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PHILOSTRATE

De la gymnastique.

Les courses

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DOLICHOS

 

La course de fond (dolichos) : d’abord de huit, puis de dix, de douze et de vingt-quatre stades (24 x 192,27m = 4614,48 m)

[4] Δολίχου δὲ αἰτία ἦν ἥδε· δρομοκήρυκες ἐξ Ἀρκαδίας ἐφοίτων ἐς τὴν Ἑλλάδα τῶν πολεμικῶν ἄγγελοι· καὶ ἀπείρητο αὐτοῖς μὴ ἱππεύειν, ἀλλ´ αὐτουργοῖς εἶναι τοῦ δρόμου. Τὸ ἀεὶ οὖν ἐν βραχεῖ τῆς ἡμέρας διαδραμεῖν στάδια ὁπόσα ὁ δόλιχος δρομοκήρυκας εἰργάζετο, καὶ ἐγύμναζε τῷ πολέμῳ.

[4] L’origine de la course longue est celle-ci: des hérauts parcouraient fréquemment le chemin qui conduit de l’Arcadie à la Grèce proprement dite, pour porter des messages de guerre; on leur défendait d’aller à cheval, et on leur enjoignait de courir eux-mêmes. Ainsi l’habitude de parcourir continuellement dans une petite partie du jour autant de stades qu’en comprend actuellement le dolique (espace parcouru pendant la course longue) en fit de véritables hérauts coureurs et les exerça en même temps pour la guerre.

LE STADE

La course du stade : course à pied sur les 192,27 mètres du stade. On court dans la direction du temple de Zeus. Le vainqueur peut allumer la flamme de l’autel de Zeus (terme premier de la course) , et donne son nom à l’olympiade

[5] Στάδιον δὲ ὧδε εὕρηται· θυσάντων Ἠλείων ὁπόσα νομίζουσι, διέκειτο μὲν ἐπὶ τοῦ βωμοῦ τὰ ἱερά, πῦρ δὲ αὐτοῖς οὔπω ἐνέκειτο. Στάδιον δὲ οἱ δρομεῖς ἀπεῖχον τοῦ βωμοῦ· καὶ εἱστήκει πρὸ αὐτοῦ ἱερεὺς λαμπαδίῳ βραβεύων· καὶ ὁ νικῶν ἐμπυρίσας τὰ ἱερὰ, ὀλυμπιονίκης ἀπῄει.

[5] La course simple a été inventée de la manière suivante: quand les Éléens faisaient des sacrifices, toutes les choses sacrées que l’usage comportait étaient placées sur l’autel, mais il n’y avait pas encore de feu. Les coureurs étaient placés à la distance d’un stade; devant l’autel se tenait le prêtre remplissant la fonction de juge pour la course aux flambeaux; le vainqueur (celui qui arrivait le premier), après avoir mis le feu aux offrandes sacrées, s’en retournait avec la couronne olympique.

LA COURSE EN ARMES

 

 

La course en armes : elle fut introduite en 520 av. J.C. (65ème olympiade). Il fallait parcourir deux fois la longueur du stade avec un équipement complet : casque, jambières et bouclier. Plus tard, on dispensa les coureurs des jambières.

[7] Οἱ δρόμοι δὲ ὁπλῖται ποικίλοι μέν, καὶ μάλιστα οἱ κατὰ Νεμέαν, οὓς ἐνόπλους τε καὶ ἱππίους ὀνομάζουσιν· ἀνάκειται δὲ τοῖς ἀμφὶ Τυδέα τοῖς ἑπτά. Ὁ δέ γε ὀλυμπιακὸς ὁπλίτης, ὡς μὲν Ἠλεῖοί
φασιν, ἐτέθη διὰ ταῦτα· πόλεμον Ἠλεῖοι Δυμαίοις ξυνῆψαν, οὕτω τι ἀκήρυκτον, ὡς μηδὲ τὰ Ὀλύμπια ἀνοχὰς εἶναι. Νικώντων δὲ αὖ τῶν Ἠλείων κατὰ τὴν τῶν ἄθλων ἡμέραν, ὁπλίτης λέγεται τῶν ἀπὸ τῆς μάχης ἐσδραμεῖν ἐς τὸ στάδιον, εὐαγγέλια ἀπάγων τῆς νίκης. Ταυτὶ δὲ πιθανὰ μέν, ἀκούω δ´ αὐτὰ καὶ Δελφῶν, ἐπειδὴ πρὸς ἐνίας τῶν Φωκίδων ἐπολέμησαν, καὶ Ἀργείων, ἐπειδὴ πολέμῳ συνεχεῖ πρὸς Λακεδαιμονίους ἐτρίβοντο, καὶ Κορινθίων, ἐπειδὴ καὶ ἐν αὐτῇ Πελοποννήσῳ καὶ ὑπὲρ τὰ ὅρια τοῦ Ἰσθμοῦ ἐπολέμουν. Ἐμοὶ δὲ ἕτερα περὶ ὁπλίτου δοκεῖ· φημὶ γὰρ νενομίσθαι μὲν αὐτὸν ἐκ πολεμικῆς αἰτίας, παριέναι δὲ ἐς τοὺς ἀγῶνας, πολέμου ἀρχῆς ἕνεκα, δηλούσης τῆς ἀσπίδος ὅτι πέπαυται ἐκεχειρία, δεῖ δὲ ὅπλων. Εἰ δὲ μὴ ῥᾳθύμως ἀκούεις τοῦ κήρυκος, ὁρᾷς ὡς ἐπὶ πάντων κηρύττει λήγειν μὲν τὸν τῶν ἄθλων ταμίαν ἀγῶνα, τὴν σάλπιγγα δὲ τὰ τοῦ Ἐνυαλίου σημαίνειν, προκαλουμένην τοὺς νέους ἐς ὅπλα. Κελεύει δὲ τουτὶ τὸ κήρυγμα καὶ τοὔλαιον ἀραμένους ἐκποδών ποι φέρειν, οὐχ ὡς ἀλειψομένους, ἀλλ´ ὡς πεπαυμένους τοῦ ἀλείφεσθαι.

[7] Il y a, surtout à Némée, beaucoup de courses en armes: on les appelle exercices en armes et exercices équestres; ils sont consacrés aux sept chefs qui accompagnaient Tydée. La lutte armée d’Olympie fut, ainsi que les Éléens le prétendent, établie pour le motif suivant: les Éléens s’étaient engagés dans une guerre si implacable avec les Dyméens, que les jeux olympiques ne donnaient même pas lieu à une suspension d’armes. Les Éléens ayant remporté une victoire le jour du concours, on prétend qu’un soldat pesamment armé, de ceux qui avaient pris part au combat, entra dans le stade pour y porter la bonne nouvelle de la victoire. Cette narration est vraisemblable, je ne le nie pas, mais j’entends raconter la même chose des Delphiens, lorsqu’ils faisaient la guerre à quelques-unes des villes de la Phocide; des Argiens, lorsqu’ils supportaient le poids d’une guerre non interrompue contre les Lacédémoniens; enfin des Corinthiens, lorsqu’ils faisaient la guerre dans le Péloponnèse même, et au delà des confins de l’isthme. Quant à moi, j’ai un autre sentiment sur l’origine de la course en armes: j’affirme, en effet, qu’elle a été établie pour des causes militaires, et qu’elle a passé ensuite dans les jeux publics, pour marquer les commencements de la guerre: le bouclier signifiait que la trêve était finie, et qu’il fallait prendre les armes. Si vous écoutez avec attention le héraut, vous reconnaîtrez que toujours il proclame que les jeux où l’on attribue des prix ont cessé, et que la trompette annonce les travaux de Mars en appelant les jeunes hommes aux armes. Cette proclamation enjoint aussi d’enlever l’huile et de la porter au loin, puisqu’il s’agit, non plus de s’oindre, mais précisément d’avoir cessé de s’oindre.