Tiberius Gracchus

133

Comment financer la lex Sempronia?

PERIOCHAE : Tite-Live écrivit une Histoire Romaine en 142 livres. Nous ne possédons plus que les livres I-X et XXI-XLV. Pour les autres, nous avons des résumés ou Periochae. Ces résumés sont très inégaux de développement et de précision.

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Le roi de Pergame, Attale, par testament donne son royaume aux Romains.

Tib. Sempronius Gracchus trib. pleb. cum legem agrariam ferret aduersus uoluntatem senatus et equestris ordinis: nequis ex publico agro plus quam mille iugera possideret, in eum furorem exarsit ut M. Octauio collegae causam diuersae partis defendenti potestatem lege lata abrogaret, seque et C. Gracchum fratrem et Appium Claudium socerum triumuiros ad diuidendum agrum crearet. Promulgauit et aliam legem agrariam, qua sibi latius agrum patefaceret, ut idem triumuiri iudicarent, qua publicus ager, qua priuatus esset. Deinde cum minus agri esset quam quod diuidi posset sine offensa etiam plebis, quoniam eos ad cupiditatem amplum modum sperandi incitauerat, legem se promulgaturum ostendit ut his, qui Sempronia lege agrum accipere deberent, pecunia quae regis Attali fuisset diuideretur. Heredem autem populum Romanum reliquerat Attalus, rex Pergami, Eumenis filius.
Tot indignitatibus commotus grauiter senatus, ante omnis T. Annius consularis. Qui cum in senatu in Gracchum perorasset, raptus ab eo ad populum delatusque plebi, rursus in eum pro rostris contionatus est. Cum iterum trib. pleb. creari uellet Gracchus, auctore P. Cornelio Nasica in Capitolio ab optimatibus occisus est, ictus primum fragmentis subselli, et inter alios qui in eadem seditione occisi erant insepultus in flumen proiectus
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Periochae LVIII

  vocabulaire

Tibérius Gracchus, tribun de la plèbe, proposa une loi agraire malgré le désaccord du Sénat et de l'ordre équestre. Cette loi défendait à quiconque de posséder plus de 500 arpents. Il en arriva à un tel degré de folie qu'il enleva, en faisant voter une loi, les pouvoirs de son collègue Marcus Octavius, défenseur du parti adverse. De plus, il se nomma, avec son frère Caius Gracchus ainsi que son beau-père Appius Fulvius triumvir pour le partage des terres. Il fit promulguer aussi une autre loi agraire qui élargirait l'ager publicus afin que ces mêmes triumvirs décident quelle terre faisait partie du domaine public ou du domaine privé. Mais comme il n'y avait pas assez de terres à répartir sans se heurter ne serait-ce qu'aux plébéiens, puisqu'il les avait incités à l'envie de désirer trop, Gracchus annonça qu'il promulguerait une loi pour faire distribuer l'argent provenant du roi Attale à ceux qui devaient recevoir des terres en vertu de la loi Sempronia. En effet, le roi de Pergame Attale, fils d'Eumène, avait fait du peuple romain son héritier. Le Sénat fut indigné de tant d'humiliations et surtout le consulaire Titus Annius. Devant le Sénat il passait sa rage contre Gracchus. Il fut emmené de force par Tibérius devant le peuple et présenté à la plèbe. De nouveau, devant les rostres, il l'attaqua. Gracchus voulait se faire élire une seconde fois tribun de la plèbe. Il fut tué sur le Capitole par les optimates conduits par Scipion Nasica. Tibérius fut d'abord frappé avec un morceau de banc. Il fut jeté sans sépulture dans le Tibre avec d'autres qui avaient été tués au cours de ce même soulèvement.

Periochae LVIII

 

Plutarque, vie de Tiberius Gracchus (suite)

A cette époque le roi Attale surnommé Philometor mourut et Eudème de Pergame amena à Rome son testament qui faisait du peuple de Rome son héritier. Tibérius, pour plaire au peuple, fit immédiatement une proposition de loi pour que tout l'argent qu'Attale avait laissé soit distribué aux citoyens pauvres qui devaient bénéficier des terres publiques pour leur permettre de faire des provisions et de cultiver leurs terres. Quant aux villes qui se trouvaient sur le territoire d'Attale il déclara que le sénat n’avait rien à dire sur leur sort mais que c’était au peuple à donner son avis et qu’il lui demanderait son accord. En faisant cela il offensa le sénat plus qu’il ne l’avait jamais fait auparavant et Pompeius se leva et déclara qu'il était voisin de Tibérius et qu’il avait ainsi eu l'occasion de connaître cet Eudème de Pergame et que celui-ci avait présenté à Tibérius le diadème royal et une robe longue pourpre car d'ici peu il devait devenir roi de Rome. Quintus Metellus fit des reproches également à Tibérius en disant que quand son père était censeur, les Romains, chaque fois qu’ils rentraient chez eux d'un dîner, éteignaient toutes leurs lumières de peur qu’à leur vue on s’imagine qu’il avaient passer leur temps à festoyer et à boire à des heures déraisonnables tandis que maintenant on voyait Tibérius faire éclairer la nuit de torches par les plus pauvres et les plus audacieux du peuple. Titus Annius, un homme sans grande réputation pour son sens de la justice ni pour sa tempérance mais célèbre pour sa compétence dans les questions de demandes et réponses défia Tibérius d’avouer par serment qu’il avait déposé un magistrat qui par la loi était sacré et inviolable. Il s’ensuivit une forte clameur et Tibérius quitta le sénat à la hâte, fit appel au peuple et convoqua pour le mettre en accusation.

Mais Annius qui n’était pas un grand orateur et n’avait pas la réputation de Tibérius s’abrita dans sa propre habilité et demanda s’il pouvait poser une ou deux questions à Tiberius avant le débat. On lui accorda cette liberté et le silence se fit. Annius posa sa question. "si toi," dit-il, "tu veux me déshonorer et me diffamer et que je doive m’appuyer sur un de tes collègues pour me venir en aide et que celui-ci monte à la tribune pour m’aider est-ce pour cette raison que tu le déposeras?" Tibérius, dit-on, fit tellement déconcerté par cette question, que, alors que dans d’autres circonstances sa promptitude à répondre était remarquable, à ce moment il resta silencieux et ne répondit pas.

Les mesures de Tib. Gracchus

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   A l'origine, une proposition de loi : la rogatio Sempronia de 133. Il semblerait qu'il existe néanmoins des antécédents : Appien dit que Ti. Gracchus présenta sa proposition de loi comme le renouvellement d'une loi plus ancienne. Cette dernière disait que nul ne pourrait posséder plus de 500 jugères (125 hectares) de l'ager publicus, ni y faire paître plus de 100 têtes de gros bétail (bovins) ou 500 têtes de petit bétail (ovins). Il semblerait que cette loi date de la fin de la Deuxième Guerre Punique, et fut mal appliquée.

         1) Le contenu de la rogatio Sempronia
   Elle a été déposée par Tiberius peu après son élection, en 133. Elle comporte trois points fondamentaux :
               – Limitation au droit de possessio individuel de l'ager publicus : 500 jugères par personnes, plus 250 jugères par enfant avec un maximum de 1 000 jugères (250 ha) par famille.
   Le but est une prime à la natalité et un moyen de reconstituer une classe paysanne libre, sans toucher à la propriété privée. Seulement, cette partie de l'ager publicus devenait alors ager privatus.
               – Il est institué un collège de trois membres chargés d'appliquer la loi ; c'est un triumvirat affecté à la récupération des terres, à juger de la légitimité de l'occupation, à s'occuper du transfert et de l'assignation des terres. Des pouvoirs considérables en somme.
   Le sénat et les conservateurs se voient ainsi enlevé une partie de leurs compétences sur l'ager publicus.
             
  – Une fois récupérée, les terres sont distribuées aux citoyens pauvres et selon Plutarque et Appien, à raison de 30 jugères par personne. Ces lots seraient inaliénables selon Appien.

         2) Opposition et vote de la loi
   Une opposition farouche se dresse contre la rogatio sempronia.
   A l'assemblée du peuple, la rogatio rencontra le veto intercessio d'un autre tribun de la plèbe : M. Octavius, homme à la solde du parti conservateur. Mais Tiberius réussit à obtenir l'abrogation des pouvoirs de M. Octavius ; l'unité nouvelle des tribuns de la plèbe fait voter la lex Sempronia. Tiberius se fait élire triumvir avec Ap. Claudius Pulcher et C. Gracchus.
   Tiberius cherche ensuite à se faire attribuer un second mandat de tribun de la plèbe pour achever son œuvre. Les conservateurs trouvent enfin le prétexte pour se soulever. Eté 133, Tiberius est assassiné.

   Quelques années plus tard, c'est Caius qui prend la relève pour achever le programme.

 

ab, prép. : + Abl. : à partir de, après un verbe passif = par
abrogo, as, are : enlever, supprimer
accipio, is, ere, cepi, ceptum : recevoir, apprendre (acceptus, a, um : bien accueilli, agréable)
ad, prép. : + Acc. : vers, à, près de
adversus, a, um : contraire (prép. + acc. = contre)
ager, agri
, m. : la terre, le territoire, le champ
agrarius, a, um : agraire
alius, a, ud : autre, un autre
amplus, a, um : grand, important
Annius, i, m. : Annius (nom d'homme)
ante, prép. : +acc., devant, avant ; adv. avant
Appius, i
, m. : Appius
Attalus, i, m. : Attale (roi de Pergame)
auctor, oris, m. : 1. le garant 2. la source 3. le modèle 4. l'auteur, l'instigateur
autem, conj. : or, cependant, quant à -
C, = Caius, ii, m. : abréviation.
Capitolium, ii, n. : le Capitole
causa, ae, f. : la cause, le motif; l'affaire judiciaire, le procès; + Gén. : pour
Claudius, ii, m. : Claudius
collega, ae, m. : le collègue
commoveo, es, ere, movi, motum : 1. pousser, déplacer 2. agiter 3. émouvoir (commotus, a, um : en mouvement, ému, agité)
consularis, e : consulaire
contionor, aris, ari : être assemblé, haranguer
Cornelius, i, m. : Cornélius
creo, as, are : 1. créer, engendrer, produire 2. nommer un magistrat
cum, inv. :1. Préposition + abl. = avec 2. conjonction + ind. = quand, lorsque, comme, ainsi que 3. conjonction + subj. : alors que
cupiditas, atis, f. : le désir
debeo, es, ere, ui, itum : devoir
defendo, is, ere, fendi, fensum : défendre, soutenir
defero, fers, ferre, tuli, latum : 1. porter d'un lieu élevé dans un lieu plus bas, emporter 2. présenter, accorder 3. révéler 4. dénoncer
deinde, adv. : ensuite
diversus, a, um : divers
divido, is, ere, visi, visum : diviser
eo, 1. ABL. M-N SING de is, ea, is : le, la, les, lui... ce,..; 2. 1ère pers. sing. de l'IND PR. de eo, ire 3. adv. là, à ce point 4. par cela, à cause de cela, d'autant (eo quod = parce que)
eos, acc. m. pl. de is,ea,id : les, ceux-ci, ces
equester, tris, tre : équestre
et, conj. : et. adv. aussi
etiam, adv. : encore, en plus, aussi, même, bien plus
eum, ACC M SING. de is, ea, id : il, lui, elle, celui-ci...
Eumenes, is, m. : Eumène (roi de Pergame)
ex, prép. : + Abl. : hors de, de
exardesco, is, ere, arsi, arsum : s'enflammer, brûler, éprouver un sentiment violent
fero, fers, ferre, tuli, latum : porter, supporter, rapporter
filius, ii, m. : le fils
flumen, inis, n. : le cours d'eau, le fleuve, la rivière
fragmentum, i, n. : le fragment
frater, tris, m. : le frère
furor, oris, m. : la fureur, la folie furieuse
Gracchus, i, m. : Gracchus
graviter, inv. : lourdement, gravement
heres, edis, m. : l'héritier
hic, haec, hoc : adj. : ce, cette, ces, pronom : celui-ci, celle-ci
ico, is, ere, ici, ictum : frapper
idem, eadem, idem
: le (la) même
in, prép. : (acc. ou abl.) dans, sur, contre
incito, as, are : inciter
indignitas, atis, f. : l'indignité, l'humiliation
insepultus, a, um : sans sépulture
inter, prép. : + Acc. : parmi, entre
iterum, inv. : de nouveau
iudico, as, are : 1. juger, faire office de juge 2. rendre un jugement 3. requérir 4. décider
iugera, um, n. : l'arpent, le jugère
latius, adv. : comparatif neutre ou adverbial de latus, a, um : large
lex, legis, f. : la loi, la (les) condition(s) d'un traité
M, inv. : abréviation de Marcus
mille, n. pl. ia, ium : mille (milia : quand il s'agit de plusieurs milliers)
minus, adv. : moins
modus, i, m. : la mesure, la limite, la manière
Nasica, ae, m. : Nasica (cognomen de Scipion)
nequis = ne quis
occido, is, ere, occidi, occisum : I. 1. tomber à terre 2. succomber, périr 3. se coucher II. couper, mettre en morceaux, tuer
Octavius, ii, m. : Octavius
offensa, ae, f. : le heurt, le choc, le malaise, le mécontentement, l'offense, la dispute
omnis, e
: tout
optimates, ium, m. : les conservateurs, les optimates
ordo, inis, m. : le rang, l'ordre, la file (de soldats), la centurie
ostendo, is, ere, tendi, tentum : tendre, montrer
P, abréviation de Publius
pars, partis, f. : la partie, le côté
patefacio, is, ere, patefeci, patefactum : ouvrir, découvrir, dévoiler. - patefieri (passif) : être ouvert
pecunia, ae, f. : l'argent
Pergama, orum, n. : Pergame)
peroro, as, are : achever, conclure, terminer (un discours) in + Acc. = pester contre
pleb, inv. : abréviation de plebis : de la plèbe
plebs, plebis, f. : la plèbe
plus, adv. : plus, davantage
populus, i, m. : le peuple
possideo, es, ere, sedi, sessum : avoir en sa possession, posséder
possum, potes, posse, potui : pouvoir
potestas, atis, f. : 1. la puissance, le pouvoir 2. le pouvoir d'un magistrat 3. la faculté, l'occasion de faire qqch.
primum, adv. : d'abord, pour la première fois
privo, as, are : priver de + abl. (privatus, a, um : particulier) (privatus, i, m. : le simple particulier)
pro, prép. : + Abl. : devant, pour, à la place de, en considération de
proiicio, is, ere, ieci, iectum : projeter; rejeter, abandonner
promulgo, as, are : afficher, publier
publicus, a, um : public
qua, 1. ABL. FEM. SING. du relatif. 2. Idem de l'interrogatif. 3. après si, nisi, ne, num = aliqua. 4. faux relatif = et ea 5. adv. = par où?, comment?
quae, 4 possibilités : 1. N.F.S. N.F.PL. N.N.PL., ACC. N. PL. du relatif = qui, que (ce que, ce qui) 2. idem de l'interrogatif : quel? qui? que? 3. faux relatif = et ea - et eae 4. après si, nisi, ne, num = aliquae
quam, 1. accusatif féminin du pronom relatif = que 2. accusatif féminin sing de l'interrogatif = quel? qui? 3. après si, nisi, ne, num = aliquam 4. faux relatif = et eam 5. introduit le second terme de la comparaison = que 6. adv. = combien
qui, 1. n N.M.S ou N.M.PL. du relatif 2. idem de l'interrogatif 3. après si, nisi, ne, num = aliqui 4. Faux relatif = et ei 5. interrogatif = en quoi, par quoi
quod, 1. pronom relatif nom. ou acc. neutre singulier : qui, que 2. faux relatif = et id 3. conjonction : parce que, le fait que 4. après si, nisi, ne, num = aliquod = quelque chose 5. pronom interrogatif nom. ou acc. neutre sing. = quel?
quoniam, conj. : puisque
rapio, is, ere, rapui, raptum : 1. emporter 2. ravir, voler, piller 3. se saisir vivement de
relinquo, is, ere, reliqui, relictum : laisser, abandonner
rex, regis, m. : le roi
Romanus, a, um : Romain (Romanus, i, m. : le Romain)
rostrum, i, . : le bec (au pluriel : les rostres)
rursus, inv. : de nouveau, au contraire
se, pron. réfl. : se, soi
seditio, onis, f. : la sédition, la division, la discorde, le soulèvement, la révolte
Sempronius, ii, m. : Sempronius
Sempronius, a, um : de Sempronius (lex Sempronia)
senatus, us, m. : le sénat
sine, prép. : + Abl. : sans
socer, eri, m. : le beau-père
spero, as, are : espérer
subsellium, i, n. : le banc (de sénateur), le siège
sum, es, esse, fui : être
T, n. pr. : abréviation de Titus
tot, adv. : tant, si nombreux
trib, inv. : abréviation de tribunus, i : tribun
triumvir, i, m. : le triumvir, le commissaire
ut, conj. : + ind. : quand, depuis que; + subj; : pour que, que, de (but ou verbe de volonté), de sorte que (conséquence) adv. : comme, ainsi que
volo, vis, velle : vouloir
voluntas, atis, f. : la volonté
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