BIBLIOTHÈQUE DE PHOTIUS

          

     236 METHODE,

      Du libre arbitre.
   

       Oeuvre numérisée par Marc Szwajcer

 

 

 

 

 

 

 

 

 

236. Méthode, Du libre arbitre (1).


 

 

 

 Ἀνεγνώσθη τοῦ αὐτοῦ ἐκ τοῦ Περὶ αὐτεξουσίου, τῆς ἴσης καὶ αὐτὸς τυχὼν συντομίας.

Πόθεν τὰ κακὰ καὶ τίς ὁ τούτων ποιητής; Ὁ μὲν γὰρ Θεὸς οὐκ ἔστιν, ὅτι μηδὲ τούτοις ἥδεται, ἀλλὰ καὶ τοὺς δρῶντας αὐτὰ βδελύσσεται. Διόπερ ἔδοξέ μοι συνυπάρχειν τι αὐτῷ τοὔνομα ὕλη, ἐξ ἧς τὰ ὄντα ἐδημιούργησεν, ἐξ ἧς καὶ τὰ κακὰ εἶναί μοι δοκεῖ· ἀποίου τε γὰρ καὶ ἀσχηματίστου οὔσης αὐτῆς, πρὸς δὴ τούτοις καὶ ἀτάκτως φερομένης, οὐ διὰ παντὸς κατέλιπεν αὐτὴν οὕτω φέρεσθαι, ἀλλὰ δημιουργεῖν ἤρχετο, καὶ ἀπὸ τῶν χειρίστων αὐτῆς τὰ κάλλιστα διακρίνειν ἤθελε. Καὶ οὕτω γοῦν ἐδημιούργησεν ὅσα ἐξ αὐτῆς ἥρμοζε Θεῷ δημιουργεῖν. Τὰ δὲ ὅσα αὐτῆς ὡς ἔπος εἰπεῖν τρυγώδη ἐτύγχανε, ταῦτα ἀνάρμοστα ὄντα πρὸς δημιουργίαν ὡς εἶχε κατέλιπεν· ἐξ ὧν δοκεῖ μοι νῦν ἐπιρρεῖν τὰ κακά.

Ταῦτα μὲν οὗτος· πρὸς αὐτὸν δέ φησιν, ὅτι μὲν οὖν ἀδύνατον ἀγένητα δύο ἅμα, οὐδέ σε ἀγνοεῖν νομίζω. Ἢ γὰρ ἡνῶσθαι ἢ κεχωρίσθαι αὐτὰ λέγειν ἀνάγκη. Εἰ μὲν οὖν ἡνῶσθαι λέξοι, ἓν τὸ ἀγένητον· ἕκαστον γὰρ τούτων μέρος ἔσται τοῦ πλησίον, ἀλλήλων δὲ μέρη τυγχάνοντα ἀγένητον ἀλλ´ οὐκ ἀγένητα ἔσται· οὐδὲ γὰρ τὸν ἄνθρωπον μέρη ἔχοντα κατακερματίζομεν εἰς πολλὰ γενητά.

Εἰ δὲ κεχωρίσθαι φήσει τις, ἀνάγκη εἶναί τι τὸ ἀνὰ μέσον ἀμφοτέρων, ὅπερ καὶ τὸν χωρισμὸν αὐτῶν δείκνυσι. Τοῦτο δὲ ἤτοι ταὐτὸν ὂν ἥνωται θατέρῳ  τῶν δύο, καὶ ἀνάγκη πάλιν ἢ ἕνωσιν ἢ χωρισμὸν πρὸς τὸ ἕτερον ζητεῖν. Ἕνωσιν μὲν ἀδύνατον ἰδεῖν, εἴπερ θατέρῳ ταὐτὸν εἶναι καὶ ἡνῶσθαι δέδοται. Ἡνοῦτο γὰρ ἂν οὕτω καὶ τὸ ἐξ ἀρχῆς, ᾧ ταὐτὸν εἶναι τοῦτο ἐδόθη. Εἰ δὲ κεχωρίσθαι ἀπαιτεῖ ὁ λόγος, πάλιν τὸ χωρίζον ἀπαιτητέον, ἕως ἂν ἀπείρων ἡμῖν ἀγενήτων ἐσμὸς ἀναφανῇ.

J'ai lu du même un choix tiré du livre Du libre arbitre qui a également la même briéveté.

Où sont les maux et qui en est l'auteur.  Ce n'est pas Dieu, car il ne se réjouit pas des maux, bien plus ils déteste ceux qui font le mal. C'est pourquoi il me semble qu'il existe quelque chose avec Dieu, qu'on appelle la matière, avec laquelle il a tout construit., et d'où viennent à mon avis tous les maux. Comme la matière est inerte et passive et qu'elle erre au hasard au-dessus,  il ne supporte pas que celle-ci se meuve partout au hasard mais commence à la créer et veut séparer la meilleure de la pire. Il prépare donc ce qui était bon pour Dieu en vue de la création. Mais tous ce qui était, pour ainsi dire, trouble, il le laisse de côté comme inapte pour la création. C'est d'où viennent, à mon avis les maux. Voilà ce qu'il dit.

Methodius conteste tout cela.  Qu'il ne puisse pas exister deux incréés ä la fois, je pense que tu  ne l'ignores pas toi-même, bien que tu aies visiblement introduit ce postulat dans ton raisonnement. Car il faut, de toute nécessité, dire de deux choses l'une : qu'entre ceux-ci il y a séparation, ou bien indivision. Or si l'on se prononce pour l'union, on affirme que l'incréé est un : chacun d'eux sera partie du tout de l'autre, et étant mutuellement parties d'un même tout, ils ne constitueront pas deux incréés, mais un seul, composé de parties diverses. Le corps de l'homme est aussi formé de membres différents, et nous ne morcelons pas la créature humaine en plusieurs êtres

Si quelqu'un dit qu'ils doivent être séparés, il faut  qu'i y ait quelque être dans l'intervalle qui marque leur séparation. Cet élément ou bien est identique à chacun des deux et ne fait qu’un avec lui et il faut à nouveau chercher s’il y a union ou séparation avec l’autre. Pour l’union, il est impossible de la voir puisqu’on a admis que cet être était identique à l’un des deux et ne faisait qu’un avec lui. En effet, il ne ferait qu’un depuis le début avec celui avec qui on a admis qu’il est identique. Et si le raisonnement exige qu’ils soient séparés, il faut à nouveau chercher l’être qui les sépare jusqu’à ce que se révèle à nous une foule d’incréés

Ἂν δ´ ἄρα τις καὶ τρίτον λέξει λόγον, τουτέστι τὸ μήτε κεχωρίσθαι τὸν Θεὸν τῆς ὕλης μὴ δ´ αὖ πάλιν ὡς ἐν μέρει ἡνῶσθαι, εἶναι δὲ ὡς ἐν τόπῳ καθάπερ τῇ ὕλῃ τὸν Θεὸν καὶ τὴν ὕλην ἐν τῷ Θεῷ, ἀκουέτω ὅτι ἐὰν τόπον τοῦ Θεοῦ τὴν ὕλην εἴπωμεν, ἐξ ἀνάγκης καὶ χωρητὸς ἔσται, τῇ ὕλῃ περιγραφόμενος, καὶ τῇ ὕλῃ ὁμοίως ἀτάκτως φερόμενος· τοῦ γὰρ ἐν ᾧ ἐστι πλημμελῶς κινουμένου, ἀνάγκη καὶ τὸ ἐν αὐτῷ συγκινεῖσθαι. Πότερον δὲ ἐπλήρου τὴν ὕλην ὁ Θεός, ἢ ἐν μέρει αὐτῆς ἐτύγχανεν;

Εἰ μὲν γὰρ ἐν μέρει, μικρότερος αὐτῆς ἅτε δὴ ἐν μέρει αὐτῆς χωρηθείς· εἰ δὲ ἐπλήρου, πῶς ταύτην ἐδημιούργησεν; Ἀνάγκη γὰρ ἢ συστολήν τινα τοῦ Θεοῦ λέγειν, ἧς γενομένης ἐδημιούργησεν ἐκεῖνο ἀφ´ οὗ ὑπεχώρησεν, ἢ καὶ αὑτὸν τῇ ὕλῃ συνδημιουργεῖν, οὐκ ἔχοντα ὑποχωρήσεως τόπον.

Εἰ δὲ τὴν ὕλην ἐν τῷ Θεῷ εἶναι λέγοι τις, ῥητέον πότερον ὡς διϊσταμένου αὐτοῦ ἀφ´ αὑτοῦ, καὶ ὥσπερ ἐν ἀέρι ζῴων ὑπάρχειν γένη, μεριζομένου αὐτοῦ εἰς ὑποδοχὴν τῶν γενομένων ἐν αὐτῷ, ἢ ὥσπερ ἐν γῇ ὕδωρ; Εἰ μὲν γὰρ ὡς ἐν ἀέρι, μεριστὸν ἀνάγκη λέγειν τὸν Θεόν· εἰ δὲ ὡς ὕδωρ ἐν τῇ γῇ, ἦν δὲ ἄτακτος καὶ ἄκοσμος ἡ ὕλη, πρὸς δὴ τούτοις ἔχουσα καὶ κακά, τὸν Θεὸν λέγειν ἀνάγκη τῶν ἀκοσμήτων καὶ κακῶν τούτων αἴτιον. Καὶ ὅρα γὰρ ὡς ὕλην ὑποτιθέμενος,  ἵνα μὴ τῶν κακῶν ποιητὴν εἴπῃς τὸν Θεὸν, δοχεῖον αὐτὸν τῶν κακῶν εἶναι λέγεις.

Λέγε δὲ καὶ ὧδε. Φῂς τοίνυν ἄποιον ὕλην συνυπάρχειν τῷ Θεῷ, ἐξ ἧς τὴν τοῦ κόσμου γένεσιν ἐδημιούργησεν;

— Οὕτω μοι δοκεῖ.

— Οὐκοῦν εἰ ἄποιος ἐτύγχανεν ἡ ὕλη, γέγονε δὲ κόσμος πρὸς τοῦ Θεοῦ, ἐν δὲ τῷ κόσμῳ αἱ ποιότητες, τῶν ποιοτήτων γέγονε ποιητὴς ὁ Θεός;

— Οὕτως ἔχει.

— Ἐπεὶ δέ σοι δοκεῖ καὶ ὡς ἀδύνατον ἐξ οὐκ ὄντων γίνεσθαί τι, πρὸς τὴν ἐρώτησιν ἀποκρίναι. Δοκεῖ σοι τὰς ποιότητας τοῦ κόσμου μὴ ἐξ ὑποκειμένων γεγονέναι ποιοτήτων;

— Δοκεῖ.

— Ἕτερον δέ τι παρὰ τὰς οὐσίας ὑπάρχειν αὐτάς;

— Οὕτως ἔχει.

 — Οὐκοῦν εἰ μήτε ἐξ ὑποκειμένων ποιοτήτων τὰς ποιότητας ἐδημιούργησεν ὁ Θεός, μήτε ἐκ τῶν οὐσιῶν ὑπάρχουσι τῷ μηδὲ οὐσίας αὐτὰς εἶναι, ἐκ μὴ ὄντων αὐτὰς ὑπὸ Θεοῦ γεγονέναι ἀνάγκη εἰπεῖν. Περιττὸν ἄρα τὸ δοξάζειν ὡς οὐδὲν ἐξ οὐκ ὄντων γίνεται πρὸς τοῦ Θεοῦ.

Mais, dira-t-on, il y a encore une troisième thèse possible, on peut prétendre qu'entre Dieu et la matière il n'y avait ni séparation, ni non plus union comme entre les parties d'un tout, et que Dieu était dans la matière conçue comme lieu, ou bien encore que la matière était en Dieu. Voyons ce qui s'ensuivra. Si nous disons que la matière était le lieu de Dieu, il faut dire nécessairement du même coup que Dieu était limité par un contenant et qu'il était circonscrit par la matière. D'autre part, il devait être agité comme elle d'un mouvement désordonné, sans connaître l'immobilité ni la permanence, puisque son contenant se mouvait tantôt d'un côté tantôt de l'autre.  Dieu occupait-il tout le lieu de la matière ou s'il n'en occupait qu'une partie.

Si l'on veut qu'il n'en ait occupé qu'une partie, on affirme le plus catégoriquement du monde qu'il est moindre que la matière, puisqu'il tenait tout entier dans une de ses parties. Mais si l'on prétend qu'il occupait toute la matière et qu'il se répandait dans toute son étendue, qu'on explique alors comment il a bien pu l'ordonner. Il faut admettre, ou que Dieu se contractait et qu'après cette contraction il ordonnait la partie d'où il s'était retiré, ou bien que, faute d'avoir la place de reculer, il exerçait sur lui-même en même temps que sur la matière son activité d'ordonnateur.

Si l'on dit que c'est la matière qui était en Dieu, il faut également examiner les deux façons de l'entendre : prétend-on que Dieu était discontinu et que la matière était en lui comme sont les espèces animales dans I'air, qui s'écarte et se partage pour recevoir ce qui naît en son sein, ou bien que la matière était en Dieu comme dans un lieu, c'est-à-dire comme l'eau dans la terre? Si nous répondons : comme les animaux dans I'air, il faut nécessairement dire que Dieu était divisé. Si nous répondons : comme l'eau dans la terre, puisque la matière était dans le désordre et la confusion, et qu'en outre elle portait en elle le mal, nous sommes forcés de dire de Dieu qu'il était le lieu de la confusion et du mal. Affirmation qui me paraît peu respectueuse ä l'égard de la divinité, et plus encore périlleuse pour le raisonnement : vous postulez en effet l'existence de la matière pour échapper ä l'obligation de faire de Dieu l'auteur du mal, et voila que votre belle Intention vous amène à en faire le réceptacle du mal.

Tu affirmes donc qu'il y avait une matière dépourvue de qualités qui coexistait ä Dieu, et que Dieu a ordonnée pour produire le monde?

A. — C'est ce que je pense.

M.  Eh bien, si la matière était sans qualités, si l'ordonnance du monde est l'oeuvre de Dieu, si les qualités apparaissent dans Ie monde, Dieu a été le créateur des qualités ?

A. — C'est cela.

M. -- Mais comme je t'entendais dire précédemment qu'il est impossible de créer quoi que ce soit du néant, je te prie de répondre ä ma question : admets-tu que les qualités que possède le monde ne tirent pas leur origine de qualités préexistantes ?

A. — Je l'admets.

M. — Et qu'elles sont différentes des substances ?

A. — Oui.

M. — Eh bien, si d'une part Dieu n'a pas formé les qualités en en prenant la matière dans des qualités préexistantes, et si d'autre part elles ne sont pas issues des substances, n'étant pas substances elles-mêmes, il faut nécessairement dire que Dieu les a tirées du néant. C'est pourquoi tes déclarations sur l'impossibilité de penser que Dieu ait créé quelque chose de rien m'apparaissaient tout à l'heure superflues.

 Ἀλλ´ ὁ μὲν περὶ τούτου λόγος ὧδε ἐχέτω. Καὶ γὰρ παρ´ ἡμῖν ὁρῶμεν ἀνθρώπους ἐξ οὐκ ὄντων ποιοῦντάς τινα, οἷον ἐπὶ τῶν ἀρχιτεκτονικῶν τὸ παράδειγμα λάβωμεν. Ἦ γὰρ οὗτοι ποιοῦσι πόλεις οὐκ ἐκ πόλεων καὶ ναοὺς οὐκ ἐκ ναῶν.

Εἰ δ´ ὅτι τούτοις οὐσίαι ὑπόκεινται οἴει ἐξ ὄντων αὐτοὺς ταῦτα ποιεῖν, τῷ λόγῳ σφάλλῃ. Οὐδὲ γὰρ ἡ οὐσία ἐστὶν ἡ ποιοῦσα τὴν πόλιν ἢ τοὺς ναούς, ἀλλ´ ἡ περὶ τὴν οὐσίαν τέχνη, ἣ οὐκ ἐξ ὑποκειμένης τινὸς τέχνης ἐν ταῖς οὐσίαις γίνεται, ἀλλ´ ἐξ οὐκ οὔσης ἐν αὐταῖς γίνεται.

 Ἀπαντήσειν δέ μοι δοκεῖς οὕτω τῷ λόγῳ, ὅτι τεχνίτης τῇ ἐν τῇ οὐσίᾳ τέχνῃ ποιεῖ. Φημὶ δὲ πρὸς τοῦτο ὅτι οὐδὲ ἐν τῷ ἀνθρώπῳ ἔκ τινος ὑποκειμένης τέχνης προσγίνεται. Οὐδὲ γὰρ ἔνεστι τὴν ἐφ´ ἑαυτῆς οὐσίαν δοῦναι τὴν τέχνην· τῶν γὰρ συμβεβηκότων ἐστί, καὶ τῶν τότε τὸ εἶναι ἐχόντων, ὁπόταν ἐν οὐσίᾳ τινὶ γένηται. Ὁ μὲν γὰρ ἄνθρωπος καὶ χωρὶς τῆς τεκτονικῆς ἔσται. Ἡ δὲ οὐκ ἔσται ἐὰν μὴ πρότερον ἄνθρωπος ᾖ. Ὅθεν τὰς τέχνας ἐξ οὐκ ὄντων εἰς ἀνθρώπους πεφυκέναι γίνεσθαι λέγειν ἀναγκαῖον. Εἰ τοίνυν τοῦτο οὕτως ἔχειν ἐπ´ ἀνθρώπων ἐδείξαμεν, πῶς οὐχὶ προσῆκε τὸν Θεὸν μὴ μόνον ποιότητας ἐξ οὐκ ὄντων φάναι δύνασθαι ποιεῖν, ἀλλὰ καὶ οὐσίας; Τῷ γὰρ δυνατὸν φανῆναι, τὸ γίνεσθαί τι ἐξ οὐκ ὄντων, καὶ τὰς οὐσίας οὕτως ἔχειν δείκνυται.

Πάλιν δὲ διαληπτέον τῶν κακῶν πέρι. Τὰ κακὰ πότερον οὐσίαι σοι δοκοῦσιν εἶναι ἢ ποιότητες οὐσιῶν;

— Ποιότητες.

— Ἡ δὲ ὕλη ἄποιος ἦν καὶ ἀσχημάτιστος;

— Οὕτω.

— Πέπλεκται ἄρα τὰ ὀνόματα ταῦτα τῇ οὐσίᾳ ἐκ τῶν συμβεβηκότων αὐτῇ· οὔτε γάρ ἐστιν ὁ φόνος ἡ οὐσία οὔτε τι τῶν ἄλλων κακῶν, ἀλλ´ ἐκ τῶν ἐνεργειῶν παρονομάζεται. Οὔτε γὰρ φόνος ὁ ἄνθρωπος, ἀλλὰ τῷ ἐνηργηκέναι τοῦτον παρωνύμως φονεὺς παρονομάζεται, μὴ ὢν φόνος αὐτός· οὔτε συλλήβδην εἰπεῖν τι τῶν ἄλλων κακῶν ἐστιν ἡ οὐσία, ἀλλὰ τῷ πρᾶξαί τι τῶν κακῶν κακὴ λέγεσθαι δύναται.

Mais démontrons d'abord ce point. Ne voyons-nous pas parmi nous des hommes qui créent des choses de rien, même s'ils ont l'air de creer dans quelque cliose? Prenons par exemple le cas des architectes : ils bätissent des villes, et ils ne les font pas avec des villes dejä existantes; de même ils construisent des temples, mais non avec des temples.

Mais si, parce que les substances sont à la base de ces choses, tu penses que les créateurs les font à partir de ce qui existe, tu te trompes dans ton raisonnement. Car ce n'est pas la substance qui fait la ville ou les tem-ples, mais l'art appliqué à la substance. Et cet art n'est pas produit à partir de quelque art préexistant dans les substances elles-mêmes, mais à partir de ce qui n'existe pas en elles.

Mais tu me parais d’accord avec cet argument: que l'artisan fait l'art qui est lié à la substance à partir de l'art dont il dispose. Maintenant, je pense que c'est une bonne réponse de dire à cela, que dans l'homme il ne se produit rien d'aucun art préexistant ; car on ne doit pas dire que la substance en elle-même est l'art. Car l'art est dans la catégorie des accidents, et c’est l'une des choses qui ont une existence uniquement si elles sont employées sur certaines substances. Car l'homme existera, même sans l'art de bâtir, mais elle n’aura pas d'existence à moins que l'homme ait déjà existé. D'où nous devons dire qu'il est dans la nature des choses pour les arts d’être produits par les hommes à partir de ce qui n'a pas d'existence. Si, ensuite, nous avons montré qu’il en est ainsi dans le cas des hommes, pourquoi est-il abusif de dire que Dieu est en mesure de créer non seulement des qualités, mais également des substances, à partir de ce qui n'a pas d'existence? Car, comme il semble possible pour quelque chose d’être créée à partir de ce qui n’existe pas, il est évident que c'est le cas des substances.

Revenons à la question du mal. Penses-tu que le mal soit placé parmi les substances, ou des qualités des substances?

— Des qualités.

— Mais la matière a été trouvée sans qualité ou forme?

— C’est cela.

— Eh bien, alors, ces noms sont rattachés à la substance en raison de ses accidents. Car le meurtre n'est pas une substance, ni aucun autre mal ; mais la substance reçoit un autre nom à partir de sa mise en pratique. Car un homme n'est pas le meurtre, mais en le commettant, il reçoit le surnom de meurtrier, sans être lui-même le meurtre ; et pour parler bref, aucun autre mal n’est une substance ; mais en pratiquant un mal quelconque, on peut l’appeler le mal.

 Ὁμοίως ἐπινόησον, εἴ τι ἕτερον ἀναπλάττεις ἐν τῷ νῷ κακῶν τοῖς ἀνθρώποις αἴτιον, ὡς κἀκεῖνος κακὸν ἐν τῷ τούτοις ἐνεργεῖν καὶ ὑποβάλλειν ποιεῖν τὰ κακά. Ἔστι γὰρ καὶ αὐτὸς κακὸς ἐξ ὧν ποιεῖ· διὰ τοῦτο γὰρ κακὸς εἶναι λέγεται, ὅτι τῶν κακῶν ἐστι ποιητής. Ἃ δέ τις ποιεῖ, οὐκ ἔστιν αὐτὸς ἀλλ´ ἐνέργεια αὐτοῦ, ἀφ´ ὧν τὴν προσηγορίαν τοῦ κακὸς λέγεσθαι λαμβάνει. Εἰ γὰρ αὐτὸν εἴποιμεν εἶναι ἃ ποιεῖ, ποιεῖ δὲ φόνους καὶ μοιχείας καὶ ὅσα ὅμοια, αὐτὸς ἔσται ταῦτα· εἰ δὲ αὐτός ἐστι ταῦτα, ὅτε γίνεται, τὴν σύστασιν ἔχει, οὐ γινόμενα δὲ καὶ τοῦ εἶναι παύεται, γίνεται δὲ ταῦτα πρὸς ἀνθρώπων. Ἔσονται ἄρα τούτων οἱ ἄνθρωποι ποιηταὶ καὶ τοῦ εἶναι καὶ τοῦ μηκέτι εἶναι αἴτιοι. Ἀλλ´ εἰ ἐξ ὧν ἐνεργεῖ ἕκαστος ὑπάρχει κακός, ἃ δὲ ἐνεργεῖ, ἀρχὴν τοῦ εἶναι λαμβάνει, ἤρξατο κἀκεῖνος εἶναι κακός, ἤρξατο δὲ καὶ ταῦτα τὰ κακά. Εἰ δ´ οὕτως ἔχει, οὐκ ἔστιν ἀνάρχως τις κακός, οὐδὲ ἀγένητα τὰ κακά.

Ἀλλὰ τὸ μὲν πρὸς τὸν ἑταῖρον λόγον ἱκανῶς, ὦ φίλε, πεποιηκέναι μοι δοκεῖς. Ἐξ ὧν γὰρ προλαβὼν ἔδωκε τῷ λόγῳ, ἐκ τούτων συνάγειν ἔδοξας καλῶς. Ὡς ἀληθῶς γάρ, εἰ ἄποιος ἐτύγχανεν ἡ ὕλη τῶν δὲ ποιοτήτων δημιουργὸς ὁ Θεός, ποιότητες δὲ τὰ κακά, ποιητὴς τῶν κακῶν ὁ Θεός. Ἐμοὶ δὲ ψεῦδος δοκεῖ τὴν ὕλην ἄποιον λέγειν· οὐδὲ γὰρ ἔνεστιν εἰπεῖν περὶ τῆς τινος οὐσίας ὡς ἐστιν ἄποιος. Ἀλλὰ μὴν καὶ ἐν ᾧ ἄποιον εἶναι λέγει, τὴν ποιότητα αὐτῆς μηνύει, ὁποία ἐστὶν ἡ ὕλη διαγραφόμενος, ὅπερ ἐστὶ ποιότητος εἶδος. Ὅθεν, εἴ σοι φίλον ἐστίν, ἄνωθεν ἄρχου τοῦ λόγου. Ἐμοὶ γὰρ ἡ ὕλη ποιότητας ἀνάρχως ἔχειν δοκεῖ· οὕτω γὰρ καὶ τὰ κακὰ ἐκ τῆς ἀπορροίας αὐτῆς εἶναι λέγω.

— Ὦ φίλε, εἰ ἔμποιος ἦν ἀνάρχως ἡ ὕλη, τίνος ἔσται ποιητὴς ὁ Θεός; Εἴτε γὰρ οὐσίας ἐροῦμεν, προεῖναί φαμεν· εἴτε αὖ ποιότητας, καὶ αὐτὰς ὑπάρχειν λέγομεν. Οὐκοῦν οὐσίας τε οὔσης καὶ ποιοτήτων, περιττὸν εἶναι μοι δοκεῖ δημιουργὸν λέγειν τὸν Θεόν.

Ἀλλ´ ἀπόκριναι ἐρωτώμενος· τίνι τρόπῳ δημιουργὸν  εἶναι φῂς τὸν Θεόν; Πότερον ὅτι τὰς οὐσίας ἔτρεψεν ἐκείνας εἰς τὸ μηκέτι ὑπάρχειν, αἵπερ ἦσάν ποτε, ἢ ὅτι τὰς μὲν οὐσίας ἐφύλαξε, τὰς δὲ ποιότητας αὐτῶν ἔτρεψεν;

— Οὔτι μοι δοκεῖ ἀλλαγὴν οὐσιῶν γεγονέναι, ἀλλὰ μόνων ποιοτήτων, καθ´ ἃς δημιουργὸν εἶναι λέγομεν τὸν Θεόν· καὶ ὥσπερ εἰ τύχοι λέγειν ἐκ λίθων οἰκίαν γεγονέναι, ἐφ´ ὧν οὐκ ἔνεστιν εἰπεῖν ὡς οὐκέτι λίθοι μένουσι τῇ οὐσίᾳ οἰκία λεγόμενοι οἱ λίθοι (τῇ γὰρ ποιότητι τῆς συνθέσεως τὴν οἰκίαν γεγονέναι φημί), οὕτω μοι δοκεῖ καὶ τὸν Θεόν, ὑπομενούσης τῆς οὐσίας, τροπήν τινα τῶν ποιοτήτων αὐτῆς πεποιηκέναι, καθ´ ἣν τὴν τοῦδε τοῦ κόσμου γένεσιν πρὸς τοῦ Θεοῦ γεγονέναι φημί.

De même envisageons, si tu imagines que quelque chose d'autre soit la cause du mal chez les hommes, que cela aussi est le mal parce qu’ils l’utilisent, et les poussent à faite le mal. Car un homme est mauvais par ses actions. En effet on dit qu’il est mauvais, car il est celui qui fait le mal. Maintenant, ce qu’un homme fait, ce n'est pas l'homme lui-même, mais son acte, et c'est à partir de ses actes qu'il reçoit le titre de mauvais. Car si nous devions dire qu'il est ce qu'il fait, et il commet des meurtres, des adultères, etc., il sera tout cela. Maintenant, s’il est tout cela, alors quand ils sont produits, il a une existence, mais quand ils ne sont pas, lui aussi cesse d'être. Maintenant, ces choses sont produites par des hommes. Les hommes en seront les auteurs, et les causes de leur existence ou de leur non existence. Mais si chaque homme est mauvais/méchant et donc pratique le mal, et que ce qu'il pratique a une origine, il a également fait un début dans le mal, et le mal aussi a eu un début. Maintenant, si c’est le cas, personne n'est sans un commencement au mal, ni le mal sans origine.

— Eh bien, mon ami, tu me sembles avoir discuté suffisamment le point de vue opposé. Car il semble que tu tires des conclusions correctes à partir des prémisses que nous avons accordées à la discussion. Car vraiment si la matière est sans qualités, alors Dieu est le Créateur des qualités, et si les maux sont des qualités, Dieu est l'auteur de maux. Mais il me semble faux de dire que la matière est sans qualités, car on ne peut pas dire de chaque substance qu'elle est sans qualités. Mais en fait, dans l'acte même de dire qu'elle est sans qualités, tu déclares qu'elle a une qualité, en décrivant la nature de la matière, qui est une sorte de qualité. Par conséquent, s'il te plaît, reprenons la discussion au début ; car il me semble que jamais la matière n’a jamais commencé à avoir des qualités. Et comme il en est ainsi, je tiens à affirmer, mon ami, que le mal provient de son émanation.

— Si la matière a éternellement possédé des qualités, de quoi Dieu pourrait-il être le créateur? Car si nous disons substances, on parle d'elles comme préexistantes; si, à nouveau, nous disons qualités, celles-là aussi sont déclarées exister. Puisque, ensuite, les substances et qualités existent, il me semble superflu d'appeler Dieu créateur. Mais réponds à ma question. De quelle manière dis-tu que Dieu était un créateur? Était-ce en changeant l'existence de ces substances en non-existence, ou en modifiant les qualités tandis qu'Il préserve les substances?

— Je pense qu'il n'y a pas de modification dans les substances, mais seulement dans les qualités, et c’est pour elles que nous appelons Dieu créateur. Et tout comme si l'on pouvait dire qu’une maison a été faite de pierres, on ne peut pas dire qu’elles ne continuent pas à être des pierres en substance, parce qu’on les appelle une maison, car j’affirme que la maison est faite par la qualité de la construction. Aussi je pense que Dieu, alors que la substance subsistait, produisait un changement dans ses qualités, et c’est pourquoi je dis que ce monde a été fait par Dieu.

 

— Πότερον καί σοι δοκεῖ τὰ κακὰ ποιότητες οὐσιῶν εἶναι;

— Δοκεῖ.

— Ἄνωθεν δὲ ἦσαν αἱ ποιότητες αὗται ἐν τῇ ὕλῃ, ἢ ἀρχὴν ἔσχον τοῦ εἶναι;

— Συνεῖναί φημι ἀγενήτως τῇ ὕλῃ ταύτας, ἢ τὰς ποιότητας.

— Οὐχὶ δὲ τὸν Θεὸν φῂς τροπήν τινα τῶν ποιοτήτων πεποιηκέναι;

— Τοῦτό φημι.

— Εἰς τὸ κρεῖττον;

— Ἐμοὶ δοκεῖ.

— Οὐκοῦν εἰ ποιότητες ὕλης τὰ κακά, τὰς δὲ ποιότητας αὐτῆς εἰς τὸ κρεῖττον ἔτρεψεν ὁ Θεός, πόθεν τὰ κακά, ζητεῖν ἀνάγκη. Ἢ γὰρ πᾶσαι κακαὶ οὖσαι ἐπὶ τὸ κρεῖττον ἐτράπησαν· ἢ αἱ μὲν οὖσαι κακαί, αἱ δὲ μή, αἱ μὲν κακαὶ οὐκ ἐτράπησαν ἐπὶ τὸ κρεῖττον, αἱ δὲ λοιπαί, ὅσαι διάφοροι ἐτύγχανον, τῆς διακοσμήσεως ἕνεκα πρὸς Θεοῦ ἐτράπησαν.

— Οὕτως ἄνωθεν εἶχον ἐγώ.

— Πῶς τοίνυν τὰς τῶν φαύλων ποιότητας ὡς εἶχον καταλελοιπέναι λέγεις;

Πότερον δυνάμενον μὲν ἐκείνας ἀνελεῖν, ἢ βουληθέντα μὲν μὴ δυνάμενον δέ; Εἰ μὲν γὰρ δυνάμενον λέγεις μὴ βουληθέντα δέ, αὐτὸν τούτων ποιητὴν εἰπεῖν ἀνάγκη, ὅτι δυνάμενος ποιῆσαι μὴ εἶναι κακὰ συνεχώρησεν αὐτὰ μένειν  ὡς ἦν, καὶ μάλιστα ὅτε δημιουργεῖν τὴν ὕλην ἤρξατο. Εἰ γὰρ μηδὲ ὅλως ἔμελεν αὐτῷ τῆς ὕλης, οὐκ ἂν αἴτιος ἦν ὧν συνεχώρησε μένειν·

ἐπεὶ δὲ μέρος μέν τι αὐτῆς δημιουργεῖ, μέρος δέ τι αὐτῆς ἐᾷ, δυνάμενος κἀκεῖνο τρέπειν εἰς τὸ κρεῖττον, αἴτιός μοι τῶν κακῶν δοκεῖ, καταλιπὼν μέρος ὕλης πονηρὸν ἐπ´ ὀλέθρῳ οὗ ἐδημιούργησε μέρους.

Ἀλλὰ μὴν καὶ τὰ μέγιστα κατὰ τοῦτο τὸ μέρος ἠδικῆσθαί μοι δοκεῖ, ὅπερ κατεσκεύασε τῆς ὕλης μέρος ἀντιλαμβανόμενον τὰ ἐκ τῶν κακῶν.

Πρὶν γὰρ αὐτὴν διακριθῆναι, τὸ μηδὲ αἰσθέσθαι τῶν κακῶν παρῆν αὐτῇ· νῦν δὲ ἕκαστον τῶν μερῶν αὐτῆς αἴσθησιν λαμβάνει τῶν κακῶν. Καί μοι ἐπ´ ἀνθρώπου λαβὲ τὸ παράδειγμα. Πρὶν γὰρ ζῷον γένηται, ἀναίσθητον ἦν τῶν κακῶν· ἀφ´ οὗ δὲ εἰκονισθὲν ἄνθρωπος πρὸς Θεοῦ γίνεται, τότε καὶ τὴν αἴσθησιν τοῦ προσπελάζοντος κακοῦ προσλαμβάνει. Καὶ τοῦτο, ὅπερ ἐπ´ εὐεργεσίᾳ τῆς ὕλης πρὸς Θεοῦ γεγονέναι λέγεις, εὑρίσκεται μᾶλλον ἐπὶ τῷ χείρονι προσγενόμενον αὐτῇ. Εἰ δὲ μὴ δύνασθαι παῦσαι τὰ κακὰ τὸν Θεὸν φῄς, τὸ δὲ ἀδύνατον ἤτοι τῇ φύσει ἀσθενῆ ὑπάρχειν ἐστὶν ἢ τῷ νικᾶσθαι τῷ φόβῳ δεδουλωμένον πρός τινος κρείττονος, ὅρα ὁποῖον τούτων προσάπτειν ἐθέλοις τῷ παντοκράτορι καὶ ἀγαθῷ Θεῷ.

Ἀλλὰ πάλιν περὶ τῆς ὕλης ἀπόκριναι, πότερον ἁπλῆ τίς ἐστιν ἡ ὕλη ἢ σύνθετος; Εἰ γὰρ ἁπλῆ τις ἐτύγχανεν ὕλη καὶ μονοειδής, σύνθετος δὲ ὁ κόσμος καὶ ἐκ διαφόρων οὐσιῶν συνεστώς ἐστιν, ἀδύνατον τοῦτον ἐξ ὕλης γεγονέναι λέγειν, τῷ τὰ σύνθετα μὴ οἷόν τε ἐξ ἑνὸς ἁπλοῦ τὴν σύστασιν ἔχειν· τὸ γὰρ σύνθετον ἁπλῶν τινῶν μίξιν μηνύει.

Εἰ δ´ αὖ πάλιν σύνθετον λέγεις τὴν ὕλην, πάντως ἐξ ἁπλῶν συνετέθη, καὶ ἦν ποτε καθ´ ἑαυτὰ ἁπλᾶ, ὧν συντεθέντων γέγονεν ἡ ὕλη· τὰ δὲ σύνθετα ἐξ ἁπλῶν τὴν σύστασιν ἔχει, ἦν ποτε καιρὸς ὅτε ἡ ὕλη οὐκ ἦν, τουτέστι πρὶν τὰ ἁπλᾶ συνελθεῖν. Εἰ δὲ ἦν ποτε καιρὸς ὅτε ἡ ὕλη οὐκ ἦν, οὐκ ἦν δέ ποτε καιρὸς ὅτε ἀγένητον οὐκ ἦν, οὐκ ἔσται ἀγένητος ἡ ὕλη· τὸ δ´ ἐντεῦθεν ἔσται πολλὰ τὰ ἀγένητα. Εἰ γὰρ ἦν ἀγένητος ὁ Θεός, ἦν δὲ ἀγένητα καὶ τὰ ἁπλᾶ ἐξ ὧν ἡ ὕλη συνετέθη, οὐκ ἔσται δύο καὶ μόνα τὰ ἀγένητα, ἵνα παρήσω τὸ ἐπιζητῆσαι τί ὄντα ἐστὶν ἁπλᾶ, ὕλη ἢ εἶδος· πολλὰ γὰρ καὶ οὕτως ἄτοπα ἀκολουθήσειαν.

— Penses-tu aussi que le mal est parmi les qualités des substances?

— Oui.

— Et ces qualités ont-elles été dans la matière dès l’origine, ou ont-elles eues un commencement?

— Je dis que ces qualités coexistent éternellement avec la matière.

— Mais n'a-tu pas dis que Dieu a fait un changement dans les qualités?

— Je l’ai dit.

— Pour le meilleur?

— Je crois que oui.

— Si, alors, le mal est parmi les qualités de la matière, et que ses qualités ont été modifiées par Dieu pour les améliorer, un examen doit être mené pour savoir d'où provient le mal. Car soit toutes d'entre elles, étant le mal, ont subi un changement pour le meilleur, ou certaines d'entre elles étant le mal, et d'autres non, les maux n’ont pas été changés en mieux, mais le reste, dans la mesure où elles ont été trouvées supérieures, ont été modifiées par Dieu pour l'arrangement de l'univers.

— C'était mon opinion au début.

— Comment, alors, dis-tu, cela se passa-t-il quand Il a laissé les qualités du mal comme elles l’étaient?

Était-il capable d’en finir avec elles, ou, bien qu'il l’ait souhaité, il en ait été incapable? En effet, si tu dis qu'Il l’a pu, mais a été peu enclin à le faire, Il doit être l'auteur de ces choses ; parce que, alors qu'Il avait le pouvoir d’en finir avec le mal, il lui a permis de rester tel qu'il était, surtout quand Il a commencé à travailler sur la matière. Car s'Il n’avait rien eu à voir avec la matière, il n'aurait pas été l'auteur de ce qu’Il a laissé subsister.

Mais puisqu’il travaille sur une partie de celle-ci, et en abandonne une partie à elle-même, alors qu'Il a le pouvoir de la changer pour le meilleur, je pense qu'Il est l'auteur du mal, puisqu'il a laissé une partie de la matière dans sa état musérable. Il a ensuite créé pour la ruine d'une partie et, à cet égard, il me semble que cette partie a été principalement blessée par Son arrangement dans la matière, de sorte qu'elle est devenue dépendante du mal.

Car avant que la matière ait été remise en ordre, elle n’avait pas la perception du mal, mais maintenant chacune de ses parties a la capacité de percevoir le mal. Maintenant, prenons exemple sur l'homme. Avant de devenir un être vivant, il a été insensible au mal ; mais à partir du moment où il a été façonné par Dieu à son image, il a acquis la perception de l'approche du mal. Donc, cet acte de Dieu, que tu dis avoir été fait pour le bénéfice de la matière, lui est plutôt arrivé pour le pire. Mais si tu dis que Dieu n'a pas été capable d'arrêter le mal, cette impossibilité résulte-t-elle de Son être naturellement faible, ou de Son être craintif, et soumis à un quelque Être plus puissant? Voyons ce que tu souhaites attribuer au Dieu tout-puissant et bon.

Mais, à nouveau, réponds-moi sur la matière. Est-elle simple ou composée? Car si la matière est simple et uniforme, et l'univers complexe et composé de différentes substances, il est impossible de dire qu’il est fait de la matière, parce que les choses composées ne peuvent pas être composées d'un simple et unique ingrédient. Car la composition indique le mélange de plusieurs choses simples.

Mais si, d'autre part, tu dis que la matière est composée, elle a été entièrement faite d'éléments simples, et un jour ils ont été simples séparément, et par eux ? la matière composée a été produite; car les choses composées récupèrent leur composition des choses simples. Il y eut donc un temps où la matière n'existait pas — c'est-à-dire, avant la combinaison des éléments simples. Mais s’il y eut un temps où la matière n'existait pas, et qu’il n'y ait jamais eu un moment où ce qui est incréé n'existait pas, alors la matière n'est pas incréée. Et de cela, il résulte qu'il y a de nombreuses choses qui sont incréés. En effet, si Dieu était incréé, ainsi que les éléments de la matière composée, le nombre des incréés serait plus grand que deux. Cela en omettant de demander quels sont les éléments simples, la matière ou la forme — car ce serait suivi par de nombreuses absurdités.

Δοκεῖ δέ σοι μηδὲν τῶν ὄντων αὐτὸ ἑαυτῷ ἀντικεῖσθαι;

— Δοκεῖ.

 — Ἀντίκειται δὲ τῷ πυρὶ τὸ ὕδωρ, καὶ τῷ φωτὶ τὸ σκότος, καὶ τῷ ψυχρῷ τὸ θερμὸν καὶ τῷ ξηρῷ τὸ ὑγρόν;

— Οὕτως ἔχειν μοι δοκεῖ.

— Οὐκοῦν εἰ μηδὲν τῶν ὄντων αὐτὸ ἑαυτῷ ἀντίκειται, ἀλλήλοις δὲ ταῦτα ἀντίκειται, οὐκ ἔσονται ὕλη μία, οὐδὲ μὴν ἐξ ὕλης μιᾶς. Πάλιν δὲ πυθέσθαι βούλομαι· δοκεῖ σοι τὰ μέρη μὴ ἀναιρετικὰ ἀλλήλων εἶναι;

— Δοκεῖ.

— Εἶναι δὲ τῆς ὕλης μέρος τό τε πῦρ καὶ τὸ ὕδωρ, ὡσαύτως δὲ καὶ τὰ λοιπά;

— Οὕτως ἔχω.

— Τί δέ, οὐ δοκεῖ σοι ἀναιρετικὸν μὲν εἶναι τοῦ πυρὸς τὸ ὕδωρ, τοῦ δὲ σκότους τὸ φῶς, καὶ τὰ ἄλλα ὅσα τούτοις παραπλήσια;

— Δοκεῖ.

— Οὐκοῦν εἰ τὰ μέρη οὐκ ἔστιν ἀλλήλων ἀναιρετικά, ταῦτα δὲ ἀναιρετικὰ τυγχάνει, οὐκ ἔσται ἀλλήλων μέρη· εἰ δ´ οὐκ ἔσται ἀλλήλων μέρη, οὐκ ἔσονται ὕλης μιᾶς. Ἀλλὰ μὴν οὐδ´ αὖ ἔσονται ὕλη, τῷ μηδέν τι τῶν ὄντων  αὐτὸ ἑαυτοῦ ἀναιρετικὸν εἶναι. Οὕτως οὖν τῶν ἀντικειμένων ἐχόντων τὸ μὴ εἶναι τὴν ὕλην δείκνυται. Περὶ μὲν τῆς ὕλης αὐτάρκως ἔχει· ἐπὶ δὲ τὴν τῶν κακῶν ἐξέτασιν ἔρχεσθαι δεῖ, καὶ ἀναγκαίως ἀναζητεῖν τὰ παρὰ ἀνθρώποις. Τὰ παρ´ ἀνθρώποις κακὰ πότερον εἴδη τυγχάνει κακοῦ ἢ μέρη; Εἰ γὰρ εἴδη, οὐκ ἔσται ἕτερον παρὰ ταῦτα τὸ κακὸν καθ´ αὑτό, τῷ τὰ γένη ἐν τοῖς εἴδεσιν ἐξετάζεσθαι καὶ ὑφεστάναι.

Εἰ δὲ τοῦτο, γενητὸν ἔσται τὸ κακόν· τὰ γὰρ εἴδη γενητὰ δείκνυται, οἷον φόνος καὶ μοιχεία καὶ τὰ τούτοις παραπλήσια. Εἰ δὲ μέρη τινὸς κακοῦ ταῦτα εἶναι ἐθέλοις, ἔστι δὲ ταῦτα γενητά, ἀνάγκη κἀκεῖνο γενητὸν ὑπάρχειν. Ὧν γὰρ τὰ μέρη γενητά, ταῦτα ὁμοίως ἐξ ἀνάγκης ἐστὶ γενητά· τὸ γὰρ ὅλον ἐκ μερῶν συνέστηκε. Καὶ τὸ μὲν ὅλον οὐκ ἔσται μὴ ὄντων μερῶν, ἔσται δέ τινα τῶν μερῶν κἂν μὴ τὸ ὅλον παρῇ. Οὐδενὸς δὲ τῶν ὄντων μέρος μέν ἐστι γενητόν, μέρος δὲ ἀγένητον· εἰ δὲ καὶ τοῦτο συγχωρήσαιμι τῷ λόγῳ, ἦν ποτε τὸ κακὸν ὅτε ὁλόκληρον οὐκ ἦν, τουτέστι πρὶν δημιουργῆσαι τὴν ὕλην τὸν Θέον· τότε δὲ ὁλόκληρον γίνεται, ὅτε πρὸς τοῦ Θεοῦ γέγονεν ἄνθρωπος· τῶν γὰρ μερῶν τοῦ κακοῦ ἄνθρωπος ὑπάρχει ποιητής· καὶ τὸ ἐντεῦθεν ὁλόκληρον εἶναι τὸ κακὸν αἴτιος ἔσται δημιουργήσας ὁ Θεός, ὅπερ ἀσεβές. Εἰ δ´ οὐδ´ ὁπότερον τούτων λέγεις τὸ κακόν, πρᾶξιν δέ τινος κακοῦ εἶναι λέγεις, γενητὸν αὐτὸ ὑπάρχειν μηνύεις· ἡ γὰρ τοῦ τινὸς πρᾶξις ἀρχὴν τοῦ εἶναι λαμβάνει. Πρὸς δὴ τούτοις οὐδὲν ἕτερον παρὰ ταῦτα τὸ κακὸν εἰπεῖν ἔχεις. Ποίαν γὰρ πρᾶξιν κακὴν ἑτέραν παρὰ τὸ ἐν ἀνθρώποις δεικνύειν  ἔχεις; Ὅτι γὰρ ὁ ἐνεργῶν οὐ κατὰ τὸν τῆς οὐσίας λόγον ὑπάρχει κακία, ἀλλὰ κατ´ αὐτὸ τὸ ἐνεργεῖν τὸ κακὸν ἤδη δέδεικται.

Ὅτι τῇ φύσει κακὸν οὐδέν ἐστιν, ἀλλὰ τῇ χρήσει γίνεται κακὰ τὰ κακά.

Ὅτι αὐτεξούσιόν, φησι, γεγονέναι φημὶ τὸν ἄνθρωπον οὐχ ὡς προϋποκειμένου τινὸς ἤδη κακοῦ, οὗ τὴν ἐξουσίαν τοῦ ἑλέσθαι, εἰ βούλοιτο, ἄνθρωπος ἐλάμβανεν· ἀλλὰ τὴν τοῦ ὑπακούειν τῷ Θεῷ καὶ μὴ ὑπακούειν αἴτιον μόνον ἦν.

Τοῦτο γὰρ τὸ αὐτεξούσιον ἐβούλετο τότε. Καὶ γενόμενος ὁ ἄνθρωπος ἐντολὴν λαμβάνει παρὰ τοῦ Θεοῦ, καὶ ἐντεῦθεν ἤδη τὸ κακὸν ἄρχεται· οὐ γὰρ πείθεται τῷ θείῳ προστάγματι. Καὶ τοῦτο καὶ μόνον ἦν τὸ κακόν, ἡ παρακοή, ἥτις τοῦ εἶναι ἤρξατο.

Je te poses alors la question : penses-tu que rien de ce qui existe n’est contraire à lui-même?

— Oui.

— Pourtant, l’eau est contraire au feu, l'obscurité à la lumière, la chaleur au froid, l'humidité à la sécheresse.

— Je le crois.

— Si, alors, rien de ce qui existe n’est son propre contraire, et si ceux-ci sont contraires l'un à l'autre, ils ne feront pas une seule et même matière — non, ni formé d'une seule et même question. Mais, là encore, je tiens à demander, penses-tu que les parties d'une chose ne sont pas destructrices l'une de l'autre?

— Si.

— Et que le feu et l'eau, et le reste tout comme, sont des parties de la matière?

— C’est ce que je pense.

— Pourquoi, alors, tu ne penses pas que l'eau est destructrice du feu, la lumière des ténèbres, et ainsi de suite avec le reste?

— Si.

— Ensuite, si des parties d'une chose ne sont pas destructrices l'une de l'autre, et qu’on trouve qu’elles le soient, elles ne feront pas partie de la même chose. Mais si elles ne font pas partie de la même chose, elles ne feront pas partie d'une seule et même matière. Et, en effet, elles ne seront pas non plus la matière, parce que rien de ce qui existe ne se détruit lui-même. Et cela étant le cas avec des contraires, on démontré qu’il n’y a pas de matière. C’en est assez sur la matière.

Maintenant, nous devons en venir à l'examen des maux, et devons nécessairement enquêter sur les maux parmi les hommes. Quant aux maux, sont-ils des formes du principe du mal, ou des parties? Si ce sont des formes, le mal n'aura pas une existence séparée distincte d’elles, parce que les espèces sont à rechercher dans les formes, et les sous-tendent. Mais si tel est le cas, le mal a une origine. Pour on a montré que ses formes ont une origine — comme le meurtre, l'adultère, etc. Mais si tu les fais parties de quelque principe du mal, et qu’ils aient une origine, il doit également avoir une origine. Car ces choses dont les parties ont une origine, sont nécessairement de même origine. Car le tout se compose de parties. Et le tout n’existera pas si les parties n’existent pas, bien qu'il puisse existe certaines parties, même si le tout n’existe pas. Maintenant, il n'y a rien d'existant dont une partie est originaire, et une autre partie non. Mais si j'étais encore à concéder ceci, alors il fut un temps où le mal n'était pas complet, à savoir, avant que la matière fut produite par Dieu. Et elle atteint la plénitude lorsque l'homme est créé par Dieu, car l'homme est le créateur des parties du mal. Il s’ensuit que la cause du mal étant complète, Dieu en est le Créateur, ce qu’il est une impiété. Mais si tu dis que le mal n’est aucune des choses supposées, mais est l’acte de quelque chose de mal, tu déclares qu'il a une origine. Car la création d'une chose fait le commencement de son existence. Et en plus, tu n’as rien d'autre pour te prononcer sur le mal. Car quelles autres actions as-tu pour le faire remarquer comme tel, excepté ce qui se passe chez les hommes? Maintenant, il a été déjà montré que celui qui agit n'est pas le mal en fonction de son être, mais est mauvias conformément à son acte.

Parce qu'il n'y a rien de mauvais, par nature, c’est à l’usage que les choses deviennent mauvaises.

 Je dis donc, dit-il, que l'homme a été créé avec un libre arbitre, non pas parce qu’il y avait déjà le mal dans son existence, qu’il avait le pouvoir de choisir, s'il le souhaitait, mais pour sa capacité d'obéir ou de désobéir à Dieu.

Car c’est cela le sens du don du libre arbitre. Et l'homme après sa création reçut un précepte de Dieu, et de cela immédiatement provint le mal, car il n’a pas obéi à l'ordre divin ; et cela seulement est le mal, la désobéissance, qui a eu un commencement.
 

[1]   Cf. Patrologia Orientalis, t. 22, p. 631, pour une traduction du traité de Méthode Sur le libre-arbitre, en slave, grec et français.