Denys l'Aréopagite

DENYS L'AREOPAGITE.

 

 

LIVRE DE LA HIÉRARCHIE CÉLESTE. - ΠΕΡΙ ΤΗΣ ΟΥΡΑΝΙΑΣ ΙΕΡΑΡΧΙΑΣ

partie I - partie II

 

 

LIVRE DE LA HIÉRARCHIE CÉLESTE.

 

ARGUMENT DU LIVRE.

Tout vient de Dieu et retourne à Dieu, les réalités et la science que nous en avons. Une véritable unité subsiste au fond de la multiplicité, et les choses qui se voient sont comme le vêtement symbolique des choses qui ne se voient pas. C'est donc une loi du monde que ce qui est supérieur se reflète en ce qui est inférieur, et que des formes sensibles représentent les substances purement spirituelles, et qui ne peuvent être amenées sous les sens. Ainsi la sublime nature de Dieu, et, à plus forte raison, la nature des esprits célestes, peuvent être dépeintes sous l'emblème obscur des êtres corporels : mais il y a une racine unique et un type suprême de ces reproductions multiples.

Or, entre l'unité, principe et fin ultérieure de tout, et les créatures, qui n'ont en elles ni leur raison , ni leur terme, il y a un milieu qui est à la fois science et action, connaissance et énergie, et qui, expression mystérieuse de la bonté incréée, 178 nous donne de la connaitre, de l'aimer et de l'imiter : ce milieu, c'est la hiérarchie, institution sacrée, savante et forte, qui purifie, illumine et perfectionne, et ainsi nous ramène à Dieu, qui est pureté, lumière et perfection.

Telle est en particulier la hiérarchie des Anges, ainsi nommés parce que, élevés par la bonté divine à un plus haut degré d'être, ils peuvent recevoir une plus grande abondance des bienfaits célestes, et les transmettre aux êtres inférieurs : car Dieu ne se manifeste pas aux hommes directement et par lui-même, mais médiatement et par des ambassadeurs (ἄγγελος). Ce nom d'anges désigne proprement les derniers des esprits bienheureux ; mais il peut très-bien s'appliquer aussi aux plus sublimes, qui possèdent éminemment ce qui appartient à leurs subordonnés, tandis qu'au contraire on ne doit pas toujours étendre réciproquement aux plus humbles rangs de la milice céleste ce qui convient aux premiers rangs.

En effet, les pures intelligences ne sont pas toutes de la même dignité ; mais elles sont distribuées en trois hiérarchies, dont chacune comprend trois ordres. Chaque ordre a son nom particulier ; et, parce que tout nom est l'expression d'une réalité, chaque ordre a véritablement ses propriétés et ses fonctions distinctes et spéciales. Ainsi les Séraphins sont lumière et chaleur, les Chérubins science et sagesse , les Trônes constance et fixité : telle apparaît la première hiérarchie. Les Dominations se nomment de la sorte, à cause de leur sublime affranchissement de toute chose fausse et vile ; les Vertus doivent ce titre à la mâle et invincible vigueur qu'elles déploient dans leurs fondions sacrées ; le nom des Puissances rappelle la force de leur autorité et le bon ordre dans lequel elles se présentent à l'influence divine : ainsi est caractérisée la deuxième hiérarchie. Les Principautés savent se guider elles-mêmes et diriger invariablement les autres vers Dieu ; les Archanges tiennent aux Principautés en ce qu'ils gouvernent les Anges, et aux Anges, en ce qu'ils remplissent parfois, comme eux, la mission d'ambassadeurs: telle est la troisième hiérarchie. Tels sont les neuf chœurs de l'armée céleste.

La première hiérarchie, plus proche de la Divinité, se purifie, s'illumine et se perfectionne plus parfaitement ; elle préside à l'initiation de la deuxième, qui participe, en sa mesure propre , à la pureté, à la lumière et à la perfection, et devient à son tour peur la troisième le canal et l'instrument des grâces divines. 179 Même les choses se passent ainsi dans chaque ordre, et tout esprit reçoit, au degré où il en est capable , un écoulement plus ou moins direct ou médiat de la pureté non souillée , de la lumière surabondante. de la perfection sans limites.

Ainsi tous les membres de la hiérarchie ont ceci de semblable, qu'ils participent à la même grâce, et ceci de différent, qu'ils n'y participent pas à un égal titre, ni avec un égal résultat. Et voilà la double cause de la distinction permanente qu'on reconnaît entre eux, et de l'identité des noms que parfois on leur donne ; tellement que, si les hommes eux-mêmes étaient appelés à exercer des fonctions jusqu'à un certain point angéliques, on pourrait les nommer des Anges.

Ces principes expliquent suffisamment le sens et la raison des formes corporelles sous le voile desquelles sont représentés les Anges. Elles devront être le signe des propriétés qu'ils ont, des fonctions qu'ils remplissent. Ainsi les choses matérielles trouvent leur type dans les esprits , et les esprits en Dieu , qui est tout en tous.

 

 

 

 

 

 

ΚΕΦΑΛΑΙΟΝ Α΄

 

Ὅτι πᾶσα θεία ἔλλαμψις κατὰ ἀγαθότητα ποικίλως εἰς τὰ προνοούμενα προϊοῦσα μένει ἁπλῆ καὶ οὐ τοῦτο μόνον, ἀλλὰ καὶ ἑνοποιεῖ τὰ ἐλλαμπόμενα

 

 

 

 

 

 

1. «Πᾶσα δόσις ἀγαθὴ καὶ πᾶν δώρημα τέλειον ἄνωθέν ἐστι καταβαῖνον ἀπο τοῦ Πατρὸς τῶν φωτων». Ἀλλὰ καὶ πᾶσα πατροκινήτου φωτοφανείας πρόοδος εἰς ἡμᾶς ἀγαθοδότως φοιτῶσα πάλιν ὡς ἑνοποιὸς δύναμις ἀνατατικῶς ἡμᾶς ἀναπλοῖ καὶ ἐπιστρέφει πρὸς τὴν τοῦ συναγωγοῦ Πατρὸς ἑνότητα καὶ θεοποιὸν ἁπλότητα. Καὶ γὰρ «Ἐξ αὐτοῦ τὰ πάντα καὶ εἰς αὐτὸν» ὡς ὁ ἱερὸς ἔφη λόγος.

2. Οὐκοῦν Ἰησοῦν ἐπικαλεσάμενοι, τὸ πατρικὸν, φῶς, τὸ ὂν «τὸ ἀληθινόν, ὁ φωτίζει πάντα ανθρωπον ἐρχόμενον εις τὸν κόσμον», δι' οὗ τὴν πρὸς τὸν ἀρχίφωτον Πατέρα προσαγωγὴν ἐσχήκαμεν, ἐπὶ τὰς τῶν ἱερωτάτων Λογίων πατροπαραδότους ἐλλάμψεις ὡς ἐφικτὸν ἀνανεύσωμεν, καὶ τὰς ὑπ' αὐτῶν συμβολικῶς ἡμῖν καὶ ἀναγωγικῶς ἐκφανθείσας τῶν οὐρανίων νοῶν ἱεραρχίας ὡς οἷόν τέ ἐσμεν ἐποπτεύσωμεν, καὶ τὴν ἀρχικὴν καὶ ὑπεράρχιον τοῦ θεαρχικοῦ Πατρὸς φωτοδοσίαν, ἣ τὰς τῶν ἀγγέλων ἡμῖν ἐν τυπωτικοῖς συμβόλοις ἐκφαίνει μακαριωτάτας ἱεραρχίας, ἀύλοις καὶ ἀτρεμέσι νοὸς ὀφθαλμοῖς εἰσδεξάμενοι πάλιν ἐξ αὐτῆς ἐπὶ τὴν ἁπλῆν αὐτῆς ἀναταθῶμεν ὀικτῖνα. Καὶ γὰρ οὐδὲ αὐτὴ πώποτε τῆς οἰκείας ἑνικῆς ἐνδότητος ἀπολείπεται, πρὸς ἀναγωγικὴν δὲ καὶ ἑνοποιὸν τῶν προνοουμένων σύγκρασιν ἀγαθοπρεπῶς πληθυνομένη καὶ προϊοῦσα μένει τε ἔνδον ἑαυτῆς ἀραρότως ἐν ἀκινήτῳ ταὐτότητι μονίμως πεπηγυῖα καὶ τοὺς ἐπ' αὐτὴν ὡς θεμιτὸν ἀνανεύοντας ἀναλόγως αὐτοῖς ἀνατείνει καὶ ἑνοποιεῖ κατὰ τὴν ἁπλωτικὴν αὐτῆς ἕνωσιν. Καὶ γὰρ οὐδὲ δυνατὸν ἑτέρως ἡμῖν ἐπιλάμψαι τὴν θεαρχικὴν ἀκτῖνα μὴ τῇ ποικιλίθι τῶν ἱερῶν παραπετασμάτων ἀναγωγικῶς περικεκαλυμμένην καὶ τοῖς καθ' ἡμᾶς προνοίᾳ πατρικῆ συμφυῶς καὶ οἰκείως διεσκευασμένην.

3. Διὸ καὶ τὴν ὁσιωτάτην ἡμῶν ἱεραρχίαν ἡ τελετάρχις ἱεροθεσία τῆς τῶν οὐρανίων ἱεραρχιῶν ὑπερκοσμίου μιμήσεως ἀξιώσασα καὶ τὰς εἰρημένας ἀυλους ιεραρχίας ὑλαίοις σχήμασι καὶ μορφωτικαῖς συνθέσεσι διαποικίλασα παραδέδωκεν, ὅπως ἀναλόγως ἡμῖν αὐτοῖς ἀπὸ τῶν ἱερωτάτων πλάσεων ἐπὶ τὰς ἁπλᾶς καὶ ἀτυπώτους ἀναχθῶμεν ἀναγωγὰς καὶ ἀφομοιώσεις, ἐπεὶ μηδὲ δυνατόν ἐστι τῷ καθ' ἡμᾶς νοί πρὸς τὴν ἄϋλον ἐκείνην ἀναταθῆναι τῶν οὐρανίων ἱεραρχιῶν μίμησίν τε καὶ θεωρίαν, εἰ μὴ τῇ κατ᾽ αὐτὸν ὑλαίᾳ χειραγωγίᾳ χρήσαιτο τὰ μὲν φαινόμενα κάλλη τῆς ἀφανοῦς εὐπρεπείας ἀπεικονίσματα λογιζόμενος καὶ τὰς αἰσθητἀς εὐωδίας ἐκτυπώματα τῆς νοητῆς διαδόσεως καὶ τῆς ἀὖλου φωτοδοσίας εἰκόνα τὰ ὑλικὰ φῶτα καὶ τῆς κατὰ νοῦν θεωρητικῆς ἀποπληρώσεως τὰς διεξοδικὰς ἱερὰς μαθητείας καὶ τῆς ἐναρμονίου πρὸς τὰ θεῖα καὶ τεταγμένης ἕξεως τὰς τῶν ἐνθάδε διακοσμήσεων τάξεις καὶ τῆς Ἰησοῦ μετουσίας τὴν τῆς θειοτάτης εὐχαριστίας μετάληψιν, καὶ ὅσα ἄλλα ταῖς οὐρανίαις μὲν οὐσίαις ὑπερκοσμίως, ἡμῖν δὲ συμβολικῶς παραδέδοται. Ταύτης οὖν ἕνεκα τῆς ἡμῶν ἀναλόγου θεώσεως ἡ φιλάνθρωπος τελεταρχία καὶ τὰς οὐρανίας ἱεραρχίας ἡμῖν ἀναφαίνουσα καὶ συλλειτουργὸν αὐτῶν τελοῦσα τὴν καθ' ἡμᾶς ἱεραρχίαν τῇ πρὸς δύναμιν ἡμῶν ἀφομοιώσει τῆς θεοειδοῦς αὐτῶν ἱερώσεως αἰσθηταῖς εἰκόσι τοὺς ὑπερουρανίους ἀνεγράψατο νόας ἐν ταῖς ἱερογραφικαῖς τῶν λογίων συνθέσεσιν, ὅπως ἂν ἡμᾶς ἀναγάγοι διὰ τῶν αἰσθητῶν ἐπὶ τὰ νοητὰ κἀκ τῶν ἱεροπλάστων συμβόλων ἐπὶ τὰς ἁπλᾶς τῶν οὐρανίων ἱεραρχιῶν ἀκρότητας.


181 CHAPITRE I.

 

Comment Toute Illumination Divine, Qui Par La BontÉ CÉleste Passe Aux. CrÉatures, Demeure Simple En Soi, MalgrÉ La DiversitÉ De Ses Effets, Et Unit Les Choses Qu'elle Touche De Ses Rayons.

 

Argument. — I. On enseigne que toute lumière, toute grâce spirituelle nous vient du Père et nous ramène à lui. II. Après une invocation au Christ, on se propose d'expliquer les hiérarchies célestes, au moyen des oracles divins, qui, sous la multiplicité du sens figuré, cachent la simplicité du sens littéral. III. Ou montre que, pour se proportionner à nos forces, l'Écriture représente sons des figures matérielles les choses spirituelles et célestes, et l'on indique comment de ces grossiers symboles notre âme peut s'élever aux contemplations les plus sublimes.

I. Toute grâce excellente, tout don parfait vient d'en haut, et descend du Père des lumières (01). Il y a plus : toute émanation de splendeur que la céleste bienfaisance laisse déborder sur l'homme, réagit en lui comme principe de simplification spirituelle et de céleste union, et par sa force propre, le ramène vers l'unité souveraine et la déifique simplicité du Père. Car toutes choses viennent de Dieu et retournent à Dieu, comme disent les saintes Lettres (02).

II. C'est pourquoi, sous l'invocation de Jésus, la lumière du Père, oui, la vraie lumière qui éclaire 181 tout homme venant au monde (03), et par qui nous avons obtenu d'aborder le Père, source de lumière, élevons un regard attentif vers l'éclat des divins oracles que nous ont transmis nos maîtres : là, étudions avec bonne volonté ce qui fut révélé, sous le voile de la figure et du symbole, touchant les hiérarchies des esprits célestes. Puis, ayant contemplé d'un œil tranquille et pur ces splendeurs primitives, ineffables, par lesquelles le Père, abîme de divinité, nous manifeste sous des types matériels les bienheureux ordres des anges, replions-nous sur le principe infiniment simple d'où ces splendeurs dérivent. Ce n'est pas à dire toutefois que jamais elles existent en dehors de l'unité qui fait leur fond; car, lorsque s'attempérant par providentielle bonté aux besoins de l'homme pour le spiritualiser et le rendre un, elles se répandent heureusement en rayons multiples, alors même elles gardent essentiellement une identité immuable et une permanente unité ; et sous leur puissante influence, quiconque les accueille, comme il doit, se simplifie et devient un, au degré où il en est personnellement capable. Effectivement ce principe originel de divine lumière ne nous est accessible, qu'autant qu'il se voile sous la variété de mystérieux symboles, et qu'avec amour et sagesse il descend, pour ainsi dire, au niveau de notre nature.

III. Aussi le suprême et divin législateur a fait que notre sainte hiérarchie fût une sublime imitation des hiérarchies célestes ; et il a symbolisé les armées invisibles sous des traits palpables et sous des formes composées, afin qu'en rapport avec notre nature, ces institutions saintement figuratives relevassent jusqu'à 182 la hauteur et à la pureté des types qu'elles représentent. Car ce n'est qu'à l'aide d'emblèmes matériels que notre intelligence grossière peut contempler et reproduire la constitution des ordres célestes. Dans ce plan, les pompes visibles du culte nous rappellent les beautés invisibles; les parfums qui embaument les sens, représentent les suavités spirituelles; l'éclat des flambeaux est le signe de l'illumination mystique; le rassasiement des intelligences par la contemplation a son emblème dans l'explication de la sainte doctrine; la divine et paisible harmonie des cieux est figurée par la subordination des divers ordres de fidèles, et l'union avec Jésus-Christ par la réception de la divine Eucharistie. Et ainsi de toute autre grâce, les natures célestes y participant d'une façon qui n'est pas de la terre, et l'homme seulement par le moyen de sigues sensibles. C'est donc pour nous diviniser en la forme où cela se pouvait, que nous avons été miséricordieusement initiés au secret des hiérarchies célestes par la notre qui en est comme le rudiment, et associés à elles dans la participation aux choses sacrées ; et les paroles de la sainte Écriture ne dépeignent les pures intelligences sous des images matérielles, que pour nous faire passer du corps à l'esprit, et des pieux symboles à la sublimité des pures essences.


ΚΕΦΑΛΑΙΟΝ Β΄

 

Ὅτι πρεπόντως τὰ θεῖα καὶ οὐράνια καὶ διὰ τῶν ἀνομοίων συμβόλων ἐκφαίνεται

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1. Χρὴ τοιγαροῦν ὡς οἶμαι πρῶτον ἐκθέσθαι τίνα μὲν εἶναι σκοπὸν ἁπάσης ἱεραρχίας οἰόμεθα καὶ τί τοὺς αὑτῆς ἑκάστη θιασώτας ὀνίνησιν, ἑξῆς δὲ τὰς οὐρανίας ἱεραρχίας ὑμνῆσαι κατὰ τὴν αὐτῶν ἐν τοῖς λογίοις ἐκφαντορίαν, ἑπομένως τε τούτοις εἰπεῖν ὁποίαις ἱεραῖς μορφώσεσι τὰς οὐρανίας σχηματίζουσι διακοσμήσεις αἱ τῶν λογίων ἱερογραφίαι, καὶ πρὸς ποίαν ἀναχθῆναι χρὴ διὰ τῶν πλασμάτων ἁπλότητα, ὅπως μὴ καὶ ἡμεῖς ὡσαύτως τοῖς πολλοῖς ἀνιέρως οἰώμεθα τοὺς οὐρανίους καὶ θεοειδεῖς νόας πολύποδας εἶναί τινας καὶ πολυπροσώπους καὶ πρὸς βοῶν κτηνωδίαν ἢ πρὸς λεόντων θηριομορφίαν τετυπωμένους καὶ πρὸς ἀετῶν ἀγκυλόχειλον εἶδος ἢ πρὸς πτηνῶν τριχώδη πτεροφυίαν διαπεπλασμένους καὶ τροχούς τινας πυρώδεις ὑπὲρ τὸν οὐρανὸν φανταζώμεθα καὶ θρόνους ὑλαίους τῇ θεαρχίᾳ πρὸς ἀνάκλισιν ἐπιτηδείους καὶ ἵππους τινὰς πολυχρωμάτους καὶ δορυφόρους ἀρχιστρατήγους καὶ ὅσα ἄλλα πρὸς τῶν λογίων ἡμῖν ἱεροπλάστως ἐν ποικιλίᾳ τῶν ἐκφαντορικῶν συμβόλων παραδέδοται. Καὶ γὰρ ἀτεχνῶς ἡ θεολογία ταῖς ποιητικαῖς ἱεροπλαστίαις ἐπὶ τῶν ἀσχηματίστων νοῶν ἐχρήσατο τὸν καθ' ἡμᾶς ὡς εἴρηται νοῦν ἀνασκεψαμένη καὶ τῆς οἰκείας αὐτῷ καὶ συμφυοῦς ἀναγωγῆς προνοήσασα καὶ πρὸς αὐτὸν ἀναπλάσασα τὰς ἀναγωγικὰς ἱερογραφίας.

2. Εἰ δέ τῳ δοκεῖ τὰς μὲν ἱερὰς ἀποδέχεσθαι συνθέσεις ὡς τῶν ἁπλῶν ἐφ' ἑαυτῶν ἀγνώστων τε καὶ ἀθεωρήτων ἡμῖν ὑπαρχόντων, ἀπεμφαινούσας δὲ οἴεται τὰς τῶν ἁγίων νοῶν ἐν τοῖς Λογίοις εἰκονογραφίας καὶ πᾶσαν ὡς εἰπεῖν τὴν ἀπότομον ταύτην τῶν ἀγγελικῶν ὀνομάτων σκηνὴν καὶ χρῆναί φησι τοὺς θεολόγους ἐπὶ σωματοποιίαν ὅλως τῶν ἀσωμάτων ἐληλυθότας οἰκείοις αὐτὰ καὶ ὡς δυνατὸν συγγενέσιν ἀναπλάττειν τε καὶ ἐκφαίνειν σχηματισμοῖς ἐκ τῶν παρ' ἡμῖν τιμιωτάτων καὶ ἀυλων ποσῶς καὶ ὑπερκειμένων οὐσιῶν καὶ μὴ ταῖς οὐρανίαις καὶ θεοειδέσιν ἁπλότησι τὰς ἐπὶ γῆς ἐσχάτας περιτιθέντας πολυμορφίας (τὸ μὲν γὰρ ἡμῶν τε ἀναγωγικώτερον ἔμελλεν εἶναι καὶ τὰς ὑπερκοσμίους ἐκφαντορίας οὐ κατῆγεν εἰς τὰς ἀπεμφαινούσας ἀνομοιότητας, τὸ δὲ καὶ εἰς τὰς θείας ἀθέσμως ἐξυβρίζειν δυνάμεις καὶ τὸν ἡμέτερον ἴσως ἀποπλανᾶν νοῦν εἰς τὰς ἀνιέρους αὐτὸν ἐνιζάνον' συνθέσεις, καὶ τάχα καὶ οἰήσεται τὰ ὑπερουράνια λεοντείωνιο τινῶν καὶ ἱππείων ἑσμῶν ἀποπεπληρῶσθαι καὶ μυκητικῆς ὑμνολογίας καὶ ὀρνιθείας ἀγελαρχίας καὶ ζῴων ἄλλων καὶ ὑλῶν ἀτιμοτέρων, ὅσα πρὸς τὸ ἄτοπον καὶ νόθον καὶ ἐμπαθὲς ἀποκλιθεῖσαι διαγράφουσιν αἱ κατὰ πᾶν ἀνόμοιοι τῶν δῆθεν ἐκφαντορικῶν Λογίων ὁμοιότητες), ἀλλ' ἡ τῆς ἀληθείας ὡς οἶμαι ζήτησις ἀποδείκνυσι τὴν τῶν Λογίων ἱερωτάτην σοφίαν ἐν ταῖς τῶν οὐρανίων νοῶν μορφώσεσιν ἑκατέρου κομιδῇ προνοήσασαν ὡς μήτε εἰς τὰς θείας, ὡς ἂν φαίη τις, ἐξυβρίσαι δυνάμεις, μήτε μὴν εἰς τὰς χαμαιζήλους ἡμᾶς ἐμπαθῶς ἐμπαγῆναι τῶν εἰκόνων ταπεινότητας. Ὅτι μὲν γὰρ εἰκότως προβέβληνται τῶν ἀτυπώτων οἱ τύποι καὶ τὰ σχήματα τῶν ἀσχηματίστων, οὐ μόνην αἰτίαν φαίη τις εἶναι τὴν καθ' ἡμᾶς ἀναλογίαν ἀδυνατοῦσαν ἀμέσως ἐπὶ τὰς νοητὰς ἀνατείνεσθαι θεωρίας καὶ δεομένην οἰκείων καὶ συμφυῶν ἀναγωγιῶν, αἳ τὰς ἐφικτὰς ἡμῖν μορφώσεις προτείνουσι τῶν ἀμορφώτων καὶ ὑπερφυῶν θεαμάτων, ἀλλ' ὅτι καὶ τοῦτο τοῖς μυστικοῖς Λογίοις ἐστὶ πρεπωδέστατον τὸ δι' ἀποῤῥήτων καὶ ἱερῶν αἰνιγμάτων ἀποκρύπτεσθαι καὶ ἄβατον τοῖς πολλοῖς τιθέναι τὴν ἱερὰν καὶ κρυφίαν τῶν ὑπερκοσμίων νοῶν ἀλήθειαν. Ἔστι γὰρ οὐ πᾶς ἱερὸς οὐδὲ πάντων, ὡς τὰ Λόγιά φησιν, ἡ γνῶσις.

Εἰ δὲ τὰς ἀπεμφαινούσας εἰκονογραφίας αἰτιάσοιτό τις αἰδεῖσθαι, λέγων ἀνατιθέναι τὰ οὕτως αἰσχρὰ μορφώματα ταῖς θεοειδέσι καὶ ἁγιωτάταις διακοσμήσεσιν, ἀπόχρη πρὸς αὐτὸν εἰπεῖν ὡς διττός ἐστι τῆς ἱερᾶς ἐκφαντορίας ὁ τρόπος.

3. Ὁ μὲν ὡς εἰκὸς διὰ τῶν ὁμοίων προϊὼν ἱεροτύπων εἰκόνων, ὁ δὲ διὰ τῶν ἀνομοίων μορφοποιῖῶν εἰς τὸ παντελῶς ἀπεοικὸς καὶ ἀπεμφαῖνον πλαττόμενος. Ἀμέλει καὶ τὴν σεβασμίαν τῆς ὑπερουσίου θεαρχίας μακαριότητα τῶν ἐκφαντορικῶν Λογίων αἱ μυστικαὶ παραδόσεις ποτὲ μὲν ὡς λόγον καὶ νοῦν καὶ οὐσίαν ὑμνοῦσι, τὴν θεοπρεπῆ λογιότητα καὶ σοφίαν αὐτῆς δηλοῦσαι καὶ ὄντως οὖσαν ὕπαρξιν καὶ τῆς τῶν ὄντων ὑπάρξεως αἰτίαν ἀληθινήν, καὶ ὡς φῶς αὐτὴν ἀναπλάττουσι καὶ ζωὴν ἀποκαλοῦσι, τῶν τοιούτων ἱερῶν ἀναπλασμάτων σεμνοτέρων μὲν ὄντων καὶ τῶν προσύλων μορφώσεων ὑπερκεῖσθαί πως δοκούντων, ἀποδεόντων δὲ καὶ οὕτω τῆς θεαρχικῆς πρὸς ἀλήθειαν ἐμφερείας (ἔστι γὰρ ὑπὲρ πᾶσαν οὐσίαν καὶ ζωήν, οὐδενὸς μὲν αὐτὴν φωτὸς χαρακτηρίζοντος παντὸς δὲ λόγου καὶ νοῦ τῆς ὁμοιότητος αὐτῆς ἀσυγκρίτως ἀπολειπομένων), ποτὲ δὲ ταῖς ἀποφατικαῖς ἐκφαντορίαις ὑπὸ τῶν αὐτῶν Λογίων ὑπερκοσμίως ὑμνεῖται, ἀόρατον αὐτὴν καὶ ἄπειρον καὶ ἀχώρητον ἀποκαλούντων καὶ τὰ <λοιπὰ> ἐξ ὧν οὐ τί ἐστιν, ἀλλὰ τί οὐκ ἔστι σημαίνεται. Τοῦτο γὰρ ὡς οἶμαι καὶ κυριώτερόν ἐστιν ἐπ' αὐτῆς, ἐπείπερ, ὡς ἡ κρυφία καὶ ἱερατικὴ παράδοσις ὑφηγήσατο, τὸ μὲν οὐκ εἶναι κατά τι τῶν ὄντων αὐτὴν ἀληθεύομεν, ἀγνοοῦμεν δὲ τὴν ὑπερούσιον αὐτῆς καὶ ἀνόητον καὶ ἄῤῥητον ἀοριστίαν. Εἰ τοίνυν αἱ μὲν ἀποφάσεις ἐπὶ τῶν θείων ἀληθεῖς, αἱ δὲ καταφάσεις ἀνάρμοστοι τῇ κρυφιότητι τῶν ἀποῤῥήτων, οἰκειοτέρα μᾶλλόν ἐστιν ἐπὶ τῶν ἀοράτων ἡ διὰ τῶν ἀνομοίων ἀναπλάσεων ἐκφαντορία.

Τιμῶσι τοιγαροῦν, οὐκ αἴσχους ἀποπληροῦσι τὰς οὐρανίας διακοσμήσεις αἱ τῶν Λογίων ἱερογραφίαι ταῖς ἀνομοίοις αὐτὰς μορφοποιίαις ἐκφαίνουσαι καὶ διὰ τούτων ἀποδεικνῦσαι τῶν ὑλικῶν ἁπάντων ὑπερκοσμίως ἐκβεβηκυίας. Ὅτι δὲ καὶ τὸν ἡμέτερον νοῦν ἀνάγουσι μᾶλλον αἱ ἀπεμφαίνουσαι τῶν ὁμοιοτήτων, οὐκ οἶμαί τινα τῶν εὐφρονούντων ἀντερεῖν. Εἰς μὲν γὰρ τὰς τιμιωτέρας ἱεροπλαστίας εἰκός ἐστι καὶ πλανηθῆναι, χρυσοειδεῖς τινας οἰομένους εἶναι τὰς οὐρανίας οὐσίας καὶ φωτοειδεῖς τινας ἄνδρας καὶ ἐξαστράπτοντας, εὐπρεπεῖς, ἠμφιεσμένους ἐσθῆτα φανὴν καὶ τὸ πυρῶδες ἀβλαβῶς ἀποστίλβοντας καὶ ὅσοις ἄλλοις ὁμοιοτυπώτοις κάλλεσιν ἡ θεολογία τοὺς οὐρανίους εσχημάτισε νόας, Ὅπερ ἵνα μὴ πάθοιεν οἱ μηδὲν τῶν φαινομένων καλῶν ὑψηλότερον ἐννενοηκότες, ἡ τῶν ὁσίων θεολόγων ἀνατατικὴ σοφία καὶ πρὸς τὰς ἀπεμφαινούσας ἀνομοιότητας ἱερῶς κατάγεται, μὴ συγχωροῦσα τὸ πρόσυλον ἡμῶν εἰς τὰς αἰσχρὰς εἰκόνας ἀπομένον ἐπαναπαύεσθαι, διανιστῶσα δὲ τὸ ἀνωφερὲς τῆς ψυχῆς καὶ ὑπονύττουσα τῇ δυσμορφίᾳ τῶν συνθημάτων ὡς μήτε θεμιτοῦ μηδὲ ἀληθοῦς δοκοῦντος εἶναι μηδὲ τοῖς ἄγαν προσύλοις, ὅτι τοῖς οὕτως αἰσχροῖς ἐμφερῆ πρὸς ἀλήθειάν ἐστι τὰ ὑπερουράνια καὶ θεῖα θεάματα. Ἄλλως τε καὶ τοῦτο ἐννοῆσαι χρὴ τὸ μηδὲ ἓν τῶν ὄντων εἶναι καθόλου τῆς τοῦ καλοῦ μετουσίας ἐστερημένον, εἴπερ, ὡς ἡ τῶν Λογίων ἀλήθειά φησι, «Πάντα καλὰ λίαν».

4. Ἔστιν οὖν ἐκ πάντων αὐτῶν ἐπινοῆσαι καλὰς θεωρίας καὶ τοῖς νοητοῖς τε καὶ νοεροῖς ἐκ τῶν ὑλαίων ἀναπλάσαι τὰς λεγομένας ἀνομοίους ὁμοιότητας, ἑτέρῳ τρόπῳ τῶν νοερῶν ἐχόντων ἃ τοῖς αἰσθητοῖς ἑτεροίως ἀπονενέμηται. Καὶ γὰρ ὁ θυμὸς τοῖς μὲν ἀλόγοις ἐξ ἐμπαθοῦς ὁρμῆς ἐγγίνεται καὶ πάσης ἀλογίας ἐστὶν ἀνάπλεως ἡ θυμοειδὴς αὐτῶν κίνησις, ἀλλ' ἐπὶ τῶν νοερῶν ἑτέρῳ τρόπῳ χρὴ τὸ θυμικὸν ἐννοῆσαι, δηλοῦν ὡς οἶμαι τὴν ἀῤῥενωπὸν αὐτῶν λογιότητα καὶ τὴν ἀμείλικτον ἕξιν ἐν ταῖς θεοειδέσι καὶ ἀμεταβόλοις ἱδρύσεσιν. Ὡσαύτως ἐπιθυμίαν μὲν εἶναί φαμεν ἐπὶ τῶν ἀλόγων ἀπερίσκεπτόν τινα καὶ πρόσυλον ἐξ ἐμφύτου κινήσεως ἢ συνηθείας ἐν τοῖς ὀιλλοιωτοῖς ἀκρατῶς ἐγγινομένην προσπάθειαν καὶ τὴν ἄλογον τῆς σωματικῆς ὀρέξεως ἐπικράτειαν ἅπαν τὸ ζῷον ὠθούσης ἐπὶ τὸ κατ' αἴσθησιν ἐπιθυμητόν, ὅταν δὲ τὰς ἀνομοίους ὁμοιότητας τοῖς νοεροῖς περιτιθέντες ἐπιθυμίαν αὐτοῖς περιπλάσωμεν, ἔρωτα θεῖον αὐτὴν ἐννοῆσαι χρὴ τῆς ὑπὲρ λόγον καὶ νοῦν ἀϋλίας καὶ τὴν ἀκλινῆ καὶ ἀνένδοτον ἔφεσιν τῆς ὑπερουσίως ἁγνῆς καὶ ἀπαθοῦς θεωρίας καὶ τῆς πρὸς ἐκείνην τὴν καθαρὰν καὶ ἀκροτάτην διαύγειαν καὶ τὴν ἀφανῆ καὶ καλλοποιὸν εὐπρέπειαν αἰωνίας ὄντως καὶ νοητῆς κοινωνίας. Καὶ τὸ ἀκρατὲς ἐκλάβοιμεν ἐπὶ τοῦ συντόνου καὶ ἀνεπιστρόφου καὶ πρὸς μηδενὸς ἐγκόπτεσθαι δυναμένου διὰ τὸν ἀμιγῆ καὶ ἀναλλοίωτον τῆς θείας καλλονῆς ἔρωτα καὶ τὴν ὁλικὴν ἀπόκλισιν ἐπὶ τὸ ὄντως ἐφετόν. Ἀλλὰ καὶ αὐτὴν τὴν ἀλογίαν τε καὶ ἀναισθησίαν ἐπὶ μὲν τῶν ἀλόγων ζῴων ἢ τῶν ἀψύχων ὑλῶν στέρησιν λόγου καὶ αἰσθήσεως οἰκείως ἀποκαλοῦμεν, ἐπὶ δὲ τῶν ἀὺλων καὶ νοερῶν οὐσιῶν ἁγιοπρεπῶς τὸ ὑπερέχον αὐτῶν ὡς ὑπερκοσμίων ὁμολογοῦμεν τοῦ καθ' ἡμᾶς μεταβατικοῦ καὶ σωματικοῦ λόγου καὶ τῆς ὑλαίας καὶ ἀλλοτρίας τῶν ἀσωμάτων νοῶν αἰσθήσεως.

Ἔστι τοιγαροῦν οὐκ ἀπᾳδούσας ἀναπλάσαι τοῖς οὐρανίοις μορφὰς κἀκ τῶν ἀτιμωτάτων τῆς ὕλης μερῶν, ἐπεὶ καὶ αὐτὴ πρὸς τοῦ ὄντως καλοῦ τὴν ὕπαρξιν ἐσχηκυῖα κατὰ πᾶσαν αὐτῆς τὴν ὑλαίαν διακόσμησιν ἀπηχήματά τινα τῆς νοερᾶς εὐπρεπείας ἔχει καὶ δυνατόν ἐστι δι' αὐτῶν ἀνάγεσθαι πρὸς τὰς ἀΰλους ἀρχετυπίας, ἀνομοίως ὡς εἴρηται τῶν ὁμοιοτήτων ἐκλαμβανομένων καὶ τῶν αὐτῶν οὐ ταὐτῶς, ἐναρμονίως δὲ καὶ οἰκείως ἐπὶ τῶν νοερῶν τε καὶ αἰσθητῶν ἰδιοτήτων ὁριζομένων.

5. Ταῦτα τοὺς μυστικοὺς θεολόγους εὑρήσομεν οὐ μόναις, ταῖς τῶν οὐρανίων διακόσμων ἐκφάνσεσιν ἱερῶς περιπλάττοντας, αλλὰ καὶ αὐταῖς ἔσθ' ὅτε ταῖς θεαρχικαῖς ἐκφαντορίαις. Καὶ ποτὲ μὲν αὐτὴν ἀπὸ τῶν φαινομένων τιμίων ὑμνοῦσιν ὡς ἥλιον δικαιοσύνης, ὡς ἀστέρα τὸν ἑῷον εἰς νοῦν ἱερῶς ἀνατέλλοντα καὶ ὡς φῶς ἀπερικαλύπτως καὶ νοητῶς καταυγάζον, ποτὲ δὲ ἀπὸ τῶν μέσων ὡς πῦρ ἀβλαβῶς φωτίζον ὡς ὕδωρ ζωτικῆς ἀποπληρώσεως χορηγὸν καὶ συμβολικῶς εἰπεῖν εἰς γαστέρα διαδυόμενον καὶ ποταμοὺς ἀναβλύζον ἀσχέτως ἀποῤῥέοντας, ποτὲ δὲ ἀπὸ τῶν ἐσχάτων ὡς μύρον εὐῶδες, ὡς λίθον ἀκρογωνιαῖον. Ἀλλὰ καὶ θηριομορφίαν αὐτῇ περιτιθέασι, καὶ λέοντος αὐτῇ καὶ πάνθηρος ἰδιότητα περιάπτουσι, καὶ πάρδαλιν αὐτὴν ἔσεσθαί φασι κοὶ ἄρκτον ἀπορουμένην. Προσθήσω δὲ καὶ τὸ πάντων ἀτιμότερον εἶναι καὶ μᾶλλον ἀπεμφαίνειν δοκοῦν, ὅτι καὶ σκώληκος εἶδος αὐτὴν ἑαυτῇ περιπλάττουσαν οἱ τὰ θεῖα δεινοὶ παραδεδώκασιν. Οὕτω πάντες οἱ θεόσοφοι καὶ τῆς κρυφίας ἐπιπνοίας ὑποφῆται τῶν ἀτελέστων καὶ τῶν ἀνιέρων ἀχράντως ἀποδιαστέλλουσι τὰ Ἅγια τῶν ἁγίων καὶ τὴν ἀνόμοιον ἱεροπλαστίαν πρεσβευούσιν, ὡς μήτε τὰ θεῖα τοῖς βεβήλοις εὐχείρωτα εἶναι, μήτε τοὺς τῶν θείων ἀγαλμάτων φιλοθεάμονας ὡς ἀληθέσιν ἐναπομεῖναι τοῖς τύποις, καὶ ὥστε τὰ θεῖα τιμᾶσθαι ταῖς ἀληθέσιν ἀποφάσεσι καὶ ταῖς πρὸς τὰ ἔσχατα τῶν οἰκείων ἀπηχημάτων ἑτεροίαις ἀφομοιώσεσιν. Οὐδὲν οὖν ἄτοπον, εἰ καὶ τὰς οὐρανίας οὐσίας ἐκ τῶν ἀπεμφαινουσῶν ἀνομοίων ὁμοιοτήτων ἀναπλάττουσι κατὰ τὰς εἰρημένας αἰτίας. Οὐ γὰρ ἂν ἴσως οὐδὲ ἡμεῖς εἰς ζήτησιν μὲν ἐξ ἀπορίας, εἰς ἀναγωγὴν δὲ διὰ τῆς ἀκριβοῦς τῶν ἱερῶν ἐρεύνης ἐληλύθειμεν, εἰ μὴ τὸ δυσειδὲς ἡμᾶς ἐξετάραξε τῆς τῶν ἀγγέλων ἐκφαντικῆς ἀναπλάσεως, οὐκ ἐῶν ἡμῶν τὸν νοῦν ἐναπομεῖναι ταῖς ἀπᾳδούσαις μορφοποιίαις, ἀλλ' ἐρεθίζον ἀπαναίνεσθαι τὰς ὑλικὰς προσπαθείας καὶ προσεθίζον ἱερῶς ἀνατείνεσθαι διὰ τῶν φαινομένων ἐπὶ τὰς ὑπερκοσμίους ἀναγωγάς.

Τοσαῦτα μὲν ἡμῖν εἰρήσθω διὰ τὰς ὑλικὰς καὶ ἀπεμφαινούσας τῶν ἱερῶν Λογίων ἀγγελοειδεῖς εἰκονογραφίας, ἑξῆς δὲ ἀφορίσασθαι χρὴ τί μὲν αὐτὴν εἶναι τὴν ἱεραρχίαν οἰόμεθα, τί δὲ πρὸς αὐτῆς τῆς ἱεραρχίας ὀνίνασθαι τοὺς ἱεραρχίᾳ κεκληρωμένους. Ἡγήσοιτο δὲ τοῦ λόγου Χριστός, εἴπερ ἐμοὶ θέμις εἰπεῖν, ὁ ἐμός, ἡ πάσης ἱεραρχικῆς ἐκφαντορίας ἐπίπνοια. Σὺ δέ, ὦ παῖ, κατὰ τὴν ὁσίαν τῆς καθ' ἡμᾶς ἱεραρχικῆς παραδόσεως θεσμοθεσίαν αὐτός τε ἱεροπρεπῶς ἄκουε τῶν ἱερῶς λεγομένων ἔνθεος ἐνθέων ἐν μυήσει γινόμενος καὶ τῇ κατὰ νοῦν κρυφιότητι τὰ ἅγια περιστείλας ἐκ τῆς ἀνιέρου πληθύος ὡς ἑνοειδῆ διαφύλαξον. Οὐ γὰρ θεμιτόν, ὡς τὰ Λόγιά φησιν, εἰς ὕας ἀποῤῥίψαι τὴν τῶν νοητῶν μαργαριτῶν ἀμιγῆ καὶ φωτοειδῆ καὶ καλλοποιὸν εὐκοσμίαν.

CHAPITRE II.

 

QU'ON DONNE TRÈS-BIEN L'INTELLIGENCE DES CHOSES DIVINES ET CÉLESTES PAR  LE MOYEN DE SIGNES QUI NE LEUR RESSEMBLENT PAS.

 

ARGUMENT. — I. On expose la division de tout l'ouvrage. II. On avertit que les symboles tous lesquels sont dépeintes les choses spirituelles et célestes ne leur ressemblent pas ; et l'on prévient une objection, en Faisant voir pourquoi les êtres moins nobles sont employés préférablement aux plus nobles dans ces descriptions figuratives. III. On montre qu'en ce sujet il y a deux manières de procéder : l'une qui offre les réalités sous le déguisement des signes qui leur ressemblent, l'autre sous des formes qui leur sont diamétralement opposées; comme il y a deux manières de parler de Dieu, l'une par affirmations, l'autre par négations. IV. On enseigne que nulle chose n'est mauvaise de tout point ; et l'on explique comment la colère , la concupiscence et les autres passions pareilles peuvent être attribuées aux anges. V. On rappelle que les Écritures désignent Dieu lui-même par le nom des substances de tons les degrés, suprême, inférieur et intermédiaire.

1. J'ai cru devoir procéder ainsi : exposer d'abord le but des différentes hiérarchies, et le profit qui revient à leurs membres divers; puis célébrer les chœurs célestes, d'après ce que nous en apprennent les saints enseignements; enfin dire sous quelles formes les ordres invisibles nous sont représentés dans les Ecritures, et à quelle conception toute spirituelle ces symboles nous doivent ramener. Car il ne faut pas imaginer avec l'ignorance impie du vulgaire que ces nobles et pures intelligences aient des 184  pieds et des visages, ni qu'elles affectent la forme du bœuf stupide, ou du lion farouche, ni qu'elles ressemblent en rien à l'aigle impérieux, ou aux légers habitants des airs (04). Non encore; ce ne sont ni des chars de feu qui roulent dans les cieux, ni des trônes matériels destinés à porter le Dieu des dieux (05), ni des coursiers aux riches couleurs, ni des généraux superbement armés (06), ni rien de ce que les Ecritures nomment dans leur langage si fécond en pieux symboles (07). Car, si la théologie a voulu recourir à la poésie de ces saintes fictions, en parlant des purs esprits, ce fut, comme il a été dit, par égard pour notre mode de concevoir, et pour nous frayer vers les réalités supérieures ainsi crayonnées un chemin que notre faible nature peut suivre.

II. Quiconque applaudit aux religieuses créations sous lesquelles on peint ces pures substances que nous n'avons ni vues, ni connues, doit se souvenir que ce grossier dessein ne ressemble pas à l'original, et que toutes les qualifications imposées aux anges ne sont, pour ainsi dire, qu'imaginaires.

D'autre part, il y en a qui veulent que la théologie, quand elle prête un corps aux choses qui n'en ont pas, respecte du moins leur noblesse naturelle, et les dépeigne sous les formes les plus pures et les plus spiritualisées en quelque sorte, et n'aille pas appliquer les plus ignobles conditions du multiple à des substances éminemment simples et spirituelles. Car ainsi, croient-ils, notre pensée apprendrait à s'élever, et de sublimes vérités ne seraient pas défigurées par d'inconvenantes comparaisons : faire autrement, c'est 185 outrager les vertus célestes et fausser notre esprit fixé sur de profanes symboles. Car peut-être va-t-il imaginer que le ciel tressaille donc sous les pas des lions et des chevaux, ou retentit d'hymnes mugissantes, et qu'on y voit tout une république d'oiseaux et d'autres animaux encore et des objets purement matériels : tous êtres plus ou moins stupides et pleins de passions diverses dont le texte sacré rappelle l'impertinente idée, en établissant une ressemblance énigmatique là où il n'y a pas de ressemblance réelle.

A cela je réponds : tout homme studieux de la vérité découvrira la sagesse des saints oracles en cette peinture des intelligences célestes, et comment il fut pourvu avec bonheur à ce que ni les vertus divines ne fussent indignement rabaissées, ni notre esprit trop plongé en de basses et terrestres imaginations. Au reste, si l'on revêt de corps et de formes ce qui n'a ni corps ni formes, ce n'est pas seulement parce que nous ne pouvons avoir l'intuition directe des choses spirituelles, et qu'il nous faut le secours d'un symbolisme proportionné à notre faiblesse, et dont le langage sensible nous initie aux connaissances d'un monde supérieur; c'est encore parce qu'il est bon et pieux que les divines Lettres enveloppent sous le mystère d'énigmes ineffables, et dérobent au vulgaire la mystérieuse et vénérable nature des esprits bienheureux. Car chacun n'est pas saint, et la science n'est pas pour tous, disent les Ecritures (08). Si donc quelqu'un réprouve ces emblèmes imparfaits, prétextant qu'il répugne d'exposer ainsi les beautés saintes et essentiellement pures sous de méprisables 186 dehors, nous Ferons simplement observer que cet enseignement se fait en deux manières.

III. Effectivement on conçoit que la vérité puisse s'offrir sous les traits sacrés de figures auxquelles elle ressemble, ou bien sous le déguisement de formes qui lui sont diamétralement opposées. Ainsi, dans le mystérieux langage des livres sacrés, l'adorable et suressentielle nature de notre Dieu bienheureux se nomme quelquefois Verbe, intelligence, essence (09), comme pour exprimer sa raison et sa sagesse. Son existence si souverainement essentielle, et seule cause véritable de toutes les existences, y est comparée à la lumière (10), et s'appelle vie. Mais quoique ces nobles et pieuses manières de dire paraissent mieux aller que les symboles purement matériels, elles sont loin toutefois de représenter la divine réalité qui surpasse toute essence et toute vie, que nulle lumière ne reflète, et dont n'approche ni raison, ni intelligence quelconque. Souvent encore, prenant l'opposé, et élevant notre pensée, les Ecritures nomment cette substance invisible , immense, incompréhensible (11), indiquant ainsi ce qu'elle n'est pas, et non point ce qu'elle est. Et ces paroles me semblent plus dignes; car, si j'en crois nos saints et traditionnels enseignements, quoique nous ne connaissions pas cet infini suressentiel, incompréhensible, ineffable, cependant nous disons avec vérité qu'il n'est rien de tout ce qui est. Si donc, dans les choses divines, l'affirmation est moins juste, et la négation plus vraie, il convient qu'on n'essaie point d'exposer, sous des formes qui leur soient analogues, ces 187 secrets enveloppés d'une sainte obscurité; car ce n'est point abaisser, c'est relever au contraire les célestes beautés que de les dépeindre sous des traits évidemment inexacts, puisqu'on avoue par là qu'il y a tout un monde entre elles et les objets matériels.

Que ces défectueux rapprochements aident notre pensée à s'élever, c'est, je crois, ce qu'un homme réfléchi ne voudra pas nier ; car il est probable que de plus majestueux symboles séduisent certains esprits qui se représentent les natures célestes comme des êtres brillants d'or et d'un splendide éclat, riches, magnifiquement vêtus. rayonnants d'une douce lumière, enfin affectant je ne sais quelles autres formes que la théologie prête aux bienheureux archanges. C'est afin de désabuser ceux qui ne soupçonnent rien au-dessus des beautés du monde sensible, et pour élever sagement leur pensée, que les saints docteurs ont cru devoir adopter ces images si dissemblables ; car ainsi les formes abjectes ne peuvent séduire sans retour ce qu'il y a de matériel en nous, parce que leur grossièreté même réveille et soulève la partie supérieure de nos âmes; et de la sorte ceux mêmes qui sont épris des choses terrestres jugent faux et invraisemblable que de si difformes inventions ressemblent aucunement à la splendeur des réalités célestes et divines. Du reste il faut se souvenir que rien de ce qui existe n'est radicalement dépouillé de quelque beauté; car toutes choses sont éminemment bien, dit la vérité même(12).

IV. Toutes choses donc offrent matière aux plus nobles contemplations; et il est permis de présenter le monde purement spirituel sous l'enveloppe si peu 188 assortie cependant du monde matériel, étant avéré d'ailleurs que ces formes vont au premier d'une tout autre manière qu'au second. Effectivement, chez les créatures privées de raison, l'irritation n'est qu'une fougue passionnelle, et leur colère un mouvement tout à fait fatal ; mais quand on parle de l'indignation des êtres spirituels, on veut au contraire marquer la mâle énergie de leur raison, et leur invincible persistance dans l'ordre divin et immuable. Egalement nous disons que la brute a des goûts aveugles et grossiers, des sortes de penchants qu'une disposition naturelle ou l'habitude lui a forcément imposés, et une puissance irrésistible des appétits sensuels qui la poussent vers le but sollicité par les exigences de son organisme. Quand donc imaginant des ressemblances éloignées , nous attribuons de la convoitise aux substances spirituelles, il faut comprendre que c'est un divin amour pour le grand Esprit qui surpasse toute raison et toute intelligence ; que c'est un immuable et ferme désir de la contemplation éminemment chaste et inaltérable, et de la noble et éternelle union avec cette sainte et sublime clarté, avec cette beauté souveraine qui n'a pas de déclin. De même, par leur fougue impétueuse, on prétend désigner la magnanime et inébranlable constance qu'elles puisent dans un pur et perpétuel enthousiasme pour la divine beauté, et dans un généreux dévouement à ce qui est vraiment aimable. Enfin, par silence et insensibilité, nous entendons, chez les brutes et chez les êtres inanimés, la privation de la parole et du sentiment; mais en appliquant ces mots aux substances immatérielles et intelligentes, nous voulons dire que leur nature supérieure n'est point soumise à la loi d'un langage 189 fugitif et corporel, ni à notre sensibilité organique, et indigne de purs esprits.

Ce n'est donc point inconvenant de déguiser les choses célestes sous le voile des plus méprisables emblèmes; d'abord, parce que la matière tirant son existence de celui qui est essentiellement beau, conserve dans l'ordonnance de ses parties quelques vestiges de la beauté intelligible; ensuite parce que ces vestiges mêmes nous peuvent ramener à la pureté des formes primitives, si nous sommes fidèles aux règles antérieurement tracées, c'est-à-dire, si nous distinguons en quel sens différent une même figure s'applique avec égale justesse aux choses spirituelles et aux choses sensibles.

V. Du reste la théologie mystique, comme on sait, n'emploie pas seulement ce langage saintement figuratif, quand il s'agit des ordres célestes, mais aussi quand elle parle des attributs divins. Ainsi, tantôt voilée sous les plus nobles substances , la divinité est le soleil de justice (13), l'étoile du matin dont le lever se fait au fond des cœurs pieux (14), ou la lumière spirituelle qui nous enveloppe de ses rayons : tantôt revêtant de plus grossiers symboles , c'est un feu qui brûle sans consumer (15), une eau qui donne la vie à satiété, et qui, pour parler en figure, descend en nos poitrines, et coule à flots intarissables (16) : tantôt enfin, déguisée sous des objets infimes, c'est un parfum de bonne odeur (17), c'est une pierre angulaire (18). Même les Ecritures la présentent sous des formes animales (19), la comparant au lion, à la panthère, au léopard et à l'ours en fureur. Mais il y a quelque 190 chose qui pourrait sembler plus injurieux et moins exact encore : c'est que le Seigneur s'est nommé lui-même un ver de terre (20), comme l'enseignent nos maîtres dans la foi.

De la sorte tous ceux qui, pleins d'une divine sagesse, parlent le langage de l'inspiration sacrée, conservent aux choses saintes leur pureté originelle , au moyen de ces imparfaites et vulgaires indications; et ils usent tellement de cet heureux symbolisme, que d'un côté, ni les profanes ne pénètrent le mystère , ni les hommes d'attention pieuse ne s'attachent rigoureusement à ces paroles purement figuratives; et que d'autre part, les réalités célestes brillent à travers des formules négatives qui respectent la vérité, et des comparaisons dont la justesse se cache sous l'apparence d'un objet ignoble. Il n'est donc pas mal, pour les raisons qu'on a dites, de donner aux natures spirituelles des formes qui ne leur ressemblent que de si loin. Effectivement si la difficulté de comprendre nous a poussés à la recherche, et si une scrupuleuse investigation nous a portés jusqu'à la hauteur des choses divines, peut-être le devons-nous aux méprisables apparences imposées aux saints anges ; car ainsi notre esprit ne pouvant se faire à ces repoussantes images, était sollicité de se dépouiller de toute ^conception matérielle, et s'accoutumait avec bonheur à s'élever du symbole jusqu'à la pureté du type. Ceci soit dit pour justifier les Ecritures d'avoir déguisé les natures célestes sous l'emblème obscur des êtres corporels.

Maintenant il faut définir ce que nous entendons par la hiérarchie, et quels avantages reviennent à 191 ceux qui s'y font initier. Or, je supplie mon Jésus-Christ (s'il m'est permis de l'appeler mien), de me guider en ces discours, lui qui inspire tout bon enseignement sur les hiérarchies.

Pour vous, mon fils, selon la loi sacrée de la tradition sacerdotale, recevez avec de saintes dispositions des paroles saintes ; devenez divin par cette initiation aux choses divines ; cachez au fond de votre cœur les mystères de ces doctrines d'unité , et ne les livrez pas aux profanations de la multitude. Car, comme disent les oracles, il ne faut pas jeter aux pourceaux l'éclat si pur et la beauté si splendide des perles spirituelles.

ΚΕΦΑΛΑΙΟΝ Γ΄

 

Τί ἐστιν ἱεραρχία καὶ τίς ἡ κατὰ ἱεραρχίαν ὄνησις

 

 

 

 

1. Ἔστι μὲν ἱεραρχία κατ' ἐμὲ τάξις ἱερὰ καὶ ἐπιστήμη καὶ ἐνέργεια πρὸς τὸ θεοειδὲς ὡς ἐφικτὸν ἀφομοιουμένη καὶ πρὸς τὰς ἐνδιδομένας αὐτῇ θεόθεν ἐλλάμψεις ἀναλόγως ἐπὶ τὸ θεομίμητον ἀναγομένη· τὸ δὲ θεοπρεπὲς κάλλος ὡς ἁπλοῦν ὡς ἀγαθὸν ὡς τελεταρχικὸν ἀμιγὲς μέν ἐστι καθόλου πάσης ἀνομοιότητος, μεταδοτικὸν δὲ κατ' ἀξίαν ἑκάστῳ τοῦ οἰκείου φωτὸς καὶ τελειωτικὸν ἐν τελετῇ θειοτάτῃ κατὰ τὴν πρὸς ἑαυτὸ τῶν τελουμένων ἐναρμονίως ἀπαράλλακτον μόρφωσιν.

2. Σκοπὸς οὖν ἱεραρχίας ἐστὶν ἡ πρὸς Θεὸν ὡς ἐφικτὸν ἀφομοίωσίς τε καὶ ἕνωσις, αὐτὸν ἔχουσα πάσης ἱερᾶς ἐπιστήμης τε καὶ ἐνεργείας καθηγεμόνα καὶ πρὸς τὴν αὐτοῦ θειοτάτην εὐπρέπειαν ἀκλινῶς μὲν ὁρῶν ὡς δυνατὸν δὲ ἀποτυπούμενος καὶ τοὺς ἑαυτοῦ θιασώτας ἀγάλματα θεῖα τελῶν ἔσοπτρα διειδέστατα καὶ ἀκηλίδωτα, δεκτικὰ τῆς ἀρχιφώτου καὶ θεαρχικῆς ἀκτῖνος καὶ τῆς μὲν ἐνδιδομένης αἴγλης ἱερῶς ἀποπληρούμενα, ταύτην δὲ αὖθις ἀφθόνως εἰς τὰ ἑξῆς ἀναλάμποντα κατὰ τοὺς θεαρχικοὺς θεσμούς.

Οὐ γὰρ θεμιτόν ἐστι τοῖς τῶν ἱερῶν τελεταῖς ἢ τοῖς ἱερῶς τελουμένοις ενεργῆσαί τι καθόλου παρὰ τὰς τῆς οἰκείας τελεταρχίας ἱερὰς διατάξεις, ἀλλ' οὐδὲ ὑπάρχειν ἑτέρως, εἰ τῆς θεωτικῆς αὐτῆς ἀγλαΐας ἐφίενται καὶ πρὸς αὐτὴν ἱεροπρεπῶς ἀποσκοποῦσι καὶ ἀποτυποῦνται κατὰ τὴν ἑκάστου τῶν ἱερῶν νοῶν ἀναλογίαν. Οὐκοῦν ἱεραρχίαν ὁ λέγων ἱεράν τινα καθόλου δηλοῖ διακόσμησιν, εἰκόνα τῆς θεαρχικῆς ὡραιότητος, ἐν τάξεσι καὶ ἐπιστήμαις ἱεραρχικαῖς τὰ τῆς οἰκείας ἐλλάμψεως ἱερουργοῦσαν μυστήρια καὶ πρὸς τὴν οἰκείαν ἀρχὴν ὡς θεμιτὸν ἀφομοιουμένην· ἔστι γὰρ ἑκάστῳ τῶν ἱεραρχίᾳ κεκληρωμένων ἡ τελείωσις τὸ κατ' οἰκείαν ἀναλογίαν ἐπὶ τὸ θεομίμητον ἀναχθῆναι καὶ τὸ δὴ πάντων θειότερον, ὡς τὰ Λόγιά φησι, «Θεοῦ συνεργὸν» γενέσθαι καὶ δεῖξαι τὴν θείαν ἐνέργειαν ἐν ἑαυτῷ κατὰ τὸ δυνατὸν ἀναφαινομένην. Οἷον ἐπειδὴ τάξις ἱεραρχίας ἐστὶ τὸ τοὺς μὲν καθαίρεσθαι, τοὺς δὲ καθαίρειν καὶ τοὺς μὲν φωτίζεσθαι, τοὺς δὲ φωτίζειν καὶ τοὺς μὲν τελεῖσθαι, τοὺς δὲ τελεσιουργεῖν, ἑκάστῳ τὸ θεομίμητον ἁρμόσει κατὰ τόνδε τὸν τρόπον· ἡ θεία μακαριότης ὡς ἐν ἀνθρώποις εἰπεῖν ἀμιγὴς μέν ἐστιν ἁπάσης ἀνομοιότητος, πλήρης δὲ φωτὸς ἀϊδίου, τελεία καὶ ἀνενδεὴς ἁπάσης τελειότητος, καθαίρουσα καὶ φωτίζουσα καὶ τελεσιουργοῦσα, μᾶλλον δὲ κάθαρσις αὐτὴ καὶ φωτισμὸς καὶ τελείωσις, ὑπὲρ κάθαρσιν, ὑπὲρ φῶς προτέλειος αὐτοτελεταρχία καὶ πάσης μὲν ἱεραρχίας αἰτία, παντὸς δὲ ἱεροῦ κατὰ τὸ ὑπερέχον ἐξῃρημένη.

3. Χρὴ τοιγαροῦν ὡς οἶμαι τοὺς μὲν καθαιρομένους ἀμιγεῖς ἀποτελεῖσθαι καθόλου καὶ πάσης ἠλευθερῶσθαι τῆς ἀνομοίου συμφύρσεως, τοὺς δὲ φωτιζομένους ἀποπληροῦσθαι τοῦ θείου φωτὸς πρὸς θεωρητικὴν ἕξιν καὶ δύναμιν ἐν πανάγνοις νοὸς ὀφθαλμοῖς ἀναγομένους, τοὺς δὲ τελειουμένους ἐκ τοῦ ἀτελοῦς μεταταττομένους μετόχους γίνεσθαι τῆς τῶν ἐποπτευθέντων ἱερῶν τελειωτικῆς ἐπιστήμης, τοὺς δὲ καθαρτικοὺς περιουσίᾳ καθάρσεως ἑτέροις μεταδιδόναι τῆς οἰκείας ἁγνότητος, τοὺς δὲ φωτιστικοὺς ὡς διειδεστέρους νόας καὶ πρὸς μετοχὴν φωτὸς καὶ μετάδοσιν οἰκείως ἔχοντας καὶ πανολβίως τῆς ἱερᾶς ἀποπληρουμένους αἵγλης τὸ κατὰ πᾶν αὐτῶν ὑπερχεόμενον φῶς εἰς τοὺς ἀξίους φωτὸς ἐποχετεύειν, τοὺς δὲ τελεσιουργοὺς ὡς ἐπιστημονικοὺς τῆς τελεστικῆς μεταδόσεως τελεῖν τοὺς τελουμένους τῇ πανιέρῳ μυήσει τῆς τῶν ἐποπτευθέντων ἱερῶν ἐπιστήμης. Οὐκοῦν ἑκάστη τῆς ἱεραρχικῆς διακοσμήσεως τάξις κατὰ τὴν οἰκείαν ἀναλογίαν ἀνάγεται πρὸς τὴν θείαν συνεργίαν, ἐκεῖνα τελοῦσα χάριτι καὶ θεοσδότῳ δυνάμει τὰ τῇ θεαρχίᾳ φυσικῶς καὶ ὑπερφυῶς ἐνόνται καὶ πρὸς αὐτῆς ὑπερουσίως δρώμενα καὶ πρὸς τὴν ἐφικτὴν τῶν φιλοθέων νοῶν μίμησιν ἱεραρχικῶς ἐκφαινόμενα.

192 CHAPITRE III.

 

ON EXPOSE LA DÉFINITION DE LA HIÉRARCHIE ET SON UTILITÉ.

 

Argument.— I. On définit la hiérarchie. II. On «pose quel est le but de la hiérarchie, et quelle subordination elle réclame ; on montre que sa beauté consiste dans l'imitation de la Divinité, et qu'elle remplit le triple ministère de purifier , d'illuminer et de perfectionner. III. On explique les devoirs respectifs de ceux qui sont ministres et sujets de cette purification, de cette illumination et de cette perfection.

I. Selon moi, la hiérarchie est à la fois ordre, science et action, se conformant, autant qu'il se peut, aux attributs divins, et reproduisant par ses splendeurs originelles comme une expression des choses qui sont en Dieu. Or, la beauté incréée, parce qu'elle est simple, bonne et principe de perfection, est pure aussi de tout vil alliage ; toutefois, et selon les dispositions personnelles de chacun , elle communique aux hommes sa lumière, et, par un mystère divin , les refait au modèle de sa souveraine et immuable perfection.

II. Le but de la hiérarchie est donc d'assimiler et d'unir à Dieu, qu'elle adore comme maître et guide de sa science et de ses fonctions saintes. Car, contemplant d'un œil assuré la beauté suréminente, elle la retrace en soi, comme elle peut; et elle transforme 193 ses adeptes en autant d'images de Dieu (21) : purs et splendides miroirs où peut rayonner l'éternelle et ineffable lumière, et qui, selon l'ordre voulu, renvoient libéralement sur les choses inférieures cette clarté empruntée dont ils brillent. Car ni les initiateurs, ni les initiés des cérémonies sacrées ne doivent s'ingérer en des fonctions qui n'appartiennent pas à leur ordre respectif; même ce n'est qu'à la condition d'une nécessaire dépendance, qu'on peut aspirer aux divines splendeurs, et les contempler avec le respect convenable, et imiter la bonne harmonie des esprits célestes.

Ainsi, par ce mot de hiérarchie, on entend un certain arrangement et ordonnance sainte, image de la beauté incréée. célébrant en sa sphère propre, avec le degré de pouvoir et de science qui lui revient, les mystères illuminateurs, et s'essayant à retracer avec fidélité son principe originel. Effectivement la perfection des membres de la hiérarchie est de s'approcher de Dieu par une courageuse imitation, et, ce qui est plus sublime encore, de se rendre ses coopérateurs (22), comme dit la parole sainte, et de faire éclater en eux, selon leur force propre, les merveilles de l'action divine.

C'est pourquoi l'ordre hiérarchique étant que les uns soient purifiés et que les autres purifient ; que les uns soient illuminés et que les autres illuminent; que les uns soient perfectionnés et que les autres perfectionnent; il s'ensuit que chacun aura son mode d'imiter Dieu. Car cette bienheureuse nature, si l'on me permet une si terrestre locution, est absolument pure et sans mélange, pleine d'une éternelle lumière, 191 et si parfaite qu'elle exclut tout défaut; elle purifie, illumine et perfectionne ; que dis-je? elle est pureté, lumière et perfection même, au-dessus de tout ce qui est pur, lumineux et parfait ; principe essentiel de tout bien , origine de toute hiérarchie, surpassant même toute chose sacrée par son excellence infinie. III. Il me semble donc nécessaire que ceux qu'on purifie, ne conservant plus aucune souillure, deviennent libres de tout ce qui a besoin d'expiation; que ceux qu'on illumine soient remplis de la divine clarté, et les yeux de leur entendement exercés au travail d'une chaste contemplation; enfin, que ceux qu'on perfectionne, une fois leur imperfection primitive abolie, participent à la science sanctifiante des merveilleux enseignements qui leur furent déjà manifestés ; pareillement, que le purificateur excelle en la pureté qu'il communique aux autres; que l'illuminateur doué d'une plus grande pénétration d'esprit, également propre à recevoir et à transmettre la lumière, heureusement inondé de la splendeur sacrée, la répande à flots pressés sur ceux qui en sont dignes; enfin, que le dépositaire habile des secrets traditionnels delà perfection, initie saintement ses frères à la connaissance des mystères redoutables qu'il a lui-même contemplés. Ainsi, les divers ordres de la hiérarchie coopèrent à l'action divine, chacun selon sa mesure propre ; et par la grâce et la force d'en haut, ils accomplissent ce que la divinité possède par nature et excellemment, ce qu'elle opère d'une façon incompréhensible , ce que la hiérarchie manifeste et propose à l'imitation des intelligences généreuses et chères au Seigneur.

ΚΕΦΑΛΑΙΟΝ Δ΄

 

Τί σημαίνει ἡ τῶν ἀγγέλων ἐπωνυμία

 

 

 

 

 

1. Τῆς τοίνυν ἱεραρχίας αὐτῆς ὅ τι ποτέ ἐστιν, ὡς οἶμαι, καλῶς ἡμἶν ὁρισθείσης, τὴν ἀγγελικὴν ἱεραρχίαν ἑξῆς ὑμνητέον καὶ τὰς ἱερὰς αὐτῆς ἐν τοῖς Λογίοις μορφοποιίας ὑπερκοσμίοις ὀφθαλμοῖς ἐποπτευτέον, ὅπως ἀναχθῶμεν ἐπὶ τὴν θεοειδεστάτην αὐτῶν ἁπλότητα διὰ τῶν μυστικῶν ἀναπλάσεων, καὶ τὴν ἁπάσης ἱεραρχικῆς ἐπιστήμης ἀρχὴν ὑμνήσωμεν ἐν θεοπρεπεῖ σεβασμιότητι καὶ τελεταρχικαῖς εὐχαριστίαις.
Πρῶτον δ' ἁπάντων ἐκεῖνο εἰπεῖν ἀληθές, ὡς ἀγαθότητι πάσας ἡ ὑπερούσιος θεαρχία τὰς τῶν ὄντων οὐσίας ὑποστήσασα πρὸς τὸ εἶναι παρήγαγεν. Ἔστι γὰρ τοῦτο τῆς πάντων αἰτίας καὶ ὑπὲρ πάντα ἀγαθότητος ἴδιον τὸ πρὸς κοινωνίαν ἑαυτῆς τὰ ὄντα καλεῖν, ὡς ἑκάστῳ τῶν ὄντων ὥρισται πρὸς τῆς οἰκείας ἀναλογίας. Πάντα μὲν οὖν τὰ ὄντα μετέχει προνοίας ἐκ τῆς ὑπερουσίου καὶ παναιτίου θεότητος ἐκβλυζομένης· οὐ γὰρ ἂν ἦν, εἰ μὴ τῆς τῶν ὄντων οὐσίας καὶ ἀρχῆς μετειλήφει. Τὰ μὲν οὖν ἄζωα πάντα τῷ εἶναι αὐτῆς μετέχει (τὸ γὰρ εἶναι πάντων ἐστὶν ἡ ὑπὲρ τὸ εἶναι θεότης), τὰ δὲ ζῶντα τῆς αὐτῆς ὑπὲρ πᾶσαν ζωὴν ζωοποιοῦ δυνάμεως, τὰ δὲ λογικὰ καὶ νοερὰ τῆς αὐτῆς ὑπὲρ πάντα καὶ λόγον καὶ νοῦν αὐτοτελοῦς καὶ προτελείου σοφίας. Δῆλον δὲ, ὅτι περὶ αὐτὴν ἐκεῖναι τῶν οὐσιῶν εἰσιν ὅσαι πολλαχῶς αὐτῆς μετειλήφασιν.
2. Αἱ γοῦν ἅγιαι τῶν οὐρανίων οὐσιῶν διακοσμήσεις ὑπὲρ τὰ μονον ὄντα καὶ ἀλόγως ζῶντα καὶ τὰ καθ' ἡμᾶς λογικὰ τῆς θεαρχικῆς μεταδόσεως ἐν μετουσίᾳ γεγόνασι. Νοητῶς γὰρ ἐπὶ τὸ θεομίμητον ἑαυτὰς ἀποτυποῦσαι καὶ πρὸς τὴν θεαρχικὴν ἐμφέρειαν ὑπερ κοσμίως ὁρῶσαι καὶ μορφοῦν ἐφιέμεναι τὸ νοερὸν αὐτῶν εἶδος, ἀφθονωτέρας εἰκότως ἔχουσι τὰς πρὸς αὐτὴν κοινωνίας, προσεχεῖς μὲν οὖσαι καὶ ἀεὶ πρὸς τὸ ἄναντες ὡς θεμιτὸν ἐν συντονίᾳ τοῦ θείου καὶ ἀκλινοῦς ἔρωτος ἀνατεινόμεναι, καὶ τὰς ἀρχικὰς ἐλλάμψεις ἀϋλως καὶ ἀμιγῶς εἰσδεχόμεναι, καὶ πρὸς αὐτὰς ταττόμεναι, καὶ νοερὰν ἔχουσαι τὴν πᾶσαν ζωήν. Αὗται γοῦν εἰσιν αἱ πρώτως καὶ πολλαχῶς ἐν μετουσίᾳ τοῦ θείου γινόμεναι καὶ πρώτως καὶ πολλαχῶς ἐκφαντορικαὶ τῆς θεαρχικῆς κρυφιότητος, διὸ καὶ παρὰ πάντα τῆς ἀγγελικῆς ἐπωνυμίας ἐκκρίτως ἠξίωνται διὰ τὸ πρώτως εἰς αὐτὰς ἐγγίνεσθαι τὴν θεαρχικὴν ἔλλαμψιν καὶ δι' αὐτῶν εἰς ἡμᾶς διαπορθμεύεσθαι τὰς ὑπὲρ ἡμᾶς ἐκφαντορίας.
Οὕτω γοῦν ὁ νόμος, ὡς ἡ θεολογία φησί, δι' ἀγγέλων ἡμῖν ἐδωρήθη, καἵ τοὺς κλεινοὺς γὲ πρὸ νόμου καὶ μετὰ νόμον ἡμῶν πατέρας ἄγγελοι πρὸς τὸ θεῖον ἀνῆγον, ἢ τὸ πρακτέον εἰσηγούμενοι καὶ πρὸς εὐθεῖαν ὀιληθείας ὁδὸν ἐκ πλάνης καὶ ζωῆς ἀνιέρου μετάγοντες, ἢ τάξεις ἱερὰς ἢ μυστηρίων ὑπερκοσμίων κρυφίας ὁράσεις ἢ θείας τινὰς προαναῤῥήσεις ὑποφητικῶς ἀναφαίνοντες.
3. Εἰ δέ τις φαίη καὶ αὐτόθεν ἀμέσως ἐγγενέσθαι τισὶ τῶν ἁγίων θεοφανείας, μανθανέτω καὶ τοῦτο σαφῶς ἐκ τῶν ἱερωτάτων Λογίων, ὡς αὐτὸ μὲν ὅ τί ποτέ ἐστι τὸ τοῦ Θεοῦ κρύφιον «οὐδεὶς ἑώρακεν» οὐδὲ ὄψεται, θεοφάνειοιι δὲ τοῖς ὁσίοις γεγόνασι κατὰ τὰς πρεπούσας Θεῷ διὰ δή τινων ἱερῶν καὶ τοῖς ὁρῶσιν ἀναλόγων ὁράσεων ἐκφαντορίας. Ἡ πάνσοφος δὲ θεολογία τὴν ὅρασιν ἐκείνην, ἥτις ἐν ἑαυτῆ διαγεγραμμένην ἀνέφαινε τὴν θείαν ὡς ἐν μορφώσει τῶν ἀμορφώτων ὁμοίωσιν, ἐκ τῆς τῶν ὁρώντων ἐπὶ τὸ θεῖον ἀναγωγῆς εἰκότως καλεῖ θεοφάνειαν, ὡς δι' αὐτῆς τοῖς ὁρῶσι θείας ἐγγινομένης ἐλλάμψεως καί τι τῶν θείων αὐτῶν ἱερῶς μυουμένων. Ταύτας δὲ τὰς θείας ὁράσεις οἱ κλεινοὶ πατέρες ἡμῶν ἐμυοῦντο διὰ μέσων τῶυ οὐρανίων δυνάμεων. Ἢ οὐχὶ καὶ τὴν ἱερὰν τοῦ νόμου θεσμοθεσίαν ἡ τῶν Λογίων παράδοσις ὡς αὐτόθεν μέν φησιν ἐκ Θεοῦ τῷ Μωϋσῇ δεδωρημένην, ὅπως ἂν ἡμᾶς ἀληθως μυήσῃ τὸ θείας αὐτὴν εἶ,ναι καὶ ἱερᾶς ὑποτύπωσιν; διδάσκει δὲ καὶ τοῦτο σαφῶς ἡ θεολογία τὸ δι' ἀγγέλων αὐτὴν εἰς ἡμᾶς προελθεῖν, ὡς τῆς θεονομικῆς τάξεως ἐκεῖνο θεσμοθετούσης τὸ διὰ τῶν πρώτων τὰ δεύτερα πρὸς τὸ θεῖον ἀνάγεσθαι; Καὶ γὰρ οὐ μόνον ἐπὶ τῶν ὑπερκειμένων τε καὶ ὑφειμένων νοῶν, ἀλλὰ κἀν τοῖς ὁμοταγέσιν οὖτος ὁ θεσμὸς ὥρισται παρὰ τῆς πάντων ὑπερουσίου ταξιαρχίας τὸ καθ' ἑκάστην ἱεραρχίαν πρώτας καὶ μέσας καὶ τελευταίας εἶναι τάξεις τε καὶ δυνάμεις καὶ τῶν ἡττόνων εἶναι τοὺς θειοτέρους μύστας καὶ χειραγωγοὺς ἐπὶ τὴν θείαν προσαγωγὴν καὶ ἔλλαμψιν καὶ κοινωνίαν.
4. Ὁρῶ δε, ὅτι καὶ τὸ θεῖον τῆς Ἰησοῦ φιλανθρωπίας μυστήριον ἄγγελοι πρῶτον ἐμυήθησαν, εἶτα δι' αὐτῶν εἰς ἡμᾶς ἡ τῆς γνώσεως χάρις διέβαινεν. Οὕτω γοῦν ὁ θειότατος Γαβριὴλ Ζαχαρίαν μὲν τὸν ἱεράρχην ἐμυσταγώγει τὸ προφήτην ἔσεσθαι τὸν ἐξ αὐτοῦ παρ᾽ ἐλπίδα χάριτι θείᾳ γενησόμενον παῖδοι τῆς ἀγαθοπρεπῶς καὶ σωτηρίως τῷ κόσμῳ ἐπιφανησομένης ἀνδρικῆς τοῦ Ἰησοῦ θεουργίας, τὴν δὲ Μαριὰμ ὅπως ἐν αὐτῇ γενήσεται τὸ θεαρχικὸν τῆς ἀφθέγκτου θεοπλαστίας μυστήριον. Ἕτερος δὲ τῶν ἀγγέλων τὸν Ἰωσὴφ ἐξεπαίδευεν ὅπως ἀληθῶς ἐκπεπλήρωται τὰ θειωδῶς ἐπηγγελμένα τῷ προγόνῳ Δαυίδ, ἄλλος δὲ τοὺς ποιμένας ὡς τῆ τῶν πολλῶν ἀναχωρήσει καὶ ἡσυχίᾳ κεκαθαρμένους εὐηγγελίζετο, καὶ σὺν αύτῷ Πλῆθος στρατιᾶς οὐρανίου τὴν πολυύμνητον ἐκείνην παρεδίδου τοῖς ἐπὶ γῆς δοξολογίαν.
Ἀνανεύσω δὲ καὶ πρὸς τὰς ὑπερτάτας τῶν Λογίων φωτοφανείας. Ὁρῶ γὰρ ὅτι καὶ αὐτὸς Ἰησοῦς ἡ τῶν ὑπερουρανίων οὐσιῶν ὑπερούσιος αἰτία πρὸς τὸ καθ' ἡμᾶς ἀμεταβόλως ἐληλυθὼς οὐκ ἀποπηδᾷ τῆς ὑπ' αὐτοῦ ταχθείσης τε καὶ αἱρεθείσης ἀνθρωποπρεποῦς εὐταξίας, ἀλλ' εὐπειθῶς ὑποτάττεται ταῖς τοῦ Πατρὸς καὶ Θεοῦ δι' ἀγγέλων διατυπώσεσι, καὶ διὰ μέσων αὐτῶν ἀγγέλλεται τῷ Ἰωσὴφ ἡ πρὸς, τοῦ Πατρὸς οἰκονομηθεῖσα τοῦ Υἱοῦ πρὸς Αἴγυπτον ἀναχώρησις καὶ αὖθις ἡ πρὸς τὴν Ἰουδαίαν ἐξ Αἰγύπτου μετα γωγή, καὶ δι' ἀγγέλων αὐτὸν ὁρῶμεν ὑπὸ ταῖς πατρικαῖς θεσμοθεσίαις ταττόμενον. ᾽Εῶ γὰρ εἰπεῖν ὡς εἰδότι τὰ ταῖς ἱερατικαῖς ἡμῶν παραδόσεσιν ἐκπεφασμένα καὶ περὶ τοῦ ἀγγέλου τοῦ τὸν Ἰησοῦν ἐνισχύσαντος, ἢ ὅτι καὶ αὐτὸς Ἰησοῦς κατὰ τὴν ἡμῶν σωστικὴν ἀγαθουργίαν εἰς ἐκφαντορικὴν ἐληλυθὼς τάξιν «Ἄγγελος μεγάλης βουλῆς» ἀνηγόρευται. Καὶ γὰρ ὡς αὐτὸς ἀγγελοπρεπῶς φησιν, ὅσα ἤκουσε παρὰ τοῦ Πατρὸς, ἀνήγγειλεν ἡμῖν.

195 CHAPITRE IV.

 

QUE SIGNIFIE LE NOM D'ANGES?

 

ARGUMENT. — I. On enseigne que Dieu s'est communiqué aux créatures par bonté, et que toutes les créatures participent de Dieu. II.. Les anges sont appelés à une participation plus excellente, et chargés de transmettre aux êtres inférieurs les secrets divins. III. On établit que Dieu ne s'est jamais manifesté dans la pureté de son essence, mais toujours sous le voile de symboles créés; que les êtres inférieurs vont à Dieu par le ministère d'êtres supérieurs, et que toute hiérarchie renferme trois degrés distincts. IV. On fait voir que le mystère de l'Incarnation fut d'abord annoncé par les anges, et que le Christ lui-même, dans sa vie mortelle, reçut les prescriptions de son Père par le moyen des saints anges.

I. Je crois avoir défini, comme il convient, ce que c'est qu'une hiérarchie. Il faut célébrer maintenant celle des anges, et contempler d'un œil tout spiritualisé les fictions vénérables sous lesquelles ils nous apparaissent dans les Ecritures. Ainsi les mystérieux symboles nous élèveront à la hauteur de ces pures et célestes substances, et nous louerons le principe de la science hiérarchique avec cette sainteté que sa majesté réclame, et ces actions de grâces que la religion pratique.

Avant tout, on doit dire que Dieu, essence suprême, a fait acte d'amour en donnant à toutes choses leur essence propre , et en les élevant jusqu'à l'être : car il n'appartient qu'à la cause absolue, et à 196 la souveraine bonté d'appeler à la participation de son existence les créatures diverses, chacune au degré où elle en est naturellement capable. C'est pourquoi toutes, elles relèvent de la sollicitude providentielle de Dieu, cause universelle et suressentielle; même elles n'existeraient point, si l'essence nécessaire et le premier principe ne s'était communiqué. Ainsi par cela même qu'elles sont, les choses inanimées participent de Dieu, qui par la sublimité de son essence est l'être de tout ; les choses vivantes participent de cette énergie naturellement vitale, si supérieure à toute vie; les êtres raisonnables et intelligents participent de cette sagesse, qui surpasse toute raison et intelligence, et qui est essentiellement et éternellement parfaite. Il est donc certain que les essences diverses sont d'autant plus proches de la divinité, qu'elles participent d'elle en plus de manières.

II. Voilà pourquoi, dans cette libérale effusion de la nature divine, une plus large part dut échoir aux ordres de la hiérarchie céleste qu'aux créatures qui existent simplement, ou qui ont le sentiment sans la raison, ou même qui sont, comme nous, douées d'intelligence. Car s'essayant à imiter Dieu, et, parmi la contemplation transcendante de ce sublime exemplaire, saisis du désir de se réformer à son image, les purs esprits obtiennent de plus abondants trésors de grâce : assidus, généreux et invincibles dans les efforts de leur saint amour pour s'élever toujours plus haut; puisant à sa source la lumière pure et inaltérable par rapport à laquelle ils s'ordonnent, vivant d'une vie pleinement intellectuelle. Ainsi ce sont eux qui, en premier lieu, et à plusieurs titres, sont admis à la participation de la divinité , et expri- 197 ment moins imparfaitement, et en plus de manières, le mystère de la nature infinie; de là vient qu'ils sont spécialement et par excellence honorés du nom d'anges, la splendeur divine leur étant départie tout d'abord, et la révélation des secrets surnaturels étant faite à l'homme par leur entremise. Ainsi les anges nous ont intimé la loi, comme enseignent les saintes Lettres (23). Ainsi, avant et après la loi, les anges conduisaient à Dieu nos illustres ancêtres, tantôt en leur prescrivant des règles de conduite, et les ramenant de l'erreur et d'une vie profane au droit chemin de la vérité (24), tantôt en leur manifestant la constitution de la hiérarchie céleste, ou leur donnant le spectacle mystérieux des choses surhumaines, ou leur expliquant, au nom du ciel, les événements futurs (25).

III. Si quelqu'un veut dire que Dieu s'est révélé immédiatement et par lui-même à de pieux personnages, que celui-là sache par les affirmations positives des Écritures que personne sur terre n'a vu ni ne verra l'essence intime de Dieu (26), mais que ces apparitions saintes se font, pour l'honneur de l'adorable majesté, sous le voile de symboles merveilleux que la nature humaine puisse supporter (27). Or, ces visions retraçant comme une image de la divinité, autant du moins que ce qui a forme peut ressembler à ce qui est sans forme, et par là élevant jusque vers Dieu ceux à qui elles sont accordées, la théologie, dans son langage plein de sagesse, les appelle théophanies; et ce nom leur convient, puisqu'elles communiquent à l'homme une divine lumière et une certaine science des choses divines.

198 Or, les glorieux patriarches recevaient des esprits célestes l'intelligence de ces mystérieuses manifestations. Car les Ecritures n'enseignent-elles pas que Dieu donna lui-même à Moïse ses ordonnances sacrées (28), pour nous faire savoir que cette loi n'était que la figure d'une autre sainte et divine économie? Et néanmoins nos maîtres affirment qu'elle nous fut transmise par les anges pour nous montrer qu'il est dans les exigences de l'ordre éternel que les choses inférieures s'élèvent à Dieu par le moyen des choses supérieures. Et cette règle n'atteint pas seulement les esprits qui soutiennent vis-à-vis l'un de l'autre des rapports de supériorité et d'infériorité, mais bien encore ceux qui sont au même rang, le souverain auteur de tout ordre voulant qu'en chaque hiérarchie il y eût des puissances constituées en premier, second et troisième lieu, afin que les plus élevées fussent guides et maîtresses des autres dans les travaux de l'expiation, de l'illumination et de la perfection.

IV. Aussi voyons-nous que le mystère de la charité du Seigneur fut d'abord révélé aux anges, et qu'ensuite, par leur médiation , la grâce de cette connaissance descendit jusqu'à nous. Le prêtre Zacharie apprit de saint Gabriel que l'enfant qui lui viendrait des cieux, contre toute espérance, serait le prophète de l'opération divine que Jésus devait miséricordieusement manifester en sa chair pour le salut du monde (29). Par le même messager divin, Marie sut comment se consommerait en elle le miracle ineffable de l'Incarnation du Verbe (30). Un autre envoyé informa Joseph de l'entier accomplissement des saintes promesses faites à David son aïeul. Ce fut en- 199 core un auge qui annonça la bonne nouvelle aux bergers purifiés par le repos et le silence de la solitude, tandis que les chœurs de l'armée céleste enseignaient aux hommes cet hymne de gloire tant répété dans l'univers. Mais, élevant les yeux vers des révélations plus sublimes encore, j'observe que le principe suressentiel des substances célestes, le Verbe , en prenant notre nature sans altération de la sienne, ne dédaigna pas d'accepter l'ordre de choses établi pour l'humanité; même il se soumit docilement aux prescriptions que Dieu son Père lui intima par le ministère des esprits. Ainsi c'est un ange qui fit connaître à Joseph la volonté divine touchant la fuite en Egypte, et également sur le retour en Judée (31). Et toute la vie du Seigneur offre le spectacle de la même subordination ; car vous connaissez trop bien la doctrine de nos traditions sacerdotales pour que j'aie besoin de vous rappeler qu'un ange fortifia Jésus agonisant (32). et que le Sauveur lui-même fut appelé ange du grand conseil (33), lorsque, pour opérer heureusement notre rédemption, il prit rang parmi les interprètes de la Divinité; car, comme il dit en cette qualité, tout ce qu'il avait appris du Père, il nous l'a manifesté.

ΚΕΦΑΛΑΙΟΝ Ε΄

 

Διὰ τί πᾶσαι αἱ οὐράνιαι οὐσίαι κατὰ κοινοῦ ἄγγελοι λέγονται

 

 

 

Αὕτη μὲν οὖν ἐστιν, ὡς καθ' ἡμᾶς, ἡ αἰτία τῆς ἀγγελικῆς ἐν τοῖς Λογίοις ἐπωνυμίας, ἐρευνῆσαι δὲ ὡς οἶμαι, χρὴ δι' ἣν αἰτίαν οἱ θεολόγοι πάσας μὲν ἅμα τὰς οὐρανίας οὐσίας ἀγγέλους καλοῦσι, πρὸς δὲ τὴν ἐκφαντορίαν ἐρχόμενοι τῶν ὑπερκοσμίων αὐτῶν διακοσμήσεων τάξιν ἀγγελικὴν ἰδίως ὀνομάζουσι τὴν συμπληρωτικῶς ἀποπερατοῦσαν τὰ θεῖα καὶ οὐράνια τάγματα· πρὸ ταύτης δὲ ὑπερκειμένως τάττουσι τοὺς ἀρχαγγελικοὺς διακόσμους, τάς τε ἀρχὰς καὶ τὰς ἐξουσίας καὶ τὰς δυνάμεις, ὅσας τε τούτων ὑπερβεβηκυίας οὐσίας αἱ τῶν Λογίων ἴσασιν ἐκφαντορικαὶ παραδόσεις.

Φαμὲν δὲ, ὅτι κατὰ πᾶσαν ἱερὰν διακόσμησιν αἱ μεν ὑπερβε βηκυῖαι τάξεις ἔχουσι καὶ τὰς τῶν ὑφειμένων διακοσμήσεων ἐλλάμψεις καὶ δυνάμεις, ἀμέθεκτοι δὲ τῶν αὐτὰς ὑπερκειμένων εἰσὶν αἱ τελευτετῖαι. Τὰ μὲν οὖν ἁγιώτατα τῶν ὑπερτάτων οὐσιῶν τάγματα καὶ ἀγγέλους καλοῦσιν οἱ θεολόγοι, καὶ γάρ εἰσιν ἐκφαντορικὰ καὶ αὐτὰ τῆς θεαρχικῆς ἐλλάμψεως. Τὴν τάξιν δὲ τὴν τῶν οὐρανίων νοῶν τελευταίαν οὐκ ἔχει λόγον ἀρχὰς ἢ θρόνους ἢ σεραφὶμ ὀνομάζειν, οὐδὲ γάρ ἐστιν ἐν μετουσίᾳ τῶν ὑπερτάτων δυνάμεων· ἀλλ' ὥσπερ αὕτη τοὺς καθ' ἡμᾶς ἐνθέους ἱεράρχας ἀνάγει πρὸς τὰς ἐγνωσμένας αὐτῇ τῆς θεαρχίας αὐγάς, οὕτω καὶ τῶν πρὸ αὐτῆς οὐσιῶν αἱ πανίεροι δυνάμεις ἀναγωγἶκαὶ πρὸς τὸ θεῖόν εἰσι τῆς ἀποπληρούσης τὰς ἀγγελικὰς ἱεραρχίας διακοσμήσεως, εἰ μὴ ἄρα τις καὶ τοῦτο φαίη τὸ κοινὰς εἶναι πάσας τὰς ἀγγελικὰς ὀνομασίας κατὰ τὴν πασῶν τῶν οὐρανίων δυνάμεων εἰς τὸ θεοειδὲς καὶ τὴν ἐκ Θεοῦ φωτοδοσίαν ὑφειμένην καὶ προὔχουσαν κοινωνίαν. Ἀλλ ἴνα μᾶλλον ἡμῖν ὁ λόγος διευκρινηθείη, κατίδωμεν ἱερῶς τὰς ἐν τοῖς Λογίοις ἐκπεφασμένας ἁγιοπρεπεῖς ἰδιότητας ἑκάστης οὐρανίας διακοσμήσεως.

200 CHAPITRE V.

 

POURQUOI ON APPELLE GÉNÉRALEMENT DU NOM D'ANGES TOUTES LES CÉLESTES ESSENCES?

 

Argument. — On enseigne que le nom d'anges, quoiqu'il convienne proprement au dernier rang de la hiérarchie céleste, peut s'appliquer cependant aux ordres supérieurs ; car ils ont les qualités, et ils peuvent remplir les fonctions, et par suite porter les titres qui appartiennent à leurs subalternes, mais non pas réciproquement.

J'ai fait voir, comme j'ai pu, d'où vient que les Ecritures donnent le nom d'anges aux esprits bienheureux. Il me semblerait bon d'examiner maintenant pourquoi la théologie désigne indifféremment par cette commune appellation toutes les natures célestes en général (34), tandis que, dans l'explication de chaque ordre en particulier, elle enseigne que les anges tiennent le dernier rang de la hiérarchie invisible qu'ils complètent, et qu'au-dessus d'eux on trouve la milice des archanges, les principautés, les puissances, les vertus et tous les esprits plus sublimes encore que la tradition nous fait connaître. Or, nous disons que, dans toute constitution hiérarchique, les ordres supérieurs possèdent la lumière et les facultés des ordres inférieurs, sans que ceux-ci aient réciproquement 201 la perfection de ceux-là. C'est donc justement que, dans la théologie, on appelle anges toute la foule sacrée des intelligences suprêmes, puisqu'elles servent aussi à manifester l'éclat des splendeurs divines. Mais, à aucun titre, les célestes natures du dernier rang ne pouvaient recevoir la dénomination de principautés , de trônes, de séraphins, puisqu'elles ne partagent pas tous les dons des esprits supérieurs. Or, de même que par elles nos saints pontifes sont initiés à la connaissance de l'ineffable clarté qu'elles contemplent, ainsi le dernier ordre de l'armée angélique est élevé à Dieu par les augustes puissances des degrés plus sublimes. On pourrait encore résoudre la difficulté d'une autre sorte, en disant que ce nom d'anges fut donné à toutes les vertus célestes, à raison de leur commune ressemblance avec la Divinité et de leur participation plus ou moins intense à ses splendeurs éternelles.

Mais afin que nulle confusion ne se mêle en nos discours, considérons religieusement ce que les Ecritures disent des nobles propriétés de chaque ordre de la hiérarchie céleste.

ΚΕΦΑΛΑΙΟΝ ς΄

 

Τίς ἡ πρώτη τῶν οὐρανίων οὐσιῶν διακόσμησις, τίς ἡ μέση, τίς ἡ τελευταία

 

 

 

1. Ὅσοι μέν εἰσι καὶ οἷοι τῶν ὑπερουρανίων οὐσιῶν οἱ διάκοσμοι καὶ ὅπως αἱ κατ' αὐτοὺς ἱεραρχίαι τελοῦνται, μόνην ἀκριβῶς εἰδέναι φημὶ τὴν θεωτικὴν αὐτῶν τελεταρχίαν, προσέτι καὶ αὐτοὺς ἐγνωκέναι τὰς οἰκείας δυνάμεις τε καὶ ἐλλάμψεις καὶ τὴν ἑαυτῶν ἱερὰν καὶ ὑπερκόσμιον εὐταξίαν. Ἀδύνατον γὰρ ἡμᾶς εἰδέναι τὰ τῶν ὑπερουρανίων νοῶν μυστήρια καὶ τὰς ἁγιωτάτας αὐτῶν τελειώσεις, εἰ μή που φαίη τις ὅσα δι' αὐτῶν ἡμᾶς ὡς τὰ οἰκεῖα καλῶς εἰδότων ἡ θεαρχία μεμυσταγώγηκεν. Οὐκοῦν ἡμεῖς μὲν οὐδὲν αὐτοκινήτως ἐροῦμεν· ὅσα δὲ τῶν ἀγγελικῶν θεαμάτων ὑπὸ τῶν ἱερῶν θεολόγων ἐθεωρήθη, ταῦτα μυηθέντες ἡμεῖς ὡς οἷοί τέ ἐσμεν ἐκθησόμεθα.

2. Πάσας ἡ θεολογία τὰς οὐρανίους οὐσίας ἐννέα κέκληκεν ἐκφαντορικαῖς ἐπωνυμίαις· ταύτας ὁ θεῖος ἡμῶν ἱεροτελεστὴς εἰς τρεῖς ἀφορίζει τριαδικὰς διακοσμήσεις, Καὶ πρώτην μὲν εἶναί φησι τὴν περὶ Θεὸν οὖσαν ἀεὶ καὶ προσεχῶς αὐτῷ καὶ πρὸ τῶν ἄλλων ἀμέσως ἡνῶσθαι παραδεδομένην. Τούς τε γὰρ ἁγιωτάτους θρόνους καὶ τὰ πολυόμματα καὶ πολύπτερα τάγματα χερουβὶμ Ἑβραίων φωνῇ καὶ σεραφὶμ ὠνομασμένα κατὰ τὴν πάντων ὑπερκειμένην ἐγγύτητα περὶ Θεὸν ἀμέσως ἱδρῦσθαί φησι παραδιδόναι τὴν τῶν ἱερῶν Λογίων ἐκφαντορίαν. Τὸν τριαδικὸν οὖν τοῦτον διάκοσμον ὡς ἕνα καὶ ὁμοταγῆ καὶ ὄντως πρώτην ἱεραρχίαν ὁ κλεινὸς ἡμῶν ἔφη καθηγεμών, ἧς οὐκ ἔστιν ἑτέρα θεοειδεστέρα καὶ ταῖς πρωτουργοῖς τῆς θεαρχίας ἐλλάμψεσιν ἀμέσως προσεχεστέρα, δευτέραν δ' εἶναί φησιν τὴν ὑπὸ τῶν ἐξουσιῶν καὶ κυριοτήτων καὶ δυνάμεων συμπληρουμένην καὶ τρίτην ἐπ' ἐσχάτων τῶν οὐρανίων ἱεραρχιῶν τὴν τῶν ἀγγέλων τε καὶ ἀρχαγγέλων καὶ ἀρχῶν δι ακόσμησιν.

202 CHAPITRE VI.

 

QUE LES NATURES CÉLESTES SE DIVISENT EN TROIS ORDRES PRINCIPAUX.

 

ARGUMENT. — Un montre : I, que Dieu seul connaît exactement ce qui concerne les ordres angéliques; II, que let neuf chœurs des anges forment trois hiérarchies.

I. Quel est le nombre, quelles sont les facultés des divers ordres que forment les esprits célestes? En quelle manière chaque hiérarchie est-elle initiée aux secrets divins? C'est ce qui n'est exactement connu que par celui qui est l'adorable principe de leur perfection. Toutefois, eux-mêmes n'ignorent ni les qualités ni les illuminations dont ils sont particulièrement doués, ni le caractère auguste de l'ordre auquel ils appartiennent. Mais les mystères qui concernent ces pures intelligences et leur sublime sainteté ne sont point choses accessibles à l'homme, à moins qu'on ne soutienne que, par la permission de Dieu, les anges nous ont appris les merveilles qu'ils contemplent en eux-mêmes. C'est pourquoi nous ne voulons rien affirmer de notre chef, mais bien exposer, selon nos forces, ce que les docteurs ont vu dans une sainte intuition et ce qu'ils ont enseigné touchant les bienheureux esprits.

203 II. Or, la théologie a désigné par neuf appellations diverses toutes les natures angéliques, et notre divin initiateur les distribue en trois hiérarchies, dont chacune comprend trois ordres. Selon lui, la première environne toujours la divinité et s'attache indissolublement à elle d'une façon plus directe que les deux autres (35), l'Ecriture témoignant d'une manière positive que les trônes et ces ordres auxquels on donne des yeux et des ailes, et que l'hébreu nomme chérubins et séraphins, sont immédiatement placés auprès de Dieu et moins séparés de lui que le reste des esprits. Ainsi, d'après la doctrine de nos illustres maîtres , de ces trois rangs résulte une seule et même hiérarchie, la première, qui est la plus divine et qui puise directement à leur source les splendeurs éternelles. Dans la deuxième, on trouve les puissances, les dominations et les vertus. Enfin, la troisième et dernière se compose des anges, des archanges et des principautés.

ΚΕΦΑΛΑΙΟΝ Ζ΄

 

Περὶ τῶν σεραφὶμ καὶ χερουβὶμ καὶ τῶν θρόνων καὶ περὶ τῆς πρώτης αὐτῶν ἱεραρχίας

 

 

 

 

1. Ταύτην ἡμεῖς ἀποδεχόμενοι τὴν τῶν ἁγίων ἱεραρχιῶν τάξιν φαμὲν ὅτι πᾶσα τῶν οὐρανίων νοῶν ἐπωνυμία δήλωσιν ἔχει τῆς ἑκᾴστου θεοειδοῦς ἰὄιότητος, Καί τὴν μὲν ἁγίαν τῶν σεραφὶμ ὀνομασίαν φασίν οἱ τὰ Ἑβραίων εἰδότες ἤ τὸ ἐμπρηστὰς ἐμφαίνειν ἤ τὸ θερμαίνοντας, τὴν δὲ τῶν χερουβὶμ πλῆθος γνώσεως ἤ χύσιν σοφίας. Εἰκότως οὖν ἡ πρώτη τῶν οὐρανίων ἱεραρχιῶν πρὸς τῶν ὑπερτάτων οὐσιῶν ἱερουργεῖται τάξιν ἔχουσα τὴν πασῶν ὑψηλοτέραν τῷ περὶ Θεὸν ἀμέσως ἱδρῦσθαι καὶ τὰς πρωτουργοὺς θεοφανείας καὶ τελειώσεις εἰς αὐτὴν ὡς ἐγγυτάτην ἀρχικωτέρως διαπορθμεύεσθαι. Θερμαίνοντες γοῦν ὀνομάζονται καὶ θρόνοι καὶ χύσις σοφίας ἐκφαντορικῷ τῶν θεοειδῶν αὐτῶν ἕξεων ὀνόματι. Τὸ μὲν γὰρ ἀεικίνητον αὐτῶν περὶ τὰ θεῖα καὶ ἀκατάληκτον καὶ τὸ θερμὸν καὶ ὀξὺ καὶ ὑπερζέον τῆς προσεχοῦς καὶ ἀνενδότου καὶ ἀκλινοῦς ἀεικινησίας, καὶ τὸ τῶν ὑποβεβηκότων ἀναγωγικῶς καὶ δραστηρίως ἀφομοιωτικὸν ὡς ἀναζέον ἐκεῖνα καὶ ἀναζωπυροῦν ἐπὶ τὴν ὁμοίαν θερμότητα, καὶ τὸ πρηστηρίως καὶ ὁλοκαύτως καθαρτικὸν, καὶ τὴν ἀπερικάλυπτον καὶ ἄσβεστον ἔχουσαν ὡσαύτως ἀεὶ φωτοειδῆ καὶ φωτιστικὴν ἰδιότητα, πάσης ἀλαμποῦς σκοτοποιίας ἐλάτειραν οὖσοιν καὶ ἀφανιστικὴν ἡ τῶν σεραφὶμ ἐπωνυμία ἐκφαντορικῶς διδάσκει, ἡ δὲ τῶν χερουβὶμ τὸ γνωστικὸν αὐτῶν καὶ θεοπτικὸν καὶ τῆς ὑπερτάτης φωτοδοσίας δεκτικὸν καὶ θεωρητικὸν ἐν πρωτουργῷ δυνάμει τῆς θεαρχικῆς εὐπρεπείας, καὶ τῆς σοφοποιοῦ μεταδόσεως ἀναπεπλησμένον καὶ κοινωνικὸν ἀφθόνως πρὸς τὰ δεύτερα τῆ χύσει τῆς δωρηθείσης σοφίας, ἡ δὲ τῶν ὑψηλοτάτων καὶ ἐπηρμένων θρόνων τὸ πάσης ἀμιγῶς ἐξῃρῆσθαι περιπεζίας ὑφέσεως καὶ τὸ πρὸς ἄνοιντες ὑπερκοσμίως ἀνωφερὲς, καὶ πάσης ἐσχατιᾶς ἀῤῥεπῶς ἀνῳκισμένον, καὶ περὶ τὸν ὄντως ὕψιστον ὁλικαῖς δυνάμεσιν ἀκατασείστως καὶ εὐσταθῶς ἱδρυμένον, καὶ τῆς θεαρχικῆς ἐπιφοιτήσεως ἐν ἀπαθείᾳ πάσῃ καὶ ἀυλίᾳ δεκτικὸν καὶ τὸ θεοφόρον καὶ θεραπευτικῶς ἐπὶ τὰς θείας ὑποδοχὰς ἀναπεπταμένον.

2. Αὕτη μὲν ἡ τῶν ὀνομάτων αὐτῶν ὡς καθ' ἡμᾶς ἐκφαντορία· λεκτέον δὲ τίνα τὴν ἱεραρχίαν αὐτῶν οἰόμεθα. Τὸ μὲν γὰρ ἁπάσης ἱεραρχίας σκοπὸν τῆς θεομιμήτου θεοειδείας ἐξηρτημένον ἀῤῥεπῶς εἶναι καὶ τὸ διαιρεῖσθαι πᾶσαν ἱεραρχικὴν πραγματείαν εἰς μετοχὴν ἱερὰν καὶ μετάδοσιν καθάρσεως ἀμιγοῦς καὶ θείου φωτὸς καὶ τελεστικῆς ἐπιστήμης ἀρκούντως ἤδη πρὸς ἡμῶν εἰρῆσθαι νομίζω. Νῦν δὲ εἰπεῖν ἀξίως εὔχομαι τῶν ὑπερτάτων νοῶν πῶς ἡ κατ' αὐτοὺς ἱεραρχία διὰ τῶν Λογίων ἐκφαίνεται.

Ταῖς πρώταις οὐσίαις, αἳ μετὰ τὴν οὐσιοποιὸν αὐτῶν θεαρχίαν ἱδρυμέναι καὶ οἷον ἐν προθύροις αὐτῆς τεταγμέναι πάσης εἰσὶν ἀοράτου καὶ ὁρατῆς ὑπερβεβηκυῖαι γεγονυίας δυνάμεως, οἰκείαν οἰητέον εἶναι καὶ κατὰ πᾶν ὁμοειδῆ τὴν ἱεραρχίαν. Καθαρὰς μὲν οὖν αὐτὰς ἡγητέον οὐχ ὡς ἀνιέρων κηλίδων καὶ μολυσμῶν ἠλευθερωμένας, οὐδ' ὡς προσύλων ἀνεπιδέκτους φαντασιῶν, ἀλλ᾽ ὡς πάσης ὑφέσεως ἀμιγῶς ὑψηλοτέρας καὶ παντὸς ὑποβεβηκότος ἱεροῦ κατὰ τὴν ὑπερτάτην ἁγνότητα πάσαις ταῖς θεοειδεστάταις δυνάμεσιν ὑπεριδρυμένας καὶ τῆς οἰκείας ἀεικινήτου καὶ ταὐτοκινήτου κατὰ τὸ φιλοθέως ἄτρεπτον τάξεως ἀῤῥεπῶς, ἀντεχομένας καὶ τὴν ἐπὶ τὰ χείρω κατά τι μείωσιν οὐδ' ὅλως εἰδυίας, ἀλλ' ἄπτωτον ἀεὶ καὶ ἀμετακίνητον ἔχουσας τὴν τῆς οἰκείας θεοειδοῦς ἰδιότητος ἀμιγεστάτην ἵδρυσιν· θεωρητικὰς δὲ αὖθις οὐχ ὡς αἰσθητῶν συμβόλων ἢ νοερῶν θεωροὺς, οὐδὲ ὡς τῇ ποικιλίᾳ τῆς ἱερογραφικῆς θεωρίας ἐπὶ τὸ θεῖον ἀναγομένας, ἀλλ' ὡς πάσης ἀὐλου γνώσεως ὑψηλοτέρου φωτὸς ἀποπληρουμένας καὶ τῆς τοῦ καλλοποιοῦ καὶ ἀρχικοῦ κάλλους ὑπερουσίου καὶ τριφανοῦς θεωρίας ὡς θεμιτὸν ἀναπιμπλαμένας, τῆς δὲ Ἰησοῦ κοινωνίας ὡσαύτως ἠξιωμένας οὐκ ἐν εἰκόσιν ἱεροπλάστοις μορφωτικῶς ἀποτυποῦσι τὴν θεουργικὴν ὁμοίωσιν, ἀλλ' ὡς ἀληθῶς αὐτῷ πλησιαζούσας ἐν πρώτῃ μετουσίᾳ τῆς γνώσεως· τῶν θεουργικῶν αὐτοῦ φώτων καὶ μὴν ὅτι τὸ θεομίμητον αὐταῖς ὑπερτάτως δεδώρηται καὶ κοινωνοῦσι κατὰ τὸ αὐταῖς ἐφικτὸν ἐν πρωτουργῷ δυνάμει ταῖς θὲουργικαῖς αὐτοῦ καὶ φιλανθρώποις ἀρεταῖς· τετελεσμένας δὲ ὡσαύτως οὐχ ὡς ποικιλίας ἱερᾶς ἀναλυτικὴν ἐπιστήμην ἐλλαμπομένας, ἀλλ' ὡς πρώτης καὶ ὑπερεχούσης θεώσεως ἀποπληρουμένας κατὰ τὴν ὑπερτάτην ὡς ἐν ἀγγέλοις τῶν θεουργιῶν ἐπιστήμην. Οὐ γὰρ δι' ἄλλων ἁγίων οὐσιῶν, ἀλλὰ πρὸς αὐτῆς τῆς θεαρχίας ἱεραρχούμεναι τῷ ἐπ' αὐτὴν ἀμέσως ἀνατείνεσθαι τῆ πάντων ὑπερεχούσῃ δυνάμει καὶ τάξει καὶ πρὸς τὸ πάναγνον καὶ κατὰ πᾶν ἀῤῥεπὲς ἱδρύονται καὶ πρὸς τὴν ἄύλον καὶ νοητὴν εὐπρέπειαν ὡς θεμιτὸν εἰς θεωρίαν προσάγονται καὶ τοὺς τῶν θεουργιῶν ἐπιστημονικοὺς λόγους ὡς πρῶται καὶ περὶ Θεὸν οὖσαι μυοῦνται πρὸς αὐτῆς τελεταρχίας ὑπερτάτως ἱεραρχούμεναι.

3. Τοῦτο γοῦν οἱ θεολόγοι σαφῶς δηλοῦσι τὸ τὰς μὲν ὑφειμ ένας τῶν οὐρανίων οὐσιῶν διακοσμήσεις πρὸς τῶν ὑπερβεβηκυιῶν εὐκόσμως ἐκδιδάσκεσθαι τὰς θεουργικὰς ἐπιστήμας, τὰς δὲ πασῶν ὑψηλοτέρας ὑπ' αὐτῆς θεαρχίας ὡς θεμιτὸν τὰς μυήσεις ἐλλάμπεσθαι. Τινὰς μὲν γὰρ αὐτῶν εἰσάγουσι πρὸς τῶν προτέρων ἱερῶς μυουμένας τὸ «Κύριον εἶναι τῶν οὐρανίων δυνάμεων» καὶ «Βασιλέα τῆς δόξης» τὸν εἰς οὐρανοὺς ἀνθρωποπρεπῶς ἀναληφθέντα, τινὰς δὲ πρὸς αὐτὸν Ἰησοῦν διαπορούσας καὶ τῆς ὑπὲρ ἡμῶν αὐτοῦ θεουργίας τὴν ἐπιστήμην μαθητιώσας καὶ ταύτας αὐτὸν Ἰησοῦν ἀμέσως μυοῦντα καὶ πρωτοδότως αὐταῖς ἐκφαίνοντα τὴν αὐτοῦ φιλάνθρωπον ἀγαθουργίαν. «᾽Εγὼ» γάρ φησι «διαλέγομαι δικαιοσύνην καὶ κρίσιν σωτηρίου». Ἄγαμαι δὲ ὅτι καὶ τῶν ὑπερουρανίων οὐσιῶν αἱ πρῶται καὶ τόσον ἁπάσας ὑπερκείμεναι τῶν θεαρχικῶν ἐλλάμψεων ὡς μεσοπετεῖς εὐλαβῶς ἐφίενται. Καὶ γὰρ οὐκ αὐτόθεν ἐρωτῶσι «Διὰ τί σου ἐρυθρὰ τὰ ἱμάτια;» πρὸς ἑαυτὰς δὲ διαποροῦσι πρότερον, ἐνδεικνύμεναι μὲν ὅτι μαθητιῶσι καὶ τῆς θεουργικῆς γνώσεως ἐφίενται, μὴ προπηδῶσαι δὲ τῆς κατὰ θείαν πρόοδον ἐνδιδομένης ἐλλάμψεως. Οὐκοῦν ἡ πρώτη τῶν οὐρανίων νοῶν ἱεραρχία πρὸς αὐτῆς τῆς τελεταρχίας ἱεραρχουμένη τῷ ἐπ' αὐτὴν ἀμέσως ἀνατείνεσθαι τῆς παναγεστάτης καθάρσεως τοῦ ἀπλέτου φωτὸς τῆς προτελείου τελεσιουργίας ἀναλόγως αὐτῇ πληρουμένη καθαίρεται καὶ φωτίζεται καὶ τελεσιουργεῖται, πάσης μὲν ὑφέσεως ἀμιγής, πρώτου δὲ φωτὸς πλήρης καὶ πρωτοδότου γνώσεως καὶ ἐπιστήμης μέτοχος ἀποτελουμένη.

Συνελὼν δὲ καὶ τοῦτο φαίην ἂν οὐκ ἀπεικότως, ὅτι καὶ κάθαρσίς ἐστι καὶ φωτισμὸς καὶ τελείωσις ἡ τῆς θεαρχικῆς ἐπιστήμης μετάληψις, ἀγνοίας μὲν οἷον ἀποκαθαίρουσα τῇ κατὰ τάξιν ἐνδιδομένῃ γνώσει τῶν τελεωτέρων μυήσεων, φωτίζουσα δὲ αὐτῇ τῇ θείᾳ γνώσει δι' ἧς καὶ καθαίρει τὴν οὐ πρότερον ἐποπτεύσασαν ὅσα νῦν ἐκφαίνεται διὰ τῆς ὑψηλοτέρας ἐλλάμψεως, καὶ τελειοῦσα πάλιν αὐτῷ τῷ φωτὶ τῇ καθ' ἕξιν ἐπιστήμῃ τῶν φανοτάτων μυήσεων.

4. Αὕτη μὲν οὖν ἐστιν ὡς κατ' ἐμὴν ἐπιστήμην ἡ πρώτη τῶν οὐρανίων οὐσιῶν διακόσμησις ἡ «κύκλῳ Θεοῦ» καὶ περὶ Θεὸν ὀιμέσως ἑστηκυῖα καὶ ἁπλῶς καὶ ἀκαταλήκτως περιχορεύουσα τὴν αἰώνιον αὐτοῦ γνῶσιν κατὰ τὴν ὑπερτάτην ὡς ἐν ἀγγέλοις ἀεικίνητον ἵδρυσιν, πολλὰς μὲν καὶ μακαρίας ὁρῶσα καθαρῶς θεωρίας, ἁπλᾶς δὲ καὶ ἀμέσους μαρμαρυγὰς ἐλλαμπομένη, καὶ θείας τροφῆς ἀποπληρουμένη, πολλῆς μὲν τῇ πρωτοδότῳ χύσει, μιᾶς δὲ τῇ ἀποικίλτῳ καὶ ἑνοποιῷ τῆς θεαρχικῆς ἑστιόισεως ἑνότητι, πολλῆς δὲ κοινωνίας Θεοῦ καὶ συνεργίας ἠξιωμένη τῇ πρὸς αὐτὸν ὡς ἐφικτὸν ἀφομοίωσει τῶν καλῶν ἕξεών τε καὶ ἐνεργειῶν, πολλὰ δὲ τῶν θείων ὑπερκειμένως γινώσκουσα καὶ θεαρχικῆς ἐπιστήμης καὶ γνώσεως ἐν μετουσίᾳ κατὰ τὸ θεμιτὸν γινομένη. Διὸ καὶ ὕμνους αὐτῆς ἡ θεολογία τοῖς ἐπὶ γῆς παραδέδωκεν ἐν οἷς ἱερῶς ἀναφαίνεται τὸ τῆς ὑπερτάτης αὐτῆς ἐλλάμψεως ὑπερέχον. Οἱ μὲν γὰρ αὐτῆς αἰσθητῶς εἰπεῖν «ὡς φωνὴ ὑδάτων» ὀιναβοῶσιν «Εὐλογημένη ἡ δόξα Κυρίου ἐκ τοῦ τόπου αὐτοῦ», οἱ δὲ τὴ πολυύμνητον ἐκείνην καὶ σεβασμιωτάτην ἀνακράζουσι θεολογίαν· «Ἅγιος ἅγιος ἅγιος Κύριος Σαβαώθ, πλήρης πᾶσα ἡ γῆ τῆς δόξης αὐτοῦ». Ταῦτας δὲ τὰς ὑπερτάτας τῶν ὑπερουρανίων νοῶν ὑμνολογίας ἤδη μὲν ἐν τοῖς «Περὶ τῶν θείων ὕμνων» ὡς ἐφικτὸν ἀνεπτύξαμεν, καὶ εἴρηται περὶ τούτων ἐν ἐκείνοις ὡς καθ' ἡμᾶς ἱκανῶς, ἀφ' ὧν εἰς ὑπόμνησιν ἀρκεῖ φάναι τοσοῦτον κατὰ τὸν παρόντα καιρόν, ὅτι τὴν θεολογικὴν ἐπιστήμην ἡ πρώτη διακόσμησις ὡς θεμιτὸν ἐλλαμφθεῖσα πρὸς τῆς θεαρχικῆς ἀγαθότητος, ταύτης ὡς ἀγαθοειδὴς ἱεραρχία καὶ τοῖς μετ' αὐτὴν ἑξῆς μεταδέδωκεν, ἐκεῖνο κατ' ἐπιτομὴν εἰπεῖν ὑφηγουμένη τὸ τὴν σεβασμίαν αὐτὴν καὶ ὑπερεύφημον καὶ πανεύφημον θεαρχίαν θεμιτὸν εὐλόγως εἶναι πρὸς τῶν θεοδόχων ὡς ἐφικτὸν γινώσκεσθαι καὶ ὑμνεῖσθαι νοῶν (οὗτοι γάρ εἰσιν ὡς θεοειδεῖς οἱ θεῖοι «τόποι» τῆς θεαρχικῆς ὡς τὰ Λόγιά φησι «καταπαύσεως») καὶ μὴν ὅτι μονάς ἐστι καὶ ἑνὰς τρισυπόστατος ἀπὸ τῶν ὑπερουρανίων οὐσιῶν ἄχρι τῶν ἐσχάτων τῆς γῆς διεῖσα τὴν ἀγαθωτάτην αὐτῆς ἐπὶ πάντα τὰ ὄντα πρόνοιαν ὡς πάσης οὐσίας ὑπεράρχιος ἀρχὴ καὶ αἰτία καὶ πάντων ὑπερουσίως ἀσχέτῳ συνοχῇ περιδεδραγμένη.

 

suite

263 CHAPITRE VII.

 

DES SÉRAPHINS, DES CHÉRUBINS ET DES TRÔNES QUI FORMENT LA PREMIÈRE HIÉRARCHIE.

 

ARGUMENT. — On enseigne , I, ce que signifient les noms de Chérubins, de Séraphins, de Trônes ; II, quelle est la dignité de la première hiérarchie, sa force contemplative , sa perfection ; III, que les esprits inférieurs sont initiés à la science divine par leurs supérieurs, et les esprits du premier rang par Dieu lui-même, et que tous recueillent avec respect la lumière qui leur est accordée ; IV, quelle est la fonction de cette première hiérarchie.

I. Acceptant cette distribution des saintes hiérarchies, nous affirmons que tout nom donné aux intelligences célestes est le signe des propriétés divines qui les caractérisent. Ainsi, au témoignage des hébraïsants, le mot de séraphins signifie lumière et chaleur, et celui de chérubins plénitude de science ou débordement de sagesse. Il convenait sans doute que la première des hiérarchies célestes fût formée par les plus sublimes esprits ; car tel est le rang qu'ils occupent par-dessus tous les autres, que, dans un commerce immédiat et direct, la divinité laisse découler sur eux plus purement et plus efficacement les splendeurs de sa gloire et les connaissances de ses mystères. On les appelle donc flammes brûlantes, trônes, fleuves de sagesse, pour exprimer par cette dénomi- 205 nation leurs divines habitudes. C'est ainsi que le nom des séraphins indique manifestement leur durable et perpétuel attrait pour les choses divines, l'ardeur, l'intensité, l'impétuosité sainte de leur généreux et invincible élan, et cette force puissante par laquelle ils soulèvent, transfigurent et réforment à leur image les natures subalternes en les vivifiant, les embrasant des feux dont ils sont eux-mêmes dévorés, et cette chaleur purifiante qui consume toute souillure, et enfin cette active, permanente et inépuisable propriété de recevoir et de communiquer la lumière, de dissiper et d'abolir toute obscurité, toutes ténèbres.

Le nom des chérubins montre qu'ils sont appelés à connaître et admirer Dieu, à contempler la lumière dans son éclat originel et la beauté incréée dans ses plus splendides rayonnements; que, participant à la sagesse, ils se façonnent à sa ressemblance et répandent sans envie sur les essences inférieures le flot des dons merveilleux qu'ils ont reçus.

Le nom des nobles et augustes trônes signifie qu'ils sont complètement affranchis des humiliantes passions de la terre; qu'ils aspirent, dans leur essor sublime et constant, à laisser loin au-dessous d'eux tout ce qui est vil et bas ; qu'ils sont unis au Très-Haut de toutes leurs forces avec une admirable fixité; qu'ils reçoivent d'un esprit pur et impassible les douces visites de la divinité ; qu'ils portent Dieu, en quelque manière, et s'inclinent avec un frémissement respectueux devant ses saintes communications.

II. Tel est, selon nous, le sens des noms divers que portent ces esprits. II nous reste à expliquer la hiérarchie qu'ils forment. Je pense avoir déjà suffisamment marqué que toute hiérarchie a pour but invariable une certaine imitation et ressemblance de 296 la Divinité, et que toute fonction qu'elle impose tend à la double fin tic recevoir et de conférer une pureté non souillée, une divine lumière et une parfaite connaissance des saints mystères. Je voudrais maintenant enseigner d'une manière convenable comment l'Ecriture comprend l'ordre sublime des intelligences les plus élevées. Sachons d'abord que cette première hiérarchie est également propre à toutes les nature» supérieures, qui, venant immédiatement après leur souverain auteur et placées, pour ainsi dire, au voisinage de l'infini, l'emportent sur toute puissance créée, soit visible, soit invisible.

Elles sont donc très-éminemment pures, non pas seulement en ce sens que nulle tache, nulle souillure ne les avilit et qu'elles ne subissent pas la loi de nos imaginations matérielles, mais surtout parce que, inaccessibles à tout principe de dégradation et douées d'une sainteté transcendante, elles s'élèvent par là même au-dessus des autres esprits, si divins qu'ils soient; et encore parce qu'elles trouvent dans un généreux amour de Dieu la force de se maintenir librement et invariablement en leur ordre propre, et que nulle altération ne leur peut survenir, la raideur d'une volonté invincible les attachant saintement aux fonctions merveilleuses qui leur furent assignées.

Egalement elles sont contemplatives; et par là je ne veux pas dire qu'elles perçoivent les choses intellectuelles au moyen de symboles sensibles, ni que le spectacle de diverses et pieuses images les élève à Dieu ; mais je comprends qu'elles sont inondées d'une lumière qui surpasse toute connaissance spirituelle , et admises, autant que leur nature permet, à la vision de cette beauté suréminente, cause et origine de toute beauté, et qui reluit dans les trois adorables 207 Personnes ; je comprends qu'elles jouissent de l'humanité du Sauveur autrement que sous le voile de quelques figures où se retracent ses augustes perfections ; car, par l'accès libre qu'elles ont auprès de lui, elles reçoivent et connaissent directement ses saintes lumières; je comprends enfin qu'il leur est donné d'imiter Jésus-Christ d'une façon plus relevée, et qu'elles participent, selon leur capacité, au premier écoulement qui se fait de ses vertus divines et humaines.

Elles sont parfaites aussi, non point parce qu'elles savent expliquer les mystères cachés sous la variété des symboles, mais parce que, dans leur haute et intime union avec la divinité, elles acquièrent, touchant les œuvres divines, cette science ineffable que possèdent les anges; car ce n'est point par le ministère de quelques autres saintes natures, mais de Dieu immédiatement, qu'elles reçoivent leur initiation. Elles s'élèvent donc à lui sans intermédiaire, par leur vertu propre et par le rang supérieur qu'elles occupent ; et par là encore elles se fixent dans une sainteté immuable et sont appelées à la contemplation de la beauté purement intelligible. Ainsi constituées d'une façon merveilleuse par l'auteur de toute hiérarchie qu'elles entourent au premier rang, elles apprennent de lui les hautes et souveraines raisons des opérations divines.

III. Or, les théologiens enseignent clairement que, par une admirable disposition, les ordres inférieurs des pures intelligences sont instruits des choses divines par les ordres supérieurs, et que les esprits du premier rang à leur tour reçoivent directement de Dieu la communication de la science. Effectivement les saintes Écritures nous montrent tantôt 208 quelques-unes de ces natures saintes apprenant de natures plus augustes que c'est le Seigneur des vertus célestes et le Roi de gloire qui, sous forme humaine, s'élève dans les cieux (36); tantôt quelques autres interrogeant Jésus-Christ en personne, et désirant connaître l'œuvre sacrée de notre rédemption, recueillant les instructions de sa bouche, et informées par lui-même des miracles de sa bonté envers les hommes : c'est moi, dit-il, qui parle justice et jugement pour le salut (37). Ici j'admire comment les essences que leur sublimité place au-dessus de toutes les autres, éprouvent, aussi bien que leurs subalternes, quelque timidité de désir à l'endroit des communications divines : car elles ne débutent point par dire au Seigneur : Pourquoi vos vêtements sont-ils rougis (38)? mais elles se questionnent d'abord elles-mêmes, manifestant par là leur projet, leur envie de connaître l'auguste merveille, et ne prévenant pas la révélation progressive des lumières célestes.

Ainsi la première hiérarchie des esprits bienheureux est régie par le souverain initiateur même ; et parce qu'elle dirige immédiatement vers lui son essor, recueillant, autant qu'il se peut, la pureté sans tache qui produit la vive lumière, d'où naît la sainteté parfaite , elle se purifie, s'illumine et se perfectionne ; oui, pure de tout ce qui est infime, brillante des premiers rayons de la lumière, riche et ornée d'une science sublime qu'elle puise à sa source. Même je pourrais bien dire en un mot que cette dérivation de la science divine est tout ensemble expiation, illumination et perfection; car elle purifie vraiment de toute ignorance, en communiquant à 209 chaque intelligence, selon sa dignité propre, la connaissance des mystères ineffables; elle éclaire aussi, et, par la pureté qu'elle donne, permet aux esprits de contempler au grand jour de cette lumière suréminente les choses qu'ils n'avaient point encore vues; enfin elle les perfectionne en les confirmant dans la claire intuition des plus magnifiques splendeurs.

IV. Telle est, autant que je puis savoir, la première hiérarchie des cieux; rangée comme en cercle autour de la divinité, elle l'environne immédiatement, et, parmi les joies d'une connaissance permanente, elle tressaille dans la merveilleuse fixité de cet élan sublime qui emporte les anges. Elle jouit d'une foule de suaves et pures visions; elle brille sous le doux reflet de la clarté infinie; elle est nourrie d'un aliment divin, tout à la fois abondant, puisque c'est la première distribution qui s'en fait, et réellement un, et parfaitement identique, à cause de la simplicité de l'auguste substance. Bien plus, elle a l'honneur d'être associée à Dieu, et de coopérer à ses œuvres, parce qu'elle retrace , autant que peut la créature , les perfections et les opérations divines. Elle connaît d'une façon suréminente plusieurs ineffables mystères, et entre, selon sa capacité, en participation de la science du Très-Haut. Effectivement la théologie a enseigné à L'humanité les hymnes que chantent ces sublimes esprits, et où l'on découvre l'excellence de la lumière qui les inonde : car, pour parler le langage terrestre , quelques-uns d'entre eux répètent avec le fracas des grandes eaux : Bénie soit la gloire de Dieu du saint lieu où il réside (39! Et d'autres font retentir 210 ce majestueux et célèbre cantique : Saint, saint, saint est le Seigneur des armées ; toute la terre est pleine de sa gloire (40)!

Mais nous avons expliqué à notre façon ces chants sacrés des cieux dans le traité des hymnes divins, où il nous semble avoir éclairci suffisamment cette matière. Je me contente de rappeler ici que la première hiérarchie, initiée par l'infinie charité à la connaissance des divins mystères, les transmet avec bienfaisance aux hiérarchies inférieures. Pour tout dire en un mot, elle leur enseigne que la majesté terrible, digne de toute louange, et au-dessus de toute bénédiction, doit être connue et glorifiée autant qu'il se peut par les intelligences auxquelles le Seigneur se communique, puisqu'au témoignage de l'Ecriture, elles sont, par leur sublimité divine, comme d'augustes et saints lieux ou la divinité repose. Elle leur enseigne que l'unité très-simple subsistant en trois personnes embrasse dans les soins de sa providence la création entière, depuis les plus nobles essences des cieux jusqu'aux plus viles substances de la terre; car elle est le principe éternel et la cause de toutes les créatures qu'elle étreint par un lien merveilleux , ineffable.

(01) Epist. Jacob., 1, 17.

(02) Epist. Rom., II, 36.

(03) S. Joan., I, 8.

(04)  Ezech., I, 7.

(05) Daniel, 7, 9.

(06) Zach., I, 8.

(07) Machab., 3, 25 ; Josue, 5, 13.

(08) I Cor., 8 ,7.

(09) Joan., I, I ; Psalm., 135, 5.

(10) Joan., I, 4.

(11)  Timoth., 6, 16 ; Rom., II, 33 ; Psalm. 144, 13.

(12) Genèse, 1, 31.

(13) Malach., 4,2.

(14) Apoc., 22, 6.

(15) Exod., 3, 2.

(16)  Joan., 7, 38.

(17) Cant., I, 2.

(18) Ephes., 2, 20.

(19) Osee, 13, 7.

(20)  Psalm., 21, 7.

(21)  Matth, 5, 48.

(22)  Cor., 3, 9.

(23) Galat., 3, 19. — Act., 7, 53.

(24) Matth., 2, 13. — Act., 11, 13.

(25) Daniel, 7, 10. — Isaie, cap. 10.

(26)  I. Joan., 4, 12.

(27) Gen., 3, 8, et 18, 1.

(28)  Num.,9 ; Act., 7 ; Galat., 3.

(29)  Luc., 1, 13.

(30) Ibid.

(31) Matth., cap. 2

(32)  Luc., 22 , 43.

(33) lsaie, 9.

(34) Psalm., 10-2 ; Matth., 2, 5

(35)  Ezech,, I ; Isaie, 6.

(36) Psalm., 23 , 10.

(37) Isaiœ , 63 , 1.

(38) Isaie, 1 et 2.

(39) Ezech., 3, 12.

(40)  Isaiae, 6, 3.

τι καὶ τῶν ὑπερουρανίων οὐσιῶν αἱ πρῶται καὶ τόσον ἁπάσας