BIBLIOTHÈQUE DE PHOTIUS

          

     40 PHILOSTORGE,

      Histoire ecclésiastique.
   

       Oeuvre numérisée par Marc Szwajcer

 

 

 

 

 

 

 

 

 

40. Philostorge, Histoire ecclésiastique.


 

 

 

 Ἀνεγνώσθη Φιλοστοργίου Ἀρειανοῦ τὴν θρησκείαν, ὡς δῆθεν ἐκκλησιαστικὴ ἱστορία. Ἱστορεῖ δὲ τἀναντία σχεδὸν ἅπασι τοῖς ἐκκλησιαστικοῖς ἱστορικοῖς.

Ἐξαίρει τοὺς Ἀρειανίζοντας ἅπαντας, λοιδορίαις πλύνει τοὺς ὀρθοδόξους, ὡς εἶναι τὴν ἱστορίαν αὐτοῦ μὴ  ἱστορίαν μᾶλλον ἀλλ´ ἐγκώμιον μὲν τῶν αἱρετικῶν, ψόγον δὲ γυμνὸν καὶ κατηγορίαν τῶν ὀρθοδόξων.

Ἔστι δὲ τὴν φράσιν κομψὸς καὶ ποιητικαῖς, ἀλλ´ οὐ κατακόρως οὐδ´ ἀχαρίτοις λέξεσι κεχρημένος. Καὶ ἡ τροπὴ δὲ αὐτῷ τῷ ἐμφατικῷ τὴν χάριν μετὰ τοῦ ἡδέος ἐφέλκεται. Πλὴν ἐνίοτε παραβόλως αὐταῖς καὶ πλεῖστον ἀποτετραμμέναις χρώμενος εἰς ψυχρολογίαν καὶ ἀκαιρολογίαν ἐκπίπτει. Περιβέβληται δὲ αὐτῷ ποικίλως ὁ λόγος καὶ ἐν κόρῳ, ὡς εἰς τὸ ἀσαφὲς καὶ οὐκ ἀεὶ χαρίεν τὸν ἀκροατὴν ὑποσύρεσθαι. Ἐν πολλοῖς δὲ καὶ οἰκείως γνωμολογεῖ.

Ἱστορεῖ δὲ τὰ ἀπὸ τῆς Ἀρείου περὶ τὴν αἵρεσιν σπουδῆς τε καὶ κατάρξεως μέχρι τῆς Ἀετίου τοῦ δυσσεβεστάτου ἀνακλήσεως.

Οὗτος δὲ ὁ Ἀέτιος παρ´ αὐτῶν μὲν τῶν συναιρεσιωτῶν, διὰ τὸ κἀκείνους ὑπερβαλέσθαι τῇ δυσσεβείᾳ, ὡς αὐτὸς οὗτος καὶ μὴ βουλόμενος ἱστορεῖ, τῆς διακονίας καθῃρέθη, ὑπὸ δὲ τοῦ δυσσεβεστάτου Ἰουλιανοῦ ἀνεκλήθη τε καὶ φιλοφρόνως ἐδεξιώθη. Καὶ ἡ μὲν ἱστορία αὐτοῦ δι´ ἑνὸς βιβλίου, τόμοις ἓξ συμπληρουμένη, μέχρι τοῦδε πρόεισι  τοῦ χρόνου.

 Ἔστι δὲ ὁ ἀνὴρ ψευδολόγος τε καὶ οὐδὲ μυθολογίας ἀπεχόμενος. Ἐξαίρει δὲ ἐν μὲν λόγοις μάλιστα Ἀέτιον καὶ Εὐνόμιον, μόνους ἀνακαθᾶραι τὰ τῆς εὐσεβείας δόγματα τῷ χρόνῳ συγκεχωσμένα τερατευόμενος, ἐν τεραστίοις δὲ καὶ βίῳ Εὐσέβιον τὸν Νικομηδείας, ὃν καὶ μέγαν ἀποκαλεῖ, καὶ Θεόφιλον τὸν  Ἰνδὸν καὶ ἄλλους πλείονας. Κατηγορεῖ δὲ Ἀκακίου μάλιστα, τοῦ Καισαρείας τῆς κατὰ Παλαιστίνην ἐπισκοπήσαντος δεινότητά τε ἀνυπέρβλητον καὶ πανουργίαν ἄμαχον, μεθ´ ὧν καὶ πάντων φησὶ κατισχῦσαι τῶν τε  ὁμοφρονεῖν δοκούντων, εἰς ἔχθραν δέ τινα καταστάντων, καὶ τῶν τἀναντία θρησκευόντων.

Καὶ ταῦτα μέν μοι ἤδη ἀνέγνωστο, μετ´ οὐ πολὺ δὲ ἐν ἄλλῳ βιβλίῳ καὶ ἕτεροι αὐτοῦ λόγοι ἕξ, ὡς συμπληροῦσθαι αὐτοῦ τὴν σύμπασαν πραγματείαν ἐν λόγοις δώδεκα, ὧν αἱ ἀπαρχαὶ συντιθέμεναι τὸ τοῦ συγγεγραφότος ἀπαρτίζουσι Φιλοστοργίου ὄνομα. Κάτεισι δὲ μέχρι τῶν Θεοδοσίου τοῦ νέου χρόνων, κατ´ ἐκεῖνον τὸν χρόνον παυόμενος καθ´ ὃν Οὐαλεντινιανῷ τῷ νέῳ τῷ Πλακιδίας καὶ Κωνσταντίου υἱῷ, Ὁνωρίου τελευτήσαντος Θεοδόσιος τὰ τῆς Ῥώμης σκῆπτρα τῷ ἀδελφιδῷ ἐνεχείρισεν.

Οὗτος δὲ ὁ Φιλοστόργιος, καίτοι κατὰ τῶν ὀρθοδόξων λυσσῶν, Γρηγορίου μὲν τοῦ θεολόγου καθάψασθαι οὐκ ἐτόλμησεν, ἀλλὰ καὶ τὴν παιδείαν καὶ ἄκων συνομολογεῖ, Βασιλείου δὲ τοῦ μεγάλου ἐπεχείρησεν ὑφάναι μῶμον, δι´ οὗ λαμπρότερον ἔδειξε. Τὴν μὲν γὰρ ἰσχὺν καὶ τὸ κάλλος τῆς ἐν ταῖς πανηγύρεσιν ὁμιλίας ὑπ´ αὐτῆς τῆς τῶν πραγμάτων ἐναργείας ἐβιάσθη συμφθέγξασθαι, θρασὺν δὲ αὐτὸν ὁ δείλαιος ἀποκαλεῖ καὶ ἀντιλογικῶν λόγων ἄπειρον, ὅτι, φησίν, ἀπετόλμησεν Εὐνομίου ταῖς συγγραφαῖς ἀντιτάξασθαι.

J’ai lu la soi-disant Histoire ecclésiastique de Philostorge (1), l’Arien, dont l'esprit diffère de celui de presque tous les autres historiens ecclésiastiques.

Il vante tous les Ariens, mais insulte et injurie tous les orthodoxes, de telle sorte que son ouvrage n'est pas tant une histoire qu’un panégyrique des hérétiques, et rien d'autre qu'une attaque éhontée de l'orthodoxie.

Son style est élégant, sa diction souvent poétique, mais pas assez pour être en-nuyeux ou désagréable. Son usage figuré des mots est très expressif et rend l’ouvrage agréable et plaisant à lire ; parfois, cependant, ces figures, trop hardies et tirées par les cheveux, jettent un froid et créent un mauvais moment. Le langage est diversement embelli, même à l'excès, de sorte que le lecteur se trouve insensiblement impliqué dans une désagréable obscurité. Dans de nombreux cas, l'auteur introduit ses propres réflexions morales appropriées.

Il commence à partir des débuts d’Arien à l'hérésie, et termine par le rappel de l'impie Aétius (2).

Cet Aétius fut déposé de ses fonctions par ses frères hérétiques, car il les surpassait en méchanceté, comme Philostorge le confesse malgré lui. Il fut rappelé et salué par Julien l’Apostat. L'histoire, en un livre et six volumes, va jusqu’à cette période.

L'auteur est un menteur et son récit est souvent fictif. Il vante surtout Aétius et Eunomius pour leur éducation, comme étant les seuls à avoir adapté les doctrines de la foi développées au cours du temps ; il se montre en cela un monstrueux menteur. Il fait également l'éloge d’Eusèbe de Nicomédie  (3)(qu'il appelle le Grand), de Théophile l’Indien (4), et de plusieurs autres, pour leur vie et leurs ouvrages merveilleux. Il attaque sévèrement Acace, évêque de Césarée (5) en Palestine, pour son extrême gravité et son invincible habileté, dans laquelle, déclare-t-il, Acace dépasse tous ses collègues hérétiques, bien qu’ils fussent tous remplis de haine l’un envers l'autre, ainsi d’ailleurs que ceux qui ont différentes opinions religieuses.

Voila l’étendue de notre lecture. Peu de temps après, six autres livres ont été trouvés dans un autre vo-lume, de sorte que l'ensemble semble avoir rempli douze livres. Les premières lettres de chaque livre sont agencées de telle sorte qu'elles forment le nom de l'auteur. Le travail va jusqu’à l'époque de Théodose le Jeune, quand, après la mort d’Honorius, Théodose remit le trône de l'Occident à son cousin Valentinien le Jeune, fils de Constance et de Placidia.

Malgré sa rage contre l'orthodoxie, Philostorge ne se risque pas à attaquer Grégoire le Théologien (6), mais accepte ses doctrines de mauvais gré. Sa tentative de diffamation de Basile le Grand eut seulement pour effet d'accroître la réputation de ce dernier. Philostorge fut forcé d'admettre la vigueur et la beauté de ses sermons de la connaissance réelle, bien qu’il appelât timidement Basile un homme dépassé et inexpérimenté dans la controverse, parce qu'il avait osé attaquer les écrits d’Eunomius.

 

[1] De Borissus en Cappadoce, né vers 368, décédé après 425. L'histoire a couvert la période allant de 300 à 425. Il a soutenu l'ex-trême arianisme d’Eunomius. Un nombre considérable d'extraits (également de Photius) ont été publiés comme un ouvrage séparé.

[2] Aétius d'Antioche, fondateur d'une secte arienne extrémiste, mourut à Constantinople (367). Il fut exilé par Constance, mais rap-pelé par Julien l'Apostat.

[3] Patriarche de Constantinople († 342), partisan de l'Arianisme et farouche adversaire d’Athanase.

[4] Evêque de l'Eglise d’Ethiopie (358). Il naquit dans l'île de Diu (Inde), mais au début de sa jeunesse fut pris comme otage à Cons-tantinople, où il est devint chrétien (Arien).

[5] Surnommé le Borgne, succéda à Eusèbe (dont il était l’élève et le biographe) comme évêque de Césarée en 340. Il mourut en 365.

[6]  Grégoire de Nazianze (329-389), évêque de Constantinople.