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Anthologie grecque

PROBLÈMES, ÉNIGMES, ORACLES.

(Édition de Jacobs, t. II. p. 547 ; de Tauchnitz, t. IlI, p. 170.)

1. SOCRATE. Polycrate, tyran de Samos, demande à Pythagore le nombre de ses élèves. - Fortuné Pythagore, rejeton héliconien des Muses, dis-moi combien dans ton école, tu as d'athlètes que tu dresses aux glorieux exercices de la philosophie. - Je vais te le dire, Polycrate : la moitié étudie les belles sciences mathématiques ; l'éternelle nature est l'objet des travaux d'un quart ; un septième s'exerce au silence et à la méditation ; il y a de plus trois femmes dont Théano est la plus distinguée. Voilà le nombre de mes disciples (01) qui sont aussi ceux des Muses.
2. ANONYME. - Je suis une Minerve d'or massif. Le métal est un don de jeunes poètes ; Charisius en a fourni la moitié ; Thespia, la huitième partie ; Solon, la dixième ; Thémison, la vingtième. Les neuf autres talents et l'oeuvre même de ma statue, on les doit à Aristonice (02).
3. ANONYME. - Cypris dit à l'Amour qui avait l'air chagrin : « Quel est, mon fils, le sujet de ta peine ? » - « Les Muses m'ont à l'envi pillé les pommes que j'avais cueillies sur l'Hélicon. Clio m'en a pris le cinquième ; Euterpe, le douzième ; la divine Thalie, le huitième ; Melpomène le vingtième ; Terpsichore, la quart ; Érato, le septième ; Polymnie, m'en a volé trente ; Uranie, cent vingt ; Calliope s’en est chargée de trois cents ; et moi, je viens vers toi, les mains presque vides, emportant ce qu'ont laissé les déesses, cinquante pommes (03). »
4. ANONYME. - Le puissant Alcide demandait à Augias le nombre de ses boeufs. Le roi lui répondit : « Sur les bords de l'Alphée, il y en a la moitié ; le huitième de mon troupeau est à paître sur la colline de Saturne ; le douzième est près de la borne de Taraxippe ; le vingtième pâture aux environs de la divine Élis. J'en ai laissé le trentième dans les herbages d'Arcadie ; tu verras ici le reste du troupeau, cinquante boeufs (04). »
5. ANONYME. - Je suis l'enfant noir d'un père lumineux ; oiseau sans aile, je m'élève jusqu'aux nuages, jusqu'au ciel. Je fais pleurer, sans motif de chagrin, les pupilles que je rencontre. A peine suis-je né que je me dissipe dans l'air (05).
6. ANONYME. - O toi qui indiques si bien les heures, combien s'en est-il écoulé depuis ce matin ? Il reste deux fois les deux tiers des heures écoulées (06).
7. ANONYME. - Je suis un lion de bronze ; deux jets jaillissent de mes yeux, un autre de ma gueule, un autre de mon pied. En deux jours, mon oeil droit remplit le bassin, mon oeil gauche en trois, et mon pied en quatre jours. Pour le remplir, six heures suffisent au jet d'eau de ma gueule. Si tous les jets, et de mes yeux et de ma gueule et de mon pied, coulent à la fois, en combien d'heures le bassin sera-t-il rempli (07) ?
8. ANONYME. - Le dé amène un, deux, trois, quatre, cinq, six, ou mieux six et as, cinq et deux, trois et quatre (08).
9. ANONYME. - Le père de mon époux (Achille) a tué mon mari (Hector) ; mon mari (Pyrrhus) a tué mon beau-père (Priam) ; mon beau-frère (Pâris) a tué mon beau-père (Achille), et mon beau-père (Achille) mon père (Aetion) (09).
10. ANONYME. - Je connais des cloches qui ne savent pas se taire .... Le vent pousse l'airain à résonner d'accord avec la pensée de Jupiter, la première cloche mettant en branle la seconde, la troisième répondant au bruit de la quatrième ; mais si le moteur s'arrête et ne souffle plus, la cloche est muette ; car naturellement l'airain ne parle pas. Mais la nature de nos cloches est de parler, et elles parlent bien mieux quand la langue est d'accord avec la raison, se taisant quand il faut se taire et parlant quand il convient (10).
11. ANONYME. - Les mille statères que j'ai acquis, je veux que mes deux fils en héritent, dans cette proportion : pour mon fils légitime, que sa part, le cinquième de ma succession, surpasse de dix la part de son frère bâtard qui en est le quart (11).
12. ANONYME. - Le roi Crésus consacra six vases de six mines, chacun pesant une mine de plus que l'autre (12).
13. ANONYME. Sur les trois statues de Zéthus, d'Amphion et de leur mère. - Ensemble, nous pesons vingt mines. Si tu prends de moi Zéthus le tiers et d'Amphion le quart, tu trouveras six, et tu auras le poids de notre mère (13).
14. ANONYME. - Un seul vent souffle pour deux vaisseaux, et dix matelots rament à l'envi ; mais un seul pilote fait manoeuvrer les deux navires (14).
15. ANONYME. - Six pieds sont la mesure du vers ïambique le spondée , le trochée, le dactyle, l'anapeste, le pyrrhique et l'iambe. Chacun a sa place. La place du pyrrhique est à la fin ; mais les pieds qui ont une longue au commencement , la première syllabe, la troisième et la cinquième les admettent ; les autres pieds conviennent également à toutes les positions. L'iambe seul en roi siège où il veut.
16. ANONYME. - Mon tout est une île. Mon premier est le mugissement du boeuf, et mon second est le mot favori de l'emprunteur (15).
17. ANONYME. - La chasse est une école de la guerre ; elle enseigne à prendre l'ennemi qui se cache, à soutenir le choc de celui qui attaque, à poursuivre celui qui fuit.
18. ANONYME. - L'époux de Diomédie , combattant pour la terre de Troie, a tué Hector le fils de Priam (16).
19. ANONYME. - J'ai vu une bête courant à travers une forêt qu'émonde le fer, et de ses pieds elle ne touchait pas la terre (17).
20 et 21. ANONYME. - Au milieu du feu (
purñw), mettez le signe d'une centaine (r) ;vous aurez le fils d'une vierge et d'un meurtrier (18).
22. ANONYME. - Ne parle pas, et tu exprimeras mon nom ; mais si tu me nommes , en disant mon nom , ô prodige ! tu ne m'exprimeras pas (19).
23. ANONYME. - Un fils de la terre (20) me porte, moi fils de Nérée (21), nageant dans les succulentes eaux du Styx (22).
24. ANONYME. - Tu vois en moi un nouveau Bacchus ; un double sein m'a donné le jour, et mon père préside à la mémoire. Je reçus en naissant un coeur impitoyable, et j'aimai d'abord à me charger d'animaux sauvages. Depuis, ayant fait mourir dans mes lacets un fils chéri de ma soeur, je ne porte plus d'animaux, mais je soutiens et le ciel et la mer et la terre et le choeur sacré, à jamais impérissable, des immortels (23).
25. ANONYME. - Je pleure mes fils, ornements du Sipyle (24) qu'Apollon, que Diane ont tués. Un père me redoute (25), moi sa fille (26). Morte, je suis baignée par deux fleuves intarissables qu'épanche un pic sur le tertre sourcilleux de ma tombe.
26. ANONYME. - J'étais d'abord de couleur bise ; mais battu (et lavé), je suis devenu plus blanc que la neige. J'aime le bain et la pêche (27) ; et le premier je me trouve à la réunion des convives (28).
27. ANONYME. - Cherche dans la mer la jeune fille qui jadis se changea en lion, tu trouveras la belle-mère de l'Hécube qui tua ses enfants (29).
28. ANONYME. - Nihil hic video : hoc aenigma adhuc expectat Oedipum. Jacobs.
29. ANONYME. - A moi seul (30) est permise une intime union avec les femmes, et cela de l'aveu des maris (31).
30. ANONYME. - J'ai pour père un bélier, pour mère une tortue. Mais aussitôt né , j'ai tué père et mère (32).
31. ANONYME. - Écris une des deux mères de Bacchus (
mhrñw, cuisse), et sur l'articulation place l'article (õ), tu vois celui dont la patrie (Smærna, la même que Mærra) fut l'épouse de son père (Cyniras) (33).
32. ANONYME. - Tué, j'ai tué celui qui m'avait tué ; mais lui, n'est pas même ainsi allé aux enfers. Quant à moi, je suis mort (34).
33. ANONYME. Même sujet. - J'ai tué celui qui m'avait tué. Mais à quoi bon, puisque la mort a rendu celui que j'ai tué immortel ?
34. ANONYME - (35) Il est une île (36), une ville, qu'habite un peuple du nom d'un arbre, unie au continent par un isthme et baignée par la vaste mer. Là est mon sang, le sang aussi de Cécrops ; là Vulcain et Minerve aux yeux bleus se plaisent en semble. C'est là que je veux qu'on porte à Hercule un culte et des sacrifices.
35. ANONYME. - Je suis une partie de l'homme que le fer taille et rogne. Otez une lettre, et le soleil se couche (37).
36. ANONYME. - Ma vie a été amère (38), ma mort douce (39), et pour servir de nourriture (40), je meurs percé de javelots non ensanglantés (41). Que si quelqu'un doit me cacher mort dans un tombeau vivant (42), on commence par me faire mariner dans le sang des miens.
37. ANONYME. - Je suis l'amie de Pallas (43), et je mets au monde des enfants sans nombre qu'on écrase avec des pierres. Morts, ils donnent de la lumière à l'argile (44), guérissent des maladies, fortifient les athlètes.
38. ANONYME. - J'ai tué mon frère, mon frère m'a tué. Nous mourons victimes des imprécations d'un père (45), et tous deux en mourant nous tenons notre mère (46).
39. ANONYME. - Aliis explicandum relinquo ; forte de Encelado (
¤n kel‹douw) agitur. Jacobs.
40. ANONYME. - Ce sont deux soeurs. L'une engendre l'autre, et la mère est tuée par sa fille ; de sorte qu'étant soeurs et filles, elles sont à la fois soeurs germaines et mères (47).
41. ANONYME. - J'engendre ma mère, et je suis par elle engendré ; et tantôt je suis plus long, tantôt plus court, suivant les saisons (48).
42. ANONYME. - Je suis vierge, fille d'une vierge, et chaque année j'accouche sans cesser d'être vierge (49).
43. ANONYME. - Je suis (50) comme le ciel ; deux bêtes me conduisent, en avant le chien (51) d'Érigone, en arrière le taureau (52) de Pasiphaé ; l'épouse d'Hercule (53) me protège (54), me couvre ; mais souvent l'amante d'Apollon me brûle (55).
44. ANONYME. - Une nuit , je suis venu (56) en faveur des Troyens, et j'ai taillé en pièces des bataillons de Grecs, sans combat. Ni le fils de Tydée, ni le preneur de villes Ulysse n'ont pu chasser le brave (Hector) de l'enceinte des vaisseau. Oui, augmentant les forces et le courage dans les coeurs, j'ai fait bien des ravages parmi les Grecs et parmi les Phrygiens (57).
45. ANONYME. - Je suis noire, blanche, jaune, sèche et humide, et lorsque tu m'as étendue sur un fond de bois, par le fer et la main je parle sans parler (58).
46. ANONYME. - Une lettre ôtée (59), notre mots (60)vous allonge un coup de pied ; mais il ne permettra jamais aux pieds des humains de se heurter en marchant.
47. ANONYME. - La lumière m'avait fait perdre la lumière ; mais un homme s'approchant de moi me l'a rendue pour faire plaisir à mes pieds (61).
48. ANONYME. - Les Grâces portaient des paniers de pommes, et dans chaque panier il y avait le même nombre de fruits. Les neuf Muses les rencontrèrent, et leur demandèrent des pommes. Elles en donnèrent à chacune une quantité égale, et les neuf Muses et les trois Grâces en eurent toutes autant. Dites combien elles en donnèrent, et comment elles en avaient toutes un nombre égal (62).
49. ANONYME. - Fais-moi une couronne d'or, de cuivre, d'étain aussi et de fer, du poids de soixante mines. Que l'or avec le cuivre y entre pour deux tiers, l'or et l'étain pour trois quarts, en même temps que l'or et le fer pour trois cinquièmes. Combien faut-il , dis-moi, que tu emploies d'or ? combien de cuivre ? dis aussi combien d'étain, enfin combien de fer, pour me fabriquer cette couronne de soixante mines (63).
50. ANONYME. - Orfèvre, ajoute à l'unité, poids d'un vase, le tiers, le quart et le douzième, mets le tout au feu, et du mélange fais sortir un lingot : qu'il pèse une mine (64).
51. ANONYME. - A. J'ai ce qu'a le second et le tiers de la part du troisième. - B. J'ai ce qu'a le troisième et le tiers de ce qu'a le premier. - C. Et moi, j'ai dix mines et le tiers de la part du second (65).
52. ANONYME. - Autrefois, j'ai tué les centaures hommes et chevaux (66), en combattant avec les Lapithes et le vaillant Hercule. Autrefois un oeil unique (67) a péri à mon troisième coup, et Neptune en a bien gémi ; et maintenant la troisième Muse (68) me voit mêlé aux tièdes ondes (69) des Nymphes dans un vase de cristal.
53. ANONYME. - Un jour Minerve (70) s'unit amoureusement à Vulcain (71) dans la couche de Pélée (72) ; et à peine furent-ils couchés sous le lin soyeux (73) qu'aussitôt naquit Phaéthon (74) au milieu des ténèbres.
54. ANONYME. - Grâce à l'art ingénieux de Paean, je cache sous des lèvres d'airain un feu vivant, et lorsqu'aux pauvres je retire un sang noir j'éteins le feu que mon sein renferme (75).
55. ANONYME. - Moi seul je puis m'unir tendrement aux femmes, devant les maris qui même me le demandent. Seul aussi je m'accouple aux jeunes gens, aux hommes, aux vieillards et aux jeunes filles, à la grande satisfaction des parents, et sans le moindre goût pour la débauche. Le dieu de la médecine aime à m'employer au nettoyage de l'étable d'Augias. Pour ceux qui m'aiment, auxquels je me suis attaché, je combattrais même contre Pluton. L'ivoire uni à la peau de chèvre par l'habileté des hommes fait de moi un être à la belle peau et à la dent blanche (76).

56. ANONYME. - Me regardes-tu, moi aussi je te regarde ; tu vois avec des yeux, mais moi je ne vois pas avec des yeux, car je n'en ai pas. Le veux-tu, je parle, mais sans voix ; car je n'ai pas de voix : en vain j'ouvre la bouche et remue les lèvres (77).
57. ANONYME. - J'ai le nom de mon père, et je suis plus doux que lui. Il est long et haut ; moi, je suis petit. Chez lui il n'y a de bon à manger que la tête (le chou palmiste) ; mais de moi tout se mange ; seulement j'ai un intérieur non mangeable (le noyau) (78)
58. ANONYME. - Sans tête, je porte une cervelle ; de couleur verte, je m'élève de terre sur une longue tige. Je ressemble à une boule posée comme sur un tube ; et si l'on cherche dans mes flancs, on y trouvera le père de la mère (79).
59. ANONYME. - (80) Ayant dans mes flancs cinquante fils, vrais pirates, j'en ai tué le chef (81) ; et lui, deux fois il est mort, car deux seins lui ont donné la vie, l'un humain , et plus tard un autre d'airain (82).
60. ANONYME. - Un bois m'a mise au monde, et le fer m'a façonnée. Je suis devenue le secret dépositaire des Muses. Fermée, je me tais ; mais je parle lorsqu'on m'ouvre, ayant pour seul confident de mes pensées, pour unique interprète, le fer (83).
61. ANONYME. - Je naquis sur les montagnes ; un arbre est ma mère ; le feu est mon père ; je suis une masse compacte et noirâtre ; mais si mon père me fait fondre dans un vase de terre, je guéris les profondes blessures du char maritime (84).
62. ANONYME. - Je suis bourré de crins ; des peaux me recouvrent, et l'on n'aperçoit guère les coutures (85). A une foule d'enfants je sers de jouet (86), et si l'un d'eux est maladroit à me lancer, on le traite d'âne (87).
63. MÉSOMÈDE. - C'est une jeune fille qui rampe, qui vole, qui marche. Elle emprunte à la lionne son allure et ses bonds. Par devant, on voit une femme ailée, au milieu une lionne frémissante, par derrière un serpent qui s'enroule. Ce n'est cependant ni un serpent, ni une femme , ni un oiseau , ni une lionne ; car fille, elle est sans pieds : lionne, elle n'a pas de tête; c'est un mélange confus d'êtres divers, et des parties imparfaites forment un tout complet (88).
64. L'énigme du Sphinx. - Il y a sur terre un être à deux, à trois, à quatre pieds, et qui n'a qu'une voix. Il change de nature, seul entre tout ce qui se meut ici-bas , ou rampe, ou traverse l'air et la mer. Mais lorsqu'en marchant il s'appuie sur plus de pieds , la célérité de ses membres diminue : sa marche en est ralentie (89).
64 bis. Explication de l'énigme par Oedipe. - Écoute, dussé-je te déplaire, sinistre Muse des morts, l'explication qui va mettre un terme à tes rigueurs. Tu as désigné l'homme: il rampe sur la terre lorsqu'il vient de naître, et tout petit ; comme à quatre pattes, il se traîne sur ses pieds, sur ses mains. Devenu vieux et courbé par l'âge, il s'appuie sur un bâton qui lui sert de troisième pied (90).
65. Oracle rendu à Homère. - los, la patrie de ta mère, est une île où tu finiras tes jours ; mais sois en garde contre une énigme que te proposeront de jeunes enfants (91).
66. Autre oracle au même. - Heureux et malheureux Homère (car tu es né pour l'un et l'autre sort), tu cherches à connaître ta patrie. Ta mère en avait une, mais ton père n'en avait pas. Cette patrie est dans une île, ni près ni loin de la vaste terre du Crétois Minos. Là, ainsi le veut la destinée, tu trouveras ton tombeau, lorsque tu auras entendu ce, qui sortira de la bouche des enfants, l'hymne difficile à comprendre, conçu dans un langage tortueux. Car tu as reçu de la parque une double existence ; suivant lune, privé de deux soleils, suivant l'autre, égal des immortels de ton vivant et après ta mort ; mais une fois mort, plus de vieillesse à craindre : [ton immortalité commence (92)] 
67. Oracle rendu à Laïus de Thèbes. - Laïus le Labdacide, tu demandes une race heureuse d'enfants ? je te donnerai un fils ; mais le destin a décidé que par la main de ce fils tu perdras la vie. Cet arrêt, je l'ai ratifié.
68. Oracle rendu à Carystus. -Fils chéri de l'illustre Chiron, Carystus, quittant le Pélion, va à la pointe de l'Eubée ; car il est arrêté par le destin que tu dois fonder, là, une ville sainte (93). Pars donc sans ditférer plus longtemps (94).
69. Arrivé à Delphes pour consulter l'oracle, à peine Lycurgue fut entré dans le temple qu'il entendit ces mots de la Pythie : Te voilà, Lycurgue, dans mon temple célèbre ; ami de Jupiter et des habitants de l'Olympe, je balance incertain si je te déclarerai un dieu ou un homme ; mais je te crois plutôt un dieu, ô Lycurgue (95).
70. Oracle rendu par Sérapis à un homme qui le consultait à l'occasion de nombreuses infortunes et qui en accusait le dieu. - Ne t'en prends (96) ni à la Parque ni aux dieux, étranger ; ils n'y sont pour rien ; mais accuse l'heure, l'heure fatale où ton père t'a engendré.
71. Oracle de la Pythie. - Qui que tu sois, entre avec un coeur pur dans le temple d'un dieu qui est la pureté même, après avoir touché à l'eau lustrale. Car pour les gens vertueux la moindre ablution suffit (97) ; mais pour l'homme pervers, l'Océan tout entier ne saurait le laver de ses souillures (98).
72. Rufin ayant demandé de quelle manière il fallait faire prêter serment au patron de son navire, l’oracle répondit : Lorsque le soleil matinal commencera à paraître sur l'horizon, que ses rayons auront dissipé les ténébreuses vapeurs de la nuit, et que dans tout son éclat brillera le jour, alors amenant ton homme sur le rivage où déferlent les vagues, place-le en face la lumière du soleil, qu'il ait un de ses pieds, le pied droit dans l'eau, et qu'il appuie le pied gauche sur la grève, que de sa main gauche il touche la mer et en même temps la terre de sa main droite, et qu'ainsi pour donner de l'autorité à son serment, il jure par le ciel, par la terre immense, par la mer et ses ports, par le maître tout puissant de la foudre. Un tel serment est divin, et les dieux immortels n'osent pas même du bout des lèvres s'en moquer.
73. Les Mégariens ayant une très haute opinion d'eux-mêmes interrogèrent l'oracle d'Apollon pour savoir à quel rang le dieu les plaçait ; il leur fut répondu : (99) La pélasgienne Argos, la cavalerie thessalienne, les femmes de Lacédémone, et le peuple qui boit l'eau de la belle Aréthuse, valent mieux que le reste du monde ; mais ce qui est au-dessus d'eux, ce sont les habitants de Tirynthe et de la pastorale Arcadie, les Argiens aux cuirasses de chanvre, foudres de guerre. Pour vous, ô Mégariens, vous n'êtes ni les troisièmes, ni les quatrièmes, ni les douzièmes; vous n'avez pas de rang, vous ne comptez pour rien.
74. Oracle de la Pythie. - Les sanctuaires des dieux sont ouverts aux gens de bien, sans qu'il soit besoin de purification : aucune souillure ne s'attache à la vertu. Mais toi dont le coeur n'est pas pur, éloigne-toi. Car jamais, en lavant ton corps, tu ne nettoieras ton âme (100).
75. Oracle rendu dans la ville de Troie, lorsque les colonnes de son temple de Jupiter, lesquelles sont maintenant à Béryte, eurent été englouties dans un naufrage. - Dis à Neptune : " Il convient d'obéir aux frères aînés. Tu te pares au mépris des convenances des colonnes de ma glorieuse enceinte. Réponds, en agitant trois fois la mer, si tu obéiras." Mais s'il désobéit, qu'il y prenne garde, j'incendierai toute la mer. Car rien, pas même la mer, n'éteint la foudre du maître des dieux (101).
76. Oracle de la Pythie. - Tu me demandes l'Arcadie ; c'est demander beaucoup. Je ne te la donnerai pas. Les habitants de l'Arcadie qui se nourrissent de glands sont nombreux et braves ; ils te repousseront. Pourtant je ne te refuse pas tout ; je te donnerai Tégée pour que tu en foules le sol sous tes choeurs de danse et que tu en mesures au cordeau les belles campagnes (102).
77. Autre oracle. - Heureux est ce mortel qui, maintenant sur le seuil de marbre, entre dans le sanctuaire de Phoebus Apollon ! Il est venu demander de bonnes lois (103) ; et moi, je lui donnerai une législation dont ne jouira aucune autre cité de la terre.
78. Autre oracle (104). - Il est une ville d'Arcadie, Tégée, dans une vaste plaine. Là deux vents soufflent par une force puissante ; les coups répondent aux coups, et le mal se trouve sur le mal (105). C'est là que la terre féconde renferme le fils d'Agamemnon. Si tu apportes ses ossements à Sparte, tu seras vainqueur des Tégéates.
79. Autre oracle (106). - Lydien, roi de plusieurs peuples, insensé Crésus, ne souhaite pas d'entendre en ton palais la voix de ton fils. Mieux vaut pour toi ne pas l'entendre ; car il parlera pour la première fois dans un jour désastreux.
80. Autre oracle (107). - Il est impossible, même à un dieu, d'échapper à l'arrêt du destin.
81. Autre oracle (108). - Ne fortifiez pas l'isthme (109), ne le creusez pas. Jupiter en eût fait une île, s'il l'eût voulu.
82. Autre oracle (110). - Quand le Prytanée de Siphnos (111) sera blanc, et que l'agora aura une façade blanche, tâchez qu'il se trouve alors un homme habile et sage qui vous défende contre une embûche de bois (112) et un messager rouge (113).
83. Autre oracle (114). - Battus, tu es venu me consulter au sujet de ta voix, écoute le dieu Phoebus Apollon : il t'ordonne d'aller fonder une colonie dans la Libye (115) féconde en troupeaux.
84. Autre oracle (116). -Je t'admire, il faut que tu sois bien habile, si, n'ayant jamais été en Libye, tu connais ce pays mieux que moi qui y suis allé.
85.
Autre oracle (117). - Celui qui n'ira dans la fertile Libye qu'après le partage des terres, je le déclare, aura sujet de s'en repentir un jour.
86.
Autre oracle (118). - Aeétion, personne ne t'honore comme tu mérites d'être honoré. Labda est enceinte, elle accouchera d'un quartier de roc. Le roc tombera sur des têtes couronnées, et châtiera Corinthe.
87.
Autre oracle (119). - L'aigle (120) a conçu parmi les rochers (121), elle enfantera un lion puissant, avide de chair, qui dévorera bien des victimes.
88.
Autre oracle (122). - Heureux l'homme qui descend dans ma maison, Cypsélus, fils d'Aeétion, roi de la célèbre Corinthe, lui et ses fils, mais non pas les fils de ses fils.
89.
Autre oracle (123). - Alors, ô ville de Milet, toi qui machines de mauvais desseins, tu deviendras pour plusieurs un régal, une riche proie. Tes femmes laveront les pieds à une foule d'hommes aux longs cheveux (124), et d'autres prendront soin de notre temple de Didymes (125).
90.
Autre oracle (126). - Quand la femelle, après avoir vaincu le mâle, l'aura chassé, et qu'elle se sera acquis de la gloire parmi les Argiens, alors grand nombre d'Argiennes se déchireront le visage, et un jour les races futures diront : "Un terrible serpent aux triples replis est mort, frappé d'un coup de lance (127)".
91.
Autre oracle (128). - Glaucus, fils d'Épicyde, pour l'heure il t'est profitable de vaincre ainsi par un serment et de t'emparer du trésor. Jure donc, puisque la mort atteint également l'homme fidèle à sa parole. Mais du serment naît un fils, sans nom, sans mains, sans pieds. Cependant il arrive à l'improviste, il fond sur la famille du parjure, il anéantit toute sa race, toute sa maison. Quant à la famille de l'homme fidèle à son serment, elle prospère à jamais (129).
92.
Autre oracle (130). - Malheureux, pourquoi restez-vous prosternés ? Fuyez aux extrémités de la terre, abandonnant vos maisons et les rochers circulaires de la citadelle. Car Athènes sera détruite de fond en comble ; tout sera renversé, tout sera la proie des flammes et du terrible Mars, monté sur un char syrien. Maintes tours seront renversées, et non pas seulement les vôtres, maints temples d'immortels livrés au feu dévorant. Les dieux palpitent d'effroi, la sueur découle de leurs statues (131). Du faîte des temples dégoutte un sang noir, avant-coureur d'inévitables calamités. Allons! sortez du sanctuaire, et à tant de maux opposez votre courage.
93.
Autre oracle (132). - Pallas ne peut, malgré ses instances et sa profonde sagesse, fléchir Jupiter Olympien. A toi, je te dirai derechef cette parole ferme comme le plus dur métal. Tout ce qui se trouve entre la montagne de Cécrops et les vallons du divin Cithéron étant pris, Jupiter aux vastes regards accorde à Pallas une muraille de bois qui seule ne pourra être prise ni détruite; tu y trouveras ton salut, toi et tes enfants.
Mais garde-toi d'attendre la cavalerie, les gens de pied, et la nombreuse armée qui vient du continent. Cède et tourne le dos. Un jour viendra où tu pourras faire volte-face. O divine Salamine, tu seras funeste aux enfants des femmes, tu les perdras, le blé étant disséminé dans les champs ou recueilli dans les granges (133).
94.
Autre oracle (134). - Haï de tes voisins, mais cher aux dieux immortels, tiens-toi sur tes gardes, l'épieu à la main. Surtout préserve ta tête : le chef sauvera le corps.
95.
Autre oracle (135). - Insensés ! vous vous plaignez des larmes que Minos, dans sa colère, vous a fait répandre, pour avoir pris la défense de Ménélas et aidé les Grecs à se venger du rapt d'une femme de Sparte par un barbare, tandis qu'eux ne vous ont point aidés à venger le héros Crétois (136), tué à Camicos (137). [Et vous voudriez encore les secourir !]
96.
Autre oracle (138). - Citoyens de la spacieuse Sparte, ou votre grande cité sera détruite par les descendants de Persée, ou cela ne sera pas ; mais la terre de Lacédémone pleurera le trépas d'un roi issu de la race d'Hercule. Car ni la force des taureaux, ni celle des lions ne pourront soutenir le choc impétueux de l'ennemi : il a la puissance de Jupiter. Non, rien ne pourra lui résister, qu'il n’ait eu pour sa part de butin l'un des deux rois (139).
97.
Autre oracle (140). - Songe, lorsque le barbare aura jeté sur la mer un joug de papyrus (141), à éloigner des rivages de l'Eubée tes chèvres bêlantes.
98.
Oracle de Bacis sur la victoire des Grecs (142). - Lorsque le rivage consacré à Diane (143) au glaive d'or et celui de Cynosure (144) seront couverts de navires comme d'un pont, lorsque, animés d'un espoir insensé, les ennemis auront saccagé la brillante Athènes, la vengeance, fille des dieux, éteindra cette ardeur de destruction qu'enfante le mépris des hommes et que suit la satiété ; le fer se croisera avec le fer ; Mars rougira de sang les flots. Alors le fils de Saturne aux immenses regards et la Victoire auguste feront luire pour les Grecs le jour de la liberté.
99.
Autre oracle (145). - Les rives du Thermodon et les pâturages de l'Asopus sont couverts des bataillons grecs. J'entends les cris des barbares. Les Mèdes armés d'arcs périront là en grand nombre, devançant Lachésis et la Parque, quand le jour fatal sera venu.
100.
Oracle rendu à Ménélas et à Pâris. - Pourquoi, princes, l'un de Troie, l'autre de la Grèce, avec des pensées très diverses entrez-vous dans mon sanctuaire ? l'un demande à trouver le petit de la cavale (146), l'autre veut emmener la cavale elle-même (147). A quoi penses-tu donc, ô grand Jupiter ?
101
. Énigme de Cléobule. - Il est un père qui a douze enfants ; chacun d'eux a soixante filles d'aspect très différent, les unes blanches , les autres noires. Toutes sont immortelles et meurent (148).
102.
Oracle de la Pythie à l'empereur Adrien , au sujet d'Homère. - Tu m'interroges sur la famille ignorée, sur la patrie de la divine Sirène, l'immortel Homère. Ithaque est sa terre natale. Télémaque est son père, et sa mère est la fille de Nestor, Polycaste. Ce sont eux qui ont donné le jour au plus grand des poètes.
103.
Énigme. - Tu m'as pris jeune, peut-être as-tu répandu, as-tu bu mon sang. Maintenant que le temps m'a vieilli , que je suis couvert de rides, que je suis entièrement desséché, brise mes os, mange ma chair (149).
104.
Autre énigme. - Chevrier, tu portes au dos ta besace, un panier à la main, ton bouc sur les épaules, autant de symboles de ta vie agreste (150).
105.
Autre énigme. - Je suis un animal terrestre. Si tu ôtes à mon nom une lettre, je suis une partie de la tête ; si tu ôtes la seconde, je deviens un animal ; si tu ôtes la troisième, je ne suis plus seul, je représente deux cents (151).
106.
Autre, énigme. - Avec mes quatre lettres, je poursuis ma route. Si tu retranches la première , j'entends. Otes-tu la suivante, tu me trouveras ami de la fange ; et si c'est la dernière que tu retranches, je deviens un adverbe de lieu (152).
107.
Autre énigme. - L'Amour a jeté loin de lui son flambeau, son arc et ses flèches : la poudre des Ethiopiens (153) lui tient lieu de traits.
108.
Autre énigme. - Je ne possède rien à l'intérieur, et je renferme au dedans toutes choses : tout le monde peut jouir gratuitement de mon mérite (154).
109.
Autre énigme. - Une pupille endormie a péri par le feu. C'est le vice qui l'a traîtreusement livrée, et l’instrument de son supplice a été une branche de l'olivier de Minerve. L'assassin était un naufragé ; et la victime (155) gît dans un tombeau vivant, accusant les perfides faveurs de Bacchus. Bacchus, Minerve et l'illustre Ambidextre (156), tous les trois ont conspiré la mort de cette seule pupille.
110.
Autre énigme. - Quiconque voit ne me voit pas ; ne voyant pas, on me voit ; je parle sans parler, sans bouger je cours ; je suis un menteur, et toujours je dis vrai (157).
111.
Autre énigme. - Issu de parents sans aïeux, et moi-même sans postérité , je suis armé de traits, toujours jeune, toujours en l'air (158).
112.
Oracle pour Crésus, roi de Lydie (159). - Quand un mulet sera devenu roi des Mèdes, fuis, Lydien aux pieds délicats, fuis sur les bords de l'Hermus, n'essaye pas de résister et ne rougis pas de paraître sans courage.
113.
Oracle de la Pythie au sujet du poète Archiloque (160). - Il sera immortel et comblé d'honneurs parmi les hommes, ô Télésiclès, ton fils qui, le premier, t'adressera la parole quand du vaisseau tu seras descendu sur le rivale de ta chère patrie.
114.
Oracle rendu à la mère d'Alexandre de Macédoine, Olympias, qui, dans le temple de Cyzique, avait demandé comment son fils triompherait de l’empire des Perses. - Les Perses ont tué violemment le guide mon serviteur, et sa terre natale couvre son corps. Que si quelqu'un montre au soleil ses os blanchis, celui-là brisera à l'intérieur la grande puissance des Perses. Or, il repose dans une île d'Asie, près des roseaux et des rives du vieux Pélios : trouve donc ce devin, ce guide de l'expédition, le Phocéen qui habite sur la plage sablonneuse d'Aparnis (161).
115.
Constantin, étant venu à Troie, voulut bâtir clans le voisinage une ville impériale ; mais ayant consulté l'oracle, il renonça à son projet, et fonda Constantinople (162). - Il ne t'est pas permis, sur le sol autrefois dévasté (163) de Troie, de bâtir une nouvelle Rome ; mais va avec confiance et joie dans une ville mégarienne (164), sur les bords de la Propontide, là où un poisson et une biche se nourrissent dans le même pâturage (165).
116. MÉTRODORE.
Problème. - O ma mère, pourquoi me bats-tu à cause des noix ? De belles jeunes filles se les sont partagées toutes : Mélissium en a pris les deux septièmes ; Titané, un douzième ; Astyoché, un sixième, et la joueuse Philinna, un tiers. Thétis s'est emparée de vingt noix ; Thisbé, de douze. Celle-ci, Glaucé, vois comme elle en rit, a onze noix dans ses mains. Cette noix est la seule qui me reste (166).
117. LE MÊME.
Problème. - Mon fils, que sont devenues tes pommes? Ino (167) en a deux sixièmes, et Sémélé un huitième. Autonoé en a enlevé le quart. Agavé est partie, emportant des plis de ma tunique le cinquième. Pour toi-même j'ai gardé dix pommes. Et moi, par ma chère Cypris, je n'ai plus que cette pomme unique (168).
118. LE MÊME
. Problème. - Ayant cueilli des pommes, Myrto les partagea entre ses amies : elle en donna le cinquième à Chrysis; le quart à Héro ; le dit-neuvième à Psamathé ; le dixième à Cléopatre ; le vingtième à Parthénopée. Évadné ne reçut que douze pommes ; et pour elle-même elle en garda cent vingt (169).
119. LE MÊME.
Problème. - Ino et Sémélé distribuèrent un jour des pommes à douze jeunes filles, leurs amies, qu'elles avaient rencontrées. Aux unes Sémélé en donna, un nombre pair, aux autres sa soeur en donna un nombre impair, et il lui en restait ; car à trois de ses compagnes elle fit don des trois septièmes de ses pommes, et à deux autres du cinquième. Astynomé lui en enleva onze, et sa part fut réduite à deux. Sémélé, de son côté, offrit à quatre jeunes filles les deux quarts de ses pommes, à la cinquième elle en remit le sixième. La part d'Eurychore fut de quatre , et Sémélé resta avec quatre autres pommes (170).
120. LE MÊME.
Problème. - Ce noyer était chargé d'une quantité de noix, et maintenant on vient de le dépouiller. Comment ? il le dit lui-même. Parthénopée a pris de mes noix le cinquième ; Philinna, le huitième ; Aganippe, le quart ; Orithyie est toute joyeuse de sa part, un septième. Eurynomé a ramassé le sixième de mes noix. Les trois Grâces s'en sont partagé cent six. Les Muses en ont emporté neuf fois neuf. Tu vois les sept qui me restent à l'extrémité de mes plus hautes branches (171).
121. LE MÊME.
Problème. - De Gadires à la ville aux sept collines, le sixième de la route est aux rives du Baetis où bêlent d'innombrables brebis. Le cinquième se trouve à la colonie phocéenne de Pylade, à Tauré, ainsi nommée des beaux troupeaux de boeufs de ses herbages. Quand de là sont atteintes les cimes élevées de Pyrène, on a fait un huitième du voyage. La traversée de ces montagnes en est le douzième du dixième (172). Entre Pyrène et les hautes Alpes, la distance est du quart de la route. L'Ausonie commence, et soudain l'ambre de l'Éridan (173) se montre, et l'on a fait un douzième de plus. Heureux voyageur, j'ai achevé les deux mille cinq cents stades qui me séparaient encore de la roche Tarpéienne, car Rome, la puissante Rome était le but désiré de mon voyage (174).
122. LE MÊME.
Problème. - Après avoir souillé les bandelettes sacrées de la Justice, pour te voir et t'avoir, or tout puissant, je ne possède plus rien ; car sous de tristes auspices , j'ai donné en pure perte quatre dizaines de talents à des amis, et je vois, ô sort funeste, la moitié, le tiers et le huitième de mon bien entre les mains de mon ennemi (175).
123. LE MÊME.
Problème. - Prends, mon fils , le cinquième de mon héritage, et toi, mon épouse, reçois-en le douzième ; que les quatre enfants de mon fils défunt, que mes deux frères, que ma mère éplorée en recueillent chacun le onzième. Vous, mes neveux, recevez douze talents ; qu'Eubule, mon ami, en prenne cinq. A mes fidèles serviteurs, pour récompense de leurs bons services, je donne la liberté et une gratification ; qu'ils reçoivent donc : Onésime, vingt-cinq mines ; Dave, vingt mines ; Syrus, cinquante ; Synété, dix ; Tibius, huit. Je laisse sept mines à Synétus, fils de Syrus. Qu'avec trente talents on m'élève un tombeau, et qu'il soit offert un sacrifice au Jupiter des morts. Deux talents serviront aux frais du bûcher, des mets funèbres et des bandelettes. Que mon corps jouisse des vaines faveurs (176) de deux autres talents (177).
124. LE MÊME
. Problème. - Le soleil, la lune et les constellations du zodiaque circulaire ont ainsi constitué ton thème généthliaque : tu resteras la sixième partie de ta vie auprès de ta mère devenue veuve ; la huitième partie de ta vie se passera dans l'esclavage chez des ennemis ; à ton retour, tu te marieras, tu auras un fils, un seul. Voilà ce que les dieux t'accordent, et tu en jouiras le tiers de ta vie. Alors les Scythes feront périr sous leurs glaives et ton fils et ta femme. Pour toi, après les avoir longtemps pleurés (178), après leur avoir survécu vingt-sept ans, tu atteindras le terme de tes jours (179).
125. LE MÊME
. Problème. - Je suis un tombeau, et je renferme les enfants bien pleurés de Philinna , ayant les fruits de son sein inutilement fécond au nombre qui suit : Philinna m'a donné un cinquième en garçons, un tiers en filles et trois jeunes épouses. Quatre autres qui n'ont pas vu le soleil et qui n'ont pas poussé un cri, sont tombés de ses flancs dans l'Achéron (180).
126. LE MÊME. Problème. - Cette tombe renferme Diophante. O merveille ! elle dit mathématiquement combien il a vécu. Dieu lui accorda le sixième de sa vie pour son enfance ; il ajouta un douzième pour que ses joues se couvrissent du duvet des adolescents ; en outre, pendant sept ans , il fit brûler pour lui le flambeau d'hymen, et après cinq ans de mariage il lui donna un fils, hélas ! unique et malheureux enfant, auquel la Parque ne permit de voir que la moitié de la vie de son père (181). Pendant quatre ans encore, consolant sa douleur par l'étude des chiffres (182), il atteignit enfin le terme de sa vie (183).
127. LE MÊME.
Problème. - Démocharès a passé le quart de sa vie, enfant ; le cinquième, jeune homme. L'âge viril en a occupé le tiers ; et quand la blanche vieillesse est venue, il a encore vécu treize ans (184).
128. LE MÊME.
Problème. - Combien mon frère m'a fait de tort dans le partage inique des cinq talents de l'héritage paternel ! Je n'ai reçu, et j'en pleure, que le cinquième des sept onzièmes de la part de mon frère. O Jupiter, tu dors d'un profond sommeil (185).
129. LE MÊME.
Problème. - Un passager qui naviguait sur le large détroit de la mer Ionienne, dit au pilote : "Combien reste-t-il encore de stades pour arriver ?" Le pilote lui répondit : "Entre le cap crétois du Bélier et le promontoire de Pélore, il y a six mille stades. Or, il reste encore à faire pour atteindre la Sicile le double des deux cinquièmes de la route déjà parcourue. (186)."
130. LE MÊME.
Problème. - De quatre fontaines, l'une remplit un bassin en un jour, l'autre en deux, l'autre en trois, la quatrième en quatre jours. En combien de temps, toutes ensemble, rempliraient-elles le bassin (187) ?
131. LE MÊME.
Problème. - Ouvre-moi, et en quatre heures je remplirai ce bassin de mes abondantes eaux. Le robinet de droite m'est inférieur d'autant d'heures, et il lui faudra autant d'heures en sus pour le remplir ; au robinet de gauche, il en faudra deux fois autant. Que tous les deux épanchent leurs ondes avec les miennes, et quelques heures de la journée suffiront pour remplir le bassin (188).
132. LE MÊME.
Problème. - C'est le cyclope Polyphème en bronze. On lui a fait un oeil, une bouche, une main qui communiquent à des réservoirs, et il semble tout ruisselant : on dirait un fleuve à sa source. Chacune de ses fontaines est bien réglée : laissez couler celle de la main, en trois jours elle remplira le bassin ; celle de l'oeil, en un jour ; en deux cinquièmes de jour, celle de la bouche. Qui pourra dire en combien de temps le bassin sera rempli, toutes les fontaines coulant ensemble (189) ?
133. LE MÊME.
Problème. - Quelle belle eau déversent dans ce bassin ces deux fleuves et le gracieux Bacchus ! Mais ce n'est pas avec une égale abondance : le Nil, en coulant un jour remplirait le bassin, si grand est le volume qu'il lance ! Le thyrse de Bacchus, dieu du vin, le remplirait en trois jours, et ta corne, Achéloüs, en deux. Maintenant, tous ensemble, coulez, et dans quelques heures le bassin se trouvera rempli (190).
134. LE MÊME
. Problème.- O femme, ainsi tu as échappé à la pauvreté ; c'est qu'en nous harcelant par le besoin elle apporte l'aiguillon du travail. Autrefois, tu filais une mine de laine dans ta journée ; l'aînée de tes filles en filait une mine et un tiers, et la plus jeune une demi-mine. Maintenant à vous trois vous n'en filez plus que le poids d'une mine jusqu'au repas du soir (191).
135. LE MÊME.
Problème. - Nous sommes ici trois Amours qui versons dans ce beau canal l'eau des bains. A droite, moi, avec l'eau qui s'échappe de mes ailes, je remplirai le bassin dans la sixième partie du jour. L'Amour de gauche, de l'urne qu'il porte, le remplira en quatre heures. Celui du milieu, avec son arc dont l'eau jaillit, y emploiera la moitié du jour. Cherche en combien d'heures nous pourrions remplir le canal avec l'eau de nos ailes, de l'arc et de l'urne (192).
136. LE MÊME.
Problème. -Briquetiers, je me hâte de bâtir cette maison. Le temps est beau aujourd'hui, sans nuages, et je n'ai plus besoin de beaucoup de briques : il ne m'en manque que trois cents. Or, à toi seul, tu en fabriques autant en un jour ; ton fils ne se repose qu'après en avoir fait deux cents ; ton gendre en fabrique autant et cinquante en plus. Par votre travail commun, en combien d'heures ferez-vous la fourniture demandée (193) ?
137. LE MÊME.
Problème. - Passants, pleurez sur nous : car nous sommes les convives que la maison d'Antiochus a écrasés dans sa chute, et auxquels Dieu a donné ce lieu de festin et de sépulture. Nous gisons ici, quatre de Tégée, douze de Messène et d'Argos cinq. Sparte avait fourni en sus la moitié des invités. Antiochus, notre hôte, a péri également et avec lui des Athéniens au nombre du cinquième du cinquième. Corinthe, tu n'as à pleurer que le seul Hylas (194).
138. LE MÊME.
Problème. - Nicarète, en jouant avec cinq de ses compagnes, donna le tiers des noix qu'elle avait à Clito, à Sapho le quart, le cinquième à Aristodice, à Théano le vingtième et en sus le douzième, le vingt-quatrième à Philinnis ; et il restait encore à Nicarète cinquante noix (195).
139. LE MÊME.
Problème. - O Diodore, l'honneur de la gnonomique, dis-moi l'heure qu'il est, lorsque le soleil avec son char d'or parcourt le ciel, de sa course n'ayant plus à faire que quatre fois autant que les trois cinquièmes. Après quoi il se couche dans la mer d'Occident (196).
140. LE MÊME.
Problème. - Puissant Jupiter, est-ce que cette éclipse t'a plu, ainsi qu'en pratiquent dans leurs magiques jeux les Thessaliennes ? La face de la lune s'est obscurcie pour les mortels. J'en ai été le témoin. Or, il restait encore de la nuit jusqu'à l'aurore deux fois deux sixièmes et un huitième de la portion écoulée (197).
141. LE MÊME.
Problème. - Astronome, dis-moi le passage des planètes et des étoiles au moment où ma femme est accouchée hier. C'était le jour, et pour atteindre les mers où il se couche, le soleil avait à franchir six fois les deux septièmes de l'espace qu'il avait parcouru depuis son lever (198).
142. LE MÊME.
Problème. - Fileuses, réveillez-vous. Il fait jour. Déjà il s'est écoulé les cinquièmes des trois huitièmes de la journée (199).
143. LE MÊME.
Problème. - Surtius, mon père, a péri sur des écueils. De ce voyage, mon frère aîné a rapporté cinq talents. Il m'a remis le double de deux tiers de sa part, et à notre mère, il a donné les deux huitièmes de nos parts communes : il n'a pas failli à la justice des dieux (200).
144. LE MÊME.
Problème. -A. La base sur laquelle je repose est avec moi égale à ce que tu pèses. - B. Et moi, j'ai un poids égal au tien avec ma base. - A. Mais, seule, j'ai une pesanteur double de celle de ta base. - B. Et moi, seule aussi, je pèse trois fois le poids de ta base (201).
145. LE MÊME.
Problème. - A. Donne-moi dix mines, et je deviens le triple de toi .B. - Et moi, si tu me donnes dix mines aussi, je deviens le quintuple de toi (202).
146. LE MÊME.
Problème. - A. Donne-moi deux mines, et je deviens le double de toi. - B. - Et moi, si tu me donnes aussi deux mines, je deviens le triple de toi (203).
147. LE MÊME.
Problème. - Hésiode demanda à Homère de combien de Grecs se composait l'armée d'expédition au siège de Troie ; Homère lui répondit : "Il y avait sept feux aux vives flammes, à chaque feu cinquante broches, et à ces broches cinquante rôtis. Autour de ces viandes se trouvaient trois fois trois cents Grecs (204)."
148.
Oracle qui rut rendu à Julien l'Apostat, lorsqu'il célébrait son jour de naissance à Ctésiphon et qu'il assistait au spectacle des jeux hippiques. - Le prudent Jupiter a détruit autrefois la race des fils de la terre, race hostile aux immortels habitants de l'Olympe. [Ainsi] l'empereur des Romains, Julien, l'image de Jupiter sur la terre , a dévasté par le feu, par le fer, les villes et les remparts des Perses belliqueux, et bien d'autres nations ont été par lui domptées, par lui qui, autrefois, a conquis le territoire alemanique des peuples de l'Occident, et si souvent a saccagé leurs campagnes (205).
149.
Oracle rendit à Timocrate d'Athènes, qui demandait un remède contre l'épilepsie. - Renverse le corps de la brebis bêlante qui paît dans les champs, et ramasse les vers, rampants et fugitifs, qui s'échappent par ses narines.
150.
Égée, n'ayant point d'enfants, alla consulter l'oracle sur les moyens d'en avoir. Le dieu lui répondit. - O le plus cher des hommes, ne délie pas le pied de l'outre (206), que tu ne sois arrivé sur le territoire d'Athènes (207).

(01) A savoir, 28 élèves ; en effet, le 1/2 ou 14 + 1/4 ou 4 + 3 = 28.
(02) Poids total : 40 talents ; 1/2 = 20, 1/8 = 5, 1/10 = 4, 1/20 = 2 + 9, en somme 40.

(03)
Le 1/5 ou 672, le 1/12 ou 280, le 1/8 ou 420, le 1/20 ou 168, le 1/4 ou 840, le 1/7 ou 480, plus 30, 120, 300, 50, font un total de 3360 pommes.
(04)
La moitié ou 120 + le 1/8 ou 30, + le 1/12 ou 20, + le 1/20 ou 12, + le 1/30 ou 8 + 50 = 240 boeufs.
(05)
Le mot de l’énigme est fumée.
(06)
Heures écoulées : 5 heures 1/7 ; il reste 6 heures 6/7 : total 12. En effet, 2/3 + 2/3 = 4/3, 6 heures 6/7 ou 36/7 d’heures + 4/3 = 144/21 d’heures ou 6 heures 18/21 ou 6/7.
(07)
En une heure il sera rempli par A 1/48, par B 1/72, par C 1/96, par D 1/6 du bassin, lesquelles fractions additionnées et réduites donnent 61/288. En une heure il sera donc rempli la 61/288. En divisant 288 par 61, on aura le nombre d’heures nécessaires pour remplir le bassin, ou 4 heures 44/61 d’heure.
(08)
C'est-à-dire que six est opposé à as, cinq à deux, etc. -
(09)
C'est Andromaque qui parle. L'Oedipe de l'Anthologie, est le premier qui ait deviné cette énigme et bien d'autres.
(10)
L¡bhtaw au premier vers tÇn sÇn leb®tvn doivent s'entendre de loquendi facultate qua homnines sunt praediti.
(11)
  L'enfant légitime aura 577 statères 7/9 et le bâtard 422 statéres 2/9. 577 7/9 +422 2/9 = 1000.
(12)
Ou 600 drachmes. Le premier vase pèse 97 drachmes 1/2, le second 98 1/2, le troisième 99 1/2, le quatrième 100 1/2, le cinquième 101 1/2, le sixième 102 1/2 : total 600 drachmes ou 6 mines
(13)
Zéthus pèse 12 mines, Amphion 8, total 20. Le 1/4, de 8 =2, le 1/3 de 12 = 4. 4 et 2 = 6 mines, poids de la statue d'Antiope.
(14)
De tibicine binas tibias inflante.
(15)
„Rñdow, Rhodes, composé de =o et dñw donne, paye.
(16)
L'époux de Diomédie ou Déidamie est Achille. Aàaw n'est pas Ajax, c'est le génitif d'aàa, terre. Cela ressemble à une parodie de Lycophron.
(17)
Le mot de l'énigme est pediculus, pou.
(18)
Du meurtrier de Priam, Pærrow, Pyrrhus fils de Déidamie, fille de Lycomède.
(19)
Le mot est silence. Au lieu de deÝ d¡ se l¡jai lisez eÞ d¡ me l¡jeiw.
(20)
C'est un plat d'argile.
(21)
Un poisson.
(22)
Stugñw à cause de la couleur de la sauce, jusculum.
(23)
Au sujet de celte énigme, Jacobs a dit : Sensum sagacioribus investigandum relinqno. M. Rossignol en a trouvé le mot : c'est p‹nyhr, espèce de filet qui pouvait prendre toute sorte d'animaux (pn y®r). Dixyadi® nhdæw, le double sein fait allusion aux deux hémisphères de ce filet dont l'un était fixé à terre et l'autre se relevait sur la proie. Pat¯r ¤mñw, mon père, c'est Apollon, le dieu qui préside aux travaux de l'intelligence, qui s'exprimait souvent par énigmes, et que l'obscurité de ses oracles fit surnommer LojÛaw. Prñknow été remplacé par brñxoiw. Dans un fils de ma soeur il faut voir un animal quelconque. Je ne porte plus d'animaux veut dire que le mot a perdu la syllabe y®r. Il ne reste plus que Pn ou plutôt P‹n, le dieu qui est l'emblème de la nature entière, à savoir le ciel, la mer, la terre, etc. (Journal des Savants de septembre 1834. )
(24)
Au lieu de Skællhw lisez SÛpulou, montagne de Phrygie.
(25)
Allusion au rocher suspendu sur la tête de Tantale.
(26)
Le mot de l'énigme est Niobé.
(27)
Linum, le lin.
(28)
Sous la forme de xeirñmaktron, mantile, serviette.
(29)
Thétis, quae Peleum fugiens leonis spciem sumpserat, nunc est socrus, thy®, Medeae, t°w paidofñnou, quae in beatorum insulis nupsit Achilli; et quia e longinquis regionibus venit, „Ek‹bh vocatur, ± §kayen bebhkuÛa.
(30)
Clystère, seringue, Voy l’épigramme ci-après, 55.
(31)
Au lieu de aétÇn lissez kaétÇn.
(32)
Sonus nervorum ex cythara.
(33)
C'est Homère, †Omhrow
(34)
Nessus et Hercule.
(35)
Oracle rendu autrefois aux Byzantins, rapporté et expliqué dans Achilles Tatius, II, XIV.
(36)
Cette île, cette ville, c'est Tyr; et les habitants, les FoÛnikew sont ainsi appelée du palmier, foÝnij.
(37)
…Onuj, ongle ; næj, nuit.
(38)
Il s'agit d'un poisson de mer.
(39)
Quia dulci aqua, forte etiam melle elixus.
(40)
En lisant eàdata d' ŽmfÛ.
(41)
…Egxesi, lardoirs.
(42)
Ce tombeau vivant est le ventre.
(43)
Olea, l'olivier.
(44)
PhleÛdhw est lucerna fictilis a phlñw.
(45)  I
l s'agit d'Étéocle et de Polynice, fils d'Oedipe et de Jocaste.
(46)
La terre, notre mère commune.
(47)
De die ac nocte
(48)
La nuit engendre le jour, le jour la nuit.
(49)
De sensu non constat. Jacobs.
(50)
…Osxeon, scrotum.
(51)
Kævn, tò ndeion mñrion.
(52)
Taèrow, õ prvktñw, podex.
(53)
†Hbh signa pubertatis, pili.
(54)
Au lieu de hremen lisez threÝ. Sic luditur in verbis similibus threÝ, custodit et teÛreis, terit.
(55)
D‹fnh, laurus qua utebantur in pilis comburendis.
(56)
†Upnow, somnus, ou öneirow, somnium.
(57)
Trojanis quoque somnus infestus fuit, per quem Rhesus periit.
(58)
Il s'agit dune tablette de cire, de cera pugillaribus inducta.
(59)
De sk‹ndalon scandale.
(60)
S‹ndalon, sandale.
(61)
C’est une lanterne. On l’éteint quand le jour paraît, on la rallume à l'entrée de la nuit.
(62)   Comme il y a trois Grâces, et trois fois trois ou neuf Muses, chaque Grâce a distribué trois fois autant de pommes qu'elle en a gardé. ainsi. en supposant que chaque Grâce eût 4 pommes, ensemble elles en avaient 12 ; ou bien 8, ensemble elles en avaient 24, ainsi de suite. C est un problème du nombre des indéterminés.
(63)
Il y a 30 mines 1/2 d'or, 9 mines 1/2 de cuivre, 14 mines 1/2 d'étain, 5 mines 1/2 de fer. Total, 60 mines.
(64
Solution â trouver.
(65)
A a 4 5 mines ; B en a 37 1/2 ; C, 22 1/2.
(66
Oänow, le vin.
(67
Kñrh, l'oeil du Cylope, fils de Neptune
(68)
Moèsa, Thalie, Y‹leia, qui préside aux festins.
(69)
Les anciens mêlaient de l’eau chaude à leur vin.
(70)
L'huile.
(71)
Le feu.
(72) Vase d'agile, de
phlñw, terre à potier.
(73) La mèche de coton ou de lin.
(74) La lumière.
(75
EÞw sikæan, une ventouse.
(76
La seringue des anciens était une outre en peau de chèvre avec un bout d’ivoire.
(77
Le mot est eàsoptron, miroir.
(78)
Le mot est foÝnij, datte, fruit du palmier dattier. 
(79)
Semen caulis, vel kÛnara, l'artichaut.
(80)
C'est le navire Argo qui parle.
(81)
Jason.
(82) Lorsque Médée le fit bouillir dans une chaudière. Cr. Lycophron, 1309

(83) Stylus ex ferro. Le mot est
d¡ltow, tablette.
(84
Le mot est goudron qui sert à calfater les vaisseaux.
(85)
Au lieu de træph lisez =af®
(86)
Le mot est sfaÝra, balle à jouer.
87
Pollux, Onomasie, p. 1074 : „O m¢n ²ttÅmenow önow ¤kaleÝto
(88)
Le mot est SfÛgj, le sphinx.
(89)
Diodore de Sicile, IV, LXIV ; Apollodore, III, V, VII.;
(90)
Voir dans les éditions de Sophocle l’êpñyesiw ou sujet de l'Oedipe roi.
(91)
Voir Pausanias, X, XXIV ; Étienne de Byzance, au mot …Iow ;le Pseudo-Plutarque, Vie d’Homère, p. 101, éd. de Didot.
(92)
Au lieu de poll‹ lisez pollòn Žg®rvw.
(93)
C'est encore aujourd'hui Carysto.
(94)
En ajoutant, d'après le texte d'Eusèbe, Prépar, évang., VI. p. 255 ƒAll' àyi, mhk¡ti m¡lle.
(95)  Voir Hérodote, I. 65.
(96)
Lisez m¯ m¡mfou ou m¯ m¡mcú.
(97)
Au lieu de keÝtai lisez ŽrkeÝ.
(98)
Cf. Eschyle, Cheoh., 70 ; Sophocle, Oedipe roi, 1227.
(99)
Cet oracle nous a été conservé par un scholiaste de Théocrite ldyll., XIV, 48.
(100)
Cela rappelle ce beau vers rétrograde, karkÝnon, écrit sur un bénitier à Constantinople, et dans l'église des Petits-Pères à Paris : NÝcon Žnom®mata, m¯ mñnan ÷cin.
(101)
Argumentutn obscurum. Non historiam novi ad quam hoc referatur. Jacobs.
(102)
Voyez Hérodote, I, LXVI.
(103)
C'est Lycurgue. Cf. Hérodote, I, LXV.
(104)
Voir Hérodote, I, LXV et LVIII. Cf. Pausanias, Laconie, III, III.
(105)
Le
tæpow ŽntÛtupow c'est l'enclume et le marteau, et le mal sur le mal c'est le fer forgé sur l'enclume.
(106
Voir Hérodote, I, LXXXIX.
(107)
Voir Hérodote, I, XCI.
(108)
Voir Hérodote, I, CLXXIV.
(109)
L'isthme de Cnide dans l'Asie Mineure.
(110)
Voir Hérodote, III, LVII.
(111)
Siphnos, une des Cyclades, à l'ouest de Paros, qui avait donné ses marbres blancs pour la décoration du Prytanée et de l'agora.
(112)
Jælinon, c'est-à-dire des vaisseaux. On les peignait avec du minium.
(113)
K®ruka, un héraut de Samos. Les Samiens s'emparèrent de Siphnos, vers 584.
(114)
Voir Hérodote, IV, CLV.
(115)
Battus, Minyen de l'île de Théra, fonda la ville de Cyrène, en Afrique, vers 631. Cf. Pindare, Pith., IV.
(116) Voir Hérodote, IV, CLVII.
(117)
Voir Hérodote, IV, CLIX.
(118)
Voir Hérodote, V, XCII.
(119)
Voir Hérodote, V, XCII.
(120)
AÞetñw, allusion au nom d'Aeétion.
(121)
P¡trúsi, Aeétion demeurait dans un bourg nommé Pétra.
(122)
Voir Hérodote, V, XCII.
(123)
Voir Hérodote VI, XIX.
(124)
Les Perses.
(125)
DÛduma, tñpow kai manteÝon Mil®tou,, Étienne de Byzance.
(126)
Voir Hérodote, VI, LXXVI.
(127)
Cet oracle est fort obscur ; mais Pausanias l’a un peu éclairci, Corinth. XX, et aussi Larcher, Hérod., t. IV, note 124 du livre VI.
(128) Voir Hérodote, VI, LXXXVI.
(129)
Cf. Juvénal, Sat., XIII, 199.
(130)
Voir Hérodote, VII, CXL.
(131)
Et maestum illacrimat templis ebur, aeraque sudant. Virgile, Georg., I, 480.
(132)
Voir Hérodote, VII, CXLI.
(133
C'est-à-dire avant et après la moisson.
(134
Voir Hérodote, VII, CXLVIII.
(135)
Voir Hérodote, VII, CLXIX. Cet oracle est en prose, comme plus haut l'oracle 80.
(136)
Minos.
(137)
Ville et forteresse bâties par Dédale, en Sicile, prés d'Agrigente.
(138)
Voir Hérodote, VII, CCXX.
(139)
TÇnd' §teron, Léonidas.
(140)
Voir Hérodote, VIII, XX.
(141)
Avec le papyrus on faisait des cordages : ce zugòw bæblinow, c'est la flotte des Perses.
(142)
Voir Hérodote, VIII, LXXVII.
(143)
L'Artémisium, cap au nord de l'Eubée.
(144)
Cap de l'Attique, au sud-est de Brauron.
(145)
Voir Hérodote, IX, XLIII.
(146)
Gñnon pÅlou, Hermione.
(147)
PÇlon, Hélène.
(148)
L'année, les mois, les jours et les nuits.
(149)
Raisin sec.
(150)
Description dune pierre gravée ou d'un bas-relief.
(151)
Boèw, boiuf ; oïw, oreille ; ïw, porc ; s', 200. -
(152)
Poèw, pied ; oïw, oreille; ïw, porc ; poè, où.
(153
La poudre d'or, l'or.
(154)
C'est peut-être un miroir.
(155)
L'oeil de Polyphème.
(156
Ulyisse.
(157)
De somno et sornniis.
(158)
L'Amour, suivant les plus anciennes traditions, était fils du Chaos ou du Tartare. Platon dit dans le Banquet : GoneÝw …Ervtow oék eÞsÛn, oëte legñntai êp' oédenñw.
(159)
Voir Hérodote, I, LV.
(160)
Dans le texte ce lemme est un hexamètre.
(161)
Aparnis ou Abarnis, ville de la Propontide, colonie de Phocée. In ipsis autem oraculi verbis parum aut nihil video. Jacobs.
(162
Voir Zosime, Hist., II, 38.
(163)
Tmhy¡nti équivaut à poryhy¡nti.
164
) Byzance était une colonie de Mégare, Strabon, VII, p. 493.
(165 .Ce même vers se retrouve dans l'oracle cité par Étienne de Byzance, au mot Buz‹ntion.
(166
Le total des noix est 336, dont les 2/7 ou 96 noix, 1/12 ou 28 noix, 1/6 ou 56 noix, 1/3 ou 112 noix, plus 44 noix, font 336
(167
Ino, Sémélé, Autonoé, Agavé sont les quatre filles de Cadmus. Ici c'est l'amour qui parle.
(168
2/6 1/8 1/4 1/5 + 11 pommes = 120 pommes. 2/6 ou 40 pommes, 1/8 ou 15 pommes, 1/4 ou 30 pommes, 1/5 ou 24 pommes, plus 11 pommes, égalent 120.
(169
1/5 ou 76 pommes, 1/4 ou 95, 1/19 ou 20, 1/10 ou 38, 1/20 ou 19, plus 12, plus 120, égalent 380 pommes.
(170
Par Ino furent distribuées 35 pommes, par Sémélé 24, en totalité 59 pommes. Compte de Ino : les 3/7 de 35 égalent 15, le 1/5 de 35 égale 7 : Astynomé en prend 11, il en reste 2, total 35. Compte de Sémélé : les 2/4 de 24 égalent 12, le 1/6 de 24 égale 4 ; Eurychore en reçoit 4, il en reste 4, total 24.
(171)
1/5 ou 336 noix, 1/8 ou 210,  1/7 ou 240, 1/6 ou 280 plus 194, font 1680 noix.
(172)
Au lieu de dek‹dow lisez dek‹thw. Le 1/12 de 1/10 = 1/120.
(173
Suivant Ovide, Métam., II, 360, les soeurs de Phaéthon, changées en peupliers, versaient des larmes en perles d'ambre dans l'Éridan.
(174
1/6 + 1/5 + 1/8 + 1/120 + 1/4 + 1/12 +2500 stades = 15.000 stades.
(175
1/2 ou 480 talents, ou 1/3 de 320, 1/8 ou 120 , plus 40 font 960 talents, total de la fortune perdue.
(176) En onctions, en parfums.
(177)
51 talents + 120 mines ou 2 talents = 53lalents. 53 talents + 1/5 1/12 7/11 ou 132/600 55/600 420/600 représentent la totalité de la succession, dont le fils du testateur a 1/5 ou 132, l'épouse le 1/12 ou 55, chacun des sept autres le 7/11 ou 60. tous ensemble 420, plus le reste ou 53 : total 660.
(178)
Au lieu de ¤p‹llista lisez ¤p' lgesi.
(179
C'est-à dire 72 ans, dont le 6e est 12, le 8e est 9, et le 3e est 24. En effet 12 + 9 + 24 = 45 ; et 45 + 27 = 72.
(180
1/5 ou 3 enfants, 1/3 ou 5, plus 3, plus 4 font 15 enfants.
(181)
Il faut lire ainsi ce cers : M¡tron tÒ krueròw MoÝr' felen biñtou.
(182)
Pñsou sofÛh, quantitatis, i. e. logisticae studio vel scientia.
(183
La solution du problème fait connaître qu'il vécut 84 ans.
(184
1/4 ou 1 5 ans, 1/5 ou 12, 1/3 ou 20, plus 13, font 60 ans.
(185)
Le 1/5 de 7/11 = 7/55. Les 7/55 de 5 talents = 35/55. La part de l'un n'est que les 35/55 d'un talent; la part de l'autre est donc de 5 talents moins 35/55 ou 4 talents + 20/55. En effet 4 talents + 20/55 + 35/55 = 5 talents.
(186
Les 4/5 de 6000 = 24000/5 ou 4800 stades. 1/5 de 6000 = 6000/5 ou 1200 stades. 4800 et 1200 font 6000 stades.
(187
1/2 + 1/3 + 1/4 = 26/24 + 24/24 = 50/24 = 25/12. Toutes ensemble, dans un jour, rempliraient le bassin deux fois, plus 1/12, à savoir, en un peu moins de 8 heures ou de 12 heures, suivant qu'il s'agit du jour de 12 ou de 24 heures.
(188
Le premier robinet remplira le bassin en 4 heures ; le second en 8, le troisième en 12. Donc les trois robinets ouverts ensemble rempliront en une heure les 1/4 1/8 1/12, c'est-à-dire les 11/24 du bassin, et le bassin en 24/11 d'heures ou 2 h. 2/11.
(189)
  En un jour, la 1ère fontaine remplira 1/3 du bassin, la 2ème la remplira une fois, la 3ème deux fois 1/2. Or 1/3 + 1 +2 1/2 = 23/6 du bassin ; il sera donc rempli en 6/23 de jour, en près de 6 heures.
(190)
En un jour les 11/6 du bassin seront remplis ; car 1/3 1/2 ou 2/6 3/6 ou 5/6 + 1 = 11/6 ; il sera donc rempli en 6/11 de jour ou une 1/2 journée ou 6 heures 6/11. 
(191
1, 1 1/3, 1/2 sont dans la proportion de 6, 8, 3, total 17. La mère filait donc 6/17 et les filles 8/17 et 3/17 d'une mine.
(192
Dans une heure, 1/2 1/4 1/8 ou les 11/12 du bassin seront remplis. Donc il sera rempli en 12/11 d'heures ou 1 heure 1/11.
(193
300 + 200 + 250 = 750. Donc 750 : 300 :: 1 : x. 300 divisé par 750 = 0,4 du jour ou 4/10 de 12 heures, ou 4 h. 48 minutes.
(194
50 victimes en tout ; car 1/5 du 1/5 ou 1/25 + 1/2 + 23 = le total des victimes. Or à 27 ajoutant 23 on a 50.
(195)
Le 1/3 ou 400 noix, le 1/4 ou 300, le 1/5 ou 240, le 1/20 ou 60, le 1/12 ou 100, le 1/24 ou 50, plus 50, font 4200 noix.
(196
4 x 3/4 = 12/5. Il n'a donc plus à faire que 12/5 de 12 heures ou 2 h. 2/5, et il est alors 9 h. 3/5 ; car 9 h. 3/5 et 2 h. 2/5 égalent 12 heures. 9 heures 3/5, selon notre manière de compter, c'est 3 heures 35 minutes.
(197)  
Portion écoulée : 6 h. 6/41 ; portion restante : 5 h. 35/41.
(198
6 x 2/7 = 12/7 ou 12 divisé par 7, ou 1 h. 43 m. : il s'est donc écoulé 10 h. 17 m. 1, 43 + 10,17 = 1 2 heures.
(199)
Le 1/5 de 3/8 = 3/40 de 12 heures ou 36/40 d'une heure ou 1 h. 4/40.
(200)
Partage : 1 talent 5/7 pour l'aîné + 2 talents 2/7 pour le cadet + 1 talent pour la mère = 5 talents.
(201
A est plus pesant que B de 1/3, et B a seulement les 3/4 du poids de la statue A.
(202)
Solution à trouver.
(203)
Solution à trouver.
(204)
3 x 300 = 900 x 50 = 45 000 x 7 = 315 000. Ce problème est dans la dispute d'Homère, ƒAgvn, du Pseudo-Hésiode.
(205)
Cet oracle a été recueilli par Suidas, t. II, p. 125.
(206)
C'est-à-dire, tibi nihil esse debet cum muliere.
(207)
Voir Plutarque, Vie de Thésée, III ; Apollodore, III, XV, 6.