Dion Cassius, traduit par E. Gros Tome VII

DION CASSIUS

HISTOIRE ROMAINE.

TOME SEPTIÈME : LIVRE LI

Traduction française : E. GROS.

livre L - livre LII

 

TABLE DES MATIÈRES CONTENUES DANS LE SEPTIÈME VOLUME.

LIVRE CINQUANTE-ET-UNIÈME.

César réunit pour la première fois tout le pouvoir entre ses mains ; il bâtit un temple en l'honneur d'Apollon Actien et fonde la ville de Nicopolis 105—107

Suites de la bataille; mesures prises par César à l'égard de ceux qui ont embrassé le parti contraire à lui 107—111

César incorpore dans ses légions les soldats d'Antoine, renvoie en Italie ceux des citoyens qui avaient passé l'âge de porter les armes et dissémine le reste. Remise qu'il accorde aux affranchis 111—113

Cachet remis par César à Mécène et à Agrippa pour sceller les lettres qn'il envoyait au sénat, alphabet conventionnel pour sa correspondance secrète 113—115

Il organise les affaires de la Grèce et se fait initier aux mystères des Deux-Déesses 115

La crainte que les vétérans fassent du mal le décide à revenir en Italie. Son arrivée à Brindes calme tout 115

Largesses de César envers les soldats ; il leur distribue les terres des peuples d'Italie qui avaient suivi le parti d'Antoine. Dédommagement qu'il donne à ces peuples 117—119

César, sans aller jusqu'à Rome, trente jours après son arrivée à Brindes, s'en retourne en Grèce, sans qu'Antoine ni Cleopâtre se soient aperçus de rien 119

Rentrée de Cléopâtre en Egypte 121

Antoine, repoussé par Pinarius Scarpus, en Lybie, revient à Alexandrie 121—123

Antoine et Cléopâtre, en faisant prendre la toge virile à leurs enfants, causent la perte de ces enfants 123

Projets formés par Antoine et par Cléopâtre; ils font à César des propositions d'accommodement; déopâtre essaye de traiter séparément à l'insu d'Antoine. Réponse de César .123—125

Dévouement que les gladiateurs de Capoue montrent à la cause d'Antoine 125—127

Nouveau message d'Antoine et de Cléopâtre 129

Antoine livre Turullus à César, et promet de se donner lui-même la mort, si on accorde la vie à Cléoôatre. 129

Troisième message d'Antoine 129

César, pour empêcher déopâtre d'anéantir ses trésors, lui envole porter des paroles bienveillantes 131

Antoine marche contre Cornélius Gallus dans l'espoir d'attirer à lui les soldats de ce général, ou de le vaincre avec son armée, mais il ne réussit à faire ni l'un ni l'autre 131—133

César s'empare de Pétuse, que lui livre Cléopâtre 133—135

Antoine, après avoir battu la cavalerie de César devant Alexandrie, est vaincu dans un second combat 135

Antoine se réfugie vers.sa flotte; déopâtre fait déserter les matelots 135—137

Cléopâtre se réfugie dans le monument, et de là ehe envoie annoncer à Antoine qu'elle n'existe plus ; celui-ci se perce de son épée; au tumulte qui en tôt la suite Cleopatre regarde du haut du monument; Antoine se ranime aux cris poussés par les assistants et se faitjiisser dans le monument, où il expire entre les bras de déopâtre 137—139

Cléopâtre informe César de ce qui s'est passé, tout en se tenant renfermée, afin d'acheter son salut en inspirant à César la crainte de perdre ses trésors 139

César envoie à Cléopâtre C. Proculus et Épaphrodite, qui s'assurent de sa personne avant toute espèce de convention 141

Cléopâtre, après avoir embaumé le corps d'Antoine, est con¬duite à la demeure royale, où elle est traitée avec toute sorte d'égards 141

Entrevue de César et de Cléopâtre 141—144

Cléopâtre se donne la mort 145—149

Les Psylles 149

Portrait d'Antoine et de Cléopâtre 151

Sort des enfants d'Antoine et de ceux de Cléopâtre 153

Comment furent traités les peuples qui avaient embrassé la cause d'Antoine; pardon accordé à l'Egypte et aux Alexandrins. 158—155

César visite le corps d'Alexandre 155

Organisation que César donne à l'Egypte et aux Alexandrins. 157—159

César fonde une ville sur l'emplacement du champ de bataille. 161

César va prendre ses quartiers d'hiver dans la province d'Asie; il règle les affaires des peuples soumis et celles des Parthes. Tiridate et Phraate 161—163

Décrets rendus en l'honneur de César, à la suite de sa victoire navale, par les Romains restés en Italie 163—165

Nouveaux honneurs qui lui sont décernés lorsqu'on apprend la mort d'Antoine; coïncidence remarquable de cette mort avec le consulat du fils de Cicéron 165—169

César ferme le temple de Janus et prend l'augure du salut, bien qu'il y ait encore quelques peuples en armes 169—171

César permet d'ériger des temples en l'honneur de son père et de Rome ; il autorise les étrangers à lui consacrer à lui-même certaines enceintes, usage qui se perpétue sous ses successeurs. 171—173

César, l'été, passe en Grèce et en Italie; ses largesses; ses triomphes 173—179

Dédicace du Chalddicum et de la curie Julia.. 179

Offrandes nouvelles dédiées par César à Jupiter Capitolin, à Junon et h Minerve, pour remplacer les anciennes 179—181

Jeux qui accompagnent la consécration de la chapelle de Jules : on y voit, pour la première fois, un hippopotame et un rhinocéros 181

Digression à propos des Daces et des Suèves qu'on fit combattre les uns contre les autres dans ces jeux 181—183

Banquets célébrés, pendant ces mêmes jeux, par les sénateurs sous le vestibule de leurs maisons 183

Statilius Taurus fait construire à ses frais un théâtre en pierre destiné à donner des chasses; reconnaissance du peuple 183—185

Expédition de Crassus contre les Daces, les Bastarnes et les Mysiens 185-189

Nouvelle agression des Bastarnes contre les alliés de Rome; ils sont de nouveau vaincus par Crassus 191

Crassus tire vengeance des Thraces qui l'avaient inquiété à son retour de Mysie; il fait couper les mains aux captifs Merdes et Serdes, peuples de cette contrée, et fait grâce aux Odrysses, à qui il donne le pays des Besses 191—193

Il vient au secours de Rholès, roi de peuplades gèles, en guerre avec Dapyx. Dapyx succombe sous ses coups. 193

Crassus marche sur la caverne appelée Cira, où s'étaient réfugiés les habitants du pays, et ensuite sur Génucla, capitale de l'empire de Zyraxès 193—195

Les Artacéens sont subjugués après une défense énergique. 195

Dénominations données aux peuples qui habitent le pays situé entre l'Hémus et l'Ister, Mysiens, Gètes, Triballes, Dardaniens 195—197 .

 

[0] Τάδε ἔνεστιν ἐν τῷ πεντηκοστῷ πρώτῳ τῶν Δίωνος Ῥωμαϊκῶν.

α. Ὡς Καῖσαρ νικήσας περὶ Ἄκτιον τὰ παρόντα διέθετο.

β. Περὶ Ἀντωνίου καὶ Κλεοπάτρας καὶ ὧν ἔπραξαν μετὰ τὴν ἧτταν.

γ. Ὡς Ἀντώνιος ἡττηθεὶς ἐν Αἰγύπτῳ ἑαυτὸν ἀπέκτεινεν.

δ. Ὡς Καῖσαρ Αἴγυπτον ἐχειρώσατο.

ε. Ὡς Καῖσαρ ἐς Ῥώμην ἦλθε καὶ τὰ ἐπινίκια ἤγαγεν.

ζ. Ὡς τὸ βουλευτήριον τὸ Ἰούλιον καθιερώθη.

η. Ὡς Μυσία ἑάλω.

Χρόνου πλῆθος τὰ λοιπὰ τῆς Καίσαρος τὸ γʹ καὶ Μ. Οὐαλερίου Κορουίνου Μεσσάλου ὑπατείας καὶ ἄλλα ἔτη δύο ἐν οἷς ἄρχοντες οἱ ἀριθμούμενοι οἵδε ἐγένοντο.

Καῖσαρ τὸ δʹ ὕπ. Μ. Λικίννιος Μ. υἱὸς Κράσσος

Καῖσαρ τὸ εʹ ὕπ. Σέξτος Ἀπουλήιος Σέξτου υἱὸς.

[1] Τοιαύτη τις ἡ ναυμαχία αὐτῶν τῇ δευτέρᾳ τοῦ Σεπτεμβρίου ἐγένετο. Τοῦτο δὲ οὐκ ἄλλως εἶπον (οὐδὲ γὰρ εἴωθα αὐτὸ ποιεῖν) ἀλλ´ ὅτι τότε πρῶτον ὁ Καῖσαρ τὸ κράτος πᾶν μόνος ἔσχεν, ὥστε καὶ τὴν ἀπαρίθμησιν τῶν τῆς μοναρχίας αὐτοῦ ἐτῶν ἀπ´ ἐκείνης τῆς ἡμέρας ἀκριβοῦσθαι. Καὶ ἐπ´ αὐτῇ τῷ τε Ἀπόλλωνι τῷ Ἀκτίῳ τριήρη τε καὶ τετρήρη, τά τε ἄλλα τὰ ἑξῆς μέχρι δεκήρους, ἐκ τῶν αἰχμαλώτων νεῶν ἀνέθηκε, καὶ ναὸν μείζω ᾠκοδόμησεν, ἀγῶνά τέ τινα καὶ γυμνικὸν καὶ μουσικῆς ἱπποδρομίας τε πεντετηρικὸν ἱερόν (οὕτω γὰρ τοὺς τὴν σίτησιν ἔχοντας ὀνομάζουσι) κατέδειξεν, Ἄκτια αὐτὸν προσαγορεύσας. Πόλιν τέ τινα ἐν τῷ τοῦ στρατοπέδου τόπῳ, τοὺς μὲν συναγείρας τοὺς δ´ ἀναστήσας τῶν πλησιοχώρων, συνῴκισε, Νικόπολιν ὄνομα αὐτῇ δούς. Τό τε χωρίον ἐν ᾧ ἐσκήνησε, λίθοις τε τετραπέδοις ἐκρηπίδωσε καὶ τοῖς ἁλοῦσιν ἐμβόλοις ἐκόσμησεν, ἕδος τι ἐν αὐτῷ τοῦ Ἀπόλλωνος ὑπαίθριον ἱδρυσάμενος. ταῦτα μὲν ὕστερον ἐγένετο, τότε δὲ μέρος μέν τι τῶν νεῶν ἐς δίωξιν τοῦ τε Ἀντωνίου καὶ τῆς Κλεοπάτρας ἔστειλε· καὶ ἐκεῖνοι ἐπεδίωξαν μὲν αὐτούς, ἐπεὶ δ´ οὐκ ἐν καταλήψει ἐφαίνοντο, ἀνεχώρησαν· ταῖς δὲ λοιπαῖς τὸ τάφρευμα αὐτῶν, μηδενὸς ἐναντιουμένου δι´ ὀλιγότητα, ἔλαβε, καὶ μετὰ ταῦτα καὶ τὸν λοιπὸν στρατὸν ἐς Μακεδονίαν ἀπιόντα καταλαβὼν ἀμαχεὶ παρεστήσατο. Ἤδη δὲ καὶ διέφυγον ἄλλοι τε καὶ τῶν πρώτων οἱ μὲν Ῥωμαῖοι πρὸς τὸν Ἀντώνιον, οἱ δ´ ἕτεροι οἱ συμμαχήσαντες αὐτῷ οἴκαδε. Οὐ μέντοι γε καὶ ἀντεπολέμησαν οὗτοι γε ἔτι τῷ Καίσαρι, ἀλλὰ καθ´ ἡσυχίαν καὶ ἐκεῖνοι καὶ οἱ δῆμοι πάντες, ὅσοι καὶ πρότερον ἐρρωμάιζον, οἱ μὲν εὐθὺς οἱ δὲ καὶ μετὰ τοῦθ´ ὡμολόγησαν.

[2] Καὶ ὃς τὰς μὲν πόλεις χρημάτων τε ἐσπράξει καὶ τῆς λοιπῆς ἐς τοὺς πολίτας σφῶν ἐν ταῖς ἐκκλησίαις ἐξουσίας παραιρέσει μετῆλθε, τοὺς δὲ δὴ δυνάστας τούς τε βασιλέας τὰ μὲν χωρία, ὅσα παρὰ τοῦ Ἀντωνίου εἰλήφεσαν, πάντας πλὴν τοῦ τε Ἀμύντου καὶ τοῦ Ἀρχελάου ἀφείλετο, Φιλοπάτορα δὲ τὸν Ταρκονδιμότου καὶ Λυκομήδην ἐν μέρει τοῦ Καππαδοκικοῦ Πόντου βασιλεύοντα τόν τε Ἀλέξανδρον τὸν τοῦ Ἰαμβλίχου ἀδελφὸν καὶ τῶν δυναστειῶν ἔπαυσε· καὶ τοῦτον, ὅτι μισθὸν αὐτὴν τῆς ἐκείνου κατηγορίας εἰλήφει, καὶ ἐς τὰ ἐπινίκια παραγαγὼν ἀπέκτεινε. Τὴν δὲ τοῦ Λυκομήδους Μηδείῳ τινὶ ἔδωκεν, ὅτι τούς τε Μυσοὺς τοὺς ἐν τῇ Ἀσίᾳ ἀπὸ τοῦ Ἀντωνίου πρὸ τῆς ναυμαχίας ἀπέστησε, καὶ μετ´ αὐτῶν τοῖς ἐν τῇ μερίδι αὐτοῦ οὖσιν ἐπολέμησε. Κυδωνιάτας τε καὶ Λαμπαίους ἐλευθέρους ἀφῆκεν, ὅτι τινὰ αὐτῷ συνήραντο· καὶ τοῖς γε Λαμπαίοις καὶ τὴν πόλιν ἀνεστῶσαν συγκατῴκισε. Τῶν τε βουλευτῶν καὶ τῶν ἱππέων τῶν τε ἄλλων τῶν κορυφαίων τῶν συμπραξάντων τι τῷ Ἀντωνίῳ πολλοὺς μὲν χρήμασιν ἐζημίωσε, πολλοὺς δὲ καὶ ἐφόνευσε, καί τινων καὶ ἐφείσατο. Καὶ ἐν μὲν τούτοις ὅ τε Σόσσιος ἐπιφανὴς ἐγένετο (πολλάκις τε γὰρ ἀντιπολεμήσας αὐτῷ καὶ τότε φυγὼν καὶ κατακρυφθείς, χρόνῳ τε ὕστερον εὑρεθείς, ὅμως ἐσώθη) καὶ Μᾶρκός τις Σκαῦρος· ἀδελφός τε γὰρ τοῦ Σέξτου ὁμομήτριος ὢν καὶ θανατωθῆναι κελευσθεὶς εἶτα διὰ τὴν μητέρα τὴν Μουκίαν ἀφείθη. Τῶν δὲ κολασθέντων Ἀκύλιοί τε Φλῶροι καὶ Κουρίων ὄνομα μάλιστ´ ἔσχον, οὗτος μὲν ὅτι τοῦ Κουρίωνος ἐκείνου τοῦ ποτε τῷ Καίσαρι τῷ προτέρῳ πολλὰ συναραμένου υἱὸς ἦν, οἱ δὲ δὴ Φλῶροι ὅτι τὸν ἕτερον τὸν λαχόντα κελεύσαντος αὐτοῦ σφαγῆναι ἀμφότεροι διεφθάρησαν. Ἦσαν μὲν γὰρ πατήρ τε καὶ παῖς· ὡς δ´ οὗτος πρὶν λαχεῖν αὐτὸς ἑαυτὸν τῷ σφαγεῖ ἑκὼν παρέδωκε, περιήλγησέ τε ἐκεῖνος καὶ αὐτοχειρίᾳ αὐτῷ ἐπαπέθανεν.

[3] Οὗτοι μὲν οὖν οὕτως ἀπήλλαξαν, ὁ δ´ ὅμιλος τῶν Ἀντωνιείων στρατιωτῶν ἐς τὰ τοῦ Καίσαρος στρατόπεδα κατετάχθη, καὶ ἔπειτα τοὺς μὲν πολίτας τοὺς ἔξω τῆς ἡλικίας ἀπ´ ἀμφοτέρων, μηδὲν μηδενὶ δούς, ἐς τὴν Ἰταλίαν ἀπέπεμψε, τοὺς δὲ δὴ λοιποὺς διέσπειρεν· ἐπειδὴ γὰρ ἐν τῇ Σικελίᾳ φοβεροί οἱ μετὰ τὴν νίκην ἐγένοντο, ἔδεισε μὴ καὶ αὖθις θορυβήσωσι, καὶ διὰ τοῦτ´ ἔσπευσε, πρὶν καὶ ὁτιοῦν ὑποκινηθῆναι, τοὺς μὲν παντελῶς ἐκ τῶν ὅπλων ἀπελάσαι, τῶν δὲ τὸ πλῆθος διασπάσαι. Τούς τε ἐξελευθέρους δι´ ὑποψίας ἔτι καὶ τότε ἔχων τὴν τετάρτην αὐτοῖς ἐσφορὰν ἀφῆκεν, ἣν ἐκ τῶν προσταχθέντων σφίσι χρημάτων ἐπώφειλον. Καὶ οὗτοι μὲν οὐχ ὅτι ἐστέρηντό τινων ἐμνησικάκουν ἔτι, ἀλλ´ ὡς καὶ λαβόντες ὅσα μὴ συνεσήνεγκαν ἔχαιρον· οἵ τε ἐν τῷ τεταγμένῳ ἔτι καὶ τότε ὄντες, τὸ μέν τι πρὸς τῶν στρατιαρχῶν κατεχόμενοι, τὸ δὲ δὴ πλεῖστον τῇ τοῦ Αἰγυπτίου πλούτου ἐλπίδι, οὐδὲν ἐνεόχμωσαν· οἱ δὲ δὴ συννικήσαντες αὐτῷ καὶ τῆς στρατείας ἀφεθέντες ἤσχαλλον ἅτε μηδὲν γέρας εὑρόμενοι, καὶ στασιάζειν οὐκ ἐς μακρὰν ἤρξαντο. καίτοι ὁ Καῖσαρ ὑποτοπήσας τε αὐτούς, καὶ φοβηθεὶς μὴ τοῦ Μαικήνου, ᾧ καὶ τότε ἥ τε Ῥώμη καὶ ἡ λοιπὴ Ἰταλία προσετέτακτο, καταφρονήσωσιν ὅτι ἱππεὺς ἦν, τὸν Ἀγρίππαν ὡς καὶ κατ´ ἄλλο τι ἐς τὴν Ἰταλίαν ἔπεμψε. Καὶ τοσαύτην γ´ ἐπὶ πάντα καὶ ἐκείνῳ καὶ τῷ Μαικήνᾳ ἐξουσίαν ἔδωκεν ὥστε σφᾶς καὶ τὰς ἐπιστολάς, ἃς τῇ τε βουλῇ καὶ τοῖς ἄλλοις ἔγραφε, προαναγιγνώσκειν, κἀκ τούτου καὶ μεταγράφειν ὅσα ἐβούλοντο. Καὶ διὰ τοῦτο καὶ δακτύλιον ἔλαβον παρ´ αὐτοῦ, ἵν´ ἐπισφραγίζεσθαι αὐτὰς ἔχωσι. Διπλῆν γὰρ δὴ σφραγῖδα, ᾗ μάλιστα τότε ἐχρῆτο, ἐπεποίητο, σφίγγα ἐν ἑκατέρᾳ ὁμοίαν ἐκτυπώσας. ὕστερον γὰρ τὴν εἰκόνα τὴν ἑαυτοῦ ἐγγλύψας ἐκείνῃ τὰ πάντα ἐσημαίνετο. Καὶ αὐτῇ καὶ οἱ μετὰ ταῦτα αὐτοκράτορες, πλὴν Γάλβου, ἐχρήσαντο· οὗτος γὰρ προγονικῷ τινι σφραγίσματι, κύνα ἐκ πρῴρας νεὼς προκύπτοντα ἔχοντι, ἐνόμισεν. ἐπέστελλε δὲ καὶ ἐκείνοις καὶ τοῖς ἄλλοις τοῖς πάνυ φίλοις, ὁπότε τι δέοιτο δι´ ἀπορρήτων σφίσι δηλῶσαι, τὸ δεύτερον ἀεὶ στοιχεῖον τοῦ τῷ ῥήματι προσήκοντος ἀντ´ ἐκείνου ἀντεγγράφων.

[4] Καὶ ὁ μέν, ὡς οὐδενὸς ἔτι δεινοῦ παρὰ τῶν ἐστρατευμένων ἐσομένου, τά τε ἐν τῇ Ἑλλάδι διῴκησε καὶ τῶν τοῖν θεοῖν μυστηρίων μετέλαβεν, ἔς τε τὴν Ἀσίαν κομισθεὶς καὶ ἐκεῖνα προσκαθίστατο, τά τε τοῦ Ἀντωνίου ἅμα ἐκαραδόκει· οὐ γάρ πω σαφές τι ὅπῃ διεπεφεύγει ἐπέπυστο, καὶ παρεσκευάζετο ὡς καὶ ἐπ´ αὐτὸν ὁρμήσων, ἄν τι ἀκριβώσῃ. θορυβησάντων δ´ αὐτῶν ἐν τούτῳ φανερῶς ἅτε καὶ πολὺ ἀπὸ σφῶν ἀπαρτῶντος αὐτοῦ, ἐφοβήθη μή τι κακὸν προστάτου τινὸς λαβόμενοι δράσωσι, καὶ διὰ τοῦτ´ Ἀντώνιον μὲν ἄλλοις ἀναζητῆσαι προσέταξεν, αὐτὸς δὲ ἐς τὴν Ἰταλίαν ἠπείχθη μεσοῦντος τοῦ χειμῶνος ἐν ᾧ τὸ τέταρτον μετὰ Μάρκου Κράσσου ἦρχεν· οὗτος γάρ, καίπερ τά τε τοῦ Σέξτου καὶ τὰ τοῦ Ἀντωνίου πράξας, τότε μηδὲ στρατηγήσας συνυπάτευσεν αὐτῷ. Ἐλθὼν δὲ ἐς τὸ Βρεντέσιον οὐκέτι περαιτέρω προυχώρησεν. Ἐπεὶ γὰρ ἥ τε γερουσία πυθομένη τὸν πρόσπλουν αὐτοῦ πᾶσα ἐκεῖσε, πλὴν τῶν τε δημάρχων καὶ στρατηγῶν δύο κατὰ δόγμα καταμεινάντων, ἀπήντησε, καὶ ἡ ἱππὰς τοῦ τε δήμου τὸ πλεῖον καὶ ἕτεροι, οἱ μὲν κατὰ πρεσβείας οἱ δὲ ἐθελονταί, πολλοὶ συνῆλθον, οὐκέτ´ οὐδὲν ὑπ´ οὐδενὸς πρός τε τὴν ἄφιξιν αὐτοῦ καὶ πρὸς τὴν τῶν πλειόνων σπουδὴν ἐνεοχμώθη. Καὶ γὰρ ἐκεῖνοι οἱ μὲν φόβῳ οἱ δὲ ἐλπίσιν, οἱ δὲ καὶ μετάπεμπτοι, πρὸς τὸ Βρεντέσιον ἀφίκοντο· καὶ αὐτῶν ὁ Καῖσαρ τοῖς μὲν ἄλλοις χρήματα ἔδωκε, τοῖς δὲ διὰ παντὸς αὐτῷ συστρατεύσασι καὶ γῆν προσκατένειμε. Τοὺς γὰρ δήμους τοὺς ἐν τῇ Ἰταλίᾳ τοὺς τὰ τοῦ Ἀντωνίου φρονήσαντας ἐξοικίσας τοῖς μὲν στρατιώταις τάς τε πόλεις καὶ τὰ χωρία αὐτῶν ἐχαρίσατο, ἐκείνων δὲ δὴ τοῖς μὲν πλείοσι τό τε Δυρράχιον καὶ τοὺς Φιλίππους ἄλλα τε ἐποικεῖν ἀντέδωκε, τοῖς δὲ λοιποῖς ἀργύριον ἀντὶ τῆς χώρας τὸ μὲν ἔνειμε τὸ δ´ ὑπέσχετο. Συχνὰ μὲν γὰρ καὶ ἐκ τῆς νίκης ἐκτήσατο, πολλῷ δὲ ἔτι πλείω ἀνήλισκε. Καὶ διὰ τοῦτο καὶ προέγραψεν ἐν τῷ πρατηρίῳ τά τε ἑαυτοῦ κτήματα καὶ τὰ τῶν ἑταίρων, ἵνα ἄν τε πρίασθαί τι αὐτῶν ἄν τε καὶ ἀντιλαβεῖν τις ἐθελήσῃ, τοῦτο ποιήσῃ. Καὶ ἐπράθη μὲν οὐδέν, οὐδ´ ἀντεδόθη οὐδέν· τίς γὰρ ἂν καὶ ἐτόλμησεν ὁποτερονοῦν αὐτῶν πρᾶξαι; τῆς δὲ δὴ ἐπαγγελίας ἀναβολὴν ἐκ τούτου εὐπρεπῆ λαβὼν ὕστερον αὐτὴν ἐκ τῶν Αἰγυπτίων λαφύρων ἀπήλλαξε.

[5] Ταῦτά τε οὖν καὶ τὰ ἄλλα τὰ ἐπείγοντα διοικήσας, τοῖς τέ τινα ἄδειαν λαβοῦσι καὶ ἐν τῇ Ἰταλίᾳ διαιτᾶσθαι (οὐ γὰρ ἐξῆν) δούς, καὶ τὸν δῆμον τὸν ἐν τῇ Ῥώμῃ ὑπολειφθέντα παρέμενος ὅτι μὴ πρὸς αὐτὸν ἦλθεν, ἔς τε τὴν Ἑλλάδα αὖθις τριακοστῇ μετὰ τὴν ἄφιξιν ἡμέρᾳ ἀπῆρε, καὶ διὰ τοῦ ἰσθμοῦ τοῦ τῆς Πελοποννήσου τὰς ναῦς ὑπὸ τοῦ χειμῶνος ὑπερενεγκὼν οὕτω ταχέως ἐς τὴν Ἀσίαν ἀνεκομίσθη ὥστε καὶ τὸν Ἀντώνιον τήν τε Κλεοπάτραν ἑκάτερον ἅμα, καὶ ὅτι ἀφωρμήθη καὶ ὅτι ἐπανῆλθε, μαθεῖν. Ὡς γὰρ τότε ἐκ τῆς ναυμαχίας ἔφυγον, μέχρι μὲν τῆς Πελοποννήσου ὁμοῦ ἀφίκοντο, ἐντεῦθεν δὲ τῶν συνόντων τινάς, ὅσους ὑπώπτευον, ἀποπέμψαντες (πολλοὶ δὲ καὶ ἀκόντων αὐτῶν ἀπεχώρησαν) Κλεοπάτρα μὲν ἐς τὴν Αἴγυπτον, μή τι τῆς συμφορᾶς σφων προπυθόμενοι νεωτερίσωσιν, ἠπείχθη, καὶ ὅπως γε καὶ τὸν πρόσπλουν ἀσφαλῆ ποιήσηται, τάς τε πρῴρας ὡς καὶ κεκρατηκυῖα κατέστεψε καὶ ᾠδάς τινας ἐπινικίους ὑπ´ αὐλητῶν ᾖδεν· ἐπεὶ δὲ ἐν τῷ ἀσφαλεῖ ἐγένετο, πολλοὺς μὲν τῶν πρώτων, ἅτε καὶ ἀεί οἱ ἀχθομένων καὶ τότε ἐπὶ τῇ συμφορᾷ αὐτῆς ἐπηρμένων, ἐφόνευσε, πολὺν δὲ καὶ πλοῦτον ἔκ τε τῶν ἐκείνων κτημάτων καὶ ἐκ τῶν ἄλλων καὶ ὁσίων καὶ θείων, μηδενὸς μηδὲ τῶν πάνυ ἀβάτων ἱερῶν φειδομένη, ἤθροιζε, δυνάμεις τε ἐξηρτύετο καὶ συμμαχίας περιεσκόπει, τόν τε Ἀρμένιον ἀποκτείνασα τὴν κεφαλὴν αὐτοῦ τῷ Μήδῳ, ὡς καὶ ἐπικουρήσοντί σφισι διὰ τοῦτ´, ἔπεμψεν. Ἀντώνιος δὲ ἔπλευσε μὲν ἐς τὴν Λιβύην πρός τε Πινάριον Σκάρπον καὶ πρὸς τὸ στράτευμα τὸ μετ´ αὐτοῦ ἐπὶ τῇ τῆς Αἰγύπτου φυλακῇ ἐνταῦθα προσυνειλεγμένον· ἐπεὶ δ´ οὔτε προσδέξεσθαι αὐτόν ..., καὶ προσέτι καὶ τοὺς προπεμφθέντας ὑπ´ αὐτοῦ ἔσφαξε, τῶν τε στρατιωτῶν ὧν ἦρχεν ἀγανακτήσαντάς τινας ἐπὶ τούτῳ διέφθειρεν, οὕτω δὴ καὶ αὐτὸς ἐς τὴν Ἀλεξάνδρειαν μηδὲν περάνας ἐκομίσθη.

[6] Καὶ τά τε ἄλλα ὡς ἐπὶ ταχεῖ πολέμῳ παρεσκευάζοντο, καὶ τοὺς υἱεῖς, Κλεοπάτρα μὲν Καισαρίωνα Ἀντώνιος δὲ Ἄντυλλον, ὃν ἐκ τῆς Φουλουίας γεννηθέντα οἱ εἶχεν, ἐς ἐφήβους ἐσέγραψαν, ἵν´ οἵ τε Αἰγύπτιοι ὡς καὶ ἀνδρός τινος ἤδη βασιλεύοντός σφων προθυμηθῶσι, καὶ οἱ ἄλλοι προστάτας ἐκείνους, ἄν γέ τι δεινόν σφισι συμβῇ, ἔχοντες καρτερήσωσι. Καὶ τοῖς μὲν μειρακίοις καὶ τοῦτο αἴτιον τοῦ ὀλέθρου ἐγένετο· οὐδετέρου γὰρ αὐτῶν ὁ Καῖσαρ, ὡς καὶ ἀνδρῶν ὄντων καὶ πρόσχημά τι προστασίας ἐχόντων, ἐφείσατο· ἐκεῖνοι δ´ οὖν παρεσκευάζοντο μὲν ὡς καὶ ἐν τῇ Αἰγύπτῳ καὶ ναυσὶ καὶ πεζῷ πολεμήσοντες, καὶ ἐπὶ τούτῳ καὶ τὰ ἔθνη τὰ ὁμόχωρα τούς τε βασιλέας τοὺς φιλίους σφίσι προσπαρεκάλουν, ἡτοιμάζοντο δ´ οὐδὲν ἧττον ὡς καὶ ἐς τὴν Ἰβηρίαν, ἄν τι κατεπείξῃ, πλευσούμενοι καὶ τὰ ἐκεῖ ἄλλως τε καὶ τῷ πλήθει τῶν χρημάτων ἀποστήσοντες, ἢ καὶ πρὸς τὴν ἐρυθρὰν θάλασσαν μεταστησόμενοι. Καὶ ὅπως γε ἐπὶ πλεῖστον βουλευόμενοι ταῦτα διαλάθωσιν, ἢ καὶ ἐξαπατήσωσί πῃ τὸν Καίσαρα ἢ καὶ δολοφονήσωσιν, ἔστειλάν τινας ἐκείνῳ μὲν λόγους ὑπὲρ εἰρήνης τοῖς δὲ δὴ συνοῦσιν αὐτῷ χρήματα φέροντας. Κἀν τούτῳ καὶ ἡ Κλεοπάτρα σκῆπτρόν τέ τι χρυσοῦν καὶ στέφανον χρυσοῦν τόν τε δίφρον τὸν βασιλικόν, κρύφα τοῦ Ἀντωνίου, ὡς καὶ τὴν ἀρχήν οἱ δι´ αὐτῶν διδοῦσα ἔπεμψεν, ἵν´ ἂν καὶ ἐκεῖνον ἐχθήρῃ, ἀλλ´ αὐτήν γε ἐλεήσῃ. Ὁ δὲ τὰ μὲν δῶρα ἔλαβεν οἰωνὸν ποιούμενος, ἀπεκρίνατο δὲ τῷ μὲν Ἀντωνίῳ οὐδέν, τῇ δὲ Κλεοπάτρᾳ φανερῶς μὲν ἄλλα τε ἀπειλητικὰ καὶ ὅτι, ἂν τῶν τε ὅπλων καὶ τῆς βασιλείας ἀποστῇ, βουλεύσεται περὶ αὐτῆς ὅσα χρὴ πρᾶξαι, λάθρᾳ δὲ ὅτι, ἐὰν τὸν Ἀντώνιον ἀποκτείνῃ, καὶ τὴν ἄδειαν αὐτῇ καὶ τὴν ἀρχὴν ἀκέραιον δώσει.

[7] Ἐν ᾧ δὲ ταῦτα ἐγίγνετο, τάς τε ναῦς τὰς ἐν τῷ Ἀραβικῷ κόλπῳ πρὸς τὸν ἐς τὴν ἐρυθρὰν θάλασσαν πλοῦν ναυπηγηθείσας οἱ Ἀράβιοι, πεισθέντες ὑπὸ Κυΐντου Διδίου τοῦ τῆς Συρίας ἄρχοντος, κατέπρησαν, καὶ τὰς ἐπικουρίας καὶ οἱ δῆμοι καὶ οἱ δυνάσται πάντες ἀπηρνήσαντο. Καί μοι θαυμάσαι ἐπέρχεται ὅτι ἄλλοι μὲν συχνοί, καίπερ πολλὰ παρ´ αὐτῶν εἰληφότες, ἐγκατέλιπόν σφας, οἱ δὲ ἐπὶ ταῖς ὁπλομαχίαις ἐν τοῖς ἀτιμότατα τρεφόμενοι προθυμίᾳ τε ἐς αὐτοὺς πλείστῃ ἐχρήσαντο καὶ ἀνδρειότατα ἠγωνίσαντο. οὗτοι γὰρ ἐν Κυζίκῳ πρὸς τοὺς ἐπινικίους ἀγῶνας, οὓς ἐπὶ τῷ Καίσαρι ἄξειν ἤλπιζον, ἀσκούμενοι, τότε ἐπειδὴ τάχιστα τῶν γεγονότων ᾔσθοντο, ὥρμησαν ἐς τὴν Αἴγυπτον ὡς καὶ βοηθήσοντες αὐτοῖς, καὶ πολλὰ μὲν τὸν Ἀμύνταν ἐν τῇ Γαλατίᾳ πολλὰ δὲ καὶ τοὺς τοῦ Ταρκονδιμότου παῖδας ἐν τῇ Κιλικίᾳ, φίλους μέν σφισιν ἐς τὰ μάλιστα γενομένους, τότε δὲ πρὸς τὰ παρόντα μεταστάντας, πολλὰ δὲ καὶ τὸν Δίδιον κωλύοντά σφας τῆς διόδου ἔδρασαν. οὐ μέντοι καὶ διαπεσεῖν ἐς τὴν Αἴγυπτον ἠδυνήθησαν, ἀλλ´ ἐπειδὴ πανταχόθεν περιεστοιχίσθησαν, λόγον μὲν οὐδ´ ὣς οὐδένα, καίτοι τοῦ Διδίου συχνά σφισιν ὑπισχνουμένου, προσεδέξαντο, τὸν δὲ Ἀντώνιον μεταπέμψαντες ὡς καὶ ἐν τῇ Συρίᾳ ἄμεινον μετ´ αὐτοῦ πολεμήσοντες, ἔπειτ´ ἐπειδὴ ἐκεῖνος μήτ´ αὐτὸς ἦλθε μήτ´ ἀγγελίαν τινὰ αὐτοῖς ἔπεμψεν, οὕτω δὴ νομίσαντες αὐτὸν ἀπολωλέναι καὶ ἄκοντες ὡμολόγησαν ἐπὶ τῷ μηδέποτε μονομαχῆσαι, καὶ τήν γε Δάφνην παρὰ τοῦ Διδίου, τὸ τῶν Ἀντιοχέων προάστειον, ἐνοικεῖν μέχρις ἂν τῷ Καίσαρι ταῦτα δηλωθῇ ἔλαβον. καὶ οἱ μὲν ὑπὸ τοῦ Μεσσάλου ὕστερον ἀπατηθέντες ἐπέμφθησαν ἄλλος ἄλλοσε ὡς καὶ ἐς τὰ στρατόπεδα καταλεχθησόμενοι, καὶ ἐκ τρόπου δή τινος ἐπιτηδείου ἐφθάρησαν·

[8] Ἀντώνιος δὲ καὶ Κλεοπάτρα ἀκούσαντες τῶν πρέσβεων τὰ παρὰ τοῦ Καίσαρός σφισιν ἐπισταλέντα, ἔπεμψαν αὖθις, ἡ μὲν χρήματα αὐτῷ πολλὰ δώσειν ὑπισχνουμένη, ὁ δὲ τῆς τε φιλίας καὶ τῆς συγγενείας αὐτὸν ἀναμιμνήσκων, καὶ προσέτι καὶ περὶ τῆς συνουσίας τῆς πρὸς τὴν Αἰγυπτίαν ἀπολογούμενος, ὅσα τε συνηράσθησάν ποτε καὶ ὅσα συνενεανιεύσαντο ἀλλήλοις ἐξαριθμούμενος. Καὶ τέλος Πούπλιον Τουρούλλιον βουλευτήν τε ὄντα καὶ σφαγέα τοῦ Καίσαρος γεγονότα τότε τε φιλικῶς οἱ συνόντα ἐξέδωκεν αὐτῷ, καὶ ἑαυτόν, ἄν γε καὶ διὰ τοῦθ´ ἡ Κλεοπάτρα σωθῇ, καταχρήσεσθαι ἐπηγγείλατο. Καῖσαρ δὲ τὸν μὲν Τουρούλλιον ἀπέκτεινε (καὶ ἔτυχε γὰρ ἐκ τῆς ἐν Κῷ τοῦ Ἀσκληπιοῦ ὕλης ξύλα ἐς ναυτικὸν κεκοφώς, δίκην τινὰ καὶ τῷ θεῷ, ὅτι ἐκεῖ ἐδικαιώθη, δοῦναι ἔδοξε), τῷ δ´ Ἀντωνίῳ οὐδὲν οὐδὲ τότε ἀπεκρίνατο. Τρίτην τε οὖν πρεσβείαν ἔστειλε, καὶ τὸν υἱὸν τὸν Ἄντυλλον μετὰ χρυσίου πολλοῦ αὐτῷ ἔπεμψεν· ὁ δὲ τὰ μὲν χρήματα ἔλαβεν, ἐκεῖνον δὲ διὰ κενῆς ἀνταπέστειλε, μηδεμίαν ἀπόκρισιν δούς. Τῇ μέντοι Κλεοπάτρᾳ πολλά, ὥσπερ τὸ πρῶτον, οὕτω καὶ τὸ δεύτερον τό τε τρίτον καὶ ἐπηπείλησε καὶ ὑπέσχετο. Φοβηθεὶς δ´ οὖν καὶ ὣς μή πως ἀπογνόντες συγγνώμης παρ´ αὐτοῦ τεύξεσθαι διακαρτερήσωσι, καὶ ἤτοι καὶ καθ´ ἑαυτοὺς περιγένωνται, ἢ καὶ ἐς τὴν Ἰβηρίαν τήν τε Γαλατίαν ἀπάρωσιν, ἢ καὶ τὰ χρήματα, ἃ παμπληθῆ ἤκουεν εἶναι, φθείρωσιν (ἡ γὰρ Κλεοπάτρα πάντα τε αὐτὰ ἐς τὸ μνημεῖον, ὃ ἐν τῷ βασιλείῳ κατεσκεύαζεν, ἠθροίκει, καὶ πάντα, ἄν γέ τινος καὶ ἐλαχίστου διαμάρτῃ, κατακαύσειν μεθ´ ἑαυτῆς ἠπείλει), Θύρσον ἐξελεύθερον ἑαυτοῦ ἔπεμψεν ἄλλα τε πολλὰ καὶ φιλάνθρωπα αὐτῇ ἐροῦντα, καὶ ὅτι καὶ ἐρῶν αὐτῆς τυγχάνει, εἴ πως ἔκ γε τούτου, οἷα ἀξιοῦσα πρὸς πάντων ἀνθρώπων ἐρᾶσθαι, τόν τε Ἀντώνιον ἀναχρήσαιτο καὶ ἑαυτὴν τά τε χρήματα ἀκέραια τηρήσειε. καὶ ἔσχεν οὕτως.

[9] Πρὶν δὲ δὴ ταῦτα γίγνεσθαι, μαθὼν ὁ Ἀντώνιος ὅτι Κορνήλιος Γάλλος τό τε τοῦ Σκάρπου στράτευμα παρείληφε καὶ μετ´ αὐτῶν τὸ Παραιτόνιον ἐξαίφνης παρελθὼν κατέσχηκεν, ἐς μὲν τὴν Συρίαν, καίτοι βουληθεὶς κατὰ τὴν τῶν μονομάχων μετάπεμψιν ὁρμῆσαι, οὐκ ἐπορεύθη, ἐπὶ δὲ ἐκεῖνον ἐχώρησεν ὡς μάλιστα μὲν ἀκονιτὶ τοὺς στρατιώτας προσθησόμενος (ἦσαν γὰρ εὔνοιάν τινα αὐτοῦ ἐκ τῆς συστρατείας ἔχοντες), εἰ δὲ μή, βίᾳ γε χειρωσόμενος ἅτε καὶ δύναμιν πολλὴν καὶ ναυτικὴν καὶ πεζὴν ἐπαγόμενος. Οὐ μέντοι οὐδὲ διαλεχθῆναί τι αὐτοῖς ἠδυνήθη, καίπερ πρός τε τὸ τεῖχος προσελθὼν καὶ γεγωνὸν βοήσας· ὁ γὰρ Γάλλος τοὺς σαλπικτὰς συνηχεῖν κελεύσας οὐδὲν οὐδενὶ ἐσακοῦσαι ἐπέτρεψε. Καὶ προσέτι καὶ ἐπεκδρομῇ αἰφνιδίῳ ἔπταισε, καὶ μετὰ τοῦτο καὶ ταῖς ναυσὶν ἐσφάλη. Ἁλύσεις γάρ τινας ὑφύδρους νύκτωρ διὰ τοῦ στόματος τοῦ λιμένος ὁ Γάλλος διατείνας οὐδεμίαν αὐτοῦ φανερὰν φυλακὴν ἐποιήσατο, ἀλλὰ καὶ πάνυ ἀδεῶς εἴσω μετὰ καταφρονήματος ἐσπλέοντάς σφας περιεῖδεν· ἐπεὶ μέντοι ἔνδον ἐγένοντο, τάς τε ἁλύσεις μηχαναῖς ἀνέσπασε, καὶ πανταχόθεν ἅμα τὰς ναῦς αὐτῶν ἔκ τε τῆς γῆς καὶ ἐκ τῶν οἰκιῶν τῆς τε θαλάσσης περισχὼν τὰς μὲν κατέπρησε τὰς δὲ κατεπόντωσε. Κἀν τούτῳ καὶ τὸ Πηλούσιον ὁ Καῖσαρ, λόγῳ μὲν κατὰ τὸ ἰσχυρὸν ἔργῳ δὲ προδοθὲν ὑπὸ τῆς Κλεοπάτρας, ἔλαβεν. Ἐκείνη γὰρ ὡς οὔτε τις ἐβοήθησέ σφισι καὶ τὸν Καίσαρα ἀνανταγώνιστον ὄντα ἤσθετο, τό τε μέγιστον ἀκούσασα τοὺς διὰ τοῦ Θύρσου πεμφθέντας οἱ λόγους, ἐπίστευσεν ὄντως ἐρᾶσθαι, πρῶτον μὲν ὅτι καὶ ἐβούλετο, ἔπειτα δὲ ὅτι καὶ τὸν πατέρα αὐτοῦ τόν τε Ἀντώνιον ὁμοίως ἐδεδούλωτο. κἀκ τούτου οὐχ ὅπως τήν τε ἄδειαν καὶ τὴν τῶν Αἰγυπτίων βασιλείαν, ἀλλὰ καὶ τὸ τῶν Ῥωμαίων κράτος ἕξειν προσεδόκησε, τό τε Πηλούσιον εὐθὺς αὐτῷ προήκατο, καὶ μετὰ τοῦτο προσελαύνοντι πρὸς τὴν πόλιν ἐκώλυσε τοὺς Ἀλεξανδρέας λάθρᾳ ἐπεξελθεῖν, ἐπεὶ ὅσον γε ἀπὸ βοῆς καὶ πάνυ σφᾶς προετρέψατο τοῦτο ποιῆσαι.

[10] Ὁ δ´ οὖν Ἀντώνιος ἐκ τοῦ Παραιτονίου πρὸς τὴν περὶ τοῦ Πελουσίου πύστιν ἐπανελθὼν προαπήντησε πρὸ τῆς Ἀλεξανδρείας τῷ Καίσαρι, καὶ αὐτὸν κεκμηκότα ἐκ τῆς πορείας ὑπολαβὼν τοῖς ἱππεῦσιν ἐνίκησεν. Ἀναθαρσήσας τε ἔκ τε τούτου καὶ ὅτι βιβλία ἐς τὸ στρατόπεδον αὐτοῦ τοξεύμασιν ἐσέπεμψε πεντακοσίας σφίσι καὶ χιλίας δραχμὰς ὑπισχνούμενος, συνέβαλε καὶ τῷ πεζῷ καὶ ἡττήθη· ὁ γὰρ Καῖσαρ αὐτὸς τὰ βιβλία ἐθελοντὴς τοῖς στρατιώταις ἀνέγνω, τόν τε Ἀντώνιον διαβάλλων καὶ ἐκείνους ἔς τε τὴν τῆς προδοσίας αἰσχύνην καὶ ἐς τὴν ὑπὲρ ἑαυτοῦ προθυμίαν ἀντικαθιστάς, ὥστε καὶ διὰ τοῦτο αὐτοὺς τῇ τε τῆς πείρας ἀγανακτήσει καὶ τῇ τοῦ μὴ ἐθελοκακεῖν δόξαι ἐνδείξει σπουδάσαι. Καὶ ὁ μὲν ἐπειδὴ παρὰ δόξαν ἠλαττώθη, πρός τε τὸ ναυτικὸν ἀπέκλινε, καὶ παρεσκευάζετο ὡς καὶ ναυμαχήσων ἢ πάντως γε ἐς τὴν Ἰβηρίαν πλευσούμενος· ἰδοῦσα δὲ τοῦθ´ ἡ Κλεοπάτρα τάς τε ναῦς αὐτομολῆσαι ἐποίησε, καὶ αὐτὴ ἐς τὸ ἠρίον ἐξαίφνης ἐσεπήδησε, λόγῳ μὲν ὡς τὸν Καίσαρα φοβουμένη καὶ προδιαφθεῖραι τρόπον τινὰ ἑαυτὴν βουλομένη, ἔργῳ δὲ καὶ τὸν Ἀντώνιον ἐκεῖσε ἐσελθεῖν προκαλουμένη· ὑπετόπει μὲν γὰρ προδίδοσθαι, οὐ μέντοι καὶ ἐπίστευεν ὑπὸ τοῦ ἔρωτος, ἀλλὰ καὶ μᾶλλον ὡς εἰπεῖν ἐκείνην ἢ ἑαυτὸν ἠλέει. Ὅπερ που ἡ Κλεοπάτρα ἀκριβῶς εἰδυῖα ἤλπισεν ὅτι, ἂν πύθηται αὐτὴν τετελευτηκυῖαν, οὐκ ἐπιβιώσεται ἀλλὰ παραχρῆμα ἀποθανεῖται. Καὶ διὰ τοῦτο ἔς τε τὸ μνημεῖον σύν τε εὐνούχῳ τινὶ καὶ σὺν θεραπαίναις δύο ἐσέδραμε, καὶ ἐκεῖθεν ἀγγελίαν αὐτῷ ὡς καὶ ἀπολωλυῖα ἔπεμψε. Καὶ ὃς ἀκούσας τοῦτο οὐκ ἐμέλλησεν, ἀλλ´ ἐπαποθανεῖν αὐτῇ ἐπεθύμησε. Καὶ τὸ μὲν πρῶτον τῶν παρόντων τινὸς ἐδεήθη ἵνα αὐτὸν ἀποκτείνῃ· ἐπεὶ δὲ ἐκεῖνος σπασάμενος τὸ ξίφος ἑαυτὸν κατειργάσατο, ζηλῶσαί τε αὐτὸν ἠθέλησε καὶ ἑαυτὸν ἔτρωσεν, καὶ ἔπεσέ τε ἐπὶ στόμα καὶ δόξαν τοῖς παροῦσιν ὡς καὶ τεθνηκὼς παρέσχε. θορύβου τε ἐπὶ τούτῳ γενομένου ᾔσθετό τε ἡ Κλεοπάτρα καὶ ὑπερέκυψεν ὑπὲρ τοῦ μνημείου· αἱ μὲν γὰρ θύραι αὐτοῦ συγκλεισθεῖσαι ἅπαξ οὐκέτ´ ἀνοιχθῆναι ἐκ μηχανήματός τινος ἐδύναντο, τὰ δ´ ἄνω πρὸς τῇ ὀροφῇ οὐδέπω παντελῶς ἐξείργαστο. Ἐντεῦθεν οὖν ὑπερκύψασαν αὐτὴν ἰδόντες τινὲς ἀνεβόησαν ὥστε καὶ τὸν Ἀντώνιον ἐσακοῦσαι· καὶ ὃς μαθὼν ὅτι περίεστιν, ἐξανέστη μὲν ὡς καὶ ζῆσαι δυνάμενος, προχυθέντος δ´ αὐτῷ πολλοῦ αἵματος ἀπέγνω τε τὴν σωτηρίαν, καὶ ἱκέτευσε τοὺς παρόντας ὅπως πρός τε τὸ μνῆμα αὐτὸν κομίσωσι καὶ διὰ τῶν σχοινίων τῶν πρὸς τὴν ἀνολκὴν τῶν λίθων κρεμαμένων ἀνιμήσωσι. καὶ ὁ μὲν ἐνταῦθα οὕτω καὶ ἐν τοῖς τῆς Κλεοπάτρας κόλποις ἐναπέθανεν,

 

Matières contenues dans le cinquante-et-unième livre de l'Histoire romaine de Dion.

De la politique de César après la victoire d'Actium, § 1-4.

Sur Antoine et Cléopâtre, et sur ce qu'ils firent après leur défaite, § 5-8.

Comment Antoine, vaincu en Égypte, se donna la mort, § 9-14.

Comment César soumit l'Égypte, § 15-18.

Comment César vint à Rome et y triompha, § 19-21.

Comment fut dédiée la curie Julia, § 22.

Comment la Mysie fut subjuguée, § 23-27.

Espace de temps, le reste du IIIe consulat de César et de celui de M. Valérius Messala Corvinus, avec deux autres années, pendant lesquelles les consuls furent :

César IV et M. Licinius Crassus, fils de Marcus.

César V et Sextus Apuléius, fils de Sextus.

[1] Tel fut le combat qu'ils soutinrent l'un contre l'autre sur mer le 2 septembre. Si j'ai cité cette date, contrairement à mon habitude, c'est que César réunit alors pour la première fois tout le pouvoir entre ses mains, et qu'à ce jour commence la supputation exacte des années de son règne. C'est aussi en mémoire de ce jour que César fit à Apollon Actien l'offrande de vaisseaux à trois rangs, quatre rangs, et ainsi de suite, jusqu'à dix rangs de rames, choisis parmi ceux qu'il avait capturés, bâtit en son honneur un temple plus grand, institua une lutte de tous les talents de l'esprit et du corps, ainsi que des courses du cirque, jeux quinquennaux et sacrés (ce nom de sacrés appartient aux jeux qui sont accompagnés d'un banquet), sous la dénomination de jeux Actiens. Il fonda aussi, sur l'emplacement de son camp, par le rassemblement de quelques peuples limitrophes et le rétablissement de quelques autres, une ville à laquelle il donna le nom de Nicopolis. En outre, il pava de pierres quadrangulaires l'endroit où avait été sa tente et le décora de rostres pris à l'ennemi, après y avoir élevé à Apollon une statue en plein air. Mais cela n'eut lieu que plus tard ; dans le moment, il envoya une partie de sa flotte à la poursuite d'Antoine et de Cléopâtre ; ces vaisseaux poursuivirent les fugitifs, mais comme ils ne purent pas les atteindre, ils revinrent. César, avec les vaisseaux qui lui restaient, s'empara des retranchements ennemis sans rencontrer aucune résistance, à cause du petit nombre des défenseurs ; puis, ayant surpris le reste de leur armée qui se dispersait en Macédoine, il se l'incorpora sans coup férir. Déjà s'étaient enfuis, entre autres, les principaux personnages : les Romains vers Antoine, et ceux des étrangers qui lui avaient prêté leur concours, dans leurs foyers. Ces derniers, néanmoins, ne firent plus la guerre contre César ; mais se tenant en repos, eux et tous les peuples qui auparavant étaient sujets romains, ils traitèrent avec lui, les uns sur-le-champ, les autres plus tard.

[2] II frappa les villes d'une contribution et les punit en enlevant à leurs assemblées ce qui leur restait d'autorité sur les citoyens; quant aux princes et aux rois, tous, à l'exception d'Amyntas et d'Archélaüs, furent dépouillés des territoires qu'ils avaient reçus d'Antoine : Philopator, fils de Tarcodimotus ; Lycomède, qui régnait sur une partie du Pont Cappadocien; Alexandre, frère de Jamblique, furent destitués ; le dernier, qui avait reçu ce gouvernement comme récompense pour avoir accusé son frère, fut mis à mort après avoir été mené en triomphe. La place de Lycomède fut donnée à un certain Médéus, parce que, avant le combat naval, il avait détaché d'Antoine les Mysiens d'Asie et avait combattu avec eux contre ceux qui tenaient pour ce parti. Il donna la liberté aux Cydoniens et aux Lappéens, dont il avait reçu quelque secours ; il rebâtit même la ville des Lappéens, qui avait été renversée. Parmi les sénateurs, chevaliers et autres citoyens marquants qui avaient soutenu Antoine, il infligea une peine pécuniaire à plusieurs, en mit plusieurs à mort, et fit grâce à quelques-uns. Au nombre de ces derniers, on remarqua Sossius ; bien qu'ayant souvent fait la guerre contre César, bien qu'alors en fuite et caché, quand, longtemps après, il fut découvert, il eut néanmoins la vie sauve : de même un certain M. Scaurus; frère maternel de Sextus, après avoir été condamné à mort, il fut gracié à cause de Mucia, sa mère. Au nombre de ceux qui furent punis, on cite les noms des Aquilius Florus et de Curion : celui-ci, parce qu'il était fils de ce Curion qui avait rendu de nombreux services au premier César ; les Florus, parce que, malgré l'ordre reçu de tirer au sort qui des deux serait tué, ils périrent tous les deux. C'étaient le père et le fils ; l'un, avant de tirer au sort, se livra volontairement au meurtrier ; l'autre fut frappé d'une telle douleur, qu'il se tua de sa propre main sur le corps de son père.

[3] Tels furent les résultats pour ces personnages ; quant à la foule des soldats d'Antoine, César l'incorpora dans ses légions, renvoya ensuite en Italie, sans rien donner à aucun, ceux des citoyens qui, dans les deux armées, avaient passé l'âge, et dissémina le reste. En Sicile, en effet, après la victoire, ils avaient inspiré des craintes ; César appréhenda qu'ils n'excitassent de nouveaux troubles, et, pour ce motif, il se hâta, avant qu'ils eussent tenté le moindre mouvement, de donner aux uns leur congé définitif, et de disperser les autres, qui étaient trop nombreux. Conservant encore, même alors, des soupçons contre les affranchis, il leur accorda la remise du quatrième payement qu'ils devaient effectuer sur la contribution à eux imposée. Ceux-ci, loin de lui garder ressentiment pour avoir été dépouillés d'une partie de leurs biens, lui témoignèrent, au contraire, de la reconnaissance comme s'ils eussent reçu les sommes qu'ils n'avaient pas versées. Les légionnaires qui restèrent en activité, maintenus en partie par leurs tribuns, en partie aussi, et même principalement, par l'espérance des trésors de l'Egypte, ne bougèrent pas; mais ceux qui avaient vaincu avec César, et qui étaient congédiés, s'irritèrent de n'avoir pas reçu de récompense et ne tardèrent pas à exciter une sédition. Cependant César, soupçonnant leurs desseins et craignant que Mécène, préposé par lui à l'administration de Rome et de l'Italie, ne fût pour eux un objet de mépris, parce qu'il n'était que chevalier, trouva un prétexte pour envoyer Agrippa, auquel il donna, ainsi qu'à Mécène, une telle autorité en tout, que les lettres écrites par lui au sénat et aux autres citoyens étaient lues d'abord par eux, et qu'ils y changeaient ce qu'ils voulaient. C'est pour cela aussi qu'ils reçurent de lui un anneau qui leur permettait de les sceller; car il s'était fait faire un double du cachet dont il se servait le plus à cette époque. Sur chacun de ces cachets était pareillement représenté un sphinx. Dans la suite, quand il eut fait graver son portrait, il s'en servit comme d'une signature habituelle. Les empereurs qui lui succédèrent en firent également usage, à l'exception de Galba, qui se servit communément d'un cachet qu'il tenait de ses ancêtres, et sur lequel était un chien la tête penchée à la proue d'un navire. D'ailleurs, lorsqu'il écrivait à Agrippa et à Mécène, ainsi qu'à ses amis intimes, s'il avait besoin de leur faire connaître quelque chose de secret, il mettait constamment, au lieu de la lettre convenable, celle qui, dans l'alphabet, suivait immédiatement.

[4] César, comme s'il n'y eût plus eu rien à craindre de la part des vétérans, organisa les affaires de la Grèce et se fit initier aux mystères des deux Déesses ; puis, s'étant rendu en Asie, il y régla également les affaires, et en même temps attendit avec impatience des nouvelles d'Antoine ; car il ne savait pas encore bien clairement de quel côté il avait dirigé sa fuite, et il se disposait à marcher contre lui aussitôt qu'il aurait quelques renseignements exacts. Mais les vétérans, sur ces entrefaites, ayant profité du grand éloignement où il était d'eux, pour exciter des troubles, il craignit qu'ils ne fissent du mal, s'ils trouvaient un chef. Il confia à d'autres le soin de chercher Antoine et revint lui-même en hâte en Italie, au milieu de l'hiver, où il fut consul pour la quatrième fois avec M. Crassus. Crassus, en effet, bien qu'ayant suivi le parti de Sextus et d'Antoine, fut alors, sans même avoir passé par la préture, le collègue de César dans le consulat. Arrivé à Brindes, César n'alla pas plus loin. En effet, le sénat, instruit de son débarquement, s'étant, à l'exception des tribuns du peuple et de deux préteurs, restés à Rome en vertu d'un sénatus-consulte, porté tout entier au-devant de lui en cet endroit; puis le corps des chevaliers, la plus grande partie du peuple, d'autres encore, soit par des députations, soit volontairement, s'y étant rendus en grand nombre, personne, à cause de son arrivée et de la faveur générale dont il était l'objet, ne songea plus à tenter aucun mouvement. Les soldats eux-mêmes, ceux-ci par crainte, ceux-là par espoir, les autres parce qu'ils y avaient été mandés, vinrent aussi à Brindes. César leur donna de l'argent, et, de plus, il distribua des terres à ceux qui avaient fait avec lui toutes les campagnes. Il chassa de leurs demeures les peuples d'Italie qui avaient suivi le parti d'Antoine, pour faire présent de leurs villes et de leurs terres à ses soldats ; quant à eux, il leur donna pour la plupart, comme compensation, des établissements à Dyrrachium, à Philippes et ailleurs; quant aux autres, tantôt il leur distribua de l'argent pour prix de leurs terres, tantôt il se contenta de leur en promettre. La victoire lui en avait beaucoup procuré, mais il en dépensa bien plus encore. Ce fut pour cette raison qu'il mit publiquement en vente sous la haste ses biens et ceux de ses amis, afin que si quelqu'un voulait en acheter quelque partie ou la prendre en échange, il pût le faire. Mais rien ne fut ni vendu ni pris en échange : qui, en effet, eût osé l'un ou l'autre? Ce fut donc pour lui un prétexte de remettre honnêtement l'exécution de sa promesse, qu'il dégagea plus tard avec les dépouilles de l'Égypte.

[5] Après avoir pourvu à ces affaires et aux autres mesures urgentes, accordé à ceux qui avaient obtenu l'impunité l'autorisation de vivre en Italie (la chose n'était pas permise), sans souci du peuple resté à Rome, il leva l'ancre pour retourner en Grèce trente jours après son arrivée, et, transportant ses vaisseaux, à cause de l'hiver, par-dessus l'isthme du Péloponnèse, il arriva en Asie avec une rapidité telle, qu'Antoine et Cléopâtre apprirent deux nouvelles à la fois, celle de son départ et celle de son retour. En effet, quand ils s'enfuirent, à la suite du combat naval, ils marchèrent de conserve jusqu'au Péloponnèse ; là, ayant, parmi leurs hommes, renvoyé tous ceux contre lesquels ils avaient des soupçons (il y en eut aussi grand nombre qui les quittèrent sans leur permission), Cléopâtre, de peur que ses sujets, instruits à l'avance de sa défaite, ne se révoltassent, se hâta de rentrer en Égypte. Afin de voyager en sûreté, elle fit couronner les proues, comme si elle eût remporté la victoire, et chanter au son des flûtes des chants de triomphe; puis, quand elle fut en lieu sûr, elle fit mourir un grand nombre des premiers citoyens, parce qu'ils lui avaient été toujours opposés et que sa défaite les avait alors enhardis : elle se procura beaucoup d'argent aux dépens de leurs biens et de propriétés tant profanes que sacrées, vu qu'elle ne respecta pas même les temples les plus inviolables ; elle leva des armées et chercha des alliés partout autour d'elle ; elle fit mettre à mort le roi d'Arménie, dont elle envoya la tête au roi des Mèdes, comme si, par ce présent, elle eût dû en obtenir un secours pour sa cause. Quant à Antoine, il fit voile pour la Libye, vers Pinarius Scarpus et l'armée réunie avec lui en cet endroit pour la garde de l'Égypte; mais Pinarius, loin de consentir à le recevoir, ayant égorgé les députés qui lui avaient été envoyés, et puni de mort plusieurs des soldats sous ses ordres pour s'être indignés de ce meurtre, il revint alors, lui aussi, à Alexandrie, sans avoir rien fait.

[6] Tout en se préparant activement pour la guerre, ils inscrivirent parmi les éphèbes, Cléopâtre son fils Césarion et Antoine son fils Antyllus, qu'il avait eu de Fulvie, afin que les Égyptiens, se sentant désormais un homme pour roi, fussent remplis d'ardeur, et que les autres, avec de tels chefs, s'il arrivait quelque malheur, eussent la force de rester fidèles. Cela même perdit ces jeunes gens. César, en effet, les considérant comme des hommes qui avaient une apparence de souveraineté, n'épargna ni l'un ni l'autre. Antoine donc et Cléopâtre se préparaient à combattre en Égypte avec des vaisseaux et avec des troupes de terre, et invoquaient à cet effet. l'aide des peuples limitrophes et des rois amis, sans cependant prendre moins de dispositions pour passer en Espagne, s'il y avait urgence, afin de gagner les populations de ce pays à force d'argent, entre autres moyens, ou bien encore de s'enfuir sur les bords de la mer Rouge. Afin de tenir plus longtemps ces projets inconnus à César et d'essayer de le tromper ou de le faire périr par ruse, ils envoyèrent des messagers porteurs de propositions de paix pour lui et d'argent pour ceux de sa suite. Sur ces entrefaites, Cléopâtre lui envoya, à l'insu d'Antoine, un sceptre d'or, une couronne d'or et le siège royal, comme si, en lui livrant ces insignes, elle lui livrait l'autorité suprême, afin que, s'il nourrissait contre Antoine une haine implacable, il eût du moins pitié d'elle. César reçut les présents, qu'il regarda comme un présage, et ne donna aucune réponse à Antoine; quant à Cléopâtre, en public, il lui répondit, entre autres paroles menaçantes, que « si elle quittait les armes et la royauté, il verrait ce qu'il aurait faire à son égard ; » en secret, que « si elle tuait Antoine, il lui accorderait et l'impunité et son royaume intact. »

[7] Pendant que ces choses se passaient, les vaisseaux construits dans le golfe Arabique pour naviguer sur la mer Rouge, furent brûlés par les Arabes à la persuasion de Q. Didius, gouverneur de Syrie; de plus, les peuples et les princes refusèrent tous leur secours. Un sujet d'étonnement pour moi, c'est que, tandis que d'autres en si grand nombre, bien qu'ayant reçu d'eux beaucoup de bienfaits, les ont néanmoins abandonnés, des gens de la plus infime condition, nourris pour les combats de gladiateurs, montrèrent le plus grand dévouement à leur cause et combattirent valeureusement. Ces hommes qu'on exercait à Cyzique en vue de jeux pour le triomphe qu'on se flattait de remporter sur César, ne furent pas plutôt instruits de ce qui était arrivé, qu'ils partirent pour l'Égypte dans l'intention de porter secours à Antoine et à Cléopâtre. Ils firent beaucoup de mal à Amyntas en Galatie, aux fils de Tarcondimotus en Cilicie, qui, après avoir été des plus grands amis d'Antoine, avaient alors passé du côté de la fortune, et à Didius qui leur avait fermé le passage. Néanmoins ils ne purent pénétrer en Égypte. Après avoir, bien que cernés, repoussé toute proposition d'accommodement, malgré les promesses sans nombre de Didius, et avoir, au contraire, appelé Antoine à eux, dans l'espoir de combattre avec plus d'avantage en Syrie, sous ses ordres; lorsqu'ensuite ils virent que non seulement il ne venait pas lui-même, mais que, de plus, il ne leur envoyait aucun message, convaincus alors qu'il avait péri, ils consentirent à traiter, bien qu'à regret, à la condition de ne plus jamais être gladiateurs. Daphné, faubourg d'Antioche, leur fut accordé pour résidence par Didius jusqu'à ce que César en fût informé. Dans la suite, trompés par Messala, ils furent dispersés dans divers endroits, sous prétexte d'être incorporés dans les légions, et on profita de la première occasion favorable pour les mettre à mort.

[8] Quant à Antoine et Cléopâtre, après avoir appris de leurs ambassadeurs les intentions de César, ils envoyèrent de nouveau vers lui, l'une promettant de lui donner beaucoup d'argent, l'autre lui rappelant leur amitié et leur parenté, se justifiant en outre de son commerce avec l'Égyptienne, et énumérant toutes les preuves qu'ils s'étaient autrefois données d'un amour réciproque, et toutes leurs liaisons de jeunesse. Enfin Antoine livra P. Turullius, sénateur, l'un des meurtriers de César, et alors son ami, et promit de se donner lui-même la mort, si, à cette condition, on accordait la vie à Cléopâtre. César fit mourir Turullius (celui-ci, qui avait, pour construire la flotte, coupé, à Cos, le bois d'une forêt consacrée à Esculape, sembla, parce que le jugement fut exécuté à Cos, donner satisfaction au dieu); quant à Antoine, il ne lui fit, même alors, aucune réponse. Antoine lui envoya une troisième ambassade et lui dépêcha son fils Antyllus avec une grande quantité d'or : César prit l'argent et renvoya Antyllus à vide, sans lui donner aucune réponse. Il fit néanmoins à Cléopâtre une seconde et une troisième fois, comme il l'avait fait une première, beaucoup de menaces et de promesses. Toutefois, dans la crainte que, finissant par perdre l'espoir d'obtenir leur pardon, ils ne persistassent en leurs entreprises, et, dans le cas où ils n'obtiendraient pas la supériorité par leurs propres ressources, ils ne s'embarquassent pour l'Espagne et la Gaule, ou n'anéantissent leurs trésors, qui, à ce qu'il entendait dire, étaient considérables (Cléopâtre, en effet, les avait tous ramassés dans le monument qu'elle construisait en sa demeure royale, et menaçait, si elle éprouvait le moindre échec, de les brûler tous avec elle) ; il envoya Thyrsus, son affranchi, lui dire, entre autres paroles bienveillantes, qu'il était épris d'elle, afin de la porter, s'il y avait moyen, elle qui croyait avoir droit à l'amour de tous les hommes, à tuer Antoine et à se conserver elle-même avec ses trésors intacts. La chose lui réussit.

[9] Avant cela, informé que Cornélius Gallus a pris les troupes de Scarpus et qu'avec elles il s'est tout à coup, en passant, emparé de Paraetonium, au lieu de se rendre en Syrie, comme il le voulait, à l'appel des gladiateurs, Antoine marcha contre Gallus, dans l'espoir, avant tout, d'attirer sans peine à lui les soldats (ils avaient pour lui quelque bienveillance à cause de campagnes faites sous son commandement), ou, s'il ne le pouvait, d'en venir à bout par la force avec sa nombreuse armée de mer et de terre. Néanmoins, il ne put réussir à leur adresser une seule parole, bien que s'étant avancé jusqu'au pied des remparts et les ayant appelés à grands cris ; car Gallus, en donnant aux trompettes l'ordre de sonner, empêcha que personne entendît rien. De plus, il fut battu dans une sortie subite des assiégés, et ses vaisseaux, ensuite, éprouvèrent également un échec. Gallus, en effet, ayant, la nuit, tendu des chaînes sous l'eau, à l'entrée du port, feignit de ne s'inquiéter en rien de sa garde et laissa à l'ennemi toute sécurité pour y entrer avec une assurance dédaigneuse; puis, quand il l'y vit engagé, alors, au moyen de machines, il éleva brusquement les chaînes, et, entourant les vaisseaux de tous les côtés à la fois, et du côté de la terre, et du côté des maisons, et du côté de la mer, il incendia les uns et coula les autres. Sur ces entrefaites, César prit Péluse, en apparence par force, tandis que, en réalité, elle lui était livrée par Cléopâtre. Cléopâtre, en effet, voyant qu'il ne venait aucun secours, et sentant qu'il était impossible de résister à César, se figura, d'après les paroles de Thyrsus, ce qui devait être le plus important à ses yeux, qu'elle était véritablement aimée : d'abord, elle le voulait, ensuite elle avait pareillement asservi et le père de César et Antoine. Elle se flatta d'obtenir par ce moyen non seulement l'impunité et son royaume d'Égypte, mais encore l'empire romain : elle abandonna donc immédiatement Péluse à César, et, lorsqu'il marcha sur Alexandrie, elle fit défendre sous main aux habitants d'exécuter de sorties, bien qu'elle les y excitât publiquement par les plus chaleureuses exhortations.

[10] Antoine, revenant de Paraetonium, à la nouvelle de la prise de Péluse, rencontra César devant Alexandrie, et, l'ayant surpris tandis qu'il était encore fatigué de la route, le vainquit dans un engagement de cavalerie. Enhardi par ce succès et par des billets qu'il avait lancés dans le camp ennemi au moyen de flèches, billets par lesquels il promettait mille cinq cents drachmes, il engagea une nouvelle action avec son infanterie et fut défait. César lut lui-même, de son plein gré, les billets à ses soldats, non sans attaquer Antoine, leur inspirant ainsi, avec la honte d'une trahison, l'enthousiasme pour sa propre cause ; de telle sorte que ce motif, je veux dire l'indignation d'avoir été mis à cette épreuve et le désir de montrer qu'ils étaient résolus à ne pas se conduire volontairement en lâches, les poussa à redoubler d'efforts. Antoine, vaincu contre son attente, se réfugia vers sa flotte, et il se disposait à livrer un combat sur mer, ou, en tous cas, à faire voile pour l'Espagne. A cette vue, Cléopâtre fit déserter les vaisseaux et courut tout à coup se renfermer dans le monument, feignant de craindre César et voulant, disait-elle, le prévenir par son trépas, tandis qu'en réalité elle ne cherchait qu'à y attirer Antoine. Antoine soupçonnait la trahison, mais son amour l'empêchait d'y croire ; loin de là, sa compassion était plus grande pour elle que pour lui-même. Aussi Cléopâtre, qui le savait parfaitement, conçut-elle l'espoir que, s'il apprenait sa mort, il ne lui survivrait pas et mourrait sur-le-champ. Ce fut pour cette raison qu'elle courut dans le monument avec un eunuque et deux femmes, et que, de là, elle lui envoya annoncer qu'elle n'existait plus. A cette nouvelle, Antoine n'hésita pas, il désira la suivre. Il commença par prier un des assistants de le tuer, puis, lorsque celui-ci, ayant tiré son épée, s'en fut percé, il voulut l'imiter et se fit lui-même une blessure : il tomba sur la figure et les assistants le crurent mort. Un certain tumulte s'étant élevé à la suite de cet événement, Cléopâtre s'en aperçut et regarda du haut du monument, car, les portes une fois fermées, on ne pouvait les ouvrir que par un mécanisme, et les parties hautes, vers le toit, n'étaient pas encore achevées. En la voyant regarder de là, quelques-uns poussèrent des cris tels qu'Antoine les entendit. Instruit qu'elle vivait encore, il se leva comme s'il eût pu vivre, mais, ayant perdu beaucoup de sang, il désespéra de son salut et supplia les assistants de le porter vers le monument et de le hisser avec les cordes attachées pour élever les pierres. Ce fut ainsi que mourut Antoine dans les bras de Cléopâtre.

[11] Ἐκείνη δὲ ἐθάρσησε μέν πως τὸν Καίσαρα, καὶ εὐθὺς αὐτῷ τὸ γεγονὸς ἐδήλωσεν, οὐ μὴν καὶ πάνυ ἐπίστευε μηδὲν κακὸν πείσεσθαι. Κατεῖχεν οὖν ἑαυτὴν ἔνδον, ἵν´ εἰ καὶ διὰ μηδὲν ἄλλο σωθείη, τῷ γε φόβῳ τῶν χρημάτων καὶ τὴν ἄδειαν καὶ τὴν βασιλείαν ἐκπρίηται. Οὕτω που καὶ τότε ἐν τηλικαύτῃ συμφορᾷ οὖσα τῆς δυναστείας ἐμέμνητο, καὶ μᾶλλόν γε ἔν τε τῷ ὀνόματι καὶ ἐν τῷ σχήματι αὐτῆς ἀποθανεῖν ἢ ἰδιωτεύσασα ζῆν ᾑρεῖτο. ἀμέλει εἶχε μὲν καὶ τὸ πῦρ ἐπὶ τοῖς χρήμασιν, εἶχε δὲ καὶ ἀσπίδας ἄλλα τε ἑρπετὰ ἐφ´ ἑαυτῇ, προπειραθεῖσα αὐτῶν ἐν ἀνθρώποις, ὅντινα τρόπον ἕκαστόν σφων ἀποκτίννυσι. Καῖσαρ δὲ ἐπεθύμει μὲν καὶ τῶν θησαυρῶν ἐγκρατὴς γενέσθαι καὶ ἐκείνην ζῶσάν τε συλλαβεῖν καὶ ἐς τὰ νικητήρια ἀναγαγεῖν, οὐ μέντοι καὶ αὐτὸς πίστιν τινὰ αὐτῇ δοὺς ἀπατεὼν δόξαι γεγονέναι ἠθέλησεν, ἵν´ ὡς καὶ αἰχμαλώτῳ καὶ ἀκουσίᾳ τρόπον τινὰ χειρωθείσῃ χρήσηται. καὶ διὰ τοῦτ´ ἔπεμψε πρὸς αὐτὴν Γάιόν τε Προκουλέιον ἱππέα καὶ Ἐπαφρόδιτον ἐξελεύθερον, ἐντειλάμενός σφισιν ὅσα καὶ εἰπεῖν καὶ πρᾶξαι ἐχρῆν. Καὶ οὕτως ἐκεῖνοι συμμίξαντες τῇ Κλεοπάτρᾳ καὶ μέτριά τινα διαλεχθέντες, ἔπειτ´ ἐξαίφνης συνήρπασαν αὐτὴν πρίν τι ὁμολογηθῆναι. Κἀκ τούτου ἐκποδὼν πάντα ἀφ´ ὧν ἀποθανεῖν ἐδύνατο ποιησάμενοι, ἡμέρας μέν τινας κατὰ χώραν αὐτῇ τὸ τοῦ Ἀντωνίου σῶμα ταριχευούσῃ διατρῖψαι ἐπέτρεψαν, ἔπειτα δὲ ἐς τὰ βασίλεια αὐτὴν ἤγαγον, μήτε τῆς ἀκολουθίας τι μήτε τῆς θεραπείας τῆς συνήθους οἱ παραλύσαντες, ὅπως ἔτι καὶ μᾶλλον ἐλπίσῃ τε ὅσα ἐβούλετο καὶ μηδὲν κακὸν ἑαυτὴν δράσῃ. Ἀμέλει καὶ ὀφθῆναι καὶ διαλεχθῆναί τι τῷ Καίσαρι ἐθελήσασα ἐπέτυχε· καὶ ἵνα γε ἐπὶ πλεῖον ἀπατηθῇ, αὐτὸς ἀφίξεσθαι πρὸς αὐτὴν ὑπέσχετο.

[12] Οἶκόν τε οὖν ἐκπρεπῆ καὶ κλίνην πολυτελῆ παρασκευάσασα, καὶ προσέτι καὶ ἑαυτὴν ἠμελημένως πως κοσμήσασα (καὶ γὰρ ἐν τῷ πενθίμῳ σχήματι δεινῶς ἐνέπρεπεν) ἐκαθέζετο ἐπὶ τῆς κλίνης, πολλὰς μὲν εἰκόνας τοῦ πατρὸς αὐτοῦ καὶ παντοδαπὰς παραθεμένη, πάσας δὲ τὰς ἐπιστολὰς τὰς παρ´ ἐκείνου οἱ πεμφθείσας ἐς τὸν κόλπον λαβοῦσα. Καὶ μετὰ τοῦτο ἐσελθόντος τοῦ Καίσαρος ἀνεπήδησέ τε ἐρρυθμισμένη, καὶ ἔφη « χαῖρε ὦ δέσποτα· σοὶ μὲν γὰρ τοῦτο θεὸς ἔδωκεν, ἐμὲ δὲ ἀφείλετο. Ἀλλ´ ὁρᾷς μέν που καὶ αὐτὸς τὸν πατέρα σου τοιοῦτον οἷος πολλάκις πρὸς ἐμὲ ἐσῆλθεν, ἀκούεις δὲ ὅπως τά τε ἄλλα ἐτίμησέ με καὶ δὴ καὶ βασιλίδα τῶν Αἰγυπτίων ἐποίησεν. ἵνα δ´ οὖν τι καὶ αὐτοῦ ἐκείνου περὶ ἐμοῦ πύθῃ, λάβε καὶ ἀνάγνωθι τὰ γράμματα ἅ μοι αὐτοχειρίᾳ ἐπέστειλε. » ταῦτά τε ἅμα ἔλεγε, καὶ πολλὰ καὶ ἐρωτικὰ αὐτοῦ ῥήματα ἀνεγίγνωσκε. Καὶ τοτὲ μὲν ἔκλαε καὶ τὰς ἐπιστολὰς κατεφίλει, τοτὲ δὲ πρὸς τὰς εἰκόνας αὐτοῦ προσέπιπτε καὶ ἐκείνας προσεκύνει. Τά τε βλέφαρα ἐς τὸν Καίσαρα ἐπενέκλα, καὶ ἐμμελῶς ἀνωλοφύρετο, θρυπτικόν τέ τι προσεφθέγγετο, ἄλλοτε μὲν λέγουσα « ποῦ μοι, Καῖσαρ, ταῦτά σου τὰ γράμματα; » ἄλλοτε δὲ ὅτι « ἀλλ´ ἐν τούτῳ καὶ σύ μοι ζῇς, » εἶτα αὖθις « εἴθε σου προετεθνήκειν, » καὶ μάλα αὖθις « ἀλλὰ καὶ τοῦτον ἔχουσα σὲ ἔχω. » τοιαύτῃ τινὶ ποικιλίᾳ καὶ τῶν ῥημάτων καὶ τῶν σχημάτων ἐχρῆτο, μελιχρὰ ἄττα καὶ προσβλέπουσα αὐτῷ καὶ λαλοῦσα. Ὁ οὖν Καῖσαρ συνίει μὲν αὐτῆς καὶ παθαινομένης καὶ πληκτιζομένης, οὐ μέντοι καὶ προσεποιεῖτο, ἀλλ´ ἐς τὴν γῆν τοὺς ὀφθαλμοὺς ἐρείσας τοῦτο μόνον εἶπεν, « θάρσει ὦ γύναι, καὶ θυμὸν ἔχε ἀγαθόν· οὐδὲν γὰρ κακὸν πείσῃ. » περιαλγήσασα οὖν ἐκείνη ὅτι μήτε προσεῖδεν αὐτὴν μήτε τι ἢ περὶ τῆς βασιλείας ἢ καὶ ἐρωτικόν τι ἐφθέγξατο, πρός τε τὰ γόνατα αὐτοῦ προσέπεσε καὶ ἀνακλαύσασα « ζῆν μέν » ἔφη, « Καῖσαρ, οὔτε ἐθέλω οὔτε δύναμαι· ταύτην δέ σε τὴν χάριν ἐς τὴν τοῦ πατρὸς μνήμην αἰτῶ, ἵν´ ἐπειδή με Ἀντωνίῳ μετ´ ἐκεῖνον ὁ δαίμων παρέδωκε, μετ´ αὐτοῦ καὶ ἀποθάνω. εἴθε μὲν γὰρ ἀπωλώλειν εὐθὺς τότε μετὰ τὸν Καίσαρα· ἐπεὶ δέ μοι καὶ τοῦτο παθεῖν ἐπέπρωτο, πέμψον με πρὸς Ἀντώνιον, μηδέ μοι τῆς σὺν αὐτῷ ταφῆς φθονήσῃς, ἵν´ ὥσπερ δι´ ἐκεῖνον ἀποθνήσκω, οὕτω καὶ ἐν Ἅιδου αὐτῷ συνοικήσω. »

[13] Καὶ ἡ μὲν τοιαῦτα ὡς καὶ ἐλεηθησομένη ἔλεγε, Καῖσαρ δὲ πρὸς μὲν ταῦτα οὐδὲν ἀπεκρίνατο, φοβηθεὶς δὲ μὴ ἑαυτὴν διαχρήσηται, θαρσεῖν τε αὐτῇ αὖθις παρεκελεύσατο, καὶ οὔτε τὴν θεραπείαν αὐτῆς ἀφείλετο καὶ ἐν ἐπιμελείᾳ αὐτὴν ἐποιεῖτο, ὅπως οἱ τὰ ἐπινίκια ἐπιλαμπρύνῃ. Τοῦτό τε οὖν ὑποτοπήσασα, καὶ μυρίων θανάτων χαλεπώτερον αὐτὸ νομίσασα εἶναι, ὄντως τε ἀποθανεῖν ἐπεθύμησε, καὶ πολλὰ μὲν τοῦ Καίσαρος, ὅπως τρόπον τινὰ ἀπόληται, ἐδεῖτο, πολλὰ δὲ καὶ αὐτὴ ἐμηχανᾶτο. Ἐπεὶ δ´ οὐδὲν ἐπέραινε, μεταγιγνώσκειν τε ἐπλάσατο ὡς καὶ ἐλπίδα πολλὴν μὲν καὶ ἐς ἐκεῖνον πολλὴν δὲ καὶ ἐς τὴν Λιουίαν ἔχουσα, καὶ ἑκουσία τε πλευσεῖσθαι ἔλεγε, καὶ κόσμους τινὰς ἀποθέτους ἐς δῶρα ἡτοιμάζετο, εἴ πως πίστιν ἐκ τούτων μὴ τεθνήξειν λαβοῦσα ἧττόν τε τηρηθείη καὶ ἑαυτὴν ἐξεργάσαιτο. ὃ καὶ ἐγένετο. Ἐπειδὴ γὰρ οἵ τε ἄλλοι καὶ ὁ Ἐπαφρόδιτος, ᾧπερ ἐπετέτραπτο, πιστεύσαντες ταῦθ´ ὡς ἀληθῶς φρονεῖν, τῆς ἀκριβοῦς φυλακῆς ἠμέλησαν, παρεσκευάζετο ὅπως ὡς ἀλυπότατα ἀποθάνῃ. Καὶ γραμματεῖόν τι, δι´ οὗ ἐδεήθη τοῦ Καίσαρος ἵνα αὐτὴν μετὰ τοῦ Ἀντωνίου ταφῆναι κελεύσῃ, αὐτῷ τῷ Ἐπαφροδίτῳ σεσημασμένον, ὅπως προφάσει τῆς ἀποκομιδῆς αὐτοῦ ὡς καὶ ἄλλο τι ἔχοντος ἐκποδών οἱ γένηται, δοῦσα ἔργου εἴχετο. Τήν τε γὰρ ἐσθῆτα τὴν περικαλλεστάτην ἐνδῦσα καὶ ἑαυτὴν εὐπρεπέστατα εὐθετήσασα, τό τε σχῆμα τὸ βασιλικὸν πᾶν ἀναλαβοῦσα, ἀπέθανε.

[14] Καὶ τὸ μὲν σαφὲς οὐδεὶς οἶδεν ᾧ τρόπῳ διεφθάρη· κεντήματα γὰρ λεπτὰ περὶ τὸν βραχίονα αὐτῆς μόνα εὑρέθη· λέγουσι δὲ οἱ μὲν ὅτι ἀσπίδα ἐν ὑδρίᾳ ἢ καὶ ἐν ἄνθεσί τισιν ἐσκομισθεῖσάν οἱ προσέθετο, οἱ δὲ ὅτι βελόνην, ᾗ τὰς τρίχας ἀνεῖρεν, ἰῷ τινι, δύναμιν τοιαύτην ἔχοντι ὥστε ἄλλως μὲν μηδὲν τὸ σῶμα βλάπτειν, ἂν δ´ αἵματος καὶ βραχυτάτου ἅψηται, καὶ τάχιστα καὶ ἀλυπότατα αὐτὸ φθείρειν, χρίσασα τέως μὲν αὐτὴν ἐν τῇ κεφαλῇ ἐφόρει ὥσπερ εἰώθει, τότε δὲ προκατανύξασά τι τὸν βραχίονα ἐς τὸ αἷμα ἐνέβαλεν. Οὕτω μέν, ἢ ὅτι ἐγγύτατα, μετὰ τῶν δύο θεραπαινῶν ἀπώλετο· ὁ γὰρ εὐνοῦχος ἅμα τῷ συλληφθῆναι αὐτὴν τοῖς τε ἑρπετοῖς ἑαυτὸν ἐθελοντὴς παρέδωκε, καὶ δηχθεὶς ὑπ´ αὐτῶν ἐς σορὸν προπαρεσκευασμένην οἱ ἐσεπεπηδήκει. Ἀκούσας δὲ ὁ Καῖσαρ τὴν τελευτὴν αὐτῆς ἐξεπλάγη, καὶ τό τε σῶμα αὐτῆς εἶδε, καὶ φάρμακα αὐτῷ καὶ ψύλλους, εἴ πως ἀνασφήλειε, προσήνεγκεν. Οἱ δὲ δὴ ψύλλοι οὗτοι ἄνδρες μέν εἰσι (γυνὴ γὰρ οὐ γίγνεται ψύλλα), δύνανται δὲ πάντα τε ἰὸν παντὸς ἑρπετοῦ παραχρῆμα, πρὶν θνήσκειν τινά, ἐκμυζᾶν, καὶ αὐτοὶ μηδὲν ὑπὸ μηδενὸς αὐτῶν δηχθέντες βλάπτεσθαι. φύονται δὲ ἐξ ἀλλήλων, καὶ δοκιμάζουσι τὰ γεννηθέντα ἤτοι μετ´ ὄφεών που εὐθὺς ἐμβληθέντα, ἢ καὶ τῶν σπαργάνων αὐτῶν ἐπιβληθέντων τισίν· οὔτε γὰρ τῷ παιδίῳ τι λυμαίνονται, καὶ ὑπὸ τῆς ἐσθῆτος αὐτοῦ ναρκῶσι. Τοῦτο μὲν τοιοῦτόν ἐστιν, ὁ δὲ δὴ Καῖσαρ μηδένα τρόπον ἀναβιώσασθαι τὴν Κλεοπάτραν δυνηθεὶς ἐκείνην μὲν καὶ ἐθαύμασε καὶ ἠλέησεν, αὐτὸς δὲ ἰσχυρῶς ἐλυπήθη ὡς καὶ πάσης τῆς ἐπὶ τῇ νίκῃ δόξης ἐστερημένος.

[15] Ἀντώνιος μὲν δὴ καὶ Κλεοπάτρα, πολλῶν μὲν τοῖς Αἰγυπτίοις πολλῶν δὲ καὶ τοῖς Ῥωμαίοις κακῶν αἴτιοι γενόμενοι, οὕτω τε ἐπολέμησαν καὶ οὕτως ἐτελεύτησαν, ἔν τε τῷ αὐτῷ τρόπῳ ἐταριχεύθησαν, κἀν τῇ αὐτῇ θήκῃ ἐτάφησαν. Ἔσχον δὲ τήν τε φύσιν τῆς ψυχῆς καὶ τὴν τύχην τοῦ βίου τοιάνδε. Ὁ μὲν συνεῖναί τε τὸ δέον οὐδενὸς ἥσσων ἐγένετο καὶ πολλὰ ἀφρόνως ἔπραξεν, ἀνδρείᾳ τε ἔν τισι διέπρεψε καὶ ὑπὸ δειλίας συχνὰ ἐσφάλη, τῇ τε μεγαλοψυχίᾳ καὶ τῇ δουλοπρεπείᾳ ἐξ ἴσου ἐχρῆτο, καὶ τά τε ἀλλότρια ἥρπαζε καὶ τὰ οἰκεῖα προΐετο, ἠλέει τε ἀλόγως συχνοὺς καὶ ἐκόλαζεν ἀδίκως πλείονας· κἀκ τούτων ἰσχυρότατός τε ἐξ ἀσθενεστάτου καὶ πλουσιώτατος ἐξ ἀπορωτάτου γενόμενος οὐδετέρου αὐτῶν ἀπώνητο, ἀλλὰ καὶ τὸ κράτος τὸ τῶν Ῥωμαίων μόνος ἕξειν ἐλπίσας αὐτὸς ἑαυτὸν ἀπέκτεινε. Κλεοπάτρα δὲ ἄπληστος μὲν Ἀφροδίτης ἄπληστος δὲ χρημάτων γενομένη, καὶ πολλῇ μὲν φιλοτιμίᾳ φιλοδόξῳ πολλῇ δὲ καὶ περιφρονήσει θρασείᾳ χρησαμένη, τήν τε βασιλείαν τὴν τῶν Αἰγυπτίων ὑπ´ ἔρωτος ἐκτήσατο, καὶ τὴν τῶν Ῥωμαίων λήψεσθαι δι´ αὐτοῦ ἐλπίσασα ταύτης τε ἐσφάλη καὶ ἐκείνην προσαπώλεσε, δύο τε ἀνδρῶν Ῥωμαίων τῶν καθ´ ἑαυτὴν μεγίστων κατεκράτησε, καὶ διὰ τὸν τρίτον ἑαυτὴν κατεχρήσατο. οὗτοι μὲν δὴ τοιοῦτοί τε ἐγένοντο καὶ οὕτως ἀπήλλαξαν· τῶν δὲ δὴ παίδων αὐτῶν Ἄντυλλος μέν, καίτοι τήν τε τοῦ Καίσαρος θυγατέρα ἠγγυημένος καὶ ἐς τὸ τοῦ πατρὸς αὐτοῦ ἡρῷον, ὃ ἡ Κλεοπάτρα ἐπεποιήκει, καταφυγών, εὐθὺς ἐσφάγη, Καισαρίων δὲ ἐς Αἰθιοπίαν φεύγων κατελήφθη τε ἐν τῇ ὁδῷ καὶ διεφθάρη. Ἥ τε Κλεοπάτρα Ἰούβᾳ τῷ τοῦ Ἰούβου παιδὶ συνῴκησε· τούτῳ γὰρ ὁ Καῖσαρ τραφέντι τε ἐν τῇ Ἰταλίᾳ καὶ συστρατευσαμένῳ οἱ ταύτην τε καὶ τὴν βασιλείαν τὴν πατρῴαν ἔδωκε, καὶ αὐτοῖς καὶ τὸν Ἀλέξανδρον καὶ τὸν Πτολεμαῖον ἐχαρίσατο. Ταῖς τε ἀδελφιδαῖς, ἃς ἐκ τοῦ Ἀντωνίου ἡ Ὀκταουία ἀνῄρητό τε καὶ ἐτετρόφει, χρήματα ἀπὸ τῶν πατρῴων ἀπένειμε. Καὶ τῷ Ἰούλλῳ τῷ τοῦ Ἀντωνίου τῆς τε Φουλουίας υἱεῖ τοὺς ἐξελευθέρους αὐτοῦ πάνθ´ ὅσα τελευτῶντάς σφας καταλιπεῖν αὐτῷ κατὰ τοὺς νόμους ἔδει, παραχρῆμα δοῦναι ἐκέλευσε.

[16] Τῶν τε ἄλλων τῶν τὰ τοῦ Ἀντωνίου μέχρι τότε πραξάντων τοὺς μὲν ἐκόλασε τοὺς δὲ ἀφῆκεν, ἢ δι´ ἑαυτὸν ἢ διὰ τοὺς φίλους. Ἐπειδή τε συχνοὶ παρ´ αὐτῷ καὶ δυναστῶν καὶ βασιλέων παῖδες οἱ μὲν ἐφ´ ὁμηρείᾳ οἱ δὲ καὶ ἐφ´ ὕβρει τρεφόμενοι εὑρέθησαν, τοὺς μὲν οἴκαδε αὐτῶν ἀπέστειλε, τοὺς δὲ ἀλλήλοις συνῴκισεν, ἑτέρους τε κατέσχεν. ὧν ἐγὼ τοὺς μὲν ἄλλους ἐάσω, δύο δὲ δὴ μόνων ὀνομαστὶ μνησθήσομαι· τὴν μὲν γὰρ Ἰωτάπην τῷ Μήδῳ καταφυγόντι μετὰ τὴν ἧτταν πρὸς αὐτὸν ἑκὼν ἀπέδωκε, τῷ δ´ Ἀρτάξῃ τοὺς ἀδελφοὺς καίπερ αἰτήσαντι οὐκ ἔπεμψεν, ὅτι τοὺς ὑπολειφθέντας ἐν τῇ Ἀρμενίᾳ Ῥωμαίους ἀπεκτόνει. περὶ μὲν δὴ τοὺς ἄλλους τοιαῦτα ἐγίγνετο, τῶν δὲ Αἰγυπτίων τῶν τε Ἀλεξανδρέων πάντων ἐφείσατο ὥστε μὴ διολέσαι τινά, τὸ μὲν ἀληθὲς ὅτι οὐκ ἠξίωσε τοσούτους τε αὐτοὺς ὄντας καὶ χρησιμωτάτους τοῖς Ῥωμαίοις ἐς πολλὰ ἂν γενομένους ἀνήκεστόν τι δρᾶσαι· πρόφασιν δὲ ὅμως προυβάλλετο τόν τε θεὸν τὸν Σάραπιν καὶ τὸν Ἀλέξανδρον τὸν οἰκιστὴν αὐτῶν, καὶ τρίτον Ἄρειον τὸν πολίτην, ᾧ που φιλοσοφοῦντί τε καὶ συνόντι οἱ ἐχρῆτο. Καὶ τόν γε λόγον δι´ οὗ συνέγνω σφίσιν, ἑλληνιστί, ὅπως συνῶσιν αὐτοῦ, εἶπε. Καὶ μετὰ ταῦτα τὸ μὲν τοῦ Ἀλεξάνδρου σῶμα εἶδε, καὶ αὐτοῦ καὶ προσήψατο, ὥστε τι τῆς ῥινός, ὥς φασι, θραυσθῆναι· τὰ δὲ δὴ τῶν Πτολεμαίων, καίτοι τῶν Ἀλεξανδρέων σπουδῇ βουληθέντων αὐτῷ δεῖξαι, οὐκ ἐθεάσατο, εἰπὼν ὅτι « βασιλέα ἀλλ´ οὐ νεκροὺς ἰδεῖν ἐπεθύμησα ». Κἀκ τῆς αὐτῆς ταύτης αἰτίας οὐδὲ τῷ Ἄπιδι ἐντυχεῖν ἠθέλησε, λέγων θεοὺς ἀλλ´ οὐχὶ βοῦς προσκυνεῖν εἰθίσθαι.

[17] Ἐκ δὲ τούτου τήν τε Αἴγυπτον ὑποτελῆ ἐποίησε καὶ τῷ Γάλλῳ τῷ Κορνηλίῳ ἐπέτρεψε· πρός τε γὰρ τὸ πολύανδρον καὶ τῶν πόλεων καὶ τῆς χώρας, καὶ πρὸς τὸ ῥᾴδιον τό τε κοῦφον τῶν τρόπων αὐτῶν, τήν τε σιτοπομπίαν καὶ τὰ χρήματα, οὐδενὶ βουλευτῇ οὐχ ὅπως ἐγχειρίσαι αὐτὴν ἐτόλμησεν, ἀλλ´ οὐδὲ ἐνεπιδημεῖν αὐτῇ ἐξουσίαν ἔδωκεν, ἂν μή τινι αὐτὸς ὀνομαστὶ συγχωρήσῃ. οὐ μέντοι οὐδὲ ἐκείνοις βουλεύειν ἐν τῇ Ῥώμῃ ἐφῆκεν. ἀλλὰ τοῖς μὲν ἄλλοις ὡς ἑκάστοις, τοῖς δ´ Ἀλεξανδρεῦσιν ἄνευ βουλευτῶν πολιτεύεσθαι ἐκέλευσε· τοσαύτην που νεωτεροποιίαν αὐτῶν κατέγνω. Καί σφων οὕτω τότε ταχθέντων τὰ μὲν ἄλλα καὶ νῦν ἰσχυρῶς φυλάσσεται, βουλεύουσι δὲ δὴ καὶ ἐν τῇ Ἀλεξανδρείᾳ, ἐπὶ Σεουήρου αὐτοκράτορος ἀρξάμενοι, καὶ ἐν τῇ Ῥώμῃ, ἐπ´ Ἀντωνίνου τοῦ υἱέος αὐτοῦ πρῶτον ἐς τὴν γερουσίαν ἐσγραφέντες. Αἴγυπτος μὲν οὕτως ἐδουλώθη· πάντες γὰρ οἱ ἀντισχόντες αὐτῶν χρόνον τινὰ ἐχειρώθησαν, ὥς που καὶ τὸ δαιμόνιόν σφισιν ἐναργέστατα προέδειξεν. ὗσέ τε γὰρ οὐχ ὅπως ὕδατι, ἔνθα μηδὲ ἐψέκασέ ποτε, ἀλλὰ καὶ αἵματι· ταῦτά τε ἅμα ἐκ τῶν νεφῶν ἐξέπιπτε καὶ ὅπλα παρεφαίνετο. Κτυπήματά τέ τινα ἑτέρωθι καὶ τυμπάνων καὶ κυμβάλων καὶ βοήματα καὶ αὐλῶν καὶ σαλπίγγων ἐγίγνετο, καί τις δράκων ὑπερμεγέθης ἐξαίφνης σφίσιν ὀφθεὶς ἀμήχανον ὅσον ἐξεσύρισε. Κἀν τούτῳ καὶ ἀστέρες κομῆται ἑωρῶντο, καὶ νεκρῶν εἴδωλα ἐφαντάζετο, τά τε ἀγάλματα ἐσκυθρώπασε, καὶ ὁ Ἆπις ὀλοφυρτικόν τι ἐμυκήσατο καὶ κατεδάκρυσε. ταῦτα μὲν οὕτως ἐγένετο, χρήματα δὲ πολλὰ μὲν ἐν τῷ βασιλικῷ εὑρέθη (πάντα γὰρ ὡς εἰπεῖν καὶ τὰ ἐκ τῶν ἁγιωτάτων ἱερῶν ἀναθήματα ἡ Κλεοπάτρα ἀνελομένη συνεπλήθυσε τὰ λάφυρα τοῖς Ῥωμαίοις ἄνευ τινὸς οἰκείου αὐτῶν μιάσματος), πολλὰ δὲ καὶ παρ´ ἑκάστου τῶν αἰτιαθέντων τι ἠθροίσθη. Καὶ χωρὶς οἱ λοιποὶ πάντες, ὅσοι μηδὲν ἴδιον ἔγκλημα λαβεῖν ἐδύναντο, τὰ δύο μέρη τῶν οὐσιῶν ᾐτήθησαν. Καὶ ἀπ´ αὐτῶν πάντες μὲν οἱ στρατιῶται τὰ ἐποφειλόμενά σφισιν ἐκομίσαντο, οἱ δὲ δὴ καὶ τότε τῷ Καίσαρι συγγενόμενοι πεντήκοντα καὶ διακοσίας δραχμάς, ὥστε μὴ διαρπάσαι τὴν πόλιν, προσεπέλαβον. Τοῖς τε προδανείσασί τι πάντα ἀπηλλάγη, καὶ τοῖς συμμετασχοῦσι τοῦ πολέμου καὶ τῶν βουλευτῶν καὶ τῶν ἱππέων πάμπολλα ἐδόθη, τό τε σύμπαν ἥ τε ἀρχὴ ἡ τῶν Ῥωμαίων ἐπλουτίσθη καὶ τὰ ἱερὰ αὐτῶν ἐκοσμήθη.

[18] Ὁ δ´ οὖν Καῖσαρ ὡς τά τε προειρημένα ἔπραξε, καὶ πόλιν καὶ ἐκεῖ ἐν τῷ τῆς μάχης χωρίῳ συνῴκισε, καὶ τὸ ὄνομα καὶ τὸν ἀγῶνα αὐτῇ ὁμοίως τῇ προτέρᾳ δούς, τάς τε διώρυχας τὰς μὲν ἐξεκάθηρε τὰς δὲ ἐκ καινῆς διώρυξε, καὶ τἆλλα τὰ προσήκοντα προσδιῴκησεν, ἔς τε τὴν Ἀσίαν τὸ ἔθνος διὰ τῆς Συρίας ἦλθε, κἀνταῦθα παρεχείμασε, τά τε τῶν ὑπηκόων ὡς ἕκαστα καὶ τὰ τῶν Πάρθων ἅμα καθιστάμενος. Στασιασάντων γὰρ αὐτῶν καί τινος Τιριδάτου τῷ Φραάτῃ ἐπαναστάντος, πρότερον μέν, καὶ ἕως ἔτι τὰ τοῦ Ἀντωνίου καὶ μετὰ τὴν ναυμαχίαν ἀνθειστήκει, οὐχ ὅσον οὐ προσέθετό τῳ αὐτῶν συμμαχίαν αἰτησάντων, ἀλλ´ οὐδ´ ἀπεκρίνατο ἄλλο οὐδὲν ἢ ὅτι βουλεύσεται, πρόφασιν μὲν ὡς καὶ περὶ τὴν Αἴγυπτον ἀσχολίαν ἔχων, ἔργῳ δὲ ἵν´ ἐκτρυχωθεῖεν ἐν τούτῳ μαχόμενοι πρὸς ἀλλήλους. Τότε δὲ ἐπειδὴ ὅ τε Ἀντώνιος ἐτελεύτησε, καὶ ἐκείνων ὁ μὲν Τιριδάτης ἡττηθεὶς ἐς τὴν Συρίαν κατέφυγεν, ὁ δὲ Φραάτης κρατήσας πρέσβεις ἔπεμψε, τούτοις τε φιλικῶς ἐχρημάτισε, καὶ τῷ Τιριδάτῃ βοηθήσειν μὲν οὐχ ὑπέσχετο διαιτᾶσθαι δὲ ἐν τῇ Συρίᾳ ἐπέτρεψεν, υἱόν τέ τινα τοῦ Φραάτου ἐν εὐεργεσίας μέρει παρ´ αὐτοῦ λαβὼν ἔς τε τὴν Ῥώμην ἀνήγαγε καὶ ἐν ὁμηρείᾳ ἐποιήσατο.

[19] Ἐν δὲ τούτῳ καὶ ἔτι πρότερον συχνὰ μὲν καὶ ἐπὶ τῇ τῆς ναυμαχίας νίκῃ οἱ ἐν οἴκῳ Ῥωμαῖοι ἐψηφίσαντο. Τά τε γὰρ νικητήρια αὐτῷ, ὡς καὶ τῆς Κλεοπάτρας, καὶ ἁψῖδα τροπαιοφόρον ἔν τε τῷ Βρεντεσίῳ καὶ ἑτέραν ἐν τῇ Ῥωμαίᾳ ἀγορᾷ ἔδωκαν· τήν τε κρηπῖδα τοῦ Ἰουλιείου ἡρῴου τοῖς τῶν αἰχμαλωτίδων νεῶν ἐμβόλοις κοσμηθῆναι, καὶ πανήγυρίν οἱ πεντετηρίδα ἄγεσθαι, ἔν τε τοῖς γενεθλίοις αὐτοῦ καὶ ἐν τῇ τῆς ἀγγελίας τῆς νίκης ἡμέρᾳ ἱερομηνίαν εἶναι, καὶ ἐς τὴν πόλιν ἐσιόντι αὐτῷ τάς τε ἱερείας τὰς ἀειπαρθένους καὶ τὴν βουλὴν τόν τε δῆμον μετά τε τῶν γυναικῶν καὶ μετὰ τῶν τέκνων ἀπαντῆσαι ἔγνωσαν. Τὰς γὰρ εὐχὰς τάς τε εἰκόνας καὶ τὴν προεδρίαν καὶ τἆλλα τὰ τοιουτότροπα περιττόν ἐστιν ἤδη λέγειν. Τὴν μὲν οὖν πρώτην ἐκείνῳ τε ταῦτ´ ἐψηφίσαντο, καὶ τὰ τοῦ Ἀντωνίου κοσμήματα τὰ μὲν καθεῖλον τὰ δ´ ἀπήλειψαν, τήν τε ἡμέραν ἐν ᾗ ἐγεγέννητο μιαρὰν ἐνόμισαν, καὶ τὸ τοῦ Μάρκου πρόσρημα ἀπεῖπον μηδενὶ τῶν συγγενῶν αὐτοῦ εἶναι. Ὡς μέντοι καὶ τεθνεῶτα αὐτὸν ἐπύθοντο (ἠγγέλθη δὲ τοῦτο Κικέρωνος τοῦ Κικέρωνος παιδὸς ἐν μέρει τοῦ ἔτους ὑπατεύοντος), τοῦτό τέ τινες ὡς οὐκ ἀθεεὶ δὴ συμβὰν ἐλάμβανον, ἐπειδήπερ ὁ πατὴρ αὐτοῦ ὑπὸ τοῦ Ἀντωνίου ὅτι μάλιστ´ ἐτεθνήκει, καὶ προσεψηφίσαντο τῷ Καίσαρι καὶ στεφάνους καὶ ἱερομηνίας πολλάς, καὶ αὐτῷ καὶ ἕτερα ἐπινίκια ὡς καὶ τῶν Αἰγυπτίων ἀγαγεῖν ἔδοσαν· τὸν γὰρ Ἀντώνιον καὶ τοὺς ἄλλους Ῥωμαίους τοὺς σὺν ἐκείνῳ νικηθέντας οὔτε πρότερον οὔτε τότε, ὡς καὶ ἑορτάζειν σφᾶς ἐπ´ αὐτοῖς δέον, ὠνόμασαν. Τήν τε ἡμέραν ἐν ᾗ ἡ Ἀλεξάνδρεια ἑάλω, ἀγαθήν τε εἶναι καὶ ἐς τὰ ἔπειτα ἔτη ἀρχὴν τῆς ἀπαριθμήσεως αὐτῶν νομίζεσθαι, καὶ τὸν Καίσαρα τήν τε ἐξουσίαν τὴν τῶν δημάρχων διὰ βίου ἔχειν, καὶ τοῖς ἐπιβοωμένοις αὐτὸν καὶ ἐντὸς τοῦ πωμηρίου καὶ ἔξω μέχρις ὀγδόου ἡμισταδίου ἀμύνειν, ὃ μηδενὶ τῶν δημαρχούντων ἐξῆν, ἔκκλητόν τε δικάζειν, καὶ ψῆφόν τινα αὐτοῦ ἐν πᾶσι τοῖς δικαστηρίοις ὥσπερ Ἀθηνᾶς φέρεσθαι, τούς τε ἱερέας καὶ τὰς ἱερείας ἐν ταῖς ὑπέρ τε τοῦ δήμου καὶ τῆς βουλῆς εὐχαῖς καὶ ὑπὲρ ἐκείνου ὁμοίως εὔχεσθαι, καὶ ἐν τοῖς συσσιτίοις οὐχ ὅτι τοῖς κοινοῖς ἀλλὰ καὶ τοῖς ἰδίοις πάντας αὐτῷ σπένδειν ἐκέλευσαν.

[20] Τότε μὲν δὴ ταῦτ´ ἐγνώσθη, ὑπατεύοντος δ´ αὐτοῦ τὸ πέμπτον μετὰ Σέξτου Ἀπουλεΐου τά τε πραχθέντα ὑπ´ αὐτοῦ πάντα ἐν αὐτῇ τῇ τοῦ Ἰανουαρίου νουμηνίᾳ ὅρκοις ἐβεβαιώσαντο, καὶ ἐπειδὴ καὶ τὰ περὶ τῶν Πάρθων γράμματα ἦλθεν, ἔς τε τοὺς ὕμνους αὐτὸν ἐξ ἴσου τοῖς θεοῖς ἐσγράφεσθαι, καὶ φυλὴν Ἰουλίαν ἐπ´ αὐτοῦ ἐπονομάζεσθαι, τῷ τε στεφάνῳ αὐτὸν τῷ ἐπινικίῳ διὰ πασῶν τῶν πανηγύρεων χρῆσθαι, καὶ τοὺς συννικήσαντάς οἱ βουλευτὰς ἐν περιπορφύροις ἱματίοις τὴν πομπὴν αὐτῷ συμπέμψαι, τήν τε ἡμέραν ἐν ᾗ ἂν ἐς τὴν πόλιν ἐσέλθῃ θυσίαις τε πανδημεὶ ἀγαλθῆναι καὶ ἱερὰν ἀεὶ ἄγεσθαι, ἱερέας τε αὐτὸν καὶ ὑπὲρ τὸν ἀριθμόν, ὅσους ἂν ἀεὶ ἐθελήσῃ, προαιρεῖσθαι προσκατεστήσαντο· ὅπερ που ἐξ ἐκείνου παραδοθὲν ἐς ἀόριστον ἐπηυξήθη, ὥστε μηδὲν ἔτι χρῆναί με περὶ τοῦ πλήθους αὐτῶν ἀκριβολογεῖσθαι. Ὁ οὖν Καῖσαρ τὰ μὲν ἄλλα πλὴν βραχέων ἐδέξατο, τὸ δὲ δὴ σύμπαντας αὐτῷ τοὺς ἐν τῇ πόλει ὄντας ἀπαντῆσαι παρῃτήσατο ἄντικρυς μὴ γενέσθαι. Πλεῖστον δὲ ὅμως ὑπὲρ πάντα τὰ ψηφισθέντα οἱ ὑπερήσθη ὅτι τάς τε πύλας τὰς τοῦ Ἰανοῦ ὡς καὶ πάντων σφίσι τῶν πολέμων παντελῶς πεπαυμένων ἔκλεισαν, καὶ τὸ οἰώνισμα τὸ τῆς Ὑγιείας ἐποίησαν· καὶ γὰρ τότε δι´ ἅπερ εἶπον διελέλειπτο. ἦσαν μὲν γὰρ ἐν ὅπλοις ἔτι καὶ Τρήουηροι Κελτοὺς ἐπαγαγόμενοι καὶ Κάνταβροι καὶ Οὐακκαῖοι καὶ Ἄστυρες· καὶ οὗτοι μὲν ὑπὸ τοῦ Ταύρου τοῦ Στατιλίου, ἐκεῖνοι δὲ ὑπὸ Νωνίου Γάλλου κατεστράφησαν· ἄλλα τε ὡς καθ´ ἑκάστους ταραχώδη συχνὰ ἐγίγνετο· ἀλλ´ ἐπειδὴ μηδὲν μέγα ἀπ´ αὐτῶν συνηνέχθη, οὔτε ἐκεῖνοι τότε πολεμεῖσθαι ἐνόμιζον οὔτε ἐγὼ ἐπιφανές τι περὶ αὐτῶν γράψαι ἔχω. Καῖσαρ δὲ ἐν τούτῳ τά τε ἄλλα ἐχρημάτιζε, καὶ τεμένη τῇ τε Ῥώμῃ καὶ τῷ πατρὶ τῷ Καίσαρι, ἥρωα αὐτὸν Ἰούλιον ὀνομάσας, ἔν τε Ἐφέσῳ καὶ ἐν Νικαίᾳ γενέσθαι ἐφῆκεν· αὗται γὰρ τότε αἱ πόλεις ἔν τε τῇ Ἀσίᾳ καὶ ἐν τῇ Βιθυνίᾳ προετετίμηντο. καὶ τούτους μὲν τοῖς Ῥωμαίοις τοῖς παρ´ αὐτοῖς ἐποικοῦσι τιμᾶν προσέταξε· τοῖς δὲ δὴ ξένοις, Ἕλληνάς σφας ἐπικαλέσας, ἑαυτῷ τινα, τοῖς μὲν Ἀσιανοῖς ἐν Περγάμῳ τοῖς δὲ Βιθυνοῖς ἐν Νικομηδείᾳ, τεμενίσαι ἐπέτρεψε. Καὶ τοῦτ´ ἐκεῖθεν ἀρξάμενον καὶ ἐπ´ ἄλλων αὐτοκρατόρων οὐ μόνον ἐν τοῖς Ἑλληνικοῖς ἔθνεσιν, ἀλλὰ καὶ ἐν τοῖς ἄλλοις ὅσα τῶν Ῥωμαίων ἀκούει, ἐγένετο. Ἐν γάρ τοι τῷ ἄστει αὐτῷ τῇ τε ἄλλῃ Ἰταλίᾳ οὐκ ἔστιν ὅστις τῶν καὶ ἐφ´ ὁποσονοῦν λόγου τινὸς ἀξίων ἐτόλμησε τοῦτο ποιῆσαι· μεταλλάξασι μέντοι κἀνταῦθα τοῖς ὀρθῶς αὐταρχήσασιν ἄλλαι τε ἰσόθεοι τιμαὶ δίδονται καὶ δὴ καὶ ἡρῷα ποιεῖται. ταῦτα μὲν ἐν τῷ χειμῶνι ἐγένετο, καὶ ἔλαβον καὶ οἱ Περγαμηνοὶ τὸν ἀγῶνα τὸν ἱερὸν ὠνομασμένον ἐπὶ τῇ τοῦ ναοῦ αὐτοῦ τιμῇ ποιεῖν.

[11] Quant à elle, elle mit quelque confiance en César, et lui fit aussitôt connaître ce qui s'était passé, mais sans se croire, malgré cela, à l'abri de tout malheur. Elle se tint donc renfermée, afin d'acheter de César, à défaut d'autres moyens de salut, en lui faisant craindre de perdre ses trésors, l'impunité et le trône. Même alors, au milieu de tels malheurs, elle songeait au pouvoir, et préférait mourir avec le titre et les ornements de reine, plutôt que de vivre dans une condition privée. Aussi tenait-elle prêts pour ses trésors du feu, pour elle-même des aspics et autres reptiles, dont elle avait auparavant éprouvé sur des hommes l'action mortelle. César désirait vivement se rendre maître des trésors et prendre Cléopâtre vivante pour la conduire. en triomphe. Néanmoins, il ne voulut pas, en lui faisant une promesse, passer pour avoir été lui-même un trompeur, afin de pouvoir se conduire à son égard comme à l'égard d'une captive ou d'une femme soumise pour ainsi dire malgré elle. Aussi, lui envoya-t-il C. Proculéius, chevalier romain, et Épaphrodite, son affranchi, qu'il instruisit de ce qu'il fallait dire et faire. Ceux-ci, s'étant en conséquence abouchés avec Cléopâtre et lui ayant tenu un langage plein de mesure, s'assurèrent subitement de sa personne avant toute espèce de convention. Après avoir écarté tout ce dont elle pouvait se servir pour se donner la mort, ils lui accordèrent quelques jours de délai pour embaumer le corps d'Antoine; puis ils la conduisirent dans sa demeure royale, où rien ne fut retranché ni de sa suite ni de son service habituel, afin qu'elle espérât davantage ce qu'elle désirait, et ne se fit aucun mal à elle-même. C'est ainsi que, lorsqu'elle eut manifesté l'intention de voir César et de lui parler, elle obtint sa demande, et que, pour l'abuser davantage encore, il promit de se rendre lui-même auprès d'elle.

[12] Ayant donc orné sa chambre avec magnificence et son lit avec somptuosité, parée elle même négligemment (ses habits de deuil rehaussaient l'éclat de sa beauté), elle s'assit sur le lit avec toute sorte de portraits du père de César près d'elle, et portant dans son sein toutes les lettres qu'il lui avait adressées. Puis, quand César entra, elle s'élança vers lui en rougissant et lui dit: «Salut, ô maître. Un dieu t'a donné ce titre, qu'il m'a ravi, à moi. Tu vois ton père tel qu'il est venu souvent vers moi; tu as entendu dire comment, entre autres honneurs qu'il m'accorda, il me fit reine d'Égypte. Si tu veux savoir de lui en quel estime il me tenait, prends et lis ces lettres qu'il m'a écrites de sa main. » Elle lui disait ces paroles, et en même temps, elle lui lisait mainte parole d'amour adressée par son père. Tantôt elle pleurait et couvrait les lettres de baisers, tantôt elle se prosternait devant ses images et les adorait. Puis elle détournait ses paupières vers César, gémissait avec d'adroits ménagements, et prononçait des paroles langoureuses, s'écriant parfois : « Que me servent, ô César, ces lettres de toi ? » parfois : Mais, pour moi, tu vis dans celui-ci ; » puis, encore : « Oh que ne suis-je morte avant toi! » puis, une autre fois : « Mais en possédant celui-ci, je te possède. » Elle employait ainsi divers propos et divers gestes, jetant sur lui de doux regards et lui adressant de douces paroles. César comprit bien qu'elle était émue et cherchait à exciter la compassion, mais il feignit de ne pas s'en apercevoir, et, tenant les yeux baissés vers la terre, il se contenta de lui dire : « Prends confiance, ô femme, aie bon courage, il ne te sera fait aucun mal. » Mais elle, au comble de la douleur de ce qu'il ne l'avait pas regardée et ne lui avait parlé ni de royauté ni d'amour, tomba à ses genoux et s'écria fondant en larmes : « La vie, César, je ne veux ni ne puis la supporter ; mais j'ai une grâce à te demander en souvenir de ton père, c'est, puisque, après avoir été à lui, le sort m'a livrée à Antoine, de me laisser mourir avec lui. Oh ! que ne suis-je morte alors aussitôt après César ! Puisqu'il était dans ma destinée d'éprouver aussi ce malheur, envoie-moi vers Antoine, ne m'envie pas de partager son tombeau, afin que, mourant à cause de lui, j'habite à côté de lui dans les enfers.»

[13] Telles étaient les paroles par lesquelles elle cherchait à émouvoir la pitié ; mais César n'y répondit rien. Craignant cependant qu'elle ne se donnât la mort, il l'exhorta de nouveau à prendre confiance et ne retrancha rien de son service ; il fit prendre soin d'elle, afin qu'elle rehaussât l'éclat de son triomphe. Cléopâtre, soupçonnant cette intention et pensant que mille morts étaient préférables, désira réellement mourir; elle adressa force prières à César pour qu'il mît fin à sa vie d'une façon quelconque, et imagina elle-même une foule d'expédients. Voyant que rien ne lui réussissait, elle fit semblant de changer de résolution, comme si elle eût beaucoup compté et sur César et sur Livie : elle répétait qu'elle était toute disposée à s'embarquer et apprêtait, pour les offrir en don à Livie, des parures tirées de ses coffres, afin de pouvoir, si par ces artifices elle réussissait à persuader qu'elle ne cherchait pas à mourir, être moins surveillée et accomplir le dessein qu'elle avait prémédité contre elle-même. C'est ce qui arriva. Quand ses gardiens et Epaphrodite, à qui elle avait été confiée, persuadés que ces sentiments étaient véritables, se furent relâchés de la sévérité de leur surveillance, elle se disposa à mourir le moins péniblement possible. Après avoir remis à Epaphrodite lui-même un billet cacheté par lequel elle priait César d'ordonner qu'elle fût mise dans le tombeau à côté d'Antoine (par le prétexte d'envoyer Epaphrodite porter ce billet, comme s'il eût été relatif à tout autre objet, elle écartait un obstacle), elle poursuivit son œuvre. Ce fut, revêtue de sa robe la plus magnifique, richement parée et ornée de tous les insignes royaux, qu'elle termina sa vie.

[14] Personne ne sait au juste comment elle périt; on ne trouva que de légères piqûres à son bras. Quelques-uns rapportent qu'elle y appliqua un aspic qui lui avait été apporté soit dans une aiguière, soit parmi des fleurs ; d'autres, qu'elle avait une aiguille, avec laquelle elle relevait ses cheveux, enduite d'un venin, dont la subtilité était telle que, sans faire aucun mal au corps, si peu qu'il fût mis en contact avec le sang, il causait une mort prompte et exempte de douleur, aiguille qu'elle portait constamment à sa tête, suivant la coutume, et qu'alors, après s'être préalablement fait une piqûre, elle enfonça jusqu'au sang. Telle est la vérité, ou du moins ce qui en approche le plus, sur la manière dont elle périt avec ses deux femmes : car l'eunuque, dès que sa maîtresse fut saisie, s'était livré lui-même volontairement aux reptiles, et, mordu par eux, s'était élancé dans un cercueil qu'il s'était préparé. César, à la nouvelle de la mort de Cléopâtre, fut frappé de douleur; il visita son corps, fit venir des remèdes et des Psylles, pour tâcher de la sauver. Les Psylles sont des hommes (il ne naît aucune femme Psylle) ; ils peuvent, sur le moment, avant qu'une personne soit morte, faire sortir par la succion tout le venin d'un reptile, sans eux-mêmes en éprouver aucun danger, attendu qu'aucun de ces animaux ne les mord. Ils naissent les uns des autres, et, pour éprouver la légitimité de leurs enfants, ils les lancent, aussitôt nés, au milieu de serpents, ou bien ils jettent leurs langes sur les serpents. Les reptiles ne font aucun mal à l'enfant et s'engourdissent au contact de ses vêtements. Voilà ce qui en est à cet égard. César, n'ayant pu par aucun moyen rappeler Cléopâtre à la vie, fut saisi d'admiration et de pitié pour elle, de douleur pour lui-même, comme s'il eût été par là privé de la plus belle partie de sa victoire.

[15] Antoine et Cléopâtre, après avoir causé beaucoup de maux tant aux Égyptiens qu'aux Romains, combattirent et moururent de la sorte : ils furent embaumés de la même manière et ensevelis dans le même tombeau. Leur caractère naturel et leur fortune dans la vie furent à peu près ce que je vais dire. L'un ne fut inférieur à personne pour l'intelligence, et pourtant fit beaucoup de choses insensées; en plusieurs circonstances il se distingua par son courage, sa lâcheté le fit échouer dans bien des entreprises ; son âme était également magnanime et servile; il ravissait le bien d'autrui et prodiguait le sien; souvent capable de compassion, plus souvent encore de cruauté. Aussi, après être de très faible devenu très fort, de très pauvre très riche, il ne tira pas le moindre profit d'aucun de ces avantages, et, au moment où il se tua lui-même, il avait l'espoir de posséder seul l'empire romain. Cléopâtre, insatiable de voluptés, insatiable de richesses, tantôt pleine d'une noble ambition et tantôt d'une audacieuse impudence, conquit par l'amour le royaume d'Égypte, et, quand elle espérait lui devoir encore l'empire romain, elle échoua et perdit le sien. Elle subjugua les deux plus grands hommes parmi les Romains de son temps, et se donna elle-même la mort à cause du troisième. Voilà ce que furent ces personnages et de quelle manière ils terminèrent leur vie. Quant à leurs enfants, Antyllus, quoique fiancé à la fille de César et réfugié dans la chapelle élevée à son père par Cléopâtre, fut immédiatement égorgé; Césarion, qui s'enfuyait en Éthiopie, fut saisi en route et mis à mort. Cléopâtre épousa Juba, fils de Juba; César la donna à ce prince avec le royaume de ses pères, parce qu'élevé en Italie, il lui avait prêté aide dans ses expéditions; il accorda aussi aux deux époux la grâce d'Alexandre et de Ptolémée. Ses nièces, qu'Octavie avait eues d'Antoine et qu'elle avait élevée, reçurent de l'argent pris sur les biens de leur père ; quant à Iulus, fils d'Antoine et de Fulvie, il enjoignit à ses affranchis de lui donner sur-le-champ tout ce que, d'après les lois, ils étaient tenus de laisser à leur patron.

[16] Parmi ceux qui avaient jusqu'alors suivi le parti d'Antoine, il punit les uns et fit grâce aux autres, soit de son propre mouvement, soit en considération de ses amis. Comme il trouva un grand nombre d'enfants de princes et de rois élevés auprès de lui, les uns comme otages, les autres par dérision, il renvoya ceux-ci dans leurs foyers, maria ceux-là entre eux et en retint quelques autres. Je passerai les autres sous silence et n'en citerai que deux par leur nom. Il livra volontairement Jopata au roi de Médie, qui, après sa défaite, s'était réfugié près de lui; mais il refusa de remettre à Artaxès ses frères, bien qu'il les eût réclamés, parce qu'il avait tué les Romains restés en Arménie. Voilà ce qu'il fit à l'égard des autres peuples. Aux Égyptiens et aux Alexandrins il accorda un pardon si complet que personne ne fut mis à mort. Il est vrai qu'il ne crut pas convenable, attendu leur nombre et les services rendus par eux aux Romains en maintes circonstances, de prendre à leur égard aucune mesure de rigueur; mais il prétexta, pour les épargner, le dieu Sérapis et Alexandre, leur fondateur; enfin Arius, leur concitoyen, qu'il avait eu pour maître de philosophie et dans la société duquel il avait vécu. Il prononça en grec, afin d'être compris d'eux, le discours par lequel il leur accordait le pardon. Après cela, il visita le corps d'Alexandre, et le toucha de manière, dit-on, à lui briser une partie du nez ; quant aux corps des Ptolémée que les Alexandrins, dans leur empressement, voulaient lui montrer, il refusa de les voir : « J'ai désiré voir, dit-il, un roi et non des morts. » Ce fut pour le même motif aussi qu'il ne voulut pas se rendre auprès d'Apis, disant « Qu'il avait coutume d'adorer des dieux et non des bœufs. »

[17] A partir de ce moment, il rendit l'Égypte tributaire et en donna le gouvernement à Cornélius Gallus. Il n'osa pas néanmoins, vu la nombreuse population de ses villes et de son territoire, la facilité et la légèreté des mœurs des habitants, son commerce de blés et sa richesse, non seulement la confier à un sénateur, mais même accorder permission d'y voyager sans une autorisation nominative émanée de lui-même. Malgré cela, il n'accorda pas aux Égyptiens la faculté de devenir sénateurs à Rome; il ordonna que les peuples de cette contrée se gouverneraient chacun séparément, et les Alexandrins sans l'assistance de sénateurs, tant il condamnait leur excessive inconstance. Parmi les institutions alors établies, les autres sont maintenant encore observées dans toute leur force, mais il y a aujourd'hui, à Alexandrie aussi, un sénat créé du temps de l'empereur Sévère, et dont les membres ont été pour la première fois, sous son fils Antonin, inscrits parmi les sénateurs romains. C'est ainsi que l'Egypte fut asservie. Tous ceux d'entre eux qui résistèrent quelque temps furent domptés, comme la divinité le leur avait clairement montré à l'avance. En effet, il plut non pas de l'eau seulement, dans une contrée où jamais on n'en sentit une goutte, mais même du sang. Ces pluies tombèrent des nues et en même temps on y vit paraître des armes. On entendit de part et d'autre des tambours et des cymbales, ainsi que des éclats de flûtes et de trompettes; un serpent d'une grandeur extraordinaire, qui se montra tout à-coup, poussa des sifflements indicibles. Dans le même temps, on vit apparaître des comètes et des fantômes; les statues des dieux prirent un air triste, Apis poussa des mugissements plaintifs et répandit des larmes. Voilà comment les choses se passèrent. On trouva de l'argent en grande quantité dans la demeure royale, car Cléopâtre, en enlevant pour ainsi dire toutes les offrandes, même celles des temples les plus saints, avait accumulé des dépouilles pour les Romains, en leur épargnant la souillure de la profanation; une grande quantité aussi fut ramassée aux dépens de chacun de ceux qui furent accusés d'un délit. De plus, tous ceux à qui on ne pouvait adresser aucun reproche particulier durent donner deux douzièmes de leurs biens. Le produit servit à payer à tous les soldats les sommes qui leur étaient dues; ceux qui étaient alors avec César reçurent en outre deux cent cinquante drachmes par tête pour ne pas piller la ville. Ceux qui avaient des dettes furent dégagés de toutes, et ceux des sénateurs et des chevaliers qui avaient pris part à la guerre obtinrent de fortes gratifications : en un mot, ces dépouilles servirent à enrichir l'empire romain et à orner ses temples.

[18] César, après avoir fait ce que je viens de dire et fondé en ce lieu, sur le champ de bataille même, une ville à laquelle il accorda le même nom et les mêmes jeux qu'à la précédente, nettoya plusieurs canaux, en creusa d'autres à nouveau et mit dans toutes les autres parties l'ordre dont elles avaient besoin. Puis il se rendit à travers la Syrie dans la province d'Asie, et y prit ses quartiers d'hiver, réglant les affaires de chacun des peuples soumis et en même temps celles des Parthes. En effet, à la suite de dissensions qui éclatèrent chez ce dernier peuple, un certain Tiridate, révolté contre Phraate, non seulement n'avait pas voulu, même après le combat naval, tant qu'Antoine tenait encore, se joindre à aucun des deux adversaires qui sollicitaient son alliance, mais même il ne leur avait rien répondu sinon qu'il en délibérerait, donnant pour prétexte qu'il n'avait pas le loisir de s'occuper des affaires de l'Égypte, et, en réalité, pour qu'ils s'épuisassent, pendant ce temps, à combattre l'un contre l'autre. Mais, lorsqu'après la mort d'Antoine Tiridate vaincu se fut réfugié en Syrie, lorsque, d'un autre côté, Phraate victorieux eut envoyé des ambassadeurs à César, César fit aux ambassadeurs une réception amicale, et, sans promettre aucun secours à Tiridate, lui permit néanmoins de vivre en Syrie : un fils de Phraate, que ce prince lui avait remis à titre de bon office, fut emmené à Rome et retenu comme otage.

[19] Pendant ce temps et déjà auparavant, les Romains restés en Italie rendirent une foule de décrets à l'occasion de la victoire navale. Ils décernèrent à César le triomphe, comme s'il l'eût obtenu sur Cléopâtre, avec un arc porte-trophée à Brindes et un autre dans le Forum Romain : ils décidèrent encore que le seuil de la chapelle de Jules serait décoré avec les rostres des vaisseaux capturés, qu'on y célébrerait des jeux quinquennaux, que, le jour anniversaire de sa naissance et celui où on avait reçu la nouvelle de sa victoire, il y aurait supplications ; qu'à son entrée dans Rome les vierges prêtresses de Vesta, le sénat, le peuple, avec femmes et enfants, iraient au-devant de lui. Quant aux prières, aux statues, au titre de prince et autres honneurs de cette sorte, il est désormais superflu d'en parler. Tels furent les décrets d'abord rendus en l'honneur de César ; de plus, les insignes d'Antoine furent, les uns arrachés, les autres effacés ; le jour de sa naissance fut déclaré jour néfaste, et défense fut faite à aucun de ses parents de porter le prénom de Marcus. Mais quand on apprit qu'Antoine était mort (la nouvelle en arriva dans la partie de l'année où Cicéron, fils de Cicéron, était consul, et plusieurs crurent que les dieux n'étaient pas étrangers à cette coïncidence, attendu qu'Antoine avait, plus que tout autre, contribué à la mort du père du consul), on décréta en outre en l'honneur de César des couronnes et plusieurs jours de supplications, et on voulut qu'il triomphât une seconde fois, en apparence des Egyptiens, car ni Antoine, ni les autres Romains vaincus avec lui, ne furent nommés ni précédemment ni alors, comme si l'on devait célébrer des fêtes à cause de ces événements; que le jour de la prise d'Alexandrie serait répute jour heureux et servirait désormais de point de départ pour la supputation des années de l'empire romain : on arrêta que César aurait à vie la puissance tribunitienne, qu'il protégerait ceux qui recourraient à son intercession et dans l'enceinte du Pomoerium et au dehors jusqu'à la distance de huit demi-stades, puissance que n'avait aucun des tribuns; qu'il jugerait les appels, et que, dans tous les tribunaux, son suffrage serait comme celui de Minerve ; que les prêtres et les prêtresses, dans leurs prières pour le peuple et pour le sénat, prieraient également pour lui ; que, dans les banquets, non seulement publics, mais même particuliers, tout le monde ferait des libations en son honneur. Telles furent les décisions prises alors.

[20] César étant consul pour la cinquième fois avec Sextus Apuléius, tous ses actes furent confirmés par serment au commencement de janvier; puis, quand arrivèrent les lettres relatives aux Parthes, on établit qu'il serait inscrit dans les hymnes à côté des dieux, qu'une tribu serait, de son nom, appelée Julia, que, dans tous les jeux, il ferait usage de la couronne triomphale, que les sénateurs qui avaient vaincu avec lui l'accompagneraient en laticlave pour former son cortège, que le jour de son entrée dans Rome serait célébré par des sacrifices du peuple entier et à jamais regardé comme sacré, enfin qu'il élirait des prêtres hors nombre tant et toutes fois qu'il lui plairait; transmis par lui, ce droit d'élection est appliqué avec si peu de mesure, qu'il n'y a plus aucune nécessité pour moi de mentionner exactement le nombre des prêtres. César donc accepta ces honneurs à l'exception de quelques-uns ; quant à ce qui avait été ordonné, que tous les citoyens en corps iraient à sa rencontre,. il demanda expressément que cela n'eût pas lieu. Une joie cependant surpassa celle que lui causèrent tous les décrets : on ferma les portes de Janus, en signe que toutes les guerres étaient finies, et on prit l'augure du salut, car on l'avait jusqu'alors abandonné pour les motifs que j'ai dits. En effet, il y avait encore en armes les Trévires qui avaient entraîné les Celtes dans leur mouvement, les Cantabres, les Vaccéens et les Astures; les uns furent soumis par Taurus Statilius, les autres par Gallus Nonius : néanmoins des troubles fréquents éclataient successivement chez chacun de ces peuples. Mais, comme ils ne firent rien de grand, on ne crut pas être alors en guerre, et, pour ma part, je n'ai à raconter rien de remarquable à se sujet. César, pendant ce temps, entre autres choses qu'il régla, permit d'ériger à Ephèse et à Nicée des temples entourés d'une enceinte sacrée en l'honneur de Rome et de son père César qu'il nomma héros Jules ; ces villes passaient alors pour les plus illustres de l'Asie et de la Bithynie. César enjoignit aux Romains qui y étaient établis d'honorer ces deux divinités, et accorda aux étrangers, qu'il désigna du nom de Grecs, de lui consacrer à lui-même certaines enceintes, les Asiatiques à Pergame et les Bithyniens à Nicomédie. De là cet usage se perpétua sous les empereurs, non seulement chez les peuples d'origine grecque, mais chez tous ceux qui obéissent aux Romains. Dans Rome elle-même et dans le reste de l'Italie, il n'y eut personne, quelque considérable qu'il fût, qui osât le faire, et cependant, lorsqu'ils ont quitté la vie, ceux qui ont bien régné y sont l'objet d'autres honneurs qui les égalent aux dieux, et on leur élève des sanctuaires. Ces choses eurent lieu l'hiver, et les Pergaméniens aussi reçurent l'autorisation de célébrer les jeux appelés Sacrés, en l'honneur du temple de César.
 

 [21] Τοῦ δὲ δὴ θέρους ἔς τε τὴν Ἑλλάδα καὶ ἐς τὴν Ἰταλίαν ὁ Καῖσαρ ἐπεραιώθη, καὶ αὐτοῦ ἐς τὴν πόλιν ἐσελθόντος οἵ τε ἄλλοι ἔθυσαν, ὥσπερ εἴρηται, καὶ ὁ ὕπατος Οὐαλέριος Ποτῖτος· ἐκεῖνος μὲν γὰρ καὶ τοῦτο πᾶν τὸ ἔτος, ὥσπερ καὶ τὰ δύο τὰ πρότερα, ὑπάτευσε, τὸν δὲ δὴ Σέξτον ὁ Ποτῖτος διεδέξατο. οὗτος οὖν δημοσίᾳ καὶ αὐτὸς ὑπέρ τε τοῦ δήμου καὶ ὑπὲρ τῆς βουλῆς ἐπὶ τῇ τοῦ Καίσαρος ἀφίξει ἐβουθύτησεν· ὃ μήπω πρότερον ἐπὶ μηδενὸς ἄλλου ἐγεγόνει. Μετὰ δὲ τοῦτο τούς τε ὑποστρατήγους καὶ ἐπῄνεσε καὶ ἐτίμησεν ὥσπερ εἴθιστο, καὶ τόν τε Ἀγρίππαν ἄλλοις τέ τισι καὶ σημείῳ κυανοειδεῖ ναυκρατητικῷ προσεπεσέμνυνε, καὶ τοῖς στρατιώταις ἔδωκέ τινα· τῷ τε δήμῳ καθ´ ἑκατὸν δραχμάς, προτέροις μὲν τοῖς ἐς ἄνδρας τελοῦσιν, ἔπειτα δὲ καὶ τοῖς παισὶ διὰ τὸν Μάρκελλον τὸν ἀδελφιδοῦν, διένειμε. καὶ ἐπί τε τούτοις, καὶ ὅτι παρὰ τῶν πόλεων τῶν ἐν τῇ Ἰταλίᾳ τὸ χρυσίον τὸ τοῖς στεφάνοις προσῆκον οὐκ ἐδέξατο, καὶ ὅτι καὶ πάντα ἅ τε αὐτὸς ὤφειλέ τισιν ἀπέδωκε, καὶ ἃ οἱ ἄλλοι ἐπώφειλον οὐκ ἐσέπραξεν, ὥσπερ εἴρηται, τῶν τε δυσχερῶν πάντων οἱ Ῥωμαῖοι ἐπελάθοντο, καὶ τὰ ἐπινίκια αὐτοῦ ἡδέως ὡς καὶ ἀλλοφύλων ἁπάντων τῶν ἡττηθέντων ὄντων εἶδον· τοσοῦτον γὰρ τὸ πλῆθος τῶν χρημάτων διὰ πάσης ὁμοίως τῆς πόλεως ἐχώρησεν ὥστε τὰ μὲν κτήματα ἐπιτιμηθῆναι, τὰ δὲ δανείσματα ἀγαπητῶς ἐπὶ δραχμῇ πρότερον ὄντα τότε ἐπὶ τῷ τριτημορίῳ αὐτῆς γενέσθαι. ἑώρτασε δὲ τῇ μὲν πρώτῃ ἡμέρᾳ τά τε τῶν Παννονίων καὶ τὰ τῶν Δελματῶν, τῆς τε Ἰαπυδίας καὶ τῶν προσχώρων σφίσι, Κελτῶν τε καὶ Γαλατῶν τινων. Γάιος γὰρ Καρρίνας τούς τε Μωρίνους καὶ ἄλλους τινὰς συνεπαναστάντας αὐτοῖς ἐχειρώσατο, καὶ τοὺς Σουήβους τὸν {τε} Ῥῆνον ἐπὶ πολέμῳ διαβάντας ἀπεώσατο· καὶ διὰ ταῦτα ἤγαγε μὲν καὶ ἐκεῖνος τὰ νικητήρια, καίτοι τοῦ τε πατρὸς αὐτοῦ ὑπὸ τοῦ Σύλλου θανατωθέντος, καὶ αὐτὸς ἄρξαι ποτὲ μετὰ τῶν ἄλλων τῶν ὁμοίων οἱ κωλυθείς, ἤγαγε δὲ καὶ ὁ Καῖσαρ, ἐπειδὴ ἡ ἀναφορὰ τῆς νίκης τῇ αὐτοκράτορι αὐτοῦ ἀρχῇ προσήκουσα ἦν. Ἐν μὲν οὖν τῇ πρώτῃ ἡμέρᾳ ταῦτα διεωρτάσθη, ἐν δὲ τῇ δευτέρᾳ ἡ πρὸς τῷ Ἀκτίῳ ναυκρατία, κἀν τῇ τρίτῃ ἡ τῆς Αἰγύπτου καταστροφή. Ἐπιφανεῖς μὲν δὴ καὶ αἱ ἄλλαι πομπαὶ διὰ τὰ ἀπ´ αὐτῆς λάφυρα ἐγένοντο (τοσαῦτα γὰρ ἠθροίσθη ὥστε πάσαις ἐπαρκέσαι), πολυτελεστάτη δ´ οὖν καὶ ἀξιοπρεπεστάτη αὕτη ἡ Αἰγυπτία. Τά τε γὰρ ἄλλα καὶ ἡ Κλεοπάτρα ἐπὶ κλίνης ἐν τῷ τοῦ θανάτου μιμήματι παρεκομίσθη, ὥστε τρόπον τινὰ καὶ ἐκείνην μετά τε τῶν ἄλλων αἰχμαλώτων καὶ μετὰ τοῦ Ἀλεξάνδρου τοῦ καὶ Ἡλίου, τῆς τε Κλεοπάτρας τῆς καὶ Σελήνης, τῶν τέκνων, ὡς πομπεῖον ὀφθῆναι. Μετὰ δὲ δὴ τοῦτο ὁ Καῖσαρ ἐφ´ ἅπασιν αὐτοῖς ἐσελάσας τὰ μὲν ἄλλα κατὰ τὸ νομιζόμενον ἔπραξε, τὸν δὲ δὴ συνύπατον τούς τε λοιποὺς ἄρχοντας περιεῖδε παρὰ τὸ καθεστηκὸς ἐπισπομένους οἱ μετὰ τῶν λοιπῶν βουλευτῶν τῶν συννενικηκότων· εἰώθεσαν γὰρ οἱ μὲν ἡγεῖσθαι οἱ δὲ ἐφέπεσθαι.

[22] Ἐπεὶ δὲ ταῦτα διετέλεσε, τό τε Ἀθήναιον τὸ Χαλκιδικὸν ὠνομασμένον καὶ τὸ βουλευτήριον τὸ Ἰουλίειον, τὸ ἐπὶ τῇ τοῦ πατρὸς αὐτοῦ τιμῇ γενόμενον, καθιέρωσεν. Ἐνέστησε δὲ ἐς αὐτὸ τὸ ἄγαλμα τὸ τῆς Νίκης τὸ καὶ νῦν ὄν, δηλῶν, ὡς ἔοικεν, ὅτι παρ´ αὐτῆς τὴν ἀρχὴν ἐκτήσατο· ἦν δὲ δὴ τῶν Ταραντίνων, καὶ ἐκεῖθεν ἐς τὴν Ῥώμην κομισθὲν ἔν τε τῷ συνεδρίῳ ἱδρύθη καὶ Αἰγυπτίοις λαφύροις ἐκοσμήθη. Καὶ τοῦτο καὶ τῷ τοῦ Ἰουλίου ἡρῴῳ ὁσιωθέντι τότε ὑπῆρξε· συχνὰ γὰρ καὶ ἐς ἐκεῖνο ἀνετέθη, καὶ ἕτερα τῷ τε Διὶ τῷ Καπιτωλίῳ καὶ τῇ Ἥρᾳ τῇ τε Ἀθηνᾷ ἱερώθη, πάντων τῶν πρότερον ἐνταῦθα ἀνακεῖσθαι δοκούντων ἢ καὶ ἔτι κειμένων ἐκ δόγματος τότε καθαιρεθέντων ὡς καὶ μεμιαμμένων. Καὶ οὕτως ἡ Κλεοπάτρα καίπερ καὶ ἡττηθεῖσα καὶ ἁλοῦσα ἐδοξάσθη, ὅτι τά τε κοσμήματα αὐτῆς ἐν τοῖς ἱεροῖς ἡμῶν ἀνάκειται καὶ αὐτὴ ἐν τῷ Ἀφροδισίῳ χρυσῆ ὁρᾶται. Ἐν δ´ οὖν τῇ τοῦ ἡρῴου ὁσιώσει ἀγῶνές τε παντοδαποὶ ἐγένοντο, καὶ τὴν Τροίαν εὐπατρίδαι παῖδες ἵππευσαν, ἄνδρες τε ἐκ τῶν ὁμοίων σφίσιν ἐπί τε κελήτων καὶ ἐπὶ συνωρίδων τῶν τε τεθρίππων ἀντηγωνίσαντο, Κύιντός τέ τις Οὐιτέλλιος βουλευτὴς ἐμονομάχησε. Καὶ θηρία καὶ βοτὰ ἄλλα τε παμπληθῆ καὶ ῥινόκερως ἵππος τε ποτάμιος, πρῶτον τότε ἐν τῇ Ῥώμῃ ὀφθέντα, ἐσφάγη. Καὶ ὁ μὲν ἵππος ὁποῖός ἐστι, πολλοῖς τε εἴρηται καὶ πολὺ πλείοσιν ἑώραται· ὁ δὲ δὴ ῥινόκερως τὰ μὲν ἄλλα ἐλέφαντί πῃ προσέοικε, κέρας δέ τι κατ´ αὐτὴν τὴν ῥῖνα προσέχει, καὶ διὰ τοῦτο οὕτω κέκληται. Ταῦτά τε οὖν ἐσήχθη, καὶ ἀθρόοι πρὸς ἀλλήλους Δακοί τε καὶ Σουῆβοι ἐμαχέσαντο. Εἰσὶ δὲ οὗτοι μὲν Κελτοί, ἐκεῖνοι δὲ δὴ Σκύθαι τρόπον τινά· καὶ οἱ μὲν πέραν τοῦ Ῥήνου ὥς γε τἀκριβὲς εἰπεῖν (πολλοὶ γὰρ καὶ ἄλλοι τοῦ τῶν Σουήβων ὀνόματος ἀντιποιοῦνται), οἱ δὲ ἐπ´ ἀμφότερα τοῦ Ἴστρου νέμονται, ἀλλ´ οἱ μὲν ἐπὶ τάδε αὐτοῦ καὶ πρὸς τῇ Τριβαλλικῇ οἰκοῦντες ἔς τε τὸν τῆς Μυσίας νομὸν τελοῦσι καὶ Μυσοί, πλὴν παρὰ τοῖς πάνυ ἐπιχωρίοις, ὀνομάζονται, οἱ δὲ ἐπέκεινα Δακοὶ κέκληνται, εἴτε δὴ Γέται τινὲς εἴτε καὶ Θρᾷκες τοῦ Δακικοῦ γένους τοῦ τὴν Ῥοδόπην ποτὲ ἐνοικήσαντος ὄντες. Οὗτοι οὖν οἱ Δακοὶ ἐπρεσβεύσαντο μὲν πρὸ τοῦ χρόνου τούτου πρὸς τὸν Καίσαρα, ὡς δ´ οὐδενὸς ὧν ἐδέοντο ἔτυχον, ἀπέκλιναν πρὸς τὸν Ἀντώνιον, καὶ ἐκεῖνον μὲν οὐδὲν μέγα ὠφέλησαν στασιάσαντες ἐν ἀλλήλοις, ἁλόντες δὲ ἐκ τούτου τινὲς ἔπειτα τοῖς Σουήβοις συνεβλήθησαν. Ἐγένετο δὲ ἡ θεωρία ἅπασα ἐπὶ πολλάς, ὥσπερ εἰκὸς ἦν, ἡμέρας, οὐδὲ διέλιπε καίτοι τοῦ Καίσαρος ἀρρωστήσαντος, ἀλλὰ καὶ ἀπόντος αὐτοῦ δι´ ἑτέρων ἐποιήθη. καὶ ἐν αὐταῖς οἱ βουλευταὶ μίαν τινὰ ὡς ἕκαστοι ἡμέραν ἐν τοῖς τῶν οἰκιῶν σφων προθύροις εἱστιάθησαν, οὐκ οἶδ´ ὅθεν ἐς τοῦτο προαχθέντες· οὐ γὰρ παραδέδοται.

[23] Τότε μὲν δὴ ταῦθ´ οὕτως ἐπράχθη, τοῦ δὲ δὴ Καίσαρος τὸ τέταρτον ἔτι ὑπατεύοντος ὁ Ταῦρος ὁ Στατίλιος θέατρόν τι ἐν τῷ Ἀρείῳ πεδίῳ κυνηγετικὸν λίθινον καὶ ἐξεποίησε τοῖς ἑαυτοῦ τέλεσι καὶ καθιέρωσεν ὁπλομαχίᾳ, καὶ διὰ τοῦτο στρατηγὸν ἕνα παρὰ τοῦ δήμου κατ´ ἔτος αἱρεῖσθαι ἐλάμβανε. κατὰ δὲ δὴ τοὺς αὐτοὺς τούτους χρόνους ἐν οἷς ταῦτ´ ἐγίγνετο, ὁ Κράσσος ὁ Μᾶρκος ἔς τε τὴν Μακεδονίαν καὶ ἐς τὴν Ἑλλάδα πεμφθεὶς τοῖς τε Δακοῖς καὶ τοῖς Βαστάρναις ἐπολέμησε. Καὶ περὶ μὲν ἐκείνων, οἵτινές τέ εἰσι καὶ διὰ τί ἐπολεμώθησαν, εἴρηται· Βαστάρναι δὲ Σκύθαι τε ἀκριβῶς νενομίδαται, καὶ τότε τὸν Ἴστρον διαβάντες τήν τε Μυσίαν τὴν κατ´ ἀντιπέρας σφῶν καὶ μετὰ τοῦτο καὶ Τριβαλλοὺς ὁμόρους αὐτῇ ὄντας τούς τε Δαρδάνους ἐν τῇ χώρᾳ τῇ ἐκείνων οἰκοῦντας ἐχειρώσαντο. Τέως μὲν οὖν ταῦτ´ ἐποίουν, οὐδέν σφισι πρᾶγμα πρὸς τοὺς Ῥωμαίους ἦν· ἐπεὶ δὲ τόν τε Αἷμον ὑπερέβησαν καὶ τὴν Θρᾴκην τὴν Δενθελητῶν ἔνσπονδον αὐτοῖς οὖσαν κατέδραμον, ἐνταῦθα ὁ Κράσσος τὸ μέν τι τῷ Σιτᾷ τῷ τῶν Δενθελητῶν βασιλεῖ τυφλῷ ὄντι ἀμύνων, τὸ δὲ δὴ πλεῖστον περὶ τῇ Μακεδονίᾳ φοβηθεὶς ἀντεπῆλθέ σφισι, καὶ αὐτοὺς ἐκ τῆς προσόδου μόνης καταπλήξας ἐξέωσεν ἀμαχεὶ ἐκ τῆς χώρας. Κἀκ τούτου οἴκαδε ἀναχωροῦντας ἐπιδιώκων τήν τε Σεγετικὴν καλουμένην προσεποιήσατο καὶ ἐς τὴν Μυσίδα ἐνέβαλε, καὶ τήν τε χώραν σφῶν ἐκάκωσε καὶ πρὸς τεῖχός τι καρτερὸν προσελάσας τοῖς μὲν προδρόμοις ἔπταισε (μόνους γὰρ αὐτοὺς οἱ Μυσοὶ οἰηθέντες εἶναι ἐπέξοδον ἐποιήσαντο), προσβοηθήσας δέ σφισι παντὶ τῷ λοιπῷ στρατεύματι καὶ ἀνέκοψεν αὐτοὺς καὶ προσεδρεύσας ἐξεῖλε.

[24] Πράσσοντος δὲ αὐτοῦ ταῦτα οἱ Βαστάρναι τῆς τε φυγῆς ἐπέσχον καὶ πρὸς τῷ Κέδρῳ ποταμῷ κατέμειναν, περιορώμενοι τὰ γενησόμενα. ἐπειδή τε νικήσας τοὺς Μυσοὺς καὶ ἐπ´ ἐκείνους ὥρμησε, πρέσβεις ἔπεμψαν ἀπαγορεύοντες αὐτῷ μὴ διώκειν σφᾶς, ὡς οὐδὲν τοὺς Ῥωμαίους ἠδικηκότες. Καὶ αὐτοὺς ὁ Κράσσος κατασχὼν ὡς καὶ τῇ ὑστεραίᾳ τὴν ἀπόκρισιν δώσων, τά τε ἄλλα ἐφιλοφρονήσατο καὶ κατεμέθυσεν ὥστε πάντα τὰ βουλεύματα αὐτῶν ἐκμαθεῖν· ἀπλήστως τε γὰρ ἐμφορεῖται πᾶν τὸ Σκυθικὸν φῦλον οἴνου, καὶ ὑπερκορὲς αὐτοῦ ταχὺ γίγνεται. Κράσσος δὲ ἐν τούτῳ τῆς νυκτὸς ἐς ὕλην τινὰ προχωρήσας, καὶ προσκόπους πρὸ αὐτῆς καταστήσας, ἀνέπαυσέ τε τὸ στράτευμα, καὶ μετὰ τοῦτο τῶν Βασταρνῶν μόνους τε ἐκείνους εἶναι νομισάντων καὶ ἐπιδραμόντων σφίσιν, ἔς τε τὰ λάσια ἀναχωροῦσιν ἐπακολουθησάντων, πολλοὺς μὲν ἐνταῦθα πολλοὺς δὲ καὶ φυγόντας ἔφθειρεν· ὑπό τε γὰρ τῶν ἁμαξῶν κατόπιν αὐτοῖς οὐσῶν ἐνεποδίσθησαν, καὶ προσέτι καὶ τοὺς παῖδας τάς τε γυναῖκας σῶσαι ἐθελήσαντες ἔπταισαν. Καὶ τόν γε βασιλέα αὐτῶν Δέλδωνα αὐτὸς ὁ Κράσσος ἀπέκτεινε· κἂν τὰ σκῦλα αὐτοῦ τῷ Φερετρίῳ Διὶ ὡς καὶ ὀπῖμα ἀνέθηκεν, εἴπερ αὐτοκράτωρ στρατηγὸς ἐγεγόνει. Ἐκεῖνά τε οὖν οὕτως ἐπράχθη, καὶ οἱ λοιποὶ οἱ μὲν ἐς ἄλσος τι καταφυγόντες περιεπρήσθησαν, οἱ δὲ ἐς τεῖχός τι ἐσπηδήσαντες ἐξῃρέθησαν. Ἄλλοι ἐς τὸν Ἴστρον ἐμπεσόντες, ἄλλοι κατὰ τὴν χώραν σκεδασθέντες ἐφθάρησαν. Περιλειφθέντων δ´ οὖν καὶ ὥς τινων, καὶ χωρίον ἰσχυρὸν καταλαβόντων, ἡμέρας μέν τινας μάτην σφίσιν ὁ Κράσσος προσήδρευσεν, ἔπειτα Ῥώλου οἱ Γετῶν τινων βασιλέως ἐπικουρήσαντος ἐξεῖλεν αὐτούς. Καὶ ὅ τε Ῥώλης πρὸς τὸν Καίσαρα ἐλθὼν φίλος τε ἐπὶ τούτῳ καὶ σύμμαχος αὐτοῦ ἐνομίσθη, καὶ οἱ αἰχμάλωτοι τοῖς στρατιώταις διεδόθησαν.

[25] Πράξας δὲ ταῦτα ὁ Κράσσος ἐπὶ τοὺς Μυσοὺς ἐτράπετο, καὶ τὰ μὲν πείθων τινὰς τὰ δὲ ἐκφοβῶν τὰ δὲ καὶ βιαζόμενος, πάντας μὲν πλὴν πάνυ ὀλίγων, ἐπιπόνως δὲ δὴ καὶ ἐπικινδύνως κατεστρέψατο. καὶ τότε μέν (χειμὼν γὰρ ἦν) ἐς τὴν φιλίαν ἀνεχώρησε, πολλὰ μὲν ὑπὸ τοῦ ψύχους πολλῷ δὲ ἔτι πλείω ὑπὸ τῶν Θρᾳκῶν, δι´ ὧν ὡς φίλων ἐπανῄει, παθών· ὅθενπερ γνώμην ἔσχεν ἀρκεσθῆναι τοῖς κατειργασμένοις. Καὶ γὰρ καὶ θυσίαι καὶ νικητήρια οὐχ ὅτι τῷ Καίσαρι ἀλλὰ καὶ ἐκείνῳ ἐψηφίσθη· οὐ μέντοι καὶ τὸ τοῦ αὐτοκράτορος ὄνομα, ὥς γέ τινές φασιν, ἔλαβεν, ἀλλ´ ὁ Καῖσαρ μόνος αὐτὸ προσέθετο. Ἐπεὶ δὲ οἱ Βαστάρναι ταῖς τε συμφοραῖς ἀχθόμενοι, καὶ μηκέτ´ αὐτὸν ἐπιστρατεύσειν σφίσι πυθόμενοι, πρός τε τοὺς Δενθελήτας καὶ πρὸς τὸν Σιτᾶν αὖθις ὡς καὶ αἰτιώτατον αὐτοῖς τῶν κακῶν γεγονότα ἐτράποντο, οὕτω καὶ ἄκων ἐξανέστη, καὶ σπουδῇ χωρήσας ἀνέλπιστός τε αὐτοῖς ἐπέπεσε, καὶ κρατήσας σπονδὰς ὁποίας ἠθέλησεν ἔδωκεν. Ὡς δ´ ἅπαξ τῶν ὅπλων αὖθις ἥψατο, ἐπεθύμησεν ἀμύνασθαι τοὺς Θρᾷκας τοὺς ἐν τῇ ἀνακομιδῇ τῇ ἐκ τῆς Μυσίας λυπήσαντας αὐτόν· καὶ γὰρ τότε χωρία τε ἐντειχιζόμενοι καὶ πολεμησείοντες ἠγγέλλοντο. Καί σφων Μαίδους μὲν καὶ Σερδοὺς μάχαις τε κατακρατῶν, καὶ τὰς χεῖρας τῶν ἁλισκομένων ἀποτέμνων, οὐκ ἀπόνως μέν, ἐχειρώσατο δ´ οὖν· τὰ δ´ ἄλλα πλὴν τῆς τῶν Ὀδρυσῶν γῆς κατέδραμε. Τούτων γάρ, ὅτι τῷ τε Διονύσῳ πρόσκεινται καὶ τότε ἄνευ τῶν ὅπλων ἀπήντησάν οἱ, ἐφείσατο· καὶ αὐτοῖς καὶ τὴν χώραν ἐν ᾗ καὶ τὸν θεὸν ἀγάλλουσιν ἐχαρίσατο, Βησσοὺς τοὺς κατέχοντας αὐτὴν ἀφελόμενος.

[26] Πράσσοντα δὲ αὐτὸν ταῦτα ὁ Ῥώλης Δάπυγι Γετῶν τινων καὶ αὐτῷ βασιλεῖ πολεμωθεὶς μετεπέμψατο· καὶ ὃς ἐπικουρήσας οἱ τήν τε ἵππον τῶν ἐναντίων ἐς τοὺς πεζοὺς ἐσήραξε, καὶ συμφοβήσας ἐκ τούτου καὶ ἐκείνους μάχην μὲν οὐδεμίαν ἔτ´ ἐποιήσατο, φόνον δὲ δὴ φευγόντων ἑκατέρων πολὺν εἰργάσατο. Καὶ μετὰ τοῦτο τὸν Δάπυγα πρὸς φρούριόν τι καταφυγόντα ἀπολαβὼν ἐπολιόρκει· κἀν τῇ προσεδρείᾳ ἑλληνιστί τις αὐτὸν ἀπὸ τοῦ τείχους ἀσπασάμενος ἔς τε λόγους οἱ ἦλθε καὶ προδοσίαν συνέθετο. Ἁλισκόμενοι οὖν οὕτως οἱ βάρβαροι ἐπ´ ἀλλήλους ὥρμησαν, καὶ ὅ τε Δάπυξ ἀπέθανε καὶ ἄλλοι πολλοί. Τὸν μέντοι ἀδελφὸν αὐτοῦ ζωγρήσας ὁ Κράσσος οὐχ ὅτι τι κακὸν ἔδρασεν, ἀλλὰ καὶ ἀφῆκε. Ποιήσας δὲ ταῦτα ἐπὶ τὸ σπήλαιον τὴν Κεῖριν καλουμένην ἐστρατεύσατο· τοῦτο γὰρ μέγιστόν τε ἅμα καὶ ἐχυρώτατον οὕτως ὂν ὡς καὶ τοὺς Τιτᾶνας ἐς αὐτὸ μετὰ τὴν ἧτταν τὴν ὑπὸ τῶν θεῶν δή σφισι γενομένην συγκαταφυγεῖν μυθεύεσθαι, καταλαβόντες οἱ ἐπιχώριοι πλήθει πολλῷ τά τε ἄλλα τὰ τιμιώτατα καὶ τὰς ἀγέλας ἐς αὐτὸ πάσας ἐσεκομίσαντο. Ὁ οὖν Κράσσος τά τε στόμια αὐτοῦ πάντα σκολιὰ καὶ δυσδιερεύνητα ὄντα ἀναζητήσας ἀπῳκοδόμησε, κἀκ τούτου κἀκείνους λιμῷ κατεστρέψατο. Ὡς δὲ ταῦτα αὐτῷ προεχώρησεν, οὐδὲ τῶν ἄλλων Γετῶν, καίπερ μηδὲν τῷ Δάπυγι προσηκόντων, ἀπέσχετο, ἀλλ´ ἐπὶ Γένουκλα τὸ εὐερκέστατον τῆς Ζυράξου ἀρχῆς τεῖχος ἦλθεν, ὅτι τὰ σημεῖα, ἃ τοῦ Ἀντωνίου τοῦ Γαΐου οἱ Βαστάρναι πρὸς τῇ τῶν Ἰστριανῶν πόλει ἀφῄρηντο, ἐνταῦθα ἤκουεν ὄντα· καὶ αὐτὸ πεζῇ τε ἅμα καὶ διὰ τοῦ Ἴστρου (πρὸς γὰρ τῷ ὕδατι ἐπεπόλιστο) προσβαλὼν οὐκ ἐν πολλῷ μὲν χρόνῳ, σὺν πολλῷ δὲ δὴ πόνῳ, καίτοι τοῦ Ζυράξου μὴ παρόντος, εἷλεν. Ἐκεῖνος γὰρ ὡς τάχιστα τῆς ὁρμῆς αὐτοῦ ᾔσθετο, πρός τε τοὺς Σκύθας ἐπὶ συμμαχίαν μετὰ τῶν χρημάτων ἀπῆρε, καὶ οὐκ ἔφθη ἀνακομισθείς. [27] Ταῦτα μὲν ἐν Γέταις ἔπραξε, τῶν δὲ δὴ Μυσῶν τοὺς μὲν ἐκ τῶν κεχειρωμένων ἐπαναστάντας δι´ ἑτέρων ἀνεκτήσατο, ἐπὶ δὲ Ἀρτακίους ἄλλους τέ τινας οὔθ´ ἁλόντας ποτὲ οὔτ´ αὖ προσχωρῆσαί οἱ ἐθέλοντας, καὶ αὐτούς τε μέγιστον ἐπὶ τούτῳ φρονοῦντας καὶ τοῖς ἄλλοις ὀργήν τε ἅμα καὶ νεωτερισμὸν ἐμποιοῦντας, αὐτός τ´ ἐπεστράτευσε, καί σφας τὰ μὲν βίᾳ, δράσαντας οὐκ ὀλίγα, τὰ δὲ καὶ φόβῳ τῶν ἁλισκομένων προσηγάγετο. ταῦτα μὲν ἐν χρόνῳ ἐγένετο, γράφω δὲ τά τε ἄλλα ὥς που παραδέδοται, καὶ αὐτὰ τὰ ὀνόματα. Τὸ μὲν γὰρ πάλαι Μυσοί τε καὶ Γέται πᾶσαν τὴν μεταξὺ τοῦ τε Αἵμου καὶ τοῦ Ἴστρου οὖσαν ἐνέμοντο, προϊόντος δὲ τοῦ χρόνου καὶ ἐς ἄλλα τινὲς αὐτῶν ὀνόματα μετέβαλον, καὶ μετὰ ταῦτ´ ἐς τὸ τῆς Μυσίας ὄνομα πάνθ´ ὅσα ὁ Σάουος ἐς τὸν Ἴστρον ἐμβάλλων, ὑπέρ τε τῆς Δελματίας καὶ ὑπὲρ τῆς Μακεδονίας τῆς τε Θρᾴκης, ἀπὸ τῆς Παννονίας ἀφορίζει, συγκεχώρηκεν. Καὶ ἔστιν ἐν αὐτοῖς ἄλλα τε ἔθνη πολλὰ καὶ οἱ Τριβαλλοί ποτε προσαγορευθέντες, οἵ τε Δαρδάνιοι καὶ νῦν οὕτω καλούμενοι.

[21] L'été, César passa en Grèce et en Italie ; à l'occasion de son arrivée à Rome, les citoyens offrirent, comme il a été dit, des sacrifices, ainsi que le consul Valérius Potitus, car cette année-là tout entière, ainsi que les deux précédentes, César fut consul, et Potitus succédait à Sextus. Potitus donc offrit, au nom de l'État, à l'occasion de l'arrivée de César, pour le salut du peuple et pour celui du sénat, un sacrifice de taureaux, ce qui ne s'était jamais fait auparavant sous aucun autre consul. Après cela, César distribua des éloges et des honneurs à ses lieutenants : Agrippa, entre autres distinctions, fut récompensé d'un étendard couleur de mer en souvenir de sa victoire navale; les soldats aussi reçurent des dons, le peuple eut une distribution d'environ cent drachmes : d'abord les hommes faits, puis les enfants, à cause de Marcellus, son neveu. De plus, comme. non content de refuser l'or coronaire des villes de l'Italie, il paya toutes les sommes qu'il devait sans réclamer celles qui lui étaient dues à lui-même, ainsi qu'il a été dit, les Romains oublièrent tous leurs malheurs et virent avec plaisir son triomphe, comme si ceux qu'il avait vaincus étaient, tous sans exception, des étrangers; car il circula dans toutes les parties de la ville une telle quantité d'argent que les propriétés augmentèrent de prix et que les intérêts, qu'on payait volontiers une drachme auparavant, descendirent au tiers de la drachme. César, le premier jour, fêta ses victoires sur les Pannoniens et les Dalmates, sur la Iapydie et les peuplades voisines, sur des peuplades celtes et gauloises. C. Carinas, en effet, dompta les Morins et quelques autres qui avaient pris part à leur soulèvement, et repoussa les Suèves qui avaient passé le Rhin à main armée : ces exploits lui valurent le triomphe, bien que, son père ayant été mis à mort par Sylla, il eût été, avec ses pareils, déclaré incapable d'exercer jamais aucune charge; César prit part au même triomphe, parce que l'honneur de la victoire remontait de droit à son autorité suprême. Tel fut donc, le premier jour, l'objet de la fête; le second, ce fut la victoire navale d'Actium, et le troisième, la soumission de l'Égypte. La pompe des autres triomphes fut rehaussée par les dépouilles de ce pays (on en avait assez ramassé pour suffire à tous); mais le plus somptueux et le plus remarquable fut le triomphe sur l'Égypte. On y porta, entre autres objets, Cléopâtre sur un lit, dans une attitude qui imitait celle de sa mort, en sorte qu'elle aussi, on la voyait, avec les autres captifs, avec Alexandre Hélios et Cléopâtre Séléné, ses enfants, figurer, pour ainsi dire, dans cette pompe. Ensuite César, s'étant avancé sur son char à la suite de tous ces divers objets, s'acquitta des cérémonies prescrites par la loi, mais il laissa de côté le consul son collègue et le reste des magistrats qui, contrairement à l'usage établi, le suivaient avec les autres sénateurs compagnons de sa victoire : la coutume, en effet, voulait que les premiers marchassent en tête et les seconds à la suite du cortège.

[22] Après avoir accompli ces divers actes, il fit la dédicace du temple de Minerve, de celui qu'on nommait le Chalcidicum, et de la curie Julia érigée en l'honneur de son père. Il y plaça la statue de la Victoire, qui y est encore aujourd'hui, pour montrer, vraisemblablement, que c'était d'elle qu'il tenait son autorité. Cette statue appartenait aux Tarentins ; transportée de chez eux à Rome, elle fut érigée dans le sénat et décorée des dépouilles de l'Egypte. Ces dépouilles furent aussi un des ornements de la chapelle de Jules, dont la consécration eut lieu alors : on y suspendit un grand nombre d'offrandes, et on en dédia de nouvelles à Jupiter Capitolin, à Junon et à Minerve, attendu que toutes celles qui, auparavant, passaient pour leur avoir été consacrées, ou qui, même en ce moment encore, leur étaient consacrées, furent alors enlevées en vertu d'un sénatus-consulte, comme si elles eussent été souillées. C'est ainsi que Cléopâtre, bien que vaincue et captive, fut néanmoins glorifiée, parce que ses ornements sont consacrés dans nos temples et qu'on la voit elle-même représentée en or dans le temple de Vénus. La consécration de la chapelle fut accompagnée de jeux de toute espèce : les enfants patriciens exécutèrent la cavalcade troyenne; des hommes du même rang luttèrent les uns contre les autres sur des chevaux de selle, sur des chars à deux et à quatre chevaux ; un certain C. Vitellius, membre du sénat, se fit gladiateur. Une multitude de bêtes féroces et d'animaux divers furent égorgés, entre autres un rhinocéros et un hippopotame, qu'on vit alors à Rome pour la première fois. Beaucoup ont rapporté, beaucoup plus encore ont vu quel animal est l'hippopotame; quant au rhinocéros, il ressemble assez à l'éléphant, si ce n'est qu'il a sur le nez une corne d'où lui vient son nom. Ces animaux furent donc produits dans les jeux; de plus, des troupes de Daces et de Suèves combattirent les unes contre les autres. Les derniers appartiennent en quelque sorte aux Celtes, et les premiers aux Scythes : ceux-ci habitent, à proprement parler, au-delà du Rhin (car beaucoup d'autres parmi ces peuples s'attribuent le nom de Suèves); ceux-là, les deux rives de l'Ister; mais les uns, attendu qu'ils ont leur demeure en deçà du fleuve, tout près des Triballes, font partie de la préfecture de Mysie, et sont appelés Mysiens, excepté par les peuples tout à fait voisins : ceux qui viennent à leur suite se nomment Daces, ou Gètes, ou Thraces, car la race dacique avait autrefois établi des colonies dans les environs du Rhodope. Or, ces Daces avaient, antérieurement à cette époque, envoyé une ambassade à César; mais, n'ayant obtenu aucune de leurs demandes, ils penchèrent vers Antoine, sans lui être, cependant, d'une grande utilité, attendu les séditions intestines auxquelles ils étaient en proie ; plusieurs ayant été, à la suite de cela, faits prisonniers, furent mis aux prises avec les Suèves. Les spectacles, on le pense bien, durèrent plusieurs jouis; une maladie même de César n'y apporta aucune interruption, d'autres les présidèrent en son absence. Pendant leur durée, les sénateurs célébrèrent, chacun son tour, un banquet sous le vestibule de leurs maisons; j'ignore le motif qui les y engagea, car la tradition ne dit rien sur ce point. Voilà comment les choses se passèrent alors.

[23] César était encore consul pour la quatrième fois, quand Statilius Taurus fit construire, à ses propres frais, dans le champ de Mars, un théâtre en pierre destiné à donner des chasses, et l'inaugura par un combat de gladiateurs, munificence qui lui valut de la part du peuple le droit de nommer, chaque année, un des préteurs. Dans le même temps que ces choses se passaient, M. Crassus, envoyé en Macédonie et en Grèce, fit la guerre aux Daces et aux Bastarnes. Le caractère du premier de ces peuples et les motifs de la guerre qu'on lui fit ont été dits plus haut. Quant aux Bastarnes, ils sont justement rangés au nombre des Scythes; passant alors l'Ister, ils soumirent la partie de la Mysie située en face d'eux, ensuite les Triballes, limitrophes de cette contrée, et les Dardaniens qui habitent le pays des premiers. Tant qu'ils ne firent que cela, ils n'eurent aucune affaire avec les Romains; mais, quand ils franchirent l'Hémus et firent des incursions dans la Thrace des Denthélètes, alliée de Rome, Crassus, un peu pour défendre Sitas, roi des Denthélètes, qui était aveugle, mais surtout parce qu'il craignait pour la Macédoine, marcha contre eux : la terreur dont les frappa son arrivée suffit pour leur faire évacuer la contrée. Tout en les poursuivant, après ce succès, pendant qu'ils se retiraient dans leur pays, il s'empara de la partie appelée la Ségétique, et se jeta sur la Mysie, dont il ravagea le territoire : son avant-garde éprouva un échec sous les murs d'une place qu'il attaquait : les Mysiens, qui crurent que ces éclaireurs étaient seuls, avaient fait une sortie; mais, étant venu à son secours avec le reste de l'armée, il tailla l'ennemi en pièces et emporta la ville à la suite d'un siège.

[24] Tandis qu'il était ainsi occupé, les Bastarnes cessèrent de fuir et s'arrêtèrent sur les bords du fleuve Cédrus, observant l'issue de la lutte. Mais quand, après avoir vaincu les Mysiens, Crassus marcha contre eux à leur tour, ils lui envoyèrent des ambassadeurs, le priant de ne point les poursuivre, attendu, disaient-ils, qu'ils n'avaient fait aucun mal aux Romains. Crassus, retenant ces ambassadeurs, sous prétexte de leur donner sa réponse le lendemain, les traita du reste avec bonté, mais les enivra, de façon à savoir d'eux tous les projets de leur nation; car toutes les races scythes ont pour le vin une passion sans borne, et elles en sont vite rassasiées. Crassus, pendant ce temps, s'étant, la nuit, approché d'une forêt au-devant de laquelle il plaça des éclaireurs, fit reposer son armée ; les Bastarnes, dans la persuasion que ces éclaireurs étaient seuls, ayant fondu sur eux et les ayant suivis dans leur retraite jusque dans les fourrés, perdirent beaucoup de monde, là et dans leur fuite ; car ils furent arrêtés par leurs chariots placés derrière eux, et, de plus, en voulant sauver leurs femmes et leurs enfants, ils essuyèrent un échec. Crassus tua lui-même leur roi Deldon, et il aurait suspendu ses dépouilles comme dépouilles opimes dans le temple de Jupiter Férétrien, s'il eût commandé en chef. Voilà comment les choses se passèrent. Quant au reste des barbares, les uns, réfugiés dans un bois sacré, y furent enveloppés dans l'incendie de ce bois, les autres, s'étant élancés dans la ville, furent pris ; d'autres périrent en tombant dans l'Ister, d'autres en errant dans le pays. Quelques-uns, qui échappèrent à cette défaite, s'étant emparés d'une position forte, soutinrent contre Crassus un siège de plusieurs jours; mais, secouru ensuite par Rholès, roi de certaines peuplades gètes, Crassus ne tarda pas à s'en rendre maître. Alors Rholès, étant allé trouver César, reçut de lui, à cause de cette assistance, le titre d'ami et d'allié; les captifs furent partagés entre les soldats.

[25] Après ces exploits, Crassus tourna ses armes contre les Mysiens, et, partie persuasion, partie frayeur, partie force ouverte, il les subjugua tous non sans peine et sans danger, à l'exception d'un très petit nombre. Alors (c'était l'hiver) il se retira dans un pays ami, après avoir beaucoup souffert du froid et beaucoup plus encore des Thraces, à travers lesquels il revint comme à travers un peuple ami; c'est ce qui lui inspira la résolution de s'en tenir aux exploits accomplis. En effet, des supplications et le triomphe avaient été décernés non seulement à César, mais à Crassus aussi ; néanmoins il ne reçut pas, au dire des historiens, le titre d'imperator, César seul le prit. Cependant les Bastarnes, affligés de leurs défaites et instruits qu'il ne marcherait plus contre eux, ayant tourné de nouveau leurs efforts contre les Denthélètes et contre Sita, l'auteur principal, suivant eux, de leurs maux, Crassus sortit, bien que malgré lui, de son repos; puis, s'avançant en diligence, il tomba sur eux inopinément, et, les ayant vaincus, leur imposa les conditions qu'il voulut. Une fois qu'il eut de nouveau touché les armes, il conçut le désir de se venger des Thraces qui l'avaient inquiété à son retour de Mysie; on annonçait d'ailleurs qu'ils fortifiaient leurs places et se disposaient à la guerre. Après avoir écrasé deux peuples de cette race, les Merdes et les Serdes, dans plusieurs batailles, et coupé les mains aux captifs, il parvint, non sans peine, mais enfin il parvint à les subjuguer ; il fit des incursions dans le reste du pays, excepté le territoire des Odryses. Il fit grâce à ce peuple, parce qu'il est attaché au culte de Bacchus, et qu'alors il vint à sa rencontre sans armes ; il lui fit don du pays dans lequel ils honorent ce dieu, après en avoir dépouillé les Besses qui le possédaient.

[26] Tandis qu'il était ainsi occupé, Rholès, en guerre avec Dapyx, roi, comme lui, de quelques peuples gètes, l'appela à son aide : Crassus vint le secourir, culbuta la cavalerie ennemie sur l'infanterie, et, remplissant par là les fantassins eux-mêmes d'épouvante, il n'eut plus de combat à livrer et fit un grand carnage des fuyards, cavaliers et fantassins. Dapyx s'étant, à la suite de cette déroute, réfugié dans un château fort, Crassus vint l'y assiéger. Un des hommes enfermés dans la ville, l'ayant salué en grec du haut des murs, entra en pourparler avec lui, et convint de lui livrer la place. Ainsi pris, les barbares s'élancèrent les uns contre les autres, et Dapyx mourut avec un grand nombre des siens. Crassus, cependant, ayant pris vif le frère de Dapyx, non seulement ne lui fit aucun mal, mais même lui rendit la liberté. Ces choses faites, il marcha sur la caverne appelée Cira. Car dans cette caverne, si grande et à la fois si forte que, selon la Fable, les Titans, vaincus par les dieux, y trouvèrent un refuge, les habitants du pays, qui s'en étaient emparés en grand nombre, avaient transporté leurs objets les plus précieux et tous leurs troupeaux. Crassus, en ayant cherché les ouvertures, ouvertures tortueuses et difficiles à trouver, les boucha et vint ainsi à bout de leur résistance par la famine. Comme ces expéditions lui avaient réussi, il ne ménagea plus aucun des autres peuples gètes, bien qu'ils n'eussent aucun lien avec Dapyx; il marcha sur Génucla, le rempart le plus solide de l'empire de Zyraxès, parce qu'il avait entendu dire que là étaient les enseignes enlevées à Caius Antoine, près d'Istria, par les Bastarnes; et quoiqu'il l'attaquât à la fois par terre et par l'Ister (elle était bâtie sur l'eau), il lui fallut, bien que Zyraxès fût absent, non beaucoup de temps, mais beaucoup de peine pour l'emporter. Zyraxès, en effet, aussitôt qu'il fut instruit de la marche de Crassus, s'était embarqué, avec de fortes sommes, pour aller chez les Scythes solliciter leur alliance; l'événement devança son retour.

[27] Tels furent les exploits de Crassus chez les Gètes. Ceux des Mysiens soumis qui s'étaient soulevés furent reconquis par ses lieutenants; quant aux Artacéens et à quelques autres, qui, pour n'avoir jamais été subjugués et n'avoir pas voulu se livrer à lui, se montraient orgueilleux de cette résistance et excitaient les autres à la haine et à la révolte, il marcha contre eux en personne, et, partie par force, après une défense énergique, partie aussi par crainte pour ceux des leurs qui étaient captifs, les réduisit sous sa puissance. Ces événements eurent lieu à une époque postérieure. Je rapporte et les faits, et même les noms, tels qu'ils furent transmis par la tradition. Autrefois, en effet, Mysiens et Gètes habitaient tous le pays situé entre l'Hémus et l'Ister ; dans la suite du temps, quelques-uns d'entre eux changèrent de nom; puis le nom de Mysie fut le nom qui prévalut pour toute la partie que le Savus, eu se jetant dans l'Ister au-dessus de la Dalmatie et au-dessus de la Macédoine et de la Thrace, sépare de la Pannonie. Parmi beaucoup d'autres peuplades, il y a chez eux celles qu'on appelait autrefois les Triballes et celles qu'on appelle encore aujourd'hui les Dardaniens.