Elégies de Tibulle

 

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TIBULLE : On sait peu de choses sur la vie d'Albius TIBULLUS : il appartenait à une famille riche qui fut dépouillée d'une partie de ses biens après Philippes ; il fit deux voyages, l'un en Aquitaine (avec MESSALA CORVINUS chez qui il connut Horace et Ovide), l'autre en Orient.
Tibulle chante surtout l'amour avec ses joies, ses espoirs, ses déceptions, ses souffrances ; il exprime aussi son dégoût pour la vie turbulente, son désir de tranquillité, son goût pour la campagne, sa tristesse face à la mort qui le ravit fort jeune.
Son oeuvre comprend 4 livres d'élégies (le Corpus Tibullianum), mais tout n'est pas de lui : le troisième livre est attribué à un certain Lygdamus et le quatrième contient six billets de Sulpicia, la nièce de Messala.
Son originalité : l'union de l'amour et de la nature (thème qu'on retrouvera chez J.-J. ROUSSEAU), la sérénité de la vie campagnarde, remède à la maladie d'amour.

 élégie I, 5 (1ère partie)

Pièce écrite en 29. Délie continue ses infidélités. Tibulle a tenté de se passer d'elle. Il le laissait supposer dans la pièce précédente, en suggérant, à mots couverts, que la sorcière avait le pouvoir de guérir de l'amour, aussi bien que celui de le rendre heureux. Il est possible que, entre les deux poèmes, un rapprochement passager ait rendu Délie à Tibulle, peut-être au cours d'une maladie de la jeune femme (ici, v. 9 et suiv.). Le poète avait alors repris son rêve d'amour, toujours le même, le vie à Pedum avec Délie. Le moment est précisé par la mention de Messalla, qui est en Italie, ou sur le chemin du retour. La maladie de Délie semble donc avoir coïncidé avec le retour de Messalla, revenant d'Orient pour combattre contre les Salasses, en Illyrie (29 av. J.C.). Mais, la santé revenue, Délie a repris un nouvel amant. Tibulle veut l'excuser, comme le fait Properce en un autre temps, pour Cynthia, sur les machinations d'une lena. Mais Tibulle sait bien qu'il ne peut se tromper lui-même et les derniers vers sont désabusés.

V

Asper eram et bene discidium me ferre loquebar,
At mihi nunc longe gloria fortis abest.
Namque agor ut per plana citus sola verbere turben,
Quem celer adsueta versat ab arte puer.
Ure ferum et torque, libeat ne dicere quicquam 5
Magnificum post haec: horrida verba doma.
Parce tamen, per te furtivi foedera lecti,
Per venerem quaeso conpositumque caput.
Ille ego, cum tristi morbo defessa iaceres,
Te dicor votis eripuisse meis, 10
Ipseque te circum lustravi sulphure puro,
Carmine cum magico praecinuisset anus;
Ipse procuravi, ne possent saeva nocere
Somnia, ter sancta deveneranda mola;
Ipse ego velatus filo tunicisque solutis 15
Vota novem Triviae nocte silente dedi.
Omnia persolvi: fruitur nunc alter amore,
Et precibus felix utitur ille meis.
At mihi felicem vitam, si salva fuisses,
Fingebam demens, sed renuente deo. 20
Rura colam, frugumque aderit mea Delia custos,
Area dum messes sole calente teret,
Aut mihi servabit plenis in lintribus uvas
Pressaque veloci candida musta pede;
Consuescet numerare pecus, consuescet amantis 25
Garrulus in dominae ludere verna sinu.
Illa deo sciet agricolae pro vitibus uvam,
Pro segete spicas, pro grege ferre dapem.
Illa regat cunctos, illi sint omnia curae,
At iuvet in tota me nihil esse domo. 30
Huc veniet Messalla meus, cui dulcia poma
Delia selectis detrahat arboribus;
Et tantum venerata virum hunc sedula curet,
Huic paret atque epulas ipsa ministra gerat.
Haec mihi fingebam, quae nunc Eurusque Notusque 35
Iactat odoratos vota per Armenios.

   vocabulaire

[1,5,1] J'étais farouche et prétendais pouvoir supporter une rupture; et voilà que la gloire de ce courage m'échappe. Car je suis aussi agité que le sabot que fait tourner, rapide, sur le sol tout uni, l'agile fouet d'un enfant exercé 5 à ce jeu. Brûle et torture un homme fier, pour lui ôter la fantaisie de faire le fanfaron après cela; dompte son rude langage. Ou plutôt épargne-moi, je t'en conjure par la couche qui reçut mes serments furtifs, par Vénus, par ta tête inclinée près de la mienne. C'est moi, lorsqu'une [1,5,10] maladie cruelle t'étendait vaincue sur ton lit, dont les voeux, on l'assure, t'arrachèrent à la mort; moi qui ai promené autour de toi le soufre purificateur, après qu'une vieille eut chanté ses vers magiques; moi qui ai pris soin d'empêcher les songes funestes de te nuire, en
15 leur offrant trois fois la farine et le sel; moi qui, voilé de lin et la tunique flottante, ai neuf fois adressé des voeux à Hécate dans le silence de la nuit. Tous ces voeux, je les ai acquittés: et un autre maintenant possède ton amour, et recueille, dans le bonheur, le fruit de mes [1,5,20] prières. Mais cette vie de bonheur, c'est pour moi, insensé! que je me l'imaginais, si tu recouvrais la santé, mais le Dieu a dit non. Je cultiverai mes champs, ma Délie sera là, gardienne de mes récoltes, tandis que l'on battra les gerbes sur l'aire à l'ardeur du soleil; ou bien elle veillera sur mes cuves pleines de grappes et sur 25 le moût limpide pressé d'un pied agile. Elle s'accoutumera à compter le bétail; elle s'accoutumera au babil du petit esclave jouant sur le sein de sa maîtresse qui l'aime. Elle saura offrir au dieu des laboureurs une grappe pour prix de ses vignes, des épis pour ses moissons, un sacrifice pour son troupeau. Qu'elle dirige tout le monde, qu'elle prenne [1,5,30] soin de tout : je me plairai à n'être rien dans la maison. Là viendra mon Messalla, pour qui Délie cueillera sur des arbres de choix des fruits succulents; et pleine de respect pour un si grand personnage, elle sera pour lui empressée, lui apportera et lui présentera elle-même les 35 mets préparés par ses soins. Imaginations, que maintenant l'Eurus et le Notus dissipent, voeux illusoires, à travers l'Arménie odorante!
   

Discidium : mot auquel les interprètes modernes de Tib. ont fait un sort. Désigne une "séparation", une "rupture". Si l'on adopte notre chronologie, cette séparation est intervenue après la maladie de Délie (hiver 29 ?), elle a été provoquée par la volonté de la jeune femme, qui n'a pas voulu réaliser le rêve bucolique de son ami. Tibulle s'est éloigné en colère.

gloria fortis : "gloria" au sens de "vantardise" (en ce sens, familier, mais attesté dans la Corr. de Cic.). Fortis peut être soit épithète de gloria ( désir de passer pour énergique) soit génitif de fortis substantivé : "la réputation (usurpée) d'un homme énergique".

turben : La comparaison avec le "sabot", symbole d'une passion qui entraîne l'esprit, se trouve un peu plus tard chez VIRG., En., VII, 378, appliquée à Amata. Le jeu lui-même est déjà attesté sur une coupe attique du Ve s. Il est possible que la comparaison appartienne d'abord à un poète grec, mais nous ne savons lequel.

plana sola : le pluriel parce que la comparaison fait appel à un nombre considérable d'expériences.

adsueta...ab...arte : expression attestée en prose dès VARR., R.R., I, 39,2; elle semble appartenir à la langue de la conversation (légèrement technique - langue de métier). Après TIB., attestée un peu partout en poésie : 0V., PROP., etc.

Ure ferum... : châtiments d'esclaves. TIB. se livre "pieds et poings liés". Conscience du caractère "fatal" de sa passion; la plus "propertienne" des élégies déliennes. Mais aussi, ne pas oublier que ce thème du "repentir" est habituel dans la poésie élégiaque, aussi fréquent que celui de la querelle entre amants, dont il est complémentaire.

V. 7 : construire : te quaeso per foedera furtiui lecti... L'invocation se trouve déjà Iliade, XV, 39, d'Héra à Zeus. Elle est naturelle; noter que Délie commet des "infidélités" à son ami en titre, que, pour revenir à TIB., elle s'est "échappée". Il semble donc que la liaison ait duré plusieurs années, malgré les changements de protecteur "officiel". Les poèmes que nous possédons ne constituent pas un "roman" au jour le jour (un "journal intime" de cette passion), mais servent à marquer un certain nombre de "moments" de cette passion, une élégie résumant les sentiments éprouvée pendant toute une période, plus ou moine longue.

Compositum caput : Cf. PROP., II, 14, 22 : mecum habuit positum lenta puella caput.

Ille ego...: cf. I, 3, 93 : hunc ilium. Comprendre : ego fui ille (qui) dicor... Dire que l'épisode de la "maladie" est un "thème" habituel dans la poésie amoureuse ne signifie pas que Délie n'ait pas été malade. On rapproche OV., Ars Am., II, 315-336, qui décrit une scène analogue, mais l'art d'Aimer est postérieur à cette élégie, et l'on sait qu'Ovide a tout le recueil présent à la mémoire. Il doit avoir tiré le "thème" de cette élégie, loin que l'on soit en droit d' affirmer que TIB. ne fasse ici qu'exploiter un motif traditionnel. La dépendance d'OV. est prouvée, notamment, par le v. 329 et suiv. : "et ueniat quae lustret anus lectumque locumque, etc.

eripuisse : sans complément exprimé - sous-ent. : ex morte lustraui : la "lustratio" est une purification religieuse et magique, elle se pratique dans différentes circonstances, publiques et privées; officiellement pour l'armée, le peuple, la ville, les champs, etc. Il s'agit essentiellement d' uneprocession circulaire, le mouvement, par lui-même, constituant un "isolement" magique. A ce premier élément s'ajoutait, dans certains cas, une purification par des vapeurs, notamment de soufre (et la chimie moderne assure que c'est là une précaution possible et efficace, dans certains cas), mais aussi par des fumigations plus étranges (aux Parilia, par exemple, on brûlait à cet effet du sang provenant du cheval victorieux lors des courses sacrées d'octobre, et sacrifié après la course). Le but, en cas de maladie, est de chasser le "démon".

praecinuisset : soit "chantait avant moi" (dans la procession) soit, plutôt, "me dictait les formules" (praecantatrix).

Anus : traditionnellement, les sorcières sont de vieilles femmes (POR., APULEE, PÉTRONE, etc.). Trait de moeurs.

procuraui : mot de la langue religieuse. Les somnia constituent des présages; la maladie faisant naître des cauchemars, ces présages seront mauvais; il faut donc les "détourner", c'est-à-dire prévenir leur effet par des pratiques magiques appropriées. La mola (salsa) est une galette non levée, de farine de blé, avec du sel, qui a par elle-même une valeur religieuse; cette offrande est caractéristique du culte de Vesta et du culte domestique; elle unit deux principes de vie et de puissance (le sel, dont une trace suffit à révéler l'action, et le blé, substance capable à elle seule d'entretenir la vie), essentiellement bénéfiques. On notera également que cette offrande, non sanglante, exclut, par elle-même, tout omen de mort. 

uelatus filo :non, sans doute, "voilé de lin" (Ponchont), mais "portant sur la tête le filum" (bandelette, ou cordelette dont est. entouré le bonnet des flamines). Le lin donnerait à la pratique de TIB. un air exotique, égyptien. En réalité, il s'agit, pour le poète, de recourir aux "bonnes vieilles recettes" latines : mola salsa, bonnet magique du flamine, suffimenta, lustratio, dans tout cela, rien d'exotique, mais la religion nationale la plus traditionnelle.

Tunicis solutis : l'on pouvait porter plusieurs tuniques simultanément (comme faisait Auguste lui-même, au témoignage de Suétone). S'il fallait attacher une valeur très précise à l'emploi du pluriel chez TIB., on serait tenté d' admettre que la maladie de Délie a eu lieu en hiver... Mais c'est là une conclusion très aventurée.

Triuia : Diane, etc. (v. ci-dessus, ) Ici, sans doute invoquée comme divinité lunaire, la lune passant pour être liée aux phases des maladies dans la médecine "magique" primitive. Peut-être aussi pour détourner, éventuellement, l'effet d'un envoûtement, cause possible de la maladie de Délie. Neuf, naturellement, est 3 x 3, nombre rituel.

Fruitur nunc alter aurore... : pendant la maladie, les amants "réguliers" avaient fui, seul restait le poète. Les "amours furtives" (v. 7) ne datent pas de cette période, mais des moments de santé. Il ne saurait être question d'un "mari" que tromperait Délie.

 renuente deo : expression du langage familier.

colam : noter le passage brusque de la pensée rapportée au récit imagé . "Réalité" de la vision.

dum... teret : le futur = "pendant tout le temps que..."

candida musta : couleur du moût de raisin frais - la couleur "rouge" du vin ne venant qu'après un assez long séjour dans la cuve. PLINE, H., XXIII, 29 nous apprend que le "moût noir" est celui qui est fait avec du raisin déjà séché ("vin de paille").

Consuescet ... consuescet : fréquence de l'anaphore chez TIB., surtout dans les moments de vive émotion et de rêverie.

uerna : importance, dans la vie familiale, de ces petits esclaves nés à la maison. Rôle de "petits favoris". La jeune fille enlevée le jour de son mariage (APULEE, Met., IV, 24) s'écrie : "an ego... misera tali domo, tanta familia, tam caris uernulis..." De pareils traits contribuent à placer dans une plus juste perspective les considérations habituelles sur la dureté des moeurs romaines. Vie souvent patriarcale, surtout dans les maisons bourgeoises de la campagne.

deo agricolae : expression reprise de I, 1, 14 - non sans intention. L' offrande rituelle à la divinité protectrice (quelle qu'elle soit, elle est différente selon la récolte : Liber pour la vigne, Cérès pour le blé, Palès pour le troupeau; essentielle dans la vie religieuse de Tibulle, sera partagée par Délie. Ce qui n'était, dans la première élégie, que "confidence personnelle" devient ici programme de vie avec Délie. Effort suprême d'assimilation de leurs deux vies. Et, bientôt, échec définitif.

segete : le dernier -e scandé long, par allongement au temps fort; allongement autorisé d'ailleurs par les deux consonnes qui suivent. Mais, chez TIB., semblable combinaison, fréquente chez VIRG., ne se trouve qu'ici et I, 6, 34 (seruare frustra).

at iuuet in tota me nihil esse domo : lorsque MARTIAL, XIV, 193, reprend ce vers, il le rapporte aux amours du poète et de Némésis, qui succède à Delia. Ce n' est sans doute pas un hasard, ni une inadvertance. Intention ironique, semblable à celle d'OV., Am., III, 9, 57 (élégie sur la mort de Tibulle), qui fait dire à Némésis que c'est elle qui "tint le poète de sa main défaillante" (I, 1, 60). TIB. apparaît, aux yeux des poètes latins comme le type même de l'amoureux dont l'amour est indépendant de l'objet sur lequel il se porte - à la différence de Properce. Dans son amour, le poète se cherche et se définit lui-même.

Messalla meus : le moment du retour approche. Messalla n'est sans doute pas loin - il est probable que cette pièce est destinée à lui être montrée. Noter que Messalla est considéré comme "tantus uir", ce qui se comprend mieux après ses campagnes victorieuses d'Orient.

detrahat arboribus : abl. sans préposition (séparation).

uenerata :"témoignant son respect" (transitif). On notera dans ce poème comme une tentative de TIB. pour se rapprocher de Messalla - tentative qui aboutira, croyons-nous, à la participation de TIB. à l'expédition d'Aquitaine.

uirum hunc : noter l'hiatus, à la césure. De plus, la finale -um, normalement brève, est ici allongée, au temps fort.

Epulas ipsa ministra gerat : vieille tradition paysanne; la femme ne prend pas place sur le lit de table, surtout lorsqu'il y a des invités masculins. Elle s'assied; et, souvent, elle ne prend pas son repas avec les hommes mais veille au service (coutume paysanne encore attestée en France). Simplicité des moeurs évoquées ici, à dessein, par TIB. Contraste avec la condition réelle de Délie, qui est, précisément, l'une des femmes que l'on invitait à tenir compagnie aux convives, dans les dîners joyeux... Ironie de TIB. ? Ce n'est pas certain, bien que le contraste ne lui ait pas échappé.

Haec mihi fingebam... : retour à la réalité. Changement de "mouvement". L'allusion aux vents qui dissipent les promesses est traditionnelle dans l'élégie (par ex. PROP., IV, 7, 21-22).

Eurus Notusque : les deux noms de vents rapprochés dès Il., II, 144.

odoratos...Armenios : la mention de l'Arménie est ici un peu étonnante. Ce pays appartenait à l'actualité politique. En 34, il avait été conquis par Antoine, mais, après Actium, il avait recouvré son indépendance, sous le protectorat de l’Empire Parthe. On sait que la question parthique est l'un des grande problèmes qui agitent à ce moment l'opinion, jusqu'au règlement pacifique de 20. - Odoratos : non que ce pays soit celui d'où viennent les parfums, ni que le pays soit, par lui-même "embaumé" (Ponchont). Noter que Armenios désigne les habitants, des Orientaux qui aimaient à se parfumer, ainsi que le confirme PROP., IV, 3, 64 : raptaue odorato carbasa lina duci - à propos d'une expédition en Bactriane, pays que les poètes romains assimilaient volontiers à l'Arménie.- On remarquera, dans le même distique, deux rapprochements avec deux poèmes (différents) du livre IV de PROP., qui sont évidemment deux emprunts directs de celui-ci.

ab, prép. : + Abl. : à partir de, après un verbe passif = par
absum, es, esse, afui : 1 - être absent, être hors de. 2 - manquer à, faire défaut à; ne pas assister (qqn), ne pas secourir (qqn). 3 - être éloigné de, être distant de. 4 - se tenir loin de, s'abstenir, être exempt de. 5 - avoir de l'éloignement pour, répugner, être contraire à. 6 - différer, être supérieur ou être inférieur.
adsuesco, is, ere, eui, etum : s'habituer, être habitué (adsuetus,a, um : - 1 - accoutumé à, habitué à, qui a l'habitude de. - 2 - adj. habituel, ordinaire, usité. )
adsum, es, esse, adfui : être présent, assister, aider
ago, is, ere, egi, actum : 1 - chasser devant soi, faire marcher, conduire, pousser, amener (en parlant des êtres animés ou personnifiés) 2. faire, traiter, agir
agricola, ae, m. : agriculteur
alter, era, erum : autre de deux
amans, antis : l'amant
amo, as, are : aimer, être amoureux
amor, oris, m. : l'amour, la tendresse, l'affection; la passion, ke désir. ( Amor, oris, m. : l'Amour (Cupidon, fils de Vénus).
anus, us, f. : la vieille femme
arbor, oris, f. : l'arbre
area, ae, f. : le sol libre et uni, l'aire à battre le blé, la place publique, la cour, le vestibule
Armenius, a, um : Arménien
ars, artis, f. : 1. le talent, l'habileté 2. le métier, la profession 3. la connaissance technique, l'art
asper, era, erum : 1 - âpre (au toucher), rude, rugueux; qui a du relief, piquant. - 2 - âpre (au goût ou à l'odorat), âcre, vif, pénétrant. - 3 - rude à l'oreille. - 4 - âpre, grossier, rude, dur, farouche, intraitable, terrible. - 5 - dur, pénible, rigoureux; mordant, caustique, satirique; piquant, amer (en parl. des choses).
at, conj. : mais
atque, conj. : et, et aussi
aut, conj. : ou, ou bien
bene, adv. : bien
caleo, es, ere, ui, iturus : - intr. - 1 - être chaud, être brûlant, avoir chaud. - 2 - être animé, être échauffé, être rempli d'ardeur, brûler pour, brûler de. - 3 - être sur les charbons ardents, être perplexe, être troublé, être embarrassé. - 4 - être exécuté avec ardeur.
candidus, a, um : blanc
caput, itis, n. :1. la tête 2. l'extrémité 3. la personne 4. la vie, l'existence 5. la capitale
carmen, minis, n. : le poème, l'incantation, le chant
celer, eris, ere : rapide
circum, adv. : à l'entour ; prép. acc. : autour de
citus, a, um : prompt, rapide
colo, is, ere, colui, cultum : honorer, cultiver, habiter
compono, is, ere, posui, positum : mettre ensemble, disposer, enterrer (compositus, a, um : disposé, préparé; en bon ordre)
consuesco, is, ere, sueui, suetum : s'habituer
cui, 4 possibilités : 1. datif singulier du pronom relatif : à qui, pour qui 2. datif singulier de l'interrogatif : à qui? à quel? 3. faux relatif = et ei 4. après si, nisi, ne num = alicui
cum, inv. :1. Préposition + abl. = avec 2. conjonction + ind. = quand, lorsque, comme, ainsi que 3. conjonction + subj. : alors que
cuncti, ae, a : tous ensemble
cura, ae, f. : le soin, le souci
curo, as, are : se charger de, prendre soin de (curatus, a, um : bien soigné)
custos, odis, m. : le garde, le gardien
daps, dapis, f. : surtout au pl. dapes, dapum : le sacrifice offert aux dieux, le repas, le banquet
defessus, a, um : fatigué, lassé, las, épuisé
Delia,ae, f. : Délie
demens, entis : qui a perdu la tête, fou, insensé.
detraho, is, ere, traxi, tractum : tirer, enlever
deueneror, aris, ari : détourner (par un acte d'adoration)
deus, i, m. : le dieu
dico, is, ere, dixi, dictum : 1 - dire, affirmer, prononcer, exprimer; débiter, réciter. - 2 - dire le nom, nommer, appeler. - 3 - haranguer, plaider. - 4 - célébrer, chanter, raconter, décrire, composer, prédire. - 5 - fixer, assigner, établir, régler. - 6 - avertir, faire savoir, notifier. - 7 - signifier, vouloir dire. - 8 - nommer, élire, proclamer, élever au rang de.
discidium, i, n. : le déchirement, la division, la séparation
do, das, dare, dedi, datum : donner
domina, ae, f. : la maîtresse
domo, as, are, ui, itum : dompter
domus, us, f. : la maison
dulcis, e : doux
dum, conj. : 1. + ind. = pendant que, jusqu'à ce que 2. + subj. : pourvu que, le temps suffisant pour que
ego, mei : je
epulae, arum, f : les aliments, la nourriture, le repas, le festin, le banquet
eripio, is, ere, ere, ripui, reptum : 1 - tirer brusquement hors de, mettre dehors, faire sortir, arracher, retirer, emporter. - 2 - ôter, enlever de force, arracher de force, ravir. - 3 - intercepter, empêcher. - 4 - délivrer de, affranchir. - 5 - obtenir de force, arracher. - 6 - enlever par une mort prématurée.
et, conj. : et. adv. aussi
Eurus, i, m. : l'Eurus (vent du sud-est)
felix, icis: - a - heureux, qui a du bonheur, à qui tout réussit, qui a du succès, qui réussit. - b - riche, opulent. - c - (chose) qui réussit, efficace; favorable, propice, de bon augure. - d - fécond, fertile, abondant; fécondant. - e - habile, qui a du talent.
fero, fers, ferre, tuli, latum : porter, supporter, rapporter
ferus, a, um : sauvage, barbare
filum, i, n. : le fil, la mèche
fingo, is, ere, finxi, fictum : modeler, imaginer. part. fictus : feint
foedus, deris, n. : le traité
fortis, e : fort, vigoureux, courageux,
fruges, um, f. : les récoltes (au singulier : frugem = ce que tu vaux)
fruor, eris, eri, fruitus sum : - 1 - user de, faire usage. - 2 - jouir de, profiter de. - 3 - se réjouir de, prendre plaisir à. - 4 - avoir l'usufruit.
furtiuus, a, um : 1 - volé, dérobé. - 2 - furtif, secret, caché, clandestin, discret.
garrulus, a, um : bavard
gero, is, ere, gessi, gestum : tr. - 1 - porter, qqf. transporter. - 2 - produire, enfanter. - 3 - au fig. porter, contenir, avoir en soi, entretenir (un sentiment). - 4 - faire (une action); exécuter, administrer, gouverner, gérer, conduire, exercer; au passif : avoir lieu. - 5 - passer (le temps). - 6 - avec ou sans se : se conduire, se comporter; jouer le rôle de, agir en.
gloria, ae, f. : 1. la gloire, la réputation, le renom 2. le désir de gloire
grex, gregis, m. : 1 - le troupeau (de menu bétail). - 2 - le troupeau, la troupe (d'animaux). - 3 - la troupe (d'hommes), la bande, la réunion. - 4 - la troupe (d'acteurs). - 5 - le choeur (des Muses). - 6 - le troupeau (des fidèles), les ouailles. - 7 - la foule, le vulgaire.
hic, haec, hoc : adj. : ce, cette, ces, pronom : celui-ci, celle-ci
hic, adv. : ici
horridus, a, um : hérissé, terrible, âpre, sauvage
huc, adv. : ici (question quo)
iaceo, es, ere, cui, citurus : 1 - être étendu, être couché, être alité, être gisant (blessé ou mort), être malade. - 2 - géographiquement : jacere = esse, situm esse : être situé, s’étendre. - 3 - être abattu, être démoralisé. - 4 - rester dans l’oubli, être négligé, être abandonné. - 5 - végéter, être en ruines. - 6 - être bas (---> prix). - 7 - être calme (---> mer).
iacto, as, are : 1. jeter, lancer 2. agiter 3. débattre 4. jeter avec ostentation, vanter
ille, illa, illud : adjectif : ce, cette (là), pronom : celui-là, ...
in, prép. : (acc. ou abl.) dans, sur, contre
ipse, a, um : (moi, toi, lui,...) même
iuuo, as, are, iuvi, iutum : aider ; quid iuuat : à quoi bon ?
lectus, i, m. : le lit
libet, v. inv. : il plaît, il fait plaisir
linter, lintris, m. : la barque
longe, inv. : longuement, au loin
loquor, eris, i, locutus sum : intr. et tr. - parler, dire, discourir, raconter, parler sans cesse de.
ludo, is, ere, lusi, lusum : - intr. et tr. - 1 - jouer, se divertir, s'amuser, s'ébattre (au pr. et au fig.). - 2 - se livrer à des ébats amoureux. - 3 - jouer, se divertir (à un jeu); risquer au jeu. - 4 - se livrer à un exercice, paraître dans les jeux publics; jouer (un rôle); feindre, contrefaire. - 5 - employer en s'amusant, faire en s'amusant; chanter sur un ton léger. - 6 - badiner, rire, plaisanter. - 7 - se jouer de, se moquer de, railler, tourner en ridicule. - 8 - duper, abuser, tromper. - 9 - Prud. broder ou peindre.
lustro, as, are : purifier par un sacrifice expiatoire
magicus, a, um : magique, de la magie
magnificus, a, um : 1. qui fait de grandes dépenses, fastueux 2. somptueux, grandiose 3. sublime , pompeux (style)
Messalla, ae, m. : Messalla
messis, is, f. : la moisson, la récolte
meus, mea, meum : mon
ministro, as, are : diriger, gouverner, servir
mola, ae, f. : la farine (sacrée)
morbus, i, m. : - 1 - la maladie. - 2 - la passion (maladie de l'âme), le vice, le désordre, la passion excessive.
mustus, a, um : frais, nouveau, jeune
nam, conj. : de fait, voyons, car
ne, 1. adv. : ... quidem : pas même, ne (défense) ; 2. conj. + subj. : que (verbes de crainte et d'empêchement), pour que ne pas, de ne pas (verbes de volonté) 3. adv. d'affirmation : assurément 4. interrogatif : est-ce que, si
nihil, indéfini : rien
noceo, es, ere : nuire
nosco, is, ere, noui, notum : apprendre ; pf. savoir
nouem, inv. : neuf
nox, noctis, f. : la nuit
numero, as, are : 1 - compter, énumérer, dénombrer, calculer, supputer, énumérer; passer en revue. - 2 - compter, payer. - 3 - compter parmi, mettre au nombre de, regarder comme, tenir pour. - 4 - parcourir en cadence (les cordes de l'archet).
nunc, adv. : maintenant
odoratus, a,um : a - qui a une odeur (bonne ou mauvaise). - b - parfumé.
omnis, e : tout
parco, is, ere, peperci, parsum : 1.épargner 2. préserver 3. cesser, s'abstenir de
paro, as, are : préparer, procurer (paratus, a, um : prêt, préparé à, bien préparé, bien fourni)
pecus, oris, n. : le bétail
per, prép. : + Acc. : à travers, par
persoluo, is, ere, solui, solutum : acquitter, s'acquitter de, payer
pes, pedis, m. : le pied
planus, a, um : plat, uni, égal
plenus, a, um : 1. plein 2. rassasié, entier, complet, abondamment pourvu
pomum, i, n. : 1 - le fruit avec pépins ou noyau : pomme, poire, cerise, figue, noix, baie, datte... - 2 - l'arbre fruitier.
possum, potes, posse, potui : pouvoir
post, adv. : en arrière, derrière; après, ensuite; prép. : + Acc. : après
praecino, is, ere, cinui (cecini), - : résonner devant, prononcer une incantation (préservatrice)
preces, um, f. pl. : les prières
premo, is, ere, pressi, pressum : presser, accabler, écraser
pro, prép. : + Abl. : devant, pour, à la place de, en considération de
procuro, as, are : - tr. et intr. - 1 - soigner avant tout, pourvoir à, s'occuper de. - 2 - soigner (pour un autre), s'occuper de (à la place de qqn), diriger (comme délégué), être l'agent de, être le procurateur de, être chargé de, gérer. - 3 - purifier par des expiations, sacrifier en expiation, conjurer, détourner (un malheur).
puer, pueri, m. l'enfant, le jeune esclave
purus, a, um : pur
quae, 4 possibilités : 1. nominatif féminin singulier, nominatif féminin pluriel, nominatif ou accusatif neutres pluriels du relatif = qui, que (ce que, ce qui) 2. idem de l'interrogatif : quel? qui? que? 3. faux relatif = et ea - et eae 4. après si, nisi, ne, num = aliquae
quaeso, inv. : s'il te plaît, je te prie
quisquam, quaequam, quidquam (quic-) : quelque, quelqu'un, quelque chose
rego, is, ere, rexi, rectum : commander, diriger
renuo, is, ere : faire un signe négatif, refuser
rus, ruris, n. : la campagne
saeuus, a, um : - 1 - emporté, féroce, furieux, qui est en fureur, cruel, inhumain, barbare, inflexible, redoutable. - 2 - terrible à la guerre, belliqueux, vaillant. - 3 - violent, terrible (en parl. des choses).
saluus, a, um :- 1 - sain et sauf, bien portant, bien conservé, intact. - 2 - sauvé, dont le salut éternel est assuré
sanctus, a, um : 1. sacré, inviolable 2. saint, vénérable, certueux
scio, is, ire, sciui, scitum : savoir
sed, conj. : mais
sedulus, a, um : diligent, zélé, appliqué
seges, etis, f. : le champ, la moisson
seligo, is, ere, legi, lectum : - tr. - trier, choisir. (selectus,a, m : choisi, trié, d'élite.)
seruo, as, are : - tr. et qqf. intr. : conserver, sauver, préserver, garantir. - 1 - conserver, maintenir en bon état, mettre en réserve, tenir en réserve, réserver, ménager. - 2 - conserver, garder par devers soi, retenir; au fig. observer, respecter, être fidèle à. - 3 - observer, épier, veiller à, avoir l'oeil sur, faire attention à, faire le guet, être en observation; étudier les astres. - 4 - ne pas quitter (un lieu), séjourner, habiter. - 5 - recevoir (à titre de restitution).
si, conj. : si
sileo, es, ere , ui, - : se taire
sinus, us, m. : le sein, la courbure, le golfe, l'anse
sol, solis, m. : le soleil
solum, i, n. : le sol
soluo, is, ere, ui, utum : 1. détacher, dénouer, détacher (- nauem = lever l'ancre) 2. payer, acquitter 3. désagréger, rompre 5. relâcher, amollir
solutus, a, um : sans liens, sans entraves, évanoui, dégagé, libre, relâché, négligent
somnium, ii, n. : le rêve, le songe
spica, ae, f. : la pointe, l'épi; la tête, la gousse
sulphur, uris, n. : - 1 - le soufre. - 2 - l'allumette soufrée. - 3 - la foudre.
sum, es, esse, fui : être
tamen, adv. : cependant
tantus, a, um : si grand ; -... ut : si grand... que
ter, inv. : trois fois
tero, is, ere, triui, tritum : frotter, broyer ; tempus - : passer le temps
torqueo, es, ere, torsi, tortum : 1. tordre, tourne , lancer 2. tourmenter, torturer (se torquere : accomplir un mouvement de rotation)
totus, a, um : tout entier
tristis, e : 1. triste, affligé 2. sombre, sévère, morose
Triuia, ae, f. : surnom de Diane (déesse des carrefours)
tu, tui : tu, te, toi
tunica, ae, f. : la tunique
turben, inis, m ou n. : 1 - le tourbillon. - 2 - la toupie.
uelo, as, are : voiler, couvrir, envelopper, cacher
uelox, ocis : rapide
uenero, as, are : adorer, prier, rendre un culte à
uenio, is, ire, ueni, uentum : venir
uenus, eris, f. : le charme, l'attrait, l'amour, la passion, la folie
uerbera, um, n. : (sing. verber, eris usité surtout au gén. et à l'abl. sing.) : - 1 - la verge, la baguette, le bâton, le fouet, la lanière (tout instrument pour frapper les condamnés, les esclaves...). - 2 - le fouet (pour conduire les chevaux). - 3 - la courroie d'une fronde. - 4 - le câble d'une baliste. - 5 - la bastonnade, les coups de fouet, le coup de verges. - 6 - le coup porté. - 7 - le coup de rame. - 8 - le battement (des ailes). - 9 - le coup, le choc, le heurt.
uerbum, i, n. 1. le mot, le terme, l'expression 2. la parole 3. les mots, la forme
uerna, ae, m. : 1. l'esclave né dans la maison, le bouffon, 2. l'indigène, né dans le pays
uerso, as, are : 1. tourner souvent, faire tourner, remuer 2. plier 3. présenter de façons diverses
uir, uiri, m. : l'homme, le mari
uita, ae, f. : la vie, l'existence, les moyens d'existence, la conduite, la biographie.
uitis, is, f. : la vigne, le cep, le sarment, la baguette du centurion
uotum, i, n. : le voeu, l'offrande
uro, is, ere, ussi, ustum : brûler
ut, conj. : + ind. : quand, depuis que; + subj; : pour que, que, de (but ou verbe de volonté), de sorte que (conséquence) adv. : comme, ainsi que
utor, eris, i, usus sum : 1 - se servir de, jouir de, profiter de, recourir à. - 2 - emprunter, avoir l'usufruit de. - 3 - être en rapport avec, être en contact avec. - 4 - pratiquer, faire preuve de.
uua, ae, f. : - 1 - le raisin. - 2 - le vin. - 3 - la vigne. - 4 - la grappe (de toute espèce de fruits). - 5 - la grappe formée par un essaim d'abeilles. - 6 - Apic. la grappe (d'oeufs de poisson). - 7 - Cels. mart. la luette (t. d'anat.). - 8 - Plin. Veg. sorte de poisson.