRONTO A CL. JULIANUS, SALUT
***

LETTRE XIX
A FULVIANUS
*** ni jamais je ne me plaindrai. Quoi donc ? Est-ce qu'il n'est pas ordinaire de voir une personne qui en a longtemps aimé une autre cesser de l'aimer tout à coup ou par légèreté de caractère ou par une affluence de nouveaux amis ? Tu sais que cela est souvent arrivé à bien des gens, mais qui ne sont pas à notre mesure ***

LETTRE XX
FRONTO A SARDIUS SATURNINUS, SALUT
Je n'ai pu te consoler de ce cruel malheur, affligé que j'ai été moi-même jusqu'à ce jour d'une maladie dangereuse ; et c'est lorsque je languissais accablé de nombreuses infirmités que j'ai reçu la nouvelle de la perte de notre jeune homme, en qui l'injuste sort t'a enlevé à toi un excellent fils, et à moi le plus aimable commensal. C'est pourquoi, bien que j'aie recouvré la santé, la tristesse s'attache encore à mon âme, et s'accroît de jour en jour du chagrin de notre Lupus, qui regrette amèrement le meilleur des frères. Comme j'ai peine à le consoler, présent et lui parlant, je sens combien il est difficile que je te console absent par des lettres. Je ne demande pas non plus que tu cesses d'être affligé, je le demanderais en vain, mais que tu le soies avec plus de modération ***

LETTRE XXI
FRONTO A JUNIUS MAXIMUS, SALUT
***

LETTRE XXII
FRONTO A SARDIUS SATURNINUS, SALUT
***

LETTRE XXIII
FRONTO A JUNIUS MAXIMUS, SALUT
*** qui ne cesse de vanter ton honnêteté et ta gravité. Je désire que tu me le renvoies promptement ; car il n'y a personne avec qui j'aie plus de familiarité ou une plus grande habitude de vivre en communication de goûts et d'études. Il me sera bien plus agréable encore, lorsque je pourrai parler et reparler sans cesse de toi avec lui.

LETTRE XXIV
FRONTO A SQUILLA GALLICANUS, SALUT
Tu as été plus heureux, seigneur frère, qui as tremblé présent pour notre fils, que moi qui ai tremblé absent. Car ton tremblement a été facilement dissipé par l'issue de l'action, tandis que moi, jusqu'au moment où j'ai appris, par le rapport de tous les confrères, avec quel succès notre orateur s'en était tiré, je n'ai pas cessé de trembler. Et encore toi tu jouissais à chaque succès du discours, à mesure que chaque pensée emportait un éloge ; et moi, assis au fond de ma demeure, j'étais à chaque instant tourmenté de ton inquiétude en homme qui pensais au péril de l'acteur, et n'étais point présent au triomphe de l'action. Tu as recueilli encore bien d'autres fruits, car tu ne l'as pas seulement entendu, mais tu l'as vu parler, et tu as joui non seulement de son éloquence, mais encore de sa physionomie et de son geste : et moi, quoique je sache fort bien ce qu'il a dit, j'ignore néanmoins comment il l'a dit *** Il est entré au forum noble par la naissance, il est revenu du forum plus noble par l'éloquence que par le sang.