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table des matières de l'œuvre DE VARRON

 

VARRON

 

SENTENCES

 

Oeuvre numérisée par Marc Szwajcer

 

Je ne pensais d’abord qu’à éditer et traduire cent cinquante sentences; mais j’ai reconnu bientôt la nécessité d’une double étude et sur les sources que je consultais et sur ces sentences elles-mêmes.

Ne fallait-il pas énumérer et décrire les ouvrages manuscrits ou imprimés qui nous ont conservé les pensées de Varron, les comparer entre eux pour établir leur valeur relative, apprécier les éditions publiées jusqu’à ce jour; d’autre part, rechercher si nos sentences sont en rapport avec la doctrine et les ouvrages de Varron, si l’on a le droit de les lui attribuer, si elles ne sont que des extraits et des fragments de ses livres?

De là les deux parties de l’étude critique qui précède les sentences: de là aussi les deux séries de notes qui les accompagnent; les unes sont des variantes tirées des différents manuscrits; les autres servent à l’interprétation du texte en le comparant aux opinions de Varron et de son école.

Enfin, je publie d’après deux manuscrits de la bibliothèque impériale une liste d’ouvrages de Varron. Tous leurs titres ne servent qu’à rappeler autant de pertes regrettables, et le souvenir de tant d’écrits que nous n’avons plus, fait mieux sentir le prix des fragments que le temps a épargnés.

ÉTUDE SUR LES SENTENCES DE M. T. VARRON,

PREMIÈRE PARTIE.

LES SOURCES DE CETTE EDITION.

I.

Ouvrages manuscrits ou imprimés qui nous ont conservé les sentences de Varron.

On connaît aujourd’hui deux grands recueils manuscrits des sentences de Varron; l’un appartient à la bibliothèque d’Arras, l’autre à celle du séminaire de Padoue.

Le manuscrit d’Arras est du commencement du quatorzième siècle; c’est un in-4° de vélin commun à deux colonnes, orné de titres courants en vermillon et d’initiales en vermillon et à l’outremer: il est inscrit sous le n° 305 et vient du fonds de Saint-Waast, où il portait le n° 21.

En regard de la première page on lit ces mots tracés sur un feuillet de papier par une main plus récente: Flores sententiarum ex variis auctoribus excerpti, et ce titre fait connaître exactement la nature de ce manuscrit.

Les sept premiers feuillets présentent des sentences tirées de Quintilien,[1] les vingt et un suivante des pensées de Cicéron,[2] puis quinze feuillets et demi des pensées empruntées à Sénèque;[3] viennent ensuite les sentences de Varron; la dernière partie du manuscrit renferme des pensées traduites de Platon, des sentences tirées de Macrobe, une pensée de Priscien, des sentences du de Consolatione et des autres ouvrages de Boèce, des fragments de Pétrone, de Térence, de Salluste, d’Aulu-Gelle, de Macrobe et de Cassiodore.[4]

La deuxième page du feuillet 44 commence par les mots: Ex Sententiis Varronis, titre courant reproduit aux pages suivantes; puis on lit ces mots en vermillon: Incipiunt Sententiae Varronis ad Papirianum Athenis audientem. Les sentences de Varron occupent toute cette page, puis le feuillet 45, enfin une colonne et demie sur le feuillet 46, en tout sept colonnes et demie, de la page 88 à la page 91. Elles se présentent sous la forme de cours versets dont les lettres initiales sont alternativement en vermillon et à l’outremer; mais le copiste a trop souvent coupé les pensées pour en multiplier le nombre;[5] d’autre part, on a pris plaisir à orner de majuscules coloriées tous les membres de phrase qui commençaient avec les lignes.[6] Il faut donc se garder de considérer chaque alinéa du manuscrit comme une sentence distincte, et à cet égard nous devons consulter le sens plutôt que le texte qui est sous nos yeux.

L’écriture est négligée, surchargée d’abréviations qui rendent la lecture difficile; enfin le texte n’est pas toujours correct, et l’on doit remarquer que le dernier tiers présente plus de fautes que les deux premiers.[7] Si l’on ne puise pas à quelque autre source, on sera réduit à reproduire des leçons vicieuses ou à tenter des restitutions téméraires; et cependant c’est à tout prendre le plus complet et le meilleur manuscrit des sentences de Varron.

Le manuscrit n° 101 de la bibliothèque du séminaire de Padoue, signalé en 1813 par M. Devit, est un in-4° oblong du treizième siècle, qui offre de nombreuses abréviations; il est composé de 81 feuillets, formant dix cahiers, dont les six premiers sont d’un vélin fort beau et fort bien conservé; les quatre autres, d’un vélin plus commun, portent des taches et des traces d’humidité. Bien qu’ils soient de la même époque, ils semblent écrits par une autre main; l’encre est plus blanche; les lignes ne sont plus tracées au crayon et deviennent inégales.[8]

Que renferme ce manuscrit? Nous y rencontrons les titres suivants Isagoge ad moralem philosophiam, Seneca de quatuor virtutibus, Excerpta ex epistolis Senecae ad Lucilium, Proverbia Varronis ad Paxianum, Proverbia Senecae secundum alphabetum. Remarquons qu’il n’y a pas là une seule œuvre originale : le traité d’Hildebert de Tours sur la Philosophie morale n’est qu’une suite de passages des auteurs anciens. Ce livre, attribué à Sénèque, n’est qu’une compilation; viennent ensuite un recueil de sentences extraites de ses lettres à Lucilius (de la 1re à la 73e, mais dans un ordre différent de celui des éditions), les Proverbia Varronis, et des pensées par ordre alphabétique, dont quelques-unes sont de Sénèque, la plupart de Publius Syrus. Ce manuscrit rappelle donc le manuscrit d’Arras; tous les deux ils ne présentent que des fragments, des extraits, des choix de pensées, et placent Varron auprès de Sénèque, ses sentences auprès des lettres à Lucilius.

Dans ce manuscrit de Padoue, les sentences de Varron commencent au revers du feuillet 71 et occupent les suivants jusqu’au verso du 75e; elles se trouvent donc dans les derniers cahiers, c’est- à-dire dans ceux qui sont le plus mal écrits et qui ont le plus souffert.

Mais, comme l’a dit M. Devit, on n’a pas seulement à se plaindre des injures du temps et de la forme trop peu distincte des caractères;[9] il faut admettre que le copiste a eu sous les yeux un texte fort incorrect ou bien accuser sa négligence. M. Devit a su relever quelques-unes de ces leçons défectueuses;[10] mais quelles que soient sa science et son habileté, il ne pouvait les éviter toutes. Le manuscrit de Padoue présente un grand nombre de passages étrangement altérés[11] ou coupés de la manière la plus bizarre;[12] des réflexions oiseuses, des gloses se sont introduites dans le texte,[13] et il y faut noter plusieurs omissions.[14]

L’ordre des pensées y est le même que dans le manuscrit d’Arras; on doit donc considérer ces deux manuscrits comme deux copies d’un même ouvrage de Varron, ou du moins d’un recueil de fragments composé par une seule et même main.

La première et la dernière sentence du manuscrit de Padoue manquent à Arras; mais, pour l’une, on a toute raison de l’attribuer à Varron; pour l’autre, il n’en est pas de même, et M. Devit n’hésite pas à la rejeter; un intervalle d’une ligne la sépare de celle qui précède; une note marginale porterait à l’attribuer à Sénèque, la latinité et la pensée à un écrivain plus récent, même à un chrétien.[15]

Le manuscrit d’Arras donne cinq pensées qu’on ne rencontre pas dans celui de Padoue.[16] Est-il quelque raison de ne pas les admettre? Doit-on se faire une règle de rejeter les sentences qui manquent dans l’un de ces grands recueils? Non; pour les cinq pensées en question l’autorité du manuscrit d’Arras est confirmée par celle de plusieurs autres manuscrits, et l’on doit reconnaître là cinq nouvelles lacunes de la dernière partie, la plus négligée et la plus fautive du manuscrit de Padoue.

Ainsi la comparaison de ces deux textes conduit à donner la préférence à celui d’Arras; sans doute le manuscrit de Padoue ne nous sera point inutile et souvent il nous fournira des leçons meilleures. Mais si celui d’Arras renferme des fautes, elles sont moins nombreuses et moins graves; si les pensées y sont trop coupées, elles ne le sont jamais d’une manière aussi défectueuse; il est plus pur et plus correct, comme il est aussi plus complet.

Les deux manuscrits que nous venons d’étudier renferment presque toutes les sentences de Varron qui sont parvenues jusqu’à nous, et nous n’avons, pour en grossir le nombre, que les quatre sentences citées par Matthias Farinator dans son Liber Moralitatum.[17] Tous les autres ouvrages manuscrits ou imprimés dans lesquels nous rencontrons des pensées de Varron, n’en présentent aucune qui ne se trouve dans nos deux grands recueils.[18]

Parmi les écrivains qui ont le plus contribué à faire connaître les sentences de Varron, il faut citer en première ligne l’auteur de la grande Encyclopédie du treizième siècle, Vincent de Beauvais.

Le chapitre 9 du VIe livre du Speculum historiale est un choix de 54 sentences de Varron, presque toutes reproduites dans le Speculum doctrinale, qui malheureusement n’en ajoute qu’une seule à celles du premier ouvrage.

Dans le Speculum doctrinale les sentences sont disséminées, et citées comme.des autorités et des preuves à l’appui des opinions de l’auteur;[19] mais le Speculum historiale les présente, à peu d’exceptions près,[20] dans le même ordre que les manuscrits d’Arras et de Padoue; ce qui prouve assez que Vincent de Beauvais avait sous les yeux un recueil de sentences analogue à ceux que nous possédons.

Mais ce recueil n’était ni celui d’Arras, ni celui de Padoue; en effet, Vincent de Beauvais donne deux sentences qui manquent dans ce dernier,[21] et permet de rétablir plusieurs passages qui y sont complètement altérés.[22] Quant au manuscrit d’Arras, dont les leçons ont plus de rapport avec celles qu’il a suivies, il ne faut pas oublier qu’il est d’une date plus récente.

Malheureusement l’auteur s’est borné à choisir des sentences ou même des parties de sentences, et il a souvent écarté celles qui ont le plus d’intérêt pour nous, celles qui portent l’empreinte de l’esprit de Varron et de ses idées stoïciennes.[23] Les observations relatives à la mémoire, à l’expérience, à la manière de diriger l’esprit occupent plus de la moitié du manuscrit d’Arras; elles ne forment que le tiers des pensées recueillies par Vincent de Beauvais; il choisit de préférence les maximes relatives à l’amitié, aux bienfaits, à la pauvreté, aux vrais biens, à la conduite de l’homme, à la mort, c’est-à-dire les pensées morales. D’autre part, il a rejeté les sentences dont le texte lui paraissait embarrassé et le sens obscur; et, par-là même, son secours nous fera défaut dans les moments où il nous serait le plus utile.

Enfin dans le Speculum historiale, mais surtout dans le Speculum doctrinale, il a souvent réuni les pensées par des conjonctions;[24] il a quelquefois introduit de légères modifications dans le texte,[25] et, dans ce dernier ouvrage, il lui arrive de donner deux leçons opposées pour une même pensée.[26]

On ne doit donc le consulter qu’avec une certaine réserve; s’il ne donne qu’une partie d’une sentence, ce ne sera point une raison de rejeter l’autre; on devra écarter avec soin les mots secondaires qu’il a intercalés, et éviter les altérations qu’il s’est permis d’introduire. C’est à ces conditions que, loin de nous égarer à sa suite, nous trouverons en lui un auxiliaire utile.

Il sera aisé de rencontrer des sentences de Varron dans les Chroniques analogues au Speculum historiale. Ainsi on en trouvera deux dans l’ouvrage d’Hartmann Schédel, connu sous le nom de Chronique de Nuremberg,[27] et elles sont toutes les deux reproduites dans le Supplementum chronicorum de Jacques Philippe Foresti.[28] Un Compendium chronicarum, manuscrit de la fin du quatorzième siècle, appartenant à la bibliothèque de Besançon, renferme la plupart des sentences qui se lisent dans le Speculum historiale.[29] L’auteur dit qu’il les tire du recueil de Vincent de Beauvais; d’autres ont puisé à la même source, sans la désigner. Je nommerai Jean Colonna[30] dont la chronique, traduite sous le titre de Mer des Hystoires,[31] renferme la moitié des sentences du Speculum historiale, et Antonin de Forciglioni, qui en inséra quarante environ dans son Historiarum opus seu chronica.[32]

Il est plusieurs autres ouvrages dont les auteurs n’ont connu les sentences de Varron que d’après Vincent de Beauvais: ainsi ils ne citent aucune sentence qui ne se trouve dans les ouvrages de celui-ci; ils reproduisent ses leçons, même ses fautes; ils omettent les mêmes mots, les mêmes membres de phrase; ce sont enfin de part et d’autre les mêmes rapprochements de pensées et les mêmes renversements. Il faut se garder de prendre pour des variantes nouvelles les altérations que présentent ces ouvrages, et en général de leur attribuer une autorité qu’ils n’ont pas.

Sous cette classe, nous réunissons l’ouvrage de Jacques de Cessoles, de Moribus hominum et de officiis nobilium super ludo scaccorum, composé vers 1290 et imprimé dès 1473,[33] et le Sophologium, composé au temps de Charles VI, par Jacques le Grand (Jacobus Magni), de l’ordre des ermites de Saint-Augustin, et imprimé à Paris, en 1475.

Jacques de Cessoles ne cite que trois sentences de Varron; mais le Sophologium en renferme plus de trente. Elles sont disséminées sous divers chapitres, comme dans le Speculum doctrinale dont elles rappellent les leçons.[34] Jacques le Grand les reproduit souvent, d’après des souvenirs trop peu fidèles,[35] et n’hésite pas à les altérer pour les fondre dans son texte et à les couper pour en rapprocher les différents membres. Ainsi son livre n’est pas une source nouvelle; c’est Vincent de Beauvais réduit à un petit nombre de sentences reproduites avec peu d’exactitude.

A ces deux ouvrages imprimés, il faut en joindre quatre qui sont restés manuscrits:

D’abord un traité de Vita et moribus veterum philosophorum et poetarum, dont il existe à Vicence un manuscrit connu par M. Devit, et un autre manuscrit, à la bibliothèque impériale, sous le n° 6069c;[36] il renferme environ trente sentences de Varron;

D’autre part un manuscrit du dix-septième qui, sous le n° 126, fait partie de la bibliothèque du séminaire de Padoue, et où l’on ne trouve que dix-sept sentences choisies parmi les vingt-cinq premières du Speculum historiale;[37] En troisième lieu, un manuscrit antérieur de plus d’un siècle à l’invention de l’imprimerie, où Gaspard de Barth trouva les dix-huit sentences insérées dans ses Adversaria;[38]

Enfin, le Liber Vaticani, composé en 1424 et 1425, par Arnold de Hollande.

André Valère, dans sa Bibliotheca Belgica,[39] rapporte qu’il avait vu à l’abbaye de Saint-Martin de Louvain les deux tomes de cet ouvrage: l’un est aujourd’hui à la bibliothèque Mazarine; c’est un fort beau manuscrit sur vélin, à deux colonnes, grand in-4°, catalogué sous le n° 577; il contient la première partie intitulée de Vita et moribus philosophorum, et le commencement de la deuxième qui est un recueil de sentences, sous des titres par ordre alphabétique de la lettre A à la lettre H. La fin de cette deuxième partie, de la lettre I à la lettre Z, occupe le commencement du second tome, qui appartient à la bibliothèque de Bruxelles, où il porte le n° 4169.[40]

Le Liber Vaticani renferme plus de quarante sentences de Varron, disséminées sous les différents titres de sa deuxième partie.[41] Ce qui lui donne un intérêt particulier, c’est qu’il désigne les ouvrages de Varron auxquels sont empruntées quelques-unes des sentences : in libre Antiquitatum, in Moralibus, in libro Moralium.

Il ne nous reste plus à signaler que trois manuscrits, mais qui sont indépendants de la tradition de Vincent de Beauvais, et ont par-là même plus de valeur que les précédents.

Le plus important est un recueil de cahiers des treizième, quatorzième, quinzième siècles, inscrit sous le n° 8542 du catalogue des anciens fonds latins de la bibliothèque impériale.[42] Le cahier qui nous intéresse est du quatorzième siècle; il renferme des lettres à Lucilius; les sentences de Varron se trouvent sur le dernier feuillet, et sont suivies de vingt-quatre pensées de Sénèque, dont quelques-unes sont heureusement trop connues pour qu’on pense à les attribuer à Varron. Il n’y a du reste, dans le manuscrit, ni titre ni intervalle qui mettent à l’abri des méprises; un léger trait sur la marge marque seul la première ligne de ces vingt-quatre pensées, écrites d’une encre un peu plus blanche, mais par la même main.

Ce manuscrit ne donne que cinquante-quatre sentences de Varron, prises parmi les soixante-trois dernières.[43] Il les présente dans le même ordre que les manuscrits d’Arras et de Padoue:[44] toutefois, il n’en est point la copie exacte; ses leçons le distinguent de l’un et de l’autre, et il renferme les cinq sentences qui manquent à Padoue. Le copiste a quelquefois modifié le texte et rejette volontiers les sentences qui lui semblent obscures ou altérées; mais ce manuscrit confirme souvent les meilleures leçons, et, en quelques passages, il les a seul conservées.

D. Pitra, dans le 3e volume du Spicilegium Solesmense, nous a fait connaître un manuscrit du quatorzième siècle, sur vélin in-4°, à deux colonnes, appartenant à la bibliothèque impériale où il porte le n° 640 du fonds de Saint-Victor.

Du folio 233 au folio 250 s’étend un recueil de fragments empruntés à des auteurs anciens ou à des Pères de l’Eglise:[45] on y trouve des sentences de Varron au verso du feuillet 248e et au recto du 249c.[46]

Ce manuscrit n’est point une copie de ceux que nous avons déjà signalés; il diffère de nos deux grands recueils par l’ordre des sentences; de Vincent de Beauvais par le choix qu’il en fait.[47] Le texte est généralement pur;[48] sauf quelques variantes et quelques changements de construction, il diffère peu de celui du manuscrit d’Arras et de celui que nous publions; mais il ne donne que trente sentences, choisies même parmi les plus simples et les plus courtes.

A la suite de ces pensées nous en trouvons douze qui n’en sont séparées par aucun signe: faut-il les attribuer à Varron? D. Pitra n’a pu résister à cette séduction; il s’est félicité de publier de nouvelles sentences de Varron et de faire connaître le premier fragment de ses lettres.[49]

Cependant la latinité d’une part, de l’autre le sens trop chrétien de certaines pensées, auraient dû mettre en garde le savant bénédictin. Pour nous, nous ne pouvions oublier qu’un autre manuscrit de la bibliothèque impériale semblait attribuer à Varron vingt-quatre sentences de Sénèque, et tout nous faisait craindre une erreur pareille, quand nous avons été assez heureux pour rencontrer, dès longtemps connues et dès longtemps imprimées, ces douze sentences que D. Pitra venait de mettre au jour; elle sont tirées du premier livre des lettres de Cassiodore.[50]

Enfin on rencontre des sentences de Varron dans un petit manuscrit de la bibliothèque impériale qui porte le n° 8818a.[51]

Il est du quinzième siècle, d’une fort belle conservation, d’une écriture très nette et très élégante, sur un vélin rayé à l’encre rouge. Il a pour titre: Flosculi e variis, et renferme plusieurs séries de sentences par ordre alphabétique. Celle qui nous intéresse s’étend du 35e feuillet au 49e, et commence par ces mots: De flosculis moralibus Senecae, Varronis, Terentii, Boetii, Sallustii et Tullii Ciceronis. On voit sur les marges les noms de ces auteurs inscrits en vermillon et à l’outremer: malheureusement ces désignations sont trop peu fréquentes et parfois inexactes.[52]

Ce manuscrit ne renferme que vingt-neuf sentences de Varron, et il faut le regretter; en effet, plusieurs d’entre elles manquent dans Vincent de Beauvais et dans la plupart des manuscrits, et ce texte est le plus correct que nous ayons; il ne diffère qu’en deux passages de celui que nous publions.[53]

Tels sont les dix-neuf ouvrages imprimés ou manuscrits[54] qui nous permettent d’établir le texte des sentences de Varron.

II.

Editions de Sentences de Varron.

On a donné plusieurs éditions de ces sentences depuis le dix-septième siècle jusqu’à nos jours; disons rapidement quelles sont les sources et quelle est la valeur de chacune d’elles.

Gaspard de Barth, qui attira l’attention des érudits sur les pensées de Varron, crut être le premier à les publier; au moment où parurent ses Adversaria, c’est-à-dire en 1624, il y avait déjà un siècle et demi que l’imprimerie avait répandu les ouvrages de Vincent de Beauvais, de Jacques le Grand et de Jacques de Cessoles, les Chroniques d’Antonin, de Schédel et de Foresti, les traductions de Vincent de Beauvais et de Colonna sous le titre de Mirouër historial et de Mer des Hystoires; mais Barth ne connut que les dix-huit sentences du manuscrit qu’il avait sous les yeux.

Fabricius, dans sa Bibliotheca latina en 1697, Ernesti, lorsqu’il remania et améliora cet ouvrage en 1773, se bornèrent à reproduire les sentences de Barth.

En 1794, Gottl. Schneider signala les sentences renfermées dans le Speculum historiale de Vincent de Beauvais et les inséra dans son recueil des Scriptores rei rusticae à la suite d’une vie de Varron. Mais Io. Conr. Orelli, en 1822, dans ses Poetarum veterum latinorum carmina sententiosa ne donnait encore que le texte de Barth, et dans les suppléments, en 1824, dix sentences seulement du Speculum doctrinale.

Ainsi, jusqu’à ces dernières années, on ne connaissait d’autre source des sentences de Varron que Vincent de Beauvais dans ses deux recueils imprimés ou dans la transcription incomplète et fautive qu’en avait donnée le manuscrit de Barth. La découverte des deux grands manuscrits, par M. Devit, à Padoue, par M. Quicherat, à Arras, mit enfin sous les yeux des érudits un texte plus pur et trois fois plus étendu.[55]

M. Devit donna en 1843 son édition des sentences de Varron; il ne se dissimulait point les incorrections et les lacunes de son manuscrit; mais les travaux antérieurs et ses propres recherches lui fournirent d’utiles secours; il consulta d’une part Barth et Vincent de Beauvais, de l’autre le petit manuscrit de Padoue et celui de Vicence.

Six années après, M. Jules Quicherat, dans la Bibliothèque de l’École des Chartes (3e série, tome 1er), fit connaître le manuscrit d’Arras; mais il ignorait la publication de M. Devit et n’eut d’autres secours que Barth et Vincent de Beauvais. Du reste, il pensait moins à donner une édition des sentences qu’à provoquer l’attention et les recherches: « Dans la transcription que j’ai faite, disait-il, j’ai omis quelques passages,[56] pressé que j’étais par le temps, et pensant alors qu’il me serait permis de revoir une autre fois le manuscrit. Quoique cela ne se soit pas effectué, je n’en livre pas moins ma copie à l’impression. Telle qu’elle est, elle suffira pour donner l’éveil aux personnes qui ont sous la main des collections de manuscrits Il est impossible qu’il n’existe pas d’autre texte des sentences varroniennes. »

On a déjà répondu à cet appel. Ainsi, dans les Mémoires de l’Académie d’Arras (août 1855), M. Caron, conservateur adjoint à la bibliothèque de cette ville, a publié toutes les sentences que renferme notre grand manuscrit et dont deux étaient inédites.[57] La même année D. Pitra, dans le 3e volume du Spicilegium Solesmense, rétablissait d’après ce même manuscrit les sentences qui avaient été omises ou laissées trop imparfaites par MM. Devit et Quicherat. Mais si la transcription faite par M. Caron présente des fautes, celle de D. Pitra en renferme un plus grand nombre, et les conjectures y remplacent trop souvent les vraies leçons. En même temps il faisait connaître le manuscrit 640 de Saint-Victor, faible secours et matière d’une grave erreur.

Lorsque ces derniers travaux parurent, il y avait un an que le savant doyen de la Faculté des lettres de Paris, M. J.-V. Leclerc, m’avait signalé les publications faites par MM. Devit et Quicherat, et m’avait inspiré l’idée de donner une édition critique des sentences de Varron.

Je n’ai connu les manuscrits de Padoue que par l’édition de M. Devit.

Mais j’ai étudié avec la plus scrupuleuse attention le manuscrit le plus important, celui d’Arras.[58] D’autre part, j’ai consulté à la bibliothèque impériale le manuscrit de Saint-Victor, signalé par D. Pitra; pour Vincent de Beauvais, j’ai eu sous les yeux l’édition donnée à Douai en 1624, et un assez grand nombre de manuscrits.[59]

Enfin mes recherches m’ont fait connaître plusieurs sources nouvelles:[60] 1° ce recueil n° 8542 qui est le plus important après les deux grands manuscrits et renferme le texte assez pur de cinquante-quatre sentences; 2° cet autre si beau et si correct n° 8818a , Flosculi e varus; tous les deux de notre bibliothèque impériale et restés comme inconnus jusqu’à ce jour, bien qu’ils figurent sur le catalogue imprimé de ses anciens fonds; 3° le Liber Vaticani de la bibliothèque Mazarine et de la bibliothèque royale de Bruxelles;[61] 4° le Sophologium, qui imprimé depuis près de quatre siècles, avait également échappé à tous les regards;[62] 5° les cinq Chroniques que j’ai mentionnées.

Telles sont dans leur ensemble les sources de cette édition; mais avant d’y puiser il fallait connaître exactement la valeur de chacune d’elles, et pour y parvenir j’ai dû comparer toutes les variantes, toutes les omissions, toutes les coupures, tous les renversements.

J’ai été conduit ainsi à reconnaître la supériorité du manuscrit d’Arras sur celui de Padoue; à placer en seconde ligne après ces deux grands recueils le manuscrit 8542 de la bibliothèque impériale, celui de Saint-Victor, le recueil Flosculi e variis et les ouvrages de Vincent de Beauvais; à ranger dans une dernière catégorie les reproductions de ce dernier texte, à savoir: le Liber Vaticani, le Sophologium , le petit manuscrit de Padoue, le de Vita et moribus philosophorum de Paris et de Vicence, le manuscrit de Barth, le traité de Jacques de Cessoles et enfin les Chroniques. Cette comparaison attentive des différents manuscrits et cette connaissance de leur valeur relative, m’a conduit à établir le texte que je publie et les variantes qui l’accompagnent. J’ai cru devoir conserver dans le texte les désignations que donne le Liber Vaticani.[63] Pour chaque sentence j’ai indiqué tous les manuscrits de la première et de la deuxième classe, où elle se rencontre, et j’ai noté toutes les leçons qu’ils présentent, toutefois sans tenir compte d ce qui n’était que différence orthographique, ou des Inversions qui n’avaient nulle importance, ou de quelques altérations du texte dans le Speculum doctrinale.

Mais je n’ai cité les ouvrages de la troisième catégorie que lorsqu’il y avait quelque intérêt à le faire; c’est assez de savoir qu’ils ne donnent aucune des sentences omises par Vincent de Beauvais; tenir compte de toutes leurs leçons, c’était grossir inutilement et embarrasser nos variantes.

J’ai joint au texte des notes explicatives; les mêmes idées se présentant plusieurs fois dans ce recueil, il est indispensable de rapprocher ces sentences entre elles; d’autre part, pour en établir à la fois et l’authenticité et le sens, il faut les comparer aux ouvrages et aux fragments de Varron et rappeler les opinions de l’école à laquelle il appartient, particulièrement celles de Sénèque.

Enfin j’ai accompagné le texte d’une traduction. Plusieurs sentences de Varron ont été publiées en français dans le Mirouër historial d’après Vincent de Beauvais (Lyon, 1479; Paris, 1495), dans la Mer des Hystoires (Paris, 1488) et dans la traduction du livre de Jacques de Cessoles par Jehan de Vignay (Paris, 1504). M. Labitte, en rendant compte dans la Revue des Deux Mondes (août 1845) des publications de MM. Œhler et Devit, y traduisit vingt-sept pensées, et l’on doit à M. Caron une traduction complète de ces sentences publiée dans les Mémoires de l’Académie d’Arras (1855).

DEUXIÈME PARTIE.

LES SENTENCES DE VARRON.

I.

Valeur philosophique et authenticité de ces sentences.

Jetons maintenant un coup d’œil général sur ce recueil de sentences. Quelles sont les idées qui y dominent?

« Nous valons moins, dit l’auteur, par la variété de nos souvenirs que par nos propres réflexions; recevoir des leçons, c’est dépendre d’autrui; accepter des opinions, c’est rendre hommage à ceux de qui nous les tenons; mettre à profit les travaux des autres, c’est chose utile sans doute; mais quel mérite à recueillir un héritage que nous ne savons point améliorer? Ce qui honore, c’est de ne relever que de soi-même.

» La foi en autrui n’est pas la science; car il n’y a de vraie connaissance que celle qu’on puise en son propre fonds, et la science ne se communique pas. Tout opposée à cette défiance de nous-mêmes qui entretient une aveugle soumission, elle consiste dans l’activité de notre esprit, dans l’effort personnel. Nul n’est philosophe, s’il ne pense par lui-même; et pour mériter le nom de maître, ce n’est point assez d’une science d’emprunt, il faut, être plus riche de ses propres idées que des idées d’autrui et forcer par ce mérite d’une pensée originale l’assentiment et l’admiration de ses disciples.[64]

» Pensons toujours que nous sommes nés pour l’étude, et poursuivons avec persévérance cette grande œuvre de la recherche de la vérité. Si nous nous en détournons et nous reposons un instant, que se soit seulement pour éviter la fatigue et le dégoût. La science du reste est infinie, et la philosophie a pour l’esprit un double charme par la variété et par la difficulté même de ses études.[65]

» Mais rappelons-nous que s’engager dans toutes les voies c’est n’atteindre aucun but, que passer rapidement sur toutes choses, c’est ne rien connaître; sachons discipliner et fixer notre esprit.[66] » Craignons surtout de nous laisser séduire par ces discussions oiseuses qui émerveillent les ignorants, par ces subtilités exagérées qui jettent au-delà du vrai. Dégageons la vérité des voiles qui l’enveloppent, et considérons-la en elle-même indépendamment de la personne qui la dit et du charme souvent trompeur des expressions.[67]

» Les livres ne peuvent être que le point de départ de nos études, et l’on ne saurait y puiser la science; car on ne peut en pénétrer le sens que grâce à l’expérience et aux connaissances qu’on a déjà acquises. Portons donc nos regards vers les choses elles-mêmes, et interrogeons ce maître qui ne saurait nous tromper, la nature.[68]

» Tel est le double principe de la science; d’une part ce sont les êtres qui nous environnent, c’est la nature; d’autre part en nous-mêmes, c’est la volonté et son effort.

» Cette même activité raisonnée et persévérante qui conduit à la science, mène aussi à la sagesse. N’imitons pas ceux qui dans une oisive illusion attendent, sans rien faire pour les mériter et les acquérir, le succès et le bonheur: laissons-là les vœux stériles. Pensons toujours qu’user du temps c’est user de nous-mêmes, que nous n’avons la vie que pour en faire un noble usage, et que chercher les loisirs c’est craindre de devenir meilleur.[69]

» Parvenus à la vérité et à la sagesse, enfermions-nous dans une sage réserve, et tout en pensant comme le petit nombre, parlons comme tous. Il est des vérités qu’il est inutile de répandre et des erreurs qu’il faut laisser au vulgaire, des préjugés qui lui sont utiles. Gardons-nous également de l’ignorance qui nous fait partager ses vaines opinions et de la folie qu’il y a souvent à être sage contre tous.[70]

» Laissons subsister la crainte de la mort, crainte salutaire au plus grand nombre; mais n’oublions pas que la mort est de notre condition même et marque seule la différence entre Dieu et nous, qu’il serait insensé de lutter contre la nature, et que ne point accepter un mal nécessaire, c’est un double mal; enfin que nous ne serons après la vie que ce que nous étions auparavant, et que nous n’avons pas plus à craindre la mort qui la suivra que nous n’avons souffert de celle qui la précéda.[71]

» La pauvreté n’est point chose réelle, mais une comparaison de notre sort à celui d’autrui; elle réside en notre imagination, elle n’est que vaine opinion.[72] De même la fortune que le vulgaire reçoit avec tant de joie et qu’il ne sait perdre sans pleurer, ne tient son prix que de notre erreur même. Le sage comprend qu’il n’a rien à en attendre et rien à en craindre, qu’elle n’est pas le bonheur puisqu’un homme malheureux peut la posséder, que ce qui est à tous n’appartient à personne, que ce qui est hors de nous n’est pas à nous: il fait dès-lors même visage à la fortune qui vient et à la fortune qui s’en va; il apprend à commander à la fortune, il apprend à la mépriser et il devient par-là plus puissant que les rois eux-mêmes.[73]

» Sa royauté, c’est la philosophie qui lui donne la parfaite liberté et la jouissance de tous les biens. Ces biens il les possède en son âme à l’abri de toute atteinte, et il les porte avec lui, comme en tous lieux il porte avec lui sa patrie.[74]

» Il ne se permet ni faible condescendance, ni admiration complaisante, ni louange pour soi-même: il fait peu de cas des éloges du vulgaire, moins encore de l’adulation qui n’est à ses yeux qu’un intérêt mal dissimulé; mais sans rechercher les éloges, il ne peut manquer de les obtenir, et la gloire ne fait jamais défaut à qui sait la mériter.[75]

» Il sait accorder ses bienfaits sans les faire acheter par des instances qui leur ôteraient leur prix et avec cette libéralité parfaite qui ne s’attend pas à être payée de retour et ne place pas à usure.[76]

» Enfin son amitié, née de la raison et fondée sur l’estime, résiste à toutes les épreuves, même à celle du malheur; elle est aussi désintéressée que stable, et il se persuade qu’il ne pourrait cesser d’aimer ses amis sans se haïr lui-même.[77]

Je ne veux considérer ici que l’ensemble de ces sentences pour rendre plus visible à nos yeux l’unité de la doctrine philosophique qui domine leur variété. Qu’elles se rapportent à l’intelligence et à la direction de l’esprit, ou qu’elles aient trait à la conduite et à l’ordre moral, toutes elles rappellent l’école stoïcienne; s’il en est qui sont de tous les temps, il en est aussi un grand nombre qui expriment des idées particulières à cette école: il en est enfin qu’un stoïcien seul peut avoir écrites.

Varron disait, il est vrai, qu’il était pour l’ancienne académie,[78] et Cicéron lui rappelait qu’ils avaient même doctrine, comme ils avaient eu même maître.[79] Mais cet Antiochus d’Ascalon qu’ils ont entendu l’un et l’autre, dans son désir d’allier l’ancienne académie et le stoïcisme, confondait avec peu de critique ces écoles si différences et ne parvenait point à tromper ses contemporains qui reconnaissaient en lui le stoïcien au milieu de l’académie. Tandis que Cicéron, tout en faisant voir un certain goût pour le stoïcisme, se rappelle Philon de Larisse, et conserve une prédilection pour l’académie; Varron, par une illusion généreuse, se plaît à proclamer qu’il est de l’école de Platon; mais disciple d’Aelius, il a laissé le stoïcisme pénétrer jusqu’au tond de son esprit.

Ainsi il partage les opinions des stoïciens sur la source et la valeur de nos connaissances,[80] sur la nature et les rapports de la dialectique et de la rhétorique,[81] et c’est à eux qu’il emprunte ses théories grammaticales.[82]

Qu’il écrive le de Lingua latina, ou qu’il traite de la physique, il invoque sans cesse l’autorité de Zénon, de Cléanthe, de Chrysippe, d’Antipater, d’Aelius.[83] Avec eux, il a appris à appliquer à toutes ses recherches une analyse exacte et féconde, considérant successivement pour chaque chose la substance, le lieu, le temps et le mode,[84] à distinguer en chaque être le principe passif et le principe actif, à identifier l’un avec le corps, l’autre avec l’âme et celle-ci avec le feu.[85]

Il pense, comme eux, que l’âme exprime sa puissance dans la nature à trois degrés et sous trois formes différentes, principe de la vie dans la plante, du sentiment dans l’animal, de l’intelligence dans l’homme;[86] qu’en nous elle a huit facultés,[87] dont la principale est l’intelligence même, la raison faite pour commander;[88] que le principe actif répandu dans l’univers, l’âme du monde, c’est Dieu;[89] que Dieu n’est point distinct du monde et que toute nature est Dieu;[90] que les différentes manifestations de ce principe unique, représentées chacune par un nom particulier, sont comme des divinités différentes.[91]

Avec les stoïciens, avec le pontife Scévola, il distingue trois espèces de théologie:[92] cette théologie physique et naturelle qui, comme le remarque saint Augustin,[93] ne s’élève point au-dessus de la nature et ne reconnaît aucun principe supérieur à l’âme du monde; la théologie poétique, ensemble de vaines fictions, et la théologie civile, établie par les législateurs comme un secours et comme une discipline pour les âmes vulgaires. Il est bon, dit-il, que le peuple ignore la théologie poétique; quant à la théologie naturelle, elle dépasse la portée de son intelligence[94] et demeure réservée au philosophe, qui, par elle, interprète et critique la religion des poètes et celle des législateurs.[95]

Enfin le rang qu’il assigne à la morale, but suprême de la philosophie, ses idées sur la vertu, sur les autres biens qui ne sauraient lui être comparés, mais concourent avec elle à former la vie la plus heureuse,[96] tout rappelle encore le stoïcisme, mais tempéré et tel que l’ont enseigné Panétius, Posidonius, Antiochus. Delà une certaine analogie entre les pensées que nous publions et celles de Sénèque, parfois même des rapports si frappants qu’ils peuvent étonner, si l’on ne se rappelle que ces deux philosophes ont accepté les opinions et les formules consacrées d’une école.

Ainsi cet esprit tout stoïcien qui dominait dans les traités de Varron, tient aussi la plus grande place dans le recueil de ses sentences. Sont-elles parfois obscures? il suffira pour les comprendre d’étudier sa doctrine et les fragments de ses ouvrages; alors on rencontrera dans les Antiquités et dans le de Philosophia les idées et les expressions mêmes qu’elles présentent, et cette comparaison établira leur authenticité de la manière la i4us certaine.[97]

II.

Ces sentences ont été extraites des ouvrages de Varron.

Mais ce recueil a-t-il été composé par Varron lui-même, ou bien nos sentences ont-elles été plus tard extraites de ses ouvrages?

Remarquons d’abord que les anciens n’ont jamais attribué à Varron un livre de sentences, et qu’il serait difficile de s’expliquer leur silence sur ce point.

D’autre part, un pareil livre n’exige pas, il est vrai, une composition méthodique; mais le désordre de celui-ci, des sentences presque identiques séparées les unes des autres, une même série d’idées plusieurs fois reprise et quittée, tout semble attester que nous avons sous les yeux des pensées extraites à la lecture des ouvrages de Varron.

Aussi trouvons-nous dans ce recueil toute l’obscurité que présentent des phrases détachées, et souvent, dans l’embarras de donner à tel fragment un sens précis, on regrette de n’avoir plus pour l’expliquer les pensées qui le précédaient.

Du reste, il suffit de lire avec attention ces sentences pour y surprendre en quelque façon le travail du compilateur: ainsi l’on sera frappé de la répétition de formules banales qui ont facilité son œuvre;[98] on rencontrera des réflexions inutiles par lesquelles il a cru compléter ou expliquer la pensée;[99] mais on sera frappé surtout de l’inégalité d’un style où, à côté d’expressions et de pensées entières qui rappellent la manière et l’époque de Varron, il se trouve des phrases tout abstraites dont les formes scolastiques trahissent les habitudes d’une pensée plus moderne,[100] des mots enfin qui n’ont jamais été employés par les bons auteurs, et qu’on chercherait vainement à prendre pour des archaïsmes.[101]

Frappés de ces obscurités et de ces incorrections du style, dirons-nous, avec Orelli,[102] que ces sentences ne sont point de Varron, mais de quelque auteur du cinquième ou du sixième siècle? Ce critique n’avait sous les yeux que le texte imparfait publié par Barth et quelques sentences du Speculum doctrinale.

Pour nous, nous pensons avec Barth, avec Schneider, avec Schoell,[103] avec M. Devit, avec M. Quicherat, avec M. Oehler,[104] qu’elles ont été extraites des ouvrages de Varron, et nous ajoutons avec Barth et M. Oehler que ce recueil fut composé dans un siècle éloigné déjà de celui où avait vécu notre philosophe.[105]

Les manuscrits ne nous fournissent-ils aucun renseignement sur ce sujet?

Le manuscrit n° 8542 de la bibliothèque impériale porte Proverbia Varronis, comme on lit ordinairement Proverbia Ciceronis, Proverbia Senecae, en tête des pensées extraites des ouvrages de Cicéron et de Sénèque.

Mais dans le manuscrit de Padoue, les sentences ont comme titre: Proverbia Varronis ad Paxianum, dans ceux d’Arras et de Saint-Victor: Sententiae Varronis ad Papirianum Athenis audientem. Ainsi le manuscrit de Saint-Victor reproduit le titre du manuscrit d’Arras, comme il en rappelle les leçons, et tous les deux, par ce titre, diffèrent du manuscrit de Padoue, comme ils en diffèrent par leur texte.

Ces titres prouvent-ils que Varron ait composé un recueil de sentences, et qu’il l’ait adressé à un certain Paxianus ou Papirianus? Non; ils conviendront tout aussi bien à un choix de pensées tirées d’un ouvrage de Varron dédié à Paxianus ou Papirianus, ou encore à un recueil de sentences varroniennes fait plus tard pour une personne de ce nom. Voilà donc plusieurs sens possibles, plusieurs interprétations aussi plausibles les unes que les autres; et ce Paxianus ou Papirianus, c’est un contemporain, un ami de Varron qui a reçu l’envoi de ses sentences mêmes ou de tel autre de ses ouvrages, ou bien c’est le personnage auquel plusieurs siècles après un compilateur dédie le recueil des sentences extraites par lui des œuvres de Varron.

Cet ami auquel Varron a dédié l’ouvrage d’où les sentences sont tirées, c’est Paxamus suivant D. Pitra;[106] selon M. Devit, c’est un P. Axianus, ou un Axius; ou encore un Actius; enfin, si nous en croyons Schneider, il s’agit d’Atticus lui-même, qu’une singulière méprise des copistes a transformé en atheniensis auditor.[107] D’autre part, M. Oehler demande si ce recueil n’aurait pas été dédié à Pacianus, c’est-à-dire à saint Pacien, évêque de Barcelone, mort à la fin du quatrième siècle.[108] Pourquoi ne nommerions-nous pas aussi Papirianus ou Papyrianus, auteur d’un traité de Orthographia, cité par Priscien et Cassiodore? Les conjectures ne feront pas défaut; mais s’il est facile de les multiplier, il est impossible d’arriver par cette voie à quelque chose de certain.

Dans les ouvrages de Vincent de Beauvais, il n’est plus question de Paxianus ou Papirianus, et ce jeune homme qui étudie à Athènes devient un étudiant athénien, pour qui le recueil des sentences a été composé par Varron lui-même. Exstant Sententiae Varronis ad atheniensem auditorem morales atque notabiles, dit-il dans le Speculum historiale; et au début du Speculum doctrinale: Varro ad atheniensem auditorem. Nous trouvons ici tout à la fois une omission et une inexactitude dans la reproduction du titre, et d’autre part une interprétation arbitraire.

Tous les auteurs qui ont suivi le texte de Vincent de Beauvais[109] attribuent comme lui ce recueil de sentences à Varron et disent qu’il les a adressées à un étudiant athénien dont ils n’ont pas conservé le nom. Ainsi Antonin de Forciglioni et l’auteur du Compendium chronicarum reproduisent les expressions mêmes de Vincent de Beauvais; Schédel emprunte ses sentences au Liber Moralis de Varron; Arnold de Hollande, dans la première partie du Liber Vaticani, l’auteur du traité de Vita et moribus philosophorum, Colonna et Foresti dans leurs Chroniques citent ce Librum moralem quem Varro scripsit ad atheniensem auditorem. Vincent de Beauvais, aux livres V et VI du Speculum doctrinale, dit simplement Varro in Sententiis; de même Jacques le Grand et Jacques de Cessoles, Varro in Sententiis, ou in suis Sententiis.

Les résultats de notre discussion sur la valeur relative de nos différentes sources sont confirmés en quelque façon par la diversité même des titres sous lesquels s’offrent à nous les sentences de Varron. Il est toute une classe d’ouvrages qui ne font que reproduire en l’altérant le titre donné par Vincent de Beauvais. Quand ils présentent ce recueil de sentences comme une œuvre spéciale de Varron, ils n’ont aucune autorité à nos yeux, et nous n’y voyons sous diverses formes qu’une erreur de Vincent de Beauvais.

Du reste nous pouvons établir directement que ces sentences sont extraites de divers ouvrages de Varron, cela grâce au témoignage inconnu jusqu’ici du Liber Vaticani et des Chroniques. Arnold de Hollande reproduit, il est vrai, le texte de Vincent de Beauvais; mais, comme il nous l’apprend lui-même,[110] il avait résidé en Italie, à Bologne et à Padoue, et pendant le cours de ses études, il avait consulté grand nombre d’érudits, compulsé grand nombre de livres. Sans doute, alors, il eut sous les yeux quelque copie ancienne où les ouvrages de Varron étaient désignés à la marge.[111] Il nous a conservé pour quatorze sentences ces indications précieuses et cite huit fois Varro in Moralibus, deux fois in libro Moralium, quatre fois in libro (ou in lib. Antiquitatum).

Rappelons qu’Arnold de Hollande dans la première partie de son ouvrage et plusieurs autres auteurs ont nommé le Liber Moralis de Varron. Mais Schédel et Foresti font plus; ils le citent et la sentence qu’ils lui empruntent est précisément de celles qu’Arnold de Hollande met sous la rubrique: Varro in Moralibus. On doit donc penser que ces différents titres: Moralia, Liber Moralium, Liber Moralis, se rapportent à un seul et même ouvrage de Varron.

Ne serait-ce point quelque livre adressé par Varron à un Paxianus ou Papirianus qui étudiait alors à Athènes, un livre des Logistorici, le de Moribus par exemple? ou plutôt ne faut-il pas l’entendre de l’ensemble même de ces Logistorici dont les sujets avaient trait à la morale, et dont les titres se rapportent si bien aux diverses séries de nos sentences: Catus, de Liberis educandis; Marius, de Fortuna; Messala, de Valetudine; Tubero, de Origine humana; Curio, de Cultu Deorum; Gallus, vel Fundanius, de Admirandis; Pius, de Pace; Orestes, de Insania; de Pudicitia; de Moribus[112]?

Quant aux passages où nous lisons in libro ou in Antiquitatum, il est à remarquer d’abord que auteurs anciens se sont contentés plus d’une fois de désignation vague: in libro Antiquitatum.[113] Si Arnold de Hollande ne cite pas spécialement le livre des Antiquitates rerum hwnaiiarum, ou des Antiquitates rerum humanarum ou regretter que son témoignage ne soit pas plus précis, mais ce n’est point une raison de le rejeter; et quand il cite un fragmenta connu de la satire de Officio mariti c’est sous cette seule désignation également vague et générale: in satyra quae Menippea inscribitur.[114] Enfin, si l’on demande comment on a pu emprunter des sentences morales au traité des Antiquités, nous rappellerons que saint Augustin[115] parle de livres d’introduction placés en tête de chacune des parties de l’ouvrage, pour exposer d’une manière générale l’objet des Antiquités humaines et des Antiquités divines, et que ces livres ne sont sans doute autre chose que les Proœmia antiquitatum, où, d’après le témoignage de Cicéron,[116] l’auteur avait cherché à mettre les questions philosophiques à la portée de tous, et à frapper l’esprit par une manière plus agréable et plus piquante.

Nous sommes d’autant plus portés à accepter l’autorité d’Arnold de Hollande, qu’elle confirme l’opinion des meilleurs critiques, celle à laquelle nous avons été conduit aussi par un examen attentif des sentences et de leur style.

La place même que ce recueil occupe dans nos grands manuscrits indique assez quelle est sa nature; n’avons-nous pas remarqué que le manuscrit d’Arras, celui de Padoue, celui qui porte le n° 8542 de la bibliothèque impériale, celui de Saint-Victor, loin de nous le présenter au milieu d’œuvres originales, le rangent parmi les extraits, parmi les choix de pensées

Un âge vint où l’on se plut à rassembler les belles pensées qui se rencontraient dans les ouvrages des anciens; comment n’aurait-on pas fait pour Varron ce que l’on fit tant de fois pour Cicéron, pour Sénèque? Les parties de ses écrits qui sont parvenues jusqu’à nous et les témoignages des anciens,[117] tout nous montre qu’il était aisé d’emprunter des sentences à l’auteur des Logistorici et des Satires ménippées. Peut-être même le recueil que l’on en fit se composait-il de plusieurs livres; c’est du moins ce que semble indiquer le témoignage de Matthias Farinator.[118]

Malheureusement celles qui nous restent et que nous publions aujourd’hui laissent trop sentir le travail d’une main plus récente; l’obscurité et l’incorrection du style, c’est la marque dont les a frappées le compilateur; mais souvent aussi elles conservent, comme un souvenir de leur origine, la vérité qui saisit notre esprit et un tour heureux qui le charme.

 


 

Les différentes sources de cette édition sont désignées par les abréviations suivantes:

a. Arnoldi de Hollandia Liber Vaticani.

A. Atrebatensis cod. 305. Flores sententiarum.

b. Barthii cod.

C. Colbertinus ohm, nunc Parisiensis, cod. 854.

D. Doctrinale speculum Vincentii Bellovacensis.

F. Flosculi e variis, Parisiensis cod. 8818.

H. Historiale speculum Vincentii Bellovacensis.

m. De vita et moribus veterum philosophorum et poetarum.

P. Patavini seminarii cod. 101.

p. Ejusd. biblioth. cod. l6.

z. Sophologium Jacobi Magni.

V. Victorinus cod. 640.

Les manuscrits A. et P. sont les plus importants; viennent ensuite C. V. F. H. D.; enfin a. z. p. m. b.

 

SENTENTIAE VARRONIS

SENTENCES DE VARRON

I. - 1. Dii essemus, ni moreremur.

2. Expedit vulgo timor mortis.

3. Non est pejus nasci, quam mori; sed demus verba nostro seculo.

4. Cum natura litigat, qui mori grave fert.

5. Duplex est malum, quum, quod necesse est, moleste ferimus.

6. Mors nullius nova, sed credita; vitam utrinque complectitur.

7. Mors, si prima, non pejor est ultima.

1. P. Morernur. - Devit, moreremur.

2. A. P. V.

3. A. - P. in duas sententias dividit. - V. F. posteriorem sententiae partem omiserunt.

4. A. P. H. - D. (VI, 114.) conjungens cum sequenti duplexque.

5. A. F. H. D.(ll.) - P. Quod quum.

6. A. Ullius, utrumque; sed in hoc cod. semper ullo, ullum; leguntur pro nullo, nullum. - P. Nulli, utrinque.

7. A. Se prima, quod emendatur additis supra lineam verbis vel si. - Quicherat, haec omnia in textum transferens: mors vel si se prima. - P. in éd. DeviL., manifesto errore: mors senis.

I. - 1. Sans la mort l’homme serait un Dieu.

2. La crainte de la mort est pour la foule une crainte salutaire.

3. N’hésitons pas à tromper les autres et à dire, s’il le faut, que la mort est préférable à la vie.

4. Se révolter contre la mort, c’est lutter contre la nature.

5. S’irriter d’un mal nécessaire, c’est en souffrir doublement.

6. La mort nous semble nouvelle, mais ne l’est pas; elle a précédé notre vie comme elle doit la suivre.

7. Si la mort précède l’existence, est-elle plus à craindre quand elle en marque le terme?

II. - 8. Loquaris ut omnes; sentias ut pauci.

9. Ratio est vitae in multam concedere turbam.

10. In multis contra omnes sapere, desipere est.

8. A. F. H. - P. Loquens.

9. A. - P. Robur.

10. F. H. D. (V, 124.) π. μ. - P. et averso; A. V. et e contra; quae quidem verba, quum sint recentioris aevi, nec satis intelligantur, addititia videntur nec in textum recipienda. - ζ. Et non sapere.

II. - 8. Parlez comme tous, pensez comme le petit nombre.

9. La sagesse, c’est de ne point se distinguer de la foule.

10. C’est souvent une folie d’être sage contre tous.

III. - 11. Sic flet heres, ut puella viro nupta; utriusque fletus non apparens est risus.

11. A. F. - P. et V. Ut puella nupta viro. - V. omisso sic.

III. -11. Homme qui hérite, fille qui se marie, versent mêmes larmes; sous leurs pleurs se cache la joie.

IV. - 12. (In Moralibus.) Ficte referas gratiam invite danti.

13. Vix datum ne putes beneficium, sed praedam.

14. Semel dedit qui rogatus, bis qui non.

15. Extorquere est plus quam semel rogare.

16. Turpissimum est in datis foenus sperare: puicherrimum est cum foenore data reddi.

17. (In Moralibus) Ex animo dantis censeatur munus magnum.

12. A. V. F. H. D. (V, 51.)  -  P. α. ς. π. μ. Gratias.

13. A. V. F. H.  - P. Vix ne datum. - π. Vi datum ne reputes. - α. μ. (in cod. Vic.) Vix datum ne reputes. - ς. et D. (V, 51, in cod. Par. 6428 et ed. Duac.) Vix datum est, ne putes...

14. A. V. H. D. (V, 51.)- P. Dat.., qui non rogatus.
15. V. H. D. (V, 51.)
α. ς. π. μ. - A. Plus est. -P. Est plus, sed omisso quam. - Antonini Chronica, plusquam

16. A. P. V. F. - In H et D. (V, 53.) Fœnus desideratur; ita etiam in D. (V, 50.), sed omissa insuper posteriores sententiae parte.
17. A. V. - P. Magnum vel parcum. - H. D. (V, 46.): Censetur. -
π. De animo.

IV. - 12. A bienfait arraché, feinte reconnaissance.

13. Ce qu’on donne à regret, je ne le prends pas comme un bienfait, mais comme une proie.

14. Céder aux demandes, c’est donner une fois; les devancer, c’est un double bienfait.

15. Insister n’est plus prier, c’est user de violence.

16. Il est honteux de placer les bienfaits à intérêt; il est beau de les rendre avec usure.

17. La valeur d’un présent dépend des sentiments de celui qui le donne.

V. - 18. Nec sequi nec fugere fortunam decet, si modo non magis obsit quam non noceat.

19. Potentius imperare fortunae quam regibus; vir ergo bonus regum est maximus.

18. A. P.
19. A. - P. Potentius est. - Devit, hanc sententiam in duas dividens, alteram ita edidit, § 21: Vigor bonus regnum maximum est.

V. - 18. Nous ne devons ni poursuivre la fortune ni la fuir; c’est chose indifférente, tant qu’elle n’est pas un obstacle pour la vertu.

19. Celui qui commande aux rois est moins puissant que celui qui commande à la fortune; aussi l’homme de bien est-il le plus grand des rois.

VI. - 20. (In Moralibus seu in libro Morali.) Amici divitum paleae sunt circa grana.

21. (In libro Morali.) Vis experiri amicum? Calamitosus fias.

20. A. V. H. D. (VI, 7 et 91.) - P. Granum.
21. A. V. F. H. D. (VI, 91.) - P. Fiat.

VI. - 20. Les amis du riche, c’est la paille autour du grain.

21. Voulez-vous éprouver un ami? devenez malheureux.

VII. - 22. Non refert quis, sed quid dicat.

23. Captiosus de verbis disputator, canis est aerem captans pro praeda.

24. Qui audit ut auditorum narrator sit, nunquam fiet par docenti.

25. Precarium habet fundamentum qui ex alienis pendet.

26. Ad profectum scientiae nil aeque impedit ut diffidentia.

27. Mediocriter nosse aliqua, non nosse est.

28. Eo hodie philosophia perducitur, ut praeclare nobiscum agatur, si in his aetetatem consumimus exponendis, quibus antiqui suae portionem commodabant contexendis.

29. Apum mella comedimus, non ipsi facimus.

30. O heredes magnifici, qui relictis nil vel falsa addimus ! Nulla, quam talis, melior esset additio. Quae optima accepimus, ad posteros ex nobis corruptissima pervenient.

22. A. P. V. F. H.

23. A. P.

24. A. V. - P. Narrator fiat.

25. 26. A. P.
27. A. - In P. Devit utroque loco legit noscere.

28. A. sine. - P. in ed. Devit., 30. Producitur... ubi praeclare... § 31. Si in iis... quibus (omissa voce antiqui) suae portionem vitae commodabant restituendis. (“Difficilitas inest ultimae voci, ait Devit, quae intellectu non ita facilis est in codice ipso.”

29. A. P.
30. A. Qui relictis nil falsa. - P. in ed. Devit. , § 33... nil dictis vel falsa... nulla quia. § 84. Quam optimam accipimus ad posteros ex nobis vel corruptissima perveniet.

VII. - 22. Ne regardons pas à la personne qui parle, mais bien aux choses, qu’elle dit.

23. Ce sophiste habile à discuter sur les mots, c’est le chien qui pour toute proie cherche à saisir le vent.

24. Celui qui n’écoute que pour répéter, n’égalera jamais son maître.

25. Science empruntée est un fondement mal assuré.

26. Le plus grand obstacle à nos progrès dans la science, c’est la défiance de nous-mêmes.

27. Savoir à demi, c’est ne pas savoir.

28. Tel est aujourd’hui l’état de la philosophie que nous croyons avoir assez fait en consumant toute notre vie à exposer ces mêmes vérités dont la découverte ne coûtait aux anciens qu’une partie de la leur.

29. Nous mangeons le miel des abeilles; nous ne le faisons pas.

30. Ne sommes-nous pas de dignes héritiers? A l’œuvre des siècles passés nous n’ajoutons que des erreurs ! Mieux vaudrait n’y point toucher: ce que nous reçûmes excellent, va passer altéré et corrompu de nos mains à celles de nos descendante.

VIII. - 31. Imperfectum est quidquid ad emendationem venit.

31. A. P. F.

VIII. - 31. Ce qui peut être mieux est imparfait.

IX. - 32. Puerilis est amicitia quam non praecessit judicium.

33. Alit concordiam mores ad cohabitantium animos formare.

32. A. V. (bis quidem in hoc cod.) - P. In ed. Devit., Quae.
33. A. F. H. D. (V, 44 et 56; VI, 38.)- P. Conformare aliae pro alit. - V. Ad coh. animas mores formare.

IX. - 32. C’est une amitié d’enfant que celle qui ne vient pas de l’estime.

33. Pliez votre conduite à l’humeur de ceux qui vous entourent; la paix est à ce prix.

X. - 34. Nemo suum putet, quod extra ipsum est.

35. Nullius est quod multorum esse potest.

36. Vir bonus, quocumque it, patriam suam secum fert; omnia sua animus ejus custodit.

37. (In Moralibus.) Eo vultu dimittendae sunt divitiae quo accipiendae.

38. Vulgus, quidquid cum gaudio accipit, cum fletu amittit.

34. A. P. V. F. H. D. (VI, 76.)
35. A. P. V. F.
36. P. - A. Accius, pro compendiis verborum animus et ejus. -. H. D. (VI, 76.) Et omnia sua custodit, omissis verbis animus ejus.
37. A. P. V. F..H. - p. Quo et acceptandae - D (VI, 77.) Eo animo.
38. A. V. F. H. - P. Accepit.

X. - 34. Nul ne doit penser qu’il possède ce qui est hors de lui.

35. Ce qui peut être à plusieurs n’est à personne.

36. En quelque lieu que se rende l’homme vertueux, il y porte avec lui sa patrie; il conserve tous ses biens dans son âme.

37. Faisons même visage à la fortune qui vient et à la fortune qui s’en va.

38. Le vulgaire ne sait perdre, sans les pleurer, les biens qu’il a accueillis avec joie.

XI. - 39. Philosophiae non accommodari tempus, sed dari oportet; ipsa enim praecipuus est Dei cultus.

40. Ex negotio semper otium sumendum, eo tamen ne ex continua assiduitate, necesse sit id deseri.

39. A.- P. in ed. Devit: Ipso est pretiosus (est) Dei cultus.
40. A. - P. Sumendum est. - V. Id assiduitate necesse sit deseri...

XI. - 39. Ce n’est pas assez de quelques instants donnés à la philosophie: consacrons-lui tout notre temps; car elle st la meilleure manière d’honorer Dieu.

40. Ne nous reposons que quand la fatigue nous y oblige; craignons seulement qu’une trop constante persévérance nous réduise à renoncer au travail.

XII. - 41. Hic perfecte methodum babet, qui idem est repentinus qui praeparatus.

42. Praeparatis favor, repentinis gratia exhibenda est.

41. A. Sic. - P. in ed. Devit., § 45. Hic... § 46. Idem est. ac rep. qui et praeparatus; praeparatis favor...
42. A. P.

XII. - 41. Pouvoir se passer de préparation c’est le propre du talent le plus accompli.

42. Accueillons avec bienveillance les discours préparés, avec complaisance ceux qui ne le sont pas.

XIII. - 43. Ex auditis memoriae referas laudem; ex inventis, ingenio.

44. Non tam laudabile est meminisse quam invenisse: illud enim alienum, hoc proprii muneris est. Neutrum sine altero scientem facit.

45. (In Moralibus.) Non in disciplinis fidem, sed scientiam habe: fides est media opinionis et scientiae, neutram attingens.

43. A. P. V.

44. V. Illud enim alienum, hoc... - A. et ceteri codd.: hoc, illud. - P. H. Alienum est. - In D. (II, 37.) haec sententia desinit verbo invenisse; in H. p. m. verbis muneris est.

45. In H. D. (V, 115.) α. ς. π. desideratur prior sententiae pars, quae quidem in A. solo integra legitur, sic manca in P. Non in disciplinis fides est media...

XIII. - 43. Ce que nous avons appris fait honneur à notre mémoire; ce que nous avons trouvé, à notre esprit.

44. Nous valons moins par nos souvenirs que par nos propres idées; c’est comme dépendre d’autrui ou bien ne relever que de soi-même; il faut l’un et l’autre pour arriver à la vraie science.

45. Ce n’est pas assez d’avoir foi en autrui, il faut connaître par nous-mêmes; la foi est entre la science et la vaine opinion, éloignée de l’une comme de l’autre.

XIV. - 46. (In Moralibus.) Elucentissimum est edocendi genus exemplorum subditio.

47. Corrixandi materiam saepius dant definitiones.

46. A. D. (II, 87, in cod. Par. 6428 et in ed. Duac.) Elucentissimum. - H. (in codd. Atreb. et Lugd.) D. (VI, 54, in bibl. Par, dicta de l’Arsenal.) Eleucentissimum. - D. (V, 54, in ed. Duac.) Elucidissirnum. - D. (VI, 54, in cod. Par. 6458.) Elucissimum. - z. Lucidissimum. - H. (in cod. Duac.) Evidentissimum; (in ed. Duac.) elegantissimum - α. μ. Excellentissimum. - . Evidentissimum. - P. H. D. (utrumque Vincentii opus in variis codd.) α. ς. Docendi. - D. in ed. Duac., edocendi, subductio.
 47. A. - P. Conversandi,
saepe

XIV. - 46. Rien n’éclaire l’esprit plus que les exemples.

47. Définition n’est souvent que matière à discussion.

XV. - 48. Nil illi certum cui nulla diu placet sententia.

49. Quod verum est per se lucet; sed non nisi pertinaciter disquirenti apparet.

50. (In Moralibus.) Facilitas intelligentiae veri parit negligentiam.

51. Quod intricavit alieniloquium imperitis est gravissimum; id recolunt, id amant, id magnifaciunt; nituntur ut intelligant, gaudent quum sciant, gloriantur quum doceant.

52. Amator veri non tam spectat qualiter dicatur, quam quid: intelligentiam vero sequitur judicium dictorum; ultimum est dicendi qualitas.

48. A. - P. Placent, omisso diu.
49. A. Disquirendi apparendum. - P. Qui verum per se lucet, sed non nisi disquirenti apparet.
50. A. P. H. - In P. tamen videtur haberi vim.
51. P. Imperitis. - A. Imperitius. - Devit, Magnificant, mentiuntur ubi intelligant, hanc sententiam in duas dlvidens, quarum prior desinit voce gravissimum.
52 A. - P. in ed. Devit.; § 57... quid qualiter dicicatur (dicatur)... § 58. Intelligentiam dicti seq. jud., dictorum ult. dic. qual. - Posterior sententiae pars: intelligentiam, etc. In H. a. p. desideratur.

XV. - 48. Rien n’est certain pour qui change sans cesse d’opinion.

49. La vérité brille d’elle-même, mais elle ne se montre qu’à celui qui s’efforce de la découvrir.

50. On fait peu de cas d’une vérité qui se comprend aisément.

51. Ce qui est embarrassé d’expressions bizarres n’en a que plus d’autorité pour les ignorants et leur devient un objet d’étude, d’admiration, d’intarissables éloges; ils s’efforcent de le comprendre et se font une joie de le connaître, une gloire de l’apprendre aux autres.

52. Le sage considère moins l’expression que la pensée; quand il a compris, il juge; la forme pour lui vient en dernier lieu.

XVI. - 53. (In libro Antiquitatum.) Illum elige eruditorem, quem magis mireris in suis quam in alienis.

54. Aut diligendi sunt doctores, aut non audiendi.

55. Inimicorum dicta negliguntur non minus ipsis.

53. A. H. D. (II, 37; VI, 47.) - P. Doctorem.

54. A. P. - V. Magistri.

55. A. - P. Negligentur.

XVI. - 53. Prenez pour maître un homme qui soit plus riche de son propre fonds que du bien d’autrui.

54. Que nul ne soit votre maître, s’il n’a votre affection.

55. Les paroles de celui que je n’aime pas ne me touchent pas plus que sa personne.

XVII. - 56. Omnia nosse, impossibile; pauca, non laudabile.

56. A. P. - F. H. D. (II, 33.) Est impossibile. - F. Pauca vero laudabile; ita etiam H. in ed. Duac.; sed in codd.: Non laudabile.

XVII. - 56. Il est impossible de tout connaître, et il n’y a pas de mérite à savoir peu.

XVIII. - 57. Sunt quaedam quae eradenda essent ab animo scientis; inserendi veri locum occupant.

58. Incorruptum adolescentem doceri unus labor est; corruptum, vel duplex, vel nil proficiens. Sapiunt vasa quidquid primum acceperunt.

57. A. - P. Eradenda sunt... quae sciendi veri. -. H. (in cod. Atreb.) Quia inserendi verum. - H. (in ed. Et cet. codd.) D. (II. 31.) a. Quia inserendi veri.
58. A. - P. Docere. - P. Primo (hoc quidem vocabulum recentiore manu in margine exaratum) conceperint. - D. (II, 41; VI, 12, 48.) tum acceperunt, tum acceperint. - In D. desideratur prior sententiae pars, leguntur autem haec addita: sic est de infantibus.

XVIII. - 57. Avant de semer la vérité dans un esprit, il faut arracher les erreurs qui en occupent la place.

58. Avec l’innocence la tâche du maître est une; avec un naturel corrompu elle est double ou devient inutile. Le vase conserve le goût de ce qu’on y a versé d’abord.

XIX. - 59. Contrarie opinari pluribus, nec in omnibus conveniens, nec in aliquibus incontingens.

59. A. - P. in ed. Devit., est incontingens.

XIX. - 59. Rejeter les idées reçues n’est ni toujours à propos ni toujours déplacé.

XX. - 60. Multum interest utrum rem ipsam an libros inspicias. Meus est, clamat philosophia, quem res ipsae docuerunt.

61. Libri non nisi scientiarum paupercula monumenta sunt; principia inquirendorum continent, ut ab his negotiandi principia sumat animus, nil aliud agens nisi forte propter idipsum intermittit, ne omittat.

60. A. Inspicies. - P. H. D. (II, 33; VI, 45.) Inspicias.- A. Quam res. - P. omittit ipsam. - Hanc sententiam Devit in duas dividit, quarum altera in H. et D. desideratur.
61. A. Papercula. - P. H. D. (II, 33, VI, 45) Paupercula. - P. Inquirendarum.- Devit, ut omittat, carens voce propter. - Posteriorem sententiae partem H. et D. omittunt, quae quidem a priore disjuncta in edd. sensu caret admodum.

XX. - 60. Il est bien différent de considérer les objets ou d’interroger les livres. Mes vrais disciples, dit bien haut la philosophie, doivent leur science aux choses elles-mêmes.

61. Les livres, vains monuments de la science, marquent seulement le point de départ des recherches auxquelles nous devons consacrer toute l’activité de notre esprit, sans jamais nous distraire de notre œuvre que pour nous préserver de la fatigue et du dégoût.

XXI. - 62. Eo tantum studia intermittantur, ne omittantur.

63. Injucunda sunt seria, quae non otium exhilarant.

62. A. H. - P. Eo tamen studia intermittantur paululum. - D. (VI, 45, in ed. Duac. et cod. bibl. Par. dicta de l’Arsenal.) Eo vero fine tantum; (II, 33, in cod. Par.) Eo vero tantum custodia intermittantur, quae quidem manca in ed. Duac. desunt. - Sequuntur in H. D. (VI, 45.) haec verba sententiae nostrae 66: Gaudet nature varietate, et in b.: Gaudent varietate musae, non otio.

63. A. Otium. - P. Incommoda sunt studia quae non otia exhilarant.

XXI. - 62. Ne suspendez vos études que pour n’avoir pas à y renoncer.

63. Il n’y a d’étude intéressante que celle qui laisse une joie dans l’âme.

XXII. - 64. Pauca scientibus, eadem ipsis taedio fiunt.

65. Nil illi taedio cui inquirendorum amplae et multae patent viae.

66. Pulcherrimus locus semper assidenti odibilis est; gaudet natura varietate.

64. A. - P. Taedio sunt.

65. A. - P. Qui multae vel amplae ing. patent viae.

66. A. - P. Locus est assidenti odibile. - Prior hujus sententiae pars desideratur in F. H. D. (II, 33; VI, 45.)

XXII. - 64. Peu de savoir mène au dégoût de ce qu’on sait.

65. Le dégoût est inconnu à qui peut étendre au loin ses recherches.

66. Le plus beau point de vue finit par fatiguer; il faut en tout de la variété.

XXIII. - 67. (In Moralibus.) Nil magnificum docebit, qui a se nil didicit.

68. (In libro Moralium.) Falso magistri nuncupantur auditorum narratores; sic audiendi sunt ut qui rumores recensere magis ducunt.

67. A. H. D. (II, 37; VI, 47.) - P. Qui ex seipso.

68. A. - P. Recenses. - Devit, § 76... recensent. § 77. Magistri dicunt: non... - H. D. (II, 37; VI, 47.) Recensent.

XXIII. - 67. Science empruntée ne fait point un maître remarquable.

68. Qui parle d’après autrui ne mérite pas le nom de maître: autant vaut un conteur de nouvelles.

XXIV. - 69. Non deprehenditur mentiens in his quae nemo novit.

69. A. - P. In iis.

XXIV. - 69. A beau mentir qui parle de ce que nul ne connaît.

XXV. - 70. Virtutes ex tempore mutant genus.

70. 71. 72. 73. A. P.

XXV. - 70. Suivant les circonstances les vertus changent de caractère.

XXVI. - 71. Simplex improbabilium assertio, dementia est; laus infinita, probatio.

72. Excedere communem omnium vel plurium cognitionem pulcherrimum est, si modo non insanis.

71. 72. A. P.

XXVI. - 71. Affirmer sans preuve contre tous c’est folie; le grand mérite c’est de prouver.

72. S’écarter des croyances universelles ou des opinions dominantes, c’est une noble hardiesse, quand ce n’est pas une folie.

XXVII. - 73. Aetates cum earum moribus mutari, non minus laudabile quam honestum.

74. Tam ridenda in sene puerilitas, quam obstupescenda in puero optimorum morum constantia.

73. A. P.

74. A. P. ς. Obstupenda. - H. in codd. Atreb. et Duac., et D. (VI, 42.) Obstupescenda. - D. (VI, 14, in cod. Par. 6428 et ed. Duac.) Stupenda.

XXVII. - 73. Il faut savoir changer d’esprit en changeant d’âge.

74. On rit du vieillard qui a les goûts de l’enfant, comme on s’étonne de trouver chez l’enfant une vertu qui ne se dément jamais.

XXVIII. - 75. Erit quod omni planum omne nulli aperiendum.

75. A. - P. in ed. Devit. Oratione pro omne.

XXVIII. - 75. Inutile d’expliquer ce que tous comprennent.

XXIX. - 76. Nunquam prudentia docuit ; res ipsas consule ; in his negotiari oportet, si verum vis eluceat.

77. Hae res non sunt, quas verborum fecit venustas.

78. In scriptis, quod verum est, ex proximo sumendum, quum id ea non explicant.

76. A. Rem ipsum. - P. in ed. Devit., § 84: Nisi quem prudentia docuit res ipsas, consulem negotiare oportet in iis. 85: Si viri mihi vis eluceat, hae res, etc..:

77. A. P.

78. A. - P. In scriptis verum ex prox. sum.. quum ea ita non explicant.

XXIX. - 76. La science ne se communique pas; il faut interroger les choses mêmes, et avoir commerce avec elles, si l’on veut voir briller la vérité.

77. Le charme des paroles nous trompe sur la valeur des choses.

78. Quand un texte manque de clarté, il n’en faut pas tirer le sens de trop loin.

XXX. - 79. Odere multi phitosophiam, quia, quum sciri multa necesse sit, non est res tanta nisi amplis contenta spatiis: quum libet evagari quocumque quid dubium est, viam invenit.

79. A. Quia sciri... contenta spatiis, contenta quum libet... - P. in ed. Devit., § 87: Oderunt... quia quum necesse sit multa sciri... § 88: Quum libet, etc...

XXX. - 79. La philosophie effraie beaucoup de gens, parce qu’elle exige une grande variété de connaissances et que son domaine est immense: il faut qu’elle puisse à son gré s’étendre partout où il y a des doutes à éclaircir.

XXXI. - 80. Spectaculum sapienti pulcherrimum philosophiam inutilem mentientes, quoniam non pollicetur divitias, studiorum finem; est autem e contrario pollicitans contemptum imperiosum.

81. Diadema sapientis philosophia quoniam in mente sua est, praemium et menti inserendum promittit; fortuna corpori, ipsa enim in corpore: hanc imperitum vulgus videt, quia solo utitur oculo corporeo, corpore sitam, quae corporis sunt pollicitantem; illam autem intuentur, quos mens altior erexit, studium provexit, oblectamentum attraxit.

82. Imperabis regibus, si imperes fortunae. Qui scies ? Contemne ipsam.

80. A. - P. in ed. Devit., § 89: Specta diu studiorum finem. § 90: Est autem e contr. poll. cont. § 91: Imperiosum diad... In margine autem haec supplenda leguntur: Pulcherrimum philosophiae ibi utile.., non pollicetur divitias.

81. A. In mente sua est.., menti incend’. - P. in ed. Devit., § 91 Imp. diad. sap. phil. quae in mente sita est praemiumque menti inserendum promittit. § 95: Fortuna corporis ipsa est in corpore; hanc imperitum vulgus novit et videt quod solo utitur (hoc autem verbum in margine) corp. oculo, in corp... mens erexit. Istuc vita processit, oblectamen attraxit.

82. A. - P. Si scias contemnere ipsam.

XXXI. - 80. Chose étrange pour le sage d’entendre dire que la philosophie est inutile parce qu’elle ne nous présente point les richesses comme but de nos efforts ! Elle promet au contraire de nous inspirer pour elles un mépris superbe.

81. La philosophie est la royauté du sage; elle réside dans l’âme; c’est à l’âme qu’elle promet tous ses biens. La fortune n’a d’action que sur le corps et s’adresse à lui seul; placée dans le corps et lui faisant mille promesses, elle frappe le vulgaire qui ne voit que par les yeux du corps; mais les esprits naturellement élevés, agrandis par l’étude et qui ont été une fois séduits par le charme de la philosophie, tiennent leurs regards tournés vers elle.

82. Vous serez le maître des rois si vous commandez à la fortune: mais comment? En la méprisant.

XXXII. - 83. Non quae vel quot legeris, sed quae vel quot scieris attendendum.

84. Nil novit qui aeque omnia.

85. Cito transcursa citius labuntur.

86. Sic multi libros degustant, ut convivae delicias.

87. Renuit philosophia fastidientem stomachum; ad simplicem coenam hilarem invitat convivam, sed mutat pro tempore deliciarum varietatem.

88. Nescit quo tendat qui multas sequitur semitas.

89. Tantum vasa retinent, quanti capacia sunt; addita emanant.

90. Non quaecumque auris, suscipit et memoria.

91. Canale fissum est auris, quae accepta memoriae non commendat.

92. Nusquam deveniet qui, quot videt, sequitur calles.

83. A. - P. Non quod vel quot legeris, sed quot scias, attendendum est.

84. A. P.

85. A. P. F. H. D. (II, 33.) - Sed H. in cod. Atreb.: Transcursum.

86. A. F. H. D. (II, 33.) - P. Disciplinas gustant. - F. et Vincentius Bell, in utroque Speculo huic sententiae sic praecedentem annectunt: delicias, sed cito... .

87. A. - P. in ed. Devit.: Sed invitat pro tempore ad deliciarum varietatem. - Prior autem hujus sententiae pars in P. desideratur et occurrit in margine vox desunt.- In H. D. (II, 33.) sententia desinit voce convivam.

88. A. - P. Sequitur vias.

89. A. C. - P. Quantum... retinet... emanat.

90. P.- A. omittit et. - C. Auris suscipit, rnemoria retinet.

91. A. P. H. D. (II, 41.)

92. A. P. C. F. H. D. (V, 103; VI, 49, 51.) - μ Devenit.

XXXII. - 83. Considérez non la variété et l’étendue de vos lectures, mais la variété et l’étendue de vos connaissances.

84. Tout savoir, c’est ne rien connaître.

85. Ce qu’on parcourt rapidement, s’oublie plus vite encore.

86. Il en est qui touchent aux livres comme un convive goûte les mets.

87. La philosophie ne veut pas d’un convive dégoûté; elle aime qu’on vienne s’asseoir avec gaieté à sa table frugale et elle sait en varier les mets à propos.

88. S’engager dans tous les sentiers, c’est n’avoir pas de but.

89. Ne versez dans le vase que ce qu’il peut contenir; une goutte de plus! il déborde.

90. La mémoire ne garde pas tout ce que reçoit l’oreille.

91. L’oreille qui ne transmet pas à la mémoire ce qu’elle a reçu est comme un canal qui laisse échapper l’eau.

92. Comment arriver si l’on s’engage dans tous les chemins?

XXXIII. - 93. Omnia omnibus, vel pene adimas; pauperculum ex non ademptis divitem appellabis: est igitur pauperies minoribus ampliores aliorum divitiae. [Felicitas et infelicitas ex comparatione, non secundum se sunt.] Si nemo plus minusve alio possideat, jam haec nihil sunt; ex invidia igitur paupertatis nomen profectum.

94. Non essemus pauperes, si nesciremus quid esset paupertas.

95. Nescire quid sit paupertas, optimus est ad summas divitias progressus.

96. Non est miser, nisi qui se esse credit.

97. Vis fieri dives? Nil cogitando tibi addas, sed aliis demas.

93. A. Ampliores minorurn aliorum (mior ubi perperam edd. miorum). - P. Non ex ademptis... minoribus ampliores aliorum... aliis possidet... nomen paup. prof. est. - C. verba felicitas... usque ad se sunt sola retinuit.

94. A. P. C. - H. D. (V, 103.) Quid est.

95. A. - H. D. (V, 103.) Quid est. - P. omissis pluribus verbis: Nesciens quid sit optimus ad summa progressus.

96. A. F. H. - P. ornittit se. - C. Qui se miserum putat.

97. A. C. - P. Esse dives, sed in margine fieri.

XXXIII. - 93. Enlevez à tous les hommes tous leurs biens ou presque tous leurs biens: ce que vous laisserez à un homme très pauvre lui méritera le nom de riche. La pauvreté des uns ne tient donc qu’à la supériorité de fortune des autres. [Bonheur et malheur sont choses relatives et non pas absolues.] Si nul ne possédait plus qu’un autre, il n’y aurait plus ni riche ni pauvre, et c’est de l’envie seule qu’est née l’idée de pauvreté.

94. Nul n’est pauvre, s’il ignore ce qu’est la pauvreté.

95. On est bien près de la vraie richesse, quand on ignore ce que c’est que pauvreté.

96. Nul n’est malheureux, s’il ne croit l’être.

97. Veux-tu devenir riche? Sans ajouter à tes biens par la pensée, diminue ceux des autres.

XXXIV. - 98. Ex minimis morum sumere signa licet.

98. Sic pentameter versus in A. et C. - P. Licet signa.

XXXIV. - 98. Les moindres indices suffisent à déceler un caractère.

XXXV. - 99. Duni vulgus colat justitiam, nil interest utrum vera praedices.

100. Timorem mortis vulgo non demi, sed augeri, tibi expedientius, oportet.

101. Multa scit sapiens, quae cum nemine contulit.

10. Ex meditato non duceris in causam.

103. Lingua mente cuique nocentius est.

104. Non rimaberis viscera ad videndum quid senseris.

105. Ad mores et opiniones audientium prudens vocem formabis.

99. A. - P. An vera an falsa praedices, omisso verbo justitiam

100. A. - P. omisso vulgo: vel augeri, uti expedit.

101. A. P. C.

102. C. - A. Mediato. - P. Praemeditato.

103. A. - C. Est nocentius. - P. Nocentior est.

104. A. - P. C. Sentias.

105. P. - A. Formabit. - C. Hominum loco audientium.

XXXV. - 99. Pourvu que le peuple pratique la justice, peu importe la vérité des enseignements qu’il reçoit.

100. N’ôtez pas au peuple la crainte de la mort; mieux vaut l’augmenter.

101. Le sage ne dit pas tout ce qu’il sait.

102. Nul n’est accusé pour ses secrètes pensées.

103. Nos paroles nous nuisent plus que notre pensée.

104. Ne fouillez pas dans les entrailles des victimes pour y chercher des opinions.

105. L’homme habile sait accommoder ses paroles aux caractères et aux opinions d’autrui.

XXXVI. - 106. In singulis excellere et nullum profiteri, tam laudabile quam difficillimum est.

107. Innatum est cuique suis bonis gloriari; differt autem quod sapiens apud se, imperiti in publico.

108. Dignus est decipi qui, cujus rei auctor, ejus et laudator est.

109. Non tam modeste quivis sua miratur quam aliena; hoc autem fit quoniam nemo sibi invidet.

110. Utilissima est propriae invidi mordacitas scribenti publicanda. Quibus scierit facile ignoscendum, id mordacius lima coaequet.

106. A. - P. C. Neminem profiteri. - P. Quam (quia), hoc quidem verbum ita uncis inclusum.

107. A. - C. Cuique est. - P. ornittit est.

108. A. - C. Rei est auctor et laudator est. -  P. Rei est actor et ejus laudator.

109. A. C. H. D. (V, 121.) - P. Quis sua miratur ut aliena. - F. priorem sententiae partem solam retinuit.

110. A. et C. Scribendi. - C. Propria. Si erit. - A. Coaequat. - P. in ed. Devit., § 121: Utilissima est propria invidere. § 122: Mordacitas scribenti publicanda; quibus si erit facile ign. est, id mord. linguata coaequet.

XXXVI. - 106. Il n’y a pas moins de mérite que de difficulté à exceller en toutes choses et ne se piquer de rien.

107. Tout homme s’enorgueillit de ce qu’il possède; mais le sage en est glorieux avec lui-même, l’insensé avec les autres.

108. Qui loue son propre ouvrage s’expose à de justes déceptions.

109. Personne ne fait si bon marché de ses avantages que de ceux d’autrui; cela vient de ce que personne ne se porte envie à soi-même.

110. A qui écrit pour le public, rien n’est plus utile qu’une sévérité qui ne se pardonne jamais: plus on peut compter sur l’indulgence, moins il faut y recourir.

XXXVII. - 111. Imperitiae signum est, quod difficillimum est, exigere cito fieri.

112. Nunquam illi ars proderit, cui non primum profuit exercitatio.

111. A. H. D. (V, 94.)- C. Fieri cito. - P. Ut cito fiat.- F. Ex.q. diff.est c. f.

112. A. C. V. - P. Cui prirnum non.

XXXVII. - 111. L’inexpérience ignore les difficultés et s’irrite des retards.

112. Les règles de l’art sont inutiles à quiconque n’a réussi d’abord par ses propres efforts.

XXXVIII. - 113. (In lib. Antiquitatum) Nulla jactura gravior est scienti, quam temporis.

114. Se utitur, qui tempore.

115. Non vivit quicum bene agitur si vivat: (In lib. Antiquitatum.) vita non sui causa fit; sed ut ea praeclarum aliquid fiat. Viatores non eunt, ut eant.

113. A. V. H. - C. Scienti graviorquam temperies. - P. Est scienti gravior.

114. Hanc sententiam P. praecedenti, A. sequenti annectit.

115. A. - P. Cum quo, omittens si vivat. - C. Haec tantum retulit verba Viatores non eunt ut eant. - F. H. D. (V, 142; VI, 31.) Viat. non eunt ut eant; sic et vita... fat. - ς. β. Ut in ea.

XXXVIII. - 113. Pour le sage nulle perte plus regrettable que celle du temps.

114. User du temps, c’est user de soi-même.

115. Qui se contente de vivre ne vit pas; nous ne naissons pas pour vivre, mais pour faire de la vie un noble usage. Les voyageurs ne marchent pas pour marcher.

XXXIX. - 116. Ad quod niti socordia non patitir, id otiosi votis sibi attribuunt.

117. Ex illaborato maxima attingere desiderat omnis otiosus.

118. Inertes ad quae niti nolunt votis inhiant.

116. A. C. - P. omittit sibi.

117. C. - A. Maxime.

118. P. C. Ad quod. - A. manifesto errore votius. - C. Manifestissime nolunt; edd. volunt.

XXXIX. -116. Nous nous arrogeons dans nos rêves ambitieux ces mêmes biens que nous n’avons pas le cœur de conquérir par nos efforts.

117. Le paresseux voudrait réaliser sans peine les plus grands projets.

118. Le paresseux souhaite toujours sans vouloir agir.

XL. - 119. Sic diligendi sunt amici, ut nos nobis odio haberi posse putemus, si amicos.

120. Ex assiduitate commorandi languet amicitiae desiderium.

119. Devit. Sic dil. sunt am., ut nos nobis odio hab. put., si amicos ex ass., etc.. - In P. interpunctio ista est:... putemus. Si amicos. Ex assiduitate... - A. Ut (non eos) nos nobis... sed amicos: haec autem quae uncis inclusimus in P. desunt et adviditia videntur.

120. A. C. - Nec P. aliter; sed Devit langueat. hanc sententiam perperam cum precedenti conjungens.

XL. - 119. Aimons nos amis avec la pensée que nous ne pouvons cesser de les aimer sans nous haïr nous-mêmes.

120. Un commerce continuel ôte à l’affection sa vivacité première.

XLI. 121. Ne bonus sit quaerit, qui otii causas sectatur.

122. Qui in magnis excellit, invitus etiam laudabitur.

123. Nunquam ad summa tendentem laus frustrata est.

121. A. V. F. - C. Otii sec. causas.

122. A. C. V. F. H. D. (V, 174, VI, 69.) - P. Qui magis exc., etiam in vitiis laud.

123. A. C.

XLI. - 121. Chercher sans cesse des raisons pour ne rien faire, c’est craindre de devenir meilleur.

122. Le vrai mérite ne peut échapper à la gloire.

123. La gloire ne fait jamais défaut à qui sait s’en rendre digne.

XLII. - 124. Hereditarium putes quidquid audisti, lucrum autem qu inveneris.

125. Inventores laudat, qui alienis gloriatur.

126. Non strenuum appellabis negotiatorem, qui in nullo rem auxit; nec ego hunc philosophum, qui nil invenit.

127. Sic audita meminisse magni ducimus, ut si, nos magnis ortos atavis, praeclarum putemus.

128. Nihil laudabile quod tuique est possibile.

124. A. - C. Quod invenisti. - P. in ed. Devit.: Quodcumque aud., quidquid inv.

125. P. C. - A. In alienis.

126. A. - P. omittit hunc. - C. Ego habeo phil.

127. A. - P. Eos rnagnus athavis praeclaros putemus. - C. omittit magni.

128. P. - A. C. V. A quolibet est posse. - V. Nihil est laudabile.

XLII. - 124. Apprendre des autres, c’est recueillir un héritage; trouver soi-même, c’est faire un gain.

125. C’est louer l’esprit des autres que se faire gloire d’idées empruntées.

126. Est-ce un habile marchand que celui qui n’a point accru sa fortune? Appellerons-nous philosophe celui qui n’a rien trouvé?

127. Il n’y a pas plus de mérite à se rappeler les leçons des autres qu’à descendre d’illustres ancêtres.

128. Nul mérite à faire ce que tout le monde peut.

XLIII. - 129. Non est felicitas quae secum recipit miseriam; [non ergo felicem faciunt divitiae.]

129. Sic A.; C. etiam, mutato ordine verborum. - P. Non suat ergo felices divitiae. Haec autem posterior sententiae pars in H. D. (VI, 126.) desideratur.

XLIII. - 129. Ce qui admet un mélange de maux n’est point le bonheur; [donc les richesses ne rendent point heureux.]

XLIV. - 130. (In libro Anliquitatum.) Adulationis est specimen, quum laus postulationem praecessit.

130. A. Postulatione. - P. Spectamen. - A. C. H. D. (V, 169.) α. μ. (in cod. Vic.) Specimen.- μ. in cod. Par. ς. Species. - A. P. C. Praecessit. - H. D. Praecedit.

XLIV. - 130. Louanges que suivent les prières ne sont que flatteries.

XLV. - 131. A peritis non observandorum plurima imperitia debentur.

131. A. Observantorum. - P. A peritis nos observantorum philosophia. Imperite debentur. In iis...

XLV. - 131. Il est bien des préjugés que le sage doit entretenir chez le vulgaire, sans s’y soumettre lui-même.

XLVI. - 132. In bis excellere, quae nemo novit, pulcherrimum est in sciente miraculum.

133. Gloria est scientis stupor ignorantium.

132. C. - A. Insciente. - P. in ed. Devit. ubi haec sententia praecedenti annectitur: In iis exercere, que nemo novit. § 129: Pauci pulcherrimum est in sciente mir.

133. A. C. F. - P. Admirantium.

XLVI. -132. Plus une science est ignorée, plus on admire ceux qui y excellent.

133. L’étonnement des ignorants fait la gloire des savants.

XLVII. - 134. Quod experimentum docuit, scripto recognoscitur; quod usu non est compertum, ex scripto non est facile.

135. Quod fieri facile est, dictum intelligi facillimum.

134. C. - A. Non compertum, omisso est. - P. in ed. Devit. Ex usu non est. Nostro pro non.

135. A. Dictu. - P. Demum loco dictum.

XLVII. - 134. Ce que nous savons par l’expérience, nous le retrouvons aisément dans les livres; mais ce qu’elle ne nous a pas appris, il est difficile que les livres nous l’enseignent.

135. Ce qui est facile à faire est facile à comprendre.

XLVIII. - 136. Non quaecumque possit, sed quae debeat, demonstrator ad expositionem annectat.

137. Non tam quae prosunt, quam quae attineant, considerentur.

 136. A. C. - P. Ad lectorem lector adducat.

137. A. - C. Prosint, sed quae adtineant consideret. - P. Non tantum quae prosunt, sed quae attineant, consideret.

XLVIII. - 136. Il faut, quand on démontre, mesurer ses développements moins sur sa fécondité que sur les besoins de sa thèse.

137. Il faut considérer l’utilité moins que l’à propos.

XLIX. - 138. Citra perfectionem omne est principium.

138. A. P. C.

XLIX. - 138. Ce qui commence est loin de la perfection.

L. 139. Ultra veritatem est qui in planis quaerit offendiculum.

140. Quum verum subdolae excedunt disquisitiones, et interminatae, inefficaces, contentiosae et nil proficientes sunt sapientibus, tum pulcherrima sunt spectacula.

139. A. - C. Quaeret. - P. In paucis off. quaerit.

140. A. e sunt specula, ubi delendum e esse additum infra punctum satis significat (Voy. N. de Vailly, Eléments de Paléographie, vol. I, p. 695).- Edd. autem haec, enim. - P. in ed. Devit., § 145: Quum viam subdole,.. et cont. sunt. § 146 : Sap. tum pulch. spectacula sunt. - P. Disquisitores.

L. - 139. Chercher des difficultés dans ce qui est simple, c’est aller au-delà de la vérité.

140. Les artifices d’une subtilité qui va au-delà du vrai, les discussions interminables, stériles, épineuses, sans profit pour le sage, voilà de brillants spectacles aux yeux des ignorants.

LI. - 141. Contemnendi sunt ineruditorum contem pLus, si ad summa vis progredi.

142. (In libre Moralium.) Multi laudem amittunt quoniam ipsi eam de se praedicant.

143. Hoc uno modo sapiens se laudat, quae in ipso apparent bona, in aliis admirando.

141. A. C.- H. D. (V, 83 et 172.) Si vis ad summa progredi.

142. A. H. - P. Quum de se eam praed. - C. Eam depraedicant.- D. (V, 174.) in ed. Duac.. : Quando ipsi; in cod. Par. et α. Quum ipsi.

143. A. - C. Hoc uno se modo... quae in se bona app... bona in aliis adm. - P. Hoc modo.., in se... laudando, - H. D. (V, 174.) Praedicando.

LI. - 141. Qui aspire à la vraie sagesse, doit dédaigner les mépris des ignorants.

142. Souvent, en se donnant des éloges, on perd ceux qu’on mérite.

143. S’il arrive au sage de faire son propre éloge, c’est seulement en louant chez les autres les qualités qui brillent en lui.

LII. - 144. Praeclare cum illo agitur qui non mentiens dicit quod ab Aristotele responsum est sciscitanti Alexandro, quo docente profiteretur se scientem: rebus, inquit, ipsis, quae non norunt mentiri.

144. A. - P. Noverunt, et hanc sententiam induas dividit quarum altera (§ 149.) incipit verbis ab Aristotele.

LII. - 144. Heureux qui peut sans mentir dire de lui-même ce qu’Aristote répondait à Alexandre: Ma science, je la dois à un maître qui ne peut mentir, je la dois à la nature.

LIII. - 145. Prudenti disquisitio ignotorum tanto jucundior quanto subtilior est.

146. Desiderata non habita magni fiunt, habita vilescunt.

147. [Imperitis improbabile, sed verum] Nil disquirenti, nil perfecle notum.

148. Auditis, non disquisitis, gloriari in nullo laudabilius, quam si, cervo a venatore tibi dato, egregie a te aliquid factum putes.

149. Utile, sed inglorium est, ex illaborato in alienos succedere labores.

150. Alienum est quod auditur.

145. A. Tam. quam. - P. Prud. disq. tam juc. quam subt. notione ignotorum.

146. A. C. V. H. D. (V, 119.) - P. Desideria. - F. Magni sunt pretii.

147. P. in ed. Devit., § 152: Imperitis improbabile, sed verum disquirenti. § 153 Nil perfecte notum est. - C. Rectius quidem: Imperitis irnprobabile, sed verum: nil disquirenti, nil perfecte notum. - Prior sententia pars deficit in A. et addititium aliquid eam facile crediderim - A. Perficere.

148. P.C. - A. Quam in cervo.

149. A. H. Ingloriosum. - C. D. (V, 14.) Inglorium.

150. A. P. C.

LIII. - 145. Plus une recherche exige de pénétration, plus elle a d’attrait pour le savant.

146. Chose désirée vaut plus que son prix; chose possédée perd le sien.

147. Qui ne sait rien par soi-même ne sait rien.

148. Tirer vanité des idées que l’on doit à autrui, c’est ressembler à celui qui croit s’être signalé quand il rapporte le gibier qu’un autre a tué.

149. Il y a du profit, mais nulle gloire, à recueillir sans travail le fruit des labeurs d’autrui.

150. Ecouter, c’est emprunter.

LIV. - 151. Sic studendum, ut propter id te putes natum.

151. A. C - P. haec cum prcedenti conjungens: Sic stupendum est, ut propter id natum putes.

LIV. - 151. Il faut étudier comme si l’étude était le but unique de la vie.

LV. - 152. Sui dominus est qui se philosophiae mancipavit; [Qua nil jucundius;] [Quod aeque incertum inexperienti quam et certum experto.]

153. Pro amico saepe mori expedit.

154. Iniquissimum est, bono publico derelicto, amare solum se.

155. Varro in sententiis libro septimo: Valde autem tristantur anima et corpus, ad sui separationem, et hoc propter naturalem et infimam quam ad se habent unionem.

156. Varro in sententiis, libro sexto: In nullo avarus bonus, sed in se semper pessimus.

 

152. A. - Hac autem addititia, quae uncis inclusi, deficiunt in C., et sic corrupta in P. occurrunt : Quia jucudius est quod aeque justum experienti, quam quum ex perito est.
153. Quae sequuntur sententiae in Matthiae Farinatoris Libro Moralitatum occurrunt

LV. - 152. Il n’y a de vraie liberté que sous le joug de la philosophie.


 

NOTES.

I. - 1. Cette opinion, que l’on trouve déjà chez Héraclite, fut admise par toute l’école stoïcienne; elle pensait que l’immortalité était la seule différence entre Dieu et l’homme, et qu’à part cette infériorité de sa nature le sage était égal, ou même supérieur aux dieux. Voy. Cicéron, de Nat. Deor., II, c. 61: Par et similis Deorum, nulla re nisi immortalitate, quae nihil ad bene vivendum pertinet, cedens coelestibus. - Et Sénèque, de Provid., c. 1; Epist. 73; surtout de Const. Sap., c. 8: « Sapiens vicinus proximusque Diis consistit, excepta mortalitate, similis Deo. » Saint Augustin, dans la Cité de Dieu (VI, 8), reproche à Varron d’avoir dit que toute nature est Dieu, que l’homme est Dieu: « Non tamen omnis natura Deus est; quia et hominis, et pecoris, et arboris, et lapidis utique natura est, quorum nihil est Deus. »

2. Cf. § 100.

3. Varron semble ici blâmer l’opinion d’Héraclite et de quelques stoïciens qui regardaient la vie comme un mal; mais il ne craindra pas d’emprunter leur langage pour détacher le vulgaire des choses de la vie: car, suivant lui, on doit considérer l’utilité pratique et non la vérité des opinions que l’on présente au peuple. Voy. à ce sujet les Séries ii, xix, xxvi, xxxv, et spécialement le § 99.

4. Cf. Cicéron, de Senect., § 4 et 5.

6. Tantôt l’école stoïcienne accorde au moins à l’âme du sage une immortalité temporaire, tantôt elle affirme que toute âme périt avec le corps (Voy. la Theologia physica stoic. de d’Ansse de Villoison, p. 557, à la suite de l’éd. de Cornutus, donnée par M. Osann; Gotting., 1844) -Quand vient la mort, disaient les partisans de cette dernière opinion, nous cessons d’être; dès lors comment la redouter? ne nous est-elle pas déjà connue? Nous n’avons pas plus à craindre le néant qui suit la vie que nous n’avons souffert de celui qui la précéda: Ego mortem diu expertes sum. - Quando, inquis? - Antequam nascerer. Mors est non esse... hoc erit post me, quod ante me fuit. Si quid in hac tormenti est, necesse est et fuisse antequam prodiremus in lucem... in hoc erramus quod mortem judicamus sequi, quum illa et praecesserit et secutura sit. Ces paroles de Sénèque (Epist. 54) sont comme le commentaire de cette pensée de Varron et de la suivante. - Rien d’étonnant qu’après avoir méconnu l’immortalité, Varron ait autorisé le suicide: « Mala sunt tormenta atque cruciatus corporis; et tanto sunt pejora, quanto potuerint esse majora; quibus ut careas, ex hac vita fugiendum est. » (August., de Civ. Dei, XIX, 4.)

II. - 8. Varron reproduira sous plusieurs formes ce conseil qu’il donne au sage de renfermer ses pensées en lui-même et de se conformer aux usages et aux coutumes du plus grand nombre. (Voy. 9, 10, 59, 101, 105.) - Ici encore il est fidèle aux préceptes de son école. Voy. sur cette idée des stoïciens, Sénèque, Epist. II, 18, 103, et M. Ravaisson, Essai sur la métaph. d’Aristote, 2e vol., p. 215.

9. Penser autrement que les autres, c’est consentir à passer pour un insensé, comme le montrait Varron en deux passages d’une de ses Satires ménippées (éd. Œhler, p. 121, Eumenides): « Vix vulgus confluit, non Furiarum, sed puerorum atque ancillarum, qui, omnes me bilem atram agitare clamitantes, opinionem mihi insaniae meae confirmant. » - Forenses decernunt, ut Existimatio nomen meum in insanorum numerum referat. On y lisait aussi (ib. p. 120) « Nam ut arquatis et lutea quae non sunt et quae sunt lutea videntur, sic insanis sani et furiosi videntur esse insani. » - M. Quicherat a déjà rappelé ces vers où Horace emploie la même forme (Sat. I, 14, 142):

……………..………………..Ac veluti te

Judaei cogemus in hanc concedere turbam.

III. -11. Publius Syrus a dit : « Haeredis fletus sub persona risus est. »

IV-12. Voy. Sénèque, de Benef. VI, c. 7, suiv.

13, 14, 15. Voy. ib. II, init. - Nous lisons dans la traduction de Vincent de Beauvais: « Cellui donne une fois qui est prié, et qui n’est prié donne deux fois. »

16. Voy. ib. I, c. 1, 10: « Demus beneficia, non fœneremur; » et IV, init.

17. Voy. ib. I, c. 5, suiv., et Epist. 81, § 4.

V. - 18. C’est l’opinion des stoïciens; Voy. Sénèque, passim, et M. Ravaisson, Essai sur la métaph. d’Aristote, 2e vol., p. 214. - Voy. saint Augustin qui fait connaître dans sa Cité de Dieu (XIX, 5) les idées de Varron sur le souverain bien.

19. Cf. § 82. Est-il besoin de noter que c’est une idée toute stoïcienne?

VII. - 22. Vincent de Beauvais (Spec. doctr. VI, 117.) rapproche de cette pensée deux passages d’ouvrages qu’on attribuait à Sénèque: « Non te moveat dicentis auctoritas, nec quis sed quid dicat intendito » (de Quat. virt.). - « Verba rebus, non personis aestimanda sunt (de Moribus). » - Voy. Epist. ad Lucil. 12 : « Non quid dicatur aestimant, sed a quo. »

23. Cf. § 51, 140.

24. Cf. § 53, 67, 68.

25. Cf. § 44, 45.

26. La science suppose surtout l’effort personnel; mais la défiance de nous-mêmes le rend impossible, et nous met sous la dépendance d’autrui. Cf. § 44.

27. Cf. § 84, 85.

30. Cf. § 124; et Sénèque, Epist. 66: « Faciamus ampliora quAe accepimus; major ista hereditas a me ad posteros transeat. »

VIII. - 31. Cf. § 138. Rapprochez de ces sentences Sénèque, Epist. 66 : « Quid accedere perfecto potest? nihil; aut perfectum non erat, cuI accessit... Crescere posse, imperfectum rei signum est. » Les stoïciens établissaient ainsi que la vertu n’a pas de degré et ne peut ni croître ni décroître. (Voy. M. Ravaisson, Essai sur la métaph. d’Aristote, 2e vol., p. 206.)

IX. - 32. Voy. Cicéron, de Amic. et Sénèque, Epist. 5.

33. Cette sentence rappelle un fragment de Varron, conservé par Servius, ad Eneid. VII, 601 : « Varro vult morem esse communem consensum omnium simul habitantium, qui inveteratus consuetudinem facit. »

X. - 34, 35. Deux vers des Satires ménippées (éd. Œhler, p. 104, περὶ ἡδονῆς) sont un beau développement de ces sentences stoïciennes

Unam virtutem propriam mortalibus fecit,

Celera promiscue voluit communia babere.

36. L’idée de la grande cité du monde est due aux cyniques et fut acceptée par tous les stoïciens : « Hominem esse censebant, quasi partem quamdam civitatis, et universi generis humani, » dit Varron dans les Académiques de Cicéron (I, § 12) - Dans les Satires ménippées (éd. Œhler, p. 110, Dolium aut seria.) il appelait le monde la vaste demeure de l’homme: « Mundus domus est maxima homuli. » Un autre fragment (ib. p. 23, Virgula divina) marque l’indifférence du sage pour les biens et les maux extérieurs : « Non quaerenda est homini, qui habet virtutem, paenula in imbri. » -M. Devit a déjà rapproché de cette sentence 36 le passage suivant de Sénèque (Cons. ad Helv., c. 8) : « Adversus ipsam mutationem locorum, detractis ceteris incommodis, quae exilio adhaerent, satis hoc remedii putat Varro doctissimus Romanorum, quod quocumque venimus, eadem rerum natura utendum est. »

37. Citons ce fragment des Satires ménippées (éd. Œhler, p. 129, περὶ τύχης) qui peut être rapproché de cette sentence et de la suivante: « Sapiens et bonum ferre potest modice, et malum fortiter aut leviter. »

38. « Le commun délaisse à pleur tout ce qu’il reçoit à joie, » dit le traducteur de Vincent de Beauvais.

XL-39. Cf. § 151, et Sénèque, Epist. 73, § 3. - Cicéron, dans les Académiques (I, § 7), fait dire à Varron: « Totum igitur illud philosophiae stuclium mihi quidem ipse sumo, et ad vitae constantiam, quantum possum, et ad delectationem animi; nec ullum arbitror, ut apud Platonem est, majus aut melius a diis datum munus homini. » - Aulu-Gelle (XV, 19) nous a conservé ce joli passage des Satires ménippées (éd. Œhler, p. 190, περὶ ἀδεσμάτων): « Si, quantum operae sumpsisti, ut tuus pistor bonum faceret panem, ejus duodecimam philosophia dedisses, ipse bonus jampridem esses factus. Nunc illum qui norunt volunt emere millibus centum, te nemo centussis. » - Varron avait composé un traité de Cultu Deorum.

40. Cf. § 62. -Saint Augustin, dans la Cité de Dieu, cite ces passages du de Philosophia où Varron exprimait les idées qu’il devait à son maître Antiochus: « Ex tribus porto illis vitae generibus, otioso, actuoso, et quod ex utroque compositum est, hoc tertium sibi placere asseverant » (XIX, 5). - « Partim erudito otio, partis necessario negotio, alternantia vitae suae tempora tribuerunt (ib. 1). »

XIII. - 44. Cf. § 124, 127, 149, 150; et Sénèque, Epist. 55, où il blâme ce qu’il appelle Memoria stare, § 8: « Memoriam in alienis exercuerunt; aliud autem est meminisse, aliud scire. Meminisse, est rem commissam memoriae custodire; at contra scire, est et sua facere quaeque, nec ab exemplari pendere et toties respicere ad magistrum. Hoc dixit Zeno, hoc Cleanthes. » - Rappelons-nous qu’aux yeux des stoïciens la science suppose toujours l’effort, la tension volontaire de l’âme. (Voy. M. Ravaisson, Essai sur la métaph. d’Aristote, 2e vol., p. 479.)

XIV. - 46. Cf. Sénèque, Epist. 6: « Longum iter est per praecepta, breve et efficax per exempla. »

47. Nous lisons dans le de Lingua latina (X, § 75): « Pleraeque definitiones, re incognita, propter summam brevitatem, non facile perspiciuntur, nisi articulatim sint explicatae. »

XV. - 49. Cf. Sénèque, Epist. 55, fin.

50. Cette facilitas intelligentiae, c’est peut-être la celeritas ad discendum que les stoïciens rangeaient avec la mémoire parmi les biens que l’âme doit à la nature. Voy. les paroles de Varron dans les Académiques de Cicéron, I, § 20.

51. Cf. § 23, 140.

XVI. - 53. Cf. § 24, 67, 68. Nous trouvons dans Sénèque une forme analogue: « Eum eligo adjutorem, quem magis admireris quum videris, quam quuin audieris. » Epist. 52.

XVII. - 56. M. Devit a déjà rapproché de cette sentence un passage du de Re rustica (II, 1): « Nemo omnia potest scire. »

XVIII. - 58. Rapprochez ce fragment de Varron (éd. Bipont., p. 321): « Magnum est enim, ut Ariston scribit, in primordio puerili, quemadmodum incipiat fingi; ad id quasi evadat; » et un passage d’un livre des Logistorici, le Catus aut de liberis educandis, passage conservé par Aulu-Gelle (IV, 19). - La fin de cette sentence rappelle les vers d’Horace (Epist. 1, 2) :

Quo semel est imbuta recens servabit odorem

Testa diu.

XIX. - 59. Cf. Série ii et § 72, 101, 105.

XX. - 60. Cf. § 76, 77, 144. Rapprochons de ces pensées les paroles de Sénèque: « Sapientia non est in litteris; res tradit, non verba (Epist. 88, § 28); philosophia non in verbis, sed in rebus est » (Epist. 16, § 3); et rappelons-nous que les stoïciens ne reconnaissaient d’autre source de la vérité que la représentation compréhensive de l’objet en lui-même et tel qu’il est, κριτήριον τῶν πραγμάτων (Diog. Laërt. VII, 46.). C’est ce que pensait aussi Antiochus d’Ascalon, l’un des maîtres de Varron: « Visum illud verum esse iMpressum et effictum ex eo unde esset, quale esse non posset ex eo unde non esset. » (Voy. ma thèse sur Antiochus, p. 11.) Aussi Varron dit-il dans les Académiques de Cicéron, I, § 41: « Visis non omnibus adjungebat fidem Zeno), sed iis solum, quae propriam quamdam haberent declarationem earum rerum, quae viderentur... »

61. Voy. sur le mot monumentum le de Ling. lat., VI, 15, et comparez un passage de Sénèque sur le travail et la lecture, Epist., 81, init.

XXI.-62 Cf. § 40, 131, et Sénèque, Epist. 15, § 5. - Cicéron dit dans les Académiques (I, 5): « Silent enim diutius musae Varronis, quam solebant: nec tamen istum cessare, sed celare quae scribat existimo; » et plus loin, (53) en parlant du de Lingua latina que composait alors Varron: « Audivi e Libone nostro... non te ea interrnittere, sed accuratius tractare, nec de manibus unquam deponere. » Il appelait Varron πολυγραφώτατος (ad Attic. XIII, 32). - Saint Augustin a dit de notre auteur: « Tam multa legit, ut aliquid et scribere vacasse miremur; tam multa scripsit, quam multa vix quemquam legere potuisse credamus. » De Civ. Dei, VI, 2.

XXIII. - 67, 68, cf. § 24, 53.

XXVI. - 72, cf. § 59.

XXVII. - 73. De cette pensée et de la suivante on peut rapprocher deux passages du de Lingua latina, V, § 5; VIII, § 25.

XXIX. - 76, 77. Cf. § 60, 144.

78. Cf. § 139.

XXX. - 79. Voy. Sénèque, Epist. 88, § 28: « Magna et spatiosa res est sapientia. »

XXXI. - 80. Les sentences de cette Série sont encore de celles qui marquent l’attachement de Varron aux idées stoïciennes.

82. Cf. § 19. Sur l’inconstance de la fortune, nous pouvons citer ce fragment des Satires ménippées (éd. Œhler, p. 157, περὶ ἀρχής)

Nemini fortuna currum a carcere intimo missum labi

Inoffensum per aequor candidum ad ca!cem sivit.

XXXII. - 84, 85. Cf. § 27.

86. Sur cette pensée et la suivante, Voy. Sénèque, Epist. 2.

88, 92. Voy. Sénèque, Epist. 2: « Nusquam est, qui ubique est; Epist. 45: qui, quo destinavit, pervenire vult, unam sequatur viam, non per multas vagetur; non ire istud, sed errare est. »  

XXXIII. - 95. Sur l’étymologie du mot paupertas, Voy. de Ling. lat., V, 92, et un fragment de l’ouvrage de Varron de Vita pop. rom., 2d. Bip., p. 237 : « Pecunia quae erat parva, ab ea paupertas dicta. » - Antipater de Tarse avait déjà dit que la pauvreté n’existe que par privation, κατὰ στέρησιν, per detractionem, per orbationem: « Paupertas est, non quae pauca possidet, sed quae multa non possidet; ita non ab eo dicitur, quod habet, sed ab eo , quod ei deest. » Sénèque, Epist. 87, § 5. - Toutes les pensées de cette Série xxxiii ont un caractère stoïcien, et l’on pourrait leur comparer grand nombre de fragments des anciens stoïciens ou de passages de Cicéron et de Sénèque.

94. Rapprochez de cette sentence un fragment des Satires ménippées (éd. Œhler, p. 94, περὶ φιλαργυρίας) « Etenim, quibus seges praebeat domum, escam, potionem, quid desideremus? »

95. Voyez parmi ces mêmes fragments (éd. Œhler, p. 97, περὶ γενεθλιακῆς) les vers suivants:

Non fit thesauris, non auro pectu’ solutum,

Non demunt animis curus ac regiones

Persarum montes, non atria diviti’ Crassi.

et Sénèque, Epist. 62: « Brevissima ad divitias, per contemptum divitiarum, via est. »

96. Voy. Sénèque , Epist. 78, § 12: « Ad opinionem dolemus: tam miser est quisque, quam credidit. » - Les trois dernières sentences sont ainsi traduites dans la Mer des Hystoires: « Nous ne serions point poures, se nous ignorions quelle chose est poureté; car l’ignorance d’icelle est grant chemin pour parvenir aux haultes richesses. Nul n’est malheureux, s’il ne le cuide estre. »

XXXIV. - 98. Voy. Sénèque: « Argumentum morum ex minimis quoque licet capere... » Epist. 52, 11, 12. - Parmi les Logistorici de Varron figurait un livre de Moribus.

XXXV. -99. Cf. § 5, 100, 101 et la Série ii. Ces sentences sont peut-être celles qui rappellent le mieux l’esprit et les opinions personnelles de Varron. Voy. les nombreux passages de la Cité de Dieu où saint Augustin cite les Antiquités divines : « Dicebat, de religionibus loquens, multa esse vera, quae non modo vulgo scire non sit utile, sed etiam, tametsi falsa sunt, aliter existimare populum expediat (IV, 31). » - « Expedire existimat falli in religione civitates (IV, 27). » -Des trois sortes de théologie qu’il admettait, l’une physique, l’autre poétique, la troisième civile, Varron voulait que le peuple ignorât les deux premières: « Ea quae scribunt poetae, minus esse quam ut populi sequi debeant; quae autem philosophi, plusquam ut ea vulgum scrutari expediat (VI, 6). »

100. Cf. § 2. Remarquez dans les fragments de Varron, cités à la note précédente, l’emploi constant du mot expedire.

101. Cf. Série ii et § 59, 105.

104. Cette sentence rappelle les paroles de Socrate dans les Entretiens mémorables de Xénophon. Varron se sépare ici des stoïciens, et blâme la divination comme le faisait Cicéron.

XXXVI. - 106. Rapprochez de cette Série xxxvi les § 142, 143.

108. Voy. dans le de Benef. de Sénèque (I, c. 1, § 2) cette même expression: « Dignus est decipi, qui de recipiendo cogitavit, quum daret. »

109. Cette complaisance que nous avons pour nous-mêmes fait dire à Varron dans les Satires ménippées (éd. Œhler, p. 161, Modius) « Omnes videmur nobis esse belli, festivi, saperdae, cum simus saproi. »

110. Varron, dans les Académiques de Cicéron (I, § 2), dit en parlant du de Lingua latina: « Quae et sunt magna sane, et limantur a me politus. »

XXXVII. - 112. Faire dépendre et la science et la vertu de l’effort, de la tension de l’âme, c’est l’idée dominante du stoïcisme; les cyniques déjà recommandaient de s’exercer et de peiner (Voy. Sénèque, Epist. 94, § 47, et M. Ravaisson, Essai sur la métaph. d’Aristote, 2e vol., p. 118, suiv.)

XXXVIII. - 113. Rapprochez de celte Série xxxviii, le § 121, et Sénèque, Epist. 1.

115. De même Sénèque « Vivit is qui se utitur. » Epist. 60.

XL. - 119. Voy. Juste Lipse qui expose les opinions des stoïciens sur l’amitié (Manud. ad stoic. phil., lib. III, 16), et saint Augustin qui analyse le de Philosophia de Varron (de Civ. Dei, XIX, 3): « Hanc vitam beatam etiam sociatem perbibent esse, quae amicorum bona propter se ipsa diligat sicut sua, eisque propter ipsos hoc velit quod sibi. »

XLI. - 121. Cf. § 115, suiv.

123. De cette pensée et de la précédente on peut rapprocher un fragment des Satires ménippées (éd. Œhler, p. 119, Eumenides) « Quia plus, inquit, merere debet, in quo est virtus; » et cette sentence conservée par Aulu-Gelle (1, 18): « Successum fortuna, cxperientiam laus sequitur. »

XLII. - 124. Comparez à cette Série xlii, la Série xiii et les § 148, 149, 150.

XLIV. - 130. Varron avait écrit contre les flatteurs la Satire ménippée intitulée : Papia papae, περὶ ἐγκωμίων (éd. (Œhler, p. 180).

131. Voy. La note § 99.

XLVIII. - 136. On trouve à la fin du VIIe liv. du de Lingua latina (§ 109) une pensée analogue: « Potius jam reprimendum quam procudendum puto esse volumen. Nemo reprehensus qui e segete ad spicilegium reliquit stipulam. »

XLIX.- 138. Cf. §31. Cette sentence rappelle un fragment de Varron conservé par Aulu-Gelle (XVI, 18) « Voluptas vel utilitas talium disciplinarum (scil. ὀπτικῆς, κανονικῆς, πετρικῆς) in postprincipiis existit, cum perfectae absolutaeque sunt; in principiis vero ipsis ineptae et insuaves videntur. »

L. - 150. Cf. § 78.

140. Cf. § 23, 51. Blâmer les discussions stériles, les vaines controverses, tel était, à ce que l’on pense, le but de deux Satires ménippées, intitulées l’une Armorum judicium et l’autre Λογομαχία (éd. Œhler, p. 99 et 148).

LI. -141. On peut rapprocher de cette sentence une fin de vers empruntée aux Satires ménippées (éd. Œhler, p. 100, Bimarcus)

Stultos contemnite docti.

142, 143. Cf. Série xxvi. - Nous lisons dans la Mer des Hystoires: « Ceulx qui se louent ne sont point louez d’autruy. »

LII.- 144. Cf. § 60, 76, 77.

LIII. - 146. Citons ici ce fragment des Satires ménippées (éd. Œhler, p. 106, Cras credo, hodie nihil): « Quibus instabilis aniinus ardens mutabiliter avet habere et non habere, fastidiliter inconstanti pectore. »

148. Rapprochez de cette sentence et des deux suivantes la Série xlii.

150. Cf. § 44.

LIV. - 151. Cf. § 40, 62. Rapprochez de cette sentence un fragment des Satires ménippées (éd. Œhler, p. 29, περὶ εὐετηρίας): « Legendo autem et scribendo vitam procudito. » - Varron, après avoir été quelque temps lieutenant de Pompée en Espagne, se consacra tout enlier à ses études et même pendant sa vieillesse composa de nombreux ouvrages. Au milieu de la guerre civile, au moment où César revenait d’Afrique, Cicéron écrivait à Varron: « Quum enim te semper magnum hominum duxi; tum, quod his tempestatibus es prope solus in portu, fructusque doctrinae percipis eos, qui maximi sunt, ut ea consideres, eaque tractes, quorum et usus et delectatio est omnibus istorum et actis et voluptatibus anteponenda. Equidem hos tuos Tusculanenses dies instar esse vitae puto; libenterque omnibus omnes opes concesserim, ut mihi liceat, vi nulla interpellante, isto modo vivere (Epist. ad dic. IX, 7).

LV. - 152. Rappelons que Varron avait écrit un traité de Philosophia.

153. J’ai transcrit ici les quatre sentences conservées par Matthias Farinator; mais la dernière est sans doute faussement attribuée à Varron et doit être rapportée à Publius Syrus. Voy. les Comic. lat. reliquiae de Ribbeck, Lipsiae 1855, p. 275.


 

LISTE DES OUVRAGES DE VARRON

d’après les manuscrits 1628 et 1629 de la bibliothèque impériale

et le manuscrit 849 de la bibliothèque d’Arras.

Il y a quelques années, sir Thomas Phillipps de Middlehill découvrit dans la bibliothèque d’Arras, en tête d’un manuscrit des Homiliae in Genesim d’Origène (n° 849), une liste des ouvrages de Varron et des ouvrages d’Origène, et ses presses répandirent quelques exemplaires de ce texte dont il avait compris toute l’importance.

Cette publication provoqua en Allemagne un remarquable travail qui parut en 1848 dans le Musée philologique.[119] L’auteur, M. F. Ritschl, montra que cette liste des œuvres de Varron et d’Origène appartenait à une lettre de saint Jérôme à sainte Paule; il en donna comme preuve ces paroles de saint Jérôme lui-même: « Et quia indicem operum ejus (Origenis) in voluminibus epistolarum, quas ad Paulam scripsimus, in quadam epistola contra Varronis opera conferens posui, nunc omitto;[120] » il y joignit le témoignage plus explicite encore de Tyr. Rufinus[121] qui cite une partie du texte conservé par le manuscrit d’Arras. Prenant comme objet spécial d’étude la liste des ouvrages de Varron, M. Ritschl réunit tous les témoignages qui nous restent sur ce sujet, discuta toutes les questions de critique qui s’y rapportent et établit ainsi une liste plus complète où figurent cinquante-neuf ouvrages.

En 1855, Don Pitra, successeur et émule des savants bénédictins, publia dans le 3e vol. du Spicilegium Solesmense ce texte d’Arras sur lequel sir Phillipps avait attiré son attention. Il l’accompagna de notes sur les écrits de Varron et sur ceux d’Origène; mais il ne connut point le travail de M. Ritschl qui aurait beaucoup abrégé sa tâche, et crut annonce le premier que les pages qu’il réimprimait n’étaient autre chose que la fameuse lettre à sainte Paule.[122]

Cette lettre de saint Jérôme ne nous a pas été conservée seulement par le manuscrit d’Arras, et je l’ai trouvée en tête des Homiliae in Genesim dans deux manuscrits, l’un du douzième et l’autre du treizième siècle qui font partie de la bibliothèque impériale sous les nos 1628 et 1629. Ils seront utilement consultés par ceux qui voudront établir une liste plus correcte des ouvrages d’Origène, et je ne publie que ce qui est relatif à Varron.

Les Sex libri tragaediarum que signale le manuscrit d’Arras ont pour titre dans les manuscrits de Paris: Sex libri pseudo tragaediarum, ce qui donne tout lieu de croire que ces tragédies, dont aucun auteur ne fait mention, avaient été faussement attribuées à Varron. D’autre part ces deux manuscrits font connaître un ouvrage de Varron qui n’a jamais été cité et ne figure point sur la liste d’Arras: Ἐπιτομὴν ex Imaginum libris XV, libros IV. C’est assez, je pense, pour donner quelque intérêt au texte que je transcris.

Marcum Terentium Varronem miratur antiquitas quod apud Latinos innumerabiles libros[123] scripserit. Graeci Chalcenterum[124] miris efferunt laudibus quod tantos libros composuerit, quantos quivis nostrum alienos sua manu describere non potest. Et quia non otiosum est apud Latinos Graecorum voluminum indicem texere, de eo qui latine scripsit aliqua commemorabo, ut intelligamus nos Epimenidis dormire somnum, et studium quod illi posuerunt in eruditione secularium litterarum[125] in congregandis opibus ponere. Scripsit igitur Varro:

xlv libros Antiquitatum.[126]

ivor de vita populi romani.[127]

Imaginum xv.[128]

Λογιστορικῶν lxxvi.[129]

De lingua latina xxv.

Disciplinarum ix.

De Sermone latino v.

Quaestionum Plautinarum v.[130]

Annalium iii.

De origine linguae latinae iii.

De poematis iii.

De originibus scenicis iii.[131]

De scenicis actionibus iii.[132]

De actis scenicis iii.[133]

De descriptionibus iii.

De proprietate scriptorum iii.

De bibliothecis iii.

De lectionibus iii.

De similitudine verborum iii.

Legationum iii.

Suasionum iii.

De Pompeio iii.

Singulares x.[134]

De personis iii.

De jure civili xv.

Ἐπιτομὴν Antiquitatum ex libris xliibus libros ix.[135]

Ἐπιτομὴν ex Imaginum libris xv libros iv.[136]

Ἐπιτομὴν de lingua latina ex libris xv libros ix.

De principiis numerorum libros ix.

Reriim ruslicarum libros iii.

De valetudine tuenda librum i.

De sua vita libros iii.[137]

De forma philosophiae libros iii.

Rerum urbanarum libros iii.

Satyrarum Menippearum libros cl.[138]

Poematum libros x.[139]

Orationum libros xxii.

Pseudo tragaediarum libros vi.[140]

Satyrarum libros iv.[141]

Et alia plurima[142] quae enumerare longum est. Vix medium descripsi indicem[143] et legentibus fastidium est.


 

[1] De ses Institutions oratoires et du Liber causarum qui lui était attribué.

[2] Du de Officiis, du de Amicitia, du de Senectute, des Paradoxes, des Traités oratoires (le titre courant porte par erreur de Paradoxis comme aux pages précédentes), des Discours et des Tusculanes.

[3] Elles sont tirées des Déclamations de Sénèque le père, des six livres de Beneficiis, des deux livres de Clementia, de trois ouvrages qu’on attribuait à Sénèque de Remediis fortunatorum, de Quatuor virtutibus, de Moribus; enfin des Questions naturelles.

[4] A La fin de la dernière page, on trouve une liste des auteurs auxquels les sentences sont empruntées et une note qui nous apprend que ce manuscrit de Saint-Waast avait jadis 81 feuillets aujourd’hui il n’en reste que 63, et il est aisé de remarquer trois lacunes nous n’avons plus les pages oh se trouvait la fin des pensées de Quintilien avec le commencement de celles de Cicéron; le recueil des Sentences du de Officiis n’est pas achevé, et le feuillet suivant commence par les derniers mots d’un fragment du de Amicitia; enfin la table placée à la fin du manuscrit nomme Plaute après Térence et avant Salluste; mais les feuillets où étaient les vers de Plaute ont été arrachés, et huit pages de Salluste font suite à deux pages occupées par des fragments de l’Andrienne, de l’Eunuque et du Phormion. Heureusement les sentences de Varron ne présentaient point de majuscules richement ornées, et elles ont échappé aux mains qui ont lacéré un si grand nombre des manuscrits d’Arras.

[5] Ainsi le § 81 est divisé en deux pensées dont la 2 commence par Hanc imperitum... J’ai réuni deux alinéas du manuscrit sous le n° 110, trois sous le n° 50.

[6] Notamment § 11, 19, 44, 45, 61, 66 de notre édition. - C’est à l’enlumineur qu’il faut attribuer la faute que nous relevons à la pensée 41, sic pour hic. - Au § 92, sur l’N tracé par le copiste, il a dessiné un Q majuscule, erreur qui explique la leçon de M. Quicherat, quousque pour nusquam.

[7] Je ne parle ni de différences orthographiques, ni de nulla, nullo, nullius, toujours remplacés par ulla, ullo, ullius; mais de fautes plus graves que je signalerai dans les variantes. On rencontre, il est vrai, quelques corrections : l’e de la pensée 110 a été effacé, l’interest de la pensée 99, peu lisible dans le texte, a été rétabli à la marge: au § 7, au-dessus de se, on a écrit vel si; mais par une correction moins heureuse vel ti, placé dans l’interligne à la pensée 73, conduirait à y lire motibus.

[8] Voy. p. 12 et 13 de la publication de M. Devit, Sententias M. Terentii Varronis majori ex parte ineditas... edidit et commentario illustravit Dr. Vincentius Devit. Patavini, 1843.

[9] Fatendum est aliquot locos extare tum in editis, tum in iis quae codice nostro habentur, quos non intelligo. Neque hoc ullo modo vitio codicis tribuas velim, qui forte aetatem non bene tulerit, aut non satis distinctis et claris, quoad fieri poterat, characteribus exaratus; sed potius librarii ipsius, qui vel codicem mancum aut lacerum descripsit, vel propria oscitatione ac negligentia quaedam male transcripsit, quaedam vitiata protulit, quaedam etiam omisit; quare factum est, ut plures sententiae vel minus intelligantur, vel ita corruptae sint, ut nec pes nec caput uni reddatur formae. Pag. 15.

[10] Notamment § 21, 33, 48, 50, 52, 68, 140, 146 de notre édition.

[11] Je signalerai surtout les passages que j’ai cités dans les notes des variantes, § 7, 30, 49, 132.

[12] Voy. les notes des var. § 19, 28, 30, 41, 68, 76, 79, 80, 110, 119, 131 et 132, 140, 144,147.

[13] Voy. les notes des var. § 10, 17, 99, 145, 147, 152.

[14] Voy. les notes des var. § 15, 28, 45, 95, 99, 115. Une partie de la pensée 87 manque, et la marge porte le mot desunt. - En quelques endroits on trouve des notes marginales, mais qui ne permettent pas de rétablir complètement le texte. Voy. les notes des var. § 58, 80, 81, 97. - Il est à remarquer que la partie la plus fautive du manuscrit, celle aussi où les omissions se multiplient, s’étend du § 80 au § 99.

[15] Voy. notre § 1. - Je transcris ici la pensée 157 de l’édition de M. Devit en renvoyant à la note qui l’accompagne : « Nemini, quia senex addiscit, verecundia est incutienda; melius enim (est) senem addiscendo pati erubescentiam, quam per ignorantiam poenam promereri aeternam. »

[16] Voy. § 117, 121,123, 141, 149.

[17] Voy. Spangenberg, Bibl. crit. 1819, vol. 1, p. 89, et M. Œhler, M. Ter. Varronis Sat. menipp. rel. 1844, p. 9.

[18] Je ne parle pas des sentences données par M. Devit, p. 42 à 44; ce sont des pensées qui manquaient dans son ms., et qu’il rétablit d’après Vincent de Beauvais, et un plus grand nombre qui ne sont point citées comme faisant partie du recueil des sentences; elles appartiennent en effet aux Satires ménippées ou sont attribuées à Varron sans preuve suffisante.

[19] Dans la 2e partie du IIe livre (de Ordine et methodo sciendi) et dans les livres V et VI (de Scientia morali). (Liv. I, IV et V de l’éd. de Douai.)

[20] La pensée 86 y précède la pensée 85 (et de même S. D. II, 33); la pensée 96 est suivie de la pensée 92 (cf. S. D. V, 105). Enfin la sentence 115 est renversée ainsi qu’il suit : « Viatores non eunt ut eant; sic et vita non sui causa fit, sed ut ea praeclarum aliquid fiat. » (cf. S. D. V, 142; VI, 31).

[21] § 141 et 149.

[22] C’est ainsi que M. Devit a pu corriger plusieurs erreurs et combler diverses lacunes de son manuscrit.

[23] Ainsi il n’a point conservé les § 3, 6, 7, 18, 19, 70, 82, etc. - 67. ..nil didicit, § 68, falsoque... sic igitur...- § 86. ..ut convivae delicias, § 85. sed cito transcursa... - Il ajoute après le premier mot de la pensée: autem, § 15, 16, 33, 46, 143; vero, § 62, 91, 142; quidem, § 55, 56, 58, 149; et au second membre le mot quia, §57.

[24] § 4. ..mori grave fert, § 5: duplexque malum est...

[25] Il donne au § 68 recensent pour recensere magis ducunt; il ajoute le mot est, § 44, 56, 714; il modifie les temps des verbes, 17, 94, 95, 130.

[26] § 37, eo animo et eo vitu. - § 62, eo vero fine et eo tantum. -§ 74, tam ridenda et sicut ridenda.

[27] L’auteur mourut en 1514. Son ouvrage est intitulé Chronicon mundi ou Chronicon chronicorum. J’ai eu sous les yeux à la bibl. de Besançon l’éd. princeps, Nuremberg, 1493, folio: l’article consacré à Varron est au verso du feuillet 92. On y trouve nos § 20, 21 que précèdent ces mots: « Edidit insuper et librum de lingua latina et librum moralem de quo sententiam ponimus hanc. »

[28] Né à Bergame, en 1434, mort en 1520. Son ouvrage parut à Venise en 1493, c’est-à-dire l’année même où fut publiée la Chronique de Nuremberg. L’article consacré à Varron est au verso du feuillet 156 de l’éd. de Venise 1506, folio; on y lit: « Nec non ad Atheniensem auditorem librum moralem (scripsit), in quo multa continentur utilia; de quibus hanc ponimus sententiam.... »

[29] L’auteur ne reproduit le texte que d’une manière assez inexacte.

[30] Il mourut environ vingt ans après Vincent de Beauvais; la bibl. impériale de Paris possède deux beaux mss. de son Mare historiarum, nos 4914, 4915 des anciens fonds.

[31] J’ai eu sous les yeux l’éd. de Paris, 1536, folio. L’article consacré à Varron est au feuillet 220 du Ier vol., on y lit: « Aussi il escript ung livre de l’honneur et sacrifice des Dieux et encore ung autre traictant de matière morale envoyé à l’auditeur des Athéniens, ouquel sont contenus plusieurs dicts notables utiles et moraux lesquels sont cy extraicts... »

[32] Venise, 1480; l’auteur était archevêque de Florence, et mourut en 1459.

[33] Cet ouvrage est indiqué par M. Œhler (M. Ter. Varronis Sat. menippearum rel. p. 7), d’après Spangenberg (Bibl. crit. vol. I, 1819) qui avait sous les yeux l’éd. de Milan, 1479. J’ai consulté à la bibliothèque de Besançon la première édition (Utrecht, 1473; Voy. Lud. Hain, Repert. bibliogr.). Au chap. de Triplici causa inventionis ludi praedicti, on trouve notre pensée 115 telle qu’elle est dans Vincent de Beauvais, et au chap. de Lanificio les pensées 20 et 21, dont le texte est un peu altéré; mais je n’ai point rencontré ces dix-huit sentences dont parlent M. Œhler et M. Labitte (Revue des Deux Mondes, 1er août 18’5, p. 466) d’après Spangenberg.

[34] Surtout celles de l’éd. de Douai.

[35] § 33. Alit autem concordia mores et cohabitantium animos format. - § 109. Nullus tam modeste sua judicat sicut aliena: hoc autem accidit eo quod nemo sibi invidet.

[36] L’auteur de ce traité est inconnu. Le ms. de Vicence a pour titre: de Vitis philosophorum; il a été écrit en 1468 par Charles Guidon; celui de Paris en diffère sur quelques points et omet deux sentences; il est aussi du quinzième siècle.

[37] Voy. sur ces mss. de Vicence et de Padoue, M. Devit p. 16 et 17. Il a signalé les rapports du recueil de Vicence avec Vincent de Beauvais; mais il a méconnu ceux du petit ms. de Padoue, et en général il s’est exagéré la valeur de ces deux textes, dont le dernier est. fort incorrect.

[38] XV, 19. Quae hactenus non visa hac scheda publicabimus, ea scripta calamo in membrana non usque adeo veteri offendimus, tali tamen quae plus quam uno saeculo artem chalcographicam antecedat. Ex ea totidem verbis et. litteris haec scripta descripsimus. . . Le texte de Barth ne reproduit celui de Vincent de Beauvais qu’avec de nouvelles altérations, même assez graves.

[39] Tome I, p. 103. Bruxelles 1739.

[40] D. Pitra qui signale ce ms. de Bruxelles (3e vol. du Spic. Solesm. proleg. p. lxxxiii), n’a pas connu le 1er vol., celui que renferme la bibliothèque Mazarine, et s’est trompé par là même sur la division du Liber Vaticani.

[41] Il cite sous le nom de Varron deux pensées tirées du traité de Moribus attribué à Sénèque: « Malis displicere est landari. Bonum est non laudari velle, sed praestantius est esse laudabilem. » Arnold de Hollande n’a fait que reproduire inexactement le Speculum doctrinale (VI, 69) qui les cite comme lui après notre 122, mais en les rapportant à leur vraie source. - Remarquons qu’il existe une grande analogie entre le texte du Liber Vaticani et celui du ms. de Vicence écrit par Guidon: Arnold de Hollande avait étudié en Italie, à Bologne et à Padoue.

[42] Cod. membr., primum Jac. Aug. Thuani, postea Colbertinus.

[43] Du § 89 au § 152.

[44] Un seul renversement (§ 133, 132) est dû peut-être à ce que le copiste, pour ne pas couper une sentence, a mis à la fin de la page une pensée d’une seule ligne.

[45] La table au 1er folio porte: « Item sententiae quaedam morales quorumdam auctorum, philosophorum et sanctorum, a folio 233 usque 251. » On rencontre dans ce cahier des sentences de Sénèque, Platon, Macrobe, Priscien, Boèce, Macrobe (iterum), Pétrone, Térence, Plaute, Varron, Cassiodore , Sidoine, Salluste, Cicéron, saint Augustin, saint Bernard.

[46] D. Pitra par erreur, 289.

[47] Ce ms. renferme 12 sentences qui manquent dans les ouvrages de Vincent de Beauvais.

[48] Il permet même de corriger une erreur qui se trouve dans tous les autres mss. Voy. § 44.

[49] « Eas (sententias)... auximus additamentis, accedente imprimis fragmento ex unica quae lucem viderit Varronis epistola. » Spic. Solesm. vol. III. proleg. p. ii.- « Cujus thesauri (Epistolarum) utinam nobis contigerit primam invenisse gemmulam ! » ib., p. 313.- Faut-il rappeler ici que l’on connaît un assez grand nombre de fragments des lettres de Varron?

[50] Voy. Lettres 11, 18, 19, 24, 27, 28, 29, 56 et 58; p. 9, 11, 15, 17, 18 de l’éd. donnée par les bénédictins de Saint-Maur, à Rouen, 1679, 2 vol. fol. - La vingt-septième lettre citée par le ms. est la vingt-huitième de l’édition.

[51] Appendice des anciens fonds latins, 4e vol. des catalogues imprimés, p. 536.

[52] Le nom de Varron placé par erreur sur la marge conduirait à lui attribuer trois sentences nouvelles; dans ces trois cas il se rapporte à la sentence précédente qui est bien de Varron.

[53] § 56: « Pauca vero laudabile, qui est une erreur; - § 146: « Magni sunt pretii, » qui est une bonne leçon. Je signalerai dans les variantes deux pensées dont les membres de phrase sont renversés comme dans Vincent de Beauvais.

[54] J’en donne ici la liste en marquant d’un astérisque ceux qui n’avaient point encore été consultés:

Le manuscrit d’Arras.

Le grand manuscrit de Padoue.

Le Liber moralikdum de Matthias Farinator.

Le Speculum historiale de Vincent de Beauvais. Le Speculum doctrinale du même auteur.

* Le Chronicon chronicorum de Schédel.

* Le Supplementum chronicorum de Foresti.

* Le Compendium chronicorum , ma. de Besançon.

* Le Mare historiarum de Colonna.

* Le Chronicorum opus d’Antonin.

Le de Ludo scaccorum de Jacques de Cessoles.

* Le Sophologium de Jacques le Grand.

Le de Vitis philosophorum, mss. de Vicence* et de Paris.

Le petit manuscrit de Padoue.

Le manuscrit de Barth.

* Le Liber Vaticani d’Arnold de Hollande.

* Le manuscrit 8542 de la bibliothèque impériale.

Le manuscrit 640 de Saint-Victor.

* Le manuscrit 8818a de la bibliothèque impériale.

[55] Leurs publications ont donné lieu à des travaux critiques dans les Arch. für Philol. und Pœdag. Voy. celui de M. Klotz, Suppl. IX (cahier 4), p. 582.

[56] M. Quicherat a publié d’une manière complète la 1re moitié du ms.; mais dans la 2e il a omis environ vingt-cinq sentences.

[57] § 121 et 123.

[58] Qu’on me permette de remercier ici M. Caron pour l’empressement avec lequel il m’a communiqué le manuscrit et m’en a facilité la lecture. Nous avons pu collationner ensemble sur le manuscrit même les feuilles de son travail qui sortait alors de l’impression.

[59] Pour le Speculum historiale:

A la bibliothèque d’Aras, n° 437, in fol. 2 col.;

A celle de Douai, n° 756, in fol. vél. du treizième siècle;

A celle de Lyon, n° 110 (800);

A celle de l’Arsenal, n° 112, sect. d’histoire; (ces deux derniers mss. sont peu corrects.)

Pour le Speculum doctrinale:

A la bibliothèque impériale, n° 6428;

A la bibliothèque de l’Arsenal, n° 117, sect. d’histoire.

[60] Je ne parle pas du n° 6069c de la bibliothèque impériale; ce traité de Vita et moribus veterum philosophorum et poetarum était connu de M. Devit, qui avait sous les yeux l’exemplaire écrit par Guidon.

[61] C’est à M. Taranne que je dois d’avoir connu le Liber Vaticani, et d’avoir eu entre mes mains le 1er tome de ce ms.; quant au 2°, il m’était signalé par le Spicilegium Solesmense (tome 3, Proleg. p. lxxxiii), et MM. les conservateurs de la bibliothèque royale de Bruxelles l’ont consulté pour moi avec une obligeance dont je ne saurais trop les remercier.

[62] J’ai consulté, pour le Sophologium, le ms. de la bibl. de l’Arsenal, phil. n° I, et celui de la bibi. Mazarine, n° 1096; enfin l’édition que renferme la bibl. de Besançon (Casselae ap. Taurinum, d’après Lud. Hain, Repert. bibliogr. n° 10474).

[63] Et que confirment les Chroniques de Schédel et de Foresti.

[64] Voy. les Sentences, Séries vii, xiii, xvi, xxiii, xlii, liii.

[65] Voy. Séries ii, xxi, xxii, xxx, liv, et sentences 87, 145.

[66] Voy. Série xxxii.

[67] Voy. Séries xv, xxix, l, et § 22, 23.

[68] Voy. Séries xx, xxix, xxxii, xlvii, lii.

[69] Voy. Séries xxxviii, xxxix, xli.

[70] Voy. Séries ii, xix, xxvi, xxxv.

[71] Voy. Série i et § 100.

[72] Voy. Série xxxiii.

[73] Voy. Séries v, x, xxxi, xliii.

[74] Voy. Sentences 36, 152.

[75] Voy. Séries xxxvi, xli, xliv, li.

[76] Voy. Série iv.

[77] Voy. Séries vi, ix, xl.

[78] Saint Augustin, de Civ. Dei, XIX, t, d’après le de Philosophia de Varron.

[79] Voy. ma thèse sur Antiochus, p. 15.

[80] Voy. Cicéron, Acad., lib. I.

[81] Varronis fragm. in éd. Bipont. p. 202.

[82] Voy. Schmidt, Stoicorum grammatica, Halis, 1839.

[83] Voy. sur sa Physique saint Augustin qui, dans la Cité de Dieu, analyse les Antiquités divines.

[84] Voy. de Ling. lat., V, 11, 12. VII, VIII, 11. - La division du 1er livre de Re rustica. - Saint Augustin, de Civ. Dei, VI, 3. - Aulu-Gelle, XIV, 7.

[85] De Ling. lat., V, 57, suiv.- De Civ. Dei, VII, 6, suiv.- Fragm. in ed. Bip., p. 375.

[86] De Civ. Dei, VII, 3.

[87] De Ling. lat., IX, 30.

[88] Ib. et de Civ. Dei, VII, 23.

[89] De Civ. Dei, IV, 31; VII, 5.

[90] Ib.VI, 8.

[91] Ib. VI, 6, suiv.

[92] Ib. IV, 7; VI, 5, suiv.

[93] Ib. notamment VIII, 1.

[94] Ib. III, 4; IV, 27, 31; VI, 5, 6.

[95] De Civ. Dei, VII, 7 à 28, 30, 33; VIII, 5.

[96] Voy. de Civ. Dei, XIX, 1 à 3,où saint Augustin analyse le de Philosophia de Varron.

[97] Voyez dans les notes la confirmation de ce que j’indique ici.

[98] Laudabile est (§ 44, 128, 148); tam laudabile quam difficillimum (§ 106); non minus laudabile quam honestum (§ 73); turpissimum, pulcherrimum est (516, 7); spectaculum pulcherrimum, pulcherrimum miraculum (§ 80, 152, 1110).

[99] Ainsi le ms. de Padoue donne au § 17 vel parvum. Au § 99 an falsa supprimés dans les autres mss.; au § 10 on lit et averse dans le ms. de Padoue, et e contra dans ceux d’Arras et de Saint-Victor, et non sapere dans le Sophologium; au § 129 non sunt ergo felices divitiae dans le ms. de Padoue, non ergo felicem faciunt divitiae dans celui d’Arras et dans le ms. 8542 de Paris. Mais comme exemples de ces réflexions oiseuses qui manquent dans l’un des mss. ou ne s’y trouvent que corrompues, il faut citer:

§ 152, qua nil jucundius; § 147, imperitis improbabile, sed verum; § 1, quod aeque incertum inexperienti quam et certum experto. Enfin au § 93, cette phrase d’un latin barbare: Felicitas et infelicitas ex comparatione, non secundum se sunt, n’est pas seulement inutile, elle rompt le sens, et il faut la supprimer pour rendre à la pensée son unité.

[100] Je citerai notamment : Facilitas intelligentiae (§ 50); dicendi qualitas (§ 52); viae inquirendorum (§ 65); principia inquirendorum, principia negotiandi (§ 61); contrarie pluribus (§ 59); ex meditato (§ 102); ex illaborato (§117, 149); esse ex comparatione, esse secundum se (§ 93); venire ad emendationem (§ 31); impedire ad profecturn scientiae (§ 26).

[101] Ainsi nous y trouvons: Subditio (§ 46); alieniloquium (§ 51) ; scientiarum (§ 61); canale (§ 91); (Varron dit canalis au féminin, de Re rustica (III, 5); incontingens (§ 59); cohabitare (§ 33); corrixari (§ 47); magis duxere (§ 68).

[102] Dans ses .Poet. vet. Lat. carmina sent., il leur a donné pour titre: Sententiae quaedam M. Ter. Varroni falso attributae.

[103] Hist. abr. de la litt. romaine, Paris, 1811, tome 2, p. 246.

[104] M. Ter. Varronis Saturarum menipp. rel., p. 8 et 9.

[105] Il fut composé, suivant Barth, au sein des écoles chrétiennes dans un temps où les idées morales des anciens étaient en honneur; suivant M. Œhler au quatrième ou au cinquième siècle, avant la fermeture de l’école d’Athènes.

[106] Voy. Spicil. Solesm., tome III, notes des pages 313, 318, 320.

[107] « Quod inscriptio Atheniensem auditorem nominat, quod suspicor errore librarii exscribentis factum esse, qui sententias plures ex libris fortasse pluribus a Varrone ad Atticum amicissimum scriptis excerpserat. »

[108] M. Ter. Varf. Satur. menipp., p. 8.

[109] Je ne parle pas du petit ms. de Padoue et de celui de Barth qui donnent simplement: M. Varro dixit.

[110] « Personaliter copulavi ex diversis libris et ex diversis historiographis, quos vidi et audivi in Italia, tam Bononiae quam Paduae, dum eram ibi studens. » - S’il consulte Vincent de Beauvais, il connaît aussi des sources meilleures. Ainsi quand cet auteur et d’après lui Jacques le Grand attribuent à Varron une sentence de Caton, Arnold de Hollande la transcrit, il est vrai, mais ajoute « Istud dictum secundum alios est Catonis. » Voy. cette sentence dans Aulu-Gelle, XIII, 17.

[111] Il dit simplement dans sa 1re partie: « Scripsit etiam ad auditorem Atheniensem librum moralem in quo multa utilia et notabilia continentur de quibus ponam aliqua in secunda parte istius operis. »

[112] Voy. sur les Logistorici M. Ritschl, p. 501, suiv. et M. Œhler, p. 58, suiv

[113] Voy. notamment Pomp. Festus, p. 83.

[114] Voy. Œhler, p. 108. Ce passage est cité par Aulu-Gelle et par Jean de Salisbury; le texte d’Arnold de Hollande (art. uxor) semble emprunté à ce dernier auteur: « Vitium conjugis, ait, tollendum est aut ferendum: qui tollit vitium. commodiorem conjugem praestat, qui fert se ipsum efficit melliorem. »

[115] De Civ. Dei, VI. 5, à propos des Antiquités humaines. « Unum sngularem qui communiter prius de omnibus loqueretur, in capite posit »; et de même pour les Antiquités divines: « et istorum exordio unum singularem, qui prius de omnibus loqueretur apposuit. » Il parle, ib. VII, 5, 6 de la prœlocutio proposita où est exposée la théologie naturelle.

[116] Acad. lib. I, § 8: « Quae quo facilius minus docti intelligerent, jucunditate quadam ad legendurn invitati, in laudationibus, in iis ipsis Antiquitatum proœmiis,philosophiae scribere voluimus, si modo consecuti sumus. »

[117] Quintilien, Instit. orat., I, 4, 4: « Varronem et Lucretium in Latinis, qui praecepta sapientiae versibus tradiderunt. » - Saint Augustin, de Civ. Dei, VI, 2: Tametsi minus est suavis eloquio, doctrina tamen et sententiis ita refertus est, ut in omni eruditione, quam nos srecularem, illi autem liberalem vocant, studiosum rerum tantum iste doceat, quantum studiosum verborum Cicero delectat. »

[118] Il cite Varro in sententiis libro sexto, libro septimo. Peut-être est-ce une désignation inexacte, et s’agît-il de pensées tirées du sixième et du septième livre de quelque ouvrage de Varron.

[119] Rheinisches Museum für Philologie. Frankfurt am Main.

[120] De vir. Illustr.; c. 54.

[121] Apolog., lib. II, c. 20.

[122] Outre saint Jérôme et Rufin, Don Pitra cite Isidore (Etymol., lib. VI, c. 7), auquel il aurait pu joindre Vincent de Beauvais (Spec. doctr., II, 2.). Il transcrit dans ses Prolegomena ce passage d’Érasme: « Hec epistola prorsus intercidit una cum indice, quae nostro bono periit. Nam si superesset, magis etiam discruciaremur, ejus viri tot egregia periisse monumenta. »

[123] D. Pitra: tam innumerabiles; mais tam manque dans les trois manuscrits.

[124] Les trois manuscrits Ebalterum; mais plus loin « Quorsum Varronis et Calcenteri mentio facta sit quaeritis; videlicet ut ad nostrum Adamantium nostrumque Calcenterium (Calcenterum dans celui d’Arras) veniamus. » On peut donc avec D. Pitra rétablir Chalcenterum dans notre texte.

[125] D. Pitra: nos in congregandis: mais nos manque et dans l’édition de sir Phillipps et dans nos deux manuscrits.

[126] M. Ritschl, fidèle aux témoignages des anciens, ne donne que 41 livres à cet ouvrage: 25 pour les Antiq. ver. hum. et 16 pour les Antiq. ver. dir.

[127] iv dans le manuscrit 1629; ivor dans le manuscrit 1628 et dans celui d’Arras.

[128] xx dans les trois manuscrits: M. Ritschl, li.

[129] M. Ritschl ne doute pas qu’il ne s’agisse des Logistorici de Varron. - D. Pitra: αἰτίων τοπικῶν.

[130] Dans le manuscrit d’Arras Plautinanarum.

[131] M. Ritschl et D. Pitra rétablissent le titre de Originibus scenicis; les trois manuscrits de Originibus saeculi.

[132] M. Ritschl admet, d’après les témoignages des anciens, cinq livres de cet ouvrage.

[133] Le même critique pense qu’il faut lire de Actibus scenicis.

[134] Ce titre général, sous lequel saint Jérôme réunit plusieurs ouvrages de Varron, ne pouvait figurer dans la liste donnée par M. Ritschl.

[135] Tous les manuscrits portent le même nombre. D. Pitra donne ici ex libris lv et plus loin pour le de Lingua latina: ex libris xxv; mais on conçoit aisément que les abrégés n’aient correspondu qu’à une partie des livres de ces deux ouvrages.

[136] Le manuscrit d’Arras a omis cet ouvrage et M. Ritschl ne l’a pas connu.

[137] Les trois manuscrits donnent de suavitate; mais M. Ritschl a montré qu’il s’agissait de l’ouvrage de Varron de sua vita.

[138] Les deux manuscrits de Paris menipparum; celui d’Arras menypparum.

[139] Sur la liste publiée par M. Ritschl: poematorum. C’est la forme qu’employait Varron. Voy. fragm. lib. xi de Ling. lat.

[140] Les deux manuscrits de Paris donnent pseudo; ce mot manque dans celui d’Arras.

[141] Satirarum dans le manuscrit 1628; satyrarum dans les deux autres.

[142] Saint Jérôme a mentionné trente-huit ouvrages de Varron (sans compter les libri singulares.) M. Ritschl n’a pas connu l’Epitomen ex libris Imaginum; mais il ne fait figurer sur sa liste vingt-deux autres ouvrages dont je reproduis ici les titres:

Lib. Carminis (de rerum natura?)

Libri Epistularum.

Libri Epistolicarum qumstionum.

Libri iii Rhetoricoruin.

Lib. de mensuris (agrorum), (de geometria.)

Lib. i de philosophia.

Lib. i de aestuariis.

Lib. Ephemeridis (rusticae)

Libri Ephemeridis navalis.

Libri de ora maritima.

Libri iv de gente populi romani.

Libri de familiis Troianis.

Lib. i Tribuum.

Lib. Eisagwgikoz.

Lib. Aetion.

Libri de gradibus.

Libri Augurum.

Libri de poetis.

Libri de comoediis Plautinis.

Lib. de compositione saturarum.

Libri de antiquitate litterarum.

Libri iv de utilitate sermonis.

[143] Les trois manuscrits invicem.