retour à l'entrée du site   table des matières d'Edmond Cougny

PRÉFACE.

Ce deuxième volume contient la moitié des Historiens, depuis les plus anciens jusqu'à ceux du siècle d'Auguste inclusivement. Il s'ouvre par sept ou huit pages d'Hérodote et se clôt sur quelques fragments de Memnon d'Hèraclée conservés par Photius. Nous donnons plus de cinquante pages de textes absolument omis par les Bénédictins ou découverts depuis eux (01), et ces textes sont pour la plupart d'un grand intérêt. Dans l'avertissement placé en tête du tome premier, nous avions cru marquer nettement, et une fois pour toutes, le caractère de la publication que nous a confiée la Société de l'Histoire de France. Ce que nous en disions ne paraît pas avoir été bien compris. Nous devons donc tâcher de nous mieux expliquer. L'oeuvre que nous avons entreprise est un simple recueil de textes avec traduction française. À l'exemple de Dom Bouquet, nous y joignons quelques notes succinctes un peu plus nombreuses pourtant et plus étendues que les siennes, dates, rapprochements utiles, quelques variantes choisies, spécialement celles qui portent sur les noms propres. Nous n'avons pas à discuter les diverses leçons (02), encore moins les points controversés de nos origines nationales : ce serait changer entièrement la nature de l'oeuvre et méconnaître les intentions de la Société; ce serait d'ailleurs donner à cette publication de trop larges proportions. Ce que nous avons à faire, ce que nous croyons avoir fait aussi bien que cela a été en notre pouvoir, ce que nous nous proposons de faire jusqu'au bout, c'est de réunir et de préparer « avec tout le soin possible des matériaux pour les études historiques, » c'est de former en quelques volumes, si le mot n'est pas trop ambitieux, une sorte de Bibliothèque grecque de la Gaule. Le principal mérite d'un pareil ouvrage est d'être exact et complet. N'omettre aucun des textes connus, quelles qu'en soient la source et la valeur, les donner tous dans l'ordre chronologique, tels qu'ils ont été établis par les plus récents et les meilleurs travaux de la critique; y joindre une version d'une fidélité scrupuleuse, tel est le programme que nous avons dû nous tracer. Nous essayons de nous y conformer de tout point. Nos efforts, naturellement, s'appliquent surtout à la traduction. Le caractère spécial de ce recueil exige qu'on en écarte tout ce qui ne serait qu'élégance arbitraire, tout ce qui en un mot ne vise qu'à rendre une lecture agréable et facile. Il faut que cette traduction tienne lieu du texte à ceux qui ne le peuvent consulter, qu'elle dispense même le plus souvent d'un commentaire : elle doit donc être un calque rigoureusement exact de chaque original, mieux que cela encore, car elle en doit reproduire la physionomie, le style.
Cette exactitude, nous croyons devoir l'observer au moins autant dans la transcription des noms propres que dans tous les autres détails. Il nous semble que, en traduisant un texte grec, appeler Carthage la ville que tous les Grecs ont nommée Cârchèdôn, c'est commettre tout ensemble aine infidélité et une erreur historique, c'est faire parfois un véritable anachronisme, c'est enfin tromper le lecteur français, qui peut se figurer que toute l'antiquité a désigné par la même dénomination la grande rivale de Rome.
Ce que nous disons des noms de villes est également vrai de tous les noms géographiques, et nous n'avons hésité pour aucun d'eux. Cependant cette transcription littérale, cette simple copie a paru singulière; de bons esprits l'ont blâmée. Mais quand nous leur avons demandé ce qu'il fallait faire, ils n'ont pu nous donner une réponse satisfaisante. Car l'usage vulgaire ne peut plus contenter les vrais savants : il ne saurait être question d'y revenir. Jamais, en effet, on n'a mieux compris qu'aujourd'hui la valeur de ces détails, leur importance historique. Aussi n'a-t-on pu nous donner une règle; nous marquer des limites. C'est qu'en vérité il n'y en a guère d'autres que celles que nous avons posées : en dehors de la copie exacte, tout est caprice et préjugé. Ce qu'on nous a proposé de mieux, c'est de laisser à ces noms grecs leur forme originale, en mettant à côté l'équivalent moderne. Ce procédé a été suivi pour les noms latins; et pour ceux-ci, M. Ernest Desjardins, dans sa Géographie historique et administrative de la Gaule; l'a adopté sans hésitation et partout. Mais si l'on peut, ainsi que l'a fait l'auteur de ce savant ouvrage, introduire sans trop de difficulté dans une phrase française les Menapii, les Morini, les Meldi, etc., comment y faire figurer- les
Karxhdñnioi, les Buz‹ntioi, les ƒElo¡uettioi et cent autres noms du mêle genre ? Aurait-on le droit de les affubler d'une terminaison latine ? Ce serait, le plus souvent créer des barbarismes. Si l'on trouve, en effet, Carchedonius dans Plaute (Poenol. Prolog. 53), c'est une exception unique qui ne justifierait pas suffisamment la transcription Carchedonii. Nous avons donc, crû' et nous. croyons encore que ce qu'il y a de mieux à faire, c'est de suivre l'analogie, et, comme on dit les Vénètes de Oæ¡netoi, Veneti, les Arvernes d'ƒAroæernoi, Arverni; les Sécoanes, de ShkoanoÛ etc., de dire de même les Osismies, d'ƒOsÛsmioi, Osismii, les Carchédonies, etc., malgré l'apparente étrangeté de ces terminaisons ordinairement féminines Sans doute ces formes nouvelles ou plutôt anciennes peuvent quelquefois sembler extraordinaires et surprendre un instant. Mais. d'abord au-dessous de chaque nom ainsi transcrit, nous avons soin de placer en note le nom connu, depuis. longtemps usité. D'ailleurs. l’accoutumance rend bientôt familiers de pareils changements qui sont tout extérieurs. Ils sont conformes à la vérité et la vérité s'impose toujours à l'esprit le plus prévenu. Il y a quelques années à peine que pour les Éduens, les Boïens, etc., on s'est mis à dire plus exactement les Edues, les Boïes, etc., y voit-on aujourd'hui rien de bizarre ou de téméraire? Qui' ne sourirait, au contraire, si, à l'exemple de Bellanger, le traducteur de Denys d'Halicarnasse, après avoir rendu KeltoÛ par les Celtes, on se croyait obligé d'ajouter en italique ou « Gaulois ». Nous nous sommes donc contenté, ici comme partout, de ce que donnent les textes, laissant à d'autres le soin d'examiner ces noms et de discuter les formes diverses sous lesquelles ils se présentent. Il y a dans ces variétés d'orthographe des indices précieux pour la philologie, la géographie et l'histoire.
Si les Samnites,
SamnÝtai de Diodore et des historiens latins, deviennent des Saunites, SaunÝtai, dans les autres écrivains grecs, nous ne négligeons pas cette diversité de formes que Pline, III, XVII, 12, avait déjà remarquée et dont la grammaire comparée peut faire son prifit pour expliquer certains faits de prononciation. On voit dans ce volume même, aux chapitres XVII, XXII et XXXIV du livre II de Polybe, un exemple du parti qu'on peut tirer des formes diverses, même corrompues, sous lesquelles se présentent les noms propres. Ce qui parfois pourrait nous arrêter, c'est la crainte de jeter dans l'esprit du lecteur quelque confusion, en disant, par :exemple pour les peuples de la Gaule, comme pour ceux de'l'Asie, les Galates et non les Galls ou Gaulois (03). Mais si nous avions adopté cette dernière forme, comment aurions- nous rendu cette phrase de Strabon, IV, IV, 2 :Tò d¢ sæmpan fèlon , ù nèn Gallikñn : te kaÜ Galatikòn kaloèsin «Toute la race appelée aujourd'hui Gallique ou Galatique, » où l'on voit que le nom de Galli pour les Gaulois commençait à se répandre, probablement sous l'influence des Romains, comme l'indique le mot de César (Guerre des Gaul. I, 1) : ipsorum lingua Celtae ; nostra Galli appellantur ? Et puis, ne serait-ce pas trancher un peu légèrement la question, encore aujourd'hui pendante; de l'identité des Galates et des Celtes? N'est-il pas intéressant aussi de voir que les Gaulois, en passant en Asie; en s'y établissant, ne prirent pas, ne se laissèrent pas imposer un nom de fantaisie, mais qu'avant comme après. le passage de l'Hellespont, on les appelait les Galates, Gal‹tai (Strab. XII, V, 1, et la Chrestom. XII, 52; Memnon, XIII et XIV, XIX).
Si cependant on était retenu par le scrupule que nous indiquions tout à l'heure, il y a telle page, comme celle de Memnon à laquelle nous venons de renvoyer, où il faudrait traduire
Gal‹tai tour à tour par Gaulois et par Galates. Ajoutons que cette similitude de noms pour des peuples divers, ayant peut-être une commune origine, n'est pas un fait isolé, et qu'on ne s'en est jamais inquiété : il y avait en Europe et en Asie des Mèdes, MaÝdoi, M°doi, des Ibères, des Albaniens, des Vénètes, des Bébryces, etc., et l'on n'a jamais jugé nécessaire de les distinguer en donnant à leurs noms des terminaisons différentes. Enfin que deviendraient, en dehors de notre méthode, certaines questions d'origines dont les anciens se sont montrés si fort préoccupés et qu'ils ont résolues à leur manière? Comment dire que les Gaulois, ou même si l'on veut les Galls, avaient pour ancêtre Galatès, Gal‹thw, fils d'Hercule? (Diod. V, XXIV., ci-après p. 372-375; Timag. dans Amm. Marcellin, XV, 9 , ci-après p. 326-327).Voilà pourquoi nous nous sommés astreint à une transcription pure et simple des noms propres : ce qui se trouve dans le texte se retrouve dans la traduction : il faut qu'en lisant l'une ou l'autre, on voie sans peine que les Grecs croyaient avec Artémidore (Étienne de Byz. s. v.) que les Sècoanas, ShkoanoÛ, Sequani, tiraient leur nom du Sècoanos ou Sècoanas, Shkoanñw, Shko‹naw, Sequana; disons de la Seine, que devient l'étymologie? Il en est de même du nom de la Sicélie que Denys d'Halicarnasse, I, XXII, d'après Philiste, dérive de celui du héros éponyme Sicélos : écrivons la Sicile, l'assertion de ces deux historiens n'a plus de sens. Nous en dirons autant de Narbonne et de la Narbonaise. Le nom, de la ville et celui de la province se présentent sous des formes sensiblement différentes aux différents âges de l'histoire. Il nous a paru intéressant de conserver religieusement ces formes diverses, en partant des Narbées ou mieux,des Narbaees, NarbaÝoi, d'Hécatée de Milet, pour aboutir à la Narbonensis, notre Narbonaise; de la Narbôn, N‹rbvn, Narbo des anciens textes, pour arriver à la Narbona de la décadence latine d'où est venu le français Narbonne, et en passant par les dénominations grecques NarbvnhsÛa, Narbonèsie, et NarbvnÝtiw, Narbônitide. Cette dernière n'est pas, comme on pourrait le croire, une invention de Strabon, qui l'aurait forgée par analogie avec les noms de presque toutes les provinces de son pays : on disait, pour les habitants de Narbôn, les Narbônites, NarbvnÝtai, et par conséquent pour la province, la Narbônitide (Étienne Byz. v. N‹rbvn).En résumé, ce qu'on nous oppose, c'est l'usage, Quem penes arbitrium est et jus et norma loquendi.
Mais l'usage incessamment varie selon les temps et les lieux et n'est souvent que la routine : Pour nous, c'est au nom de la science que, tout en enregistrant avec nos auteurs les changements de l'usage, nous essayons, pour tout ce qui dépend de nous dans ce travail, de nous soustraire à ses contradictions, et d'éviter une confusion de noms bien autrement grave. que celle qui nous est reprochée. Nous croyons avoir suffisamment justifié notre méthode. Nous dirons même qu'après tant d'autorités dont nous aurions pu nous prévaloir, nous n'aurions jamais cru nécessaire de produire un tel appareil de preuves. Il ne nous semblait pas qu'il y eût matière à procès. Mais nous avons déjà cause gagnée dans l'opinion de juges des plus compétents, et nous ne saurions mieux finir qu'en citant quelques lignes de l'un d'eux, le savant secrétaire de la Société de l'Histoire de France, M. Jules Desnoyers : « Cette singularité apparente, dit-il, est, grandement rachetée par la représentation plus originale, plus vraie des appellations, telles qu'elles apparaissaient aux géographes et aux historiens de l'antiquité (04). »

On ne pouvait mieux dire, et un pareil suffrage est le meilleur des encouragements.

E. C.

Versailles, août 1879.

BIBLIOGRAPHIE.

TOME. I - (Dans cette table, nous reproduisons, en les complétant, les indications bibliographiques placées en note à la première page de chaque auteur.)
I. Les Petits Géographes. 1° Geograph. vet. Scriptt. minores, édit. Hudson, 1698-.1712. 4 vol. in-8°. - C'est l'édition dont s'est servi D. Bouquet. - 2° Geographi Græci minores e codicibus recognovit Car. Müller, 2 vol. Bibl. gr. A. F. Didot.

II. 1° Strabonis Geographica; édit. de Casaubon, Paris, 1620, in-fol. ; .celle dont s'est servi D. Bouquet, et dont nous avons donné la pagination. 2° Strabonis Geographica, edente Car. Müllero, 2 vol. Bibi. gr. A. F. Didot.(V. dans le 2e vol., en tête de l'Index variae lectionis, la liste des mss. et des éditt. consultés par l'éditeur.)

III..Ptolémée. 1°, Édit. de Leyde, 1618, in-fol:, texte reproduit par D. Bouquet avec les variantes de quelques mss. - 2° Édit. de Leipsig, 1843, 3 vol. in-18, Collection Tauchnitz. - 3° Géographie de Ptolémée, reproduction photographique du ms. grec du monastère de Vatopédi au mont Athos, par Pierre Sewastianoff, avec introduction historique , etc., par Vict. Langlois , Paris, F. Didot, 1867, in-f°. - 4° Fragment attribué à Ptolémée, publié à Oxford, 1712, in-8°, texte reproduit par D. Bouquet.

IV. Étienne de Byzance.- Outre l'édition de D. Bouquet qui résume les précédentes, nous avons eu sous les yeux celle d'Aug. Meineke, Berlin, 1849, in-8°, 1er vol. - C'est le texte que nous avons adopté.

V. Chrestomathies de Strabon, édit. Carl. Müller dans les Geogr. graec. minores de la Bibl. gr. A. F. Didot, d'après le ms. unique d'Heidelberg, et les fragments qui se trouvent dans un ms. de la Bibliothèque nationale de Paris.

VI. Lexici Geographici Fragmenta, publiés par Fr. Lenormant, Philolog., t: XXV, p. 147 et suiv. ; ann. 1867, 1 et 11.

Tome II. 

 I. Hérodote.- Le texte que nous donnons est à peu de chose près celui de l'édition de Leipsig, Collect. Tauchnitz, 3 vol. in-4°; nous nous sommes servi également de l'édition de Gall, 2 vol. in-8°, et de l'édit. Guill. Dindorf, Bib., gr. A. F. Didot.

II. Thucydide, texte d'Ambr. Firm. Didot, 2e édit., et l'édition de la Biblioth. grecque. III. Xénophon. Texte de la Bibliothèque grecque Didot.

IV. Éphore. Texte de l'édit. C. Müller dans les Historicorum Graecorum Fragmenta de la Bibl. gr. Didot.

V et VI. Aristoxène de Tarente et Antigone de Caryste; textes de la même collection.

VII. Apollodore. Bibliothèque : 1° Édit. Commelin, 1599; 2° Édit. Heyne, avec les var. de plusieurs mss. 2 vol. in-4°, Goetting. 1782; 3° Édit, de Leipsig, Collect. Teubner.

VIII.. Polybe. 1° Édit. Casaubon, celle dont s'est servi, D. Bouquet; nous en donnons la pagination. - 2° Édit. Schweighæuser, 1789-1795, 8 vol. in-8°, avec les var. de plusieurs mss. : Codex Bavar. Catal., impr. CXCVII; Augustanus; Regius (Bibi. nat. de Paris) A, n° 1648, B (recentiss.), n° 1649; C, n° 1796 ; Vaticanas, n° 424 ; Florentinus (il y en a deux, l'un qui appartient à la biblioth. des Bénédictins de Sainte-Marie de Florence, l'autre qui est une copie du premier : de là chez-Schweigh. une désignation unique pour les deux mss. de Florence) ; Codex Urbinas à la Vaticane, n° 402. - 3° Édit. L. Dindorf, Bibl..Didot. -4° Édit. L. Dindorf, collection Teubner. C'est d'après ces deux dernières éditions que nous donnons les fragments, y compris ceux qui ont été découverts par Ang. Mai, Rome, 1828 et ann. suiv., ln-4°.

IX. Posidonius. 1° Texte de la Bibi. gr. Didot : historiae. Grec. Fragmenta, éd. Carl. Müller. - 2° Editt. d'Athénée.

X. Timagène ap. Amm. Marcellin. 1° Édit. d'Henri de Valois, Paris, J. Camusat, 1636, in-4°, d'après un ms. de la Bibl. du Roi (Nationale),un autre du Vatican (anciennement du monastère de Fulde) et toutes les éditt. antérieures. - 2° Ammiani Macellini rerum gestarum libr. quae supersunt Fr. Eyssenhardt recensuit. Berolini, 1874 , in-8°. - 3° Amm. Marcellini, etc.; recensuit notisque selectis instruxit V. Gardthausen. Lips. 1874, 12. - Gardthausen s'appuie surtout sur l'autorité du Vaticanes. (V. Conjectanea Ammianea, codice adhibito Vaticano, scripsit V. Gardthausen, Phil. dr. Kiliae 1869.)

XI. Diodore de Sicile. 1° Édition de Rhodomannus, Hanov., 1604, 2 vol. in-fol., celle qu'a suivie D. Bouquet; nous en donnons comme lui la pagination. - 2° Édit. L. Dindorf, Leipsig, 1828, in-8°, avec les variantes. - 3° Édit. L. Dindorf et C. Müller, Bibi. Didot. - 4° Édit. L. Dindorf, Collect. Teubner; 1866-1867, in-8°.

Manuscrits dont s'est servi Dindorf: A. Coislinianus CXLIX, Liv. I-V;-XI-XV; B. Mutinensis, Liv. I-V: C. Vaticanus CXXX, XIIe siècle; D. Vindobonensis I, LXXIX, Liv. I-V, XIe siècle; E. Parisinus Regius (Bibi. nat.) , Liv. I-V; F. Claromontanus I, Liv. I-V (fin du XIIe siècle) ; G. Claromontanus II, Liv. I-V (ces deux derniers ont servi à Henr. Estienne pour son édition de Paris 1559) ; M. Venetus; Liv. I-V; N. Vindobonensis II , LXXXI, commencement du L I et L V; UV. Leçons d'Orsini Q. Lec. et marg. d'H. Estienne. - Extraits de Fulv. Orsini, tirés du Recueil' des Ambassades, Anvers, 1583. - Extraits publiés par David Hoeschel, 1603, August. Vindelicorum. - Extraits de Valois, du Recueil des Vertus et des Vices de Constantin Porphyrogénète, publiés d'après un ms. de Peirese. - Extraits du Vatican, publiés par Ang.. Mai, Rome, 1828 et ann. suiv.,-in-4°.

XII. Denys d'Halicarnasse. 1 ° Édit. d'Hudson, Oxford, 1704, 2 vol. in-fol. - 2° Archaologiæ Romanae pars hactenus desiderata, ab Angelo Maio restituta, Graece, Francofurti, 1817.- 3° K. L. Struve. Notes sur les fragments publiés par Ang. Mai, Kônigsberg,. 1820, in-8°. - 4° .Notre texte est à peu près celui d'Adolph. Kiessling, édit.-Teubner, Leipsig, 1867.

XIII. Nicolas de Damas. Texte. des Histoirae. Græc. Fragmenta de Carl. Müller, édit. Didot. Pour les extraits du Recueil des Coutumes extraordinaires dans Stobée, édit. de Meineke, Leipsig, 1855, Collect. Teubner.

XIV. Parthénius de Nicée. 1° Texte de Hirschig dans les Erotici Scriptores. de la Bibl. A. F. Didot. - 2°. Variantes et Correct. de L. Legrand, dans l'édit. donnée par Heyne, Goetting. 1798.

XV. Memnon d'Héraclée. Texte de C. Müller dans les Fragmenta Histor. Graec. de la Bibi. Didot. - Nous avons eu également sous les yeux diverses éditions de Photius, notamment celle d'Hœschel et celle dont s'est servi D. Bouquet, Rouen, 1653.

DEUXIÈME PARTIE

LES HISTORIENS

HÉRODOTE D'HALICARNASSE (05)

Histoires.

LIVRE I

LES phocéens

CLXIII. ... Οἱ δὲ Φωκαιέες οὗτοι ναυτιλίῃσι μακρῇσι πρῶτοι ῾Ελλήνων ἐχρήσαντο · καὶ τὸν τε ᾿Αδρίην καὶ τὴν Τυρσηνίην καὶ τὴν ᾿Ιβηρίην καὶ τὸν Ταρτησσὸν οὗτοι εἰσὶ οἱ καταδέξαντες· ναυτίλλοντο δὲ οὐ στρογγύλῃσι νηυσὶ ἀλλὰ πεντηκοντέροισι. πικόμενοι δὲ ἐς τὸν Ταρτησσὸν προσφιλέες ἐγένοντο τῷ βασιλέι τῶν Ταρτησσίων, τῷ οὔνομα μὲν ἦν ᾿Αργανθώνιος · ἐτυράννευσε δὲ Ταρτησσοῦ ὀγδώκοντα ἔτεα, ἐβίωσε δὲ πάντα εἴκοσι καὶ ἑκατόν. Τούτῳ δὴ τῷ ἀνδρὶ προσφιλέες οἱ Φωκαιέες οὕτω δή τι ἐγένοντο, ὡς τὰ μὲν πρῶτα σφέας ἐκλιπόντας ᾿Ιωνίην, ἐκέλευε τῆς ἑωυτοῦ χώρης οἰκῆσαι ὅκου βούλονται· μετὰ δέ, ὡς τοῦτό οὐκ ἔπειθε τοὺς Φωκαιέας, ὁ δὲ πυθόμενος τὸν Μῆδον παρ' αὐτῶν ὡς αὔξοιτο, ἐδίδου σφι χρήματα τεῖχος περιβαλέσθαι τὴν πόλιν · ἐδίδου δὲ ἀφειδέως · καὶ γὰρ καὶ ἡ περίοδος τοῦ τείχεος οὐκ ὀλίγοι στάδιοι εἰσί · τοῦτο δὲ πᾶν λίθων μεγάλων καὶ εὖ συναρμοσμένων. 
CLXIII. Ces Phôcaeens (d’Ionie) sont les premiers des Hellènes qui aient pratiqué la navigation de long cours; et l'Adrias et la Tyrrènie et l'Ibérie et Tartéssos; ce sont eux aussi qui en ont montré le chemin. Or ils naviguaient, non sur des vaisseaux ronds, mais sur des navires à cinquante rames. Arrivés à Tartessos, ils devinrent les amis du roi des Tartessies , dont le nom était Arganthônios : ce prince régna à Tartessos quatre-vingts ans, et en vécut en tout cent vingt. Les Phôcaeens devinrent si fort ses amis que d'abord il les invitait à quitter l’Ionie, pour habiter dans son pays; en tel lieu qu'ils voudraient et qu'ensuite, n'ayant pu les y décider mais ayant appris que le Mède s’agrandissait à leurs dépens, il leur donna de l'argent pour entourer la ville d'un mur, et il leur en donna sans l'épargner; car l'enceinte de ce mur ne comprend pas peu de stades, et il est tout en grandes pierres bien jointes.

CLXIV. Τὸ μὲν δὴ τεῖχος τοῖσι Φωκαιεῦσι τρόπῳ τοιῶδε ἐξεποιήθη. δὲ ῞Αρπαγος ὡς ἐπήλασε τὴν στρατιήν, ἐπολιόρκεε αὐτούς, προισχόμενος ἔπεα ὥς οἱ καταχρᾷ εἰ βούλονται Φωκαιέες προμαχεῶνα ἕνα μοῦνον τοῦ τείχεος ἐρεῖψαι καὶ οἴκημα ἓν κατιρῶσαι. Οἱ δὲ Φωκαιέες περιημεκτέοντες τῇ δουλοσύν ἔφασαν θέλειν βουλεύσασθαι ἡμέρην μίαν καὶ ἔπειτα ὑποκρινέεσθαι · ἐν ᾧ δὲ βουλεύονται αὐτοί, ἀπαγαγεῖν ἐκεῖνον ἐκέλευον τὴν στρατιὴν ἀπὸ τοῦ τείχεος.  δ' ῞Αρπαγος ἔφη εἰδέναι μὲν εὖ τὰ ἐκεῖνοι μέλλοιεν ποιέειν, ὅμως δὲ σφι παριέναι βουλεύσασθαι. ν ᾧ ὦν ὁ ῞Αρπαγος ἀπὸ τοῦ τείχεος ἀπήγαγε τὴν στρατιήν, οἱ Φωκαιέες ἐν τούτῳ κατασπάσαντες τὰς πεντηκοντέρους, ἐσθέμενοι τέκνα καὶ γυναῖκας καὶ ἔπιπλα πάντα, πρὸς δὲ καὶ τὰ ἀγάλματα τὰ ἐν τῶν ἱρῶν καὶ τὰ ἄλλα ἀναθήματα, χωρὶς ὅ τι χαλκὸς ἢ λίθος ἢ γραφὴ ἦν, τὰ δὲ ἄλλα πάντα ἐσθέντες καὶ αὐτοὶ εἰσβάντες ἔπλεον ἐπὶ Χίου. Τὴν δὲ Φωκαίην ἐρημωθεῖσαν ἀνδρῶν ἔσχον οἱ Πέρσαι. 
CLXIV. C'est par ce moyen que les Phôcaeens firent leur mur. Quand Harpagos eut mené contre eux son armée, il les assiégea tout en leur faisant dire qu'il se tiendrait pour satisfait si les Phôcaeens voulaient abattre un seul des créneaux de leur mur, et consacrer une maison au roi (06). Les. Phôcæens qui répugnaient à la servitude, dirent qu'ils désiraient avoir un jour pour délibérer, et qu'ensuite ils répondraient ; mais ils lui démandèrent d'éloigner, pendant qu'ils délibéreraient, son armée de leur mur. Harpagos leur dit qu'il savait bien ce qu'ils allaient faire, que cependant il leur permettait de délibérer. Pendant donc que Harpagos éloignait son armée du mur, les Phôcæens ayant mis à la mer leurs vaisseaux à cinquante rames, après y avoir embarqué leurs enfants, leurs femmes, tous leurs meubles et en outre les statues tirées des temples et les autres offrandes, hormis ce qui était airain, pierre ou peinture murale: ayant donc placé dans leurs vaisseaux tous les autres objets et y étant montés eux-mêmes, ils firent voile. vers Chios. Ainsi Phôcæa était déserte quand elle fut occupée par les Perses.

CLXV. Οἱ δὲ Φωκαιέες, ἐπείτε σφι Χῖοι τὰς νήσους τὰς Οἰνούσσας καλεομένας οὐκ ἐβούλοντο ὠνευμένοισι πωλέειν, δειμαίνοντες, μὴ αἳ μὲν ἐμπόριον γένωνται, ἡ δὲ αὐτῶν νῆσος ἀποκληισθῇ τούτου εἵνεκα, πρὸς ταῦτα οἱ Φωκαίες ἐστέλλοντο ἐς Κύρνον · ἐν γὰρ τῇ Κύρνῳ εἴκοσι ἔτεσι πρότερον τούτων ἐκ θεοπροπίου* ἀνεστήσαντο πόλιν, τῇ οὔνομα ἦν ᾿Αλαλίη. ᾿Αργανθώνιος δὲ τηνικαῦτα ἤδη τετελευτήκεε. Στελλόμενοι δὲ ἐπὶ τὴν Κύρνον, πρῶτα καταπλεύσαντες ἐς τὴν Φωκαίην κατεφόνευσαν τῶν Περσέων τὴν φυλακήν, ἣ ἐφρούρεε παραδεξαμένη παρὰ ῾Αρπάγου τὴν πόλιν. Μετὰ δέ, ὡς τοῦτο σφι ἐξέργαστο, ἐποιήσαντο ἰσχυρὰς κατάρας τῷ ὑπολειπομένῳ ἑωυτῶν τοῦ στόλου. Πρὸς δὲ ταύτῃσι καὶ μύδρον σιδήρεον κατεπόντωσαν καὶ ὤμοσαν μὴ πρὶν ἐς Φωκαίην ἥξειν πρὶν ἢ τὸν μύδρον τοῦτον ἀναφανῆναι. Στελλομένων δὲ αὐτῶν ἐπὶ τὴν Κύρνον, ὑπερημίσεας τῶν ἀστῶν ἔλαβε πόθος τε καὶ οἶκτος τῆς πόλιος καὶ τῶν ἠθέων τῆς χώρης, ψευδόρκιοι δὲ γενόμενοι ἀπέπλεον ὀπίσω ἐς τὴν Φωκαίην . οἳ δὲ αὐτῶν τὸ ὅρκιον ἐφύλασσον, ἀερθέντες ἐκ τῶν Οἰνουσσέων ἔπλεον. 
CLXV. Les Phôcæens., comme ceux de Chios ne voulaient pas leur vendre à prix d'argent les îles appelées Oenusses (07); dans la crainte qu'elles ne devinssent un marché, et que leur île ne fût ainsi fermée au commerce; par cette raison les Phôcæens partirent pour Cyrnos (08) car vingt ans auparavant, ils avaient, sur la foi d'un oracle, bâti à Cyrnos une ville qui eut nom Alalie (09). Or, à cette époque, Arganthônios était déjà mort. Partant donc pour Cyrnos, ils voguèrent d'abord vers Phôcæa où ils massacrèrent la garnison des Perses qui gardait la ville qu'elle avait reçue d'Harpagon. Et ensuite, après ce coup de main, ils firent de violentes imprécations contre quiconque déserterait leur flotte; en outre, ils jetèrent dans la mer une masse de fer et jurèrent qu'ils ne reviendraient pas à Phôcæa avant que cette masse ne reparût sur l'eau. Or, tandis qu'ils partaient pour Cyrnos, plus de la moitié des citoyens furent pris de regret et de tendre affection pour leur ville et pour leurs habitudes du pays : faussant leur serment, ils firent volte-face et revinrent à Phôcæa. Les autres gardèrent leur serment, et levant l'ancre aux Oenusses, voguèrent en avant.

CLXVI. πεί τε δὲ ἐς τὴν Κύρνον ἀπίκοντο, οἴκεον κοινῇ μετὰ τῶν πρότερον ἀπικομένων ἐπ' ἔτεα πέντε, καὶ ἱρὰ ἐνιδρύσαντο. Καὶ ἦγον γὰρ δὴ καὶ ἔφερον τοὺς περιοίκους ἅπαντας · στρατεύονται ὦν ἐπ' αὐτοὺς κοινῷ λόγω χρησάμενοι Τυρσηνοὶ καὶ Καρχηδόνιοι, νηυσὶ ἑκάτεροι ἑξήκόντα. Οἱ δὲ Φωκαιέες πληρώσαντες καὶ αὐτοὶ τὰ πλοῖα, ἐόντα ἀριθμὸν ἑξήκοντα, ἀντίαζον ἐς τὸ Σαρδόνιον καλεόμενον πέλαγος. Συμμισγόντων δὲ τῇ ναυμαχίῃ Καδμείη τις νίκη τοῖσι Φωκαιεῦσι ἐγένετο · αἱ μὲν γὰρ τεσσεράκοντά σφι νέες διεφθάρησαν, αἱ δὲ εἴκοσι αἱ περιεοῦσαι ἦσαν ἄχρηστοι · ἀπεστράφατο γὰρ τοὺς ἐμβόλους. Καταπλώσαντες δὲ ἐς τὴν ᾿Αλαλίην, ἀνέλαβον τὰ τέκνα καὶ τὰς γυναῖκας καὶ τὴν ἄλλην κτῆσιν ὅσην οἷαι τε ἐγίνοντο αἱ νέες σφι ἄγειν · καὶ ἔπειτα ἀφέντες τὴν Κύρνον, ἔπλεον ἐς ῾Ρήγιον. 
CLXVI. Quand ils furent, arrivés à Cyrnos, ils habitèrent en commun avec ceux qui y étaient arrivés les premiers, durant cinq années, et s'y construisirent des temples: Et déjà ils pillaient et rançonnaient tous les habitants d'alentour, lorsque, mettant en oeuvre une pensée commune, marchèrent contre eux les Tyrsènes (10) et les Carchèdonies (11), les uns et les autres avec soixante navires. Les Phôcæens eux-mêmes ayant équipé aussi des vaisseaux au nombre de soixante, allèrent à leur rencontre sur la mer appelée Sardonie. Alors s'engagea une bataille navale où une victoire Cadmée (12) échût aux Phôcæens, car quarante de leurs vaisseaux y périrent, et les vingt restants étaient hors de service; car ils avaient eu leurs éperons faussés. Revenus à Malle, ils reprirent leurs enfants, leurs femmes et de leurs autres biens autant que leurs vaisseaux en purent emporter; puis ayant quitté Cyrnos, ils firent voile pour Règium. 

CLXVII. Τῶν δὲ διαφθαρεισέων νεῶν τοὺς ἄνδρας οἱ τε Καρχηδόνιοι καὶ οἱ Τυρσηνοὶ, ἔλαχόν τε αὐτέων πολλῷ πλείους, καὶ τούτους ἐξαγαγόντες κατέλευσαν. Μετὰ δὲ ᾿Αγυλλαίοισι πάντα τὰ παριόντα τὸν χῶρον, ἐν τῶ οἱ Φωκαιέες καταλευσθέντες ἐκέατο, ἐγίνετο διάστροφα καὶ ἔμπηρα καὶ ἀπόπληκτα, ὁμοίως πρόβατα καὶ ὑποζύγια καὶ ἄνθρωποι. Οἱ δὲ ᾿Αγυλλαῖοι ἐς Δελφοὺς ἔπεμπον βουλόμενοι ἀκέσασθαι τὴν ἁμαρτάδα. δὲ Πυθίη σφέας ἐκέλευσε ποιέειν τὰ καὶ νῦν οἱ ᾿Αγυλλαῖοι ἔτι ἐπιτελέουσι. Καὶ γὰρ ἐναγίζουσί σφι μεγάλως, καὶ ἀγῶνα γυμνικὸν καὶ ἱππικὸν ἐπιστᾶσι. Καὶ οὗτοι μὲν τῶν Φωκαιέων τοιούτῳ μόρῳ διεχρήσαντο, οἱ δὲ αὐτῶν ἐς τὸ ῾Ρήγιον καταφυγόντες, ἐνθεῦτεν ὁρμώμενοι, ἐκτήσαντο πόλιν γῆς τῆς Οἰνωτπίης ταύτην ἥτις νῦν ῾Υέλη καλέεται· κτισαν δὲ ταύτην πρὸς ἀνδρὸς Ποσειδωνιήτεω μαθόντες, ὡς τὸν Κύρνον σφι ἡ Πυθίη ἔχρησε κτίσαι ἥρων ἐόντα, ἀλλ' οὐ τὴν νῆσον...
CLXVII. Des hommes qui montaient. les vaisseaux perdus les Carchèdonies et les Tyrsènes en prirent la meilleure part, et les ayant menés à terre, ils les lapidèrent. Dès lors les Agyllaees (13) virent tout ce qui passait par le lieu où étaient tombés les Phôcæens lapidés, devenir estropié, mutilé, hébété, tout pareillement, hommes, troupeaux (14), bêtes de somme (15). Les Agyllæes envoyèrent donc à Delphes, voulant réparer leur faute. La Pythie leur ordonna de faire ce qu'ils font encore aujourd'hui ; et, en effet, les Agyllæes pratiquent en l'honneur de ces morts de grandes expiations et célèbrent pour eux des jeux. gymniques et équestres. Tel fut le destin qu'éprouvèrent ceux-là d'entre les Phôcæens quant aux autres qui s'étaient réfugiés à Règium, ils partirent de là ,et bâtirent sur la terre d'Oenôtrie la ville qui aujourd'hui s'appelle Hyélè (16) ; ils la bâtirent quand ils eurent appris d'un homme de Posidônie (17) que Cyrnos, dans l'oracle de la Pythie, était un héros à qui il fallait élever un monument, et non l'île qu'il fallait habiter.

LOIS DES vénètes

CXCVI. ... Νόμοι δὲ αὐτοῖσι ὧδε κατεστᾶσι, ὁ μὲν σοφώτατος ὅδε κατὰ γνώμην τὴν ἡμετέρην, τῷ καὶ ᾿Ιλλυριῶν ᾿Ενετοὺς πυνθάνομαι χρᾶσθαι. Κατὰ κώμας ἑκάστας ἅπαξ τοῦ ἔτεος ἑκάστου ἐποιέετο τάδε · ὡς ἂν αἱ παρθένοι γενοίατο γάμων ὡραῖαι, ταύτας ὅκως συναγάγοιεν πάσας, ἐς ἓν χωρίον ἐσάγεσκον ἁλέας, πέριξ δὲ αὐτὰς ἵστατο ὅμιλος ἀνδρῶν · ἀνιστὰς δὲ κατὰ μίαν ἑκάστην κῆρυξ πωλέεσκε, πρῶτα μὲν τὴν εὐειδεστάτην ἐκ πασέων · μετὰ δέ, ὅκως αὕτη εὑροῦσα πολλὸν χρυσίον πρηθείη, ἄλλην ἂν ἐκήρυσσε ἣ μετ' ἐκείνην ἔσκε εὐειδεστάτη· ἐπωλέοντο δὲ ἐπὶ συνοικήσι. σοι μὲν δὴ ἔσκον εὐδαίμονες τῶν Βαβυλωνίων ἐπίγαμοι, ὑπερβάλλοντες ἀλλήλους ἐξωνέοντο τὰς καλλιστευούσας · ὅσοι δὲ τοῦ δήμου ἔσκον ἐπίγαμοι, οὗτοι δὲ εἴδεος μὲν οὐδὲν ἐδέοντο χρηστοῦ, οἳ δ' ἂν χρήματά τε καὶ αἰσχίονας παρθένους ἐλάμβανον. ς γὰρ δὴ διεξέλθοι ὁ κῆρυξ πωλέων τὰς εὐειδεστάτας τῶν παρθένων ἀνίστη ἂν τὴν ἀμορφεστάτην, ἢ εἴ τις αὐτέων ἔμπηρος εἴη, καὶ ταύτην ἂν ἐκήρυσσε, ὅστις θέλοι ἐλάχιστον χρυσίον λαβὼν συνοικέειν αὐτῇ, ἐς ὃ τῷ τὸ ἐλάχιστον ὑπισταμένῳ προσέκειτο. Τὸ δὲ ἂν χρυσίον ἐγίνετο ἀπὸ τῶν εὐειδέων παρθένων καὶ οὕτω αἱ εὔμορφοι τὰς ἀμόρφους καὶ ἐμπήρους ἐξεδίδοσαν.... 
CXCVI. Les lois chez eux (les Assyriens) sont ainsi faites : la plus sage à mon avis est celle-ci, en usage aussi, à ce que j'apprends, chez les Énétes de l'Illyrie. Dans chaque canton, une fois chaque année, voici ce qui se faisait: à mesure que les jeunes filles devenaient mûres pour le. mariage, on les réunissait toutes, puis on les conduisait en masse dans un même lieu, et autour d'elles se tenaient une foule d'hommes. Alors un crieur public les faisait lever pour les mettre en vente l'une après l'autre, premièrement la plus belle de toutes; et ensuite, quand celle-ci ayant trouvé une grosse somme d'or, était livrée à ce prix, il en criait une autre qui était la plus belle après la première. Elles étaient vendues ainsi pour cohabiter avec l'acquéreur. Tout ce qu'il y avait parmi les Babylônies (18) de riches à marier, se surpassaient les uns les autres pour acheter les plus belles. Quant aux gens du peuple qui étaient à marier, ceux-là ne demandaient pas les avantages de la figure, mais avec de l'argent ils prenaient les plus laides. Car le crieur, après avoir achevé de vendre les plus belles de ces jeunes filles, faisait lever les plus mal faites, ou celles qui avaient quelque défaut physique, et il criait chacune à son tour, demandant qui la voulait  prendre, avec le moins d'argent, pour cohabiter avec elle; jusqu'à ce qu'elle eût été adjugée à qui avait accepté la moindre somme. On  faisait de l'argent avec les jeunes filles d'une belle figure, et ainsi c'était grâce aux mieux faites que s'établissaient celles qui étaient laides ou qui avaient quelque défaut.

 LIVRE II.

LE DANUBE

XXXIII. .... ῎Ιστρος τε γὰρ ποταμὸς ἀρξάμενος ἐκ Κελτῶν καὶ Πυρήνης πόλιος, ῥέει μέσην σχίζων τὴν Εὐρώπην · οἱ δὲ Κελτοὶ εἰσὶ ἔξω ῾Ηρακλείων Στηλέων · ὁμουρέουσι δὲ Κυνησίοισι, οἳ ἔσχατοι πρὸς δυσμέων οἰκέουσι τῶν ἐν τῇ Εὐρώπῃ κατοικημένων...
XXXIII  L'Ister part du pays des Celtes et de la ville de Pyrènè; il coule à travers l'Europe qu'il coupe par le milieu : or les Celtes sont en dehors des Colonnes d'Héraclès (19) et limitrophes des Cynèsies, qui sont à l'Occident le dernier des peuples habitant en Europe ...

LIVRE IV.

XLIX.... κ δὲ τῆς κατύπερθε χώρης ᾿Ομβρικῶν, Κάρπις ποταμὸς, καὶ ἄλλος ῎Αλπις ποταμὸς, πρὸς βορέην ῥέοντες ἄνεμον καὶ οὗτοι  ἐκδιδοῦσι ἐς αὐτόν. έει γὰρ δὴ διὰ πάσης τῆς Εὐρώπης ὁ ῎Ιστρος, ἀρξάμενος ἐκ Κελτῶν, οἳ ἔσχατοι πρὸς ἡλίου δυσμέων μετὰ Κύνητας οἰκέουσι τῶν ἐν τῇ Εὐρώπη... 
 XLIX. Sortis du pays qui est au-dessus des Ombriques, le fleuve Carpis et un autre, le fleuve Alpis, coulent vers le vent de Borée (20) et se jettent l'un et l'autre dans l'Ister. Car l'Ister coule à travers toute l'Europe, après avoir pris sa source chez les Celtes qui, avec les Cynètes, sont à l'Occident, les derniers des peuples habitant en Europe...

les Sigynnes et d'autres

LIVRE V.

ΙΧ. ..  (Δύναμαι πυθέσθαι) ...  κατήκειν δὲ τούτων (τῶν Σιγυννῶν) τοὺς οὔρους ἀγχοῦ ᾿Ενετῶν τῶν ἐν τῷ ᾿Αδρίῃ. Εἶναι δὲ Μήδων σφέας ἀποίκους λέγουσι. κως δὲ οὗτοι Μήδων ἄποικοι γεγόνασι, ἐγὼ μὲν οὐκ ἔχω ἐπιφράσασθαι · γένοιτο δ' ἂν πᾶν ἐν τῷ μακρῷ χρόνῳ. Σιγύννας δ' ὦν καλέουσι Λίγυες οἱ ἄνω ὑπὲρ Μασσαλίης οἰκέοντες τοὺς καπήλους · Κύπριοι δὲ τὰ δόρατα.
 IX.... (J'ai pu apprendre) ... que les limites de ce peuple (les Sigynnes) vont jusqu'au pays des Énétes de l'Adrias : ils se disent une colonie des Mèdes ; mais comment peuvent-ils être une colonie des Mèdes, c'est  ce que je ne puis comprendre : cependant tout peut arriver avec le temps. D'autre part les Ligyes habitant les hauteurs au-dessus de Massalie, appellent Sigynnes les petits marchands; ce nom chez les Cypriotes veut dire pique (21).

LIVRE VII

LXXII. ... Λίγυες δὲ καὶ Ματιηνοὶ καὶ Μαριανδυνοί τε καὶ Σύριοι τὴν αὐτὴν ἔχοντες Παφλαγόσι ἐστρατεύοντο. 
LXXII... Les Ligyes,  les Matiènes, les Mariandynes et les Syres servaient dans l'armée (de Xerxès) suivant le même ordre que les Paphlagons.

CLXV. ... ἐξελασθεὶς ἐξ ῾Ιμέρης Τήριλλος ὁ Κρινίππου τύραννος ἐὼν ῾Ιμέρης, ἐπῆγε ὑπ' αὐτὸν τὸν χρόνον τοῦτον Φοινίκων καὶ Λιβύων καὶ ᾿Ιβήρων καὶ Λιγύων καὶ ᾿Ελισύκων καὶ Σαρδονίων καὶ Κυρνίων τριήκοντα μυριάδας καὶ στρατηγὸν αὐτῶν ᾿Αμίλκαν τὸν ῎Αννωνος, Καρχηδονίων ἐόντα βασιλέα... 
CLXV ... chassé d'Himère, Tèrille, fils de Crinippe, qui était tyran d'Himère, introduisit dans le pays, vers le même temps (22), une armée de Phoenices, de Libyes, d'Ibères, de Ligyes, d'Èlisycés, de Sardonies et de Cyrnies - trente myriades d'hommes - avec leur général Amilcas, fils d'Annon, alors roi des Carchèdonies. 

HISTOIRE DE THUCYDIDE (23)

LIVRE I

XIII. ....Φωκαῆς τε Μασσαλίαν οἰκίζοντες Καρχηδονίους ἐνίκων ναυμαχοῦντες·
CHAPITRE XIII.  Les Phôcæens, quand ils fondaient Massalie, vainquirent les Carchèdonies (24) dans une bataille navale (25).

Scholie.

Les Phôcæens, quand ils fondaient Massalie] ...  Les Phôcæens qui étaient Iôns, étant attaqués par les Perses, quittèrent l'Iônie et firent voile vers l'Afrique, vers la partie appelée jadis Carchèdon (26). Mais les villes qui se fondent trouvent toujours des adversaires dans leurs voisines. Or Massalie est une ville de l'Afrique.

LIVRE VI

ΙΙ. ... Σικανοὶ δὲ μετ' αὐτοὺς (Κύκλωπας καὶ Λαιστρυγόνας) πρῶτοι φαίνονται ἐνοικισάμενοι, ὡς μὲν αὐτοί φασι, καὶ πρότεροι διὰ τὸ αὐτόχθονες εἶναι, ὡς δὲ ἡ ἀλήθεια εὑρίσκεται, ῎Ιβηρες ὄντες καὶ ἀπὸ τοῦ Σικανοῦ ποταμοῦ τοῦ ἐν ᾿Ιβηρίᾳ ὑπὸ Λιγύων ἀναστάντες....
II.  Les Sicanes après eux (les Cyclôpes et les Læstrigons) paraissent s'y être fixés les premiers (en Sicile) ; c'est du moins ce qu'ils disent ; ils prétendent même y avoir devancé tous les autres, parce qu'ils sont autochtones : mais la vérité est que ce sont des Ibères et qu'ils furent chassés par les Ligyes des bords du fleuve Sicane qui est en Ibèrie (27). 

ÉPHORE (28)

HISTOIRES (29)

LIVRE IV, L'EUROPE.

Les lieux situés vers l'apèliôte (vent d'est) et ceux qui sont près du levant sont habités par les. Indes (Indiens) ; dans ceux qui sont vers le notos et le midi sont les demeures des Æthiopes. Du côté du zéphyr et du couchant le pays est possédé par les Celtes ; vers borée et les ours (30) habitent les Scythes. Chacune de ces parties n'est point égale aux autres : celle des Scythes et celle des Æthiopes sont plus grandes ; celles des Indes et des Celtes sont moindres : de ces régions les premières comme les secondes sont entre elles à peu près de pareille étendue. Car les Indes sont entré le levant d'été, et le levant d'hiver; les Celtes occupent le pays à partir du couchant d'été jusqu'au couchant d'hiver, et cet intervalle-ci est égal. à celui-là et à peu près à l'opposite. La contrée habitée par les Scythes occupe l'espace compris dans le cours du soleil ; elle fait face au peuple des Æthiopes lequel parait s'étendre depuis le levant d'hiver jusqu'aux lieux où le coucher du. soleil prend le moins de temps (31). 

ARISTOXÈNE DE TARENTE (32).

Cinq cent quatorze ans environ se comptent depuis les événements de Troie jusqu'à Xénophane le physicien, aux temps d'Anacréon et de Polycrate, à l'époque où les villes d'Iônie étant assiégées et détruites par le Mède Harpagos, les Phôcaeens qui avaient fui devant ces désastres, fondèrent Massalie. Pythagore fut contemporain de tous ces événements. 

ANTIGONE DE CARYSTE (33).

Histoires incroyables.

LIVRE XXI, CHAP. CLXXXIX.

Les Hénétes qui habitent dans les environs de l'Adrias, au rapport de Théopompe, envoient, vers le temps des semailles, des présents aux geais ; ces présents sont des gâteaux et des galettes. Ceux qui les apportent se retirent après les avoir déposés. Or, ces oiseaux demeurent rassemblés en foule sur les limites du Pays. Deux ou trois d'entre eux. volent vers cette proie, et l'ayant reconnue, reprennent leur vol pour s'en retourner comme feraient des envoyés ou des éclaireurs. Si la foule [des geais goûtent à ces présents, ces oiseaux n'entrent pas dans le pays des Hénétes, et ceux-ci savent qu'ils auront la. paix; si ces oiseaux n'y goûtent pas, c'est, dans leur opinion, comme si des ennemis faisaient invasion sur leur territoire]. 

APOLLODORE (34)

BIBLIOTHÈQUE

LIVRE I, CH. IX.

24 Les Argonautes passaient déjà devant le fleuve Éridan, lorsque Zeus, irrité du meurtre d'Apsyrte, leur envoie une violente tempête et les égare. Et tandis qu'ils passent devant les îles Apsyrtides le navire parle, il leur dit que la colère de Zeus ne cessera pas, qu'ils ne soient allés en Âusonie, pour être purifiés par Circée du meurtre d'Apsyrte. Et eux ayant passé devant les pays des Ligyes et des Celtes, et traversé la mer de Sardone, ils longent les bords de la Tyrrhènie et arrivent à l’Eæa.

POLYBE DE MEGALOPOLIS.

HISTOIRES

LIVRE PREMIER.

VI. ῎Ετος μὲν οὖν ἐνειστήκει μετὰ μὲν τὴν ἐν Αἰγὸς ποταμοῖς ναυμαχίαν ἐννεακαιδέκατον, πρὸ δὲ τῆς ἐν Λεύκτροις μάχης ἑκκαιδέκατον  · ἐν ᾧ Λακεδαιμόνιοι μὲν τὴν ἐπ' ᾿Ανταλκίδου λεγομένην εἰρήνην πρὸς βασιλέα τῶν Περσῶν ἐκύρωσαν καὶ πρεσβύτερος Διονύσιος τῇ περὶ τὸν ᾿Ελλέπορον ποταμὸν μάχῃ νενικηκὼς τοὺς κατὰ τὴν ᾿Ιταλίαν ῞Ελληνας ἐπολιόρκει ῾Ρήγιον · Γαλάται δὲ κατὰ κράτος ἑλόντες αὐτὴν τὴν ῾Ρώμην κατεῖχον πλὴν τοῦ Καπετωλίου. Πρὸς οὓς ποιησάμενοι ῾Ρωμαῖοι σπονδὰς καὶ διαλύσεις εὐδοκουμένας Γαλάταις καὶ γενόμενοι πάλιν ἀνελπίστως τῆς πατρίδος ἐγκρατεῖς καὶ λαβόντες οἷον ἀρχὴν τῆς συναυξήσεως ἐπολέμουν ἐν τοῖς ἑξῆς χρόνοις πρὸς τοὺς ἀστυγείτονας. Γενόμενοι δὲ ἐγκρατεῖς ἁπάντων τῶν Λατίνων, διά τε τὴν ἀνδρείαν καὶ τὴν ἐν ταῖς μάχαις ἐπιτυχίαν μετὰ ταῦτα ἐπολέμουν Τυρρηνοῖς, ἔπειτα Κελτοῖς, ἑξῆς δὲ Σαυνίταις τοῖς πρός τε τὰς ἀνατολὰς καὶ τὰς ἄρκτους συντερμονοῦσι τῇ τῶν Λατίνων χώρᾳ. Μετὰ δέ τινα χρόνον, Ταραντίνων διὰ τὴν εἰς τοὺς πρεσβευτὰς ῾Ρωμαίων ἀσέλγειαν καὶ τὸν διὰ ταῦτα φόβον ἐπισπασαμένων Πύρρον, τῷ πρότερον ἔτει τῆς τῶν Γαλατῶν ἐφόδου, τῶν τε περὶ Δελφοὺς φθαρέντων, καὶ περαιωθέντων εἰς τὴν ᾿Ασίαν · ῾Ρωμαῖοι, Τυρρηνοὺς μὲν καὶ Σαυνίτας ὑφ' αὑτοὺς πεποιημένοι, τοὺς δὲ κατὰ τὴν ᾿Ιταλίαν Κελτοὺς πολλαῖς μάχαις ἤδη νενικηκότες, τότε πρῶτον ἐπὶ τὰ λοιπὰ μέρη τῆς ᾿Ιταλίας ὥρμησαν, οὐχ ὡς ὑπὲρ ὀθνείων, ἐπὶ δὲ τὸ πλεῖον ὡς ὑπὲρ ἰδίων ἤδη καὶ καθηκόντων σφίσι πολεμήσοντες, ἀθληταὶ γεγονότες ἀληθινοὶ τῶν κατὰ τὸν πόλεμον ἔργων ἐκ τῶν πρὸς τοὺς Σαυνίτας καὶ Κελτοὺς ἀγώνων. ποστάντες δὲ γενναίως τὸν πόλεμον τοῦτον, καὶ τὸ τελευταῖον τάς τε δυνάμεις καὶ Πύρρον ἐκβαλόντες ἐκ τῆς ᾿Ιταλίας, αὖθις ἐπολέμουν καὶ κατεστρέφοντο τοὺς κοινωνήσαντας Πύρρῳ τῶν πραγμάτων. Γενόμενοι δὲ παραδόξως ἁπάντων ἐγκρατεῖς καὶ ποιησάμενοι τοὺς τὴν ᾿Ιταλίαν οἰκοῦντας ὑφ' αὑτοὺς, πλὴν Κελτῶν, μετὰ ταῦτα πολιορκεῖν ἐνεχείρησαν τοὺς τότε κατέχοντας τὸ ῾Ρήγιον ῾Ρωμαίους.
VI. C'était la dix-neuvième année après la bataille navale d'Ægôs-Potames, la seizième avant la bataille de Leuctres, celle où les Lacédaemoniens conclurent avec le roi des Perses la paix dite d'Antalcidas et où Dionysios (Denys) l'ancien ayant vaincu, dans la bataille livrée près du fleuve Ellépôre (35) les Hellènes d'Italie, assiégeait Règium. Les Galates (36) occupaient, après l'avoir prise de vive force, Rome entière à l'exception du Capitole. Les Romains ayant fait avec eux un traité, un marché tout au gré des Galates (37), redevenus ainsi contre tout. espoir maîtres de leur patrie, prirent de là, en quelque sorte, le point de départ de leur agrandissement, et dans les temps qui suivirent firent la guerre à leurs voisins. Devenus les maîtres de tous les Latins grâce à leur courage et à leur bonheur dans les combats, ils firent après cela la guerre aux Tyrrhènes, puis aux Celtes, ensuite aux Saunites (38) qui du côté du levant et du côté des ourses confinent au pays des Latins. Quelque temps après les Tarantins (39), à cause de leur insolence envers des ambassadeurs de Rome, et de la crainte qui était la conséquence de leur conduite, attirèrent Pyrrhos, l'année d'avant l'invasion des Galates qui furent défaits près de Delphes (40) et qui passèrent en Asie. Les Romains, qui avaient soumis les Tyrrhènes et les Saunites qui avaient vaincu déjà dans plusieurs batailles les Celtes de l'Italie, se portèrent alors pour la première fois vers les autres parties de l'Italie; et c'était comme s'il s'agissait pour eux non de terres étrangères, mais en grande partie de domaines à eux propres et déjà leur appartenant; qu'ils allaient y faire la guerre. Ils étaient devenus de véritables athlètes dans les choses de la guerre par suite de leurs luttes contre les Sâunites et les Celtes. Ayant donc bravement soutenu cette guerre, et finalement rejeté Pyrrhos et ses troupes hors de l'Italie, ils recommencèrent la guerre et soumirent les peuples qui avaient pris fait et cause pour Pyrrhos. Après s'être, contre toute attente, rendus maîtres de tous ces peuples, et avoir soumis ceux qui habitaient l'Italie, à l'exception des Celtes, ils entreprirent après cela d'assiéger ceux des Romains qui alors occupaient Règium. 

XIII. ...Λέγειν ὥρα περὶ τῶν προκειμένων, ἐπὶ βραχὺ καὶ κεφαλαιωδῶς προεκθεμένους τὰς ἐν τῇ Προκατασκευῇ πράξεις. ν εἰσι πρῶται κατὰ τὴν τάξιν, αἱ γενόμεναι ῾Ρωμαίοις καὶ Καρχηδονίοις ἐν τῷ περὶ Σικελίας πολέμῳ. Ταύταις συνεχὴς ὁ Λιβυκὸς πόλεμος · ᾧ συνάπτει τὰ κατ' ᾿Ιβηρίαν ᾿Αμίλκᾳ, μετὰ δὲ τοῦτον, ᾿Ασδρούβᾳ πραχθέντα καὶ Καρχηδονίοις. ν οἷς ἐγένετο κατὰ τὸν αὐτὸν καιρὸν ἡ πρώτη ῾Ρωμαίων διάβασις εἰς τὴν ᾿Ιλλυρίδα καὶ ταῦτα τὰ μέρη τῆς Εὐρώπης · ἐπὶ δὲ τοῖς προειρημένοις οἱ πρὸς τοὺς ἐν ᾿Ιταλίᾳ Κελτοὺς ἀγῶνες. Τούτοις δὲ κατὰ τὸν αὐτὸν καιρὸν, παρὰ τοῖς ῞Ελλησιν ὁ Κλεομενικὸς καλούμενος ἐνηργεῖτο πόλεμος...
XIII........ Il est temps de traiter notre sujet après avoir exposé en bref et d'une façon sommaire les faits appartenant au Préambule. De ces faits les premiers dans l'ordre des temps sont ceux qui se rapportent aux Romains et aux Carchèdonies (41) durant la guerre de Sicélie, ils se continuent parla guerre libyque, à laquelle se rattache ce qui a été fait en Ibèrie par Amilcas et ensuite par Asdrubas et les Carchèdonies. C'est en ces temps qu'eut heu le premier passage des Romains en Illyride et dans ces régions de l'Europe. Aux événements susdits s'ajoutent les combats contre les Celtes en Italie. Dans le même temps se faisait chez les Hellènes la guerre appelée guerre de Cléoméne. 

XVII. (Cas., p. 16). ...Οἱ δὲ Καρχηδόνιοι, θεωροῦντες τὸν μὲν ῾Ιέρωνα πολέμιον αὑτοῖς γεγονότα, τοὺς δὲ ῾Ρωμαίους ὁλοσχερέστερον ἐμπλεκομένους εἰς τὰ κατὰ τὴν Σικελίαν, ὑπέλαβον βαρυτέρας προσδεῖσθαι παρασκευῆς, δι' ἧς ἀντοφθαλμεῖν δυνήσονται τοῖς πολεμίοις, καὶ συνέχειν τὰ κατὰ τὴν Σικελίαν. Διὸ καὶ ξενολογήσαντες ἐκ τῆς ἀντιπέρα χώρας, πολλοὺς μὲν Λιγυστίνους καὶ Κελτούς, ἔτι δὲ πλείους τούτων ῎Ιβηρας, ἅπαντας εἰς τὴν Σικελίαν ἀπέστειλαν...
XVII. ...Les Carchedonies qui voyaient Hiéron devenu leur ennemi et les Romains engagés plus complètement dans leurs affaires de la Sicélie (42), jugèrent qu'ils avaient besoin de préparatifs plus importants pour pouvoir faire face à leurs ennemis et garder ce qu'ils avaient dans la Sicélie. Ayant donc enrôlé dans les pays d'outre-mer un bon nombre d'étrangers, des Ligystins (43), des Celtes, et plus encore d'Ibères, ils les envoyèrent tous en Sicélie. 

LXXVII. (Cas., p. 77). ῾Ο δὲ Μάθως αὐτὸς μὲν ἐπὶ τῆς τῶν ῾Ιππακριτῶν πολιορκίας ἐπέμενεν · τοῖς δὲ περὶ τὸν Αὐτάριτον, τὸν τῶν Γαλατῶν ἡγεμόνα, καὶ Σπένδιον ἔχεσθαι τῶν ὑπεναντίων συνεβούλευε · τὰ μὲν πεδία φεύγοντας, διὰ τὸ πλῆθος τῶν παρὰ τοῖς ὑπεναντίοις ἱππέων καὶ θηρίων, ταῖς δ' ὑπωρείαις ἀντιπαράγοντας καὶ συνεπιτιθεμένους κατὰ τὰς ὑποπιπτούσας ἀεὶ δυσχερείας. μα δὲ ταῖς ἐπινοίαις ταύταις καὶ πρὸς τοὺς Νομάδας καὶ τοὺς Λίβυας ἐξέπεμπε, δεόμενος βοηθεῖν σφίσι καὶ μὴ καταπροΐεσθαι τοὺς ὑπὲρ τῆς ἐλευθερίας καιρούς. δὲ Σπένδιος, προσλαβὼν ἐκ τοῦ Τύνητος ἀφ' ἑκάστου τῶν γενῶν τοὺς πάντας εἰς ἑξακισχιλίους, προῆγε, ταῖς ὑπωρείαις ἀντιπαράγων τοῖς Καρχηδονίοις · ἔχων, ἅμα τοῖς προειρημένοις, καὶ τοὺς μετ' Αὐταρίτου Γαλάτας, ὄντας εἰς δισχιλίους. Τὸ γὰρ λοιπὸν μέρος αὐτῶν τοῦ κατ' ἀρχὰς συστήματος ηὐτομολήκει πρὸς τοὺς ῾Ρωμαίους ἐν ταῖς περὶ τὸν ῎Ερυκα στρατοπεδείαις. Τοῦ δ' ᾿Αμίλκου παρεμβεβληκότος ἔν τινι πεδίῳ πανταχόθεν ὄρεσι περιεχομένῳ, συνέβη τὰς παρὰ τῶν Νομάδων καὶ Λιβύων βοηθείας εἰς τὸν καιρὸν τοῦτον συνάψαι τοῖς περὶ τὸν Σπένδιον. Γενομένης δὲ τοῖς Καρχηδονίοις τῆς μὲν τῶν Λιβύων ἐπιστρατοπεδείας αἰφνιδίου καὶ κατὰ πρόσωπον, τῆς δὲ τῶν Νομάδων ἀπ' οὐρᾶς, τῆς δὲ περὶ τὸν Σπένδιον ἐκ πλαγίου, μεγάλην αὐτοῖς ἀπορίαν συνέβη περιστῆναι, καὶ δυσέκφευκτον.
LXXVII. Mathôs était occupé en personne au siège des Hippacrites (44) ; il conseillait à Autaritè, le chef des Galates, et à Spendios de se tenir près des Carchèdonies, en évitant toutefois les plaines à cause de la multitude de cavaliers et de bêtes (45), dont disposaient leurs adversaires, en menant du même pas qu'eux leurs troupes par le bas des montagnes, et en les attaquant dans toutes les difficultés qui surgiraient devant eux. Avec ces idées-là-il envoie vers les Nomades (46) et les Libyes (47) ; il les prie de fournir des secours, de ne pas laisser échapper l'occasion de recouvrer, leur liberté. Spendios ayant pris à Tynète (48) des hommes de chacune des nations qui s'y trouvaient, environ six mille en tout, alla en avant, les menant par le bas des monts, et du même pas que les Carchèdonies ; il avait, outre les troupes susdites, les Galates d'Autarite qui pouvaient faire deux mille hommes; car le reste de ce corps, ainsi composé à l'origine, avait passé aux Romains pendant qu'ils étaient campés sur l'Eryx. Amilcas s'étant jeté dans une plaine de toutes parts entourée de montagnes, il arriva que les renforts des Nomades et des Libyes firent juste à ce moment-là leur jonction avec Spendios. Ainsi les Carchèdonies ayant tout d'un coup en face le camp des Libyes, celui des Nomades en queue, et celui de Spendios en flanc, il arriva qu’ils se trouvèrent dans un grand embarras dont il leur était bien difficile de sortir. 

LXXXVIII. (Cas., p. 78.) Κατὰ δὲ τὸν καιρὸν τοῦτον Ναραύας, ὃς ἦν μὲν Νομὰς τῶν ἐνδοξοτάτων εἷς, ἦν δὲ καὶ πλήρης ὁρμῆς πολεμικῆς · οὗτος ἀεὶ μὲν οἰκείως διέκειτο πρὸς τοὺς Καρχηδονίους, πατρικὴν ἔχων σύστασιν · τότε δὲ μᾶλλον παρωρμήθη διὰ τὴν ᾿Αμίλκου τοῦ στρατηγοῦ καταξίωσιν...  Γενομένων δὲ τῶν ὁμολογιῶν, ὁ μὲν Ναραύας ἧκε, τοὺς ὑφ' αὑτὸν τεταγμένους ἔχων Νομάδας, ὄντας εἰς δισχιλίους. δ' ᾿Αμίλκας, προσγενομένης αὐτῷ τῆς χειρὸς ταύτης παρετάξατο τοῖς πολεμίοις. Οἱ δὲ περὶ τὸν Σπένδιον, συνάψαντες ἐπὶ ταὐτὸ τοῖς Λίβυσι, καὶ καταβάντες εἰς τὸ πεδίον, συνέβαλλον τοῖς Καρχηδονίοις. Γενομένης δὲ μάχης ἰσχυρᾶς, ἐνίκων οἱ περὶ τὸν ᾿Αμίλκαν, καλῶς μὲν τῶν θηρίων ἀγωνισαμένων, ἐπιφανεστάτην δὲ τοῦ Ναραύα παρασχομένου χρείαν. (Cas., p. 79.)  μὲν οὖν Αὐτάριτος καὶ Σπένδιος διέφυγον, τῶν δὲ λοιπῶν ἔπεσον μὲν εἰς μυρίους, ἑάλωσαν δὲ εἰς τετρακισχιλίους. πιτελεσθέντος δὲ τοῦ κατορθώματος, ᾿Αμίλκας τοῖς μὲν βουλομένοις τῶν αἰχμαλώτων μεθ' ἑαυτοῦ συστρατεύειν ἐξουσίαν ἔδωκε, καὶ καθώπλιζε τοῖς ἀπὸ τῶν πολεμίων σκύλοις · τοὺς δὲ μὴ βουλομένους ἁθροίσας παρεκάλει, φάσκων, ἕως μὲν τοῦ νῦν συγγνώμην αὐτοῖς ἔχειν τῶν ἡμαρτημένων · διὸ καὶ συγχωρεῖν τρέπεσθαι κατὰ τὰς ἰδίας ὁρμὰς ; οὗ ποτ' ἂν ἕκαστος αὐτῶν προαιρῆται.... 
LXXVIII. Au même moment, Naravas (49) un Nomade des plus considérés, était rempli d'une ardeur guerrière. Il avait toujours été. dans des dispositions amicales à l'égard des Carchèdonies, ayant avec eux, les mêmes relations que son père mais alors il était plus que jamais porté vers eux, à cause du mérite d'Amilcas, leur général ..... Des conventions ayant été faites, Naravas revint ; il avait avec lui les Nomades sous ses ordres, au nombre de près de deux mille. Amilcas, quand cette troupe se fut jointe à lui, fit avec les siens face à l'ennemi. De son côté Spendios, s'étant réuni aux Libyes, descendit dans la plaine et en vint aux mains avec les Carchèdonies. Grande fut la bataille, et, Amilcas fut vainqueur; les bêtes ayant bien lutté, et Naravas ayant donné une preuve éclatante du service qu'il pouvait faire. Autarite et Spendios s'échappèrent ; des autres il y en eut environ dix mille par terre et quatre mille faits prisonniers. Cet exploit achevé, Amilcas permit à ceux des prisonniers qui le voudraient de faire la guerre avec lui et il les arma avec les dépouilles enlevées à l'ennemi. Quant à ceux qui ne voulurent pas, il les réunit, et leur fit ses recommandations ; il leur dit que leurs torts jusqu'à ce moment leur étaient pardonnés, qu'il leur était permis en conséquence de s'en aller chacun selon son désir et ses préférences.... 

CARTHAGE : MERCENAIRES GAULOIS

LXXIX. ...  Μάθως δὲ καὶ Σπένδιος, ἅμα δὲ τούτοις Αὐτάριτος ὁ Γαλάτης ὑπιδόμενοι τὴν ᾿Αμίλκου φιλανθρωπίαν εἰς τοὺς αἰχμαλώτους, καὶ φοβηθέντες, μὴ τῷ τοιούτῳ τρόπῳ ψυχαγωγηθέντες ὁρμήσωσι πρὸς τὴν ὑποδεικνυμένην ἀσφάλειαν οἵ τε Λίβυες καὶ τὸ τῶν μισθοφόρων πλῆθος, ἐβουλεύοντο πῶς ἂν, καινοτομήσαντές τι τῶν πρὸς ἀσέβειαν, εἰς τέλος ἀποθηριώσειαν τὰ πλήθη πρὸς τοὺς Καρχηδονίους. (Cas., p.80.) δοξεν οὖν αὐτοῖς συναθροῖσαι τοὺς πολλούς · γενομένου δὲ τούτου γραμματοφόρον εἰσήγαγον, ὡς ἀπεσταλμένον ὑπὸ τῶν ἐκ τῆς Σαρδόνος αἱρετιστῶν.  δ' ἐπιστολὴ διεσάφει, τόν τε Γέσκωνα καὶ τοὺς μετ' αὐτοῦ πάντας, οὓς παρεσπόνδησαν ἐν τῷ Τύνητι, ... φυλάττειν ἐπιμελῶς · ὡς πραττόντων τινῶν ἐκ τοῦ στρατοπέδου τοῖς Καρχηδονίοις ὑπὲρ τῆς τούτων σωτηρίας. Λαβόμενος δὲ τῆς ἀφορμῆς ταύτης ὁ Σπένδιος, πρῶτον μὲν παρεκάλει, μὴ πιστεύειν τὴν ὑπὸ τοῦ στρατηγοῦ τοῦ τῶν Καρχηδονίων γεγενημέν φιλανθρωπί πρὸς τοὺς αἰχμαλώτους. Οὐ γὰρ σῶσαι προαιρούμενον αὐτὸν ταῦτα βεβουλεῦσθαι περὶ τῶν ἁλόντων, ἀλλὰ διὰ τῆς ἐκείνων ἀφέσεως ἡμῶν ἐγκρατῆ γενέσθαι σπουδάζοντα · πρὸς τὸ, μὴ τινὰς, ἀλλὰ πάντας ἡμᾶς ἅμα τιμωρήσασθαι, πιστεύσαντας αὐτῷ. Πρὸς δὲ τούτοις φυλάττεσθαι παρῄνει μὴ, προέμενοι τοὺς περὶ τὸν Γέσκωνα, καταφρονηθῶσι μὲν ὑπὸ τῶν ἐχθρῶν, μεγάλα δὲ βλάψωσι τὰς ἰδίας πράξεις, ἄνδρα τοιοῦτον καὶ στρατηγὸν ἀγαθὸν ἐάσαντες διαφυγεῖν, ὃν εἰκὸς ἐχθρὸν αὐτοῖς ἔσεσθαι φοβερώτατον. τι δὲ ταῦτα λέγοντος αὐτοῦ παρῆν ἄλλος γραμματοφόρος, ὡς ἀπὸ τῶν ἐκ τοῦ Τύνητος ἀπεσταλμένος, παραπλήσια τοῖς ἐκ τῆς Σαρδόνος διασαφῶν.
LXXIX. ... Cependant Mathôs, Spendios et avec eux le Galate Autarite, tenant pour suspecte l'humanité d'Amilcas envers ses prisonniers, et craignant que, séduits par ces façons d'agir, les Libyes et la foule des mercenaires ne se portassent là où on leur faisait entrevoir toute sûreté pour eux, délibérèrent comment, par l'invention de quelqu'un de ces forfaits d'un caractère impie, ils viendraient à bout de faire de ces multitudes des bandes de bêtes féroces envers les Carchèdonies. Ils s'arrêtèrent à l'idée de rassembler la foule de leurs soldats, et quand ce fut fait, ils introduisirent dans cette réunion un messager censé envoyé de Sardone (50) par ceux de leur parti. La lettre déclarait qu'ils eussent à garder avec soin Gescon (51) et tous ceux de sa suite, envers qui ils avaient, à Tynète,.... violé les traités ; qu'il y avait dans le camp des gens qui agissaient avec les Carchèdonies pour les sauver. Prenant ces révélations pour point de départ Spendios engagea d'abord cette foule à ne pas se fier à l'humanité qu'avait montrée le général des Carchèdonies envers les prisonniers. Ce n'était pas dans l'intention de les sauver qu'il avait pris cette détermination au sujet des captifs : « en les renvoyant, il cherche à se rendre maître de nous, car il veut se venger non pas sur quelques-uns, mais sur nous tous qui nous serons fiés à lui ». En outre, il leur conseillait de prendre garde qu'en rendant la liberté à Gescon, ils ne devinssent un objet de mépris pour leurs ennemis, qu'ils ne fissent grand tort à leurs propres affaires en laissant échapper un pareil homme, un bon général qui naturellement serait pour eux un ennemi redoutable. Il en était encore là de son discours lorsqu'il arriva un autre messager censé envoyé par ceux de Tynète, donnant des avis semblables à ceux de la Sardone. 

LXXX. φ' ὃν Αὐτάριτος ὁ Γαλάτης ἐπιβαλὼν, μίαν, ἔφη, σωτηρίαν εἶναι τοῖς ἑαυτῶν πράγμασι, τὸ πάσας ἀπογνῶναι τὰς ἐν Καρχηδονίοις ἐλπίδας. ως δ' ἂν ἀντέχηταί τις τῆς ἐκείνων φιλανθρωπίας, οὐ δυνατὸν αὐτοῖς ἀληθινὸν γενέσθαι τὸν τοιοῦτον σύμμαχον. Διόπερ ἠξίου τούτοις πιστεύειν, τούτοις ἀκούειν, τοῖς τοιούτοις προσέχειν τὸν νοῦν, οἵτινες ἂν ἀεί τι τῶν ἀπεχθεστάτων καὶ πικροτάτων εἰσαγγέλλωσι κατὰ Καρχηδονίων · τοὺς δ' ἐναντία τούτοις λέγοντας, προδότας καὶ πολεμίους ἡγεῖσθαι παρῄνει. Ταῦτα δ' εἰπὼν [παρνει καὶ], συνεβούλευε τόν τε Γέσκωνα καὶ τοὺς μετ' αὐτοῦ συλληφθέντας, καὶ τοὺς ὕστερον γενομένους αἰχμαλώτους τῶν Καρχηδονίων αἰκισαμένους ἀποκτεῖναι. Πρακτικώτατος δ' ἦν οὗτος ἐν ταῖς συμβουλίαις διὰ τὸ πολλοὺς τὴν φωνὴν αὐτοῦ συνιέναι · πάλαι γὰρ στρατευόμενος ᾔδει διαλέγεσθαι Φοινικιστί · ταύτῃ (Cas., p. 81.) δέ πως οἱ πλεῖστοι συνεσαίνοντο τῇ διαλέκτῳ διὰ τὸ μῆκος τῆς προγεγενημένης στρατείας. Διόπερ ἐπαινέσαντος αὐτὸν ὁμοθυμαδὸν τοῦ πλήθους, οὗτος μὲν εὐδοκιμῶν ἀνεχώρησεν.... 
LXXX. Sur ce point, le Galate Autarite intervenant dit qu'il n'y avait pour eux qu'un moyen de salut, c'était de renoncer à tout espoir dans les Carchèdoniès : du moment. que quelqu'un comptait sur leur humanité, il n'était pas possible d'avoir en un pareil homme un allié véritable. Aussi les priait-il de se fier, de prêter l'oreille, d'accorder leur attention à ceux-là seuls qui leur auraient toujours fait entendre quelque parole des plus haineuses, des plus arrières contre les Carchèdonies. Ceux qui tenaient un langage contraire, il conseillait de les regarder comme des traîtres, des ennemis. Ayant ainsi parlé, il les engageait, il leur conseillait relativement à Gescon, à ceux qui avaient été pris avec lui, aux Carchèdonies. qui depuis avaient été faits prisonniers, de les faire mourir dans les supplices. Cet homme exerçait une très grande action dans les conseils, parce que sa parole était comprise du grand nombre. Vivant depuis longtemps dans les camps, il savait parler le phénicien et la plupart des soldats étaient familiarisés avec cette langue, grâce à la durée de la guerre précédente. Aussi, accompagné des éloges unanimes de cette multitude, Autarite se retira-t-il couvert de gloire.

LXXXIV. (Cas., p. 85.) ...  Τέλος δ' ἐπιστρατοπεδεύσας αὐτοῖς (ὁ ᾿Αμίλκας) ἀνυπονοήτως ἐν τόποις ἀφυέσι μὲν πρὸς τὴν ἐκείνων ( τῶν βαρβάρων)  χρείαν, εὐφυέσι δὲ πρὸς τὴν ἑαυτοῦ δύναμιν, εἰς τοῦτ' ἤγαγε περιστάσεως ὥστε μήτε διακινδυνεύειν τολμῶντας μήτ' ἀποδρᾶναι δυναμένους διὰ τὸ τάφρῳ καὶ χάρακι περιειλῆφθαι πανταχόθεν, τέλος ὑπὸ τῆς λιμοῦ συναγομένους, ἐσθίειν ἀλλήλων ἀναγκασθῆναι · τοῦ δαιμονίου τὴν οἰκείαν ἀμοιβὴν αὐτοῖς ἐπιφέροντος, τῇ πρὸς τοὺς πέλας ἀσεβείᾳ καὶ παρανομίᾳ. πρὸς μὲν γὰρ τὸν κίνδυνον οὐκ ἐτόλμων ἐξιέναι, προδήλου τῆς ἥττης καὶ τῆς τιμωρίας τοῖς ἁλισκομένοις ὑπαρχούσης · περὶ δὲ διαλύσεως οὐδ' ὑπενόουν ποιεῖσθαι μνήμην, συνειδότες σφίσι τὰ πεπραγμένα. Προσανέχοντες δ' ἀεὶ ταῖς ἐκ τοῦ Τύνητος βοηθείαις, διὰ τὰς τῶν ἡγουμένων ἐπαγγελίας, πᾶν ὑπέμενον ποιεῖν κατὰ σφῶν αὐτῶν.
LXXXIV. ...Enfin ayant inopinément établi son camp dans un lieu aussi désavantageux pour eux (les Barbares) qu'il présentait d'avantages pour son armée, Amilcas les réduisit à une situation telle que, n'osant courir le risque d'une bataille, et ne pouvant fuir, cernés de toutes parts comme ils l'étaient par le fossé et les retranchements, poussés par la famine, ils finirent par être forcés de se manger les uns les autres. La fortune leur infligeait cette légitime compensation pour leur impiété et leur méconnaissance de toute loi à l'égard d'autrui. Sortir pour aller au-devant du danger, ils ne l'osaient pas, voyant clairement d'avance et leur défaite et les châtiments réservés aux prisonniers. Quant à un accommodement, il ne leur vint pas même à l'esprit d'en parler, parce qu'ils avaient la conscience de leurs actes. Toujours dans l'attente des secours de Tynèté, que leur promettaient leurs chefs, ils avaient du courage pour tout faire contre eux-mêmes. 

LXXXV. πεὶ δὲ κατεχρήσαντο μὲν ἀσεβῶς τοὺς αἰχμαλώτους, τροφῇ ταύτῃ χρώμενοι, κατεχρήσαντο δὲ τὰ δουλικὰ τῶν σωμάτων, ἐβοήθει δ' ἐκ τοῦ Τύνητος οὐδείς, (Cas., p. 86.) τότε προδήλου τῆς αἰκίας διὰ τὴν περικάκησιν ἐκ τῶν πολλῶν τοῖς ἡγεμόσιν ὑπαρχούσης, ἔκριναν οἱ περὶ τὸν Αὐτάριτον καὶ Ζάρζαν καὶ Σπένδιον ἐγχειρίζειν ἑαυτοὺς τοῖς πολεμίοις, καὶ διαλαλεῖν περὶ διαλύσεως ᾿Αμίλκᾳ. Πέμψαντες οὖν κήρυκα, καὶ λαβόντες συγχώρημα περὶ πρεσβείας, ἧκον, ὄντες δέκα πρὸς τοὺς Καρχηδονίους. Πρὸς οὓς ᾿Αμίλκας ὁμολογίας ἐποιήσατο τοιαύτας · ἐξεῖναι Καρχηδονίοις ἐκλέξασθαι τῶν πολεμίων οὓς ἂν αὐτοὶ βούλωνται δέκα · τοὺς δὲ λοιποὺς ἀφιέναι μετὰ χιτῶνος. Γενομένων δὲ τούτων, εὐθέως ᾿Αμίλκας ἔφη τοὺς παρόντας ἐκλέγεσθαι κατὰ τὰς ὁμολογίας. Τῶν μὲν οὖν περὶ τὸν Αὐτάριτον καὶ Σπένδιον καὶ τῶν ἄλλων τῶν ἐπιφανεστάτων ἡγεμόνων τοῦτον τὸν τρόπον ἐκυρίευσαν οἱ Καρχηδόνιοι...
LXXXV. Quand ils eurent avec cette impiété épuisé les prisonniers qu'ils employaient à leur nourriture, épuisé aussi les corps de leurs esclaves, comme il ne leur venait de Tynète aucun secours alors il devint évident pour les chefs que la multitude sous le poids de ses maux allait se porter à des excès envers eux, et Autarite, Zarcas et Spendios décidèrent de se mettre entre les mains des ennemis et d'entrer en pourparler avec Amilcas au sujet d'un accommodement. Ils lui dépêchèrent donc un héraut, et ayant reçu la permission d'envoyer une députation, ils vinrent au nombre de dix vers les Carchèdonies. Amilcas leur fit les conditions que voici : Il est permis aux Carchèdonies de choisir parmi les rebelles ceux qu'ils voudront au nombre de dix, et de renvoyer les autres avec une seule tunique. Ces mesures prises, Amilcas déclare aussitôt qu'il choisit les députés présents aux termes des conventions. Autarite, Spendios et les autres chefs les plus illustres tombèrent de cette manière entre les mains des Carchèdonies (52)...

LXXXVI. .... κον ἐπὶ τὸν Τύνητα  (᾿Αμίλκας καὶ ᾿Αννίβας μετὰ Ναραύα) καὶ πολιορκεῖν ἐνεχείρησαν τοὺς περὶ τὸν Μάθω. Κατὰ μὲν οὖν τὴν ἀπὸ Καρχηδόνος πλευρὰν προσεστρατοπέδευσεν ᾿Αννίβας, κατὰ δὲ τὴν ἀπέναντι ταύτης ᾿Αμίλκας. Μετὰ δὲ ταῦτα προσαγαγόντες πρὸς τὰ τείχη τοὺς περὶ τὸν Σπένδιον αἰχμαλώτους ἐσταύρωσαν ἐπιφανῶς...
LXXXVI. ...Alors marchèrent sur Tynète (Amilcas et Annibas avec Naravas), et ils entreprirent d'y assiéger Mathôs. Annibas campa du côté de Carchèdone, Amilcas du côté opposé. Ensuite ayant amené sous les murs Spendios et les autres prisonniers, ils les crucifièrent de façon qu'on les pût bien voir... 

LIVRE II.

V. (Cas., p. 93.)  Οἱ δὲ (᾿Ιλλυριοὶ) ἐξαποσταλέντες τὴν μὲν πρώτην ἐπιβολὴν ἔσχον ἐπὶ τὴν ᾿Ηλείαν καὶ τὴν Μεσσηνίαν · ταύτας γὰρ ἀεὶ τὰς χώρας ᾿Ιλλυριοὶ πορθοῦντες διετέλουν. Διὰ γὰρ τὸ μῆκος τῆς παραλίας καὶ διὰ τὸ μεσογαίους εἶναι τὰς δυναστευούσας ἐν αὐταῖς πόλεις, μακραὶ καὶ βραδεῖαι λίαν ἐγίνοντο τοῖς προειρημένοις αἱ παραβοήθειαι πρὸς τὰς ἀποβάσεις τῶν ᾿Ιλλυριῶν · ὅθεν ἀδεῶς ἐπέτρεχον καὶ κατέσυρον ἀεὶ ταύτας τὰς χώρας. Ο