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Extraits des auteurs grecs concernant la géographie et l'histoire des Gaules

 Edm. Cougny et Henri Lebègue

TOME IV


PAUSANIAS (01)

DESCRIPTION DE L'HELLADE.

I. Attiques.

III, 5. ...Olbiadès [peignit] ce Callippos qui conduisit aux Thermopyles les Athéniens (02) chargés de garder ce passage lors de l'irruption des Galates (Gaulois) dans l'Hellade.

IV. 1. - Ces Galates habitent aux extrémités de l'Europe, près d'une vaste mer dont les navires ne peuvent atteindre les limites : elle présente un reflux, des brisants, et des monstres qui ne ressemblent en rien à ceux qu'on voit dans le reste des mers. À travers leur pays coule l’Éridan, près duquel on croit que les filles du Soleil gémissent sur le malheur de Phaéton, leur frère. C'est assez tard que la dénomination de Galates (Gatti) a prévalu. Celtes est le nom que ces peuples se donnaient anciennement eux-mêmes et que les autres leur donnaient aussi.

Leurs bandes réunies se tournèrent du côté de la [mer] Ionie (03) ; la population des Illyriens, toute celle qui habitait jusqu'au pays des Macédoniens, les Macédoines eux-mêmes furent bouleversés par eux puis ils envahirent la Thessalie. Quand ils furent arrivés près des Thermopyles, là ,même la plupart des Hellènes virent sans bouger cette invasion des barbares, comme ayant été par Alexandre et par Philippe grandement maltraités auparavant. Antipater, aussi et Cassandre avaient mis à bas le [corps] hellénique, si bien que chaque peuple, à cause de sa faiblesse, ne trouvait rien de honteux à se désintéresser, quant à lui, de la lutte pour la défense commune.

2. Or, plus que tous les autres Hellènes, les Athéniens avaient été épuisés par la longueur de la guerre macédonienne, et puis, le plus souvent, ils avaient échoué dans les combats. Ils partirent pourtant d'un bel élan vers les Thermopyles avec ceux des Hellènes qui étaient venus à eux, ayant pris pour leur chef ce Callippos [dont nous avons parlé] (04). Ils, occupèrent en sa partie la plus étroite cette entrée de l'Hellade et en écartèrent les barbares. Mais les Celtes ayant découvert le sentier par où autrefois Éphialtès de Trachine avait conduit les Mèdes, et ayant forcé le poste de Phocéens qui le gardaient, franchirent, sans être vus des Hellènes, le mont Oeta.

3. Là, les Athéniens se montrèrent aux Hellènes dignes de la plus haute estime en se défendant de deux côtés contre les barbares qui les avaient cernés.

Mais ceux qui pour eux s'étaient postés sur les navires souffrirent le plus, parce que, le golfe Lamiaque (05) n'est qu'in marécage près des Thermopyles. La cause en est, je crois, l'eau chaude qui sur ce point s'écoule dans la mer : ils eurent donc plus de peine [que les autres]. Car ayant pris à leur bord les Hellènes, ils furent forcés de naviguer contre cette boue avec des vaisseaux surchargés d'armes et d'hommes.

4. Et c'est de la manière que nous avons dite qu'ils sauvèrent les Hellènes. Or, les Galates (Gaulois) étaient déjà en deçà de Pyles, et ne tenant aucunement à prendre les autres villes, leur principal souci était de piller Delphes et les trésors de son dieu. Devant eux ils trouvèrent bien rangés les Delphiens eux-mêmes et ceux des Phocéens qui habitent les villes du Parnasse ; il y vint aussi une troupe d'Étoliens; car le [peuple] étolien avait en ce temps-là l'avantage de posséder une vigoureuse jeunesse. Quand on en fut venu aux mains, des coups de foudre, des quartiers de roche arrachés du Parnasse fondirent sur les Galates, et, comme des épouvantails, des hommes armés se dressèrent au-dessus des barbares ; les uns étaient venus, dit-on, des [régions] hyperboréennes : c'étaient Hyperochos et Amadocos ; un troisième était Pyrrhos, fils d'Achille. Depuis cette aide que leur donna Pyrrhos en ce combat, les Delphiens sacrifient à ce héros dont auparavant la mémoire même leur était, comme celle d'un ennemi, en opprobre.

5. La plupart des Galates, ayant passé en Asie sur des vaisseaux, en ravagèrent les contrées maritimes. Mais plus tard les habitants de Pergame, [ville] appelée autrement Teuthranie, chassèrent loin de la mer. dans l'intérieur les Galates qui occupèrent le pays en deçà du Sangarios; après avoir pris Ancyre, ville des Phrygiens, fondée antérieurement par Midas, fils de Gordios. L'ancre (06) trouvée par Midas existait encore de mon temps dans le temple de Zeus, ainsi que la source dite Fontaine de Midas, à laquelle, dit-on, ce roi avait mêlé du vin pour prendre Silène. Ils ne s'emparèrent pas d'Ancyre seulement, mais aussi de Pessinonte au pied de la montagne... puis d'Agdistis (07) où l'on raconte qu'Attès fut enseveli.

6. Ill y a chez les Pergamiens des dépouilles enlevées aux Galates (Gaulois) ; il y a aussi une peinture représentant ce qu'ils ont fait contre ces Galates... (0). Ce qu'il y a de sûr, c'est qu'ils ont fait trois choses très mémorables ; d'abord, ils ont eu l'empire de l'Asie inférieure ; en second lieu; ils ont forcé les Galates à s'en retirer (08)... 

VII, 2... Tandis qu'il (Ptolémée) se préparait à repousser les attaques de Magas (09), il avait engagé des étrangers, et entre autres environ quatre mille Galates (Gaulois). Les ayant pris à former le projet de s'emparer de l'Égypte, il les fit conduire par le fleuve dans une île déserte, où ils périrent sous les coups les uns des autres et par la famine (10)....

VIII.2. Attale, qui était fils d'Attale et neveu de Philétère, eut l'empire que lui transmit sin cousin Eumène. La plus grande chose qu'il ait faite est celle-ci : il força les Galates (Gaulois) à se retirer dans la contrée qu'ils habitent encore aujourd'hui, loin de la mer. 

IX, 5. Si l'on compare tous les Thraces ensemble à un autre peuple quel qu'il soit, il n'y en a pas un, les Celtes exceptés, qui soit plus nombreux, et c'est pour cette raison que personne avant les Romains ne les a vaincus tous réunis. Or toute la Thrace est soumise aux Romains, et, chez les Celtes, tout ce dont ils croient qu'on ne peut tirer parti à cause de l'excès du froid et de la mauvaise qualité du sol, ils l'ont dédaigné, tandis qu'ils ont dans ce pays tout ce qui mérite d'être possédé...

XIII, 2 [Pyrrhus] (11), ayant vaincu et les armées propres d'Antigone et les mercenaires Galates (Gaulois) que ce prince avait avec lui, les poursuivit jusque dans les villes maritimes, et lui-même il se rendit maître de la Macédoine supérieure et de la Thessalie. Ce qui montre surtout et l'importance du combat, et la grandeur de la victoire gagnée par Pyrrhus, ce sont les armes des [guerriers] celtiques consacrées dans le temple d'Athéna Itonie entre Phère et Larissa,, et l'inscription placée dessus : Ces boucliers, c'est un molosse qui en fit don à Athéna Itonide, c'est Pyrrhus qui suspendit [ici ces dépouilles] des audacieux Galates, après avoir détruit toute l'armée d'Antigone : il n'y a pas là grande merveille aujourd'hui comme autrefois les Éacides sont des braves.

XVI. 2.... Ce. Ptolémacos (12) régna sur la Macédoine jusqu'a ce que ayant osé, le premier que nous sachions ... d'entre les rois, se mesurer en bataille rangée avec les Galates (Gaulois), il fut tué par ces-barbares...

XIX, 6 (0). Les fleuves qui coulent chez les Athéniens sont l'Ilissos et celui qui a le même nom que l'Éridan celtique et se jette dans l'Ilissos (13)...

XXV. ... Près du mur au sud [de l'acropole d'Athènes]... entre autres oeuvres d'art, Attale a consacré la défaite des Galates (Gaulois) en Mysie : chacune de ces oeuvres a environ deux coudées...

XXXIII, 4. L'Océan n'est pas un fleuve ; c'est la mer la plus reculée où les hommes aient navigué (14); les Ibères et les Celtes en habitent les rivages, et dans l'Océan, il y a l'île des Bretons...

XXXV, 5. Ces Celtes qui habitent au bout du monde, une contrée limitrophe de celle dont le froid fait un désert, et qu'on appelle Cabariens, je n'ai pas été émerveillé de leur taille : elle ne diffère en rien de celle des cadavres de l'Égypte...

IV. Messèniaques.

XXVIII, 4..... Ils (les Messéniens) ne combattirent point avec les Hellènes contre les Galates (Gaulois), Cléonyme et les Lacédémoniens n'ayant pas voulu faire alliance avec eux...

XXXIV. 1. ... (0). Les poissons de mer le remontent (le Pamisos) surtout vers la saison du printemps. Les poissons font de même dans le Rhin et le Méandre... Mais bien différents, de forme surtout, sont les poissons qui remontent le Pamisos dont les eaux sont claires et non, comme celles des fleuves que nous avons dits, à fond de vase. Tels sont les muges qui, étant de ces poissons qui se plaisent dans la fange, aiment les fleuves les plus bourbeux. De leur nature, les fleuves des Hellènes ne renferment pas des monstres malfaisants pour l'homme, comme l'Indus, le Nil d'Égypte et même le Rhin... Ces fleuves, au contraire, nourrissent des monstres qui ressemblent aux plus avides de chair humaine (aux silures) (15).

V . Éliaques I.

XII. 1 (0). Tous ceux qui ont cru que les éminences qui sortent de la bouche des éléphants sont des dents de ces animaux, et non des cornes, peuvent considérer d'une part l'alcè, animal qu'on trouve dans la Celtique (16), et d'autre part, les taureaux d'Éthiopie. Les alcès ont des cornes au-dessus des sourcils - les mâles, seulement ;- car les femelles n'en ont pas trace...

6. Cet electrum (17) dont fut faite une image d'Auguste, et qui ne se trouve que par hasard dans les sables de l'Éridan, est une des substances les plus rares, et pour bien des raisons il est fort prisé de l'homme...

XIV... (0). Le peuplier noir est une production du pays des Celtes, et [spécialement] de l'Éridan celtique (18).

VII. Achaïques.

VI, 1. Quand l'armée des Galates (Gaulois) fut aux Thermopyles, tous les peuples du Péloponnèse négligèrent pareillement de marcher contre eux. Comme les barbares n'avaient pas de flotte, ils espéraient n'avoir rien à craindre d'eux, s'ils barraient l'isthme de Corinthe par un mur allant de la mer de Léchaeum jusqu'à l'autre mer, à Cenchrées. Telle fut alors la manière de voir de tous ceux du Péloponnèse.

5. Mais lorsque les Galates avec des vaisseaux eurent passé je ne sais comment en Asie, telle fut alors la situation des Hellènes que chez eux nul peuple ne se trouva plus assez fort pour commander à toute la nation.

XVII. 5. C'est en conséquence de ces faits (19) que les Galates de Pésinonte s'abstiennent de la chair de porc. Cependant leurs croyances au sujet d'Attès ne sont pas les mêmes : il y a sur ce personnage une légende du pays qui est tout autre. Zeus, pendant son sommeil, aurait laissé tomber de sa semence sur la terre qui, avec le temps, aurait produit un génie ayant des partie honteuses doubles; celles de l'homme et celles de la femme. Ils lui donnent le nom d'Agdistis (20). Les dieux craignant cet Agdistis lui coupèrent ses parties mâles ; il en naquit un amandier ayant des fruits mûrs. La fille du fleuve Sangarios prit, dit-on, de ces fruits et les mit dans son giron ; ces fruits disparurent à l'instant ; mais elle était devenue enceinte. Quand elle fut accouchée, un bouc prit soin de l'enfant qui avait été exposé. Cet enfant, en grandissant, fut doué d'une beauté plus qu'humaine, et alors Agdistis s'éprit d'amour pour lui. Lorsque Attès fut devenu grand, ses parents l'envoyèrent à Pésinonte pour cohabiter avec la fille du roi. Déjà on chantait l'hyménée, Agdistis survint, et Attès, devenu furieux, se coupa les parties honteuses, et alors se les coupa aussi celui qui lui avait donné sa fille. Mais Agdistis se repentit bientôt de ce qu'il avait fait à Attès, et il obtint de Zeus qu'aucune partie du corps d'Attès ni ne pourrirait ni ne se dessécherait. - Voilà quelles sont sur Attès les légendes les plus connues.

VIII. Arcadiques.

X. 4... Il est bien évident que l'armée des Galates (Gaulois) fut détruite à Delphes par le dieu, et le fait est clair - par des génies.

XXV. 7... (0). Le Ladon, fleuve d'Arcadie, est le plus beau fleuve du monde, mais il n'est pas assez grand pour présenter dans son lit des îles comme il y en a dans l'Ister et. dans l'Éridan.

XXVIII. ... (0). Ce fleuve de Gortyne est celui dont l'eau est la plus fraîche. L'Ister, le Rhin, l'Hypanis, le Borysthène, et tous ceux dont le cours se gèle en hiver, ces fleuves-là, à mon sens, on les nommerait bien des fleuves froids, des fleuves d'hiver, qui coulent à travers des terres la plupart du temps couvertes de neige, tandis que l'air, qui les entoure est plein de frimas...

L. I Les Achéens portaient de courtes piques, et des armes défensives trop longues, telles que les boucliers des Celtes et les gerres des Perses ; il (Philopoemen) leur persuada de se revêtir de cuirasses et de cnémides, etc.

IX. Béotiques.

XXI, 3. ... Il y a encore une bête sauvage qu'on appelle alcè et qui, pour la formé, tient le milieu entre le cerf et le chameau : on la trouve dans le pays des Celtes. Des bêtes que nous connaissons c'est la seule qu'on ne puisse suivre à la trace ou voir de loin. Ceux qui partent pour chasser d'autres animaux, un heureux hasard parfois leur amène une alcè, sous la main. Elle sent l'homme, même à une grande distance, à ce qu'on dit, et s'enfonce dans des ravins ou dans les antres les plus profonds : les chasseurs donc, ayant entouré, dans la plaine ou dans la montagne, un espace de mille stades au moins, s'arrangent de façon à ne pas rompre leur cercle, et en se rapprochant sans cesse, ils prennent tous les animaux qui se trouvent à l'intérieur du cercle, les alcès comme les autres. S'il n'y en a .pas qui aient là leur repaire, il n'existe pas d'autre moyen d'en prendre.

X. Phociques.

VII.1 ... (0). Ceux qui s'attaquèrent le plus longtemps et avec le plus de violence aux richesses du dieu (de Delphes), furent les dynastes des Phocéens, et les soldats des Galates (Gaulois).

VIII. 2 ... (0). Brennus ayant mené à Delphes son armée de Galates (Gaulois), les Phocéens furent de tout le peuple hellénique ceux qui montrèrent le plus de cœur à la guerre.

4. ... De ces statues, celle qui est dans le vestibule de ce temple (21) est une offrande des Massaliotes, et elle surpasse en grandeur la statue qui est à l'intérieur. Les Massaliotes sont des colons des Phocéens de l'Ionie; et une partie même de ceux qui s'enfuirent jadis de Phocée devant Harpage le Mède. Ayant eu le dessus dans une bataille navale contré les Carthaginois, ils furent mis en possession de la terre qu'ils habitent et arrivèrent à un haut degré de prospérité.

7. L'offrande des Massaliotes est en bronze...

XV. 1 Il y a là (à Delphes) la plupart des stratèges (22), la statue d'Artémis, celle d'Athéna et deux d'Apollon, [toutes consacrées] par les Étoliens après qu'ils eurent mené à bonne fin leur lutte contre les Galates (Gaulois).

2. L'expédition des Celtes, leur passage en Asie pour détruire des villes, tout cela avait été prédit par Phaennis (23) dans ses oracles, une génération avant ces événements : A
Alors ayant franchi l'étroit passage de l'Hellespont, s'exaltera, apportant la ruine, une armée de Galates (24) qui injustement ravageront l'Aside; mais un dieu infligera des maux encore plus affreux à tous ceux qui habitent près des rivages de la mer, mais pour peu [de temps]. Car bientôt un défenseur leur sera par le fils de Cronos envoyé, fils aimé du divin taureau, qui apportera à tous les Galates le jour de la ruine.
Celui que Phaennis appelle le fils du taureau est Attale, qui régnait à Pergame. Un oracle donne aussi à ce même prince l'épithète de taurocéros (25).

XVI. 4 Il y a aussi une statue d'Eurydamos, stratège des Étoliens qui commandait leur armée contre les Galates (Gaulois) : elle a été consacrée par les Étoliens.

XVII.8 (0). À peu de distance de Sardô, il est une île appelée par les Hellènes Cycnos, et par les Libyens qui l'habitent Corsikè (26). Une partie non minime de la population, écrasée dans une sédition, passa de cette île dans celle de Sardô, et se tailla dans la Montagne un territoire où elle s'établit. Les gens de Sardô nomment ces émigrés du nom qu'ils ont apporté de leur pays, Corses.

9. Les Carthaginois, au temps de leur plus grande puissance maritime, subjuguèrent tous les hommes de Sardô, à l'exception des Iliens et des Corses.... Parmi les auxiliaires des Carthaginois, les Libyens ou les Ibères étant entrés en contestation avec eux au sujet des dépouilles, et, dans l'état d'irritation où ils étaient, s'étant séparés d'eux, établirent leurs demeures, eux aussi, dans les parties hautes de l'île. Balares est leur nom dans la langue des Cyrnii, car les exilés sont appelés Balares par les gens de Cyrnos.

XVIII.7... Tout près du lion (des Phocéens d'Élatée) se trouve l'Apollon des Massaliotes, prémices de leur victoire navale sur les Carthaginois. Les Étoliens ont fait là un trophée et une statue de femme armée qui est l'Étolie. Les Étoliens ont consacré ces offrandes après avoir infligé aux Galates (Gaulois) le châtiment de leur cruauté envers les Calliens.

XIX. 4... Les Étoliens ont offert les armures qui sont derrière et à gauche (27) ; ce sont celles des Galates. La forme de ces [boucliers] se rapproche beaucoup de celle des gerres persiques.

5. Quant à l'expédition des Galates (Gaulois) dans l'Hellade, il en est fait mention dans notre description du lieu où s'assemble le sénat attique. J'ai voulu présenter avec plus de clarté ce qui s'est fait contre eux, dans le livre qui concerne Delphes, parce que c'est là qu'eurent lieu les plus grands exploits des Hellènes contre les Barbares (28). Les Celtes firent leur première expédition au delà de leur frontière sous les ordres de Cambaulès. S'étant avancés jusqu'à la Thrace, ils n'osèrent, pas aller plus loin, parce qu'ils reconnurent combien peu ils étaient, et que par leur nombre ils n'étaient pas de force à combattre les Hellènes.

6. Quand il leur parut à propos de porter une seconde fois les armes sur les terres d'autrui, ils y étaient poussés surtout par ceux qui avaient été de l'expédition deCambaulès, qui avaient déjà goûté du brigandage, et s'étaient pris d'amour pour le pillage et les gains [qu'on y fait]. Aussi eurent-ils bientôt rassemblé une infanterie considérable, et, pour leur cavalerie, des hommes qui n'étaient pas en petit nombre. Les chefs partagèrent en trois corps cette armée, et chacun d'eux fut désigné pour aller dans un pays différent.

7. Céréthrios devait en conduire un contre les Thraces et chez. le peuple des Triballes. Ceux qui marchèrent contre la Péonie eurent polir chefs Brennus et Acichorios. Bolgios marcha contre les Macédoniens et les Illyriens et entra en lutte avec Ptolémée qui avait alors la royauté chez les Macédoniens. Ce Ptolémée était celui qui avait tué traîtreusement Séleucos, fils d'Antiochos, chez qui pourtant il s'était réfugié en suppliant. Il avait pour surnom Céraunos (29) à cause de son audace extrême. Il mourut dans le combat, et il se fit des Macédoniens un massacre qui ne fut pas peu de chose. Mais les Celtes n'osèrent pas même alors avancer plus loin dans l'Hellade, et cette seconde armée, comme l'autre, retourna dans leurs foyers.

8.Alors Brennus, se multipliant partout, tantôt dans les assemblées publiques, tantôt chez chacun des Galates qui étaient au pouvoir, suscitait une expédition contre l'Hellade, exposait la faiblesse présente des Hellènes, la richesse de leurs trésors publics et la richesse plus grande encore de leurs temples, où il y avait une telle quantité d'offrandes, d'or et d'argent monnayés. Il persuada ainsi les Galates (Gaulois) de marcher de nouveau contre l'Hellade, et il choisit pour commander avec lui des hommes qui étaient au pouvoir et entre autres Acichorios.

9. L'armée, rassemblée comptait en infanterie quinze myriades d'hommes, plus deux mille, et en cavalerie vingt mille quatre cents. - Tel était bien le nombre des cavaliers toujours en action ; mais l'effectif réel était de six myriades et douze cents. Car chaque cavalier avait avec lui deux domestiques (30), bons cavaliers eux-mêmes et ayant pareillement des chevaux.

10. Quand pour la cavalerie des Galates la lutte est engagée, ces domestiques se tiennent en arrière du corps de bataille, et, voici quels services ils rendent. Arrivé-t-il à un cavalier ou à un cheval de tomber [mort], dans le second cas, le domestique donne au maître son cheval à monter ; et si c'est l'homme qui a été tué, l'esclave monte à la place de son maître. Si la fatalité vient à les saisir l'un et l'autre, il y a là un cavalier tout prêt. Le maître reçoit-il une blessure, l'un des esclaves emmène au camp le blessé, et l'autre se met dans le rang à la place de celui qui est parti (31).

11. Cette règle, à ce que je crois, a été établie par les Galates (Gaulois), à l'imitation des Dix mille chez les Perses, qu'on appelait les Immortels. Il y a pourtant une différence, c'est que, chez les Perses, la liste de ceux qui remplaçaient les morts était dressée après la bataille, tandis que pour les Galates (Gaulois), c'est dans la, chaleur même de l'action que se complétait le nombre des cavaliers.

12. Cette organisation se nommait trimarkisia dans la langue du pays (il faut savoir que marka est le nom du cheval chez les Celtes). Tels furent tes armements et les desseins de Brennus quand il marcha contre l'Hellade.

XX I ... Le courage des Hellènes était totalement abattu ; mais la violence de leur crainte les amena à la nécessité de défendre l'Hellade. Ils voyaient que la lutte présente n'avait pas la liberté pour objet, comme jadis au temps du Mède, et qu'à donner l'eau et la terre, ils ne gagneraient pas d'être dès lors sans nulle crainte. Ce qui était arrivé aux Macédoniens, aux Thraces et aux Péoniens, lors de la première incursion dès Galates (Gaulois), était encore dans leur mémoire, et, dans le moment même, on leur annonçait les outrages infligés aux Thessaliens. Il fallait donc mourir ou être les plus forts : chaque homme en particulier s'arrêta à cette idée qui fut aussi la pensée commune des villes. On peut, si l'on veut, comparer pour le nombre les troupes qui se réunirent à Pyles contre le roi Xerxès, et celles qui alors firent face aux Galates (Gaulois). (Suit l'énumération des contingents de chaque peuple dans la deuxième guerre médique : ils formaient un total de onze mille deux cents hommes.)

3. Contre les barbares venus, de l'Océan voici combien d'Hellènes vinrent aux Thermopyles dix mille hoplites et cinq cents chevaux de chez les Béotiens ; les béotarques étaient alors Cèphissodote, Théaridas, Diogénès et Lysandre. De chez les Phocéens cinq cents cavaliers, et des fantassins au nombre d'environ trois mille ; les stratèges« des Phocéens étaient Critobule et Antiochus.

4. Les Locriens, qui sont près de l'île d'Atalante, étaient conduits par Midias ; ils étaient sept cents, et n'avaient pas de cavalerie (32). De chez lès Mégariens il vint quatre cents hoplites avec de la cavalerie que conduisait Mégareus. L'armée des Etoliens était là plus nombreuse et propre à tous genres de combat. On ne dit pas combien ils avaient de chevaux, mais ils avaient quatre-vingt-dix (?) hommes de troupes légères, et leurs hoplites étaient au nombre de sept mille. Les Étoliens étaient conduits par Polyarchos, Polyphron et Lacratès (33).

5. Le stratège des Athéniens était Callippos, fils de Moeroclès, ainsi que je l'ai marqué au début de cet ouvrage. Leurs forces comprenaient toutes leurs trières (34) en état de naviguer, cinq cents hommes pour la cavalerie, et mille dans l'infanterie. Ils eurent le commandement en chef en considération de leurs titres anciens. Il vint aussi de quelques rois des troupes étrangères, cinq cents hommes de la Macédoine et pareil nombre de l'Asie. Le chef de celles qu'avait envoyées Antigone était Aristodème le Macédonien ; celui des auxiliaires venus de chez Antiochos et de l'Asie, Télésarchos, un Syrien de l'Oronte.

6. Tous les Hellènes rassemblés aux Thermopyles, en apprenant que l'armée des Galates (Gaulois) était déjà aux environs de Magnésie et de la Phthiotide, jugèrent à propos de choisir un millier d'hommes légèrement armés, et de les envoyer avec leur cavalerie vers le Spercheios, pour qu'il ne fût point possible aux barbares de le passer sans lutte et sans danger.

7. Ces soldats, en arrivant, rompirent les ponts et campèrent eux-mêmes le long de la rive. Mais Brennus n'était pas en tout sans intelligence, et, pour un barbare, il ne laissait pas d'être habile à trouver des artifices utiles contre ses ennemis. Ainsi dès l'entrée de la nuit, - ce n'est pas là où étaient primitivement les ponts sur le fleuve, c'est-au dessous, pour que les Hellènes ne s'aperçussent point qu'on le passait, c'est surtout à l'endroit où le Spercheios se répandait le plus au loin dans la plaine et formait, au lieu de son cours violent et resserré, un marais et un étang, - c'est là que Brennus envoya environ dix mille de ses Galates (Gaulois), ceux d'entre eux qui savaient nager, et se trouvaient avoir une taille au-dessus. de l'ordinaire. Les Celtes, d'ailleurs, surpassent par la grandeur de leur taille tous les autres hommes.

8. Ils passèrent donc ainsi à la nage pendant la nuit le fleuve à l'endroit où il forme un étang, et chacun se faisait de son armure, - j'entends par là le bouclier du pays (35), - un radeau ; les plus grands purent même traverser l'eau en marchant. Les Hellènes, qui étaient [campés] sur le Spercheios, apprenant qu'une partie des barbares avait passé à travers les marais, se replièrent aussitôt vers le gros de l'armée.

XXI.... Brennus enjoignit aux riverains du golfe Maliaque (36) de jeter des ponts sur le Spercheios : ils se hâtèrent de terminer cet ouvrage et par crainte de l'ennemi, et dans leur désir de voir les barbares s'en aller de leur pays et ne pas le maltraiter davantage en y restant. Et lui, ayant fait passer son armée sur ces ponts, il marcha vers Héraclée, Et les Galates (Gaulois) pillèrent le pays et tuèrent les hommes qu'ils trouvèrent dans les campagnes mais ils ne prirent pas la ville. Car, l'année d'auparavant, les Étoliens avaient forcé les Hèracléens de s'unir à la [ligue] étolienne, et alors ils défendirent la ville comme si elle n'était pas moins à eux qu'aux Hèracléens. Or Brennus se souciait peu des Hèracléens ; la grande affaire pour lui était de chasser des défilés ceux qui y étaient postés et d'entrer dans l'Hellade en deçà des Thermopyles. S'étant donc porté en avant loin d'Héraclée, - il avait appris de quelques transfuges quels étaient à Pylés les contingents de chaque cité, - il méprisa les forces helléniques, et se prépara au combat pour le jour suivant au lever du soleil, sans avoir auprès de lui aucun devin hellène, sans recourir à des cérémonies de son pays, si tant est qu'il y ait un art divinatoire chez les Celtes. Alors les Hellènes en silence et en bon ordre allèrent [à l'ennemi] (37). Quand on fut à portée, leur infanterie ne se donna pas carrière au point de troubler sa propre phalange, et les troupes légères, demeurant à leur place, envoyèrent des javelots et tous les projectiles qui se lancent avec l'arc où la fronde.

2. Des deux côtés la cavalerie demeura sans emploi, non seulement à cause de l'étroitesse de l'espace qui avoisine les Thermopyles, mais aussi à cause de la nature des roches qui sont lisses et le plus souvent glissantes, grâce aux ruisseaux dont elles sont continuellement baignées. L'équipement des Galates (Gaulois) était plus faible ; ils avaient le bouclier de leur pays, sans aucune autre arme défensive (38), et, en outre, ils étaient bien moins entendus aux choses de la guerre.

3. Avec colère, en furie, sans raisonnement ils marchaient contre leurs adversaires comme des bêtes sauvages. Et même pourfendus d'un coup de hache ou de sabre, leur folie, tant qu'ils respiraient, ne les quittait pas ; percés dé traits, de javelots, ils ne perdaient rien de leur fureur, tant que le souffle leur demeurait. Il y en eut qui, arrachant de leurs blessures les dards dont ils avaient été frappés, les lançaient contre les Hellènes, ou s'en servaient pour combattre de près.

4. Cependant ceux des Athéniens qui étaient sur les trières, ayant vogué vers la côte, à grand peine et non sans danger à travers la vase dont la mer sur une grande étendue est obstruée, et tenant leurs navires le plus près possible des barbares, employaient contre eux, en les assaillant par le flanc, des projectiles de toute sorte et des flèches. Les Celtes, fatigués plus qu'on ne peut le dire, et dans un terrain si étroit faisant peu de chose et souffrant deux et quatre fois plus, reçurent de leurs chefs le signal de se replier sur leur camp. Comme ils se retiraient à la débandade et sans aucun ordre, un grand nombre s'écrasèrent les uns les autres, un grand nombre aussi, tombant dans les marécages, disparurent sous la boue (39), et ils ne perdirent pas moins de monde dans cette retraité qu'ils n'avaient fait au plus fort de la lutte.

5. En cette journée, l'armée attique surpassa par son courage les autres Hellènes, et parmi les Athéniens mêmes le plus brave fut Cydias, tout jeune d'âge, et abordant alors pour la première fois les luttes de la guerre. Il fut tué par les Galates (Gaulois) et ses proches consacrèrent à Zeus Éleuthérios (40) son bouclier avec cette inscription : 

Certes il regrette encore la fraîche jeunesse de Cydias, ce bouclier d'un homme illustre, offrande faite à Zeus : le premier sous lequel il avait passé son coude gauche, lorsque contre le Galate sévissait le fougueux Arès.

6. Cette inscription existait avant que les gens de Sylla eussent enlevé, entre autres choses qui étaient à Athènes, les boucliers du portique de Zeus Eleuthérios. Alors, aux Thermopyles, les Hellènes, après le combat, ensevelirent leurs morts et dépouillèrent les barbares. Les Galates ne firent pas demander par un héraut la permission d'enlever leurs cadavres : il leur était bien égal qu'on donnât à ces cadavres un peu de terre ou que s'en repussent les bêtes sauvages et ceux des oiseaux qui font la guerre aux morts.

7. Cette insouciance de la sépulture à donner à ceux qui ne sont plus leur était inspirée par deux raisons : étonner leurs ennemis et suivre la coutume établie parmi eux de n'avoir pas pitié des morts (41). Il mourut dans ce combat quarante hommes de la nation hellénique. Quant aux barbares, il n'a pas été possible de se renseigner exactement sur leurs pertes, car le nombre fut grand de ceux qui disparurent dans la vase [des marais].

XXII. 1 . ... Le septième jour après le combat, un détachement de Galates (Gaulois) entreprit de monter sur l'Oeta par Héraclée. Le sentier étroit et escarpé s'élève près des ruines mêmes de Trachine (42) : il y avait alors au-dessus (43) un temple d'Athéna Trachinide, et dans ce temple des offrandes. Les barbares espéraient arriver sur l'Oeta par ce sentier, et du même coup s'approprier en passant ce qu'ils tireraient du temple. La garde du passage était confiée à Télésarchos et à ses hommes (44): ils vainquirent les barbares ; mais dans le combat périt Télésarchos, homme dévoué, s'il en fut, à la cause des Hellènes.

2. Les autres chefs des barbares étaient fortement frappés de la valeur hellénique et bien embarrassés pour l'avenir, en voyant que dans le présent rien ne leur réussissait. Mais Brennus fit ce raisonnement : s'il forçait les Étoliens à se retirer chez eux, en Étolie, la guerre dès lors lui deviendrait plus facile contre les Hellènes. Ayant donc choisi dans son armée quatre myriades de fantassins, et environ huit cents cavaliers, il mit à leur tête pour les commander Orestorios et Combutis.

3. Ceux-ci rétrogradèrent jusqu'aux ponts du Spercheios, le passèrent et, ayant fait route à travers la Thessalie, se jetèrent dans l'Étolie. Ce furent ce Combutis et cet Orestorios qui firent aux Calliens un mal dont l'impiété dépasse tout ce que nous avons jamais ouï dire et n'a pas eu sa pareille dans les plus grands attentats : ils massacrèrent tout ce qui était du sexe masculin ; vieillards et tout petits enfants aux mamelles de leur mère furent pareillement égorgés ; et ceux d'entre eux que le lait avait le plus engraissés, les Galates qui les tuaient en buvaient le sang et goûtaient de ces chairs.

4. Les femmes et celles des filles qui étaient à l'âge nubile, celles-là du moins qui avaient quelque sentiment dé fierté, dès que la ville fut prise, prévinrent leur sort en se tuant elles-mêmes. Celles qui restaient, les barbares, par une contrainte violente, les soumirent à toutes sortes d'outrages en gens qui, de leur nature, étaient également étrangers à la pitié et à l'amour. De ces femmes celles qui pouvaient se saisir des épées de ces Galates rendaient l'âme en se frappant elles-mêmes. Le moment fatal devait sans beaucoup tarder venir pour les autres par le manque de nourriture ou le manque de sommeil, ces barbares impitoyables se succédant les uns aux autres pour les outrager. Quelques-uns même s'unissaient à celles qui rendaient l'âme ou même qui étaient déjà mortes.

5. Les Étoliens, informés par, des envoyés des calamités qui les avaient frappés, emmenèrent aussi vite qu'ils purent leur armée des Thermopyles et se précipitèrent vers l'Étolie, s'irritant des malheurs des Calliens, mais désirant plus encore sauver les villes qui n'avaient pas encore été prises. Dans toutes les villes, quittant leurs maisons, s'armèrent ceux qui étaient en âge, et l'on vit se mêler à eux, par nécessité et par fierté d'âme, même des hommes arrivés à la vieillesse. Avec eux s'armèrent aussi les femmes, et de bon gré, et montrant contre les Galates plus de fureur même que les hommes.

6. Les barbares, ayant pillé, les maisons et les temples, et mis le feu à la ville de Gallium, en emportaient les dépouilles. Alors les Patréens venant au secours des Étoliens, seuls de tous les Achéens, se portèrent à la rencontre des barbares, en hommes bien instruits au métier d'hoplites. En raison de la multitude des Galates et de leur furie dans l'action, ils eurent extrêmement à souffrir. Mais les Étoliens et leurs femmes, rangés tout le long de la route, lançaient des dards sur les barbares, qui n'avaient [pour se couvrir] que le bouclier de leur pays (45). Aussi, peu de traits portaient-ils à faux. Était-on poursuivi par eux, on les évitait sans peine ; cessaient-ils leur poursuite, on tombait de nouveau sur eux, et vivement.

7. Et, bien que les Calliens aient souffert des atrocités telles que les fictions d'Homère sur les Léstrigons et le Cyclope (46) ne paraissent plus en dehors de la vérité, ils furent du moins dignement vengés. Et, en effet, de quatre myriades et huit cents hommes qu'étaient contre eux ces barbares, il s'en sauva moins de la moitié dans leur camp des Thermopyles.

8. Quant aux Hellènes qui dans le même temps étaient aux Thermopyles, voici ce qui leur arrivait : il y a à travers le mont Oeta un sentier, celui qui passe au-dessus de Trachine il est escarpé dans sa plus grande partie et terriblement raide. Il y en a un autre par le pays des Enianes, plus aisé pour une armée en marche. C'est par là que jadis, le Mède Hydarnès prit à dos les Hellènes de Léonidas.

9. C'est aussi par cette route que les Hèracléens et les Enianes s'engagèrent à conduire Brennus, non par mauvais vouloir envers les Hellènes, mais dans leur désir de voir les Celtes s'en aller de leur pays, au lieu de s'y établir pour le ruiner, chose pour eux de grande importance (47). Et Pindare (48) me semble être dans le vrai quand il dit que chacun est écrasé par ses propres maux, mais que les soucis d'autrui ne le tourmentent guère.

10. Alors la promesse des Enianes et des Héracléens réveilla l'esprit de Brennus : il laissa Acichorios avec son armée, en lui disant que, lorsqu'il aurait enveloppé les Hellènes, ce serait pour lui le moment de les attaquer. Ayant donc pris quatre myriades de soldats d'élite, il se mit en route par ce sentier.

11. Or, il arriva que ce jour-là une brume épaisse se répandit sur la montagne et que le soleil en fut tellement obscurci que ceux des Phocéens qui avaient la garde du sentier ne s'aperçurent point de la marche des barbares avant leur arrivée près d'eux. Alors les uns se mirent bien au combat ; les autres se défendirent vaillamment ; mais enfin ils furent forcés, et se retirèrent du sentier. Cependant ils coururent vers leurs alliés, et ils arrivèrent à temps pour leur annoncer ce qui se passait, avant l'investissement complet des Hellènes.

12. Alors les Athéniens, qui étaient sur leurs trières, prévinrent l'ennemi en emmenant des Thermopyles l'armée des Hellènes, lesquels se dispersèrent chacun dans leur pays.

XXIII. 1... Brennus, sans s'arrêter un moment, avant même l'arrivée de ceux qui venaient du camp avec Acichorios, prend la route de Delphes. Les habitants, pleins d'effroi, se réfugient vers l'oracle ; mais le dieu ne les laisse point à leurs craintes : il leur déclare qu'il gardera lui-même ce qui est à lui. Quant à ceux des Hellènes qui vinrent pour venger le dieu, voici combien ils étaient : il vint de toutes les villes de la Phocide et d'Amphissa quatre cents hoplites ; de chez les Étoliens un petit nombre, à la première nouvelle que les barbares marchaient en avant ; douze cents autres furent amenés par Philomélos ensuite. Ce qu'il y avait de plus vaillant parmi les Étoliens se porta vers l'armée d'Aciéhorios, sans toutefois engager le combat avec elle, mais en serrant de près ses derrières pendant qu'elle était en route, enlevant les bagages, tuant les hommes qui les conduisaient; et par cette cause la marche de cette armée était très lente. Acichorios laissa même près d'Héraclée une partie [de ses troupes] qui devaient garder les richesses du camp. Contre Brennus et son armée se rangèrent ceux des Hellènes qui s'étaient réunis à Delphes, et le dieu se déclara promptement contre les barbares par les signes les plus manifestes que nous sachions (49) : tout le terrain qu'occupait l'armée des Galates fut secoué violemment et pendant la plus grande partie du jour ; les grondements du tonnerre, lès coups de foudre étaient continuels.

2. Les premiers frappaient d'épouvante les Celtes et empêchaient leurs oreilles de saisir les ordres des chefs, et les [feux] du ciel ne brûlaient pas seulement ceux sur qui ils tombaient, mais aussi ceux qui étaient auprès, et pareillement eux et leurs armes. Bien plus, alors se montrèrent à eux des spectres de héros, Hyperochos, Laodocos et Pyrrhos (50) : on en compte même. encore un quatrième, Phylacos, le héros du pays des Delphi.

3. Il périt pourtant, dans cette rencontre, des Phocéens en. grand nombre, et entre autres Aleximachos qui, dans ce combat, plus que tous les Hellènes, prodigua et la fleur de sa jeunesse et la vigueur. de son corps et la force de son courage au massacre des barbares. Les Phocéens firent faire de ce vaillant homme une statue qu'ils envoyèrent à l'Apollon de Delphes.

4. Telles furent les misères, telle l'épouvante dont tout ce jour-là furent étreints les barbares; mais la nuit devait les mettre à de plus douloureuses épreuves. Il fit un froid violent accompagné de neige. De grosses pierres roulèrent du haut du Parnasse, des roches pendantes qui s'en arrachèrent prirent pour but les barbares (51), et ce n'est pas un ou deux seulement, mais trente et plus à la fois, selon qu'ils se trouvaient réunis au même lieu pour faire la garde ou prendre du repos, qui étaient abîmés sous cet assaut des roches.

5. Au soleil levant, les Hellènes, sortant de Delphes, marchèrent contre eux, les autres directement contre leur armée ; les Phocéens, qui connaissaient mieux les lieux, descendirent à travers la neige par les escarpements du Parnasse, et, sans qu'on les vît, prenant à dos les Celtes, les perçaient de leurs javelots et de leurs flèches, n'ayant. eux-mêmes rien à redouter de ces barbares.

6. Le combat une fois commencé, ceux-ci et principalement ceux qui entouraient Brennus, - c'étaient les plus grands et les plus vaillants des Galates, - à cause de leur courage, tinrent encore tête à l'ennemi, bien que de tous côtés ils fussent assaillis de traits, et que le froid ne les fit pas moins souffrir, les blessés surtout. Mais Brennus a reçu des blessures ; on l'emporte évanoui du champ de bataille; et les barbares, pressés de toutes parts par les Hellènes, sont forcés de s'enfuir ; ils tuent ceux d'entre eux qui, blessés ou malades, n'avaient pas la force de les suivre.

7. Ils campèrent à l'endroit où la nuit les avait surpris dans cette retraite; et cette même nuit, ils furent pris d'une terreur panique (de Pan), - les frayeurs sans cause viennent, dit-on, de ce dieu. Ce trouble s'empara de leur armée dans l'obscurité profonde du soir. Le nombre ne fut pas grand d'abord de ceux dont l'esprit fut ainsi dévoyé, et qui s’imaginaient entendre un bruit de chevaux courant sur eux, et d'ennemis venant pour les attaquer. Mais peu à peu cette démence les envahit tous.

8. Alors, reprenant leurs armes, et se divisant, ils tuaient et étaient tués tour à tour, ne comprenant plus la langue de leur pays; ne distinguant plus la figure les uns des autres, ni la forme de leurs boucliers (52). Aux rangs. des deux côtés une erreur pareille faisait voir à cette heure dans ceux qu'ils avaient en face, et en eux-mêmes et dans leurs armes, des Hellènes et leur faisait entendre la langue de l'Hellade. Ainsi cette fureur venue d'un dieu fut pour les Galates la cause principale qui les poussa à s'entr'égorger.

9. Ceux des Phocéens qui avaient été laissés aux champs pour la garde du bétail reconnurent les premiers et annoncèrent aux Hellènes ce qui cette nuit-là avait occupé les barbares ; et les Phocéens, ayant repris courage, pressèrent avec plus d'ardeur les Celtes, firent meilleure garde autour de leurs parcs, et ne laissèrent pas les barbares prendre sans combat dans le pays ce qu'il leur fallait pour vivre. Il en résulta aussitôt pour les Galates, dans toute leur armée, une forte disette de blé et de toute espèce de subsistances.

10. Le nombre de ceux que dévora la Phocide ne fut guère moindre de six mille, dans les combats; quant à ceux qui périrent par le froid de la nuit et ensuite par l'effet de là terreur panique, il y en eut plus de dix mille, et autant qui moururent de faim (53).

11. Des hommes d'Athènes étaient venus pour voir ce qui se passait à Delphes, de retour chez eux, ils annoncèrent ce qui était arrivé aux barbares, et comment le dieu les avait surpris. Alors les Athéniens se mirent en campagne, et comme ils traversaient la Béotie, les Béotiens se réunirent à eux, et ainsi les uns et les autres poursuivaient les barbares, et, se mettant en embuscade, leur tuaient tous leurs traînards.

12. À ceux qui fuyaient avec Brennus les troupes d'Acichorios s'étaient réunies la nuit précédente, car les Étoliens avaient rendu leur marche plus lente, en se servant contre eux de javelots qu'ils épargnaient moins que jamais; et de tous les projectiles qu'ils pouvaient trouver, et ainsi le nombre ne fut pas grand des ennemis qui s'enfuirent dans leur camp vers Héraclée. Brennus, malgré ses blessures, avait encore quelque espoir de salut ;mais, par crainte de ses concitoyens, à ce qu'on dit, et plutôt par honte pour. avoir été l'auteur des maux [qu'ils avaient soufferts] dans l'Hellade,- il quitta volontairement la vie en buvant du vin pur (54).

13. À partir de ce moment les barbares se portèrent à grande peine vers le Sperchéos, pressés vivement par les Étoliens; et quand ils furent arrivés au Sperchéos, les Thessaliens et les Maliens qui s'y étaient embusqués se portèrent de là avec tant de vigueur contre eux qu'il n'y en eut pas un seul qui retournât sain et sauf dans leur pays (55).

14 Cette expédition des Celtes dans l'Hellade et leur destruction eurent lieu sous l'archontat d'Anaxicratès à Athènes, la deuxième année de la CXXVe Olympiade (56), année où Ladas d'Eium vainquit dans le stade. L'année suivante, Dèmoclès étant archonte à Athènes, les Celtes .passèrent de nouveau en Asie. C'est ainsi que cela est arrivé, qu'on le sache.

XXX. 9.... Les Phrygien de Célaenae veulent que le fleuve qui passe à travers leur ville ait été autrefois ce joueur de flûte (Marsyas) ; ils veulent aussi voir une invention de Marsyas dans l'air de flûte [appelé] Mètrôon (57); ils disent encore qu'ils repoussèrent l'armée des Galates (Gaulois), grâce au secours que leur donna contre ces barbares Marsyas avec les eaux de son fleuve et les sons de sa flûte.

XXXII. 4 Thémisonium, au-dessus de Laodicée, est encore une ville qu'habitent des Phrygiens. Lorsque l'armée« des Galates (Gaulois) ravageait et pillait l'Ionie et les pays limitrophes de l'Ionie, les Thémisoniens disent que Héraclès leur vint en aide, et aussi Apollon et Hermès. Ces dieux montrèrent en songe aux magistrats un antre, en ordonnant aux Thérnisoniens ainsi qu'a leurs femmes ,et à leurs enfants de se cacher dans cet antre.

5. Et c'est pour cela que devant cette caverne ils ont des statues - qui ne sont pas grandes à la vérité - d'Héraclès, d'Hermès et d'Apollon, appelés Spèltaïtes (58).

XXXVI. 7. Sur le territoire d'Ambrosse (59), croît, non pas en longs rameaux continus comme les vignes, mais en buissons, certain arbrisseau. Cet arbrisseau, les Ioniens et le reste de la race hellénique l'appellent coccos ; les Galates d'au-dessus de la Phrygie le nomment dans la langue de leur pays hys (60). Pour la grandeur du coccos, elle est la même que celle de la plante appelée épine blanche ; mais les feuilles sont plus noires et plus molles que celles du lentisque; pour le reste, il ressemble au lentisque. Son fruit est semblable, au fruit de la morelle ; mais pour la grosseur, il se rapproche de l'ers. Il naît dans le fruit du coccos un petit animal, etc (61).

 

(01) Pausanias, de Césarée en Cappadoce (de Lydie, selon Siebelis), 170 ap. J.-C. - Description de la Grèce, „Ell‹dow peri®ghsiw, en dix livres, désignés par les noms des contrées qui y sont décrites. V. la Bibliographie en tête de ce volume.

(02) Nous disons les Athéniens d'après le nom (Athenienses) que les Romains donnaient à ce peuple qui se nommait ƒAyhnaÝoi, Athenaei. Nous avons fait à l'usage une concession du même genre, quand nous avons écrit les Romains au lieu de Romaei ou Rômaees, „RvmaÝoi.

(03) lonium mare, golfe Adriatique.

(04) V. plus haut, III, 5, p. 135. Toute cette lutte des Grecs et des Gaulois est racontée plus en détail au liv. X, XXI-XXIII. V. ci-après.

(05) On dit aussi golfe Maliaque; mais l'autre forme est plus exacte; de Lamia, ville de la Phthiotide, située au fond de ce golfe.

(06) En grec gkura, ancyra, d'où le nom de la ville.

(07) Ce passage est altéré ; toutefois Agdistis semble être ici un nom de lieu. - V. plus bas, V11, XVII, la légende d'Attès et d'Agdistis chez les Galates.

(08) V. plus bas, p. 144-145.

(09) Son frère de mère.

(10) Comp. dans les Extr. des poètes, le passage de Callimaque et le récit du scholiaste.

(11) Olymp. CXXVI, 1, av. J.-C. 274. - Comp. dans notre t. III, p. 129-132, Plutarq., Pyrrh., XXVI.

(12 Céraunos, le Foudre.

(13) V. plus haut; IV, 1, p. 134-135, l'erreur de Pausanias sur l'Éridan celtique, et comp. pl. bas, V, XIV, 4.

(14Comp. supr., ibid., ce que dit Pausanias de l'océan et de la situation du pays des Gaulois par rapport à cette mer.

(15Silurus Glanis, Linn. - V. Pline, IX, XV, 17. Il place ces silures voraces dans le Mein.

(16Cervus Alces, Linn. l'élan? - V. ci-après, IX, XXI, 3. -.Cf. César, G. G., VI, 27; Pline, VIII, 15, XVI, et la note de Cuvier sur ce ch. dans la trad. Pankoucke.

(17) Succin ou ambre jaune.

(18) V. plus haut, 1, XIX, 6, où Pausanias parle d'un Éridan attique.

(19) Les ravages qu'un sanglier exerça chez les Lydiens, où il avait été envoyé par Jupiter irrité des honneurs rendus par ces peuples à Attès qui les avait initiés au culte de la Mère (Cybèle). Attès fut une des victimes de ce monstre. - Récit du poète Hermésianax. - Pausan., ibid.

(20 Sur Agdistis et sur Attès, v. plus haut, I, IV, 5, p. 140-141.

(21) Le temple d'Athéna (Minerve) Pronaea, à Delphes ; c'était le quatrième en entrant dans la ville. Il y avait eu aussi dans ce temple un bouclier d'Or, don de Crésus, mais il avait été enlevé avant l'arrivée des Gaulois.

(22V. ci-dessous, XVI, 4, le nom d'un de ces généraux étoliens, vainqueurs des Gaulois, dont la statue fut consacrée dans le temple de Delphes par la reconnaissance de ses concitoyens.

(23Fille d'un roi de Chaonie (Épire).

(24Gaulois.

(25 taurok¡rvw, taureau-cornu.

(26)  En latin Corsica, la Corse.

(27)   De celles qui avaient été consacrées par les Athéniens en souvenir de la bataille de Marathon, et qui étaient fixées aux chapiteaux des colonnes.

(28Les détails des deux récits offrent quelques différences peu importantes. Le premier attribue aux Athéniens la meilleure part dans la délivrance de la Grèce. Ici, Pausanias rend justice à chacun des peuples qui s'armèrent pour la cause commune.

(29) Le Foudre.

(30 Le mot oÞk¡thw, et plus loin doèlow, correspond; au mot gaulois ambact. Festus : Ambactus apud Ennium lingua gallica servus. -.Cf. César, G. G., VI, 15, où le sens d'ambactus est plus restreint, et III, 22, sur les soldurii ; v. aussi Nicolas de Damas dans notre t. II, p. 495.

(31Voici la phrase de César rappelée dans la note 2 de la p. 163 : Hi (equites) cum est usus atque aliquod bellum incidit,... omnes in bello versantur ; atque eorum ut quisque est genere copiisque amplissimus, ita plurimos circum se ambactos clientesque habent... M. Jannetaz remarque que les ambacti doivent être distincts des soldurii (Caesar, III, 22), parce que l'auteur n'a pas mentionné leur ressemblance.

(32)  Ce sont les Locres ou Locriens d'Oponte. Cette île d'Atalante est entre la côte de la Locride et l'Eubée. - V. l'index de Strabon, éd. Didot; Thucydide, II, 52, et Diodore, XII, XLIV, 59.

(33)  Pausanias a dit plus haut, X, XV, 1, que les statues de la plupart des stratèges qui commandèrent les troupes des Etoliens contre les Gaulois furent consacrées par leurs concitoyens dans le temple de Delphes avec celles d'Artémis, d'Athéna et d'Apollon. Un peu plus loin, XVI, 4, il nomme, comme ayant eu une statue ainsi consacrée par là reconnaissance publique, le stratège Eurydamos qui n'est pas mentionné ici. On n'avait peut-être honoré de ce souvenir que ceux qui étaient morts dans la lutte.

(34Nom grec des galères appelées par les Romains trirèmes.

(35) Il faut se rappeler ce que Pausanias a dit plus haut, VIII, L, 1 'et X, XIX, 4, des longs boucliers des Gaulois, qu'il compare aux gerres des Perses. - Cf. 1, XII, 2, l'inscription placée sur les boucliers celtiques consacrés par Pyrrhus.

(36) V. plus haut la note de la page 139 sur les dénominations de golfe Maliaque ou Lamiaqùe.

(37)  An de R. 474, av. J.-C. 280.

(38) Ce bouclier était très long. On a vu plus haut, ch. XX,.8, que les Gaulois s'en faisaient une espèce de radeau pour traverser les rivières.

(39) Cf. sur ces marécages où s'engloutit une partie de l'armée gauloise, Pausanias lui-même, plus haut, 1, IV, 3, p. 138-139, et ch. XX, 7-8, p. 170-171 ; et plus bas, XXI, 7, p. 178-179.

(40 Jupiter libérateur.

(41) Je ne me rappelle pas avoir vu mentionné ailleurs ce peu de respect des Gaulois pour les morts; ce que dit Pausanias est même contredit par ce que nous apprend César, G. G., VI, 19, des cérémonie usitées chez eux dans les funérailles

(42) V. plus bas, § 8, p. 184-185.

(43) De ces ruines (?).

(44) Télésarchos (v. plus haut, XX, 5) commandait les troupes envoyées par Antiochus.

(45)  Sur ces boucliers des Gaulois, v. pl. haut la note de la page 171.

(46)  Odyss., K 119 et 199 ; ibid., I, 288 et ss.

(47) Sur ce point Pausanias est encore peu d'accord avec lui-même. Au livre I, IV, 2, il ne parle pas du rôle égoïste des Héracléens et des Enianes ; il dit simplement que « les Celtes découvrirent le sentier par où autrefois Ephialtès de Trachine avait guidé les Mèdes. »

(48 Ném., I, 82-84.

(49Justin., XXIV, 7 : Praesentiam Dei et ipsi (Galli) statim sensere.

(50Ce Pyrrhus est présenté dans le récit du liv. 1, IV, 4, comme le fils d'Achille. Cette identification a paru invraisemblable à Pausanias lui-même. Pyrrhus, dit-il, était auparavant en abomination aux habitants de Delphes. - Il passait pour avoir voulu piller leur temple. V. dans l'Andromaque d'Euripide le récit de sa mort.

(51) Justin., ibid... Nam et terrae motu portio montis abrupta Gallorum stravit exercitum... Insecuta deinde tempesta est, quae grandine et frigore saucios ex vulneribus absumpsit.

(52) La forme de ces boucliers était très caractéristique. Pausanias l'a rappelée souvent. C'était la seule arme défensive des Gaulois. V. plus haut, notamment la note de la page 171.

(53)  En tout vingt-six mille, ce qui est déjà énorme. Diodore, XXII, IX, renchérit encore ; suivant lui, Brennus perdit des myriades de soldats, et, après sa mort, Acichorios en fit tuer vingt mille (!) qui, blessés ou épuisés de fatigues, ne pouvaient suivre l'armée. - Tous ces récits ont le caractère des légendes : les détails varient et quelques-uns ont été évidemment inventés ou grossis par l'imagination populaire dont les historiens se sont faits les échos.

(54) Justin., ibid.: Dux ipse Brennus, quum dolorem vulnerum ferre non posset, pugione vitam finivit. - Diodore; XXII, IX (dans notre t.. II, p. 432-433), concilie les deux versions. Brennos, ayant bu force vin pur, s'égorgea lui-même. » Cf. Val. Max., I, I, 18.

(55Justin., ibid.: Quo pacto evenit, ut nemo ex tanto exercitu, qui paullo ante fiducia virium etiam adversus Deos contendebat, vel ad memoriam tantæ cladis, superesset. - Cf. Diod., XXII, x, dans notre t. II, p. 434-435, et la note 1.

(56)  An de Rome 475, av. J.-C. 279.

(57)  De la Mère des dieux, l'air cybélien. Il y avait aussi des chants consacrés à la mère des Dieux, et appelés mhtrÒa m¡lh. Denys Halic., Ant. rom., II, 19 ; Athén., XIV, sect. 9, p. 618, c. Selon ce dernier, Sîritès était un africain de la Numidie, qui le premier exécuta sur la flûte les airs dits mhtrÒa .

(58De spélaion, antre, caverne.

(59)  Cette ville est la même que Amphryse en Phocide.

(60 ìw; peut-être faut-il écrire hus ou même hous. V. la note ci- contre.

(61) Pline, XVI, VIII, 12 : Granum hoc primoque ceu scabies fru­icis, parvae aquifoliae ilicis... Gignitur et in Galatia, Africa, etc. Pline, IX, LXV, 41, a été plus explicite relativement au coccum de la Galatie : Coccum, Galatiae rubens granum... in maxima laude est. Id., XXII, III, 2 : Jam vero infici vestes scimus admirabili fuco. Atque ut sileamus, Galatiae, Africae, Lusitaniae granis coccum imperatoriis dicatum paludamentis, transalpina Gallia herbis Tyrium atque conchylium tingit, omnesque alios colores.