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Anthologie grecque

APPENDICE ou SUPPLÉMENT D'ÉPIGRAMMES CONSERVÉES DANS LES AUTEURS ANCIENS OU SUR LES MARBRES

(Édition de Jacobs t. II, p. 747 : de Tauchnitz, t. III, p. 323.)

1. AGATHIAS ou PALLADAS. - (1) Avant appris, ayant enseigné le Chante la colère funeste (2), j'ai pris femme, infortuné que je suis ! et tout le jour ma femme combat, toute la nuit elle bataille, comme si de sa mère elle avait reçu la guerre en dot. Que si je veux qu'elle se taise, si je cède et m'avoue battu, elle combat encore et se fâche de ce que j'esquive la lutte.

2. ATHÉNÉE. - (3) Hommes, que vous vous donnez de tourments ! Pour des gains qui ne vous rassasient pas, vous vous engagez dans des querelles, dans des guerres. Et cependant la nature se contente de si peu de chose ; ce sont les vaines convoitises qui n'ont pas de bornes (4). Voilà ce que le prudent fils de Néoclès (5) avait recueilli de la bouche des Muses ou de l'oracle sacré de Pytho (6).

3. ESCHYLE - (7) Ce tombeau renferme Eschyle l'Athénien, fils d'Euphorion, mort dans les campagnes fécondes de Géla. Le bois fameux de Marathon et le Mède à la longue chevelure diront s'il fut brave : ils en savent quelque chose !

4. ANACRÉON. - (8) Je n'aime pas le convive qui, la coupe à la main, ne parle que de guerre , de combats, de carnage, mais j'aime celui qui, sachant allier les agréments des Muses et d'Aphrodite, cause avec un aimable enjouement.

5. ANTIPATER. - (9) Ici repose Zénon , cher à Citium. Il n'a pas eu besoin, pour escalader l'Olympe, d'entasser Pélion sur Ossa, ni d'accomplir les travaux d'Hercule: la sagesse seule lui a ouvert la route qui conduit aux astres.

6. ANYTÉ. - (10) Tu es donc morte, ô Maera, près d'un buisson épais, jeune Locrienne, la plus rapide des chiennes aux voix aimées. Qu'il était subtil et funeste, le poison qu'injecta dans ta patte légère une vipère au cou tacheté !

7. ARISTOCLÈS. - (11) Féconde Cérès qui manifestes tes bienfaits en Sicile et dans Athènes, une grande merveille (12) aussi s'accomplit à Hermione (13). Le taureau, [destiné au sacrifice] vigoureux, indompté, que ne maîtriseraient pas dix hommes, une vieille femme, toute seule, le traîne par l'oreille de l'étable à l'autel, et lui la suit, comme un enfant suit sa mère. C'est grâce à toi, Cérès, grâce à ta puissance. Sois-nous propice, et que tous les champs d'Hermione se couvrent de moissons et de fruits.

8. ARISTOTE. Sur la statue d'Hermias, à Delphes. -  (14) Cet Hermias, un roi de Perse l'a tué en violant les lois divines et humaines, non franchement avec le fer, dans une mêlée sanglante, par le droit de la victoire, mais en exploitant la confiance qu'inspirait un perfide serviteur (15).

9. LE MÊME. Épitaphes pour les héros des poèmes d'Homère (16).

Sur Pénélée enterré en Béotie.

Ici, sur les bords du Céphise aux flots rapides, les Béotiens ont déposé le sage Pénélée.

Sur Ascalaphe et Ialmène.

Les restes d'Ascalaphe mort à Troie et d'Ialmène, illustres cochers, cette terre des Minyens (17) les possède.

Sur Ajax, fils d'Oilée, enterré dans l'île de Mycone.

Ici la terre recouvre le chef des Locriens, Ajax fils d'Oïlée, qui périt dans les flots.

Sur Éléphénor enterré à Troie.

Éléphénor, chef des Abantes de l'île d'Eubée, a trouvé le terme de sa vie, ici, dans Ilion.

Sur Ménesthée enterré à  Athènes.

Chef d'un grand peuple, le fils de Pétéus, Ménesthée, ici, dans sa glorieuse patrie, a trouvé sa sépulture.

Sur Teucer enterré à Salamine de Chypre.

Maître d'un arc formidable, Teucer, fils de Télamon, repose ici sous cette terre de Salamine.

Sur Diomède enterré dans l'île de son nom. 

Diomède, honoré des hommages de tous les mortels, repose dans cette île sacrée qui porte son nom (18).

Sur Stélénus et Eutyale enterrés à Argos.

Ici sont enterrés Sthénélus d'Argos, fils de Capanée, et près de lui, Euryale.

Sur Agamemnon enterré à Mycènes.

Passant, tu vois le tombeau d'Agamemnon, fils d'Atrée, qui périt sous les coups d'Égisthe et de sa criminelle épouse.

Sur le même.

Ce tombeau est celui d'Agamemnon, fils d'Atrée, que d'une main impie a tué la divine Tyndaride Clytemnestre.

Sur Ménélas.

Qua tu es heureux, Ménélas! immortel et toujours jeune, tu habites les îles fortunées, ô gendre du grand Jupiter.

Sur Nestor enterre à Pylos.

Je renferme un guerrier vaillant, doué d'un sens profond, d'une divine intelligence, Nestor de Pylos.

Sur le même.

Cette terre recouvre les restes de Nestor, le chef des Pyliens, supérieur aux demi-dieux pour la sagesse et le conseil.

Sur Antiloque enterré à Troie.

Cette tombe atteste le courage du fils de Nestor, d'Antiloque, qui mourut sous les murs de Troie en secourant son père.

Sur Agapénor.

Sous ce marbre gît le chef des Tégéates, Agapénor, fils d'Ancée, le roi des belliqueux Taphiens.

Sur Amphimaque et Diorès.

Le chef Amphimaque, et le fils de Ctéate, Diorès, ici, devant Troie, ont atteint le terme fatal de la vie.

Sur Thalpius et Polyxénus à Élis.

Ces héros de la divine Elis, Polyxénus et Thalpius, [ici, vaincus par l'àge], sont descendus dans les froides demeures de Pluton.

Sur le cénotaphe de Mégès à Dulichium.

A Mégès, fils du magnanime Phylée, les habitants de Dulichium ont élevé ce tombeau ; mais c'est la mer qui a son corps.

Sur Ulysse enterré en Tyrrhénie.

Cette tombe couvre les restes du guerrier sage et prudent, du plus illustre des mortels, mort dans ce pays (19).

Sur le même.

C'est le tombeau de cet Ulysse auquel les Grecs, dans la guerre de Troie, ont dû si souvent leurs victoires.

Sur Thoas.

Le fils du magnanime Andrémon et de Gorgé, la fille d'OEnée, gît sous ce tertre.

Sur Idoménée et Mérion enterrés à Gnosse.

Tu vois le tombeau d'Idoménée, de Gnosse (20) ; et moi Mérion, le fils de Molus, j'ai fait élever mon tombeau près du sien.

Sur Tlépolème enterré à Rhodes.

Dans l'île de Rhodes battue par les flots repose l'Héraclide Tlépolème au bras vigoureux, au coeur de lion.

Sur Déipyle.

C'est la glorieuse tombe du beau Déipyle d'Orménus ; il eut pour père Tlépolème.

Sur Nirée enterré à Troie.

Ici la terre possède Nirée, le fils de Charopus et d'Aglaé, le plus beau des enfants des hommes (21).

Sur Phidippe et Antiphus.

Phidippe qui ravagea Troie et le héros Antiphus reposent ici sous la terre d'Éphyre (22) leur patrie.

Sur Achille enterré à Troie.

Le rivage sacré de la Propontide, sert de tombe au fils de Pélée et de Thétis, au divin Achille.

Sur le même.

Le héros thessalien, Achille, repose dans cette tombe, sur laquelle ont pleuré les neuf Muses.

Sur Patrocle enterré avec Achille.

Avec Achille a été inhumé Patrocle que tua le fer rapide d'Hector, et c'est ici sa tombe.

Sur Podacrès enterré à Sicyone.

La terre d'Achaïe a vu naître Podarcès, fils d'Actor, et la terre de Sicyone a recueilli sa cendre.

Sur Philoctète.

L'héritier des flèches d'Hercule, le fils de Poeas, Philoctète, c'est ici, dans le pays des Minyens, qu'il repose.

Sur Eumèle.

Le fils d'Admète, le petit-fils de Phérès, Eumèle, sous ces dalles, gît victime du trépas.

Sur le cénotaphe de Podalire et de Machaon à Tricca (23).

Ces deux fils d'Esculape, Podalire et Machaon, naguère étaient des mortels, maintenant ils sont admis au rang des dieux.

Sur Eurypile enterré à Orchomène.

Dans Orchomène sa patrie, le fils d'Evémon, le bel Eurypyle gît sous ce tertre arrosé de larmes.

Sur Polypoetès et Léontée.

Les chefs des Lapithes, Polypoetès et Léontée, ont trouvé le terme de la vie dans le pays des Mèdes.

Sur Gounée.

Tu vois le tombeau de Gounée dont l'âme s'est envolée aux cieux, dont le corps est resté dans la mer.

Sur le cénotaphe de Prothoüs.

Le corps de Prothoüs, fils de Tenthrédon, est au fond des mers ; on a bien pleuré sur sa tombe qui n'a que son nom.

Sur Talthybius enterré â Mycènes.

Ici tout le peuple de Mycènes a concouru aux funérailles du serviteur Talthybius, le héraut des dieux et des hommes.

Sur Automédon enterré à Troie.

Automédon, brave et fidèle compagnon d'Achille, habite dans la plaine de Troie cette sombre demeure.

Sur Hector enterré à Thèbes (24).

Les braves Béotiens ont élevé à Hector ce grand tombeau comme une protection pour leur pays, comme un souvenir pour la postérité.

Sur Pyraechme enterré à Troie.

Pyraechme d'Amydon, en arrivant ici des rives de l'Axius, est mort avant le temps, loin de tous ses amis.

Sur Laomédon (25).

Ici la terre cache dans son sein ténébreux le Pergamide Laomédon mort à cause de ses chevaux aux pieds rapides (26).

Sur Aeétès en terre en Colchide.

Aeétès, souverain de l'opulente Colchide, ici repose avec honneur par la toute puissante volonté des dieux.

Sur Zethus enterré à Thèbes.

Sous ce tertre gît un roi de Thèbes aux sept portes, le beau Zéthus, à qui Antiope donna le jour.

Sur Orphée enterré en Ciconie.

Le Thrace à la lyre d'or, Orphée, fils d'Oeagre, mort à cette place, y a reçu la sépulture des Ciconiens.

Sur Pylade enterré en Phocide.

Le fils de Strophius, Pylade, repose dans cette contrée de la Phocide où il a atteint le terme fatal de ses jours.

Sur Atalante, en Arcadie.

Approche ; c'est bien le tombeau de la fille d'Iasius, de l'illustre Atalante.

Sur Protésilas tué dans la Chersonèse.

Les Grecs ont élevé à Protésilas ce tombeau, en souvenir de son courage.

Sur Pandarus.

L'habile archer, le fils de Lycaon , le beau Pandarus de Zélée gît sous ce tertre.

Sur Dolon.

Je repose dans ma terre natale, moi Dolon, fils d'Eumède, et je le dis à tous les passants.

Sur Rhésus.

A Rhésus, ici vaincu par le sommeil et la fatigue, les Troyens ont érigé cette tombe sur le rivage de la Troade.

Sur Sarpédon.

Les rois de Lycie et de Carie ont inhumé le divin Sarpédon [ici] à l'embouchure du Xanthe.

Sur Glaucus.

Un cyprès parfumé et un bloc de marbre abritent ici les restes du Lydien Glaucus.

Sur Memnon.

Memnon, le fils de Tithon et de l'Aurore, a ici sa tombe sur le rivage syrien, à l'embouchure du Bélus.

10. ARCÉSILAS. Sur Attale. - (27) Pergame n'est pas seulement illustre par les armes, elle l'est aussi par ses coursiers. Que de fois on a proclamé leurs victoires dans la divine Pise ! Et s'il est permis à un mortel de pénétrer la pensée de Jupiter, l'avenir réserve à Pergame de beaucoup plus glorieuses destinées.

11. LE MÊME.- (28) Loin est la Phrygie, loin la sainte Thyatire, ta patrie, ô Ménodore, fils de Cadanus. Mais vers l'odieux Achéron, la route, comme on le dit (29), est partout ouverte. Eudème, du moins, t'a élevé ce beau monument, comme lui ayant été le plus cher de ses nombreux esclaves.

12. ARHÉLAÜS. - (30) Les restes du crocodile mort se dissolvent et se changent en scorpions sous l'action de la nature féconde et vivifiante.

13. LE MÊME. - (31)  Notez que du cadavre du cheval naissent les guêpes. Voilà de quels êtres la nature produit de tels êtres !

14. LE MÊME. -  (32) La vie, par des générations successives, change de formes à l'infini. Ainsi, de la moelle de l'épine dorsale s'engendre un affreux serpent, le cadavre étant tombé en pourriture comme pour renaître par une merveilleuse transformation, tirant la vie de la mort même. Que s'il en est ainsi, il n'y a plus à s'étonner de la double nature de Cécrops.

15. ARCHIMÈLE. -  (33) Qui mit sur le chantier cet énorme navire ? Quel prince l'a conduit ici avec des câbles à toute épreuve ? comment le bordage a-t-il été attaché sur les couples ? avec quelle hache a-t-on taillé la membrure pour former cette carcasse aux flancs également larges, qui ressemble aux sommets de l'Etna ou à quelqu'une de ces Cyclades qu'enserre la mer Égéen ? Sans doute les Géants ont construit ce vaisseau pour escalader les demeures célestes ; car ses hunes touchent aux astres, et ses trois étages s'élèvent jusqu'aux nuées qui les cachent. Ses ancres sont amarrées avec des câbles aussi forts que ceux dont se servit Xerxès pour relier Abydos à Sestos. Une inscription récemment écrite au-dessus du couronnement de la proue fait connaître celui qui, des chantiers de construction, a lancé ce navire à la mer ; elle dit que c'est Hiéron, fils de Hiéroclès, souverain de la Sicile et de race dorienne, qui a fait don à la Grèce entière et aux îles de ce navire chargé des trésors de Cérès. O Neptune, conserve le navire ; protége-le centre la violence des flots.

16. ASCLÉPIODOTE. - (34) Apprenez, Néréide Thétis, que Memnon, aux rayons de sa mère qui le réchauffent, vit et parle près des monts libyens d'Égypte, à l'endroit où le Nil rapide coupe en deux Thèbes aux belles portes, tandis qu'Achille, ce héros insatiable de combats, ne parle ni dans les campagnes de Troie, ni en Thessalie.

17. ASTYDAMAS. - (35) Que ne suis-je né à la même époque que ceux qui passent pour être nos maîtres en poésie, ou que ne sont-ils mes contemporains ! car en vérité on jugerait que je leur suis bien supérieur ; mais maintenant ils l'emportent, grâce au temps qui les protége contre l'envie (36).

18. DAPHITE. Contre les rois de Pergame. - (37) Esclaves qui cachez sous la pourpre les marques des coups de fouets, raclures des trésors de Lysimaque, vous voilà maîtres de la Lydie et de la Phrygie.

19. DIOPHANTE. Problème d'arithmétique.- (38) Quelqu'un mélangea des conges (39) de vin à huit drachmes (40) avec des conges de vin à cinq drachmes, ayant appris à faire ainsi une bonne boisson à l'usage des serviteurs (41), et pour le tout il eut à payer un nombre carré qui montre les unités mises en ordre et qui forme derechef un autre carré sphérique (42) possédant un côté (43) ; et ce carré est la somme des conges. Donc distingue les conges à huit drachmes, combien ils étaient, et de nouveau, enfant, énonce les autres, ceux à cinq drachmes (44).

20. DORIÉE. -  (45) Tel était Milon, lorsqu'il enleva de force une génisse de quatre ans au banquet de Jupiter, et qu'il porta légèrement ce poids énorme par toute l'assemblée, comme s'il se fût agit d'un agneau nouveau-né. L'étonnement fut général. Cependant il fit, étranger, quelque chose de bien plus surprenant près de l'autel d'Olympie. Un jeune boeuf qu'il avait porté en pompe, il le coupa par morceaux, et à lui seul le mangea tout entier.

21. EMPÉDOCLE. - (46) Le grand médecin d'Agrigente, Acron, fils d'un grand homme, gît sous la grande acropole de sa très grande patrie.

22. ÉVÉNUS.- (47) Souvent, chez l'homme, la colère obscurcit et voile la raison d'un nuage plus funeste encore que la folie.

23. LE MÊME. - (48) Une foule de gens ont pour habitude de contredire surtout indistinctement ; mais le faire par de bonnes raisons, ce n'est plus dans leur habitude. Avec eux, il faut s'en tenir à l'ancien proverbe : Vous pensez comme cela, soit ; moi je pense autrement. Mais les personnes sensées, on les a bientôt persuadées par de bonnes paroles ; on les trouve même toujours disposées à s'éclairer, à s'instruire.

24.LE MÊME. - (49) De l'union, du courage et de la sagesse résulte toute sorte de bien ; mais sans la sagesse le courage a les inconvénients les plus funestes (50).

25. ERATOSTHÈNE. - (51) Ami, si tu cherches à construire un cube double d'un petit cube, ou a changer exactement un solide eu un autre solide, cet instrument est à ta disposition, comme aussi si tu veux mesurer une enceinte, un silo, ou la cavité d'un puits profond. Tu y réussiras de cette manière, en prenant entre deux lignes droite, des moyennes qui aboutissent à des points extrêmes. Ne recours plus à la méthode compliquée des cylindres d'Archytas, ni aux trois sections coniques de Ménechme, ni aux ligues courbes de figures décrites par le pieux Eudoxe. A l'aide de ces tables, tu trouveras des moyennes proportionnelles à l'infini, très facilement, en partant de cette petite base. Ptolémée, heureux père, puisque en jouant avec ton fils tu lui as donné tous les biens qui sont chers aux Muses et nécessaires aux rois, puisse-t-il un jour, mais tard, ô tout puissant Jupiter, recevoir aussi de ta main le sceptre royal ! Oui, qu'il eu soit ainsi ; et qu'on dise en voyant cette offrande : "C'est un don d'Ératosthène de Cyrène."

26. EUCLIDE. -  (52) Une mule et une ânesse allaient de compagnie, portant du blé. L'ânesse gémissait sous le poids de sa charge. La mule l'entendant gémir : "Mère, lui dit-elle, pourquoi te lamentes-tu ainsi, comme une jeune fille ? Si tu me donnais un de tes sacs, ma charge serait double de la tienne ; et si tu en prenais un en échange, nous aurions chacun un poids égal." Dis-moi le nombre des sacs, ô toi qui es passé maître en mathématiques (53).

27. EURIPIDE. Sur un empoisonnement par des champignons.  (54) O soleil, qui parcours la voûte éternelle des cieux, as-tu jamais vu un pareil accident ? Une mère, sa jeune fille et deux frères sont morts le même jour. O jour malheureux !

28. HÉDYLE. (55) De l'aurore au soir et du soir à l'aurore Pasisoclès boit à des jarres de quatre conges. Ensuite il s'en va précipitamment où ses pas le conduisent. Mais en buvant il surpasse le poète de Sicile par la douceur du style et la force de l'expression. Et comme la grâce y brille ! Ainsi donc, aime (56), écris et bois.

29. HÉDYLE. - (57) Le Callichthys (58) est cuit à point. Maintenant mets le verrou, de peur qu'Agis ne survienne, nouveau protée, l'amateur de poissons. Il se change en feu, en eau, en tout ce qu'il veut. Ferme donc.... car il viendra peut-être sous la forme de pluie d'or, comme Jupiter est venu vers le poisson d'Acrisius.

30. LE MÊME. - (59) Buveurs, venez voir aussi dans le temple de l'auguste Arsinoé, déesse du Zéphyrium (60) qu'elle aime, ce rhyton égyptien, vase à boire musical ; il a le son clair d'une trompette, quand la liqueur s'en épanche ; ce n'est pas un signal de guerre qui sort de son embouchure d'or, mais une invitation à la joie, au festin, semblable à la mélodie nationale que le dieu du Nil a trouvée pour les initiés aux saints mystères dans le murmure de ses eaux divines. Allons, si vous estimez cette ingénieuse invention de Ctésibius (61), venez, jeunes gens, dans ce temple d'Arsinoé.

31. LE MÊME. - (62) Callistium qui défie les hommes la coupe en main, a bu à jeun trois conges (63) ; c'est un prodige et c'est vrai. Elle t'a dédié, ô Vénus, ce lesbium (64) de verre éclatant, tout parfumé des conges de vin pur. Protège-la toujours, afin que tes murs, grâce à elle, ne cessent de se parer des dépouilles des amours.

32. LE MÊME. - (65) Clio, dévore ton poisson. Nous fermons les yeux. Si tu le veux, mange-le à toi seule. Ce congre tout entier ne coûte qu'une drachme. Dépose seulement en gage de ton écot ou ta ceinture, ou une boucle d'oreille, ou quelque bijou. Quant à te voir manger, par Jupiter, c'est au-dessus de nos forces (66) : tu nous méduses, et nous sommes pétrifiés comme on le fut autrefois, non il est vrai par le fait de la Gorgone, mais par le fait d'un congre (67).

33. LE MÊME. - (68) Buvons. Peut-être nous trouverons dans le vin quelque poésie nouvelle, légère et grandiose. Allons, arrosez-moi d'une jarre de Chios, et dites : "Alerte, Hédyle, de la joie." Je hais de vivre en pure perte, sans boire.

34. LE MÊME.- (69) Sous cette tombe habite Théon le soliste, doux joueur de flûte et sur la scène la fleur des mimes. Il est mort, privé de la vue par l'âge, le fils de Scirpalus, qu'enfant Scirpalus appela Eupalamus pour fêter son jour de naissance. Car il a porté ce nom (70), indiquant par un heureux présage l'agilité de ses doigts. Sur sa flûte il jouait les fantaisies de Glaucé (71) écrites sous l'inspiration enivrante des Muses, le doux buveur Battalus, ou Cotale, ou Pancalus (72). Allons, dites à Théon le joueur de flûte : " Salut, Théon !"

35. HÉRODICUS. - (73) Fuyez, disciples d'Aristarque, sur le dos de la plaine liquide, loin de la Grèce, vous qui, plus timides que la biche sauvage, cachés dans l'ombre comme des mites, tout entiers à une syllabe, ne vous occupez que du sfÛn et du sfÅin, du mÛn et du nÛn. Que ce soit là votre partage, race inepte et morose ; et qu'Hérodicus jouisse à jamais de la Grèce et de la divine Babylone !

36. THÉÉTÈTE. - (74) Cher à ses semblables et plus cher encore aux Muses, Crantor n'a pas connu une longue vieillesse. 0 terre, reçois cet homme pieux après sa mort. Est-ce que, même là, il ne vit pas heureux et gai ?

37. LE MÊME. Sur Pythagore le lutteur. - (75) Passant, si tu as entendu parler d'un certain Pythagore, de Pythagore le chevelu, cet illustre lutteur de Samos, c'est moi-même. Demande à ceux d'Élis quels sont mes exploits ; tu ne pourras croire ce qu'ils te raconteront.

38. THÉOCRITE DE CHIOS. - (76) Ce tombeau vide a été élevé à l'eunuque Hermias (77), à l'esclave d'Eubule, par Aristote à la tête non moins vide, Aristote que l'intempérance de ses goûts porta à préférer aux ombrages de l' Académie les fanges du Bourbier (78).

39. THÉON D'ALEXANDRIE. -  (79) O Ptolémée, captif à la surface de la terre et dans les liens de la nature mortelle, tu as non seulement connu les lois du cours éternel des astres et du mouvement sans repos du ciel, mais de plus tu révèles ce que des signes certains nous annoncent. Aussi devons-nous t'appeler un être divin. Oui, c'est un esprit céleste qui t'anime, un esprit qui n'a plus rien de terrestre. Car si, partageant la vie des mortels, tu es enchaîné à la nature humaine, tu as du moins par tes travaux purifié ton âme des passions de la terre, tu es sorti des liens charnels, et, planant au-dessus des nuages de l'humanité, tu vois les événements que l'avenir dérobe à nos yeux.

40. LE MÊME ou HERMÈS. Sur les sept planètes, sur leur puissance et leurs effets. - (80) Sept astres à la course errante parcourent les voies du ciel, et leur révolution est réglée à tout jamais. C'est la Lune, flambeau des nuits, le triste Saturne, le doux Soleil, la tendre Vénus, l'audacieux Mars, l'éloquent Mercure, Jupiter, père de la nature, source de vie. A ces astres est échue par le sort la race humaine, et il y a en nous quelque chose de la Lune, de Jupiter, de Mars, de Vénus, de Saturne, du Soleil, de Mercure. C'est à ces influences célestes que nous sommes redevables des pleurs, du rire, de la colère, de la vie, de la parole, du sommeil, des désirs. Nous devons les pleurs à Saturne, la vie à Jupiter, la parole à Mercure, la colère à Mars, le sommeil à la Lune, les désirs à Vénus, le rire au Soleil. Oui c'est par le Soleil que sourit toute pensée dans l'homme, que sourit le monde immense.

41. LE ROI JUBA. - (81) En voyant le jeu de l'acteur tragique Léontée le mangeur d'artichauts (82), ne me rejette pas, moi Hypsipyle, comme une mauvaise femme. J'étais autrefois chère à Bacchus, et le dieu, m'écoutant de ses oreilles ornées de bijoux d'or, n'admirait ici aucune autre voix. Mais maintenant les marmites et les poêles, les ragoûts et les fritures, m'ont privé de mon organe : je suis puni de ma gourmandise.

42. L'EMPEREUR JULIEN. Sur un équilibriste. Énigme. - (83) Voilà un arbre qui se plante entre deux temples (les deux tempes), dont la racine et vit et parle avec ses fruits. En un instant il se dresse d'une manière étrange, les fruits poussent et on les cueille : tout disparaît (84). 

43. JULIEN D'ÉGYPTE. - (85) Pauvre Amour, il est bien sauvage cet Adonis qui ne regarde que ses chiens, pendant que Vénus se tient auprès de lui.

44. HIPPON - Épitaphe qu'il fit pour étre gravée sur son tombeau. - (86) Ce tombeau est celui de Hippon (87) que la Parque a rendu par la mort l'égal dos dieux immortels.

45. CALLIMAQUE. Sur un nautile consacré à Vénus Arsinoé. -  (88) J'étais autrefois un coquillage (89), mais à présent tu me possèdes, première offrande de Séléné, moi, nautile, qui naviguais sur les mers. S'il faisait du vent, je tendais ma voile à mes propres cordages ; la mer était-elle trop calme, belle déesse, baissant la voile, je ramais avec mes pieds, et mes manoeuvres justifiaient mon nom. Enfin j'échouai sur le rivage d'loulis, pour devenir une de tes belles consécrations, Arsinoé. Désormais, dans les demeures marines, comme autrefois (car je n'ai plus de vie) l'oeuf de l'alcyon plaintif n'éclora (90) plus pour moi. Allons ! à la fille de Clinias accorde tous tes dons ; elle les mérite, car elle aime à faire de bonnes actions.et elle est de Smyrne en Éolie.

46. LE MÊME. - (91) Je suis l'oeuvre du Samien Créophile (92), qui reçut autrefois le chantre divin dans sa maison ; je pleure Euryte, tous ses malheurs et la blonde Iolie. On m'appelle un poéme d'Homère. O Jupiter, quelle gloire pour Créophile !

47. CRATÈS DE TRÈBES. - (93) Beaux enfants de Mnémosyne et de Jupiter Olympien, Muses Piérides, écoutez-moi : je vous invoque. Donnez chaque jour sa nourriture à un estomac dont la frugalité rie m'a jamais exposé à la servitude des parasites .... Faites que je cherche moins à plaire à mes amis qu'à leur être utile. Je ne veux pas amasser des richesses immenses, bornant mes veux à la condition de l'escarbot et aux économies de la fourmi ; mais je veux vivre selon la justice, et jouir d'une fortune modeste, bien acquise, honorable et vertueuse. Ayant obtenu ces dons, j'en rendrai grâce à Mercure et aux Muses, non par des dépenses luxueuses, mais par de saintes actions.

48. LÉONIDAS. - (94) Avec confiance et gaiement suis la voie qui mène chez Pluton ; elle n'est pas difficile, inégale, tortueuse. On ne risque pas de s'y égarer : elle est parfaitement droite et en pente ; on y chemine même les yeux fermés.

49. LUCIEN. En tête de ses ouvrages. - (95) Moi, Lucien, j'ai écrit ce livre, après avoir appris les choses de l'antiquité et bien des sottises ; car les sottises paraissent souvent aux hommes des idées profondes et sensées. Les hommes n'ont pas un jugement uniforme et sûr ; mais l'un rit et se moque de ce qu'un autre admire.

50. MARCELLUS. Consécration d'une enceinte réservée près du bourg de Triopium, dans les domaines d'Hérode Atticus. - (96) Auguste souveraine d'Athènes, Tritogénie, et vous, Opis de Rhamnuse (97),qui surveillez les oeuvres des mortels, déesses voisines de Rome aux cent portes, honorez aussi [de votre protection] ce lieu fertile, bourg hospitalier du Triopas de Cérès (98), afin que vous soyez appelées Triopiennes. De même que lorsque vous vîntes à Rhamnuse et dans les plaines d'Athènes, ayant quitté les demeures de votre père à la foudre retentissante, venez aussi en hâte dans cette vigne que parent de beaux raisins, protégeant les guérets, les arbres chargés de pampres, et l'herbe tendre des prés destinés aux troupeaux. Car Hérode vous a consacré cette terre qu'un mur circulaire enceint et couronne, pour qu'elle soit immuable et inviolable à tout jamais. Minerve, de sa tête immortelle, lui a fait un signe d'approbation en agitant sa terrible aigrette, et défend à qui que ce soit d'y remuer impunément une motte de terre ou une pierre (or les vengeances des Parques sont formidables), oui, à qui que ce soit qui serait tenté de violer cette demeure des dieux. Sachez-le bien, habitants du voisinage, ce lieu est sacré ; des déesses l'habitent pour toujours, des déesses dignes de tous les hommages vigilantes, attentives. Que personne ne porte dans les rangées de vigne ou dans les allées du bois, ou dans la prairie dont la i rosée désaltère la verdure, la pioche, instrument du noir Pluton, soit pour construire un nouveau tombeau ou pour renverser l'ancien (99). Il n'est pas permis de jeter sur des morts cette terre consacrée, à moins que le défunt ne soit du même sang et ne descende du consécrateur. La défense n'est pas pour eux. Au reste, il y a là une divinité qui discerne et qui jugre. Minerve a bien pu placer près d'elle dans son sanctuaire le roi Érichthonius (100) qu'elle associe aux sacrifices qu'on lui offre. Si quelqu'un n'écoute pas ces prescriptions, s'il y désobéit, s'il les méprise, qu'il ne reste pas impuni. L'inévitable Némésis, l'impétueux Alastor, le poursuivront ; il roulera l'affreux rocher de Sisyphe. Le vaillant fils d'Éole, Triopas, a-t-il eu à se louer d'avoir dévasté le temple de Cérès ? Ainsi donc évitez le châtiment qui vous menace, respectez l'inscription de ce lieu, de peur qu'une Érinnys triopienne ne s'attache à vos pas.

51. LE MÊME. Dédicace de la statue de Régilla, épouse d'Hérode Atticus, dans le temple de Cérès et de Faustine au bourg de Triopium. (101) Venez ici, femmes du Tibre, dans ce temple ; qu'autour de la statue de Régilla fument vos parfums et votre encens. Régilla était de l'opulente race des Énéades, du sang illustre d'Anchise et de Vénus Idéenne. C'est à Marathon qu'elle se maria. Les déesses de l'Olympe l'honorent, et la nouvelle (102) et l'ancienne Cérès, auxquelles est consacrée son auguste et charmante image. Pour elle, elle habite parmi les héroïnes dans les îles fortunées (103) où règne Saturne : telle est la récompense qu'ont obtenue ses vertus et sa bonté ; c'est ainsi que Jupiter a consolé un mari en deuil, vieillard désolé qui pleure sur sa couche solitaire. Les noires Parques ont ravi de sa noble demeure la moitié de ses enfants. Il ne lui reste plus que deux fils tout petits, ignorant leur malheur, ne sachant pas de quelle mère le sort impitoyable les a privés, avantque Clotho eût épuisé pour elle sa quenouille. A l'époux au désespoir Jupiter a donné une immense consolation, et l'empereur aussi, non moins grand, non moins sage que Jupiter. Celui-ci a chargé les Zéphyrs élyséens de porter cette jeune femme dans les îles de l'Océan ; et l'empereur a donné à son fils la chaussure au disque lunaire (104), celle que portait, dit-on, Mercure, lorsqu'il sauva Énée du sac de Troie par une nuit sombre : l'astre sauveur, la lune, resplendissait à ses pieds. Les compagnons d'Énée attachèrent aussi à leur chaussure ce symbole, marque d'honneur des nobles Ausoniens. Bien que de la ville de Cécrops et de Thésée, le jeune Hérode l'a porté aussi avec distinction, cet antique ornement des Étrusques, comme descendant d'Hersé et d'Hermès. s'il est vrai que Céyx fut son ancêtre. Aussi comblé d'honneurs, consul éponyme, est-il entré dans cette assemblée, reine du monde, où les sièges sont des trônes. C'est qu'en Grèce nul n'égale en noblesse, n'égale en éloquence Hérode qu'on appelle même la langue d'Athènes. Elle aussi, Régilla, était une des plus charmantes petites-filles d'Énée, une soeur de Ganymède, une noble fille de Tros Érichthonide. Passant, offre-lui un sacrifice, immole une victime, si c'est ton intention (de tels hommages doivent être spontanés, sans contrainte), si tu as à coeur le culte des hommes pieux et des héros. Car Régilla n'est plus une mortelle, elle n'est pas non plus une déesse ; aussi n'a-t-elle ni un temple ni un tombeau, aucun de ces monuments qu'on élève aux hommes et aux dieux ; c'est un édifice égal à un temple qu'Athènes a construit (105) en son honneur. Mais soit âme s'est abritée sous le sceptre de Rhadamanthe, mais son image, chère à Faustine et placée près d'elle, orne le bourg de Triopas où naguère s'étendaient de vastes guérets, des plants de vigne et des champs d'oliviers. Elle ne l'a pas repoussée avec dédain, la déesse reine des femmes (106); elle a voulu qu'elle fût la compagne de ses honneurs et sa nymphe fidèle. L'altière déesse de la chasse n'a pas non plus repoussé Iphigénie, ni Minerve aux fiers regards n'a fait cet affront à Hersé. La souveraine des antiques héroïnes, l'auguste mère (107) du vaillant César, accueillera aussi avec bonté Régilla réunie à ces anciennes demi-déesses, elle à qui est échu l'honneur de régner sur les choeurs élyséens avec Alcmène, avec la glorieuse fille de Cadmus.

52. MICHEL PSELLUS. Sur le cheval de bronze de l'hippodrome qui avait le pied en l'air. - (108) Il est vivant ce cheval d'airain que tu vois, il vit véritablement, et peut-être va-t-il hennir. Ayant abaissé cette jambe de devant, il te lancera même une ruade, si tu viens à passer trop près. Il se prépare à partir, il prend son élan ; arrête, n'approche pas, ou plutôt sauve-toi, afin de ne pas voir l'effet de mes parores.

53. MNASALQUE- - (109) C'est moi, la Vertu, qui pris de cette statue du Plaisir suis assise, éplorée, les cheveux épars, le sein meurtri, en pensant que tous les hommes [me dédaignent et] donnent à la maudite Volupté la préférence.

54. NICÉNÈTE. - (110) Je ne veux pas, Philothère, dîner à la ville, mais dans le bois sacré de Junon, au souffle délicieux des Zéphires. Pour lit, la terre me suffit ; car il y a, tout auprès, des touffes de joncs indigènes ; et l'osier, n'est-ce pas l'antique couronne des Cariens ? Allons, qu'on apporte du vin et la lyre charmante des Muses, afin que, la coupe en main, nous chantions joyeusement la glorieuse épouse de Jupiter, la reine de notre île (111).

55. NICOMÈDE. - (112) Cette belle image de l'enfant divin, du jeune Esculape (113) que sa mère vient de mettre au monde, tu l'as composée pour les mortels et travaillée ave c soin, ô Boéthus (114), afin que ce fût aussi chez la race future un témoignage de ton habileté savante. Cette image, Nicomède l'a consacrée, à la fois comme le prix de sa merveilleuse guérison et comme un monument de l'art antique.

56. LE MÊME. - (115) Tel que les Ilithylies t'ont mis au monde et que tu es sorti du sein de la fille de Phlégias (116), ô fils d'Apollon, Esculape sauveur, tel le génie de Boéthus t'a représenté, chef-d'oeuvre de ses mains savantes. Ton serviteur (117), souvent guéri par tes conseils, t'a consacré dans ce temple en témoignage de tes bienfaits, pour qu'on te voie et qu'on t'admire ; c'est le faible hommage d'un voeu exaucé et un souvenir de reconnaissance comme ceux que les mortels éphémères peuvent offrir aux dieux.

57. ANONYME. Épitaphe de Nicomède. - (118) Des parents ont élevé ce tombeau à Nicomède. C'était un médecin bien habile, lorsqu'il était au nombre des vivants. Par ses remèdes une infinité de malades furent délivres de la douleur ; la douleur maintenant n'a plus de prise sur son corps inanimé. - Nicomède prend ici la parole. - "Le courage de Nicomède est ferme. Du néant je passai à l'être, et je retourne au néant sans chagrin, ayant vécu quarante-quatre ans et vingt-trois jours."

58. PANTALÉUS. Sur Callimaque et Cynégire. - (119) O vains efforts, guerre impossible ! Que dirons-nous à notre roi, quand nous serons en sa présence ? Grand roi, pourquoi m'as-tu envoyé contre des guerriers immortels ? Nous les frappons, ils ne tombent pas ; nous les blessons, ils sont impassibles. Un seul homme a détruit toute une armée. Sur le champ de bataille, tout sanglant, il est resté debout, comme l'indomptable Mars, comme un chêne qui se tient sur ses racines et ne veut pas tomber. Peut-être va-t-il s'élancer sur nos vaisseaux. Pilote, lève l'ancre. Ne combattons pas contre une ombre aussi menaçante.

59. PARRHASIUS -  (120) Ce tableau est de Parrhasius (121)à la vie élégante et molle, mais honorant la vertu. Éphèse est son illustre patrie, et je n'oublie pas son père Événor à qui il doit la vie, lui qui parmi les artistes grecs tient le premier rang.

60. LE MÊME. Sur le portrait d'Hercule à Linde (122) . - (123) Tel que souvent dans des visites nocturnes le dieu m'est apparu en songe, tel on le voit ici  (124).

61. LE MÊME. - (125) Dût-on ne pas le croire, je dis que les limites de l'art de la peinture ont été trouvées, que notre main en a figé la borne qu'on ne franchira pas. La perfection n'existaitpas encore chez les mortels ; elle est atteinte.

62. PINDARE. - (126) Salut, Hésiode, qui es arrivé à la double enfance (la vieillesse) (127), qui deux fois as obtenu la sépulture (128), qui as enseigné aux hommes la mesure et la perfection de la sagesse.

63. PLATON. - (129) Les Grâces, cherchant un sanctuaire indestructible, trouvèrent l'âme d'Aristophane.

64. POSIDIPFE. - (130) Doricha (131), tes os depuis longtemps ne sont plus que de la cendre, ainsi que les bandelettes de tes cheveux (132) et ta tunique imprégnée de parfums, toi qui naguère, serrant dans tes bras le beau Charaxus (133) et partageant son lit, vidais avec lui la coupe du matin. Mais tes vers magnifiques, ô Sapho, vivent encore et vivront toujours. Ton nom est glorieux, et Naucratis en gardera mémoire, tant que les vaisseaux viendront de toutes les mers aux rivages du Nil.

65. LE MÊME. Fragment. - (134) Et dans une gageure, j'ai mangé un boeuf de Méonie ; car Thasos ma patrie ne saurait me fournir assez de nourriture , à moi Théagène. Ayant tout mangé, j'en demandais encore. C'est pour cela que , représenté en bronze, je suis debout tendant la main.

66. LE MÊME. Sur la pierre de Dracontias (135) .- (136) Ce n'est pas aux bords des fleuves impétueux que l'on trouve cette pierre d'une éclatante blancheur, c'est dans la tête d'un serpent à barbe. Le char sculpté qu'elle porte y a été gravé avec des yeux de lynx, avec une main habile aux illusions ; car ce char qui y est représenté se voit, mais sans qu'on aperçoive de relief à la surface. Et quelle merveille de travail ! Un se demande comment le lapidaire n'a pas perdu la vue à cette oeuvre si délicate et si fine.

67. LE MÊME. - (137) Rendez-vous propice et sur terre et sur mer (138) ce temple de Vénus Arsinoé, l'épouse de Philadelphe, dont le navarque Callicrate a, le premier, consacré la souveraineté sur le promontoire du Zéphyrium. Elle vous donnera une heureuse navigation, et au milieu des tempêtes elle aplanira, si vous l'invoquez, la surface des flots.

68. LE MÊME. - (139) Phyromaque, ce glouton qui dévorait tout comme un corbeau de nuit, gît dans cette fosse qui s'était trouvée ouverte, ayant pour linceul sa cape déguenillée de Hellène. N'importe, oins d'huile et de parfums sa stèle funéraire, Atticus, et pare-le de fleurs, si jamais comme parasite il a partagé tes orgies. Il était revenu des jeux Lénéens qui se célébraient alors, les yeux pochés. le front livide, les dents cassées, la tête chauve, n'ayant plus que sa cape et sa fiole d'huile. Oui, c'est en cet état que Phyromaque est allé de Bacchus chez Calliope (140).

69. PROCLUS. -  (141) Dans le palais de Rhéginus tu vois le joyeux Bacchus, tenant dans sa main droite une coupe, ayant étreint sa blonde chevelure d'une chatoyante couronne de lierre, et dans sa main gauche agitant un thyrse. La tunique qu'il porte est teinte du sang de la pourpre ; sur ses épaules flotte la nébride au poil tacheté. C'est Bacchus lui-même, c'est le dieu que tu vois au dedans de ces demeures, debout et prêt à exaucer les voeux de ses illustres hôtes.

70. PTOLÉMÉE.  (142) Hégésianax et Hermippe, beaucoup d'autres, ont décrit dans leurs livres toutes les constellations et les phénomènes du ciel ; mais ils n'ont point atteint leur but, et que d'erreurs ! Seul, Aratus a le sceptre d'une minutieuse. exactitude.

71. PYTHÉAS. - (143) Ce tombeau est celui du brave et sage Pythéas, qui eut une quantité innombrable de coupes d'or, d'argent et d'électrum, et plus qu'aucun mortel n'en posséda avant lui.

72. RHIANUS. - (144) Archine, cette bouteille a véritablement la moitié de poix (145) (pour bouchon), la moitié de vin. Je ne sache pas une corne de chevreau plus exiguë (146). Au reste, celui qui l'a envoyée, Hippocrate, mérite en tout d'être remercié (147).

73. SIMONIDE. - (148) Les voilà ces excellentes citoyennes, dans l'attitude où elles adressèrent leurs voeux à la déesse de Chypre pour les vaillants Corinthiens ; [et leurs vaeux furent exaucés : ] la divine Vénus ne voulut pas livrer aux Mèdes armés de flèches l'acropole des Grecs (149).

74. LE MÊME -  (150) Ici reposent les cendres d'Archédice, la fille d'Hippias qui, dans la Grèce, a tenu le premier rang parmi ses contemporains. Fille, femme, soeur, mère de rois, un insolent orgueil n'a point égaré son âme.

75. LE MÊME.  - (151) Cetta statue est celle de Diane ; elle a coûté deux cents drachmes de Paros au type du bouc. Arcésilas (152), le fils d'Aristodice, l'a faite en digne élève de Minerve.

76. LE MÊME. -  (153) Démocrite, le troisième, engagea le combat, lorsque les Grecs attaquèrent près de calamine la flotte des Perses. Il enleva aux ennemis cinq vaisseaux, et il reprit un sixième vaisseau dorien tombé au pouvoir des barbares.

77. LE MÊME. - (154) Néoptolème, le peuple athénien t'a honoré de cette statue en souvenir de ta bienveillance et de ta piété.

78. LE MÊME.  - (155) Certes ce fut un grand jour pour Athènes que celui où Harmodius et Aristogiton tuèrent Hipparque (156).

79. LE MÊME.  -  (157) Adimante était archonte à Athènes, lorsque la tribu Antiochide y remportait le prix de poésie, un beau trépied. Le fils de Xénophile, Aristide, avait formé un choeur bien dressé de cinquante hommes. Pour la mise en scène et l'exécution, on a glorifié Simonide, âgé de quatre-vingts ans, fils de Léoprépès.

80. LE MÊME. - Sur une chienne de chasse. - (158) Tu es morte, ô chasseresse Lycas, et je crois que, dans ce tombeau, tes os blanchis épouvantent encore les bêtes sauvages. La montagne de Pélion, le fameux Ossa, et les cimes verdoyantes du Cithéron attestent tes exploits.

81. SIMONIDE. Griphe.- (159) Un père de chevreau (une outre, un soufflet de forge, fait d'une peau de bouc) et un misérable poisson (karnÝkow, qui signifie de plus une pince, une tenaille) appuyaient leur tête l'un contre l'autre (gisaient dans la boutique d'un taillandier). Le sommeil a clos leurs paupières (le taillandier dormait, et il ne voulut pas aiguiser la hache du sacrifice), et ils ne veulent pas mettre en bon état le serviteur du dieu Bacchus avec lequel on tue le boeuf.

82. LE MÊME.  -  (160) J'affirme que nul n'égale en glorieuse renommée Simonide le nonagénaire, fils de Léoprépès (161).

83. LE MÊME. - (162) Rien chez les hommes ne reste stable : tout passe ; et le poète de Chios a exprimé une très belle pensée en disant : "Les générations des hommes sont comme celles des feuilles." Combien peu, après avoir entendu ces paroles, en ont gardé le souvenir ! Chacun de nous est plein de ces espérances dont le germe est dans le coeur de la jeunesse. Tant qu'un homme a cette fleur charmante du jeune âge, son imagination s'exalte, il rêve d'interminables projets ; car il n'a aucune appréhension de la vieillesse, de la mort ; tant qu'il est en santé, il ne pense guère à la maladie. Insensés, ceux qui sont dans cette disposition d'esprit, et qui ne savent pas combien le temps de la jeunesse et de la vie est de courte durée pour les mortels. Mais toi qui sais tout cela, jusqu'à la fin de tes jours n'hésite pas à gratifier ton âme de tous les plaisirs honnêtes.

84. LE MÊME. - (163) Pour toute chose il n'y a pas d'épreuve meilleure et plus sûre que le temps, qui révèle et montre même ce que l'homme cache au fond du coeur (164).

85. LE MÊME. - (165) Ma patrie est Corcyre ; je m'appelle Philon ; je suis fils de Glaucus, et deux fois, aux fêtes d'Olympie, j'ai remporté le prix du pugilat.

86. LE MÊME. - (166) L'Éléen Aristodème, fils de Thrasis, a remporté le prix de la lutte à Olympie, dans l'isthme deux fois, deux fois à Némée, ne devant ses couronnes ni à sa taille ni à sa force, mais à l'art de la gymnastique.

87. LE MÊME. - (167) Cette neige, un vent impétueux de Thrace l'a enfouie dans les flancs de l'Olympe. Des hommes sans manteau en ont senti à la poitrine les âpres morsures ; mais elle a été enterrée vivante sous le linceul de la terre de Piérie. Qu'on me verse aussi à moi une part de cette neige : car il ne convient pas de porter une santé à un ami avec du vin chaud.

88.LE MÊME. - (168) Je déclare que celui qui refuse da concourir pour le prix du chant donnera un bon repas (169) au fils de Panopée, à Épéus (170).

89. LE MÊME. - (171) Autrefois, étranger, nous habitions la ville bien arrosée de Corinthe, et maintenant nous sommes avec Ajax dans l'île de Salamine. Ici, après avoir détruit les Phéniciens et leur flotte, les Perses et les Mèdes, nous avons sauvé la Grèce sacrée.

90. SOPHOCLE. - (172) Buripide, ce n'est pas l'enfant, c'est le soleil, qui par ses chaudes haleines m'a dépouillé de mes vêtements ; mais, toi, dans tes plaisirs adultères, tu ne reçois que le souffle de Borée ; et tu ne fais pas preuve de sagesse, lorsque, tout en caressant la femme d'autrui, tu retires chez toi l'Amour (173) qui vole les manteaux.

91. CORNÉLIUS SYLLA. -  (174) Moi, le dictateur Sylla, je t'ai consacré, ô Vénus, celte couronne, parce qu'en songe je t'ai vue avec les armes da Mars, à la tête de l'armée et la commandant.

92. SYNÉSIUS. Sur une sphère armillaire. - (175) La science s'est frayé sa voie jusqu'aux cieux : est-il donc très étonnant qu'elle en soit revenue avec l'intelligence des merveilles célestes ? Voici qu'elle a décrit la surface sphérique du monde, qu'elle a coupé par des sections inégales (176) des cercles égaux (177). Observe tous les signes du cercle où, parvenu à un certain point, le soleil distribue également la nuit et la lumière (178). Vois l'obliquité du zodiaque ; tu remarqueras aussi les centres fameux (179) où se, réunissent les lignes méridiennes.

93. PHALLUS. - (180) Cléo offre en don à Bacchus cette belle tunique qu'elle a portée, couleur de safran, à fond d'or, parce qu'elle s'est distinguée dans les banquets : aucun homme, en effet, n'a pu lutter avec elle la coupe en main.

94. PHILIADAS DE MÉGARE. Sur les Thespiens tués par les Perses. - (181) Ces guerriers autrefois habitaient au pied de l'Hélicon. La populeuse Thespies se glorifie de leurs exploits.

95. PHILIPPE ROI DE MACÉDOINE. -  (182) Passant, l'arbre sans écorce et sans feuilles planté sur cette colline, et dont le soleil éclaire la cime de ses premiers rayons, est une potence où Alcée sera mis en croix (183).

96. PHILISCUS. -  (184) Maintenant, ô fille de Calliope, éloquente Phrontis (185), tu nous montreras les produits de ta méditation et la supériorité de ton talent : car pour moi, Lysias, qui ai reçu une autre forme (186), qui dans d'autres mondes ai pris un corps nouveau, il faut qu'en ta qualité de chantre de la vertu tu mettes au jour un hymne qui descende chez les morts, qui devienne une couronne immortelle et qui fasse connaître mes sentiments d'affection pour mes compagnons, ainsi que ma bienfaisance (187) envers tous les hommes.

97. CHÉRILUS. Sur le tombeau de Sardanapale. - (188) Sachant bien que tu es mortel, allonge ta vie par les plaisirs et les festins. A qui est mort rien ne sert. Et en effet je suis poussière, moi qui ai régné sur la grande cité de Ninus. Tout ce que j'ai mangé, tout ce dont j'ai joui, amours et festins, je les possède, le reste est du bonheur perdu. Voilà la sage leçon de vie que je donne aux hommes (189).

(1) Edidit Boissonade ex codice parisino Philostrati ad ejusdem Heroica, p. 538.
(2)
Début de l'Iliade qui servait de texte aux leçons des grammairiens.
(3
Diogène Laërte, X, 12.
(4
Cf. Sénèque, Lettres, XVI. Si ad naturam vives, nunquam eris pauper ; si ad opinionem, nunquam dives, etc. 
(
5) Épicure, fils de Néoclès. 

(6)
Delphes.
(7)
Voy. Pausanias, I, 14. Eschyle a oublié ici de rappeler ses vers, ne les regardant sans doute que comme le délassement et la distraction de ses travaux guerriers ; il a fait l'épitaphe du soldat et passé le poète sous silence. 
(8
Athénée, XI, p. 465. 
(9)
Diogène Laërte, VIII, 1, 24.
(10)
Pollien, Onomast. V, p. 503.
(11)
Élien, Hist. des animaux, XI, 4, et Pausanias, II, 35.
(12)
Lisez ƒEn d¡ ti yaèma m¡ga.
(13)
En Argolide.
(14)
Diogène Laërte, V, 11. Voy. plus bas l'épigramme 28.

(15)
Mentor.
(16)
C'est un fragment du Peplus d'Aristote. 
(17)
Orchomène de Béotie, dite Orchomène minyenne.
(18)
Il y a deux îles de Diomède : elles sont dans l'Adriatique, sur les côtes de l'Apulie.
(19) Ulysse fut tué par son fils Télégone dans l'île tyrrhénienne d'Aeaea.
(20)
Ville de l'île de Crète.
(21) V
oy. l'Iliade, II, 674.
(22)
Ancien nom de Corinthe.
(23)
Ville de Thessalie.
(24)
Voy. Pausanias, IX, 18, et Lycophron, 1194.  
(25
Cette épigramme et les suivantes ne font pas partie du Peplus d'Aristote.
(26)
Ces chevaux lui avaient été donnés par Jupiter pour l'indemniser de l'enlèvement de Ganymède. Il les avait promis à Hercule, et ensuite les lui avait refusés. On sait comment Hercule punit ce parjure : ƒIlÛou ¤jal‹paje pñlin (Iliade, V , 642)
(27)
Diogène Laërte, IV, 6.  
(28)
Diogène Laërte, IV, 6.
(29)
Au lieu de deinñw lisez aänow.
(30)
Antigone de Caryste, 23. 
(31)
Ibidem.
(32)
Ibidem, 96. Apollodore, III, 14 : K¡kroc aétñxyvn sumfu¢w ¦xvn sÇma Žndròw kaÜ dr‹kontow, ktl., Cécrops autochthone, et qui était moitié homme et moitié serpent, régna le premier sur l'Attique. 
(33)  
Athénée, V, p. 209.
(34)
Pococke, Voy. en Égypte, t. I , p. 149.
(35)
Suidas, t. III, p. 291. 
(36)
La jactance du poète Astydamas était devenue proverbiale ; on disait : se louer comme Astydamas : Saut¯n ¢paineÝw Ësper ƒAstud‹maw, gænai, Philémon, p. 435, édit. Meineke.
(37)
Strabon, XIV, p. 958. 
(38
Diophanti Arithmetica, p. 345, édit. Méziriac.
(39)
Le conge, xoèw ou 12 cotyles, équivaut à 3 litres environ. 
(40)
La drachme est évaluée à 90 centimes. 
(41)
Au lieu toÝw ôboloÝw lisez toÝw propñloiw.
(42)
Au lieu de s¢ f¡rein, lisez sfaÝron. On sait qu'un nombre sphérique est celui qui, multiplié par lui-même autant de fois que l'on voudra, reproduit toujours le même chiffre des unités;  tels sont les nombres 5 et 6. Preuve : 5 X 5 = 25, X 5 = 125, X 5 = 625, etc., 6 X 6 = 36, X 6 = 216, X 6 = 1296, etc. 
(43)
Comme qui dirait un vrai carré possédant un vrai côté.
(44)
D'après les préliminaires établis on satisfait aux conditions de la question en prenant 45 conges à 8 drachmes et 21 conges à 5, ce qui donne: 1° 8 X 15 +5 X 21 = 225 =15 (nombre sphérique) élevé à son carré ; 2° 15 +21 =36 = 6 (nombre sphérique) élevé à son carré.
(45)
Athénée, X, p. 412.
(46)
Diogène Laërte, VIII, 65, raconte qu'Acron demanda un jour au sénat d'Agrigente, que, attendu son extrème supériorité sur les autres médecins diŒ t¯n ¤n toÝw ÞatroÝw Žkrñthta il lui fût accordé un terrain pour une sépulture de famille ; mais qu'Empédocle s'opposa à cette concession, et qu'après avoir rappelé Acron aux principes de l'égalité, il lui dit : "Quelle inscription graverions-nous sur ce tombeau, si ce n'est celle-ci : …Akron Þatrñn ....?" Empédocle joue sur le nom du médecin dérivé d'krow, sur l'expression d'Žkrñthta dont il s'était servi dans le sénat, et sur le nom d'Agrigente, …Akragaw, qui commence aussi par kra.
(47)
Stobée, Florilegium, XX, p. 171.
(48)
Athénée, IX, p. 367.
(49)
Stobée, Florilegium, XLIX, p. 354.
(50)
Voy. Cicéron, de Officiis, I, 19.
(51)
Eutocius d'Ascalon in Archimedis sphaeram et cylindrum, p. 22 (éd. de Bâle, 1544).
(52)
Edidit Aldus in appendice ad anthologiam Planudeam, unde in sequentes Anthologiae editiones propagatum est. Jacobs. 
(53)
ƒAnŒ g' m¡trvn dokoèsi f¡rei, dit un scoliaste ; par conséquent, chacun trois sacs.
(54)
Athénée, II, p. 61. 
(55)
Athénée, XI, p. 472. 
(56
Au lieu de fÛle, lisez filei
(57)
Athénée VIII, p. 344.
(58)
Poisson de mer, anthias ou dorade.
(59)
Athénée, X, p. 497.
(60)
Cap de la Basse-Égypte où Vénus avait un temple ; par flatterie Arsinoé était surnommée ƒAfrodÛth ZefurÝtiw.
(61)
Mécanicien célèbre, père de Héron l'ancien, mécanicien plus célèbre encore. 
(62)
Athénée, XI, p. 486.
(63)
Un conge ou douze cotyles, équivaut à trois litres. 
(64)
Grand vase à boire.
(65)
Athénée, VIII, p. 346.
(66)
Au lieu de mñnon oé l¡gomen lisez NaÜ mŒ tòn, oé m¡nomen
(67)
Gorgoèw, gñggrou, jeu de mots.
(68)
Athénée, IX, p. 472.
(69)
Athénée, IV, p. 176. 
(70)
Eupalamus de pal‹mai, mains, doigts. 
(71
Glaucé, célèbre joueuse de flûte. 
(72)
Battalus, Cotale, Pancalus, grands flûtistes.
(73)
Athénée, V, p. 222. 
(74)
Diogène Laërte, IV, V.
(75)
Diogène Laërte, VIII, 1.
(76)
Eusebe, Prépar. evangél., XV, 2
(77)
Aristote a composa en son honneur l'hymne à la Vertu  : ƒAretŒ polæmoxy¡.
(78)
Borbñrou, nom d'un fleuve de Macédoine. 
(79
  Hoc poemation quod in appendice Planudis legitur, Brunckius non dubilavit tribuere Theoni. Jacobs.
(80)
Stobée, Eclog. phys., t. 1, tit. VI, p. 174, ed. Heeren.
(81)
Athénée VIII, p, 443. C'est Hypsipyle qui parle, ou mieux Léontée sous le costume d'Hypsipyle qu'il avait mal jouée.
(82)
L'artichaut gâte la voix, dit Columelle, de Re rust., X, 235.
(83)
Exercitationes plinianae de Saumaise, p. 726.
(84)
L'arbre est une perche qu'un saltimbanque pose sur son front, et sur laquelle grimpent des enfants, karpoÛ.
(85)
Legitur in primis palatini codicis foliis. Jacobs.
(86)
Clément d'Alexandrie, Cohort., p. 18. 
(87)
Ce philosophe ionien, dont parle Aristote, croyait que les dieux étaient des hommes qui avaient bien mérite de l'humanité.
(88)
Athénée,VII, p. 318.
(89)
Des coquilles de nautiles servaient aux jeux, à la parure des jeunes filles qui, lorsqu'elles se mariaient, les consacraient à Vénus avec les autres jouets de leur enfance. Ici Sélèné, fille de Clinias, s'étant mariée en Egypte, offre un nautile dans le temple de Zéphyrium, bàti en l'honneur d'Arsinoé, femme de Ptolémée Philadelphe, qu'on y honorait sous le nom de Vénus. C'est le nautile qui parle. Voir sur le nautile papyrace ou argonaute, Pline, Hist. nat., IX, 47.
(90)
Au lieu de tÛkthtai noter°w, lisez tÛktetai aÞnot¡rhw.
(91)
Strabon XIV, p. 638.
(92)
Krevfælon variante, toè SamÛou. Boissonade, Notulae in Callimachi epigr., p. 183 : Poema de Oechaliae eversione, OÞxalÛaw Œlvsiw, loquitur : Ego Creophyli liber Homereus esse dicor !
(93)
L'empereur Julien, Orat., VI, p. 199.   
(94)
Stobée Florilegium, CXIX, p. 600 et 493.
(95) T.
III p. 674 des oeuvres de Lucien, édit. Reitz ; t. X, p. 36, édit. Bipont.
(96
Voy. dans  les Varie opere de Visconti, t. I p. 260 : Iscrizioni trioee ; et Herodis Attici quae supersunt de Fiorillo, p. 30.
(97)
Surnom de Némésis de Rhamnonte ou Rhamnuse en Attique.
(98
Fils d'Eole, petit-fils de Neptune qui outragea Cérès et qu'elle poursuivit de ses vengeances.
(99)
De là la même défense symbolisée sur des tombeaux par le signe de la pioche et par la formule sub ascia ou ad asciam dedicatum.
(100)
Roi d'Athènes, fils de Vulcain qu'éleva Minerve.
(101)
Voy. dans les Varie opere de Visconti, t. 1, p, 270 : Iscrizioni triopee ; et Herodis Attici quae supersunt de Fiorillo, p. 38.
(102)
La nouvelle Cérès, c'est Faustina Junior, la femme de Marc Aurèle.
(103)
Voy. Pindare, Olymp. II.
(104) En le faisant sénateur.
(105) C'est l'odéon, qui est comme l'±rÇon de Régilla.
(106) Faustina junior, la neŒ DhÅ ou nouvelle Cérès. 

(107)
Lucilla, la mère de Marc Aurèle.
(108)
Edidit Du Cange in additamentis ad Conslantinopolim christ. ad calcem Zonarae, p. 151. Jacobs.
(109)
Athénée, V, p. 163.
(110
Athénée, XV, p. 673.
(111)
Samos où Junon avait un sanctuaire célèbre : ƒImbrasÛhw §dow …Hrhw(Apollonius, Argon, I, 187)
(112)
Falconieri, Inscriptiones athleticae, Rome, 1668. 
(113
Painow. Ainsi est appelé Esculape dans Orphée, hymne 66 : Þht¯r p‹ntvn ƒAsklhpi¡ , d¡spota Pai‹n.
(114)
Sur Boéthus, voy. Sillig, Catalogus artificum.
(115)
Falconieri, ut supra
(116
Coronis, voy. Pindare, Pythiques, III.
(117)
Le médecin Nicomède.
(118)
Gori, Thesaurus. t. III, p. 127. L'épitaphe s'y termine ainsi EécuxÇ Nikom®de, ÷stiw oék ³mhn, kaÛ ¤genñmhn.  Oék eÞmÜ, kaÜ oé lumpoèmai, z®saw ¦th MD kaÜ ²m¡raw KL., Voy. Ch. de la Rochelle, Mélanges, II p. 138.
(119)
Slobée, Florilegium, tit. VII, p. 91.
(120)
Athénée, XII, p 543
(121)
Fecundus artifex sed quo nemo insolentius et arrogantius sit usus gloria artis, Pline, XXXV, 11, 38.
(122)
Ville de l'île de Rhodes.
(123)
Athénée, XII, p. 543.
(124)Voy. Pline, XXXV, 36, 11.

(125)
Athénée, XII, p. 543.
(126)
Suidas, t. III, p. 483.
(127)
„O g¡rvn dÛw paÝw, Platon, Nñmoi, édit. Asti, t. II, p. 78.
(128)
T‹fou soyez Pausanias, IX, 38. 
(129)
In vita Platonis Olypiodori ad calcem Diog. Laertii.
(130
Athénée XIII, p. 596.
(131
Courtisane égyptienne de Naucratis. 
(132)
Au lieu de koim®sato desmÇn lisez kñniw, oá te Žpñdesmoi
(133
Frère de Sapho.
(134
Athénée, X, p. 412.
(135
Cf. Pline, XXXVII, 10, 67.
(136)
  Tzetzès, Chiliades, VII, 662.
(137)
Athénée, VII, p, 318.
138
. Lisez ¤n pñntÄ
139
. Athénée, X, p. 414.
140
. Belle fosse, kal¯n ôp®n, jeu de mots pour dire qu'on l'a mis dans ce trou. 
141
. D'Orville, ad Charitonem, p. 385.
142
. Servatum in vita Arati et saepius editum, Jacobs.
143
. Athénée, XI, p, 465.
144
. Athénée, XI, p, 499. 
145
. KvnÛtisow, de kÇnow, fruit des arbres résineux.

146
. 1. Lisez leptñteron et k¡raw.
147
. On ne devrait rien recevoir de lui.
148
. Athénée, XIII, p. 573. 
149
. C'est Corinthe, l'Acrocorinthe que Polystrate appelle „Ell‹dow kron, dans l'épigramme funéraire 297.
150
.  Voy. Thucydide, VI, 59.
151
. Diogène Laërte, IV, p. 45. 
152
. Voy. le Catalogus artificum de Sillig. p. 79.
153
.  Voy. Plutarque, De la malignité d'Hérodote, XLVIII.
154
. Servatum in primis Palatinarum membranarum foliis, Jacobs,
155
. Héphestion, Enchiridion, p. 40.
156
. L'an 514 av. J.-C. Voy. Hérodote, V, 55 ; VI, 123. Cf Athénée, XV, p. 695.
157
. Ex scholiis ad Hermogenem, p. 410. Jacobs.
158
. Pollux, Onomasticon, V, 48.
159
. Athénée, X, p. 456. 
160
.Aristide, Discours, t. III p. 379, édit. Iebb. 
161
.Malherbe a dit avec aussi peu de modestie : "Ce que Malherbe écrit dure éternellement." 
162
. Stobée, Florilegium, CXVI, p. 528. 
163
. Stobée, Eclog. phys. I, 9, p. 210. 
164
. Même pensée dans ce vers de Ménandre :
…Hyouw d¢ basanñw ¤stin ŽnyrÅpoiw xrñnow.
165
. Pausanias, VI, 9.

166. Héphestion, de Metris, p. 64.
167
. Des échansons mêlant de la veine au vin des autres convives et n'en faisant pas autant pour Simonide, il fit cet impromptu :  ƒApesxedÛase tñde tò ¤pÛgramma. Vov. Athénée, III, p. 125.
168
. Voy. Athénée, X, p. 456. 
169
. Un demi-boisseau d'orge.
170
. C'est le nom de l'âne de Simonide.
171
. Plutarque, de Herodoti malignitate, E39.
172
. Athénée, XIII, p. 604.
173
. tòn …Ervta lvpodæphn, ad puerum referenda sunt, pallii furem, quem Euripides tamen secum adducere non dubitaverat Jacobs.
174
.  Appien, Guerres civiles, I, 97. Dans Plutarque, de Fortuna Romanorum, il y a sur une inscription de trophées : Korn®liow Sællaw ƒEpafrñditow.
175.  Synesii opera. p. 313. édit. Petau.
176. Les cercles polaires et tropicaux. 
177
. Les méridiens qui coupent l'équateur à angles droits.
178
. La lune équinoxiale. 
179
. Les deux pôles. 
180
. Athénée, X p. 440. 
181
Étienne de Byzance, au mot Y¡speia
182
. Plutarque, Vie de T. Flamininus, IX.
183
. Ce fut la réponse du roi Philippe à l'épigramme d'Alcée : …Aklaæstoi kaÜ yaptoi VII, 247.
184
. Plutarque, Vie des dix orateurs, III.
185
. C'est à la kelhdÅn Phtontis, Žret°w k°ruj, placée sur le tombeau de Lysias, que l'orateur, de son tombeau même, s'adresse.
186
. Idée pythagoricienne. 
187
. ƒAret® a ce sens de bienfaisance, libéralité, dans Pindare, Pyth., I, 185 ; dans Thucydide, II, 40 ; dans saint Grégoire,
eÞw Kais‹rion.
188
.  Strabon, XIV, p. 672.
189
. Inscription plus digne, a dit Aristote, d'être mise sur la fosse d'un boeuf que sur le monument d'un roi. Voy. Cicéron, Tuscmlanes, V, 36.